La Master System (マスターシステム, Masutā Shisutemu?
) ou Sega Master
System (aussi abrégé SMS) est une console de jeux vidéo de troisième
génération, conçue et commercialisée par le constructeur japonais Sega
Enterprises, Ltd. Elle sort en 1985, sous le nom Sega Mark III au Japon.
La console est redessinée et rebaptisée Master System avant son
lancement en 1986 en Amérique du Nord. Elle sort sous ce nom sur la
plupart des autres territoires, dont l'Europe en 1986 et le Brésil en 1987.
Le modèle remanié de la Master System sort également en 1987 au Japon.
Les deux modèles initiaux de la console peuvent lire les cartouches de
jeu et les Sega Cards, des cartes mémoires pouvant stocker les jeux,
vendues à des prix inférieurs aux cartouches mais avec une capacité de
stockage moindre ; la Master System II et les modèles ultérieurs ne
possèdent pas de fente pour ces cartes. La Master System est également
compatible avec des accessoires tels qu'un pistolet optique et des lunettes
stéréoscopiques conçus pour fonctionner avec une gamme de jeux
spécialement codés.
Succédant à la SG-1000, la Master System est présentée comme la
concurrente directe de la Nintendo Entertainment System (NES) pendant
l'ère des consoles de jeux vidéo de troisième génération. La Master
System est construite avec un matériel informatique technologiquement
supérieur à celui utilisé par la NES, mais elle échoue à renverser
l'avantage significatif des parts de marché détenues par Nintendo au
Japon et en Amérique du Nord. Elle obtient toutefois plus de succès en
Europe et au Brésil.
Le matériel informatique de la Master System partage de nombreuses
similitudes avec la console de jeu portable de Sega, la Game Gear. Par
rapport à sa concurrente de Nintendo, la ludothèque de la Master
System manque de plusieurs titres bien accueillis par la critique en raison
des pratiques d'octroi de licences par Nintendo qui restreignent les
développeurs tiers à créer leurs jeux uniquement sur NES. Selon les
estimations, entre 18 et 21 millions d'unités de la console sont vendues au
cours de son cycle de vie. Comparativement, la NES compte 62
millions d'unités écoulées sur cette période. Rétrospectivement, les
observateurs estiment que la Master System a permis à Sega de
s'implanter sur de nouveaux marchés, en vue de la commercialisation de
la Mega Drive, mais il est reproché à la console une ludothèque peu
significative.
Grâce à son exploitation par Tec Toy au Brésil, la Master System est
considérée comme la console de jeux vidéo à la plus grande longévité [7].
Historique
Contexte
Au début des années 1980, Sega Enterprises, Inc., une filiale de Gulf &
Western Industries, est l'un des cinq plus grands fabricants de jeux
d'arcade en activité aux États-Unis, les revenus de l'entreprise s’élèvent à
214 millions de dollars à cette époque[8]. Un ralentissement de l'arcade à
partir de 1982 affaiblit sérieusement la société, et conduit Gulf &
Western à vendre sa structure nord-américaine de fabrication d'arcade et
les droits des licences pour ses jeux d'arcade à Bally Manufacturing[9],[10].
La compagnie conserve la gestion du département nord-américain
de recherche et développement de Sega, ainsi que sa
filiale japonaise, Sega of Japan. Avec son activité d'arcade en déclin, les
dirigeants de Gulf & Western se tournent vers le président de Sega of
Japan, Hayao Nakayama, pour obtenir des conseils sur la façon de
procéder[11]. Nakayama préconise que la société tire profit de son
expérience matérielle acquise par des années de travail dans l'industrie de
l'arcade pour entrer dans le marché des consoles de salon au Japon, un
secteur qui en est alors à ses balbutiements. Nakayama reçoit
l'autorisation d’œuvrer à ce projet, conduisant à la sortie, en juillet 1983,
de la première console de jeu vidéo de Sega, la SG-1000[12].
La SG-1000 sort le 15 juillet 1983 au Japon, elle y est vendue à
15 000 yens[13]. Le lancement se déroule le même jour que la sortie de
la Famicom de Nintendo au Japon[12]. Peu après le lancement de la SG-
1000, Gulf & Western commence à céder ses activités non stratégiques à
la suite de la mort de son fondateur, Charles Bluhdorn[14] ; ainsi, Nakayama
et l'ancien président-directeur général de Sega, David Rosen, organisent
un rachat de la direction de la filiale japonaise en 1984 avec le soutien
financier de CSK Corporation, une société japonaise de logiciels de premier
plan. Nakayama s’installe ensuite comme chef de la direction de Sega
Enterprises, Ltd[15]. Après le rachat, Sega sort une autre console, la SG-
1000 II[16], vendue 15 000 yens[17]. Elle présente quelques modifications
matérielles du modèle d'origine, et propose notamment des manettes de
jeu détachables[12]. Contrairement à sa devancière, la SG-1000 II ne se
vend pas bien et subit le succès de la Famicom, qui permet à Nintendo de
s'imposer notamment sur le marché américain au détriment d'Atari, grâce
au portage de jeux d'arcade de qualité. Néanmoins, Sega décide de
continuer à travailler sur le matériel de jeu utilisé pour son système. Cela
aboutit à la sortie de la Sega Mark III au Japon en 1985[16],[18].
Développement
Conçue par une division interne de Sega dénommée « Team Away », la
même équipe à l'origine de la SG-1000, la Mark III est une itération
redessinée de la précédente console[19]. Les microprocesseurs des
modèles SG-1000 et SG-1000 II sont des Zilog Z80 cadencés à 3,58 MHz[20],
[21]
, tandis que la Mark III, la SC-3000 — une version sur ordinateur de
la SG-1000 — et la Master System disposent d'un microprocesseur Z80
cadencé à 4 MHz[22],[23],[24]. La Mark III et la Master System disposent
également d'une fente pour Sega My Card, précédemment utilisée par
la SG-1000[19]. Selon Edge, les leçons tirées par l'absence de succès
commercial pour la SG-1000 ont mené à la refonte matérielle de la Mark
III, avec l'objectif d'une console conçue pour être plus puissante que
la Famicom[25].
Pour la sortie de la console en Amérique du Nord, Sega redessine et
rebaptise la Mark III sous le nom de « Master System » (connue en interne
sous le nom de code Power Base), une refonte similaire à celle opérée par
Nintendo sur sa Famicom, devenue Nintendo Entertainment System. Le
nom « Master System » est issu de plusieurs propositions de salariés
américains de Sega ; il est choisi par un lancer de fléchettes sur un
tableau blanc, bien que des projets pour sortir une console similaire et
moins chère dénommée « Base System » influencent également la
décision. Le président de Sega Enterprises, Isao Okawa, approuve le nom
après avoir annoncé qu'il s'agit d'une référence aux natures
concurrentielles de l'industrie vidéoludique et des arts martiaux, dans
lesquelles un seul concurrent peut être le « maître »[26],[27]. La conception
finale « futuriste » de la Master System est destinée à plaire aux goûts
occidentaux[25].
Commercialisation
La Sega Mark III au Japon
La Sega Mark III, commercialisée en octobre
1985 au Japon, préfigure la future Master System.
Sega lance la SG-1000 Mark III, plus connue sous le nom de Mark III,
au Japon en octobre 1985, avec un prix de vente fixé à 15 000 yens, avant
d'être disponible dès l'année suivante à l'import en Occident et à Hong
Kong[1]. Il s'agit de la première console 8 bits de Sega, mais ne diffère
esthétiquement de la SG-1000 II que par un port de cartouche surélevé et
un port pour cartes mémoire Sega Card placé juste devant. Tout comme
la SG-1000 II, la Mark III peut être associée à un clavier SK-1000 et une
petite imprimante[28]. Bien que la console bénéficie
d'un hardware techniquement plus puissant que sa principale concurrente,
la Famicom, la Mark III n'est pas un succès lors de sa sortie, à l'inverse de
sa rivale, plus abordable financièrement pour les consommateurs. Les
difficultés proviennent des pratiques d'octroi de licences de Nintendo avec
les développeurs tiers à l'époque, selon lesquelles Nintendo exige que les
jeux sortis sur Famicom ne soient pas publiés sur d'autres consoles. Pour
remédier à cela, Sega développe ses propres titres et obtient les droits
pour porter les jeux d'autres développeurs, mais ces derniers ne se
vendent pas bien. NEC utilise plus tard la même stratégie sur certains des
titres de Sega lors du développement de jeux pour la PC-Engine[16],[29]. En
prévision du lancement, Mark Cerny déclare que « la pression était très,
très élevée », un jeu type ayant un temps alloué de trois mois de
développement[30].
Débuts de la Master System sur le marché américain
Afin de rivaliser avec Nintendo, Sega redessine sa console, qui retrouve
alors l'aspect initial de la SG-1000 originelle. La nouvelle Master
System est présentée à l'occasion du Consumer Electronics Show 1986,
lors duquel Sega annonce la commercialisation de sa console en Amérique
du Nord et en Europe. Lors de ce salon, l'entreprise japonaise conclut des
accords avec plusieurs distributeurs pour diffuser sa machine dans les
différents pays d'Europe[31]. La Master System sort en juin 1986 aux États-
Unis, elle y est vendue à 200 dollars et fournie avec une cartouche multi-
jeux des titres Hang-On et Safari Hunt[32],[33] et un pistolet optique, le Light
Phaser, afin de concurrencer le NES Zapper de Nintendo. Elle intègre
également, dans son BIOS, le jeu Snail Maze, accessible si aucun jeu n'est
lancé au démarrage de la console et que l'utilisateur appuie sur les
boutons de la manette. La Master System est d'abord commercialisée
dans cette région du monde, et non au Japon, pour concurrencer
directement Nintendo[34]. Sega et sa rivale, qui exporte de la même façon
la Famicom aux États-Unis en la redessinant et la renommant Nintendo
Entertainment System (NES), prévoient de dépenser 15 millions de dollars
durant l'automne et l'hiver 1986 pour commercialiser leurs
consoles ; Sega espère vendre 400 000 à 750 000 consoles en 1986[35],[26].
À la fin de l'année 1986, la Master System compte 125 000 consoles
vendues, un chiffre supérieur aux 100 000 exemplaires de l'Atari
7800 mais inférieur aux 1,1 million d'unités de Nintendo [36]. Toutefois, tout
comme au Japon, la Master System en Amérique du Nord souffre d'une
ludothèque mal reçue par rapport à la concurrence. Vis-à-vis des pratiques
d'octroi de licences de Nintendo, Sega n'a que deux développeurs
tiers, Activision et Parker Brothers[16],[34]. En 1988, Nintendo détient 83 %
du marché du jeu vidéo nord-américain[37]. Sega affirme que « [son]
système est le premier où les graphismes sur la jaquette correspondent
aux graphismes du jeu »[35], et son marketing pour la Master System vise à
ramener chez soi l'expérience du jeu d'arcade, mais son service de
marketing est dirigé par deux hommes seulement, laissant à Sega un
désavantage dans la publicité[25].
Dépassé par cette stratégie commerciale et manquant de liquidités pour
continuer à promouvoir la Master System sur le marché américain, Hayao
Nakayama, le président de Sega, vend à Tonka les droits de distribution
pour la Master System aux États-Unis ; la société n'a alors aucune
expérience avec les systèmes de divertissement électroniques. Certaines
des décisions de Tonka avec la Master System comprennent le blocage
géographique de plusieurs jeux vidéo populaires. Bien que le distributeur
de la console change, la Master System continue à mal se vendre : à la fin
de l'année 1988, la demande des détaillants en fourniture de consoles de
Nintendo est trois fois supérieure à celles de consoles de Sega[38].
Néanmoins, le jeu Phantasy Star, développé par Yuji Naka et sorti en 1987,
connaît un succès commercial aux États-Unis : c'est le premier jeu vidéo
de rôle japonais à paraître dans ce pays, de surcroît à utiliser une vue à la
première personne et mettre en scène un personnage principal féminin
comme protagoniste, puisque Nintendo décide de ne pas importer
immédiatement Final Fantasy et Dragon Quest, qui sont de moins bonne
qualité graphique que le titre de Sega. La popularité de Phantasy
Star pousse Sega à en faire une série de jeu vidéo, et Nintendo à
finalement publier ses jeux de rôle aux États-Unis [39].
La console est rééditée en octobre 1987 en tant que Master System au
Japon pour 16 800 yens[40]. Cependant, tout comme la Mark III, ce
lancement échoue[16]. Sous chacune de ses formes, la console ne pose
aucun défi sérieux à Nintendo au Japon[41].
Succès de la Master System en Europe
Le lancement européen de la Master System a eu lieu
en septembre 1987[42]. Elle est distribuée par Mastertronic au Royaume-
Uni, et Ariolasoft, puis Bertelsmann en Allemagne. En Espagne, Proein
commercialise la console en 1987, avant de perdre sa licence
d'exploitation au profit d'Erbe Software en 1988. En France, Master
Games distribue la Master System en importation dès 1986, sans
l'autorisation de Sega : elle ne vend que quelques centaines d'exemplaires
de la console cette année-là[43]. En Italie, Sega change régulièrement de
distributeur : d'abord Melchioni jusqu'en 1987, puis NBC Italia en 1988,
et Giochi Preziosi à partir de 1989, qui lance une campagne publicitaire
agressive en demandant les services du footballeur international
italien Walter Zenga, alors engagé à l'Inter Milan[31].
Mastertronic annonce la Master System comme « une arcade à la
maison » et lance le système à 99 livres sterling, contre 150 livres pour
la Nintendo Entertainment System et 450 livres pour les ordinateurs. Les
jeux sont vendus au prix de 25 livres, contre 70 pour ceux de la NES, ce
qui offre un net avantage commercial à la console de Sega. Fantasy
Zone, Choplifter, Hang-On et Transbot sont même proposés au prix
de 19,95 livres. Les détaillants passent de nombreuses commandes
anticipées, mais Sega se montre incapable de livrer les stocks demandés
avant le lendemain de Noël, le 26 décembre, ce qui pousse les
commerçants à annuler leurs commandes. Ainsi, Master
Games et Mastertronic subissent d'importantes difficultés financières
et Ariolasoft, le premier distributeur des Master System en Allemagne,
décide de ne plus jamais travailler avec Sega. Pour
autant, Mastertronic vend en 1987 tout le stock envoyé par Sega, soit
30 000 consoles et 100 000 jeux, et obtient la confiance de la firme
japonaise qui lui confie l'exploitation des marchés français et allemand [44].
Pour éviter la faillite, Mastertronic, dont une part minoritaire de son capital
était déjà détenue par Virgin, alors désireux d'entrer dans le marché
vidéoludique, est intégralement reprise par cette dernière. La nouvelle
entité, baptisée Virgin Mastertronic, reprend la distribution de la Master
System au Royaume-Uni[45]. Virgin Mastertronic axe sa stratégie
commerciale sur les portages de jeux d'arcade de Sega destinés à
la Master System, qui devient une alternative à la Commodore 64 et au ZX
Spectrum. Cette stratégie permet à la Master System d'attirer une
douzaine de développeurs tiers en Europe, dont Activision, Acclaim
Entertainment, Codemasters, Domark, Flying Edge, Image
Works, Infogrames, Sony Imagesoft, Tengen, U.S. Gold et Virgin Games,
profitant ainsi des difficultés de Nintendo à s'imposer sur le marché
européen. Le rival de Sega est même contraint de commercialiser pour
la Nintendo Entertainment System des portages de jeux conçus pour
la Master System afin d'endiguer ses contre-performances commerciales.
En 1989, Virgin Mastertronic, à la faveur de la domination de Sega sur le
marché européen, rachète à Erbe Software les droits d'exploitation de
la Master System en Espagne[46],[47].
En 1987, il se vend 80 000 exemplaires de la Master System en Europe
(dont 34 000 en France), faisant jeu égal avec la Nintendo Entertainment
System[48],[49]. Fin 1988, 500 000 Master System ont été vendues en Europe
(plus que de NES) dont environ 100 000 en France. La console est
soutenue jusqu'en 1996 sur ce continent, date à partir de
laquelle Sega décide de se concentrer sur la Saturn. En France, la Master
System est commercialisée en septembre 1987 avec Mastertronic comme
distributeur, puis par Virgin Loisirs à partir du rachat
de Mastertronic en 1988. Elle est vendue à son lancement avec le
jeu Hang On. Il se vend 970 000 Master System entre 1988 et 1993, et
finalement plus d'un million[50].
Une commercialisation au Brésil sur plusieurs décennies
La Master System Super
Compact développée par Tec Toy pour le marché brésilien.
La Master System III développée en 2008
par Tec Toy pour le marché brésilien.
La Master System connaît un important succès commercial au Brésil, où la
console est distribuée par Tec Toy[16],[46]. Fabriquée à Manaus et
commercialisée à partir de septembre 1989, la Master System bénéficie
d'une importante campagne publicitaire, d'un montant de deux millions de
dollars[51]. Cependant, elle subit des retards de fabrication en raison du
manque de composants : à la fin 1989, seuls 89 000 exemplaires de la
console sont livrés aux détaillants sur les 100 000 escomptés[52]. La Master
System est écoulée à 280 000 unités à la fin de l'année 1990, avant
d'atteindre les deux millions d'unités vendues en 1997[53]. Au milieu des
années 1990, Tec Toy conclut un partenariat avec Ecofilmes, le distributeur
de Master System au Portugal, pour éditer seize jeux vidéo sous le
label Master System Portuguese Purple, tous des réadaptations de jeux
originaux : Tec Toy traduit les jeux en portugais et remplace certains
personnages originels par d'autres plus connus du public brésilien : ainsi,
le titre Astro Warrior paraît sous le nom Sapo Xulé: SOS Lagoa Poluída et
met en scène un héros de bande dessinée bien connu du public
lusophone ; Wonder Boy in Monster Land est retitré en Mônica à Castelo
do Dragão et a pour protagoniste principale Mônica, l'héroïne de la série
de bandes dessinées Turma da Mônica[54]. En outre, Tec Toy réalise un
portage inédit de Street Fighter II: The World Warrior pour la Master
System[55].
Tec Toy fournit également un service téléphonique permettant d'obtenir
des conseils pour les jeux, a créé un Master System Club et lancé le
programme télévisé Master Tips, diffusé pendant les coupures publicitaires
de l'émission Sessão Aventura, sur la chaîne Rede Globo. Tec Toy détient
80 % du marché vidéoludique brésilien : la tardive commercialisation de
la Nintendo Entertainment System, en 1993, ne permet pas à Nintendo de
s'y imposer. Le succès de la console de Sega au Brésil, permis par un prix
plus abordable que ses récentes concurrentes, pousse Tec Toy à
développer un total de dix-huit versions émulées de la Master System,
dont la Master System Super Compact, sortie en 1994 et qui envoie les
images à la télévision par le biais d'un signal d'antenne, la Master System
III en 2008 ou encore la Master System Evolution en 2009, cette dernière
contenant 132 jeux vidéo en mémoire. Enfin, en 2017, à la demande des
consommateurs, Tectoy réédite la Master System originelle pour célébrer
les trente ans de la naissance de la console et en offre un exemplaire à
Tsurumi Naoya, le vice-président de Sega. En 2015, les versions émulées
de la Master System s'écoulent à 150 000 exemplaires, un chiffre
équivalent aux ventes de la plus moderne PlayStation 4. En 2016, Tectoy a
vendu un total de huit millions de Master System, toutes versions
confondues[55],[56],[57],[58],[59],[60].
Ainsi, la Master System est considérée comme la console de jeux vidéo à
la plus grande longévité[7].
Transition vers la Mega Drive et déclin
La Master System II, sortie en 1990,
bénéficie d'un coût de production réduit par rapport à la Master
System originelle.
Sega commercialise la première console 16-bits, la Mega Drive,
au Japon le 29 octobre 1988[61]. Le dernier jeu publié pour la Master
System dans ce pays est Bomber Raid en 1989. La même
année, Sega prépare la sortie de la Mega Drive aux États-Unis, où elle est
rebaptisée Genesis. Mécontente de la distribution américaine de la Master
System par Tonka, l'entreprise japonaise reprend les droits de
commercialisation de cette console aux États-Unis. En 1990, Sega lance
la Master System II. Cette nouvelle version, moins chère à la vente, est
plus compacte, ne possède plus de bouton reset ni de port acceptant
les cartouches au format « carte », des cartouches de la taille d'une carte
de crédit mais un peu plus épaisses (seuls sept jeux ont été
commercialisés sous ce format aux États-Unis). Ces deux dernières
modifications sont apportées dans un souci de réduction des coûts de
production. Sega assure la promotion de la Master System II en Amérique
du Nord, mais cette console se vend aussi mal que la version originelle [16],
[32],[26]
. Au début de l'année 1992, la production de la Master System pour le
marché américain est arrêtée, après 1,5 à 2 millions d'unités vendues, soit
loin derrière Nintendo et Atari, lesquels détiennent respectivement 80 % et
12 % de parts de marché en Amérique du Nord[62],[63],[42]. Sonic the
Hedgehog, une adaptation du jeu de la Mega Drive aux capacités
techniques de la Master System, est le dernier jeu publié sur cette
console[16]. En 1992, à la demande de nombreux développeurs tiers qui
dénonçaient leur contrat d'exclusivité avec Nintendo, la cour suprême de
New York juge que la firme japonaise a établi un monopole illicite sur le
marché américain et la contraint à laisser à ses développeurs la possibilité
de porter leurs jeux sur d'autres consoles deux ans après leur sortie sur
la Nintendo Entertainment System. Toutefois, cette décision ne permet pas
à Sega de rattraper son retard sur ce marché, où seuls une centaine de
titres ont été publiés au total[64].
Si elle reste une déception au Japon et en Amérique du Nord, la Master
System connait un succès commercial en Europe.
En 1991, Sega rachète Virgin Mastertronic et la rebaptise Sega of Europe.
La Master System II est commercialisée sur le vieux continent et intègre
soit Alex Kidd in Miracle World, soit Sonic the Hedgehog. Cette console
devient une solide alternative aux consoles de quatrième génération, plus
onéreuses. En 1993, 6,25 millions d'exemplaires de la Master System y
sont écoulées, contre 5,73 millions d'unités de la Mega Drive. Avec ses
deux consoles, Sega domine alors le marché vidéoludique européen. Les
deux principaux marchés de la Master System sont la France et
le Royaume-Uni, où elle s'est respectivement vendue à un total de
1,6 million et 1,35 million d'exemplaires en 1993, date à laquelle les
ventes commencent à fortement baisser en raison de l'essor de la Mega
Drive : seules 83 000 unités de la console sont écoulées pendant
l'année 1993, contre 304 000 l'année précédente. La Master System II est
également un succès commercial, ce qui permet à la console de Sega de
conserver une position dominante en Europe. Ce marché voit l'apparition
de titres exclusifs jusqu'en 1992, comme Sonic the Hedgehog 2, Streets of
Rage 2 ou encore Mercs[16],[65]. Le dernier jeu à paraître sur le marché
européen est Les Schtroumpfs autour du monde, développé
par Infogrames et sorti en 1996, concluant une ludothèque formée de
269 jeux[54].
La Game Gear, l'adaptation portable de la Master System
Article détaillé : Game Gear.
La Game Gear est une console portable qui
présente de nombreuses similitudes avec la Master System.
Développée sous le nom de Project Mercury et élaborée à partir du
matériel de la Master System, la Game Gear est une console portable. Elle
est sortie au Japon le 6 octobre 1990, en Amérique du Nord et
en Europe en avril 1991, puis en Australie et en Nouvelle-Zélande en 1992.
Vendue pour 19 800 yens au Japon, 149,99 dollars en Amérique du Nord et
99,99 livres sterling au Royaume-Uni, la Game Gear est conçue pour
concurrencer la Game Boy, que Nintendo commercialise depuis 1989[66],[67],
[68]
.
Il existe des similitudes entre le matériel de la Game Gear et celui de
la Master System, mais les jeux ne sont pas directement compatibles : les
titres de la Master System y sont jouables à l'aide d'un périphérique,
appelé Master Gear Converter[69]. Une grande partie de la ludothèque de
la Game Gear est composée de portages de jeux développés pour
la Master System. En raison des similitudes matérielles, notamment de
l'écran orienté en paysage, les titres de la Master System sont facilement
transposables sur cette console portable. Enfin, pour le marché
brésilien, Tec Toy réalise de nombreux portages pour la Master System de
jeux originellement développés pour la Game Gear, dont Sonic Blast, étant
donné popularité de la Master System, supérieure à celle de la Game
Gear dans ce pays[68],[66],[70],[59].
Spécifications techniques
Généralités
Une variante du Zilog Z80A, fabriquée
par NEC.
La Sega Mark III et la Master System utilisent des composants similaires.
Le microprocesseur central de la Master System est un Zilog
Z80A 8 bits cadencé à 3,6 MHz, doté d'une mémoire vive de 8 Kio,
d'une mémoire morte de 8 Kio et d'une mémoire vidéo de 16 Kio. La
console a une mémoire deux fois supérieure à celle de sa concurrente,
la Nintendo Entertainment System[25]. Les sorties vidéo et audio sont
fournies par le biais d'un commutateur RF ; la vidéo s'affiche à
une définition de 256 × 192 pixels et jusqu'à 32 couleurs simultanément à
partir d'une palette totale de 64 couleurs, soit le double de la SG-1000.
La Sega Mark III et la Master System lisent les jeux inscrits
sur cartouche et sur Sega Card : l'existence de deux ports différents
constitue un avantage sur les consoles concurrentes qui lisent leurs jeux
sur un format unique, puisqu'il est possible de laisser, par exemple, un jeu
favori dans un port et de changer régulièrement un autre jeu dans l'autre
port. La console dispose d'un port d'extension et de deux ports
de manettes. Le générateur de son de la console est un Texas
Instruments SN76489A, capable de produire trois signaux carrés et un
canal de bruit. La Sega Mark III utilise en revanche une puce Yamaha
YM2413 pour générer le son, par le biais de neuf sons multicanaux et
quinze instruments synthétisés préprogrammés pour rivaliser avec les
ordinateurs personnels[23],[24],[28].
Variantes
La Master System Girl commercialisée
par Tec Toy au Brésil.
Plusieurs variantes de la Master System conçues par Sega voient le jour.
En 1990, Sega sort la Master System II. Celle-ci se distingue de sa
devancière par la suppression d'un certain nombre de composants afin de
réduire le coût de production de la console, comme le port pour les Sega
Cards, le bouton de réinitialisation, le voyant d'alimentation, le port
d'extension ainsi que la musique et le logo introductifs lors de la mise sous
tension de la console[32].
Plusieurs variantes de la Master System sous licence existent également
au Brésil, où elles sont conçues par Tec Toy. Une variante connue sous le
nom de Master System Super Compact, éditée en 1992, est capable de
fonctionner sans fil avec un émetteur RF. En outre, Tec Toy cherche
également à séduire les joueuses brésiliennes avec la Master System Girl,
une console moulée dans un plastique rose vif commercialisée la même
année. Une version plus récente, sortie en 2006 au Brésil et connue sous
le nom de Master System III Collection, contient 120 jeux intégrés[56]. La
même année, plusieurs entreprises, dont Coleco, éditent une version
portable de la Master System[26],[71].
Enfin, d'autres versions de la console apparaissent dès 1986, comme
le Grandstand Programmable Computer, sorti en Australie, la Mark III
Game System en Nouvelle-Zélande et la Mark Video Game
System en Finlande. En 1987 en Corée du Sud, paraît la Samsung
Gam*Boy, cette fois-ci sans licence[26].
Périphériques
Plusieurs périphériques sont conçus pour la Sega Mark III et la Master
System. La manette de jeu se compose d'un pavé directionnel à gauche et
de deux boutons à droite. Sega développe aussi d'autres manettes,
comme une manette équipée d'un joystick pour la Sega Mark III ou encore
le Sports Pad, une manette pour la Master System destinée aux jeux vidéo
de sport comme Sports Pad Soccer avec lequel elle est vendue, et le SG-
Controller, une manette à destination des jeux de tir. Le Handle
Controller est un volant conçu pour les jeux vidéo de course tels
que Super Monaco GP ou des jeux mettant en scène des avions de chasse
comme Ace of Aces ou After Burner. Une paire de lunettes 3D,
baptisée SegaScope 3D, est également créée pour des jeux tels que Space
Harrier 3-D, mais cet équipement, alors inédit dans l'univers des consoles
de jeux vidéo, nécessite l'utilisation d'un adaptateur. Un pistolet optique,
le Light Phaser, est fourni avec la console dès son lancement et est inspiré
du pistolet utilisé dans la série japonaise Zillion, adaptée en jeu
vidéo en 1987. Il est possible de joindre à ce pistolet un Rapid Fire Unit, qui
permet d'effectuer des tirs en rafale. Enfin, la Sega Mark III dispose d'un
émetteur RF optionnel, afin d’utiliser, sans fil, la console avec les
téléviseurs bénéficiant du signal UHF. Au Japon, la console peut être
utilisée avec un paddle, composé de deux boutons circulaires[32],[56],[72],[73],[74],
[75]
.