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Analyse II réelle : Fonctions et Intégrales

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Analyse II réelle (automne 2024) Résumé

Table des matières

Chapitre I. Fonctions de plusieurs variables.

1. Espaces normés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 2
2. Fonctions continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 2
3. Dérivées partielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 3
4. Gradient, dérivée directionnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 4
5. Dérivées partielles d’ordre 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 5
6. Formes linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 6
7. Fonctions différentiables. La différentielle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 6

Chapitre II. 1-formes différentielles. Intégrales curvilignes.

1. Formes différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 7
2. Formes exactes. Lemme de Poincaré. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 7
3. Courbes paramétrées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 8
4. Intégrales curvilignes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 9
5. Formule de Green-Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 10

Chapitre III. p-formes différentielles.

1. Formes multilinéaires alternées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 11


2. Produit extérieur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 12
3. p-formes différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 13
4. Dérivée extérieure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 14
5. Formes exactes et formes fermées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 14
6. Tiré en arrière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 15
7. Intégrations des formes différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 16
8. Champs de vecteurs dans R3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 16
9. Surfaces paramétrées dans R3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 18
10. Le flux d’un champ de vecteurs dans R3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 18
11. Formule de Stokes-Ampère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 19
12. Intégrales de surfaces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 19
Chapitre I. Fonctions de plusieurs variables.

Cours du 17.09 Espaces normés

Définition. Soit E un espace vectoriel (e.v.) sur R. Une norme sur E est une fonction
k k : E → R≥0 telle que:
1) kα xk = |α| kxk pour tous α ∈ R, x ∈ E;
2) kxk − kyk ≤ kx ± yk ≤ kxk + kyk pour tous x, y ∈ E;
3) kxk = 0 ⇔ x = 0.

Lemme 1. Soient k k et k k0 des normes sur un espace vectoriel de dimension finie.


Alors, les normes k k et k k0 sont équivalentes, c.-à-d. il existe m > 0 et M > 0 tels
qu’on a m kxk ≤ kxk0 ≤ M kxk pour tout x ∈ E.

Définition. Soit E un espace vectoriel normé. Soit U ⊂ E.


a) B(x; δ) = {y ∈ E | ky − xk < δ} est la boule ouverte de centre x et de rayon δ.
b) U est un ouvert si pour tout x ∈ U , il existe δ > 0 tel que B(x; δ) ⊂ U .
c) U est un fermé si son complémentaire, E \ U , est un ouvert.
d) U est un borné s’il existe δ > 0 tel que U ⊂ B(0; δ).
e) U est un compact si U est fermé et borné (dans le cas où E est de dimension finie).

f) ∂U = x ∈ E | pour tout δ > 0, on a B(x; δ) ∩ U 6= ∅ et B(x; δ) ∩ (E \ U ) 6= ∅
est la frontière de U .

Remarque. U est un fermé si et seulement si ∂U ⊂ U .



Définition. Soit E, k k un espace vectoriel normé. Soit x ∈ E. On dit que Vx ⊂ E
est un voisinage de x s’il existe un ouvert U tel que x ∈ U ⊂ Vx .

Définition. (Dans ce cours) l’ensemble des ouverts de Rn sera noté O(Rn ) .

Fonctions continues

Remarque. Désormais, on suppose toujours que l’espace Rn est muni d’une norme.

Définition. Soient E = Rn et U ⊂ E. Soit f : U → R une fonction.


a) f est dite continue en x0 ∈ U si pour tout ε > 0, il existe δ > 0 tel que pour tout
x ∈ B(x0 ; δ) ∩ U , on a |f (x) − f (x0 )| < ε.
b) f est dite continue sur U si f est continue en chaque point de U .
c) L’ensemble des fonctions continues sur U est noté C(U ).

Exemple. Soit E = R2 . Soit x0 = (0, 0). On considère la fonction définie par f (x) =
|x1 |+|x2 |
√ 2 2 si x 6= x0 et f (x0 ) = a, où a ∈ R. On remarque que lim f (t, 0) = 1 mais
x1 +x2 t→0

lim f (t, t) = 2. Donc, f n’est pas continue en x0 quelque soit la valeur de a.
t→0

2
Lemme 2. Toute norme sur Rn est une fonction continue.

Lemme 3. Soient U ∈ O(Rn ) et x0 ∈ U . Soit f : U → R une fonction. Supposons qu’il


existe une fonction g : U → R et un voisinage Vx0 de x0 tels que
a) g est continue en x0 , b) g(x0 ) = 0, c) pour tout x ∈ Vx0 , on a |f (x)−f (x0 )| ≤ g(x).
Alors, f est continue en x0 .

Exemple.
√ Soit E = R2 . Soit x0 = (0, 0). On considère la fonction définie par f (x) =
|x1 | sin x2
x21 +|x2 |
si x 6= x0 et f (x0 ) = 0. On remarque que | sin x2 | ≤ |x2 | ≤ x21 + |x2 |. Donc,
p p
on a |f (x) − f (x0 )| = |f (x)| ≤ |x1 |. En posant g(x) = |x1 |, on peut appliquer le
Lemme 3 et conclure que f est continue en x0 .

Cours du 24.09 Lemme 4. (théorème des valeurs extrêmes)


Soit K ⊂ Rn un compact. Soit f ∈ C(K). Alors, il existe des points xmin , xmax ∈ K
tels que pour tout x ∈ K, on a f (xmin ) ≤ f (x) ≤ f (xmax ).

Remarque. Donc, f est bornée sur K (il existe M ∈ R tel que |f (x)| ≤ M pour tout
x ∈ K).

Lemme 5. Soit [a, b] ⊂ R. Soient g1 , g2 ∈ C[a, b] des fonctions telles que g1 (x) ≤ g2 (x)
pour tout x ∈ [a, b]. Soit le compact K = x ∈ R2 | x1 ∈ [a, b], g1 (x1 ) ≤ x2 ≤ g2 (x1 ) .


Soit f ∈ C(K). Alors, on a


Z Z b Z g2 (x1 ) 
f (x1 , x2 ) dx1 dx2 = f (x1 , x2 ) dx2 dx1 .
K a g1 (x1 )

Dérivées partielles

Définition. On note {e1 , . . . , en } la base canonique de Rn (où ei = (0, . . . , |{z}


1 , . . . , 0) ∈
i
Rn ).

Définition. Soient U ∈ O(Rn ) et x ∈ U . Soit f : U → R une fonction.


a) la dérivée partielle de f en x par rapport à xi est définie par
(∂i f )(x) = lim 1t f (x + tei ) − f (x) = lim 1t f (x1 , . . ., xi + t, . . ., xn ) − f (x1 , . . ., xi , . . ., xn ) .
 
t→0 t→0

b) f est dite de classe C 1 sur U si ∂i f ∈ C(U ) pour tout i = 1, . . ., n.


c) l’ensemble des fonctions de classe C 1 sur U est noté C 1 (U ).

Exemple. Soient E = R2 et x0 = (0, 0). La fonction définie par f (x) = |x


√1 |+|x
2
2|
2
si
x1 +x2
x 6= x0 et f (x0 ) = 1 n’est pas continue en x0 (voir l’exemple à la page 2). Mais elle
admet les dérivées partielles en x0 . Puisque f (x1 , 0) = 1 pour tout x1 et f (0, x2 ) = 1
pour tout x2 , on a (∂1 f )(0, 0) = (∂2 f )(0, 0) = 0. On remarque que f n’est pas de
classe C 1 au voisinage de x0 (d’après la partie b) du théorème 1).

3
Gradient, dérivée directionnelle

Définition. Soit x ∈ Rn . L’espace tangent à Rn en x, noté Tx Rn , est l’ensemble des


vecteurs dont l’origine est x.
Définition. Soient U ∈ O(Rn ), x ∈ U , h ∈ Tx Rn . Soit f : U → R une fonction.
a) Le gradient de f en x est le vecteur (gradf )(x) = (∂1 f )(x), . . ., (∂n f )(x) ∈ Tx Rn .


b) La dérivée directionnelle de f en x suivant h est définie par


(∂ h f )(x) = lim 1t f (x + th) − f (x) .

t→0

Exemple. Soient E = R2 et x0 = (0, 0). Soit la fonction définie par f (x) = √x12|x2 | 2 si
x1 +x2
x 6= x0 et f (x0 ) = 0. Soit h = (3, 4). Alors, on a (∂ h f )(x0 ) = lim 1t f (th1 , th2 ) −
t→0
f (0, 0) = lim 1t f (3t, 4t) = lim 1t √9t12t|t| 12

2 +16t2
= 5 .
t→0 t→0

Remarque. Pour E = R, l’existence de la dérivée f 0 (x0 ) implique la continuité de f


en x0 . Pour E = Rn avec n ≥ 2, l’existence des dérivées directionnelles de f en x0 ,
en particulier des dérivées partielles, n’implique pas la continuité de f en x0 .
Pn
Définition. Pour x, y ∈ Rn , on note hx, yi := k=1 xk yk le produit scalaire de x et y .

Remarque. Le produit scalaire vérifie l’inégalité de Cauchy-Schwarz: |hx, yi| ≤ kxk2 kyk2 .

Théorème 1. Soient U ∈ O(Rn ) et x ∈ U . Soit f ∈ C 1 (U ). Alors,


a) f ∈ C(U ).
Pn
b) Pour tout h ∈ Tx Rn , on a (∂ h f )(x) = i=1 (∂i f )(x) hi = (gradf )(x), h .

Remarque. Donc, s’il existe h ∈ Tx0 Rn pour lequel on a (∂ h f )(x0 ) 6= (gradf )(x0 ), h ,
alors on peut conclure que f n’est pas de classe C 1 au voisinage de x0 .

Exemple. f (x) = 2 sin x1 + cos x2 , h = (3, 4). On a f ∈ C 1 (R2 ) et (gradf )(x) =


(2 cos x1 , − sin x2 ). Donc, (∂ h f )(x) = 6 cos x1 − 4 sin x2 .

Exemple. Soient E = R2 et x0 = (0, 0). Soit la fonction définie par f (x) = √x12|x2 | 2
x1 +x2
si x 6= x0 et f (x0 ) = 0. On a (gradf )(x0 ) = (0, 0) car f (x1 , 0) = 0 pour tout x1
et f (0, x2 ) = 0 pour tout x2 . Mais nous avons déjà vu que pour h = (3, 4), on a
12
(∂ h f )(x0 ) = 5 6= 0. Donc, f n’est pas de classe C 1 au voisinage de x0 .

Lemme 6. (théorème des accroissements finis) Soit [a, b] ⊂ R. Soit f ∈ C[a, b] ∩


C 1 (a, b). Alors, il existe un point c ∈ (a, b) tel que f (b) − f (a) = f 0 (c) (b − a).

Cours du 01.10 Définition. Soient x, y ∈ Rn . Alors, [x, y] = {z ∈ Rn | z = x + s(y − x), s ∈ [0, 1]} est
le segment fermé d’extrémités x et y.

4
Théorème 2. Soit U ∈ O(Rn ). Soient x, y ∈ U des points tels que [x, y] ⊂ U . Soit f ∈
C 1 (U ). Alors, il existe un point z ∈ [x, y] tel que f (y) − f (x) = (gradf )(z), y − x .

Remarque. Le théorème 2 est une généralisation du lemme 6.

Théorème 3. Soit U ∈ O(Rm ). Soient y1 , . . . , yn ∈ C 1 (U ). Soit f ∈ C 1 (Rn ). Posons


F (x) = f y(x) = f (y1 (x), . . . , yn (x)). Alors, F ∈ C 1 (U ) et pour tout i = 1, . . . , m,


on a (∂i F )(x) = nj=1 (∂j f ) y(x) (∂i yj )(x).


P 

Exemple. (le cas m = 2, n = 2.) Soit f ∈ C 1 (R2 ). On considère la fonction com-


posée F (x) = f y(x) = f (x21 + x22 , x1 x2 ). (Donc, ici on a y1 (x) = x21 + x22 et

 
y2 (x) = x1 x2 .) Alors, on a (∂1 F )(x) = (∂1 f ) y(x) (∂1 y1 )(x) + (∂2 f ) y(x) (∂1 y2 )(x)
= 2x1 (∂1 f )(x21 + x22 , x1 x2 ) + x2 (∂2 f )(x21 + x22 , x1 x2 ). Si, par exemple, f est une fonc-
tion telle que (gradf )(5, 2) = (3, −7), alors, pour x0 = (2, 1) on a y(x0 ) = (5, 2) et
donc (∂1 F )(x0 ) = (∂1 F )(2, 1) = 4(∂1 f )(5, 2) + (∂2 f )(5, 2) = 12 − 7 = 5.

Théorème 4. Soit (a, b) ⊂ R. Soient g1 , g2 ∈ C 1 (a, b) et h ∈ C(R). Posons


R g (t)
F (t) = g12(t) h(s) ds. Alors, on a F 0 (t) = g20 (t) h g2 (t) − g10 (t) h g1 (t) .
 

R t2 √ √ √
Exemple. Soit F (t) = 3t 1 + s3 ds. Alors, on a F 0 (t) = 2t 1 + t6 − 3 1 + 27t3 .

Dérivées partielles d’ordre 2

Définition. Soit U ∈ O(Rn ). Soit f : U → R une fonction.



a) Les fonctions ∂ij f := ∂i ∂j f , i, j = 1, . . ., n, sont les dérivées partielles de f
d’ordre 2.
b) f est dite de classe C 2 sur U si ∂ij f ∈ C(U ) pour tous i, j = 1, . . ., n.
c) L’ensemble des fonctions de classe C 2 sur U est noté C 2 (U ).
1

Remarque. (∂12 f )(a1 , a2 ) = lim (∂2 f )(a1 + t, a2 ) − (∂2 f )(a1 , a2 ) .
t→0 t

x21 x2
Exemple. Soit E = R2 et x0 = (0, 0). Soit la fonction définie par f (x) = |x1 |+|x2 |
si x 6= x0 et f (x0 ) = 0. On a (∂1 f )(x0 ) = (∂2 f )(x0 ) = 0. Pour tout x1 6= 0,
on a (∂2 f )(x1 , 0) = lim 1t f (x1 , t) − f (x1 , 0) = |x1 |. Donc, (∂12 f )(x0 ) n’existe pas.

t→0
Mais pour tout x2 6= 0, on a (∂1 f )(0, x2 ) = lim 1t f (t, x2 ) − f (0, x2 ) = 0. Donc,

t→0
(∂21 f )(x0 ) = 0.

Cours du 08.10 Lemme 7. Soient U ∈ O(Rn ) et f ∈ C 2 (U ). Alors f ∈ C 1 (U ) et f ∈ C(U ).

Théorème 5. (théorème de Schwarz) Soient U ∈ O(Rn ) et f ∈ C 2 (U ). Alors, pour


tous i, j = 1, . . ., n, on a ∂ij f = ∂ji f .

5
Formes linéaires

Définition. Soit E un espace vectoriel sur R.


a) Une forme linéaire sur E est une fonction φ : E → R telle qu’on a
φ(αx + βy) = αφ(x) + βφ(y) pour tous x, y ∈ E, α, β ∈ R.
b) L’espace dual de E, noté E ∗ , est l’ensemble des formes linéaires sur E.

Exemple. Soit h , i un produit scalaire sur Rn . Fixons y ∈ Rn . Soit φ : Rn → R la


fonction définie par φ(x) = hx, yi. Alors φ est une forme linéaire sur Rn .

Lemme 8. Soit E un espace vectoriel sur R de dimension n. Soit E = {e1 , . . . , en } une


base de E. Alors, dim E ∗ = n et il existe une base E ∗ = {e∗1 , . . . , e∗n } de E ∗ telle qu’on
a e∗i (ej ) = δij pour tous i, j = 1, . . . , n.

Fonctions différentiables. La différentielle.

Définition. Soit U ∈ O(Rn ). Soit x ∈ U . Soit f : U → R une fonction.


a) La différentielle de f en x est la forme linéaire dfx ∈ (Tx Rn )∗ donnée par
dfx (h) = (gradf )(x), h pour tout h ∈ Tx Rn .
b) f est dite différentiable en x si pour tout ε > 0, il existe δ > 0 tel qu’on a
f (x + h) − f (x) − dfx (h) < εkhk pour tout h ∈ B(0; δ), h 6= 0.

Remarque. Soit c la fonction définie sur un voisinage de 0 dans Tx Rn par c(0) = 0 et


1
c(h) = khk f (x+h)−f (x)−dfx (h) pour h 6= 0. Alors, la fonction f est différentiable
en x si et seulement si la fonction c est continue en h = 0.

Exemple. Soit E = R2 muni de la norme k k2 . Soit x0 = (0, 0). On considère la


x21 x2
fonction définie par f (x) = 2
x1 +|x2 |
si x 6= x0 et f (x0 ) = 0. On a (gradf )(x0 ) = (0, 0).
1 1 h21 |h2 |
Pour h 6= 0, on a c(h) = khk2 f (x0 + h) − f (x0 ) − dfx0 (h) = √ h21 +|h2 |
≤ |h1 |.
h21 +h22
Donc, par le Lemme 3, c est continue en h = 0 et ainsi f est différentiable en x0 .

Théorème 6. Soit U ∈ O(Rn ). Soit x ∈ U . Soit f : U → R une fonction différentiable


en x. Alors,
a) Pour tout h ∈ Tx Rn , la dérivée (∂h f )(x) existe et on a (∂h f )(x) = (gradf )(x), h .
b) f est continue en x.

Remarque. Le Théorème 6 donne des conditions nécessaires (mais pas suffisantes) pour
que f soit différentiable en x.

Théorème 7. Soit U ∈ O(Rn ). Soit f ∈ C 1 (U ). Alors f est différentiable en tout


x ∈ U.

6
Cours du 15.10 Lemme 9. Soit U ∈ O(Rn ). Soit x ∈ U . Soient f, g ∈ C 1 (U ). Alors, on a
a) d(λ f + µ g)x = λ dfx + µ dgx pour tous λ, µ ∈ R.
b) d(f g)x = f (x) dgx + g(x) dfx .

Chapitre II. 1-formes différentielles. Intégrales curvilignes.

Formes différentielles
Pn
Soit E = {e1 , . . . , en } la base canonique de Rn . Pour h ∈ Rn , on a h = k=1 hk ek .

Définition. Soit i ∈ {1, . . . , n}. Alors, dxi ∈ (Tx Rn )∗ est la forme linéaire définie par
dxi (h) = hi pour tout h ∈ Tx Rn .

Lemme 10. E ∗ = {dx1 , . . . , dxn } est une base de (Tx Rn )∗ .

Définition. Soit U ∈ O(Rn ).


a) Une forme différentielle de degré 1 (ou 1-forme différentielle) de classe C k sur U
est une application ω = ni=1 αi dxi ∈ C k U ; (Tx Rn )∗ , où α1 , . . . , αn ∈ C k (U ).
P 

b) L’ensemble des 1-formes différentielles sur U est noté Ω1 (U ).


c) Pour f ∈ C(U ) et ω = ni=1 αi dxi ∈ Ω1 (U ), on définit f · ω := ni=1 (f αi ) dxi .
P P

d) Pour ω1 = ni=1 αi dxi ∈ Ω1 (U ) et ω2 = ni=1 βi dxi ∈ Ω1 (U ), on définit


P P

ω1 + ω2 := ni=1 (αi + βi ) dxi .


P

Remarque. Soit ω = ni=1 αi dxi ∈ Ω1 (U ). Fixons un point x0 ∈ U . Alors,


P

ωx0 = ni=1 αi (x0 ) dxi ∈ (Tx Rn )∗ .


P

Exemple. Soit ω = x22 dx1 − x1 dx2 . Prenons x0 = (3, 2). Alors, ωx0 = 4 dx1 − 3 dx2 .
Prenons h = (5, 6). Alors, ωx0 (h) = 4 dx1 (h) − 3 dx2 (h) = 4 · 5 − 3 · 6 = 2.

Formes exactes. Lemme de Poincaré.

Définition. Soient U ∈ O(Rn ) et f ∈ C 1 (U ). La différentielle de f est la forme


différentielle df ∈ Ω1 (U ) donnée par df = ni=1 (∂i f ) dxi .
P

Exemple. Soit f (x) = x21 e−x2 . Alors, df = 2x1 e−x2 dx1 − x21 e−x2 dx2 . Prenons x0 =
(3, 0). Alors, on a dfx0 = 6 dx1 − 9 dx2 . Prenons h = (5, 4). Alors, dfx0 (h) =
6 dx1 (h) − 9 dx2 (h) = 6 · 5 − 9 · 4 = −6.

Définition. Soit U ∈ O(Rn ). Une forme différentielle ω ∈ Ω1 (U ) est dite exacte sur U
s’il existe une fonction f ∈ C 1 (U ) telle que df = ω. La fonction f est appelée une
primitive de ω.

Remarque. Si f est une primitive de ω et c ∈ R est une constante, alors f˜ = f + c est


aussi une primitive de ω.

7
Pn
Lemme 11. Soit U ∈ O(Rn ). Soit ω = i=1 αi dxi ∈ Ω1 (U ), où α1 , . . . , αn ∈ C 1 (U ).
Si ω est exacte sur U , alors on a ∂j αi = ∂i αj pour tous i, j = 1, . . ., n.

Remarque. Lemme 11 donne des conditions nécessaires pour que ω soit exacte.

Exemple. La forme ω = x22 dx1 + x21 dx2 n’est pas exacte car (∂2 α1 )(x) = 2x2 mais
(∂1 α2 )(x) = 2x1 .

Exemple. La forme ω = (x2 − 1) dx1 + (x1 + 2) dx2 est exacte. La fonction f (x) =
x1 x2 − x1 + 2x2 est une primitive de ω.

Définition. Un ouvert U ⊂ Rn est dit étoilé s’il existe un point x0 ∈ U tel que pour
tout x ∈ U , on a [x0 , x] ⊂ U .

Exemple. Tout ouvert convexe est étoilé.

Théorème 8. (Lemme de Poincaré)


Pn
Soit U ⊂ Rn un ouvert étoilé. Soit ω = i=1 αi dxi ∈ Ω1 (U ), où α1 , . . . , αn ∈ C 1 (U ).
Si pour tous i, j = 1, . . ., n, on a ∂j αi = ∂i αj , alors ω est exacte sur U .

Cours du 22.10 Courbes paramétrées

Définition.
a) Une courbe paramétrée est une application γ : [a, b] → Rn de classe C 1 (c.-à-d.
γ(t) = γ1 (t), . . . , γn (t) , où γi ∈ C 1 [a, b] pour tout i = 1, . . ., n).


b) On dit que γ est C 1 par morceaux si [a, b] = m


S
k=1 [ak , ak+1 ] (où a1 ≡ a et am+1 ≡ b),
γi ∈ C[a, b] et γi ∈ C 1 [ak , ak+1 ] pour tous i = 1, . . ., n, k = 1, . . ., m.
c) γ est dite fermée si γ(a) = γ(b).
d) γ est dite simple si γ est injective sur (a, b).

Définition. Une courbe paramétrée γ : [a, b] → Rn est un paramétrage (ou une


paramétrisation) d’une courbe géométrique Γ ⊂ Rn si γ est simple et on a γ [a, b] =


Γ. Γ est appelée le support de γ.

Exemple. Soit Γ = {x ∈ R2 | x21 + 9x22 = 36}. Alors, γ(t) = (6 cos t, 2 sin t), t ∈ [0, 2π]
est un paramétrage de Γ.

Définition. Soit γ : [a, b] → R2 une courbe paramétrée fermée simple. Soit γ0 (t) =
(cos t, sin t), t ∈ [0, 2π]. On dit que γ est orientée dans le sens trigonométrique (≡
direct, positif) si γ et γ0 ont le même sens de parcours.

8
Intégrales curvilignes

Définition. Soit γ : [a, b] → Rn une courbe paramétrée. Fixons t ∈ [a, b]. Alors le
vecteur γ 0 (t) := γ10 (t), . . ., γn0 (t) ∈ Tγ(t) Rn est appelé vecteur vitesse.


Définition. Soient U ∈ O(Rn ) et γ : [a, b] → U une courbe paramétrée.


Soit ω = ni=1 αi dxi ∈ Ω1 (U ).
P

a) On définit l’intégrale de ω le long de γ par


Z Z b Z b X n
0
  0 
ω := ωγ(t) γ (t) dt = αi γ(t) γ i (t) dt.
γ a a i=1
Sm
b) Si γ est C1
par morceaux avec [a, b] = k=1 [ak , ak+1 ], alors
Z Xm Z ak+1
ωγ(t) γ 0 (t) dt.

ω :=
γ k=1 ak

Remarque. Pour tous λ, µ ∈ R et ω1 , ω2 ∈ Ω1 (U ), on a


R R R
γ (λω1 + µω2 ) = λ γ ω1 + µ γ ω2 .

Remarque. Soit ω = ni=1 αi dxi . Alors, l’integrale γ ω peut être interprétée comme
P R

le travail effectué par la force α lorsque un point matériel se déplace de γ(a) à γ(b)
le long de la trajectoire γ. Dans certains livres l’intégrale curviligne correspondante
~
R
~ · dx.
est notée γ α

Exemple. Soit ω = x22 dx1 − x1 x2 dx2 . Soit γ(t) = (t2 , t3 ), t ∈ [0, 1]. Alors, on a
γ 0 (t) = (2t, 3t2 ). D’où ωγ(t) (γ 0 (t)) = (t3 )2 (2t) − (t2 )(t3 )(3t2 ) = −t7 . Donc, γ ω =
R
R1 7 1
0 (−t ) dt = − 8 .

Lemme 12. Soient U ∈ O(Rn ), ω ∈ Ω1 (U ). Soit γ : [a, b] → U une courbe paramétrée.


Soit γ̃ = γ ◦ ϕ, où ϕ : [c, d] → [a, b] est une bijection de classe C 1 . Alors, on a
R R
Γ(γ) = Γ(γ̃) et γ̃ ω = ε γ ω, où ε = 1 si ϕ(c) = a, ϕ(d) = b et ε = −1 si ϕ(c) = b,
ϕ(d) = a.

Définition. Soient U ∈ O(Rn ) et ω ∈ Ω1 (U ). Soit Γ ⊂ U une courbe (géométrique)


R R
orientée (c.-à-d. munie d’un sens de parcours). Alors, on pose Γ ω := γ ω, où γ est
n’importe quel paramétrage de Γ compatible avec l’orientation de Γ.

Théorème 9. Soient U ∈ O(Rn ) et γ : [a, b] → U une courbe paramétrée. Soit ω ∈


Ω1 (U ) une forme exacte sur U . Alors, on a γ ω = f γ(b) − f γ(a) , où f ∈ C 1 (U )
R  

R
est une primitive de ω. En particulier, on a γ ω = 0 si γ est fermée.

Exemple. Soient ω = ex2 dx1 + x1 ex2 dx2 et γ(t) = (t2 , t3 ), t ∈ [0, 1]. Alors, ω = df , où
f (x) = x1 ex2 . Donc, γ ω = f (γ(1)) − f (γ(0)) = f (1, 1) − f (0, 0) = e − 0 = e.
R

9
Cours du 29.10 Lemme 13. Soit U = R2 \ {(0, 0)}. Soit la forme différentielle ω = α1 dx1 + α2 dx2 =
x2 x1
2 2 dx1 − 2 dx2 ∈ Ω1 (U ).
x1 + x2 x1 + x22
Alors, on a ∂2 α1 = ∂1 α2 mais ω n’est pas exacte sur U .

Formule de Green-Riemann

Définition. Un compact K ⊂ R2 est appelé élémentaire si


K = {x ∈ R2 | x1 ∈ [a, b], g1 (x1 ) ≤ x2 ≤ g2 (x1 )}
= {x ∈ R2 | x2 ∈ [c, d], h1 (x2 ) ≤ x1 ≤ h2 (x2 )},
où g1 , g2 sont des fonctions de classe C 1 par morceaux sur [a, b] et h1 , h2 sont des
fonctions de classe C 1 par morceaux sur [c, d].

Exemple. K = {x ∈ R2 | |x1 | + |x2 | ≤ 1} est un compact élémentaire.

Théorème 10a. Soit U ∈ O(R2 ). Soit K ⊂ U un compact élémentaire.


Soit ω = α1 dx1 + α2 dx2 , où α1 , α2 ∈ C 1 (U ). Alors, on a
Z Z  
ω= (∂1 α2 )(x) − (∂2 α1 )(x) dx1 dx2 ,
∂K K
où ∂K est parcourue dans le sens positif.

Exemple. Soit ω = −x21 x2 dx1 + x1 x22 dx2 . Soit K = {x ∈ R2 | x21 + x22 ≤ 1}. Alors,
2 2
R R  R R 2
∂K ω = K (∂1 α2 )(x) − (∂2 α1 )(x) dx1 dx2 = K (x1 + x2 ) dx1 dx2 = K r r dr dθ =
R1 R 2π
( 0 r3 dr) ( 0 1 dθ) = π/2.

Remarque. Soit f ∈ C(K), où K ⊂ U ∈ O(R2 ) est un compact élémentaire. Si α1 , α2 ∈


C 1 (U ) sont des fonctions telles que ∂1 α2 − ∂2 α1 = f , alors, K f (x) dx1 dx2 = γ ω,
R R

où ω = α1 dx1 + α2 dx2 et γ : [a, b] → U est un paramétrage de ∂K.

Définition. Un compact K ⊂ R2 est appelé simple s’il admet une partition en com-
pactes élémentaires dont les intérieurs sont deux à deux disjoints.

Exemple. K = {x ∈ R2 | 1 ≤ |x1 | + |x2 | ≤ 2} est un compact simple.

Cours du 05.11 Définition. Un compact simple K ⊂ R2 est dit à bord orienté si sa frontière extérieure
est orientée dans le sens positif et sa frontière intérieure est une réunion de courbes
orientées dans le sens négatif.

Théorème 10b. (formule de Green-Riemann).


Soit U ∈ O(R2 ). Soit K ⊂ U un compact simple à bord orienté. Soit ω = α1 dx1 +
Z Z  
1
α2 dx2 , où α1 , α2 ∈ C (U ). Alors, on a ω= (∂1 α2 )(x) − (∂2 α1 )(x) dx1 dx2 .
∂K K

10
Lemme 14. Soit K ⊂ R2 un compact simple à bord orienté. Alors, l’aire de K vaut
A(K) = ∂K ω1 = ∂K ω2 = 21 ∂K (ω1 + ω2 ), où ω1 = x1 dx2 et ω2 = −x2 dx1 .
R R R

Exemple. Soit K = {x ∈ R2 | x2 ≥ 0, x21 + x22 ≤ 1}. On a ∂K = Γ(γ 1 ) ∪ Γ(γ 2 ),


où γ 1 (t) = (cos t, sin t), t ∈ [0, π] et γ 2 (t) = (t, 0), t ∈ [−1, 1]. On remarque que
ω2 = −x2 dx1 s’annule sur γ 2 . Donc, l’aire de K vaut ∂K ω2 = γ 1 ω2 + γ 2 ω2 =
R R R
R R Rπ
γ 1 ω2 = − γ 1 x2 dx1 = − 0 sin t(− sin t)dt = π.

Remarque. Soit U ∈ O(R2 ). Soient ω ∈ Ω1 (U ) et γ : [a, b] → U une courbe paramétrée.


Si γ n’est pas fermée, alors on peut choisir une autre courbe paramétrée γ̃ de sorte
que l’on ait Γ(γ) ∪ Γ(γ̃) = ∂K, où K est un compact simple à bord orienté. Cela
R
permet de calculer γ ω en utilisant la formule de Green-Riemann:
R R R R 
γ ω + γ̃ ω = ± ∂K ω = ± K (∂1 α2 )(x) − (∂2 α1 )(x) dx1 dx2 , où le signe ± est
déterminé par l’orientation de γ et γ̃.

Chapitre III. p-formes différentielles.

Formes multilinéaires alternées

Définition. Soit E un e.v. On note E ×p := E . . × E}. En élément de E ×p est une


| × .{z
p fois
suite de p vecteurs, (v1 , . . . , vp ), vi ∈ E.

Définition. Les vecteurs v1 , . . . , vp ∈ E sont liés (ou linéairement dépendants) s’il


existe des constantes c1 , . . . , cp non toutes nulles telles que pi=1 ci vi = 0.
P

Définition. Soit E un espace vectoriel sur R. Une forme p-linéaire alternée sur E est
une application β : E ×p → R telle que
a) la valeur de β(v1 , . . . , vp ) dépend linéairement de chaque vecteur v1 , . . . , vp .
b) Si les vecteurs v1 , . . . , vp sont liés, alors β(v1 , . . . , vp ) = 0.

Remarque. En particulier, β(v1 , . . . , vp ) = 0 si deux vecteurs parmi v1 , . . . , vp sont


colinéaires.

Définition. L’ensemble des formes p-linéaires alternées sur E est noté Λp (E).

Remarque. Λ1 (E) = E ∗ .

Lemme 15. Soit β ∈ Λp (E), p ≥ 2.


a) β est une application antisymétrique, c.-à-d. pour tous i 6= j, on a
β(v1 , . . . , vi , . . . , vj , . . . , vp ) = − β(v1 , . . . , vj , . . . , vi , . . . , vp ).
b) Si p > dim E, alors β = 0.

11
Remarque. Soit une permutation σ : {1, . . . , p} → {σ(1), . . . , σ(p)}. La partie a) du
Lemme 15 implique qu’on a β(vσ(1) , . . . , vσ(p) ) = ε(σ)β(v1 , . . . , vp ), où ε(σ) = ±1
est la signature de σ.

Produit extérieur

Définition. Les formes linéaires φ1 , . . . , φp ∈ Λ1 (E) sont linéairement dépendantes s’il


existe des constantes c1 , . . . , cp non toutes nulles telles que pi=1 ci φi = 0.
P

Définition. Soit E un e. v. sur R. Le produit extérieur des formes linéaires φ1 , . . . , φp ∈


Λ1 (E) est une application φ1 ∧ . . . ∧ φp : E ×p → R définie par

 
φ1 (v1 ) . . . φ1 (vp )
φ1 ∧ . . . ∧ φp (v1 , . . . , vp ) = det  ... ..  .
 
. 
φp (v1 ) . . . φp (vp )

Exemple. Soient E = R3 , v1 = (1, 2, 3), v2 = (4, 5, 6). Alors, pour φ1 = dx1 et


dx1 (v1 ) dx1 (v2 ) 1 4
   
φ2 = dx2 , on a (dx1 ∧ dx2 )(v1 , v2 ) = det = det = −3.
dx2 (v1 ) dx2 (v2 ) 2 5
Lemme 16. Le produit extérieur a les propriétés suivantes:
a) φ1 ∧ . . . ∧ φp ∈ Λp (E).
b) Le produit φ1 ∧ . . . ∧ φp est linéaire en chaque “variable” φi , i = 1, . . . , p.
c) Si les formes linéaires φ1 , . . . , φp sont linéairement dépendantes alors φ1 ∧ . . . ∧ φp = 0.
d) Le produit φ1 ∧ . . . ∧ φp est une opération antisymétrique, c.-à-d. pour tous i 6= j,
on a φ1 ∧ . . . ∧ φi ∧ . . . ∧ φj ∧ . . . ∧ φp = −φ1 ∧ . . . ∧ φj ∧ . . . ∧ φi ∧ . . . ∧ φp .

Remarque. En particulier, si φi = φj , alors φ1 ∧ . . . ∧ φi ∧ . . . ∧ φj ∧ . . . ∧ φp = 0.

Exemple. (2dx1 + dx2 ) ∧ (4dx2 − 3dx3 ) ∧ dx1 = 8dx1 ∧ dx2 ∧ dx1 − 6dx1 ∧ dx3 ∧ dx1 +
4dx2 ∧ dx2 ∧ dx1 − 3dx2 ∧ dx3 ∧ dx1 = −3dx2 ∧ dx3 ∧ dx1 = −3dx1 ∧ dx2 ∧ dx3 .

Cours du 12.11 Théorème 11.


a) Soit E un e. v. sur R, dim E = n. Soit E ∗ = {φ1 , . . . , φn } une base de l’espace
dual E ∗ . Alors, les formes p-linéaires alternées φi1 ∧ . . . ∧ φip , où 1 ≤ i1 < . . . < ip ≤ n,
forment une base de l’espace Λp (E).
b) En particulier, les formes dxi1 ∧ . . . ∧ dxip , où 1 ≤ i1 < . . . < ip ≤ n, forment une
base de l’espace Λp (Rn ).

Remarque. Par conséquent, dim Λp (Rn ) = Cpn .




Exemple. Les formes dx1 ∧ dx2 , dx1 ∧ dx3 , dx2 ∧ dx3 forment une base de Λ2 (R3 ).

12
Notation. Soit α ∈ Λp (Rn ). Alors, on a α = 1≤i1 <...<ip ≤n αi1 ,...,ip dxi1 ∧ . . . ∧ dxip ≡
P
P
I αI dxI , où I = {i1 , . . . , ip }, 1 ≤ i1 < . . . < ip ≤ n, est un multi-indice.

Définition. Le produit extérieur des formes α = I αI dxI ∈ Λp (Rn ) et


P

β = J βJ dxJ ∈ Λk (Rn ) est la forme α ∧ β ∈ Λp+k (Rn ) donnée par


P
P
α ∧ β = I,J αI βJ dxI ∧ dxJ , où dxI ∧ dxJ ≡ dxi1 ∧ . . . ∧ dxip ∧ dxj1 ∧ . . . ∧ dxjk .

Remarque. En particulier, α ∧ β = 0 si p + k > n.

Théorème 12. Le produit extérieur de formes multilinéaires alternées a les propriétés


suivantes:
a) (α + β) ∧ γ = α ∧ γ + β ∧ γ et α ∧ (β + γ) = α ∧ β + α ∧ γ (bilinéarité);
b) (α ∧ β) ∧ γ = α ∧ (β ∧ γ) (associativité);
c) si α ∈ Λp (Rn ) et β ∈ Λk (Rn ), alors on a β ∧ α = (−1)pk α ∧ β.

Exemple. (α1 dx1 + α2 dx2 ) ∧ (β13 dx1 ∧ dx3 + β23 dx2 ∧ dx3 ) = α1 β13 dx1 ∧ dx1 ∧ dx3 +
α1 β23 dx1 ∧ dx2 ∧ dx3 + α2 β13 dx2 ∧ dx1 ∧ dx3 + α2 β23 dx2 ∧ dx2 ∧ dx3 = α1 β23 dx1 ∧
dx2 ∧ dx3 + α2 β13 dx2 ∧ dx1 ∧ dx3 = (α1 β23 − α2 β13 )dx1 ∧ dx2 ∧ dx3 .

Cours du 19.11 p-formes différentielles

Définition. Soit U ∈ O(Rn ).


a) Une forme différentielle de degré p (ou p-forme différentielle) et de classe C k sur
U est une application ω = I αI dxI ∈ C k U ; Λp (Tx Rn ) , où αI ∈ C k (U ).
P 

b) L’ensemble des p-formes différentielles sur U est noté Ωp (U ).


c) Pour f ∈ C(U ) et ω = I αI dxI ∈ Ωp (U ), on définit: f · ω := I (f αI ) dxI ∈ Ωp (U ).
P P

d) Pour ω1 = I αI dxI ∈ Ωp (U ) et ω2 = J βJ dxJ ∈ Ωk (U ), on définit:


P P

ω1 ∧ ω2 := I,J (αI βJ ) dxI ∧ dxJ ∈ Ωp+k (U ).


P

Remarque. Si ω1 ∈ Ωp (U ) et ω2 ∈ Ωk (U ), alors ω2 ∧ ω1 = (−1)pk ω1 ∧ ω2 .


Si p + k > n, alors on a ω1 ∧ ω2 = 0 .

Exemple. (x1 x3 dx1 ∧dx2 −(x1 +x2 ) dx1 ∧dx3 )∧(x23 dx1 ∧dx4 +x3 dx2 ∧dx4 −dx3 ∧dx4 ) =
−x1 x3 dx1 ∧dx2 ∧dx3 ∧dx4 −(x1 +x2 )x3 dx1 ∧dx3 ∧dx2 ∧dx4 = x2 x3 dx1 ∧dx2 ∧dx3 ∧dx4 .

Remarque. Soit ω = I αI dxI ∈ Ωp (U ). Fixons un point x0 ∈ U . Alors,


P

ωx0 = I αI (x0 ) dxI ∈ Λp (Tx0 Rn ).


P

Exemple. Soit ω = x1 x3 dx1 ∧dx2 −(x1 +x2 ) dx1 ∧dx3 ∈ Ω2 (R3 ). Prenons x0 = (7, 3, 2),
h1 = (1, 2, 3), h2 = (4, 5, 6). Alors, ωx0 (h1 , h2 ) = 14 det 1 4 − 10 det 1 4 = 18.
   
2 5 3 6

13
Dérivée extérieure

Définition. On note Ω0 (U ) ≡ C 1 (U ).

Définition. Soit U ∈ O(Rn ). Soit ω = αI dxI ∈ Ωp (U ) une forme différentielle de


P
I
classe C 1 sur U . La forme différentielle dω ∈ Ωp+1 (U ) donnée par
X X n
X
dω = dαI ∧ dxI ≡ ∂k αi1 , ...ip dxk ∧ dxi1 ∧ . . . ∧ dxip
I 1 ≤ i1 < ... < ip ≤ n k=1

est appelée la dérivée extérieure de ω.

Exemple. Soit ω = ex1 x2 x3 dx2 . Alors dω = (x2 x3 ex1 x2 x3 dx1 + x1 x3 ex1 x2 x3 dx2 +
x1 x2 ex1 x2 x3 dx3 ) ∧ dx2 = x2 x3 ex1 x2 x3 dx1 ∧ dx2 − x1 x2 ex1 x2 x3 dx2 ∧ dx3 .

Théorème 13. Soit U ∈ O(Rn ). La dérivée extérieure a les propriétés suivantes:


a) Si ω1 , ω2 ∈ Ωp (U ), alors on a d(λ ω1 + µ ω2 ) = λ dω1 + µ dω2 pour tous λ, µ ∈ R.
b) Si f ∈ Ω0 (U ) et ω ∈ Ωp (U ), où p ≥ 1, alors on a d(f · ω) = df ∧ ω + f · dω.

c) Si ω1 ∈ Ωp (U ) et ω2 ∈ Ωk (U ), alors on a d(ω1 ∧ ω2 ) = dω1 ∧ ω2 + (−1)p ω1 ∧ dω2 .

d) Si ω ∈ Ωp (U ) est une forme de classe C 2 , alors on a d(dω) = 0.

Remarque. La propriété a) implique que l’opération d : Ωp (U ) → Ωp+1 (U ) est linéaire.

Formes exactes et formes fermées

Définition. Soit U ∈ O(Rn ). Soit p ≥ 1. Soit ω ∈ Ωp (U ) une forme différentielle de


classe C 1 .
a) ω est dite exacte sur U s’il existe une forme ω̃ ∈ Ωp−1 (U ) de classe C 2 telle que
dω̃ = ω. La forme ω̃ est appelée primitive de ω dans U .
b) ω est dite fermée si dω = 0.
x2
Exemple. Soit U = {x ∈ R2 | x1 > 0}. Soit ω = dx1 ∧ dx2 ∈ Ω2 (U ). Prenons
x1
x2 
ω̃1 = (ln x1 )x2 dx2 et ω̃2 = − 2x21 dx1 . Alors, on a dω̃1 = d (ln x1 )x2 ∧ dx2 = ω et
x2 
dω̃2 = −d 2x21 ∧ dx1 = ω. Donc, ω est exacte sur U et ω̃1 , ω̃2 sont ses primitives.

Remarque. Soient ω ∈ Ωp (U ) une forme exacte et ω̃ ∈ Ωp−1 (U ) une primitive de ω.


Soit ωf ∈ Ωp−1 (U ) une forme fermée. Alors, ω̃ + ωf est une autre primitive de ω.

Lemme 17. Soit U ∈ O(Rn ). Si ω est une forme exacte sur U de classe C 1 , alors ω est
fermée sur U .

Théorème 14. (Lemme de Poincaré). Soit U ⊂ Rn un ouvert étoilé. Si ω est une forme
fermée sur U de classe C 1 , alors ω est exacte sur U .

Remarque. En particulier, toute forme ω ∈ Ωn (Rn ) est exacte.

14
Lemme 18. Soit U ∈ O(Rn ). Soient ω1 ∈ Ωp (U ) et ω2 ∈ Ωk (U ) des formes de classe
C 2 . Alors, la forme ω = dω1 ∧ dω2 est exacte sur U . Les formes ω̃1 = ω1 ∧ dω2 et
ω̃2 = (−1)p+1 dω1 ∧ ω2 sont des primitives de ω.

Exemple. Soit ω = 2x1 x3 x4 dx1 ∧ dx2 ∧ dx4 − x21 x4 dx2 ∧ dx3 ∧ dx4 . On observe que ω =
(2x1 x3 dx1 +x21 dx3 )∧(x4 dx2 ∧dx4 ) = dω1 ∧dω2 , où ω1 = x21 x3 et ω2 = x2 x4 dx4 . D’où
on conclut que ω̃1 = x21 x3 x4 dx2 ∧ dx4 et ω̃2 = −(2x1 x3 x2 x4 dx1 + x21 x2 x4 dx3 ) ∧ dx4
sont des primitives de ω.

Cours du 26.11 Tiré en arrière

Définition. Soient U ∈ O(Rn ), V ∈ O(Rm ), ϕ ∈ C 1 (U ; V ).


a) Soit f ∈ C(V ). On note ϕ∗ f := f ◦ ϕ ∈ C(U ).
b) Soit ω = I αI dyI ∈ Ωp (V ) . Alors, la forme ϕ∗ ω := I ϕ∗ αI dϕI ∈ Ωp (U ) (où
P P

dϕI ≡ dϕi1 ∧ . . . ∧ dϕip ) est le tiré en arrière de ω par ϕ.

Remarque. On a ϕ∗ ω = 0 si p > n.

Exemple. Soient U = R3 et V = R2 . Soit ϕ(x1 , x2 , x3 ) = (x1 x2 , x2 − x3 ). Soit


ω = y1 y2 dy1 ∧ dy2 ∈ Ω2 (V ). Alors, dϕ1 = x2 dx1 + x1 dx2 et dϕ2 = dx2 − dx3 .
Donc, ϕ∗ ω = ϕ∗ (y1 y2 ) dϕ1 ∧ dϕ2 = x1 x2 (x2 − x3 ) (x2 dx1 + x1 dx2 ) ∧ (dx2 − dx3 ) =
x1 x22 (x2 − x3 ) dx1 ∧ dx2 − x1 x22 (x2 − x3 ) dx1 ∧ dx3 − x21 x2 (x2 − x3 ) dx2 ∧ dx3 ∈ Ω2 (U ).

Théorème 15. Soient U ∈ O(Rn ), V ∈ O(Rm ) et ϕ ∈ C 1 (U ; V ).


a) Si ω1 , ω2 ∈ Ωp (V ), alors on a ϕ∗ (λω1 + µω2 ) = λϕ∗ ω1 + µϕ∗ ω2 pour tous λ, µ ∈ R.

b) Si ω1 ∈ Ωp (V ) et ω2 ∈ Ωk (V ), alors on a ϕ∗ (ω1 ∧ ω2 ) = (ϕ∗ ω1 ) ∧ (ϕ∗ ω2 ).

c) Si ω ∈ Ωp (V ) est une forme de classe C 1 , alors on a ϕ∗ (dω) = d(ϕ∗ ω).

Lemme 19. Soient U ∈ O(Rn ), V ∈ O(Rm ), W ∈ O(Rs ). Soient ϕ ∈ C 1 (U ; V ) et


ψ ∈ C 1 (V ; W ). Soit ω ∈ Ωp (W ). Alors, on a ϕ∗ (ψ ∗ ω) = (ψ ◦ ϕ)∗ ω.

Définition. Soient U ∈ O(Rn ), V ∈ O(Rm ), ϕ ∈ C 1 (U ; V ). Alors, la matrice Jϕ telle



que Jϕ ij = ∂j ϕi , i = 1, . . . , m, j = 1, . . . , n, est appelée matrice jacobienne.

Exemple. Soient U = R3 et V = R2 . Soit ϕ(x1 , x2 , x3 ) = (x1 x2 , x2 − x3 ). Alors


x x 0 
2 1
Jϕ (x) = .
0 1 −1

Lemme 20. Soient U, Ũ ∈ O(Rn ). Soit ϕ ∈ C 1 (U ; Ũ ). Alors, on a ϕ∗ (dy1 ∧ . . . ∧ dyn ) =


det(Jϕ ) dx1 ∧ . . . ∧ dxn .

15
Cours du 03.12 Intégrations des formes différentielles

Définition. Soit U ∈ O(Rn ). Soit un compact K ⊂ U . Soit ω = α dx1 ∧ . . . ∧ dxn ∈


Ωn (U ), où α ∈ C(U ). Alors, on définit K ω := K α(x) dx1 . . . dxn .
R R

Exemple. Soient U = R2 , K = [0, 1]×[0, 1] et ω = ex1 dx1 ∧ dx2 + e−x2 dx2 ∧ dx1 . On
a ω = α dx1 ∧ dx2 , où α(x) = ex1 − e−x2 . Donc, K ω = K (ex1 − e−x2 ) dx1 dx2 =
R R

e + e−1 − 2.

Définition. Soient U, Ũ ∈ O(Rn ). Une application ψ ∈ C 1 (U ; Ũ ) est un


difféomorphisme de classe C 1 si ψ est une bijection et ψ −1 ∈ C 1 (Ũ ; U ).

Remarque. Si ψ ∈ C 1 (U ; Ũ ) est un difféomorphisme, alors det Jψ ∈ C(U ) et on a



det Jψ (x) 6= 0 pour tout x ∈ U .

Lemme 21. Soient U, Ũ ∈ O(Rn ). Soit K ⊂ U un compact connexe. Soit un difféo-


morphisme ψ ∈ C 1 (U ; Ũ ). Soit ω ∈ Ωn (Ũ ). Alors, on a ψ(K) ω = εψ K ψ ∗ ω, où
R R

εψ = ±1.

Définition. Soient U ∈ O(Rp ) et V ∈ O(Rm ), où m > p. Soit un compact connexe


K ⊂ U . Soit ϕ ∈ C 1 (U ; V ). Soit ω ∈ Ωp (V ). On définit l’intégrale de ω sur ϕ(K)
par ϕ(K) ω := K ϕ∗ ω.
R R

Exemple. Soient U = R3 , V = R4 , K = [0, 1] × [0, 1] × [0, 1]. Soit ϕ(x1 , x2 , x3 ) =


(x1 + x2 , x1 − x3 , x2 − x3 , x1 + x2 + x3 ). Soit ω = y1 dy2 ∧ dy3 ∧ dy4 ∈ Ω3 (V ).
Alors, ϕ∗ ω = ϕ∗ (y1 ) dϕ2 ∧ dϕ3 ∧ dϕ4 = (x1 + x2 ) (dx1 − dx3 ) ∧ (dx2 − dx3 ) ∧ (dx1 +
dx2 + dx3 ) = 3(x1 + x2 ) dx1 ∧ dx2 ∧ dx3 ∈ Ω3 (U ). Donc, ϕ(K) ω = K ϕ∗ ω =
R R
R
K 3(x1 + x2 ) dx1 dx2 dx3 = 3.

Lemme 22. Soient U, Ũ ∈ O(Rp ) et V ∈ O(Rm ), où m > p. Soient des compacts
connexes K ⊂ U , K̃ ⊂ Ũ . Soit ψ ∈ C 1 (U ; Ũ ) un difféomorphisme tel que ψ(K̃) = K.
Soit ϕ ∈ C 1 (U ; V ). Posons ϕ̃ = ϕ ◦ ψ. Soit ω ∈ Ωp (V ). Alors, on a ϕ(K) = ϕ̃(K̃) et
R R
ϕ(K) ω = εψ ϕ̃(K̃) ω, où εψ = ±1.

Champs de vecteurs dans R3

Définition. Soit U ∈ O(R3 ).


a) Un champ de vecteurs sur U de classe C k est une application v ∈ C k (U ; Tx R3 )
(c.-à-d. v(x) = (v1 (x), v2 (x), v3 (x)), où v1 , v2 , v3 ∈ C k (U )).
b) L’ensemble des champs de vecteurs sur U est noté X(U ).

16
Définition. Soit U ∈ O(R3 ). Soit v ∈ X(U ) un champ de vecteurs de classe C 1 .
a) La fonction div v := ∂1 v1 + ∂2 v2 + ∂3 v3 ∈ C(U ) est la divergence de v.
b) Le champ de vecteurs

rot v := ∂2 v3 − ∂3 v2 , ∂3 v1 − ∂1 v3 , ∂1 v2 − ∂2 v1 ∈ X(U ) est le rotationnel de v.

Exemple. Pour v(x) = (x1 + x33 , x2 + x1 , x3 + x22 ), on a (div v)(x) = 3 et


(rot v)(x) = (2x2 , 3x23 , 1).

Définition. Soit U ∈ O(R3 ). Soit v ∈ X(U ). On associe au champ de vecteurs v les


formes différentielles
ωv1 := v1 dx1 + v2 dx2 + v3 dx3 ∈ Ω1 (U ),
ωv2 := v3 dx1 ∧ dx2 − v2 dx1 ∧ dx3 + v1 dx2 ∧ dx3 ∈ Ω2 (U )
et on note ω 3 := dx1 ∧ dx2 ∧ dx3 ∈ Ω3 (U ).

Exemple. Pour v(x) = (x1 x2 x3 , 0, 0), on a ωv1 = x1 x2 x3 dx1 et ωv2 = x1 x2 x3 dx2 ∧ dx3 .

Théorème 16. Soit U ∈ O(R3 ). Soit f ∈ C 1 (U ). Soient v, u ∈ X(U ) des champs de


vecteurs de classe C 1 . Alors,
a) ωv1 + ωu1 = ωv+u
1 , ωv2 + ωu2 = ωv+u
2 .
b) f · ωv1 = ωf1v , f · ωv2 = ωf2v .
c) ωv1 ∧ ωu2 = ωu2 ∧ ωv1 = hv, ui ω 3 ,
ωv1 ∧ ωu1 = ωv2 × u (où × désigne le produit vectoriel).
1
d) df = ωgrad 2
dωv1 = ωrot dωv2 = (div v) ω 3 .
f, v,

Cours du 10.12 Théorème 17.


a) Soit U ∈ O(R3 ). Soient f ∈ C 2 (U ) et u ∈ X(U ) un champ de vecteurs de classe C 2 .
Alors, on a rot (grad f ) = 0 et div (rot u) = 0 .

b) Soit U ⊂ R3 un ouvert étoilé. Soit v ∈ X(U ).


Si rot v = 0, alors il existe f ∈ C 2 (U ) (appelée potentiel) telle qu’on a grad f = v.
Si div v = 0, alors il existe un champ de vecteurs u ∈ X(U ) (appelé potentiel vecteur)
tel qu’on a rot u = v.

Exemple. Soit v(x) = (x1 , −x2 , 0). On a div v = 0. U = R3 est étoilé. Donc il existe
u ∈ X(U ) tel que rot u = v. On a ωv2 = x2 dx1 ∧ dx3 + x1 dx2 ∧ dx3 = dωu1 , où
ωu1 = x1 x2 dx3 . Puisque dωu1 = ωrot
2
u , on a v = rot u, où u = (0, 0, x1 x2 ).

17
Surfaces paramétrées dans R3

Définition. K(R2 ) est l’ensemble des compacts simples connexes de R2 .



Définition. Soit K ∈ K(R2 ). Alors, K = K \ ∂K est l’intérieur de K.

Définition. Soit K ∈ K(R2 ).



a) Une surface paramétrée est une application ϕ : K → R3 de classe C 1 sur K .

b) ϕ est dite simple si ϕ est injective sur K .
 ◦
c) ϕ est dite régulière si rang Jϕ (x) = 2 pour tout x ∈K .

Définition. Une surface paramétrée ϕ : K → R3 , où K ∈ K(R2 ), est un paramétrage


(ou une paramétrisation) d’une surface géométrique Y ⊂ R3 si ϕ est simple, régulière,
et on a ϕ(K) = Y . Y est appelée le support de ϕ.

Exemple. (le graphe d’une fonction) Soient K ∈ K(R2 ) et f ∈ C 1 (K ). Alors, ϕ(x) =

x1 , x2 , f (x) , x ∈ K, est une surface paramétrée. Ici, ϕ est injective sur K.

Exemple. Soit K = [0, 2π] × [0, π]. Prenons ϕ(x) = (cos x1 sin x2 , sin x1 sin x2 , cos x2 ).

Alors, Y = ϕ(K) est une sphère. Ici, ϕ est injective sur K mais pas sur K.

Définition. Soit ϕ : K → R3 , K ∈ K(R2 ), une surface paramétrée. On note


 
(∂1 ϕ)(x) = (∂1 ϕ1 )(x), (∂1 ϕ2 )(x), (∂1 ϕ3 )(x) et (∂2 ϕ)(x) = (∂2 ϕ1 )(x), (∂2 ϕ2 )(x), (∂2 ϕ3 )(x) .

Remarque. (∂1 ϕ)(x) et (∂2 ϕ)(x) sont des vecteurs tangents à la surface Y = ϕ(K) au

point ϕ(x). Ces vecteurs ne sont pas colinéaires si et seulement si rang Jϕ (x) = 2.
 
Le vecteur n ϕ(x) = ∂1 ϕ(x) × ∂2 ϕ(x) /k∂1 ϕ(x) × ∂2 ϕ(x)k2 est un vecteur normal
unitaire à la surface Y = ϕ(K) au point ϕ(x).

Le flux d’un champ de vecteurs dans R3

Définition. Soit V ∈ O(R3 ). Soit un champ de vecteurs v ∈ X(V ). Soit Y ⊂ V


une surface géométrique. Alors, le flux du champ v à travers la surface Y est
Φv (Y ) = ϕ(K) ωv2 , où ϕ : K → V , K ∈ K(R2 ), est un paramétrage de Y .
R

Remarque. Lemme 22 implique que la valeur de Φv (Y ) est indépendante au signe près


du choix d’un paramétrage de la surface Y .

Remarque. Pour tous v, u ∈ X(V ) et λ, µ ∈ R, on a Φλv+µu (Y ) = λΦv (Y ) + µΦu (Y ).



Exemple. Soient K = [0, 1] × [0, 1] et ϕ(x) = x1 , x2 , x1 x2 . Soit v(y) = (y2 , 0, y3 ). On
a ϕ∗ ωv2 = ϕ∗ (y3 dy1 ∧ dy2 + y2 dy2 ∧ dy3 ) = x1 x2 dx1 ∧ dx2 + x2 dx2 ∧ (x2 dx1 + x1 dx2 ) =
(x1 x2 − x22 ) dx1 ∧ dx2 . Donc, Φv (Y ) = K ϕ∗ ωv2 = K (x1 x2 − x22 ) dx1 dx2 = − 12 1
R R
.

18
Cours du 17.12 Formule de Stokes-Ampère

Définition. On note S(y; δ) la sphère de centre y et de rayon δ.

Définition. Soit Y ⊂ R3 une surface géométrique.


a) y ∈ Y est un point intérieur de Y s’il existe ε > 0 tel que pour tout δ ∈ (0, ε), la
courbe Y ∩ S(y; δ) est fermée.
b) L’ensemble ∂Y = {y ∈ Y | y n’est pas un point intérieur} est le bord de Y .
c) La surface Y est dite fermée (sans bord) si ∂Y = ∅.

1
Exemple. Soit la surface Y = {y ∈ R3 | y12 + y22 + y32 = 1 , y3 ≤ 2 }. Alors, on a
3 1
∂Y = {y ∈ R3 | y12 + y22 = 4 , y3 = 2 }.

Théorème 18. (la formule de Stokes-Ampère) Soit V ∈ O(R3 ). Soit un champ


de vecteurs u ∈ X(V ). Soit Y ⊂ V une surface géométrique. Alors,
Φrot u (Y ) = ∂Y ωu1 . En particulier, si Y est une surface fermée, on a Φrot u (Y ) = 0.
R

Exemple. Soit Y = {y ∈ R3 | y12 + y22 = y3 , 0 ≤ y3 ≤ 1}. Soit v(y) = (0, 0, 3y12 y22 ).
On a div v = 0, et donc il existe un champ de vecteurs u tel que v = rot u. On a
ωv2 = 3y12 y22 dy1 ∧ dy2 = dωu1 , où ωu1 = y13 y22 dy2 (et donc u(y) = (0, y13 y22 , 0)). On
a ∂Y = {y ∈ R3 | y12 + y22 = 1, y3 = 1}. Prenons γ(t) = (cos t, sin t, 1), t ∈ [0, 2π].
Alors, on a ∂Y = Γ(γ). Donc, le flux du champ v à travers la surface Y vaut
R 2π
Φv (Y ) = Φrot u (Y ) = ∂Y ωu1 = γ ωu1 = 0 (cos t)3 (sin t)2 cos t dt = π/8.
R R

Théorème 19. Soit V ∈ O(R3 ). Soit Y ⊂ V une surface géométrique. Soit une forme
exacte ω ∈ Ω2 (V ). Alors, on a Y ω = ∂Y ω̃, où ω̃ est une primitive de ω.
R R
R
En particulier, on a Y ω = 0 si Y est une surface fermée.

Intégrales de surfaces

Définition. Soit Y ⊂ R3 une surface géométrique.


a) Soit f : Y → R une fonction continue. Alors, on définit l’intégrale de surface
R R 
Y f (y) dA := K f ϕ(x) k(∂1 ϕ)(x) × (∂2 ϕ)(x)k2 dx1 dx2 ,

où ϕ : K → R3 , K ∈ K(R2 ), est un paramétrage de Y .


R
b) En particulier, A(Y ) = Y 1 dA est l’aire de la surface Y .

Lemme 23. Soit V ∈ O(R3 ). Soit un champ de vecteurs v ∈ X(V ). Soit Y ⊂ V une
surface géométrique. Soit ϕ : K → V , K ∈ K(R2 ), un paramétrage de Y . Alors, on a
2 =
R R
ϕ(K) ωv Y v(y), n(y) dA, où n(y) est le vecteur normal unitaire à Y au point y.

19
Remarque. Toutes les définitions ainsi que les énoncés de tous les théorèmes et lemmes
peuvent faire partie des questions de cours à l’examen. Les démonstrations des théorèmes
et lemmes suivants peuvent aussi faire partie des questions de cours:
Théorèmes 2, 6, 9, 12c, 13d, 16, 17, 18;
Lemmes 13, 15, 19.

20

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