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Plafonds de dépenses PLF 2026 : Rapport juillet 2025

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RAPPORT EN APPLICATION DE L’ARTICLE 48

DE LA LOI ORGANIQUE RELATIVE AUX LOIS DE FINANCES

Plafonds de dépenses
du projet de loi de finances
pour 2026

Juillet 2025
Ce rapport est pris en application du I de l’article 48 de la loi organique n° 2001-692
du 1er août 2001 relative aux lois de finances (LOLF).

Sommaire

Sommaire................................................................................................................ 2

État de la prévision de dépense des administrations publiques .................... 3

Périmètre des dépenses de l’État ....................................................................... 6

Concours financiers aux collectivités territoriales .......................................... 11

Évolution de la nomenclature des missions et des programmes envisagés


pour le PLF 2026 par rapport à la LFI 2025 ......................................................12

Évolution du dispositif de performance pour le PLF 2026 .............................13

Plafonds de dépenses en vue de l’examen et du vote du PLF 2026 - juillet 2025 Page 2 / 16
État de la prévision de dépense
des administrations publiques

La dette publique devrait représenter 116,2 % du PIB en 2025, pour une charge de la dette
toutes administrations publiques confondues de plus de 66 Md€ et qui dépasse aujourd’hui le
budget du ministère de l’éducation nationale. Ce niveau très significatif nous oblige à redresser
nos finances publiques car il met en danger notre souveraineté financière.
Le plan présenté ci-dessous porte une ambition claire : restaurer des marges de manœuvre bud-
gétaires pour financer ce qui compte vraiment pour les Français. C’est-à-dire retrouver un défi-
cit inférieur à 3 % en 2029 et de 4,6 % l’année prochaine. Pour y parvenir, nos dépenses conti-
nueront d’augmenter en valeur, mais elles croîtront moins vite que si nous ne faisions rien.
Pour réduire le déficit public à 4,6 % en 2026, conformément à la trajectoire annoncée en avril
dernier et compte tenu de la décision d’accélérer la montée en charge de la loi de programma-
tion militaire annoncée par le Président de la République 1, un effort d’environ 44 Md€ est né-
cessaire par rapport à la tendance actuelle. Cet ajustement budgétaire doit prioritairement être
réalisé via la maîtrise des dépenses publiques. Un tel effort suppose qu’il soit collectif et équita-
blement réparti. Il doit s’engager dans la durée grâce à des réformes structurelles. Ces réformes
doivent nous permettre de rendre notre économie plus compétitive et de retrouver des marges
de manœuvre pour financer nos priorités.
Notre niveau de dépense devrait s’élever à 1 693 Md€ en 2025, toutes administrations publiques
confondues, en tenant l’objectif de déficit de 5,4 %. Cela représente plus de 57 % du PIB, soit le
plus haut niveau de dépenses de l’Union européenne, en hausse de 2 points par rapport à 2019.
Sans effort de notre part et en intégrant le nouvel effort de défense, la dépense publique at-
teindrait environ 1 752 Md€ en 2026, soit une hausse d’environ 60 Md€ par rapport à 2025. En
effet, celle-ci progresse naturellement en raison, notamment, de la dynamique des dépenses de
santé ou de l’augmentation de la charge de la dette.
En 2026, par les mesures que nous présentons, le niveau de la dépense publique sera limité à
1 722 Md€, correspondant à un effort de modération de la dépense de l’ordre de 30 Md€.
La modération de la dépense publique porte en premier lieu sur l’État et ses opérateurs
(dits « administrations publiques centrales »). Ceux-ci ont réalisé la majeure partie de
l’effort dans le budget 2025, accentué par des mesures de modération à la suite du dé-
cret d’annulation du 25 avril et des mesures annoncées lors du comité d’alerte du 26 juin.
Les dépenses de l’État et de ses opérateurs s’élèveront ainsi à 660 Md€ en 2025, confir-
mant la tenue des objectifs de la LFI pour 2025.
En 2026, les dépenses de l’État et de ses opérateurs devraient atteindre 682 Md€. Ces
dépenses progresseraient spontanément de 35 Md€ sous l’effet notamment de la hausse
de la charge de la dette de l’État d’environ 8 Md€, de l’effort de défense de 6,7 Md€ et
de la progression du prélèvement sur recettes en faveur de l’Union européenne de
5,7 Md€. Afin de limiter cette progression spontanée, les ministères et leurs opérateurs
porteront un effort de 10 Md€ par rapport à leur progression spontanée, en maintenant,
au global, leurs dépenses au niveau voté en 2025, hors renforcement de l’effort de dé-
fense (cf. partie 2). À cet effort s’ajoutent l’absence de mesure de revalorisation salariale
et des prestations sociales ainsi que le décalage des projets d’investissement, dans le
cadre de l’année blanche.

1
+3,5 Md€ de crédits seront notamment ouverts en 2026 en sus de la marche de la loi de programmation militaire.

Plafonds de dépenses en vue de l’examen et du vote du PLF 2026 - juillet 2025 Page 3 / 16
Les collectivités territoriales contribueront également à l’effort en maitrisant la progres-
sion de leurs dépenses en 2026. Leur contribution dans le budget 2025 s’élevait à 2 Md€ 2,
compensée, pour partie, par une hausse des recettes. Les dépenses des administrations
publiques locales (collectivités territoriales et organismes divers d’administration locale)
s’élèveraient ainsi à 340 Md€ en 2025.
En 2026, l’effort des collectivités territoriales s’élèvera à 5,3 Md€ 3, dont l’essentiel sera
mis en œuvre par une modération des recettes de fonctionnement des collectivités, qui
permettra une hausse de leur budget de fonctionnement de 3 Md€, soit une progression
comparable à l’inflation. Le dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des
collectivités (“DILICO”) sera reconduit, selon des modalités ajustées par rapport à 2025.
Dans ce cadre général, un soutien particulier sera porté aux collectivités les plus en diffi-
culté, notamment parmi les départements. Par ailleurs, les organismes divers d’adminis-
tration locale participeront également à l’effort de la sphère locale avec une contribu-
tion d’environ 0,8 Md€. Les dépenses d’investissement des administrations publiques lo-
cales, compte tenu du cycle électoral, seront tendanciellement en baisse. La combinai-
son de ces différents facteurs explique le niveau des dépenses des administrations pu-
bliques locales, attendu à 338 Md€ en 2026.
Les dépenses des administrations de sécurité sociale ont progressé de 177 Md€ depuis
2019 et s’élèveraient en 2025 à 800 Md€, soit 26,7 % du PIB. Cette hausse s’explique no-
tamment par la progression des dépenses de retraite ainsi que de l’Ondam. La tenue de
l’Ondam voté en LFSS sera garantie par la mise en œuvre des mesures de ralentissement
de la dépense suite à l’alerte déclenchée par le comité d’alerte de l’Ondam le 18 juin.
En 2026, les dépenses de sécurité sociale seront en progression de 9 Md€ et s’élèveront
à 809 Md€, dont près de 5 Md€ au titre des dépenses de santé inscrites dans l’Ondam.
Cette modération des dépenses de santé correspond donc à un effort de plus de 5 Md€
par rapport à l’évolution tendancielle et vise à garantir notamment une stabilité des dé-
penses de santé dans le PIB par rapport à 2024 4. Cet effort sera permis par une plus
grande responsabilisation des patients, en particulier en matière d’arrêts maladie, une
meilleure gestion de notre système hospitalier et une meilleure maîtrise de nos dépenses
de médicaments.
Alors que le déficit de la Sécurité sociale (sur le champ des régimes obligatoires de base
de la sécurité sociale (ROBSS) et du fonds de solidarité vieillesse (FSV)) devrait atteindre
22,1 Md€ en 2025, notre modèle social fait face un risque d’insoutenabilité. Ainsi, l’effort
sur la dépense sociale engagé en 2026 est nécessaire pour permettre un retour à l’équi-
libre de la Sécurité sociale avant 2029 et garantir ainsi la pérennité de notre modèle so-
cial.
En complément, pour permettre de retrouver la maîtrise de nos dépenses qui devra s’inscrire
dans la durée, un effort substantiel mais exceptionnel sera mis en œuvre. Il prendra la forme
d’un gel temporaire des indexations de l’ensemble des prestations sociales et des pensions de
retraite de base. Pour assurer une juste répartition des efforts entre tous les Français, ce gel
trouvera sa contrepartie dans un gel du barème de l’impôt sur le revenu et de la contribution
sociale généralisée.
Par ailleurs, conformément à la priorité donnée à la justice sociale, une remise à plat des niches
fiscales et sociales permettra de rendre notre système plus juste, lisible et efficace, et par une
mise à contribution spécifique des plus hauts revenus par la prolongation de la contribution

2
À laquelle s’ajoute la hausse du taux de cotisation de la CNRACL de 3 points.
3 Hors hausse du taux de cotisation de la CNRACL de 3 points, déjà votée en 2025.
4 Soit 8,75 % points de PIB.

Plafonds de dépenses en vue de l’examen et du vote du PLF 2026 - juillet 2025 Page 4 / 16
différentielle (CDHR), complétée d’une mesure de lutte contre l’optimisation fiscale des hol-
dings. En outre, le Gouvernement renforcera davantage la lutte contre toutes les fraudes et les
abus. En complément des outils déjà renforcés, un projet de loi sera déposé à l’automne contre
la fraude fiscale et sociale pour mieux la détecter, pour la sanctionner plus fortement, et pour
recouvrer effectivement les sommes dues par les fraudeurs.
Enfin, notre pays doit produire plus de richesse en soutenant la croissance et en favorisant le
travail. À ce titre, nous travaillerons tous, salariés et fonctionnaires, deux jours de plus dans
l'année et la richesse crée ainsi bénéficiera à tout notre pays. Pour accélérer les reprises d'em-
ploi, les partenaires sociaux seront invités à retravailler les règles d'assurance chômage. Et pour
encourager à travailler plus et permettre de travailler mieux, une négociation s'ouvrira sur le
droit du travail, notamment la qualité du travail.

État de la prévision en valeur de la dépense


des administrations publiques (hors crédits d’impôts)
2025 2026
et de la prévision de l'objectif d'évolution en volume
Respectivement en Md€ et en pourcentage
Administrations publiques (niveau en milliards d'euros) 1693 1722
Administrations publiques centrales 660 682
Administrations publiques locales 340 338
Administrations de sécurité sociale 800 809
Administrations publiques (Évolution en volume*) 1,3 0,4
Administrations publiques centrales 0,5 2,5
Évolution des dépenses des ministères et des opérateurs hors accélération
-1,6
de l’effort de Défense
Administrations publiques locales 1,8 -1,8
Évolution de la dépense de fonctionnement des collectivités territoriales 0,0
Administrations de sécurité sociale 1,6 -0,3
Évolution des dépenses de santé au champ Ondam 0,4

* À champ constant, hors transferts entre administrations publiques, sur la base d’une inflation 2026 égale à 1,3 %.
Note de lecture : la prévision des dépenses des administrations publiques en 2025 est établie sur la base de la prévision du
rapport d’avancement annuel publié le 16 avril 2025. Les montants en Md€ présentés dans le tableau correspondent à la
dépense publique hors crédits d’impôts à champ courant. En ce qui concerne la prévision de l’objectif en volume, les taux
d’évolution annuels sont calculés sur la base des prévisions de dépense publique hors crédits d’impôts en Md€ présentées
dans le tableau, déflatées de l’indice des prix à la consommation hors tabac (IPCHT) prévu dans le rapport d’avancement
annuel et retraitées des transferts entre administrations publiques et des mesures de périmètre (taux d’évolution à champ
constant).

Plafonds de dépenses en vue de l’examen et du vote du PLF 2026 - juillet 2025 Page 5 / 16
Périmètre des dépenses de l’État

Le tableau 1, ci-dessous, présente les principaux éléments constitutifs du périmètre des dé-
penses de l’État.
Cet agrégat des dépenses de l’État est notamment composé :
1. Des crédits du budget général hors dépenses de contribution aux pensions civiles et
militaires, charges de la dette, amortissement de la dette de l’État liée à la covid-19
et remboursements et dégrèvements d’impôts ;

2. Des impositions de toute nature plafonnées dans les conditions prévues par la loi de
finances de l'année ;

3. Des budgets annexes ;

4. Des dépenses des comptes spéciaux et notamment des comptes d'affectation spé-
ciale (CAS) hors programme « Contribution des cessions immobilières au désendette-
ment de l'État » de la mission « Gestion du patrimoine immobilier de l'État », hors mis-
sion « Participations financières de l'État », hors programme « Pensions militaires
d'invalidité et des victimes de guerre et autres pensions » de la mission « Pensions » et
hors programme « Désendettement de l'État » de la mission « Contrôle de la circula-
tion et du stationnement routiers » et des dépenses du compte de concours finan-
ciers « Avances à l’audiovisuel public » ;

5. Du prélèvement sur recettes au profit de l'Union européenne ;

6. Des prélèvements sur recettes au profit des collectivités territoriales.

Plafonds de dépenses en vue de l’examen et du vote du PLF 2026 - juillet 2025 Page 6 / 16
Le tableau 1 présente les plafonds de crédits envisagés au sein du périmètre des dépenses de
l’État.

2025 2026 Ecart


Tableau 1 Niveau Niveau Niveau

Dépenses de l'État par mission,


Crédits budgétaires, taxes affectées, budgets annexes et comptes spéciaux Plafonds
Variations
Hors contributions au CAS Pensions, hors charges de la dette et hors Remboursements et LFI 2025 prévisionnels
anuelles
dégrèvements pour 2026
En Md€

Crédits budgétaires et taxes affectées 349,7 352,1 +2,4


Action extérieure de l'État 3,3 3,2 -0,0
Administration générale et territoriale de l'État 4,4 4,5 +0,1
Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales 4,5 4,3 -0,2
Aide publique au développement 4,4 3,7 -0,7
Anciens combattants, mémoire et liens avec la nation 1,9 1,7 -0,1
Cohésion des territoires 24,2 23,2 -0,9
Conseil et contrôle de l'État 0,7 0,7 -0,0
Crédits non répartis 0,2 0,2 -
Culture 3,7 3,5 -0,2
Défense 50,5 57,1 +6,7
Direction de l'action du Gouvernement 1,0 1,0 +0,0
Écologie, développement et mobilité durables* 26,9 27,5 +0,6
Économie 4,6 4,2 -0,4
Engagements financiers de l'État 1,3 1,1 -0,2
Enseignement scolaire 64,3 64,5 +0,2
Gestion des finances publiques 8,1 8,2 +0,1
Immigration, asile et intégration 2,1 2,2 +0,1
Investir pour la France de 2030 5,3 5,5 +0,2
Justice 10,5 10,7 +0,2
Médias, livre et industries culturelles 0,8 0,8 -0,0
Outre-mer 2,9 2,8 -0,2
Pouvoirs publics 1,1 1,1 +0,0
Recherche et enseignement supérieur 31,1 31,4 +0,3
Régimes sociaux et de retraite 6,0 5,9 -0,1
Relations avec les collectivités territoriales 4,0 3,8 -0,1
Santé 1,5 1,7 +0,2
Sécurités 17,3 17,7 +0,4
Solidarité, insertion et égalité des chances 30,3 28,6 -1,7
Sport, jeunesse et vie associative 1,7 1,4 -0,3
Transformation et fonction publiques 0,7 0,5 -0,2
Travail, emploi et administration des ministères sociaux 30,5 29,1 -1,3

Budgets annexes & Comptes spéciaux 76,1 76,2 +0,1

Prélèvements sur recettes 68,3 73,2 4,8


PSR CT 45,2 44,4 -0,9
PSR UE 23,1 28,8 +5,7
*montant intégrant une mesure de périmètre prévisionnelle de -3,1 Md€ en 2026, résultant de l'exclusion d’une partie des charges de service public de l'énergie du budget
général et de leur financement par affectation d'une fraction de recettes, à montants constants.
Note générique sur les tableaux : les totaux peuvent ne pas correspondre à la somme des composantes en raison des arrondis.

Plafonds de dépenses en vue de l’examen et du vote du PLF 2026 - juillet 2025 Page 7 / 16
Les plafonds de dépenses de l’État prévus pour 2026 s’inscrivent dans la stratégie de rétablis-
sement des comptes publics et de respect des engagements européens de la France en matière
de finances publiques.
Le projet de loi de finances (PLF) est d’abord fondé sur un effort significatif en dépenses, qui
concerne l’ensemble des administrations publiques : cet effort est la traduction de l’exercice
de revue des missions, conduit dans le cadre de la démarche de refondation de l’action publique
lancée par le Premier ministre, et des recommandations de revues de dépenses conduites de-
puis 2023.

Un objectif exigeant de stabilité en valeur des dépenses des ministères


et des opérateurs
Le PLF présentera ainsi une baisse de 1,1 Md€ sur l’ensemble de la dépense des ministères, hors
renforcement de l’effort de Défense.
Cela correspond à un effort majeur de maîtrise des dépenses du budget de l’État (10 Md€) : en
pratique, cela signifie en effet, pour l’essentiel des crédits ministériels, dont financements des
opérateurs, une baisse en valeur, qui permet d’absorber la dynamique de certaines dépenses
inéluctables et de compenser l’évolution tendancielle de la dépense.
Ces baisses en valeur par rapport à la loi de finances initiale pour 2025 s’inscrivent dans la con-
tinuité des efforts engagés dès 2025, avec à la fois des mesures d’annulation et de gel complé-
mentaire pour tenir les objectifs de finances publiques inscrits dans la loi de finances.

Accroître l’effort en matière de Défense dans un contexte sécuritaire incertain


Le Gouvernement poursuit la stratégie nationale de réarmement et de développement de l’in-
vestissement militaire, en lien avec les engagements européens et des pays-membres de l’Orga-
nisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). Cet effort est justifié par la situation sécuritaire
internationale dégradée depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022 et par les différentes menaces
auxquelles le pays doit faire face.
Au regard des tensions internationales croissantes, le Gouvernement propose un effort supplé-
mentaire de +6,7 Md€ par rapport à la loi de finances pour 2025, soit une hausse supplémen-
taire de +3,5 Md€ par rapport aux évolutions déjà prévues par la loi de programmation militaire
2024-2030. Ces ressources supplémentaires permettront notamment un surcroît d’investisse-
ments et de commandes de matériel nécessaires à la modernisation des armées.

Poursuivre, tout en ajustant l’effort engagé, le renforcement des fonctions


régaliennes
Le périmètre des dépenses du ministère de l’Intérieur sera augmenté de +0,6 Md€. La protection
des Français justifie en effet de poursuivre les hausses d’effectifs engagées depuis 2023, de dé-
velopper les capacités des forces de sécurité intérieure et de financer les instruments de régu-
lation de la politique migratoire et d’asile. Ces objectifs sont toutefois à concilier avec les impé-
ratifs de finances publiques, qui nécessitent d’étaler dans le temps l’effort programmé.
De la même manière, le service public de la Justice, significativement renforcé sur les dernières
années, verra ses moyens augmenter (+0,2 Md€) et l'effort budgétaire en faveur de la Justice
sera consolidé, notamment en travaillant à l’identification de recettes nouvelles. Les crédits
alloués au ministère de la Justice permettront notamment de parachever des investissements
engagés pour accroître les capacités pénitentiaires, qu’il s’agisse des structures ou effectifs né-
cessaires pour en assurer le fonctionnement.

Plafonds de dépenses en vue de l’examen et du vote du PLF 2026 - juillet 2025 Page 8 / 16
Recentrer la dépense publique pour la contenir au sein de l’ensemble des budgets
ministériels, sans dégrader l’action publique
Pour être équitable et crédible, l’effort de maîtrise de la dépense doit être fondé sur des prin-
cipes transversaux, qui s’appliquent à tous dans ce projet de budget.
En premier lieu, les interventions et les dépenses de guichet de l’État sont recentrées. Cela im-
plique, d’abord, de poursuivre la mise en extinction des mesures de crise et de soutien excep-
tionnels mises en œuvre depuis 2020, que le contexte ne justifie plus. Il s’agit ensuite d’interro-
ger la place de l’État en tant que financeur, lorsque des missions sont opérées en doublon ou
substituables. La mobilisation de financements alternatifs, qu’il s’agisse de financements euro-
péens ou de financements privés, sera accentuée.
Ensuite, la maîtrise durable de la dépense publique requiert un pilotage resserré de la masse
salariale de l’État. En 2026, les budgets des ministères excluent toute nouvelle mesure catégo-
rielle et la mise en œuvre de mesures salariales prévues sera reportée d’un an. De surcroît, une
attention particulière est portée sur l’évolution des effectifs dans la fonction publique de l’État,
avec un objectif global de suppression de 3 000 emplois, en parallèle d’une réforme de la for-
mation initiale des enseignants, et en incluant à l’effort les caisses de sécurité sociale.
À ce titre, des suppressions d’emplois dans certains ministères et opérateurs permettront de
redéployer les emplois vers certaines missions prioritaires de l’État et notamment en faveur de
la Défense, de la sécurité des Français et de la justice.
Par ailleurs, au sein de chaque périmètre ministériel, les projets d’investissement planifiés se-
ront réexaminés : chaque fois que cela est possible et ne nuit pas au bon fonctionnement de la
politique publique considérée, le calendrier de réalisation de ces investissements sera étalé, la
priorité étant à la finalisation des opérations lancées, au sein d’une enveloppe contrainte.

Repenser l’organisation de notre action publique pour la rendre plus efficace


Enfin, dans le cadre du programme de refondation de l’action publique, en lien avec les propo-
sitions issues du Parlement, chacun des ministères a évalué la pertinence de ses missions et de
celles conduites par ces opérateurs.

Ce budget tire les conséquences de cet exercice de rationalisation de l’action de l’État et de ses
opérateurs en proposant de supprimer les doublons existants entre l’État, les opérateurs et les
collectivités territoriales, de recentrer les missions des opérateurs ou les réinternaliser au sein
de l’État et en particulier au sein du réseau déconcentré, de réorganiser les opérateurs, notam-
ment ceux fonctionnant en réseau, afin de réduire les dépenses de fonctionnement.

Certains dispositifs d’intervention ont été repensés intégralement dans une logique de « budget
base zéro », notamment l’aide publique au développement.

Plafonds de dépenses en vue de l’examen et du vote du PLF 2026 - juillet 2025 Page 9 / 16
Le tableau 1bis ci-dessous, sur un périmètre plus réduit, présente les plafonds de crédits
envisagés pour 2026 pour chaque mission du budget général dans le cadre des lettres-plafond.

2025 2026 Ecart


Tableau 1bis Niveau Niveau Niveau

Crédits budgétaires par mission du budget général


hors contribution au CAS Pensions Plafonds
Variations
En Md€ LFI 2025 prévisionnels
anuelles
pour 2026

Action extérieure de l'État 3,3 3,2 -0,0


Administration générale et territoriale de l'État 4,1 4,2 +0,1
Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales 4,0 3,8 -0,2
Aide publique au développement 4,4 3,7 -0,7
Anciens combattants, mémoire et liens avec la nation 1,9 1,7 -0,1
Cohésion des territoires 23,1 22,2 -0,9
Conseil et contrôle de l'État 0,7 0,7 -0,0
Crédits non répartis 0,2 0,2 -
Culture 3,7 3,5 -0,2
Défense 50,5 57,1 +6,7
Direction de l'action du Gouvernement 1,0 1,0 +0,0
Écologie, développement et mobilité durables* 20,7 20,9 +0,1
Économie 3,5 3,3 -0,2
Engagements financiers de l'État 56,2 59,5 +3,4
Enseignement scolaire 64,3 64,5 +0,2
Gestion des finances publiques 8,1 8,2 +0,1
Immigration, asile et intégration 2,1 2,2 +0,1
Investir pour la France de 2030 5,3 5,5 +0,2
Justice 10,5 10,6 +0,2
Médias, livre et industries culturelles 0,7 0,7 -0,0
Outre-mer 2,9 2,8 -0,2
Pouvoirs publics 1,1 1,1 +0,0
Recherche et enseignement supérieur 30,7 31,2 +0,5
Régimes sociaux et de retraite 6,0 5,9 -0,1
Relations avec les collectivités territoriales 4,0 3,8 -0,1
Remboursements et dégrèvements 148,3 152,2 +3,9
Santé 1,5 1,7 +0,2
Sécurités 17,3 17,7 +0,4
Solidarité, insertion et égalité des chances 30,3 28,6 -1,7
Sport, jeunesse et vie associative 1,5 1,2 -0,3
Transformation et fonction publiques 0,7 0,5 -0,2
Travail, emploi et administration des ministères sociaux 19,7 18,0 -1,7
*montant intégrant une mesure de périmètre prévisionnelle de -3,1 Md€ en 2026, résultant de l'exclusion d’une partie des charges de service public
de l'énergie du budget général et de leur financement par affectation d'une fraction de recettes, à montants constants.

Plafonds de dépenses en vue de l’examen et du vote du PLF 2026 – juillet 2025 Page 10 / 16
Concours financiers aux collectivités territoriales

Le tableau 3, ci-dessous, présente les montants envisagés des concours aux collectivités
territoriales.

Écart 2025
Tableau n°3 : Concours aux collectivités territoriales LFI 2024 LFI 2025 PLF 2026
/ 2026
En Md€, format LFI 2025 (CP)
Total des concours financiers aux collectivités
54,0 54,5 53,4 - 1,1
territoriales
Mission "Relations avec les collectivités territoriales" 4,0 4,0 3,8 - 0,1
PSR-CT 44,7 45,2 44,4 - 0,9
TVA des régions 5,4 5,3 5,2 - 0,1

En 2026, les collectivités territoriales sont associées à l’effort de redressement des comptes pu-
blics à hauteur de 5,3 Md€ 5.
Les concours financiers de l’État aux collectivités territoriales 6 s’établissent à 53,4 Md€ en 2026,
en baisse de -1,1 Md€ par rapport à la LFI pour 2025.
Les mesures prévues en PLF pour 2026 tiennent compte de la situation financière de chaque
strate de collectivités, en particulier les départements ; elles recouvrent principalement :
→ La reconduction de la principale dotation de l’État à destination des collectivités territoriales
et de leurs groupements, la dotation globale de fonctionnement (DGF), à hauteur de
27,4 Md€, montant qui consolide les trois hausses successives de +320 M€ en LFI 2023,
+320 M€ en LFI 2024 et +150 M€ en LFI 2025 ;
→ Une maitrise de la dynamique du prélèvement sur les recettes de l’Etat visant à compenser,
depuis 2021, les moindres-values induites par l’abattement forfaitaire de 50 % sur les valeurs
locatives cadastrales des locaux industriels ;
→ La minoration des variables d’ajustement ;

→ Le rétablissement d’une dotation globale de fonctionnement (en remplacement d’une frac-


tion de TVA) au profit des régions, de même nature que celle versée au bloc communal et
aux départements ;
→ L’adaptation du soutien de l’Etat en faveur de l’investissement local au cycle électoral, en
contenant la dynamique de FCTVA (7,9 Md€, soit + 0,25 Md€ par rapport à la LFI 2025) par
l’ajustement du calendrier de versement du FCTVA aux EPCI, dans une logique de retour au
droit commun et en diminuant le montant de dotations d’investissement de la mission « Re-
lations avec les collectivités territoriales » à hauteur de -200 M€ en AE. Une revue des dé-
penses sur ces dotations est engagée et rendra ses premières conclusions à l’été 2025.
Des mesures complémentaires, qui ne relèvent pas du périmètre des concours financiers de
l’État aux collectivités territoriales, sont par ailleurs prévues en PLF pour 2026, à l’instar du
fonds de sauvegarde des départements.

5
Auquel s’ajoute la hausse du taux de cotisation de la CNRACL de 3 points.
6 Les concours financiers de l’État aux collectivités territoriales recouvrent la mission budgétaire « Relations avec les collectivités ter-
ritoriales », les prélèvements sur recettes (PSR) de l’Etat au profit des collectivités territoriales et la TVA affectée aux régions en subs-
titution de la DGF depuis 2018. Ils ne comprennent pas la fiscalité transférée, le fonds de sauvegarde des départements, les subven-
tions ministérielles, ou encore les amendes radars redistribuées aux collectivités.

Plafonds de dépenses en vue de l’examen et du vote du PLF 2026 – juillet 2025 Page 11 / 16
Évolution de la nomenclature des missions
et des programmes envisagés pour le PLF 2026
par rapport à la LFI 2025

En vue de l'examen et du vote du projet de loi de finances de l'année à venir par le Parlement,
le rapport pris en application de l’article 48 de la loi organique relative aux lois de finances
indique la liste envisagée des missions, des programmes et des indicateurs de performances qui
seraient associés à chacune de ces missions et à chacun de ces programmes.
La nomenclature envisagée pour le projet de loi de finances pour 2026 se caractérise par les
évolutions suivantes par rapport à la nomenclature de la loi de finances pour 2025.
La mission « Anciens combattants, mémoire et liens avec la nation », qui porte les programmes
169 « Reconnaissance et réparation en faveur du monde combattant, mémoire et liens avec la
Nation » et 158 « Indemnisation des victimes des persécutions antisémites et des actes de barbarie
pendant la seconde guerre mondiale » est renommée « Monde combattant, mémoire et liens avec
la Nation ».
Le programme 367 « Financement des opérations patrimoniales en 2025 sur le compte
d'affectation spéciale – Participations financières de l'État– » devient « Financement des
opérations patrimoniales en 2026 du compte d'affectation spéciale – Participations financières de
l'État – ».
En cohérence avec l’extinction progressive des dispositifs de crise financés par la mission « Plan
de Relance », le programme 363 « Compétitivité » est supprimé et la mission « Plan de Relance »
est clôturée. Le programme 362 « Ecologie » est quant à lui rattaché à la mission « Écologie,
développement et mobilité durables ».
Enfin, le programme 350 « Jeux olympiques et paralympiques 2024 » est clôturé.

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Évolution du dispositif
de performance pour le PLF 2026

Afin de mieux mesurer les résultats et la performance de l’action publique, les objectifs et indi-
cateurs de performance continuent de s’adapter aux évolutions des politiques publiques.
Les indicateurs créés par voie d’amendement lors de l’examen du PLF 2025 ont été introduits
pour mise en œuvre au PLF 2026.
Les principales évolutions du dispositif de performance du PLF 2026 reflètent les priorités défi-
nies dans la circulaire relative aux conférences de performance.
Afin de redynamiser le dispositif de performance et supprimer les doublons, une réorganisation
des indicateurs de niveau mission et programme a été opérée. Les indicateurs socio-écono-
miques ont été basculés autant que possible vers le niveau mission, les indicateurs de niveau
programme se focalisant désormais sur l’efficience et la qualité de service public.
Il est procédé à une augmentation du nombre d’indicateurs liés au budget « vert » et d’indica-
teurs permettant de différencier les impacts et biais de genre des politiques publiques.
Les indicateurs des PAP ont été rapprochés des indicateurs du baromètre de l’action publique
et de ceux la Stratégie Nationale Bas Carbone qui leur étaient voisins.
Outre ces modifications transversales, la maquette de performance se caractérise par une quasi
stabilité, indispensable au bon suivi des évolutions de la performance.
Au total, le dispositif de performance est constitué, pour le PLF 2026, de 410 objectifs et de 898
indicateurs, des nombres en léger recul par rapport au PLF 2025 (respectivement 453 et 907).
L’accessibilité des données de performance est facilitée par l’actualisation récente de la plate-
forme de datavisualisation de l’État.
Ces évolutions du dispositif de performance pour le PLF 2026 sont synthétisées dans le tableau
statistique ci-dessous et détaillées dans le tableur en annexe de ce rapport.

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BUDGET GÉNÉRAL UNIQUEMENT TOTAL BUDGET DE L’ÉTAT

CATÉGORIE PLF PLF PLF PLF PLF PLF PLF PLF PLF PLF
2026 2026
D'INDICATEUR 2021 2022 2023 2024 2025 2021 2022 2023 2024 2025

Efficacité pour le
51% 52% 52% 52% 51% 50,5% 49% 50% 50% 50% 49% 49%
citoyen

Qualité pour
17% 17% 19% 20% 21,5% 21,5% 17% 17% 19% 20% 21% 21%
l'usager

Efficience pour
32% 31% 28% 27% 27,5% 28% 34% 33% 31% 30% 30% 30%
le contribuable

BUDGET GÉNÉRAL UNIQUEMENT TOTAL BUDGET DE L’ÉTAT

CATÉGORIE PLF PLF PLF PLF PLF PLF PLF PLF PLF PLF
2026 2026
D'INDICATEUR 2021 2022 2023 2024 2025 2021 2022 2023 2024 202

Nombre
34 35 34 34 34 34 49 50 46 46 48 48
de missions

Nombre de
136 145 137 137 137 141 188 198 190 190 188 185
programmes

Nombre
364 375 369 382 391 371 424 438 429 443 453 410
d'objectifs

Nombre
d'objectifs par 2,7 2,6 2,6 2,8 2,85 2,6 2,3 2,2 2,2 2,3 2,4 2.2
programme

Nombre
734 760 729 764 792 832 838 877 841 878 907 898
d'indicateurs

Nombre
d'indicateurs 2,0 2,0 1,9 2,0 2,0 2,2 2,0 2,0 1,9 2,0 2,0 2,1
par objectif

Dont nombre
d'indicateurs 40 26 26 26 46 45 42 26 26 29 46 45
modifiés

Taux
d'indicateurs 6% 3% 3% 3,4% 5,8% 5.4% 5% 3% 3% 3,3% 5,0% 5.0%
modifiés

Dont nombre
d'indicateurs 51 49 44 53 64 22 55 62 44 55 64 22
nouveaux

Taux
d'indicateurs 7% 6% 6% 6,9% 8,1% 2.6% 7% 7% 5% 6,2% 7,0% 2.5%
nouveaux

Taux
d'indicateurs 88% 90% 92% 89,7% 86,1% 92% 88% 90% 92% 90,5% 88% 92.5%
identiques

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