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Guide de rédaction d'un rapport de recherche

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INITIATION A LA REDACTION DU

RAPPORT DE RECHERCHE
KRAGBE Azowa Gilles
Professeur des Universités
Maitre de Conférences Cames
en Histoire du Droit, des Institutions
et des Idées Politiques

1
SOMMAIRE
INTRODUCTION
1. Notion de rapport de recherche
2. Qu’est-ce que la recherche scientifique ?
I. OBJECTIFS ET ETAPES DU RAPPORT
II. CHOIX DU SUJET ET DU DIRECTEUR DE RECHERCHE
III. BIBLIOGRAPHIE ET METHODOLOGIE
IV. PROBLEMATIQUE ET HYPOTHESES DE RECHERCHE
V. ELABORATION DU PLAN
VI. CONCLUSIONS ANTICIPEES

2
INTRODUCTION
1. Notion de rapport de recherche
Le rapport de recherche est un compte rendu écrit ou oral de votre projet. Il est
considéré comme un document relativement technique, dont le but est de
communiquer à la communauté scientifique, des informations précises et
complètes sur la démarche réalisée d’une réflexion scientifique. C’est est un
travail préparatoire qui annonce la procédure, les étapes à suivre pour effectuer
une recherche. Il aide à mieux préciser l’objet d’étude, permet de planifier les
étapes de la recherche et aide à sélectionner les stratégies et méthodes d’approche
et les techniques de recherche les plus adaptées.
C’est aussi l’étape préliminaire de la recherche au cours de laquelle il faut établir
les limites de l’objet d’études et préciser la manière de réaliser chacune des étapes
du processus. Il est un précieux instrument d’organisation de la pensée qui aide à
structurer logiquement l’objet d’étude et à effectuer une analyse plus efficace. Il
peut compter entre 10 et 15 pages, voire jusqu’à 30 pages, selon le niveau de
recherche. Le rapport de recherche peut être comparé à « une carte routière », dans
laquelle sont décrites les étapes à suivre.
2. Qu’est-ce que la recherche scientifique ?
La recherche scientifique est un processus dynamique rationnel, objectif et
rigoureux qui consiste à explorer, décrire, comprendre, expliquer et/ou résoudre
un problème ou évaluer une pratique, anticiper un événement. Il s’agit soit de
réexaminer des connaissances existantes, soit d’expérimenter des connaissances
nouvelles. Elle peut être fondamentale ou appliquée. La première, aussi appelée
recherche théorique, vise l’acquisition des connaissances de base, des principes
généraux et théoriques qui gouvernent tel ou tel autre phénomène. La seconde,
autrement dite recherche-action ou recherche-développement, est une application
concrète des connaissances rendues possibles par la recherche fondamentale ; elle
est au service de la technologie.
Les rapports de recherche ont pour objectif d’aboutir à la rédaction d’un mémoire
ou d’une thèse de doctorat.
2.1. Qu’est-ce qu’un mémoire de master ?
Le mémoire est « travail de recherche de deuxième cycle exhaustif et très élaboré,
caractérisé par la pertinence de sa problématique et des renseignements recueillis.
La manière dont est présentée l’information, l’hypothèse et la conclusion doit
avoir un caractère distinctif et original. ».

3
2.2. Qu’est-ce qu’une thèse de doctorat ?
Une thèse de doctorat « qui peut prendre la forme d’une dissertation ou d’un essai,
est très exhaustive, élaborée, et elle contribue aux connaissances acquises dans un
certain domaine d’études. Elle se démarque par son originalité et sa contribution
personnelle dans un champ disciplinaire spécifique. L’information recueillie est
dense et surtout bien articulée, structurée et sérieuse. La méthodologie employée
doit être crédible et valable scientifiquement. Enfin, la thèse se réalise en fin
d’études, soit au troisième cycle (doctorat). »
Un chercheur en vue de présenter une bonne dissertation, quelle qu’elle soit, un
travail de fin de cycle, un mémoire, une thèse, et quelle que soit la nature de
l’institution, université, grande école ou institut supérieur doit préalablement
mettre en place un rapport ou un projet de recherche. Ce projet doit être bien
structuré. De son succès dépend en grande partie la qualité de la suite du travail
de recherche.
I. OBJECTIFS ET ETAPES DU RAPPORT
1. Objectif du rapport de recherche
L’étudiant (le chercheur) qui lira ce guide sera capable de penser, élaborer et
présenter un projet de recherche en sciences sociales, c’est-à-dire :
- choisir un sujet (thème) de recherche ;
- construire une bibliographie provisoire ;
- formuler une problématique ;
- énoncer une hypothèse de travail ;
- construire une cadre opératoire et conceptuel de recherche ;
- choisir les méthodes de collecte, d’analyse et vérification de l’information ;
- présenter des conclusions anticipées.
2. Les étapes du rapport de recherche
Le rapport de recherche doit s’insérer dans une tradition théorique et doit préciser
l’état des connaissances actuelles sur un sujet particulier. L’étudiant doit procéder
à une revue de la littérature rattachée à son domaine de recherche afin d’identifier
les théories et hypothèses pertinentes.
Il doit ensuite en retenir certaines et justifier son choix dans le but de préciser sa
question de recherche et de formuler ses propres hypothèses. Celles-ci doivent
être vérifiées selon une méthodologie qu’il doit aussi préciser. Dans une thèse ou
un mémoire de maîtrise, l’étudiant revendique en quelque sorte une position qu’il
4
doit défendre. Ce document écrit, précieux instrument de travail comporte
généralement sept parties correspondant à chacune des grandes étapes du
processus de recherche :
1. Enonciation de l’intérêt du sujet (préciser la pertinence actuelle et
théorique du sujet)
2. Formulation de la problématique
3. Faire l’état de la recherche ou la revue de la littérature
4. Précision de l’approche méthodologique (choix de la stratégie générale
de vérification : des techniques de collecte de l’information et d’analyse
des données)
5. Présentation du cadre conceptuel (opérationnalisation des concepts en
vue de la recherche)
6. Présentation des conclusions anticipées
7. Chronogramme
8. Plan détaillé
9. bibliographie1
Les rapports ne doivent pas excéder 3000 mots c’est-à-dire 12 pages (à l'exclusion
de la page de couverture, du résumé, de la table des matières et de la
bibliographie). Étant donné que le projet est l’énoncé initial de la recherche, il
commence par un énoncé concis et clair de la question générale de recherche.
La question générale de recherche peut être considérée comme un problème que
l’on tente de résoudre. À ce stade-ci, il ne s’agit pas de présenter une solution mais
une tentative de réponse sous forme d’hypothèses. Les étudiants doivent
soumettre et faire approuver leur projet avant de s’engager dans la recherche
proprement dite conduisant à la rédaction de leur thèse ou de leur mémoire.
II. CHOIX DU SUJET ET DU DIRECTEUR DE RECHERCHE
2.1. Les critères à retenir
Les critères qui devraient vous guider dans le choix de votre sujet sont les
suivants :
- l’intérêt que vous portez sur le problème.
- Vos objectifs professionnels.
- Votre disponibilité et votre motivation à travailler sérieusement sur
un thème pendant plusieurs années2
- L’existence réelle d’outils scientifique pour la réalisation du projet.
(Existe-t-il une littérature, une documentation suffisante et
accessible ?).

1
Cf. Gordon Mace, François Pétry, Op. cit. , p.5.
2
Cela concerne surtout les étudiants en thèse.

5
Parfois, la motivation n’est liée ni à une perspective professionnelle, ni à une
poursuite d’études, mais tout simplement à l’envie de comprendre et de
«décortiquer un problème, une question3. Dans tous les cas de figure, l’entreprise
doit être mûrement réfléchie car elle implique un investissement en temps, et donc
une capacité à vivre une période plus ou moins longue avec son sujet.
Il s’agit également d’un défi sur soi qui procurera un enrichissement personnel à
partir du moment où tout le processus aura été couvert et donnera à l’étudiant le
sentiment d’avoir réussi, d’avoir relevé le défi qu’il s’est fixé. Il s’agit enfin d’un
engagement sur une durée qui va au-delà du travail classique des cours et qui
implique par conséquent de s’y consacrer pleinement ; ce qui peut occasionner
une grande satisfaction, mais aussi des découragements lorsque la recherche a
échoué.
Le choix du sujet doit vous permettre :
► De mettre en œuvre des outils étudiés en cours ;
► De Montrer vos capacités d’analyse et de décision (conseil) ;
► D’apporter de nouveaux angles de développement ;
► D’en faire un support de valorisation personnelle.

De ce qui précède, il faut retenir que le sujet doit être directement relié au champ
d’expérimentation professionnel mais dépasser la simple analyse de l’expérience
immédiate en positionnant l’étude dans une perspective interdisciplinaire
(systémique). Il doit répondre à la double exigence d’approche scientifique
(mémoire) et de travail à caractère pratique (projet).

Il faut savoir délimiter le champ de votre recherche ; le sujet ne doit pas être trop
vaste ou trop restreint4. Avec un sujet trop vaste vous risquez de faire une analyse
superficielle et de ne pas cerner tous les contours du problème que vous exposez.
Par ailleurs, en choisissant un sujet trop restreint, vous risquez d’omettre de traiter
un aspect non moins important du problème.
Le choix du directeur de recherche relève en principe de la responsabilité du
responsable de département ou du responsable pédagogique (lien avec le sujet) et
intègre dans la mesure du possible les souhaits de l’étudiant. L’idéal est d’avoir
comme directeur de recherche un spécialiste de votre discipline ou de votre sujet.
Tenez compte de sa disponibilité à vous encadrer effectivement.

3
Bernadette Plot. Ecrire une thèse ou un mémoire en Sciences humaines, Génèse-Paris, Slatkine, 186, p.49
4
Un sujet peut être trop vaste ou restreint dans le temps ou dans le concept

6
2.2. Qui propose le sujet ?
2.2.1. Le directeur de recherche (l’encadreur)

Les enseignants-chercheurs et chercheurs des universités se répartissent par


spécialités scientifiques. Dans le cadre de leurs activités de recherche, ils peuvent
proposer des sujets en vue de l’encadrement des étudiants. Dans le traitement du
sujet, le directeur de recherche :

► Vous aide dans la définition et la formulation de la problématique


qui est également validée par le responsable pédagogique ;
► Vous aide dans la constitution du plan ;
► Vous donne des idées de sources documentaires et d’apports
théoriques.
Normalement, vous devriez pouvoir le solliciter et lui fournir des travaux
préparatoires au moins une fois par mois. Les avis de votre directeur priment sur
ceux, parfois divergents, que vous pourrez entendre en cours, en TD de méthode,
en atelier de rédaction, exprimés par d’autres enseignants. Ils priment parce que
c’est lui qui jugera en premier de la qualité de votre travail. Cela ne vous empêche
pas de faire la part des choses et de construire votre propre jugement.
2.2.2. L’étudiant lui même

Il est possible et fréquent qu’un étudiant envisage de lui-même un projet de


recherche. Dans ce cas, il contacte le responsable de département qui l’oriente
vers la personne de l’UFR la plus compétente et la plus disponible sur le thème
choisi par l’étudiant. Le directeur de recherche aidera à ce stade à la définition des
objectifs poursuivis. S’il considère que le sujet n’est pas conforme aux exigences
du domaine scientifique, il devra amener l’étudiant à faire évoluer son sujet. En
cas de besoin, l’étudiant et le responsable de recherche pourront se mettre en
relation avec le responsable académique du domaine.

Après le choix du sujet, c’est à l’étudiant de contacter régulièrement son directeur


de recherche pour l’informer de l’évolution du travail. Dans un premier temps, la
présentation du sujet fera l’objet d’un protocole de recherche de quelques pages
selon la nature du travail (thèse ou mémoire). A cet effet, il faut respecter les
règles de présentation du protocole de recherche.

7
III. BIBLIOGRAPHIE ET METHODOLOGIE
1. Recherche bibliographique ou collecte des données
La première tâche du chercheur consiste à rassembler le matériel documentaire
concernant son sujet de recherche. Ces documents peuvent être écrits,
audiovisuels, sonores, électroniques ou iconographiques. Ils sont composés
d’ouvrages, de traités, de manuels, périodiques, revues, d’articles, de banque de
données etc.
Les documents qui constituent le corpus de l’étude sont appelés documents
primaires, ceux qui étudient, analysent, synthétisent, critiquent, documents
secondaires et ceux qui apportent les informations de base (les définitions de
notions par exemple) tels que les dictionnaires et encyclopédies documents
tertiaires. A côté des bibliothécaires qui peuvent aider à accéder aisément aux
informations dont vous avez besoin, l’internet constitue un outil précieux dont il
faudrait utilement se servir pour accomplir cette tâche.
Les textes que vous lirez vous enverront au fur et à mesure à de nouvelles
références bibliographiques. Il faudrait privilégier dans un premier temps la
consultation des ouvrages de référence ou de synthèse, afin de vous imprégner
des grandes questions et des notions-clés de votre objet d’analyse. Si la recherche
implique une analyse du contenu, une expérience, une enquête ou des entrevues
qualitatives, la collecte de données doit être précisée.
Pour des enquêtes : sélection justifiée d’un échantillon de la population.
Pour des entrevues qualitatives : sélection justifiée des sujets.
Pour l’analyse documentaire ou l’analyse des médias : sélection justifiée
du matériel (corpus).

2. Élaboration des instruments de recherche


Les instruments de recherche sont des questionnaires, des grilles ou guides
d’entretien ou d’entrevues et des procédures de codage pour l'analyse de
contenu. Un soin particulier doit être accordé à l’élaboration de ces instruments
de recherche.
Validation des instruments par des tests.
Description des procédures adoptées.
Par exemple : comment les entrevues ont-elles été menées, étaient-elles
enregistrées et plus tard ont-elles été transcrites ? Comment le codage a-t-il été
réalisé ? Finalement, le lecteur devrait pouvoir reproduire ce que vous avez
fait sur la base des informations fournies.

8
IV. PROBLEMATIQUE ET HYPOTHESES DE RECHERCHE
1. Formation d’une problématique
La problématique représente la boussole de votre travail. Elle renferme une
question spécifique pertinente, des hypothèses de travail et des questionnements
formulés à l’aide de concepts scientifique et des instruments théoriques et
méthodologiques. Elle est « aussi importante que le cerveau ou le système
nerveux pour un être humain ou que le poste de pilotage pour un avion de ligne »5
. Une problématique est une organisation systématique des problèmes impliqués
par une recherche6.
La qualité de votre recherche dépend de la problématique, car elle représente le
fil conducteur de la recherche. Pour cette raison, la structure doit être construite
en fonction de ce que vous souhaitez démontrer. En outre, elle doit être pertinente,
accrocheuse et clairement formulée. Il est vivement recommandé d’élaborer une
bonne problématique, avant de s’engager dans la rédaction d’un travail
scientifique. La problématique évolue et mûrit et se précise au fur et à mesure de
la documentation. Car plus on avance dans le travail, plus de nouvelles
interrogations et hypothèses apparaissent.
2. La question principale
La question principale ou centrale consiste en une énonciation du projet de
recherche sous la forme d’une question de départ par laquelle l’auteur d’une
recherche tente d’exprimer le plus exactement possible ce qu’il cherche à savoir,
à élucider, à mieux comprendre. La question principale est une reformulation du
problème, présenté sous forme d’énoncé affirmatif, sous forme d’énoncé
interrogatif écrit au présent. Cette question centrale est accompagnée de questions
subsidiaires. C’est à ces questions découlant de la situation problématique que le
travail de recherche doit apporter les réponses attendues. Les critères de
formulation d’une « bonne » question principale sont :
- La vraisemblance
- La précision
- La concision
- La faisabilité (coût, accessibilité, etc.)
- La pertinence (l’intérêt, la contribution apportée par cette recherche)
- L’ouverture (plusieurs réponses différentes doivent pouvoir être
envisagées.
La question principale peut se formuler de plusieurs manières :

5
Ibid.
6
UQAM-Département de philosophie. « Méthodologie du travail intellectuel » disponible sur
http:// [Link]/nobel/philuqam/metho/[Link]?n1=accueil&n2=etapes&n3=preparation, page
consultée le 03.09.2009

9
De quoi est-il question ? La problématique doit présenter le sujet, le thème, les
enjeux et l’intérêt du terrain géographique choisi.

. Pourquoi a-t-on choisi ce sujet ? Il faut présenter «l’état de l’art » (ou état des
connaissances), à l’aide de références bibliographiques aux travaux existant sur la
question. L’étudiant doit montrer qu’il s’inscrit dans une perspective, ou qu’il s’en
démarque.

« Partir dans un travail de recherche sans la question principale est aussi peu
sensé que de partir sans boussole dans une immense forêt, ou sans compas dans
une navigation à travers l’océan…Cela dit, la formulation de cette question
principale peut prendre du temps. Continuez à travaillez ….avec le souci
permanent de cerner de mieux en mieux et d’exprimer le plus précisément
possible cette indispensable question principale. »7

3. Les hypothèses de recherche


L’hypothèse peut être envisagée comme une réponse anticipée que le chercheur
formule à sa question spécifique de recherche. Il s’agit d’un énoncé déclaratif
précisant une relation anticipée et plausible entre les phénomènes observés ou
imagés. « L’hypothèse est une proposition anticipée de réponse, une idée
pressentie, le point de départ nécessaire de toute recherche mais attend
confirmation par la vérification argumentaire. »8. En d’autres termes, l’hypothèse
est une affirmation anticipée par rapport à une question énoncée autour d’un
problème formulé. Elle constitue le lien entre la théorie de départ et le travail de
vérification. Elle oriente la démonstration du chercheur.
L’hypothèse peut être confirmée ou infirmée par les résultats de la recherche. Pour
qu’elle soit pertinente, Elle doit être plausible (vraisemblable), vérifiable
(démontrable), précise (sans ambiguïté), générale (allant au-delà du cas
particulier), communicable (compréhensible d’une seule et même façon par
quelqu’un d’autre). Elle doit être reliée à la question de départ.
L’hypothèse est une phrase affirmative qui sert de réponse à la question
spécifique. Les hypothèses constituent des propositions qui devront être discutées
ou défendues par le chercheur. Leur vérification donne lieu à une confirmation ou
une infirmation des questionnements formulés en début d’étude.
V. ELABORATION DU PLAN
Le Dictionnaire Robert défini le plan comme « tout projet élaboré, comportant
une suite ordonnée d’opérations destinées à atteindre un but ». Le plan constitue

7
Ibid., p.36
8
Zacharie Béré, Techniques et stratégies d’un travail scientifique. Etude mémoire, thèse et autres recherches,
Abidjan, Ed. UCAO, 2006 p.142.

10
l’ensemble construit et raisonné des étapes qui seront suivies, soit lors de la phase
de recherche, soit lors de la phase de rédaction. Il doit faire l’objet d’une réflexion
préalable et approfondie avant de s’engager dans la rédaction proprement dite. Le
chercheur doit élaborer deux types de plan : le plan de travail et le plan de
rédaction.
1. Le plan de travail ou la démarche scientifique
Le plan de travail signale l’enchaînement logique des tâches à effectuer lors de
la phase de recherche et d’investigation. Il permet de fixer les différentes étapes
qui seront suivies au cours de cette phase préparatoire. Ce plan à caractère
indicatif, sommaire ou provisoire oriente ainsi la collecte ou la recherche de tout
matériau, toute documentation nécessaire à l’étude du sujet choisi.
Le chercheur construit ce plan en début de recherche afin d’annoncer les grandes
rubriques de son travail es gestation et les principales étapes indispensables à sa
réalisation. Les aspects principaux et secondaires sur lesquels les informations
seront recherchées, y sont précisés. Chacune des idées principales. Chacune des
idées principales consiste à répondre aux questions suivantes : « De quoi ai-je
besoin pour mener à bien une recherche ? » ; « Que dois-je faire ou lire avant de
m’engager dans l’écriture ? ».
La recherche proprement dite comprendra une démarche plus fouillée, une
analyse des ouvrages de fond sur le thème retenu et une consultation des articles
jugés les plus récents ou détaillés. Deux difficultés majeures peuvent cependant
affecter la recherche :
- une trop grande abondance de la littérature : il s’agira alors de s’orienter vers
les textes fondateurs du ou des auteurs de référence, même s’ils semblent
datés, et d’y ajouter les références aux publications les plus récentes sur le
sujet ;
- un manque patent de références bibliographiques qui devra alors faire
l’objet d’un questionnement auprès du directeur de mémoire afin de traiter
le sujet au mieux malgré cette carence.
Le rédacteur du travail aura besoin de penser, dès le début de son travail,
l’organisation de la collecte d’informations. Une compilation systématique des
sources bibliographiques doit être en tout état de cause menée, sur ordinateur ou
sur fiche papier, par ordre alphabétique d’auteur.
2. Le plan de rédaction
Le plan définit la structure générale de l’étude. C’est la phase de discussion
permettant d’évaluer les grands axes de l’étude. Il s’élabore lorsque les approches
tant conceptuelles que pratiques sont suffisamment approfondies pour pouvoir

11
dégager la logique générale du travail engagé. Le plan ne peut être élaboré
qu’après une bonne appréciation du sujet et de la recherche documentaire.
Le plan de rédaction reflète l’ordre hiérarchique interne de la structure finale de
la recherche, l’armature logique du raisonnement du chercheur ; la construction
d’une argumentation cohérente en vue de vérifier une hypothèse ou d’apporter
une réponse à la question principale. Ensuite, il convient de retenir que le plan
n'est pas posé a priori ; il provient logiquement de la démarche même et de la
démonstration.
Il dépend de la problématique et des objectifs. Aucun travail, quel qu’il soit
(mémoire lourd, film vidéo, posters, etc), ne peut être présenté sans un plan
rigoureux. Ce plan fixe les parties, les chapitres, les sections et sous-section qui
seront développées lors de la rédaction. La démarche de l’étudiant doit être
matérialisée par la présence de titres originaux. Evitez le plan à tiroir avec les
titres passe-partout ; préférez un plan bâti à partir des résultats principaux de la
recherche, appuyé sur les différents éléments de la démonstration.

Le chercheur y expose de façon détaillée et ordonnée les principales idées


développées et les démarches qui conduits aux résultats obtenus. Le plan de
rédaction doit être le plus proche possible de la version finale du travail ; il permet
de suivre le développement des différentes parties du travail à partir d’une idée
directrice clairement définie et suivant une démarche logique spécifique.
Dans le cadre d’une thèse ou d'un mémoire professionnel : élaborer un canevas
de recherche et mettre en œuvre des méthodes pour traiter des questions
empiriques et analyser les données pertinentes.
Dans le cadre d’une thèse ou d'un mémoire de type théorique : présenter une
recherche fondamentale à partir d’une analyse critique, soutenue par une
argumentation rigoureuse, portant sur des questions théoriques issues d’une revue
de la littérature spécifique à un domaine de recherche particulier. Il n’existe pas
de plan-type. Le nombre de chapitres est laissé à l’appréciation de l’auteur.
La structure tertiaire est souvent privilégiée dans les plans de rédaction pour les
travaux de recherche en sciences humaines et sociales. Cela est dû au fait que le
plan en trois parties permet une approche dialectique du sujet, plus difficile à
mettre en place avec les plans formés de deux ou quatre parties. Mais ceux-ci ne
sont pas bannis pour autant : en fait, tout dépend de la nature du sujet et des
objectifs fixés pour la recherche.9

9
Mathieu Guidère, Op. cit. p.22

12
VI. STRUCTURE SCHEMATIQUE DU RAPPORT DE RECHERCHE

Page de garde (en couleur)


2ème page de couverture qui est la photocopie de la page de garde (en blanc noir)
Dédicaces
Remerciements
Avertissement
Sommaire
Liste des sigles et abréviations

INTRODUCTION

1- Généralisés et contexte
2- Concepts et approche définitionnelle
3- Justification et intérêt
4-Hypothèses d’analyse
5- Techniques méthodologiques empruntées
6- Problématique
7- Annonce du plan

PLAN COMMENTE

1- Partie 1 (intitulé ou titre)


2- Partie 2 (intitulé ou titre)
NB : Résumé des chapitres pour chaque Partie

CONCLUSION GENERALE
 Bilan ou synthèse
 Difficultés et limites éventuelles

BIBLIOGRAPHIE
 Ouvrages généraux
 Ouvrages spécialisés
 Thèses et mémoires
 Articles de doctrine (publications scientifiques)
 Textes normatifs (textes internationaux et nationaux)
 Jurisprudence
 Rapports et documents de travail
 Dictionnaires et lexiques
 Webographie

ANNEXES
CHRONOGRAMME DE PRODUCTION

13
TABLE DES MATIERES
RESUME DU TRAVAIL à la dernière page de couverture (150 mots) suivi de
six mots clés en français et en anglais

Ce protocole sera remis au Directeur de recherche au plus tard dans les semaines
suivant le démarrage du travail. Tenez compte de sa disponibilité à vous
rencontrer effectivement. Enfin, n’oubliez pas de citer votre directeur de
recherche dans le travail.

Cependant, les travaux de recherche en droit doivent se conformer à la


méthodologie appropriée aux sciences juridiques. Après l’introduction,
l’architecture du développement doit respecter le système de
jumelage traditionnel chapeauté par :
 Deux grandes parties ;
 Dans chaque partie, deux titres ou deux chapitres ;
 Dans chaque chapitre, deux sections ;
 Dans chaque section, deux paragraphes ;
 Dans chaque paragraphe, un grand (A) et un grand (B) ;
 Dans chaque grand (A), un petit (1) et un petit (2) ;
 Dans chaque grand (B), un petit (1) et un petit (2) …
Le travail se termine évidemment par une conclusion bien ficelée. Le plan défini
et détaillé de la recherche est exposé en début ou en fin de l’ouvrage sous la
rubrique « Tables des matières ».
VII. PRESENTATION DES CONCLUSIONS ANTICIPEES
Comme complément au développement logique du projet de recherche, il faut
préciser les conclusions anticipées de la recherche telles qu’elles nous
apparaissent à la toute fin du projet. La recherche pourra valider ou invalider ces
conclusions anticipées. Il faut également faire état des limites et des difficultés
éventuelles de recherche, en évaluer l’impact sur le travail de vérification à venir
et proposer, s’il y a lieu, des solutions de rechange. Enfin, toute recherche qui a
trait à des sujets humains devra faire état des précautions prévues pour garantir le
respect des règles d’éthique.
Comment énoncer des conclusions anticipées ? Six éléments :
S’assurer d’avoir bien compris les exigences de la démarche de vérification de
l’hypothèse. Bien connaitre la nature des informations avec lesquelles il nous
faudra travailler. Rappeler les objectifs du projet de recherche et comparer les
résultats attendus à ces objectifs.

14
Il ne s’agit bien sûr pas de présumer des résultats qui seront effectivement obtenus,
mais plutôt de montrer en quoi les résultats de la recherche qu’on projette de faire
sont dans le prolongement et confirment ou au contraire infirment les résultats
d’études antérieures. Souligner la pertinence des résultats et les retombées
possibles de la recherche en indiquant les conséquences d’une éventuelle
confirmation ou du rejet de l’hypothèse de recherche.
Souligner les principales difficultés envisagées quant à la collecte de
l’information et au traitement des données pour que les difficultés anticipées
n’empêchent pas la vérification éventuelle de l’hypothèse. Faire état, le cas
échéant, des précautions prévues pour garantir le respect des règles d’éthique.

15
BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE
Pour approfondir certaines notions utilement introduites dans les cours d’Initiation à la
recherche scientifique et de Méthodes (méthodologie) de recherche en sciences sociales, le
chercheur peut consulter les ouvrages suivants (choisis) :
BEAUD, M., L’art de la thèse. Comment préparer et rédiger un mémoire de master, une
thèse de doctorat ou tout autre travail universitaire à l’ère du net, nouvelle édition,
Paris, Editions La Découverte, Collection Grands Repères-Guides, 2006.
CAMPENHOUDT, L.V., MARQUET, J. et QUIVY, R., Manuel de recherche en sciences
sociales, Paris, Dunod, 2017.
COMAN, R. et al., Méthodes de la science politique. De la question de départ à l’analyse des
données, Louvain-la-Neuve, De Boeck Supérieur, Collection Méthodes en sciences humaines,
2016.
FRAGNIERE, J.-P., Comment réussir un mémoire. Choisir son sujet – Gérer son temps
Savoir rédiger, 5è édition, Paris, Dunod, Collection Méthod’o, 2016.
GAVARD-PERRET, M.L., et al., Méthodologie de la recherche en sciences de gestion.
Réussir son mémoire ou sa thèse, Paris, Pearson France, 2012.
GRAWITZ, M., Méthodes des sciences sociales, Paris, Dalloz, 2009.
KALIKA, M., Le mémoire de master. Piloter un mémoire – Rédiger un projet – Préparer une
soutenance, 4è édition, Paris, Dunod, 2016.
KASSE, M., La science économique et sa méthodologie, Paris, L’Harmattan, Collection «
Zoom sur », 2010.
MACE, G. et PETRY, F., Guide d’élaboration d’un projet de recherche, 3è édition revue et
augmentée, Laval, PUL, 2017.
MUNGILINGI M.M., I., Bonnes pratiques des recherches scientifiques sur Internet.
Crédibilité et valorisation des données, Kinshasa, Médiaspaul, 2017.
ROMELAER, P. et KALIKA, M., Comment réussir sa thèse. Définir un sujet – Conduire une
recherche – Soutenir sa thèse, 3è édition, Paris, Dunod, Collection Méthod’o, 2016.
SEM MBIMBI, P. et CORNET, A., Méthodes de recherche en sciences économiques et de
gestion, Lubumbashi, PUL, 2017.
SHOMBA KINYAMBA, S., Méthodologie et épistémologie de la recherche scientifique,
Kinshasa, PUK, 2016.

16

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