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Samory Touré : Résistance et Héritage

Samory : le héro africain qui a humilié l'armée française ALIOU M'BALLO

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Samory Touré : Le Héros Africain

Qui a Humilié l'Armée Française

RÉCIT

ALIOU M’BALLO

1
Samory Touré : Le Héros Africain
Qui a Humilié l'Armée Française
Samory Touré est une figure emblématique de l’histoire
africaine, connue pour avoir mené une résistance
acharnée contre la colonisation française au XIXᵉ siècle.
Fondateur de l’Empire du Wassoulou, il a réussi à bâtir
un État puissant s’étendant sur une grande partie de
l’Afrique de l’Ouest, englobant l’actuelle Guinée, le Mali,
la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et la Sierra Leone. Grâce
à son génie militaire, son organisation politique
rigoureuse et son utilisation stratégique des ressources
locales, Samory Touré a réussi à tenir tête aux forces
coloniales françaises pendant plus de 16 ans, devenant
ainsi l’un des plus grands symboles de la résistance
africaine contre l’impérialisme européen.Né vers 1830 en
Guinée, Samory Touré grandit dans un contexte marqué
par des conflits entre royaumes africains et par la
menace croissante des armées coloniales européennes.
Il commence sa carrière militaire après la capture de sa
mère par un souverain local, un événement qui le pousse
à s’engager dans l’armée pour la libérer. Cet épisode
forge son caractère de stratège, et très vite, il devient un
chef de guerre redoutable, rassemblant une armée
disciplinée et bien organisée. Avec une vision
expansionniste, il conquiert progressivement des
territoires, soumettant des chefs locaux et consolidant
son Empire du Wassoulou, qui devient un bastion de la
résistance contre la [Link] Touré comprend
rapidement que pour faire face aux Français, il doit
moderniser son armée. Il met en place un système
militaire avancé, divisant ses troupes en unités
spécialisées et établissant un réseau sophistiqué de
renseignement et d’espionnage. Il s’approvisionne en
armes grâce au commerce avec les Britanniques via la
Sierra Leone et développe une industrie locale de

2
fabrication d’armes. Son armée, composée de milliers de
soldats appelés Sofas, est entraînée aux tactiques de
guérilla, aux embuscades et aux attaques éclairs, ce qui
lui permet de tenir tête aux armées françaises, bien plus
équipées [Link] guerres entre l’Empire
du Wassoulou et la France débutent dans les années
1880. Samory Touré inflige plusieurs défaites cuisantes
aux troupes françaises, notamment grâce à ses
connaissances du terrain, ses tactiques de repli
stratégique et son utilisation des alliances locales. Face à
cette résistance farouche, les Français changent de
stratégie, adoptant une politique d’encerclement et de
pression économique pour affaiblir Samory et ses troupes.
Progressivement, l’Empire du Wassoulou se retrouve
coupé de ses ressources et affaibli par des trahisons
[Link] 1898, après des années de guerre, Samory
Touré est finalement capturé par les Français à
Guélémou, en Côte d’Ivoire. Refusant d’être exécuté
immédiatement, les autorités coloniales françaises
décident de l’exiler au Gabon, où il meurt en 1900,
marquant la fin de l’Empire du Wassoulou. Sa capture ne
signifie pas la fin de son héritage. Samory Touré reste un
symbole de la résistance africaine, un leader visionnaire
qui a consacré sa vie à défendre l’autonomie et la dignité
de son peuple face à la domination [Link]’hui,
son nom résonne encore dans toute l’Afrique. Son
combat a inspiré de nombreux mouvements de libération
et d’indépendance en Afrique au XXᵉ siècle, et son
héritage continue d’être célébré dans la culture populaire,
la littérature et la musique. Il incarne la lutte pour la
souveraineté, la résilience et l’intelligence stratégique
face aux oppressions extérieures. Cette vidéo plonge
dans l’histoire fascinante de Samory Touré, en mettant en
lumière son ascension, son empire, ses tactiques
militaires et sa guerre contre les Français. C’est un
hommage à l’un des plus grands résistants africains, dont
l’histoire mérite d’être racontée et transmise aux
générations futures.

3
Ce livre a pour ambition de plonger dans l’histoire fascinant de Samory
en rendant justice à sa grandeur et à son rôle dans la lutte contre la
colonisation. En dévoilant chaque détail de son histoire, ce récit vise à
redonner à Samory touré la place qu’il mérite dans la mémoire collective
africaine et mondiale. Il s’agit non seulement de raconter une histoire
mais également de raviver l’esprit de résistance et de dignité qu’il incarne.

*
* *
Samory touré est l’une des figures les plus
emblématiques de la résistance africaine contre la
colonisation européenne au XIXᵉ siècle. Il est souvent
surnommé le napoléon africain non seulement pour ses
extraordinaires don de stratège militaire mais aussi pour
capacité à construire un empire à partir de rien. Malgré
les épreuves, il est parvenue à forger un vaste royaume,
le Wassoulou,couvrant des territoires aujourd’hui répartis
entre la guinée, le mali, la sierra Léone , la côte d’ivoire
et le Burkina Faso. Mais au delà de ses conquêtes,
Samory Touré incarne surtout les valeurs de dignité et
souveraineté. Il a été le défenseur acharné de la liberté de
son peuple face à l’impérialisme français, refusant de se
plier aux injonctions coloniales. Sa résistance acharnée
qui a duré plus de 16 ans est l’héritage d’un leader qui a
préféré la lutte à la soumission laissant une empreinte
indélébile dans l’histoire africaine.
Le XIXᵉ siècle est marqué par une expansion coloniale
sans précédant en Afrique sous l’impulsion de puissance
Européenne comme la France, la Grande-Bretagne et le
Portugal. Cette période correspond à la ruée vers
l’Afrique officialisée lors de la conférence de Berlin
(1884-1885) qui redéfinie les frontières Africaines sans
tenir compte des réalités culturelles et ethniques locales.
En Afrique de l’ouest , la France entreprend une
campagne de conquêtes visant à contrôler le bassin du

4
Niger , une zone stratégique à la fois pour le commerce
et pour l’accès aux ressources naturelles. Cette avancée
française menace directement l’autonomie des royaumes
locaux , provoquant des résistances farouches. Parmi ces
opposants, Samory touré se distingue par son intelligence
par son intelligence militaire et politique. Le Wassoulou,
qu’il fonde au cœur de cette tourmente dévient
rapidement un obstacle majeur à la progression coloniale.
Samory comprend que la colonisation représente un
asservissement de son peuple et s’emploie à créer un État
organisé et armé capable de rivaliser avec les armées
européenne.

*
* *
Samory touré voit le jour vers 1830 dans le village de
Miniambaladougou, situé près de Kankan dans l’actuel
Guinée. Issue d’une modeste famille paysanne malinké,
il est le fils de Lanfia touré, un tisserand et marchand
itinérant et de Sokhona Camara, une femme au foyer.
Malgré ses origines modestes, une prophétie semble
entourer sa naissance. Selon une légende familiale, le
père de Samory aurait rêvé d’un serpent sortant de ses
reins, montant vers le ciel. Un dévin aurait alors
interprété ce rêve comme l’annonce de la venue d’un
descendant puissant destiné à dominer de vaste contrées.
Dès son plus jeune âge, Samory montre des qualités
exceptionnelles, un esprit vif, un sens aigu de la justice et
une prédisposition naturelle au leadership. Ces traits
caractéristiques préparent déjà le terrain à son ascension
future. Un événement tragique bouleverse la vie de
Samory en 1848. Sa mère, Sokhona est capturée par les

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hommes de Sory Ibrahima, un souverain régnant sur la
région de Médina. Cet enlèvement est un coups dur pour
la famille. Contraint par les circonstances, le père de
Samory s’exile dans un autre village, laissant son fils
face à un dilemme.
Samory, déterminé à sauver sa mère, abandonne ses
activités commerciales et décide de prendre son destin en
main. C’est dans cette épreuve qu’il commence à forger
son caractère de combattant et de stratège. Pour obtenir
la liberté de sa mère, Samory propose ses services à Sory
Ibrahima en tant que guerrier. Cette période de cette
année est marquée par une discipline rigoureuse et une
immersion dans l’art de la guerre. Il se forme aux tactiles
militaires, au maniement des armes et au leadership. Un
épisode clé de cette période est son acte de bravoure lors
d’un siège contre une ville fortifiée. Samory, lassé des
lenteurs de ses supérieur, escalade seule une muraille
sous une grêle de balle, galvanisant ses compagnons et
renversant l’issu de la bataille. Cet exploit lui vaut
l’admiration de ses pairs et le respect de Sory Ibrahima.
Après sept années de services, Sory Ibrahima tient parole.
Samory libère enfin sa mère Sokhona et la ramène à
Sanankoro.
Ce retour triomphal marque un tournant dans la vie de
Samory. Il est acclamé comme un héro par sa
communauté qui reconnaît déjà en lui un leader. Cette
période de sa vie forge les bases de son futur rôle de
stratège et de chef. Désormais Samory est porté par une
ambition claire: lutter contre l’injustice et rétablir l’ordre
dans une région marquée par l’insécurité.
En 1868, Samory touré réjoint le royaume de Toro,
dirigé par Bitiki-Sonané. Dans ce contexte, la région est
marquée par une instabilité chronique et de conflits

6
incessants entre royaumes voisins. Samory, fort de son
expérience militaire acquis chez Sory Ibrahima, est
rapidement intégré aux forces armées du roi. Malgré ses
contributions significatives au sein de l’armée royale, des
tentions émergent entre Samory et Bitiki-Sonané.
Samory déjà reconnu pour son charisme et son leadership
trouve difficile de se conformer à une autorité qu’il juge
rigide et peu efficace. Ces frictions culminent avec son
départ du royaume. Cette rupture marque un tournant
décisif. Samory abandonne toutes allégeances aux
structures royales traditionnelles et se lance dans une
carrière militaire et politique indépendante. Après avoir
quitté Toro, Samory réjoint une troupe de brigands dirigé
par un chef nommé Véféréba Camara. Dans cette période
de chaos, les razzias et les pillages sont courants. Samory
s’intègre rapidement dans ce groupe mais son sens de
l’organisation et son charisme le distingue. En peu de
temps, il prends le contrôle de la bande, remplaçant
Véféréba Camara. Ce changement de leadership est
accepté par les membres de la troupe grâce à son sens de
l’équité notamment dans le partage des butins. Samory
commence alors à structurer cette force en une unité plus
discipliné, préfigurant la future armée du Wassoulou.
Fort de cette première expérience en tant que leader,
Samory décide de s’établir durablement. Il lance une
série de campagne militaire visant à soumettre les
villages voisins. Sa stratégie répose sur une combinaison
de diplomatie et de force militaire. Les villages qui
accepte de se soumettre à son autorité sont intégrés
pacifiquement. Ceux qui résistent sont conquis par la
force, souvent avec des exemples de dissuasions pour
renforcer son pouvoir. En peu de temps, Samory choisit
Bisandougou comme son bastion. Situé stratégiquement,

7
ce village dévient la capitale politique et militaire de son
futur empire. Il commence à y bâtir des structures
administratives rudimentaires tout en renforçant ses
forces armées. La montée en puissance de Samory
inquiète Sory Ibrahima, son ancien suzerain. Voyant en
lui une menace directe, Sory Ibrahima envoie ses deux
fils à la tête d’une armée pour le combattre. Cependant,
Samory, grâce à ses stratégies supérieures et à la loyauté
de ses troupes, remporte une victoire écrasante. Les deux
fils de Sory Ibrahima sont capturés et exécutés sur son
ordre. Face à cette humiliation, Sory Ibrahima rassemble
ses forces pour un confrontation directe avec Samory.
Lors de la bataille décisif à Bisandougou, l’armée de
Sory Ibrahima est défaite. Cependant, dans un geste de
clémence, Samory épargne la vie de son ancien maître et
exige en retour sa bénédiction. Cet acte renforce la
légitimité de Samory non seulement comme un chef
militaire mais aussi comme un dirigeant investi d’une
mission divine. Désormais maître incontesté de
Bisandougou et de ses environs, Samory adopte le titre
d’almamy, signifiant commandeur des croyants. Ce titre
symbolise son rôle non seulement comme chef politique
et militaire mais aussi comme leader religieux. Il
structure son armée en profondeur en introduisant des
rangs clairs et une discipline stricte. Les Sofas, ses
guerriers dévoués deviennent le fer de lance de son
pouvoir militaire. En parallèle, il met des bases
administratives rudimentaires posant les fondations de
l’empire du Wassoulou. Cette période est marquée par
une transformation de Samory Touré. De chef militaire
local, il dévient un dirigeant visionnaire, près à étendre
son influence sur un vaste territoire. L’empire du
Wassoulou, dirigé par Samory Touré, se distingue par

8
une structure organisationnelle centralisée qui reflète sa
vision d’un État puissant et unifié. Cette centralisation
est la clé de la stabilité et de l’efficacité de son
administration. Le territoire de l’empire est divisé en
province, elle même subdivisée en canton. Chaque
canton est placé sous la responsabilité d’un gouverneur
ou d’un chef local choisit directement par Samory en
fonction de sa loyauté et de ses compétences militaires.
Ces responsables jouent un rôle cruciale dans la gestion
locale, assurant le maintien de l’ordre et le respect des
directives impériales. Les gouverneurs ont pour mission
de prélever les impôts, de réguler les activités
commerciales et de superviser les affaires locales tout en
restant sous l’autorité directe de Samory. Cette hiérarchie
bien définie garantie une remontée efficace des
ressources et des informations vers le sommet de l’État.
Sur le plan juridique, Samory combine la charia, inspirée
des principes islamiques avec les traditions coutumières
locales pour établir un système judiciaire adapté à la
diversité de l’empire. La justice est organisée en trois
niveaux. Les affaires locales, traitées au niveau des
cantons, les crimes majeures, gérés à l’échelle
provinciale et les questions d’importances nationales qui
relèvent directement de l’empereur lui-même. Cette
organisation administrative et juridique confère à
l’empire du Wassoulou une stabilité remarquable,
permettant à Samory de gouverner un territoire vaste et
multiculturel avec discipline et efficacité. L’armée est au
cœur du pouvoir de Samory. Elle à la fois une force de
dissuasion, un outil de conquête et une épine dorsale de
l’empire. Elle est composée de trois niveaux de
hiérarchie. Les sofas, guerriers dévoués, constituant
l’élite de l’armée. Les kélétiguis, généraux chargés de

9
diriger des corps d’armées. Les bilakoros, jeunes recrus
aux novices, souvent formés aux tâches subalternes avant
d’intégrer les rangs actifs. Samory Touré bâtit une
armée d’élite organisée selon des principes militaire
moderne. Son armée comprend environ 30 milles sofas,
soldats professionnels dont une cavalerie de 3 milles
hommes et une infanterie réparties en brigade de 501
milles combattants. Chaque soldat est rigoureusement
entraîné et équipé à la fois avec des armes à feu
importées et des armes fabriquées localement par les
artisans du Wassoulou. Samory Touré met également en
place un système sophistiqué de renseignement et
d’espionnage pour garantir la sécurité de son empire et
anticipé les mouvements de ses ennemis. Les
commerçants Dioula jouent un rôle clé dans ce
mouvement en collectant des informations précieuses sur
les activités des français et des royaumes voisins lors de
leurs déplacements commerciaux. En complément, des
espions infiltrent des campements français, observant de
près leurs stratégies militaires et rapportant des détails
cruciaux qui permettent à Samory d’adopter ces tactiques
en conséquences. Pour équiper son armée, Samory établit
une structure d’approvisionnement robuste et innovante.
Il mise sur la production locale d’arme en formant des
forgerons spécialisés capables d’entretenir, de réparer et
même de reproduire les fusils importés. En parallèle, il
entretient des relations commerciales stratégiques avec
les britanniques via la Sierra Léone, ce qui lui permet
d’acquérir des fusils modernes et des munitions. Ce
double système combinant production locale et
approvisionnement externe renforce considérablement la
puissance de son armée, lui permettant de mener une
résistance prolongée contre les forces coloniales

10
françaises. Pour assurer la pérennité de son empire,
Samory met en place une politique économique et sociale
structurée.
L’agriculture constitue un pilier essentielle de
l’économie de l’empire. Dans les zones pacifiés, Samory
encourage le développement agricole pour garantir une
autosuffisance alimentaire à la fois pour la population et
pour ces troupes. Les unités militaires, en tant de paix
sont mobilisées pour participer activement aux travaux
agricoles, augmentant ainsi significativement la
production et la résilience économique de l’empire. Le
commerce est également un levier stratégique sous le
règne de Samory.
En contrôlant les routes commerciales reliant le Sahara à
la côte, il met en place un système efficace de taxation
des marchandises transitant par son empire. Des produits
clés comme la noix de colla, l’or et le sel sont échangés
sur un vaste réseau commerciale, assurant ainsi des
revenus stable pour financer son administration et son
armée.
Pour structurer son empire, Samory instaure un système
éducatif basé sur l’enseignement coranique visant à
diffuser les principes islamiques parmi ses sujets.
En parallèle, la justice est appliquée de manière stricte
avec des lois adaptées pour maintenir l’ordre et renforcer
la discipline. Ce système juridique répose sur une
combinaison de la charia et des traditions coutumières
locales, offrant ainsi un cadre équilibré et adapté aux
réalités de l’empire. Samory Touré mène une série de
conquête stratégique pour étendre son empire et affirmer
son influence dans la région. Parmi ses prémières
iniciatives, il annexe les régions du Bouré et du Bidiga,
connues pour leurs rugissements aurifères. Ces

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ressources naturelles jouent un rôle clé dans le
financement de son armée et de administration,
renforçant ainsi la puissance et l’autonomie de son
empire. En parallèle, adopte une approche diplomatique
en signant des pacte de non agression avec des États
voisins tels que Tabo et Dinguiraye. Ces alliances
stratégiques lui permettent de sécuriser ses frontières et
de concentrer ses forces sur les fronts les plus critiques
notamment contre les menaces extérieures comme les
troupes coloniales française.
L’empire du Wassoulou s’étend sur une vaste superficie
couvrant des parties de la Guinée, du Mali, de la Sierra
Léone, de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso. Cette
unification, fruit d’un savant mélange de diplomatie et de
conquête militaire est soutenue par une administration
centralisée et efficace et une armée disciplinée et loyale.
Avec une population plusieurs centaines de milliers
d’habitants et une organisation militaire bien structurée,
l’empire du Wassoulou se dresse comme un obstacle
majeur à l’expansion coloniale française, incarnant une
résistance acharnée face à l’oppression étrangère.
En 1882, les français sous l’impulsion de Gustave
Borgnis-Desbordes proposèrent à Samory Touré de
placer le Wassoulou sous leur protectorat. Cette
proposition visait à étendre l’influence coloniale
française dans la région stratégique de la Haute Guinée.
Samory rejeta cette offre, interprétant ce geste comme
une tentative d’assujettissement. Sa réponse fut claire. La
résistance armée serait la seule voie pour préserver la
souveraineté du Wassoulou.
L’affrontement commence par la bataille de Kéniran, un
point névralgique pour les routes commerciales et
militaires. Les français mobilisèrent une force de 600

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soldats équipés d’artillerie lourde pour attaquer cette
position stratégique. Face à eux, Samory déploya une
armée de 5000 guerriers sofas. Adoptant une stratégie de
harcèlement , il divisa ses troupes en petite unité mobile
qui frappèrent rapidement avant de se replier. Bien que
les français parvint à capturer Kéniran, leur victoire fut
coûteuse. Plus de cent soldats dont des officiers furent
tués. Samory, quant à lui subit des pertes modestes,
réaffirmant ainsi sa supériorité tactiques. En 1883,
Samory remporta une victoire majeur lors de bataille du
marigot de Wayo Ayanko. Grâce à un réseau d’espion
efficace, il anticipa l’itinéraire des troupes françaises et
leurs tendit une embuscade dans une vallée étroite.
L’artillerie lourde des français se révéla inefficace dans
ce terrain accidenté. Les pertes furent lourdes pour les
français, près de 150 soldats tués. Les sofas de Samory
enregistrèrent des pertes minimales. Cette victoire
renforça le prestige de Samory, attirant à sa cause de
nombreux guerriers Malinké. Pour compenser son
l’infériorité technologique de son armée, Samory mit en
place des tactiques innovantes : les sofas opéraient en
petite unité flexible, frappant rapidement et disparaissant
avant toutes contre-attaque. Samory utilisa un réseau
sophistiqué d’informateurs composé de commerçant
Dioula pour surveiller les mouvements ennemis. Des
forgerons locaux furent mobilisés pour réparer, imiter et
produire des armes, réduisant ainsi la dépendance aux
importations. L’armée de Samory était structurée avec
des rangs bien défini, favorisant la discipline et
l’efficacité.
Malgré leur victoire ponctuel, les français étaient
confrontés à une guerre prolongée. La réputation de
Samory en tant que stratège redoutable s’entendit bien

13
au-delà du Wassoulou, faisant de lui une figure majeure
de la résistance anticoloniale. Les affrontements de cette
période soulignèrent les difficultés des forces coloniales
à imposer leur domination. Les pertes humaines et
matériels infligés par Samory retardèrent l’avancée
française dans la région. Ces premières confrontation
jettent les bases de la lutte prolongée entre Samory Touré
et l’empire coloniale français. La suite des événements
verra une escalade des hostilités et une évolution des
stratégies de chacun. Samory, face à une pression
croissante, continuera à incarner la résistance et la
détermination du peuple Wassoulou.
Le 28 Mars 1886 à Keniébakoura, les français, par
intermédiaire de Henri Efferie Grec et du capitaine
Tournié, sont contrains de signer un accord de paix avec
Samory Touré. La base du traité devrait être l’abandon
par Samory de la rive gauche du Niger. Ce traité marque
une étape décisif dans les relations entre Samory Touré
et les français. Les termes de cette accord prévoyaient:

1- Une reconnaissance mutuelle des territoires.


Samory accepte abandonner la rive gauche du Niger,
entérinant ainsi la souveraineté française sur cette région.

2- Une souveraineté de Samory sur le Bouré et le


Mandingue.
Ces territoires riches en ressources aurifères restèrent sur
son pouvoir consolidant son pouvoir économique et
politique.

3- L’envoi de Djaoulé Karamoko en France.


En août 1886, Samory envoi son fils Diaoulé Karamoko,
âgé de 17 ans, accompagné de ses compagnons à Paris.

14
Ce voyage diplomatique visait à établir des liens avec les
français tout en renforçant l’image de Samory comme un
dirigeant stratégique et ouvert au dialogue.
Djaoulé Karamoko est reçu par Jules Grévy, président de
la république française, le 29 août 1886. Les français
cherchaient à impressionner le jeune prince pour
démontrer leur puissance et leur bienveillance. Ce séjour
fut marqué par des rencontres diplomatiques et
symboliques visant à amadouer Samory. Cependant,
certains militaires français comme Étienne Péroz ont
critiqué le traité de 1886. il estimait qu’il entravait
l’expansion coloniale française en limitant leur accès au
Niger. Cette opposition mènera à la signature d’un
nouveau traité en 1887. Le 23 Mars 1887 à Bisandougou,
capitale de l’empire Wassoulou, un nouveau traité est
signé entre Samory et les français. Les clauses
principales incluaient:

1- Une reconnaissance du protectorat français


Samory accepte de placer son empire sous le protectorat
français, espérant ainsi gagner du temps et consolider son
pouvoir face à ses ennemis notamment Tiéba Traoré à
Sikasso.
2- Une liberté d’action française sur le haut Niger
Les français obtiennent la liberté de navigation et de
commerce dans cette région stratégique, consolidant leur
position économique et militaire.
Malgré cette accord, les tentions persistent. Les français
continuent d’attaquer les bases arrières de Samory,
fragilisant progressivement son empire.
En avril 1887, Samory lance le siège de Sikasso, contrôlé
par Tiéba Traoré. Cette campagne se heurte à une

15
résistance acharnée. Les flèches empoisonnées et la
défense stratégique des Traoré infligent de lourdes pertes
à Samory. Les difficultés logistiques, la famine et les
épidémies affaiblissent ses troupes. En août 1888,
Samory lève finalement le siège, marquant un premier
échec majeur pour l’Almamy. Les français exploitent
cette situation pour formater des troubles dans les
territoires de Samory, affaiblissant ainsi encore
d’avantage son autorité.
Entre 1887 et 1889, les français intensifient leur politique
de division, utilisant les rivalités ethniques et religieuses
au sein de l’empire Wassoulou. Il exploite également les
dissensions au sein de la famille de Samory notamment
la trahison de certains notables locaux. Ces actions
sapent l’unité de l’empire et isole Samory sur le plan
politique. Les français poursuivent leurs campagnes
militaires pour contrôler les régions stratégiques. À
travers des rumeurs et des actions de destabilisation, ils
parviennent à affaiblir le moral des troupes de Samory,
précipitant le déclin de son empire. Malgré les traités
signés, les hostilités entre Samory et les français ne
cessent pas. Les ambitions expansionnistes françaises,
combinés aux difficultés internes de l’empire Wassoulou
accélèrent la destabilisation de Samory. Les défaites
militaires, les pertes humaines et les désertions
affaiblissent progressivement son armée, autrefois
redoutables. Ces confrontations marquent un tournant
dans la lutte anti-coloniale de Samory. L’empire
Wassoulou commence à perdre du terrain face à la
pression militaire et diplomatiques des français,
annonçant les luttes acharnées des années suivantes. Les
années 1890 marquent une escalade des confrontations
entre Samory Touré et les forces coloniales françaises.

16
Dès 1891, les français, sous le commandement du
colonel Archinard, prennent pour cible la capitale
historique de Samory, Kankan.
Malgré une résistance acharnée, la ville tombe aux mains
des français, contraignant Samory à se replier vers
Dabakala. Face à cette défaite, Samory adopte une
stratégie de survie. Il déplace son empire vers l’est,
établie de nouvelle base à Kong et continue de résister
aux français tout en élargissant son territoire. Il mobilise
des guerriers pour contrer les offensives françaises et
renforce son contrôle sur les régions stratégiques,
notamment le Bouré, riche en or, qui reste une ressource
clé pour financer son effort de guerre. Pour compenser
son infériorité technologique face aux français, Samory
innove sur le plan stratégique. Il met en place une
politique de terre brûlée, ordonnant la destruction des
villages, des réserves alimentaires et des infrastructures
pour ralentir l’avancée ennemis. Cette tactique vise à
déstabiliser l’économie locale tout en rendant difficile le
ravitaillement des troupes françaises. Samory réorganise
également son armée en petite unité mobile, capable
d’attaque rapide suivie de replie stratégique. Ces unités
exploitent la connaissance du terrain pour tendre des
embuscades et harceler les forces françaises.
Parallèlement, il utilise un réseau sophistiqué
d’espionnage composé de commerçant Dioula et
d’infiltrés dans les campements français. Ce système de
renseignement offre à Samory un avantage tactique
considérable, lui permettant d’anticiper les mouvements
de l’ennemis.
En 1897, Samory capture la ville stratégique de Kong, un
centre commercial vital pour l’économie de la région.
Cependant, des trahisons internes et la pression française

17
affaiblissent son contrôle sur la ville.
Plutôt que de laisser Kong aux mains de ses ennemis,
Samory ordonne sa destruction, symbolisant sa
détermination à ne pas céder de terrain aux français.
Cette décision marque un tournant dans sa stratégie. Elle
met en lumière son isolement croissant. Les britanniques,
jusqu’à lors partenaires commerciaux, refusent de fournir
un soutient militaire direct, privant Samory d’alliés
stratégiques contre les français. Confronté à la
progression coloniale française, Samory concentre ses
efforts sur l’est de son empire, cherchant à s’étendre vers
des territoires non dominés par les puissances coloniales.
Ce déplacement stratégique lui permet de de continuer la
lutte tout en évitant un affrontement avec des forces
supérieures. Cependant, cette politique s’accompagne de
défis majeurs. Les épidémies, les pertes humaines et les
tensions internes affaiblissent progressivement son
empire. De plus, les français exploitent les divisions
ethniques et religieuses pour saper l’unité de ses troupes
et isoler Samory sur le plan politique.
L’année 1898 marque l’agonie de l’empire du
Wassoulou.
Samory Touré, isolé et traqué s’enfonce dans la forêt
dense à la frontière entre la Côte d’Ivoire et le Liberia.
La politique de la terre brûlée mise en œuvre pour
ralentir l’avance française cause des privations parmi ses
troupes et les populations locales. Les conditions de vie
se dégradent rapidement, les vivres manquent et les
soldats commence à se mutiner.
Les Français, bien qu’éprouvés par cette guerre d’usure,
maintiennent leur pression. Aidés par des informateurs
locaux et des sofas déserteurs, ils obtiennent des
renseignements précis sur les déplacements de Samory.

18
Ces informations stratégiques permettent d’étendre leur
contrôle sur les régions abandonnées par l’empereur en
fuite.
Le 29 septembre 1898 Guélémou, la traque de Samory
prends fin. Les français, guidées par des sofas ralliés à
leur camp, encerclent le campement de l’Almamy. Selon
les récits, Samory est surpris en train de lire le Coran, un
acte symbolique qui illustre sa piété et sa résilience face
à l’adversité. Pris au dépourvu, il n’ oppose aucune
résistance. Dans un dernier geste de défis, il demande à
être exécuter sur place. Mais les français préfèrent
l’épargner pour le déporter et faire de sa capture un
symbole de leur triomphe colonial.
Le rôle de la trahison interne est cruciale dans cet
épisode. Fatigué par des années de privation et d’une
guerre sans fin, certains des proches de Samory y
compris des membres de son État major, choisissent de
coopérer avec les français en échange de promesse de
clémence.
La capture de Samory marque la fin effective de l’empire
du Wassoulou. Cet État qui s’étendait sur une vaste
partie de l’Afrique de l’Ouest était devenu le dernier
bastion de résistance structurée face à la colonisation
française. Privé de son chef, l’empire s’effondre
rapidement, laissant la voie libre à l’expansion coloniale
française dans la région.
Après sa capture en septembre 1898 à Guélémou,
Samory Touré est considéré comme un prisonnier
politique de grande importance par les autorités
coloniales françaises. La décision est prise de l’éloigner
de son territoire pour prévenir toute tentative de rébellion
ou de ralliement de ses partisans. En janvier 1899,
Samory est transféré à Saint-Louis du Sénégal avant

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d’être embarqué pour le Gabon. Il est installé sur l’île de
Missanga au cœur du fleuve Ogooué, une zone isolée et
insalubre.
Les conditions de détention sont extrêmement difficiles,
la chaleur tropicale, les maladies et l’isolement achèvent
de miner la santé du grand leader. Samory succombe à
officiellement d’une Bronchopneumonie le 2 Juillet 1900,
à l’âge d’environ 70 ans.
Sa mort, loin de son peuple, symbolise la tragédie de la
résistance africaine face à la colonisation.
Malgré la volonté des colons de marginaliser son
souvenir, Samory Touré reste une figure centrale de
l’histoire africaine.
Son héritage est réhabilité au 20è siècle notamment dans
le contexte des luttes pour l’indépendance.
En 1968, sous l’impulsion du président guinéen Sékou
Touré, les cendres de Samory sont rapatriées en Guinée.
Elles sont placées dans la mosquée Feyçal aux côtés
d’autres grandes figures résistantes comme Alpha Yaya
Diallo. Des statues à son effigie sont érigées dans
plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.
La musique célèbre sa mémoire. L’orchestre BEMBEYA
JAZZ lui dédie l’album ʻʻ REGARD SUR LE PASSÉ ’’
tandis que le chanteur ivoirien ALPHA BLONDY lui
rend hommage dans la chanson ʻʻ BORY SAMORY ’’. En
littérature, des œuvres comme ʻʻ MONNÈ, OUTRAGES
ET DÉFIS ’’ d’ AMADOU KOUROUMA réhabilite son
combat et sa vision .
Samory Touré incarne une figure emblématique de la
résistance africaine face à la colonisation. Stratège hors
pair, il a su transformer un modeste réseau local en un
empire structurant et ambitieux, le Wassoulou par son
intelligence politique, sa vision militaire et sa

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détermination à préserver la liberté de son peuple.
Samory a posé les bases d’une Afrique fière et autonome.
Il n’était pas seulement un guerrier, il était un bâtisseur
d’État et un guide spirituel, mêlant traditions islamiques
et africaines pour régner sur une population diversifiée et
un territoire vaste. Sa résistance acharnée contre les
français pendant plus de 16 ans en fait un symbole
intemporel de la dignité africaine. En nous souvenant de
Samory Touré, nous réaffirmons notre engagement à
honorer son combat en perpétuant son histoire, source
d’inspiration pour un avenir plus juste.
Transmettons cette mémoire non seulement pour les
peuples d’Afrique mais pour toute l’humanité comme un
rappel que la dignité et la liberté sont des droits
inaliénables !

THE END.

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