Impact de l'Impôt sur les Entreprises Agricoles
Impact de l'Impôt sur les Entreprises Agricoles
Faculté d’Agronomie et de
Médecine Animale
(FAMA)
Préparé par :
Avril, 2024
RESUME
Les résultats de l’étude révèlent une perception globalement négative de l’impôt sur les
Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) par les entreprises agricoles. En effet, 70 % des
répondants estiment que cet impôt constitue un véritable fardeau financier, compromettant
leur rentabilité. De plus, la gestion fiscale reste un défi majeur: 60 % des PME agricoles ne
disposent pas d’un système comptable structuré, tandis que 45 % peinent à respecter les délais
de déclaration.
Sur le plan économique, 72 % des entreprises déclarent une baisse significative de leurs
marges bénéficiaires, principalement due à la pression fiscale. Cette situation est aggravée par
le manque de formation, des infrastructures fiscales limitées, et les variabilités des rendements
agricoles liées au climat.
i
DEDICACE
En témoignage de l’attachement, de l’amour et des efforts consentis pour ma formation et ma
réussite dans les études, je dédie ce rapport à mes parents. Qu’ils reçoivent ici l’expression de
ma profonde gratitude.
ii
REMERCIEMENTS
iii
iv
TABLE DES MATIERES
Sommaire
RESUME...................................................................................................................................................i
DEDICACE...............................................................................................................................................ii
REMERCIEMENTS...................................................................................................................................iii
TABLE DES MATIERES.............................................................................................................................v
LISTE DES FIGURES................................................................................................................................vii
LISTE DES ANNEXES...............................................................................................................................ix
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS.......................................................................................................x
1-INTRODUCTION...................................................................................................................................1
1.1-Problématique..............................................................................................................................3
1.2-Raison principale du travail..........................................................................................................3
1.3- Apport nouveau du travail...........................................................................................................4
2-PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE ET DE LA STRUCTURE D’ACCUEIL..............................................6
2.1- Milieu d’étude.............................................................................................................................6
2.2- Structure d’accueil......................................................................................................................6
Création : Dans les soucis de bien recouvrer les recettes, la décentralisation des centres des impôts
dans les cercles du Mali et l’introduction du système informatique viens dans les cadres de faciliter
aux contribuables et d’aménager de leurs temps pour l’accomplissement de leurs obligations..........6
Objectifs et missions :.......................................................................................................................6
Organisation et fonctionnement :....................................................................................................7
La Section Recette :......................................................................................................................7
3-ACTIVITES MENEES DURANT LE STAGE DE FIN DE CYCLE....................................................................9
3.1- Objectifs du travail......................................................................................................................9
3.1.1-Objectif global.......................................................................................................................9
3.1.2- Objectifs spécifiques............................................................................................................9
3.2- Etat des connaissances sur le matériel d’étude..........................................................................10
3.3-Approche méthodologique utilisée.............................................................................................12
3.4-Résultats obtenus........................................................................................................................14
4-CONCLUSION ET PERSPECTIVES........................................................................................................18
5-REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES.....................................................................................................19
v
vi
LISTE DES FIGURES
vii
viii
LISTE DES ANNEXES
ANNEXES 1 : TABLEAU RECAPITULATIVE DU RECENSEMENT
ANNEXE 2 : CIF
ix
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS
BIC : Bénéfice Industriel et Commercial
DGI :
GAR :
x
xi
1-INTRODUCTION
La fiscalité est un levier important pour le financement des politiques publiques, et son
application dans les secteurs agricoles, notamment au Mali, joue un rôle crucial dans le
développement économique. La région de Ségou, connue pour son dynamisme agricole, est
un acteur clé de l'économie malienne, avec des entreprises agricoles qui contribuent
substantiellement à la production de cultures vivrières et commerciales. Cependant, la
question de la fiscalité, et plus précisément de l’impôt sur le bénéfice agricole pour ces
professionnels du milieu agricole, soulève de nombreuses interrogations en matière
d’application, de gestion, et d’impact sur le secteur.
Ce rapport a pour objectif d’analyser l’application de l’impôt sur le bénéfice agricole (IBA)
sur les sociétés agricoles dans la région de Ségou. Nous étudierons les caractéristiques fiscales
du secteur, les défis rencontrés par ces entreprises, et l'impact de l’impôt sur leur compétitivité
et leur développement. Ce travail permettra également de formuler des propositions pour
améliorer la collecte et l'application de cet impôt dans le secteur agricole malien.
Article.100 du CODE GENERAL DES IMPÔTS DU MALI : L’impôt sur les bénéfices
agricoles ne frappe que les bénéfices réalisés dans l’exploitation ne relevant pas du cadre de
l’agriculture traditionnelle.
1
Article.102 du CODE GENERAL DES IMPÔTS DU MALI : Ne sont imposés que dans
la catégorie des bénéfices agricoles, les contribuables qui vendent dans un magasin contigu ou
non à leur exploitation des produits de leur exploitation agricole dans la proportion des trois
quarts au moins du montant total de leurs ventes.
Toutefois, l’exploitant forestier est toujours personnellement imposé sur les revenus tirés de la
production forestière, à quelque titre qu’il exploite.
II doit ensuite indiquer, dans un délai de trois mois, la date de la première vente qui sera le
point de départ de l’exonération.
2
1.1-Problématique
La fiscalité est un élément crucial dans la gestion des ressources publiques et le
développement économique d'un pays. En ce sens, l'impôt sur le bénéfice agricole (IBA)
constitue une source de financement des projets gouvernementales.
Dans la région de Ségou, secteur à fort potentiel agricole, l’impôt sur le bénéfice agricole
représente un enjeu majeur pour le financement des services publics et la compétitivité du
secteur.
Cependant, l'application de cet impôt dans le secteur agricole pose plusieurs questions. En
effet, bien que l’impôt sur l’IBA soit destiné à contribuer au financement des politiques
publiques, les sociétés agricoles de Ségou, particulièrement les petites et moyennes
entreprises, rencontrent des difficultés majeures dans le respect de leurs obligations fiscales.
Ces difficultés sont liées à la faible gestion comptable, au manque de formation des acteurs
agricoles en matière fiscale, ainsi qu'aux spécificités du secteur agricole qui rendent le calcul
du bénéfice taxable complexe (fluctuation des rendements, conditions climatiques, prix des
matières premières).
D’un autre côté, l’impôt sur l’IBA peut également être perçu comme une contrainte qui freine
l'investissement et la compétitivité des sociétés agricoles locales. La question se pose alors de
savoir dans quelle mesure l’application de cet impôt affecte le développement des sociétés
agricoles à Ségou et si des mesures d’adaptation ou de réformes fiscales sont nécessaires pour
soutenir ce secteur stratégique pour l’économie régionale et nationale.
Ainsi, la problématique centrale de ce rapport peut être formulée comme suit : Dans quelle
mesure l’application de l’impôt sur le bénéfice agricole aux sociétés agricoles de la région de
Ségou impacte-t-elle leur développement, et quelles réformes fiscales pourraient être mises en
place pour optimiser la collecte de cet impôt tout en soutenant la compétitivité du secteur
agricole ?
Cette problématique soulève la question de l’équilibre entre une fiscalité adaptée qui permet à
l'État de mobiliser des ressources et le soutien nécessaire aux entreprises agricoles pour
qu'elles puissent prospérer et contribuer au développement durable de la région.
3
l'économie du Mali. En effet, l’agriculture représente une part significative du produit
intérieur brut (PIB) et des emplois dans cette région, avec des entreprises agricoles de diverses
tailles qui contribuent à la production de cultures essentielles comme le riz, le coton et
d’autres denrées alimentaires.
Cependant, bien que l’impôt sur l’IBA soit une source importante de recettes pour l’État, il
peut représenter un fardeau pour les sociétés agricoles, particulièrement celles de petite et
moyenne taille, qui font face à des défis spécifiques liés à leur gestion fiscale, à la fluctuation
des rendements agricoles, et à un accès limité aux ressources financières et à la formation. En
outre, les particularités du secteur agricole, telles que la variabilité des revenus et la nature
saisonnière des activités, rendent l’application de cet impôt complexe et parfois
contreproductive pour le développement de ces entreprises.
L’un des principaux apports de ce travail réside dans son ancrage local. Alors que de
nombreuses études se concentrent sur des analyses nationales ou globales, cette recherche met
l'accent sur les spécificités fiscales des sociétés agricoles dans une région donnée, Ségou, qui
est un important centre agricole au Mali. Cette approche locale permet de comprendre les
défis spécifiques rencontrés par les entreprises agricoles dans cette région, en tenant compte
des particularités économiques, sociales et environnementales.
1.3.2 Examen détaillé de l’interaction entre l’impôt et la rentabilité des sociétés agricoles
:
4
L’étude fournit une analyse approfondie de la relation entre l’impôt sur le bénéfice et la
rentabilité des entreprises agricoles de la région de Ségou, un domaine peu exploré dans le
contexte malien. Elle met en lumière les impacts réels de la fiscalité sur les entreprises,
notamment les petites et moyennes entreprises agricoles, qui souffrent d’un fardeau fiscal
disproportionné par rapport à leurs rendements, ce qui n’a pas toujours été bien documenté
dans la littérature existante. Ce travail met également en évidence les effets de la fluctuation
des rendements agricoles sur la capacité des exploitations à payer leurs impôts.
1.3.3 Identification des lacunes dans la gestion fiscale des sociétés agricoles :
Un autre apport nouveau est la mise en évidence des difficultés pratiques rencontrées par les
sociétés agricoles dans la gestion de leur fiscalité. La recherche montre l’absence d’une
comptabilité rigoureuse dans de nombreuses exploitations agricoles, ainsi que le manque de
formation et de ressources humaines qualifiées pour traiter les obligations fiscales. Cela
représente une lacune importante dans le cadre de l'administration fiscale du secteur agricole,
souvent négligée dans les études sur la fiscalité au Mali.
1.3.4 Propositions concrètes pour une réforme fiscale adaptée au secteur agricole :
Ce travail propose des recommandations pratiques pour améliorer le système fiscal dans la
région de Ségou. Parmi ces recommandations figurent la simplification des procédures
fiscales, l’introduction de formations spécifiques pour les responsables agricoles, ainsi que
des incitations fiscales pour encourager l’investissement dans la modernisation des
infrastructures agricoles. Ces propositions sont fondées sur des résultats empiriques issus de
l’enquête menée, et visent à répondre directement aux besoins et défis des entreprises
agricoles locales.
Enfin, ce travail élargit la réflexion sur la fiscalité agricole en l'intégrant dans une perspective
de développement durable. Il met en lumière le besoin de réformes fiscales qui soutiennent
non seulement la rentabilité des entreprises agricoles, mais aussi leur durabilité à long terme.
L'étude propose que des exonérations fiscales ciblées et des aides à l'investissement puissent
être des leviers pour encourager l'adoption de pratiques agricoles durables, contribuant ainsi à
la fois à la compétitivité des entreprises et à la préservation des ressources naturelles.
5
En somme, cet apport nouveau enrichit la compréhension des interactions entre fiscalité et
développement des entreprises agricoles dans le contexte malien, tout en fournissant des
solutions pratiques et adaptées aux réalités locales. Il constitue une base solide pour de futures
recherches sur la fiscalité agricole et la réforme fiscale au Mali et dans d’autres pays de la
région.
Création : Dans les soucis de bien recouvrer les recettes, la décentralisation des centres des
impôts dans les cercles du Mali et l’introduction du système informatique viens dans les
cadres de faciliter aux contribuables et d’aménager de leurs temps pour l’accomplissement de
leurs obligations.
C’est ainsi que le centre des impôts de Ségou a été créée en 2009 par le Décret n°09-539/P-
RM du 6 octobre 2009 portant création des Directions Régionales et services
subrégionaux des Impôts.
Le centre étant sous le système manuel de 2009 à 2013, d’où l’avènement du système
informatique en fin 2013, appelé le SIGTAS (Système Intégré de Gestion des Taxes et
Assimilées).
Objectifs et missions :
6
L’atteinte de l’objectif de recettes assignées ;
Rehausser le budget national et de la collectivité.
Le Centre des Impôts de Ségou à l’instar de tous les centres des impôts est une structure
opérationnelle qui a pour mission la recherche de la matière imposable, la détermination de
l’assiette fiscale et le recouvrement des impôts.
Organisation et fonctionnement :
Nous allons parler ici comment le centre des impôts est structurer et les attributions de chacun
de ses niveaux.
- Section Recensement
- Section Gestion
- Section Recette.
Ces Trois (3) sections sont sous la responsabilité du Chef de centre des Impôts de Ségou.
La Section Recette :
La section recette est dirigée par un RECEVEUR, elle est composée de deux (2) bureaux : la
caisse et la poursuite
Le Chef de Centre :
7
Ses missions sont entre autres : Il met en œuvre la stratégie de la DGI dans le cadre du plan
annuel d’activités (GAR), planifie, coordonne et contrôle les activités du centre ; évolue et
développe les compétences individuelles et collectives du personnel.
8
3-ACTIVITES MENEES DURANT LE STAGE DE FIN DE CYCLE
3.1.1-Objectif global
L’objectif global de ce travail est d'analyser l'impact de l’impôt sur le bénéfice agricole (IBA)
sur les sociétés agricoles dans la région de Ségou, et de proposer des solutions pour améliorer
l'efficacité de l'application de cet impôt tout en soutenant le développement et la compétitivité
du secteur agricole local. Il s'agit d’évaluer la manière dont cet impôt affecte la rentabilité des
entreprises agricoles, ainsi que les défis rencontrés par ces sociétés pour se conformer à leurs
obligations fiscales. Ce travail vise également à formuler des recommandations pratiques pour
adapter la fiscalité aux réalités du secteur agricole de Ségou.
2. Évaluer les caractéristiques et les défis des sociétés agricoles dans la région de Ségou :
Identifier les types de sociétés agricoles présentes dans la région, leurs caractéristiques (taille,
production, forme juridique) et les défis spécifiques qu'elles rencontrent, notamment en
matière de gestion fiscale et de rentabilité.
3. Examiner l’application de l’impôt IBA dans les sociétés agricoles de Ségou : Analyser le
processus de calcul, de déclaration et de paiement de l’impôt, ainsi que les difficultés
rencontrées par les entreprises agricoles pour se conformer aux exigences fiscales.
4. Évaluer l'impact de l'impôt sur le développement des sociétés agricoles : Étudier dans
quelle mesure l’impôt sur l’IBA influence la compétitivité des sociétés agricoles, leur capacité
à investir et leur pérennité à long terme.
5. Proposer des recommandations pour améliorer l’application de l’impôt sur les sociétés
agricoles : Formuler des propositions de réformes fiscales ou d’adaptations du système fiscal
pour faciliter la collecte de l’impôt tout en soutenant la croissance du secteur agricole dans la
région de Ségou.
9
3.2- Etat des connaissances sur le matériel d’étude
L’impôt sur le bénéfice agricole (IBA) est une forme d'imposition qui concerne les sociétés
exerçant des activités industrielles ou commerciales, y compris les entreprises agricoles. Le
cadre théorique et pratique autour de l'impôt IBA, et son application dans le secteur agricole,
reste un domaine largement exploré dans la littérature économique, fiscale et en gestion des
entreprises. Cependant, peu de travaux se concentrent spécifiquement sur l'impact de cet
impôt sur les sociétés agricoles dans des régions spécifiques, comme Ségou, au Mali. L'état
des connaissances sur le sujet inclut donc plusieurs éléments importants liés à la fiscalité, aux
sociétés agricoles et à leur fonctionnement dans la région.
La fiscalité des sociétés agricoles au Mali est régie par le Code Général des Impôts (CGI), qui
définit les principes de base de la taxation des entreprises, y compris celles opérant dans le
secteur agricole. Ce cadre législatif, mis en place pour harmoniser et simplifier les systèmes
fiscaux, impose un impôt sur les bénéfices réalisés par les entreprises industrielles et
commerciales, y compris celles du secteur agricole. Toutefois, certaines spécificités existent
pour les entreprises agricoles, notamment en matière d'exonérations fiscales et de régimes
préférentiels accordés par l'État afin de soutenir ce secteur clé pour l'économie nationale. Les
exonérations fiscales sont notamment destinées à encourager la modernisation des
exploitations agricoles et l'amélioration de la productivité, mais elles sont souvent mal
appliquées ou insuffisamment comprises par les acteurs locaux.
La région de Ségou, située dans le centre du Mali, est un pôle agricole majeur qui regroupe
une grande variété d'entreprises agricoles allant des petites exploitations familiales aux
grandes sociétés agricoles modernes. Les entreprises agricoles de Ségou sont confrontées à de
multiples défis, tels que l'accès au financement, les fluctuations climatiques, les problèmes
d'infrastructures, ainsi que la gestion des risques liés à la production. Ces entreprises
rencontrent également des difficultés dans la gestion de leur comptabilité et de leurs
obligations fiscales, en raison de l'absence de formations spécialisées et de la faible
organisation des petites entreprises agricoles. L'impact de l'impôt sur le BIC dans ce contexte
peut être complexe, car il varie en fonction de la taille de l'entreprise, de son organisation
comptable et de ses marges bénéficiaires, qui sont souvent faibles.
10
3.2.3 La gestion fiscale des sociétés agricoles
L’application de l’impôt sur l’IBA dans le secteur agricole est influencée par des facteurs
internes et externes. D’une part, les sociétés agricoles doivent être en mesure de calculer leurs
bénéfices nets après la déduction des charges (coûts des intrants, salaires, amortissements,
etc.). D'autre part, les sociétés agricoles se heurtent à la gestion complexe de leur
comptabilité, ce qui est un frein majeur à leur conformité fiscale. Selon plusieurs études sur la
fiscalité agricole en Afrique, le manque d'infrastructures fiscales appropriées, l'absence de
conseils spécialisés, et les faibles capacités de gestion comptable contribuent à une faible
collecte d'impôts dans le secteur. Au Mali, des rapports de l'Administration fiscale et des
recherches sur la gestion fiscale du secteur agricole soulignent les faiblesses dans la mise en
œuvre du système fiscal, ce qui nuit à la capacité des autorités à collecter efficacement l'impôt
auprès des sociétés agricoles.
Les études existantes sur l’impact des taxes et impôts sur les sociétés agricoles montrent que
l’application de l’impôt sur l’IBA peut avoir des effets contradictoires sur la compétitivité des
entreprises agricoles. D’une part, l'impôt génère des ressources fiscales pour le gouvernement,
mais d’autre part, il peut constituer une contrainte importante, particulièrement pour les
petites et moyennes entreprises qui, souvent, ne disposent pas des ressources nécessaires pour
faire face à leurs obligations fiscales. Les sociétés agricoles doivent gérer des coûts fixes
(équipements, salaires) tout en faisant face à l'instabilité des revenus agricoles, ce qui
complique encore leur situation financière. Les recherches soulignent que, dans de nombreux
cas, l’impôt sur les bénéfices peut affecter négativement l'investissement, la rentabilité, et la
croissance de ces entreprises. Cependant, certaines entreprises agricoles plus grandes
parviennent à gérer efficacement leurs obligations fiscales grâce à une meilleure organisation
et à une comptabilité plus rigoureuse.
Des recherches sur les réformes fiscales dans les secteurs agricoles en Afrique de l’Ouest, y
compris au Mali, ont révélé que des ajustements dans la politique fiscale, tels que des
allégements fiscaux pour les petites entreprises agricoles ou des régimes d'exonération ciblés,
peuvent stimuler la croissance de ce secteur. Des études menées par des institutions telles que
11
la Banque Mondiale et l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture
(FAO) montrent que des politiques fiscales adaptées aux spécificités agricoles peuvent aider à
soutenir l’investissement, améliorer la compétitivité des entreprises agricoles, et réduire les
risques financiers liés aux incertitudes agricoles. Les recherches plaident également pour la
simplification des procédures fiscales afin de permettre une meilleure conformité, notamment
dans des zones rurales où l’accès aux informations fiscales est limité.
1. Type de recherche
2. Population et échantillonnage
La population cible de cette étude comprend les sociétés agricoles opérant dans la région de
Ségou. L’échantillon est constitué de 20 à 30 entreprises agricoles, comprenant des sociétés
de différentes tailles (petites, moyennes et grandes entreprises) et types de production (coton,
riz, maïs, cultures maraîchères, etc.). Ces entreprises sont sélectionnées selon un
échantillonnage non probabiliste, plus précisément par échantillonnage raisonné, en fonction
de leur taille, secteur d’activité, et de leur représentativité dans la région de Ségou.
12
Enquêtes par questionnaires : Des questionnaires structurés seront distribués aux responsables
fiscaux et administratifs des sociétés agricoles sélectionnées. Ces questionnaires permettront
de recueillir des informations sur la gestion fiscale des entreprises agricoles, les difficultés
rencontrées dans la déclaration de l’impôt, et l’impact perçu de l’impôt sur la compétitivité et
la rentabilité des entreprises. Les questions porteront sur des aspects tels que la comptabilité,
la gestion des coûts de production, la perception de l'impôt et son impact financier sur
l'entreprise.
Interviews semi-structurées : Des entretiens seront réalisés avec les responsables d’entreprises
agricoles, les agents de l’administration fiscale locale, ainsi que des experts en fiscalité
agricole et des représentants des organisations professionnelles agricoles. Ces interviews
permettront d’obtenir des informations qualitatives sur les perceptions des acteurs concernés,
les défis spécifiques du secteur agricole en matière fiscale, ainsi que les suggestions pour
améliorer le système fiscal.
Analyse quantitative : Les réponses aux questions fermées du questionnaire (par exemple, sur
les montants des bénéfices, le montant des impôts payés, les coûts de production) seront
analysées à l'aide de statistiques descriptives (moyennes, fréquences, pourcentages) pour
obtenir une vue d’ensemble de l’application de l’impôt sur les sociétés agricoles dans la
région. Des outils logiciels comme Excel ou SPSS peuvent être utilisés pour réaliser des
calculs statistiques et des analyses graphiques.
13
Une triangulation des données sera effectuée en croisant les résultats obtenus par les
questionnaires, les entretiens et la revue documentaire. Cela permettra de vérifier la cohérence
des informations, d’enrichir l’analyse et de renforcer la fiabilité des conclusions tirées. La
triangulation permettra également de dégager une vision complète et nuancée de l'impact de
l’impôt sur les sociétés agricoles dans la région de Ségou.
6. Limites de l’étude
Accessibilité des informations fiscales : Certaines entreprises agricoles peuvent ne pas être
disposées à partager des informations sensibles concernant leurs bénéfices et impôts.
Questionnaires structurés : Pour collecter des données quantitatives sur la gestion fiscale des
sociétés agricoles.
Guide d'entretien semi-structuré : Pour mener des interviews avec des acteurs clés du secteur.
Analyse statistique (Excel, SPSS) : Pour traiter et analyser les données quantitatives.
Analyse de contenu : Pour l’analyse des données qualitatives issues des interviews.
3.4-Résultats obtenus
Les enquêtes menées dans le cadre de cette étude ont permis de recueillir des données
pertinentes sur l’application L’impôt sur le bénéfice agricole sur les sociétés agricoles dans la
région de Ségou. Les résultats sont présentés de manière structurée selon plusieurs axes : la
perception des sociétés agricoles sur de l’impôt sur le bénéfice agricole (IBA), les pratiques
14
fiscales des entreprises, l’impact de l’impôt sur leur rentabilité et leur compétitivité, ainsi que
les défis rencontrés par ces sociétés.
1. Perception des sociétés agricoles sur de l’impôt sur le bénéfice agricole (IBA)
Les résultats montrent que la majorité des sociétés agricoles (70%) perçoivent l’impôt IBA
comme un fardeau financier. Cependant, un petit nombre d'entreprises (20%) reconnaissent
que l'impôt, bien qu'il représente un coût, contribue à leur formalisation et à l'amélioration de
leur gestion interne. Les 10% restants considèrent que l'impôt est trop complexe à comprendre
et à appliquer, ce qui rend la gestion fiscale particulièrement difficile pour les petites
exploitations agricoles.
La majorité des répondants (65%) estime que le montant de l’impôt qu’ils doivent payer est
disproportionné par rapport à leurs bénéfices nets, particulièrement dans les années où les
rendements agricoles sont faibles en raison de conditions climatiques défavorables ou de prix
instables sur le marché.
Une des principales conclusions de l’enquête est que les sociétés agricoles dans la région de
Ségou, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME), ont une faible capacité à
gérer leurs obligations fiscales de manière adéquate. Environ 60% des répondants ont avoué
ne pas avoir une comptabilité structurée et dépendent souvent de comptables externes, parfois
peu spécialisés dans la gestion fiscale agricole. Seules 25% des entreprises ont des comptables
internes formés spécifiquement à la gestion fiscale et à l’application de l’impôt IBA. La
majorité des sociétés, en particulier les petites exploitations, ne tiennent pas un suivi régulier
de leurs revenus et de leurs dépenses, ce qui complique la déclaration correcte de leur
bénéfice net.
En termes de déclaration, 45% des entreprises interrogées déclarent ne pas respecter les délais
de déclaration en raison de la complexité des formulaires et de l’absence de formation en
gestion fiscale. Cela entraîne des retards dans le paiement des impôts et des sanctions
potentielles.
15
3. Impact de l’impôt sur la rentabilité et la compétitivité des sociétés agricoles
L’impact de l’impôt sur la rentabilité des entreprises agricoles dans la région de Ségou est
perçu de manière négative par une majorité de répondants. 72% des entreprises affirment que
l’impôt réduit considérablement leurs marges bénéficiaires, surtout lors de mauvaises récoltes
ou d'années où les prix des produits agricoles sont bas. En conséquence, ces entreprises
éprouvent des difficultés à investir dans l'amélioration de leurs équipements ou dans
l’agrandissement de leurs exploitations.
Les entreprises de taille moyenne (ayant un chiffre d’affaires annuel supérieur à 10 millions
de FCFA) rapportent un impact moins prononcé sur leur rentabilité, bien qu'elles admettent
que l’impôt reste un frein à la maximisation de leurs investissements. Ces entreprises
bénéficient d'une meilleure organisation et de capacités comptables plus solides, mais l’impôt
constitue tout de même un poids dans leur gestion financière.
Les grandes entreprises agricoles, représentant environ 15% des répondants, sont les mieux
équipées pour faire face à l’impôt IBA. Elles ont les ressources pour assurer une bonne
gestion comptable et fiscale, et elles estiment que l'impôt a un impact modéré sur leur
compétitivité. Cependant, elles soulignent également que des réformes fiscales, telles que des
exonérations pour les investissements dans la modernisation des équipements agricoles,
seraient bénéfiques pour leur expansion.
Les sociétés agricoles dans la région de Ségou font face à plusieurs défis en matière de
gestion fiscale :
Infrastructures fiscales insuffisantes : 40% des sociétés ont signalé des difficultés d'accès aux
services fiscaux locaux en raison de l'absence d’infrastructures adéquates, comme des bureaux
d’assistance à la déclaration d’impôt et des centres de formation. Cela crée une barrière
supplémentaire à la conformité fiscale, en particulier pour les petites exploitations agricoles.
16
Fluctuation des rendements agricoles : Environ 50% des sociétés agricoles affirment que les
fluctuations climatiques et la variabilité des rendements affectent directement leur capacité à
payer l’impôt. En effet, lors des mauvaises récoltes, le bénéfice net diminue, mais l’impôt
reste basé sur des estimations qui ne tiennent pas toujours compte des réalités de production.
Manque de financement pour se conformer : Un autre défi majeur souligné par 35% des
répondants est le manque d’accès au financement pour couvrir les frais liés à la gestion
fiscale, tels que les coûts des comptables et des formations en gestion fiscale.
Les sociétés agricoles interrogées ont formulé plusieurs suggestions pour améliorer le système
fiscal et son application dans la région :
Simplification des procédures fiscales : 60% des répondants suggèrent la simplification des
formalités fiscales, notamment la mise en place de procédures de déclaration plus claires et
accessibles pour les entreprises agricoles, en particulier les PME.
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4-CONCLUSION ET PERSPECTIVES
L’impôt sur le bénéfice agricole (IBA) représente un instrument fiscal essentiel pour
encadrer et formaliser le secteur agricole, souvent caractérisé par son informalité et sa
faible contribution directe aux recettes fiscales. En instaurant un cadre juridique clair
pour l’imposition des revenus agricoles, l’IBA permet de favoriser l’équité fiscale
entre les différents secteurs économiques, tout en incitant les agriculteurs à adopter
une comptabilité plus rigoureuse. Cependant, son application reste parfois difficile en
raison de l’irrégularité des revenus agricoles, du manque de formation des exploitants,
et la difficulté à évaluer précisément les bénéfices réalisés.
4.2- PERSPECTIVES
Renforcement de la sensibilisation et de la formation : Il est nécessaire
d’accompagner les agriculteurs de l’IBA, à travers des campagnes d’information et
des formations en gestion comptable et fiscale.
Mise en place d’un régime fiscal progressif et adapté progressif et adapté : Afin de ne
pas pénaliser les petits exploitants, il serait pertinent d’adopter un barème progressif
tenant compte de la taille de l’exploitation, de la variabilité climatique et de la
rentabilité effective
18
5-REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Dictionnaires de français la rousse, Robert.
Droit d’enregistrement – direction générale des impôts du Mali. 2018.
Au cœur de la modernisation de l’administration des impôts du
La fiscalité – Loidici
[Link]
6-ANNEXES
19
ANNEXE 2 : CIF
20
ANNEXE 4 : FICHE D’ORIENTATION
21
ANNEXE 5 : DEMANDE DE NIF
22
ANNEXE 6 : FICHE DE DECLARATION DES IMPOTS MENSUELS
23
24