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Impact des aliments ultra-transformés

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Liste des abréviations

1. AUT : Aliments ultra-transformés


2. DT2 : Diabète de type 2
3. MCV : Maladies cardiovasculaires
4. SII : Syndrome de l’intestin irritable
5. CF : Constipation fonctionnelle
6. DF : Diarrhée fonctionnelle
7. DyF : Dyspepsie fonctionnelle
8. CES-D : Center for Epidemiologic Studies-Depression Scale
9. HR : Hazard Ratio
10. IC : Intervalle de confiance
11. ATC : Classification anatomique thérapeutique et chimique
12. MSG : Glutamate monosodique
13. OMS : Organisation mondiale de la santé

3 Impacts des produits ultra-transformés sur la santé.................................................................1


3.1 Pathologies prédominantes..................................................................................................2
3.2 Surpoids, obésité et diabète de type 2..................................................................................2
3.3 Cancers et maladies cardiovasculaires................................................................................3
3.4 Symptômes dépressifs...........................................................................................................4
3.4.1 Troubles fonctionnels digestifs.....................................................................................4
3.4.2 Lien entre aliments ultratransformés et déclin cognitif.............................................4
3.4.3 Impact sur la qualité du sommeil................................................................................5
3.4.4 Autres maladies.............................................................................................................5
3.4.5 La mortalité...................................................................................................................7
4 Solutions et recommandations pour limiter la consommation d’AUT.....................................7
4.1 Sensibilisation et éducation nutritionnelle..........................................................................7
4.1.1 Informer le grand public..............................................................................................7
4.1.2 Intégrer la nutrition dans l’éducation.........................................................................7
4.2 Amélioration de l’offre alimentaire.....................................................................................8
4.2.1 Reformulation des produits.........................................................................................8
4.3 Règlementation et mesures fiscales.....................................................................................8
4.3.1 Encadrement de la publicité.........................................................................................8
4.3.2 Taxation des AUT.........................................................................................................8
4.4 Outils d’aide au choix pour les consommateurs.................................................................9
4.4.1 Développement et déploiement du Nutri-Score..........................................................9
4.4.2 Applications mobiles.....................................................................................................9
4.5 Implication des professionnels de santé..............................................................................9
4.6 Recherche et surveillance alimentaire...............................................................................10
5 Inégalités socio-économiques et alimentation...........................................................................10
6 Conclusion...................................................................................................................................10
7 Référence bibliographique.........................................................................................................11

3 Impacts des produits ultra-transformés sur la santé

De nombreuses études scientifiques ont établi un lien clair entre l'alimentation et l'apparition
de maladies chroniques à long terme. Ces pathologies sont souvent associées à un mode de
vie global, où une alimentation déséquilibrée joue un rôle central. En effet, une mauvaise
alimentation peut engendrer des dérégulations métaboliques, contribuant progressivement au
développement de maladies chroniques.

Dans cette section, nous analyserons d'abord les principales pathologies associées à la
consommation d'aliments ultra-transformés. Nous détaillerons ensuite les mécanismes
physiologiques et biologiques sous-jacents expliquant leur émergence.

3.1 Pathologies prédominantes

Une analyse approfondie menée par Anthony Fardet et Yves Boirie, fondée sur plus de 1 500
articles publiés entre 1950 et 2011, explore les maladies chroniques majoritairement liées à
une alimentation déséquilibrée ainsi qu'aux dérégulations métaboliques.

Cette étude repose sur une approche holistique, comme le précise Anthony Fardet : «
L’approche univoque traditionnelle réductionniste ne permet pas d’embrasser la multitude de
ces facteurs, ni d’élaborer un scénario de développement de la maladie. Autrement dit, elle ne
permet pas de définir une trajectoire des diverses déviations métaboliques consécutives à un
mode de vie délétère. »

Toutefois, il est crucial de souligner que toutes les études analysées ne permettent pas de
conclure à un lien de cause à effet, mais plutôt d’émettre des hypothèses sur les relations
potentielles entre les aliments ultra-transformés et les maladies chroniques.
Anthony Fardet distingue trois grandes catégories de pathologies souvent interreliées :

 Les maladies déclencheuses, à l’origine des processus pathologiques.


 Les maladies passerelles, qui facilitent la progression vers d’autres pathologies.
 Les maladies terminales ou finales, qui résultent des dérégulations accumulées et
provoquent des complications graves. [1]

3.2 Surpoids, obésité et diabète de type 2

La consommation d'aliments ultra-transformés est étroitement liée à des régimes alimentaires


déséquilibrés, au surpoids et à l'obésité. Une étude contrôlée et randomisée menée par Hall et
collaborateurs a mis en évidence un apport énergétique supérieur de 508 kcal par jour en
moyenne chez les participants suivant un régime ultra-transformé, comparé à ceux ayant un
régime non transformé. Cette surconsommation était principalement due à un excès de
glucides et de matières grasses. En conséquence, les participants au régime ultra-transformé
ont pris en moyenne 0,8 kg, tandis que ceux du régime non transformé ont perdu 1,1 kg. Ces
résultats confirment que la réduction des aliments ultra-transformés dans l'alimentation peut
constituer une stratégie efficace pour prévenir et traiter l’obésité. [2]

Selon l'OMS (2024), l'obésité, en grande partie alimentée par ces produits, concernait une
personne sur huit en 2022 et était responsable indirectement de 2 à 3 millions de décès
annuels. [3]

Le diabète de type 2 (DT2) est une maladie chronique dont l'incidence peut être influencée
par la consommation d'aliments ultra-transformés (AUT). Dans une étude portant sur 104 707
participants suivis sur une période médiane de 6 ans, les cas incidents de DT2 ont été
identifiés via un diagnostic médical ou l'utilisation de médicaments antidiabétiques classifiés
par le système ATC (classification anatomique thérapeutique et chimique).

Les résultats ont révélé qu'une augmentation de la proportion d'aliments ultra-transformés


consommés était associée à une élévation significative du risque de développer un DT2. Plus
précisément, une augmentation de 10 points de la proportion d'AUT dans l'alimentation était
liée à un risque accru de 15 % (HR = 1,15 ; IC 95 % : 1,06-1,25 ; p = 0,001). Cette association
est restée statistiquement significative même après ajustement sur des facteurs tels que la
qualité nutritionnelle globale du régime, la présence de comorbidités métaboliques, et les
variations de poids au cours du suivi. [4]

3.3 Cancers et maladies cardiovasculaires

La consommation d'aliments ultra-transformés (AUT) est associée à un risque accru de


développer des cancers et des maladies cardiovasculaires (MCV). Dans une étude menée
auprès de 104 980 participants suivis pendant cinq ans, une consommation plus élevée d'AUT
a montré un lien significatif avec un risque accru global de cancer, avec un rapport de risque
instantané (HR) de 1,12 pour chaque augmentation de 10 points de la proportion d'AUT dans
l'alimentation (IC95% = 1,06-1,18 ; p < 0,001). Cette association était particulièrement
notable pour le cancer du sein, où le HR était de 1,11 (IC95% = 1,02-1,22 ; p = 0,02),
notamment après la ménopause. Après ajustement pour la qualité nutritionnelle du régime
alimentaire, ces résultats sont restés significatifs.

En ce qui concerne les maladies cardiovasculaires, une analyse menée sur 105 159
participants a révélé qu'une consommation accrue d'AUT était associée à une élévation du
risque global de MCV (HR = 1,12 ; IC95% = 1,05-1,20 ; p = 0,0008), ainsi qu'un risque plus
élevé de maladies coronariennes et cérébro-vasculaires. Ces résultats sont restés significatifs
même après avoir pris en compte la qualité nutritionnelle du régime et les profils alimentaires,
qu'ils soient dits "santé" ou "occidentaux". Ces données suggèrent que les AUT peuvent jouer
un rôle majeur dans le développement de maladies chroniques graves telles que le cancer et
les MCV. [4]

3.4 Symptômes dépressifs

L’étude a également évalué l'impact de la consommation d'aliments ultra-transformés (AUT)


sur les symptômes dépressifs, en utilisant la version française de l'échelle Center for
Epidemiologic Studies-Depression Scale (CES-D). Cette échelle mesure la fréquence des
symptômes dépressifs, avec un score allant de 0 (pas de symptômes) à 60 (symptômes
élevés). Les participants dont le score CES-D était ≥ 17 pour les hommes et ≥ 23 pour les
femmes ont été considérés comme présentant des symptômes dépressifs. L'étude, qui a inclus
26 730 participants initialement exempts de symptômes dépressifs, a révélé que 2 221 cas
incidents de symptômes dépressifs sont survenus pendant un suivi moyen de 5,4 ans. Après
ajustement pour les facteurs de confusion, une augmentation de 10 % de la proportion d'AUT
dans le régime alimentaire était associée à une augmentation significative du risque de
développer des symptômes dépressifs, avec un Hazard Ratio de 1,21 (IC à 95 % : 1,15-1,27, p
< 0,0001). Ces résultats suggèrent que la consommation accrue d’aliments ultra-transformés
pourrait être un facteur de risque pour l’apparition de symptômes dépressifs. [4]

3.4.1 Troubles fonctionnels digestifs

Les troubles fonctionnels digestifs, tels que le syndrome de l’intestin irritable (SII), la
constipation fonctionnelle (CF), la diarrhée fonctionnelle (DF) et la dyspepsie fonctionnelle
(DyF), ont été évalués à l'aide du questionnaire de Rome III, complété par des informations
issues des questionnaires santé annuels. Les symptômes étaient définis comme étant présents
au moins trois jours par mois pendant les trois derniers mois et survenus dans les six derniers
mois, en l'absence de pathologies sous-jacentes telles que des cancers digestifs ou des
maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. L’étude, incluant 26 730 participants
exempts de symptômes digestifs au départ, a révélé qu'une augmentation de 10 % de la
proportion d'AUT dans le régime alimentaire était associée à un risque accru de survenue de
symptômes digestifs fonctionnels. Après ajustement pour les facteurs de confusion, l'étude a
démontré une association significative entre la consommation d'AUT et l'augmentation du
risque de troubles digestifs fonctionnels, ce qui suggère que ces aliments pourraient jouer un
rôle dans l’apparition de tels troubles. [4]

3.4.2 Lien entre aliments ultratransformés et déclin cognitif

Une étude longitudinale menée auprès de 10 775 participants âgés de 35 à 74 ans, issus de six
villes brésiliennes, a mis en évidence une association préoccupante entre la consommation
d’aliments ultratransformés et le déclin cognitif. Après un suivi médian de 8 ans, il a été
constaté que les individus appartenant au quartile supérieur de consommation d’aliments
ultratransformés (> 19,9 % de l’apport énergétique total) présentaient une augmentation de 28
% de la rapidité du déclin des fonctions cognitives générales et de 25 % du déclin des
fonctions exécutives par rapport au quartile inférieur. Ces associations étaient
particulièrement marquées chez les personnes âgées de plus de 60 ans et chez celles dont le
régime alimentaire n’était pas sain. Ces résultats renforcent les recommandations de santé
publique visant à limiter la consommation d’aliments ultratransformés afin de prévenir les
troubles cognitifs et les maladies neurodégénératives à long terme [5].
3.4.3 Impact sur la qualité du sommeil

Les aliments ultra-transformés peuvent avoir un impact négatif sur le sommeil pour diverses
raisons. Tout d'abord, ils contiennent souvent de la caféine, une substance stimulante qui
bloque certains récepteurs dans le cerveau, empêchant ainsi la sensation de fatigue. On
retrouve la caféine non seulement dans des boissons comme le café et le thé, mais aussi dans
des produits alimentaires tels que les snacks sucrés ou les barres chocolatées. Consommer ces
produits en fin de journée peut perturber l’horloge biologique, retarder l’endormissement et
altérer la qualité du sommeil profond.

Ensuite, les aliments riches en sucre peuvent entraîner des fluctuations rapides du taux de
glucose dans le sang. Une hausse rapide du sucre est souvent suivie d'une chute brutale, ce qui
peut provoquer des réveils nocturnes et perturber la continuité du sommeil. Les études
montrent également que les régimes riches en sucre et en graisses saturées sont associés à un
sommeil plus instable et de moindre qualité.

Enfin, certains additifs présents dans les aliments ultra-transformés, tels que le glutamate
monosodique (MSG), peuvent exciter le système nerveux et compliquer l’endormissement.
De plus, d'autres additifs, comme certains colorants et conservateurs, peuvent également
affecter le fonctionnement du système nerveux, perturbant ainsi la qualité du sommeil [12].

3.4.4 Autres maladies

D’autres maladies peuvent être associées à une alimentation déséquilibrée, notamment les
maladies digestives, les maladies du foie, les maladies rénales et les troubles mentaux. Ces
pathologies, bien que souvent moins évoquées que les maladies cardiovasculaires ou le
diabète, méritent une attention particulière en raison de leur rôle dans l’aggravation de
nombreux problèmes de santé. Par exemple, les maladies digestives peuvent altérer
l’absorption des nutriments essentiels, tandis que les affections du foie, telles que la stéatose
hépatique, sont directement liées à une consommation excessive de sucres et de graisses
saturées. De leur côté, les maladies rénales peuvent être exacerbées par une alimentation riche
en sel et en protéines transformées. Ces pathologies sont souvent qualifiées de maladies «
passerelles », car elles facilitent le passage vers d’autres états pathologiques et contribuent à la
complexité des interactions entre différents systèmes de l’organisme, rendant leur prévention
d’autant plus cruciale.
La figure suivant permet de conclure et illustrer les relations existantes entre les 10 maladies
chroniques, résultant d’une mauvaise alimentation.

Figure 1 : Relations entre les dix principales maladies chroniques partiellement liées à
Lesune alimentation
nombreuses déséquilibrée.
études réalisées [4]
chez l’homme ont conduit à une conclusion majeure :
l’obésité et le diabète de type 2 (DT2) jouent un rôle central en tant que principaux facteurs de
risque dans le développement de nombreuses maladies chroniques. Ces pathologies sont
principalement liées à un ensemble de dérégulations métaboliques. Identifier ces mécanismes
est essentiel pour intervenir en amont, notamment par le biais d’une alimentation préventive,
qui constitue un levier clé pour réduire l’incidence de ces maladies et promouvoir une
meilleure santé globale.

3.4.5 La mortalité

La consommation d’aliments ultra-transformés, qui représentent 29,1 % de l’apport


énergétique total dans l’étude NutriNet-Santé, a été associée à une augmentation de la
mortalité globale. Selon cette étude, une hausse de 10 % de la consommation d’aliments ultra-
transformés a entraîné une augmentation de 14 % du risque de décès (HR de 1,14, IC à 95%
de 1,04 à 1,27, p = 0,008). Les décès étaient principalement dus au cancer (219 cas) et aux
maladies cardiovasculaires (34 cas). Cette relation entre alimentation ultra-transformée et
mortalité est corroborée par d’autres études qui montrent que ces aliments, riches en sucres
raffinés, graisses saturées et sel, et pauvres en fibres, contribuent au développement de
maladies chroniques comme l’obésité, l’hypertension et la dyslipidémie. Toutefois, cette
association pourrait être sous-estimée en raison de divers biais, tels que la sélection de
participants ayant une consommation plus faible d’aliments ultra-transformés, ou encore la
durée relativement courte du suivi, ne permettant pas d’évaluer pleinement l’impact de ces
aliments sur la mortalité à long terme. [6]

4 Solutions et recommandations pour limiter la consommation d’AUT


4.1 Sensibilisation et éducation nutritionnelle
4.1.1 Informer le grand public

La sensibilisation par des campagnes d’information est essentielle pour limiter la


consommation d’aliments ultra-transformés (AUT). Ces campagnes alertent sur les risques
associés, tels que l’obésité, le diabète ou les maladies cardiovasculaires, tout en promouvant
une alimentation basée sur des produits frais.

En France, le Programme National Nutrition Santé (PNNS 2019-2023) met en œuvre des
stratégies variées : campagnes télévisées, affichages dans les espaces publics et publications
sur les réseaux sociaux. Par exemple, l’initiative « Manger mieux, bouger plus » a encouragé
des millions de Français à adopter une alimentation plus saine [7].

Les messages sont renforcés par des témoignages d’experts, comme des diététiciens ou des
médecins, qui apportent des conseils concrets. Ces approches pédagogiques augmentent
l’impact de ces campagnes.

4.1.2 Intégrer la nutrition dans l’éducation

Pour approfondir l'intégration de la nutrition dans l'éducation scolaire, le Programme National


Nutrition Santé (PNNS) 2019-2023 propose des actions spécifiques visant à sensibiliser les
élèves aux bienfaits d'une alimentation équilibrée. Ces initiatives incluent des ateliers
pratiques où les élèves apprennent à préparer des collations saines, favorisant ainsi des
habitudes alimentaires positives dès le plus jeune âge.

Pour des informations détaillées sur ces programmes éducatifs, vous pouvez consulter le
document complet du PNNS 2019-2023 disponible sur le site du Ministère des Solidarités et
de la Santé [7].
De plus, le site du Ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse offre des ressources sur
l'éducation à l'alimentation et au gout, soulignant l'importance de ces initiatives dans le cadre
scolaire [8].

4.2 Amélioration de l’offre alimentaire


4.2.1 Reformulation des produits

La reformulation des produits par l’industrie agroalimentaire consiste à réduire les niveaux de
sucre, de sel et de graisses saturées tout en limitant l’usage d’additifs. Par exemple, le groupe
Danone a lancé une gamme de produits allégés en sucre et sans additifs artificiels, répondant
ainsi aux nouvelles attentes des consommateurs et aux recommandations gouvernementales
[7] .

Cette réforme est accompagnée d’incitations pour que les entreprises respectent des normes
plus strictes, favorisant une meilleure qualité nutritionnelle.

4.3 Règlementation et mesures fiscales


4.3.1 Encadrement de la publicité

Limiter la publicité pour les AUT, notamment pendant les horaires où les enfants sont
exposés, est une mesure clé. Par exemple, au Royaume-Uni, la diffusion des publicités pour
des produits riches en sucre ou en graisses saturées est interdite avant 21h. En France, le
PNNS recommande des restrictions similaires pour protéger les populations vulnérables [8].
Cette régulation encourage également les entreprises à promouvoir des alternatives saines.

4.3.2 Taxation des AUT

La taxation des AUT, comme celle appliquée aux boissons sucrées en France, vise à dissuader
leur consommation. Des exemples internationaux, tels que le Mexique, montrent que cette
approche entraîne une baisse significative des ventes de produits ciblés, tout en finançant des
campagnes de sensibilisation [9].

En France, une extension de cette fiscalité est envisagée pour couvrir un éventail plus large de
produits ultra-transformés.

4.4 Outils d’aide au choix pour les consommateurs


4.4.1 Développement et déploiement du Nutri-Score

Le Nutri-Score, introduit en 2017, est un étiquetage simple qui attribue une note nutritionnelle
d’A (meilleur) à E (moins favorable). Il facilite la comparaison entre les produits, aidant les
consommateurs à privilégier ceux ayant un profil nutritionnel plus sain.
Des études ont montré que 90 % des consommateurs français trouvent cet outil utile pour faire
des choix éclairés [10].

4.4.2 Applications mobiles

Des applications comme Yuka ou Open Food Facts offrent des analyses détaillées des
produits alimentaires, y compris leur degré de transformation. Ces outils encouragent les
utilisateurs à éviter les produits classés comme ultra-transformés et à opter pour des
alternatives plus naturelles.

4.5 Implication des professionnels de santé

Les professionnels de santé, comme les médecins et les diététiciens, jouent un rôle clé dans la
prévention. Des formations régulières leur permettent d’acquérir des connaissances sur les
AUT et de conseiller efficacement leurs patients.
Par exemple, des guides pratiques édités par Santé Publique France offrent des
recommandations pour intégrer des habitudes alimentaires saines dans la vie quotidienne des
patients.

Les consultations médicales sont également une occasion d’identifier les habitudes
alimentaires nuisibles et de proposer des solutions adaptées. Par exemple, un médecin peut
suggérer des alternatives maison aux plats préparés, comme des soupes faites à partir de
légumes frais ou des sauces maison.

Un observatoire national, tel que celui proposé par le PNNS, permet de suivre les habitudes
alimentaires des Français et d’évaluer l’efficacité des mesures mises en place. Ces données,
recueillies à intervalles réguliers, contribuent à ajuster les recommandations et à détecter de
nouvelles tendances préoccupantes recueillies à intervalles réguliers, contribuent à ajuster les
recommandations et à détecter de nouvelles tendances préoccupantes [7].

4.6 Recherche et surveillance alimentaire

Investir dans la recherche scientifique permet de mieux comprendre les conséquences des
AUT sur la santé. En France, des fonds publics soutiennent des études longitudinales pour
évaluer l’impact des AUT sur l’obésité, les maladies cardiovasculaires et les troubles cognitifs
[11].

Ces recherches aident également à identifier les populations les plus à risque, orientant ainsi
les politiques publiques.
Ces mesures combinées, basées sur des recommandations solides et des exemples concrets,
représentent une réponse coordonnée pour limiter les effets négatifs des aliments ultra-
transformés sur la santé publique.

5 Inégalités socio-économiques et alimentation

Depuis le début des années 2000, les études montrent que les habitudes alimentaires des
Français évoluent peu, malgré les efforts du Programme National Nutrition-Santé. L’étude
Esteban révèle que seulement 42 % des adultes et 23 % des enfants consomment au moins
cinq fruits et légumes par jour, tandis que les apports en sucre, sel et acides gras saturés
restent trop élevés, et les fibres insuffisantes. Ces comportements varient fortement selon le
niveau socio-économique : les populations les plus aisées appliquent mieux les
recommandations nutritionnelles, tandis que les ménages à faibles revenus se tournent vers
des aliments moins coûteux mais souvent moins équilibrés, comme les produits sucrés ou
ultra-transformés. Cette alimentation, de moindre qualité, accroît les risques d'obésité et de
maladies chroniques.

Ces inégalités sont renforcées par des facteurs externes, comme l’offre alimentaire disponible,
les politiques d’aménagement urbain et le marketing. Les environnements favorisant l’accès à
des aliments sains et à l’activité physique permettent une alimentation plus équilibrée et un
mode de vie actif [11].

6 Conclusion

Les aliments ultra-transformés, définis par la classification NOVA comme des produits
industriels contenant peu ou pas d’aliments bruts et enrichis en additifs, sucres, graisses et
autres substances chimiques, représentent une problématique croissante pour la santé
publique. Leur rôle dans l’alimentation moderne s’est amplifié au cours des dernières
décennies, en raison de leur praticité, de leur longue durée de conservation et de leur
marketing attractif. Cependant, leur consommation excessive a des répercussions majeures sur
la santé humaine et sur les systèmes alimentaires.

La classification NOVA, qui regroupe les aliments en quatre catégories selon leur degré de
transformation, met en lumière l’impact spécifique des aliments ultra-transformés (groupe 4).
Ces derniers se distinguent par leur faible valeur nutritionnelle, leur forte densité énergétique
et leur richesse en composés néfastes, tels que les sucres ajoutés, les graisses saturées et les
additifs. Leur rôle dans l’augmentation des maladies chroniques, telles que l’obésité, le
diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires et même certains cancers, est désormais bien
documenté. De plus, des études récentes suggèrent qu’ils peuvent altérer le microbiote
intestinal, perturber le sommeil et influencer négativement les comportements alimentaires, en
créant une dépendance par leur formulation hyper-palatable.

Au-delà des impacts sur la santé individuelle, les aliments ultra-transformés tendent à
marginaliser les régimes alimentaires basés sur des aliments frais et peu transformés,
exacerbant les inégalités nutritionnelles.

Il est essentiel de repenser le rôle de ces aliments dans nos sociétés. La promotion d’une
alimentation basée sur des aliments des groupes 1 et 2 de la classification NOVA (aliments
bruts ou peu transformés) doit devenir une priorité. Cette transition passe par une éducation
nutritionnelle accrue, un étiquetage transparent, des politiques publiques limitant l’accès aux
produits ultra-transformés, et des campagnes de sensibilisation adaptées à tous les publics.

En somme, les aliments ultra-transformés, bien qu’ils apportent commodité et accessibilité, ne


doivent pas devenir une norme alimentaire. En travaillant collectivement à réduire leur
impact, il est possible d’améliorer la santé publique, tout en encourageant des pratiques
alimentaires plus durables et équilibrées.

7 Référence bibliographique

[1] Anne-Charlotte Pigois. Impact des aliments ultra-transformés sur la santé : un sujet au
coeur de l’actualité. Revue de la bibliographie. Université clermont auvergne ufr de
pharmacie. 2021. Disponible sur : [Link]

[2] Vandevijvere, Stefanie. Aliments ultra-transformés et santé : que dit la littérature


scientifique? Vaisseaux, Cœur, Poumons, vol. 25, no. 7, pp. 32-35, 2020. Disponible sur :
[Link]
_litterature_scientifique

[3] Hocine, Amira, and Cylia Si Ammour. Qualité nutritionnelle et degré de transformation
des aliments industriels pour enfants: cas des chips. Mémoire de master, Université Mouloud
Mammeri, 2024. Disponible sur : [Link]
5bc183f57be9

[4] DEBRAS, Charlotte, SROUR, Bernard, CHAZELAS, Eloi, et al. Aliments ultra-
transformés, maladies chroniques, et mortalité: résultats de la cohorte prospective NutriNet-
Santé. Cahiers de Nutrition et de Diététique, 2022, vol. 57, no 3, p. 222-234. Disponible sur :
[Link]

[6] Schnabel L, Kesse-Guyot E, Allès B, et al. Association entre la consommation d'aliments


ultra-transformés et le risque de mortalité chez les adultes d'âge moyen en France. JAMA
Internal Medicine, vol. 179, 2019, pp. 490-498. Disponible sur :
[Link]

[5] Gomes Gonçalves, Natalia, Naomi Vidal Ferreira, Neha Khandpur, Euridice Martinez
Steele, Renata Bertazzi Levy, Paulo Andrade Lotufo, Isabela M. Bensenor, et al.
« Association Between Consumption of Ultraprocessed Foods and Cognitive Decline ».
JAMA Neurology 80, no 2 (1 février 2023): 142. Disponible sur :
[Link]

[7] Ministère des Solidarités et de la Santé. (2019). Programme National Nutrition Santé
2019-2023. Paris, France. Disponible sur : [Link]
[Link]
[8] Ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse. (n.d.). L'éducation à
l'alimentation et au goût. Disponible sur : [Link]
alimentation-et-au-gout-7616
[9] Organisation Mondiale de la Santé (OMS). (2018). Politiques fiscales et réglementations
pour limiter la consommation d’aliments ultra-transformés . Disponible sur :
[Link]

[10] Santé Publique France. (2021) nutri-score : évolution de sa notoriété, sa perception et son
impact sur les comportements d’achat déclarés entre 2018 et [Link] sur :
[Link]

[11] Inserm. (2017). Nutrition et santé La santé passe par l’assiette et l’activité physique
Disponible sur : [Link]

[12] Meghezzi, Sarah, and Nesrine Ould Lamra. Effets des aliments ultra-transformés sur la
santé. Diss. Université Mouloud Mammeri, 2023. Disponible sur :
[Link]

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