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Infections néonatales bactériennes : Guide complet

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INFECTIONS NEONATALES

BACTERIENNES

Dr NOUKEU Diomède
Pédiatre-Néonatologiste
Assistant FMSP/UDs
PLAN
• INTRODUCTION

• DEFINITIONS-EPIDEMIOLOGIE
• FACTEURS DE RISQUE

• INFECTIONS MATERNO-FŒTALES

• INFECTIONS TARDIVES PRIMITIVES

• PRINCIPALES LOCALISATIONS

• PRISE EN CHARGE

• CONCLUSION
OBJECTIFS
• Définir les INN
• Citer les facteurs de risque
• Décrire la démarche diagnostique des INNb
• Citez les germes des INN spécifiques
• Décrire le principe de la prise en charge des INNb
INTRODUCTION
• L’infection materno-foetale: liée à la présence d’une bactérie chez la
mère

Image from Goldenberg et al. N Engl J Med. 2000; Benirschke et al Obstet&Gynecol 1959
INTRODUCTION
Définitions
• IMF= Infection materno-fœtale
= EONI (Early Onset Neonatal Infection)
= INBP (Infection Néonatale Bactérienne Précoce)

• EONI est définie par la présence du germe dans le sang (Hémoculture)


ou dans le LCR (PL)
• Précoce = < 72 h (VLWB) à < 7 jours( à terme) CDC

• Infection tardive (« late onset disease »)


• Elle survient entre la 1re et la 12e semaine de vie. La contamination est
probablement postnatale (mains, lait...).
DEFINITIONS-EPIDEMIOLOGIE
EPIDEMIOLOGIE

• Incidence de l’infection néonatale dans les pays à revenu


élevé

0,1%

Stocker M et al Lancet. 2017


Incidence INBP superposée au taux de mortalité néonatale : Pays à revenu élevé
taux pour 1000 naissances vivantes

Sgro et al, Paediatrics & Child Health 2018 ; Schrag et al Pediatrics 2016; Singh et al ADC Fetal and Neonatal Edition 2018
Incidence INBP superposée au taux de mortalité néonatale : Pays EN VOIE DE
DEVELOPPEMENT
taux pour 1000 naissances vivantes

• Accouchements à domicile
• Accès limité aux soins de santé
• Accès limité aux tests de diagnostic
• peu données disponibles des centres
tertiaires

Seale et al Lancet 2009; Vergagno et al ADC 2005


EPIDEMIOLOGIE
• L’INBP est une maladie de faible incidence mais à haut risque de
conséquences graves
• 3 millions de décès de nouveau-nés/ an
• 36% INBP

Global causes of under-5 deaths in 2015


Liu L, Oza S; Lancet. 2017
Epidémiologie au Cameroun
• Principales pathologies néonatales dans nos services

• Son incidence
• 1,46% INN Tchokoteu PF, Kago L Revue internationale de Pédiatrie 1991

• 6,9% d'INN sur 1765 naissances vivantes Chiabi et al 2005

• Taux de mortalité 22% lié aux infections sur 218 nouveau-nés


porteur d'INN Djoupomb en 2009 à HGOPY

• Sur 1505 cas de suspicion d'INN, a retrouvé 134 cas d'INN certaines
(6,7% décès) Djeumene CME/FCB 2013
• 94% INBP , décès 33,6% dont 83,5% en période néonatale précoce
Kemeze S, Moudze B, Chiabi A et al. 2016

• Prématuré et INN
• 80% INN A.E Njom Nlend 2014
• 87% INBP Kedy Koum et Al 2014
• 86,7% INN Noukeu ND, Nguefack et al 2018
Ecologie bactérienne

Pays à revenu élevé Pays en voie de développement

Singh et al ADC Fetal and Neonatal Edition 2018; Fuchs et al Pediatrics and International Child Health 2017; Zea-Vera
et al J Trop Pediatrics 2015; Downie et al ADC 2013
CAMEROUN

• Bacille Gram négatif

Djeumene,
FCB,Yaoundé 2013

1. Klebsiella spp 2. Escherichia coli

• Yaoundé: Klebsiella spp, Escherichia coli and


Enterobacter spp
Andreas Chiabi et al. Iranian Journal of Pediatrics, 2011

• Douala: [Link]>Klebsiella, Pseudomonas, [Link]


Sandrine Kemeze et al. The Pan African Medical Journal 2015
FACTEUR DE RISQUE
Immaturité immunitaire
Défenses du nouveau – né globalement immatures
 Peau mince, fragile, pH pas assez acide

 Tube digestif perméable: risque de translocation digestive de


bactéries
 Immunité cellulaire présente mais non entièrement
fonctionnelle: déficit cellules phagocytaires, LT et complément
 Immunité humorale définitive pas encore en place, absence de
passage transplacentaire pour les IgM et les IgA et même les IgG
avant 32 semaines
 Immunité passive (AC de la mère): IgG transplacentaires et les
IgA apportées par le lait maternel
FACTEUR DE RISQUE
Immaturité immunitaire

Infection – Prématurité
 Faible transfert placentaire IgG
 Choriamniotite
 Fréquence des infections maternofoetales à strepto B 10x plus élevée
 Corrélation choriamniotite-leucomalacie périventriculaire
Démarche diagnostique

Quatre temps:
1. Recherche des critères anamnestiques

2. Recherches des signes cliniques

3. Recherche des signes para cliniques

4. Classer le nouveau-né en fonction du risque infectieux


Critères majeurs
Les critères majeurs (grade A), fortement liés à une infection néonatale, sont peu
fréquents (< 5 %) à l’exception du portage vaginal (10 à 15 %) :
1. Tableau évocateur de chorio-amniotite
2. Jumeau atteint d’une infection materno-foetale
3. Température maternelle avant ou en début de travail ³ 38°C
4. Prématurité spontanée < 35 semaines d’aménorrhée (SA)
5. Durée d’ouverture de la poche des eaux ³ 18 heures
6. Rupture prématurée des membranes (RPM) avant 37 SA
7. En dehors d’une antibioprophylaxie maternelle complète
un antécédent d’infection materno-foetale à SB,
un portage vaginal de SB chez la mère,
une bactériurie à SB chez la mère pendant la grossesse.
Critères mineurs
Les critères mineurs (grade B), peu liés à une infection néonatale, sont relativement
fréquents :
1. Durée d’ouverture prolongée de la poche des eaux 12 h, mais < 18 h ;
2. Prématurité spontanée < 37 SA et > 35 SA ;
3. Anomalies du rythme cardiaque foetal ou une asphyxie foetale non expliquée
4. Liquide amniotique teinté ou méconial.
L’existence d’un de ces critères nécessite une surveillance clinique, particulièrement
rapprochée pendant les 24 premières heures.
En Afrique, certains considèrent aussi comme critères anamnestiques de
possibilité d’infection:
1. L’accouchement à domicile
2. La réanimation du nné dans des conditions d’hygiène douteuses
3. Les grossesses mal suivies
Signes cliniques
Les signes cliniques suivants doivent être pris en compte :
Tout nouveau-né qui va mal, sans raison apparente, est a priori suspect d'infection
1. Fièvre (> 37°8 C) ou hypothermie (< 35°C), ou, en cas de réglage
automatique d'un incubateur, modification de la température de
régulation ;
2. Signes hémodynamiques : teint gris, tachycardie, bradycardie,
augmentation du temps de recoloration capillaire, hypotension
artérielle
3. Signes respiratoires : geignements, tachypnée, dyspnée, pauses
respiratoires, détresse respiratoire ; cyanose
4. Signes neurologiques : fontanelle tendue, somnolence, troubles du
tonus, troubles de conscience, convulsions ; pertes des réflexes
archaïques
5. Signes cutanés : purpura, éruption.
6. Signes digestifs : refus de téter, vomissement, diarrhée, ballonnement
abdominal, hépato-splenomégalie.
Signes biologiques et bactériologiques
Signes hématologiques (hémogramme) :
• Leucopénie < 5000/mm3
• Neutropénie < 1500/mm3
• Hyperleucocytose > 25 000/mm3
• Thrombopénie < 150 000/mm3
• Myélémie > 10% de leucocytes.
Signes biochimiques :
• CRP > 20 mg/l; PCT > 5µg/l(utile dans les INNtardives)
• Dans le LCR : Protéine > 1,2 g/l, glucose inférieur < ½ glycémie.
Signes cytobactériologiques :
• Cytologie du LCR: cytorachie > 30 /mm3 avec prédominance de
polymcléaires
• Cytologie des urines : Leucocytes > 1000 /ml
Signes immunologiques :
• Recherche d’antigènes solubles dans les urines, le LCR et le sang
(E. coli, SGB).
Tout NN présentant une symptomatologie clinique évoquant une INBP :
Doit bénéficier rapidement d’un examen clinique complet
Doit recevoir une antibiothérapie probabiliste après prélèvement d’une hémoculture

• PRÉLÈVEMENTS

• Hémoculture SYSTEMATIQUE avant


instauration d’une antibiothérapie
• 2ml, minimum 1 ml /flacon pédiatrique
/incubation immédiate
• Transfert immédiat dans un service de
néonatologie • PONCTION LOMBAIRE
• Si l’état clinique le permet
• Si hémoculture +, ou AEG, ou signes
cliniques neurologiques
• Analyse dans les 2 heures
• Ne doit pas retarder l’antibiothérapie, la
PL peut être réalisée à posteriori

• CRP: dosage initial si antibiothérapie


débutée après H12. Contrôle 24-48 h
après le début de l’antibiothérapie

• Placentoculture/frottis placentaire: si
hyperthermie maternelle laissant
suspecter une chorioamniotiteou si
liquide fétide
Signes radiologiques
En fonction de l’orientation clinique:
Signes radiologiques : Opacités pulmonaires inhomogènes.

Opacité homogène du
Opacité homogène du Opacité homogène du
segment antérieur du lobe
segment antérieur du lobe segment antérieur du lobe
supérieur droit: pneumonie
supérieur droit: pneumonie supérieur droit: pneumonie
néonatale à Klebsiella
néonatale à Klebsiella néonatale à Klebsiella
pneumoniae J 4 de vie
pneumoniae j 10 de vie pneumoniae j 17 de vie
Diagnostic positif
1ère étape : Le nouveau-né est vu à la naissance ou après la naissance :
• Rechercher les arguments anamnestiques en faveur de
l’infection ;
• Rechercher les signes fonctionnels et physiques d’infection.
2ème étape : Classer le nouveau-né dans l’une des quatre situations
suivantes :
• Absence d’infection: aucun argument anamnestique, clinique ni
para clin.
• Infection possible : critères anamnestiques mineurs, sans signes
clin.
• Infection probable : critère anamnestiques majeurs ± signes
cliniques
• Infection certaine : signes cliniques + signes para cliniques
Diagnostic positif
3ème étape : Décider du bilan à faire et de la possibilité d’antibiothérapie
• Aucune infection : surveillance clinique
• Infection possible : surveillance clinique et examens biologiques
(CRP, NFS)
• Infections probables et certaines : surveillance clinique,
examens biologiques, examens bactériologiques et
antibiothérapie probabiliste
INFECTIONS TARDIVES PRIMITIVES
• Leur incidence est mal connue

• la deuxième et la quatrième semaine de vie ;

• Pathogénie et expression clinique sont fonction du


germe en cause
INFECTIONS TARDIVES PRIMITIVES
• IT à germes foetomaternels
• SB et E. Coli: septicémie, méningite, sepsis focaux
• contamination postnatale maternelle ou par le personnel soignant
• contamination du lait de mère
• IT d’acquision pernatale
• Chlamydiae trachomatis (conjonctivite, pneumopathie)
• Mycoplasmes ((Mycoplasma hominis et Ureaplasma urealyticum)
colonisent l e nouveau-né avant ou pendant l’accouchement
• 16 à 20 % des nouveau-nés à la naissance,
• colonisation asymptomatique
• rôle dans la survenue bronchodysplasie pulmonaire
INFECTIONS TARDIVES PRIMITIVES

• IT à germes exogènes
• Haemophilus, pneumocoque, virus

• Infections virales plus fréquentes


• Pneumopathie, bronchiolites ( VRS, Adénovirus)
• Diarrhée (rotavirus)
• Méningite (entérovirus)
PRINCIPALES LOCALISATIONS
• Méningites bactériennes
• Pneumopathies
• Infections intestinales
• Diarrhées virales
• Diarrhées toxiniques
• Entérocolite ulcéronécrosante

• Infections urinaires

• Infections cutanées

• Infections ostéoarticulaires

• Infections oculaires

• Infections ORL
PRISE EN CHARGE
LES PRINCIPES

• L’antibiothérapie
• Les traitements adjuvants
• Le suivi et l’évolution
• Les mesures préventives
LES ANTIBIOTIQUES 1
LES PRINCIPES
• L’antibiothérapie est probabiliste au début tenant compte de
l’écologie bactérienne locale
• Elle est toujours précédée des prélèvements
bactériologiques
• Elle est administrée par voie veineuse
• Les posologies sont d’emblée maximales pour couvrir une
éventuelle méningite quitte à les réduire aux doses
septicémiques en l’absence d’arguments
cytobactériologiques de méningite
• Les aminosides sont arrêtés au bout de 2 à 3 jours.
• Après 48 à 72 h, à la réception de l’antibiogramme on ajuste
le traitement selon les sensibilités du germe en cause
LES ANTIBIOTIQUES 2
LA DUREE DE TRAITEMENT

One set of guidelines for length of therapy is as follows:


1. Mild symptoms with negative cultures: 2–3 days.
2. Severe symptoms, including pneumonia with negative
culture: 5 –7 days.
3. Culture positive: 7–10 days.
4. Meningitis: 14–21 days (GBS), a minimum of 21 days with
E. coli, with normal CSF studies at the end of therapy.
LES ANTIBIOTIQUES 2
LES MODALITES
Posologies fonction de l’âge gestationnel, post natal et du
poids
Les aminosides sont utilisés pendant 2-3 jours max 5 jours
Selon écologie bactérienne locale: Première intention une
triple association antibiotique: [C3G + Ampicilline +
Aminoside]
Cefotaxime 100-200mg/kg/j en 2 prises j0-J7, 3 prises >J7; Ceftriaxoane 50-100 mg/kg/j
Ampicilline 100-200mg/kg/j en 2 prises j0-J7, 3 prises >J7
Aminosides : Gentamicine 5mg/kg/j en une prise IVL de 30 mn pendant 48h; Amikacine
15mg/kg/j en une prise IVL

Parfois protocoles de 2ème 3ème 4ème ligne


LES TRAITEMENTS ADJUVANTS
Mesures de mise en condition du malade
• Maintien de l’équilibre hydro électrolytique ;
• Maintien de la nutrition (lait maternel) ;
• Maintien de l’équilibre thermique
• Oxygénothérapie et /ou ventilation assistée ;
• Traitement anti convulsivant (phénobarbital) ;
• Transfusion voire exsanguino-transfusion
SUIVI ET EVOLUTION
La surveillance des nouveau-nés est impérative à court et à
long termes :
• A court terme la surveillance se base sur les
paramètres cliniques et biologiques (CRP, PCT, NFS) ;
• A long terme la surveillance est basée sur le suivi
régulier de l’enfant.
Dans nos services, le taux de létalité des IBNN est de 6%
mais les IBNN sont responsables de 40% des décès*
En cas de méningite, les séquelles neurologiques sont à
craindre à long terme (hydrocéphalie, retard mental,
troubles sensoriels, troubles de comportement).
MESURES PREVENTIVES
Elles constituent la pierre angulaire de la lutte contre les
INN
• Suivi régulier des grossesses avec dépistage et
traitement des infections maternelles.
• Examen systématique du nouveau-né en salle de
naissance et avant sa sortie de la maternité ;
• Observation des règles d’hygiène et d’asepsie en
maternité et en néonatologie.
• Education du personnel médical et paramédical sur le
danger d’utilisation d’une mono antibiothérapie
orale en période néonatale.
CONCLUSION
• INBP forte morbidité et mortalité

• Ecologie bactérienne Camerounaise: gram négatif

• Accessibilité des moyens diagnostiques et homogénéisation des


pratiques, rationalisation antibiothérapie

• Etudes locales et multicentriques des sensibilités bactériennes

• Expansion et formalisation des réseaux de périnatalité

• Rôle du l’Allaitement Maternel Exclusif

• La Prévention reste la clé de la réduction de l’incidence des INBP


MERCI POUR AIMABLE VOTRE
ATTENTION
REFERENCES
.
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