Université Paris 7 6 octobre 2001
U.F.R. de Mathématiques B. Keller
51MT131 : Algèbre et analyse élémentaires, I
Résumé de cours1 sur les nombres complexes
1. Règles de calcul
Un nombre complexe est un couple (a, b) de nombres réels. On note ce couple z = a + bi, où i
est un symbole. Sa partie réelle est Rez = a, et sa partie imaginaire est Imz = b. La somme et le
produit de deux nombres complexes sont définis respectivement par
(a + bi) + (c + di) = (a + c) + (b + d)i (1)
(a + bi)(c + di) = (ac − bd) + (ad + bc)i. (2)
On note C l’ensemble des nombres complexes muni de ces opérations. On vérifie les règles suivantes,
valables pour trois nombres complexes z, z ′ , z ′′ :
Re(z + z ′ ) = (Rez) + (Rez ′ ) , Im(z + z ′ ) = (Imz) + (Imz ′ ) (3)
′ ′ ′ ′′ ′ ′′
z+z =z +z, (z + z ) + z = z + (z + z ) (4)
zz ′ = z ′ z , (zz ′ )z ′′ = z(z ′ z ′′ ) (5)
z(z ′ + z ′′ ) = zz ′ + zz ′′ (6)
Par convention, si a est un nombre réel, on note simplement a le nombre complexe a + 0i. On
vérifie les règles suivantes, valables pour un nombre complexe z et un nombre réel λ :
z = 0 ⇔ (Rez = 0 et Imz = 0) (7)
Re(λz) = λRez , Im(λz) = λImz (8)
z+0=z , 1z = z , 0z = 0. (9)
Pour un nombre complexe z, on pose −z = −(Rez)−(Imz)i. Si z et z ′ sont des nombres complexes,
on pose z ′ − z = z ′ + (−z). Par convention, on note i le nombre complexe 0 + 1i. On a
i2 = −1 (10)
de façon que i est solution de l’équation z 2 + 1 = 0.
On montre que pour tout nombre complexe non nul z, il existe un unique nombre complexe
z ′ tel que z ′ z = 1. On pose 1/z = z ′ . Si a, b sont des nombres réels tels que a + bi est non nul,
on a
1 a −b
= 2 2
+ 2 i. (11)
a + bi a +b a + b2
On déduit de l’existence de 1/z, z ̸= 0, que pour tous les nombres complexes z1 , z2 , on a
z1 z2 = 0 ⇔ (z1 = 0 ou z2 = 0). (12)
Si z, z ′ sont des nombres complexes tels que z est non nul, on pose z ′ /z = z ′ (1/z). Pour un nombre
complexe z, on pose z 0 = 1 et pour tous entiers n ≥ 1, on définit la puissance n-ième de z par
z n = z z n−1 . Pour tous les entiers p et n, on a
z n z p = z n+p et (z n )p = z np . (13)
On vérifie que pour z ̸= 1, on a la formule pour la somme géométrique
1 − z n+1
1 + z + . . . + zn = (14)
1−z
1 Pour plus le détails, voir le chapitre 3 du livre de F. Liret et D. Martinais, Cours de mathématiques, Algèbre
1re année, Dunod, 1997
et que, pour tous les nombres complexes z1 , z2 et tous les entiers n ∈ N, on a la formule du binôme
de Newton
n
X
(z1 + z2 )n = z1n + Cn1 z1n−1 z2 + . . . + Cnp z1n−p z2p + . . . + z2n = Cnp z1n−p z2p . (15)
p=0
2. Conjugué et module d’un nombre complexe, racine carrée
Soient a, b des nombres réels et z = a +√ bi. Le conjugué de z est le nombre complexe z = a − bi.
Le module de z est le nombre réel |z| = a2 + b2 . On vérifie les règles suivantes, valables pour des
nombres complexes z1 , z2 , z (où z ̸= 0 si 1/z apparaı̂t)
1 1
z =z, z1 + z2 = z1 + z2 , z1 z2 = z1 z2 , = (16)
z z
1 1
Rez = (z + z) , Imz = (z − z) (17)
2 2i
z ∈ R ⇔ z = z , z ∈ Ri ⇔ iz ∈ R ⇔ z = −z (18)
1 1
|z1 z2 | = |z1 | |z2 | , | | = , |z| = |z| , |z|2 = zz (19)
z |z|
1 z 1
z = 0 ⇔ |z| = 0 , z ̸= 0 ⇒ = 2 , |z| = 1 ⇒ = z (20)
z |z| z
|z1 + z2 |2 = |z1 |2 + 2 Re(z1 z2 ) + |z2 |2 . (21)
On démontre à l’aide de (21) que l’on a l’inégalité triangulaire
|z1 + z2 | ≤ |z1 | + |z2 |. (22)
Les racines carrées d’un nombre complexe α sont les solutions complexes z de l’équation z 2 = α.
Tout nombre complexe non nul α admet exactement deux racines carrées opposées l’une de l’autre.
Pour tous nombres réels x, y, a, b, on a
2
x − y2 = a √
2
(x + iy) = a + ib ⇔ x2 + y 2 = a2 + b2 (23)
2xy = b
et on trouve aisément les racines carrées de a + ib en résolvant le système à droite. Soient α, β, γ
des nombres complexes tels que α ̸= 0. Pour résoudre l’équation αz 2 + βz + γ = 0, on complète le
carré et on détermine les racines carrées de β 2 − 4αγ.
3. Argument d’un nombre complexe
Soit z un nombre complexe non nul. Il existe un unique nombre réel θ ∈ [0, 2π[ tel que
z = |z| (cos θ + i sin θ). (24)
On définit l’argument de z par Argz = θ. Si α et β sont deux réels, on écrit α ≡ β mod 2π si et
seulement si il existe un entier k ∈ Z tel que α = β + 2πk. Pour tous nombres complexes non nuls
z1 et z2 , on a
Arg(z1 z2 ) ≡ Arg(z1 ) + Arg(z2 ) mod 2π , Arg(1/z1 ) ≡ −Arg(z1 ) mod 2π. (25)
Soit α un nombre complexe non nul et n ≥ 2 un entier. Un nombre complexe z est une racine
n-ième de α si z n = α. Le nombre z est une racine n-ième de α si et seulement si l’on a
p Argα 2πk
|z| = n |α| et Arg(z) = + pour un entier k ∈ {0, 1, . . . , n − 1}. (26)
n n
Pour tout réel θ, on pose eiθ = cosθ + i sin θ. Alors les théorèmes d’additivité pour les fonctions
trigonométriques donnent
eiθ1 eiθ2 = ei(θ1 +θ2 ) et, par récurrence, (eiθ )n = einθ pour tout n ∈ Z. (27)
′
Tout nombre complexe non nul z s’écrit ρeiθ , et si ρeiθ = ρ′ eiθ , alors ρ = ρ′ = |z| et θ ≡ θ′ ≡
Arg(z) mod 2π.