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Christ et Traditions Religieuses: Analyse

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LEÇON 3 12 - 18 avril

LE CHRIST ET LA TRADITION RELIGIEUSE

SABBAT APRÈS-MIDI

Étude de la semaine : Mt 23.1-7 ; Mt 15.1-6 ; Es 29.13 ; Mt 5.17-20; Rm 10.3.

Verset à mémoriser: « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est très
éloigne de moi. C’est en vain qu’ils me rendent un culte, eux qui enseignent
comme doctrines des commandements humains » (Matthieu 15.8, 9)

John Wesley, fondateur de l’Église méthodiste, a dit qu’une théologie donnée est influencée
par quatre facteurs : la foi, la raison, la Bible, et la tradition. Cependant, il ne voulait pas
dire que tous les aspects ont la même autorité. Il a reconnu que la Bible était fondatrice,
mais il a également reconnu que la foi individuelle, la capacité à raisonner, et la tradition
religieuse affectent la manière dont on interprète la Bible. Si Wesley était vivant
aujourd’hui, il serait choqué de découvrir que de nombreux théologiens modernes dans la
tradition wesleyenne (et d’autres traditions également) attachent aujourd’hui plus
d’importance à la raison, la tradition, ou à l’opinion personnelle qu’aux enseignements clairs
des Ecritures.

Dans l’étude de cette semaine, nous examinerons les traditions religieuses sur lesquelles les
scribes et les Pharisiens basaient une bonne partie de leurs enseignements. Les rabbins qui
ont initialement rédigé ces traditions avaient beaucoup de respect pour les Écritures et
n’avaient pas l’intention que ces traditions soient élevées au même niveau que la Parole de
Dieu. Pourtant, certains de leurs zélés disciples ont confondu la méthode et le message, et
ce faisant, ils ont déplacé l’attention, qui s’est focalisée sur la tradition humaine et non plus
sur la révélation écrite de Dieu.

Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 19 avril.


DIMANCHE 13 avril

La chaire de Moïse

Tandis que « les scribes et les Pharisiens » constituent deux groupes séparés qui se sont
retrouvés dans le même panier, les scribes étaient vraisemblablement un sous-ensemble
des Pharisiens (voir Actes 23.9). Les Pharisiens sont devenus un groupe visible à l’époque
de l’empire Grec. On pense qu’ils sont les vestiges d’une secte juive très pieuse, les
Hassidim, qui ont combattu contre la Grèce lors de la révolution des Maccabées.

Le terme Pharisien vient de l’hébreu paras, qui signifie « séparé ». A une époque où de
nombreux juifs subissaient l’influence importante des cultures païennes, les Pharisiens
pensèrent qu’il était de leur devoir de s’assurer que chaque homme Juif reçoive un
enseignement de la loi. Pour accomplir cette tâche, ils établirent le statut de rabbi, qui
signifie littéralement « mon seigneur » ou « mon professeur. » En disant que les « scribes
et les Pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse, » (Colombe), Jésus a reconnu leur
statut d’enseignants du peuple (Mt 23.2, 3). Après tout, ils avaient au moins pris la
responsabilité de s’assurer que le peuple était instruit dans les voies de la loi.

Lisez Matthieu 23.1-7.

D’après ces versets, quel était l’un des plus gros problèmes que Jésus avait avec
les scribes et les Pharisiens?

La plupart des références qui sont faites aux scribes et aux Pharisiens dans les évangiles
sont négatives, et si l’on considère que beaucoup (mais pas tous) ont été complices de la
mort de Jésus et de la persécution de ses disciples, ce côté négatif semble amplement
mérité. Les membres de ces groupes semblaient tapis dans les moindres recoins, et cachés
derrière des arbres, attendant que les gens fassent une erreur afin d’appliquer la loi contre
eux. Cette image du Pharisien est si fréquente dans la Bible que le mot est souvent employé
comme synonyme de légaliste. Quand on examine ce texte de plus près, l’on découvre que
le gros problème qu’avait Jésus avec les Pharisiens, ce n’était pas tellement qu’ils voulaient
que les autres observent la loi de Moïse, mais qu’eux-mêmes ne l’observaient pas. Ils
étaient hypocrites; ils disaient une chose, mais faisaient le contraire. Et même quand ils
faisaient le bien, ils le faisaient pour de mauvaises raisons.

Relisez ce que Jésus a dit sur les scribes et les Pharisiens. Comment être sûr de ne
pas se rendre également coupable des mêmes attitudes?
LUNDI 14 avril SEMAINE 3

Des commandements humains

Bien que les scribes et les Pharisiens « [soient] assis dans la chaire de Moïse, » la source de
leur autorité en matière d’instruction religieuse allait au-delà de l’Ancien Testament. La loi
que les Pharisiens utilisaient était composée des interprétations bibliques des principaux
rabbins. Ces interprétations n’étaient pas censées remplacer les Écritures mais les
compléter. Au début, elles ont circulé oralement. Plus tard, les scribes ont commencé à les
rassembler dans des livres.

La première publication officielle de lois rabbiniques est apparue à la fin du deuxième siècle
de notre ère, quand le Rabbi Yehouda Hannassi (Juda le Prince) a publié la Mishna. Les lois
consignées dans la Mishna sont le reflet d’environ quatre siècles d’interprétation rabbinique.
Parmi les rabbins qui y ont contribué, beaucoup vivaient à l’époque de Jésus, les plus
remarquables étant Hillel et Shammai. Il y avait également Gamaliel, petit-fils d’Hillel et
aussi professeur de l’apôtre Paul.

Lisez Matthieu 15.1-6.

Quel est le point de controverse ici? Quelle erreur Jésus cherche-t-il à corriger?

Dans la première leçon, nous avons appris que les lois rabbiniques s’appelaient halakha, ce
qui signifie « marcher. » Les rabbins pensaient que si quelqu’un marchait en suivant les lois
secondaires, il garderait également les principales par défaut. Pourtant, à un moment, les
lois secondaires ont pris de l’importance, et après quelque temps, il est devenu difficile de
distinguer le traditionnel du biblique.

Il n’apparait pas que Jésus avait un problème avec le fait que les Pharisiens aient leurs
propres règles. En revanche, il avait bien un problème avec le fait que ces règles soient
élevées au rang de « doctrines. » Nul être humain n’a autorité pour créer des restrictions
religieuses et les élever au niveau du mandat divin. Mais cela ne veut pas dire que les
groupes de croyants n’ont pas le droit de créer des règles pour contribuer à régir notre
comportement au sein de la communauté. Des directives pratiques peuvent aider le peuple
à observer la loi de manière considérable. Cependant, on ne devrait jamais permettre aux
directives de prendre la place de la loi elle-même.

En tant qu’adventistes du septième jour, quelles sont les règles, les traditions et
les coutumes que nous gardons et qui nous aident, croyons-nous, à vivre plus
fidèlement et docilement selon la loi? Faites une liste que vous apporterez aux
membres de la classe, et posez des questions sur le rôle qu’elles jouent dans la vie
de votre communauté de foi.
MARDI 15 avril LE CHRIST ET LA TRADITION RELIGIEUSE

Les traditions des anciens

Comme nous l’avons vu, certains rabbins accordaient tellement d’attention aux règles et
aux traditions conçues pour aider à l’observation de la loi de Moïse qu’ils ne parvenaient
plus à faire la distinction entre les deux. Au fil du temps, les paroles des rabbins ont acquis
un statut canonique. Les gens pensaient qu’elles étaient aussi obligatoires que les Ecritures.
Selon toute vraisemblance, quand les rabbins ont rédigé leurs commentaires à l’ origine,
leur intention n’était pas d’ajouter des pages aux Ecritures. Pourtant, leurs fidèles disciples
ont sans doute considéré que leur rôle consistait à partager ces interprétations uniques avec
le peuple.

Relisez Matthieu 15.1, 2.

Sur quel texte, qui se trouve dans les cinq premiers livres de Moïse, la tradition
est-elle basée ? Quelle est la portée de votre réponse ? Voir également Marc 7.3, 4
et Mt 15.11.

On a du mal à trouver un texte biblique qui ordonne: « Tu te laveras les mains avant de
manger. » Pourtant cette injonction n’aurait pas surpris les scribes et les Pharisiens dans
leur confrontation avec Jésus, car ils ont dit clairement que les disciples ne violaient pas la
loi mosaïque mais la « tradition des anciens. » L’intensité avec laquelle ils ont posé la
question donne l’impression que, pour les Pharisiens, ii s’agissait d’une infraction religieuse
grave.

Les professionnels de santé et les parents invoqueraient probablement des raisons


d’hygiène ou psychologiques face à cette apparente obsession compulsive des Pharisiens
pour le lavage des mains. Cependant, les spécialistes pensent que le problème relevait
vraiment de l’impureté cérémonielle. Apparemment, les Pharisiens s’inquiétaient du fait
qu’en vaquant à leurs occupations, les gens risquaient de toucher des objets qui avaient été
souillés. Par conséquent, s’ils mangeaient sans se layer, ils s’auto-contaminaient
cérémoniellement en touchant la nourriture.

Etant donné qu’ils ont lancé cette accusation contre les disciples de Jésus, on peut en
conclure que Jésus lui-même n’était pas en infraction avec cette tradition bien connue (Marc
7.3). Néanmoins, il était parfaitement au courant que les Pharisiens étaient des spécialistes
des détails.

Lisez Esaïe 29.13.

Quels principes bibliques déterminants sont révélés ici ? Pourquoi est-il si


important que l’on s’en souvienne?
MERCREDI 16 avril SEMAINE 3

Des préceptes humains

« On n’a pas cessé de substituer des préceptes humains aux commandements de Dieu. Il
existe, même parmi les chrétiens, des institutions et des usages qui n’ont d’autre
fondement que les traditions des pères. De telles institutions, qui reposent uniquement sur
une autorité humaine, ont supplanté celles que Dieu avait établies. Les hommes s’attachent
à leurs traditions, respectent leurs coutumes et haïssent quiconque s’efforce de leur montrer
leur erreur. . . Dieu nous exhorte à accepter la parole du Père éternel, Seigneur des cieux et
de la terre, plutôt que l’autorité des prétendus Pères de l’Eglise. » Ellen G. White, Jésus-
Christ, p. 391.

Lisez Matthieu 15.3-6, mais dans le contexte d’Exode 20.12, Deutéronome 5.16,
Matthieu 19.19 et Ephésiens 6.2.

Quelles sont les deux accusations graves que fait Jésus à l’encontre des
Pharisiens?

Quand les Pharisiens ont défié Jésus au sujet de l’incident du lavage des mains, ils
s’attendaient à ce qu’il réponde directement à leur accusation. Mais, dans son style unique,
Jésus les a à son tour défiés par une question qui touchait au cœur du problème. Jésus
voulait qu’ils sachent que le problème ne résidait pas tellement dans le fait de se laver ou
non les mains, ou de payer la dîme, mais dans l’élévation des standards humains au-dessus
des standards divins. Les Pharisiens pouvaient donner une explication logique à leur position
sur le lavage des mains. Sans nul doute, ils se sont probablement aussi dit que consacrer
leurs ressources à la cause de Dieu plutôt qu’à leurs parents était l’expression de leur
amour sans pareil pour Dieu.

Les Pharisiens avaient peut-être des motivations logiques d’agir ainsi, mais Dieu n’attend
pas des humains qu’ils l’aiment à leur façon. C’était une bonne chose qu’ils se préoccupent
d’être disciplinés et de vivre saintement, mais cette préoccupation ne devrait jamais éclipser
la volonté de Dieu. Les Pharisiens auraient dû se souvenir que les 613 lois consignées dans
la loi de Moïse étaient en harmonie, et non contradictoires. Aucune de ces lois ne cherchait
à en supplanter une autre. Pourtant leur insistance à suivre la « tradition des anciens »
annulait la Parole de Dieu (Mt 15.6), en tout cas les concernant. Sans doute, se considérant
comme les protecteurs de la loi, ont-ils été choqués, et même scandalisés, par cette
affirmation qu’ils la transgressaient en réalité, allant jusqu’à la rendre « sans effet » à cause
de ces mêmes traditions qu’ils pensaient être une aide pour le peuple dans une meilleure
observation de la loi!
JEUDI 17 avril LE CHRIST ET LA TRADITION RELIGIEUSE

Une justice excessive

Lisez Matthieu 5.17-20. Voir également Rm 10.3.

Dans le contexte de la leçon de cette semaine, quelles sont les différentes manières de
comprendre l’avertissement de Jésus dans Matthieu 5.20?

Pris hors contexte, le verset de Matthieu 5.20 semble être une invitation à être plus
Pharisien que les Pharisiens, c’est-à-dire à faire ce qu’ils font, mais davantage encore.

Mais est-ce bien ce que Jésus est en train de dire ? Par bonheur, la réponse à cette question
est à portée de main. La leçon d’hier relevait qu’il n’était pas inhabituel pour les scribes et
les Pharisiens d’élever les lois traditionnelles au-dessus de la loi de Dieu. Jésus a dû leur
dire que leurs actes invalidaient en réalité la claire Parole de Dieu. La leçon de lundi
mentionnait également cela: bien que les scribes et les Pharisiens eussent probablement de
bonnes choses dans leur enseignement, un grand nombre d’entre eux menait une existence
hypocrite.

Avec ce contexte, il n’est pas difficile de comprendre ce qu’avait Jésus à l’esprit en faisant
cette déclaration. Il a très bien pu faire référence à ce contre quoi il met en garde ici : «
Celui donc qui violera l’un de ces plus petits commandements et qui enseignera
aux gens à faire de même sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux » (Mt
5.19). Les Pharisiens étaient tellement obnubilés par les lois d’origine humaine qu’ils
enfreignaient ouvertement la loi de Dieu. Leur justice était basée sur leurs efforts
personnels, et en cela, elle était déficiente. Esaïe avait déclaré longtemps auparavant que la
justice humaine est comme un vêtement souillé (Es 64.6).

Jésus encourage le type de justice suivant : la justice qui commence dans le cœur. Lors de
l’incident du lavage des mains, Jésus a relevé l’erreur des Pharisiens en citant Esaïe 29.13 :
« Ce peuple me glorifie de la bouche et des lèvres, mais son cœur est loin de moi. »
La justice que Dieu recherche est plus profonde que des actes visibles.

Jésus demande une justice qui va au-delà de celle que les Pharisiens eux-mêmes pensaient
posséder. La justice qui compte ne s’obtient pas en rayant au fur et à mesure sur une liste
des choses à accomplir. Elle s’obtient seulement par la foi en Jésus-Christ et en réclamant
sa justice pour nous-mêmes. C’est une justice qui existe grâce à un abandon complet de soi
et à une prise de conscience ardente de notre besoin de Jésus comme Substitut et Exemple.

Lisez Romains 10.3. De quelle manière ce texte nous aide-t-il à voir cc qu’il en est
de la véritable justice ?
VENDREDI 18 avril SEMAINE 3

Pour aller plus loin...

Pour plus d’informations sur le thème de cette semaine, lisez Ellen G. White, « La
tradition, » pp. 387-391, « Malheur à vous, pharisiens ! » pp. 607-619, dans Jésus-Christ.
Lisez également Matthieu 23.

« Qu’ils prennent garde à l’avertissement contenu dans les paroles du Christ tous ceux qui
acceptent une autorité humaine, les coutumes de l’Église, ou les traditions des Pères : «
C’est en vain qu’ils me rendent un culte, ils enseignent des doctrines qui ne sont que des
préceptes humains ». » Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 391.

A méditer

• Citez quelques-unes des traditions que nous suivons en tant qu’adventistes du


septième jour. Pourquoi est-ce important de les reconnaitre en tant que telles ?
Pourquoi les traditions sont-elles importantes, et quel rôle jouent-elles dans la vie
de notre communauté ? Lesquelles ont une portée universelle, et lesquelles sont
basées sur des facteurs locaux et culturels?

• « Il leur [les membres d’église] est arrivé fréquemment de permettre à l’ennemi


de se servir d’eux au moment même où ils auraient dû se consacrer entièrement
au Seigneur pour faire avancer son œuvre. Inconsciemment ils se sont égarés très
loin du sentier de la justice. En nourrissant un esprit de critique et de médisance,
de piété pharisaïque et orgueilleuse, ils ont contristé l’Esprit de Dieu, et retardé
considérablement l’œuvre des messagers du Seigneur ». Ellen G. White,
Témoignages pour l’Eglise, vol. 3, p. 410. Comment en arrive-t-on à s’égarer
inconsciemment très loin du sentier de la justice? Quelles démarches peut-on faire
pour éviter de se retrouver enlisé dans l’hypocrisie et l’autosatisfaction?

• Réfléchissez à l’ordre du service de culte de votre église. Pourquoi votre église


suit-elle cet ordre particulier ? Quel est le sens de chaque élément (par exemple,
l’invocation, la doxologie, la prière pastorale, etc.) ? Quelles leçons tirer du culte
qui révèle à quel point la tradition se mêle à notre foi ? En même temps, il faut
nous demander le simple fait que cela soit une tradition, et rien d’autre, est-ce que
cela veut dire que c’est forcément mauvais?

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