Explorations et diagnostics en urologie
Explorations et diagnostics en urologie
Cours
1- EXPLORATIONS EN UROLOGIE ..........................................................................................................3
2- COMPLICATIONS URINAIRES DES FRACTURES DU BASSIN ................................................................8
3- LITHIASES URINAIRES_ COLIQUE NÉPHRÉTIQUE .............................................................................13
4- INFECTIONS URINAIRES ..................................................................................................................20
5- INCONTINENCE URINAIRE DE LA FEMME ........................................................................................28
6- DYSFONCTION ÉRECTILE .................................................................................................................32
7- INFERTILITÉ MASCULINE .................................................................................................................37
8- TUMEURS DU REIN .........................................................................................................................42
-9 TUMEUR DU TESTICULE ..................................................................................................................48
10- TUMEURS DE LA VESSIE ..................................................................................................................52
11- HYPERTROPHIE BÉNIGNE DE LA PROSTATE ....................................................................................58
12- TUMEURS DE LA PROSTATE ............................................................................................................63
13- TUBERCULOSE UROGÉNITALE .........................................................................................................68
1- TRAUMATISME FERMÉ DU REIN _CONTUSION RÉNALE .................................................................74
2- RÉTENTION AIGUË D’URINE ............................................................................................................79
3- GROSSE BOURSE .............................................................................................................................83
4- HÉMATURIE ....................................................................................................................................88
5- ANURIE OBSTRUCTIVE ....................................................................................................................92
1- PATHOLOGIE RÉNALE ......................................................................................................................94
2- PATHOLOGIE TESTICULAIRE .......................................................................................................... 100
3- PATHOLOGIE VÉSICALE ................................................................................................................. 106
4- PATHOLOGIE DE LA PROSTATE ..................................................................................................... 111
2 EXPLORATIONS EN UROLOGIE
EXPLORATIONS EN UROLOGIE 3
1- EXPLORATIONS EN UROLOGIE
1. EXPLORATIONS BIOLOGIQUES
La fonction rénale globale peut être appréciée par le dosage sanguin de la créatininémie.
Valeurs normales :
Chez la femme : 50 à 90 pmol/L
Chez l'homme : 80 à 115 pmol/L
FORMULE DE COCKCROFT ET GAULT
Estimation de la clairance de la créatinine incluant l'âge, le sexe, le poids et la
créatininémie résultant en mL/min, non indexé à la surface corporelle
K × (140 – Âge) × Poids(kg)
DFG (ml/min) =
Créatininémie (µmol/l)
k = 1,23 chez l'homme
k = 1,04 chez la femme
Le prostate specific antigen (PSA) ou antigène spécifique de la prostate est une molécule
secrétée exclusivement par la prostate
Le dosage du PSA sérique total est, en association au toucher rectal, au centre du dépistage du
cancer de prostate.
Un taux de PSA supérieur à 4ng/mL et/ou une anomalie du toucher rectal doivent amener à
consulter un urologue.
En cas de diagnostic d’un cancer de prostate, le dosage du PSA intervient à tous les stades de la
maladie (localisée ou métastatique) dans l’évaluation de la réponse au traitement, le suivi et le
diagnostic d’une récidive.
Le PSA n’est cependant pas spécifique du cancer de prostate.
Il peut en effet être augmenté :
quelle que soit la pathologie prostatique (hypertrophie bénigne, infection…).
Après des manœuvres endorectales
Marqueurs du cancer du testicule : AFP , b-HCG , LDH et ACE :diagnostic et suivi .
1.5 CYTOLOGIE URINAIRE
La cytologie exfoliatrice par recueil spontané des urines ou lavage vésical permet de rechercher
des anomalies cytologiques évocatrices de tumeurs urothéliales.
EXPLORATIONS EN UROLOGIE 5
2. EXAMENS RADIOLOGIQUES
L'urographie intraveineuse, examen dé de l'urologie pendant des décennies, a été remplacée par
l'échographie pour évaluer les patients ayant une hypertrophie bénigne de la prostate et par
l'uroscanner pour évaluer au mieux le haut appareil et la pathologie tumorale.
L'UIV garde cependant de rares indications en raison de son caractère dynamique qui permet
une analyse fine du délai de sécrétion dans certains cas d'obstruction.
a Technique UlV :
Patient à jeun, restriction hydrique modérée, vessie vide.
On réalise, parfois, des clichés 15 ou 20 secondes après l'injection IV, de façon à visualiser les
artères rénales (ex : recherche d'une sténose dans un bilan d'une HTA).
Entre 1 à 3 minutes après l'injection : on obtient des clichés de néphrographie ou de sécrétion.
Entre 3 et 5 minutes : on obtient des clichés précoces d'excrétion.
On réalise ensuite des clichés espacés de façon à voir la totalité du haut appareil et le
remplissage initial de la vessie (20', 30', 1 h
En cas d'obstacle sur les voies excrétrices, il faut obtenir des clichés tardifs (4h, 12h, 24h....).
Cliché pré, per et post-mictionnels.
b ASP (Arbre urinaire sans préparation) :
Première étape de toute UIV
II étudie :
Le squelette osseux
Le bord externe du psoas
L'ombre des reins
L'existence d'opacités de densité calcique en projection sur les voies urinaires.
c UIV : elle permet d'apprécier
L'excrétion rénale : elle apparaît en moyenne vers la 3e minute. Elle doit être synchrone et
symétrique.
On parle de rein muet :
En cas d'absence totale d'opacification du rein {obstruction totale de l'artère rénale,
destruction du parenchyme).
En cas de néphrogramme sans visualisation des voies excrétrices {obstacle sous-jacent,
insuffisance rénale aigue).
L'épaisseur du parenchyme.
La morphologie des cavités pyélocalicielles.
L'uretère : physiologiquement, il est animé de mouvements péristaltiques et n'est pas vu en
totalité, sur un seul cliché d'UlV. Par contre, il doit être vu en totalité sur l'ensemble des clichés
d'UlV.
La vessie (lacune vésicale, signe de lutte, résidu post-mictionnel).
L'urètre.
d Contre-indication
Myélome, amylose, insuffisance rénale, diabète : bonne hydratation du malade en pré, Per et
post-UIV.
Grossesse : Relative au 2e, 3e trimestre (limiter au maximum le nombre de clichés (2 à 3) : ASP,
un cliché à 4 minute et un à 15 minutes), absolue au 1er trimestre.
6 EXPLORATIONS EN UROLOGIE
L'allergie à l'iode est rare : préméditation du malade quelques jours avant l'examen.
Diabète non insulino-dépendant traité par glucophage : pas d'injection d'iode car risque
d'insuffisance rénale aigue,
Il faut arrêter le glucophage 3 jours avant la réalisation d'UlV.
C'est un examen non invasif, facilement réalisable et répétable, peu onéreux mais nécessitant un
opérateur expérimenté.
Elle peut être appliquée à la pathologie rénale, vésico-prostatique et scrotale.
a Échographie rénale est indiquée pour
Reconnaître le caractère solide ou liquide d'une masse.
Recherche d'une dilatation des cavités pyélocalicielles.
Insuffisance rénale, rein muet et autres « contre-indications » de l'UIV.
Recherche d'une collection péri-néphrétique.
Grossesse.
Repérage avant ponction ou biopsie percutanée.
Surveillance d'un rein transplanté.
EXPLORATIONS EN UROLOGIE 7
b Échographie vésicale
Mesure la capacité vésicale et le résidu post-mictionnel.
Étudie la paroi vésicale (signes de lutte, diverticule).
Étudie le contenu vésical (calcul, tumeur).
c Échographie prostatique :
Par voie sus-pubienne {vessie en réplétion ou mieux, par voie endo-rectale).
Estime le poids de la prostate L*l*h (en mm) /2 = poids (en g).
Étudie l'échostructure homogène entourée d'une zone hyperéchogène correspondant au tissu
graisseux périprostatique).
Guide la ponction d'un nodule suspect.
d Échographie scrotale
Différencie une lésion annexielle d'une lésion testiculaire.
Étudie l'échostructure testiculaire.
2.5 TOMODENSITOMÉTRIE (TDM) /UROSCANNER
a Principe
Elle permet d'obtenir des coupes anatomiques transversales du corps (vision par en dessous)
avant et après injection IV de produit de contraste pour délimiter les voies
Urinaires et les structures vasculaires.
On peut profiter de cette injection pour réaliser quelques clichés standards de l'arbre Urinaire :
on obtient alors des clichés d'UIV couplés au scanner (uroscanner).
b Indications
Bilan d'extension locorégional des tumeurs.
Contribue au diagnostic étiologique d'une masse rénale.
Bilan lésionnel d'un traumatisme rénal.
Diagnostic des lacunes de la voie excrétrice (calcul radiotransparent, caillot, tumeur).
c L'IRM
En urologie, l'IRM apporte un intérêt supplémentaire par rapport aux autres techniques
D’imagerie dans les tumeurs surrénaliennes, en particulier le phéochromocytome, elle permet le
diagnostic des thrombus veineux caves dans le bilan des tumeurs rénales et elle a un intérêt dans
le bilan du cancer de la prostate, les autres applications sont en cours d'évaluation.
Contre-indications de l'IRM :
La claustrophobie.
Le malade agité ou en réanimation.
Le port de prothèses f prothèse de hanche, implants oculaires, pace-maker, stérilet,
prothèses dentaires ou auditives).
8 COMPLICATIONS URINAIRES DES FRACTURES DU BASSIN
Généralités
Les fractures du bassin sont définies comme une solution de continuité de l'un ou des quatre os
qui constituent le bassin.
Les fractures du bassin s'accompagnent dans 10 à 15% de lésions traumatiques du bas appareil
urinaire.
2. RAPPEL ANATOMIQUE
- L'urètre est le canal par lequel l'urine s'écoule de la vessie lors de la miction.
- Il commence au col de la vessie et se termine à l'extrémité de la verge.
- Il est divisé en plusieurs segments désignés par les éléments avec lesquels il entre en rapport :
L'urètre prostatique : c'est la portion initiale de l'urètre dans laquelle il traverse la glande
prostatique de la base au sommet. Il est entouré au niveau du col vésical par un
épaississement de fibres musculaires détrusoriennes qui constituent le sphincter lisse de
l'urètre
L'urètre membraneux : c'est le segment qui traverse le diaphragme urogénital
(anciennement appelé aponévrose moyenne du périnée). Il entre en rapport à ce niveau avec
le sphincter strié de l'urètre. Dans les fractures du bassin avec déplacement, l'urètre peut
être rompu par cisaillement avec les bords des feuillets aponévrotiques du diaphragme
urogénital. La proximité du sphincter strié explique l'incontinence urinaire qui peut
compliquer les traumatismes de l'urètre postérieur
L'urètre spongieux : c'est la partie de l'urètre contenue dans le corps spongieux du pénis. Elle
comprend deux segments : périnéal et pénien
- L'urètre postérieur regroupe les parties prostatique et membraneuse.
- L'urètre antérieur correspond à la partie spongieuse.
- Le segment postérieur ainsi que la partie périnéale de l'urètre antérieur sont fixes du fait de
connexions urétrales avec la prostate et le périnée. Cette fixité explique les traumatismes
indirects engendrés par les fractures déplacées du bassin.
COMPLICATIONS URINAIRES DES FRACTURES DU BASSIN 9
3. MÉCANISME LÉSIONNEL
a L’urètre membraneux
Seul les fractures du bassin avec déplacements importants qui sont en cause
Mécanismes de rupture de l'urètre membraneux
1. Effet « guillotine » :
Les fractures bilatérales des cadres obturateurs provoquent un recul brutal du bloc
prostatovésical.
L'aponévrose moyenne du périnée agit alors comme une guillotine, sectionnant l'urètre
membraneux.
2. Déchirure de l'urètre par les mouvements de l'aponévrose moyenne du périnée solidaire des
reliefs osseux
3. Étirement de l'urètre adhérant à l'aponévrose moyenne du périnée
4. Une lésion urétrale par embrochage sur une esquille osseuse ( rare)
Lésions osseuses causales : Les fractures de la branche pubienne du cadre obturateur, les
disjonctions symphysaires,
b Urètre prostatique
Les mécanismes sont le plus violents, peut entraîner un éclatement de la prostate ou sa
désinsertion (la mortalité dans ce groupe de patients est élevée).
4. CLASSIFICATION
AAST
I Contusion Urétrographie normale
II Étirement Présence de sang au méat urétral
III Rupture partielle Pas d'extravasation de produit de contraste sur l'urétrographie
IV Rupture complète Opacification vésicale malgré une fuite de produit de contraste
Ascension du bloc vésicoprostatique < 2 cm
V Rupture sévère Rupture complète avec ascension de l'urètre proximal de > 2 cm ou
complète extension à la prostate ou au vagin
5. DIAGNOSTIC
a Clinique
Triade classique :
Urétrorragie
Globe vésical
Hématome périnéal en ailes de papillon
7. TRAITEMENT
a Immédiat
Palier a un éventuel état de choc (mesures de réanimation)
Rechercher des lésions associées , plus graves, nécessitant une PEC urgente (crane ,thorax,
abdomen..)
Mise en place d'une cystostomie a minima (KT sus pubien), sous échoguidage 1.
b Trois approches
b.1 Ancienne : réparation chirurgicale immédiate
Abandonnée (hémorragie++, infection, instabilité osseuse)
Sauf en cas de plaie du rectum, d'incarcération ou une lésion du col vésical associe
b.2 Classique : réparation chirurgicale différée
Elle consiste à dériver les urines par un cathéter sus-pubien puis à réparer par voie ouverte 3 à 6
mois3 plus tard la sténose de l’urètre qui survient inévitablement
L’intervention consiste en une résection de la lésion traumatique suivie d’une urétrorraphie
terminoterminale (UTT) par voie périnéale exclusive
Ses avantages par rapport à la technique ancienne sont :
D'éviter une chirurgie importante chez un patient traumatise ;
De diminuer le risque d'infection de l'hématome pelvien ;
1
Le sondage « à l'aveugle » précoce, restant un des grands facteurs favorisants, doit être proscrit.
2
Le cystocathéter sus-pubien est utilisé pour drainer un globe vésical lorsque la voie urétrale est contre-
indiquée.
3
3 à 6 mois (anglo-saxons), J10 (autres)
COMPLICATIONS URINAIRES DES FRACTURES DU BASSIN 11
D'éviter la mobilisation de la prostate et de l'urètre membraneux pouvant entrainer un
traumatisme des nerfs érecteurs.
Elle a ainsi permis de diminuer I ‘incidence des trois complications majeures par rapport à I
‘approche ancienne impuissance, incontinence, infection de l’hématome.
Ses inconvénients sont une période prolongée de dérivation urinaire et la survenue inévitable
d'une sténose/ oblitération de l'urètre nécessitant un ou plusieurs gestes de reconstruction
urétrale.
b.3 Moderne : réalignement endoscopique
Entre le 7e et le 15e jour.
Voie d'abord : sus-pubienne et transurétrale.
Cicatrisation urétrale sur une sonde tutrice 18 ch laissée six semaines.
Les avantages :
Sa réalisation facile (fibrose periuretrale moins importante).
Son caractère peu invasif.
L'urètre est réaligne sans majorer l’hématome pelvien ce qui produit des
sténoses/oblitérations plus courtes et mieux alignées.
Taux d'impuissance et d'incontinence imputables à la technique quasi nulle.
8. SURVEILLANCE
Les patients doivent être suivis tous les ans par un examen clinique, une débitmétrie et la
mesure du résidu postmictionnel en échographie.
En cas de diminution du débit ou d'augmentation du résidu, il faut faire une urétrocystographie
rétrograde ou une cystoscopie à la recherche d'une sténose (rétrécissement de l’urètre ) qui sera
en première intention traitée par urétrotomie interne (UI).
12 COMPLICATIONS URINAIRES DES FRACTURES DU BASSIN
II. TRAUMATISME DE LA VESSIE
a Mécanismes
Traumatisme du bassin +++ (70-97 % cas).
Deux sites de rupture possibles :
Dôme vésical (vessie pleine dépassant la symphyse pubienne, rupture par augmentation
brutale de la pression intravésicale) = perforation intrapéritonéale
Espace sous-(extra)-péritonéal (esquille osseuse ++)
b Examen clinique
Association hématurie macroscopique/ impossibilité à uriner + empâtement sus-pubien +
distension abdominale ± signes d'irritation péritonéale.
c Examen paraclinique
Biologie : non spécifique, bilan du polytraumatisme.
Imagerie : urétrocystographie rétrograde +++ (opacification de l'urètre et de la vessie par une
sonde positionnée juste en arrière du méat urétral, remplissage 350 ml minimum).
Possibilité d'opacification lors du scanner corps entier (cystoscanner) :
confirmation du diagnostic;
localisation de la brèche (intrapéritonéale parfois difficile à visualiser du fait de la dilution du
produit de contraste dans la cavité péritonéale, sous-péritonéale);
recherche d'une lésion de l'urètre associée (10-30 %).
d Prise en charge
Elle dépend du site de la perforation :
intrapéritonéale : prise en charge chirurgicale en urgence, fermeture de la brèche vésicale,
sondage vésical 7-10 j ;
sous-péritonéale : traitement conservateur, sondage vésical prolongé (10 j), contrôle cysto-
graphie avant ablation de la sonde.
e Complications
Infection +++ (surtout si matériel d'ostéosynthèse à proximité).
Péritonite.
Insuffisance rénale aiguë si reconnue tardivement.
LITHIASES URINAIRES_ COLIQUE NÉPHRÉTIQUE 13
1. GÉNÉRALITÉS
La lithiase urinaire correspond une concrétion calcaire pouvant toucher l’ensemble de l'appareil
urinaire.
Elle touche principalement le haut appareil urinaire, elle est de siège rénal et oxalo-calcique dans
70 à 80 % des cas.
Elle touche deux hommes pour une femme, essentiellement entre 30 et 50 ans
Le taux de récidive à 5–10 ans après traitement est d’environ 50 %
La récidive survient dans 40 à 60 % des cas dans les cinq ans et dans 60 à 80 % des cas dans les
dix ans.
2. PHYSIOPATHOLOGIE
3.1 CLINIQUE
Crise Douleur lombaire : intense, brutale, sans position antalgique, unilatérale, irradiant de haut
typique en bas le long des uretères et aux organes génitaux externes, évoluant par crise
paroxystique, avec agitation, anxiété
Signes fonctionnels urinaires: pollakiurie, brûlure mictionnelle, hématurie (microscopique
ou macroscopique)
Iléus réflexe : nausées, vomissements, arrêt du transit voire tableau pseudo‐occlusif
Fosse lombaire sensible à la palpation et la percussion ± tendue (rein dilaté)
CNA Apyrexie, touchers pelviens normaux, BU négative, abdomen souple (parfois météorisé)
simple Résolutif dans la majorité des cas sous traitement antalgique symptomatique
Formes compliquées
CNA Pyélonéphrite aiguë obstructive : urines infectées en amont d’un calcul obstructif
fébrile Fièvre > 38°C, frissons, BU positive, voire sepsis grave/choc septique
ECBU et hémoculture : obligatoire devant toute CNA fébrile
CNA IRA fonctionnelle septique ou obstructive sur calculs bilatéraux (rare) ou sur rein unique
anurique IRA obstructive avec élévation très importante de la créatinine
Troubles ioniques fréquents : hyperkaliémie, acidose
CNA État de mal néphrétique : douleur non calmée par le traitement antalgique bien conduit
hyper- (AINS IV et morphine IV)
algique Cessation brutale de la douleur = rupture de la voie excrétrice ou rupture du fornix,
pouvant entraîner un urinome péri‐rénal important drainage en urgence
b Hématurie
- Elle peut être isolée ou accompagner la CN.
- Micro- ou macroscopique. Toujours rechercher une hématurie microscopique à la bandelette
urinaire (sensibilité de 95 %).
- Le plus souvent intermittente, augmentée par la mobilisation.
- Liée à l’irritation de l’urothélium par la lithiase.
3.2 PARACLINIQUE
4. DIAGNOSTIC ÉTIOLOGIQUE
Systématique dès le 1er épisode lithiasique, réalisé à distance > 1 mois d’un épisode aigu ou d’un geste
urologique
PARACLINIQUE
5. DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
a CNA simple
Mise en condition :
Aux urgences : Repos au lit, pose d'une VVP.
Restriction hydrique transitoire.
Traitement symptomatique :
AINS4+++ en l'absence de CI :
Créatinine et β-hCG -> Ketoprofène 100mg en IV, puis PO au décours.
Antalgiques :
Paracétamol 1 g en IV.
Titration morphinique IV si insuffisant+++.
b Traitement des formes compliquées :
CNA fébrile :
Dérivation chirurgicale des urines en urgence : Sonde urétérale ou néphrostomie
percutanée.
Antibiothérapie double IV (après prélèvements) = C3G + aminoside : adapté
secondairement, relai oral après 48h d’apyrexie, durée de 10 à 21 jours
Contre‐indication au kétoprofène (risque d’abcès majoré)
Traitement du calcul à 1 mois (soit 2 semaines après fin de l’antibiothérapie)
CNA anurique : Dérivation chirurgicale des urines en urgence.
CNA hyper-algique :
Titration morphinique IV.
SI échec : Dérivation chirurgicale des urines.
6.3 TRAITEMENT DE LA MALADIE LITHIASIQUE
a Expulsion spontanée
90% de chance si calcul ≤ 4 mm, chance quasi‐nulle si ≥ 8 mm
α‐bloquant : ↑ les chances d’élimination de 50%, surtout en cas de calcul > 8 mm
La disparition de la douleur n’est pas un critère suffisant pour définir la levée d’obstacle
b Traitement du calcul
b.1 Indications
4
Les AINS diminuent la filtration glomérulaire par inhibition de la synthèse des prostaglandines,
diminuent le tonus musculaire lisse des voies urinaires et réduisent l’œdème inflammatoire au niveau
de l’obstruction.
18 LITHIASES URINAIRES_ COLIQUE NÉPHRÉTIQUE
b.2 Moyens
Mesures Diurèse > 2 L/jour : objectif de densité urinaire sur urines du matin < 1015
diététiques Boissons à répartir tout au long de la journée
générales Alimentation :
Normalisée en calcium (0,8‐1g/j), en sel (< 9 g/j) et protéines animales (< 1,2 g/kg/j)
Limiter la prises excessive d’aliments riches en oxalate et les boissons sucrées
Mesures Calcul urique Alcalinisation par eau de Vichy objectif de pH = 6 à 7
diététiques Régime pauvre en fructose et purines
particulières Calcul PAM Suppression des boissons alcalines
Acidification des urines par acide phosphorique
Calcul de Alcalinisation par citrate de potassium objectif de pH > 7,5
cystine Boisson abondante > 3L/jour
Traitement Antibiothérapie prolongée 2 à 3 mois adaptée adaptée en cas de lithiase infectieuse
spécifique Diurétique thiazidique en cas d’hypercalciurie persistante
Allopurinol en cas d’hyperuricémie
Surveillance Essentielle : 2 fois la 1ère année, puis annuelle avec bilan urinaire
CYSTINURIE
Affection héréditaire autosomique récessive par mutation du gène SLC3A1 (type A) ou SLC7A9 (type
2) : élimination excessive de cystine (acide aminé) dans les urines
Clinique Lithiase récidivante : coliques néphrétiques, dysurie, hématurie, rétention aiguë
d'urine, infection urinaire
Paraclinique Calculs très échogènes à l'échographie, moyennement radio-opaques
Diagnostic : réaction de Brand positive, chromatographie des acides aminés urinaires
(excrétion massive des 4 acides aminés dibasiques), analyse des calculs
Traitement Régime limité en sels et aliments riches en méthionine
Boisson abondante > 3L/jour
Alcalinisation des urines par citrate de potassium pour pH urinaire = 7,5‐8
Traitement curatif : D‐pénicillamine
En cas d’échec du traitement médical pour la dissolution des calculs : LEC (échec
fréquent), ou urétéroscopie ou NPLC si échec
20 INFECTIONS URINAIRES
4- INFECTIONS URINAIRES
GÉNÉRALITÉS
L’infection « dite » urinaire (IU) est une infection de l’appareil urinaire (urothélium et parenchymes
adjacents) par un ou plusieurs micro-organismes, qui entraînent le plus souvent une réaction
inflammatoire locale. Stricto sensu, ces infections concernent donc uniquement le tractus urinaire :
infection du rein et de ses cavités excrétrices (pyélonéphrite), infection de la vessie (cystite), infection
des urines seules (colonisation). On y rattache les infections génitourinaires de la glande prostatique
(prostatite), de l’épididyme (épididymite), du testicule (orchite), et les infections de l’urètre seul
(urétrite)
Sur urines du 2ème jet fraîchement émises dans un récipient propre mais non stérile, sans toilette
préalable
Bandelette réactive détectant :
Bandelette urinaire
Leucocytes ≥ 104/mL
Nitrite produit par des entérobactéries ≥ 105 UFC/mL
Chez la femme : une BU négative a une VPN > 95% en l’absence d’immunodépression
Chez l’homme : une BU positive à une VPP > 90%, mais une BU négative n’élimine pas le
diagnostic
Faux négatifs des nitrites : bactérie sans nitrate réductase (CGP = staphylocoque, streptocoque,
entérocoque, BGN aérobie = Pseudomonas…), régime restreint en nitrates, pH acide, urines
diluées
Indiqué devant toute suspicion clinique d’infection urinaire, à l’exception des cystites simples
Réalisé avant toute antibiothérapie, si possible > 4h après la précédente miction
ECBU
Après hygiène des mains et toilette de la région urétrale ou vulvaire au savon + antiseptique
Recueil du milieu de jet (après élimination de 20 mL d’urine) dans un flacon stérile de 20‐30 mL
Conservation < 2h à température ambiante ou < 24h à 4°C
Classification
La pyélonéphrite aiguë (PNA) est un état inflammatoire, transitoire, d’origine infectieuse, atteignant le
rein et sa voie excrétrice par voie canalaire plus souvent qu’hématogène, responsable d’un œdème,
d’un afflux leucocytaire et d’une ischémie localisée du parenchyme rénal
2. DIAGNOSTIC
a Clinique
Fièvre > 38.0, frissons
Douleurs lombaires : généralement unilatérale, au niveau de la fosse lombaire, irradiant vers les
OGE, spontanée ou provoquée par la palpation/percussion (signe de Giordano)
SFU : pollakiurie, brûlures et douleur à la miction, mictions impérieuses, urines troubles
Signes digestifs (parfois au 1er plan) : vomissements, diarrhée, météorisme abdominal
Bandelette urinaire positive (leucocyturie, nitrites)
b Paraclinique
L’ECBU est systématique.
Les autres examens complémentaires et l’antibiothérapie sont à adapter selon la forme clinique.
PNA simple PNA à risque de complication PNA grave
Hémocultures Uniquement si doute diagnostique Uniquement si doute diagnostique Systématique
CRP, urée, Créat Non systématique Systématique Systématique
Imagerie Non systématique Systématique Systématique
ATB Monothérapie Monothérapie Bi-thérapie
Surveillance Clinique si évolution favorable
ECBU + UroTDM si Fièvre à 72H du début de l’ATB adapté
3. TRAITEMENT
4. CAS PARTICULIERS
Infection des urines contenues dans la vessie, inflammation muqueuse vésicale, sans atteinte
parenchymateuse.
La cystite est définie comme récidivante lorsque l’on constate plus de 4 épisodes par an
La contamination se fait par voie rétrograde et ne concerne que les femmes pour des raisons
anatomiques (brièveté de l’urètre féminin, contrairement à l’homme chez qui il existe un rôle
protecteur de la prostate et de ses sécrétions riches en zinc, ainsi que de la longueur urétrale).
2. CYSTITE AIGUË SIMPLE
a Diagnostic
Il n’existe que des signes locaux.
Le syndrome de cystite typique associe : pollakiurie, brûlures mictionnelles et impériosités
mictionnelles.
On peut également constater des douleurs hypogastriques, des urines troubles et malodorantes,
une hématurie possible (ce n’est pas un facteur de gravité).
Il n’y a jamais de douleurs lombaires, ni de fièvre.
BU : leucocytes et nitrites positifs
L’ECBU n’est pas recommandé en cas de cystite aiguë simple.
b Évolution
Sans traitement : guérison spontanée dans 25 à 45% des cas, avec un risque de pyélonéphrite
très faible
Sous traitement :
Évolution favorable en 2 à 3 jours
Récidive dans 20 à 30% des cas (à la même bactérie dans 50% des cas)
c Traitement
ère
1 intention : fosfomycine‐trométamol (Monuril®) en dose unique
2nd intention : pivmécillinam (Selexid®) pendant 5 jours
Derniers recours : Fluoroquinolone (ciprofloxacine ou ofloxacine) en dose unique
d Surveillance
Uniquement clinique, jugée par la patiente (aucune consultation, BU ou ECBU systématique de
contrôle) ECBU si :
Evolution défavorable : persistance des signes cliniques après > 72h d’antibiothérapie
Récidive précoce dans les 2 semaines
3. CYSTITE A RISQUE
Une cystite est considérée récidivante s’il y a eu au moins 4 épisodes pendant une période de 12 mois.
a Facture du risque
Activité sexuelle, utilisation de spermicide (déséquilibre de la flore vaginale commensale)
Antécédents : 1ère infection urinaire < 15 ans, antécédents familiaux d’infections urinaires au 1 er
degré
Obésité
Femme ménopausée : prolapsus vésical, incontinence urinaire, résidu post‐mictionnel, déficit
oestrogénique
b Paraclinique
ECBU : recommandé pour les 1er épisodes de récidive épisodes à bactéries différentes, non
résistantes
Uniquement chez la femme ménopausée ou sur orientation clinique : discuter un bilan
urologique (mesure du résidu post‐mictionnel, débitmétrie urinaire, échographie ± uroscanner,
cystoscopie…)
Aucun bilan chez la femme non ménopausée, sans FdR de complication, avec examen clinique
normal
c Traitement
≥ 1 cystite/mois
Antibioprophylaxie
ECBU
Hémocultures si fièvre> 38,5°C.
Échographie des voies urinaires par voie sus-pubienne en urgence si :
Douleur lombaire.
Suspicion de rétention aiguë d’urines.
Contexte particulier : ATCD de lithiase des voies urinaires, sepsis
L’échographie endo-rectale est une contre-indication à la phase aiguë car très douloureuse.
3. COMPLICATIONS
1. DÉFINITION
Selon l’ICS (International Continence Society), l’incontinence urinaire est une perte involontaire
d’urine, objectivement démontrable (déficience) et constituant un problème social ou d’hygiène.
Il s’agit d’une perte involontaire d’urine par l’urètre due à l’incompétence du système
sphinctérien vis-à-vis des pressions générées ou transmises par la vessie.
On exclut de ces définitions les communications anormales des voies urinaires (abouche ment
ectopique anormal congénital des uretères ou fistule vésico-vaginale acquise). Les mictions par
regorgement sont également exclues de ces définitions.
2. PHYSIOPATHOLOGIE
4. DIAGNOSTIC
4.1 CLINIQUE
Le diagnostic d’une incontinence urinaire repose avant tout sur l’Interrogatoire et sur l’examen clinique
a Anamnèse
Antécédents personnels médico-chirurgicaux et familiaux
Antécédents gynéco-obstétricaux et statut ménopausique
Recherche des facteurs de risque
Prise de traitement
Date d'apparition des symptômes
Diagnostic du type : survenue à l'effort ou à la suite d'une impériosité ou les deux
Sévérité :
Nombre de changes quotidiens
Retentissement sur la qualité de vie : questionnaire Ditrovie®
Réalisation d'un calendrier mictionnel
Signes associés :
Signes fonctionnels urinaires, polyurie
Dyspareunie
Troubles du transit : constipation, incontinence anale
Troubles sensitifs : perte de sensation du passage urinaire
b Examen physique
Examen clinique général à la recherche d'une pathologie associée
Examen uro-gynécologique vessie semi-pleine, au repos et en poussée :
Examen au spéculum et touchers pelviens : trophicité vulvo-vaginale
Recherche une fistule vésico-vaginale
Recherche un prolapsus génital : manœuvre des valves
Recherche d'une fuite d'urine par le test à la toux
Manœuvres de soutènement :
Col vésical : manœuvre de Bonney
Urètre: manœuvre de soutènement urétral
Examen de la sensibilité périnéale
Bandelette urinaire +/- débitmétrie
4.2 PARACLINIQUE
a ECBU
seul examen vraiment indispensable, une infection peut expliquer à elle seule une urgenturie
Si les troubles majoriraires sont l'impériosité ou la pollakiurie: cystoscopie et frottis urinaire
b Bilan urodynamique
pas en première intention pour prescrire une rééducation mais obligatoire si diagnostic incertain,
traitement inefficace de l'urgenturie, chirurgie envisagée, pathologie associée de type
neurologique par exemple.
30 INCONTINENCE URINAIRE DE LA FEMME
Comprend: une débitmétrie, une cystomanométrie, une uréthromanométrie, une
sphinctérométrie.
Le diagnostic d’une incontinence urinaire est clinique. Aucun examen complémentaire n’est
nécessaire de première intention. Leur réalisation sera proposée devant l’échec d’un traitement
de première intention bien conduit ou devant la présence de symptômes associés. Ils seront
toujours orientés par l’examen clinique.
c Bilan radiologique
c.1 Cystographie
Elle peut être rétrograde et mictionnelle ou bien descendante au cours d'une urographie
intraveineuse et étudie le bas appareil urinaire pendant la phase de remplissage et de vidange de
la vessie.
Permet d'appréciée l'angle cervicourétrale et de surtout permet de rechercher une
hypermobilité cervicourétrale a la cystographie dynamique.
c.2 Echographie
Il s'agit d'un examen peu invasif, réalisé par voie sus-pubienne une fois la vessie pleine.
On peut ainsi repérer la position du col et de I’ urètre au repos, en retenue et en poussée en
évaluant la mobilité de ces différents éléments par rapport à la symphyse pubienne.
Recherche une lésion vésicale associée et un résidu post mictionnel
5. TRAITEMENT
Toujours traiter une cause mise en évidence ou des facteurs favorisants : obésité, cystite, tumeur…
a Incontinence urinaire d'effort
Cible : l'urètre
Objectif : renforcer les résistances de l'urètre
a.1 1e intention
Rééducation périnéale avec biofeedback.
On effectuera du biofeedback, du renforcement manuel et du renforcement par
électrostimulation.
Il est inutile de prolonger cette kinésithérapie au-delà d'une quinzaine de séances si elle est
inefficace.
a.2 2e intention
si résultats insuffisants = traitement chirurgical :
Hypermobilité urétrale : pose d’une bandelette sous-urétrale (TVT, TOT…) ;
IS prédominante modérée à sévère :
Bandelette sous urétrale synthétique sans tension par voie rétropubienne (TVT)
Sphincter urinaire artificiel
Ballons ajustables de compression péri-urétraux
Bandelette aponévrotique sous cervicale
insuffisance sphinctérienne sur urètre fixé : pose de sphincter artificiel.
b Incontinence urinaire par urgenturie :
Cible : la vessie
Objectif : ↑ capacité vésicale, ↓ pression pendant remplissage
b.1 1e intention
Médicaments
INCONTINENCE URINAIRE DE LA FEMME 31
Anticholinergiques : oxybutinine, chlorure de trospium, solifénacine, darifénacine
Effets secondaires : sécheresse buccale, constipation, vision floue, mydriase, tachycardie,
nausées, dyspepsies.
Bêta-3-agonistes : mirabégron
b.2 2e intention
Neuromodulation du nerf spinal S3
Injection toxine botulique A dans la vessie
b.3 3e intention
Entérocystoplastie d'agrandissement
32 DYSFONCTION ÉRECTILE
6- DYSFONCTION ÉRECTILE
1. DÉFINITION
Incapacité d’obtenir et/ou de maintenir une érection suffisante pour permettre une activité sexuelle
satisfaisante pendant au moins 3 mois.
2. ÉTIOLOGIES
FdRCV : âge > 50 ans, tabac, HTA, dyslipidémie, atcds familiaux, obésité
androïde
Signes de maladie athéromateuse : AOMI, cardiopathie ischémique, AAA, AVC
Neuro maladie de Parkinson, SEP, épilepsie, démence, traumatisme médullaire,
psychiatrique neuropathie périphérique (alcoolisme, diabète…), AVC
Endocrino- Déficit en testostérone lié à l’âge
pathie Autres : dysthyroïdie, insuffisance surrénalienne
Iatrogène Médicament :
Antidépresseur, neuroleptique
β‐bloquant non sélectif
Antihypertenseur : anti‐aldostérone, diurétique thiazidique
Inhibiteur de la 5α‐réductase
Anti‐androgène
Chirurgie ou radiothérapie abdomino‐pelvienne
Autres Traumatisme abdomino‐pelvien
Affection hématologique : drépanocytose, thalassémie, hémochromatose
Troubles du sommeil : SAOS, insomnie
Apparition brutale, dysfonction érectile inconstante
Conservation des érections nocturnes, baisse de libido, aucune éjaculation possible
Origine psychogène
a Interrogatoire
Cinq points sont essentiels :
- les antécédents : en particulier chirurgicaux ou traumatiques mais aussi médicaux ;
- les traitements médicamenteux ;
- le type de DE : primaire ou plus souvent secondaire, ses caractéristiques (rigidité, durée ou
fréquence insuffisante, maintien d’une possibilité de rapport), l’existence ou non d’érections
matinales ou nocturnes, la possibilité d’érections normales par masturbation ;
- le maintien d’une libido et d’un orgasme ;
- les relations dans le couple : en particulier, l’entente entre les deux partenaires, l’existence ou
non d’une demande de relations sexuelles de la part de la partenaire (se souvenir que 30 % des
partenaires ménopausées sont opposées à la reprise des rapports après une interruption) et
parfois les relations extraconjugales et leur qualité.
b Examen clinique
Il est indispensable mais son apport est souvent limité.
L’absence d’anomalies organiques rassure le patient insuffisant érectile fonctionnel.
Il comporte :
- l’étude des caractères sexuels secondaires, à la recherche de signes d’hypogonadisme ou de
féminisation ;
- l’examen des organes génitaux :
évaluation de la taille des testicules et de leur consistance ;
examen du prépuce et de la peau du pénis ;
appréciation de l’élasticité pénienne et palpation à la recherche de plaques de fibrose ;
- un toucher rectal avec appréciation de la prostate et du tonus du sphincter anal ;
- l’étude de l’état cardiovasculaire : palpation des pouls fémoraux et distaux ainsi que pénien ;
- un examen neurologique orienté, étudiant la sensibilité périnéale, le tonus du sphincter anal
et le réflexe bulbocaverneux
Si l’examen du malade est en faveur, l’avis d’un psychiatre doit être évoqué et proposé au
patient qui le souhaite.
Orientation
Origine organique prédominante Origine psychogène prédominante
Début progressif Apparition brutale
Disparition des érections nocturnes Conservation des érections nocturnes
Conservation de la libido Diminution de la libido
Éjaculation verge molle Absence d’éjaculation
Partenaire stable Conflits conjugaux
Absence de facteur déclenchant Facteur déclenchant
Étiologie organique évidente Dépression
Examen clinique anormal Examen clinique normal
Personnalité stable et humeur normale Anxiété, troubles de l’humeur
Examens complémentaires anormaux Examens complémentaires normaux
34 DYSFONCTION ÉRECTILE
c Paraclinique
1ère intention Bilan cardiovasculaire (si aucun bilan récent) : glycémie à jeun, bilan lipidique
Biologie standard (en l’absence d’examen récent < 5 ans) : NFS, créat, iono, bilan
hépatique
Testostéronémie totale et biodisponible si > 50 ans en cas de symptômes évocateurs
de DALA
PSA total selon l’examen prostatique ou si androgénothérapie envisagée
2nd intention En cas d’hypotestostéronémie : 2ème dosage + LH/FSH + prolactinémie
Test pharmacologique par injection intra‐caverneuse si IPDE5 inefficace ou en cas
d’anérection
4. TRAITEMENT
L’encadrement psychologique doit être envisagé à chaque étape thérapeutique, quelles que
soient l’évolution et la cause de la DE. De même, une information sexuelle a pour objectifs
d’expliquer la physiologie de l’érection, le mécanisme des pannes et de l’anxiété de
performance, l’évolution de la sexualité avec l’âge et, bien sûr, de rassurer, dédramatiser et
prendre en compte la partenaire.
Des conseils d’hygiène de vie seront prodigués : régime alimentaire, lutte contre le surpoids,
sevrage du tabac et d’éventuelles autres substances addictives, lutte contre la sédentarité.
Dans tous les cas, il faut envisager un traitement étiologique ou la réévaluation des traitements
en cours (pathologie existante).
4.1 TRAITEMENT PHARMACOLOGIQUE
a Voie orale
a.1 Inhibiteurs spécifiques des phosphodiestérases de type 5 (IPDE-5)
Traitement oral de référence en 1e intention des DE (1e traitement oral dont l’efficacité est
réellement prouvée).
Facilitateurs de l’érection, ils nécessitent une stimulation sexuelle pour être efficaces.
On peut citer le sildénafil (Viagra®), le tadalafil (Cialis®), le vardénafil (Levitra®)
Association IPDE-5 et androgènes :
si patients non répondeurs aux IPDE-5, il faut s’assurer de l’absence d’un déficit
androgénique
en cas de déficit androgénique, la supplémentation hormonale est parfois à même
d’améliorer la réponse au traitement
a.2 Autres
La yohimbine (extrait d’écorce bloquant les récepteurs alpha-2-adrénergiques) est parfois
utilisée, mais aucun produit commercialisé n’a une efficacité prouvée.
DYSFONCTION ÉRECTILE 35
Inhibiteurs spécifiques des phosphodiestérases de type 5 (IPDE-5)
Inhibe la dégradation du GMPc, second messager intracellulaire du NO, amplifiant ainsi la
relaxation musculaire lisse du tissu érectile
Mode d°action
Le monoxyde d'azote (NO) libéré entraîne la formation de GMP cyclique qui favorise l'érection.
Mais les effets du GMP cyclique sont limités par son hydrolyse sous l'influence des
phosphodiestérases, comme la phosphodiestérase de type 5.
Son inhibition au niveau de la verge inhibe l'inactivation du GMP cyclique dont la concentration
augmente ainsi que son effet vasodilatateur. La durée de l'effet du médicament dépend de la
durée de cette inhibition.
Pour le sildénafil et le vardénafil, la prise doit avoir lieu 1 heure avant le rapport sexuel, et leur
Emploi
Dyspepsie, nausées
Vertiges
Hypotension
Troubles de la vision des couleurs (1 %)
Patients sous dérivés nitrés, donneurs de NO, molsidomine (risque d’hypotension grave)
Cardiopathies ne permettant pas les rapports sexuels (angor instable, insuffisance cardiaque
CI
grave)
Troubles héréditaires dégénératifs de la rétine (rétinite pigmentaire)
b Injections
b.1 Injections intracaverneuses (IIC)
Elles entraînent le relâchement des cellules musculaires lisses caverneuses, soit de façon directe,
soit par l’intermédiaire des récepteurs adrénergiques.
Elles entraînent une vasodilatation artérielle.
Elles sont utilisées en auto-injections :
moxisylyte (Icavex®) : antagoniste des récepteurs adrénergiques, action facilitatrice donnant
une tumescence sans rigidité en dehors d’une stimulation sexuelle associée;
prostaglandine El (alprostadil : Edex® et Caverject®) : produit le plus efficace (55 à 93 % selon
l’étiologie de la DE), avec le moins d’effets secondaires (priapisme < 1 %).
36 DYSFONCTION ÉRECTILE
Caractéristiques des IIC
Mode d'action Action inductrice (délai : 15 min, durée : 30 min) par diminution de la libération de
NA par un mécanisme présynaptique et sur une activation des récepteurs
membranaires spécifiques musculaires lisses, médiée par une activation de
l'adénylate cyclase intracellulaire (augmentation de la concentration en AMPc)
Indications Contre-indication ou intolérance au traitement oral
Échec du traitement oral
Chirurgie carcinologique prostatique (prostatectomie radicale sans préservation des
bandelettes vasculonerveuses) ou vésicale (cystoprostatectomie totale)
Préférence du patient (problèmes du non-remboursement des traitements oraux,
efficacité supérieure à celle des traitements oraux)
Effets Rares douleurs à l'injection (début de traitement)
indésirables Érections pharmacologiquement prolongées, priapisme
Hématome au point d'injection
Rares nodules de fibrose caverneuse au point d'injection
Contre- Aucune
indications Pas de contre-indication en cas de pathologie cardiovasculaire, ni en cas de
traitement anticoagulant bien contrôlé
Le Vacuum® est un système mécanique permettant une érection passive : dépression induite par une
pompe à vide reliée à un cylindre dans lequel est placée la verge et remplissage sanguin maintenu en
place grâce à un anneau élastique compressif placé à la base du pénis.
INFERTILITÉ MASCULINE 37
7- INFERTILITÉ MASCULINE
1. GÉNÉRALITÉS
Infertilité : absence de grossesse après plus de 12 mois de rapports sexuels réguliers sans
contraception.
Stérilité : incapacité totale pour un couple d’obtenir un enfant.
Primaire (aucun enfant) ou secondaire (après ≥ 1 grossesse finie ou non (IVG…))
15% des couples
Origine masculine dans 20% des cas, féminine dans 40% des cas ou mixte dans 40% des cas
Anomalie du sperme :
Quantitative : ↓ du nombre de spermatozoïdes
Qualitative : ↓ de mobilité, vitalité ou atteinte de la morphologie des spermatozoïdes ou de
leur ADN
Altération du liquide spermatique
2. ÉTIOLOGIES
Urologique Cryptorchidie
Infection uro‐génitale : orchi‐épididymite, prostatite
Lésionnel : torsion du cordon spermatique, traumatisme testiculaire
Varicocèle
Malformation congénitale : hypo‐/épispadias
Général Diabète, maladie endocrinienne
Affection respiratoire, mucoviscidose ; Cancer
Iatrogène Chirurgical : orchidectomie, orchidopexie, cure d’hernie inguinale ou d’hydrocèle
Radiothérapie, médicamenteux
Environnement Profession
Toxique : tabac, alcool, cannabis
Chaleur
4. DIAGNOSTIC
a Spermogramme
- Conditions : après 3‐5 jours d’abstinence, au laboratoire, < 30 minutes après éjaculation
- Répété en cas d’anomalie, après un délai d’au moins 3 mois5.
- Spermatocytogramme : étude morphologique (tête, pièce intermédiaire, flagelle)
- Les marqueurs des glandes annexes (épididyme, vésicules séminales, prostate) sont parfois
mesurés par certaines équipes dans le liquide séminal. En fait, l'intérêt de cet examen
biochimique est de plus en plus discuté devant l'absence de critères diagnostiques clairs et
validés. De plus, l'étude morphologie des glandes annexes par l'échographie (voie rectale)
5
1 cycle de spermatogenèse = 74 jours
INFERTILITÉ MASCULINE 39
apporte des renseignements plus fiables. Pour information, les marqueurs mesurés et leur
origine sont : les phosphatases acides (prostate), la carnitine (épididyme), le fructose (vésicules
séminales) , une baisse du taux de ces marqueurs serait, d'après certains auteurs, liée à l'atteinte
des glandes correspondantes (non validé au plan international).
Face à une infertilité d’origine masculine, l’objectif de la prise en charge est de traiter tous les facteurs
de risque pour mettre le couple dans les meilleures conditions de procréation naturelle. En fonction de
l’examen clinique, des données du spermogramme et des examens complémentaires, il est possible de
définir des catégories de patients infertiles, à stratégies thérapeutiques communes
Anastomose épididymo‐déférentielle : en cas d’obstruction de l’épididyme ou des canaux
Chirurgie réparatrice
déférents
Vaso‐vasostomie : rétablissement de la perméabilité après vasectomie ou lésion iatrogène
Reperméabilisation des canaux éjaculateurs : résection de la partie distale des canaux
éjaculateurs en cas de sténose
Cure de varicocèle : ligature chirurgicale ou embolie radio‐interventionnelle de la veine
spermatique
Obstruction bilatérale des canaux éjaculateurs : résection des canaux éjaculateurs
Insémination intra‐ Possible seulement en cas d’oligo‐asthéno‐tératospermie modérée avec
utérine > 1 millions de spermatozoïdes mobiles inséminables
Injection intra‐ Seule technique utilisable en cas de prélèvement chirurgical de
cytoplasmique de spermatozoïde au niveau épididymaire, testiculaire ou déférentielle
AMP
8- TUMEURS DU REIN
1. GÉNÉRALITÉS
2. PATHOGÉNIE
a Facteurs de risque
Hémodialyse en cas de dysplasie multi-kystique
Transplantation rénale
Prédispositions génétiques :maladie de Von Hippel-Lindau
obésité avec une alimentation riche en graisses
Tabac
HTA.
Exposition professionnelle : Industrie sidérurgique
b Genèse
- Accumulation de lésions génétiques
- Implication d’une mutation du gène VHL (situé sur le bras court du chromosome 3), inactivant ce
gène suppresseur de tumeur dans 40 % des cancers sporadiques.
PRÉDISPOSITION GÉNÉTIQUE
Gène VHL Suppresseur de tumeur : mutation retrouvé dans 60% des cancers rénaux sporadiques et
dans la quasi‐ totalité des cancers du rein héréditaires
Maladie Maladie génétique autosomique dominante à pénétrance élevée
de Von- Carcinome rénal à cellules claires : bilatéral, précoce < 40 ans ou 2 atcds familiaux au 1er
Hippel- degré
Lindau Kystes rénaux
Hémangioblastome de la rétine et du SNC (60-80%)
Kystes pancréatiques (30-70%)
Phéochromocytome
Cs oncogénétique : recherche de la mutation du gène VHL, enquête génétique autour du
cas index
Patient présentant la mutation : dépistage systématique dès 5 ans par échographie
rénale 1/an
Indication Tumeur rénale unique :
de conseil < 50 ans si carcinome à cellules claires)
génétique Quelque soit l'âge si carcinome papillaire de type 1 ou 2, chromophobe ou tumeur
hybride oncocytome-chromophobe
Tumeurs rénales multiples ou bilatérales
Antécédents familiaux de tumeur rénale
Association à d'autres manifestations cliniques (personnelles ou chez les apparentés)
TUMEURS DU REIN 43
c Anatomopathologie
c.1 Tumeurs malignes (70‐80%)
Carcinome à cellules rénales (90%)
Carcinome à cellules claires, ou conventionnel : (75‐85%)
tumeur hétérogène, hypervascularisée, cellules optiquement vides
Origine : cellules du tube contourné proximal
Génétique : délétion du bras court du chromosome 3 très fréquemment retrouvée
Grade histopronostique : Grade de Furhman ou grade nucléolaire de l’ISUP selon la morphologie
nucléaire (aspect du noyau, taille des nucléoles) : bas grade (Fuhrman 1‐2) ou de haut grade
(Fuhrman 3‐4)
Phénotype immunohistochimique des principaux CCR
Grade I Noyaux ronds, d’environ 10 m, avec un nucléole mal visible ou absent
Grade II Noyaux ronds, un peu irréguliers, d’environ 15 m avec un nucléole visible mais petit
Grade III Noyaux très irréguliers, d’environ 20 m avec un nucléole large et proéminent
Grade IV Noyaux bizarres ou multilobés de plus de 20 m avec un nucléole proéminent et une
chromatine irrégulière
Carcinome tubulo‐papillaire (12‐14%)
- Origine : cellules du tube contourné distal ;
- Plus fréquent en cas d’IRC ;
- 2 sous-types :
Type I (75 %) : basophile, multifocal et bilatéral ;
Type II : éosinophile, plus agressif ;
- Génétique :pas d’anomalie du chromosome 3, mais trisomie 7 et 17 avec perte de l’Y
Carcinome chromophobe (4‐6%)
- Origine : cellules intercalaires B du tube collecteur ;
- Plus fréquent chez les femmes ;
- Réputé de meilleur pronostic ;
- Carcinome de Bellini ou carcinome des tubes collecteurs (1%) : très agressif
Autres (10%)
Tumeur métanéphrique, néphroblastome, mésenchymateuse, neuroendocrine, MT…
c.2 Tumeurs bénignes
- Fréquentes : 20 à 30% des tumeurs < 4 cm, diagnostic différentiel non réalisable sur l’imagerie
- Oncocytome = adénome oncocytaire (5%) : origine épithéliale, cicatrice stellaire centrale /
femme +++
- Angiomyolipome : origine mésenchymateuse, touche surtout la femme, hypodensité au scanner
(graisse intra‐tumorale = pathognomonique), risque hémorragique (notamment si > 4 cm,
contre‐indication à la PBR)
c.3 Lésions kystiques
Kyste solitaire
Les lésions kystiques du rein sont classées selon des critères d’imagerie (scanner) d’après la
classification de Bosniak
Polykystose rénale : Atteinte bilatérale, maladie génétique familiale
44 TUMEURS DU REIN
TNM 2017
T 1 Tumeur <7 cm, limitée au rein
a ≤ 4 cm b > 4 cm
2 Tumeur > 7 cm, limitée au rein
a ≤10 b >10
3 Tumeur avec thrombus veineux
ou infiltrant le tissu adipeux
sans atteinte de la glande surrénale ou du fascia de Gerota homolatéral
a Envahissement du tissu adipeux péri rénal et/ou le tissu adipeux hilaire mais pas le fascia
de Gerota et/ou thrombus macroscopique dans la VR ou dans l’une de ses branches
(avec présence d’une paroi musculaire)
b Thrombus dans la veine cave inférieure sous diaphragmatique
c Thrombus dans la veine cave inférieure sus diaphragmatique ou infiltration de sa paroi
musculaire
4 Tumeur infiltrant le fascia de Gerota et/ou envahissant par contiguïté la surrénale
N 0 Pas d’atteinte ganglionnaire métastatique régionale
1 Atteinte ganglionnaire métastatique régionale
M 1 Pas de métastase à distance
2 Métastases à distance
TUMEURS DU REIN 45
3. DIAGNOSTIC
a Clinique
Longtemps asymptomatique Découverte fortuite.
Triade classique :
- Hématurie macroscopique : 60 % des cas
totale, spontanée, isolée sans troubles mictionnels ni douleur
signifie l’atteinte de la voie excrétrice
- Masse lombaire : 10 % des cas
- Douleur lombaire : 5 % des cas
Signes généraux : AEG.
Métastase révélatrice : 10 % des cas
Thrombus tumoral veineux : varicocèle (surtout gauche6), oedème des membres inférieurs,
signes d’insuffisance cardiaque droite
Syndrome paranéoplasique (< 5% des cas, tumeur à cellules claires ++) : fièvre prolongée,
polyglobulie (EPO‐ ike), hypercalcémie (PTHrp), HTA (rénine), syndrome de Stauffer
(hépatomégalie et cholestase anictérique)
b Paraclinique
6
envahissement de la veine rénale gauche ou s’abouche la veine spermatique gauche (alors qu'a droite,
elle s’abouche à la VCI)
46 TUMEURS DU REIN
4. ÉVOLUTION
a Facteurs pronostiques
5. TRAITEMENT
a Chirurgie
C’est le traitement de référence des cancers du rein.
Selon la taille, le stade et la localisation de la tumeur, on peut proposer :
une chirurgie rénale conservatrice (néphrectomie partielle) : elle consiste à retirer
uniquement la tumeur en épargnant le maximum de parenchyme rénal sain .
une néphrectomie élargie : on retire en bloc le rein tumoral, la graisse périrénale et
éventuellement la surrénale.
Curage ganglionnaire si N+ : pour le staging N du cancer, sans intérêt thérapeutique
b Traitements ablatifs
Le principe est de détruire la tumeur avec une énergie thermique.
Il y a deux techniques principales :
la radiofréquence : on insère dans la tumeur par voie percutanée et sous contrôle
scanographique une sonde de radiofréquence qui génère une zone d'hyperthermie ;
la cryothérapie : on met en place dans la tumeur par voie percutanée ou laparoscopique une
sonde qui génère par l'intermédiaire d'un gaz réfrigérant une boule de glace qui détruit la
tumeur.
Il est nécessaire d'avoir fait une biopsie auparavant pour confirmer que la tumeur est maligne.
TUMEURS DU REIN 47
Ce sont des traitements qui sont réservés aux petites tumeurs (< 4 cm) chez des patients âgés
avec des comorbidités importantes, chez qui la chirurgie est contre-indiquée.
c Surveillance active
On peut, chez des patients âgés, choisir de surveiller régulièrement une petite tumeur du rein (<
4 cm) car la plupart d'entre elles évoluent lentement (+ 2-3 mm/an).
La surveillance se fait par échographie ou scanner tous les six mois.
d Traitement anti-angiogénique (ou thérapies ciblées)
C'est le traitement des patients avec un cancer du rein métastatique.
Le principe est de bloquer de façon ciblée les médiateurs ou récepteurs de l'angiogenèse.
Plusieurs molécules sont disponibles :
anticorps monoclonal dirigé contre le VEGF : bévacizumab (Avastin*) ;
inhibiteurs des récepteurs du VEGF : sunitibib, pazopanib ;
inhibiteurs de la voie mTOR : temsirolimus, évérolimus.
Ces traitements augmentent la survie sans progression et la survie globale pour certains d'entre
eux.
5.2 INDICATIONS
9- TUMEUR DU TESTICULE
1. GÉNÉRALITÉS
2. FACTEUR DE RISQUE
3. ANATOMOPATHOLOGIE
TNM
T1 = testicule, épididyme ± albuginée N1 = ADP < 2 cm M1a = ADP non
T2 = vasculo‐lymphatique ou vaginale N2 = ADP 2‐5 cm rétropéritonéal/ pulmonaire
T3 = étendue au cordon spermatique N3 = ADP > 5 cm M1b = autre
T4 = étendue au scrotum
I limité au testicule III ADP supra‐diaphragmatique
II ADP para‐aortique, rétropéritonéale IV atteinte viscérale
TUMEUR DU TESTICULE 49
4. DIAGNOSTIC
a Clinique
Stade 1 Selon les FdR : présence d’emboles lympho‐vasculaires et carcinome embryonnaire pur ou
(N0, M0) > 50%
Surveillance active pendant 5 ans si faible risque de rechute 30% de récidive
Chimiothérapie si risque élevé : 2 cures de BEP (bléomycine, étoposide, cisplatine) 3%
de récidive
Curage ganglionnaire lombo‐aortique de stadification : si refus ou contre‐indication à la
surveillance ou la chimiothérapie envahissement ganglionnaire dans 30% des cas, 2%
de récidive
N+/M+ Absence de normalisation des marqueurs tumoraux après orchidectomie : considéré
comme M+
Chimiothérapie BEP : 3 cures si bon pronostic, 4 cures si intermédiaire/mauvais pronostic
(UIGCC)
Bilan à 1 mois Marqueurs non normalisés : intensification de chimiothérapie
Marqueurs + Marqueurs normalisés :
TDM Chirurgie de toutes masses résiduelles > 1 cm (curage)
± Chimiothérapie si > 10% de tissu actif dans les masses
nd
2 ligne Rechute, chimio‐réfractaire : 4 cycles de vinblastine‐ifosfamide‐
cisplatine (VeIP)
TUMEUR DU TESTICULE 51
c Séminomes
Les séminomes sont très radiosensibles, mais moins de sécrétion de marqueurs (surveillance plus
difficile)
Stade 1 (N0, Si faible risque de rechute : surveillance active pendant 5 ans
M0) Si haut risque de rechute : critère de Warde = envahissement du rete testis ou
tumeur > 4 cm :
Chimiothérapie adjuvante : 1 cycle AUC7
Radiothérapie adjuvante para‐aortique et iliaque homolatérale (20‐24 Gy)
Stade IIA‐B Radiothérapie lombo‐aortique et iliaque (20 Gy) avec boost sur la zone tumorale (30‐
(ADP < 5 cm) 36 Gy)
Chimiothérapie (3 cycles BEP ou 4 cycles EP) en alternative pour les stades N2
Stade ≥ IIC Chimiothérapie : 3 ou 4 cycles de BEP selon le pronostic
(N3, M1) Bilan à 1 mois (TDM) :
Surveillance des masses < 3 cm
PET scan si masses > 3 cm chirurgie des masses résiduelles fixantes
d Surveillance à vie
- Marqueurs tumoraux : tous les 3 mois pendant 2 ans puis tous les 6 mois pendant 3 ans puis
1/an
- TDM thoraco‐abdomino‐pelvienne : tous les 6 mois pendant 2 ans puis 1/an
- Testicule controlatéral : échographie + éducation à l’autopalpation
52 TUMEURS DE LA VESSIE
10-TUMEURS DE LA VESSIE
1. GÉNÉRALITÉS
Tabac : RR = 3
Exposition professionnelle (10%) : amines aromatiques (colorant, plastique, caoutchouc),
nitrosamine (colorant, conserve de poisson), hydrocarbure aromatique polycyclique
la découverte d’une tumeur de la vessie doit faire évoquer systématiquement une exposition
professionnelle
Inflammation / irritation vésicale :
Bilharziose urinaire (origine africaine, surtout égyptienne)
Sondage vésical chronique (vessie neurologique)
Irradiation pelvienne
Exposition à certains chimiothérapies (cyclophosphamide)
Antécédents : tumeur du bas ou du haut appareil urinaire, syndrome de Lynch
3. ANATOMOPATHOLOGIE
Type histologique :
Carcinome urothélial (95%) : L’urothélium ou épithélium transitionnel est l’épithélium de
revêtement de l’arbre unaire.
Formes rares (5%) : CE, adénocarcinome
Formes exceptionnelles (< 1%) : carcinomes neuroendocrines, sarcomes
Stade tumoral T = profondeur de l’envahissement vésical
TVNIM : ≤ T1
Ta : tumeur papillaire
Tis : carcinome in situ (toujours agressif)
T1 : chorion
TVIM : ≥ T2
T2 = musculeuse
T2a : Tumeur envahissant la musculeuse superficielle (moitié interne)
T2b : Tumeur envahissant la musculeuse profonde (moitié externe)
T3 = graisse péri-vésicale
T2a : Atteinte microscopique
T2b : Atteinte macroscopique (masse extra-vésicale)
T4 = organe de voisinage
En cas de TVIM, seule la pièce opératoire de cystectomie permet la stadification définitive T2, T3
ou T4
TUMEURS DE LA VESSIE 53
Grade tumoral : degré de différenciation de la tumeur valeur pronostique
Néoplasie de faible potentiel de malignité
bas grade (bon pronostic)
haut grade (mauvais pronostic) / attention : CIS et TVIM sont toujours de haut grade
4. DIAGNOSTIC
a Signes fonctionnels
Hématurie macroscopique (80%) :
Il s’agit classiquement d’une hématurie terminale.
Si l’hématurie est abondante, elle peut être responsable d’une rétention aiguë d’urine
Toute hématurie micro ou macroscopique doit faire rechercher une tumeur vésicale (mais
aussi une tumeur d’un rein ou d’un uretère)
Signes irritatifs vésicaux (20%) : pollakiurie, impériosité, brûlure mictionnelle doit faire
rechercher une tumeur vésicale après élimination d’une infection urinaire par l’ECBU
Signes d’extension loco-régionale : douleur pelvienne/lombaire
Signes d’extension métastatiques à distance : AEG, signes pulmonaires, douleurs osseuses
b Examen clinique
Rechercher des signes en faveur d’une extension loco-régionale
Touchers pelviens (recherche d’un blindage pelvien)
Palpation abdominale et lombaire (masse hypogastrique = tumeur volumineuse / douleurs
lombaires = obstruction urétérale)
Rechercher des signes en faveur de métastases
ADP sus claviculaires
Signes d’anémie, de dénutrition
Palpation osseuse douloureuse
Auscultation pulmonaire
54 TUMEURS DE LA VESSIE
c Paraclinique
7. TRAITEMENT
a.1 Mitomycine C
Mode d’action
- La mitomycine C est un antibiotique cytotoxique agissant comme un agent alkylant. Il interfère
avec les structures et fonctions de l’ADN en formant des ponts entre les brins d’ADN et par la
production de radicaux libres, empêchant la division cellulaire (surtout en phase G1 et S).
56 TUMEURS DE LA VESSIE
Contre-indications
Perforation vésicale
Hématurie macroscopique
Résection étendue
a.2 Immunothérapie par BCG
Les résultats sont supérieurs à ceux de la mitomycine C, mais les effets secondaires, qui peuvent
être graves voire mortels (fièvre, BCGite vésicale, tuberculose pulmonaire), la font réserver aux
cancers à haut risque de récidive ou de progression.
Mode d’action
- Les instillations endovésicales itératives de BCG sont réalisées à l’aide d’une souche de
Mycobacterium bovis atténuée, similaire à celle utilisée pour le vaccin antituberculeux. Le BCG
stimule la réponse immunitaire par la libération de cytokines pro-inflammatoires, et par
l’activation de cellules dendritiques et de lymphocytes T natural killers qui vont entraîner une
destruction directe des cellules tumorales. Le Cis est particulièrement sensible à ce traitement.
Contre-indications :
Déficit immunitaire inné ou acquis
Tuberculose active
Antécédent de réaction systémique au BCG
Antécédent de radiothérapie de l’aire vésicale
Traitement immunosuppresseur (chimiothérapie anticancéreuse et/ou radiothérapie)
absence ou incertitude de l’intégrité de l’urothélium (hématurie macroscopique, sondage
traumatique, ).
b Traitement des tumeurs de vessie infiltrant le muscle (TVIM)
b.1 Traitement chirurgical curatif
Cysto-prostatectomie totale chez l’homme
Pelvectomie antérieure chez la femme : cysto-urétrectomie + hystérectomie + annexectomie +
exérèse de la paroi antérieure du vagin
Curage ganglionnaire pelvien systématique
Déviation urinaire :
Non continente (cutanée) : urétérostomie directe ou trans iléale type Bricker
Continente (interne ): entérocystoplastie (réalisation d'une néo-vessie à partir d'un segment
digestif)
Si refus/contre-indication de cystectomie : résections-radio chimiothérapie
b.2 Traitement adjuvant
Chimiothérapie néoadjuvante (cisplatine)
b.3 Suivi
Biologie (iono sang, NFS, créatinine, ± B12, réserve alcaline.) + TDM TAP
pT2 : 3 et 6 mois puis tous les 6 mois (pendant 2 ans) puis tous les 6-12 mois (à vie)
pT3-4 : tous les 3 mois (pendant 1 an) puis tous les 6 mois (pendant 5 ans) puis tous les 6-12
mois (à vie)
c TVIM métastatique
Pas de traitement curateur (pas de cystectomie)
But du traitement : retarder l’évolution de la maladie = TTT palliatif :
Chimiothérapie (cisplatine) en 1ère intention
Immunothérapie systémique en 2nde intention
TUMEURS DE LA VESSIE 57
TUMEURS DE LA VOIE EXCRÉTRICES SUPÉRIEURE
1. GÉNÉRALITÉS
Tumeurs développées aux dépens de l'urothélium depuis les cavités excrétrices rénales jusqu'à la
portion intra-vésicale de l’uretère
Analogie avec les TV sur les plans épidémiologique, anatomopathologique, clinique
Le pronostic est le même que pour les cancers de la ves
Elles sont beaucoup plus rares que les tumeurs de vessie (TV).( 5% de l'ensemble des tumeurs
urothéliales)
Localisation → pyélocalicielle +++ : 2 fois plus que l'uretère
3. STADES
4. TRAITEMENT
1. GÉNÉRALITÉS
2.1 CLINIQUE
a Interrogatoire
Prises médicamenteuses+++
Dysfonction sexuelle (association fréquente)
Évaluer le retentissement sur la qualité de vie (score IPSS)
Symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) :
b Examen physique
Toucher rectal met en évidence une prostate :
« FLAIRES » : Ferme, Lisse, Augmentée de volume (> 20 g), Indolore, Elastique, disparition du
Sillon médian.
Inspection :
OGE et méat urétral à Sténose du méat urétral, phymosis serré.
Palpation :
Abdominale à Recherche un globe vésical+++.
Lombaire à Douleur et/ou contact (hydronéphrose).
Orifices herniaires.
c Critères d’exclusion
Moins de 50 ans
Présence cancer de prostate
ATCD traitement invasif de l’HBP
Diabète
Pathologie neurologique
ATCD trauma ou chirurgie pelvienne
ATCD MST
Traitement affectant fonction vésicale
2.2 PARACLNIQUE
Débitmétrie Objective et quantifie la dysurie : volume uriné, débit maximal et moyen, temps
mictionnel
Débitmétrie normale
Un Qmax normal est supérieur à 20–25 mL/s pour un volume de miction au
moins équivalent à 150 mL.
Courbe monophasique en « cloche »
Dysurie : courbe aplatie, temps de miction allongé, dysurie importante si débit
maximal < 10 mL/s
Nécessite un volume uriné > 150 ml pour être interprétable
Un débit normal n’exclut pas la présence d’un obstacle, car la vessie peut travailler
sous haute pression.
Elle est au mieux couplée avec une échographie vésicale postmictionnelle.
60 HYPERTROPHIE BÉNIGNE DE LA PROSTATE
Échographie Rein
réno-vésico- Absence de calcul, de tumeur du parenchyme rénal
prostatique Absence de dilatation des cavités pyélo calicielles
Vessie
Muqueuse régulière : pas de T.V.
Absence de calcul
Calcul du résidu post mictionnel
Prostate : volume, en cc ou en g (normale <20g)
2nd intention Fibroscopie vésicale si antécédent d’hématurie : éliminer un cancer vésical
Bilan urodynamique si doute diagnostique
Biologie Taux de PSA :
Dépistage d’un cancer de la prostate associé : biopsies prostatiques si PSA > 4
ng/mL
Faux positif : HBP, prostatite, âge, race, biopsie, éjaculation ou TR avant
prélèvement,
Dosage de la créatinine : dépistage d’une IRC
ECBU : élimine une infection urinaire
3. DIAGNOSTICS DIFFÉRENTIELS
Les SBAU sont des symptômes aspécifiques et peuvent être également présents au cours de
nombreuses pathologies urologiques :
vessie neurologique
sténose de l'urètre d'origine infectieuse ou traumatique (AVP ± fracture du bassin, sondage
traumatique)
maladie du col vésical
infections comme la prostatite chronique
calculs urinaires
tumeurs de la vessie caractérisées par la présence d'une hématurie.
Devant toute hématurie macroscopique, ou en cas de symptômes prédominants d'hyperactivité
de vessie, il faut éliminer une tumeur de la vessie par la réalisation d'une fibroscopie vésicale.
4. COMPLICATIONS
AIGUES CHRONIQUES
Rétention aiguë d'urines Incontinence par regorgement
Infections urinaires Insuffisance rénale aiguë Vessie de lutte
Hématurie (éliminer néoplasie)
Insuffisance rénale chronique
Aucune dégénérescence en cancer, mais apparition sur le même terrain : dépistage systématique
5. TRAITEMENT
a Buts
L'amélioration des symptômes urinaires
L'amélioration de la qualité de vie
La prévention des complications
HYPERTROPHIE BÉNIGNE DE LA PROSTATE 61
b Abstention/surveillance
Indication :
HBP non compliquée
SBAU minimes/modérés sans altération de la qualité de vie
RHD :
Diminuer les apports hydriques > 18h
Diminuer la consommation de caféine et d’alcool
Traitement d’une constipation
Arrêt des médicaments favorisant la dysurie (anticholinergiques, neuroleptiques …)
c Traitement médical
Indication :
HBP non compliquée
SBAU modéré/sévère avec altération de la qualité de vie
e Traitement palliatif
En cas d’échec du traitement médical et de contre-indication opératoire :
Sonde vésicale ou cathéter sus-pubien à demeure, ou auto-sondages intermittents
Endoprothèse urétrale
f Surveillance
Rythme :
Traitement médical : fréquence rapprochée
Traitement chirurgical : à 6 semaines, 3 mois puis 1/an
Efficacité : score IPSS, débitmétrie et mesure du résidu post-mictionnel
Dépistage du cancer de la prostate de 50 à 75 ans
TUMEURS DE LA PROSTATE 63
12-TUMEURS DE LA PROSTATE
1. GÉNÉRALITÉS
2. FACTEURS DE RISQUE
a Histologie
Adénocarcinome (90% des cas) : marquage p63-/PSA+, préférentiellement dans la partie
périphérique (≠ HBP : zone de transition)
Autre (rare) : carcinome épidermoïde ou cancer à petites cellules, lymphome, sarcome
b Score de Gleason= Score histo-pronostique
- Caractérise le degré de différenciation de la tumeur et donc son agressivité potentielle.
- Varie de 2 à 10 et représente la somme des 2 grades histologiques les plus représentés sur le
prélèvement. (chacun notés de 1 à 5).
- Le premier chiffre correspond au grade prédominant, le second correspond au grade secondaire,
le score varie donc de 2 à 10
Ex 1 : un score 7 = 3 + 4 est + grave qu'un score 6 = 3 + 3.
Ex 2 : un score 7 = 4 + 3 est + grave qu'un score 7 = 3 + 4.
- La presque totalité des cancer diagnostiqués ont un score de Gleason 6(3+3) qui correspondent
à des cancers très bien différenciés
4. DIAGNOSTIC
a Signes fonctionnels
- Généralement asymptomatique au stade localisé
- Symptomatologie urinaire :
Dysurie, pollakiurie, impériosité mictionnelle
Hémospermie (atteint VS),hématurie(atteinte urètre, col vésical)
Insuffisance rénale : obstruction urétérale bilatérale
- Douleur :
Lombaires : obstruction unilatérale du méat urétéral
Osseuse : métastases révélatrices : bassin, rachis dorsolombaire, côte
- Autres symptômes :
compression médullaire ou radiculaire
OMI ou thrombophlébite
b Examens cliniques
- TR systématique (même si PSA normal) : nodule dur « pierreux », irrégulier, non douloureux
- Extension : envahissement des vésicules séminales, franchissement capsulaire, atteinte des 2
lobes
- Anomalie du TR = urologue pour discuter réalisation de biopsies prostatiques échoguidées
TUMEURS DE LA PROSTATE 65
c Biologie
c.1 PSA total sérique
- C'est une glycoprotéine spécifique de l’épithélium sécrétoire de la prostate et non d'une maladie
de la prostate
- Dosage selon 2 techniques : immuno-enzymatique et radio immunologique
- ↑ : Age, HBP, prostatite aigue, inflammation transitoire, RAU, TR, sondage urinaire
- Valeur normale : 2,5 à 4 ng/mL ⇒ PSAtotal > 4ng/L : biopsies prostatiques
- Toujours contrôler un PSA anormal par un second prélèvement après un délai ≥ 1 mois
- En cas d’infection urinaire, le PSA peut rester élevé plusieurs mois
- Valeur qui sert au suivi des traitements du cancer de prostate : PSA > 20 ng/mL = suspecter une
évolution métastatique
- PSA 4-10ng/mL et biopsies négatives :
Dosage du rapport
du PSA : « taux de PSA autorisé par la « densité » du PSA = 1/10 du volume de la prostate en
mL ». Volume PSAlibre/PSAtotal
Un rapport < 10% est en faveur d'un cancer
c.2 Autres
- Tests urinaires (PCA3, gènes de fusion TMPRS2 et ERG) : tests réalisés sur analyse d’urine,
permettent meilleure sélection des patients candidats à des biopsies de prostates / non
remboursés
d Biopsie de prostate
Permet le d’affirmer le diagnostic de cancer de la prostate si positif
Agressivité : score de Gleason (différenciation), nombre de biopsies positives, longueur
d’envahissement du cancer, infiltration ou envahissement de la capsule et des espaces péri-
prostatique
a Option thérapeutique
Bas risque Abstention- surveillance si espérance de vie < 10 ans Surveillance active
Prostatectomie totale radicale
Radiothérapie
Curiethérapie
Risque Risque Abstention- surveillance si espérance de vie < 10 ans
intermédiaire intermédiaire Prostactectomie totale +/- curage ganglionnaire étendu
ou élevé Radiothérapie externe seule
Radiothérapie + hormonothérapie courte (6 mois)
Curiethérapie si PSA < 15 et GG2 (ou Gleason 3+4)
Haut risque Abstention- surveillance si espérance de vie < 10 ans
Prostactectomie totale + curage ganglionnaire étendu +/-
radiothérapie
Radiothérapie + hormonothérapie longue (18 mois)
ère
Cancer 1 intention : castration
métastatique - chirurgicale ou hormonale (antagoniste ou agoniste LH-RH, acétate de
cyprotérone)
- en cas de castration hormonale : discuter l’ajout d’une chimiothérapie ou
d’une hormonothérapie de 2nde ligne chez les patients ayant une risque
évolutif élevé ou une forte masse tumorale métastatique
Phase de résistance :
- Maintenir le traitement de castration de 1ère ligne
- Ajouter hormonothérapie de 2nde génération ou chimiothérapie
Synthèse des stratégies suivant le risque tumoral pour les options standard de prise en charge du
cancer de la prostate non métastatique selon le CCAFU 2016–2018.
13-TUBERCULOSE UROGÉNITALE
1. GÉNÉRALITÉS
C’est une infection spécifique de l’appareil urogénital provoquée par le bacille de Koch (B.K.),
C’est la plus fréquente des localisations extra pulmonaires,
C’est une maladie d’appareil que d’organe, elle est plus urinaire que rénale chez la femme et
plus urogénitale qu’urinaire chez l’homme,
C’est une maladie grave par ses atteintes étendues révélées tardivement à un stade ou elles
compromettent la fonction rénale,
Le traitement médical guérit les lésions rénales et stérilise les urines, mais aggrave les lésions
canalaires nécessitant parfois une chirurgie réparatrice et restauratrice.
2. BACTÉRIOLOGIE
3. PHYSIOPATHOLOGIE
La localisation rénale n’est jamais primitive, mais secondaire à un foyer tuberculeux qui le plus souvent
le chancre ganglio-pulmonaire de primo-infection, mais il peut s’agir d’un ancien foyer osseux ou même
d’une pleurésie.
a Voie de propagation :
Le B.K. arrive par voie sanguine au niveau de la corticale du rein ou des deux reins pour y créer la
lésion initiale. Cette lésion a tendance à guérir spontanément, sinon l’infection gagne la
médullaire et de proche en proche le processus tuberculeux atteint la voie excrétrice,
La tuberculose va descendre le cours des urines,
La propagation par voie lymphatique est également fréquente.
b Lésions tuberculeuses :
a. au niveau du rein : deux sortes de lésions d’aspects et d’âge différents peuvent se voir
des lésions ulcéro-caséeuses destructrice du parenchyme rénal contre lesquelles lutte le
traitement médical,
des lésions de sclérose qui isolent les lésions caséeuses favorisant leur cicatrisation.
De par ces deux processus, le rein peut être détruit en totalité ou en partie.
b. au niveau de la voie excrétrice :
les lésions se présentent sous forme d’ulcérations ou de végétations de la muqueuse
susceptibles de guérir complètement sous traitement médical, en absence de traitement
l’évolution se fait vers la sclérose irréversible du muscle lisse causant ainsi des
rétrécissements de l’uretère, une rétraction du bassinet et la vessie dont elle diminue la
capacité.
Les orifices urétéraux et le col vésical peuvent être atteints avec reflux des urines vers le rein.
TUBERCULOSE UROGÉNITALE 69
Les conséquences de ces obstacles se conçoivent aisément : la stase urinaire est facteur de
dissémination tuberculeuse, de néphropathie ascendante et destruction progressive du rein.
c. L’inoculation de l’appareil génital :
Elle se fait par voie canalaire mais surtout par voie lymphatique,
Les lymphatiques de la voie excrétrice communiquent avec ceux des organes génitaux ainsi le
B.K. qui a descendu le cours des urines va remonter le cours du sperme, la prostate, vésicules
séminales, déférents, épididymes et testicules peuvent être atteints par la tuberculose.
4. ANATOMO-PATHOLOGIE
a Macroscopie
1. Lésions du parenchyme rénal :
Cavernes à contenu plus ou moins purulent, voire solide en raison de calcifications mêlées au
caséum,
Poche claire à contenu urineux (témoin de lésions anciennes stériles),
Pyonéphrose ou volumineuses cavernes à contenu purulent à la place du parenchyme rénal
détruit.
2. Lésions de la voie excrétrice :
Les lésions jeunes associant granulations et oedèmes sont réversibles,
A un stade plus avancé apparaissent les ulcérations de la muqueuse, dissociation des
différentes couches de la paroi, une réaction scléro-lipomateuse enserrant le conduit ou le
réservoir dans une gangue rétractile, provoquant selon la localisation une urétérite
sténosante, un reflux viséco-rénal, une petite vessie scléreuse et un rétrécissement du col
vésical ou urétral.
Cette réaction cicatricielle de la voie excrétrice peut aboutir à la destruction du rein, en dépit
de l’arrêt de l’évolution de la maladie.
3. Lésions de l’appareil génital chez l’homme : la tuberculose génitale se manifeste électivement
au niveau de l’épididyme avec pour siège initial l’anse épididymo-déférentielle, mais des lésions
peuvent se voir au niveau du déférent de la vésicule séminale, du canal éjaculateur et la
prostate.
b Microscopie
La lésion histologique fondamentale et la granulation constituée par un agglomérat de petits follicules
typiques : cellules géantes entourées de cellules épithéloïdes et à la périphérie de cellules rondes
lymphoïdes.
5. CLINIQUE
6. EXAMENS COMPLÉMENTAIRES
a Examens bactériologiques
4. Examen cytobactériologique des urines
La tuberculose urinaire et paucibacillaire, il faut savoir répéter les examens d’urine au moins
six jours de suite, ainsi qu’une culture sur milieu spécifique de LOWENSTEIN,
Une pyurie aseptique doit faire suspecter la tuberculose,
Une pyurie à germes banals ne permet d’éliminer le diagnostic, du fait de la surinfection
fréquente des lésions tuberculeuses par le colibacille en particulier.
5. Les autres examens :
Intradermoréaction à la tuberculine (IDR),
F.N.S. (lymphocytes élevés),
V.S.
b Examens radiologiques
1. Urographie intraveineuse : examen clé également au diagnostic.
Permet de dresser une véritable carte de la tuberculose urogénitale, indispensable pour
discuter les indications thérapeutiques et utile pour la surveillance de l’évolution,
Elle peut paraître normale, ceci n’élimine pas le diagnostic.
Abdomen sans préparation : permet de montrer :
Des lésions tuberculeuses extra rénales (mal de pot - calcifications sur le trajet du psoas -
ganglions para vertébraux calcifiés,
Des opacités franches ou de moyenne intensité correspondant à un rein mastic partiel ou
total, des marbrures ou des stries (rein tigré).
7. ÉVOLUTION
1. GÉNÉRALITÉS
Les traumatismes fermés du rein présentent les traumatismes génito-urinaires les plus fréquents
et constituent environ 10% des traumatismes abdominaux.
Les sujets atteints sont le plus souvent jeunes (âge médian entre 20 et 30ans)
Les traumatismes du rein se voient dans deux situations totalement différentes :
Pathologie traumatique rénale isolée
Pathologie associée à un polytraumatisme
Un traumatisme rénal peut entraîner une hématurie en cas d’effraction de la voie excrétrice.
Ces traumatismes ont de multiples visages cliniques et il n'y a pas à proprement parler de prise
en charge standard, chaque cas pouvant nécessiter un type particulier d'intervention.
Un grand nombre de traumatismes rénaux peut actuellement être traité par traitement
conservateur.
2. ÉTIOLOGIES ET MÉCANISMES
Les traumatismes fermés du rein résultent, par ordre de fréquence décroissante : d’accidents de la voie
publique, de la pratique de sports de contact, de chutes, d’accidents professionnels ou encore de rixes
Deux mécanismes sont responsables des lésions rénales :
la transmission au rein de forces générées par un impact lombaire ou abdominal. Le maximum
des forces s’applique à la périphérie du rein (ce qui explique que le parenchyme soit lésé de la
périphérie vers la profondeur).
des mouvements antéropostérieurs ou céphalocaudaux du rein au cours de brusques
décélérations. Lors de décélérations brutales,les gros vaisseaux restent fixes tandis que le rein
est mobilisé très rapidement, ce qui provoque des forces de cisaillement au niveau du pédicule
3. CLASSIFICATION
4. DIAGNOSTIC
4.1 CLINIQUE
4.2 PARACLINIQUE
a Biologie
Créatininémie, ionogramme-urée, hémoglobine, bilan de coagulation, bilan prétransfusionnel.
b Imagerie
b.1 Échographie abdominale
Elle visualise l'ensemble des organes abdominaux.
Elle évalue l'hématome périrénal (dimension)
Elle ne peut pas affirmer que le rein est bien vascularisé.
Elle est systématiquement couplée à un examen doppler pour vérifier la vascularisation du
parenchyme rénal
b.2 Uroscanner
C’est l’examen le plus sensible et le plus spécifique pour caractériser l’atteinte rénale, mais aussi
pour détecter des lésions abdominales associées
Il permet une stadification fiable du traumatisme et du type de la lésion.
Il permet d'apprécier l'existence et l'étendue des lésions vasculaires (rein muet), et de
rechercher une plaie de la voie excrétrice associée.
76 TRAUMATISME FERMÉ DU REIN _CONTUSION RÉNALE
Indiqué systématiquement en cas :
d'hématurie macroscopique,
d'accident à haute cinétique : décélération avec risque de lésion pédiculaire et absence
d'hématurie macroscopique du fait d'un rein non sécrétant,
de traumatisme pénétrant.
b.3 Artériographie
Elle peut être réalisée chez un malade hémodynamiquement instable.
Elle est diagnostique et parfois thérapeutique (embolisation d’une lésion).
b.4 Urographie intraveineuse
Elle a perdu sa place prioritaire dans l'évaluation des traumatismes du rein au profit de la
tomodensitométrie
Elle garde un intérêt uniquement en cas d’exploration chirurgicale sans imagerie préalable chez
un patient hémodynamiquement instable
4.3 LAPAROTOMIE MÉDIANE EXPLORATRICE
Il y a des situations où l'indication chirurgicale est absolue et impérative et ne laisse pas de place
aux explorations complémentaires
La seule indication absolue d'exploration et liée au contexte clinique est en rapport avec un
saignement mettant enjeu le pronostic vital.
5. TRAITEMENT
Le traitement de référence d'un traumatisme rénal chez un patient stable est le traitement conservateur
avec la surveillance.
5.1 MÉTHODES
a Surveillance médicale
- Repos, antalgiques, antibiothérapie.
- Surveillance rigoureuse
Biologique (hémoglobine, créatininémie)
État hémodynamique
État général, état local (hématome)
État des urines (hématurie)
b Traitement chirurgical
b.1 Chirurgie conservatrice réparatrice
- Drainage de l’hématome
- Réparations des lésions rénales :
Néphrorraphie de rapprochement
Néphrectomie partielle
- Réparation de la voie excrétrice
- Réparation des lésions artérielles
b.2 Chirurgie radicale
- Néphrectomie d'hémostase si saignement important incontrôlable.
- Rein complètement déchiqueté
TRAUMATISME FERMÉ DU REIN _CONTUSION RÉNALE 77
c Radiologie interventionnelle
Artériographie et embolisation artérielle sélective en cas extravasation de produit de contraste
iodé au temps artériel sur l'uroscanner (saignement actif), recanalisation avec angioplastie +
stent en cas de dissection artérielle (grade 5) si réalisable dans les 6 heures suivant le
traumatisme
d Drainage percutané ou endoscopique (sonde urétérale/JJ) :
En cas d'extravasation urinaire persistante avec apparition d'une collection ou de signes
septiques
5.2 STRATÉGIE THÉRAPEUTIQUE
6. SURVEILLANCE
1. GÉNÉRALITÉS
La rétention aiguë d'urine est l'impossibilité totale et brutale d'uriner malgré la réplétion
vésicale.
Elle s'accompagne d'une envie pressante et douloureuse d'uriner.
La RAU est due à un obstacle sous-vésical à l’écoulement des urines.
La RAU est une pathologie essentiellement masculine en dehors du contexte de vessie
neurologique.
La RAU est une urgence thérapeutique.
2. PHYSIOPATHOLOGIE
3. ÉTIOLOGIES
4.1 CLINIQUE
a Avant drainage
b Après drainage
ECBU systématique
Biologie : créatininémie, ionogramme sanguin
Échographie du haut appareil urinaire en cas de fièvre ou d'IRA : recherche de dilatation
urétéro-pyélocalicielle ou de signes de pyélonéphrite
Jamais de dosage de PSA (fausse élévation)
c Bilan étiologique
Echo vésico-prostatique sus-pubienne : résidu post-mictionnel, retentissement vésical,
diverticule, lithiase, tumeur vésicale (si hématurie), lobe médian prostatique, volume prostatique
Débitmétrie éventuelle (à distance de l'épisode de RAU)
Urétrocystoscopie : obligatoire si hématurie macroscopique associée ou difficulté de sondage
Bilan urodynamique : si pathologie neurologique sous-jacente
Urétrocysographie rétrograde et mictionnelle (rarement) : bilan de sténose urétrale ou de
traumatisme urétral
5. TRAITEMENT
La rétention aiguë d'urine est une urgence thérapeutique. Elle se traite par la vidange vésicale. Le
drainage des urines peut se faire :
Par les voies naturelles : sonde vésicale
Par voie percutanée : cathéter sus-pubien
RÉTENTION AIGUË D’URINE 81
Quelle que soit la modalité de drainage, il faut systématiquement :
Relever le volume contenu dans la vessie au moment de la rétention (meilleur pronostic
inférieur à 600 ml)
Surveiller la diurèse horaire;
Prévenir le syndrome de levée d'obstacle, et l'hématurie a vacuo.
6. COMPLICATIONS
InsuffisanceStase vésicale avec retentissement sur le haut appareil par ↑ pression intra‐vésicale
rénale aiguëDilatation bilatérale des voies excrétrices supérieures, ↑ créatininémie
obstructive Après drainage : ‐ Insuffisance rénale régressive très rapidement
Dilatation pyélocalicielle persistante quelques semaines
Syndrome de Tubulopathie fonctionnelle (incapacité transitoire du rein à concentrer l’urine) et rôle
levée osmotique de l’urée
d’obstacle Dépistage : surveillance horaire de la reprise de la diurèse après la levée de l’obstacle
Diagnostic : polyurie osmotique, parfois majeure, engageant le pronostic vital
TRT: réhydratation IV adaptée aux sorties
Hématurie a En cas de vidange trop rapide, favorisée par un trouble de l’hémostase ou des
vacuo anticoagulants
Hématurie macroscopique
Prévention : vidange vésicale progressive (clamp quelques minutes tous les 500 ml)
Vessie Perte des capacités contractiles de la paroi vésicale : reprise retardée de la fonction
claquée vésicale (après quelques jours à quelques semaines)
Altération de la paroi vésicale, pouvant aboutir au développement de diverticules
vésicaux
82 RÉTENTION AIGUË D’URINE
GROSSE BOURSE 83
3- GROSSE BOURSE
1. DÉFINITION
C'est l'augmentation du volume de la bourse :c'est à dire de ses enveloppes et de son contenu scrotal.
2. DIAGNOSTIC
b Examen clinique :
Examen scrotal : doit être bimensuel, bilatéral, comparatif
Sujet debout : inspection et palpation des deux bourses
Sujet couché : on doit apprécier le volume et la consistance des deux bourses
Rechercher les signes locaux : œdème, sensibilité, rougeur, chaleur
On doit impérativement rechercher l'existence d'une hernie, d'une fistule scrotale
(tuberculose)
Signes généraux : état général, température, état de conscience, coloration cutanée et
muqueuse, toucher rectal, adénopathie associée, faire uriner le patient devant soi
3. ÉTIOLOGIES
4.1 GÉNÉRALITÉS
Urgence chirurgicale dans les 6 heures suivant le début des signes car :
Dès 4 heures d'ischémie : les lésions anoxiques sont présentes avec destruction des cellules
de Sertoli et arrêt de la spermatogenèse
Au delà de 6 heures : le risque de nécrose testiculaire imposant une castration est plus
important Au delà de 12 heures : tout espoir de récupération est illusoire, l'atrophie survient
après une phase de poussée inflammatoire.
Parfois l'orchidectomie s'impose pour fonte purulente
Intervention chirurgicale :
Voie d’abord scrotale (sauf en cas de doute avec une nécrose intra‐tumorale : voie inguinale)
Prélèvement bactériologique si hydrocèle.
Extériorisation du testicule.
Détorsion et examen de la viabilité :
Si viable : Orchidopexie.
Si non viable : Orchidectomie et envoie en anapath.
Dans un second temps : prothèse et orchidopexie controlatérale
5. ORCHI-ÉPIDIDYMITE AIGUË
5.1 GÉNÉRALITÉS
a Clinique
Fièvre : progressive ou brusque, d'intensité variable
Douleurs scrotales intenses : irradiant le long du cordon, d'installation rapide mais non brutale
Signes inflammatoires locaux (« grosse bourse aiguë douloureuse ») : oedémateuse, tendue,
luisante, chaude
Epididyme augmenté de volume
Nodule induré et douloureux à la palpation de tout ou partie de l'épididyme (queue > tête)
Signe de Chevassu négatif : disparition du sillon épididymo-testiculaire
Signe de Prehn positif : douleur soulagée par le soulèvement du testicule Possible hydrocèle
réactionnelle, gênant l'examen physique
TR systématique : recherche d'une urétrite ou d'une prostatite associée
b Paraclinique
Syndrome inflammatoire biologique
Echo-Doppler testiculaire en cas de doute diagnostique ou de suspicion de complication (abcès) :
oedème local, distension de l'épididyme, hydrocèle, prolifération vasculaire, recherche d'abcès
ECBU du 1er et du 2nd jet urinaire : examen direct, culture et recherche PCR de Chlamydia et
gonocoque
Hémocultures : généralement négatives
5.4 ÉVOLUTION
Sous traitement ATB adapté : La guérison est la règle générale avec restitution ad integrum
Non traitée ou vue tardivement, plusieurs complications peuvent survenir :
L'orchi-épididymite : l'infection se propage à la glande
L'abcédation est possible et évolue spontanément vers la fistulisation et la fonte purulente
du testicule si l'abcès n'est pas drainé chirurgicalement
L'ischémie testiculaire qui peut conduire à la nécrose suivie d'abcès ou d'atrophie
Le passage à l'épididymite chronique : marqué par des épisodes aiguës incomplètement
résolutifs alternant avec des périodes de calme.
La stérilité : altération de la fertilité par fibrose et obstruction des canaux épididymaires ou
par altération du parenchyme testiculaire
5.5 TRAITEMENT
a Antibiothérapie
Probabiliste, adapté au contexte : terrain, âge, atcds, écoulement urétral associé…
6. VARICOCÈLE
6.1 DÉFINITION
La varicocèle se caractérise par la dilatation d’une veine (varice) au niveau du cordon spermatique,
cordon fibreux situé dans les bourses au-dessus de chaque testicule, et les reliant chacun au scrotum.
6.2 DIAGNOSTIC
4- HÉMATURIE
1. GÉNÉRALITÉS
2. PHYSIOPATHOLOGIE
Les hématuries micro- et macroscopiques peuvent intervenir dans deux cadres nosologiques :
Urologique : la présence des hématies dans les urines est liée à une lésion du parenchyme ou
de l'arbre urinaire. Celle-ci conduit à l'effraction (micro- ou macroscopique) de vaisseaux
sanguins, dont le contenu va se retrouver en contact avec la lumière de la voie excrétrice
urinaire → saignement d'origine vasculaire
Néphrologique : l'hématurie est liée au passage des hématies à travers la membrane basale
glomérulaire altérée. Les hématuries macroscopiques d'origine néphrologique se présentent
sans caillots en raison de l'action fibrinolytique de l'urokinase tubulaire, sans brûlures
mictionnelles et sans douleurs → saignement d'origine parenchymateuse
3. DIAGNOSTIC
a Confirmer l’hématurie
Il existe normalement quelques éléments figurés du sang clans l’urine.
En cytologie quantitative, la présence de plus de 10 hématies par mm3 définit l’hématurie
microscopique.
En débit (compte d’Addis), elle se définit également par un nombre supérieur à 10000 hématies
par minute.
Quand l’hématurie est macroscopique (à partir de 500/mm3 environ, l’épreuve des trois verres
permet de classer l’hématurie en hématurie initiale (urine rouge seulement dans le premier
verre), terminale (urine rouge seulement dans le troisième verre) ou totale (urine rouge dans les
trois verres).
b Éliminer ce qui n'est pas une hématurie
Urines colorées non hématuriques :
Aliments : Betterave, choux rouge etc.
Médicaments : Rifampicine, métronidazole etc.
Pigments physiologiques : Hémoglobinurie, myoglobinurie, bilirubine, porphyrie.
Hémorragie de voisinage
Urétrorragie (persistance d'un saignement en dehors des mictions).
Génitale (menstruations, métrorragies), hémospermie.
HÉMATURIE 89
c Évaluation clinique
Orientation urologique :
facteurs de risque de carcinome urothélial ++: tabac, exposition professionnelle
antécédent de colique néphrétique, traumatisme, voyage récent
présence de caillots
symptomatologie : douleur lombaire, signes fonctionnels urinaires (syndrome irritatif ou
obstructif)
anomalie aux touchers pelviens
Orientation néphrologique :
homme jeune, infection ORL récente
HTA, œdèmes des membres inférieurs, protéinurie
absence de caillots ou de symptomatologie urologique
Il faut rechercher des signes de gravité
évaluation hémodynamique : anémie, choc hypovolémique
rétention aiguë d'urine sur caillotage : sondage vésical ± irrigations
décaillotage, contre-indication absolue au cystocathéter
hypertension maligne en cas de néphropathie
La chronologie de l'hématurie a une valeur localisatrice:
Initiale : urétroprostatique
Terminale : vésicale
Totale :
d'origine rénale (toutes étiologies confondues : glomérulopathies, parenchyme rénal,
voies excrétrices);
une hématurie totale n'a cependant que peu de valeur car une hématurie abondante,
quelle que soit son origine (vésicale, rénale...), sera responsable d’une hématurie totale.
Il faut rechercher des signes de gravité :
évaluation hémodynamique : anémie, choc hypovolémique
rétention aiguë d'urine sur caillotage : sondage vésical ± irrigations
décaillotage, contre-indication absolue au cystocathéter
hypertension maligne en cas de néphropathie
d Examens complémentaires
En première intention :
ECBU quantitatif et qualitatif à la recherche de cylindres et hématies déformées
Créatininémie
Protéinurie des 24 h
Échographie de l'appareil urinaire
Si orientation urologique, dans un deuxième temps : cystoscopie, cytologie urinaire et
uroscanner. Indispensables si facteurs de risque de carcinome urothélial.
Si orientation néphrologique, dans un deuxième temps et selon l'orientation étiologique :
ponction-biopsie rénale.
Hématurie isolée : réaliser systématiquement un bilan « urologique » (cystoscopie, cytologie
urinaire, uroscanner) avant d'envisager une étiologie néphrologique.
90 HÉMATURIE
4. ÉTIOLOGIES
4.1 UROLOGIQUE
5- ANURIE OBSTRUCTIVE
1. GÉNÉRALITÉS
L’insuffisance rénale aiguë est une défaillance brutale des fonctions rénales entraînant
l’accumulation des déchets organiques (urée et créatinine) avec perte de l’homéostasie
hydroélectrolytique et acido-basique.
Anurie : diurèse <100 mnl/24 heures.
Oligurie : diurèse < 500 ml/24 heures.
Attention ! Il ne faudra pas confondre l’anurie (absence de production d’urine) et la rétention
aiguë d’urine (RAU, absence de vidange vésicale).
Il peut s’agir d’un obstacle sur les voies excrétrices ou d’un obstacle unilatéral sur rein unique ou
une unité rénale fonctionnellement unique.
C’est une urgence, car le pronostic vital est mis en jeu.
Il faut faire le diagnostic en urgence, afin de lutter contre les conséquences métaboliques.
C’est un malade conscient chez lequel l’interrogatoire permet d’apprécier l’absence d’urines
depuis plusieurs heures.
Un bilan bactériologique et biologique : sera demandé
ECBU + ATB
Hémoculture si existence de fièvre à 39°
FNS, TP, TCK, urée sanguine, Créatinémie, glycémie, ionogramme sanguin
Un bilan radiologique :
Échographie : doit être réalisée en urgence : il convient d’éliminer ce qui est anurie sans
obstacle
blocage d’apport artériel prérénal, se traduit par le caractère brutal de l’arrêt chez un malade
aux antécédents cardio-vasculaires emboligénes.
Néphropathie aiguë : patient hémodialysé, signe d’intoxication chimique, médicamenteuse ou
bactériologique (septicémie), présence d’une maladie vasculaire disséminée (CIVD).
a Clinique
L’interrogatoire et l’examen clinique suffisant
L’interrogatoire :
Mode d’installation de l’anurie
Existence ou non d’antécédents lithiasiques (calcul urique)
Notion de cancer pelvien (prostatique, gynécologique ou digestif)
Examen clinique :
Toucher pelvien : toucher rectal ou toucher vaginal à la recherche de l’existence ou non de
blindage pelvien
Existence de 1 ou 2 reins douloureux.
Recherche de tumeurs abdominales
Noter la présence de cicatrice lombaire ou pelvienne
ANURIE OBSTRUCTIVE 93
b Examen complémentaire
ASP : recherche d’un calcul radio-opaque et son siège.
Échographie : examen fondamental pour le diagnostic et parfois thérapeutique
l’échographie confirme le mécanisme obstructif de l’anurie, Dg ‡ insuffisants rénaux à cavités
dilatées sur obstacle et les insuffisants rénaux à cavités non dilatées.
Scanner spiralé sans injection : le siège exact de l’obstacle et l’exploration de l’abdomen (
tumeur abdominale) et exploration du pelvis (Tumeur pelvienne)
Uroscanner a remplacée l’urographie intra veineuse
Cystoscopie : recherche de tumeur de vessie occupant tout le trigone
Urétro-cystographie rétrograde : exploration de l’urètre
Pyélographie descendante per cutanée
4. ÉTIOLOGIES
Les lithiases :
le plus souvent il s’agit de lithiase urique
le siège du calcul est en général urétéral
les cancers pelviens :
L’uretère ou les uretères sont bloqués par un processus tumoral d’origine :
Prostatique : cancer de la prostate
Vésicale : cancer de la vessie
Gynécologique : cancer du col ou du corps utérin, cancer de l’ovaire
Digestif : cancer du colon ou du rectum.
La fibrose retro péritonéale bénigne :
La fibrose retro-péritonéale est idiopathique dont la cause est inconnue ou iatrogène
5. TRAITEMENT
1- PATHOLOGIE RÉNALE
1. RAPPEL EMBRYOLOGIQUE
Le système urinaire dérive du feuillet mésodermique intermédiaire (reins, uretères), situé entre
les somites (masse mésodermique para axiale ) et les feuillets cœlomiques (masse
mésodermique latérale) et du sinus urogénital (vessie, urètre).
Il apparaît à partir de la 4-5ème semaine de développement intra-utérin .
2. RAPPEL ANATOMIQUE
3. RAPPEL HISTOLOGIQUE
5. PATHOLOGIE INFLAMMATOIRE
Deux formes :
associé un reflux urinaire
l’urine vésicale reflue vers les uretères, et favorise l’inflammation et la sclérose
secondaire.
Due à une obstruction chronique, infections récidivantes dues à l’obstruction des voies urinaires.
Elle est provoquée par l’existence d’une anomalie anatomique, ou par la présence d’un
calcul rénal
96 PATHOLOGIE RÉNALE
a Macroscopie
Présence de zones cicatricielles déprimées, mutilantes mesurant de 1 à 2 cm.
Les cicatrices se situent en amont de calices déformés en ,
Associés à une fibrose cicatricielle des papilles rénales.
Cicatrices se situent essentiellement au niveau des calices des pôles rénaux.
b Histologie
présence des zones de fibroses interstitielles + infiltrat inflammatoire chronique.
Les tubules atrophiés, ou dilatés contenant un matériel protéinacé.
Les glomérules montrent de la fibrose péri-glomérulaire, certains sont totalement hyalinisés ⇒
aspects en « pain à cacheter ».
5.3 PYÉLONÉPHRITE TUBERCULEUSE
6. PATHOLOGIE TUMORALE
a Adénome rénal
Elle s'individualise sur les critères suivants :
Tumeur inférieure ou égale à 2 cm.
Tumeur d'architecture papillaire pure.
Tumeur sans atypies cytonucléaires et sans activité mitotique.
b Adénome métanéphrique (ou néphromenéphronogène) :
Elle correspond à une prolifération de cellules basophiles agencées sur un mode tubulaire.
Cette lésion a longtemps été confondue avec les néphroblastomes ou les tumeurs de Wilms de
l'adulte.
On retrouve là encore des anomalies caryotypiques identiques à celles des adénomes rénaux.
c Oncytomes :
tumeurs bénignes s'observent dans 5 % des pièces opératoires de néphrectomie pour tumeur.
c.1 Macroscopie
tumeurs brunes, homogènes, souvent centrées par une cicatrice fibreuse stellaire, capsule
inconstante.
Les tumeurs peuvent atteindre 10 cm.
PATHOLOGIE RÉNALE 97
c.2 Histologie
Prolifération à cellules granuleuses (oncocytes) avec des atypies cytonu,cleaires faibles, activité
mitotique minime.
c.3 Tumeurs à rénine (tumeur de l’appareil juxta-glomérulaire) :
découverte dans un contexte d'hypertension avec hyperaldostéronisme
petites tumeurs corticales,
prolifération de cellules fusiformes,
d Tumeurs mésenchymateuses du rein
d.1 Angiomyolipomes
Hamartomes du rein bénin.
Macroscopiquement : tumeurs limitées au rein ou progressant au niveau des parties molles péri-
rénales d'aspect polymorphe.
Microscopiquement :3 composantes en proportion variable avec :
du tissu adipeux,
du tissu musculaire lisse et
des vaisseaux dysplasiques
d.2 Fibrome médullaire
petits fibromes découverts fortuitement au niveau de la médullaire rénale.
6.2 TUMEURS MALIGNES
2- PATHOLOGIE TESTICULAIRE
1. RAPPELS
1.1 HISTOLOGIQUE
Le testicule est entouré par une fine couche de tissu conjonctif, l'albuginée, puis plus en dehors
par une séreuse (cellules mésothéliales) appelée la vaginale, lui permettant d'être mobile dans le
scrotum.
Le testicule est constitué :
de tubes séminifères avec des gamètes en développement (spermatogonie, spermatocytes 1
et 2, spermatides, spermatozoïdes), des cellules de soutien (cellules de Sertoli), le tout limité
par une membrane basale;
de tissu interstitiel entre les tubes séminifères où siègent les cellules de Leydig qui
synthétisent la testostérone.
1.2 ANATOMIQUE
L’orchite survient généralement lors des oreillons (orchite ourlienne), mais elle peut aussi
accompagner d’autres infections virales ou survenir lors d’une infection sexuellement
transmissible ayant gagné l’épididyme.
Histologie
Congestion vasculaire associé + exsudat séro fibrineux et œdème interstitiel.
Infiltrat inflammatoire leucocytaire péri vasculaire.
Atteinte de la lignée séminale qui touche les éléments les plus différenciés pouvant aller
jusqu’aux spermatogonies.
A la 3e semaine inégalité des tubes et épaississement de la basale : transformation fibro-
hyaline.
Complication : stérilité si l’orchi épididymite est sévère.
Les orchites aigues peuvent être d’origine bactérienne :au cours de l’érysipèle
la fièvre thyphoide et au cours des méningococcémies
PATHOLOGIE TESTICULAIRE 101
2.2 ORCHITES CHRONIQUES
a Généralités
95 % des tumeurs du testicule sont des tumeurs germinales :
+séminomateuses
+ non séminomateuses
5 % sont représentées par:
1) le lymphome malin non hodgkinien (patients de plus de 60 ans)
2) tumeurs endocrines:
+ à cellules de Leydig : bénignes dans 90 % des cas , survenant à tout âge
+ tumeurs à cellules de sertoli .
Les tumeurs germinales sont précédées de lésions précurseurs : carcinome in situ ou néoplasie
intra tubulaire.
b Séminome in situ néoplasie germinale intratubulaire
Prolifération de cellules dysplasiques à l'intérieur des tubes séminifères sans franchissement de
la membrane basale.
Ces cellules situées entre les cellules germinales, ont un aspect caractéristique:
cellules nucléolées à gros noyau irrégulier et cytoplasme abondant.
+ Riche en glycogène .
c Seminome
homme entre 35 et 45 ans.
Dans 80% des cas la tumeur est localisée au testicule
Augmentation de volume, douleur ou pas, pesanteur ou découverte fortuite
Macroscopie : tumeur solide bien limitée, beige, blanc crème
Microscopie : nappes de cellules séminomateuses à cytoplasme clair à noyau volumineux hyper
chromatique plus ou moins irrégulier avec stroma lymphocytaire.
Immunohistochimie :
PLAP (+)
C-KIT (+)
Cytokératine (-)
AFP (-)
102 PATHOLOGIE TESTICULAIRE
d Séminome spermatocytaire
Rare, rencontré après 40 ans
Histologie :
3 types cellulaires se disposent en nappes dans un stroma œdémateux ,
1. des cellules de petite taille lymphocytoides
2. des cellules intermédiaires
3. des grandes cellules parfois multinuclées avec chromatine filamenteuse rappelant celle des
spermatozoides
Absence de stroma lymphoïde
e Tumeurs germinales non seminomateuses
e.1 Le carcinome embryonnaire
Cellules embryonnaires à un stade complètement indifférencié
Macroscopie : tumeur de petite taille, irrégulière avec accidents évolutifs, hémorragie
Histologie : tumeur monomorphe, avec formation de structures tubuleuses composées de
cellules épithéliales d'allure embryonnaires, les remaniements nécrotiques sont constants
f Tératomes
Tumeurs germinales avec une différenciation somatique.
Sont composés de tissus dérivant des trois feuillets embryonnaires ectoderme, endoderme et
mésoderme.
tératome mature simple: Ils sont faits d'un seul tissu, mature donc identique au tissu adulte
normal correspondant.
Kyste épidermique
kyste dermoide
g Le tératome mature complexe
Constitué de plusieurs tissus matures anormalement imbriqués
h Le tératome immature
Ils peuvent être simples ou complexes, et sont faits de tissus tels qu'on peut les observer au
cours de l'évolution de l'embryon.
Le contingent immature d'un tératome est représenté surtout par des structures
neuroépitheliales et gliales.
Un tératome post pubertaire du testicule même entièrement mature est à considérer comme
tumeur maligne.
i Tumeur vitelline
C'est une tumeur germinale maligne
Elle présente la morphologie du sinus endodermique ou le sac vitellin.
Elle sécrète d’ailleurs l’alfa foeto-protéine qui peut être détectée dans le sérum du sujet porteur
de la tumeur et sur la coupe histologique de la tumeur par la technique d’immunohistochimie.
Macroscopie : tumeur mi-solide, mi-kystique avec zones hémorragiques.
Histologie : cellules claires à noyau très atypique agencées en réseau et formant des structures
papillaires endoluminales (corps de Schiller Duval), avec des globules (boules) hyalins
correspondant à l’alfa foeto-protéine .
PATHOLOGIE TESTICULAIRE 103
j choriocarcinome
Macroscopie : tumeur solide de petite taille très hémorragique
Histologie : il reproduit la structure du placenta avec des cellules cytotrophoblastiques
syncytiotrophoblastiques sécrétant la Béta-HCG (détectée dans le sérum et sur la coupe
histologique).
Extension : Deux voies de disséminations :
Lymphatique : la plus fréquente
Vasculaire : plus rare : poumon, foie, cerveau.
I- QCM
P4 2019-2020
1. La tumeur testiculaire de nature germinale: (réponse juste)
A- Teratome
B- Tumeur des sinus endodermiques
C- Carcinome embryonnaire
D- Seminome
E- Toutes ces réponses sont justes
E
P3 2019-2020
2. toutes ces tumeurs testiculaires sont de nature germinale : RF
A- tératome
B- tumeur des sinus endodermiques
C- cacinome embryonnaire
D- séminome
E- lymphome
E
P1 2019-2020
3. quelles sont les tumeurs testiculaires les plus fréquentes ? RJ
A- les tumeurs germinales
B- les lymphomes malin non hodgkinien
C- tumeurs endocrines
D- les sarcomes
E- l’adénocarcinome
A
P2 2017-2018
4. Le tératome du testicule (RF) :
A- Est une tumeur germinale
B- Peut être uni tissulaire
C- Peut comporter plusieurs tissus
D- Peut comporter des structures immatures
E- Est toujours bénin
E
P2 2017-2018
5. Le séminome spermatocytaire (RF) :
A- Est une tumeur germinale de siège uniquement testiculaire
B- Ne comporte pas habituellement d'autres composantes germinales
C- Ne métastase pas
D- Provient des cellules séminales
E- Est relativement de bon pronostic
104 PATHOLOGIE TESTICULAIRE
A
P2 2017-2018
6. Le choriocarcinome est (RF) :
A- Une tumeur germinale
B- Une prolifération de cellules cyto et syncitiotrophoblastiques
C- Une tumeur peu ou pas hémorragique
D- De diagnostic tardif
E- B-HCG positif
C
P2 2017-2018
7. Les tumeurs germinales de siège testiculaire sont (RF)
A- Le dysgerminome
B- Le tératome immature
C- Le choriocarcinome
D- Le rhabdomyome
E- La tumeur vitelline
D
P2 2017-2018
8. En pathologie uro génitale, les tumeurs germinales sont le plus souvent (RJ) :
A- Rénales
B- Vésicales
C- Epididymaires
D- Prostatiques
E- Testiculaires
E
P3 2016-2017
9. La tumeur testiculaire la plus fréquente est
A- Le séminome.
B- Le tératome immature.
C- Le carcinome embryonnaire.
D- La tumeur vitelline.
E- Le choriocarcinome.
A
P3 2016-2017
[Link] orchites aigues (RJ) :
A- Peuvent être secondaires aux oreillons.
B- Se compliquent dans tous les cas de stérilité.
C- Montrent à l'histologie un granulome épithélio-giganto-cellulaire.
D- S'accompagne d'un infiltrat inflammatoire friche en polynucléaires neutrophiles.
E- Peuvent être secondaires à une infection streptococcique.
A: 1+2 B: 1+3 C : 2+3 D : 3+4 E : 4+5
E
P3 2016-2017
[Link] séminome (RJ)
A- Comporte des cellules cytotrophoblastiques
B- Est composé de cellules germinales
C- Est associé à la présence de tissus épithéliaux
D- Présence d’un stroma sarcomateux
E- Prend naissance d'un tératome mature
B
PATHOLOGIE TESTICULAIRE 105
P3 2016-2017
[Link] ces tumeurs sont d'origine germinale, sauf une. Laquelle (RJ) ?
A- Rhabdomyome
B- Tumeur vitelline
C- Choriocarcinome
D- Kyste dermoide
E- Tératome mature
A
106 PATHOLOGIE VÉSICALE
3- PATHOLOGIE VÉSICALE
1. INTRODUCTION
La pathologie vésicale est dominée par la pathologie tumorale bénigne ou maligne et par la pathologie
inflammatoire
2. RAPPELS
a Embryologique
Le bas appareil urinaire (vessie, urètre) se constitue à partir du cloaque, la genèse de ce dernier se fait
par confluence de l’allantoïde en avant et de l’intestin postérieur en arrière.
b Anatomique
La vessie est un organe creux qui possède la capacité de se distendre pour recueillir les urines en
provenance des reins et la possibilité de se rétracter pour l’évacuation des urines (mixions).
augmente ou diminue de volume en fonction de la quantité d'urine à stocker
le trigone vésical : délimité par les 2 orifices urétéraux réunis par le bourrelet inter urétéral en
arrière, et l'orifice urétral en avant.
le COl de la vessie, marqué par la présence des sphincters, lisse et strié.
I e bas fond vésical : partie située en arrière du bourrelet inter urétéral.
le dôme vésical
c Histologique
Les couches successives de la vessie de la surface vers la profondeur sont :
face à la lumière de la vessie, l'urothélium reposant sur une membrane basale
le chorion
la musculeuse (appelée aussi détrusor)
la graisse périvésicale
3. LES CYSTITES
4. PATHOLOGIE TUMORALE
4.1 INTRODUCTION
a Matériels
Copeaux de résection de vessie
Cystoprostatectomie pour tumeur de vessie
Pelvectomie antérieure : Utérus, trompes, et les ovaires en arrière de la vessie
108 PATHOLOGIE VÉSICALE
b Macroscopie
unique ou multiple taille variable Siège: différents sites anatomiques sur la paroi vésicale
aspects variables :
Tumeurs papillaires à développement exophytique pédiculées ou sessiles
Tumeurs solides à large base d'implantation : bourgeonnante, ou à développement
endophytique à l'intérieur de la paroi (tumeur infiltrante)
Tumeurs mixtes : papillaires et infiltrante
4- PATHOLOGIE DE LA PROSTATE
1. RAPPELS
a Anatomique
La prostate est une glande blanchâtre, de forme conique ferme au toucher, l'apex est la partie la
plus basse, la base supérieure est située sur un plan horizontal.
Elle est en rapport avec les vésicules séminales et les canaux déférents. Sa face postérieure est
plane. La face antérieure est étroite. Les faces latéro-inférieures sont convexes.
Dimensions: hauteur 3 cm, largeur à la base 4 cm, épaisseur à la base 4 cm, poids:25 gr
Fonction : elle élabore un produit de sécrétion:2 sur 3 du volume de l'éjaculat de nature Diverse
(fructose est nécessaire à la nutrition et à la mobilité des spermatozoïdes).
b Histologique
Le tissu prostatique est formé par deux contingents principaux, le contingent épithélial est
composé d'acini groupés en lobules.
Ces lobules sont drainés par des canaux secondaires s'abouchant dans des canaux principaux.
Dans leur extrémité terminale les canaux principaux présentent un revêtement urothélial .
Le deuxième contingent conjonctif est formé essentiellement de cellules musculaires lisses.
b.1 Composants cellulaires épithéliaux
assise cellulaire interne (glandulaire)
sécrétoires cylindriques, au cytoplasme pale ou éosinophile granuleux.
noyau de petite taille position basale.
à l'origine des adénocarcinomes PSA +
poids moléculaires + kératines de haut poids moléculaires.
assise cellulaire externe (basale)
cellule de réserve ,non myoépithéliale ,disparaît dans les cancers
immunohistochimie :
PSA -
K 903 +
CK5/6 +
P63+
cellules mal visibles. centrées par un noyau allongé et présentent un cytoplasme peu
abondant considérées comme cellules de réserve . marquées par les cytokératines de
haut poids moléculaire
cellules neuro endocrines « chromogranine + »
s'observent dans tous les compartiments glandulaires de la prostate .
Elles secrètent de nombreux polypeptides tels que:
sérotonine
somatostatine
calcitonine
112 PATHOLOGIE DE LA PROSTATE
b.2 Composante musculaire lisse
Chez l'adulte le parenchyme prostatique peut être divisé en 4 zones biologiquement et
anatomiquement distinctes :
La zone périphérique: entourant la quasi-totalité de l'urètre distal, elle est le lieu privilégié de
l'émergence du cancer
La zone centrale : vient se caler en arrière de l'urètre proximal, 10%du cancer.
La zone antérieure : constituée de stroma fibro-musculaire, dépourvu de glandes
La zone de transition : 5% du tissu prostatique , c'est le lieu de développement de l'HBP .
2. PROSTATITES
3. HYPERPLASIE ADÉNOMYOMATEUSE
a Macroscopie
Formation nodulaire grossièrement lobulée,
TS: aspect plein blanchâtre cribriforme
Copeaux de résection transurèthrale
b Microscopie:
Double prolifération :
Épithéliale faite de glandes à doubleassise cellulaire régulières parfois dilatées voire kystisées
Mésenchylateuse faite de cellules musculaires lisses
4. CANCER DE LA PROSTATE
Age : +++
Antécédents familiaux : cancer de la prostate, du sein..
Facteurs génétiques :
carcinogènes endogènes :
Androgène :
taux de testostérone ↑ → risque > norme
récepteurs androgène → prolifération et différentiation des cellules prostatiques
Oestrogène : rapport oestrogène/ testosterone
Vitamine D :
rôle protecteur
Inhibe la prolifération tumorale
Incidence ↑ pays à faible ensoleillement
Carcinogènes exogènes : (environnementaux)
Alimentation :
Viandes, graisse, ca++, produits laitiers → risque élevé
Thé vert, caroténoide (tomate), vit E, soja → aliments protecteurs
UV : → rôle protecteur
PATHOLOGIE DE LA PROSTATE 113
4.2 DÉMARCHES DIAGNOSTIQUES
Matériel d'étude
Biopsies prostatiques
Rtu-adénomectomie
Pièce de prostatectomie
Pièce de prostatectomie totale
Les pièces de prostatectomie totale sont incluses et examinées en totalité après encrage
L'étude histologique permet de déterminer la nature de la prolifération adenocarcinomateuse
+ son grade,
+ son score par rapport a la classification de Gleason + sa topographie,
+ les rapports de la tumeur vis-à-vis de la capsule prostatique,
+ vis a vis des tranches de section vésicale et apicale et vis-à-vis des vésicules séminales
matériel de résection: les pièces d'adenomectomie, pièces de prostatectomie sont fixés dans le
formol tamponné à 4%.
La quantité de formol ⇒ 10 fois le volume de la pièce .
les préparations histologiques 3 microns d'épaisseur.
L'étude histologique standard s'effectue sur coupes colorés par l'hématoxyline éosine .
La mise en évidence d'une activité muco- sécrétoire s'effectue au moyen de colorations spéciales
( PAS et bleu Alcian )
4.3 ASPECT MACROSCOPIQUE
On, utilise essentiellement deux marqueurs dans l'étude des lésions adénocarcinomateuses de la
prostate : PSA et PAP
L'utilisation de ces techniques ne permet pas de différencier les lésions bénignes des cancers
dans la prostate . Ils sont par contre d'une très grande utilité pour mettre en évidence une
origine prostatique devant une tumeur indifférenciée ou devant une métastase extra
prostatique.
Les adénocarcinomes sont également positifs pour les cytokératines de bas poids moléculaire ,
pour l'EMA , pour l'ACE et pour le cocktail p504s p63.
D'autres marqueurs sont utilisés pour déterminer le potentiel d'agressivité de ces lésions.
l'expression de la p53 est corrélée a un mauvais pronostic .
4.6 HISTOPRONOSTIC DES ADENOCARCINOMES DE LA PROSTATE
La classification de GLEASON dont la première publication a été faite en 1974 , est le système le
plus utilisé en raison
+de sa simplicité,
+de sa productivité et
+de sa valeur pronostique très clairement démontrées .
cette classification procède en deux temps :
1) la première étape consiste a établir le grade de chaque contingent.
2) La seconde étape permet le calcul du score établi par addition des grades de contingents les
plus représentés
Critères architecturaux définis au faible grossissement
5 grades de différenciation
Grade 1 : en fait adénose
Grade 2 : carcinome bien différencié (zone de transition)
Grade 3 : carcinome moyennement différencié (OMS 2003)
Grade 4 et 5 : carcinome peu différencié (OMS 2003)
PATHOLOGIE DE LA PROSTATE 115
Cette classification a été modifié » en 2015
Le grade 1 et 2 ont été écartés
Corrélation entre Gleason sur biopsies et pièce de PT
ces tumeurs sont rares , représentent moins de 5 % des tumeurs épithéliales malignes de la prostate :
Carcinome des grands canaux Carcinome transitionnel Carcinome malipighien
Carcinome mucineux
Carcinome neuroendocrine
Carcinome adenosquameux
Carcinome basaloide Carcinome a cellules indépendantes
4.8 LES TUMEURS CONJONCTIVES
léiomyosarcomes : représente 25% des prostate . Ils surviennent en général après 40 ans .
autres tumeurs mésenchymateuses de la prostate : rhabdomyosarcome , ostéosarcome ,
sarcome stromal , chondrosarcome, synovialosarcome