Protocole EIGRP : Caractéristiques et Fonctionnalités
Protocole EIGRP : Caractéristiques et Fonctionnalités
Introduction
Le protocole EIGRP (Enhanced Interior Gateway Routing Protocol) est un protocole de
routage à vecteur de distance avancé développé par Cisco Systems. Comme son nom
l'indique, le protocole EIGRP est une version améliorée d'un autre protocole de routage Cisco,
IGRP (Interior Gateway Routing Protocol). IGRP est un ancien protocole de routage à vecteur
de distance, sans classe, devenu obsolète depuis IOS 12.3.
Le protocole EIGRP est un protocole de routage à vecteur de distance qui comprend des
fonctions disponibles dans les protocoles de routage à état de liens. Ce protocole convient à de
nombreux supports et topologies différents. Dans un réseau bien conçu, le protocole EIGRP
peut mettre à l'échelle pour inclure plusieurs topologies et peut fournir des temps de
convergence extrêmement rapides avec un trafic réseau minimal.
Sar 1
Le protocole EIGRP a été introduit en tant que protocole de routage à vecteur de distance en
1992. Il a été conçu à l'origine pour fonctionner en tant que protocole propriétaire sur les
périphériques Cisco uniquement. En 2013, le protocole EIGRP est devenu un protocole de
routage multifournisseurs, ce qui signifie qu'il peut être utilisé par d'autres fournisseurs de
périphériques, en plus des périphériques Cisco.
Répondez aux questions de réflexion qui accompagnent le fichier PDF de cet exercice.
Enregistrez votre travail et préparez-vous à partager vos réponses avec la classe.
Sar 2
Le protocole EIGRP comprend à la fois les fonctionnalités des protocoles de routage à état de
liens et à vecteur de distance. Toutefois, le protocole EIGRP reste basé sur le principe clé du
protocole de routage à vecteur de distance, selon lequel les informations sur le reste du réseau
sont acquises par les voisins connectés directement.
Le protocole EIGRP est un protocole de routage à vecteur de distance avancé qui comprend
des fonctionnalités indisponibles dans d'autres protocoles de routage à vecteur de distance tels
que RIP et IGRP.
En tant que moteur de calcul du protocole EIGRP, l'algorithme de diffusion de mise à jour
DUAL (Diffusing Update Algorithm) se trouve au centre du protocole de routage. DUAL
garantit des chemins de secours sans boucle dans tout le domaine de routage. Grâce à DUAL,
le protocole EIGRP stocke toutes les routes de sauvegarde disponibles afin de pouvoir
s'adapter rapidement à d'autres routes en cas de besoin.
Le protocole EIGRP établit des relations avec les routeurs connectés directement sur lesquels
le protocole EIGRP est activé. Les contiguïtés de voisinage servent à suivre l'état de ces
voisins.
Le protocole de transport fiable (RTP, Reliable Transport Protocol) est propre au protocole
EIGRP et assure l'acheminement des paquets EIGRP aux voisins. Le protocole RTP et le suivi
des contiguïtés de voisinage jettent les bases de DUAL.
Le protocole EIGRP utilise les termes « partiel » et « limité » pour désigner ses mises à jour.
Contrairement au protocole RIP, le protocole EIGRP n'envoie pas de mises à jour régulières
et les entrées de route ne peuvent pas devenir obsolètes. Le terme « partiel » signifie que la
mise à jour ne contient que les informations concernant les modifications de route, par
exemple un nouveau lien ou un lien devenu indisponible. Le terme « limité » désigne la
propagation des mises à jour partielles qui sont envoyées uniquement aux routeurs affectés
par les modifications. Cela permet de réduire la bande passante requise pour envoyer les
mises à jour du protocole EIGRP.
Remarque : le terme « protocole de routage hybride » est employé dans certains documents
plus anciens pour définir le protocole EIGRP. Il peut cependant porter à confusion car le
protocole EIGRP n'est pas une version hybride entre les protocoles de routage à vecteur de
distance et à état de liens. Le protocole EIGRP est uniquement un protocole de routage à
vecteur de distance ; Cisco n'emploie donc plus ce terme pour désigner ce protocole.
Sar 3
Le protocole EIGRP peut acheminer plusieurs protocoles différents dont IPv4 et IPv6 à l'aide
de modules dépendants d'un protocole (PDM). Le protocole EIGRP utilisait également des
PDM pour acheminer les protocoles de couche réseau IPX de Novell et AppleTalk d'Apple
Computer, aujourd'hui obsolètes.
Les PDM sont responsables de tâches spécifiques au protocole de couche réseau. Par
exemple, le module EIGRP est responsable de l'envoi et de la réception des paquets EIGRP
encapsulés dans IPv4. Ce module est également responsable de l'analyse des paquets EIGRP
et informe DUAL de la réception de nouvelles informations. Le protocole EIGRP demande à
DUAL de prendre des décisions concernant le routage, mais les résultats sont stockés dans la
table de routage IPv4.
Les PDM sont responsables des tâches de routage spécifiques à chaque protocole de couche
réseau, notamment :
Gestion des tables de voisinage et topologique des routeurs EIGRP appartenant à cette
suite de protocoles
Sar 4
Le protocole EIGRP utilise le protocole de transport fiable (RTP) pour l'acheminement et la
réception des paquets EIGRP. Le protocole EIGRP a été conçu comme un protocole de
routage indépendant de la couche réseau ; c'est la raison pour laquelle il ne peut pas utiliser
les services UDP ou TCP. En revanche, le protocole EIGRP peut être utilisé pour des
protocoles autres que ceux de la suite de protocoles TCP/IP, notamment IPX et AppleTalk. La
figure illustre le fonctionnement du protocole RTP.
Bien qu'il soit qualifié de « fiable » dans son nom, le protocole comprend à la fois
l'acheminement fiable et non fiable de paquets EIGRP, tout comme les protocoles TCP et
UDP, respectivement. Un protocole RTP fiable exige le renvoi d'un reçu à l'expéditeur. Un
protocole RTP non fiable ne nécessite aucun reçu. Par exemple, un paquet de mise à jour
EIGRP est envoyé de façon fiable via RTP et requiert un reçu. Un paquet Hello EIGRP est
également envoyé via RTP, mais de façon non fiable. Cela signifie que les paquets Hello
EIGRP ne nécessitent pas de reçu.
Sar 5
Comme d’autres protocoles de routage, EIGRP peut être configuré pour l’authentification.
Chaque protocole RIPv2, EIGRP, OSPF, IS-IS et BGP peut être configuré de façon à
authentifier ses informations de routage.
Il est recommandé d'authentifier les informations de routage transmises pour s'assurer que les
routeurs acceptent uniquement les informations de routage d'autres routeurs configurés avec
le même mot de passe ou les mêmes informations d'authentification.
Remarque : l'authentification ne permet pas de chiffrer les mises à jour de routage EIGRP.
Sar 6
Paquets de mise à jour : propagent les informations de routage vers les voisins EIGRP.
Monodiffusion ou multidiffusion
Paquets de reçu : utilisés pour accuser réception d'un message EIGRP envoyé à l'aide du
mode d'acheminement fiable.
Monodiffusion
Monodiffusion ou multidiffusion
Monodiffusion
La Figure 2 montre que les messages EIGRP sont généralement encapsulés dans des paquets
IPv4 ou IPv6. Les messages EIGRP pour IPv4 utilisent le protocole de couche réseau IPv4.
La valeur 88 du champ du protocole IPv4 indique que la partie données du paquet est
un message EIGRP pour IPv4. Les messages EIGRP pour IPv6 sont encapsulés dans des
paquets IPv6 à l'aide du champ d'en-tête suivant de 88. Tout comme le champ du protocole
IPv4, le champ d'en-tête suivant du protocole IPv6 indique le type des données transportées
dans le paquet IPv6.
Sar 7
Le protocole EIGRP utilise des petits paquets Hello pour détecter d'autres routeurs connectés
directement sur lesquels le protocole EIGRP est activé. Les routeurs utilisent les paquets
Hello pour former des contiguïtés de voisinage EIGRP, également appelées relations de
voisinage.
Les paquets Hello EIGRP sont envoyés en multidiffusion IPv4 ou IPv6 via le mode
d'acheminement RTP non fiable. Autrement dit, le destinataire n'a pas besoin de renvoyer un
paquet de reçu.
Les routeurs EIGRP détectent les voisins et établissent des contiguïtés avec les routeurs
voisins au moyen de paquets Hello. Sur la plupart des réseaux, les paquets Hello EIGRP sont
envoyés en multidiffusion toutes les cinq secondes. Toutefois, sur les réseaux multipoints à
accès multiple sans diffusion (NBMA, nonbroadcast multiple access) tels que les interfaces
X.25, Frame Relay et ATM (Asynchronous Transfer Mode) avec liens d'accès de T1
(1,544 Mb/s) ou moins, les paquets Hello sont envoyés en monodiffusion toutes les
60 secondes.
Le protocole EIGRP utilise également les paquets Hello pour gérer les contiguïtés établies.
Tant qu'il reçoit des paquets Hello envoyés par un voisin, un routeur EIGRP suppose que le
voisin et ses routes restent viables.
Le protocole EIGRP utilise un minuteur de mise en attente pour déterminer le temps maximal
pendant lequel le routeur doit attendre le prochain paquet Hello avant de déclarer que ce
voisin est inaccessible. Par défaut, le temps d'attente correspond à 3 fois l'intervalle Hello ou à
15 secondes sur la plupart des réseaux et 180 secondes sur les réseaux NBMA bas débit. À
l'expiration du temps d'attente, le protocole EIGRP déclare la route désactivée et DUAL
recherche un nouveau chemin en envoyant des demandes.
Sar 8
Le protocole EIGRP envoie des paquets de mise à jour pour propager les informations de
routage. Les paquets de mises à jour sont transmis uniquement en cas de nécessité. Les mises
à jour EIGRP contiennent uniquement les informations de routage nécessaires et ne sont
envoyées qu’aux routeurs concernés.
Contrairement au protocole RIP, le protocole EIGRP (un autre protocole de routage à vecteur
de distance) n'envoie pas de mises à jour régulières et les entrées de route ne peuvent pas
devenir obsolètes. En revanche, le protocole EIGRP envoie des mises à jour incrémentielles
uniquement lorsque l'état d'une destination change, par exemple lorsqu'un nouveau réseau
devient disponible, lorsqu'un réseau actuel devient indisponible ou en cas de modification de
la métrique de routage d'un réseau.
Le protocole EIGRP utilise les termes « partiel » et « limité » pour désigner ses mises à jour.
Le terme partiel signifie que la mise à jour ne contient que les informations concernant les
modifications de route. Le terme « limité » désigne la propagation des mises à jour partielles
qui sont envoyées uniquement aux routeurs affectés par les modifications.
En envoyant uniquement les informations de routage requises aux routeurs qui en ont besoin,
le protocole EIGRP réduit la bande passante nécessaire pour envoyer les mises à jour EIGRP.
Les paquets de mise à jour EIGRP utilisent un mode d'acheminement fiable, ce qui signifie
que le routeur expéditeur exige un reçu. Ils sont envoyés en multidiffusion lorsqu’ils
concernent plusieurs routeurs, ou en monodiffusion lorsqu’ils ne concernent qu’un seul
routeur. Dans cette figure, puisqu’il s’agit de liaisons point à point, les mises à jour sont
envoyées en monodiffusion.
Le protocole EIGRP envoie des paquets de reçu (ACK) dans le cadre d'un acheminement
fiable. Un reçu EIGRP est un paquet Hello EIGRP sans données. RTP utilise la livraison
fiable pour les paquets de mise à jour, de demande et de réponse EIGRP. Les paquets de reçu
EIGRP sont toujours envoyés en monodiffusion non fiable. L'acheminement non fiable est
préférable car il évite une boucle infinie de reçus.
Dans la figure, R2 a perdu sa connectivité avec le réseau local connecté à son interface
Gigabit Ethernet. R2 envoie immédiatement une mise à jour à R1 et R3 pour indiquer la
désactivation de la route. R1 et R3 répondent avec un reçu pour informer R2 de la bonne
réception de la mise à jour.
Remarque : dans certains documents, le paquet Hello et le reçu sont considérés comme un
seul et même type de paquet EIGRP.
Sar 9
DUAL utilise les paquets de demande et de réponse pour la recherche de réseaux et d'autres
tâches. Les demandes et les réponses utilisent la livraison fiable. Les demandes peuvent être
envoyées en multidiffusion ou monodiffusion, tandis que les réponses sont toujours en
monodiffusion.
Dans la figure, R2 a perdu sa connectivité avec le réseau local et envoie des demandes à tous
les voisins EIGRP à la recherche d’autres routes possibles vers le réseau local. Les demandes
utilisant le mode d'acheminement fiable, le routeur destinataire doit renvoyer un reçu EIGRP.
Le reçu informe l'expéditeur de la demande de la bonne réception du message de demande.
Pour plus de simplicité, les reçus ont été omis dans le graphique.
Tous les voisins doivent envoyer une réponse, qu'ils disposent ou non d'une route vers le
réseau désactivé. Comme les réponses utilisent également le mode d'acheminement fiable, les
routeurs tels que R2 doivent envoyer un reçu.
Il peut être difficile de comprendre pourquoi R2 devrait envoyer une demande pour un réseau
que l'on sait désactivé. En fait, seule l'interface de R2 connectée au réseau est désactivée. Un
autre routeur pourrait être connecté au même réseau local et disposer d'un autre chemin vers
ce même réseau. Par conséquent, R2 recherche un routeur de ce type avant de retirer
complètement le réseau de sa table topologique.
Sar 10
Sar 11 exo à compléter sur sit
Messages EIGRP
La partie données d’un message EIGRP est encapsulée dans un paquet. Ce champ de données
est appelé type, longueur, valeur (TLV). Les types de TLV relatifs à ce cours sont les
paramètres EIGRP, les routes internes IP et les routes externes IP.
L’en-tête de paquet EIGRP est inclus dans chaque paquet EIGRP, quel que soit son type.
L'en-tête de paquet EIGRP et le TLV sont ensuite encapsulés dans un paquet IPv4. Dans l'en-
tête de paquet IPv4, le champ de protocole est réglé sur 88 pour indiquer EIGRP. L'adresse de
destination IPv4 est définie sur la multidiffusion [Link]. Si le paquet EIGRP est encapsulé
dans une trame Ethernet, l'adresse MAC de destination est également une adresse de
multidiffusion, 01-00-5E-00-00-0A.
Sar 13
Chaque message EIGRP comporte l'en-tête, comme indiqué à la Figure 1. Les champs
importants sont le champ Opcode (Code OP) et le champ Autonomous System Number
(Numéro de système autonome). Code OP désigne le type de paquet EIGRP, comme suit :
Mise à jour 1
Requête 3
ICMP 4
Hello 5
La Figure 2 présente le TLV du paramètre EIGRP. Le message du paramètre EIGRP inclut les
pondérations que le protocole EIGRP utilise pour sa métrique composite. Par défaut, seuls la
bande passante et le délai sont pondérés. Les deux valeurs sont pondérées de façon égale ; en
conséquence, le champ K1 de la bande passante et le champ K3 du délai sont tous deux
définis sur un (1). Les autres valeurs K sont définies sur zéro (0).
Le temps d’attente correspond au délai pendant lequel le voisin EIGRP qui reçoit le message
doit attendre avant de considérer que le routeur annonceur est hors service.
La Figure 3 présente le TLV des routes internes IP. Le message interne IP sert à annoncer les
routes EIGRP au sein d'un système autonome. Les champs importants concernent les
métriques (délai et bande passante), le masque de sous-réseau (longueur de préfiwe) et la
destination.
Le délai est calculé comme étant la somme des délais de la source à la destination, en unités
de 10 microsecondes. La bande passante correspond à la valeur minimale de bande passante
configurée pour les différentes interfaces le long du chemin.
Le champ Destination contient l’adresse du réseau de destination. Bien que seuls 24 bits
soient indiqués dans cette figure, le champ varie en fonction de la valeur de la partie réseau de
l’adresse réseau en 32 bits. Par exemple, la partie réseau de [Link]/16 est 10.1 ; en
conséquence, le champ Destination stocke les 16 premiers bits. La longueur minimale de ce
champ étant de 24 bits, le reste du champ est complété par des zéros. Si une adresse réseau est
supérieure à 24 bits ([Link]/27, par exemple), le champ Destination est étendu de
32 bits supplémentaires (pour un total de 56 bits) et les bits non utilisés sont complétés par des
zéros.
La Figure 4 présente le TLV des routes externes IP. Le message externe IP sert lors de
l'importation des routes externes dans le processus de routage EIGRP. Dans ce chapitre, nous
importerons ou redistribuerons une route statique par défaut dans le protocole EIGRP. Notez
que la moitié inférieure du TLV des routes externes IP comprend tous les champs utilisés par
le TLV interne IP.
Remarque : l'unité de transmission maximale (MTU) n'est pas une métrique utilisée par le
protocole EIGRP. L'unité de transmission maximale est incluse dans les mises à jour de
routage, mais ne sert pas à déterminer la métrique de routage.
Sar 14
Les Figures 2, 3 et 4 présentent les configurations d'interface pour les trois routeurs EIGRP de
la topologie. Seuls les routeurs R1, R2 et R3 appartiennent au domaine de routage EIGRP. Le
routeur du FAI est utilisé comme passerelle du domaine de routage pour accéder à Internet.
Sar 15
Alors quelle est la différence entre le numéro de système autonome global attribué par l'IANA
et le numéro de système autonome EIGRP ?
Un système autonome attribué globalement par l'IANA est un ensemble de réseaux sous le
contrôle administratif d'une entité unique qui présente une stratégie de routage commune sur
Internet. Dans la figure, les sociétés A, B, C et D sont sous le contrôle administratif de FAI1.
FAI1 présente une stratégie de routage commune pour toutes ces sociétés lors de l'annonce
des routes à FAI2.
En règle générale, les fournisseurs d'accès Internet (FAI), les fournisseurs de réseaux
fédérateurs Internet et les grandes institutions qui assurent des connexions à d'autres entités
requièrent un numéro de système autonome. Ces FAI et grandes institutions utilisent le
protocole de routage à passerelle extérieure BGP (Border Gateway Protocol) pour propager
les informations de routage. BGP est l’unique protocole de routage qui utilise un numéro de
système autonome réel dans sa configuration.
La grande majorité des entreprises et des institutions disposant de réseaux IP n'ont pas besoin
d'un numéro de système autonome, car elles sont contrôlées par une entité plus grande, par
exemple un FAI. Ces sociétés utilisent des protocoles IGP tels que RIP, EIGRP, OSPF et IS-
IS pour acheminer les paquets dans leurs propres réseaux. Chacune représente ainsi un des
nombreux réseaux indépendants et autonomes dans le système autonome du FAI. Le FAI est
responsable du routage des paquets à l’intérieur de son système autonome et vers les autres
systèmes autonomes.
Le numéro de système autonome utilisé pour la configuration EIGRP n'a de sens que par
rapport au domaine de routage EIGRP. Il fonctionne comme un ID de processus et permet aux
routeurs de suivre plusieurs instances EIGRP en cours d'exécution. Ceci est indispensable car
plusieurs instances EIGRP peuvent s'exécuter simultanément sur un réseau. Chaque instance
EIGRP peut être configurée pour prendre en charge et échanger les mises à jour de routage de
différents réseaux.
Sar 16
Comme indiqué à la Figure 2, lorsqu'elle est suivie d'un point d'interrogation (?), la
commande de mode de configuration globale router répertorie tous les protocoles de routage
disponibles pris en charge par la version IOS exécutée sur le routeur.
L'argument autonomous-system peut être attribué à toute valeur de 16 bits comprise entre 1 et
Dans cet exemple, 1 identifie le processus EIGRP particulier fonctionnant sur ce routeur. Pour
que le protocole EIGRP puisse établir des contiguïtés de voisinage, tous les routeurs du même
domaine de routage doivent être configurés avec le même numéro de système autonome. À la
Figure 3, ce même protocole EIGRP est activé sur les trois routeurs avec le numéro de
système autonome 1.
Remarque : les protocoles EIGRP et OSPF peuvent prendre en charge plusieurs instances de
chaque protocole de routage, bien que ce type d'implémentation ne soit pas généralement
nécessaire ni recommandé.
Sar 17
L'ID de routeur EIGRP permet d'identifier de façon unique chaque routeur dans le domaine de
routage EIGRP. L'ID de routeur est utilisé à la fois dans les protocoles de routage EIGRP et
OSPF, bien que son rôle soit plus important dans OSPF.
Dans les implémentations EIGRP IPv4, l'utilisation de l'ID de routeur est moins visible. Le
protocole EIGRP pour IPv4 utilise l'ID de routeur de 32 bits pour identifier le routeur
d'origine pour la redistribution des routes externes. La nécessité d'un ID de routeur est plus
évidente dans le cadre du protocole EIGRP pour IPv6. Bien que l'ID de routeur soit nécessaire
pour la redistribution, les détails de la redistribution EIGRP n'entrent pas dans le cadre de ce
programme. Ici, il est seulement nécessaire de comprendre la nature et l'origine de l'ID de
routeur.
Les routeurs Cisco créent l'ID de routeur en fonction de trois critères, dans l'ordre suivant :
2. Si l'ID de routeur n'est pas configuré, le routeur choisit l'adresse IPv4 la plus élevée parmi
celles de ses interfaces de bouclage.
3. Si aucune interface de bouclage n'est configurée, le routeur choisit l'adresse IPv4 active la
plus élevée parmi celles de ses interfaces physiques.
À l'aide des critères décrits ci-dessus, la figure illustre les ID de routeur EIGRP par défaut
déterminés par l'adresse IPv4 active la plus élevée des routeurs.
Remarque : la commande eigrp router-id est utilisée pour configurer l'ID de routeur pour le
protocole EIGRP. Certaines versions de Cisco IOS acceptent la commande router-id sans la
spécification préalable de l'option eigrp. Toutefois, la configuration en cours affichera eigrp
router-id quelle que soit la commande utilisée.
Sar 18
Remarque : l'adresse IPv4 servant à indiquer l'ID de routeur représente en fait tout nombre de
32 bits affiché dans une notation décimale à point.
L'ID de routeur peut être configuré avec n'importe quelle adresse IPv4, à deux exceptions
près : [Link] et [Link]. L'ID de routeur doit être un nombre de 32 bits unique dans
le domaine de routage EIGRP ; sinon, des incohérences peuvent apparaître au niveau du
routage.
Une autre méthode de détermination de l'ID de routeur EIGRP consiste à utiliser une adresse
de bouclage IPv4. L'avantage d'utiliser une interface de bouclage plutôt que l'adresse IPv4
d'une interface physique est que, contrairement aux interfaces physiques, elle ne peut pas
échouer. Pour être à l’état actif, l’interface de bouclage ne dépend pas de câbles réels ou d’un
périphérique contigu. Par conséquent, l'utilisation d'une adresse de bouclage pour spécifier
l'ID de routeur permet de générer un ID de routeur plus cohérent qu'avec une adresse
d'interface.
Si la commande eigrp router-id n'est pas utilisée et si des interfaces de bouclage sont
configurées, le protocole EIGRP choisit l'adresse IPv4 la plus élevée parmi celles de ses
interfaces de bouclage. Les commandes suivantes permettent d'activer et de configurer une
interface de bouclage :
Remarque : l'ID de routeur EIGRP n'est pas modifié, sauf si le processus EIGRP est
supprimé à l'aide de la commande no router eigrp ou si l'ID de routeur est configuré
manuellement à l'aide de la commande eigrp router-id.
La Figure 2 montre le résultat de la commande show ip protocols pour R1, y compris son ID
de routeur. La commande show ip protocols affiche les paramètres et l'état actuel des
processus de routage actifs, y compris EIGRP et OSPF. La commande show ip protocols
affiche les différents types de sorties spécifiques à chaque protocole de routage.
Utilisez le contrôleur de syntaxe de la Figure 3 pour configurer et vérifier l'ID de routeur pour
R3.
Sar 19
La commande network a la même fonction que dans tous les protocoles de routage IGP. La
commande network dans le protocole EIGRP a la fonction suivante :
Le réseau des interfaces est inclus dans les mises à jour de routage EIGRP.
La Figure 3 montre la commande network servant à activer le protocole EIGRP sur les
interfaces de R2 pour les sous-réseaux [Link]/24 et [Link]/24. Lorsque le protocole
EIGRP est configuré sur l'interface S0/0/0 de R2, DUAL envoie un message de notification à
la console pour indiquer qu'une contiguïté de voisinage a été établie avec un autre routeur
EIGRP sur cette interface. Cette nouvelle contiguïté se produit automatiquement car les deux
routeurs R1 et R2 utilisent le même numéro de système autonome eigrp 1 et envoient à
présent des mises à jour sur leurs interfaces dans le réseau [Link].
Sar 20
Par défaut, lorsque vous utilisez la commande network et une adresse réseau IPv4, par
exemple [Link], toutes les interfaces du routeur qui appartiennent à cette adresse réseau
par classe sont activées pour le protocole EIGRP. Toutefois, l’administrateur réseau ne veut
pas toujours inclure toutes les interfaces d’un réseau lorsqu’il active EIGRP. Par exemple, à la
Figure 1, supposons qu'un administrateur souhaite activer le protocole EIGRP sur R2, mais
uniquement pour le sous-réseau [Link] [Link], sur l'interface S0/0/1.
Considérez un masque générique (wildcard mask) comme étant l’inverse d’un masque de
sous-réseau. L’inverse du masque de sous-réseau [Link] est [Link]. Pour calculer
l'inverse du masque de sous-réseau, soustrayez le masque de sous-réseau de [Link]
comme suit :
[Link]
- [Link]
---------------
Certaines versions IOS permettent également de saisir le masque de sous-réseau plutôt qu'un
masque générique. La Figure 3 présente un exemple de configuration de la même interface
S0/0/1 sur R2, mais cette fois à l'aide d'un masque de sous-réseau dans la commande
network. Toutefois, si le masque de sous-réseau est utilisé, IOS convertit la commande au
format wildcard-mask dans la configuration. Vous pouvez le vérifier dans le résultat show
running-config de la Figure 3.
Sar 21
Dès qu'une nouvelle interface est activée au sein du réseau EIGRP, le protocole EIGRP tente
de former une contiguïté de voisinage avec les routeurs voisins pour envoyer et recevoir les
mises à jour EIGRP.
Pour supprimer le trafic de mise à jour inutile, notamment en présence d'une interface
LAN, sans autres routeurs connectés
Pour augmenter les contrôles de sécurité, par exemple pour empêcher les
périphériques de routage indésirables inconnus de recevoir les mises à jour EIGRP
La Figure 1 montre que R1, R2 et R3 n'ont aucun voisin sur leurs interfaces GigabitEthernet
0/0.
Sans contiguïté de voisinage, le protocole EIGRP ne permet pas d'échanger des routes avec un
voisin. Par conséquent, la commande passive-interface empêche l'échange de routes sur
l'interface. Même si le protocole EIGRP n'envoie/ne reçoit pas de mises à jour de routage sur
une interface configurée avec la commande passive-interface, il continue à inclure l'adresse
de l'interface dans les mises à jour de routage envoyées par d'autres interfaces non passives.
Remarque : pour configurer toutes les interfaces comme passives, utilisez la commande
passive-interface default. Pour désactiver une interface considérée comme passive, utilisez
la commande no passive-interface interface-type interface-number.
L'interface passive peut être utilisée pour augmenter les contrôles de sécurité, par exemple
lorsqu'un réseau doit être connecté à une organisation tierce sur laquelle l'administrateur local
n'a aucun contrôle, notamment lors de la connexion à un réseau FAI. Dans ce cas,
l'administrateur du réseau local a besoin d'annoncer le lien d'interface dans tout son réseau,
mais ne souhaite pas forcément que l'organisation tierce reçoive ou envoie des mises à jour de
routage vers le périphérique de routage local, car cela constitue un risque pour la sécurité.
Pour vérifier si l'interface d'un routeur est configurée comme passive, utilisez la commande du
mode d'exécution privilégié show ip protocols, comme indiqué à la Figure 3. Notez que, bien
que l'interface GigabitEthernet 0/0 de R3 soit passive, le protocole EIGRP continue à inclure
l'adresse réseau de l'interface du réseau [Link] dans ses mises à jour de routage.
Utilisez la commande show ip eigrp neighbors pour afficher la table de voisinage et vérifier
que le protocole EIGRP a établi une contiguïté avec ses voisins. Pour chaque routeur, vous
devoir pouvoir visualiser l'adresse IPv4 du routeur adjacent et l'interface que celui-ci utilise
pour atteindre son voisin EIGRP. À l'aide de cette topologie, chaque routeur compte deux
voisins répertoriés dans la table de voisinage.
H column : répertorie les voisins dans l'ordre où ils ont été appris.
Hold : le délai d'attente actuel. Lorsqu'un paquet Hello est reçu, cette valeur est
réinitialisée au temps d'attente maximal de cette interface, puis un compte à rebours
s'effectue jusqu'à zéro. Si la valeur zéro est atteinte, le voisin est considéré comme
étant « hors service ».
Queue Count : le nombre de paquets en attente d'envoi. Il doit toujours être égal à
zéro. S'il est supérieur à zéro, les paquets EIGRP sont placés en attente d'envoi.
Sequence Number : numéro d'ordre, permettant de suivre les paquets de mise à jour,
de demande et de réponse.
La commande show ip eigrp neighbors est très utile pour vérifier et dépanner le protocole
EIGRP. Si un voisin n'est pas répertorié après l'établissement des contiguïtés avec les voisins
d'un routeur, vérifiez que l'interface locale est activée à l'aide de la commande show ip
interface brief. Si l'interface est active, essayez d'envoyer une requête ping à l'adresse IPv4
du voisin. Si la requête ping échoue, cela signifie que l'interface voisine est hors service et
doit être activée. Si la commande ping a abouti et qu’EIGRP ne voit toujours pas le routeur
comme un voisin, examinez les configurations suivantes :
Les deux routeurs sont-ils configurés avec le même numéro de système autonome
EIGRP ?
Le réseau connecté directement est-il inclus dans les instructions EIGRP network ?
Sar 23
La commande show ip protocols affiche les paramètres et d'autres informations sur l'état
actuel des processus de routage IPv4 actifs configurés sur le routeur. La commande show ip
protocols affiche les différents types de sorties spécifiques à chaque protocole de routage.
1. Le protocole EIGRP est un protocole de routage dynamique actif sur R1 configuré avec le
numéro de système autonome 1.
4. Par défaut, le protocole EIGRP ne récapitule pas automatiquement les réseaux. Les sous-
réseaux sont inclus dans les mises à jour de routage.
5. Les contiguïtés de voisinage EIGRP de R1 avec d'autres routeurs servent à recevoir les
mises à jour de routage EIGRP.
Adresse IPv4
Distance administrative
Une autre façon de vérifier la configuration du protocole EIGRP et d'autres fonctions consiste
à examiner les tables de routage IPv4 à l'aide de la commande show ip route. Comme avec
tout protocole de routage dynamique, l'administrateur réseau doit vérifier les informations
contenues dans la table de routage afin de s'assurer qu'elles sont conformes aux configurations
saisies. C'est la raison pour laquelle il est important de bien comprendre les commandes de
configuration du protocole de routage, ainsi que les opérations du protocole de routage et les
processus utilisés pour créer la table de routage IP.
Notez que les résultats utilisés tout au long de ce cours proviennent de Cisco IOS 15. Avant
IOS 15, la récapitulation automatique EIGRP était activée par défaut. L'état de la
récapitulation automatique peut faire une différence sur les informations affichées dans la
table de routage IPv4. Si une version précédente de IOS est utilisée, la récapitulation
automatique peut être désactivée à l'aide de la commande de mode de configuration du
routeur no auto-summary :
Router(config-router)# no auto-summary
À la Figure 2, la table de routage IPv4 est examinée à l'aide de la commande show ip route.
Les routes EIGRP sont signalées dans la table de routage par la lettre D. La lettre D a servi à
représenter le protocole EIGRP, car le protocole repose sur l'algorithme DUAL.
La commande show ip route vérifie que les routes reçues par les voisins EIGRP sont
installées dans la table de routage IPv4. La commande show ip route affiche toute la table de
routage, y compris les réseaux distants appris de façon dynamique, connectés directement et
les routes statiques. C'est la raison pour laquelle la première commande sert normalement à
vérifier la convergence. Une fois le routage correctement configuré sur tous les routeurs, la
commande show ip route montre que chaque routeur dispose d'une table de routage
complète, avec une route vers chaque réseau de la topologie.
Notez que R1 a installé des routes vers trois réseaux distants IPv4 dans sa table de routage
IPv4 :
R1 dispose de deux chemins vers le réseau [Link]/30, car son coût ou sa métrique pour
atteindre ce réseau est identique ou équivalent à l'utilisation des deux routeurs. C'est ce que
l'on appelle des routes à coût égal. R1 utilise les deux chemins pour atteindre ce réseau, que
l'on appelle équilibrage de la charge. La métrique EIGRP est présentée plus loin dans ce
chapitre.
La Figure 3 affiche la table de routage de R2. Notez que les mêmes résultats s'affichent avec
une route à coût égal pour le réseau [Link]/30.
La Figure 4 affiche la table de routage de R3. Tout comme les résultats de R1 et R2, les
réseaux distants sont appris à l'aide du protocole EIGRP, avec une route à coût égal pour le
réseau [Link]/30.
Sar 25
Contexte/scénario
Au cours de cet exercice, vous allez implémenter des configurations de base du protocole
EIGRP, avec des commandes network et des interfaces passives, et désactiver la
récapitulation automatique. Vous contrôlerez ensuite votre configuration EIGRP à l'aide d'un
éventail de commandes show et testerez la connectivité de bout en bout.
Exo 72.24
Exo 72.25
Le protocole EIGRP utilise des paquets Hello pour établir des contiguïtés de voisinage et les
gérer. Pour que deux routeurs EIGRP deviennent voisins, plusieurs paramètres doivent être
concordants entre les deux routeurs. Par exemple, deux routeurs EIGRP doivent utiliser les
mêmes paramètres de métrique EIGRP et ils doivent être configurés avec le même numéro de
système autonome.
Chaque routeur EIGRP gère une table de voisinage, qui contient la liste des routeurs sur des
liens partagés qui disposent d'une contiguïté EIGRP avec lui. La table de voisinage permet de
suivre l'état des voisins EIGRP.
La figure présente deux routeurs EIGRP qui s'échangent des paquets Hello EIGRP initiaux.
Lorsqu'un routeur sur lequel le protocole EIGRP est activé reçoit un paquet Hello sur une
interface, il ajoute le routeur expéditeur à sa table de voisinage.
1. Un nouveau routeur (R1) apparaît sur le lien et envoie un paquet Hello EIGRP via toutes
ses interfaces configurées EIGRP.
2. Le routeur R2 reçoit le paquet Hello sur une interface sur laquelle le protocole EIGRP est
activé. R2 répond avec un paquet de mise à jour EIGRP qui contient toutes les routes de sa
table de routage, à l'exception de celles apprises via cette interface (découpage d'horizon).
Toutefois, la contiguïté de voisinage n'est établie que lorsque R2 envoie également un paquet
Hello EIGRP à R1.
3. Une fois que les deux routeurs ont échangé des paquets Hello, la contiguïté de voisinage est
établie. R1 et R2 mettent à jour leurs tables de voisinage EIGRP en ajoutant le routeur
adjacent comme voisin.
Sar 26
Les mises à jour EIGRP contiennent les réseaux accessibles à partir du routeur qui envoie la
mise à jour. Comme les mises à jour EIGRP sont échangées entre des voisins, le routeur
destinataire ajoute ces entrées à sa table topologique EIGRP.
Chaque routeur EIGRP gère une table topologique pour chaque protocole routé configuré,
Lorsqu'un routeur reçoit une mise à jour de routage EIGRP, il ajoute les informations de
routage à sa table topologique EIGRP et répond avec un reçu EIGRP.
1. R1 reçoit la mise à jour EIGRP de son voisin R2 et inclut les informations sur les routes
annoncées par le voisin, notamment la métrique vers chaque destination. R1 ajoute toutes les
entrées de mise à jour dans sa table topologique. La table topologique comprend toutes les
destinations annoncées par les routeurs (adjacents) voisins et le coût (métrique) pour atteindre
chaque réseau.
2. Les paquets de mise à jour EIGRP utilisent le mode d'acheminement fiable ; R1 répond
donc avec un paquet de reçu EIGRP informant R2 de la réception de la mise à jour.
3. R1 envoie une mise à jour EIGRP à R2 annonçant les routes connues, à l'exception de
celles apprises avec R2 (découpage d'horizon).
4. R2 reçoit la mise à jour EIGRP de son voisin R1 et ajoute les informations dans sa propre
table topologique.
Sar 27
1. Une fois les paquets de mise à jour EIGRP reçus de la part de R2, à l'aide des informations
contenues dans la table topologique, R1 met à jour sa table de routage IP avec le meilleur
chemin vers chaque destination, y compris la métrique et le routeur de tronçon suivant.
2. Tout comme R1, R2 met à jour sa table de routage IP avec le meilleur chemin vers chaque
réseau.
À ce stade, le protocole EIGRP est considéré comme convergent sur les deux routeurs.
Sar 28
Métriques
Par défaut, le protocole EIGRP utilise les valeurs suivantes pour calculer le chemin préféré
vers un réseau :
Bande passante : la bande passante la plus lente parmi toutes les interfaces sortantes,
ainsi que le chemin de la source à la destination.
Les valeurs suivantes peuvent être utilisées, mais sont déconseillées, car elles entraînent
généralement un recalcul fréquent de la table topologique :
Charge : représente la pire charge sur un lien entre la source et la destination, calculée
en fonction du débit du paquet et de la bande passante configurée sur l'interface.
Remarque : même si l'unité de transmission maximale (MTU) est incluse dans les mises à
jour des tables de routage, il ne s'agit pas d'une métrique de routage utilisée par le protocole
EIGRP.
La métrique composite
Les valeurs k par défaut peuvent être modifiées à l'aide de la commande de mode de
La commande show ip protocols sert à vérifier les valeurs k. Le résultat de la commande pour
R1 est présenté à la Figure 2. Notez que les valeurs k sur R1 correspondent aux valeurs par
défaut.
Sar 30
La commande show interfaces affiche les informations sur l'interface, notamment les
paramètres servant à calculer la métrique EIGRP. La figure montre la commande show
interfaces pour l'interface Serial 0/0/0 sur R1.
Remarque : tout au long du cours, la bande passante est exprimée en kb/s. Toutefois, le
résultat du routeur affiche la bande passante à l'aide de l'abréviation Kbit/sec. Le résultat du
routeur affiche également le délai sous la forme usec. Dans ce cours, le délai est exprimé en
microsecondes.
Sar 31
La métrique de bande passante est une valeur statique utilisée par certains protocoles de
routage, notamment EIGRP et OSPF, pour calculer leur métrique de routage. La bande
passante est indiquée en kilobits par seconde (kb/s). La plupart des interfaces série utilisent la
valeur de bande passante par défaut de 1 544 kb/s ou 1 544 000 b/s (1,544 Mb/s). Il s’agit de
la bande passante d’une connexion T1. Cependant, certaines interfaces série utilisent une
valeur de bande passante par défaut différente. La Figure 1 illustre la topologie utilisée dans
cette section. Les types de ports série et leurs bandes passantes associées ne correspondent pas
nécessairement aux types de connexions plus courantes figurant sur les réseaux actuels.
Sur la plupart des liens série, la métrique de bande passante est définie par défaut sur
1 544 kb/s. Étant donné que les protocoles EIGRP et OSPF utilisent la bande passante dans
les calculs de métrique par défaut, il est important d’attribuer une valeur correcte à la bande
passante afin que les informations de routage soient correctes.
À la Figure 2, le lien entre R1 et R2 présente une bande passante de 64 kb/s et le lien entre R2
et R3 une bande passante de 1 024 kb/s. La figure montre les configurations utilisées sur les
trois routeurs pour modifier la bande passante sur les interfaces série appropriées.
Utilisez la commande show interfaces pour vérifier les nouveaux paramètres de bande
passante, comme indiqué à la Figure 3. Il est important de modifier la métrique de bande
passante des deux côtés de la liaison afin d’assurer un acheminement correct dans les deux
directions.
Sar 32
Le délai correspond à la mesure de temps nécessaire à un paquet pour traverser une route. La
métrique de délai (DLY) est une valeur statique déterminée à partir du type de liaison à
laquelle l’interface est connectée et s’exprime en microsecondes. Le délai n’est pas mesuré de
façon dynamique. Autrement dit, le routeur ne suit pas réellement la durée nécessaire aux
paquets pour atteindre la destination. La valeur de délai, comme la valeur de bande passante,
est une valeur par défaut que l’administrateur peut modifier.
Lorsqu'il sert à déterminer la métrique EIGRP, le délai correspond à la somme de tous les
délais d'interface le long du chemin (mesuré en dizaines de microsecondes).
Le tableau de la Figure 1 présente les valeurs de délai par défaut des différentes interfaces.
Notez que la valeur par défaut est de 20 000 microsecondes pour les interfaces série et de 10
microsecondes pour les interfaces GigabitEthernet.
Utilisez la commande show interfaces pour vérifier la valeur de délai sur une interface,
comme indiqué à la Figure 2. Bien qu'une interface dotée de différentes bandes passantes
puisse comporter la même valeur de délai, par défaut, Cisco recommande de ne pas modifier
le paramètre de délai, sauf si l'administrateur réseau a une raison particulière de le faire.
Sar 33
Bien que le protocole EIGRP calcule automatiquement la métrique de table de routage servant
à choisir le meilleur chemin, il est important que l'administrateur réseau comprenne le mode
de détermination de ces métriques.
La figure montre la formule de métrique composite utilisée par le protocole EIGRP. À l'aide
des valeurs par défaut de K1 et K3, le calcul peut être simplifié à la bande passante la plus
lente (ou bande passante minimale), plus la somme de tous les délais.
Autrement dit, en examinant les valeurs de bande passante et de délai de toutes les interfaces
sortantes sur la route, nous pouvons déterminer la métrique EIGRP comme suit :
Étape 1. Déterminez le lien avec la bande passante la plus lente. Utilisez cette valeur pour
calculer la bande passante (10 000 000/bande passante).
Sar 34
La Figure 1 présente la topologie à trois routeurs. Cet exemple illustre la façon dont le
protocole EIGRP détermine la métrique affichée dans la table de routage de R2 pour le réseau
[Link]/24.
Bande passante
Le protocole EIGRP utilise la bande passante la plus lente dans le calcul de sa métrique. Vous
pouvez déterminer la bande passante la plus lente en examinant chaque interface entre R2 et
le réseau de destination [Link]. L'interface Serial 0/0/1 sur R2 présente une bande
passante de 1 024 kb/s. L'interface GigabitEthernet 0/0 sur R3 présente une bande passante de
1 000 000 kb/s. Par conséquent, la bande passante la plus lente est 1 024 kb/s et sert au calcul
de la métrique.
Le protocole EIGRP divise une valeur de bande passante de référence de 10 000 000 par la
valeur de bande passante de l'interface en kb/s. Résultat : les valeurs de bande passante plus
élevées reçoivent une métrique inférieure et les valeurs de bande passante plus basses
reçoivent une métrique supérieure. 10 000 000 est divisé par 1 024. Si le résultat n'est pas un
nombre entier, la valeur est arrondie au nombre inférieur. Dans ce cas, 10 000 000 divisé par
1 024 est égal à 9 765,625. En arrondissant au nombre inférieur, le résultat est 9 765 pour la
partie bande passante de la métrique composite, comme indiqué à la Figure 2.
Délai
Les mêmes interfaces sortantes servent à déterminer la valeur de délai, comme indiqué à la
Figure 3.
Le protocole EIGRP utilise la somme de tous les délais vers la destination. L'interface Serial
0/0/1 sur R2 a un délai de 20 000 microsecondes. L'interface Gigabit 0/0 sur R3 a un délai de
10 microsecondes. La somme de ces délais est divisée par 10. Dans cet exemple,
(20 000+10)/10 est égal à 2 001 pour la partie délai de la métrique composite.
Calcul de la métrique
Utilisez les valeurs calculées de bande passante et de délai dans la formule de métrique. Il en
résulte une métrique de 3 012 096, comme indiqué à la Figure 4. Cette valeur correspond à
celle figurant dans la table de routage de R2.
Sar 35
Successeur : succesor
Sar 37
Les boucles de routage, même temporaires, peuvent nuire aux performances réseau. Les
protocoles de routage à vecteur de distance, tels que le protocole RIP, empêchent les boucles
de routage avec des minuteurs de mise hors service et un découpage d'horizon. Bien que le
protocole EIGRP utilise ces deux techniques, il les utilise un peu différemment, le principal
moyen d’éviter les boucles de routage étant l’algorithme DUAL.
L'algorithme DUAL permet d'éliminer les boucles à chaque instance lors d'un calcul de route.
Cela permet à tous les routeurs concernés par une modification de topologie de se
synchroniser simultanément. Les routeurs qui ne sont pas affectés par le changement de
topologie ne sont pas impliqués dans le nouveau calcul. Cette méthode fournit au protocole
EIGRP des temps de convergence plus rapides que ceux des autres protocoles de routage à
vecteur de distance.
Le processus décisionnel des calculs de route s'effectue à l'aide de Finite State Machine
(FSM) DUAL. Il s'agit d'un modèle de workflow, ressemblant à un organigramme composé
des éléments suivants :
Opérations
FSM DUAL suit toutes les routes et utilise la métrique EIGRP pour choisir des chemins sans
boucle efficaces et identifier les routes avec le chemin à moindre coût à insérer dans la table
de routage.
La distance de faisabilité (FD) est la métrique la plus basse calculée pour atteindre le réseau
de destination. La distance FD est le second nombre entre crochets répertorié dans l’entrée de
table de routage. Comme avec d'autres protocoles de routage, on l'appelle également
« métrique de la route ».
Sar 39
DUAL peut converger rapidement après une modification de la topologie, car il peut utiliser
les chemins de secours vers d'autres réseaux sans nouveau calcul. Ces chemins de secours
sont appelés « successeurs potentiels » (FS).
Un successeur potentiel est un voisin disposant d'un chemin de secours sans boucle vers le
même réseau que le successeur, et qui remplit la condition de faisabilité (FC). Le successeur
de R2 pour le réseau [Link]/24 est R3, qui fournit le meilleur chemin ou la métrique la
plus basse vers le réseau de destination. Notez à la Figure 1 que R1 fournit un autre chemin,
mais s'agit-il d'un successeur potentiel ? Pour que R1 soit un successeur potentiel de R2, il
doit d'abord remplir la condition de faisabilité.
La condition de faisabilité est remplie lorsque la distance annoncée (RD) d'un voisin à un
réseau est inférieure à la distance de faisabilité du routeur local par rapport à ce même réseau
de destination. Si la distance annoncée est inférieure, elle représente un chemin sans boucle.
La distance annoncée correspond simplement à la distance de faisabilité d'un voisin EIGRP
vers le même réseau de destination. La distance annoncée est la métrique qu’un routeur
annonce à un voisin à propos de son propre coût vers le réseau.
Sar 40
La table topologique EIGRP contient toutes les routes connues vers chaque voisin EIGRP. Un
routeur EIGRP apprenant des routes à partir de ses voisins, ces routes sont installées dans sa
table topologique EIGRP.
Sar 41
P : la route est à l'état passif. Lorsque l'algorithme DUAL n'effectue pas ses calculs de
diffusion pour déterminer le chemin d'un réseau, la route est en mode stable,
également appelé état passif. Si DUAL recalcule ou recherche un nouveau chemin, la
route est à l'état actif et affiche la lettre A. Toutes les routes de la table topologique
d’un domaine de routage stable doivent être à l’état passif.
Serial 0/0/1 : interface sortante servant à atteindre ce réseau, comme indiqué dans la
table de routage.
Sar 42
Pour voir comment DUAL utilise les successeurs et successeurs potentiels, examinez la table
de routage de R1, à condition que le réseau soit convergent, comme indiqué à la Figure 1.
La table de routage IP inclut uniquement le meilleur chemin, le successeur. Pour voir s'il
existe des successeurs potentiels, nous devons examiner la table topologique EIGRP. La table
topologique présentée à la Figure 3 montre uniquement le successeur [Link], qui est
R3. Il n'existe aucun successeur potentiel. En examinant la topologie physique réelle ou le
schéma du réseau, on peut immédiatement constater qu’un chemin de secours existe vers
[Link]/24 via R2. R2 n'est pas un successeur potentiel, car il ne remplit pas la condition
de faisabilité. Même si, en regardant la topologie, il est évident que R2 est une route de
sauvegarde, le protocole EIGRP ne dispose pas de carte de la topologie du réseau. EIGRP est
un protocole de routage à vecteur de distance qui ne connaît les informations de réseau distant
que par ses voisins.
DUAL ne stocke pas la route via R2 dans la table topologique. Tous les liens peuvent être
affichés à l'aide de la commande show ip eigrp topology all-links. Cette commande affiche
les liens, qu'ils remplissent ou non la condition de faisabilité.
Même si R2 semble être un chemin de secours viable vers [Link]/24, R1 ne voit pas que
le chemin n'est pas un bouclage potentiel. EIGRP est un protocole à vecteur de distance, qui
ne dispose pas d’une carte topologique sans boucle du réseau. La méthode de l'algorithme
DUAL pour garantir qu'un voisin dispose d'un chemin sans boucle consiste à vérifier que la
métrique du voisin remplit la condition de faisabilité. En s'assurant que la distance annoncée
du voisin est inférieure à sa propre distance de faisabilité, le routeur peut supposer que son
routeur voisin n'appartient pas à sa propre route annoncée, ce qui permet d'éviter toute boucle
potentielle.
Sar 43
Une machine FSM est une machine abstraite, pas un dispositif mécanique avec des pièces
mobiles. Les FSM définissent un ensemble d’états possibles que peut prendre un objet, les
événements à l’origine de ces états et les événements résultant de ces états. Les concepteurs
utilisent les machines FSM pour décrire le comportement d'un périphérique, d'un programme
informatique ou d'un algorithme de routage face à une série d'événements de saisie.
Les machines FSM sortent du cadre de ce cours. Toutefois, le concept permet d'examiner
Sar 45
Le résultat show ip eigrp topology pour R2 à la Figure 2 vérifie que R3 est le successeur et
que R1 est le successeur potentiel du réseau [Link]/24. Pour comprendre comment
DUAL peut utiliser un successeur potentiel lorsque le chemin qui utilise le successeur n'est
plus disponible, une défaillance de lien est simulée entre R2 et R3.
Avant de simuler la défaillance, la fonction de débogage de DUAL doit être activée à l'aide de
la commande debug eigrp fsm sur R2, comme indiqué à la Figure 3. Une défaillance de lien
est simulée à l'aide de la commande shutdown sur l'interface Serial 0/0/1 de R2.
Le résultat debug affiche l'activité générée par DUAL lors de la désactivation du lien. R2 doit
informer tous les voisins EIGRP de la perte du lien et mettre à jour ses tables topologiques et
de routage. Cet exemple montre uniquement le résultat debug sélectionné. Notez, en
particulier, que la machine FSM DUAL recherche et trouve un successeur potentiel pour la
route dans la table topologique EIGRP.
Sar 46
Le chemin vers le successeur peut parfois échouer, sans qu'il existe de successeur potentiel.
Dans ce cas, DUAL ne dispose pas d'un chemin de secours sans boucle garanti vers le réseau,
le chemin n'apparaît donc pas dans la table topologique comme successeur potentiel. Si la
table topologique ne contient aucun successeur potentiel, DUAL met le réseau à l'état actif.
DUAL interroge activement ses voisins à la recherche d'un nouveau successeur.
Si l’expéditeur des demandes EIGRP reçoit des réponses EIGRP contenant un chemin vers le
réseau demandé, le chemin préféré est désigné comme nouveau successeur et ajouté à la table
de routage. Ce processus dure moins longtemps si DUAL dispose d'un successeur potentiel
dans sa table topologique et peut rapidement ajouter la nouvelle route à sa table de routage. À
la Figure 3, notez que R1 dispose d'une nouvelle route vers le réseau [Link]/24. Le
nouveau successeur EIGRP est le routeur R2.
Sar 47
Contexte/scénario
Au cours de cet exercice, vous allez modifier le mode de calcul de la métrique EIGRP afin de
modifier la topologie. Vous pourrez ainsi observer comment le protocole EIGRP se comporte
en cas de désactivation d'un routeur voisin. Vous utiliserez ensuite la commande debug afin
d'afficher les modifications apportées à la topologie et de voir comment la Finite State
Machine (FSM) DUAL détermine les chemins vers les successeurs et les successeurs
potentiels en vue de rétablir la convergence du réseau.
Remarque : dans IPv6, l'adresse réseau est considérée comme étant le préfixe et le masque de
sous-réseau est appelé la longueur de préfixe.
EIGRP pour IPv4 s'exécute sur la couche réseau IPv4, communique avec d'autres homologues
IPv4 EIGRP et annonce uniquement les routes IPv4. Le protocole EIGRP pour IPv6 présente
les mêmes fonctionnalités que le protocole EIGRP pour IPv4, mais utilise IPv6 comme
transport de couche réseau, pour communiquer avec les homologues EIGRP pour IPv6 et
annoncer les routes IPv6.
Le protocole EIGRP pour IPv6 utilise également l'algorithme DUAL comme moteur de calcul
pour garantir la présence de chemins sans boucle et de chemins de secours dans tout le
domaine de routage.
Comme avec tous les protocoles de routage IPv6, le protocole EIGRP pour IPv6 a des
processus distincts par rapport à son homologue IPv4. Les processus et les opérations sont
fondamentalement les mêmes que dans le protocole de routage IPv4, mais ils s'exécutent
indépendamment. Les protocoles EIGRP pour IPv4 et EIGRP pour IPv6 disposent chacun des
tables de voisinage EIGRP, des tables topologiques EIGRP et des tables de routage IP
distinctes, comme indiqué dans la figure. Le protocole EIGRP pour IPv6 est un module
dépendant d'un protocole (PDM) distinct.
Sar 48
Voici une comparaison des principales fonctionnalités des protocoles EIGRP pour IPv4 et
EIGRP pour IPv6 :
Routes annoncées : le protocole EIGRP pour IPv4 annonce des réseaux IPv4, tandis
que le protocole EIGRP pour IPv6 annonce des préfixes IPv6.
Vecteur de distance : le protocole EIGRP pour IPv4 et le protocole EIGRP pour IPv6
sont des protocoles de routage à vecteur de distance avancés. Les deux protocoles
utilisent les mêmes distances administratives.
Métrique : le protocole EIGRP pour IPv4 et le protocole EIGRP pour IPv6 utilisent
tous deux la bande passante, le délai, la fiabilité et la charge pour leur métrique
composite. Les deux protocoles de routage utilisent la même métrique composite et
utilisent uniquement la bande passante et le délai, par défaut.
Messages de mise à jour : le protocole EIGRP pour IPv4 et le protocole EIGRP pour
IPv6 envoient des mises à jour incrémentielles en cas de modification de l'état d'une
destination. Les termes « partiel » et « limité » sont utilisés dans les deux protocoles
pour désigner les mises à jour.
Sar 49
Les routeurs exécutant un protocole de routage dynamique, tel que le protocole EIGRP,
échangent des messages entre voisins sur le même sous-réseau ou lien. Les routeurs doivent
uniquement envoyer et recevoir des messages de protocole de routage avec leurs voisins
connectés directement. Ces messages sont toujours envoyés depuis l'adresse IP source du
routeur effectuant le réacheminement.
Les adresses link-local IPv6 sont idéales à cet égard. Une adresse link-local IPv6 permet à un
périphérique de communiquer avec d'autres périphériques IPv6 sur la même liaison et
uniquement sur cette liaison (sous-réseau). Les paquets associés à une adresse source ou de
destination link-local ne peuvent pas être acheminés au-delà de leur liaison d'origine.
Les messages EIGRP pour IPv6 sont envoyés à l'aide des éléments suivants :
Adresse IPv6 de destination : lorsque le paquet doit être envoyé à une adresse de
multidiffusion, il est envoyé à l'adresse de multidiffusion IPv6 FF02::A, l'adresse de
multidiffusion link-local des routeurs utilisant uniquement le protocole EIGRP. Si le
paquet peut être envoyé à une adresse de monodiffusion, il est envoyé à l'adresse link-
local du routeur voisin.
Remarque : les adresses link-local IPv6 se trouvent dans la plage FE80::/10. /10 indique que
les 10 premiers bits sont 1111 1110 10xx xxxx, ce qui génère la plage 1111 1110 1000 0000
(FE80) à 1111 1110 1011 1111 (FEBF) dans le premier hextet.
Sar 50
Seules des adresses de monodiffusion globale IPv6 ont été configurées sur chaque routeur.
Les Figures 2, 3 et 4 présentent les configurations d'interface initiales sur chaque routeur.
Notez que les valeurs de bande passante de l'interface proviennent de la configuration EIGRP
pour IPv4 précédente. Les protocoles EIGRP pour IPv4 et EIGRP pour IPv6 utilisant les
mêmes métriques, la modification des paramètres de bande passante influe sur les deux
protocoles de routage.
Sar 52
Sauf s'ils ont été configurés manuellement, les routeurs Cisco créent l'adresse link-local au
moyen du préfixe FE80::/10 et du processus EUI-64, comme indiqué à la Figure 1. EUI-64
consiste à utiliser l'adresse MAC Ethernet 48-bit, à insérer FFFE au milieu et à manipuler le
septième bit. Pour les interfaces série, Cisco utilise l'adresse MAC d'une interface Ethernet.
Un routeur avec plusieurs interfaces série peut attribuer la même adresse link-local à chaque
interface IPv6 puisque les adresses link-local doivent être uniquement locales sur le lien.
Il est difficile d'identifier et de mémoriser les adresses link-local créées au moyen du format
EUI-64 ou, dans certains cas, les ID d'interface aléatoires. Étant donné que les protocoles de
routage IPv6 utilisent des adresses link-local IPv6 pour l'adressage de monodiffusion et les
informations d'adresse de tronçon suivant dans la table de routage, il est courant de définir des
adresses facilement reconnaissables. Configurer manuellement l'adresse link-local permet de
créer une adresse qui est reconnaissable et plus facile à mémoriser.
Les adresses link-local peuvent être configurées manuellement avec la même commande de
mode de configuration d'interface que celle utilisée pour créer des adresses de monodiffusion
globale IPv6, mais avec des paramètres différents :
Router(config-if)# ipv6 address link-local-address link-local
Une adresse link-local possède un préfixe dans la plage FE80 à FEBF . Lorsqu'une
adresse commence par cet hextet (segment de 16 bits), le mot-clé link-local doit suivre
l'adresse.
Tout comme R1, à la Figure 3, le routeur R2 est configuré avec FE80::2 comme adresse link-
local IPv6 sur toutes ses interfaces.
Utilisez le contrôleur de syntaxe de la Figure 4 pour configurer FE80::3 comme adresse link-
local sur toutes les interfaces de R3.
Comme indiqué à la Figure 5, la commande show ipv6 interface brief sert à vérifier les
adresses link-local IPv6 et de monodiffusion globale sur toutes les interfaces.
Sar 53
Tout comme le protocole EIGRP pour IPv4, la valeur autonomous-system doit être la même
sur tous les routeurs du domaine de routage. À la Figure 1, le processus de routage EIGRP
pour IPv6 n'a pu être configuré qu'une fois le routage IPv6 activé à l'aide de la commande de
mode de configuration globale ipv6 unicast-routing.
ID du routeur
Comme indiqué à la Figure 2, la commande eigrp router-id sert à configurer l'ID de routeur.
Le protocole EIGRP pour IPv6 utilise un ID de routeur 32 bits. Pour obtenir cette valeur, le
protocole EIGRP pour IPv6 utilise le même processus que le protocole EIGRP pour IPv4. La
commande eigrp router-id prime sur toute adresse de bouclage ou d'interface physique IPv4.
Si un routeur EIGRP pour IPv6 ne dispose d'aucune interface active avec une adresse IPv4, la
commande eigrp router-id doit être exécutée.
L'ID de routeur doit être un nombre de 32 bits unique dans le domaine de routage IP EIGRP ;
sinon, des incohérences peuvent apparaître au niveau du routage.
Remarque : la commande eigrp router-id est utilisée pour configurer l'ID de routeur pour le
protocole EIGRP. Certaines versions de Cisco IOS acceptent la commande router-id sans la
spécification préalable de l'option eigrp. Toutefois, la configuration en cours affichera eigrp
router-id quelle que soit la commande utilisée.
Par défaut, le processus EIGRP pour IPv6 est désactivé. Vous devez exécuter la commande
no shutdown pour activer le processus EIGRP pour IPv6, comme indiqué à la Figure 3. Cette
commande n'est pas nécessaire pour le protocole EIGRP pour IPv4. Bien que le processus
EIGRP pour IPv6 soit activé, il est impossible d'envoyer et de recevoir des mises à jour de
routage et des contiguïtés de voisinage tant que le protocole EIGRP n'est pas activé sur les
interfaces appropriées.
Vous avez besoin de la commande no shutdown et d'un ID de routeur pour établir des
contiguïtés de voisinage du routeur.
La Figure 4 montre la configuration EIGRP pour IPv6 complète pour le routeur R2.
Utilisez le contrôleur de syntaxe de la Figure 5 pour configurer le processus EIGRP pour IPv6
sur le routeur R3.
Sar 54
Le protocole EIGRP pour IPv6 utilise une méthode différente pour activer une interface pour
le protocole EIGRP. Au lieu d'utiliser la commande du mode de configuration de routeur
network pour spécifier les adresses d'interface correspondantes, le protocole EIGRP pour
IPv6 est configuré directement sur l'interface.
La valeur autonomous-system doit être identique au numéro de système autonome utilisé pour
activer le processus de routage EIGRP. Tout comme la commande network utilisée dans le
protocole EIGRP pour IPv4, la commande ipv6 eigrp interface :
Inclut le préfixe (réseau) de cette interface dans les mises à jour de routage EIGRP
pour IPv6
La Figure 1 montre la configuration qui permet d'activer le protocole EIGRP pour IPv6 sur les
interfaces des routeurs R1 et R2. Notez le message suivant l'interface Serial 0/0/0 dans R2 :
Utilisez le contrôleur de syntaxe de la Figure 2 pour activer le protocole EIGRP pour IPv6 sur
les interfaces de R3.
Sar 55
Le résultat de la commande show ipv6 eigrp neighbors comprend les éléments suivants :
H column : répertorie les voisins dans l'ordre où ils ont été appris.
Hold : le délai d'attente actuel. Lorsqu'un paquet Hello est reçu, cette valeur est
réinitialisée au temps d'attente maximal de cette interface, puis un compte à rebours
s'effectue jusqu'à zéro. Si la valeur zéro est atteinte, le voisin est considéré comme
étant « hors service ».
SRTT et RTO : utilisés par RTP pour gérer les paquets EIGRP fiables.
Queue Count : le nombre de paquets en attente d'envoi. Il doit toujours être égal à
zéro. S'il est supérieur à zéro, les paquets EIGRP sont placés en attente d'envoi.
Sequence Number : numéro d'ordre, permettant de suivre les paquets de mise à jour,
de demande et de réponse.
La commande show ipv6 eigrp neighbors est très utile pour vérifier et
dépanner le protocole EIGRP pour IPv6. Si un voisin attendu n'est pas répertorié, assurez-
vous que les deux extrémités du lien sont à l'état up/up (actif/actif) à l'aide de la commande
show ipv6 interface brief. Les mêmes exigences s'appliquent à l'établissement des
contiguïtés de voisinage avec le protocole EIGRP pour IPv6 et le protocole EIGRP pour IPv4.
Si les deux côtés du lien disposent d'interfaces actives, vérifiez ce qui suit :
Les deux routeurs sont-ils configurés avec le même numéro de système autonome
EIGRP ?
L'interface activée pour le protocole EIGRP pour IPv6 porte-t-elle le bon numéro de
système autonome ?
Sar 56
La commande show ipv6 protocols affiche les paramètres et d'autres informations sur l'état
des processus de routage IPv6 actifs actuellement configurés sur le routeur. La commande
show ipv6 protocols affiche les différents types de sorties spécifiques à chaque protocole de
routage IPv6.
Le résultat de la figure présente plusieurs paramètres EIGRP pour IPv6 précédemment décrits,
notamment :
1. Le protocole EIGRP pour IPv6 est un protocole de routage dynamique actif sur R1
configuré avec le numéro de système autonome 2.
2. Voici les valeurs k utilisées pour calculer la métrique composite EIGRP. Les valeurs K1 et
K3 sont réglées sur 1, par défaut, et les valeurs K2, K4 et K5 sur 0, par défaut.
4. Comme pour le protocole EIGRP pour IPv4, les distances administratives du protocole
EIGRP pour IPv6 présentent une valeur interne de 90 et une valeur externe de 170 (valeurs
par défaut).
Sar 57
Comme avec tout protocole de routage, l'objectif est de renseigner la table de routage IP avec
les routes vers les réseaux distants et les meilleurs chemins associés. Comme avec IPv4, il est
important d'examiner la table de routage IPv6 et de déterminer si elle contient les routes
correctes.
La table de routage IPv6 est examinée à l'aide de la commande show ipv6 route. Les routes
EIGRP pour IPv6 sont marquées d'un D dans la table de routage, comme pour son homologue
pour IPv4.
La Figure 1 montre que R1 a installé trois routes EIGRP vers des réseaux IPv6 distants dans
sa table de routage IPv6 :
Les trois routes utilisent le routeur R3 comme routeur de tronçon suivant (successeur). Notez
que la table de routage utilise l'adresse link-local comme adresse de tronçon suivant. Chaque
interface d'un routeur étant configurée à l'aide d'une adresse link-local unique et distinctive, il
est facile d'identifier le routeur R3 comme routeur de tronçon suivant via FE80::3.
La Figure 3 affiche la table de routage de R3. Notez que R3 dispose de deux chemins à coût
égal vers 2001:DB8:CAFE:A001::/64. L'un via R1 sur FE80::1 et l'autre via R2 sur FE80::2.
Sar 58
Contexte/scénario
Au cours de cet exercice, vous allez configurer le réseau avec le routage EIGRP pour IPv6.
Vous attribuerez également des ID de routeur, configurerez des interfaces passives, vérifierez
la convergence complète du réseau et afficherez des informations de routage à l'aide des
commandes show.
Le protocole EIGRP pour IPv6 fonctionne globalement de la même manière que le protocole
EIGRP pour IPv4. Il existe toutefois quelques différences majeures entre eux :
Le protocole EIGRP pour IPv6 est configuré directement sur les interfaces de routeur.
Avec le protocole EIGRP pour IPv6, un ID de routeur est requis sur chaque routeur, sinon le
processus de routage ne démarre pas.
TP 74.35
Résumé
Résumé
Gamme de protocoles RIP et EIGRP
Vous préparez un fichier portefeuille pour la comparaison des protocoles de routage RIP et
EIGRP.
Imaginez un réseau comportant trois routeurs interconnectés, chacun de ces routeurs gérant un
LAN avec des PC, des imprimantes et d'autres périphériques finaux. Le graphique de cette
page illustre un exemple d'une telle topologie.
Au cours du scénario de cet exercice de modélisation, vous allez créer et configurer une
topologie, ainsi qu'en gérer l'adressage, à l'aide de commandes de vérification, puis comparer
les résultats des protocoles de routage RIP et EIGRP.
Répondez aux questions de réflexion du fichier PDF qui accompagne cet exercice. Enregistrez
votre travail et préparez-vous à partager vos réponses avec la classe. Enregistrez également
une copie de votre travail pour y revenir plus tard pendant ce cours ou pour référence.
Sar 59
Le protocole EIGRP est un protocole de routage à vecteur de distance avancé qui comprend
des fonctionnalités indisponibles dans d'autres protocoles de routage à vecteur de distance tels
que RIP, notamment : algorithme DUAL (Diffusing Update Algorithm), établissement de
contiguïtés de voisinage, protocole de transport fiable (RTP), mises à jour partielles et
limitées et équilibrage de charge à coût égal et inégal.
Le protocole EIGRP utilise des modules dépendants d'un protocole (PDM, Protocol
Dependent Modules) qui lui permettent de prendre en charge différents protocoles de
couche 3 dont IPv4 et IPv6. EIGRP utilise RTP (Reliable Transport Protocol – Protocole de
transport fiable) comme protocole de transport pour la livraison de paquets EIGRP. Le
protocole EIGRP utilise le mode d'acheminement fiable pour les mises à jour, les demandes et
les réponses EIGRP et le mode d'acheminement non fiable pour les paquets Hello et les reçus
EIGRP. Le protocole RTP fiable signifie qu’un reçu EIGRP doit être renvoyé.
Avant d’envoyer des mises à jour EIGRP, un routeur doit d’abord détecter ses voisins. Cette
opération est effectuée à l'aide des paquets Hello EIGRP. Il n'est pas nécessaire que les
valeurs Hello et de mise hors service concordent pour que deux routeurs deviennent voisins.
La commande show ip eigrp neighbors permet d'afficher la table de voisinage et de vérifier
que le protocole EIGRP a établi une contiguïté avec ses voisins.
Contrairement au protocole RIP, EIGRP n’envoie pas de mises à jour périodiques. EIGRP
envoie des mises à jour partielles ou limitées qui ne contiennent que les modifications de
routes, et uniquement aux routeurs concernés par la modification. La métrique composite
EIGRP utilise la bande passante, le délai, la fiabilité et la charge pour déterminer le meilleur
chemin. Par défaut, seuls la bande passante et le délai sont pris en compte.