LE COMPTABLE
PROBLEMATIQUE : quels sont les statuts de l’ordonnateur
I- Les fonctions du comptable
A) La fonction du comptable dans l’exécution de la dépense
B) La fonction du comptable dans l’exécution des recettes
La responsabilité du comptable
A) A) Une responsabilité personnelle et pécuniaire
B) Une responsabilité étendue
I- Les fonctions du comptable
Les comptables sont responsables de la phase comptable. Ils assurent à ce titre deux
fonctions fondamentales : une fonction dans l’exécution de la dépense (A), et une
fonction dans l’exécution des recettes (B).
A) La fonction du comptable dans l’exécution de la dépense
Le comptable procède au paiement de la dépense définie comme l’acte par lequel l’Etat ou tout
autre organisme public se libère de sa dette.
Le paiement intervient après vérification exigée par la loi parce que le comptable a un rôle de payeur.
Autrement dit le comptable entreprend un contrôle avant de procéder au paiement. Ce contrôle
s’agit en effet d’un contrôle de régularité ou encore de légalité, mais seulement de la légalité externe
c’est-à-dire de la régularité budgétaire.
Le comptable va s’assurer que les crédits retenus par l’ordonnateur pour faire la dépense n’était pas
réservé pour effectuer d’autre dépense. Il va s’assurer également du caractère libératoire du
paiement, il va s’assurer que la personne présentée comme créancière est bien la personne
créancière.
L’objet de ce contrôle se porte sur la qualité de l’ordonnateur, l’assignation de la dépense, la
justification du service fait, l’existence de pièces justificatifs des avis, visas. Le contrôle de la qualité.
Le contrôle du comptable porte aussi sur l’exacte imputation des dépenses au chapitre ou articles
qu’elles concernent et selon leur nature ou leur objet, de la disponibilité des crédits.
Toutes fois si des irrégularités sont identifiées le comptable est dans l’obligation de refuser de payer
le visa de la dépense
Outre cette fonction dans l’exécution de la dépense, le comptable assure aussi une fonction dans
l’exécution des recettes.
B) La fonction du comptable dans l’exécution des recettes
La phase comptable commence après la notification du titre de perception au comptable
assignataire. Ici les contrôles sont moins nombreux parce que l’Etat encaisse des ressources. Le
comptable contrôle l’existence de l’autorisation de percevoir des recettes. Ce contrôle est
essentiellement formel.
Le comptable public doit aussi contrôler la régularité des réductions ou des annulations des ordres de
recettes émis par le l’ordonnateur. Une fois que ces contrôles ont été réalisés, le comptable est
chargé de recouvrer les recettes. Il est chargé d’effectué toutes les diligences nécessaires pour
parvenir au recouvrement. De même les comptables s’assurent de la mise en recouvrement. Il doit
utiliser tous les outils qui sont en sa possession pour faire payer le débiteur. En principe, le
recouvrement se fait à l’amiable. En cas de résistance du contribuable, la procédure de
recouvrement forcé est déclenchée. En matière fiscale, il existe des procédures de recouvrement
forcé qui sont particulièrement fortes. Pour contraindre le contribuable à payer sa dette, le
comptable public peut utiliser les voies d’exécutions. Le comptable public peut, par exemple, faire
saisir les revenus d’un contribuable qui refuse de payer ses impôts il peut également faire saisir
lesbiens du contribuable.
A côté de ces outils traditionnels, le comptable public dispose, pour faire payer le contribuable
récalcitrant, de pouvoir spécifiques. Exemple : l’avis à tiers détenteur : ce sont des avis que le
comptable public va adresser à toutes les personnes qui possèdent des sommes qui appartiennent
ou qui vont revenir au contribuable récalcitrant.
Les comptables encourent des responsabilités dans l’exercice de leur fonction.
II- LA RSPONSABILITE DES COMPTABLES
La responsabilité des comptables est dite personnelle et pécuniaire(A), elle est particulièrement
étendue(B).
A) Une responsabilité personnelle et pécuniaire
Tous les comptables publics sont soumis à un même régime de responsabilité à raison des
irrégularités ou des manquements commis dans l’exercice de leurs fonctions. Ils encourent une
responsabilité personnelle et pécuniaire. Ils sont tenus de réparer sur leurs propres deniers le
préjudice qu’ils ont fait subir au Trésor public.
Cependant, la responsabilité financière qu’ils encourent devant la Cour des comptes est une
responsabilité spécifique en ce sens qu’elle n’est engagée qu’au vu des seuls éléments présentés par
leurs comptes. C’est le sens de la célèbre formule : « la Cour juge les comptes et non les comptables
». C’est une « responsabilité personnelle et pécuniaire », expression propre au droit de la
comptabilité publique et désignant une responsabilité différente de celle encourue par les
ordonnateurs.
Concrètement, s’il y a un manquement dans la caisse publique (sauf cause d’atténuation de la
responsabilité du comptable), la chambre régionale des comptes ou la Cour des comptes qualifie le
comptable de comptable patent. Ce dernier est alors déclaré responsable personnellement et
pécuniairement et doit verser au Trésor public le manquant ou la somme sortie irrégulièrement de la
caisse publique. Le juge des comptes prononce alors un arrêt de débet qui met à la charge du
comptable les sommes dues et éventuellement des amendes et intérêts de retard.
B) Une responsabilité étendue
D’une part, la responsabilité des comptables publics est étendue par les obligations administratives
qu’elle impose. Dit autrement, la lourdeur de la responsabilité des comptables est à la hauteur de
l’importance de leurs missions.
En premier lieu, le comptable engage sa responsabilité s’il n’opère pas, ou mal, le contrôle de
régularité des ordres de recettes et de dépenses. En matière de recettes publiques, sa responsabilité
est engagée s’il n’a pas procédé à toutes les diligences rapides, complètes et adéquates pour
percevoir les recettes. En matière de dépenses publiques, les comptables ont l’obligation de
contrôler la validité de la créance. Ils doivent s’assurer que les ordonnancements correspondent à un
acte juridique existant et qu’ils sont justifiés par des pièces justificatives. Ils doivent également
vérifier la compétence de l’ordonnateur, le respect de la règle du service fait et l’existence de crédits
nécessaires.
En deuxième lieu, les comptables publics ne sont pas seulement responsables de leurs
manquements. Ils peuvent l’être également du fait d’autrui, plus précisément de leurs subordonnés
et des personnes placées sous leur surveillance.
En troisième lieu, si en principe la responsabilité des comptables publics est limitée dans le temps à
toutes les opérations effectuées depuis la date de leur entrée en fonction jusqu’à la cessation de
leurs fonctions, ils peuvent toutefois être tenus pour responsables du fait de leurs prédécesseurs,
s’ils n’ont pas formulé de réserves par écrit sur leur gestion.
D’autre part, la responsabilité des comptables publics s’étend jusqu’aux personnes qui ne sont pas
comptables dès lors que celles-ci se sont rendues coupables d’une gestion de fait
.