J.B.
Watson psychologue behavioriste
John Broadus Watson (né en 1878 et mort en 1958) est un des principaux
représentant du comportementalisme. Célèbre pour son étude de la phobie à
travers le cas du petit Albert, il a également créé l’école psychologique de
Behaviorisme.
J.B. Watson psychologue behavioriste
[Link], 1878 – 1956
.
Enfance et formation
John Broadus Watson, enfant précoce, entra à l’université à l’âge de 16 ans et
obtint sa maîtrise à l’âge de 21 ans. A l’Université de Chicago, il étudia la
philosophie de John Dewey, qu’il dit n’avoir jamais réellement comprise. Par la
suite, il étudia la physiologie du cerveau du chien avec Jacques Loeb, un des
biologistes américains les plus célèbres de l’époque. Pour Jacques Loeb, la vie
et le comportement des organismes vivants pouvaient être entièrement
expliqués par la chimie et la physique sans avoir recours au concept de » force
vitale « . Il enseignait que les comportements étaient dictés par l’instinct et
représentaient des réponses à des stimuli extérieurs, idées qui influencèrent
durablement le psychologue.
.
Le comportementalisme de John Broadus Watson
Loeb et Watson mirent en place une méthode de description des
comportements humains la plus objective possible. Ils nommèrent cette
méthode « behaviorisme ». Le behaviorisme de Watson est généralement
perçu comme l’héritier direct de l’empirisme de John Locke. Toutefois, ce
dernier préférait inscrire ses recherches dans l’histoire de la physiologie
expérimentale, marquée notamment par les études sur les réflexes publiées
par Sechenov et Bekhterev à la fin du XIXe siècle. Il s’intéressa d’ailleurs
également aux travaux d’[Link] dont il donna une description simplifiée dans
ses ouvrages de vulgarisation.
En 1913, Watson publie ce qui peut être considéré comme son article le plus
important, « Psychology as the Behaviorist views it », véritable manifeste du
comportementalisme. Dans cet article, Watson expose les principaux
fondements du comportementalisme. Il convient notamment de relever
l’absence de références à toute cause non observable d’un comportement.
Pour Watson, il convenait de se centrer sur l’étude des comportements
observables et objectivables et non sur les états internes ou mentaux des
sujets.
L’article sur le cas Albert constitue certainement la plus célèbre étude réalisée
par [Link]. Elle a ouvert la voie à une interprétation comportementale des
phobies mais est également très critiquée pour son manque d’éthique.
Watson et la pédagogie
Pour Watson, le conditionnement pouvait avoir des effets extrêmement
importants sur le développement d’un enfant. Selon lui, si on lui confiait une
dizaine d’enfants, il pouvait faire d’eux ce qu’il voulait: docteur, avocat, artiste,
voleur… Peu importe leurs antécédents familiaux ou leurs prédispositions
génétiques, le conditionnement pouvait influer de manière décisive sur leur
avenir.
Le conditionnement opérant
L’idée derrière le concept de conditionnement opérant est que la fréquence
d’apparition de nos comportements est conditionnée par leurs conséquences.
Autrement dit, il s’agit de notre tendance à reproduire les comportements
ayant des conséquences positives et inversement, abandonner les conduites
qui procurent des stimulations désagréables. Cette loi peut paraître évidente
aujourd’hui, mais à l’époque les premières découvertes sur le sujet étaient une
grande avancée.
La contribution de Edward Thorndike
Le psychologue américain Edward Thorndike a été un précurseur dans le
domaine du comportementalisme. Il est connu pour ses recherches sur
l’intelligence animale et la psychologie de l’éducation.
Dans l’une de ses expériences, il étudie le comportement des chats. Le procédé
est simple, le psychologue enferme des félins dans une cage et il chronomètre
le temps qu’ils mettent pour sortir. Pour s’échapper, les chats doivent appuyer
sur un levier qui actionne l’ouverture d’une trappe.
Au départ, les animaux actionnent le mécanisme accidentellement. Ils sortent
donc au bout d’un temps relativement long. Puis au fur et à mesure que
l’expérience est reconduite, les chats gagnent en rapidité. Après une trentaine
de tentatives, ils actionnent le levier et sortent de la cage en seulement
quelques secondes.
Cette expérience illustre le conditionnement opérant → Tout comportement
ayant des conséquences bénéfiques est susceptible de se reproduire et d’être
assimilé.
Le goût de la récompense (Burrhus Frederic Skinner)
Influencé par le travail d’Edward Thorndike, Burrhus Frederic Skinner (un autre
psychologue américain) a mis en place un autre système pour étudier le
conditionnement opérant. Grâce à un dispositif de sa conception : la boîte de
Skinner, il étudie le comportement des rats.
Lot 1 : Les animaux reçoivent de la nourriture lorsqu’ils actionnent le levier
de la boîte. Le psychologue constate alors que les rats prennent l’habitude
d’activer le mécanisme pour recevoir la récompense.
Lot 2 : Les rats subissent un choc électrique lorsqu’ils actionnent le levier.
Dans ce cas, on observe une diminution de la probabilité d’apparition du
comportement. Les animaux cessent d’activer le mécanisme.
Cette expérience montre une fois de plus que les comportements qui procurent
des stimulations agréables, on tendance à se renforcer alors que les
comportements aux conséquences négatives tendent à être abandonnés.
Conditionnement opérant et comportement humain
On peut noter que le phénomène s’observe dans le processus d’apprentissage
des humains. Il peut expliquer un grand nombre de nos comportements et
habitudes : Par exemple :
Le grignotage : Notre tendance à vouloir manger toute nourriture
appétissante qui se trouve sur notre chemin. Au cours des siècles, nous avons
assimilé que ce comportement est bénéfique. En grignotant, le corps
emmagasine de l’énergie.
L’addiction aux jeux vidéo. Les jeux nous procurent des stimulations positives
qui nous incitent à y rejouer notamment grâce aux systèmes de progression et
récompenses.
La paresse. Notre tendance à préférer flemmarder sur le canapé plutôt que
de travailler. Nous privilégions les comportements qui nous permettent
d’économiser de l’énergie. C’est aussi pourquoi, on préfère éviter les activités
qui demandent des efforts intenses …
On évite aussi de reproduire les comportements qui nous ont procuré un
sentiment négatif comme de la gêne, de la honte mais aussi ceux qui ont été à
l’origine d’une douleur, comme mettre la main sur une plaque chauffante……
Tirer profit du conditionnement opérant
Dans son livre Atomic Habits, James Clear propose une manière intéressante de
tirer profit du conditionnement opérant, notamment pour construire un solide
système d’habitude. L’idée est d’associer une habitude que l’on souhaite
mettre en place à un comportement qui amène une conséquence satisfaisante.
Et au contraire, il faut associer les habitudes que l’on souhaite supprimer avec
des comportements aux conséquences négatives. Voici quelques exemples :
Pour se remettre au sport plus facilement, on peut pratiquer une activité
physique tout en regardant une série que l’on apprécie
Pour prendre l’habitude d’économiser de l’argent : on peut s’autoriser une
dépense pour se faire plaisir, dès que l’on parvient à économiser un certain
montant
Pour arrêter de fumer, on peut s’engager à donner de l’argent à un proche à
chaque fois qu’il nous surprend entrain de fumer.
Conclusion
L’idée derrière le concept de conditionnement opérant est que la fréquence
d’apparition de nos comportements est conditionnée par leurs conséquences.
Nous avons tendance à renforcer les comportements qui procurent des
stimulations positives et à abandonner les comportements qui ont des
conséquences désagréables.