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La Conscience et l'Inconscient Décryptés

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La conscience – L’inconscient

INTRODUCTION :

Définition générale : La conscience (cum-sciencia = avec savoir, en latin) est


la perception que nous avons de nous-mêmes (de nos états et de nos pensées) et
du monde extérieur.
On distingue deux sous-catégories :

Conscience immédiate (tournée vers Conscience réfléchie (tournée


le monde) : C'est l'état d’éveil qui permet vers l’intérieur) : La reconnaissance,
de se rendre compte de la présence des par un sujet pensant, de ses propres
choses autour de soi. actes et pensées.
Percevoir et savoir qu’on perçoit,
penser et savoir qu’on pense.

Paradoxe : D’un côté la conscience semble permettre à l’homme de connaitre le


monde et de se connaitre lui-même. D’un autre côté, posséder une conscience ne
semble pas toujours suffisant. Bien souvent nous n’avons pas conscience de ce
que nous faisons ou nous prenons conscience de nos actes trop tard. Certaines de
nos réactions sont parfois incompréhensibles, même pour nous-mêmes.

PB : Que nous permet la conscience ?

I) LA CONSCIENCE NOUS PERMET DE CONNAITRE

a) La première connaissance : la connaissance de mon


existence

La conscience me permet de savoir que j’existe. Quand je me demande « est-ce


que j’existe ? », il y a bien quelque chose qui se pose cette question, cette chose
c’est moi. Le simple fait de penser à cette question, me permet de savoir que oui,
j’existe.
 Les êtres qui n’ont pas de conscience (une pierre par exemple), nous savons
qu’ils existent, mais eux-mêmes ne savent pas qu’ils existent.

📖 Et remarquant que cette vérité : je pense, donc je suis, était si ferme et si


assurée, […] je jugeai que je pouvais la recevoir pour le premier principe de la
philosophie que je cherchais.

René DESCARTES, Discours de la méthode, partie 4. [1637]


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Conscience – Inconscient. Tgénérale
NOM : DESCARTES
PRÉNOM : René
NATIONALITÉ : Française
DATES : 1596-1650
PROFESSION : philosophe, mathématicien, physicien

Descartes a voué toute sa vie à la recherche de la vérité. Après des années


d’études et de travail scientifique, il est pris d’une crise existentielle : et si tout ce
qu’il avait appris jusqu’ici (au moyen des professeurs, des livres, etc.) était
faux ?!
Peut-être que tout ce que j’ai appris est faux, mais une vérité subsiste :
j’existe, je suis un être pensant. La conscience me permet de savoir que j’existe,
je n’ai pas encore la certitude que les autres existent (peut-être que je les imagine
seulement) mais au moment où je doute, où j’imagine, où je ressens, il faut bien
qu’il y ait quelque chose qui doute, imagine, ressente : moi.

b) La conscience réfléchie permet de savoir qui je suis

Nous avons tous une conscience, c’est une faculté commune à toute l’espèce.
Cependant, chaque conscience est individuelle et impartageable : on ne peut
jamais ressentir ce que ressent autrui, percevoir les mêmes détails, se représenter
les mêmes images mentales.

Une fois que je sais que j’existe, que je suis une personne à part entière (un sujet
distinct des autres), je peux commencer à chercher à savoir qui je suis. Se poser
des questions, analyser ses propres pensées, c’est ce que fait la conscience
réfléchie pendant le travail d’introspection.
L’introspection est une pratique qui vise à atteindre une
connaissance plus ou moins précise, de soi-même. Elle peut être pratiquée seul,
ou avec l’aide d’un tiers, par exemple lors d’une psychanalyse. On peut faire son
introspection par de nombreux moyens : l’écriture autobiographique, les tests de
personnalité, la méditation…
Il s’agit à chaque fois, de porter son attention sur ce qui se passe dans sa propre
conscience : ses émotions, ses pensées, ses réactions. Et ensuite, d’essayer de
comprendre d’où cela vient, à quoi c’est lié etc.

Transition : Nous avons donc découvert que la conscience nous permet


d’atteindre un certain nombre de connaissances, la toute première étant la
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Conscience – Inconscient. Tgénérale
certitude de notre existence. La conscience nous permet ensuite de nous
connaitre en tant qu’individu grâce à l’introspection (en nous différenciant des
autres membres de notre espèce). Cela signifie-t-il alors, qu’avec un travail
d’introspection efficace, il soit possible de comprendre entièrement toutes nos
réactions, sentiments et plus généralement, pensées?

II) LES LIMITES DE LA CONSCIENCE

a) La non-conscience : certaines choses en moi passent


inaperçu
Même avec un degré de conscience élevé, l’homme n’est pas transparent à lui-
même, de nombreux mécanismes qui se jouent en lui, ne lui apparaissent pas
immédiatement voire pas du tout. Ce qui échappe à la conscience :
• Les automatismes : les réflexes, les habitudes, les
coutumes sociales.
• Certaines croyances : croyances limitantes, préjugés.
• Une partie de nos perceptions : nos sens sont en continu
affectés par des stimuli extérieurs mais nous n’en avons pas
conscience à chaque instant car ce n’est pas utile, et cela nous
empêcherait même de vivre.

b) L’inconscient : une partie de ma conscience est rejetée


par ma conscience
Non seulement certaines perceptions ne sont pas perceptibles, mais une partie de
nos pensées et de nos sentiments, n’arrive pas jusqu’à l’état conscient. Ces affects
qui échappent à notre conscience peuvent poser un double problème : ils nous
empêchent de nous connaître de manière lucide ET SURTOUT nous empêchent
de nous maîtriser. Certaines tendances en nous peuvent orienter nos
comportements, et ce d’autant plus si nous n’en avons pas conscience, car alors,
nous n’avons aucun moyen de les réguler ou de les détruire.

Le concept d’inconscient commence a être employé par la psychanalyse aux


XIXe et XXe siècles. Il désigne la part du sujet dont celui-ci n’aurait pas
conscience. Appartiennent à l’inconscient les souvenirs oubliés, les désirs
invisibles, les choix et raisonnements cachés à la conscience du sujet.

NOM : FREUD
PRÉNOM : Sigmund
NATIONALITÉ : Autrichienne
DATES : 1856-1938
PROFESSION : psychanalyste, neurologue
Sigmund Freud a popularisé l’hypothèse d’une vie inconsciente de
l’esprit.
Dans le cadre de sa pratique médicale, il a observé que le comportement
tout à fait inintelligible de certains de ses patients s’éclairait à condition de
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Conscience – Inconscient. Tgénérale
supposer en eux une activité mentale inaperçue d’eux-mêmes. Par exemple, pour
s’expliquer pourquoi tel patient souffre d’angoisses insupportables dans telle
situation banale, il faut supposer une association inconscientes d’idées, que le
médecin doit découvrir pour libérer le patient. L’inconscient, pour le
psychanalyste, c’est bien plus que la non-conscience, c’est l’impossibilité de la
conscience. Les souvenirs ou les tendances inconscients, le sont car ils ont été
refoulés et une force psychique (la censure) empêche le refoulé de parvenir à la
conscience.
Il y aurait une activité clandestine de l’esprit, inconnue du sujet lui-même.
Mais on n’accède jamais à l’inconscient lui-même, seulement à ce que Freud
considère comme des « preuves de l’existence de l’inconscient » comme les
rêves, les actes manqués, les lapsus.

📖 « La représentation la plus simple de ce système (l’inconscient) est pour nous


la plus commode : c’est la représentation spatiale. Nous assimilons donc le
système de l’inconscient à une grande antichambre, dans laquelle les tendances
psychiques se présentent, telles des êtres vivants. A cette antichambre est
attenante une autre pièce, plus étroite, une sorte de salon, dans lequel séjourne
également la conscience. Mais à l’entrée de l’antichambre dans le salon veille un
gardien qui inspecte chaque tendance psychique, lui impose la censure et
l’empêche d’entrer au salon si elle lui déplaît. Que le gardien renvoie une
tendance donnée dès le seuil ou qu’il lui fasse repasser le seuil après qu’elle eut
pénétré dans le salon : la différence n’est pas bien grande et le résultat est à peu
près le même. Tout dépend du degré de sa vigilance et de sa perspicacité. Cette
image a pour nous cet avantage qu’elle nous permet de développer notre
nomenclature. Les tendances qui se trouvent dans l’antichambre réservée à
l’inconscient échappent au regard du conscient qui séjourne dans la pièce voisine.
Elles sont donc tout d’abord inconscientes. Lorsque, après avoir pénétré jusqu’au
seuil, elles sont renvoyées par le gardien, c’est qu’elles sont incapables de devenir
conscientes : nous disons alors qu’elles sont refoulées. Mais les tendances
auxquelles le gardien a permis de franchir le seuil ne sont pas devenues pour cela
nécessairement conscientes ; elles peuvent le devenir si elles réussissent à attirer
sur elles le regard de la conscience. Nous appellerons donc cette deuxième pièce :
système de la pré-conscience […] L’essence du refoulement consiste en ce
qu’une tendance donnée est empêchée par le gardien de pénétrer de l’inconscient
dans le pré-conscient. Et c’est ce gardien qui nous apparaît sous la forme d’une
résistance, lorsque nous essayons, par le traitement analytique, de mettre fin au
refoulement. »
Sigmund FREUD, Introduction à la
psychanalyse [1917]

Faites le schéma décrit dans le texte pour vous assurer d’avoir bien compris
comment Freud décrit l’inconscient :

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Conscience – Inconscient. Tgénérale
Transition : La conscience n’est pas une source de savoir toute puissante, elle
peut même être source d’erreurs. En effet, si certaines perceptions ou certains
mécanismes psychiques échappent à la conscience, nous n’avons pas moyen de
nous connaitre entièrement. On peut donc avoir conscience de soi sans avoir une
connaissance de soi. Et si le rôle de la conscience n’était pas uniquement de
connaître ?

III) LA CONSCIENCE NOUS PERMET D’AGIR

a) La conscience nous guide, c’est grâce à elle que nous


faisons des choix

NOM : BERGSON
PRÉNOM : Henri
NATIONALITÉ : Française
DATES : 1859-1941
PROFESSION : philosophe, biologiste

📖 Comme nous le disons, la conscience retient le passé et anticipe l’avenir, c’est


précisément, sans doute, parce qu’elle est appelée à effectuer un choix : pour
choisir, il faut penser à ce qu’on pourra faire et se remémorer les conséquences,
avantageuses ou nuisibles, de ce qu’on a déjà fait ; il faut prévoir et il faut se
souvenir. […] Chacun de nous a d’ailleurs pu vérifier cette loi sur lui-même.
Qu’arrive-t-il quand une de nos actions cesse d’être spontanée pour devenir
automatique ? La conscience s’en retire. Dans l’apprentissage d’un exercice, par
exemple, nous commençons par être conscients de chacun des mouvements que
nous exécutons, parce qu’il vient de nous, parce qu’il résulte d’une décision et
implique un choix ; puis, à mesure que ces mouvements s’enchainent davantage
entre eux et se déterminent plus mécaniquement les uns les autres, nous
dispensant ainsi de nous décider et de choisir, la conscience que nous en avons
diminue et disparait. Quels sont, d’autre part, les moments où notre conscience
atteint le plus de vivacité ? Ne sont-ce pas les moments de crise intérieure, où
nous hésitons entre deux ou plusieurs partis à prendre, où nous sentons que notre
avenir sera ce que nous l’aurons fait ?

Henri BERGSON, « la conscience et la vie », L’énergie spirituelle. [1911]

1. Quel est le rôle de la conscience selon Bergson ?

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Conscience – Inconscient. Tgénérale
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2. Pourquoi avons-nous besoin de la conscience pour faire un choix ?


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3. Pour illustrer le texte, donnez un exemple d’une action quotidienne que


vous effectuez sans conscience.
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4. Pour illustrer le texte, donnez un exemple d’un moment de votre vie où


vous vous êtes, au contraire, beaucoup servi de votre conscience
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 Plus il y a de choix à faire (càd plus il y a d’options possibles pour vivre), plus
la conscience est éveillée car elle est toujours en action pour choisir entre les
options. Certains êtres vivants ont moins de choix à faire car moins d’options et
moins de mouvements dans leur vie. Leur conscience est donc moins éveillée, ou
éveillée moins fréquemment.
Par exemple, une plante se meut en direction de la lumière, étend ses racines vers
la source d’eau la plus proche, mais contrairement à un humain, elle n’a pas à
décider quel coup elle va jouer au poker ou quel métier choisir. Ainsi, Bergson
dira qu’il y a des degrés de conscience : chez les différents êtres vivants, la
conscience est plus ou moins éveillée.

CONCLUSION : La conscience est la faculté nous permettant de connaitre mais


aussi d’agir. Cependant, nombreux sont les éléments qui lui échappent. Il est
cependant possible de développer sa propre conscience et de travailler sur ses
zones d’ombre, même s’il s’agit d’un travail difficile et parfois douloureux.

Sujets pour s’entrainer :


La conscience de soi est-elle une connaissance de soi ?
La conscience est-elle source d’illusions ?
Peut-on ne pas être soi-même ?

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Conscience – Inconscient. Tgénérale
L’inconscient échappe-t-il à toute forme de connaissance ? (bac 2021)
Suis-je responsable de ce dont je n’ai pas conscience ?

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Conscience – Inconscient. Tgénérale

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