0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
18 vues16 pages

E-commerce et érosion fiscale : enjeux clés

Transféré par

universdesfinances
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
18 vues16 pages

E-commerce et érosion fiscale : enjeux clés

Transféré par

universdesfinances
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Revue d'excellence pour la recherche en

ISSN 2572-0171 Vol 05, N° 2 (2021), P 285 -300


économie et en gestion.

L’impôt du e-commerce : entre l’inéluctabilité et l’ingéniosité de l’érosion fiscale


The e-commerce tax: between the inevitability and ingenuity of tax erosion

Dr Dehbia BELAID 1
1
MCA, Ecole Des Hautes Etudes Commerciales (EHEC), Kolea (Tipaza), [Link]@[Link]

Reçu le: 15/09/2021 Accepté le: 29/11/2021 Publié le: 16/12/2021

Résumé:
Depuis l’avènement du commerce électronique les Etats ont observés un manque important de recettes
fiscales dû à certaines pratiques l’égales et parfois illégales, ce qui à créer un déséquilibre grave dans
leur fonctionnement. En conséquence, ce papier essayera d’expliquer ce procédé d’érosion utilisé dans
ce sens ainsi que la riposte des états pour y remédier. Notre objectif sera d’expliquer et de mettre en
lumière les conséquences d’une fiscalité inadéquate au e-commerce ainsi que les défis qu’il lui sont liés,
pour arriver au résultat final qui confirme que les techniques d’évitement fiscales ne sont que le fruit
d’un vide juridique, Ce qui accentue la nécessité d’adapter cette fiscalité à ce changement de manière à
lutter contre cette érosion fiscale, et de protéger les différents acteurs économiques.
Mots clés: l’économie numérique, Le commerce transfrontalier, L’optimisation fiscale,
l’évitement fiscale, le chalandage fiscale.
JEl Classification Codes: H26 .

Abstract:
Since the advent of electronic commerce, states have observed a significant lack of tax revenue due to
certain equal and sometimes illegal practices, which hase created a serious imbalance in their
functioning. Consequently, this paper will try to explain this process of erosion used in this direction as
well as the response of the states to remedy it. Our objective will be to ecplain and highlight the
consequences of inadequate taxation in electronic commerce as well as the challenges they are
associated with, to arrive at the final result which confirms that tax avoidance techniques are only the
result of a legal vacuum. Which eccentue the need to adapt this tax system to this change in order to
fight against this tax erosion, and to protect the various actors.
Keywords: The digital economy, Cross-border trade, Tax optimization, Tax avoidance, Tax
chalandage.
JEl Classification Codes : H26.


Auteur correspondant
285
D. Belaid L’impôt du e-commerce: entre l’inéluctabilité et l’ingéniosité de l’érosion fiscale

1. Introduction :
Les Technologies de l'Information et de la communication ont entraîné dans leur
évolution d'importants bouleversements, et créé de nouvelles habitudes dans les relations
économiques internationales. Un de ces changements majeurs est notamment constitué par
l'avènement du commerce électronique, c'est un nouveau mode d'échanges économiques
difficile à cerner, sa complexité réside dans sa particularité qui diffère beaucoup du commerce
traditionnel.
Par ailleurs, il est a noté qu’en matière fiscale cette activité étaient assujetties aux mêmes
règles de droit régissant une activité sur un territoire précis, en conséquence parler de la fiscalité
du commerce électronique revient à considérer les modalités de perception des impôts et taxes
issus des opérations de ce type de commerce. D'emblée, cette fiscalisation s'avère hypothétique
du fait du caractère « insaisissable » du commerce électronique. De par ses caractéristiques,
l'espace d'échanges économiques devient dématérialisé et transnational. L’étendu des pertes en
recette fiscale pour les états et leurs incapacités à lutter contre ce phénomène les a poussés à se
réorganiser autrement.
La problématique de notre travail est la suivante : comment s’articule les techniques
d’évitement fiscales utilisées dans le e-commerce ? Et que font les Etats pour y remédier ?
Il en découle de cette problématique 3 essentielles hypothèses :
- L’ampleur de l’évitement fiscal est due aux spécificités du commerce électronique.
- Les techniques d’évitement fiscales utilisées dans le e-commerce ne sont en réalité que des
failles du système fiscal actuel, mis à profit par certains acteurs économiques.
- Les mesures de lutte contre l’évitement fiscal en matière du e-commerce sont efficaces et
suffisantes.
La méthode utilisée dans notre travail est la méthode analytique descriptive, car elle
correspond exactement à notre thème qui nécessite une lecture et une interprétation des chiffres
et des statistiques fournies par les différentes institutions et organismes.
Et pour répondre à cette problématique on a vu utile de partager notre travail en 3 grandes
lignes, la première est en réalité une présentation du commerce électronique ainsi que ces
caractéristiques qui en conséquence donne lieu à la problématique d’une fiscalité adaptée, en
second lieu nous exposerons les modes et les moyens d’érosions fiscales utilisés par les
différents acteurs économiques, et terminer de notre travail par exposer les moyens mis en
œuvre pour lutter contre ce phénomène.
2. L’inexorabilité de l’adaptation de la fiscalité à l’ère du e-commerce
La mondialisation et la numérisation transforme non seulement la quasi-totalité des
aspects de notre quotidien mais encore, sur le plan macroéconomique, les modes d’organisation
et de fonctionnement de notre société. L’ampleur et la rapidité de ces mutations ont été
inévitables et d’une importance capitale pour l’économie, il en va de même pour les
conséquences de la transformation numérique sur les questions fiscales.
2.1 L’ampleur de la domination du e-commerce dans le monde
La notion de commerce électronique est rarement définie de manière précise. Ce
problème est particulièrement épineux lorsqu’on cherche à le mesurer. Pour s’en sortir, les
organismes internationaux qui effectuent cette mesure se résignent à réduire le commerce
électronique à la vente en ligne. Les statisticiens proposent de définir le commerce électronique
286
Revue d'excellence pour la recherche en
ISSN 2572-0171 Vol 05, N° 2 (2021), P 285 -300
économie et en gestion.

comme : “toute transaction effectuée à travers un réseau d’ordinateurs et qui implique un


transfert de droits de propriété ou de droits d’usage de biens ou de services”. (Georges &
Piaptie, 2019)
Le commerce électronique désigne à la fois les achats au détail et en ligne ainsi que les
transactions électroniques. Ce nouveau modèle économique permet ainsi d’acheter et de vendre
des produits sur échelle globale, sans contrainte temporelle. Le commerce électronique
recouvre un vaste éventail d’activités tels que les modèles entre entreprises (Business-to-
Business ou B2B), les modèles entreprises-consommateurs (Business-to-Consumer ou B2C) ou
encore les modèles consommateur à consommateur (Consumer-to-Consumer ou C2C).
(Chambre de Commerce et d'Industrie, 2021, p. 09)
Selon la définition que l’on retient, la taille de l’économie numérique est estimée entre
4,5% et 15,5% du PIB mondial, quand à la valeur ajoutée dans le secteur des Technologies de
l’information et de la communication (TIC), les USA et la Chine représentent à eux seuls près
de 40% du total mondial. (CNUCED, 2019, p. xvii) Selon l’indice 2020 de la CNUCED sur
le e-commerce (B2C): la Suisse en tête pour la première fois devant les Pays-Bas. Le même
rapport montre que huit des dix premiers pays les mieux préparés au commerce en ligne se
trouvent en Europe, tandis que le Singapour et la chine (Hong Kong), les seul deux pays non
européennes, se placent respectivement en 4ème et 5ème position. (UNCTAD, 2020, pp. 03-
04)
L’édition 2019 des Chiffres Clés de la Fevad (Fédération e-commerce et vente à
distance) dresse le bilan de l’activité des ventes en ligne, afin de mesurer les évolutions
du secteur e-commerce. Au niveau mondiale, le chiffre d’affaire atteint les 2131 milliards
d’euros au cours de l’année 2019 soit une croissance de +14,3% N-1. La Chine et les Etats Unis
monopolisent la tête de ce classement avec un Chiffre d'Affaires respectif de 600 et 522
Milliards d’euros, arrive en troisième position la Grande Bretagne. Compte tenu de la taille du
pays et de son nombre d’habitants, la Grande Bretagne est en réalité le premier marché du e-
commerce du monde.
En Europe, le Chiffre d’Affaires du e-commerce connait là encore une croissance à deux
chiffres pour atteindre les 621 milliards d’euros au cours de l’année 2019 contre 547 milliards
en 2018, soit une augmentation de +13,6% par rapport à 2018. L’Europe représente 30% du
chiffre d’affaires du e-commerce mondial. Le Royaume Uni est le 1er marché de e-commerce
d’Europe avec un C.A de 174,9 milliards d’euros, suivi de la France qui se positionne à la 2ème
place, tandis que l’Espagne et l’Italie se placent en 3ème et 4ème position avec un C.A bien
plus faible (respectivement 28 et 27,4 milliards d’euros). (Fédration e-commerce et vente à
distance, 2020)
On ne peut faire abstraction dans cette étude à l’impact de la crise sanitaire Covid 19 sur
la sphère économique, car le e-commerce a connu une explosion spectaculaire dans pas mal de
secteur économique stratégique, en l’occurrence l’approvisionnement en produit alimentaire et
de première nécessité, Alors que les magasins et les restaurants étaient contraints de fermer
leurs portes en raison du confinement, les acteurs du e-commerce ont vu leur chiffre d’affaires
exploser, grâce à de substantiels gains de parts de marché. Selon l’institut Nielsen, près d’un
quart des foyers ont acheté des produits alimentaires en ligne durant la première période de
confinement (mars, avril et mai 2020). Et la trajectoire semble se poursuivre puisque la semaine

287
D. Belaid L’impôt du e-commerce: entre l’inéluctabilité et l’ingéniosité de l’érosion fiscale

ayant suivi le dé-confinement (fin mai et début juin) se caractérise par une augmentation des
ventes de 66 % par rapport à la même période en 2019. En 2019, le commerce en ligne
représentait 5,7 % des ventes. (Veysset, 2020) Cela pour dire que la perte étatique lié à la
collecte de la recette fiscale ne cesse de s’croitre réduisant en conséquence les moyens
d’intervention des états, et instaurant un climat de concurrence déloyale en vers le commerce
traditionnel.
La lecture de ces chiffres indique clairement l’ampleur du e-commerce dans le monde,
une expansion spectaculaire qui n’aurai pas été possible sans le développement des
Technologies de l’information et de la communication (TIC), une tendance actuelle possible
grâce à la particularité de ce type de commerce.
2.2 La spécificité du e-commerce exacerbe l’érosion fiscal
Pourquoi l’économie numérique est si-différente de l’économie traditionnelle ? La
réponse à cette question se trouve dans les particularités de cette économie. Ces spécificités
modifient les chaînes de création de valeur, ce qui diminue l’efficacité de la fiscalité
traditionnelle et pose la question d’une fiscalité spécifique. L’économie numérique présente
quelques spécificités: (Charrié & Janin, 2015, pp. 02-03)
- La non-localisation des activités : les entreprises du numérique proposent des services ou
des produits à distance par l’intermédiaire d’internet, utilisant largement la propriété
intellectuelle (algorithmes, etc.). Leur localisation est dès lors complexe. Il est facile pour
une entreprise numérique de déclarer ses activités dans les pays où la réglementation est la
plus avantageuse, en particulier pour ce qui concerne la fiscalité mais aussi la gestion des
données.
- Le rôle central des plateformes : Les entreprises du numérique jouent souvent un rôle de
plateforme sur un marché, avec d’un côté des internautes et de l’autre des entreprises. Une
part de leur valeur vient de leur capacité à mettre en relation ces deux « faces ». Des
entreprises telles que Google ou Facebook collectent des données auprès de leurs
utilisateurs pour fournir aux annonceurs des espaces publicitaires ciblés. Elles tirent leurs
revenus de ce ciblage. Pour améliorer ce service, elles cherchent à attirer un maximum
d’utilisateurs sur leur plateforme, notamment en proposant un accès gratuit.
- L’importance des effets de réseau : Le succès des entreprises du numérique vient de leur
capacité à attirer une masse critique d’utilisateurs, Ainsi les réseaux sociaux rassemblent
un grand nombre d’utilisateurs en proposant un lieu de centralisation des interactions
sociales (photos, messages, etc.). Face à ces communautés d’utilisateurs, les annonceurs
profitent de ces plateformes pour accroître leur visibilité et cibler leurs publicités.
- L’exploitation des données : Les entreprises du numérique cherchent à collecter des
données personnelles auprès de leurs utilisateurs afin de connaître leurs préférences. Elles
les utilisent pour mettre en place des services personnalisés, souvent gratuits. Ces données
sont monétisées, par exemple par le biais de publicités ciblées, et de là se pose la question
de comment la taxé ?
En raison de ces spécificités, les services fiscaux ont des difficultés à localiser la création
de bénéfice sur le territoire national, ce qui cause des pertes considérables en recette fiscale, à
titre d’exemple, la commission prélevée par des plateformes dans le secteur hôtelier peut
atteindre 30% du prix de la réservation ; une valeur créée qui n’est pas captée. Et aussi une perte
de revenus, l’économie du numérique captant toujours plus de valeur ajoutée sur les différents
marchés économiques qui est difficile à évaluer, c’est l’exemple d’un citoyen lambda qui utilise
288
Revue d'excellence pour la recherche en
ISSN 2572-0171 Vol 05, N° 2 (2021), P 285 -300
économie et en gestion.

un moteur de recherche, il n’est pas rémunéré pour son action gratuite mais il crée pourtant de
la valeur au profit de l’entreprise numérique concernée. (Chambre de Commerce et
d'Industrie, 2021, pp. 15-18)
2.3 Les conséquences d’une fiscalité inadéquate au commerce numérique
Deux conséquences sont à évoquées : (Chambre de Commerce et d'Industrie, 2021, p. 19)
▪ Développement de stratégies d’optimisation fiscale mondiale :
Les géants du numérique GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Appel et Microsoft)
profitent, comme toutes les entreprises multinationales, des failles des systèmes fiscaux
nationaux et des accords bilatéraux pour pratiquer une optimisation fiscale réduisant
drastiquement leur taux d’imposition. Une telle optimisation concerne la taxation des profits
mais également la taxation des transactions.
Selon les statistiques, Amazon a réalisé un chiffre d'affaires record de 44 milliards d'euros
en Europe pour l’année 2020, mais n’a payé aucun impôt sur les sociétés au Luxembourg où se
trouve son siège européen... Les comptes d'Amazon Europe affichent même une perte de 1,2
milliard d'euros. Le géant européen a négocié un crédit d’impôt de 56 millions d'euros, qui lui
permet de compenser tout impôt s'il devait générer des bénéfices, comme cela a été le cas
en 2020. (Charnay, 2021)
A noté que l’impôt sur les sociétés en Irlande est de 12,5% contre 28% en France pour
2020, ce qui explique la présence de la filiale Google, mais elle va faire mieux en transitant ses
bénéfices par sa filiale aux Pays-Bas qui à zéro salarié pour la reverser en quasi-totalité à Google
Ireland Holdings, alors ces sommes échappent à l’impôt car le Pays-Bas ne pratiquent pas de
retenue à la source sur les redevances qui rentrent et qui sortent du territoire. (Antonin, 2021)
Table N°1. Montant des impôts payés par les GAFA en France en 2018 (En millions
d’euros)
Entreprise Impôts sur les Chiffre d’affaires déclaré CA réel estimé
bénéfices
Google 17 411 2700
Appel 58 925 3900
Face book 6 389 1000
Amazon 10 431 4100 - 6900
Source : (Le Parisien, 2019)
Selon le tableau on constate le fruit de l’utilisation des techniques d’optimisation pour
réduire au maximum l’impôts dur les sociétés (IS), qui est en réalité une perte en recette
fiscale pour l’état.
En outre le rapport de la chambre de commerce et d’industrie 2021 (France) indique que
l’optimisation fiscale des multinationales représenterait un manque à gagner de 100 à 240
milliards de dollars par an, soit entre 4 et 10 % des recettes issues de l’impôt sur les sociétés
dans le monde.
▪ Concurrence faussée et recettes fiscales nationales défiées
Le tableau N°1 montre clairement une large différence entre le chiffre d’affaire imposable
déclaré par les GAFAM et le chiffre d’affaire réel déclaré à l’état. Ces marges financières ainsi
gagnées représentent un manque à gagner à l’état.
289
D. Belaid L’impôt du e-commerce: entre l’inéluctabilité et l’ingéniosité de l’érosion fiscale

Ces pratiques et contournements ont permis aux entreprises numériques de s’imposer face
aux entreprises nationales, et conforter leur position dominante - notamment par le rachat
d’entreprises innovantes qui pourraient à l’avenir les concurrencer (par exemple le rachat de
WhatsApp par Facebook pour 19 milliards de dollars) - ou étendre leurs activités vers de
nouveaux marchés (par exemple les investissements de Google et Apple dans l’automobile).
On peut dès lors s’interroger sur le meilleur moyen de favoriser la concurrence et l’innovation
à long terme. (Chambre de Commerce et d'Industrie, 2021, p. 19)
Et selon ledit rapport, les recettes fiscales des états se trouvent menacées par
l’impossibilité de capter et d’imposer des bénéfices réalisés sur leurs territoires, et préserver
ainsi les recettes publiques. A ce titre, l’OCDE a pu évaluer à 100 milliards de dollars - 84,8
milliards d’euros - de manque à gagner pour l’économie mondiale ; l’importance du phénomène
se répercutant à chaque échelle nationale. (Chambre de Commerce et d'Industrie, 2021, p.
19)
2.4 L’importance de la qualification des techniques d’érosions fiscales
Il est important de signaler que l’ensemble des moyens et techniques utilisées par les
entreprises exerçant dans le commerce électronique ne délogent pas de deux principales
qualifications, sur lesquelles l’ensemble de la communauté internationale sont unanime : soit
que ces entreprises se conforment à la règlementation en vigueur et à partir de là elles vont
chercher à exploiter ces lacunes et ces failles (l’optimisation fiscale), ou bien elles vont tout
simplement pas respecter ce que stipule la réglementation en vigueur (la fraude fiscale).
- L’évitement de l’impôt via des subterfuges légaux (l’optimisation fiscale) : Tous ceux qui
s’intéressent de près à l’optimisation fiscale, s’accorderont pour affirmer que définir
l’optimisation fiscale est une tâche relativement hasardeuse, même si l’on peut affirmer que
l’optimisation produit les mêmes effets que les pratiques frauduleuses et d’évasion fiscale, dans
la mesure où elle permet de réduire ou d’annuler l’imposition du contribuable ou d’une
entreprise dans une situation donnée, elle doit cependant en être distinguée du fait de sa nature
propre, qui demeure légale.
L’optimisation fiscale, un droit reconnu. Le droit à l’optimisation fiscale représente pour
les entreprises un des corollaires de la liberté de gestion. L’optimisation doit donc être
franchement distincte de la fraude fiscale; comportement illicite. En outre il est à souligner que
l’optimisation fiscale malgré qu’elle soit licite ou légale, elle a tendance à fleureté sous
plusieurs formes avec l’illégalité, car cette dernière utilise des procédés dont l’objectifs est de
se soustraire au maximum aux obligations fiscale et devient de ce fait de plus en plus agressive,
cela est dû et sans aucun doute à la rude concurrence subit par les différents acteurs
économiques. (Drezet, 2021, p. 02)
- La fraude fiscale : Est ainsi définie par l’OCDE comme : « caractériser les dispositions
illégales grâce auxquelles les obligations fiscales sont occultées ou ignorées. Le contribuable
acquitte un impôt moins élevé qu’il ne le devrait juridiquement en dissimulant des revenus ou
des informations aux administrations fiscales ». De son côté la loi française définie la fraude
fiscale comme : « toute insuffisance, omission ou inexactitude dans la déclaration d’impôts
d’un contribuable », elle consiste ainsi à se soustraire à la loi ou utiliser des procédés illégaux
pour échapper à tout ou partie de son impôt. (Code Générale des Impots Français, 2018) On le
voit, ces deux définitions sont bien plus grave dans leurs conséquences que celles que l’on
retient d’un simple point de vue littéraire puisque nous l’avons vu, l’évasion est classiquement
290
Revue d'excellence pour la recherche en
ISSN 2572-0171 Vol 05, N° 2 (2021), P 285 -300
économie et en gestion.

définie comme la simple diminution ou contournement de sommes à l’application de l’impôt


sur un territoire donné en se servant des lacunes ou des possibilités offertes par l’ensemble des
règles fiscales. L’OCDE rapproche ainsi en un sens l’évasion de la fraude puisque dans la
définition même du terme, on retrouve les notions d’illégalité et de dissimulation. A souligner
que l’érosion peut prendre ainsi plusieurs formes qu’on va traiter ci-après.
3. L’ingéniosité et la subtilité des techniques d’érosion de l’impôt dans le e-
commerce
La forte médiatisation de récents scandales financiers pourrait donner l’illusion que
l’évitement fiscal constitue un phénomène nouveau, pourtant la fraude fiscale et les mécanismes
d’optimisation sont nés en même temps que l’impôt. La complexité croissante des systèmes
fiscaux est allée de pair avec une complexification des mécanismes d’évitement fiscal :
aujourd’hui, l’évitement utilise de plus en plus de mécanismes mettant en jeu la présence de
particuliers ou d’entreprises dans plusieurs pays. Deux facteurs participent à ce phénomène :
– la globalisation de l’économie, avec notamment la liberté de circulation de capitaux et des
fonds liés à divers services immatériels et aux échanges de marchandises.
– la révolution technologique numérique.
Sur la base de ces caractéristiques et sur les lacunes existantes des systèmes fiscaux, Les
entreprises du numérique ont en moyenne un taux effectif de taxation équivalent à la moitié du
même taux d’entreprises de secteurs dits plus traditionnels ; le taux effectif d’imposition est de
9,5% seulement pour les entreprises numériques, contre 23,2% pour toutes les autres
(Chambre de Commerce et d'Industrie, 2021, p. 19), et ce grâce à une combinaison
d’éléments qui repose en partie sur les caractéristiques citées dans la section précédente.
Nous allons de notre part classé les moyens et techniques d’évitement fiscal utilisé par
les entreprises numériques en fonction de la fiscalité en question : directe ou indirecte.
3.1. Les pratiques d’érosion dans le cadre de la fiscalité directe
Cette partie soulève la question des stratégies utilisées par certaines entreprises dans le
but de payer le moins d’impôts possible, ces techniques se résument en quatre grandes
catégories : (OCDE, 2017, pp. 88-93)
3.1.1. Réduire ou supprimer l’impôt dans le pays où se situe le marché
Cela se traduit en réalité par l’évitement des entreprises exerçant des activités
commerciales sur internet d’être présente sur un territoire, car elles interagissent avec les clients
uniquement via un site internet ou d’autres moyens numérique (application ou téléphone
mobile), de ce fait l’ensemble des législations se retrouve dans l’incapacité d’appliqué une
imposition sur les bénéfices de ces derniers.
Un autre cas de figure qui consiste d’éviter quelconques présence imposable, cela dit que
l’entreprise à une présence réelle dans un pays à travers une filiale ou un bureau sans que cela
ne lui incombe le paiement d’impôt. Ce cas de figure change quand les entreprises cherchent à
minimiser le revenu attribuable à des fonctions, des actifs et des risques dans le pays ou territoire
où se situe le marché.
Le dernier cas de figure consiste à maximiser les déductions dans les juridictions ou se
situe le marché, l’entreprise en question multiplie des déductions au titre de paiements effectués

291
D. Belaid L’impôt du e-commerce: entre l’inéluctabilité et l’ingéniosité de l’érosion fiscale

à d’autres entreprises du groupe sous la forme d’intérêts, redevances, honoraires pour services
rendus…etc. On trouve ces pratiques souvent dans les entreprises multinationales.
3.1.2. Eviter l’impôt à la source
Une entreprise peut être taxée même si elle n’est pas présente sur un territoire dès lors
qu’elle perçoit certains paiements. Le chalandage fiscale: est une technique particulière utilisée
par des entreprises actrice de l’économie numérique on se basant sur une convention favorable
liant les juridictions du payeur et du bénéficiaire autorisant une diminution ou une exonération
des retenues d’impôt sur les bénéfices, cette technique est sans doute une utilisation abusive des
conventions qui incitent à l’érosion fiscale même si elle est tout à fait légale.
3.1.3. Supprimer ou réduire l’impôt dans le pays intermédiaire
Dans le contexte de l’économie numérique, les droits se rattachant aux biens incorporels
et leur rendement peuvent être répartis entre entreprises associées, et transférés parfois vers des
pays intermédiaires pour un prix inférieur à une rémunération de pleine concurrence, c'est-à-
dire à une filiale située dans une juridiction ou les revenus générés sont imposés à un taux
excessivement faible ou sont exonérés du fait de l’application d’un régime préférentiel. Cela
ouvre des possibilités de planification fiscale aux entreprises multinationales et entraine
d’importants risques d’érosion de la base d’imposition.
3.1.4. Supprimer ou réduire l’impôt dans le pays de résidence de la société mère
effective
C’est une technique employée soit pour réduire l’impôt dans le pays de la société mère
du groupe ou dans celui ou le siège est implanté, grâce à l’attribution contractuelle des risques
et de la propriété juridique d’actifs mobiles a des entités du groupe situées dans des pays à faible
fiscalité, tandis que les membres du groupe établis dans la juridiction du siège sont sous-
rémunérés pour les fonctions importantes relatives à ces risques et à ces biens incorporels
exercées dans la juridiction du siège. Ces entreprises peuvent même se soustraire à l’impôt dans
le pays de la société mère si ce pays est doté d’un système d’exonération ou de report pour les
revenus de source étrangère.
3.2. Les pratiques d’érosion dans le cadre de la fiscalité indirecte (TVA)
Le système de TVA peut offrir aux entreprises des possibilités de planification fiscale qui
soulèvent des préoccupations en matière d’érosion fiscale. Un cas de figure lorsqu’une
entreprise est engagée dans des activités non assujetties à la TVA ; les ventes effectuées par
cette entreprise sont exonérées de TVA, et la TVA acquittée par l’entreprise sur les achats
correspondants n’est pas déductible.
Un autre cas de figure peut survenir lorsqu’un produit ou un service numérique est acquis
par une entité disposant de plusieurs implantations ou établissements; le cas des beaucoup de
multinationale qui s’organisent pour acquérir toute une gamme de services de façon centralisée
afin de réaliser des économies d’échelle. Cela signifie qu’un établissement ayant plusieurs
implantations et qui acquière un service de traitement de données par exemple, destiné à être
utilisé par d’autres établissements situés dans d’autres juridictions, aucune TVA supplémentaire
ne s’appliquerait aux répartitions ou facturations internes des couts au sein de l’entreprise au
titre de l’utilisation de ces services par d’autres établissements. (Dulin, 2016, p. 19)
Il peut également s’agir de manœuvres en matière de TVA, (Dulin, 2016, p. 19) mais
dans ce cas la particularité du commerce numérique rend la tâche plus compliqué pour le fisc.
Ces fraudes concernent les vendeurs établis dans des pays tiers, surtout en Asie, ils proposent
292
Revue d'excellence pour la recherche en
ISSN 2572-0171 Vol 05, N° 2 (2021), P 285 -300
économie et en gestion.

leurs produits sur des places de marché accessibles dans un autre pays en Europe par exemple
depuis des sites d'e-commerce, ces derniers pouvant le cas échéant être intermédiaires de
paiement et/ou de transport et logistique, mais sans pour autant que ces vendeurs remplissent
leurs obligations en termes de TVA. Résultat : le produit acheté sur ces plateformes n'a souvent
pas été redevable de la TVA et de ce fait, l'acheteur en ligne y trouve son compte en termes de
prix bas.
Le montant de la fraude à la TVA au sein de la communauté Européenne s’élève à 147
milliards d’euros – dont environ 20,9 milliards en France. (Cherif, 2019) L'inspection générale
des finances française à tenter d'évaluer l'ampleur de ce phénomène qui s'avère plus important
que prévu, 98 % des vendeurs externes qui vendent des produits sur les places de marché des
grands sites d'e-commerce en France (en tête desquels figurent notamment Amazon, [Link])
ne sont pas immatriculés à la TVA en France. Ce constat a été effectué à l'issue d'un contrôle
de l'administration fiscale, montrant que seuls 538 sur 24.459 vendeurs en ligne étaient en règle
sur ce point et 98% de ces marchands non-immatriculés. (Déclaration du ministre des
comptes publics Français Gerard Darm Anin, 2019)
4. Les efforts de lutte contre l’érosion fiscale du e-commerce
L’ensemble de la communauté internationale se sont mis d’accord pour mettre en place
un arsenal important de règles et de mesures visant à la détection de la fraude fiscale dans le
cadre des transactions transfrontalières du commerce électronique, et ainsi lutter d’avantage
contre toute forme d’érosion fiscale, cela sera le sujet de ce dernier point du travail.
4.1 Les mesures mises en place par la communauté internationale
Des travaux multilatéraux célèbre ont étaient organisés antérieurement consacrés au
commerce électronique, une sorte d’initiative donnant lieu à des événements mondiaux
comme la conférence ministérielle d’Ottawa sur le commerce électronique en 1998 qui a réunie
29 pays membres et 11 pays non membres, et beaucoup de personnalités et responsables, pour
consolider les travaux et les initiatives présentées par l’ensemble des participants.
Il est a souligné que les efforts consentis par les différents Etats du monde ne vont pas
toujours dans le même sens, on essayera de donner quelques exemples pratiques de stratégie de
lutte contre l’érosion fiscal dans le e-commerce.
En Europe : (Conseil de l'Union Europénne, 2021) on remarquera que le groupe de
l’Union Européenne travaille en étroite collaboration et s’accorde sur l’urgence de rééquilibrer
les divergences entre les pays membre concernant la fiscalité, comme par exemple au Royaume-
Uni, en Allemagne, et en France en adoptant des nouvelles règles.
Le conseil de l’UE a adopté de nouvelles règles visant à renforcer la coopération
administrative et à inclure les ventes réalisées sur les plateformes numériques, les modifications
apportées à la directive relative à la coopération administrative dans le domaine fiscal visent à
imposer aux opérateurs de plateformes numériques de déclarer les revenus perçus par les
vendeurs sur les plateformes, et aux Etats membres d’échanger automatiquement ces
informations. Ces nouvelles règles doivent s’appliquées à partir du 1er janvier 2023, elles
permettront aux autorités fiscales nationales de détecter les revenus perçus par l’intermédiaire
de plateformes numériques et de déterminer les obligations fiscales en résultant. La mise en

293
D. Belaid L’impôt du e-commerce: entre l’inéluctabilité et l’ingéniosité de l’érosion fiscale

conformité sera en outre facilitée pour les opérateurs de plateforme numériques, car la
déclaration se fera dans un seul Etat membre conformément à un cadre commun de l’UE.
D’autres modifications de la directive à la coopération administrative dans le domaine
fiscal améliorent l’échange d’informations et la coopération entre les autorités fiscales des Etats
membres. Des améliorations seront également apportées aux règles relatives à la réalisation des
contrôles simultanés, et à la possibilité pour les fonctionnaires d’être présent dans d’autre Etats
membre au cours d’une enquête.
En outre, les nouvelles règles fournissent également un cadre permettant aux autorités
compétentes de deux Etats membre ou plus de mener des audits conjoints, ce cadre sera
opérationnel dans tous les Etats membres à partir de 2024 au plus tard. (Conseil de l'Union
Europénne, 2021)
En France par exemple la loi relative à la lutte contre la fraude fiscale et sociale a créé un
nouveau dispositif en vigueur depuis le 1er janvier 2020, instaurant un régime de responsabilité
solidaire des plateformes en ligne pour le paiement de la TVA due par les opérateurs réalisant,
via ces plateformes, certaines opérations taxables à la TVA en France. Depuis le 1er janvier
2019, les plateformes de mise en relation à distance ont l’obligation de transmettre à
l’administration les informations nécessaires à l’imposition des revenus réalisés par leur
intermédiaire. Les premières déclarations ont été déposées en janvier 2020. Dans le cadre de la
loi de finances 2020, les plateformes électroniques deviendront redevables de la TVA pour les
transactions qu’elles facilitent à compter de 2021, dès lors que le vendeur est établi dans un
pays tiers à l’Union Européenne. (Gouvernement Français, 2020, pp. 36-37)
D’autres mesures font l’objet de négociation entre les membres du l’OCDE comme :
- Concernant les rôles annexes affectés aux plateformes pour assurer le bon
recouvrement des taxes :
- L’obligation du partage des informations.
- Assurer une formation aux fournisseurs utilisant les plateformes numériques.
- Les accords de coopération formels. Les plateformes agissant en tant qu’intermédiaire
- Concernant les mesures d’accompagnement assurant le bon recouvrement des taxes :
- La responsabilité conjointe et solidaire des plateformes.
- Surveiller les ventes effectuées par l’intermédiaire des centres logistiques.
- Surveiller les ventes effectuées hors des plateformes.
- Renforcer la coopération entre les administrations fiscales et douanières à l’échelon
national.
- Conforter la discipline fiscale par l’analyse des risques. Rester vigilant contre les abus.
Aux Etats Unis la priorité est plus donnée en faveur de l’harmonisation de la fiscalité
indirecte et directe entre Etats, elle participe aux différentes coopérations de lutte contre
l’érosion fiscale. En 2019 les Etats-Unis se sont prononcés pour l’instauration dans tous les
pays développés d’un taux minimum d’imposition des entreprise, c’est une proposition
formulée en 2019 par Washington via son secrétaire au Trésor Steven Mnuchin en déplacement
à Paris, qui espère avoir un avis favorable par l’OCDE, cette mesure permettrait de lutter contre
l’évasion fiscale pratiquée par un certain nombre de grande entreprises, et en cas de consensus
sur cette mesure il deviendra moins intéressant pour une société de localiser son siège dans un
pays tiers pour payer moins d’impôts. (Oles, 2019) Mais les Etats-Unis d’Amérique pratique
toujours une politique particulière qui consiste à protéger et favoriser plus son économie et ses
entreprises au détriment parfois des autres Etats en termes d’évasion fiscale.
294
Revue d'excellence pour la recherche en
ISSN 2572-0171 Vol 05, N° 2 (2021), P 285 -300
économie et en gestion.

En dehors de l’OCDE, des initiatives sporadiques en termes de fiscalité et de lutte contre


l’érosion fiscale en étaient prise en fonction du marché que représente le e-commerce dans
chaque pays, et en fonction des intérêts de chacun aussi.
Prenant la Chine comme exemple du contenant asiatique vu qu’il représente le plus gros
marché de la région, de timide réforme on était engagés pour lutter contre l’érosion fiscale.
Premier changement majeur, la loi sur l’e-commerce imposera désormais à tous les arteurs
d’être détenteurs d’une licence commerciale pour renforcer la pression sur les acteurs informels.
La nouvelle loi renforçant la responsabilité des plateformes en leur imposant une responsabilité
conjointe et solidaire avec les contrefacteurs. (GMA, 2019)
Mais faut-il souligner que malgré ses efforts le parcours reste très long à cause de certain
pays qui ne veulent pas s’impliquer d’avantages, et que force est de constater que c’est l’Europe
qui fournit le plus d’effort et qui enregistre le plus d’avancer dans cette lutte contre l’érosion
fiscale.
4.2 Les défis fiscaux à relever pour le e-commerce
Les enjeux économiques liés au développement du commerce électronique ne cessent de
s’accroitre, ainsi le risque de voir les règles fiscales bafouée s’accroit lui aussi, c’est dans cette
optique que l’ensemble de la communauté internationale s’accordent sur les défis closeaux que
doit relever ces derniers afin de garantir une certaine équité et stabilité fiscale. Les défis sont
nombreux et varie mais on se contentera d’invoqué les plus important à nos yeux.
4.4.1 Défi lié à la croissance du commerce électronique
Depuis l’avènement des nouvelles technologies de communication le monde économique
c’est métamorphoser, et la tendance à la numérisation de l’économie a transformé les circuits
de vente traditionnels, et on est passé du consommateur qui faisait ces achats dans un magasin
près de chez lui à un consommateur qui consulte des sites internet avec une marchandise
virtuelle, et des vendeurs qui peuvent se trouvés dans l’autre bout du monde.
On estime que le chiffre d’affaires réalisé par les entreprises vendant des marchandises
dans l’univers du commerce électronique est proche de 2000 milliards de dollar par an, ces
chiffres atteindront 4500 milliards de dollar fin 2021, et que 1000 milliards de dollar seraient
imputables au commerce électronique transfrontières. Les statistiques parlent de 1.6 milliard de
personnes effectuent leurs achats en ligne et qu’on 2022 ce chiffre devrait atteindre 2.2 milliards.
Cela pour dire que le défi qui attend la communauté internationale est de taille et que ce
phénomène ne cessera de prendre de l’ampleur, d’où l’importance et l’urgence des mesures de
protection et de lutte contre l’évasion fiscale. (OCDE, 2019, p. 13)
4.4.2 Défi lié aux ventes transfrontalières de marchandises
D’après les chiffres cités dans le point précédent concernant le poids des ventes
transfrontalières dans le commerce électronique, il était évident que l’impact fiscal soit
considérable et que le défi le soit aussi, sachant que la complexité réside dans la diversité des
régimes fiscaux auxquels sont confronté les autorités douanières et fiscales.
Des exonérations on était accordées aux importations de biens de faible valeur car ils
estiment que les couts administratifs de recouvrement pourraient dépasser le montant de la taxe
ainsi collectée. De nombreux pays ayant instauré cette exonération ont observé une croissance
rapide et importante du volume des importations de biens de faible valeur non soumises à la
TVA, ce qui s’est traduit par une perte de recette et de risque de pressions concurrentielles
295
D. Belaid L’impôt du e-commerce: entre l’inéluctabilité et l’ingéniosité de l’érosion fiscale

inéquitables pour les détaillants nationaux tenus de facturer la TVA sur les ventes auprès des
clients situés dans leur propre pays, considérée comme une forme de concurrence déloyale avec
des conséquence dommageables sur l’emploi et les recettes fiscales.
Les administrations fiscales et douanières éprouvent aussi des difficultés à assurer le
recouvrement de la TVA sur les importations dont la valeur est supérieure au seuil de perception.
Et même si certains pensent à supprimer cette exonération d’autres pensent que c’est une
solution qui ne serait pas à la hauteur des enjeux. Cela dit que le défi est sans doute très
important, et qu’il est vraisemblable que sans mesures d’accompagnement le remède serait pire
que le mal, puisque les douanes auraient plus d’envois à contrôler, ce qui nuirait à
l’accomplissement de leurs autres missions. (OCDE, 2019, pp. 15-17)
4.4.3 Défi lié à l’avènement de la cryptomonnaie
À l’instar d’autres technologies, la Blockchain pose aussi certains risques liés notamment
à l’absence de mécanisme centralisé de gouvernance et d’établissement de règles. Certaines de
ses applications, telles que les cryptomonnaies, peuvent aussi ouvrir la voie à de nouvelles
pratiques de dissimulation de l’identité des émetteurs et des bénéficiaires des paiements. À ce
titre, elle peut engendrer de nouveaux risques de transparence qui, s’ils ne sont pas maîtrisés,
pourraient altérer les progrès accomplis ces dernières années par la communauté internationale
en l’occurrence l’OCDE, pour combattre l’évasion fiscale offshore. Plus largement, les
possibilités de délits fiscaux et d’autres délits financiers créées par les cryptomonnaies
pourraient justifier des travaux supplémentaires. (OCDE, 2018, p. 236)
En Algérie, et à fin de développer et accélérer les échanges commerciaux en ligne (e-
commerce), un gigantesque chantier en matière : législative, TIC et développement des moyen
de paiement qui représente un pilier incontournable à l’épanouissement du e-commerce, à
travers la promulgation de la loi 18-05 du10 mai 2018 relative au commerce électronique, ce
qui justifié son classement à l’indice mondiale du commerce électronique B2C du CNUCED
pour l’année 2020, ou elle a enregistré une des plus fortes hausses des scores en ayant la 80ème
place mondiale et gagné ainsi 29 place par rapport au classement de 2019 dans lequel elle avait
occupé la 109ème place. (Benali, 2021)En outre l’Algérie a exprimé sa volonté d’encadrer
l’imposition de cette nouvelle activité numérique à travers sa dernière loi de finance de 2020
via l’article 39 complétant l’article 2 du code des taxes sur le chiffre d’affaires (Alinéa 14)
portant sur les opérations de ventes réalisées par voie électronique, ainsi que l’article 41
modifiant l’articles 23 (Alinéa 31) du dite code, et cela dans le but de faire face à toute tentative
d’érosion fiscale à fin que cette loi réalise efficacement ses objectifs et préserver ainsi la collecte
des recettes de l’état. C’est dans ce sens qu’on invite les autorités Algériennes à travailler
d’avantage et en collaboration avec la communauté internationale en multipliant les
conventions multilatérales et profités de l’expérience d’autrui en matière de lutte contre le
phénomène d’érosion fiscale, tout en travaillant d’arrache pieds à actualiser en permanence les
règles de taxation du commerce électronique pour être de pair avec des éventuelles mutation
qui peuvent nuire à la souveraineté fiscale de l’état telle que les défis liés à la technologie de
Blockchain et de la cryptomonnaie en générale.
5. Résultats et Discussion
A travers cette étude nous somme arrivé aux résultats suivants :
- Il est certain que l’avènement du commerce électronique à révolutionner l’économie
mondiale en multipliant les échanges commerciaux et les transactions en toutes natures,
cela a réduit et chambouler l’équilibre fiscal des pays, pour la simple raison que les
296
Revue d'excellence pour la recherche en
ISSN 2572-0171 Vol 05, N° 2 (2021), P 285 -300
économie et en gestion.

caractéristiques du commerce électronique étaient différentes du commerce traditionnel,


par conséquence nombreuses sont les entreprises qui ont profité de cela pour ne pas payer
d’impôt, ce qui confirme la première hypothèse.
- Cette nouvelle situation à créer un climat de vide juridique en matière de fiscalité
électronique, ce qui a incité les entreprises à exploiter d’avantage ces lacunes et se vide
pour en tirer le maximum de profits au détriment des autorités, ce qui confirme la
deuxième hypothèse.
- Pour remédier à cette situation de déséquilibre fiscale les efforts se sont multiplier afin
d’élaborer un cadre réglementaire de lutte contre l’érosion fiscale, mais cela reste
insuffisant à cause de la complexité du sujet et les divergences d’intérêts des états, ce qui
infirme la troisième hypothèse.
S’ajoute à la confirmation des hypothèses cités ci-dessous les résultats suivant :
- Que l’érosion fiscale est une des conséquences de l’avènement du commerce électronique.
- Que les différentes techniques d’évitement fiscal ne sont que le fruit du vide juridique et
réglementaire régissant le commerce électronique.
- Qu’il était nécessaire de poursuivre les recherches et les collaborations entre les états pour
mieux comprendre les implications du commerce électronique.
- Qu’il était primordial de tenir compte des besoins de chaque pays et de ses particularités
pour lutter contre l’érosion fiscale.
- Instaurer un climat économique équitable et réglementé propice au développement est le
meilleur remède pour tirer parti des potentialités du commerce électronique.
- La technologie Blockchain via ses applications telle que la cryptomonnaie, ouvre des voies
aux délits fiscaux qui peuvent nuire à ce qui a été accompli en matière de règles fiscales.
6. Conclusion
Il était évident que dans le cadre de l’économie du 20ème siècle, les flux étaient
généralement physiques, ce qui permettait une certaine efficacité dans les contrôles, puisque les
recettes fiscales étaient directement récoltées lors du passage des frontières, ce qui n’est plus le
cas avec l’avènement des nouvelles technologies en l’occurrence dans le cadre d’une économie
« numérique ». Dans le cadre des services dématérialisés, il n’existe plus de flux physiques, ce
qui déconnecte les factures de la réalité matérielle de l’opération et rend plus difficile toute
détection de fraude.
Le commerce électronique a connu un développement fulgurant suscitant avec lui des
problématiques d’ordre administrative et fiscale, à savoir une perte significative en recette
fiscale accusée par les autorités publiques, et beaucoup de problème de recouvrement de recette
fiscale liée aux transactions transfrontalières en relation avec la diversification des régimes
fiscaux dans le monde.
Les propositions suivantes nous semblent très utiles à ce sujet pour tirer le meilleur parti
des initiatives existantes et à venir :
- L'amélioration et le renforcement des collaborations, des échanges et des suivis est
absolument indispensable.
- L’évaluation de façon plus complète des divers aspects du commerce électronique aidera à
mieux comprendre les effets des stratégies, des politiques et des réglementations adoptées
par les gouvernements.
297
D. Belaid L’impôt du e-commerce: entre l’inéluctabilité et l’ingéniosité de l’érosion fiscale

- Mettre l’accent sur l’importance de renforcer la négociation au niveau multilatéral sur la


rénovation du cadre fiscal international afin de défendre ses intérêts et de lutter contre
l’érosion.
- Restaurer la transparence entre les Etats, les entreprises, et les usagers par des actions de
coopération et de contrôle.
7. Liste Bibliographique :
• Article du Journal
- Cherif Anais (2019, 08 23), Fraude à la TVA: ce qui attend les plateformes de
commerce en ligne, La tribune, France.
- Dulin Antoine (2016, 12), Les mécanismes d'évitement fiscal, leurs impacts sur le
consentement à l'impot et la cohésion sociale, Avis du conseil économique, sociale et
environnemental, Journal Officel de la République Française,. France.
• Rapport :
- Chambre de Commerce et d'Industrie (2021), Fiscalité du numérique: l'urgence d'une
solution consensuelle mondiale, Chambre de Commerce et d'Industrie, France.
- CNUCED (2019), Rapport sur l'économie Numerique 2019: Création et capitalisation
de valeur: indices pour les pays en developpement, Conférence des Nations Unies sur le
commerce et le developpement CNUCED, Nations Unies, Genève.
- Gouvernement Français (2020), Lutte contre la fraude et renforcement du civisime
fiscale, bilan 2019, Gouvernement Français, Bercy.
- UNCTAD (2020), The UNCTAD B2c E-commerce Index 2020, UNCTAD
Technical Notes on ICT for development, United Nations Conference On Trade And
Development, (17).
• Sites web :
- Antonin Nadia (2021,01 06), Les GAFA et leur stratégie d'optimisation fiscale, sur
Académie des sciences commerciales, France, sur
[Link] ( colsulté le 05/ 05/ 2021).
- Benali Arezki (2021, 02 21), Indice mondiale du Commerce électronique:L'Algérie
gagne 29 places en 2020, sur ALGERIE ECO: [Link] (consulté
le 23/05/ 2021).
- Charnay Amélie (2021, 05 05), comment Amazon à engrangé 44 milliards en Europe
en 2020 sans payer d'impots sur les sociétés, The Guardian Journal, sur
[Link] (consulté le 23/06/ 2021).
- Charrié Jullia, & Janin Lionnel (2015, 03), Fiscalité du numérique - la note d'analyse
(26), France Stratégie, Paris, France, sur [Link] (consulté le
12/04/ 2021).
- Code Générale des Impots Français (2018, 10), Article 1741, France, sur
[Link] ( consulté le 23/04/ 2021).

298
Revue d'excellence pour la recherche en
ISSN 2572-0171 Vol 05, N° 2 (2021), P 285 -300
économie et en gestion.

- Conseil de l'Union Europénne (2021, 02 19), Directive 2021 de conseil modifiant la


directive 2011/16/UE relative à la coopération administrative dans le domaine fiscale,
sur [Link] (consulté le 24/06/ 2021).
- Déclaration du ministre des comptes publics Français Gerard Darm Anin (2019, 05
29), Ouest -France, sur [Link] ( consulté le 22/06/ 2021).
- Drezet Vincent (2021, 03 21), Capitalisme numérique et fiscalité, (attac, Éd.) Les
Possibles (27), sur [Link]
printemps-2021/ ( consulté le 02/05/ 2021).
- Fédration e-commerce et vente à distance (2020, 02 05), Evolution du chiffre
d'affaires e-commerce, sur [Link] (consulté le 23/04/ 2021).
- Georges Bertrand., & Piaptie Tam okwe (2019, 09 05, Le commerce électronique.
openedition, sur [Link] consulté le 26/04/ 2021).
- GMA (2019, 07 01), Le e-commerce chinois à l'heure de la régulation, Gentlemen
Marketing Agency, sur [Link] (consulté le 20/07/ 2021).
- Le Parisien (2019, 09), GAFAM: un manque à gagner d'un milliards d'euros pour le
fisc, sur [Link] [Link] ( consulté le 22/05/2021).
- OCDE (2017), Relever les défis fiscaux posés par l’économie numérique, Action 1 -
Rapport final 2015, Projet, OCDE, Paris, sur [Link]
fr (consulté le 23/05/ 2021).
- OCDE (2018), Les défis fiscaux soulevés par la numérisation de l’économie – rapport
intérimaire 2018 : Cadre inclusif sur le BEPS, Projet OCDE/G20 sur l’érosion de la base
d’imposition et le transfert de bénéfices, OCDE, Paris, sur
[Link] (consulté le 23/05/ 2021).
- OCDE (2019), L e role des plateformes numériques dans la collecte de la TVA/TPS
sur les ventes en ligne, OCDE, Paris, sur [Link]
[Link] (consulté le
23/05/ 2021).
- Oles Allin Guillem (2019, 02 28), Les Etats-Unis font un pat contre l'évasion fiscale,
L a Croix, sur [Link] (consulté le 24/06/ 2021).
- Veysset Thibaut (2020, 06 02), Covid-19: l'e-commerce bat des records. Entreprendre,
sur [Link] (consulté le 02/05/ 2021).

299
D. Belaid L’impôt du e-commerce: entre l’inéluctabilité et l’ingéniosité de l’érosion fiscale

Volume (05) Number (02) December 2021

300

Vous aimerez peut-être aussi