Nettoyage des Locaux de Travail : Guide Pratique
Nettoyage des Locaux de Travail : Guide Pratique
© INRS, 2019. Conception graphique et mise en pages : Blue Graphic & MADEHOK. Illustrations : Jean-André Deledda
Nettoyage
des locaux de travail.
Que faire ?
ED 6347
novembre 2019
L’auteur remercie Annabelle Guilleux pour sa relecture attentive.
1. Pourquoi nettoyer les surfaces ? 5
2. Comment nettoyer ? 7
2.1 Dépoussiérer 8
2.2 Dégraisser 10
2.3 Périodicité 11
Bibliographie 21
Introduction
La poussière déposée sur les meubles et le sol des
bureaux, les traces d’aliments laissées sur les tables,
réfrigérateurs et paillasses des locaux de restauration/
repos, les souillures visibles dans les sanitaires et les
douches, les matières (poussières, graisses, huiles…)
accumulées dans les locaux de fabrication ou
d’entreposage peuvent constituer un milieu propice au
développement des micro-organismes et autres nuisibles.
Il est donc nécessaire de limiter l’accumulation de ces
matières en assurant un entretien régulier des locaux.
4
P O U R Q U O I N E T T O Y E R L E S S U R FA C E S ?
1.
POURQUOI
NETTOYER
LES SURFACES ?
Les locaux et leurs équipements se salissent du fait de la simple présence
humaine ou de l’activité exercée.
En effet, des squames1 ou des cheveux se détachent spontanément des humains,
qui déposent également sur les objets qu’ils touchent (bureau, chaise, téléphone,
poignée de porte, rampe…) des micro-organismes naturellement présents sur
leur peau ou leurs vêtements. Ces derniers peuvent aussi libérer des particules
(fibres, peluches…) pouvant participer à la formation de poussière.
L’accumulation des salissures peut constituer une source de nourriture pour les
micro-organismes, comme les bactéries ou les moisissures (voir encadré 1), qui
alors s’implantent et colonisent les surfaces. Ces micro-organismes cohabitent par-
faitement et sécrètent une substance les protégeant des agressions extérieures.
5
S’ils se développent suffisamment, l’ensemble forme une pellicule visqueuse au
toucher, appelée biofilm.
Des locaux non nettoyés peuvent également favoriser la prolifération des aca-
riens, des cafards, voire des souris et des rats.
[ Encadré 1 ]
Outre l’aspect peu engageant des locaux non entretenus, l’encrassement avec
des matières grasses peut provoquer des chutes par glissade. De plus, les
micro-organismes et les nuisibles peuvent être à l’origine de troubles de la santé
tels que des allergies (notamment aux acariens), des irritations des voies res-
piratoires (par exemple, lors de l’inhalation de moisissures présentes en abon-
dance sur les murs), des verrues plantaires attrapées dans des douches non
entretenues…
Dans le contexte professionnel évoqué ici, il n’est pas utile d’utiliser des pro-
duits désinfectants. En effet, une désinfection ne s’envisage que dans des cir-
constances et des secteurs particuliers (milieux de soins et pharmaceutique,
agroalimentaire, électronique…), où il est nécessaire de diminuer de façon très
importante le nombre de micro-organismes (voir chapitre 3).
6
COMMENT NETTOYER ?
2.
COMMENT
NETTOYER ?
7
– les matériels et les produits,
– les techniques (notamment la méthodologie de base, voir encadré 2),
– les locaux et surfaces concernés,
– la périodicité des opérations,
– les interactions possibles avec les autres activités,
– les mesures de prévention des risques,
– les interventions en cas d’événements exceptionnels,
– le contenu et la périodicité de la formation et des informations apportées aux
agents chargés du nettoyage.
[ Encadré 2 ]
Méthodologie de nettoyage
Pour une meilleure efficacité, l’opération de nettoyage respecte la métho-
dologie suivante :
– aller de la zone la plus propre vers la zone la plus sale,
– éviter de repasser sur des zones déjà traitées,
–ne pas retremper une bande, une lingette déjà utilisée dans le produit
propre afin de ne pas le salir,
– décrire des « 8 » ou des bandes parallèles se chevauchant afin de n’ou-
blier aucune surface.
Le nettoyage des murs s’effectue du haut vers le bas ; le nettoyage du sol
s’effectue du fond de la pièce vers la sortie ; le nettoyage des surfaces hori-
zontales s’effectue en partant de la zone la plus éloignée vers la zone la plus
proche (pour éviter tout contact du corps avec une zone déjà nettoyée).
2.1 DÉPOUSSIÉRER
Le dépoussiérage s’effectue au moyen de procédés mécaniques, sans produit
chimique.
Le balayage, l’époussetage et le soufflage sont des techniques à proscrire parce
qu’elles mettent en suspension dans l’air des poussières inhalables (aérosols).
Les techniques employées doivent être choisies de façon à limiter au maximum
la formation d’aérosols. Aussi, pour dépoussiérer de petites surfaces pouvant
être traitées à la main, il est préférable d’utiliser des lingettes humides ou des
lingettes en microfibre. Les surfaces plus importantes peuvent être traitées à
l’aide d’un balai-raclette, d’un balai humide ou d’un aspirateur, à la condition que
8
COMMENT NETTOYER ?
celui-ci soit muni d’un filtre HEPA 2 retenant les poussières résiduelles pour éviter
leur rejet dans la pièce.
Le dépoussiérage va de pair avec le vidage des poubelles. La même vigilance
vis-à-vis des aérosols s’applique si les poubelles contiennent des matières pous-
siéreuses. Dans ce cas, il convient de couvrir la poubelle d’un sac plastique et
de renverser l’ensemble avant de retirer la poubelle vide sans la secouer. Si des
matières poussiéreuses sont habituellement déposées dans la poubelle, celle-ci
est munie d’un couvercle et doublée d’un sac plastique qui est fermé avant d’être
évacué avec les déchets.
2 . High efficiency particulate air : filtre à haute efficacité retenant les particules présentes dans l’air qui le traverse.
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2.2 DÉGRAISSER
Le dégraissage, ou élimination des salissures, se fait à l’aide d’un produit chimique
ou d’un appareil générateur de vapeur. Ces protocoles mettent en œuvre des
techniques différentes et génèrent des risques spécifiques.
Ces produits chimiques sont en général irritants voire allergisants pour la peau
et doivent donc être manipulés en évitant tout contact cutané. De même, ils ne
doivent pas être inhalés. Il est donc déconseillé d’employer des sprays ou des pul-
vérisateurs. Plutôt que de pulvériser le produit, il est recommandé d’imbiber une
lingette de nettoyage avec le produit liquide. Pour les grandes surfaces, le produit
peut être appliqué au balai-humide ou au moyen d’une monobrosse (suivie soit
d’un aspirateur à eau, soit d’une raclette ou d’un balai de lavage) ou encore à l’aide
d’une autolaveuse (effectuant l’aspiration du sol, le lavage et le séchage).
10
COMMENT NETTOYER ?
Ces appareils présentent des risques de brûlure liés à la vapeur d’eau chaude
(dégagée en fonctionnement normal ou de façon accidentelle) et des risques
d’explosion en cas de surpression excessive. Il est important de choisir des appa-
reils munis de systèmes de sécurité garantissant la maîtrise de la température
et de la pression. Le personnel doit être formé afin d’employer cet appareil de
façon optimale et en toute sécurité.
2.3 PÉRIODICITÉ
Il est recommandé de dépoussiérer tous les jours les surfaces susceptibles
d’être salies.
Le dégraissage quotidien s’impose pour les surfaces rapidement salies telles que :
• Les locaux très fréquentés : le sol, les plans de travail, les sièges, les télé-
phones, les poignées de porte et de fenêtre, les interrupteurs, les badgeuses,
les distributeurs de boissons, les rampes, les escaliers, les ascenseurs, les
monte-charges…
• Les locaux hébergeant des procédés ou matériaux salissants (usinage de
pièces métalliques, entreposage de plantes…) : le sol, les murs, les plans de
travail, les sièges, les téléphones, les poignées de porte, les interrupteurs, la
signalétique, les étagères, le matériel…
• Les locaux de restauration : le sol, les plans de travail, les tables, les sièges, les
poignées de porte, les interrupteurs, les placards, l’électroménager, les éviers…
• Les sanitaires : le sol, les miroirs, les vasques, la robinetterie, les poignées de
porte, les toilettes, les urinoirs, les brosses et porte-brosses, les douches.
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Il peut être envisagé d’espacer les opérations de dégraissage (rythme hebdo-
madaire, mensuel, trimestriel…) des surfaces moins propices à l’encrassement
telles que les plinthes, les armoires, le matériel de bureautique (ordinateur, pho-
tocopieur), les objets de décoration, les luminaires, les radiateurs, les poignées
de fenêtre, les fenêtres, les stores, les interrupteurs, les extincteurs, la signalé-
tique…
12
3.
POURQUOI
NE PAS
DÉSINFECTER ?
La désinfection ne tue pas tous les micro-organismes
La désinfection a pour but de diminuer de façon très importante le nombre de
micro-organismes présents au moment de l’opération. Elle ne tue pas tous les
micro-organismes et ne rend pas une surface stérile. De plus, la désinfection
n’empêche pas la recontamination de cette surface, qui se produit d’ailleurs très
rapidement, par les micro-organismes naturellement présents dans les locaux
ou apportés par les personnes.
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Ou encore, plus simplement, il peut arriver qu’une souche résistant au désin-
fectant soit capable de le dégrader et ouvrir ainsi la porte aux autres micro-
organismes. Le désinfectant n’a par conséquent plus aucun effet et procure une
fausse sécurité alors que le biofilm se développe.
Si le biofilm contient une souche pathogène, celle-ci risque de devenir résis-
tante, de se développer et gagner d’autres surfaces. Lorsqu’il s’agira d’éliminer
cette souche pathogène, ce produit ne sera alors plus efficace. Si cette souche a
été régulièrement confrontée à différents désinfectants mal employés, elle peut
devenir résistante à tous ces produits et entraîner un réel problème sanitaire.
14
POURQUOI NE PA S DÉ SINFECTER ?
15
4.
QUELLES
MESURES DE
PRÉVENTION
SUIVRE ?
L’opération de nettoyage peut générer des risques pour les opérateurs, mais
également pour les personnes présentes sur les lieux où elle est effectuée.
Différents risques peuvent être identifiés :
– chutes de hauteur, glissades [4],
– troubles musculosquelettiques (TMS) lors de manutentions manuelles ou
mécaniques [4],
– électrisation, électrocution, brûlures lors de l’utilisation du matériel,
– risques chimiques engendrés par les produits d’entretien [5],
– risques biologiques variables selon la surface nettoyée : sanitaires, locaux
moisis… [6],
– horaires atypiques [7].
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QUELLES MESURES DE PRÉVENTION SUIVRE ?
Lorsque le nettoyage est effectué par une entreprise extérieure, un plan de pré-
vention est établi préalablement entre cette entreprise et l’entreprise utilisatrice,
afin de lister les situations à risque et définir les mesures de prévention [8].
Selon les surfaces ou les locaux, le personnel peut être exposé à des micro-
organismes pathogènes soit directement par contact avec les surfaces, soit par
contact des mains vers la bouche, le nez ou les yeux. Dans les locaux visible-
ment sales, le personnel peut également être contaminé en inhalant des pous-
sières dispersées dans l’air lors de l’opération de nettoyage [3]. Le personnel est
informé des risques biologiques identifiés pour certaines surfaces ou locaux et
suit les mesures de prévention pour lesquelles il a été formé.
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Il faut également choisir les procédés limitant au maximum l’exposition du per-
sonnel. Ainsi, la pulvérisation des produits doit être évitée, car elle génère des
aérosols inhalables et des gouttelettes pouvant atteindre les muqueuses du
visage. De même, une centrale de dilution limite les risques de projection lors de
la dilution des produits.
D’autres mesures de prévention plus spécifiques sont indiquées sur la FDS du
produit, en fonction de son usage [11].
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QUELLES MESURES DE PRÉVENTION SUIVRE ?
Les produits d’entretien doivent être gérés comme tout produit chimique [12] :
• Conserver les produits dans leurs emballages d’origine, dans un local garantis-
sant des conditions de stockage adéquates (température, lumière). En cas de
déconditionnement, il est important de choisir un emballage adapté (proscrire
absolument les emballages de produit alimentaire) et de reporter l’étiquetage
figurant sur l’emballage initial.
• Tenir à jour et à disposition des salariés les fiches de données de sécurité des
produits.
•
Éviter de mélanger des produits, au risque de provoquer des réactions
chimiques dangereuses (par exemple, ne jamais mélanger un produit acide
avec un produit basique, un produit acide avec un produit javellisé…).
Selon l’évaluation des risques, les gants doivent assurer une protection contre :
– les risques physiques (frottement, pincement, coupure, brûlure, froid…),
– les risques chimiques : prendre conseil auprès des fournisseurs car tous les
matériaux constituant les gants ne résistent pas à tous les produits chimiques [13],
– les risques biologiques : tous les matériaux peuvent être choisis pourvu que
les gants soient étanches aux liquides [14].
Il est recommandé de choisir des gants doublés en coton offrant un meilleur
confort. En fin de tâche, les gants réutilisables sont nettoyés puis retirés en
suivant un protocole précis évitant que l’opérateur touche la partie souillée des
gants [15]. Après retrait des gants, l’opérateur se lave les mains et les sèche
convenablement.
Selon les opérations, cette tenue est complétée par des vêtements et des équi-
pements de protection individuelle (EPI) adaptés, par exemple :
– un tablier résistant aux produits chimiques et un écran facial pour se proté-
ger des projections lors du transvasement de produits concentrés en grand
volume,
– un vêtement chaud lors du nettoyage des surfaces extérieures par temps froid.
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L’entretien et le nettoyage des vêtements de travail et des EPI réutilisables sont
assurés par le chef d’entreprise. Ces derniers ne doivent pas être amenés au
domicile des personnels.
Il est important que les mesures d’hygiène soient respectées. Pour ce faire, il
convient de mettre à disposition du personnel les moyens permettant de res-
pecter ces mesures : vestiaires séparant les vêtements de ville et de travail, lave-
mains avec savon liquide, essuie-mains à usage unique et poubelle… Les salariés
se lavent les mains avant de boire, manger, porter des objets à la bouche et après
avoir enlevé leurs équipements et vêtements de protection. Le lavage des mains
permet de limiter le contact des produits chimiques et biologiques avec la peau,
mais également le contact des mains souillées avec la bouche, les muqueuses
(yeux, nez) et les autres surfaces (téléphone, poignées de porte, clavier) qui
deviendraient, à leur tour, source de contamination.
Le lavage des mains se fait à l’eau tiède (en évitant l’eau chaude qui aggrave
l’irritation cutanée) et au savon doux et est suivi d’un séchage soigneux à l’aide
d’un essuie-mains à usage unique [16].
Cette information peut s’appuyer notamment sur la fiche de poste (ou notice de
poste) [17] qui est établie pour chaque poste ou situation de travail exposant les
salariés à des agents chimiques dangereux. Elle est destinée à informer les sala-
riés sur les risques encourus et les dispositions prises pour les éviter. Elle rappelle
ainsi les consignes relatives à l’emploi des équipements de protection collective
ou individuelle et les règles d’hygiène. Ce document court est tenu à disposition
des salariés, afin qu’ils puissent s’y référer en cas de besoin.
20
Bibliographie
[1] La désinfection des surfaces [9] Dermatoses professionnelles
en laboratoire de biologie. aux détergents. Fiches
ED 6188, INRS d’allergologie-dermatologie
professionnelle.
[2] NF T-72-110 : Procédés de 103 TA 72. DMT, INRS
désinfection des surfaces par
la vapeur avec ou sans contact. [10] Travailler avec des produits
Détermination de l’activité chimiques. Pensez prévention
bactéricide, fongicide, levuricide, des risques !
sporicide et virucide incluant les ED 6150, INRS
bactériophages.
[11] Manipulation de produits
[3] Surfaces contaminées par des chimiques. Comment lire la fiche
moisissures. Que faire ? de données de sécurité ?
ED 6299, INRS ED 6253, INRS
22
Pour commander les brochures et les affiches de l’INRS,
adressez-vous au service Prévention de votre Carsat, Cramif ou CGSS.
Carsat RHÔNE-ALPES
(01 Ain, 07 Ardèche, 26 Drôme, 38 Isère,
42 Loire, 69 Rhône, 73 Savoie, 74 Haute-Savoie)
26, rue d’Aubigny
69436 Lyon cedex 3
tél. 04 72 91 97 92 ‒ fax 04 72 91 98 55
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Carsat SUD-EST
(04 Alpes-de-Haute-Provence, 05 Hautes-Alpes,
06 Alpes-Maritimes, 13 Bouches-du-Rhône,
2A Corse-du-Sud, 2B Haute-Corse, 83 Var, 84 Vaucluse)
35, rue George
13386 Marseille cedex 20
tél. 04 91 85 85 36
[Link]@[Link]
[Link]
Les surfaces mal entretenues,
comme les plans de travail,
les sols et les murs peuvent
favoriser le développement
de micro-organismes.
Ce document explique
la stratégie à suivre pour
entretenir correctement
ces surfaces, en respectant
les mesures de prévention
des risques professionnels.