À QUI EST DESTINÉ CE MINI‐GUIDE ?
Pour lutter contre le blanchiment d’argent et Ce mini‐guide vous explique les diligences
le financement du terrorisme (LBA/FT), la des Experts Comptables et leurs
réglementation tunisienne a été durcie au responsabilités en matière de LBA/FT et le
cours des dernières années en renforçant les rôle de l’OECT en la matière.
obligations des institutions financières et de
certaines professions en la matière. Ce mini‐guide est conçu par
l’OECT comme un support
Les Experts Comptables sont appelés à informatif et pédagogique.
respecter attentivement ces nouvelles règles Il ne constitue pas une
strictes de vigilance. référence juridique.
LEXIQUE
BLANCHIMENT D’ARGENT CTAF
Est considéré blanchiment d’argent, tout acte La Commission Tunisienne des Analyses
intentionnel qui vise par tout moyen à la Financières (CTAF) est instituée par l’article
justification mensongère de l'origine illicite 118 de la Loi organique n°2015‐26. Elle
des biens meubles ou immeubles ou des coopère avec les autorités nationales de
revenus provenant directement ou supervision et de régulation, notamment
indirectement de tout crime ou délit passible pour la mise en place des politiques et
d’une peine d’emprisonnement de trois ans programmes de lutte contre le blanchiment
ou plus ainsi que tout délit sanctionné en d'argent et le financement du terrorisme. La
vertu du code des douanes. Constitue CTAF est le centre national chargé de la
également un blanchiment d’argent, tout réception, de l'analyse des déclarations de
acte intentionnel ayant pour but le soupçon et de la transmission au procureur
placement, le dépôt, la dissimulation, le de la République des déclarations dont
camouflage, l’administration, l’intégration ou l'analyse a confirmé le soupçon.
la conservation du produit provenant GAFI
directement ou indirectement des infractions
Le Groupe d’Action Financière (GAFI) est un
prévues par l’alinéa précédent ainsi que la
organisme intergouvernemental visant à
tentative, la complicité, l’incitation, la
développer et promouvoir des politiques
facilitation, ou l’apport de concours à le
nationales et internationales afin de lutter
commettre.
contre le blanchiment de capitaux et le
FINANCEMENT DU TERRORISME financement du terrorisme.
Le financement du terrorisme est le fait de BÉNÉFICIAIRE EFFECTIF
fournir ou de réunir des fonds pour des
L’expression bénéficiaire effectif désigne la
personnes ou organisations ou activités en
ou les personnes physiques qui en dernier
rapport avec des infractions terroristes telles
lieu possèdent ou contrôlent un client et/ou
que définies par la Loi organique n°2015‐26
la personne physique pour le compte de
du 7 août 2015 relative à la lutte contre le
laquelle une opération est effectuée. Sont
terrorisme et à la répression du blanchiment
également comprises les personnes qui
d’argent.
exercent en dernier lieu un contrôle effectif
sur une personne morale ou une
construction juridique.
TEXTES LÉGISLATIFS, RÉGLEMENTAIRES ET
NORMATIFS
du 7 août 2015 relative à la lutte contre le
TEXTES LÉGISLATIFS
terrorisme et à la répression du
Loi organique n°2015‐26 du 7 août 2015 blanchiment d’argent.
relative à la lutte contre le terrorisme et à
la répression du blanchiment d’argent telle
DÉCISIONS DE LA CTAF
que modifiée par la Loi n°2019‐9 du 23 Décision de la CTAF n°2017‐01 du 2 mars
janvier 2019. 2017 portant principes directeurs relatifs à
la déclaration des opérations et
Loi n°2018‐52 du 29 octobre 2018, relative
transactions suspectes.
au registre national des entreprises
Décision de la CTAF n°2017‐03 du 2 mars
Décret n°2016‐1098 du 15 août 2016 fixant
l’organisation et les modalités de 2017 relative aux bénéficiaires effectifs
telle que modifiée par la décision n°2018‐
fonctionnement de la Commission
10 du 8 juin 2018.
Tunisienne des Analyses Financières.
Décision de la CTAF n°2018‐06 du 5 avril
Décret gouvernemental n°2019‐54 du 21
2018 portant principes directeurs aux
janvier 2019 relatif aux modalités de
détermination du bénéficiaire effectif. Experts Comptables sur la détection et la
déclaration des transactions suspectes.
Décret gouvernemental n°2019‐72 du 4
février 2019, relatif aux procédures de mise NORME DE L’OECT
en œuvre des résolutions prises par les Norme professionnelle générale de l’OECT
instances onusiennes compétentes liées à sur les diligences de l’Expert Comptable en
la répression du financement du terrorisme matière de lutte contre les infractions de
et de la prolifération d'armes de blanchiment d’argent et de financement du
destruction massive. terrorisme et du système de détection des
Arrêté du Ministre des Finances du opérations et des transactions suspectes
1er mars 2016 portant fixation des dans le cadre de la Loi organique n°2015‐26
montants prévus aux articles 100, 107, 108, du 7 août 2015.
114 et 140 de la loi organique n°2015‐26
SITES À CONSULTER
Groupe d’action financière (GAFI) : [Link]
Commission Tunisienne des Analyses Financières (CTAF) : [Link]
Commission Nationale de Lutte Contre le Terrorisme (CNLCT) : [Link]
Registre National des Entreprises (RNE) : [Link]
Liste nationale des personnes, organisations et entités associées à des infractions terroristes :
[Link]
MISSIONS EN QUESTION
Les obligations des Experts Comptables dans d’opérations d’achat et de vente portant sur
le cadre de la lutte contre le blanchiment des immeubles ou de fonds de commerce ou
d’argent et le financement du terrorisme la gestion de biens et de comptes de leurs
s’appliquent dans le cadre des missions ayant clients ou l’arrangement d’apport pour la
trait aux opérations énoncées dans le cadre création de sociétés et autres personnes
de l’article 107 de la Loi organique n°2015‐26 morales ou leur gestion, exploitation, ou le
du 7 août 2015, dans la limite de leur contrôle spécifique desdites opérations,
domaine de compétence et des normes autre que le contrôle prévu dans le cadre de
professionnelles. Il s’agit des missions et commissariat aux comptes qui demeure régie
travaux avec les clients lors de la préparation par les normes professionnelles en la
ou la réalisation au profit de ces derniers, matière.
DILIGENCES DES EXPERTS COMPTABLES
Obligation de vigilance à l’égard de l’identification du client et/ou du
bénéficiaire effectif de la prestation
‐ Identifier le client (qu’il soit permanent ou occasionnel, et qu’il s’agisse d’une personne physique
ou morale ou d’une construction juridique) et vérifier son identité au moyen de documents,
données et informations de sources fiables et indépendantes.
‐ Vérifier que toute personne prétendant agir pour le compte du client est autorisée à le faire et
doivent identifier et vérifier l’identité de cette personne.
‐ Identifier le bénéficiaire effectif et prendre des mesures raisonnables pour vérifier son identité à
l’aide des informations ou données pertinentes obtenues d’une source fiable.
‐ Comprendre et obtenir des informations sur l’objet et la nature envisagée de la relation d’affaires.
Obligation de vigilance à l’égard des opérations réalisées par le client
Procéder à un examen attentif des opérations effectuées pendant toute la durée la relation d’affaires,
afin de s’assurer qu’elles sont cohérentes avec la connaissance que l’Expert Comptable de son client
et des activités commerciales et du profil de risque de ce client, ce qui comprend, le cas échéant,
l’origine des fonds.
Obligation de déclaration à la CTAF
Lorsqu’un Expert Comptable suspecte, ou à des motifs raisonnables de suspecter, que des fonds sont
le produit d’une activité criminelle ou ont un rapport avec le financement du terrorisme, il est tenu de
faire immédiatement une déclaration d’opération suspecte (DOS) à CTAF.
Obligation de mettre en place au sein des structures d’exercice professionnel
des procédures et des règles de contrôle interne spécifiques
Élaborer des programmes et des mesures pratiques adaptés à la lutte contre les infractions de
blanchiment d’argent et de financement du terrorisme et veiller à leur mise en œuvre.
Ces programmes et mesures pratiques doivent instituer :
‐ Un système de détection des opérations et transactions suspectes ou inhabituelles.
‐ Des règles d’audit interne en vue d’évaluer l’efficacité du système instauré.
‐ Des programmes de formation continue au profit de ses membres du cabinet.
‐ La désignation d’un un responsable de la conformité et son suppléant.
‐ La conservation, pendant au moins dix ans, de tous les documents relatifs aux opérations, nationales
et internationales, afin de pouvoir répondre rapidement aux demandes d’information des autorités
compétentes.
RESPONSABILITÉ DES EXPERTS COMPTABLES
Les obligations de l’Expert Comptable dans le ‐ Conclusion ou poursuite de relations
cadre de la Loi n°2015‐26 sont des d’affaires sans observer les obligations de
obligations de diligence. Par conséquent, il ne vigilance liées à l’identification du client
peut être tenu responsable, à l’égard de ses et/ou du bénéficiaire effectif de la
clients et des tiers, que des conséquences
prestation ainsi que toute information
dommageables des fautes et négligences jugée nécessaire en vue de la qualification
commises dans l’accomplissement des
de l’objet et de la nature de la relation
diligences décrites au niveau de la présente d’affaires conformément aux prescriptions
norme générale.
prévues par la présente norme générale.
Conformément aux dispositions des articles
Le secret professionnel ne pourrait être
136 et 140 de la Loi n°2015‐26, la
opposé à l’Expert Comptable en cas de
responsabilité pénale de l’Expert Comptable
respect de l’obligation de déclaration à la
pourrait être engagée dans les cas suivants : CTAF. Dans ce cas, et conformément aux
‐ Non‐respect de l’obligation de déclaration à dispositions de l’article 137 de la Loi n°2015‐
la Commission Tunisienne des Analyses 26, aucune action en dommage ou en
Financières telle que décrite au niveau de la responsabilité pénale ne pourrait être
présente norme générale. engagée à son encontre.
RÔLE DE L’OECT
Comptables en matière de lutte contre les
L’Ordre des Experts Comptables de Tunisie
infractions terroristes et la répression du
(OECT) et de par la Loi n°2015‐26, la Loi n°88‐
blanchiment d’argent.
108 et son règlement intérieur :
tient en coordination avec la CTAF des
prend les mesures nécessaires pour
statistiques complètes sur les questions
empêcher les criminels ou leurs complices
relatives à l’effectivité et à l’efficacité du
d’accéder au statut d’Expert Comptable
système de LBA/FT.
membre de l’OECT ou de détenir une
participation significative ou de contrôle procède à des fins de contrôle et de
d’un cabinet d’Expertise Comptable, de surveillance chez les Experts Comptables à
devenir les bénéficiaires effectifs d’une la vérification du bon respect de ses
telle participation, ou d’occuper des membres de leurs obligations en matière
fonctions de direction. de LBA/FT. Il est en droit d’exiger auprès de
ses membres la production de toute
établit des lignes directrices, des
information pertinente pour mener ces
programmes de travail et des mesures
contrôles.
pratiques, des sessions de formation aux
Experts Comptables et leurs collaborateurs dispose de sanctions efficaces,
en matière des lois, règlements, décisions, proportionnées et dissuasives en cas de
normes et procédures et dispositifs de non‐respect des obligations de LBA/FT.
contrôle interne suivis par les Experts