DP 601
ETUDE PETROLOGIQUE, STRUCTURALE ET GEOCHRONOLOGIQUE DES FORMATIONS CRISTALLINES DU QUART
NORD-EST DE LA FEUILLE DE SAINT-GABRIEL-DE-BRANDON (COMTES DE BERTHIER ET DE MASKINONGE)
EXPLORATION GEOLOGIQUE
MINISTERE
DES R!CHESSES
NATURELLES
DIRECTION GÉNÉRALE
DE LA RECHERCHE GÉOLOGIQUE
ET MINÉRALE
ETUDE PETROLOGIQUE, STRUCTURALE ET GEOCHRONOLOGIQUE DES
FORMATIONS CRISTALLINES DU QUART NORD-EST DE LA FEUILLE
DE ST-GABRIEL-DE-BRANDON
RAPPORT FINAL
NORMAND GOULET
1978 DP-601
ETUDE PETROLOGIQUE, STRUCTURALE ET GEOCHRONOLOGIQUE DES
FORMATIONS CRISTALLINES DU QUART NORD-EST DE LA FEUILLE
DE ST-GABRIEL-DE-BRANDON.
par
Normand Goulet
Département des Sciences de la Terre
Université du Québec à Montréal
1978
RESUME
La région de Saint-Gabriel-de-Brandon se situe à une centaine de ki-
lomètres au NE de Montréal, Le secteur étudié couvre une superficie approxima-
tive de 125 km2 . Il comprend trois unités de roches cristallines précambriennes 1
un complexe migmatitique qui constituerait le socle de la région, une série para-
gneissique "de couverture", proche du Groupe de Grenville mais oû les calcaires
cristallins sont peu importants et enfin diverses roches plutoniques.
Ces trois unités s'individualisent aussi bien du point de vue pétrogra
- •
phique que structural. Tout d'abord le complexe de base est composé de migma-
tites rubanées, (alternance de niveaux quartzo-feldspathiques et amphiboliques
d'origine grauwackeuse) et de migmatites hétérogènes. A l'exception des amas et
filons granitiques de ces dernières, les paragenèses sont celles du facies granu-
lite. A l'intérieur de la "série paragneissique" qui se compose de gneiss alumi-
neux, de gneiss à pyroxène, de quartzites, de roches calco-silicatées, de skarns
et qui sont d'origine sédimentaire, sont interstratifiées, des leptites rubanées et
des amphibolites d'origine éruptive ainsi que des gneiss 4 biotite et amphibole
dérivant de formations volcano -détritiques.
Les paragenèses de ces para et orthogneiss sont celles soit du facies
amphibolite-almandin le plus élevé, soit du facies granulite, Leur apparition
s'est faite à une température minimale de 670° C à une pression solide comprise
entre 6 et 10 kb, la pression d'eau étant nettement inférieure à P.
Le granite adamellitique de Saint-Didace ainsi que les mangérites
quartziques ortho-gneissifiées sont les types principaux des roches plutoniques
qui sont en gros concordantes aux formations paragneissiques.
L'étude structurale de la région a révélé la superposition de deux
phases majeures de plissement. La première a produit des plis isoclinaux, d'or-
dre kilométrique, déversés vers le N ou le NO avec des axes orientés soit E-O,
soit NE - SO. Les mangérites et sans doute le granite de Saint-Didace seraient
à peu près synchrones de cette première phase. Au cours de celle-ci la série
paragneissique se serait déversée vers le NO sur le complexe migmatitique qui
aurait joué le rôle de socle.
La deuxième phase, dont les plis sont axés entre NO SE et N-S, a
donné par superposition à la première, des figures d'interférence très complexes.
Elle a affecté les trois ensembles mais les masses plutoniques ont agi comme
des môles rigides à l'exception des "lames" relativement peu volumineuses de
mangérites qui ont réagi aux efforts tectoniques comme leur encaissant,
L'étude géochronologique effectuée sur ces ensembles tend à prouver
la superposition de plusieurs orogenèses. L'orogenèse Grenvillienne (950 MA) a
- iv -
été obtenue sur le "mobilisat" du complexe migmatitique. Le granite de Saint-
Didace a sans doute été rajeuni à 1 105 MA. La série paragneissique aurait pour
sa part été rajeunie durant l'orogenèse elsonienne (soit à 1 450 MA), tandis que
la "restite" du complexe migmatitique de base donne un âge correspondant à
l'orogenése kénoranienne (2 300 MA).
ABSTRACT
The Saint-Gabriel-de-Brandon area is located about 60 miles NE of
Montreal. The area studied covers about 50 sg. mi. It includes the following
three division of Precambrian rocks :
1/ A migmatitic complex which constitutes the basement of the area.
2/ A group of supracrustal rocks close to the Grenville Group but
with little crystalline limestones.
3/ Several kinds of plutonic rocks.
These three "units" can be clearly distinguished by petrographic and
structural studies. First the basement complex consist of banded migmatites
(alternating quartzo-feldspathic and amphibolite bands of greywacky origin), and
some heterogeneous migmatites. Disregarding a few masses and dykes of granite,
the parageneses belong to the granulite facies. Bandes leptites and amphibolites
of eruptive origin as well as some biotite-amphibole gneiss es of volcano-detritic
origin, are interstratified into the "paragneisses series", itself composed of
aluminous gneisses, of pyroxene gneisses, of quartzites, calc-silicated rocks,
and of skarns, all of sedimentary origin.
The parageneses of those para and orthogneisses belong either to
the highest amphibolite facies, or to the granulite facies. They appear at a mini-
mum temperature of 670° C and at a Ps comprised between 6 and 10 kb, with
less than Pis.
PH2O
The Saint-Didace adamellitic pluton together with the orthogneissi-
fied quartz-mangerites make up-1 the main plutonics rocks types. They are roughly
concordant to the paragneissic formations.
Structural study of the area reveals superposition of two major
folding sets . The firtit set gives rise to isoclinal folds of kilometric size,
recumbent to the N or NW, with axes oriented either E-W or NE-SW. Mangerites
and most likely the Saint-Didace granite, both appear to be about contemporaneous
of this first set . It was probably at this time that the paragn eis ses series were
overthrust to the NW over the migmatitic complex which acted as a basement.
- v -
The second set features NW-SE to NS trending folds. Being
superposed over the first set , it yielded highly complex interference patterns.
It acted upon all Hof the three above mentioned units, but the plutons behaved as
rigid mole (apart from some rather small "blades" of mangerites, wich were
folded together with the country rock).
Geochronological study of those three units brings evidence of
several superimposed orogeneses. The mobilized part of the migmatitic complex
belongs to the Grenville orogenesis (950 M. Y.). The Saint-Didace granite was
probably rehomogenised at 1 105 M. Y. The paragneissics eriesplay have be reset
during the Elsonian orogenesis (1 450 M. Y.). The migmatitic basement complex
"restite" is of Kenorian orogenesis age (2 300 M. Y. ).
- vi -
Avant - propos
Le contenu de ce rapport a fait l'objet d'une thèse de
doctorat de 3ième cycle, présentée à l'Université de Grenoble en
1971, sous la direction du Professeur Pierre Giraud. Je tiens
tout particulièrement à le remercier et à lui exprimer ici ma
sincère gratitude.
Je tiens également à exprimer ma reconnaissance envers le Dr.
J. Martignole qui a bien voulu me confier ce travail et qui m'a ini-
tié aux multiples problèmes d'une région qui lui est très familière.
Mes remerciements vont également vers messieurs les Professeurs
Y. Vialette, P. Vialon, aux Docteurs A. Laurin et R. Bergeron pour
des échanges très fructueux, une large compréhension et une grande
sollicitude.
Que tous les habitants de la région de Saint-Charles-de-Mande-
ville, surtout les membres du Club de chasse et de pêche Mastigouche,
trouvent ici le témoignage de ma reconnaissance pour leur hospitalité.
Mon séjour à Grenoble a été rendu possible grâce à une bourse
du Gouvernement français. Les frais de terrain ont étê supportés par
le service de l'Exploration Géologique du Ministère des Richesses
Naturelles du Québec; à ses représentants qui m'ont aidé et conseil-
lé, tous mes remerciements.
TABLE DES MATIERES
CHAPITRE I - INTRODUCTION 1
1.1. - La région de Saint-Gabriel-de-Brandon 1
1.1. - Cadre géographique 1
1.2. - Position géologique 5
1.3. - Travaux antérieurs 7
1.4. - Travaux effectués 8
1.5. - Géologie économique 8
CHAPITRE II — ETUDE MINERALOGIQUE ET PETROLOGIQUE 11
2.0. - Introduction 11
2.1. - La série paragnèissique 12
2.1.0. - Introduction 12
2.1.1. - Les gneiss à grenat et sillimanite 13
2.1.2. - Les gneiss A biotite et grenat 17
2.1.3. - Les gneiss à graphite et pyrite 20
2.1.4. - Les quartzites 20
2.1.5. - Les formations carbonatées 22
2.1.6. - Les gneiss à biotite et amphibole 27
2.1.7. - Les gneiss â pyroxène 30
2.1.8. - Les leptites et les leptynites 32
2.1.9. - Les roches basiques 39
2.2. - Le complexe migmatitique 49
2.3. - Les roches éruptives 53
2.3.1. - Le granite de Saint-Didace 53
2.3.2. - Les roches mangéritiques 56
2.3.3. - Les diabases 62
Pages
2. 4. - Les roches cataclastiques : les pseudotachylites 65
2.4. 0. - Introduction 65
2.4.1. - Localisation et mode de gisement 65
2.4.2. - Etude microscopique 65
2. 4. 3, - Problème de l'origine 67
CHAPITRE III - ETUDE PETROGENETIQUE 69
3. 1, - Origine des divers facies pétrographiques
3. 1. 0. - Introduction 70
3. 1. 1. - Origine des gneiss 70
3. 1. 1. 1. - Gneiss à grenat et sillimanite 70
3. 1. 1.2. - Gneiss à biotite et grenat 72
3. 1. 1. 3. - Gneiss à graphite et pyrite 72
3. 1. 1. 4. - Gneiss à biotite et amphibole 72
3. 1. 1. 5. - Gneiss à pyroxène 73
3. 1. 2. -.Origine des leptites 75
3. 1. 3. - Origine des roches basiques 79
3. 1. 4. - Origine des autres facies de la série para-
gneissique
3. 1.4. 1. - Les quartzites 83
[Link]. - Les formations carbonatées 83
3. 1. 5. - Origine du complexe migmatitique 83
3. 1. 6. - Pétrogenèse des roches plutoniques 86'
3.2, - Caractères du métamorphisme 96
3. 2. 1. - Les gneiss quartzo-feldspathiques 96
3.2.2. - Les gneiss à grenat 99
3.2.3. - Les roches basiques 1.06
3.2.4. - Les roches carbonatées 107
3.2.5. - Les migmatites rubanées 108
3. 2. 6. - Les orthogneiss mangéritiques 109
3.2.7. - Conclusions 110
CHAPITRE IV - ETUDE STRUCTURALE 112
4. 0. - Introduction 113
4. 0. 1. - Historique 113
4. 0.2. - Aperçu structural d'ensemble 114
4. 0. 3. - Méthodes et conditions de travail 115
4. 1. - Les éléments structuraux mesurés 119
Pages
4.2. Les grandes unités structurales 125
4. 2. 1. - Le lac Joli Ouest 125
4.2.2. - Le lac Joli (centre et Est) 130
4, 2. 3. - Le lac de la Roche 133
4.2.4. - Le lac Wapiti 138
4,2. 5. - La rivière aux Ecorces 142
4. 3. - Conclusion à l'étude structurale
CHAPITRE V - ETUDE GEOCHRONOMETRIQUE 147
5. 0. - Introduction • 148
5.1. - Méthode au Sr/Rb 153
5.2. - Les résultats 158
5. 2. 0. - Introduction 158
5.2, 1. - Le complexe migmatitique 158
5.2.2. - Le granite de Saint-Didace 162
5.2.3, - Les séries paragneissiques 164
5.2.4. - Conclusions â l'étude géochronométrique 166
CHAPITRE VI - CONCLUSIONS GENERALES 167
6. 1. - Le complexe migmatitique 168
6.2. - La série paragneissique 169
6, 3. - Les roches plutoniques 170
6. 4. - Schéma évolutif 171
BIBLIOGRAPHIE 175
-X-
LISTE DES PLANCHES ET FIGURES
pages
Pl. 1 --Carte des provinces du Précambrien canadien ---- 2
2 - Réseau hydrographique et voies de communication T 4
3 --Schéma structural de l'environnement 6
(Fig. 1-Niveau de quartzite dans un gneiss à grenat et sillimanite (
Pl. 4 ( 2-Grenat à structure diablastique ( 14
( 3-Aiguilles de sillimanite secondaire dans un grenat
(Fig. 4-Concentration de sillimanite prismatiqùe (
Pl. 5 ( 5-Quartz granulitique autour d'un grenat ovoi'de ( 19
( 6-Banc de quartzite massif (
Fig 7 - Nomenclature des structures granoblastiques 24
(Fig. 8-Perthites dans un gneiss à biotite et amphibole
( 9-Porphyroblaste de F. K. dans un gneiss à biotite et amphibole 29
Pl. 6
( 10-Perthites dans une leptite
( 11-Structure granulitique dans une leptite
(Fig. 1Z-Banc de leptite massive (
( 13-Leptite massive et rubanée ( 33-34
Pl. 7
( 14-Leptite finement rubanée
( 15-Leptite rubanée très plissée (
Fig.16 - Classification des roches à pyroxène, hornblende et
plagioclase 40
Fig. 17 - Diagramme de répartition des principaux types de roches
métamorphiques basiques (P. GIRAUD) 41
ig. 18-Diagramme de répartition des roches pyroxéno-amphi- (
boliques (J. MARTIGNOLE) ( 42
Pl. 8 ( 19-Diagramme proposé pour la répartition des roches méta-
morphiques basiques
(Fig. 20-Masse amphibolique
P1. 9 ( 21-Aspect agmatitique d'une amphibolite
( 22-Amphibolite plissée recoupant des mangérites
(Fig.23-Structure en mortier
( 24-Structure oeillée
P1. 10
( 25-Structure oeillée du type "Flaser"
(( 26-Structure granoblastique
Fig. 27 - Classification des roches de la famille de l'anorthosite 61
Fig. 28 - Diabase 63
Pl, 11 - Localisation des zones faillées 64
(Fig. 29 - "Dyke" de pseudotachylite (
Pl, 12 ( 30 - Pseudotachylite ( 66
( 31 - Pseudotachylite (-lame mince) (
(Fig. 32 - Diagramme C/Fm x 100 --- Al --- Alk (
( 33 - Diagramme quartz-albite-orthose (
Pl, 13
( 34 - Diagramme Alk - Ti - P - K en fonction de Mg (
( 35 -Diagramme Al + Fe + Ti --- Ca + Mg
(Fig. 36 - Diagramme Fe2O3 total + TiO2 + Ca0 --- A1243 (
Pl, 14 ( --- . 73 SiO ( 92
2
( 37 - Diagramme MgO - K2O - Na2 O
(Fig. 38 - Diagramme K - (Na + Ca) --- - (Na + K + 2Ca ( 93-95
P1, 15 31 3 ---
39 - Diagramme Fe + Ti + Mg --- K - (Na + Ca) (
(Fig. 40 - Diagramme ACF - A'KF facies amphibolite ( 100
Pl, 16
( 41 - Diagramme ACF - A'KF facies granulite (
Fig. 42 - Géothermombtre biotite-grenat de Perchuk 103
Fig. 43 - Champs de stabilité de certains assemblages mi-
néralogiques en fonction de la température et
de la pression 104
(Fig. 44- Foliation de plan axial (S2 ) (
Pl. 17 ( 45 - Plis mineurs du type "W" ( 120
( 46 - Plis mineurs de grande amplitude (
(Fig. 48 - Diagramme des axes des plis mineurs (
Pl. 18 ( 49 - Diagramme des linéations minéralogiques ( 122
( 50 - Diagramme des orientations des joints
Fig. 51 - Structure du lac Joli Ouest 26
Fig. 52 - Bloc diagramme du secteur n° 1 de la région du lac
Joli Ouest 128
Fig. 53 -Structure du lac Joli (centre et Est) 131
Fig. 54 -Structure du lac de la Roche 134
- xii -
Fig. 55 - Coupe structurale entre le complexe migmatitique
et le lac de la Roche
Fig. 56 - Bloc diagramme illustrant la superposition d'une
phase N-S sur un plissement E-O 137
Fig. 57 - Structure du lac Wapiti 1:39
Fig. 58 - Schéma interprétatif des relations entre la série
paragneissique et le complexe migmatitique, 141
Fig. 59 - Structure de la rivière aux Eçorces 143
Fig. 60 - Ages du Bouclier canadien 149
Fig. 61 - Nomenclature et chronostratigraphie du bouclier
canadien 150
Fig. 62 - Isochrone du: anhbiliéat_d'aria lefi(mitga atit gs-r-------- 159
Fig. 63 - Isochrone des "restites" dans les migmati tes 161
Fig. 64 - Isochrone du granite de Saint-Didace 163.
Fig. 65 - Isochrone des paragneiss 165
Fi'g.66 - Tectonogramme --- 174
LISTE DES TABLEAUX
pages
Tableau I - Analyses chimiques des gneiss 74
II - Analyses chimiques des leptités ---- 78
III - Analyses chimiques des amphibolites 81
IV - Analyses chimiques des migmatites 85
V - Analyses chimiques des mangérites 88
CARTES (hors texte)
1 - Carte géologique (1" = 2 milles, approx.)
2 - Carte structurale (1" = 2 milles, approx.)
- 1 -
CHAPITRE I
INTRODUCTION
11. [Link] REGION DE SAINT -GABRIEL -DE-BRANDON
1. 1 . L CADRE GEOGRA NIQUE
1.1.1. 1s,Situation
Le quart nord est de la région de Saint-Gabriel-de-Brandon, qui,
vol d'oiseau n'est qu'à environ 100 milles (160 km) au Nord Est de Montréal, est
délimité, en gros, par les longitudes 73°15' â 73° 24' Ouest et par les latitudes
46° 21' â 46° 30' Nord, soit une superficie approximative de 125 km2 . Du point de
vue administratif, le comté de Berthier couvre la majeure partie de cette super-
ficie, tandis que celui de Maskinongé s'étend sur quelques kilomètres carrés au
Nord Est et au Nord Ouest de la région.
Les limites de notre étude se définissent mieux par les voies fluviales
que par les coordonnées ou les comtés (P1. 2). Ainsi, nous avons à l'Ouest et au
Sed'•Ouest le lac de la Chute et la rivière Mastigouche Nord ; le Sud Est et l'Est
sont occupés par les lacs Mandeville, Deligny et Gertrude ; enfin, une partie de la
limite nord est donnée par une portion de la rivière aux Ecorces.
CARTE DES PROVINCE S
DU PRECAMBRIEN CANADIEN
D'aprp6 /a commission gialogiqu• du Canada (19671
Gr•nvil• 900-1100 MA
Nain 1300.1400 MA
Ct, ore to/Il
1600.1600 MA
Ours
Sud 1500-2500 MA
Soprri•ur
Esela v 2400.2600 MA
QUEBEC
MON'REA L
OTTAWA
Hilea
0 100 100 .700 100
150 100 150 600
Planche
A l'exception du petit centre urbain que constitue Saint-Gabriel-de-
Brandon, situé à une dizaine de kilomètres au !Sud de la terminaison du territoire
cartographié, les habitants se groupent, soit à Saint-Charles-de -Mandeville, pe-
tit village situé à la limite entre les Hautes-Terres et les Basses-Terres du
Saint-Laurent, soit dans les fermes disposées le long des vallées glaciaires que
constituent les rivières Mastigouche et aux Ecorces, ainsi que les alentours des
lacs Mandeville et Déligny.
1,1.1.2. Voies d'accès
Notre région, bien qu'entourée par d'excellentes routes en terre, im-
plantées dans les grandes vallées et rayonnant pour la plupart à partir de Saint-
Charles-de-Mandeville, compte peu de chemins forestiers accédant au coeur de
ce petit plateau montagneux.
Les déplacements ont été effectués, surtout, pour atteindre les lacs
de la Roche, Joli, de la Chute et de la Lune, soit à l'aide d'un véhicule à quatre
roues motrices, prêté par le Ministère dés Richesses Naturelles du Québec, soit
â l'aide d'une motocyclette. L'usage du canot nous a permis d'accélérer nos dé-
placements sur quelques-uns de ces lacs. Par contre les deux petites rivières
de ce secteur ne constituent pas des vois navigables en canot.
1. 1. 1, 3. To_pogra_phie
La partie nord de la feuille de Saint-Gabriel-de-Brandon est un exem-
ple typique des Hautes-Terres du Saint-Laurent. Les points les plus hauts de cet-
te région, à relief moutonné, varient entre 1 500 et 1 650 pieds (500 à 550 m). Ils
se concentrent, pour la plupart, dans les roches plutoniques de la partie nord est
[Link]. C'est à cet endroit, oI existe la plus forte dénivellation, soit près
de 1 000 pieds (environ 330 m), que se dresse une barrière au bas de laquelle
coule la rivière aux Ecorces. Celle-ci parait avoir été détournée par cette bar-
rière vers le bassin de la rivière du Loup â l'Est, alors que tous les autres cours
d'eau de notre région sont tributaires du grand bassin du lac Maskinongé, situé
au Sud, en bordure de la ville de Saint-Gabriel-de-Brandon. D'autre part, dans
la partie occidentale, la grande vallée de la rivière Mastigouche s'enfonce vers
le Nord en direction du lac de la Chute, par l'intermédiaire d'une vallée relati-
vement étroite dont les flancs atteignent une dénivelée de l'ordre de 600 pieds
(environ 200 m).
La topographie de la région est contrôlée en partie par :'la structure
générale des roches cristallines. Les ruisseaux, les lacs et les rivières suivent
très souvent, soit les directions de foliation, soit les systèmes de joints ou de
failles. On peut facilement les repérer sur les photos aériennes ou sur les cartes
topographiques.
Enfin, notons que, dans notre région, même si l'altérati^n n'est que
- 4 -
RÉSEAU HYDROGRAPHIQUE
ET
VOIES DE COMMUNICATION PI.
Lac
Sacs( orn le
lac
0u
( .
eo 1
o Bonneter^e
Lac
de la
Chute
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Lune
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Gertrude
Lac
de la
Roche
LEGENDE
Rivière.
Ruisseau.
Leca
Ech.11.: G® km trtl
IT tr vara St Gabriel•de-Brandon it it
10 kin I
5
superficielle; les affleurements sont, en général, de très mauvaise qualité. En
effet, une mince couche de lichen couvre la majeure partie de ces affleurements
qui sont, en plus, de dimensions très restreintes, â l'exception des roches plutoni-
ques du Nord Est. Les falaises sont peu fréquentes et les coupes franches, le long
des routes, n'existent pas.
1. 1. 1. 4.V é_gétation
Presque toute la partie de notre région située sur les Hautes-Terres
est actuellement en cours de reboisement. On y trouve une végétation dense com-
posée en majeure partie par des feuillus (érables, bouleaux et; trembles) ainsi que
par des conifères (sapins, épinettes, pins) qui se concentrent souvent dans les pen-
tes abruptes.
1.1.1. [Link] de la région
Les habitants de Saint-Charles-de -Mandeville, principale aggloméra-
tion de la région,,vivent surtout de l'agriculture, du tourisme et d'une petite industrie
de transformation du bois.
Dans cette partie des Basses-Terres, recouvertes par les dépôts fluvio-
glaciaires de la mer Champlain, qui atteignait â une époque la cote de 650 pieds, les
deux principales ressources agricoles sont : l'élevage des bovins et la culture des
céréales.
La présence de nombreux lacs dispersés â travers un paysage splendide,
attire un nombre croissant de touristes, soit pour la pêche â la truite, soit pour la
chasse â l'orignal, au chevreuil, â l'ours, aux lièvres ou â la perdrix, gibiers en-
core abondants dans la région,; ou bien enfin pour fréquenter les résidences d'été
telles qu'il en existe aux bords des lacs Gertrude, de la Roche et de la Chute.
1.1.2,POSITION GEOLOGIQUE
Comme il a été dit précédemment, notre terrain d'étude s'insère dans
la Province de Grenville. En outre, par rapport aux subdivisions établies par
CSBORNE et MORIN (1962), il se compare assez bien avec la sous-province A de
ces deux auteurs. Cette sous-province se caractérise par la présence de niveaux
carbonatés, de quartzites et de gneiss alumineux dont le degré de métamorphisme
est plus élevé (facies granulite â sillimanite) que celui de la sous province B (facies
amphibolite â disthène et staurotide).
Toutefois, les calcaires cristallins et les roches calco-silicatées ont,
dans notre région, une extension très faible comparativement au lieu type de
Grenville, situé beaucoup plus au Sud Ouest.
Quant au caractère intrusif de la sous-province A, si notre secteur ne
comporte pas de massif anorthosique, par contre, comme nous le verrons plus loin,
- 6 -
74°3R 14°00' 13b0'
46°45 .
\ \ \ \ \\ \ \ \\ N \ A ~
_
- _ ~- .
i\ \ \\ \ \~ ~~~\\~` ~-- _ , . `'~- e ,. .
\ \ ~.,-•. ,~ ~- .\ ~-Massif~/ ~i . ~ •{y~.~-- ~-.~
/'~••/,•
~ ~~, ~ac~
/ \ \' - •+, ``1 \ `--du ~: _ ,~;.~ ,~, •~~ ,
\ \\ `•;~Complexe ; 1 ~~S~acomie,--•.; , ~~ •Z, ~ a
46°30•/ \ \
\ \,,~ . ~L F ,~' ~ %^ `~ -r'I gr
) plutonique :( \ .i j ‘. /; ~, ~.
// \`.~ \ ~
/ ~ du Lac , ~ , ` ~ -~ % / / ~~ â a~~,•r ~
1 . ~ l \ ~-•$ .—~/' — region 9
/ - ✓
/ / / / t\ \ 1~` .~~\•~~~oc G `'; \ .........../1,
//~ ~ ~1 ; étudiée
/ .. _ ~ ,
/ /~ I ~~~ ~ \ \ \s. ~ ~/ ~ • a' ,.; •
/J( I,,. ~` \~ ~~~
\ \ \\\ ~Gabriel ~',, / D
46`15' ~ ~ ~ ~_.,. ~ •' ~\ \ ~ ~ /
~,~ - ,.^,~' ~~••• 1 \ \ \ \~ • 1/ ~
i •-•^ , ~l ~ "---'E /.
~~ Massif •-'- N.,~• ' •,~\~\ \ \ \ • '~, • ;
anorthositique ~-, '- n• •` ~ `
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74 30
14 14'00 13'00
Planche 3
SCHEMA STRUCTURAL DE L'ENVIRONNEMENT
DE NOTRE REGION
Travaux antérieurs
A E. DIMROTH 1963 E R. BLAND 1961
B A. PHILPOTTS 1962 F K. SCHIMANN I971
C J. MARTIGNOLE1968 G K. SCHRYVER 1968
D R. BLAND (non publié) H J. MARTIGNOLE
K. SCHflYVFp 1510
- 7 -
il renferme des roches mangéritiques lesquelles sont associées dans d'autres ré-
gions aux anorthosites et autres facies à caractère charnockitique.
1.1.3., TRAVAUX ANTERIEURS
La région de Saint-Gabriel-de-Brandon fut d'abord visitée par ADAMS
en 1895 au cours d'une étude géologique régionale effectuée sur une partie du mas-
sif laurentien situé au Nord de l'Ile de Montréal. Par la suite, ELLS, en 1898,
dans le rapport géologique de la feuille de Trois-Rivières, précisa, entre autres,
les contours du granite de Saint-Didace qui affleure dans la partie sud est de notre
région, Mais c'est surtout à F, F. OSBORNE (1936) qui cartographia la région de
Shawinigan, centre industriel important à cette époque, situé à une quarantaine de
kilomètres à l'Est de notre région,que l'on doit la différenciation, d'une part, d'un
ensemble inférieur constitué par des gneiss à plagioclase et amphibole et d'autre
part, d'un ensemble supérieur représenté par des gneiss alumineux, des quartzi-
tes et des calcaires cristallins.
Par la suite, le Ministère des Richesses Naturelles du Québec, dans
le cadre d'une cartographie systématique des régions situées au Nord de Montréal
et de Trois-Rivières, confia en 1958 à11. BELAND le soin de cartographier, au
1/ 6 3 000, la région de Saint-Gabriel-de-Brandon. Cet auteur y distingua en parti-
culier la présence sporadique, sous forme de lentilles plus ou moins continues, de
paragneiss de la série de Grenville, ainsi que des granulites charnockitiques, qui
appartiennent à la série de Morin et qui, dans la moitié Nord de la feuille de Saint-
Gabriel-de-Brandon, couvrent de grandes étendues. Quant à la structure des gneiss
de cette région, R. BELAND, dans son rapport géologique (1967) écrit : "on a l'im-
pression de gneiss déformés plastiquement un peu à la façon d'une feuille de papier
froissée, chiffonnée et non pas pliée systématique1nent selon des lignes de charniè-
res régulièrement disposées:'
Puis, au cours de l'été 1959, les travaux s'étendent sur le territoire
situé à l'Est. R. BELAND cartographia ainsi la région de Saint-Alexis-des-Monts
(rapport non publié).
Par la suite, A. R. PHILPOTTS (1962) et E. DIMROTH (1963), dans
une étude pétrographique et structurale plus détaillée, étudièrent respectivement
les régions de Belleau-Desaulniers et de Chapleau-Kaine qui sont voisines de notre
terrain au Nord Est et au Nord.
E. DIMROTH, dans le rapport géologique final non publié mais qui m'a
été communiqué, décrit, dans la région de Chapleau-Kaine, plusieurs périodes de
plissements. Les anciennes structures,(anticlinaux et synclinaux très serrés)
orientées vers l'Est ou le Nord Est, auraient été déformées par la suite en plis
couchés plongeant vers le Sud Est. Puis, un troisième système de plis très ouverts,
sans direction privilégiée, d'une importance relativement faible, aurait repris le
tout.
- 8 -
Pour sa part, A. R. PHILPOTTS (1966), dans son étude pétrographi-
que détaillée des roches éruptives de la région de Belleau-Desaulniers, â laquelle
nous nous référerons lors de l'étude pétrogénétique des roches mangéritiques, a
proposé une origine magmatique de la "suite anorthosite-mangérite" : par diffé-
renciation très poussée, un magma granodioritique aurait produit les divers facies
de cette série.
Enfin, les derniers travaux pétrographiques et structuraux publiés récem-
ment et qui concernent des régions proches de la nôtre sont ceux effectués par
J. MARTIGNOLE (1967 â 1970 inclus). Ils concernent, d'une part la région de
Shawinigan, et d'autre part la région du massif anorthositique de Morin. L'exten-
sion de cette dernière étude, menée conjointement par J. MARTIGNOLE et
K. SCHRIVER (1970), concerne la partie occidentale de notre territoire. Nous au-
rons l'occasion, au cours de notre étude sur la région de Saint-Gabriel, de compa-
rer nos résultats â ceux obtenus, entre autres, par ces deux derniers auteurs.
1. 1. 4.. TRAVAUX EFFECTUES
La région fut cartographiée pendant une période totalisant près de cinq
mois de terrain, échelonnée sur deux saisons : soit en 1968, pendant les mois de
mai, septembre et mi-octobre ; et en 1969, au cours des mois de septembre, octo-
bre et novembre.
La carte géologique qui accompagne cette étude est un agrandissement
au 1/15 000 de la feuille 31 i/6w partie nord (Saint-Gabriel-de-Brandon) de la série
topographique du Canada au 1/ 50 000.
Les affleurements ont été repérés directement sur les photos aériennes
prises en 1959 par Aéro Photo Inc. â l'échelle de 1/15 000, pour le compte du
Ministère des Richesses Naturelles du Québec.
En ce qui concerne les travaux minéralogiques et pétrographiques, ils
ont été exécutés â l'Institut Dolomieu de Grenoble dont le Laboratoire de Chimie
a effectué 16 analyses chimiques. Enfin, j'ai complété deux stages au Laboratoire
de Géologie et Minéralogie de la Faculté des Sciences de Clermont-Ferrand, pour
m'initier aux méthodes géochronologiques et réaliser ainsi 25 mesures radiomé-
triques sur certains de mes échantillons.
1.1. 5. GEOLOGIE ECONOMIQUE
Situation générale : comme pour beaucoup d'autres régions de la province de
Grenville, celle de Saint-Gabriel ne présente que peu d'intérêt dans le domaine
minier.
Seuls quelques rares permis de recherche (claims) ont été accordés
pendant quelques années, par exemple sur la concentration de magnétite située à
l'extrémité nord du Lac en Croix et sur les indices de chalcopyrite et de pyrrho-
tine au NO. Ce sont les principales anomalies que les prospecteurs locaux ont
visitées.
Nos levés n'ont pas conduit à la découverte de concentrations mi-
nérales d'intérêt économique et nous ne ferons qu'énumérer les divers minéraux
renfermant des éléments utiles dont les teneurs sont localement un peu plus élevées
que la normale.
Sulfures. Parmi les sulfures les plus couramment rencontrés, la pyrite vient au
premier rang. Elle constitue un des éléments prédominants des gneiss à graphite
et pyrite décrits dans le premier chapitre. Elle cristallise en!petits cubes qui
peuvent parfois constituer des amas qui ne dépassent toutefois pas 5 cm d'épais-
seur sur 20 cm de longueur. Un autre mode de gisement a été rencontré dans les
gneiss migmatitiques sous forme de petits filonnets associés aux gros cristaux de
pyroxène recristallisés dans le matériel quartzo-feldspathique. La chalcopyrite,
plus rare; est associée parfois aux gneiss à graphite et pyrite sous forme dissé-
minée. Près de la rivière aux Ecorces, à l'extrémité sud du massif de monzonite,
un niveau paragneissique à petit grenat contenant une légère concentration de
chalcopyrite, pyrrhotine, bornite et pyrite a été dynamité. Les premiers résultats
ne furent pas, semble-t-il, très convaincants pour les prospecteurs qui abandon-
nèrent cet indice.
Magnétite et ilménite. Ces oxydes constituent l'essentiel des minéraux opaques
rencontrés en lame mince. Leur pourcentage ne dépasse que rarement 3 %. La
plus forte concentration a été rencontrée à l'Est du Lac en Croix, soit à l'intérieur
des migmatites hétérogènes oû la magnétite forme des petits amas massifs.
Nous avons également rencontré, à l'intérieur de la série para-
gneissique ceinturant le massif de monzonite, des petits filonnets, fortement ma-
gnétiques, perpendiculaires à la foliation, de quelques mm de largeur sur 3 à 10
cm de longueur.
Graphite. Il se rencontre surtout à l'intérieur des niveaux pyriteux, lesquels sont
intimement associés aux gneiss à grenat et sillimanite. La teneur en graphite
varie beaucoup mais dans les niveaux "schisteux", elle est assez élevée. Certains
plans de foliation comportent un enduit graphiteux leur donnant un aspect très
soyeux. Ces niveaux, dont l'épaisseur, relativement constante, est de l'ordre du
mètre, semblent être continus.
Ce graphite se rencontre également dans les quartzites et les
roches calco-silicatées à l'intérieur desquelles il est disséminé.
Sillimanite. A l'intérieur des gneiss à grenat et sillimanite, celle-ci peut consti-
tuer jusqu'à 20 % de la roche. Toutefois, aucun véritable gisement n'a été ren-
contré dans la région.
Quartz. Plusieurs niveaux de quartzites massifs ont été cartographies (voir
- 10 -
chapitre 1). Le plus souvent ces bancs contiennent malheureusement quelques
petits agrégats disséminés de feldspath et de graphite. Toutefois, le niveau af-
fleurant à l'Est du lac Joli pourrait conduire à une exploitation.
Micas. Un agrégat de biotite a été rencontré à l'intérieur de la charnière de la
structure ouest du lac de la Roche. Cette concentration de biotite avec diopside,
calcite, graphite est associée aux roches calco-silicatées. Le volume de cet
amas de biotite, en petites lamelles onduleuses, dont la couleur varie d'un brun
foncé à un jaune très pâle, n'a pu être déterminé de façon précise mais doit être
restreint uniquement à la charnière.
Calcaires cristallins. Il s'agit le plus souvent de roches calco-silicatées (voir
chapitre 1) dont l'épaisseur est trop faible pour envisager d'y installer des car-
rières.
Matériaux de construction. Le granite de Saint-Didace pourrait, dans la région,
être exploité mais en dehors de la grande zone faillée, orientée NE - SO. La
couleur chatoyante de ce granite est très appréciée à travers toute l'Amérique.
Deux carrières sont déjà en activité près de Saint-Alexis-des-Monts.
Sables et graviers. Plusieurs dépôts de sables et de graviers sont présents dans
le fond des grandes vallées drainées par les rivières, aux Ecorces et Mastigou-
che. On peut envisager de les exploiter comme cela est la cas à quelques kilo-
mètres plus au Sud, à Saint-Gabriel-de-Brandon, où d'immenses gravières sont
en pleine activité.
CHAPITRE II
ETUDE .MINERALOGIQUE ET PETROGRAPHIQUE
2.0. INTRODUCTION
2.1. LA SERIE PARAGNEISSIQUE
2.2. LE COMPLEXE MIGMATITIQUE
2. 3. LES ROCHES ERUPTIVES
2.4. LES ROCHES CATACLASTIQUES
- 12 -
2. 0. INTRODUCTION
Pour présenter les différentes formations constitutives du substra-
tum cristallin du quart nord est de la feuille de Saint-Gabriel-de-Brandon, nous
avons jugé bon de distinguer les quatre grands ensembles suivants :
1. Série paragneissique. Il s'agit en fait, de roches cristallophyllien -
nes très variées du point de vue pétrographique puisque y ont été rassemblés di-
verses catégories de gneiss, des leptites, des leptynites, des quartzites; des for-
mations carbonatées et des roches basiques. Toutefois, ces divers facies étant
étroitement associés les uns aux autres, et présentant les paragenèses d'un même
facies métamorphique, ils constituent de la sorte les termes d'une même série
c ris tallophylli enn e.
2. Les migmatites. Il s'agit d'un ensemble qui, nous le verrons, est
très individualisé des points de vue géographique, pétrographique et structural.
3. Les roches éruptives. Elles comprennent essentiellement le granite
de Saint-Didace et des roches mangéritiques. Très accessoirement on a également
quelques filons de diabase.
4. Les roches cataclastiques. Il a paru utile de consacrer un paragra-
phe spécial aux roches qui jalonnent un important réseau de fractures dans la par-
tie sud est de notre terrain.
2.1. LA SERIE PARAGNEISSIQUE
2. 1. 0. INTRODUCTION
Comme il a été dit dans le paragraphe précédent, on a rassemblé, sous
l'appellation de série paragneissique, des types très variés de schistes cristallins
dont les caractéristiques essentielles sont de présenter le même grade métamorphi-
que et d'être étroitement interstratifiés. Mais il faut préciser tout de suite que
l'adjectif "paragneissique" n'est pas parfaitement approprié. En effet, s'il est très
vraisemblable que la majorité de ces roches cristallophylliennes a une origine sédi-
mentaire, par contre, certaines d'entre elles dérivent probablement, comme nous
le verrons dans le chapitre pétrogénétique, de formations éruptives. Toutefois,
ces dernières s'étant mises en place durant l'épisode sédimentaire initial, il est
difficile de les traiter à part et d'en faire une entité propre. En outre, aucun terme
suffisamment général ne nous a paru convenir. On aurait pu évidemment, comme
ont l'habitude de le faire les pétrographes français, individualiser cet ensemble
de schistes cristallins d'origine variée sous l'appellation de "groupe cristallophyl-
lien", par exemple du Lac Joli ; mais cette expression, proposée par J. JUNG et
M, ROQUES (1952), n'est pas utilisée au Canada où elle pourrait prêter à confusion.
- 13 -
2.1.1. LES GNEISS A GRENAT ET A SILLIMANITE
2.1.1. 1. Mode de _gisement
Ces gneiss alumineux sont caractéristiques de la série de Grenville.
Pour la région, ils occupent approximativement un tiers de sa superficie. Bien
que leur composition soit variable, ils constituent d'excellents niveaux repères
du point de vue stratigraphique et structural. A l'affleurement leur couleur est
fréquemment rouille mais quand la teneur en quartz augmente, ils deviennent gri-
sâtres. Leur surface est rugueuse et parsemée d'alvéoles qui représentent les
'moules internes" de grenats dont la taille peut atteindre 2 cm de diamètre. Sou-
vent la partie superficielle est friable. En cassure frafche, leur couleur est va-
riable mais en général, elle est gris sombre avec des taches violacées qui cor-
respondent aux grenats. On voit aussi fréquemment des fibres de sillimanite bleu-
tées, de 1 à 2 cm de long. Ces fibres épousentla forme des grenats ce qui donne
à la roche un aspect fluidal. La taille des grains est en général moyenne (1 à Z
mm) à l'exception des grenats qui peuvent atteindre 2 cm.
Ces gneiss constituent le plus souvent des bancs relativement massifs
oû l'on peut toutefois déceler une foliation fruste du fait de petits niveaux, paral-
lèles entre eux, riches en grenat et sillimanite. Dans certains cas, on observe
également la présence de petits horizons de quartzites qui peuvent atteindre 1 m
d'épaisseur et qui traduisent l'ancien litage.
La puissance réelle des principaux horizons de gneiss à grenat et à
,llimanite est difficile à chiffrer car ils ont subi plusieurs phases tectoniques
successives. Toutefois, en rive gauche de la rivière Mastigouche, leur épaisseur
a pu être mesurée et est en moyenne de 75 m. Par ailleurs, au sein de certains
bancs de leptites, on a pu observer de minces niveaux de gneiss alumineux de
2 m d'épaisseur.
L'étude minutieuse des affleurements de ces gneiss permet d'y déce-
ler les traces des déformations et des recristallisations successives qu'ils ont
subies. Par exemple on peut observer des charnières de plis décimétriques maté-
rialisés soit par de petits niveaux plus grenatifères soit, le plus souvent, par de
minces bancs (1 à 2 cm) de quartzites interstratifiés. L'altération différentielle fait
ressortir ces structures (fig. 1 de la Pl. 4).
2. 1. 1. 2. Etude microscopique
La structure.
Le fond montre une structure granoblastique. Il s'y détache des por-
phyroblastes de grenat à inclusions poecilitiques. Le quartz tend, par-
fois, à devenir lenticulaire, "granulitique".
- 14 -
QUARTZITES
.01111111.11111101111,
Fig. 1. Altération différentielle d'un niveau centimétrique de quartzite
â l'intérieur d'un banc de gneiss â grenat et sillimanite â folia-
tion fruste. (100 m au Sud du lac Joli).
Lame 28-16 Lame 40-10
Fig. 2. Grenat â structure diablas- Fig. 3, Développement secondaire
tique. (L. N. x 3 5 ). d'aiguilles de sillimanite
dans un grenat. (L. P. x 35
Planche 4
- 15 -
Pourcentage volumétrique
Il a été calculé sur 3 échantillons particulièrement représentatifs:
G-26-21 G-28-17 G-40-10
quartz 58 % 55 % 50 %
feldspath potassique 8 20 3
plagioclase 5 4 <1
biotite <1 1 2
grenat 2 6 21
sillimanite 20 11 20
sphène - - 1
oxydes de fer 4 <1 2
Le facies malgachitique
Les échantillons de gneiss à grenat et sillimanite prélevés à proximité de
la surface montrent le facies malgachitique (A. LACROIX, 1922) : couleur
jaune cassonade à brun chamois du quartz et des feldspaths. En lame min-
ce, tous les minéraux sont parcourus ou encerclés par de très nombreux
filaments de couleur orange. Rappelons qu'il s'agit, d'après J. ORLIAC
(1957), d'un hydrate ferrique qui provient de l'oxydation, par des agents
météoriques, d'un hydrate ferreux primaire incolore.
Le quartz.: Son pourcentage dépasse, en général, 50 % mais, dans certains niveaux,
il n'atteint que 20 %. Il forme des plages à extinction roulante soit "granuli-
tiques" (8 mm), soit amiboi'des (2 à 3 mm) ; ou bien il se présente en cristaux
très fins de recristallisation. On le trouve également en inclusions dans
le grenat et la biotite. Il renferme très fréquemment des inclusions acicu-
laires de rutile.
Le feldspath potassique : 1.1 s'agit de microcline perthitique en plages de taille
moyenne (4 mm) mais parfois d'allure porphyroblastique (1 cm). Ces der-
nières sont cataclastiques. Les macles quadrillées caractéristiques
- 16 -
peuvent être très nettes mais parfois elles se fondent pour donner un moi-
rage. Entre les porphyroblastes, on a une mésostase faite de feldspath po-
tassique et de quartz disposés en mosai'que.
Le plagioclase.: Say proportion est en général faible : entre 1 et 7 %. Sa composi-
tion varie de An20 â An44 mais la plus courante est celle d'une andésine
An36. Les plages sont maclées (albite-ala ou albite). Certaines d'entre
elles, xénomorphes, sont en inclusions dans les grenats.
Le grenat.: Sa taille est variable mais, dans la région du lac Déligny, elle peut
atteindre 2, 5 cm de diamètre. Il est souvent disposé en rubans dans le plan
de la foliation. Il est toujours poecilitique (fig. 2 de la Pl. 4); les inclu-
sions les plus fréquentes sont : quartz, feldspath potassique et plagioclase.
Sur ses bordures la sillimanite tend â l'envelopper ou à le pénétrer par
des golfes.
La sillimanite.: Son pourcentage varie entre 10 et 20 %. Elle donne essentielle-
ment des plages automorphes d'allure prismatique. Les sections perpen-
diculaires â l'allongement (001) sont losangiques et montrent un clivage
(010) très net. La mesure de son 2V a donné, par rapport â Ng, des va-
leurs comprises entre 25° et 28; 5.
Elle tend â se concentrer autour des grenats. A l'intérieur de ceux-ci,
on peut également voir des amas de fibres de sillimanite secondaire
(fig. 3 et 4).
Sur le terrain quelques mesures de l'orientation de l'axe ckde$ lirismes...ont
été pratiquées. En moyenne ceux-ci sont orientés suivant une direction
comprise entre N-S et NO-SE. Le nombre de mesures est toutefois trop
réduit pour en tirer des conclusions d'ordre structural.
La biotite,: Son pourcentage est de l'ordre de 1 â 6 %. Les plages sont fortement
pléochrolques : d'un rouge brun selon Ng â un brun jaunâtre pâle selon Np.
Elles sont disposées parallèlement â la foliation mais elles paraissent
concentrées sur le pourtour des grenats.
Les minéraux accessoires sont les suivants : oxydes de fer, graphite en petites
paillettes parfois dentritiques, apatite, rutile en inclusions dans le quartz,
• sphène, zircon. Enfin, dans certaines plages de plagioclase altéré, ont
été observés quelques grains de clinozoi'site.
17
2.1.2. LES GNEISS A BIOTITE ET GRENAT
2. 1.2. 1. Mode de gisement
Ces roches forment des niveaux parfaitement interstratifiés dans les
gneiss à grenat et sillimanite, au sein desquels il est souvent difficile de les dis-
mer. Parfois ils renferment des passées plus riches en biotite.
Les principaux affleurements se situent àl'Ouest du territoire. Ainsi
en bordure nord du lac en Croix, on a un banc de quelques mètres de puissance
et près de la rivière Mastigouche, on en observe un autre dont l'épaisseur est de
l'ordre de 3 à 4 m. Ce dernier surmonte, de façon apparemment concordante, le
complexe migmatitique occidental.
A l'affleurement ces gneiss ont un aspect très micacé et se débitent
en minces feuillets. Les surfaces altérées sont gris sombre à gris pale. En cas-
sure franche les grenats, légèrement violacés, se détachent sur un fond blanc à
grisatre.
En moyenne ces gneiss sont plus riches en feldspath et biotite que les
gneiss à sillimanite associés. Les feldspaths, qui peuvent constituer le tiers de la
,che, se disposent bien souvent en petits lits parallèles à la foliation.
2. 1. 2, 2. Etudel micrbsco_pig_û.e
L'analyse modale a été pratiquée sur deux échantillons représentatifs
G-34-3a G-37-3a
quartz 24 % 12 %
plagioclase 21 4
feldspath potassique 9 28
biotite 24 33
grenat 19 19
minerai <1 1
sphène trace trace
apatite -- trace
zircon trace trace
- 18
La structure est granolépidbblastique.
Le quartz se présente en plages soit "granulitiques", soit interlobées, le plus
souvent â extinction roulante. Sa proportion varie considérablement
(24 et 12 %). Il renferme quelquefois des aiguilles de rutile.
Le plagioclase,: Sa proportion est variable (21 et 4 %) mais en moyenne il parait
plus abondant que dans les niveaux â sillimanite. Deux types semblent
coexister :
- oligoclase An 22 - An 25,
- andésine An 33 - An 49.
Ils sont légèrement séricitisés et sont parfois antiperthitiques. Les
macles, du type albite, sont parfois fusiformes et légèrement tordues.
Le feldspath potassique: se présente sous deux formes : un microcline perthitique,
avec un moirage caractéristique, et une microperthite (orthose ?) sans
les .macres fines albite-péricline.
Par place, il est très fracturé et le long des cassures l'altération pénè-
tre dans les cristaux.
La biotite : forme de petits bâtonnets disposés dans le plan de foliation ou autour
des grenats qu'elle moule. Son pléochroi'sme est très prononcé : brun
rouge vif selon Ng, â brun jaune paille selon Np. Sa teneur en titane
est donc vraisemblablement forte. Certaines plages, surtout celles
en inclusions dans les grenats, sont bordées par une frange noiratre
d'oxydes métalliques ; d'autres présentent un début de chloritisation.
On peut noter également que les plages en inclusions dans les grenats
sont parallèles â la foliation.
Le grenat : peut atteindre 1 cm de diamètre. Il renferme des inclusions poecili-
tiques de nature variée : surtout biotite, plus rarement quartz. Com-
me l'indique l'analyse donnée page 10911 s'agit de pyrope-almandin.
On note que la plupart des plages sont légèrement ovoi'des et locale)-1
ment déchiquetées, ce qui donne â penser qu'elles ont subi une rota-
tion. (Voir fig. 5 Pl. 5).
Parmi les minéraux accessoires, le graphite est toujours présent
mais il n'excède pas 1 %. Il forme des plages disposées parallèle-
ment â celles de la biotite. Zircon, sphène, apatite sont parfois
présents.
A l'intérieur de ces roches, il est possible qu'il existe de la cordié-
rite (?) mais sa présence n'a pu être décelée avec certitude. Seules
quelques plages qui font penser â de la pinnite ont été observées dans
un échantillon prélevé en bordure du lac en Croix.
- 19 -
Lame 26-21 Lame 10-7a
Fig. 4. Concentration de sillima- Fig. 5. Déviation du quartz granuliti-
nite prismatique et dévelop- que autour d'un grenat ovoitle
pement interstitiel d'oxydes ayant subi une rbtatign.
métalliques. (L. N. x 35 (L. P. x 35
Fig. 6. Banc de quartzite massif oû l'on peut voir un certain rubanement causé
par une concentration de minéraux plus feldspathiques (1 km â l'Est du
lac Joli)
Planche 5
- 20 -
2. 1. 3. LES GNEISS A GRAPHITE ET. PYRITE
2. 1. 3. 1. Mode de gisement
En association avec les roches carbonatées, on rencontre parfois des
petits niveaux de gneiss à graphite et pyrite dont l'épaisseur maximale est de l'or-
dre de 5 à 6 m, par exemple près de la rivière aux Ecorces. A cet endroit, il a pu
être suivi sur une distance de 100 m. Au-delà, il subsiste sous forme de xénolithes
au sein du massif de monzonite du lac Sacacomie qui présente en bordure une folia-
tion parallèle à ces gneiss.
Au Sud, sur le flanc est de la structure du lac de la Roche, un niveau
de 2 m de puissance a été observé en quelques points sur une distance de 1 km. Il
apparaît qu'il s'agit, dans les deux cas, d'un niveau stratigraphique qui n'a toute-
fois pas l'extension ni la puissance suffisantes pour servir de banc repère ou pour
constituer une unité cartographiable.
Ces gneiss sont associés d'une part à des roches carbonatées, d'autre
part à des gneiss à grenat. Au contact de ces derniers , les niveaux graphiteux et
pyriteux peuvent s'enrichir en grenat.
A l'affleurement les surfaces altérées sont rouge brun à jaune rouille.
En cassure, apparaît une teinte blanchâtre dominante. L'altération est intense et
rend difficile l'échantillonnage. Sous le choc du marteau, une odeur sulfurée se
dégage. Elle est due à l'altération de la pyrite qui est également à l'origine de la
couleur rouille de la roche et de sa faible cohérence.
[Link]. Minéralogie
Il n'a pas été possible de tailler de lame mince dans ce type de roche.
A la loupe on reconnaît : quartz. étiré, feldspath, pyroxène verdatre (diopside ?),
graphite, pyrite.
2. 1.4. LES QUARTZITES
[Link]. Mode de gisement
La région étudiée est parcourue par. de très nombreux bancs de quart-
zites massifs. Les types en sont variés. Ils forment d'excellents niveaux repères
et soulignent très bien les structures. Parfois au sein des gneiss à grenat, ils
sont boudinés. Ils ont été particulièrement bien étudiés dans trois secteurs.
A) Au Nord Est, près de la rivière aux Ecorces, on a de petits niveaux
de 5 à 10 cm de puissance alternant avec des gneiss à biotite et à grenat. Il s'agit
de séquences rythmiques.
- 2,1 -
B) Plus au Sud, soit à 1 km à l'Est du lac Joli, on a deux gros bancs
massifs de quartzites qui forment de petites crêtes. Leur épaisseur varie de 5 à
7 m. Chaque banc est constitué par une alternance de niveaux feldspathiques de cou-
,
Ir blanche ocre et de niveaux franchement quartzitiques d'un blanc ,bleuté vitreux
kiig. 6 P1. 5). Il a été possible de suivre ces bancs sur une distance de près de
2 km : depuis le lac Gertrude, où ils sont découpés et décrochés par un système
de failles, jusqu'à l'Ouest du lac à la Truite, où ils sont boudinés, étirés, et pa-
raissent avoir été localement "digérés" par la mangérite. Par contre en d'autres
points de ce secteur, il est fréquent de voir un banc de quartzite en contact direct
et concordant avec un niveau de gneiss mangéritique.
C) Au coeur de la structure du lac Joli, on rencontre un banc de quart-
zite de 2, 50 m à 3 m de puissance qui se rattache peut-être à l'ensemble précédent.
j qu'ê. l'intérieur du grand antiforme, situé à l'Ouest de la ré-
gion, Sa couleur est variable : brun chamois au coeur de l'antiforme ou gris bleu-
té dans sa partie orientale.
2. 1. 4. 2. Caractères microsco2imes
Les différentes lames minces de quartzite montrent des structures
isogranulaires.
Le quartz : est le principal constituant. Il représente en moyenne 95 % de la ro-
che. Il donne des plages amiboi'des ; dans certaines d'entre elles, on
a observé la présence de nombreuses inclusions aciculaires qui pour-
raient être des aiguilles de rutile.
Le plagioclase : est soit présent soit absent selon que l'on s'approche ou que l'on
s'éloigne des niveaux feldspathiques signalés dans les quartzites du
lac Joli. Il s'agit essentiellement d'oligoclase qui est parfois sérici-
tisé. Ces petits niveaux plagioclasiques sont parallèles à la foliation.
Le feldspath potassique ne s'observe qu'en association avec le plagioclase, Il
s'agit de perthite dont les plages sont granoblastiques.
Les minéraux secondaires sont par ordre d'importance décroissante :
Le grenat dont le pourcentage peut être compris entre 5 et 10 % dans les quartzi-
tes impurs. Quand sa proportion excède 10 %, on a un gneiss à gre-
nat très siliceux lequel peut passer progressivement à un véritable
gneiss à grenat.
Biotite, graphite, zircon et sphène peuvent se rencontrer à titre accessoire.
- 22 -
2. 1. 5. LES FORMATIONS CARBONATEES
2. 1. 5. 1. Nomenclature des roches métamorp_hiq_ues calciques) calco-
majnésiennes et silico-magnésiennes
La dénomination des roches métamorphiques riches en C aO ou en
CaO + MgO est délicate en raison de la grande variété des roches sédimentaires
originelles qui renferment ces éléments, et, d'autre part, des hypothèses émises
sur leur recristallisation.
2. 1. 5. 1. 1.....
Nature de la roche initiale
..... ..........
Les roches sédimentaires carbonatées sont excessivement variées du
fait qu'elles peuvent renfermer en proportions variables, à coté des minéraux
carbonatés (calcite, dolomite, giobertite, sidérose, ... ), du quartz, des miné-
raux argileux, etc. Il s'ensuit que les paragenéses des roches métamorphiques,
qui dériveront de ces divers facies, seront extrêmement variées, d'autant que
les conditions thermo-dynamiques régnant lors des recristallisations peuvent
être plus ou moins élevées. Or il n'existe pas de terme spécifique pour désigner
les équivalents métamorphiques pour les différents facies des calcaires argileux
ou gréseux ou dolomitiques, les dolomies pures, argileuses, gréseuses, etc. De
plus, il est possible que certaines roches sédimentaires carbonatées, renfermant,
outre la calcite et la dolomite, certaines proportions de SI02, A1203, FeO, don-
nent, à la suite d'un métamorphisme général suffisamment intense, une roche où
ne subsiste plus de carbonate. Par exemple une pyroxénite â diopside, plagiocla-
se, amphibole, peut se former à partir d'un calcaire argilo-gréseux sous les con-
ditions du facies amphibolite-almandin (B. 2. 3. de H. WINKLER) dans la mesure,
bien sûr, oû la phase gazeuse CO2 a pu s'échapper.
Une telle roche ne peut donc pas, malgré son origine, être considérée
comme une roche métamorphique carbonatée. Le terme à lui appliquer serait, se-
lon les auteurs : une pyroxénite, une roche calco-silicatée, une tactite ou enfin
un skarn.
2. 1. 5. 1. 2. Processus de recristallisation
Les roches métamorphiques riches en silicates calciques (diopside,
grenats calciques), avec ou sans calcite, sont considérées par beaucoup d'auteurs
comme'ne pouvant résulter que de l'intervention de phénomènes métasomatiques.
De telles roches sont alors rangées dans la catégorie des skarns, terme qui impli-
que, dans son acceptation initiale, des apports d'éléments par des processus hydro-
thermaux, ou pneumatolytiques ou sous forme ionique. Mais si effectivement le
gisement de telles roches, au contact par exemple de granites intrusifs, rend par-
faitement plausible cette hypothèse, il n'en est pas de même pour des roches mi-
néralogiquement semblables, qui se trouvent associées à des roches carbonatées
au sein de nombreuses séries cristallophylliennes, en dehors de toute présence
- 23 -
de massif intrusif, Or de telles roches riches en silicates calciques sont souvent,
néanmoins, appelées skarns.
Ceci semble le cas en particulier au Canada dû un skarn désigne une ro-
che métamorphique riche en silicates calciques avec ou sans calcite et ne sous-
entend pas automatiquement l'intervention de processus métasomatiques. Même si
cette façon de faire peut évidemment être critiquée, en éliminant le sens génétique
initial donné au terme de skarn, on peut faire les remarques suivantes :
- si des auteurs ont cru bon d'utiliser ce terme de façon purement des-
criptive, c'est qu'il n'y en avait pas d'autre plus satisfaisant ;
- il est courant, dans la littérature pétrographique, de voir des termes
perdre le sens génétique qu'ils avaient initialement d'autant que, bien
souvent, l'hypothèse génétique donnée par l'inventeur du terme peut
être controversée.
En définitive, nous utiliserons dans ce travail le terme de skarn car
son emploi est pratique et courant au Canada et parce que son sens génétique ini-
tial a disparu dans beaucoup de cas. Nous le réserverons ici à des roches dont le
pourcentage en calcite est très faible, voire nul, et dont, par contre, celui en sili-
cates calciques est très élévé.
Quant aux roches oû la proportion de calcite est supérieure à 25 % mais
inférieure à 50 %, nous les rangerons dans la catégorie des roches calco-silicatées.
Il est difficile, en effet, de parler de calcaires cristallins ou de marbres pour des
roches semblables. Ces derniers termes pourraient être réservés à des roches
contenant au minimum soit 50 %, soit 75 % de minéraux carbonatés.
2. 1. 5. 2. Les roches calco-silicatées
2..1. 5.2..1.. Mode de gisement
Il s'agit de roches très friables de couleur grisàtre à brun pale en sur-
face altérée. En cassure franche, difficile à obtenir, dans un fond granuleux de
couleur blanchatre, se détachent des agglomérats de pyroxène vert sombre. L'épais-
seur des bancs est variable mais, en général, elle est faible : de l'ordre de 1 à
2 m, De la sorte et en raison aussi de leur dissolution facile, ces minéraux calcai-
res sont difficles à déceler et à suivre en direction. Toutefois, les gneiss associés
sont souvent recouverts d'une pellicule carbonatée blanchatre, ce qui laisse soup-
çonner leur présence.
Au sein de ces bancs calco-silicatés, d'aspect massif, s'observent
d'une part des amas lenticulaires plus sombres de pyroxénite et d'autre part des
petits niveaux très riches en quartz. Ces derniers reflètent vraisemblablement
— 24 —
un ancien épisode sédimentaire siliceux (niveau détritique ? ). Par ailleurs, ces
bancs ont fréquemment une texture fluidale ou bien sont boudinés et affectés de mir
croplis. Parfois ils se concentrent dans les charnières de plis disharmoniques.
Du point de vue cartographique, ils ont surtout été suivis, dans la par-
tie sud ouest, au sein des paragneiss près de la rivière Mastigouche ainsi que dans
la grande structure du lac de la Roche.
Un autre niveau, reconnu par PHILPOTTS (1962) et DIMROTH (1963),
affleure à proximité du massif monzonitique situé auNord Est, dont il épouse le
contour.
Le raccordement entre ces deux niveaux n'a pu être établi en raison du
manque d'affleurements au Sud du Club Bonneterre. Toutefois, compte tenu de la
nature semblable des facies qui leur sont respectivement associés, il est très proba-
ble qu'il s'agisse d'un même horizon. Le raccordement s'effectuerait par une char-
nière très serrée â proximité de la rivière aux Ecorces (?).
2. 1. 5. 2. 2. Etude microscopique
La. structure est granoblastique, du type polygonal ou'interlobée
A 8 C
Fig..7. Nomenclature des structures grano-
blastiques (d'après A. BERTHELSEN,
1960, p. 24).
A : polygonale
B : interlobée
C : amiboi'de
Les pourcentages volumétriques mesurés sur deux échantillons
sont les suivants :
- 25 -
G-37-3c G-47-9a
calcite 36 % 28 %
clinopyroxène 29 42
scapolite 18 20
quartz 12 --
sphène 3 4
apatite 1 trace
biotite trace , trace
rutile trace --
minéraux opaques 1 2
clinozoi'site trace 1%
La calcite d'après les comptages de points effectués, apparaît en proportion re-
lativement faible mais cette dernière varie très fortement d'un point
à un autre du même affleurement. Elle forme des cristaux automor-
phes de l'ordre du millimètre, avec des macles polysynthétiques très
nettes.
Le clinopyroxène.. Il s'agit de diopside vert pâle à faible pléochrol'sme, en plages
subautomorphes de 1 à 3 mm qui s'agglomèrent pour former de petits
amas. Il renferme parfois des inclusions poecilitiques de scapolite.
En outre, il parait localement être transformé en biotite. Notons qu'à
l'affleurement ces petits amas vert foncé, du fait de l'altération diffé-
rentielle, forment saillie.
La scapolite se présente en petites plages formant une mosai'que. Parfois elle
renferme des inclusions de quartz.
Le quartz, en petites plages presque toujours à extinction roulante et parfois lé-
gèrement étirées et amiboi'des.
La biotite peu abondante parait s'être développée au détriment du diopside.
Les minéraux accessoires sont nombreux : le sphène est le plus abondant ; il se
présente sous sa forme en "chapeau de gendarme" ; l'apatite est pres -
- 26 -
que toujours présente en petits cristaux trapus parfois en inclusions
dans le quartz ; le graphite en petits batonnets pouvant atteindre 0, 5 cm
de long, se dispose entre les grains de calcite. Enfin on voit de rares
aiguilles de rutile dans les cristaux de quartz ou de biotite.
2. 1. 5, 3. Les skarns
2. 1. 5. 3. 1. Mode de gisement
Il s'agit de roches composées presque uniquement de pyroxène (diopsi-
de) associées étroitement aux formations carbonatées décrites dans le paragraphe
précédent. Leur importance volumétrique est insuffisante pour constituer une uni-
té cartographiable. Il s'agit d'amas concordants d'une puissance maximale de 2 à
3 m, disséminés de façon irrégulière mais qui paraissent se rencontrer de préfé-
rence près des charnières des plis de grande ou de moyenne amplitude.
A l'affleurement leur texture est massive, leur composition apparat
homogène, leur couleur est vert foncé et le grain varie de moyen à fin.
2. 1. 5. 3. 2. Etude microscopique
La structure est granoblastique du type polygonal. Du point de vue mi-
néralogique, il s'agit d'une roche anchimonominérale, constituée à plus de 95 %
par un clinopyroxène de la série diopside-hédenbergite. Ses caractères optiques
sont les suivants :
2V Z = 60 à 66°
Z C = 37 à 44 °.
Le pléochrorsme assez faible varie de jaune verdâtre (Ng) à vert pomme (Nm) et
à incolore (Np).
Le plagioclase, dont le pourcentage volumétrique est inférieur à 1 %, n'a pu être
déterminé car il est souvent altéré en séricite. Certaines plages sont
maclées.
L'amphibole présente seulement dans certaines lames est une hornblende dont le
pléochrorsme varie de vert à jaune pale. Elle parait se développer aux
dépens du pyroxène.
La scapolite, quand elle est présente, a tendance à former de petits amas. Ses pla-
ges sont très franches et ne paraissent pas s'être développées aux dépens!
du plagioclase. Elle est donc vraisemblablement primaire.
La c:alcitegeut êtres oit présente, soit;absente selon Ti'.il,s"ag'itd'échantillons pris dans
la zone de passage entre skarn et roche calco-silicatée ou à l'intérieur
de l'amas de skarn. Dans ce cas son pourcentage n'excède pas 1 Vo.
- 27 -
Parmi les minéraux accessoires il faut surtout citer le sphène assez régulière-
ment réparti, un peu d'apatite et quelques plages de quartz.
2.1. 6. LES GNEISS A BIOTITE ET AMPHIBOLE
2. 1. 6. 1. Mode de g_is eurent
Bien que ce type de gneiss soit associé aux leptites, il a paru préféra-
de le traiter dans la rubrique des gneiss. Ils forment, dans toute,la région étudiée,
de très nombreux bancs disséminés. Leur épaisseur est comprise, en général, en-
tre 15 et 20 m. Dans la majorité des cas leur foliation est très nette et marquée
par une alternance de niveaux de 2 â 5 cm d'épaisseur, les uns presque unique-
ment composés de biotite et d'amphibole, les autres de quartz et feldspath avec de
rares minéraux mafiques.
La taille des grains est, en général, moyenne â fine. A l'affleurement,
la patine est gris blanchâtre et les cassures franches sont grises, légèrement ver-
dâtres.
2. 1. 6. 2. Etude microscopicale
Pourcentage volumétrique : comme le montrent les résultats de 5 compta-
ges de points, les proportions des minéraux sont très variables : celle des miné-
raux felsiques varie de 64 â 95 % et celle des minéraux mafiques de 2 â 20 %.
La structure est granoblastique, les grains étant équidimentionnels.
L'alternance des niveaux felsiques et mafiques, notée â l'affleurement, n'a pas
été observée en lame mince en raison de la différence d'échelle.
G-38-2 G-31-18 G-30-15 G-28-35 G-28-11-B
quartz 21 % 40: % 10 5 31 Ja 28 6
feldspath 53 44 40 50 49
plagioclase 20 11 14 16 15
biotite 1 1 15 1 3
amphibole 2 1 5; 1 1
pyroxène trace - - - 1
minerai 1 1 10 1 1
apatite 1 1 3 trace <1
zircon trace trace trace trace -
- 28 -
Le quartz se présente soit en plages interlobées, soit en amas lenticulaires poly-
cristallins plus ou moins "granulitiques". Son extinction est franche.
Quelques inclusions aciculaires de rutile s'observent ainsi que des grains
d' ap atit e.
Le plagioclase est un oligoclase An 20 - An 28, comme dans les leptites auxquelles
les gneiss à biotite et amphibole sont associés. Il est maclé albite-pé-
ricline. Certaines macles sont fusiformes. Les plages sont, en géné-
ral, frarches mais certaines montrent un début de séricitisation. Au
contact du feldspath se développent parfois des associations myrmékiti-
ques. Notons enfin qu'on rencontre également du plagioclase à l'inté-
rieur des mésoperthites et qu'il peut former jusqu'à 20 % de certai-
nes perthites en flammèches (fig. 8 Pl. 6).
Le feldspath potassique, très abondant dans ce type de roche (jusqu'à 53 %) est
représenté surtout par un microcline perthitique avec son fin quadrill
lage des macles albite-péricline caractéristique.' D'autres plages non
maclées mais également perthitiques, paraissent être de l'orthose
(par comparaison avec l'orthose identifiée dans les gneiss à pyroxène).
Ces feldspaths potassiques ont tendance à se rassembler , en petits.:
niveaux parallèles à la foliation. Certaines plages sont étirées parai'.
lèlement à l'allongement des amas lenticulaires de quartz (fig. 9
P1. 6). Par endroits, on observe dans les cassures des filaments
jaunâtres caractéristiques du facies malgachitique.
La biotite en petits bâtonnets trapus, disposés dans le plan de foliation, repré-
sente, en général, de 1 à 3 % des constituants mais atteint parfois
15 %, Son pléochroïsme est prononcé : de brun rougeâtre à brun
jaunâtre très pâle.
L'amphibole est une hornblende verte en petites plages subautomorphes dispo-
sées en rubans et dont l'axe C définit une linéation. Elle parait, le
plus souvent, représenter le produit d'altération des pyroxènes.
Elle-même peut s'altérer le long des clivages en biotite.
Le pyroxène est soit absent, soit à l'état de traces. Il semble s'agir de clino-
pyroxène dont les caractères optiques le rapprochent de l'augite.
Mais il est toujours plus ou moins ouralitisé.
Les minéraux accessoires sont variés. Le plus fréquent est l'apatite qui peut
former jusqu'à 3 '% de la roche et qu'on rencontre en inclusions dans
le quartz ou le feldspath potassique. Les oxydes de fer qui peuvent
atteindre 10 %, mais qui ne représentent, en général, que 1 % des
lames, se localisent de préférence dans les golfes qui pénè trent
les amas lenticulaires de quartz,
— 29 —
Lame 28-11 B Lame 10-7 A
Fig. 8 . Perthites en "flammèches" Fig. 9. Porphyroblaste de feldspath
dans un gneiss à biotite et potassique "écrasé", ceinturé
amphibole. La partie claire à droite par un quartz granu-
du feldspath est le plagioclase. litique. Gneiss à biotite et
(L. P. x 100) amphibole. (L. P. x 3 5)
Lame 10-2
Fig. 10. Perthites en "gouttelettes" Fig. 11. Structure granulitique des
(au centre) et en "plumes" quartz dans une leptite.
(coin inférieur droit) dans (L. P. x 100)
une leptite. (L. P. x 100)
Planche 6
- 30 -
2,1„,7. LES GNEISS A PYROXENE
2. 1. 7. 1. Mode de gisement
Ce sont des roches associées aux gneiss à biotite et amphibole décrits
dans le chapitre précédent. Sur la carte, elles ont pu être individualisées, mais 1,
leurs limites sont parfois arbitraires car leur identification sur le terrain est,
dans certains cas, assez difficile. Il s'agit de niveaux massifs â grain fin pouvant
atteindre 20 m de puissance. Leur foliation n'est soulignée que par des trachées
de petits amas de pyroxène. Près du lac de la Roche, on a un banc d'une ving,tâine
de mètres de puissance situé prés du coeur du pli. Son passage aux gneiss à amphi-
bole et biotite associés se fait de façon progressive.
Les surfaces altérées montrent une couleur gris pâle à blanchâtre, les
pyroxènes étant recouverts d'un enduit rouille caractéristique. En cassure fraJche,
la couleur est bigarrée : brun pâle à vert jaune. Ce type d'altération et la colora-
tion des échantillons frais rappellent les roches charnockitiques. L'étude micros-
copique a confirmé d'une part la présence d'orthopyroxène et d'autre part l'existen-
ce de filaments caractéristiques du facies malgachitique.
2. 1. 7. 2. Etude microscopigue
La structure est granoblastique mais on voit se développer soit des grandes plages
de feldspath potassique, soit des amas lenticulaires plus ou moins
aplatis de quartz.
Pourcentage volumétrique: trois échantillons ont fait l'objet d'une analyse modale.
G-23-4a G-29-16 G-32-2
quartz 30 % 16 % 10 %
feldspath potassique 45 35 54
plagioclase 19 34 26
pyroxène 5 11 3
amphibole - trace -
biotite 1 2 1
minerai trace 2 3
apatite <1 trace 1
zircon trace " trace
sphène - 'a tt
- 31 -
G-23-4a G-29-16 G-32-2
COL:: 6 15 10
FELD : ' 70 51 68
SAT 32 19 11
Le quartz, entre 10 et 30 %, peut se présenter en plages interlobées ou bien en
amas lenticulaires de type granulitique, ou bien en inclusions circulai-
res dans le feldspath potassique. Son extinction est parfois onduleuse.
Les inclusions qu'il renferme sont surtout représentées par des aiguil-
les de rutile.
Le feldspath potassique est toujours abondant (de 45 à 54 %). Il s'agit, d'une part,
mais rarement, de microcline perthitique, et d'autre part d'une varié-
té également perthitique mais sans le fin quadrillage des macles albite-
péricline (la valeur de 2V mesuré indiquerait d'après la courbe de
Smith et Mc Kenzie, 1955, qu'il s'agirait d'orthose 7). Les perthites
sont de type en "plumes" ou en "gouttelettes" (fig. 10 Pl. 6).
Cette seconde variété tend à devenir parfois porphyroblastique :"yeux"
légèrement étirés, dans certains cas cataclastiques, entourés d'une
mosai'que équigranulaire de plagioclase et de feldspath potassique.
Le plagioclase, en plages de l'ordre du millimètre, a une composition assez constan-
te : An 24 à An 38, la plus courante étant An 28. Les macles en géné-
ral fines ou fusiformes sont soit simples (albite) soit combinées (albi-
te-péricline). Une frange myrmékitique se développe parfois au contact
du feldspath potassique. La séricitisation est peu fréquente et jamais
très développée.
Le pyroxène : le plus courant est de l'hyperstène (entre 40 et 50 % d'enstatite)
2V Np : 50° ; pléochrotsme prononcé (Ng : vert jaune, Nm : jaune
brunâtre, Np : jaune rosé).
Dans quelques lames, on a un clinopyroxène de la série diopside-héden-
bergite. Ces deux types de pyroxène donnent des sections subrectangu
laires ne dépassant pas 3mm et orientées â peu prèsparallèlement les
unes aux autres. Elles déterminent de la sorte une foliation.
L'amphibole, quand elle est présente, est une hornblende brun vert (pléochroi'sme
de vert brunâtre à vert bouteille). Le plus souvent, elle se forme par
ouralitisation des pyroxènes.
La biotite dont le pourcentage ne dépasse pas 2 % se présente en petites baguettes
disposées dans le plan defoliation. Elle possède un fort pléochroi'sme :
- 32 -
rouge brun à jaune paille.
Minéraux accessoires : apatite, sphéne, zircon, oxydes de fer : ceux-ci apparais-
sent surtout dans les niveaux enrichis en pyroxène.
2. 1. 8. LES LEPTITES ET LES LEPTYNITES
2. 1. 8. 0. Introduction
La série paragneissique de la région renferme de nombreux niveaux
de roches très leucocrates (très acides) qui sont le plus généralement interstrati:-:
fiées dans les gneiss à grenat et sillimanite.
D'après la littérature, il est difficile d'en donner une nomenclature
parfaitement satisfaisante. Nous ... appellerons ici leptites des roches constituées
par plus de 95 % de minéraux felsiques et qui ne renferment pas de grenat, et
leptynites des roches également très quartzo-feldspathiques mais dont le pour-
centage en minéraux blancs est inférieur à 95 % et oti le grenat est présent.
Dans ces deux types de roches, le quartz est "granulitique" c'est-à-dire
selon les auteurs, blastomylonitique ou en "platten structure" (fig. 11 Pl. 6).
Cet aspect structural du quartz n'étant pas propre, dans notre région,
à ce type de roche, nous pensons qu'il est préférable de ne pas utiliser le terme
de granulite d'autant plus que, d'une part, il peut prêter à confusion, et que,
d'autre part, on n'a pas rencontré certains des minéraux caractéristiques de la
granulite de Saxe, par exemple le disthène.
- 33 -
LES LEPTITES MASSIVES ET LES LEPTITES RUBANEES
Fig. 12 : banc de leptite massive oû la foliation ne peut être décelée que grace
aux minces niveaux d'amphibolites très plissées qui remplissent les
charnières (1 km à l'Est du lac Croche).
Fig. 13 : talcs d'épaisseur métrique de leptite massive (en bas et en haut) séparés
par un niveau de leptite rubanée très plissée (50 m au Nord du lac de
la Roche).
Fig. 14 : leptite finement rubanée avec des intercalations millimétriques d'amphi-
bolite (bordure nord du lac de la Roche).
Fig. 15 : rubanement < centimétrique d'amphibolite et de leptite plissées d'une
façon isoclinale (lac aux Visons).
- 34 -
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- 35 -
2. 1.8. 1. Les Leptites
2.,1. 8, 1..1.. Mode de gisement
Les leptites constituent une unité lithologique importante qui a pu
être cartographiée de façon assez précise et qui a constitué un excellent niveau re-
père.
Elles ont gté-rencontrées soit en bancs massifs très homogènes de 4 à
5 m de puissance (voir fig. 12 Pl, 7), soit en niveaux plus minces de 2 à 5 cm, sé-
parés les uns des autres par de minces couches d'amphibolites de 1 à 50 cm (lep-
tites rubanées).
Dans le premier cas, la foliation est fruste et un système de joints débi-
te les bancs en pavés. On voit se développer des "yeux" de feldspaths roses ainsi
que des lamelles de quartz pouvant atteindre 2 cm de long sur 1 mm d'épaisseur.
Dans le second cas, la foliation est nette du fait de la présence des ni-
veaux amphiboliques interstratifiés et de l'elcistence de quelques plages de biotite
parallèles au contact (fig. 13, 14, 15, Pl, 7).
Dans le chapitre consacré à la structure de la région, nous verrons
l'utilité présentée par ce second ensemble de "leptites rubanées". En effet les pe-
tits niveaux amphiboliques boudinés, déplacés, plissés ont permis de retracer la
suite des épisodes tectoniques.
A l'affleurement, ces deux types de leptites sont caractérisés aussi
bien en surface altérée, qu'en cassure franche, par une coloration rose ou blanc
rose.
2. 1. 8. 1, 2, Etude microscopique
La structure est caractérisée par une mésostase granoblastique dans laquelle se
développent, d'une part, des lamelles ou des lentilles de quartz, d'oh
l'aspect "granulitique", et, d'autre part, dans certains cas, des "yeux"
de feldspath potassique, d'oû l'aspect porphyroblastique,
Le pourcentage volumétrique a été calculé pour deux échantillons de leptites massives,
G-16-2 B G-27-9 B
m
quartz 38 % 47 %
feldspath potassique 47 43
plagioclase 14 8
oxydes de fer trace 1
biotite - trace
apatite trace -
zircon - trace
4.,,'..0,),\1•10 trace trace
I 1
- 36 -
G-16 2 B G-27-9 B
COL : 4. 1 2
FELD: 77 84
SAT . 62 92
Le quartz, toujours abondant, se présente essentiellement en lentilles polycristal-
lines très étirées pouvant atteindre 3 cm de long sur quelques millimè-
tres d'épaisseur (voir fig. 11 Pl, 6). Le rapport longueur sur largeur
varie, en. moyenne,. de 5/1 â 8/1. L'extinction roulante,, assez constan-
te, témoigne d'efforts tectoniques postérieurs â la cristallisation.
Par ailleurs, nous avons pu observer le passage d'un niveau pyroblas-
tique â un niveau â quartz granulitique : dans le premier, on a de gros
"yeux" de feldspath potassique et des quartz granoblastiques plus ou
moins isogranulaires ; au fur et â mesure qu'on se rapproche du se-
cond niveau, les quartz tendent â se"rassembler" en lentilles entre les-
quelles subsistent quelques porphyroblastes de feldspath potassique.
On a donc l'impression, ici, que l'apparition de la structure "granuli-
tique" s'est développée secondairement, au détriment d'une structure
porphyroblastique. On peut même envisager que le même processus
puisse s'effectuer aux dépens d'une structure granoblastique.
Signalons enfin que certaines plages de quartz renferment des inclu-
sions aciculaires de rutile.
Le feldspath potassique représente fréquemment plus de la moitié de la roche.
Il s'agit d'une part de microcline, avec ses macles caractéristiques,
et le plus souvent perthitique;> d'autre part d'orthose également per,-
thitique mais moins abondante. Leurs plages forment des assemblages
granoblastiques mais, dans certains facies, certaines d'entre elles
deviennent porphyroblastiques (leur diamètre ne dépassant pas toute-
fois 1 cm).
Le plagioclase est, en général, en faible proportion : respectivement 8 % et 14 %
pour les deux comptages de points effectués. Ce faible pourcentage se
manifeste très bien sur les surfaces frafches des roches traitées au
cobaltinitrite de sodium qui permet de voir le rassemblement des pla-
gioclases en petits "lits".
Il s'agit d'oligoclase entre An 22 et An 28. La macle de l'albite est
souvent présente, parfois associée à. celle du péricline, mais de nom-
breux individus ne sont pas maclés. Les franges myrmékitiques sont
- 37 -
assez courantes et des-inclusions de feldspath potassique s'observent
fréquemment.
La biotite, â l'état de trace, se dispose en fines paillettes orientées parallèlement
les unes aux autres et de la sorte soulignent une légère foliation. Dans
les fins niveaux de leptites associées aux amphibolites, les plages de
biotite, â orientation plus ou moins désordonnée, se concentrent dans
de petits niveaux privilégiés.
Son pleôchroi'sme est net : brun verdâtre â presque incolore. Elle est
parfois chloritisée.
Les minéraux accessoires sont les suivants : oxydes de fer, apatite, zircon et
sphène.
2.. 1. 8.2. Les leplynites
2. 1. 8. 2. 1, Mode de gisement
Les leptynites, que nous avons convenu de différencier des leptites en
raison de leur composition moins felsique et de la présence du grenat, ne consti-
tuent pas une unité cartographiable. On les rencontre surtout â l'intérieur de la
structure orientale du lac Joli oti elles forment un niveau massif qui peut attein-
dre trois mètres d'épaisseur au maximum. Comme les leptites, elles sont étroi-
tement associées aux gneiss â grenat et sillimanite. Leur contact avec ceux-ci est
net. Une lame mince taillée dans la zone de passage montre que sur une distance
de 1 cm la sillimanite et le grenat, disparaissent brutalement quand on va du gneiss
â la leptynite.
De même, les oxydes de fer, qui représentent un pourcentage relati-
vement important dans les gneiss, sont totalement absents dans la leptynite,
Il semble bien que de telles différences minéralogiques reflètent un
changement des conditions de la sédimentation originelle.
En surface altérée leur couleur passe d'un blanc laiteux â un rose
pâle. En raison de l'altération différentielle, les quartz étirés en lentilles for-
ment saillie, tandis que les grenats laissent des empreintes en creux.
Le grain de la roche est soit fin, soit moyen.
2. 1.8.2. 2. Etude mi c c o s c opi qu e
La structure est très proche de cellesdes leptites : fond granoblastique oû se
détachent les lentilles étirées de quartz.
Le pourcentage volumétrique a été calculé sur trois échantillons.
- 38 -
G-10-7 B G-14-1 B G-23-3B
quartz 22 % 30 % 32 %
feldspath potassique 55 38 32
plagioclase 16 26 23
grenat 7 5 12
oiotite - trace 1
minerai trace trace trace
zircon trace trace trace
apatite trace trace trace
sphène trace trace trace
COL 7 6 13
FELD : 78 59 58
SAT 31 47 58
Ces chiffres montrent que les leptynites sont moins riches en quartz
pue [Link] mais, par contre,, le pourcentage de plagioclase est plus
élevé. La teneur .ein felçïspathipotassique. e-sltivaxibble entre 32 et 55 %.
Le quartz se présente en plages lenticulaires à. extinction roulante, mais elles sont moins éti
rées que dans les leptites. Certaines d'entre elles moulebt les grenats et on a l'im-
pression que ceux-ci ont subi une rotation.
Le feldspath potassique est un microcline perthitique (inclusions en "plumes" ou en
"flammèches"), rarement bien maclé. Son pourcentage volumétrique est
très variable : le plus élevé se rencontrant dans les niveaux très roses.
Le plagioclase est particulièrement abondant dans les niveaux blanchatres (jusqu'à
26 %). Diverses mesures ont montré qu'il s'agissait d'un oligoclase à
An 23. Les macles, quand elles existent, sont fusiformes et de type
albite;'
Les grenats en grains xénomorphes, dont le diamètre ne dépasse que rarement
- 39 -
5 mm, sont, sur les échantillons frais, rouge violacé. Une telle colo-
ration semble indiquer qu'il s'agit d'un pyrope almandin.
Les plages sont poecilitiques : inclusions parfois nombreuses de quartz,
de feldspath potassique et, plus rarement, de plagioclase.
Notons, enfin, que ces plages de grenat apparaissent comme des frag-
ments d'individus plus volumineux, et s'alignent parallèlement aux len-
tilles de quartz.
que
Une telle disposition suggère/l'acquisition de la structure'granulitique"
est postérieure à la cristallisation des grenats et est due à des contrain-
tes d'ordre tectonique.
La biotite, quand elle est présente, est à l'état de trace. Elle forme de petites
lamelles très étirées disposées à proximité des lentilles de quartz.
Les minéraux accessoires sont identiques à ceux signalés dans les leptites : oxydes
de fer dont le pourcentage tend à augmenter au fur et à mesure que l'on
s'approche des gneiss alumineux, zircon, apatite, sphène.
2. 1. 9. LES ROCHES BASIQUES
Par analogie avec ce que l'on entend par "roches basiques" dans la ca-
tégorie des roches éruptives, les roches basiques incluses dans la série paragneis-
sique sont des roches constituées de feldspath essentiellement calco-sodique, de
pyroxène et d'amphibole. Le quartz est, soit absent, soit à une teneur inférieure à
10 %.
Compte tenu des proportions variables du plagioclase, du pyroxène et
de l'amphibole, on peut avoir plusieurs facies pétrographiques dans cet ensemble
basique. Le problème de leur nomenclature se pose donc là encore.
2. 1. 9. 1. Nomenclature
Il apparart d'abord que le critère minéralogique est le mieux adapté et
qu'il peut être utilisé isolément. Les données chimiques et géochimiques doivent
bien sûr être foutnies, dans la mesure du possible, mais elles permettent, essen-
tiellement, de connaftre l'origine des divers facies pétrographiques auxquels il
faut bien, au préalable, donner un nom.
Dans cette optique, nous avons confronté les classifications propo-
sées par A. BERTHELSEN (1960), R. T. CANNON (1963), P. GIRAUD (1964),
et J, MARTIGNOLE (1968), et nous en proposerons une synthèse.
— 40 —
Rappelons d'abord rapidement, les propositions faites par les au-
teurs cités supra :
A. BERTHELSEN (1960) crée, à côté des termes d'amphibolite et
de pyroxénite, ceux de pyribolite et de pyriclasite, en prenant en compte la va-
leur du rapport hornblende sur pyroxène.
f PYRIBOLITE ti
hbi
66/ 33
pyr 10% 33 500 66
PLAGIOCLASE
Fig. 16. Classification des roches à pyroxène -hornblende
et plagioclase d'après A. BERTHELSEN (1960).
R. T. CANNON (1963) propose d'appeler amphibolite s. lat. , toute
roche contenant au minimum 50 % d'amphibole et une amphibolite s. str., celle
contenant, à côté de 50 % d'amphibôle, un même pourcentage de plagioclase et
de quartz (une différence de 10 % étant tolérée). Si la roche renferme plus de
10 % de plagioclase par rapport au quartz on a une amphibolite à plagioclase, si
c'est l'inverse, une amphibolite quartzique.
P. GIRAUD (1964) pour les roches â caractères charnockitiques,
propose d'utiliser les indices crées par J. JUNG et R. BROUSSE (1959) pour
les roches éruptives.
Ces indices sont les suivants :
- indice de coloration = COL = 100 - (quartz + feldspath),
- indice de saturation = SAT = quartz x 100,
feldspat
- 41 -
feldspath alcalin
indice feldspathique = FELD = ------- x 100.
feldspath alcalin + plagio,
pyroxène
indice pyroxéno-amphibolique - x 100.
amph. +pyroxé ne
Dans la catégorie des roches feldspathiques (SAT entre 0 et 10)
P. GIRAUD distingue :
COL 0-90 et FELD 0-40 : plagioclasite (COL 0-20)
pyriclasite et
amphiclasite (COL 20-90)
et dans la catégorie des roches mélanocrates : COL 90-100 :
pyr. -amph. : 100- 60=pyroxénite
60-40=pyribolite
40-00=amphibolite.
Une telle classification utilisable méme pour les roches basiques ne
faisant pas partie d'une série charnockitique, peut être complétée par
un diagramme triangulaire : plagioclase-pyroxène-amphibole, pour
les roches dont:
SAT =0à10
FELD = 0 â 40.
Les valeurs des indices de coloration et pyroxéno-amphibolique peu-
vent également y être reportées.
Plag,
Plagioclasi te
40 80
Amph, Pyr
Indice Pyr..Amph.
Fig, 17. Diagramme de répartition des principaux types de roches
métamorphiques basiques, d'après la classification de
P. GIRAUD (1960). (Valable pour des roches dont SAT entre 0-10
et FELD " 0-40),
— 42 —
Planche 8
Plag.
Fig. 18. Diagramme de répartition
des principaux types de
roches métamorphiques
pyroxéno-amphibolitiques
(d' apré s J. MARTIGNOLE, 1968).
33/
Amph. 65 Pyr. + Biot.
Plag.
Fig. 19. Diagramme proposé pour
la répartition des principaux
types de roches métamor-
Plagioclosite
coI:30 phiques basiques. Valable pour
6. les roches dont :
0 C SAT 4. 10 et
4
pyriclasite 0 < F ELD <40.
Amphiclasite
colr10
Amphibolite Pyroxenite
Pyribol ite
40 SD
Amph. Pyr.
Indice Pyr.— Amph.
- 4' 3 -
J. MARTIGNOLE (1968) combine la classification de A. BERTHED -
SEN et celle de R. T. CANNON, en construisant un diagramme trian-
gulaire (fig. 18 Pl. 8) plagioclase-amphibole-pyroxène + biotite, où
les valeurs du rapport hbl. /pyr. et de l'indice de coloration délimi-
tent les champs de l'amphibolite, de la pyribolite et de la pyroxénite.
En définitive, nous proposons le diagramme triangulaire plagioclase-
amphibole-pyroxène (fig. 19 Pl. 8) au sein duquel les domaines des mêmes roches
sont délimités par les valeurs des indices de coloration et pyroxéno-amphibolique.
Au lieu de prendre en compte la valeur du rapport hbl. pyr, pour dé-
finir les champs des amphibolites, pyribolites et pyroxénites, il est tenu compte
de l'indice pyr. -amp, respectivement : 0-40, 40-60, 60-100, comme dans la
c assiuication de P. GIRAUD.
Mais cette dernière est modifiée afin de mieux "équilibrer" le diagram-
me : domaine des pl'agioclasites étendu,jusqu'l COL = 30, le domaine des amphibo-
lites, pyribolites, pyroxénites a été agrandi jusqu'à COL = 70.
Il est bien évident que de telles limites sont arbitraires mais le lec-
teur saura ce qu'il faudra entendre ultérieurement quand seront employés les
termes d'amphibolite, de pyriclasite, etc.
Rappelons que ce diagramme n'est valable que pour les roches dont :
SAT =0â10
FELD = 0-40.
Les indices de coloration et pyr. amp, sont calculés ici en rame-
nant le total" : plagioclase + pyroxène + amphibole â 100.
LES ROCHES BASIQUES
Fig. 20 : masse amphibolique parcourue par des veinules de plagioclase (lac de
la Roche).
Fig, 21 : aspect agmatitique d'une amphibolite (Sud du lac Croche).
Fig. 22 : mince niveau d'amphibolite plissé (coin supérieur gauche) et recoupant
légérement des mangérites â foliation fruste (1, 5 km au Nord Ouest du
lac â la Truite).
45 -
Planche 9
- 46 -
2. 1. 9. 2. Mode de_gis ement
Les trois catégories de roches basiques reconnues sur notre terrain
(amphibolite, amphiclasite et pyriclasite) présentent un mode de gisement sembla-
ble. D'ailleurs, fréquemment, on peut voir, dans un même banc, le passage gra-
duel d'un facies à l'autre.
Plusieurs types de gisement ont pu être individualisés.
On a,d'abord, des unités cartographiables. Ainsi, sur la carte géologi-
que ont été indiquées plusieurs masses de roches basiques :
- au coeur du synforme du lac Joli Ouest, un croissant, soulignant la
structure, suivi sur 2 km en direction et d'une puissance réelle d'une
vingtaine de mètres ;
- au coeur de la structure du lac de la Roche, un amas de 15 m de
puissance réelle et de 3 km d'allongement ;
- au Nord Ouest du lac Joli, d'une part, et à l'Ouest du lac de la Roche,
d'autre part : 2 amas dont la superficie est pour chacun d'eux de l'or-
dre de 1 à2 km2 .
Dans ..tous les cas, les différents facies sont associés. De plus on peut
parfois observer des facies de migmatisation : du matériel "granitique" est injec-
té dans les cassures affectant le matériel basique (agmatites) (fig. 20 et 21 Pl. 9).
A côté de ces amas stratiformes, qui ont pu être indiqués sur la car-
te géologique, on rencontre de petits niveaux basiques dont la puissance atteint
rarement un mètre. On les rencontre d'abord dans les leptites rubanées, au sein
desquels elles sont interstratifiées.
Les efforts tectoniques les ont fréquemment plissés, boudinés, étirés.
Il s'agit-là d'amphibolites qui ont tendance à s'épaissir dans les charnières (Pl. 7).
Par la suite, dans le complexe migmatitique occidental, il est fréquent
d'observer de petits niveaux riches en amphibole et pyroxène de quelques centimè-
tres d'épaisseur. Parfois, sur leur bordure, le matériel quartzo-feldspathique se
charge en gros individus de pyroxène de recristallisation. Cette dernière semble
s'être effectuée lors de 1"injection" d'un matériel granitique provenant d'un phéno-
mène anatectique.
nfin, un autre type, franchement recoupant, a pu être identifié dans
la série paragneissiq ie et dans les gneiss mangéritiques (fig. 22 Pl, 9) mais leur
puissance et leur fréquence sont trop faibles pour en faire des niveaux cartogra-
phiables.
Toutes ces roches sont facilement identifiables sur le terrain du fait
- 47 -
d'une altération brun noir ; en cassure franche amphibole et pyroxène, noir brillant
ou noir verdâtre foncé, se détachent sur un fond blanc verdâtre, de plagioclase. Le
facies malgachitique s'observe assez couramment.
Le grain est moyen à grossier..
2. 1. 9. 3. Etude microscopiq-ue
Comptage de points . Ils ont été effectués sur 6 échantillons.
1 2 3 4 1 5 6
s
amphibole 71 % 56 % 70 % 26 % 1% 5%
pyroxène 8 4 8 25 29 18
plagioclase 11 32 25 44 53 51
biotite -- 1 5 1 1 2
feldspathi otas.- (1 2 1 3 4 8
que
minerai 6 1 2 trace J2 4
s c apolite 2 - - - - -
quartz - 2 3 <1 8 2
grenat - - - - 1 -
apatite trace trace trace - trace trace
sphéne trace trace trace - - -
zircon - - trace trace trace
SAT L 5, 9 11 2, 1 14 3, 4
COL 88' " 64 71 52 35 39
FELD 8,3 5,9 3,8 6,4 7 13,5
PYR/AMP 10 6, 7 10 49 97 78
1 : G-26-9A 4 : G-27-8A
2 : G-28-15 5 : G-27-17
3 : G-23-5A 6 : G-27-6A.
- 48 -
Les points représentatifs de ces six échantillons sont reportés
sur les différents diagrammes de la page 43 et 44 . On voit que, dans la classifi-
cation que nous proposons (fig. 19 Pl, 8), 1 et 3 sont des amphibolites, 2 et 4 des
amphiclasites , 5 et 6 des pyriclasites.
Nous nous contenterons, ici, de faire un résumé des caractères
des minéraux constitutifs.
La structure dominante est granoblastique du type polygonal ou interlobé. Parfois
se détachent des cristaux subautomorphes. de hornblende.
Le quartz est, soit absent, soit présent à de faibles teneurs. Le pourcentage maxi-
mum (8 % pour l'échantillon 5) a été trouvé dans une pyriclasite. Il
forme alors de petits grains interlobés ou de petites lentilles.
Le feldspath potassique est lui aussi présent en faible quantité, .de 1 à 4 % en moyen-
ne. Seul l'échantillon 6, qui est une pyriclasite, en renferme 8 %. On
doit observer que pour cette roche il s'agit d'un feldspath potassique
qui remplit de petites fractures, l'échantillon ayant ainsi l'aspect d'une
agmatite.
Il semble s'agir d'orthose par comparaison à des cristaux définis com-
me tels dans d'autres types de roches.
Le plagioclase, dans les amphibolites 1, 3, ,et les amphiclasites 2, 4, est de l'andé-
sine entre An 42 et An 50, avec une dominante An 47. Les macles po-
lysyntlhéitiques albite-ala et albite-péricline sont parfois tordues ou fu-
siformes. Certaines plages sont séricitisées, l'altération affectant
d'abord le centre, On les trouve parfois en inclusions dans la hornblen-
de. Dans l'amphiclasite 4 et les pyriclasites 5, 6, le plagioclase est
plus calcique : labrador An 63 - 66 pour l'échantillon 4 et bytownite
An 72 - An 79 pour 6. Les plages sont, en général, subautomorphes
avec des macles polysynthétiques albite et albite-péricline. Certaines
d'entre elles présentent un début d'altération en scapolite.
L'amphibole, dans les amphibolites et amphiclasites, est une hornblende à fort pléo-
chroi'sme variant du jaune brun au vert jaunâtre. Les plages ont tendan-
ce à être automorphes. Les mesures effectuées ont donné : 2V Np =
88 ° ;ZAC=12 ° .
Localement on la voit se développer aux dépens des pyroxènes. Elle
peut renfermer des inclusions : quartz-plagioclase-scapolite.
Dans les pyriclasites, il s'agit également d'une hornblende mais à pléo-
chroi'sme variant du vert brunâtre foncé au jaune verdâtre. On la voit
très fréquemment se développer aux dépens des pyroxènes. Certains
individus sont subautomorphes mais la plupart sont en plages amiboi'-
des entre les plagioclases. Les principales inclusions sont celles de
plagioclas e.
- 49 -
Les pyroxènes sont représentés ess entiellement par de l'orthopyroxène, soit non
pléochroi'que soit à pléochroi'sme net ;(Ng : vert pâle, Np : rose brunâ-
tre), avec, dans les deux cas : 2V Np = 61°.
On rencontre également soit du diopside soit de l'augite.
La biotite a un pourcentage qui atteint, au maximum, 5 % dans l'échantillon 3. Son
pléochroi'sme est très élevé dans les termes riches en amphibole (rou-
ge brun intense à brun clair), mais il est plus faible dans la pyriclasi-
te : de brun jaunâtre à jaune pâle. On la voit se développer aux dépens
de la hornblende en petits bâtonnets disposés dans le plan de la folia-
tion.
Les minéraux accessoires sont les suivants : oxydes de fer,dont le poürcentàge peut
atteindre 6 % et qui se situent en bordure des cristaux de hornblende :
apatite, sphène. Dans la pyriclasite 5 ont été observés quelques grenats
poecilitiques. Dans l'amphibolite 1 la scapolite développée aux dépens
du plagioclase atteigit 2 %. Quelques zirconscont été observés dans les
échantillons 4, 5, et 6.
2.2. LE COMPLEXE MIGMATITIQU.E
2.2.1. MODE DE GISEMENT
Par complexe migmatitique nous entendrons ici tout un ensemble de
formations qui affleure au Nord Ouest de notre terrain d'étude et qui présente une
grande homogénéité tant du point de vue pétrographique que du point de vue structural.
En particulier, il s'individualise de façon très nette par rapport à la série paragneis-
sique, qui, comme nous le verrons plus loin, se situe topographiquement et sans
doute stratigraphiquement au-dessus.
L'étude de cet ensemble n'a été que fragmentaire. Aussi nous n'en don-
nerons qu'une description sommaire.
Du point de vue des facies on peut distinguer deux grandes catégories :
migmatites rubanées et migmatites hétérogènes.
2.2. 1. [Link] migmatites rubanées constitiient,uncempilement
assez régulier de niveaux d'amphibolite à pyroxène de quelques centimètres à 30 cm
d'épaisseur (restite oupaléosoma)1 et de gneiss à amphibole et pyroxène, de 0,20 â
1. Les termes de restite ou paléosoma, de mobilisat ou néosome, de textures
surréitiques, sont empruntés à la nomenclature proposée par K. R. MEHNERT et
R. V. DIETRICH (1960) ; et ceux de migmatites hétérogènes, embrèchites, épibolites
et diadysites à celle de J. JUNG et M. ROQUES (1952),
- 50 -
à 1 m de puissance, où s'individualisent des porphyroblastes de feldspath potassique
(texture d'embrèchite oeillée).
Localement les niveaux d'amphibolites sont boudinés, l'espace entre
les fragments étant rempli par du matériel granitique (texture surréitique).
En cassure franche les gneiss présentent une coloration gris verdâtre
à franchement verte, due à la pigmentation des feldspaths.
2. 2. 1. 2. Les mig_mâtites hétéro_gènes ont une importance volumé-
trique plus faible que celle des migmatites rubanées. Au sein de ces dernières, on
observe des secteurs où s'individualisent des filons, des amas de granite à grain fin
ou grossier et de pegmatites, Les filons, dont la puissance var4 de 10 cm à 10 m,
peuvent être concordants (épibolite) ou franchement recoupants'(diadysite) par rap-
port à la foliation des gneiss.
Les amas de forme lenticulaire, dont la superficie peut dépasser 100 m2 ,
ne présentent pas de contours nets. Localement ils passent de façon progressive aux
migmatites rubanées. Ce matériel, à composition granitique, a une couleur rose
dominante du fait de l'abondance du feldspath potassique. Par ailleurs on doit noter
qu'il présente presque constamment une foliation due, en particulier, à la disposi-
tion des lentilles de quartz et des "yeux" de feldspath.
Du point de vue structural, ce complexe migmatitique présente une
foliation NE-S0 quasi constante qui n'est affectée localement que par de petites on-
dulations. Dans les migmatites rubanées, des plis couchés mineurs ont pu être ob-
servés, mais leur fréquence est bien moindre que dans l'ensemble paragneissique.
Quant à l'épaisseur de ce complexe, elle n'a pas été chiffrée de façon précise car
sa structure exacte n'a pas pu être décelée. Dans l'hypothèse oû il n'y aurait pas
de redoublement tectonique cette épaisseur serait approximativement de 2 000 m.
2.2.2.. ETUD E MICROSCOPIQUE
Il ne sera pas fait ici une description détaillée de tous les facies con-
stitutifs du complexe migmatitique.
Nous nous contenterons de donner les caractères essentiels de deux
échantillons de migmatites rubanées oû on observe une partie de "restite" et une
autre où un début de mobilisation s'est effectué. Les pourcentages volumétriques
donnés sont donc les moyennes de ces deux parties.
- 51 -
Pourcentage volumétrique :
G-39-16 G-59-15
,-
quartz 10 % 18 %
feldspath potassique 53 47
plagioclase 19 13
amphibole 5 19
pyroxène 7 5
biotite 1 G1
minerai 2 <1
apatite trace trace
zircon - trace
sphène - trace
Structure
Dans la "restite" la structure est franchement granoblastique. Dans la partie
qui a'été 'affectée par uxl idébu`ti mobilsation on voit des porphyroblas -
tes de feldspath potassique qui, d'une part, sur leur pourtour, ont
subi une cataclase, matérialisée par une granulation, et qui, d'autre
part, sont entourés par une mésostase granoblastique. Dans cette der-
nière s'individualisent des lentilles de quartz de type granulitique.
Le quartz est relativement peu abondant (10 à 18 %). Comme il a été dit plus haut,
il tend â se présenter en lentilles étirées pouvant atteindre 1 cm de
long. On le rencontre également en plages interlobées associées au
feldspath potassique. Parfois, il présente une extinction roulante.
Le plagioclase est de l'andésine (An 31 à An 36). Il est, en général, maclé :.asso-
ciation de type albite-ala. Les individus de macles sont le plus souvent
fusiformes et tordus. Dans les zones riches en quartz et feldspath, il pat pred e
une allure porphyroblastique et est alors antiperthitique. Certains
,plagiotlaseirpeuven'renfermer des inclusions poecilitiques d'anciens
plagioclases.
- 52 -
Le feldspath potassique est contaminent abondant (53 et 47 %;dans les deux échantil-
lons supra). Il s'agit essentiellement de microcline perthitique et peut-
être également d'orthose microperthitique (quelques mesures ont don-
né 2 V Np : 72° ).
La taille des plages est variable soit identique à celle des quartz et
plagioclase, c'est-à-dire faible, soit beaucoup plus grande (0, 5 x 1 cm).
Les mégacristaux sont fréquemment entourés d'une mosaïque de petits
individus de feldspath potassique qui proviennent de phénomènes cata-
clastiques. Ces derniers sont certainement également à l'origine de la
forme oeillée des porphyroblastes.
L'amphibole est une hornblende dont le pléochroi'sme varie du vert brunâtre au jaune
verdâtre. Les autres caractères optiques sont les suivants : 2V Ng :
66° , Ng A C: 15° .
Cette hornblende brunâtre se concentre dans les niveaux ferromagné-
siens qui représentent les "restites" et elle peut être absente dans les
niveaux plus leucocrates. Souvent on la voit se développer aux dépens
du pyroxène.
Le pyroxène, Il s'agit essentiellement d'un clinopyroxène de la série diopside-hé-
denbergite. Il montre un léger pléochroisme Ng : vert pomme, Np:
vert brunâtre.
Son angle d'axe est 2V Ng : 60° .
Il est souvent ouralitisé.
A côté de ce clinopyroxène a été rencontré, dans quelques lames, de
l'hyperstène.
La biotite dont le pourcentage est toujours inférieur à 1. % se présente en petits
bâtonnets disposés dans le plan de foliation. Son pléochroi'sme est très
prononcé de brun rougeâtre au jaune brunâtre. On la voit parfois se
développer à l'intérieur des pyroxènes.
Les minéraux accessoires sont : oxydes de fer sur le pourtour de certaines plages,
apatite à l'état de trace mais toujours présente, zircon et sphène.
- 53 -
2. 3, LES ROCHES ERUPTIVES
2.3.1. LE GRANITE DE SAINT -DIDAC E'
[Link]. Historiq_ue
Le massif granitique de Saint-Didace fut d'abord reconnu par ADAMS
(1895). Ses limites furent tracées par ELLS (1898) à la suite d'une reconnaissance
qu'il effectua pour le compte de la Commission Géologique du Canada. Puis
OSBORNE (1936) fit l'étude pétrographique de la région de Shawinigan et aborda
ainsi l'étude de la bordure orientale decebatholithe, Quant aux limites sud et nord,
elles furent étudiées respectivement par J. BELAND (1961),PHILPOTTS (1962)
et R. BELAND (1967). Enfin plus récemment J. MARTIGNOLE (1968à 1970 inclus),
à l'occasion de son étude générale de la région de Shawinigan, a insisté tout parti-
culierement sur les aspects structuraux et pétrographiques' de c'e' granite.
2. 3. 1. 2. Mode de gisement
A l'extrême Sud Est de notre terrain d'étude affleure une tres faible
partie du batholithe granitique de Saint-Didace, qui mesure selon NE -SO une cin-
quantaine de kilometres, et selon NO-SE une dizaine de kilometres.
Du point de vue topographique ce massif, granitique donne de petits
monticules fortement boisés dont la hauteur excede rarement 100 m.
Sur la carte géologique on voit tout de suite que sa limite nord ouest
correspond à un important réseau de fractures de érection moyenne NE -SO. Par
ailleurs, le long de la zone de contact, entre granite et gneiss, s'échelonnes toute
une série de lacs reliés entre eux par des vallées remplies d'alluvions de nature
diverse. De la sorte, il n'a pas pu être trouvé d'affleurement permettant, d'une
part, de localiser exactement la limite du granite, et, d'autre part, de voir le con-
tact entre ce dernier et l'ensemble gneissique. Il n'est donc pas possible de dire
si ce granite est concordant ou discordant. Toutefois, du point de vue régional, il
paraït être, en grand, concordant avec les schistes cristallins encaissants.
A hauteur du lac Déligny, en partant du granite franc, au SE, et en
se dirigeant vers le NO, quelques affleurements montrent un granite présentant
une texture gneissique assez prononcée. Puis, sur toute la largeur de la dépres-
sion séparant le lac Déligny au lac Gertrude, aucune observation n'a pu être faite.
Au-delà, on tombe dans la zone de failles oû les roches présentent des structures
cataclastiques si prononcées qu'il est difficile de dire s'il s'agit de granite ou de
l,eptite mylonitique. Quelques panneaux de roches, moins écrasées, laissent penser
qu'il s'agit de leptites qui, avant le jeu de failles et de la cataclase, auraient été
"contaminées" par le granite. Celui-ci aurait développé une petite "auréole" de
migmatisation, Mais il est difficile de l'affirmer.
- 54 -
Au NE, à proximité du lac Gertrude, nous n'avons pas non plus obser-
vé de contact entre le granite et les gneiss mangéritiques,. On a l'impression qu'il
y a un passage progressif entre les deux types de roches mais aucune preuve ne
peut être avancée.
Les affleurements les plus typiques de ce granite se situent sur le bord
de la route qui contourne â l'Est le lac Déligny. Les porphyroblastes de feldspaths
potassiques roses, entourés de ferromagnésiens, sont étirés et déterminent ainsi
une linéation trbs nette. Quand on se rapproche de la zone faillée, la structure der
vient cataclastique : coloration rose saumon des feldspaths, quartz étirés, foliation
et linéation trbs développées.
2. 3. 1. 3. Description microscopique
Pourcentage volumétrique.. Deux échantillons ont été passés à la platine intégra-
trice. Le calcul des indices de J. JUNG et R. BROUSSE (1969) indique
que l'on a affaire à une roche de la famille des granitiques monzoniti-
ques.
G-73-1 G-72-2
feldspath potassique 25 % 28 %
plagioclase 46 42
quartz 17 14
biotite 1 3
amphibole 7 8
minerai 4 3
zircon trace trace
apatite C.1 1
sphbne trace trace
COL : 12 16
FELD : 35 40
SAT 24 20
- 55 -
Dans la classification proposée par M. WILLIAMS, F. J. TURNER et
C.N. GILBERT (1954), il s'agit d'une adamellite.
feldspath _alcalin feldspath alcalin feldspath alcalin
structure ) 1/8 < 1/3 i 1/3 4. 2/3 ) 2/3
feldspath total feldspath total feldspath total
grain fin dacite rhyodacite rhyolite
grain grossier granodiorite adamellite granite
La structure. Les lames taillées dans des échantillons frais, non cataclastiques,
montrent des mégacristaux de microcline perthitique pouvant atteindre
4 cm de diamètre, se détachant dans une mésostase grenue, faite de
feldspaths,de quartz et de ferromagnésiens (biotite et amphibole). Cer-
tains des mégacristaux ont une structure rapakiwique : coeur de feld-
spathpotassique et auréole, parfois de 0, 5 cm d'épaisseur, de plagiocla-
se. Plus rarement aussi on peut voir de grands individus de plagiocla-
se, localement bordés par une frange de feldspath potassique et renfer-
mant, en inclusions, des petites plages de ce dernier. On a là une amor-
ce de structure antirapakiwique.
Le quartz se présente en plages à contours interlobés et le plus souvent à extinction
roulante. Certaines d'entre elles sont étirées et ont tendance à mouler
les mégacristaux de feldspath. D'autres sont en inclusions poecilitiques
dans ces derniers.
Le feldspath potassique constitue des mégacristaux (porphyroblastes) qui peuvent at-
teindre quelques centimètres de diamètre. Ils sont parfois légèrement
étirés et leur contours sont souvent dentelés. Parfois on a l'impression
que la fine moilai'que qui les entoure est un produit d'écrasement du mé-
gacristal. Il s'agit, le plus souvent, d'un microcline perthitique carac-
téristique, Mais il n'est pas impossible que l'orthose perthitique soit
présente (absence de macles). Les inclusions de plagioclase sont en for-
me de petites flammes ou de filonnets. Elles sont irrégulièrement dis-
séminées et leur total volumétrique peut atteindre 20 % du mégacristal.
On a pu observer également d'autres inclusions poecilitiques : plages
amibordes de plagioclase An 25, renfermant souvent des inclusions myr-
mékitiques, quartz, biotite et zircon.
- 56 -
Le plagioclase est de l'oligoclase dont la composition varie entre An 23 et An 30. I1
prés ente des macles albite et Carlsbad. Les premieres étant souvent
fusiformes et tordues.
Rappelons que certains porphyroblastes de feldspath potassique posse -
dent une auréole régulière de plagioclase. Enfin, on doit noter l'abon-
dance des associations myrmékitiques au contact des feldspaths potas-
siques.
La biotite est fortement pléochroi'que : Ng : rouge foncé, Np : jaune brunatre clair.
On la rencontre le plus souvent en petites baguettes au sein des amphi
boles ou au contact des porphyroblastes de feldspath potassique. Il sem-
ble, en règle générale, qu'elle se soit développée; aux dépens de l'am-
phibole. Enfin on la rencontre en association diablastique avec le quartz.
L'amphibole dont le pourcentage est supérieur à celui de la biotite est une hornblende,
dont le pléochroi'sme varie du vert foncé au brun jaunâtre. Parfois elle
donne des plages automorphes mais, dans beaucoup de cas, celles-ci
paraissent "rongées" par le quartz et les feldspaths et renferment de
nombreuses inclusions de minéraux felsiques, de biotite, de zircon,
d' ap atite.
Les minéraux accessoires sont : oxydes métalliques (3 et 4 %) représentés par de
l'ilménite et de la magnétite, ce qui rend la rocje parfois magnétique
(déviation de l'aiguille de la boussole) ; apatite, le plus souvent en in-
clusions dans les amphiboles ; zircon relativement abondant et sphène
sous forme de trace.
2.3. 2. LES ROCHES MANGERITIQUES
2. 3. 2. 0. Introduction
Nous allons décrire maintenant un ensemble de formations que, sur le
terrain, nous avons 9énommées mangérites quartziques ou (et) gneiss mangériti-
ques. Après comptages de points, analyses chimiques et étude minéralogique détail-
lée, le problème s'est posé de savoir quel était le terme qui leur convenait le mieux.
En définitive, nous avons jugé préférable, pour les raisons qui seront exposées à la
fin de ce paragraphe, de conserver les termes de mangérite quartzique et de gneiss
mangéritique.
2. 3.2. 1. Mode de gisement
Du point de vue cartographique ces roches constituent d'abord un niveau
isolé au SO, dans la région du lac de la Roche, et, surtout, de puissantes masses
- 57 -
au NE entre le lac Gertrude au Sud et la rivière aux Ecorces au Nord.
Dans les deux cas, mais c'est particulièrement net pour le premier
niveau, ces formations sont interstratifiées dans les schistes cristallins décrits
précédemment et particulièrement dans les gneiss â grenat et les leptites rubanées.
En outre leur foliation est parallèle â celle de leurs roches encaissantes.
A l'affleurement on a des roches massives dont la surface altérée est
brun chamois. Cette coloration se poursuit plus ou moins profondément sur quel-
ques centimètres â dix centimètres. En dessous la roche frarche est vert foncé. La
granulométrie est, en général, grossière et très fréquemment, on voit s'individuali-
ser des mégacristaux de feldspath verdâtres, parfois étirés; et ,dont;la,taille varie de
1â 4cm.
La puissance des différents bancs est difficile â ,chiffrer.. Localement,
près du lac Joli, elle a pu être( estimée â une trentaine de mètres.
Il est très important de signaler que, si dans l'ensemble ces mangérites
sont concordantes avec les schistes cristallins encaissants, on a pu observer les
faits suivants : lambeaux de gneiss â grenat et de leptite complètement cernés par la
roche mangéritique ; banc de quartzite isolé dans cette dernière, fracturé, ses frag-
ments flottant dans la mangérité.
2. 3. 2. 2. Etude microscopiq_ue
Les structures.: Sur notre terrain les roches mangéritiques se caractérisent par la
présence de mégacristaux (ou porphyroblastes ?) surtout de feldspath potassique et,
accessoirement, de plagioclase. Mais leur taille et leur forme sont très variables
et on peut ainsi distinguer plusieurs types de structures (Pl. 10).
a) Structure en mortier : les mégacristaux de feldspath potassique,
rosés sur l'échantillon, ou de plagioclase sont'écrasés" sur leur pour-
tour en une fine mosaique de feldspaths (fig. 23 Pl. 10).
b) Structure oeillée proprement dite : les mégacristaux ont été étirés
et ont également recristallisé sur leur pourtour (fig. 24 Pl. 10).
c) Structure oeillée du type "flaser' : les yeux, plus ou moins étirés,
de feldspath potassique ou calco-sodique qui apparaissent sur les
échantillons sont, en fait, constitués par une association granoblasti-
que interlobée ou amiboi'de de feldspaths de recristallisation. Ils sont
entourés par une mésostase de quartz, feldspaths et ferromagnésiens
(fig. 25 P1.10).
d) Structure granoblastique : sur l'échantillon et sur la lame mince,
on ne voit plus que très rarement des mégacristaux qui se résolvent â
des agglomérats granoblastiques polygonaux ou interlobés (fig. 26 P1. 10).
58 -
STRUCTURE DES GNEISS [Link]
Fig. 23. Structure en mortier Fig. 24. Structure oeillée
(L. P. x 100). (L. `P. x '35).
Fig. 25. Structure oeillée du type Fig. 26. Structure granoblastique
"fias er" (L. N. x 35). (L. P. x 35).
Planche 10
- 59 -
A l'échelle de la région, on peut voir le passage d'une structure à une
autre : la structure-en mortier s'observe tout particulièrement dans la partie nord
est à l'approche du massif de monzonite du lac Sacacomie, tandis que la structure
de type "flaser" s'observe près du lac Gertrude et que la structure granoblastique
est constante dans le niveau mangéritique isolé du Sud Ouest.
D'après ce simple( critère structural, on peut déjà envisager que ces
roches à composition minéralogique proche de celle des mangérites, étaient primi-
tivement des roches plutoniques à structure porphyroi'de mais qu'elles ont subi des
phénomènes cataclastiques accompagnés de recristallisations.'
Pourcentage volumétrique : les quatre échantillons ci-dessous peuvent représenter
la composition des mangérites de la région. Le premier a été récolté
dans la bande mangéritique isolée du Sud Ouest et les trois autres pro-
viennent des amas mangéritiques de la partie orientale.
quartz 21 % 18 % 9 % 20 %
feldspath potassique 59 51 34 38
plagioclase 13 19 36 29
biotite 3 -- 1 1
pyroxène 1 9 7 -
amphibol e 1 1 6 8
oxyde de fer 1 2 6 3
apatite trace trace - G 1
sphène trace -- - -
zircon - -- trace trace
SAT 22 20 13 30
FELD : 82 71 48 57
COL : 7 12 21 13
1 = G-38-8 3 = G-11-6
2 = G-10-10 4 = G-10-2
- 60 -
Description minéralogique
Le quartz, dont le pourcentage atteint dans certains cas 20 %, se rencontre dans
la mésostase qui cimente les mégacristaux de feldspath, soit sous for-
me de plages granoblastiques, ` soit sous forme de lentilles étirées et
aplaties. Son extinction est le plus généralement Onduleuse surtout
dans les échantillons qui montrent une faible recristallisation,
Le feldspath potassique est toujours abondant : il représente en moyenne autour de
50 %, La mesure de l'angle des axes optiques, sur les plages non ma-
clées (2V Np = 60° ) indique qu'il s'agirait d'une orthose mais nous
n'avons pas fait l'étude radiocristallographique pour déterminer le de-
gré de triclinicité.
A côté de cette orthose (?) non maclée, on trouve également du mi-
crocline,quadrillé. Ces deux types de feldspath potassique sont perthi
tiques.
Rappelons que certaines plages sont porphyroblastiques (jusqu'à 3 cm
1 .dons+ léur'glus girande dimension) et sont bordées par une mosaïque
de fins cristaux de recristallisation (structure en mortier).
En outre certains "yeux" qui, sur l'échantillon, apparaissent consti-
tués par un seul individu, se décomposent lien souvent en une associa-
tion de plages granoblastiques de feldspath potassique (structure du
type. "flaser" ou structure granoblastique),
Les inclusions poecilitiquesv en particulier de plagioclase, sont fré-
quentes. ,Il semble que dans certains cas, on puisse parler de pseu-
domorphose, plus ou moins avancée, des plagioclases par?les feldspaths
potassiques. Lors des recristallisations accompagnant la cataclase,
la phase potassique a pu être mobilisée et remplacer les plagioclases.
Le plagioclase. Ses proportions varient entre 13 et 36 %. Il s'agit essentiellement,:,
soit d'oligoclase calcique, soit d'andésine (An 24 à An 42). Quelques trés
rares mesures ont donné un labrador aux alentour de An 60.
Les plages sont en général maclées du type albite, les individus étant
fréquemment fusiformes et tordus. Certaines plages sont antiperthiti-
ques. Enfin les associations myrmékitiques, soit au contact, soit à
l'intérieur des feldspaths potassiques, sont courantes.
Les pyroxenes. Il s'agit d'une association de clinopyroxéne et d'orthopyroxéne, le
second étant le plus abondant. Le clinopyroxbne, dont les caractéres
optiques sont ceux de l'augite, se présente en plages subautomorphes
à extinction franche.
L'hypersthbne lui, donne des plages à extinction roulante et à clivages
— 61 —
tordus. Dans les échantillons présentant une structure granoblasti-
que, il donne des prismes dont l'axe de plus grand allongement est
parallèle à la foliation.
L'amphibole. Il s'agit d'une hornblende brunâtre dont les plages sont subautomor-
phes. Bien souvent on la voit se développer aux dépens des pyroxènes.
La biotite se présente sous forme de petits bâtonnets disposés dans le plan de la
foliation ou moulant les porphyroblastes de feldspath.
Son pléochroi'sme est fort, de rouge brunâtre à beige pâle.
Les minéraux accessoires principaux sont : oxydes métalliques qui peuvent attein-
dre 3 % du volume de la roche ; il s'agit essentiellement de magnéti-
te et d'ilménite qui remplissent les interstices entre les grains de
la mésostase ; l'apatite toujours présente, le plus', souvent en petits
grains trapus, mais parfois en prismes longs et étroits ; zircon, sphè-
ne rencontrés dans quelques échantillons en plages subautomorphes.
[Link]. Conclusion
Les caractères, observés sur le terrain et au microscope, des ro-
ches que nous venons de décrire laissent supposer qu'il s'agit de roches érupti-
ves à caractère charnockitique ayant subi, après leur mise en place, des défor-
mations et des recristallisations.
Quant à la nature pétrographique exacte de ces roches, nous pou-
vons utiliser, d'une part les indices de J. JUNG et R. BROUSSE (1959) et, d'au-
tre part, le diagramme triangulaire quartz-feldspath alcalin-plagioclase proposé
par J. HO DAL (1945) pour la classification des roches charnockitiques (fig. 27).
En ce qui concerne les indices de J. JUNG et R. BROUSSE leurs
valeurs pour les 4 comptages de points sont données en bas du tableau précédent ;
on note que SAT, est toujours supérieur à 10, ce qui range nos roches dans la
catégorie quartzique. Quartz
Fig. 27. Classification des
silexite
roches de la famille
de l'anorthosite
(J. }WIDAL, 1945.
p. 139).
~
~~ Charnockite Farsundite
1~ 2• 4•
3. ~to
Man Jotunite
Feldspath K Plagioclase
- 62 -
- L'indice feldspathique compris entre 48 et 82 en fait, soit des
granites monzonitiques, soit des granites subalcalins. Dans la
classification proposée par P. GIRAUD (1964) il s'agirait de
charnockites s. str.
Dans le diagramme triangulaire quartz-feldspath alcalin-plagioclase
de J. HO DAL, donné ci-avant (fig. 27), nos 4 roches se situent dans la catégo-
rie des syénites (ou des mangérites), 3 d'entre elles se situant toutefois près
de la limite des domaines des mangérites et des charnockites.
Dans l'étude pétrogénétique nous verrons, d'après les résul-
tats de deux analyses effectuées, qu'il s'agit de roches intermédiaires entre la
lignée charnockitique et celle des mangérites.
En définitive, le choix d'un terme exact est délicat. Nous opterons
pour celui de mangérite (ou plutôt de gneiss mangéritique car il s'agit d'ortho-
gneiss) car ce terme parait être couramment utilisé au Canada pour des roches
semblables .
2. 3. 3. LES DIABASES
[Link]. Mode de gisement
Quelques dykes dei diabase, stibverticauk, ont 'été' rencontrés dans
le Sud Est de la région près de la route qui part à l'Ouest des lacs de Mande-
ville et Déligny. Ces filons se sont mis en place dans des fractures de direc-
tion nord 30° reliés au grand système de faille NE -SO.
En un point on a observé l'injection d'un filon dans le plan de folia-
tion de gneiss penté 30° SE. La "racine" de ce filon couche est, semble-t-il,
à rechercher dans un filon vertical remplissant une fracture.
A l'affleurement la patine de ces roches est brun chocolat et la
cassure frarche est gris noir. La texture est aphanitique surtout à proximité
des épontes. Leur épaisseur excède rarement plus de 1 m.
Ces dykes sont la manifestation du dernier épisode intrusif de la
région. Ils semblent être postérieurs au grand réseau de failles car on peut
Les vair localement recouper à la fois les brèches et les pseudotachylites qui
jalonnent les grands ., accidents NE -SO. (fig. 28).
-- 63 —
Fig. 28. Diabase recoupant une zone mylonitisée
(sur la route, coté ouest du lac Déligny).
2. 3. 3. 2. Etude microsco2igue
La structure est subophitique, porphyrique (phénocristaux de plagioclase et de
pyroxène. On note aussi de petites "cavités" remplies de calcite.
Minéralogie
La matrice, composée de microlites de plagioclase, de grains d'ondes de fer,
de quartz, de calcite, de hornblende verte et de clinopyroxène, forme
près de 95 % de la roche. Des phénocristaux de taille moyenne bai-
gnent dans cette matrice. Il s'agit d'une part de plagioclases très
altérés mais oû les macles sont encore décelables et d'autre part de
pyroxènes. Leur taille excède rarement plus de 3 mm de longueur.
En outre, on a de la calcite, laquelle soit pseudomorphose en partie
les plagioclases, soit forme des amas circulaires analogues à ceux
trouvés dans les roches de type spilitique.
-64-
' eux
PI. 11
LOCALISATION Ecorces
i
DES ZONES FAILLÉES
N
i
Lac
la °
Truite +
Lac
Ci?
roche
Lac
40 de la
Roche
LEG EN DE
(Pt failles observées
e localisation des
pseudotachylites
Echelle . • 1km
- 6 5 -
2.4. LES ROCHES CATACLASTIQUES : LES PSEUDOTACHYLITES
2. 4. 0. INTRODUCTION
C'est à SHAND (1916) que l'on attribue l'introduction du terme "pseudo-
tachylite" dans la littérature. Il l'appliquait à une roche aphanitique de couleur très
noire trouvée dans un granite prés de la ville de Parys, en Afrique du Sud. Or cet-
te roche ressemblait étrangement aux tachylites qui sont des verres volcaniques de
composition basique, d'ail l'appellation par SHAND de peusotachylites.
Par la suite, de nombreux auteurs ont noté d'une part la présence de
roches semblables dans des zones de failles et de déformations tectoniques très
intenses, et, d'autre part, leur association étroite avec des mylonites. Leur déno-
mination est très variable : crypto-mylonite, hyalo-mylonite, ultramylonite, purée
parfaite, etc. (voir A. R. PHILPOTTS, 1964).
2. 4. L LOCALISATION ET MODE DE GISEMENT
En ce qui concerne la région de Saint-Gabriél,les pseudotachylites
s'observent tout le long du système de failles d'orientation majeure NE-SO qui
traverse la partie SE du territoire étudié et qui est situé entre, d'une part le gra-
nite adamellitique de Saint-Didace au SE et, d'autre part, les paragneiss et les
gneiss mangéritiques au NO. C'est dans ces derniers qu'elles sont les plus abon-
dantes et les plus caractéristiques.
Sur le croquis de la planche 11 les principaux affleurements ont été
indiqués. Par exemple, du lac Gertrude à la rivière aux Ecorces, nous en avons
noté la présence sporadique sur une largeur de l'ordre de 500 à 1 500 m.
Dans cette zone elles sont'intirnementassoéiées'àdes mylonites. Leur
couleur varie du noir lustré à un gris très sombre. Elles se présentent sous for-
me de petits "filonnets" ou "dykes" (fig. 29 Pl. 12) dépassant rarement 4 à 5 cm
d'épaisseur. Leur longueur varie beaucoup mais le plus souvent elle est de l'or-
dre de 10 à 15 cm. Elles peuvent prendre également la forme de petites langues
ou veinules dans les niveaux non. déformés. Mais le plus souvent elles consti-
tuent une matrice très notre englobant des fragments de roches, ce qui donne à
l'affleurement un aspect bréchique (fig. 30 Pl. 12).
2. 4. 2. ETUDE MIC ROSC OPIQU E
Les pseudotachylites de la région de Saint-Gabriel sont souvent cons-
tituées essentiellement des parties suivantes : un verre brun foncé, parfois en y
voie de dévitrification, . dans lequel flottent soit des minéraux ou esquilles de mi-
néraux, soit des frâgments de roches.
Fig. 29. Petit "dyke'de pseudo-
tachylite recoupant la
roche encaissante et
se prolongeant dans une
zone brèchique vers
la droite (lac Gertrude).
Fig. 30. Pseudotachylite (en gris
sombre) dans laquelle
semblent flotter les frag-
ments de mangérite. Cette
derniére constitue les
"épontes" de cette bréche
(lac Déligny).
Fig. 31. Reproduction de la lame
q-63-20 montrant plus
en détail le phénoméne
de la fig. 30.
Planche 12
67 —
La couleur brun foncé' du verre parait provenir d'une pigmentation
d'oxydes de fer, dont le poucentage est parfois suffisamment élevé pour 'rendre
la roche légèrement magnétique.
Ce verre est, le plus souvent, complètement opaque en lumière natu-
relle. Mais parfois il montre des traces de dévitrification : très fines taches in-
colores en lumière naturelle mais colorées en lumière polarisée.
Au sein de ce produit amorphe on rencontre deux types de minéraux :
résiduels et de néoformation.
Les premiers ont une forme soit arrondie, quand leur diamètre est
faible (de l'ordre du millimètre), soit anguleuse, quand leur taille augmente : cet-
te dernière peut atteindre alors 1 centimètre.
Il s'agit essentiellement de quartz, de plagioclase, de feldspath po-
tassique et de ferromagnésiens (surtout pyroxène). Tous ces minéraux présentent
des phénomènes de torsion, d'éclatement et, pour les minéraux felsic}ues, un dé-
but de fusion sur leur pourtour. Par ailleurs, ces derniers montrent parfois en
lumière naturelle une coloration ou irisation violacée.
Quant aux minéraux secondaires, il faut surtout signaler la présence
de petites vésicules, parfaitement circulaires, de calcite ainsi que de minéraux
phylliteux de type séricite, muscovite et biotite. Par contre, nous n'avons pas
observé la présence de microlites de feldspath potassique tels qu'en signale
PHILPOTTS (1964).
Les fragments de roches inclus dans le verre ou dans la roche en
contact direct avec les paeudotachylites, présentent de nettes structures cataclas-
tiques et de rares cristallisations : extinctionsl r oulantes, torsions de macles,
éclatements, traînées de séricite. Quand il est présent le clinopyroxène parait
avoir mieux résisté ; toutefois certaines plages ont été cassées, les fragments
déplacés et cimentés par le verre.
2.4.3. PROBLEME DE L'ORIGINE DES PSEUDOTACHYLITES
De nombreux auteurs se sont penchés sur le problème de l'origine
de ces roches si particulières. Citons entre autres SHAND (1916), REYNOLDS
(1954), PHILPOTTS (1969).
On peut d'abord résumer quelques-unes de leur caractéristiques
essentielle* :
1/ Les pseudotachylites sont en relation étroite et directe avec
certains types d'accidents cassants. Apparemment, il semble
s'agir, le plus souvent, d'accidents très importants du point de vue
- 68 -
régional. Dans notre cas les pseudotachylites ont été observées â
proximité d'une faille sur 150 km en direction.
2/ La composition chimique du "verre pseudotachylitique" est analo-
gue â celle des roches encaissantes.
3/ On peut parler de véritables "figures d'injection". Le matériel
pseudotachylitique devait donc être doué d'une certaine mobilité, car
on le voit remplir des fractures et donner de véritables "réseaux fi-
loniens". Il fait penser parfois au matériel granitique (ou néosome)
d'une agmatite.
De ces quelques caractères on peut en déduire raisonnablement que le
"verre pseudotachylitique" provient de la solidification d'un matériel fondu. Celui-
ci a dû être produit par une très forte augmentation de température, provoquée par
des phénomènes de compression, de frottement ou de friction accompagnant les
mouvements de certains types de faille.
Certains auteurs font même intervenir des phénomènes explosifs. Par
exemple PHILPOTTS (1964) conçoit que de véritables explosions soient possibles
lorsque les failles, contenant toujours de grandes quantités d'eau, subissent une
soudaine augmentation de température du fait de la chaleur de friction.
Mais on pourrait aussi envisager qu'une très forte pression de vapeur
d'eau puisse â elle seule, sans faire intervenir de "véritables explosions", abais-
ser le point de fusion de la roche.
On peut également se demander si la production d'un/Dain pseudota-
chylitique" n'impose pas un climat thermodynamique élevé, c'est-à-dire que les ro -
ches affectées par les phénomènes cataclastiques soient également soumises à un
fort gradient géothermique. C'est ce que pensent divers auteurs et en particulier
A. R. PHILPOTTS (1964), qui avance, pour les pseudotachylites de la région avoi-
sinante de Belleau-Desaulniers, le chiffre de 400° C comme valeur de la tempéra-
ture régnant lors de la formation du 'bain pseudotachylitique".
CHAPITRE III
ETUDE PETROGENETIQUE
3.1. ORIGINE DES DIVERS FACIES PETROGRAPHIQUES
3. 2. CARACTERES DU METAMORPHISME
- 70 _.
3. 1. ORIGINE DES DIVERS FACIES PETROGRAPHIQUES
3.1.0. - INTRODUCTION
A la suite de l'étude pétrographique des diverses formations cris-
tallines de la région de Saint-Gabriel-de-Brandon, nous aborderons maintenant le
problème de leur mode de formation. Nous discuterons d'abord de l'origine de ce
que nous avions considéré, dans le chapitre précédent, comme "série paragneis-
Bique", à savoir :
1-les gneiss,
[Link] leptites,
3-les roches basiques,
4-les autres facies de cette série.
Par la suite, nous aborderons très brièvement, l'origine du complexe
migmatitique. Enfin, nous discuterons de la pétrogenèse des roches plutoniques.
Nous confronterons aux résultats des seize analyses chimiques ef-
fectuées au laboratoire de géologie de Grenoble par Mesdames B. USELLE et F.
KELLER, les diverses données recueillies soit par l'étude minéralogique ou pé-
trographique, soit par les données de terrain.
L'interprétation de ces résultats, à l'aide de plusieurs diagrammes
classiques, nous permettra, par la suite, d'élucider leur mode de formation.
3.1.1. - ORIGINE DES GNEISS
Nous avions distingué dans ce groupe, lors de la description pétro-
graphique (chapitre II), plusieurs variétés de gneiss : à grenat et sillimanite, à
grenat et biotite, à graphite et pyrite, à biotite et amphibole et enfin à pyroxène.
Etant donné le très large éventail des compositions minéralogiques,
il n'a pas été possible de faire des analyses chimiques systématiques de ces dif-
férents gneiss. Seuls un gneiss à sillimanite et grenat (1) et deux à biotite et am-
phibole (2 et 3) ont fait l'objet de dosages des éléments majeurs.
3. 1. 1. 1. - Gneiss à grenat et sillimanite : (1)
3. 1. 1. 1. 1. - Diagramme cffrn x 100 - gal. ~ alk
de [Link]:(fig. 32, pl. 3:3)
Le point figuratif (1) tombe dans le domaine des "sédiments résiduels
et argileux".
- 71 -
3, 1. 1. 1, 2. Diagramme Fe2O3. itotal).+ Ti0r2
+ CaÔ -- A1203 .~ = 7 [Link]Ô2
de la Roche (fig. 36, pl. 14)
de H.............
....
L'auteur a constaté que les éléments Al2 O3, Fe2O3 total, TiO2, CaO
~t SiO2 étaient reliés entre eux dans la nature par une équation du type :
cte
(i) Al2O3 + Fe2O3 total + TiO2 + CaO - SiO2 + cte
100
En reportant la somme des oxydes (membre de gauche) pour chacune
de nos analyses sur un graphique et les valeurs correspondantes en pourcentage
de SiO2' on obtient un alignement plus ou moins parfait dont l'ordonnée à l'ori-
gine nous donne la valeur de la constante.
Pour nos roches, cette valeur se rapproche de celle trouvée par H.
de la ROCHE, soit : 73. Nous avons donc, en reportant cette valeur dans l'équa-
tion (i) :
Al2O3 + Fe2 O3 total + TiO2 + CaO + .73 SiO2 = 73
L'auteur a donc conçu un diagramme triangulaire dont la somme des
différents pôles est constante (73) et dans lequel il a défini des domaines à l'in-
térieur desquels se groupent les roches possédant la même origine.
Le report de l'analyse d'un échantillon de gneiss à grenat et sillima-
nite (1) s'effectue à proximité de la lignée éruptive (entre diorite et granite), mais
dans un secteur où les domaines des pélites et des grauwackes se chevauchent.
Compte tenu des paragenéses, l'origine pélitique est plus vraisemblable.
3. 1. 1. 1. 3. - Diagramme MgO~ ~ Na20 ~ ~ K~O
de,1;18 ,dg la,Rpçlie, (fig. 37, pl. 14)
Ici aussi, l'auteur a réparti, en fonction des rapports des proportions
moléculaires de MgO, Na2O, K2O, d'une part, les roches ignées, le long d'une
courbe allant des rhyolites aux gabbros et, d'autre part, les quelques grandes
familles de roches sédimentaires qui occupent des domaines propres.
Sur ce diagramme, le point (1) tombe en dehors mais à proximité du
champ des pélites et tra loin de la lignée éruptive.
Exi conclusion, les trois diagrammes utilisés confirment ce que l'on
pouvait supposer quant à l'origine des gneiss à grenat et sillimanite : ils dérivent
de sédiments silico-alumineux.
- 72-
3, 1. 1. 2. - Gneiss à biotite et grenat
Nous ne disposons pas d'analyse de ce facies, mais, compte tenu de la
grande richesse en biotite (24 et 33 % dans deux échantillons), on peut raisonna-
blement avancer qu'il s'agit également d'anciennes pélites, un peu moins alumi-
neuses que celles ayant donné les gneiss à grenat et sillimanite.
3. 1. 1. 3. - Gneiss à graphite et pyrite
Il s'agit de petits niveaux qui n'ont pu être cartographiés. La présence
de graphite peut être raisonnablement interprétée comme résultant de la recris-
tallisation de matières charbonneuses ou sapropéliques, La pyrite peut, semble-
t-il, être considérée comme primaire car c'est un minéral qui, on le sait, est
fréquemment associé aux niveaux charbonneux ou bitumineux.
3. 1. 1.4. - Gneiss à biotite et amphibole (2 et 3)
3. 1. 1.4. 1. - Diagramme
. . .. ....c`fm x ~00
. ... - al - alk
...........
;[Link] (fig. 32, pl. 13)
Les deux analyses se placent, en raison de leur pourcentage relative-
ment élevé en CaO, à l'intérieur du domaine des roches éruptives. D'après l'exa-
men des autres diagrammes, nous verrons que ces gneiss à biotite et amphibole
paraissent, en fait, dériver de grauwackes.
Ce diagramme c/fm - al - alk ne parant pas ainsi permettre une discri-
mination entre roches éruptives basiques d'une part, et grauwackes ou argiles
carbonatées d'autre part.
3. 1. 1.4.2, - Diagramme Q :Ab:Or de Boe wn
~et Tuttle (fig, 33, pl, ~ 13)
Il a paru utile de reporter les points (2 et 3) sur un tel diagramme afin
de comparer les gneiss à amphibole et biotite avec les leptites. On voit que ces
deux analyses sont très éloignées du domaine des maximums des fréquences qui
correspond, par ailleurs, au "puits thermique" du système Q - Ab - Or, On note
en outre qu'elles se situent loin du pale Quartz et à proximité de la ligne Ab - Or.
3. 1. 1.4. 3. - Diagramme
... Fe2O 3 total ~ Ti02 +
Ça0 ---,A120.3..:.: .....
73 SiO,~....
de H= de la
• .... ~(fig. 36, pl. 14)
Roche
Les deux points figuratifs se situent de part et d'autre de la courbe des
roches éruptives et à une assez grande distance l'un de l'autre. La roche (2) qui
73r
est plus alumineuse mais moins riche en fer total, tombe dans le domaine des
pélites tandis que la roche (3), moins alumineuse mais plus riche en fer total et
titane, se place au-dessus du point moyen des basaltes.
Une telle dispersion est due au fait que la proportion d'amphibole était
-)lus élevée dans la roche (3) que dans la roche (2). Quant à l'origine de ces facies
on pourrait concevoir qu'il s'agit d'anciennes formations volcano -détritiques à
éléments "basaltiques".
3. 1. 1. 4. 4. - Dia ~ ramme~M~O
. ~-~ Na20 ~-~ K2O
de...............
H. de la Roche (fig; 37, pl. 14)
Les points figuratifs (2) et (3) se situent de part et d'autre du domaine
des grauwackes mais à proximité des limites de ces dernières.
3. 1. 1. 4. 5. Diagramme Al+Fe+Ti 7777 .C a +
Mg de H, de la Roche (fig. 35, pl. 13)
Les deux points (2) et (3) se placent à la limite supérieure des grau-
wackes dans la zone de passage au domaine des basaltes. Ils sont très éloignés de
nos amphibolites (8, 9, 10) qui elles, nous le verrons, tombent dans la partie su-
périeure du domaine des basaltes. Par contre, à proximité de ces deux points
figure l'analyse d'une amphibolite de PHILPOTTS (1967).
3. 1. 1. 5. - Gneiss à pyroxène
Nous ne disposons pas d'analyses de ce facies. Rappelons qu'il est
associé aux gneiss à biotite et amphibole et qu'il renferme de petits niveaux de
quartzites. Par ailleurs, il s'agit de roches relativement peu quartzeuses mais
par contre très riches en feldspath (de 64 à 80 %), Il semble possible d'envisager
pour ces roches une origine sédimentaire et plus particulièrement arkosique.
- 74 -
TABLEAU 1 - ANALYSE CHIMIQUE DES GNEISS
1 2 3
SiO 71, 30 58, 60 55, 65
2
A12 03 15, 85 19, 35 14, 90
Fe2 03 1, 45 1, 70 5, 55
FeO 3,20 3,45 4,75
MgO 1, 40 2,90 2,95
CaO 0, 85 5, 35 5, 45
Na20 0, 80 5, 80 3, 70
K2 0 31 65 1i* 50 4, 10
TiO 0, 70 0, 20 1, 50
2
P205 0, 05 0, 10 1, 05
MnO 0, 10 0, 15 0,20
H2 O+ 0, 35 0, 55 0, 80
H2 0" 0, 05 0),, 30 0, 05
Total 99, 75 99, 95 100, 65
,
- Localisation des affleurements, exprimée selon les coordonnées de la grille
Mercador ( ). Nous donnerons par convention en premier la coordonnée
verticale située â l'Ouest de l'échantillon puis la coordonnée horizontale est
choisie en 5e déplaçant vers le Sud.
- Nous localiserons également selon les coordonnées Lambert, x et y.
1 : (30, 49) gneiss â grenat et sillimanite : G-1-8
x = 73° 18'00" y = 46° 29' 15"
2 : (29, 47) gneiss â biotite et amphibole : G-48-6
x = 73° 19'05" y = 46°28'00"
3 : (28, 45) gneiss â biotite et amphibole : G-70-14
t_ .,. 73°10'45" y = 46°27'00"
- 75 -
3.1.2. ORIGINE DES LEPTITES
Lors de la description pétrographique nous avions fait remarquer
que le terme de leptite, utilisé du point de vue cartographique, regroupait en fait
différents facies : leptites massives ou rubanées, leptynites et aussi gneiss à bio-
tite et amphibole en raison de leur étroite association.
Nous nous contenterons de discuter ici de l'origine des leptites mas-
sives (analyses 4 et 5) ainsi que des leptites rubanées (analyses 6 et 7). Nous uti-
liserons, pour fin de comparaison, d'une part des analyses effectuées par J.
MARTIGNOLE (1968) sur les leptynites (ou leptites d'aprbs la nouvelle termino-
logie) de la région de Shawinigan et, d'autre part, la moyenne des rhyolites de
NOCKOLDS (1954).
Pour discuter de l'origine ortho ou para de telles roches, nous
avons :choisi quelques diagrammes classiques.
3. 1. 2. 1. Diagramme clfm x 100 - al - alk de N gli (fig. 32
Pl. 13)
Nos analyses (4, 5, 6, 7) se placent à l'intérieur du domaine des ro-
ches éruptives. A l'exception de 4, les leptites se situent à proximité de la moyen-
ne des rhyolites de NOCKOLDS (1954) et de celles de J. MARTIGNOLE (1968). Il
s'agit-là du domaine des roches éruptives acides,
Cette position n'implique pas automatiquement une origine éruptive
car il pourrait s'agir, par exemple, d'anciennes arkoses ou de tufs acides,
3. 1. 2. 2. Diagramme _quartz - albite-orthose de OsF. Turtle
et N. L. Bowen (1958) (fig. 33 Pl. 13)
Ces auteurs ont, en particulier, reporté à l'intérieur du systhme
quartz-albite-orthose, 362 roches extrusives dont la norme contenait au moins
80 % de ces constituants, Un maximum de fréquence est ainsi apparu à proximité
du centre du triangle tandis qu'un domaine de moindre concentration s'éloignait du
pôle quartz. Pour les roches plutoniques un maximum de concentration apparais-
sait`également et, bien qu'un peu plus étendu, coihcidait avec celui des roches ex-
trusives.
Pour nos leptites, compte tenu de leur parfaite interstratification
avec les autres schistes cristallins et de l'absence de contact intrusif, nous n'uti-
lis erons que le diagramme des roches extrusives.
Les 4 analyses dont nous disposons pour ces leptites se situent à
l'intérieur (n ° 4 et 7) ou sur le pourtour (n° 5 et 6) du domaine du maximum de
fréquence qui correspond, rappelons-le, au minimum ternaire (puits thermique).
Signalons enfin qu'elles se situent toutes quatre à proximité de la
- 76 -
moyenne des rhyolites de NOCKOLDS (1954).
Il va de soi que cette position sur le diagramme quartz-albite-orthose
ne permet pas de conclure â une origine rhyolitique certaine. C'est la raison pour
laquelle il nous faut utiliser d'autres diagrammes qui permettent une tneilleure dis-
crimination.
3. 1. 2. 3. Diagramme Fe2 O3 total + TiO2 + CaO Al2O3
•
.73 SiO2 de H. de la Roche (fig. 36 Pl. 14)
LJ...J-LiJL1.J-.J-d.. l- .2- .1-
Les échantillônd. (5 ret 6) se situe* trés prés de la ligne éruptive qui
de part et d'autre du point moyen des rhyolites. Le point (6) est également proche
de la moyenne des rhyolites de NOCKOLDS. L'échantillon (5) est, lui, plus proche
du granite mais dans le domaine des grauwackes. Quant â (7), c'est le point le
plus éloigné de la ligne éruptive et il se situe dans le domaine de chevauchement
arkoses-grauwackes.
Ce diagramme ne permet donc pas de trancher de façon rigoureuse.
entre les origines effusive, sédimentaire ou mixte.
3. 1. 2. 4. Diagramme Mg0 --- K2O --- Na2 0 de H. de la Roche
(fig. 37 Pl, 14)
Lâ encore les quatre analyses se placent de part et d'autre de la li-
gnée éruptive entre granite et rhyolite. Seul le point (5) se rapproche du domaine
des arkoses mais il se situe en fait sur sa limite.
A fin de comparaison, nous avons reporté les points figuratifs de 5 ana-
lys es de leptynites (ou leptites) de la région de Shawinigan (J. MARTIGNOLE,
1968) ; on constate, qu'a, l'exception de deux d'entre elles, elles se situent dans
le domaine des arkoses.
Par ailleurs, en reportant nos quatre analyses sur le diagramme :
Na O
2
10 K 0 —Si02 Al2 O3, utilisé par J. MARTIGNOLE (1968), on s'aperçoit
2
qu'elles se situent autour de l'échantillon 3 de cet auteur, lequel pense qu'il peut
correspondre aussi bien â une coulée rhyolitique qu'a une arkose trés évoluée.
3. 1. 2. 5. Diagramme K - (Na + Ca) / soit3 - (Na + K + Qa
soit Fe+Ti+Mg de H. de la Roche (fig.
38 et 39 Pl, 15)
L'auteur a conçu une représentation tridimensionnelle des diverses
_ 7-7- _
variétés de roches ignées en utilisant les paramètres suivants :
en abscisses K - (Na + Ca) = B
- en ordonnées :
• soit Si/3 - (K + Na + 2
3
C = Q
. soit Fe + Ti + Mg = F
▪ et en altimétrie Na + K ;
- le plan de projection étant :
• soit,K (Na,+ Ca) / 3i - (K + Na + 2 Ca )►
3
• soitK - (Na +Ca) / Fe + Ti + Mg.
Cette représentation permet de distinguer, par exemple, un granite
alcalin d'un granite hypoalcalin gfâce à leur "altitude" respective donnée par leurs
valeurs Na + K.
Trois de nos analyses (4, 5, 6) se groupent dans les deux diagrammes
près du pôle théorique granite-rhyolite. Seul l'échantillon 7, Dans le diagramme
B/Q, s'éloigne de ce pôle, vers le domaine des "per-acidites". L'écart est ici uni'-
quement causé par un plus fort pourcentage en silice que dans la moyenne des au-
tres leptites de la région.
Cette position apporterait un argument supplémentaire pour une ori-
gine magmatique.
3. 1.2.6. Conclusion à l'étude des l ptites
D'après les résultats obtenus à partir de quatre analyses chimiques
faites sur des leptites massives ou rubanées de la région de Saint-Gabriel, nous
avons de bonnes présomptions pour attribuer à ces roches une origine éruptive.
On peut envisager qu'il s'agit, soit de coulées rhyolitiques, soit de
nappes ignimbritiques, intercalées dans les formations soit sédimentaires péliti-
ques, qui ont donné les gneiss à grenat et sillimanite, soit volcano -détritiques
(grauwackes), qui sont à l'origine, par exemple, des gneiss à biotite et amphibole.
Toutefois, on doit faire remarquer que quatre analyses chimiques
sur un des termes de l'ensemble, cartographié sous l'appellation de leptitey ne
peuvent suffire pour préciser si tout cet ensemble a une origine sédimentaire,
volcano-éédimentaire ou éruptive.
On peut penser que les leptynites associées qui présentent des critères
édimentologiques, assez évidents (autres qu'un litage apparent) ont en fait une ori-
gine arkosique.
- 78 -.
TABLEAU 2 - ANALYSES CHIMIQUES DES LEPTITES.
4
4 5 6 7 1M 2M 3M 4M NOCK.
. , ~
SiO2 72, 45 72, 20 75, 20 77, 55 70, 06 78, 73 74, 92 76, 62 74, 57
A1203 13, 25 13, 75 12, 75 12, 00 14, 33 11, 15 13, 06 11, 17 12, 58
Fe203 1,30 0,75 0,70 1,50 0,79 0,38 0,74 1,41 1,30
FeO 1, 05 2, 20 0, 95 0, 90 1, 13 0, 70 0, 94 1, 15 1, 02
Mg O 0, 75 0, 65 0, 40 0, 40 0, 25 0, 07 0, 25 0, 09 0, 11
CaO 1,35 0,95 0,50 0,15 0,70 0,61 0,72 0,54 0,61
Na 0 4, 30 3, 55 3, 85 3, 70 3, 27 3, 33 4, 14 3, 22 4, 13
2
K20 4,80 5,00 5,20 4,20 6,95 4,87 4,83 5,48 4,73
Ti 02 0, 40 0, 60 0, 25 0, 10 0, 41 0, 15 0, 27 0, 24 0, 17
P2 0 5 0, 10 0, 05 0, 05 0, 05 0, 06 0, 01 0, 08 0, 09 0, 07
Mn O 0, 05 0, 05 0, 05 0, 05 0, 05 i 0, 01 0, 03 0, 03 0, 05
H2O} 0, 20 0, 00 0, 10 0, 05 --- --- --- --- ---
H20 - 0, 20 0, 25 0, 05 0, 05 --- --- --- --- ---
Total 100, 20 100, 00 100, 05 100, 70 98, 00 100, 01 100, 00 100, 04 99, 34
Localisation des affleurements selon la grille Mercator ( ) et les coordonnées.
Lambert,
4 : (26. 42) Leptite massive éch. : G-47-5
x = 73°21'15" ; y = 46° 25'45"
5 : (30.43) Leptite massive éch. G-23-3B
x = 73° 17'45" ; y = 46° 26'15"
6 : (27.40) Leptite rubanée éch, : G-27-10
x = 73° 20'30" ; y = 46° 24'30"
7 : (27. 46) Leptite rubanée éch. : G-50-12
x = 73° 20'15" ; y = 46° 27'45"
1M : (57. 57) Leptynite (J.. MARTIGNOLE - 68)
2M : (54. 60) Leptynite "
3M : (57. 57) Leptynite
4M : (57. 58) Leptynite "
NOCK. : Composition moyenne des rhyolites alcalines (Nockolds-54).
-79-
En ce qui concerne les leptites rubanées (intercalations étroites de
leptites et d'amphibolites) on peut se demander si elles ne correspondent pas à une
alternance d'épisodes volcano-détritiques acides et basiques.
3.1.3. ORIGINE DES ROCHES BASIQUES
Actuellement, l'origine des roches métamorphiques basiques affleu-
rant dans la province de Grenville prête encore énormément à controverse. Rap-
pelons d'abord que les amphibolites, dont il sera question ici, correspondent à la
terminologie retenue dans le chapitre II (p.41 ).
Des différents types d'amphibolite décrits précédemment nous ne dis-
cuterons ici que de celles interstratifiées dans les leptites (analyse 9) et de celles
qui constituent des masses cartographiables (analyses 8 et 10).
Ne disposant que de trois analyses chimiques de ce type de roches,
nous avons jugé utile de les comparer aux analyses effectuées, sur des facies équi-
valents, par J. MARTIGNOLE (1968), A. R. PHILPOTTS (1967) et OSBORNE (1937),
dans les régions avoisinantes.
Dans le but de déceler, dans la mesure du possible, l'origine de ces
amphibolites, nous avons utilisé certains diagrammes classiques.
[Link]. Diagramme cjfm x 100 -alk - al de Niggli (fig. 32
Pl. 13)
Les trois amphibolites de notre région, ainsi que celles de la région
de Shawinigan, se situent à l'intérieur du domaine des roches éruptives. Nous
ferons cependant remarquer que certaines roches carbonatées peuvent avoir des
rapports identiques. En outre les deux analyses de gneiss à biotite et amphibole
(voir fig. paragraphe ) tombent à proximité des amphibolites 8 et 9 alors
qu'il s'agit plus vraisemblablement d'anciennes grauwackes.
Ce diagramme ne permet donc pas d'affirmer avec certitude que nos
amphibolites dérivent de roches magmatiques.
[Link]. Diagramme Alk - Ti - P et K en fonction de Ms
de_Niggli (fig. 34 Fl,. 13 )
Les différents parambtres permettent de séparer le domaine des
ortho-amphibolites de celui des para-amphibolites.
Les paramétres K et Alk montrent des valeurs trbs faibles de l'or-
dre de .1 pour K et inférieure à 10 pour Alk, alors que, dans les pélites et les
80 -
marnes, ces mêmes paramètres ont des valeurs supérieures à.. 4 pour K et supé-
rieures à 10 pour Alk (en tenant compte de la valeur de Mg de l'échantillon 8, le
moins magnésien).
Les paramètres P -- Ti et Alk laissent supposer, à partir des trois
points que nous possédons, une corrélation négative de Mg par rapport à ces der-i
niers paramètres, corrélation analogue à celle notée par J. MARTIGNOLE (1968).
Ainsi d'après ces diagrammes, une origine magmatique est plus vrai-
semblable qu'une origine marneuse. Toutefois, il faut remarquer qu'à la suite des
travaux de P. LAPADU-HARGUES (1958), dans "Observations à. propos des amphi-
bolites", l'auteur attribue autdi`natiqü'eMetit un.e 'ôriigize ,â[Link]'ô 4. une amphibolite
contenant plus de 0,8 % en poids de TiO2 . Selon ces observations seule l'analyse
n° 8 (2, 3 % de TiO2 ) serait indéniablement d'origine magmatique. Par contre, pour
les analyses 9 et 10, qui contiennent respectivement .7 % et .5 % de TiO2 en poids,
ce critère ne peut être utilisé pour résoudre le problème.
0s0 (fig. 37 Pl. 14 ) et
[Link]. Dia~rammes NaOK16-~4
Si02 =_A_1203 ___ Fe2 03 total + TiO2 + CaO (fig. 36
pl. 14) de H. de la Roche
Nos trois analyses (8, 9, 10) se situent à. proximité du point moyen des
gabbros et assez loin au-delà, du domaine des grauwackes. Toutefois, on ne peut pas to-
talement éliminer la possibilité d'anciennes grauwackes dolomitiques.
3. 1. 3. 4. Diagramme Ca + Mg --- al + Fe + Ti de H. de la Roche
(fig. 35 Pl. 13)
Ce diagramme, qui fait intervenir les proportions en milliatomes des
éléments Ca, Mg, Al, Fe et Ti pour 100 gr de roche, met particulièrement bien en
valeur les différences entre les roches ignées basiques, d'une part, les grauwa-
ckes et grauwackes dolomitiques d'autre part.
Les trois points (8, 9, 10) représentant nos analyses s'étalent selon
une pente négative à la limite supérieure de l'aire délimitant les basaltes, à l'op-
posé du domaine des grauwackes. Nous avons également reporté, à. fin de compa-
-rais on, la moyenne des 19 analyses d'amphibolites de J. MARTIGNOLE. Elle tom-
be également dans le champ supérieur délimitant les basaltes, à proximité de no-
tre analyse 8.
3. 1. 3. 5. Conclusion à l'étude pétro énétiq_ue des amphibolites
L e nombre d'analyses chimiques d'amphibolites à notre disposition
étant trop restreint, nous ne pouvons en déduire, de façon probante, leur origine
exacte. Comme le remarquait LEAKE (1964) l'origine ortho ou para des amphibo-
TABLEAU 3 - ANALYSES CHIMIQUES DES AMPHIBOLITES
8 V 10 1M 2M 151 151 551 bM 751 BM 9M ,551 17M 18M 1051 20M 21M 22M 23M 24b1 41M 1PI1 OSB.
4 3. o8 41.24 45. 16 47.05 4b. 46 50. 0 1 47. 11 41.64 45. 00 45.09 49.51 45.87 64.64 59.20 55.70 SiO2
SiO2 47.60 47.20 47.10 48.92 4A. 41 42.71 -, 5. C.6 46.58 45.95
ALcl3
15.80 17.60 17.85 11.97 14.41 14 06 15- 20 1-.3.51 16.16 14.66 14.99 16. 18 15.52 15.76 15.17 16.65 14.10 14. 70 lb. 11 1. 57 17.40 11.41 16.63 15. SO
A1201
6.10 3,40 3.05 3- 10 4, 11 3.92 2 o2 1.10 2.24 3.18 5.11 1.97 --- 2.24 1.11 3.27 1.81 0.97 1.20 3 - 09 2. 00 1.81 3.72 2 55 1 r201
Fe201
7.05 7.05 4.80 8.68 9.14 14.63 12.93 11.51 10.71 13.56 6.87 13.16 12.70 11.80 7.01 9.67 17.06 15.90 14.04 o. 12 1I.27 4.56 3 75 6.14 F-0
Fe•0
5.47 4.61 8.76 5.25 8.44 2. 35 1.43 5.21 ME0
6.55 8.85 8.85 6.53 6,89 5.09 6.39 7.84 7.42 5.08 8.26 7.12 9.25 7.35 7.01 4.98
Mg0
8,20 8.76 7.90 0 .70 9 .1-' 1.0o 5.40 6.90 CaO
C;_.0 8.55 0 .45 14.10 7.91 11.62 8.64 9.51 9.40 9.07 9.19 9.59 7. 57 10. 32 9. 35 1. 33 8.20
3.24 1.51 4.46 2.7': 1. -d 4.81 3.43 Nz20
Ka20 4.25 4.40 2.70 4.04 2.95 1.12 2.52 2.43 2.93 [Link] 4.22 1.96 1.45 3.87 4.00 3.89 2.55
1.06 0. ni. 1. 52 2.75 t 7.5 K2O
K2 0 0.80 1.05 0.40 1.21 0. 09 1.07 0..`.3 0.88 0.79 0.84 1.01 0.158 0.36 0.96 .. 19 1.85 0.98 1.00 1.4 5
('102
110 2 2.80 0.70 0.50 I-76 1.77 4.23 2. 57 1.79 2.00 4.16 1.52 2.02 1.50 1.79 1.28 2. 34 4.23 4. 19 2. 17 1. i 1.'11 0. 8-+ 1 00 0.90
0.-I, O. 18 0.24 0.1l' 0 25 0.35 P:05
P205 0.55 0.35 0.05 0. 39 0.29 0.74 0.36 0.20 0.05 0.84 0.26 0.48 0.25 0.25 0-46 1.68 0.81 0.11
0.20 0.15 0.20 0.10 0.21 0.27 0.22 0.18 0 20 0.23 0.18 0.2'. 0.19 0.17 0.11 0.14 0.21. 0.12 0.1'i 0.1r. 0.15 O. 0 0. l3 0. 05 i
190
\In(1
H2O+ 0.50 il, 10 0.55 , - - - - 0 x_ 1420*
- - - - - - - - - - - - - - o 60
'1 pz Lit 1-4:0
111,1 1- 0. 0 5 .17: 0.115 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - u
-;. 18 •x 5! •tg . 72 ',8. ,2 '8. :8 99 :-; 93. 53 98. 53 100. 00'100.00100 00100. 00 99.99 100 00100.00 100. 0l 99. "' 79.31 99.81 TOTAL
TUT.\l. 1..a.:, 951. ,5100. 4C -•' 0: 9 8 90
= Loc•di~a'ion de. .:rlonrer~i•n`s. reprim.~e srlo:, les .00rdonn,<cy de la grille \l.•reator I ). Nodsdoonrroels par [Link],: ri. premier I.. .00r<lonn,'r vrrtie3lr steuét
a l'Ort:< di.I . ~. i~n 'ilion pais la eoor.l:t.-,n¢r norizo::t:.le est al'oisir rn sr .16plaçant vers le Sud.
8 : 132.411 +.nlphiboli!e mass .7ce,a.+titlon G-21-5A 15M : (65.62) .,mohibolitr. rtrgion de Shawinigan U StART IIi~O LF:. 19bA)
• 73' 16'40" ; y = 46'25'00- 17M : (66. 55) amphibolite '•
9 : (28 19) .,mphi6olite ruh..oer éehantillon G-28-15 18M : 161.63) ..[Link]
,< _ 71'10'00- ; y = 46'24'00- 19M : (58. 60) amphibolite
g.
10 : (27.40) amphibolite missive échantillon G-27-8A 20M : (54.52) amphibolite
s = 73'20'45" ; y = 40'24'30" 21M : (60.59) amphibolite
1M : (54.60) amphibolite région de Shawinigan (J. MARTIGNOLE, 1968) 22M : amphibolite, 200 m au N de la route Saint-M..thieu (J. MARTIt iNOLF.. . •• 81
2M : 155.68) amphibolite 23M : amphibolite, 1 km au S du lac Bélanger .
3M (54. 52) amphibolite 24M (55. 56) amphibolite -
4M : (54.52) amp' i otite 41M : (42. 64) granulite rubanée
It
5M : (55. 51) ampSi .otite 1Ph amphibolite, région de Belleau-Desaulniers (A. R. PILILPOTTS. 1357)
oM e (55. 51) amphibolite OSB amphibolite, région de Shawinigan (OSBORNE 1936)
7M : (52. 54) amphibolite
8M : (57.58) amphibolite
9M : (67.60) amphibolite
- 82 -
lites doit être recherchée dans la tendance des courbes de variation et non pas
dans la simple comparaison de leur composition chimique qui alors serait ici
celle de basaltes alcalins.
MARTIGNOLE (1968), dont nous avons utilisé les analyses sur les
principaux diagrammes, démontre que les amphibolites du "complexe de base"
de la région de Shawinigan dériveraient vraisemblablement de sills ou de coulées
basaltiques mis en place durant le dépôt de la série sédimentaire originelle.
A. BERTHELSEN (1960) arrive également à une conclusion semblable
(origine volcanique) pour les pyribolites de la région de Tovqussap Nuns.
(Groenland). Il suppose même que les interstices, entre les coussinets des cou-
lées de laves sous-marines, renferment assez souvent du matériel riche en
chaux qui, par suite du métamorphisme et de la tectonique, peuvent donner des
petits niveaux interstratifiés de roches calco-silicatées au sein de roches amphi-
boliques ou pyroboliques.
ENGEL et ENGEL (1962), dans leur conclusion sur l'origine des
amphibolites des Adirondacks, sont également en faveur d'une origine magmati-
que : sills ou dykes basaltiques ; mais ils n'excluent pas l'hypothèse d'une dif-
férenciation métamorphique.
En définitive, pour les amphibolites de notre région, compte tenu des
résultats obtenus par l'utilisation des divers diagrammes, une origine magma-
tique serait plus vraisemblable qu'une origine sédimentaire. Les masses carto-
graphiables d'amphibolites pourraient représenter d'anciens massifs de gabbros
métamorphisés tandis que les amphibolites rubanées dériveraient de coulées
basaltiques auxquelles seraient mélangées des tufs basiques.
— 83 —
3. 1. 4. ORIGINE DES AUTRES FACIES DE LA SERIE PARAGNEISSIQUE
Il ne nous a pas été possible de faire analyser des échantillons re-
présentatifs des autres facies pétrographiques cartographiés sur notre terrain
d'étude, en particulier des quartzites et des formations carbonatées.
3. 1, 4. 1. - Les quartzites
Etant constitués, en moyenne, par plus de 95 % de quartz et étant
associés aux gneiss à grenat et sillimanite, ont peut dire, avec quasi certitude,
qu'il s'agit d'anciens niveaux de grès siliceux.
3. 1.4.2. - Les formations carbonatées
Les roches calco-silicatées ainsi que les skarns qui constituent des
niveaux peu puissants, interstratifiés dans les paragneiss alumineux, doivent
être considérés comme les équivalents métamorphiques de roches 'sédimentaires
carbonatées, calco-magnésiennes, riches en impuretés : quartz, minéraux
argileux, minéraux solubles (gypse, sel gemme, etc.) et traces organiques.
3. 1. 5. - ORIGINE DU COMPLEXE MIGMATITIQUE
Rappelons que cet ensemble se caractérise par une disposition ryth-
mique et une grande homogénéité dans le rubanement. Nous avions indiqué
(chap, II) que deux types de migmatites existaient dans ce complexe : des migma-
tites hétérogènes, d'un volume peu important, et, surtout, des migmatites
rubanées. C'est seulement de ces dernières dont nous allons discuter.
Trois analyses (11, 12, 13) ont été effectuées sur des échantillons de
gneiss à amphibole et pyroxène riches en minéraux felsiques (quartz + feldspath
potassique + plagioclase = 82 % dans (11) et 70 % dans (13). L'échantillon (12)
a une composition minéralogique très proche de celle de (13), I1 s'agit de facies
où l'homogénéisation n'a pas été complète.
3. 1. 5. 1. - Diagramme quartz - albite - orthose de Tuttle et
Bowen (1958) (fig. 33, pl. 13)
r
En toute logique l'utilisation de ce diagramme ne devrait pas être
faite car les totaux Qtz + Ab + Or normatifs de nos échantillons sont inférieurs
à 80 % (11 = 40, 44 % ; 12 = 73, 52 % ; 13 = 59, 46 %). Toutefois, il paraissait
intéressant de voir la position de nos échantillons par rapport au maximum de
fréquence des roches riches en éléments felsiques.
Les trois échantillons se situent en dehors du domaine du minimum
des fréquences des roches extrusives renfermant au moins 80 % de la norme
Ab + Or + Qtz.
Ce résultat peut paraître aberrant pour l'échantillon (11) qui renferme
un total modal de quartz + feldspath potassique + plagioclase = 82 %. Cela tient
à ce que l'échantillon analysé du point de vue chimique ne devait pas avoir la
même composition que l'échantillon sur lequel a été effectué le comptage de points
(on sait, en effet, la difficulté de l'échantillonnage des facies migmatitiques).
La lecture du diagramme montre la pauvreté en quartz des échantillons
(11) et (13) compensée par la relative abondance de l'albite. Quant à l'échantillon
(12), c'est celui qui se rapproche le plus du maximum de fréquence mais il est
trop pauvre en potasse pour se situer dans ce domaine.
En définitive, la position apparamment anormale de ces analyses dans
ce diagramme pourrait confirmer l'impression acquise sur le terrain d'un phé-
nomène anatectique débutant et non achevé. Seul le matériel franchement grani-
tique des migmatites hétérogènes, d'une importance volumétrique faible, repré-
senterait le bain silicaté produit par ce phénomène anatectique.
3. 1. 5.2. - Diagramme Fe20 / (total) + TiO2 + CaO —.73
Si02 A120 / de H. de la Roche (fig. 36, pl, 14)
La position de nos trois analyses est la suivante :
- 12, se situe près de la ligne des roches ignées, entre granite et granodiorite
mais aussi dans le domaine des grauwackes ;
- 13, est situé près du pôle des diorites, un peu au-delà du domaine des pélites ;
- 11, enfin, a une position assez éloignée de la courbe des roches ignées et
proche du point représentatif de la glauconite.
De ces résultats il n'est guère possible de tirer des informations très
valables.
3. 1. 5.3. - Diagramme MgO — Na2.O -- K2.O de H. de la Roche
(fig. 37, pl. 14)
Les informations suivantes peuvent en être tirées :
- les échantillons (12) et (13) se placent dans le domaine des grauwackes ;
- l'échantillon (11) est, comme dans le diagramme précédent, excentré et en
dehors aussi bien de la lignée éruptive que des domaines sédimentaires ou
volcano-sédimentaires.
Ce diagramme fait bien ressortir la pauvreté en K20 déjà observé
dans le diagramme Qtz - Ab - Or.
3. 1. 5. 4. - Diagramme Al + Fe + Ti --Ca + Mg de H. de la Roche
(fig. 35, pl. 13)
Ce diagramme vient confirmer l'éventualité de l'origine grauwackeuse
des échantillons (12) et (13) décelée dans le diagramme précédent. En outre,
l'échantillon (11) se situe dans le domaine des grauwackes dolomitiques métamor-
- 85
Tableau 4 - ANALYSES CHIMIQUES DES MIGMATITES
11 12 13
SiO2 54, 80 68, 45 57, 50
Al2 O3 14, 35 15, 40 17, 60
Fe2O3 2, 70 1, 65 3, 55
Fe O 5, 00 1, 35 4, 00
Mg O 4, 45 1, 50 3, 85
CaO 11, 95 4, 05 5, 05
Na20 4, 00 4, 55 4, 80
K2 O 0, 80 1, 60 2, 60
TiO2 0, 80 0, 65 1, 20
P2 O 5 0, 25 0, 10 0, 30
MnO 0,15 0,05 0,15
H 0+ 0, 55 0, 90 0, 00
2
H2 O~ 0, 10 0, 25 0, 05
Total 99, 90 100,50 100, 65
Localisation des affleurements selon la grille Mercator ( ) et les coordonnées
Lambert.
11 : (24. 45) migmatite échantillon : G--5915
x = 7.3 22'45";y=46° 27 ° :15"
12 : (26. 48) migmatite échantillon : G-39--11
x = 73° 21° 15";y = 46° 29 ° 00°°
13 : (26. 48) migmatite échantillon : G--39-16
x = 73° 21° 00°' 9 y _ 46° 28° 45"
- 86 -
phisées ; ce qui rendrait compte de sa position particulière sur le diagramme
Fe2 O 3 (total) + TiO2 + CaO -- SiO2 ~--- Al2O3 où on note une valeur du premier
terme supérieur à 20 %.
3. 1. 5. 5. - Conclusions à l'étude pétrogénétique du complexe
migmatitique
La comparaison des observations de terrain des caractères pétro-
graphiques et des résultats de cette courte étude pétrochimique des migmatites
rubanées, nous conduit aux réflexions suivantes.
Sur le terrain, la nature migmatitique de cet ensemble paraissait
assez évidente ;au microscope le développement des porphyroblastes de felds-
path potassique et des lentilles quartzeuses tendaient à confirmer les impres-
sions de terrain. Or, les trois analyses effectuées conduisent à envisager
plutôt une origine grauwackeuse. Cette contradiction tient essentiellement au
fait que les analyses ont été effectuées sur des échantillons où coexistaient un
matériel riche en minéraux mafiques et un matériel très leucocrate. C'est
dire que ces analyses doivent correspondre approximativement à la composition
chimique du matériel initial, c'est-à-dire, à celle des grauwackes.
Ces grauwackes, auxquelles devaient être associés des matériaux
encore plus basiques, auraient ainsi subi un début d'anatexie matérialisée par
le développement des porphyroblastes feldspathiques et des lentilles de quartz
ainsi que l'individualisation de lits riches en éléments blancs.
Quant au matériel basique (anciens tufs basaltiques ?), il aurait
cristallisé de façon topochimique, sans être affecté par des phénomènes de
mobilisation et aurait donné des amphibolites.
3. 1. 6. PETROGENESE DES ROCHES PLUTONIQUES
La genèse et la géochronologie des roches plutoniques de la région
font actuellement l'objet d'une étude détaillée de la part de K. et M. SCHIMANN
à Nancy.
Nous nous contenterons donc, ici, de discuter des résultats obtenus
sur seulement deux analyses (14 et 15), effectuées sur des gneiss mangéritiques,
en utilisant les deux diagrammes K - (Na + Ca), en fonction, d'une part, de
Si - (Na + K + 2Ca ), et, d'autre part, Fe + Ti + Mg. Sur ces diagrammes nous
3 3
avons également-réparti les valeurs de ces paramètres calculées sur neuf ana-
lyses chimiques de mangérite quartzique du Comté de Grenville et de la région
de Belleau-Desaulniers, données par A. R. PHILPOTTS (1966).
- 87 -
3.1,6.1., - Diagramme K- (Na + Ca) ---- S3 - (Na + K+
2Ca ) de H. de la Roche (1964-67) (fig, 38, pl, 15
3
Sur cette figure ont été reportées les différentes "lignées" d'une
part, des roches éruptives "normales", et, d'autre part, des roches éruptives
charnockitiques. Huit des neuf analyses de A, R. PHILPOTTS (1966) et les deux
nôtres s'inscrivent dans un domaine ellipsoidal situé dans le prolongement de la
ignée charnockitique. On serait donc en droit de prolonger cettedernière jusqu'à
la valeur O du paramètre Q, Ce domaine chevauche la lignée "normale" adamel-
lite-monzonite. On peut donc dire qu'une des lacunes signalées par H, de la
ROCHE (1967) dans le champ des variations chimico-minéralogiques des roches
charnockitiques par rapport aux roches éruptives est comblée.
3, 1. 6. 2. - Diagramme Fe + Ti + Mg K - (Na + Ca) de
H, de la Roche (1964-1967) (fig 39, pl, 15)
Les analyses reportées sur ce diagramme s'inscrivent dans un
domaine grossièrement parallèle, d'une part, à la lignée des charnockites, et,
d'autre part, à la lignée des opdalites, Là encore, pour ces roches à caractère
charnockitique de la province de Grenville, on note une absence de lacune entre
ces deux lignées.
Une remarque peut être également tirée de la lecture de ce diagram-
me les roches mangéritiques de notre région et de celles du Comté de Grenville,
ainsi que/de la région de Belleau-Desaulniers ne se situent pas sur la lignée des
mangérites des deux diagrammes,
Il s'agit là d'une difficulté de nomenclature déjà soulevée lors de
l'étude pétrographique et qui est classique quand on a affaire à des roches inter-
médiaires entre des types bien précis.
3.1. 6. 3. - Origine des gneiss mangéritiques
Nous ne ferons ici qu'effleurer ce problème qui a été abordé en
particulier pour les mangérites et les roches associées de la province de
Grenville par A. R. PHILPOTTS (1966) et J. MARTIGNOL.E (Nat„ can. 1968).
L'origine magmatique de nos gneiss mangéritiques nous parait
assez évidente compte tenu des caractères pétrographiques observés et de la
position de nos deux analyses dans les deux diagrammes utilisés,
Nous avons tenté de savoir si ces roches pouvaient être le produit
d'une anatexie d'une partie des gneiss encaissants, Nous avons ainsi reporté sur
les deux diagrammes précédents les points représentatifs d'un gneiss à grenat
et sillimanite, de deux gneiss à biotite et amphibole et de quatre leptites â roches
constituant l'encaissant. La dispersion anarchique de ces points (évidemment
trop peu nombreux) ne laisse pas envisager la possibilité d'un tel phénomène
anatextique.
ti
Tableau 5 - ANALYSES CHIMIQUES DES MANGERITES
14 15 7Ph 8Ph 9Ph 12Ph 13Ph 14Ph 21Ph 22Ph 23Ph
"
SiO2 60, 55 62, 20 63, 80 55, 50 68, 64 56, 01 57, 57 63, 36 52, 00 52, 61 63, 60
Al2 3 15, 30 14, 50 14, 39 14, 31 13, 14 12, 75 13, 67 14, 44 16, 68 14, 26 14, 94
O
Fe2O3 1, 10 1, 30 4, 05 2, 93 1, 05 7, 55 6, 64 3, 97 6, 45 6, 67 1, 91
Fe O 6, 10 5, 05 3., 96 2, 29 3, 58 5, 40 4, 81 2, 58 5, 41 7, 21 4, 28
Mg O 1, 85 3, 30 1, 29 0, 87 0, 70 1, 87 1, 93 1, 15 1, 77 2, 41 1, 19
CaO 4, 40 3, 75 4, 06 2, 08 2, 82 6, 94 5, 96 3, 78 6, 07 6, 41 3, 66
Na2 O 3, 55 3, 55 3, 10 3, 66 3, 14 2, 51 3, 05 3, 26 3, 99 3, 39 3, 49
K2O 4, 30 4, 40 4, 45 6, 17 5, 40 3, 82 3, 55 5, 29 3, 32 2, 54 5, 03
TiO2 1, 30 • 1, 10 0, 37 0, 95 1, 05 2, 38 2, 15 1, 50 2, 75 2, 60 1, 30
P2 O5 0, 55 0, 50 0, 41 0, 14 0, 27 0, 45 0, 12 0, 46 0, 43 0, 66 0, 49
Mn O 0, 15 0, 10 0, 09 0, 08 0, 09 0, 16 0, 15 0, 08 0, 13 0, 16 0, 11
H2O} 0, 05 . 0, 00 0, 59 0, 38 0, 22 0, 65 0, 64 0, 48 0, 46 0, 45 0, 32
H20 0, 10 0, 05 0, 02 0, 10 0, 15 0, 00 0, 10 0, 00 0, 08 0, 05 0, 03
i
Total 99, 30 99, 80 100, 58 100, 56 100, 25 100, 49 00, 34 100, 35 99, 54 99, 42 100, 35
Localisation des échantillons selon la grille Mercator ( ) et les coordonnées Lambert
14 : (31.43) gneiss mangéritique G-12-4 ; x = 73° 17'00" ; y = 46° 26'00"
15 : (31, 47) gneiss mangéritique G-10-5 ; x = 73° 17'30" ; y = 46° 28'10"
7Ph, 8Ph, 9Ph, 14Ph : mangérite quartzique, région du Comté de Grenville (A. R. PHILPOTTS, 1966)
12 Ph, 13Ph : mangérite, région du Comté de Grenville (A, R. PHILPOTTS, 1966)
21Ph, 22Ph : mangérite, 23Ph , gneiss mangéritique, région de Belleau-Desaulniers
(A. R. PHILPOTTS, 1966).
LEGENDE DES FIGURES 32 à 35
Symboles Désignations
C: - gneiss â grenat et sillimanite n° 1
e - gneiss à biotite et amphibole n° 2 - 3
Y -leptites n° 4-5-6-7
- leptites, région de Shawinigan (MARTIGNOLE, 1968)
ED - moyenne des rhyolites alcalines (NOCKOLDS, 1954)
• - amphibolite n° 8 - 9 - 10
0 - amphibolite, région de Shawinigan (MARTIGNOLE, 1968)
e - moyenne des amphibolite, région de Shawinigan
(MARTIGNOLE, 1968)
A - amphibolite, région de Belleau-Desaulniers
(PHILPOTTS, 1967)
- amphibolite, région de Shawinigan (OSBORNE, 1936)
0 - gneiss migmatitique n° 11 - 12 - 13
- 90 -
clfm x100
ISédts, résiduels
Fi9, 32 et argileux
I Roches éruptives
]([ Sédts. chimiques
Alk
Diagramme de Niggli c/fm Al. Alk.
Fig, 33
Ab
DIAGRAMME QUARTZ _ ALBITE_ ORTHOSE
- 91 -
20- 0
15
Alk 10
• _b0
o
o
00
0
0
m
Ti o / a
•000
0
p 00
o .8 9 10
~ /
al+[Link]
o
0,8
o
0,6
•- o
o
0.4- 00
9 10
o
0,2 008•
•
500
11pf'
0,8 t
\grauwacke
grauwacke dolomitique
dolomitique métamorphisé
300 C7/ _ I _ y ( CO2 expulsé)
0,6- i ... \
_
0.4
p 0 O 9
O
0,2 00000 / 100
003
O 0 0 0 0•
.._-.10
0
0 20 0,30 0,40 0,50 0,60 0,10 0,00 Mg 0 100 300 500 l00 Cari-Mg
Fig, 35 Distinction entre les roches ignées
Fig, 34: Courbes de variation des
paramètres K, Ti, P,Alk basiques et les grauwackes ou les
en fonction de Mg, de Niggli. grauwackes carbonatées. (de H. de
(Le trait plein délimite l'aire la ROCHE, 1968).
des para-amphibolites)
80~
F+g. 3 7
ela
131 (
~ ~■ 70
(
.9
P~r".ea0
x FeO+TiG$ Ca 0 A M.9 0+ Na2 0¢ lG Gebbro '
2 3 ta4 2
45
Baszltee( .><
(
50
Fig. 36 40 .4)11
,
,
, (\.
• ~/ l `.
35
!;'j'0
\
30 30
( ,ø iorite q~.
¢Granodiorite
25 .` ,19 •T‘11
Gevconite '3
. ~
~II / °Boaalte _
20 , °Grâ~r<te
IC' - '
.
!
3~p ~Gabbre / /¢4
y • Se s
......_._..---d ~1
-~~ pr /51/
4
14'/.
- .4hyol te
15 eDiorite ,• + o- t r 4. t
AC 13
_ 10 40 50 Nap
1 -Pélites k20
~ ~ Mg 0+ia20¢K2O
10 ' tst-° ~ r IbigO t- N 3 2 0-a4:2 0
J44 2'
/1 11 / oGrénodiorile
,G\a 5. Dias; ra m me 14'lg — K— Na de H . de la ROCHE
Oi
4~ Granite
~ 1a,
i
r A rkoses ' ~y ' 9 i~hvolire
r
v
5 10 15 20 25 30 z Ai203
Quartz
xJ3
Diagramme Si02 (x.73)_ Fe203 lterai)+Ti02 +Ca0 _ A!203
- 93 -
LEGENDE DES FIGURES 39 et 39
Symboles D6signations
- gneiss â grenat .et aillimanite n° 1
- gneiss $ biotite et amphibole n° 2
- leptite no 4 - 5 - 6 7
- gneiss mang6ritique n° 14 . 15
- rnangérite quartzique
a4rie de MORIN (A. R. PI-iILPOTTS, 1966).
', :1-11re Jos rcii },es
~h~lrrt~».Î<i~ irl~a~_•s
plutoniques.
- 94 -
m1
Fig. 38
200
150
00
SYENITE
QUARTZ.
En 50
~ et
ID BPI)
b0
.,~
~
~
P lanc he
MON Z.
FOIDIOUE
SYENITE
FOIDIOUE
K - (NatCa )a B
• 300 -250 -200 -150 • !00
— 95 —
-30C 25 0 -200 -100 k_(No+Ca) =8
.6
4-4 GRANITE
9 PV:
23 Ph
NI T E
4;914 Ph
C2 0 1 Ph ....
C')
14
444
MONIONI TE.,.l X15
®13Ph:.. 1
O` e3
tg 21Ph
SYENODIO
012 Ph
Fig. 39
DIORITE
u.
rn
Lign((' clos roches
ritockiric7nus
t's .
•
- 96 -
3.2. CARAOTERES DU METAMORPHISME
Après avoir essayé de déceler l'origine des divers schistes cristal-
lins de la région de Saint-Gabriel-de-Brandon, nous allons tenter de préciser
sous quelles conditions thermodynamiques se sont effectuées les recristallisations.
Nous examinerons successivement les groupes suivants :
les gneiss quartzo-feldspathiques, où ont été rassemblés les gneiss
à biotite et amphibole, les gneiss à pyroxène, les leptites et les
leptynites ;
les gneiss à grenat, les uns avec sillimanite, les autres avec bio-
tite ;
les roches basiques avec des amphibolites, des amphiclasites et
des pyriclasites ;
les roches carbonatées.
Nous examinerons enfin, d'après leurs paragenèses, à quel facies
métamorphique peuvent se rapporter, d'une part les migmatites rubanées du
complexe nord occidental et, d'autre part, les orthogneiss mangéritiques.
3.2.1. LES GNEISS QUART ZO-FELDSPATHIQUES
3. 2. 1. 1. - Les paragenèses.
Dans le tableau ci-contre sont indiqués les divers minéraux présents
dans plusieurs lames des divers types lithologiques. Les associations critiques
permettent de fixer, du point de vue purement minéralogique, le facies et le
sous-facies des différentes catégories de roches. A ces assemblages, il faut
ajouter le zircon, l'apatite et les oxydes métalliques.
A la lecture de ce tableau, on peut faire les remarques suivantes :
- les leptynites ne renferment comme minéraux repères que du grenat, tandis
que les leptites montrent la présence, en très faible quantité, de biotite. Leur
degré métarnorphiqué ne peut donc guère être apprécié ;
- en ce qui concerne les gneiss, les uns sont à biotite et amphibole et sont donc
à ranger dans lé facies amphibolite tandis que les autres sont à ortho et clino-
pyroxène, avec ou sans hornblende (laquelle est alors la variété brun verdâtre)
et sont caractéristiques du facies granulite.
Or, ces deux catégories de gneiss sont étroitement associées sur le
terrain. On sait que P. ESKOLA, (1952, 57, 61) avait déjà observé une telle as-
sociation de roches à facies amphibolite et de roches à facies granulite. Il l'ex-
pliquait, à la suite des travaux de H. S. YODER (1952, 1955), par l'intervention
d'importants mouvements de cisaillement provoquant le départ d'eau et l'appari-
- 97 -
1
(
Association Facies et
Nombre
de lame s
Nomenclature
Gren at
x critique sous-
Opx.
~
cd
â â w rra a78 ~ facies
0 x u)
+ + + + + 3 Pl. - Gr. - Bi, F. ampli.
Leptynite
+ + + + 4 Pl, - Gr, F. amph.
+ + + + + 6 Leptite Pl, - Bi. F. amph.
+ + + + + + 8 Gneiss à biot, Pl. - Hbl. - Bi. F. amph.
et amph.
+ + + + + + + 9 Pl, - Hbl, - F. Gr.
Op, - Cp.
+ + + + + + 4 Gneiss à py- Pl. - Op. - Cp. F. Gr.
roxène
+ = minéral présent
+ = peut être absent ou présent
F. Gr, = Facies Granulite
F. amph. = Facies amphibolite
tion de minéraux anhydres. En fait, une telle explication ne parait pas convenir
pour notre région car du point de vue structural, il n'y a aucune différence entre
les deux types de gneiss. Ceux à orthopyroxène ne montrent aucune trace parti-
culière de cataclase. On pourrait également essayer d'interpréter une telle as-
sociation d'après l'hypothèse de de WAARD, (1965). Selon cet auteur, une partie
de la phase liquide expulsée de la charpente des minéraux lors d'une phase mé-
tamorphique de facies granulite resterait dans la roche à l'état de film inter-
granulaire. Elle pourrait se recombiner aux minéraux anhydres primitifs si la
roche était soumise pendant un laps de temps suffisant aux conditions soit du
facies amphibolite, soit du facies schistes verts.
Cette explication convient parfaitement dans le cas où de puissantes
masses de roches à facies granulite sont en totalité rétromorphosées. Mais dans
notre cas il faudrait admettre que certains niveaux auraient été entièrement
déshydratés, lors de la première phase de métamorphisme tandis que d'autres
ne l'auraient été que partiellement.
- 98 -
En définitive, il semble plus logique d'envisager à la suite des travaux
de WYNNE-EDWARDS et HAY (1963), WYNNE-EDWARDS (1967), REINHARDT
(1968) et FLECHTER (1968), que les différences de pourcentage en minéraux hy-
dratés dans des couches adjacentes peuvent être dues à des variations du rapport
Fe/Mg et non pas à des teneurs en eau initiales différentes. Les recristallisa-
tions auraient eu lieu sous des conditions de température et de PH2O identiques.
Précisons tout de suite que PH2O doit être inférieure à PL (ce point sera discuté
ultérieurement).
3. 2. 1. 2. - Diagrammes A C F - A' K F
Les points représentatifs des analyses de leptites et de gneiss à miné-
raux mafiques ont été reportés sur les diagrammes d'une part du facies amphibo-
lite almandin (sous-facies sillimanite - almandin - orthose) d'autre part du facies
granulite de la planche 16.
En ce qui concerne les leptites (4, 5, 6, 7) comme il fallait s'y attendre
elles se situent à proximité du pôle K (valeurs comprises entre 50 et 70 %). Par
contre, les diverses incompatibilités suivantes apparaissent entre les composi-
tions modales et normatives :
- elles devraient renfermer du grenat, or ce minéral est absent ;
- l'échantillon (7) devrait montrer de la sillimanite, alors qu'elle
n'existe pas ;
- 4, 5, 6, devraient contenir soit de la hornblende et de la biotite
(facies amphibolite) soit de l'orthopyroxène (facies granulite).
Or, seules quelques traces de biotite ont été observées.
Ces incompatibilités s'expliquent par le fait qu'il s'agit de roches très
siliceuses (SiO2 compris entre 72 et 77 %) et potassiques (K2O > 4 %) ce qui
fait que les autres éléments (Al2O3, FeO, MgO, CaO, Na2O, K2 O) constituent
un "reliquat" très faible et que leurs rapports sont peu significatifs.
Quant aux gneiss â biotite et amphibole (2, 3) les constatations suivan-
tes peuvent être faites :
- ils se situent dans les diagrammes A C F et A' K F du sous-
facies B.2. 3.
- l'échantillon (2) devrait renfermer du diopside. En fait on a
fréquemment observé,dans d'autres lames de roches voisines,
l'ouralitisation du pyroxène, il s'agit donc là, vraisemblable-
ment d'un facies où la hornblende est secondaire;
- ce même échantillon (2) renferme en même temps biotite et
feldspath potassique (perthite) alors qu'il se situe entre le pôle
F et le domaine de la biotite. On peut penser là encore que la
biotite est secondaire et s'est développée aux dépens de la horn-
blende en empruntant un peu de potassium à la perthite ;
- 99 -
l'échantillon (3) laisse prévoir la présence à côté du quartz
et du plagioclase, de la hornblende, de la biotite et du felds-
path potassique, paragenèse effectivement observée ; mais
il n'est pas impossible que là encore il puisse s'agir d'un
gneiss à pyroxène, de facies granulite, rétromorphosé.
3.2.2. LES GNEISS A GRENAT
[Link]. - Les paragenèses
Comme le montre le tableau ci-dessous, on peut distinguer trois
catégories de gneiss grenatifères, ceux à biotite et sillimanite, ceux à sillima-
nite et ceux à biotite.
m
Gr en.
,; p, a) a) Association Facies et
N x• an
° i 4 ,ô -~ 06 critique sous-facies
+ + + + + + + 1 Sill. -Gr. -Pl. -Bi. S. F. sill - al - or
ou F. Gr.
+ + + + + + 1 Sill. -Gr. - Sc. - Bi. "
+ + + + + + + 6 Sill. - Gr. - Pl. - Bi. "
+ + + + + 1 Sill. - Gr. - Pl. F. Gr.
+ + + + + + 1 Sill. -Gr. -Pl. F. Gr.
+ + + + + + 7 Sill. - Gr. - Pl. - S. F. sill. - al - or
(Bi.) ou F. Gr.
+ + + + + + 4 Gr. - Bi. - Pl. S. F. sill. -al-or
+ = présent
+ = peut être présent ou absent
S. F. sill - al - or = sous-facies à sillimanite-almandin-orthose
F. Gr. = Facies Granulite.
La présence de biotite dans certains de ces gneiss, associée à la
sillimanite, induit normalement qu'ils se sont formés sous les conditions du
sous-facies le plus élevé du facies amphibolite. Toutefois, il s'agit le plus sou-
- 100 -
Pi 16
Fig. 40
Facies
amphibolite
B. 2.3.
Fig,41
Facies
granulite
Diop. Hbl,
vent d'une biotite fortement pléochroi'que en raison de sa teneur élevée en Ti et
qui parait stable sous les conditions du facies granulite. En outre, l'absence
de cordiérite tend à indiquer qu'il doit s'agir d'un métamorphisme de type
Barrow plutôt que du type Abukuma.
A l'exception des 4 échantillons du bas du tableau, la sillimanite est
constante et souvent très abondante. Sa cristallisation prismatique et non pas
fibreuse (parfois on pourrait même parler de phénoblastes) conduirait, comme
le pensent de nombreux auteurs, à considérer qu'elle s'est développée sous les
conditions du facies granulite.
3. 2. 2. 2. - Diagramme A C F - A' K F
Nous ne disposons malheureusement que d'une seule analyse faite sur
un facies à grenat, sillimanite et biotite. Sur A C F elle tombe normalement
dans les domaines plagioclase - sillimanite - grenat des facies B.2.3. (fig. 40)
et granulite (fig. 4 1).
Sur A' K F par contre, elle se situe dans le diagramme partiel sil-
limanite-feldspath potassique-almandin, ce qui excluerait la présence de biotite.
Deux explications peuvent être proposées.
- La ligne d'attache grenat - feldspath potassique n'est peut-être pas
toujours impérative et dans certains cas, on est sans doute en droit de ne tenir
compte que de la ligne grenat - biotite - feldspath potassique.
- Le grenat a été en partie transformé en biotite par suite d'un phé-
nomène de rétromorphose.
Il ne nous est guère possible de choisir valablement entre ces deux
hypothèses.
3. 2. 2, 3. - Géothermomètres de Perchuk
Afin d'apprécier la température à laquelle les gneiss à grenat se sont
formés nous avons utilisé le géothermomètre de Perchuk (1967)
Il constitue une application directe de la loi de distribution de NERNST
pour les éléments Fe, Mg et Mn entre les minéraux biotite et grenat. PERCHUK
a considéré ce couple comme étant un système chimique, en équilibre où les
échangeFs d'ions se font mutuellement. En conséquence, les potentiels chimiques
de Mg , Fe++ et Mn++ dans la biotite et le grenat sont identiques. Cet auteur en
conclut qu'à l'équilibre le coefficient de distribution de Mg entre ces deux der-
niers minéraux peut se traduire par une droite dans un diagramme de concentra-
tion et que cette droite est fonction de la température de formation. PERCHUK
a donc construit une série de courbes isothermes en fonction des différents coef-
ficients de distribution dej&.
- 102 -
Analyses chimiques du couple biotite - grenat extrait de l'échantillon
G-34-3C. Provenance : (23. 50), x = 73° 23'30" ; y = 46° 29'30",
Analyste : B. USELLE - Grenoble, 1970.
Biotite Grenat
SiO2 38, 60 37, 20
Al2O3 15, 50 21, 55
Fe2 O3 1, 20 2, 30
FeO 13, 90 26, 45
MgO 13,95 7, 25
C aO 1, 00 3, 90
Na2 O 0, 30 0, 30
K2 O 9, 10 0, 10
TiO2 4, 45 0, 10
P2 O 5 0, 20 0,20
MnO 0, 10 0, 90
H2O+ 1, 20 0, 00
H20- 0, 10 0, 05
Total 99, 60 100, 30
Mg
. 625 . 307
Mg + Fe + Mn
Bien que nous n'ayons à notre disposition qu'une analyse de biotite et
qu'une de grenat, minéraux extraits d'un gneiss à biotite et grenat, les rapports
de Mg donnent une température de 670° C. Sur la figure 42 ont été
Mg + Fe + Mn
reportés également les résultats donnés par F. BRON (1970) pour deux couples
biotite - grenat de gneiss en provenance de la région de Labrieville - Lac Isidore,
Québec. Une température moyenne de 650°C était avancée, valeur très proche de
la nôtre.
Admettons donc que la température sous laquelle ont cristallisé, d'une
part les gneiss à biotite et grenat dont ces deux minéraux ont été analysés, et
d'autre part les gneiss â grenat et sillimanite associés, on peut essayer de pré-
ciser les valeurs de PJ et de PH2O• Précisons en outre que ces gneiss ne
présentent pas de phénomènes de mobilisation anactectique.
- 103 -
GRENAT
Mg
Mg+ [Link]
h®0
0,1 i,/ ii 0,1
Mg BIOTITE
M g; Fe • M n
Fig. 42 : Géothermométre biotite grenat de PERCHUK (1967)
Sur le diagramme de la fig. 43 ont été reportées les courbes suivantes :
1 Courbe de stabilité des silicates d'Al2 03, selon E. ALTHAUS, 1967 et
RICHARSON, BELL et GILBERT, 1968.
2 Deux courbes de la réaction muscovite + quartz feldspath potassique +
sillimanite + H2O, l'une pour PH2 O = PS (2A) et 1!autre pour PH20 =
0. 5 PS (2B). Cette deridIre a été calculée par A. WEISBROD(1970)â
partir de la première qui, elle, est expérimentale.
3 Courbe délimitant le domaine de stabilité (entre 3A et 3B) des associations
almandin-cordiérite-biotite-sillimanite (quartz -F orthose + H20),
d'aprés A. HIRSCBERG et H. G. F. WINKLER (1968). Compte tenu de
la teneur en MnO du grenat analysé (0, 9 %), la limite inférieure de
ce domaine 'a été déplacée selon les indications de J. P. BARD (1969).
4 Courbe de la réaction hornblende-pyralpsiteorthopyroxéne + plagio-
clase + H2O pour PHzo < Ps (H. R. WYNNE - EDWARDS, 1968).
5 Courbe d'anatexie minimale (H. G. F. WINKLER, 1967).
— 104
Fig. 43. Champs (lc s :il>ililc (lc c•c•rlains .i5sc•mhlages min6ralogiquc•s
c n fonction (I (.• l:, tc•mpi:r;cturc• c t tic la pt•t•ssion. Pour la IÇ-
l;c•ncic• . voi r lc t c•xt Y.
- 105 -
La lecture de ce diagramme, en admettant que la température est
fixée, soit 670° C, permet de tirer les conclusions suivantes :
1 - En tenant compte de l'absence de phénomènes anatectiques, de la
présence de sillimanite, et en admettant que PH2 O = Ps, le seul domaine de
pression compatible avec la température de 670° ~: est celui compris entre 1Kb
et 2., 5 Kb. Cela impliquerait un gradient géothermique très élevé, supérieur à
î 0° C /Km. Or de tels gradients, s'ils ont été avancés pour des schistes cristal-
lins hercyniens, tels que ceux de Bosost (H. ZWART, 1962) ou d'Aracéna (J. P.
BARD, 1969), ne paraissent pas avoir été mis en évidence lors de's cycles oro-
géniques précambriens. En particulier dans la région de Shawinigan, proche de
la nôtre, J. MARTIGNOLE, 1968, a mis en évidence l'existence d'un métamor-
phisme général de haute température et de haute pression. Nous pensons donc
devoir éliminer ce domaine de faibles pressions.
2 - Si Ps a donc de bonnes chances d'avoir été supérieure à 2, 5 Kb,
cela impose que P H2O lui était inférieure (sans quoi on aurait eu début d'ana-
texie).
Cette condition PH2O G. P` est rendue également nécessaire par le
fait que certaines roches associées aux gneiss à grenat renferment de l'hyper-
sthène lequel ne peut apparaftre, lors d'un métamorphisme général, pour des
températures de l'ordre de 700° C que si P H2O est plus faible que la pression li-
thostatique (A. WEISBROD, 1970).
Quant aux domaines de PS possibles, ils sont difficiles à préciser.
Tout ce que l.'on peut dire à la lecture du diagramme c'est que P a été soit in-
S
férieur à 4 Kb, soit compris entre 6 et 10 Kb.
A notre avis, le second domaine (pression lithostatique supérieure à
6 Kb) s'accorde mieux avec ce que l'on connaît du métamorphisme des forma-
tions grenvilliennes et en particulier de celle de la région de Shawinigan où J.
[Link], 1968, a avancé une pression lithostatique, de l'ordre de 7 à 8 Kb,
la température étant là de 800 ° C.
A titre indicatif, si PH2O avait été égale à 0, 5 Ps, cette dernière, pour
une température de 670 ° C, aurait été comprise entre 7, 5 et 8 Kb.
- 106 -
3.2.3. LES ROCHES BASIQUES
3.2.3. 1. - Les paragenèses
Elles sont données dans le tableau ci-contre. Rappelons que les propor-
tions respectives des divers minéraux ont permis de distinguer différents facies
pétrographiques : amphibolites, pyroxénites, pyribolites, amphiclasites.
, . • a~ <`8 Association Facies et
x
~ ~ p â, R, ~ ,~ b~ critique sous-facies
a a w x ~ o as z
+ + + + + + + 4 P1. - Hbl. - Opx. -Cpx. F. Gr.
+ + + 1 Pl. - Hbl. - Cpx. F. Amp. -alm.
+ + + + + + 2 Pl. - Hbl. - Opx. -Cpx. F. Gr.
+ + + + + 1 Pi.-Opx.-Cpx. F. Gr.
+ + + + 2 P1.-Opx.-Cpx. F. Gr.
+ = présent
+ = peut être présent ou absent.
De façon générale, on peut faire les observations suivantes :
- à part un échantillon toutes les roches basiques renferment de l'ortho-
pyroxène .;
- celui-ci est présent aussi bien dans des roches leucocrates avec quartz,
plagioclase, feldspath potassique que dans les roches basiques avec plagioclase
basique, clinopyroxéne et hornblende ;
- la hornblende est la variété brun verdâtre signalée fréquemment dans
les gneiss charnockitiques.
Du point de vue minéralogique les paragenèses observées dans les roches
basiques sont pour la plus grande majorité d'entre elles caractéristiques du
facies granulite.
- 107 ---
3. 2. 3. 2. - Diagramme A C F - A' K F
Compte tenu de la présence d'orthopyroxène (en proportion variable)
dans les roches 8, 9, 10, il convient d'utiliser les diagrammes A C F - A' K F
du facies granulite (fig. 41, pl. 16).
Sur ces diagrammes ont été tracées en pointillé les lignes d'attache
suivantes : plagioclase - hornblende (brun vert), hornblende - grenat, grenat -
biotite (titanifère), biotite (titanifère) - orthose.
En fait les différentes lignes figurées sur ces diagrammes ne permet-
tent pas une bonne représentation de la norme des roches basiques. L'exemple
le plus évident est le fait que les positions des trois roches sur A C F exclu-
raient l'association hornblende brun vert et orthopyroxène qui est pourtant cons-
tante. En fait, il serait sans doute plus logique au lieu de tracer la ligne horn-
blende - grenat de tirer celle entre hornblende et orthopyroxène (fig. 41).
Mais on peut penser également, et certaines observations microsco-
piques tendraient à le prouver, que la hornblende brun vert est en fait un produit
secondaire formé aux dépens de l'orthopyroxène. On serait donc en présence de
roches métastables entre le sous-facies granulite à hypersthène et le sous-facies
granulite à hornblende.
Toujours est-il que la présence d'orthopyroxène vient confirmer la
conclusion, émise lors de l'étude des gneiss à grenat, selon laquelle PH2O avait
été inférieure à PS lors de la phase métamorphique majeure (voir discussion de
la p.112).
3.2.4. LES ROCHES CARBONATEES
Compte tenu d'une part de la faible importance volumétrique de ces
roches dans notre région et, d'autre part du manque d'analyses chimiques sur
les différents types de ces roches, nous nous contenterons d'abord de faire une. •
brève énumération de quelques paragenèses caractéristiques.
. calcite - diopside - scapolite - sphène
(quartz avec rutile)
. quartz - diopside - hornblende - feldspath potassique -
plagioclase (biotite - graphite - apatite - rutile - oxydes
métalliques).
Les minéraux qui peuvent donner une idée du grade métamorphique
sont :
• diopside : il implique au minimum le facies amphibolite;
- 108 -
scapolite : elle peut atteindre 20 % de la roche. Au micros-
cope, elle nous est apparue primaire. D'après Van de KAMP
(1968) la réaction : andésine + biotite + hornblende + calcite
+ Cl + F scapolite + pyroxène + phlogopite, nécessiterait
une température de 500° C - 700° C pour une pression de 6 à
8 Kb.
De telles conditions sont tout à fait compatibles avec celles déduites du
géothermomètre de Perchuk sur un couple biotite - grenat (T° = 670° C). Quant à
Ps nous l'avions estimée comme vraisemblablement comprise entre 6 et 10 Kb.
3.2.5. LES MIGMATITES RUBANEES
L'étude du complexe migmatitique nord occidental n'a pas, rappelons-le,
fait l'objet d'une étude détaillée. Nous nous bornerons donc à émettre quelques
considérations très générales.
3. 2. 5. 1. - Les paragenèses
Le tableau ci-dessous indique les assemblages présents.
!, tn Association Facies et
N cd ~~+ p ~
?C ~ t- ~ ~
a ~ ~ critique sous-facies
â â (~ 461 . U ,...,
r
+ + + + + + + j 5 Pl. -Opx. - Cpx. - Hbl. F. Gr.
+ + + + + + 2 Pl. -Opx. - Cpx. - Bi. F. Gr.
(tit.)
+ + + + + 1 P1, - Opx. - Bi. (tit.) F. Gr.
+ = minéral présent
+ = peut "être présent ou absent
(tit.) = titanifêre.
Les proportions de ces minéraux sont évidemment variables. Parmi eux
le plus caractéristique est évidemment l'orthopyroxène qui indique qu'il s'agit de
roches du facies granulite. A côté de lui se rencontrent biotite et parfois horn-
blende brun vert mais en général en faible quantité (pour la première, moins de
3 % et, pour la seconde, quand elle est présente, moins de 5 %, sauf dans une
lame ou elle atteint 19 %).
- 109 -
Là encore, d'après certaines observations microscopiques, ces
deux minéraux paraissent s'être développés secondairement.
3.2. 5.2. - Diagramme A C F - A' K F
Trois échantillons ont été analysés (11, 12, 13). Ils sont reportés
sur les diagrammes de la planche 16.
Sur ceux du facies granulite, auxquels nous devons nous reférer
compte tenu de la présence d'hypersthène, les mêmes remarques sont à faire
que celles données au sujet des roches basiques : association apparemment
anormale entre orthopyroxène - hornblende - biotite, mais elle peut s'expliquer
sans doute par certaines transformations de type rétromorphique ou par certains
caractères chimiques, par, exemple, valeurs particulières de Fe/Mg.
3.2. 6. LES ORTHOGNEISS MANGERITIQUES
3.2. 6. 1. - Les paragenèses
D'après le tableau ci-contre, on s'aperçoit, exception faite de trois
échantillons, que tous les orthogneiss mangéritiques renferment de l'orthopy-
roxèn e.
En outre, le feldspath potassique est constamment perthitique cet le
quartz contient parfois des aiguilles de rutile.
Nbre del
~;
lame s
• tio ~ Association Facies et
x
~ .`d ¢ • ~ ° critique sous -facies
a Ga a+ O U x W
+ + + + + + 4 Pl. - Opx. - Cpx. F. Gr.
+ + + + + + + 10 PL;- Opx. - Cpx. - Hbl. F. Gr.
+ + + + + + 5 Pl. - Opx. - Cpx. - Hbl. F. Gr.
+ + + + + 3 Pl. - Hbl. - Bi. F. Amp. alm,
+ - minéral présent
+ = peut être présent ou absent.
- 110 -
Il s'agit donc de roches possédant les caractères des roches char-
nockitiques. Comme on l'a vu dans la ire partie de ce chapitre, consacré à la
pétrogenèse, il s'agit d'anciennes roches plutoniques, porphyroides ayant subi
des phénomènes essentiellement cataclastiques,
[Link]. - Diagramme A C F - A' K F
Deux échantillons ont fait l'objet d'analyses (14 et 15). Sur les dia-
grammes du facies granulite (fig. 41, pl. 16), auquel on doit se reporter, elles
se situent dans le domaine plagioclase - hornblende - orthopyroxène (ACF) et sur
le côté orthose - orthopyroxène (A' K F).
N'ayant pas observé dans ces roches de phénomènes rétromorphiques
liés à la cataclase qu'elles ont subi on peut penser que cette dernière a da s'ef-
fectuer sous les conditions du facies granulite.
3.2.7. CONCLUSIONS
Les paragenèses observées dans les formations cristallines de la ré-
gion de Saint-Gabriel-de-Brandon sont caractéristiques en partie du facies am-
phibolite - almandin (sous-facies le plus élevé) et en partie du facies granulite
(les deux sous-facies à hornblende et à hypersthène étant représentés).
De façon très approchée, on peut tenter de fixer les conditions ther-
modynamiques de la phase métamorphique majeure :
- Une température minimale de 670° C a été atteinte ; c'est celle
calculée grace au géothermomètre de Perchuk sur un couple biotite-grenat d'un
gneiss alumineux ;
- PH20 a très vraisemblablement été inférieure à PS en raison de
l'absence de phénomènes anatextiques et de la présence d'hypersthène (A.
WEISBROD, 1970) ; malheureusement on ne peut fixer, même approximativement,
la valeur de ). dans la relation PH2O = X PS
- PS peut difficilement être chiffrée elle aussi mais il semble qu'on
puisse raisonnablement avancer des valeurs comprises entre 6 Kb et un maximum
de 10 Kb. Au cas oû dans la relation précédente X serait égal à 0, 5 le maximum
de PS pour 670° C serait compris entre 7, 5 et 8 Kb.
Quant à l'association sur le terrain de roches à facies amphibolite
et de roches à facies granulite, on pourrait l'interpréter au moins de deux façons:
- variation du rapport Fe/Mg (ou d'autres éléments) dans ces deux
catégories de roches, P HlO y étant constante ;
- dans certains niveaux, existence d'une phase fluide (ou gazeuse)
intergranulaire après acquisition du facies granulite, cette phase
pouvant se recombiner avec les minéraux anhydres initialement
formés et donner des roches de facies amphibolite.
CHAPITRE IV
4.0. - INTRODUCTION
4. 1. - LES ELEMENTS STRUCTURAUX MESURES
4, 2. - LES GRANDES UNITES STRUCTURALES
4. 3. - CONCLUSIONS A L'ETUDE STRUCTURALE
- 113 -
4. 0. - INTRODUCTION
4. 0. 1. - HISTORIQUE
R. BELAND (1967) lors des levés au 1/50 000 n'avait pu que noter
la grande complexité structurale de la région de Saint-Gabriel-de-Brandon ; les
séries avaient été plissées, selon lui, au cours de déformations plastiques (al-
lure de feuille froissée et chiffonnée).
Les premiers levés effectués dans une optique structurale furent ceux
de E. DIMROTH (1963) sur un terrain situé au Nord de notre région. Il mit en
évidence de façon très nette la succession de trois phases de plissement :
une première phase, dont l'axe varie de E-O à NE - SO, est à l'ori-
gine de plis droits et serrés ;
une deuxième série de mouvements se superpose à la précédente
et se matérialise par des axes orientés NO - SE et plongeant vers
le Sud Est ;
enfin, un système de plis ouverts (grandes ondulations) a repris le
tout.
De son côté, J. MARTIGNOLE (1968-1969) a très bien démontré, dans
la région de Shawinigan, l'existence de deux phases principales de déformations :
- une phase ancienne donne des plis d'axe E-O à E - NE, couchés ou
déversés vers le Nord ;
- une seconde phase, d'axe N-S â S .- SE, a repris les premières
structures et a ainsi provoqué la formation de croissants, de dômes
et de bassins.
De son côté, dans le rapport préliminaire de la région de Houde-
Masson, ainsi que dans l'article publié sur le Complexe Plutonique du lac Croche,
situé à une vingtaine de kilomètres à l'Ouest de notre territoire, K. SCHRIJVER
(1966-1968), reconnart l'existence de trois phases de plissement. En particulier,
l'axe des plis produits par la phase principale, c'est-à-dire la deuxième, aurait
une direction N-S à S - SE et un plongement variant de 25° S à 15° SE.
Enfin, ces deux derniers auteurs ont retracé récemment, dans une
publication conjointe (J. MARTIGNOLE - K. SCHRIJVER 1970), l'évolution tec-
tonique du massif de Morin. Cette étude structurale s'étend depuis la limite ouest
de notre territoire jusqu'au massif d'anorthosite de Morin, situé à une soixantaine
de kilomètres plus à l'Ouest. D'après ces auteurs, .les roches encaissantes de ce
massif auraient subi quatre phases de déformations dont deux principales. On peut
les résumer de la façon suivante :
- 114 -
Un ancien système de plis d'axe orienté E-0 à NE - SO a été repris
par une seconde phase de déformation contemporaine de l'étalement, vers l'Est
et sous forme de nappe, de la masse anorthositique.
Une troisième phase, coaxiale avec la seconde, comporte des plis
droits et ouverts et se localise en bordure de la nappe d'anorthosite.
Enfin, des ondulations ont repris le tout.
4.0.2. - APERCU STRUCTURAL D'ENSEMBLE
La région qui fait l'objet de cette étude est, du point de vue structu-
ral, caractérisée par certains traits essentiels qui seront développés ultérieu-
rement, mais que nous allons résumer dès maintenant.
I - Présence de deux phases de plissements majeurs qui donnent
des figures d'interférence très complexes,
La phase la plus ancienne est représentée par des plis couchés de
grande envergure, déversés vers le Nord et plongeant faiblement vers l'Est.
Leur axe varie entre N 70 E et E - O dans le Sud et N 40 E dans le Nord de la
région.
Une seconde phase est responsable de plis déversés vers l'Ouest et
plongeant vers le Sud ou le Sud Est. Elle se superpose à la première d'une
façon plus évidente dans la moitié Sud de la carte que dans la partie nord,
II - Existence de trois unités structurales différentes, à savoir :
un ensemble de roches plutoniques, une série paragneissique, et un complexe
migmatitique lequel, comme nous le verrons dans le chapitre consacré à la
géochronologie, représenterait un socle ancien (2 400 MA) par rapport à la sé-
rie paragneissique (1430 MA).
- 115 -
4.0.3. METHODES ET CONDITIONS DE TRAVAIL
4. 0. 3. 1. - Levés de terrain
- -- ------------
Durant les campagnes sur le terrain, nous avions à notre disposition
divers moyens de travail pour déceler les différentes structures de la région. Mais
plusieurs facteurs, comme la rareté des coupes verticales, le style isoclinal des
couches, la couverture de mort terrain et la difficulté de localisation dans la foret,
ont été de gros handicaps pour mener une étude tectonique détaillée.
Compte tenu de ces difficultés, nous avons d'abord repéré les princi-
pales zones de charnières, et les avons étudiées avec soin en suivant systémati-
quement certains niveaux repères qui constituent des petits "chapelets d'affleure-
ments", peu altérés et où les mesures des différents éléments structuraux
pouvaient ainsi être pratiquées,
Les différents renseignements recueillis sur le terrain ont été reportés
directement sur photo aérienne (au 1/15 840) par superposition d'une feuille de
kodatrace. Les affleurements, ainsi que toutes les mesures structurales relevées,
ont été transcrites sur des agrandissements au 1/16 000 de la carte régionale au
1/50 000.
Nous avons utilisé, tout au long de l'étude, les méthodes de la micro-
tectonique, que ce soit pendant les cheminements systématiques espacés de 500
mètres, dans la poursuite des niveaux repères ou lors des vérifications dans les
charnières des plis majeurs.
Nous avons également posé comme principe de base que les plis mi-
neurs représentaient un modèle réduit du style de plissement des grandes structu-
res auxquelles ils se rattachaient.
4. 0. 3. 2. - Géomorphologie structurale
Cette région montre particulièrement bien l'action qu'ont joué les
glaciers sur la morphologie structurale, Le mouvement des glaces s'étant effectué
selon une direction approximativement N-S, il est possible comme nous le verrons
dans les deux paragraphes suivants de déceler la direction générale des couches
d'après les cartes topographiques et les photos aériennes.
Les dépôts glaciaires formant une mince couverture de mort terrain,
les roches sous-jacentes affleurent â des endroits préférentiels, par exemple le
long des ruisseaux et des rivières ou en bordure des lacs.
Par ailleurs, dans les parties montagneuses, les différents cours
d'eau, qui accentuent l'érosion glaciaire, sont souvent guidés par les caractères
- 116 -
structuraux et pétrographiques des séries traversées. La partie sud, c'est-à-dire
celle des lacs Déligny, Mandeville, Maskinongé et de la rivière Mastigouche
est recouverte par les dépôts fluvio-glaciaires de la mer Champlain.
L'étude de la morphologie, à l'aide de différents moyens, nous a
ainsi permis de mesurer de nombreuses directions de cassures. Par exemple :
le grand système de failles, au SE de la région, est jalonné par une série de
lacs plus ou moins importants.
Par contre, de grandes vallées, comme celles des rivières aux
Ecorces et Mastigouche, recouvertes par d'épais dépôts morainiques, n'ont
montré sur le terrain aucun indice réel de faille.
4. 0. 3. 3. - Les données photogéologiques
La région est couverte, en grande partie, par la série de photogra-
phies aériennes A 65 131, à l'échelle 1/15 840. Elles sont de très bonne qualité
et leur examen au stéréoscope nous a permis de tracer une première carte des
principaux éléments structuraux.
En plus des informations d'ordre topographique et structural qu'elles
nous ont fournies, ces photos permettaient de distinguer les différentes espèces
d'arbres qui constituent le manteau forestier quasi constant. Cela nous a fourni
parfois de bons points de repère. Toutefois, au cours des itinéraires dans les
portions à forêt dense, nous avons été obligé d'utiliser, en plus de la boussole,
le compte-pas.
4. 0. 3.4. - Interprétation de la carte aéromagnétique
Nous disposions également de la carte aéromagnétique n° 1872 G de
la région de Saint-Gabriel-de-Brandon au 1/63 000. La partie qui nous intéresse
est reproduite à la page 125.
Aucune relation stricte n'existe entre la nature pétrographique des
formations constitutives et les différentes lignes isomagnétiques. Toutefois
les anomalies, que permettent de dégager ces courbes, étant fonction de l'in-
tensité magnétique relative des diverses roches, peuvent délimiter des ensem-
bles et fournir les grands traits de leur agencement structural.
Ainsi, la simple lecture de la carte fait ressortir, dans le quart SE,
une forte anomalie négative, orientée NE - SO. Elle correspond au grand systè-
me de failles du lac Déligny qui sépare le granite de Saint-Didace, au SE, et
les gneiss au NO. Le granite, quant â lui, constitue une anomalie positive : en
gros, elle passe, depuis la zone faillée jusqu'à l'intérieur du massif, de 3 500 à
6 000 gammas.
- 117
CARTE AERQi,iAGNETiQUE DE LA REC;it>N DU L AC 1liLI
légende
( 3100
3600 — 3100
3866— 40000
4000 — 4400
1400 — 5000
0•v~•r~•.
4++++i1
' t ) 1000
~..~ Lacs
....—.,...,::..:~ ' w...r~
.ei~.....~...,
+~a . ."
E CHFLL E
Lignes isnmagnétiques
an gammas
enmwrv~ar:, . q
1
.—
—1.-- Lignes do vol Lwow
lxiaw . .s~d. m+0mu~@ k n a~
~
- 118 -
Les gneiss du NO, par contre, ont, en général, une intensité ma-
gnétique moyenne variant de 3 700 à 4 000 gammas. Les contrastes y sont moins
prononcés et on n'y décèle pas de structures très nettes. Au sein de ces gneiss,
on observe toutefois quelques anomalies. Au NE du lac Joli, on a une petite
"lentille" d'intensité > 4 000 orientée NNO - SSE- qui '_correspond à un niveau
de gneiss mangéritique. En fait, cette anomalie n'est peut-être pas due au fait
que de telles roches renferment des pyroxènes et des oxydes métalliques mais
elle doit plutôt titre causée par le relief que constitue ce, facies..:.Il a pu y avoir
aussi combinaison de ces deux facteurs.
Côté ouest du même lac, une anomalie semblable est donnée par
une amphibolite particulièrement riche en oxyde de fer.
Au lac de la Chute, la direction NO SE indiquée par la carte aéro-
magnétique, n'a pas été vérifiée par les mesures pratiquées 'sur le terrain.
Quant à la très forte anomalie positive, visible dans le :coin supérieur droit, qui
atteint plus de 5 500 gammas,' elle correspond à une intrusion noritique dans le
massif de monzonite.
En définitive, la carte aéromagnétique donne l'impression qu'au Sud
Ouest et à l'Ouest les couches' tendraient vers une nette orientation NO SE. Au
Nord de la carte, soit dans la région traversée par la rivière aux Ecorces, les
structures seraient orientées en gros N-S. Par contre, au Sud Est,, soit à partir
du lac Joli,' une direction NE'- SO se dégage nettement.,
Le territoire étudié se' situe donc à. cheval sur ces trois domaines
structuraux apparents. Cela peut témoigner déjà d'une grande complexité struc-
turale. Cette dernière a été confirmée par l'étude photogéologique et par les
levés au sol. Il faut bien' reconnartre que, pour cette région, les informations
fournies par la carte aéromagnétique ont été assez limitées : direction très gé-
nérale des structures, localisation de massifs plutoniques et de zones faillées.
- 119 -
4. 1. - LES ELEMENTS STRUCTURAUX MESURES
La mesure des différents éléments structuraux rencontrés dans la
région a porté sur les directions et pendages des plans de foliation, des axes
de plis mineurs et des linéations.
4. 1. 1. - LA FOLIATION
Nous avons pu distinguer deux différents plans de foliation :
1° - Une foliation (S1) marquée par une ségrégation en couches
parallèles plus ou moins épaisses d'un minéral donné (quartz, grenat, amphibole,
pyroxène, biotite) ou d'une association de minéraux (felsiques ou mafiques). Cette
texture planaire est plissée et elle est parallèle à ce que l'on peut considérer
comme la stratification, à savoir, l'alternance de couches pétrographiquement
différentes : gneiss à grenat, quartzite, roches carbonatées, etc.
Cette foliation (S1) nous semble correspondre plus à des différences
d'ordre stratigraphique qu'à des ségrégations produites durant le métamorphisme.
2° - Une foliation de plan axial (S2 ), définie surtout par l'orien-
tation du quartz et de la biotite, est postérieure à (Si). Son orientation sur la
majorité des affleurements est parallèle à cette dernière. De la sorte leur dis-
tinction est souvent impossible. Seules les charnières de certains plis mineurs
montrent l'obliquité de S2 sur Si (fig. 44, pl. 17).
4. 1.2. - LES PLIS MINEURS
Ils sont fréquents dans la région. On les rencontre beaucoup plus
souvent dans la série paragneissique que dans le complexe migmatitique nord-
occidental. En outre, on ne les a pas observés à l'intérieur des roches mangé-
ritiques.
Ces plis mineurs, comme nous l'avons déjà dit, ont été d'une grande
utilité. Ils ont servi, à petite échelle, de fil conducteur pour expliquer l'agen-
cement et l'évolution des grandes structures. Ainsi a été notée la fréquence
croissante des plis mineurs au fur et à mesure que l'on s'approchait du "nez"
des structures régionales. En outre, c'est à l'aide de la méthode dite des plis
mineurs en S, en Z ou en W (fig. 45, pl. 17) (RAMSAY, 1967, p. 535), méthode
qui toutefois a été utilisée avec réserve en raison de la dimension parfois res-
treinte des affleurements, qu'ont pu être définis les flancs inverses ou normaux
des plis majeurs.
- 3 2 E3-- -
Planche 17
Fig. 44 -
Développement d'une
foliation de plan axial (s2)
dans des petits niveaux de
quartzite.
(Lac Joli Ouest).
Fig. 45 -
Plis mineurs du type "W"
près du lac de la Roche.
Fig. 46 -
Plis mineurs de grande
amplitude dans des gneiss
grenat (sommet de la montagne
située â l'extrémité sud du lac
Joli).
- 121 -
Dans notre région le style des plis mineurs ainsi rencontrés varie
beaucoup mais, en général, il s'agit de plis disharmoniques isoclinaux dont le
plan axial est souvent proche de l'horizontal (pl. 17).
Leur amplitude mesurée sur un affleurement varie également : de
l'ordre du centimètre à celui du mètre (fig. 46). Leur origine sera discutée plus
en détail ultérieurement, mais, en regardant le diagramme (fig. 48, pl. 18), ou
sont reportés tous les axes de plis mineurs de la région, nous sommes tentés de
dire que leurs axes s'orientent selon deux directions préférentielles :
+ le groupement le plus important (F2), dont les plans axiaux et les
axes sont respectivement sub -parallèles à (S2 ) et (L2), est orien-
té NO - SE et il possède un plongement approximatif de 20° vers
le Sud Est ;
+ le second groupement (F1), de direction NE - SO, et qui possède
un plongement approximatif de 10° vers le NE ou le SO, corres-
pondrait 5. la première phase de plissement. Notons que la disper-
sion des axes observés entre N 90 et N 130 correspond peut-être
â une rotation des axes (F1) repris dans la phase ultérieure (F2 ).
4.1.3. - LES LINEATIONS
Elles s'observent à la fois dans les gneiss migmatitiques, dans la
série paragneissique, et, surtout, dans les gneiss mangéritiques. Il s'agit de
linéations dues aux orientations privilégiées de certains minéraux et, en particu-
lier, du quartz, dont l'étirement s'effectue suivant son grand axe C, des agré-
gats de pyroxène et d'amphibole, qui dessinent parfois, dans le plan de la folia-
tion, des trachées noiratres. Plus rarement les aiguilles prismatiques de
sillimanite ainsi que les grenats et les feldspaths porphyroblastiques présentent
un certain étirement.
Comme le montre le diagramme (fig. 49, pl. 18) la distribution des
linéations à travers la région se fait selon une ceinture dont le maximum aurait
une orientation N 145° avec un plongement variant de 10° à 20° vers le SE. L'in-
terprétation de ces mesures sera faite ultérieurement ; mais signalons ici que
ces linéations (L2) seraient contemporaines de la deuxième phase de plissement,
car leurs orientations sont souvent sub -parallèles aux axes des plis mineurs (F2).
122 -
PI.18
Pig. 483 Diagramme dee axes des plie mineure,
contours: >6%., >3.47", >1.7%,
projection hémisphère inférieure (Wulff).
N 96
i11g.50:Diagramme des orientations
des joints.
Fig. 49: Diagramme des linéatione mindralogiqueei
contours: > 16%, entre 5 et 10%, entre 2 et 5°'9
projection hdmisphàre inférieure (Wulff).
- 123 -
4. 1.4. - LES JOINTS
Ils sont très nombreux dans la région. Ils n'ont toutefois pas fait
l'objet d'une étude systématique, mais leurs directions principales ont été
relevées au cours des différents itinéraires. Ils possèdent en général un pen-
dage très prononcé et leurs directions confirment très bien les différents ac-
cidents relevés sur les photos aériennes.
Un examen de la figure 50, pl. 18, oû les directions des joints de
toute la région, sont reportées, montrent deux directions majeures presque
orthogonales, soit N 035 et N 115.
Il est très difficile, par contre, de dire si les deux directions
majeures (N 035 et N 115), sont des fractures de distension et si les directions
mineures (N 065, N 095, N 135 et N 160) sont des fractures de cisaillement, et
si elles se rapportent à une phase précise de plissement. La superposition et
la virgation des axes des plis majeurs, qui sont apparues à la suite de l'étude
structurale et qui seront décrites ultérieurement, auraient exigé une étude plus
approfondie des différents types de joints dans la région à l'intérieur de secteurs
bien individualisés. Mais il n'a pas été possible de revenir sur le terrain pour
résoudre cet aspect structural.
On peut dire toutefois que la direction N 035 paraît avoir été une
"direction de faiblesse" favorisant ainsi le développement de la zone myloniti-
sée, à laquelle se rattache les pseudotachylites (p. 70 ) formées à la fin de
l'orogenèse grenvillienne.
4. 1, 5. - LES BOUDINAGES
Certains niveaux, sur des sections perpendiculaires au plan de
foliation et parallèles à la direction de cette dernière, montrent des phénomènes
de boudinage. Il s'agit, le plus souvent, d'amphibolites ou de skarns, dont la
forme en rouleaux est particulièrement caractéristique. Parfois le niveau
"compétent" est représenté par des passées de minéraux mafiques à l'intérieur
de bancs quartzo-feldspathiques, qui ont eu un comportement plus plastique.
Les sections perpendiculaires à leur axe donnent un rapport longueur/largeur
de l'ordre de 3/1.
Les axes de ces rouleaux sont en général parallèles à ceux de cer-
tains plis mineurs. Les mesures effectuées donnent une orientation autour de
N 130, ce qui indiquerait qu'ils se seraient formés lors de la deuxième phase.
Toutefois nous ne pouvons pas affirmer que seule cette seconde phase en soit
r espons able,
ti
- 124 -
4. 1. 6. - LES MENEAUX ("mullions")
Des meneaux ont été trouvés dans la charnière de la structure du
lac Joli Est, au sein des niveaux de gneiss à grenat qui délimitent très bien
cette grande structure et qui sont situés sous des gneiss mangéritiques. Leur
longueur varie de quelques centimètres à un mètre tandis que leur épaisseur,
en section transversale, est de l'ordre du centimètre. Dans ce secteur, la
direction de leur axe, mesurée dans le plan de foliation, est de N 125 E et pos-
sède un plongement moyen de 18° vers le SE.
4.1.7. - COMPETENCE RELATIVE DES DIVERSES UNITES LITHOLO-
GIQUE
Nous avions déjà noté, dans la description des modes de gisement,
le comportement mécanique différent des diverses unités lithologiques soumises
aux mêmes phases successives de plissement. Par exemple, il faut mentionner
la facilité avec laquelle les niveaux carbonatés, du fait de leur plasticité, ont
tendance à migrer ils disparaissent sur les flancs des plis et viennent remplir
les charnières.
De leur côté, les quartzites, les amphibolites et les gneiss à pyro-
xène, lorsqu'ils sont en bancs massifs, ne montrent que très rarement des
traces de plis mineurs. Par contre, quand elles forment de petits niveaux, de
1 à 3 cm d'épaisseur, à l'intérieur des bancs soit alumineux, soit quartzo-
feldspathiques, ces roches ont bien conservé les traces des différentes phases
de plissements. Ces traces sont d'autant plus nettes et significatives que l'on
s'approche de la charnière d'un pli majeur.
4.1.8. - LES CRITERES DE POLARITE
Bien que nous soyons en présence d'anciennes séries sédimentaires,
où subsiste encore une certaine stratification, il nous a été impossible de trou-
ver des critères de polarité valables. Evidemment, une étude très détaillée sur
la plus ou moins grande concentration de certains minéraux détritiques (zircon,
hématite, etc.) dans les quartzites aurait sans doute pu être un bon moyen pour
déceler un granoclassement. Toutefois, quelques rares essais s'étant révélés
infructueux et le temps manquant, cette étude n'a pas été entreprise.
- 125 -
4.2. - LES GRANDES UNITES STRUCTURALES
Pour faciliter la compréhension de la structure de la région, celle-ci
a été divisée en 5 unités structurales, soit :
1 - au centre, le lac Joli Ouest,
2 - à l'Est, le lac Joli (centre et Est),
3 - à l'Ouest, le lac de la Roche,
4 - au Nord, le lac Wapiti,
5 au Nord Est, la rivière aux Ecorcet.
Ces limites sont en partie arbitraires. Le plus souvent elles ont été
choisies en fonction de certains critères lithologiques et structuraux tel qu'un
style de plissement distinctif. Au cours de la description détaillée de ces unités,
dont la superficie varie de 5 à 15 km2 , nous utiliserons les termes de synformes
et d'antiformes d'après la définition de RAMSAY (1967, p. 358).
4.2.1. - LA STRUCTURE DU LAC JOLI OUEST
4. 2. 1. 0. - Introduction
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles cette structure sera discutée
en premier. Tout d'abord, les horizons repères (quartzites, amphibolites et
leptites) ont pu être bien individualisés et suivis sur d'assez longues distances.
En outre, c'est ce secteur où l'existence de deux phases de plissements a pu
être le mieux mise en évidence. Cette structure servira en quelque sorte de
référence et à partir d'elle, de proche en proche, on pourra donner une inter-
prétation meilleure des structures plus complexes ou mal exposées.
4. 2. 1. 1. - Généralités
L'observation de la carte géologique de ce secteur montre la nature
complexe de cette structure. Elle comprend, à l'Est, un grand synforme dont
l'axe NNO - SSE plonge légérement vers le Sud. En fait, ce synforme est "acci-
denté" de deux petits antiformes obliques par rapport à la direction générale.
Du point de vue pétrographique, l'essentiel de cette structure est occupé par des
gneiss à grenat au sein desquels on a deux excellents niveaux reprères : des
amphibolites, dont la forme, surtout au SE du lac Croche, rappelle celle d'un
croissant et des leptites qui ceinturent le petit antiforme du lac aux Visons. Au
Nord ce synforme oriental est très bien délimité par un banc de quartzites
d'épaisseur variable.
La partie NO de la structure du lac Joli Ouest, quant à elle, est
représentée par un antiforme (du lac Croche) dont la terminaison st;d est très res-
Figure 51 - Structure du lac Joli Ouest
Echelle: 500m
Q niveaux repères
O- linéation axe de plis
- 127 -
serrée mais qui se dilate considérablement vers le Nord. Le coeur est occupé
par des leptites tandis que des quartzites et des gneiss à pyroxène en forment
l'enveloppe, qui est en contact, à l'Ouest et à l'Est, avec des gneiss à grenat.
Pour étudier en détail ce domaine, nous avons subdivisé la région en
quatre secteurs (fig. 51), à l'intérieur desquels huit stéréogrammes ont été
construits dont quatre sont les résultats obtenus après avoir redressé de 40° ,
suivant une direction N-S, le plan axial passant par les plis isoclinaux.
4.2. 1.2. - Le secteur n° 1
Les amphibolites et les leptites rubanées constituent, d'une part, le
coeur d'un grand antiforme déversé vers l'Ouest, dont l'axe est orienté N 195 et
qui possède un plongement vers le Sud de 15° ; d'autre part, au SO du lac aux
Visons, on a un petit niveau de gneiss à grenat pincé entre des amphibolites et
des leptites. Il s'agit là (fig. 51) d'un petit antiforme déversé vers le Nord dont
l'axe orienté N 095 plonge de 15° vers l'Est.
Cette dernière structure se serait produite lors de la deuxième phase
de plissement. Nous aurons l'occasion d'en reparler lors de l'étude du secteur
3. Mais alors que dans ce dernier secteur on aurait une direction dominante Sud
Est, ici (secteur 1), nous aurions une légère rotation de la charnière qui s'orien-
terait vers le Sud. Ceci s'observe également à l'intérieur du petit synforme
perché aux flancs très redressés situé à l'Est du lac aux Visons.
Nous ne disposons malheureusement d'aucune mesure de linéations
correspondant à ce secteur. Par contre, les axes des plis mineurs se concentrent
nettement vers le pôle N 095 et on peut les considérer comme des vestiges de
plis formés au cours de la première phase de plissement.
Pour confirmer l'explication donnée pour ce secteur (fig. 52), il
faudrait que le petit niveau de gneiss à grenat réapparaisse directement au Sud
du lac aux Visons, sur le flanc normal du grand antiforme orienté N-S, sous
forme d'une "pincée" entre les amphibolites et les leptites. Malheureusement,
nous n'avons pas pu faire l'étude cartographique très détaillée qui aurait été
nécessaire au contact des bancs d'amphibolites et de leptites.
— 128 —
Fig. 52 Bloc-diagramme du secteur n° 1 de la région du lac Joli Ouest.
4.2. 1. 3. - Le secteur n° 2
Il comporte, au Sud du lac Croche, un antiforme très pincé déversé vers
l'Ouest. Cette structure est délimitée par un niveau de quelques mètres de
quartzites qui parfois peut être boudiné. Elle est étudiée sur les stéréogrammes
2 et 2 bis (fig. 51). Les pales des ceintures définies sur ces stéréogrammes
s'orientent ici aussi selon deux directions préférentielles. Une première direc-
tion aurait un pôle orienté N 100 avec un plongement de 12° vers l'Est. Une
deuxième ceinture, construite à l'aide de quelques mesures obtenues sur les
gneiss à grenat et les amphibolites, donne une direction de N 168 avec un plon-
gement de 14° vers le Sud. La mesure d'un axe de plis mineurs s'oriente selon
la même direction que le premier axe.
- 129 -
4.2. 1.4. - Le secteur n° 3
Il correspond à la partie la plus significative de cette structure. Il
comprend surtout la terminaison NE d'un antiforme constitué par un niveau de
leptite et par des gneiss à grenat. Le pôle de son axe (Ri) s'oriente, sur les sté-
réogrammes 3 et 3 bis, selon N 96 avec un plongement de 15° vers l'Est. Ces
niveaux de leptites et de gneiss à grenat se prolongent au SO dans le secteur 1
(stéréogramme 1) où ils sont alors repris par une seconde phase orientée N-S.
Cet antiforme et les structures adjacentes sont reprises par une
seconde phase (02), dont l'orientation serait de N 145 et qui aurait un plongement
de 20° vers le SE. Les axes des plis mineurs rencontrés, bien que peu fréquents
et difficiles à mesurer, semblent appartenir aussi bien à la première qu'à la
deuxième phase de plissements.
4. 2. 1. 5. - Le secteur n° 4
Il groupe les mesures obtenues à l'Est du lac Croche. Les stéréo-
grammes 4 et 4 bis (fig. 51) nous montrent une orientation du pôle (/31) des plans
de foliation à N 90 avec un prolongement de 15° vers l'Est. Mais étant donné le
peu d'informations recueillies près de la charnière de ce pli, l'étalement des
points sur le stéréogramme est donc restreint et il est impossible de préciser
si une deuxième ceinture pourrait être tracée dans ce secteur. Nous croyons que
la direction de l'axe oscillerait entre une valeur N 78/15 à N 10810. Mais la
valeur N 90/15 semble convenir le mieux.
Un axe de pli mineur pris dans cette zone correspond à cette dernière
direction tandis qu'une autre mesure nous donne par. contre N 145/10. Nous avons
vu précédemment (stéréogramme,2) que ce pli mineur appartient sans doute à une
phase de plissement postérieure.
4. 2. 1. 6. - Conclusion
D'après la configuration en croissant des amphibolites dans ce domai-
ne, le style de plis rentre dans la catégorie des figures d'interférence du type 2
défini par J. [Link] (1967). Or, selon cet auteur, on peut calculer la direc-
tion de la première phase de plissement en joignant à une même altitude les
extrémités de ce croissant. Cette opération donne, ici, une direction approxima-
tive de N 70° E.
Ainsi les données géométriques, stratigraphiques et structurales
montrent, dans ce secteur, l'existence d'une tectonique superposée de grande
amplitude.
- 130 -
- une première phase de plissement aurait donné des plis couchés vers
le Nord, dont l'axe oscillerait entre N 070 et N 100 et plongerait ap-
proximativement de 15° vers l'Est ;
une seconde phase de plissement aurait repris ces structures et donné
des plis isoclinaux déversés vers l'Ouest. On remarque que l'orienta-
tion de cette seconde phase possède une virgation : elle passe de N 145
au NE, à N 195 au SO. Toutefois, le plongement reste pratiquement
constant (15 - 20° ) vers le S et le SE.
On peut enfin indiquer qu'à ces deux épisodes de déformations correspon-
draient deux générations de plis mineurs.
4.2.2. - LA STRUCTURE DU LAC JOLI (Centre et Est)
Le secteur du lac Joli comporte en fait deux structures mineures : à
l'Ouest, un antiforme plongeant légèrement vers le Sud et relayé à l'Est par la
terminaison d'un grand synforme qui plonge également vers le Sud. Cette der-
nière structure se prolonge au Sud du lac Joli où les niveaux de gneiss à grenat
s'épaississent. Leur orientation générale à ce moment-là se modifie et de NNO
elle passe à NE.
Les gneiss de la portion E de ce grand synforme sont de nature très
variée et les plis mineurs sont peu fréquents. Le centre est occupé par des
amphibolites plus ou moins massives dont la présence n'a été relevée qu'à pro-
ximité de la charnière. Des niveaux de gneiss à pyroxène, de leptites rubanées
et de leptynites forment les couches intermédiaires. Puis, en s'éloignant du
coeur, on a des gneiss à grenat à l'intérieur desquels un petit banc de quartzite
nous permet de bien délimiter la série dans la partie nord.
Cette structure est en contact à l'Est avec des gneiss mangéritiques.
Quant à l'antiforme situé au centre du lac Joli, il possède une stratigra-
phie légèrement différente. Des gneiss à pyroxène en forment le coeur puis
viennent des leptites rubanées et enfin, à l'Ouest, un petit banc de quartzite,
qui sert de limite à ce secteur.
Les mesures effectuées sur ces deux structures mineurs sont reportées
sur quatre stéréogrammes (fig. 53). Pour deux d'entre eux (1 bis et 2 bis) les
mesures ont subi un redressement de 40° autour d'un axe orienté approximati-
vement N-S, afin d'obtenir une plus grande dispersion des points et par là même
de tracer plus facilement des ceintures.
N Figure 53 - Structure du lac Joh(Centre et Est)
500m
Echelle:
niveaux repères
O- lineation -. axe de plis
2 1
2 bis
- 132 -
4.2.2. 1. - Secteur n° 1
Dans le secteur n° 1, situé au Nord, nous aurions l'extrémité E d'un
grand synforme dont les axes des plis mineurs et des linéations plongent faible-
ment vers l'ESE. Nous pouvons également distinguer deux ceintures construites
è. l'aide de l'orientation des différents plans de foliation existant dans ce secteur.
1 -- Une première ceinture, dont le pôle de l'axe (j31) semble s'orienter
ENE, posséderait un plongement de 20° vers l'E. Celle-ci, bien que difficile à
déterminer sur le diagramme 1, se dessine plus facilement sur le stéréogram-
me 1 bis auquel on a fait subir une rotation.
2 - Une deuxième ceinture ayant un pôle 02 voisin de SE et qui plonge
de 18° vers cette même direction, nous permet de déceler la présence d'une
deuxième phase de plissement.
4, 2.2.2. - Secteur n° 2
Dans le secteur n° 2, qui comprend l'antiforme situé au SO du lac Joli,
nous aurions apparemment la superposition de deux ceintures, comme tendent
à. nous le montrer les stéréogrammes 2 et 2 bis,
1 - Une première ceinture aurait le pale de son axe orienté à N 80 et
posséderait un plongement de 20° vers l'Est.
2 - Une seconde ceinture serait orientée à N 125 avec un plongement
de 15° vers le SE.
Une mesure de linéation correspond également à cette dernière orien-
tation. Les axes des plis mineurs mesurés sont peu nombreux et semblent par
contre indiquer une orientation différente de celle obtenue par 131 et 0 2 . On peut
tenter d'expliquer ce fait par la présence d'un pli conique affectant ce secteur.
Nous remarquons également que la disposition des pôles des différents
plans de foliation se groupent près du centre du stéréogramme 2 et que l'on pour-
rait effectivement tracer une seule ceinture avec un pôle 131 orienté approxima-
tivement à N 100 avec un plongement de 15° vers l'Est. Mais étant donné, d'une
part, le peu de mesures disponibles dans la charnière de cet antiforme, car elle
est immergée et, d'autre part, l'isoclinalité des niveaux, nous croyons que la
solution adoptée ici, c'est-à-dire celle de deux ceintures distinctes, doit mieux
correspondre à la réalité. Des mesures supplémentaires pourraient, nous pen-
sons, le confirmer.
- 133 -
4. 2. 2. 3. - Conclusion
L'examen du style de la déformation à différentes échelles et des
résultats des mesures, nous permettent de déceler, pour ce secteur du lac Joli,
la présence d'au moins deux phases successives de plissements. La première
aurait donné des plis déversés vers le Nord, de direction N 66 à N 80 et dont
l'axe plonge vers le NE. La seconde phase serait responsable de plis isoclinaux
à axes déversés vers l'Ouest, orientés NO - SE et plongeant vers le SE.
Ces conclusions coincident assez bien avec celles obtenues dans le
domaine du lac Joli Ouest.
4.2.3. - LA STRUCTURE DU LAC DE LA ROCHE
Cette structure, représentée dans la figure 54, concerne la partie
comprise entre la rivière Mastigouche et la structure du lac Joli Ouest, soit
dans le SO du territoire. Afin de débrouiller l'agencement et la chronologie des
plis affectant cette région nous l'avons subdivisée en sept secteurs.
4.2. 3. 1. - Le secteur n° 1
Il est situé à l'Est et est occupé essentiellement par des gneiss à
grenat et sillimanite ainsi que d'un niveau de leptite. Il s'agit d'un petit synforme
dont l'axe serait orienté N 90 et posséderait un plongement de 12 ° vers l'Est. En
effet, les stéréogrammes 1 et 1 bis montrent une dispersion des pôles des plans
de foliation autour d'une seule ceinture avec un pôle ((31) orienté vers l'Est. On
remarque également que les axes des plis mineurs mesurés sur le terrain
s'orientent sur ces stéréogrammes de part et d'autre de l'axe du synforme.
Une étude attentive du style des plis mineurs rencontrés dans ce
secteur confirme la théorie des plis en "S" ou en "Z". En effet, de nombreux
plis isoclinaux très aigus en "Z", mais dont les axes sont parfois difficiles à
mesurer, existent dans le flanc supérieur, tandis que quelques plis du type "S",
se retrouvent sur le flanc inférieur de ce synforme. Par contre, dans la char-
nière les plis rencontrés sont du type "W" avec un amincissement très poussé
des épaisseurs dans les flancs.
Le petit synforme ainsi que les plis mineurs de ce secteur n° 1
seraient des structures produites durant la première phase de déformation. Les
niveaux se prolongent vers le NE en direction du lac aux Visons et forment,
comme nous l'avons décrit précédemment (p. 137 ), le petit antiforme dont l'axe
plongerait également vers l'Est.
Figure 54
Structure du lac
de la Roche
Lac de
La Roche
- 135 -
4. 2. 3. 2. - Le secteur n° 2
Situé légèrement au Sud du lac de la Lune, il constitue une zone im-
portante pour déchiffrer l'évolution de la structure du lac de la Roche. Du point
de vue lithologique, on a une succession de niveaux de gneiss à grenat et sillima-
nite, de leptite et de gneiss mangéritique. Ce secteur donne l'impression de
"recouper" un vaste antiforme qui part du lac de la Roche au Sud et qui se pro-
longe, au Nord, jusqu'au lac de l'Orignal. En effet, les couches sont, à hauteur
du lac de la Lune, dirigées E-O alors que l'axe de l''antiforme est N 140 (voir
secteurs 4 et 5).
En fait les stéréogrammes n° 2 et 2 bis montrent chue le pôle de l'axe
de ce pli s'oriente N 90 et possède un plongement de 10° vers l'Est. Il s'agirait
d'un antiforme déversé vers le Nord, de la première génération sur lequel les
effets de la deuxième phase de plissement (nets au Sud et au Nord) ne sont pas
décelables, Il pourrait s'agir d'une charnière importante d'un', pli de la première
phase. La coupe N-S de la fig. 55 illustre cette interprétation.
NO SE
Lacde l'Orignal Lac de la Lune Lac de la Roche
~ \ ",` ' (\ --_ _ ' J
~ ~
. ~=
*a..., ~ .
—
l-----~-1 migm otite
I gneiss is grenat
I —= leptite
1.1
‘22.3 mangerite
Fig. 55 : Coupe structurale N-S entre le complexe migmatitique et le lac de
la Roche.
4.2. 3. 3. - Le secteur n° 3
Il représente la terminaison sud du grand synforme constitué de
roches calco-silicatées, de gneiss à grenat et sillimanite, de leptites rubanées
ainsi que d'un niveau de gneiss mangéritiques très recristallisés.
Ce synforme se prolonge au NO jusqu'à mi-chemin entre le lac à
l'Orignal et la rivière Mastigouche Nord. Cette structure majeure est relayée à
l'Est par le grand antiforme décrit dans les secteurs 4 et 5.
- 136 -
Les pôles des plans de foliation mesurés sont représentés à. l'intérieur
des stéréogrammes n° 3 et 3 bis, L'orientation de l'axe du pli ainsi délimité est
de N 130 et son plongement de 10° vers le SE. De même les axes des plis mineurs
ainsi que les linéations, s'orientent vers le SE et plongent en moyenne de 12°
vers cette même direction.
Ainsi dans ce secteur les éléments structuraux mesurés (en particulier
axe de plis mineurs orienté N 130 et plongeant vers le SE) seraient à rapporter
à la deuxième phase du plissement. Les traces du premier épisode auraient été
totalement oblitérées.
4. 2. 3.4. - Le secteur n° 4
C'est celui des environs du lac de la Roche. On a là un vaste anti -
forme constitué, du coeur vers la périphérie, par des amphibolites, des gneiss
à pyroxène, des leptites, des gneiss à grenat et sillimanite et, enfin, des gneiss
mangéritiques.
Les stéréogrammes n° 4 et 4 bis montrent assez bien une direction
du pôle de l'axe à N 140 plongeant de 10° vers le SE. Cette orientation, soit ap-
proximativement celle que l'on retrouve en observant l'alignement des niveaux
sur la carte géologique, résulterait de la deuxième phase de plissement.
Par contre les axes de plis mineurs paraissent avoir une autre orien-
tation, proche de E O avec un faible plongement vers l'Est. Ils pourraient ap-
partenir à la première génération de plis.
Au Sud du lac de la Roche, les niveaux passent de SE à SO. Il est
possible qu'il s'agisse d'une simple virgation.
4.2. 3. 5. - Le secteur n° 5
Il est situé au Nord du lac de la Lune. On a là l'extrémité sud d'un
grand antiforme orienté SSE - NNO et déversé vers l'Ouest. On voit qu'il est
dans le prolongement de l'antiforme du lac de la Roche situé au Sud. Au Nord,
il passe â la structure du lac de l'Orignal (fig. 57). Cette structure est particu-
lièrement intéressante car, comme nous le montre le stéréogramme 5 (fig. 54),
deux générations de plis peuvent être distinguées. On a une première ceinture
dont, le pôle de l'axe s'oriente â N 64° et plonge vers l'Est de 14° , puis une
seconde dirigée N 130° et plongeant de 10° vers le SE.
4.2. 3. 6. - Le secteur n° 6
Il est situé à l'Est du lac de la Lune dans le prolongement oriental de
l'antiforme E-O du secteur 2. L'axe de cette structure 6, d'abord E-O, s'in-
curve vers le Nord puis vers le NNO. Ici son axe E-O du début a été repris par
un second orienté SE et plongeant vers cette même direction.
- 137 -
L'interprétation des stéréogrammes 6 et 6 bis est délicate, malgré un
grand nombre de mesures. Nous pensons toutefois pouvoir dire qu'une première
série de plis orientés N 75 et plongeant de 28° vers l'Est aurait été reprise par
une seconde phase de plissement responsable de plis dont l'axe s'oriente N 130
et plonge de 20° vers le SE. Cette seconde direction, qui ressort mal à la lec-
ture des stéréogrammes, nous parait résulter de la reprise d'une chernière E-O
par un second pli dont la direction serait plus proche de N-S que celle mesurée
N 130. Les deux figures ci-dessous, vues sous deux angles différents, illustrent
cette interprétation. Quant aux axes des plis mineurs ils s'orientent plutôt vers
l'Est et semblent appartenir à la première phase de plissement. Leur relative
dispersion laisserait supposer qu'il s'agit de plis coniques.
NE
SE
Fig. 56 : Bloc-diagramme illustrant la superposition d'une phase N-S sur un
plissement E-O.
4.2. 3.7. - Le secteur n° 7
Il s'agit de la région située à l'Ouest du lac de la Lune. Il a été indivi-
dualisé car il permet une étude détaillée d'un pli mineur d'entrarnement à
l'intérieur d'un niveau de leptite.
On se trouve là, d'une part, dans l'axe de l'antiforme E-O du secteur
n° 2 et, d'autre part, sur le flanc inférieur occidental du grand synforme décrit
dans le secteur n° 3.
L'étude du stéréogramme 7 (fig. 54) indique que, malgré le peu de
mesures dont nous disposons, on peut dire quand même qu'il s'agit d'un pli dont
l'axe est orienté N 120 et plonge de 10° vers le SE. En outre, il apparaît une
amorce de ceinture de pôles d'axes orientés N 73 et plongeant de 15° E. Toute-
fois, cette ceinture n'étant définie que par quatre mesures rapprochées, une
- 138 -
certaine prudence est de rigueur. Il est fort probable que l'axe E-O du grand
antiforme situé en bordure sud du lac de la Lune, se poursuit jusque dans ce
s ecteur,
En ce qui concerne les plis mineurs, ils sont orientés SE - NO et plongent
vers le SE. Il en est de même d'une mesure de linéation. Ces éléments seraient
contemporains de la deuxième phase.
4. 2. 3. 8, - Conclusion
L'interprétation géométrique des différents secteurs de la région du lac
de la Roche nous amène à faire les constatations principales suivantes :
- existence au niveau du lac de la Lune d'une charnière prin-
cipale isoclinale, orientée E-O, déversée vers ; le Nord et
dont l'axe plonge faiblement vers l'Est. Cette structure date
de la première phase de plissement,
- une seconde phase, serait responsable de la formation du
grand antiforme compris entre le lac de l'Orignal au Nord et
le lac de la Roche au Sud. Cette grande structure orientée
NNO - SSE, déversée vers l'Ouest et dont l'axe plonge vers le
SE, est relayée à l'Ouest par un grand synforme d'axe NO - SE
et plongeant également vers le SE.
4.2.4. - LA STRUCTURE DU LAC WAPITI
A l'intérieur de cette structure située au NO de notre terrain, nous avons
cru bon d'individualiser deux secteurs (fig. 58) : le premier, près du lac Wapiti
à l'intérieur du complexe migmatitique et le second, au Nord du lac de l'Orignal
occupé par la série paragneissique. Le parallélisme des minéraux, dans cette
région est relativement constant. Il tend à s'orienter NE - SO sur une distance
de plusieurs kilomètres.
[Link]. - Secteur migmatitique du lac Wapiti
Les mesures reportées dans le stéréogramme 1 ont été recueillies aux
environs mêmes du lac Wapiti. En raison de la monotonie des facies lithologiques,
aucun niveau repère n'a pu étre suivi pour déterminer l'agencement structuro-
lithologique de ce domaine. Seules les mesures de foliation reportées sur le
stéréogramme 1 nous indiquent d'abord l'amorce d'une ceinture dont le pôle de
l'axe du pli s'orienterait N 40 et plongerait de 20° vers le NE.
- 139 -
Structure du lac Wapiti
Echelle • 500m
n niveaux repères
o— lineation —+ a ► e de plis
N
- 140 -
Nous voyons également apparartre sur ce stéréogramme une autre direc-
tion d'axe de plissement : N 165 - 10 SSE. Une mesure de linéation montre que
celle-ci plonge également vers le SE,
Ainsi on retrouve dans ce domaine une superposition de deux phases de
plissement comme dans la plupart des autres structures décrites précédemment.
Toutefois, la première génération de plis majeurs s'orienterait ici plus vers le
NE et son plongement serait légèrement plus accentué. La deuxième phase serait
également présente mais aurait tendance à s'orienter plus vers le Sud compara-
tivement aux structures du lac Joli ou du lac de la Lune,
[Link]. - Secteur du lac de l'Orignal
Il regroupe les mesures effectuées dans un secteur situé légèrement au
Nord du lac de l'Orignal. Notons que ce domaine se trouve dans lé prolongement
de J'axe de l'antiforme décrit dans le secteur n° 5 de la structure du lac de la
Roche. L'orientation de cet antiforme apparaît ici aussi sur le stéréogramme n° 2.
Il prend une direction de N 120 et un plongement de 10° vers le SE. Sur ce même
stéréogramme on peut soupçonner la présence d'un autre axe de pli majeur qui
s'orienterait selon N 230 et plongerait vers le SO de 18° . Cette deuxième direc-
tion (SO) appartiendrait à la première phase de plissement qui serait responsable
à cet endroit de l'orientation plus ou moins parallèle des différentes couches
lithologiques aux environs du complexe migmatitique. Les directions des axes
des plis mineurs se dispersent pour leur part, entre S et SE. Cet étalement pour-
rait être causé par un style de plis coniques. Dans ce secteur, la première gé-
nération de plis s'orienterait donc selon une direction NE - SO et plongerait soit
vers le NE, soit vers le SO selon que l'on se situerait sur le flanc oriental ou
occidental de la terminaison nord de l'antiforme reconnu au Sud, au lac de la
Lune et au lac de la Roche.
Cet antiforme qui s'amortit au Nord du lac de l'Orignal s'est, comme il
a été montré précédemment, formé au cours de la deuxième phase de plissement.
Ainsi on a de bons arguments pour penser que la répétition des niveaux
de gneiss à grenat et sillimanite et de leptite. constitutifs de ce secteur n'est
causée en fait que par un empilement de plis isoclinaux très serrés d'axe NE -
SO, et déversés vers le NO, c'est-à-dire sur le complexe migmatitique.
Sur la figure 58 a été dessinée une coupe structurale interprétative
NO - SE comprise entre la région du lac en Croix et le lac de l'Orignal. Entre
ces deux points a été représenté un grand antiforme déversé vers le NO dont le
noyau est composé par le complexe migmatitique.
- 141 -
Lac en Lac
Croix
Wapiti
4010.4.11••••
N.
``~\ t1`
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NO SE
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Fig. 58 : schéma interprétatif des relations entre la série paragneissique et le
complexe migmatitique. - P.C. = plissements de couverture (para-
gneiss). - S. = écailles du socle migmatitique.
Ce complexe migmatitique est recouvert au SE de façon apparem-
ment concordante par la série paragneissique et chevauche au NO cette dernière
sans discontinuité structurale apparente. On est donc tenté de penser que ces
deux unités font partie d'une même série dont la base aurait subi une migmati-
sation et aurait joué un rôle d'infrastructure.
Toutefois, il s'agit de deux ensembles lithologiquement très dif-
férents et dont les caractères structuraux sont également dissemblables. On est
plutôt amené à penser qu'on aurait eu là un écaillage du complexe migmatitique
qui constituerait le socle sur lequel se serait déposée et aurait été déversée la
série paragneissique. L'absence de discontinuité structurale entre ces deux en-
sembles pourrait s'expliquer par le rôle "cicatrisant" du métamorphisme de
haut degré observé dans la série paragneissique.
- 142 -
4.2. 5. - LA STRUCTURE DE LA RIVIERE AUX ECORCES
Cette région située à l'extrémité NE de notre territoire est limitée au
Nord par la rivière aux Ecorces et le massif monzonitique du lac Sacacomie dont
on a ici la terminaison SO, et au Sud par la structure du lac Joli.
Afin de coordonner notre étude à. celle que mène K. SCHIMANN sur les
roches plutoniques de la région avoisinante du lac Sacacomie, la cartographie de
ce secteur a été conduite conjointement avec ce dernier. Malgré une étude de
terrain détaillée, certains facteurs défavorables telle que la présence d'affleure-
ments de petite dimension, la couverture de morts terrains masquant parfois les
zones clés des charnières et l'existence d'une faille, ne nous ont pas permis
d'élucider parfaitement la structure de cette région ni de proposer une interpré-
tation bien étayée.
Les principales roches rencontrées dans cette grande structure sont
d'une part les roches plutoniques (en fait surtout des orthogneiss mangéritiques)
et d'autre part, la série gneissique habituelle : gneiss à grenat et sillimanite,
leptites rubanées, amphibolites.
En raison de la grande complexité de la structure de ce domaine, nous
avons cru bon d'y individualiser trois secteurs centrés sur des zones de charnières
(fig. 59).
4.2, 5. 1. - Secteur n° 1
C'est celui situé au Sud. Il comporte des gneiss mangéritiques et des
paragneiss, Du point de vue structural, c'est la terminaison d'un antiforme dont
l'axe plongerait vers le SE.
Les mesures de foliation effectuées sont réparties sur le stéréogram-
me n° 1. Elles semblent indiquer qu'une orientation de pli majeur s'effectue selon
N 120, son plongement étant de 15° SE. Les mesures de trois linéations ainsi que
celles d'un axe de pli mineur montrent une direction analogue.
En fait, nous sommes là dans une zone de virgation des gneiss mangé-
ritiques qui forment l'enveloppe du massif plutonique du lac Sacacomie. Ils arri-
vent de ce dernier avec une direction NE sous forme d'un grand antiforme déversé
vers le NO qui se rattache à la première phase de plissement. (voir secteur n° 3).
Puis ces gneiss mangéritiques se dirigent vers le lac Joli, au Sud, par l'inter-
médiaire d'un,second antiforme dont l'axe plonge vers le SE de 15° . I1 serait, lui,
contemporain de la deuxième phase de plissement. Au Sud du secteur n° 1, cette
structure serait déversée vers le SO sur le synforme oriental de la structure du
].ac Joli centre et Est (secteur n° 1).
Structure de la
riv. aux Ecorces
Ech: 500m
F -71
: niveaux repères
-+axe
fig:59
0—[inéation ~e plis.
—~
Lac à la
Truite
- 144 -
[Link]. - Secteur n° 2
Il correspond à la partie nord de cette structure. Les mesures ont été
effectuées, soit dans la terminaison SO du massif plutonique du lac Sacacomie,
soit dans les niveaux de gneiss qui le moulent assez régulièrement. La disposi-
tion des pôles des plans de foliation, sur le stéréogramme n° 2, se fait le long
d'une grande ceinture dont le pôle de l'axe est plus ou moins bien défini par une
direction N 114 et un plongement de 20° vers le SE. Deux mesures de linéation
indiquent que celle-ci plonge, soit vers le SE, soit vers le SSE.
Ce domaine pourrait ainsi comporter un petit antiforme drienté NO - SE.
Il serait relié au secteur n° 1, décrit précédemment, par un synfOrme occupé
par l'amas isolé de gneiss mangéritiques qui apparaît au SO du secteur n° 2.
4.2. 5, 3. - Secteur n° 3
Il rassemble les mesures obtenues d'une part à l'intérieur d'une unité
cartographiée sous l'appellation générale de leptites mais qui en fait, groupe des
facies très variés et d'autre part sur les gneiss rnangéritiques situés près de la
limite NE de notre carte.
Le stéréogramme n° 3 indique que les mesures ainsi reportées se répar-
tissent le long de deux ceintures. Une première concentration possède un pôle
orienté N 78 et plongeant de 10° vers l'ENE. Une seconde ceinture dont le pôle de
son axe s'oriente à N 174 et plonge de 15° vers le Sud, peut à la rigueur être
construite, malgré le petit nombre de mesures obtenues dans ce secteur. Toute-
fois, on doit noter que l'axe de cette dernière ceinture s'orienterait approximati-
vement selon une direction voisine de celles données par trois mesures de linéa-
tions. L'éventail ainsi fourni par ces linéations laisse supposer, encore une fois,
l'existence possible de plis coniques mais étant donné le peu de mesures disponi-
bles il est difficile d'en déduire des conclusions certaines.
Une interprétation de l'architecture de ce domaine ne peut en fait être
obtenue qu'en comparant ce secteur n° 3 aux secteurs n° 1 et 2. On aurait eu là,
durant une première phase, formation d'un grand antiforme déversé vers le NO
avec un axe plongeant faiblement vers l'ENE. Il aurait été repris par une seconde
phase qui l'aurait replissé en un synforme orienté N-S et plongeant de 15° vers le
Sud.
4, 2. 5. 4. - Conclusion
On peut maintenant essayer- de reconstituer l'évolution tectonique de cette
région de la rivière aux Ecorces.
Deux phases de plissements majeurs peuvent être reconnues.
-1665-
- La première a donné des plis dont les axes s'orientent de N 78° à
N 40° et plongent vers le NE. Il s'agit de structures déversées vers le NO, En
allant du SE au NO, on a successivement un antiforme occupé par les orthogneiss
mangéritiques, puis une gouttière synclinale de "remplissage" de paragneiss et
enfin un nouvel antiforme d'orthogneiss mangéritiques du secteur n° 2.
- La deuxième phase a repris ces structures. Les nouveaux plis ainsi
formés ont des axes orientés N 174 à l'Est et N 114 à l'Ouest et plongeant vers le
SE. Il s'agit de l' antiforme de la partie ouest du secteur n° 1, de l' antiforme du
secteur n° 2, du synforme situé entre les deux structures précédentes et du syn-
forme de l'extrémité orientale de cette région de la structure aux Ecorces.
4.3. - CONCLUSIONS A L'ETUDE STRUCTURALE
Malgré les difficultés rencontrées pour mener de façon satisfaisante
l'étude structurale détaillée d'une région à couverture forestière et morainique
importante, nous pensons néanmoins pouvoir avancer diverses conclusions.
Les trois grands ensembles définis lors de l'étude pétrographique
(série paragneissique, complexe migmatitique et roches plutoniques) constituent
des unités dont les caractères structuraux sont différents.
En fait, c'est surtout la série paragneissique qui a fait l'objet de notre
étude. On a pu y mettre en évidence deux phases majeures de plissements qui ont
produit deux générations de synformes et d'antiformes.
Première phase. La plus ancienne phase qui a pu être décelée est
responsable de la formation de plis isoclinaux couchés ou déversés soit vers le
Nord, soit vers le Nord Ouest, dont l'axe, orienté E-O dans la partie centrale
et NE - SO dans les parties nord et sud est, plonge faiblement vers l'Est ou le
Nord Est. Leur amplitude est kilométrique.
Deux charnières de plis de cette phase sont bien visibles au lac de
la Lune et au lac Croche.
Au NO de la région la série paragneissique est déversée sur le com-
plexe migmatitique qui parait avoir joué le rôle de socle.
En outre, c'est dans la charnière d'un antiforme situé au NE et pro-
duit durant cette première phase que s'est mise en place une "lame" de mangéri-
te, Cet antiforme est orienté NE - SO et il est déversé vers le NO.
Deuxième phase. Elle a provoqué des structures, déversées vers
l'Ouest ou le SO, dont les axes sont orientés soit N-S, soit NO - SE et plongent
constamment vers le S ou le SE.
- 146 -
Sa superposition à la première phase est à l'origine, à maints endroits,
de figures d'interférence complexes tels que des croissants.
Elle affecte d'autant plus les horizons mangéritiques que ceux-ci sont
moins volumineux (exemples du lac de la Roche et du lac Joli).
Par contre, les traces de cette seconde phase sont à peine visibles dans
la partie SE de la région à l'approche du granite de Saint-Didace. Il semble ainsi
que ce dernier se soit mis en place avant cette deuxième phase, qu'il ait joué le
rôle d'un môle rigide et qu'il ait protégé les gneiss encaissants voisins des effets
de ce second plissement.
Quant au grand réseau de fractures, orientées NE - SO, qui s'est instal-
lé dans la zone de contact entre le granite de Saint-Didace et son encaissant, son
âge est très vraisemblablement postérieur à la seconde phase de plissement.
Nous tenterons, dans la conclusion générale de cette étude, de situer
ces événements tectoniques par rapport, d'une part, au (ou aux) métamorphisme
(s), et, d'autre part, aux diverses orogenèses connues dans le bouclier pré-
cambrien canadien.
CHAPITRE V
ETUDE GEOCHRONOMETRIQUE
5, 0. - INTRODUCTION
5.1. - METHODE AU Sr/Rb
5. 2, - LES RESULTATS
- 148 -
ETUDE GEOCHRONOMETRIQUE
5.0. - INTRODUCTION
Nous allons présenter, dans ce chapitre, les résultats du program-
me géochronométrique effectué sur les différents ensembles; de la région de
Saint-Gabriel-de-Brandon.
Ces mesures ont été faites sur roche totale et sur minéraux, par
la méthode au Sr/Rb, au laboratoire de géochronologie de Clermont-Ferrand, au
cours de différents stages effectués dans cet établissement.
Avant d'exposer les résultats, un bref rappel sera présenté sur
l'historique des travaux géochronologiques sur le bouclier précambrien canadien
et, plus précisément, à l'intérieur de la province métamorphique de Grenville.
5. 0. 1. - HISTORIQUE
La Commission Géologique du Canada a entrepris, depuis plus de
10 ans, un vaste programme de datations absolues des diverses formations cris-
tallines du bouclier canadien.
Cet organisme a publié de nombreux "papers" sur les différents
groupements géochronologiques. Ils ont permis, en particulier, à C. H.
STOCKWELL (1963-1965 et 1968) de subdiviser le bouclier en 7 provinces struc-
turales (ou métamorphiques), caractérisées par 4 orogenèses majeures, dont
l'une à caractère "intrusif". Les résultats radiométriques sont, par endroit,
confirmés soit par des levés de terrain, soit par des données gravimétriques ou
aéromagnétiques.
Les différentes orogenèses, ainsi définies, sont les suivantes
(fig. 60 et 61)
1). l'orogenèse Kénoranienne (2 500 MA) serait à l'origine de l'érec-
tion de chaïnes qui constituent les provinces du lac Supérieur et
du Grand Lac des Esclaves ;
2). l'orogenèse Hudsonienne (1 750 MA) aurait formé les provinces
de Churchill et du lac de l'Ours, ainsi que la sous-province pé-
nokéenne (région de Sudbury) ;
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H
- 150 -
3). l'orogenèse Elsonienne (1 400 MA) aurait, d'une part, constitué
la province du Nain et d'autre part, se serait manifestée dans la
province de Grenville par un important plutonisme à l'origine, en
particulier, des gros massifs d'anorthosites ;
4). l'orogenèse Grenvillienne (945 MA) serait responsable de l'édifi-
cation de la province de Grenville.
En ce qui concerne cette dernière province, à l'intérieur de laquelle
notre terrain d'étude se situe, les mesures ont, en général, été effectuées sur
des micas à l'aide de la méthode Ar/K (fig. 61). Les âges sont de l'ordre de 950
+ 80 MA.
AGE au K/Ar sur
PERIODES GEOLOGIQUES OROGENE
MICA - M. A.
570
.HADRYNIETv .._._.._~
GRENVILLIEN 945
W NEOHELIKIEN
a ,i
p HELIKIEN
N ELSONIEN 1370.
O
c4 PALECHELIKIET{1
W
E-+
O
r UDSONIEN 1735
a+ APHEBIEN
ENORANIEn 2490
ARCHEEN
Fig. 61 : Nomenclature et chronostratigraphie du bouclier canadien.
(C. H. STOCKWELL - 1968).
Or, il semble de plus en plus, en particulier d'après STOCKWELL
(1964-1968), que les âges obtenus soient ceux d'un "rajeunissement" produit par
l'orogenèse Grenvillienne. On doit d'ailleurs indiquer que, déjà en 1930, QUIRKE
et COLLINS, et plus récemment FRAREY et CANNON (1966-1967) ont corrélé,
d'un point de vue stratigraphique, la série Huronienne, située dans la province du
Sud, d'âge compris entre 1 500 et 1 900 MA (fig. 60), avec certains paragneiss
de la série Grenvillienne. En outre, surtout à la suite des travaux de DUFFEL et
ROACH (1959) ainsi que ceux de GASTIL et KNOWLES (1960), dans le Nord Est du
Front Grenville, il fut montré que les sédiments de la fosse du Labrador, qui est
- 151 -
une sous-province de la province Churchill (1 450 à 2 010 MA - fig. 60), avaient
leurs équivalents métamorphiques dans la province de Grenville. De leur côté
OSBORNE et MORIN (1962), et plus récemment WYNNE-EDWARDS (1964-1969),
apportèrent des arguments favorables à Vidée que certaines roches du Grenville
auraient été affectées par l'orogenèse Kénoranienne (2 500 MA).
De la sorte, notre programme géochronométrique a surtout été
dicté par le souci de savoir si, au-delà de la "barrière de 950 MA" des âges plus
anciens pouvaient être mis en évidence et si ceux-ci correspondaient à ceux ayant
permis d'individualiser les grandes orogenèses.
Comparaison des différentes subdivisions de la période anté-cambrienne
(d'après Y. VIALETTE, 1965)
RUSSIE CANADA U. S. A. FRANC E- EC OSSE
540 MA 570 MA 570 MA 570 MA
Précambrien V Hadrynien Keweenawien Briovérien
t--1000 MA .1000 MA 1000 MA
---- 1200 MA ----~
Néohélikien
(orog. Grenvillien)
Pentévrien
1400 MA
Précambrien IV
1600 MA
Paléohélikien
1700 MA ..—.y
(orog. Elsonien)
Précambrien III
1---1800 MA 1800 MA
L----1900 MA ---;
Aphébi en Animiki e Laxfordien
(orog. Hudsonien (orog. Pénokéen (Léwisien)
Précambrien II
1--2500 MA 2500 MA 2500 MA-1
--2700 MA---1 Knife Lake
(orog. Algomien)
Archéen Scourien
Précambrien I
(orog. Kénoranien) Keewatin
(orog. Laurentien)
3 500 MA 3500 MA 3 500 MA
- 152 -
5.0.2. - CE QUE L'ON DATE
Le problème qui se pose au départ, pour ces roches métamorphiques
de la province de Grenville, consiste à savoir quel phénomène sera daté par les
mesures géochronométriques.
En effet, il existe une grande différence entre l'âge géologique, trouvé
par des relations stratigraphiques dans les roches sédimentaires, et les mesures
radiométriques faites sur des roches métamorphiques. Les mesures obtenues sur
ces dernières peuvent, en effet, correspondre à divers phénomènes, par exemple:
recristallisation produite lors d'un métamorphisme, arrêt du, flux thermique lié
aux zones orogéniques du fait de la surrection d'une chaihe, événements orogéni-
ques ou phénomènes plutoniques provoquant un réchauffement, etc.
Il faut bien reconnartre que, encore actuellement, il n'est pas toujours
possible de discerner la nature du phénomè ne géologique produit k la date calcu-
lée,
Cependant les études effectuées sur les roches sédimentaires ont
montré que dans les séries géosynclinales, on ne date jamais les dépôts des dif-
férentes couches successives, mais on obtient un âge unique correspondant à
l'arrêt de la sédimentation dans le bassin, ou à la diagenbse ou à un anchiméta-
morphisme.. , On peut donc penser que les mesures sur roches totales de forma-
tions sédimentaires soumises à un métamorphisme, donneront soit l'age du mé-
tamorphisme, soit celui du rajeunissement, mais jamais celui de la sédimentation.
- 153 -
1. - METHODE AU Sr/Rb
5. 1. 0. - INTRODUCTION
Avant de présenter les résultats obtenus, nous croyons utile de donner
un bref aperçu de la méthode au Sr/Rb appliquée aux roches totales.
Cette méthode, dont la portée va de 60 x 106 ans au Précambrien an-
cien, a particulièrement été bien décrite par ALDRICH et al (1956); WUTHRICH
(1965) et Y. VIALETTE et al (1969).
Rappelons que les différentes mesures ont été effectuées au laboratoire
de Clermont-Ferrand, sur un spectromètre de masse du type A. E. I. M. S. 2 S $
source pour échantillon solide.
5. 1. 1. - PRINCIPE
Les roches riches en silice et en alumine renferment toujours, à côté
du potassium, du rubidium qui a la propriété de se fixer en particulier â l'inté-
rieur des structures des minéraux potassiques tels que biotite, muscovite, felds-
path potassique, lépidolite, etc.
Le rubidium a la possibilité de remplacer les ions K+, du fait de la
similitude de leur rayon ionique (Rb = 1,45 A° , K = 1,33 A° ). La quantité de Rb
sera donc plus élevée dans les roches acides (riches en Si02 et A1203) que dans
les roches basiques.
5.1.2. - DESINTEGRATION DU RUBIDIUM (Rb)
NIERS (1950) calcula la proportion des deux isotopes du Rb (85 et 87)
dans les minéraux. Il trouva un rapport pratiquement constant soit
85Rb = .7215
87 Rb = .2785
1.0000
Seul l'isotope 87 Rb est radioactif. Par émission il se désintègre
en strontium 87 appelé radioRénique.
ti
- 154 -
87 Rb Strontium radiogénique (Sr*).
Cette désintégration se fait suivant une vitesse tré s faible par rapport
â l'âge de la terre.
5. 1. 3. - LA CONSTANTE DE DESINTEGRATION DU RUBIDIUM
Cette constante (À) représente le rapport :
Nombre d'atomes désintégrés par unité de temps
Nombre d'atomes présents
d' oû
dx
% x dt (1)
La valeur employée au laboratoire de Clermont-Ferrand est celle
de FLYNT et GLENDENIN (1959) soit :
= 1.47 x 10 -11 par an
Etant donné que les laboratoires américains utilisent encore fré-
quemment A = 1. 39 x 10 -11 par an, nous calculerons les âges d'aprés ces deux
valeurs afin de rendre les comparaisons plus faciles entre nos résultats et ceux
effectués, d'une part en Amérique du Nord, d'autre part en France.
5. 1.4. - CALCUL DE LA DESINTEGRATION
Etant donné que la détermination de l'âge dépend uniquement de la
mesure quantitative du Strontium radiogénique (Sr*) ou du rapport 87 Sr/86 Sr
actuel, nous pouvons supposer que si :
No est le nombre d'atomes radioactifs au temps T = 0
et
N = le nombre d'atomes radioactifs restant au bout du temps T,
en intégrant (1) on a :
N = No AT e- (2)
Soit n = le nombre d'atomes radiogéniques formés pendant le temps T.
L'équation (2) devient :
n = No-N=N (e x T -1) (3).
Donc si l'on connaft n et N, on peut calculer â partir de (3) l'âge T
T - Log e (1 + ) (4)
- 155 -
Dans le cas du rubidium 87 nous avons :
T Loge (1 +
87 Rb ) (5)
Mais il existe, en plus du strontium radiogénique (Sr*), une quantité de strontium
initial ou primaire (Srp) qu'il faut retrancher du strontium total ou moderne (SrM)
afin d'obtenir la vraie valeur du Sr*.
L'équation (5) devient donc
1+ 87 SrM-87 Srp
T 1 L e 6
ge ( 87 Rb ) ( )
Cette détermination de la quantité de Sr initial ou primaire peut se faire, soit
par la méthode de calcul au strontium primaire conventionnel, soit â l'aide
d'isochrones (méthode au strontium ajusté). Nous nous contenterons de décrire
rapidement la méthode qui a été employée ici : celle au strontium ajusté par iso-
chrone.
Etant donné que pour les miliéux pauvres en Rb une erreur sur la
valeur initiale 87 Sr = . 712 (rapport fixé dans la première méthode et égal
86 Sr
au Sr actuel dans l'eau de mer soit :.712) peut entrarner parfois des erreurs im-
portantes sur la détermination de l'age, nous avons préféré la méthode qui fait
abstraction de ce Sr initial.
5. 1. 5. - HYPOTHESE DE DEPART
Lorsqu'on a plusieurs échantillons provenant d'une même forma-
tion, trois hypothèses doivent être admises au départ pour cette méthode :
1. - Les échantillons ont évolué de la même manière ;
2. - Ils ont eu le même strontium initial ;
3. - Ils ont un age identique a savoir celui qui est donné par la
pente de l'isochrone. Cet age peut nous montrer une homo-
génisation du Sr au cours d'un phénomène géologique impor-
tant.
En effet, nous avons en transformant (6)
87Sr M - 87 Sr
P
86 Sr 86 Sr
T = ~Log e (1 + ) (7)
87 Rb
86 Sr
puis
87 Sr ~1 T 87 Rb 87 Sr
P (8)
86 Sr M (e 1) 86 Sr + 86 Sr
156
L'équation (7) peut s'écrire :
T Log e (1 + Tg fl)
où O est la pente de l'isochrone sur l'axe des abscisses.
L'équation (8) est celle d'une droite de la forme t
[y=ax+b1 ayant en abscisse la valeur du rapport 87 Rb/86 Sr, en ordonnée la
valeur du rapport 87 Sr/86 Sr et dont la pente est proportionnelle à. T.
De plus, le rapport du strontium initial 87 Sr/86 Sr est alors calculé et correspond
à l'intersection de l'isochrone avec l'axe des ordonnées,
Ce résultat est d'autant plus valable qu'il nous permet d'émettre des
hypothèses sur l'origine de ces roches, sur la profondeur relative de leur forma-
tion et, il permet de déterminer si l'échantillon est resté en système clos depuis
son origine.
5. 1.6. - MODE OPERATOIRE
5. 1. 6. 1. - Mise en solution des éléments
Les échantillons de roches ou de minéraux, après avoir été réduits
en poudre, ont été traités, par Madame VESCHAMBRE, au laboratoire de chimie
de Clermont-Ferrand afin de mettre en solution le rubidium et le strontium con-
tenus. Après attaque chimique et dilution isotopique, on obtient trois solutions pour
chaque échantillon.
A. Une première solution de chlorure de Rb contient le Rb 85 et le
Rb 87 présents dans l'échantillon mélangés à un étalon interne de constitution iso-
topique anormale connue. Ceci nous permet de calculer le rapport 85 Rb/87 Rb
et la teneur en rubidium de l'échantillon.
B. Une deuxième solution contenant le Sr et un étalon interne nous
permet de calculer le rapport 86 Sr/88 Sr et la teneur en Sr primaire de l'échana
tillon. Ainsi, à l'aide de ces deux solutions, nous pouvons calculer le rapport
87 Rb/86 Sr.
C. Enfin une dernière solution de Sr sans étalon permet la mesure
de la constitution isotopique du strontium et le calcul des rapports
87 Sr 86 Sr
et
86 Sr 88 Sr
En pratique, la constitution isotopique du strontium eat toujours dé-
terminée sur une solution sans étalon.
- 157 -
Les rapports 87 Sr/86 Sr sont normalisés pour une valeur du
rapport 86 Sr/88 Sr égale à 0. 1194. Le carbonate de strontium standard Eimer
et Amend est utilisé pour tester à intervalles réguliers le bon fonctionnement
du spectrométre de masse (tableau ci-dessous).
Tableau d'analyses isotopiques du carbonate de strontium Eimer et Amend
juillet 1967 0.7074 ± 0. 0014
août 1967 0.7079 + 0.0005
septembre 1968 0.7090 ± 0. 0007
mars 1969 0. 7058 ± 0. 0012
mai 1969 0.7067 ± 0. 0006
juillet 1969 0.7093 ± 0. 0006
Valeur moyenne 0. 7077
La précision des mesures est de t 0. 2 % sur la détermination
des constitutions isotopiques et de ± 1 % sur les concentrations en Rb et Sr.
Le calcul des isochrones a été effectué à l'ordinateur suivant le
programme de YORK (1966).
5. 1. 6. 2. - Les facteurs d'imprécision de cette méthode sont
les suivants
1. erreur commise dans la mesure de la période du Rb 87 ;
l'imprécision de cette mesure est en fonction croissante de cette période ;
2. la faible teneur en 87 Sr* ne permet pas une mesure directe,
ce qui conduit à mesurer la constitution isotopique du Sr ;
3. On utilise la technique des résines échangeuses d'ions pour
séparer le rubidium du strontium. Il faut obtenir une solution de strontium
débarrassée de rubidium car ces deux éléments ont un isotope de masse 87. La
présence de rubidium dans un enregistrement de strontium empêche la mesure
de l'isotope 87 du strontium avec une précision suffisante ;
4. les migrations possibles des atomes lors de l'histoire géolo-
gique de la roche.
- 158 -
5. 2. - LES RESULTATS
5.2.0. - INTRODUCTION
Nous avons individualisé lors des études pétrologiques et structurales
trois ensembles bien distincts sur lesquels nous avons effectué des mesures géo-
chronométriques.
Nous discuterons successivement du complexe migmatitique, du
granite de Saint-Didace et des séries paragneissiques.
5. 2. 1. - LE COMPLEXE MIGMATITIQUE
5. 2. 1. 1. - L'isochrone à 951 MA (fig. 62)
Rappelons que le complexe migmatitique occidental est constitué,
d'une part de migmatites hétérogènes, et, d'autre part de migmatites rubanées
constituées par un mobilisat et une restite (1) (voir chapitre II, p. 52).
Considérons uniquement le mobilisat ou le leucosome de ces migma-
tites, six échantillons ont été analysés, Il s'agit de :
R - 3093 R - 3332
R - 3095 R - 3333
R - 3098 R - 3335
Les résultats donnés dans le tableau ci-dessous à l'exception de
R - 3335, qui n'a pas été utilisé dans le calcul de l'âge, se placent sur un iso-
chrone (fig. 62) qui donne un âge de :
T = 951 ±45 MA (1009 MA) (2 )
avec un rapport 87 Sr/86 Sr initial de . 7079 ± 0. 0014.
(1) - Dans ce chapitre nous utiliserons le terme de mobilisat pour désigner, dans
l'ensemble migmatitique les roches de composition granitique et celui de restite
pour les roches amphiboliques n'ayant pas subi apparemment de fusion partielle.
(2) - Rappelons que les âges ont été calculés en utilisant, pour la constante de
désintégration du Rb, la valeur de A = 1. 47 x 10 -11 an -1. Dans nos notations
les âges entre parenthèses correspondent à ceux calculés avec A = 1. 39 x 10-11
an -1.
£87 Sr
86Sr FIGURE 62 - MOGHRORtE DU ~MOB-tL[SAIt°
DANS LES MIGMATITES
3098.2
I • i
3332
720
3333
3335
3095 •
R10
3093
.5 1.0 1.5 87 Rbz
86 Sr
- 160 -
Tableau récapitulatif des résultats obtenus sur les migmatites
COORDONNEES
N° Mi- Teneur Teneur 87 Rb 87 Sr
Ech. lieu Longitude Ouest Latitude Nord Rb Sr 86 Sr 86 Sr
3093.1 R.T. 73°22'45" 46°27'15" 18345 0.14 ± 0.004 0.7102 ± 0.0005
3095.1 R, T. 73°22'45" 46°27'15" 16 333 0.13 ± 0.004 0.7101 ± 0,0006
3098,2 R.T. 73°23'30" 46°29'30" 102 246 1.20 t 0.002 0.7260 ± 0.0005
3332.1 R.T. 73°21'45" 46°29'45" 115 355 0.93 ± 0.030 0.7201 ± 0.0007
3333.1 R.T. 73°21'30" 46°29'30" 143 638 0.64 t 0.021 0.7156 ± 0.0005
*3335.1 R.T. 73°21'15" 46°28'45" 110 316 1.00 t 0.030 0.7113 ± 0.0007
* Echantillon exclus du calcul de l'isochrone.
Cet age correspond à l'orogenèse grenvillienne, dernière période
orogénique précambrienne qui a affecté toutes les roches de la province de
Grenville.
Cet age de 951 MA parait correspondre à la "mobilisation" d'un
matériel granitique, produite lors d'une période de métamorphisme intense af-
fectant un matériel que nous pouvons, comme il va être montré maintenant, qualifié
d'ancien.
5. 2. 1. 2. - La droite radiogénique à 2. 300 ± 900 MA : (2430MA)
(fig. 63)
Dans le but de déceler l'age du matériel qui a subi une anatexie
vers 950 MA, nous avons effectué trois mesures sur la "restite" ou le paléosome
de ce complexe (il s'agit, rappelons-le, de roches amphiboliques). Ce sont les
échantillons :
R - 3336
R - 3096
R - 3094
Tableau récapitulatif des résultats obtenus sur la "restite"
COORDONNEES
N° Mi- Teneur Teneur 87 Rb 87 Sr
Ech. lieu longitude Ouest latitude Nord Rb Sr 86 Sr 86 Sr
3094.1 R.T. 73°22'45" 46°27'15" 30 279 0.30 -1'0.010 0, 7123 ± 0.0005
3096.1 R.T. 73°22'45" 46°27'15" 45 540 0.24 I0.007 0.7102 t 0.0003
3336.1 R.T. 73°21'00" 46°28'30" 33 331 0.28 ± 0.008 ".7113 ± 0.0010
FIGURE 63 - ISOCHRONE DES • °RESTITES"
DANS LES MIGMATITES
A
87Sr
86Sr
.7150
3094
.710 G
.1050
3020
. ~
.2 •3
.4 87R
86Sr
— 162 —
On constate (fig. 63) que ces valeurs nous permettent de tracer
une droite radiogénique à 2. 300 MA ± 900 (2430 MA) dont le rapport initial
87 Sr/86 Sr erait de 0. 7020 ± 0. 0030.
Mais, étant donné le peu de mesures dont nous disposons et surtout
en raison de la très faible valeur des rapports 87 Rb/86 Sr, il nous est impossible,
pour le moment, d'affirmer qu'il s'agit bien ici d'une véritable isochrone à
2300 MA. Notons ici que les "preuves géologiques" du chapitre structural tendent
à confirmer la présence d'un socle ancien sur lequel se seraient déversées les
séries paragneissiques.
Cette droite radiogénique nous donnerait ainsi l'âge de l'orogenèse
kénoranienne (2500 MA) durant laquelle s'est constituée la province du Supérieur.
On a donc là un nouvel argument pour penser que certaines forma-
tions de la province de Grenville sont des restes de la chaftte'kénoranienne. Mais
cet argument devrait, bien sûr, être contrôlé par d'autres mesures sur les dif-
férents facies de "restites" de ce complexe migmatitique et de ses équivalents
dans d'autres régions.
5.2.2. - LE GRANITE DE SAINT-DIDACE
Les résultats obtenus sur ce granite sont donnés dans le tableau
ci-dessous.
COORDONNEES
N° Mi - Teneur Teneur 87 Rb 87 Sr
Echan. lieu Longitude ouest Latitude nord Rb Sr 86 Sr 86 Sr
3097.1 R. T. 73° 17' 00" 46° 23' 30" 75 575 0.38 ± 0.012 0.7124 ± 0. 0006
3097.1 B. ., " 364 '70 14.97 0. 9407 ± 0. 0006
3097.1 P. L. " II
177 726 0.47 ~ 0. 014 0.7166 ± 0. 0006
3097.1 F. K. "" 191 823 0, 67 ± 0. 022 0.7179 ~ 0.0006
R. T. = Roche Totale
B. = Biotite
P. L. = Plagioclase
F. K. = Feldspath Potassique
Les minéraux (biotite, plagioclase, feldspath potassique) ainsi
que la roche totale de l'échantillon 3097, s'alignent de façon très satisfaisante
et définissent une isochrone, à 1105 MAI (1170 MA), (voir fig. 64), avec un
rapport initial 87 Sr
- 7065.
86 Sr
FIGURE 64 - ISOCHRONE DU
GRANITE DE St_ DIDACE
87Sr /
r86Sr
Point situé en:
e1 _ 0.9401
Sr/ 965r—
e1 Rb
/eÔSr' 14,07
130
.120
.710
.1065
700 1.0 1.5 87 Rb
.5
/86Sr
- 164 -
Il semble donc que ce granite de la partie SE du territoire soit
antérieur à la migmatisation affectant surtout le complexe migmatitique du NO.
En outre, la composition isotopique initiale du granite étant inférieure à celle du
"mobilisat" des migmatites nord occidentales, il est logique de penser qu'il s'a-
git de deux phénombnes bien différents. Mais nous ne pouvons affirmer si cette
isochrone à 1105 MA (1170) représente l'âge de la mise en place du granite ou
bien celui d'un métamorphisme ayant affecté ce massif et provoqué la réhomogé-
néisation isotopique du strontium.
Nous pensons que la deuxième solution parartrait la plus vraisem-
blable étant donné que l'isochrone a été tracée à partir de minéraux d'un échantil-
lon pris en bordure de ce granite. Il nous semble donc que ce,granite doit être
rattaché au phénomene plutonique elsonien ou plus vieux.
Il est intéressant de noter que des mesures faites par G. L. DAVIS
et T. E. KROGH (1969), sur un granite situé dans le Nord Ouest de Grenville, ont
donné un âge de 1725 MA, et que, la direction de ce granite est concordante avec
les paragneiss environnants.
5.2.3. - LES SERIES PARAGNEISSIQUES
Huit échantillons appartenant à la série paragneissique de la région
ont été mesurés. Il s'agit des numéros :
R - 3094 R - 3102
R - 3096 R - 3336
R - 3099 R - 3337
R - 3101 R - 3331
Tableau récapitulatif des résultats obtenus sur les paragneiss
COORDONNÉES
N° Mi- Teneur Teneur 87 Rb 87 Sr
Echan. lieu Longitude ouest latitude nord Rb Sr 86 Sr 86 Sr
3094.1 R.T. 73° 22' 45" 46° 27' 15" 30 279 0.30 1
- 0.010 0.7123 ± 0.0005
3096.1 " 45 540 0.24 t 0.007 0.7102 ± 0.0003
3099.1 73° 21' 15" 46° 25' 45" 64 163 1.13 1
- 0.035 0.7287 ± 0.000'1
3101.1 " 73° 20' 30" 46° 24' 30" 91 212 1.25 ± 0.039 0.7328 1- 0.0006
3102.1 " 73° 23' 30" 46° 29' 30" 61 214 0.8] ; 0.025 0.7219 ± 0.0005
3331.1 * " 73° 17' 45" 46° 26' 15" 60 100 1.74 ± 0.054 0.7528 ± 0.0004
3331.2 If " " 60 101 1.73 - 0.038 0.7525 t 0.0004
3336.1 " 73° 21' 00" 46° 28' 30" 33 331 0.28 ± 0.008 0.7113 ± 0.0010
3337.1 " 73° 20' 15" 46° 27' 45" 111 724 0.44 1'0.012 0.7161 t 0.0006
* Echantillons exclus du calcul de l'isochrone.
FIGURE 65 - ISOCHRONE DES
P ARAG N EISS
87Sri
/86Sr
.133
519 Lu
333,
'1
140 •
—en7175-- 31
3099
1E0
.5 2.0
87Rbi86 Sr
- 166 -
Le dernier (R-3331), même après une seconde attaque chimique,
nous donne un rapport 87 Rb/86 Sr légèrement décalé par rapport aux autres
échantillons. Nous n'avons donc pas utilisé R-3331 dans le calcul de l'isochrone.
Comme nous pouvons le constater sur la figure 65, les sept échan-
tillons restants s'alignent bien et permettent de tracer une isochrone à :
1430 - 50 MA (1510 MA)
avec un rapport 87 Sr/86 Sr = .7051 ± 0. 0010.
Cet âge pourrait correspondre soit à la fin de l'orogenèse hudsonien-
ne, soit au début de l'orogenèse elsonienne. En tout cas, on peut supposer que ces
séries paragneissiques étaient constituées avant le début de l'épisode elsonien,
Malheureusement le petit nombre de mesures ne nous permet pas de franchir cette
'barrière:'
Mentionnons, en terminant, que cette mesure vient s'ajouter à
plusieurs autres effectuées dans la province de Grenville et qui révélaient des
âges variant entre 1500 MA et 1650 MA pour des parneiss semblables.
5.2.4. - CONCLUSIONS A L'ETUDE GEOCHRONOMETRIQUE
Nous avons donc, pour les trois grands ensembles constitutifs de
la région, défini quatre isochrones :
- une première, effectuée sur le "mobilisat", (matériel granitique
des migmatites) nous a révélé une migmatisation et (ou) un métamorphisme in-
tense à 950 MA' (1010 MA), âge qui est typique de l'orogenèse grenvillienne ;
- une deuxième isochrone, sur le granite de Saint-Didace, nous
donne un âge de 1105 MA 1(1170) qui pourrait correspondre, soit à i'âge de 'sa
mise en place tardive du plutonisme elsànien soit,' ce qui 'est plus vraisemblable,
à un rajeunissement produit durant l'orogenèse grenvillienne,
- une troisième, tracée à partir des roches paragneissiques, nous
a révélé un âge de j 1430 MA 1(1510). Il s'agit là d'un âge qui pourrait appartenir,
soit à un épisode terminal de l'orogenèse hudsonienne, soit à un événement pré-
coce de l'orogenèse elsonienne. Toutefois, à la suite des travaux de C.H.
STOCKWELL, (1964-1968) la première hypothèse semble la plus plausible. En
effet, d'après cet auteur les limites inférieure et supérieure de l'orogenèse hudso-
nienne seraient respectivement 2010 et 1450 MA et celles de l'orogenèse elsonien-
ne 1520 et 1220 MA.
CHAPITRE VI
CONCLUSIONS GENERALES
- 168 -
CONCLUSIONS GENERALES
La région de Saint-Gabriel-de-Brandon (Québec) est constituée de
formations cristallines précambriennes situées dans la Province métamorphique
de Grenville.
Trois grands ensembles ont pu y être individualisés : le complexe
migmatitique au NO, la série paragneissique et les roches plutoniques.
6. 1. - LE COMPLEXE MIGMATITIQUE
Le complexe migmatitique est représenté par des migmatites rubanées
et des migmatites hétérogènes. A l'origine, il s'agirait d'une série à dominante
grauwackeuse avec des intercalations plus basiques (tufs basaltiques ?). Son évo-
lution métamorphique est difficile à déchiffrer. D'une part, les paragenèses
dominantes actuelles sont celles du facies granulite, d'autre part un début d'ana-
texie se matérialise par des porphyroblastes feldspathiques, des lentilles de
quartz, des lits riches en éléments felsiques (mobilisat) et par la présence spora-
dique de filons et amas granitiques. Ce phénomène anatectique peut être daté de
950 MA (1009 MA)*, alors que d'après quelques ages obtenus sur les roches am-
phiboliques qui jouent le rôle de "restites", on peut avancer, avec encore quelques
réserves, le chiffre de 2 300 MA (2 430 MA) pour dater un phénomène géologique
majeur de l'orogenèse kénoranienne (métamorphisme ? Surrection de la charrie ?. .
L'étude structurale de cet ensemble n'a pas été menée de façon détail-
lée. Seules deux directions majeures de plis ont été décelées localement : NE -
SO et NO - SE.
Par ailleurs si on observe une concordance entre ce complexe et les
formations paragneissiques qui le bordent au SE et au NO, on peut néanmoins
considérer que le premier a joué le rôle de socle sur lequel se sont déversées
les secondes.
* - Le premier âge est celui qui a été calculé en utilisant X = 1. 47 x 10 -11 an -1
Le second, entre parenthèses, est celui calculé en prenant X = 1. 39 x 10 -11
an-1.
- 169 -
6. 2. - LA SERIE PARAGNEISSIQUE
Cette expression couramment utilisée rassemble divers schistes
cristallins dont l'origine peut être en fait soit sédimentaire, soit volcano-
sédimentaire, soit éruptive et dont l'interstratification est constante. Elle se
rapproche du "Groupe de Grenville" mais à la différence de ce dernier, les
formations carbonatées sont peu abondantes. Son épaisseur est difficile à chif-
frer en raison des plissements superposés qui l'ont affectée.
Les gneiss à grenat et sillimanite et les gneiss à grenat et biotite
sont les facies les plus importants. Ils dérivent de formations silico-alumineu-
ses de type pélitique. Quelques niveaux intercalés de gneiss à graphite et pyrite
témoignent de la présence de matières charbonneuses. Les gneiss à biotite et
amphibole représentent d'anciennes roches volc,ano-détritiques de type grauwa-
cke. Ils sont associés à des gneiss à orthopyroxène dont l'origine est vraisem-
blablement arkosique.
Les caractères chimiques des leptites conduisent à penser qu'à
l'origine, il s'agissait soit de coulées rhyolitiques, soit de nappes ignimbritiques
intercalées soit dans les pélites qui ont donné les gneiss à grenat, soit dans les
grauwackes qui ont donné les gneiss à biotite et amphibole.
Les leptynites associées présentent, elles, des caractères de terrain
proches d'anciennes arkoses. Le passage graduel entre ces deux facies apparart
évident.
Les amphibolites ont une origine très vraisemblablement magmati-
que. Les gros amas cartographiables seraient d'anciens sills gabbrorques, et
les niveaux centimétriques à métriques représenteraient soit d'anciens tufs ba-
siques, soit d'anciennes coulées basaltiques.
Les roches calco-silicatées et les skarns en petits niveaux interstra-
tifiés, souvent boudinés ont pour origine des roches carbonatées et calco- ma-
gnésiennes riches en impuretés. Quant aux quartzites, il s'agit d'anciens hori-
zons de grès siliceux,
Du point de vue métamorphique, les paragenèses observées sont
caractéristiques en partie du facies amphibolite-almandin (sous-facies le plus
élevé) en partie du facies granulite. Les conditions thermo-dynamiques qui
paraissent avoir régné lors de la phase métamorphique qui a donné les para-
genèses actuelles ont pu être estimées de la façon suivante : température mini-
male de 670° C, pression solide comprise entre 6 et 10 kb et pression d'eau
inférieure à la pression solide.
Les structures présentées par la série paragneissique indiquenc
que celle-ci a subi au moins deux phases majeures de plissement. La plus
- 170 -
ancienne a donné des plis isoclinaux, d'amplitude kilométrique, couchés ou
déversés, soit vers le N, soit vers le NO et dont les axes, orientés E-O dans
la partie centrale et NE - SO dans les parties N et SE plongent faiblement vers
l'E ou le NE. C'est au cours de cette première phase que la série paragneissi-
que se serait déversée sur le complexe migmatitique qui en même temps aurait
subi des phénomènes d'écaillage.
La seconde phase de plissement a donné des structures déversées vers
l'Ouest ou le Sud Ouest dont les axes sont orientés soit N-S soit NO - SE et
plongent faiblement vers le SE. La superposition de cette seconde phase sur les
plis de la première génération donne des figures d'interférences très complexes.
Sans doute à la fin de cette deuxième phase se produit une tectonique cassante
responsable en particulier de la zone faillée orientée NE - SO qui sépare la série
paragneissique du granite de Saint-Didace.
Les mesures radiométriques effectuées sur plusieurs roches totales
de cette série (méthode Sr/Rb) donnent un âge de 1 430 MA (1 510 MA) qui pour-
rait appartenir soit à un épisode précoce de l'orogenèse elsonienne, soit plus
vraisemblablement à un épisode terminal de l'orogenèse hudsonienne.
6. 3. - LES ROCHES PLUTONIQUES
Les roches plutoniques comprennent essentiellement les roches man-
géritiques quartziques orthogneissifiées, abondantes surtout au NE, et le gra-
nite de Saint-Didace qui occupe le SE de la région.
Les premières présentent des paragenèses qui les rattachent aux
roches plutoniques charnockitiques. Elles paraissent s'être mises en place au
cours de la première phase de plissement affectant les paragneiss (ou à la
rigueur peu après). Toujours est-il que ces "lames" de mangérite ont été re-
prises avec leur encaissant paragneissique par la seconde phase de plissement.
Leur déformation est d'autant plus intense qu'elles sont moins volumineuses.
Quant au granite adamellitique de Saint-Didace, à structure porphyro-
blastique, parfois à feldspath rapakiwique, localement folié, il parait s'être mie
en place de façon syntectonique (durant la première phase de plissement ?) mais
il n'est pas possible de dire quelles sont ses relations génétiques avec les man-
gérites.
Une isochrone, tracée à partir de mesures effectuées sur minéraux
extraits du granite, donne un âge de 1 105 MA (1 170 MA). Nous pensons que
cet âge peut correspondre à un rajeunissement provoqué par une phase méta-
morphique grenvillienne causant la réhomogénisation isotopique du Sr.
- 171 -
6. 4. SCHEMA EVOLUTIF
Pour terminer ce mémoire nous allons tenter de reconstituer l'his-
toire géologigi e de la région de Saint-Gabriel-de-Brandon. Le tableau ci-contre
résume nos interprétations sur la succession des divers évènements.
Les traces de l'orogenèse kénoranienne (2 600- 2 400 MA), la plus
[Link] qui ait été reconnue dans le bouclier canadien, sont décelables dans le
complexe migmatitique nord occidental. Toutefois de nouvelles mesures radiomé-
triques seraient nécessaires pour contrôler celles, trop peu nombreuses, que nous
avons faites et qui ont donné 2 350 MA.
En ce qui concerne la "série paragneissique" deux hypothèses sont
envisageables compte tenu de l'isochrone à 1 430 MA que nous avons obtenue.
Hypothèse A . - La série paragneissique dérive de roches sédimentai-
res, de grauwackes et de vulcanites déposées sur le socle kénoranien durant l'ère
aphébienne qui s'achève par l'orogenèse hudsonienne (1 820-1 640 MA). Dans ce
cas, cette série aurait été rajeunie à 1 430 MA c'est-à-dire à l'Elsonien lequel cor-
respond soit à une véritable orogenèse soit à un plutonisme important (mise en
place des anorthosites, jotunites, mangérites, etc. ).
Hypot pèse B. - La série paragneissique s'est déposée, a été métamor-
phosée et plissée durant le Paléohélikien qui s'achève par l'orogenèse elsonienne
(1 280-1 460 MA). L'âge de 1 430 MA représenterait alors soit l'épisode métamor
phique majeur de cette orogenèse, soit la surrection finale d'une véritable charrie
elsonienne.
L'hypothèse A paraîtrait à première vue la; plus plausible,
En effet, on a trouvé en diverses régions de la province de Grenville des restes de
la charrie hudsonienne et à notre connaissance il n'a pas encore été mis en évidence
la présence de schistes cristallins dérivant de sédiments déposés durant le Paléohé-
likien.
Toutefois, cette interprétation vient en contradiction avec notre con-
clusion sur l'époque de mise en place des roches mangéritiques, à savoir durant la
première phase de plissement affectant les paragneiss. Si celle-ci s'est effectuée
(selon A) aux alentours de 1 750 MA, la mangérite devrait avoir cet âge, Or il sem-
ble communément admis que, dans la province de Grenville, les grandes masses de
roches plutoniques, dont la plupart présentent des caractères charnockitiques, se
soient mises en place aux alentours de 1 400 MA. C'est elles qui ont justement per-
mis d'individualiser l'Elsonien.
Ne disposant pas de mesure d'âge sur les orthogneiss mangéritiques
de notre région et ne pouvant pas affirme%u Page de 1 430 MA donné par nos mesures
sur les paragneiss correspond bien à un simple "rajeunissement" nous ne pouvons
n °u r.' ES
JRO(ENE _ ROCHES EPISODES G.S.C. 1ESURES
1 Diabase .intrusion 700 MA
pseudotachylites . tectonique cassante 880
GREINV ILLIEN . tectonique : plissements SE à N-S (2e phase) 1000
Z
Le . métamorphisme - facies grannlite (1)
ÿ - rajeunissement. 25C MA
- orthogr,eissiïication des mangérites (mol ilisat ~u
- anatexie du complexe basal ..._ _ _ )rom ~lexe mig-
Le—, mati tique :)
amphibolites ' , filons basiques 111 5 MA
(raje unissement 1)
granite de Saint-Didace _ — 1280 MA ____ ~
. Plutonisme
Roches plutoniques ( . mangérite 1460
ELSONIEN . si hypethi'se A : rajeunissement de la "Suie para-
gneissique" , — — — 14:?0 MA
. pliss. ment: (lre phase) E-O 3 ENE (paragneiss)
7.
' 4 . mdtamorphisme catazonal
x
. sédiments : pélires. grès, calcaires, grauwackes et
O
~, - vulcanites
in
acides at basiques
w d —.—
ea
- .S./~
' N.
hy — i 1640 MAS
HUDSONIEN a. 1820
W
c
AN,se
-1
~ , plissements (ire phase) E-O à ENE
O.1
tn
z - . métamorphisme catazonal
_
u
E , sédiments : pentes, grès. calcaires, grauwackes et - •
vulcanites
<
acides et basiques
231 0 M
- 2400 MA (: estire)
:ENOFASIE\
z Complexe migmatitique
L . Tectonique :1 2600
de base
. 'Métamorphisme : 1
r . Sédiments : grar wackes .
- 1.73 -
les
pas trancher de façon valable entre/deux hypothèses : âge aphébien ou âge paléohé-
en de la série paragneissique.
Notre terrain d'étude se situant dans la province métamorphique de
Grenville il est bien évident que la dernière orogenèse des temps précambriens
connue dans le bouclier canadien y a produit des effets importants.
On peut semble-t-il rapporter â cette orogenèse grenvillienne tout
d'abord un métamorphisme général qui est responsable de phénomènes anatecti-
ques produits surtout dans le complexe migmatiticjue de base à 950 MA, de l'ortho-
gneissification des mangérites, du rajeunissement de toutes les formations et peut-être
de l'apparition des paragenèses du facies granulite. En outre, nous avons rapporté
â un épisode tectonique grenvillien la deuxième phase majeure de plissements. A
celle-ci fait suite, plus ou moins en continuité, un épisode de tectonique cassante
qui se matérialise en particulier par des pseudotachylites.
Enfin, les quelques filons• de diabase indemnes de toutes traces d'ortho-
gneissification se sont mis en place sans doute vers 700 MA dans un socle induré,
— 174 —
FIGURE 66
TECTONOGRAMME
schématique
I km
Ech. approx.
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