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Comprendre la prostatite et ses types

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Prostatite

Définition

Une prostatite est une inflammation de la prostate, associée à des douleurs et un


gonflement. Cette affection est peu courante puisqu’elle concerne environ 1% des hommes à
un moment de leur vie. Une origine bactérienne doit être recherchée devant tous symptômes
mictionnels. Le diagnostic d’une prostatite est clinique et confirmé par une analyse
d’urines. Le traitement est symptomatique, associé ou non à une antibiothérapie.

La prostate est une glande sexuelle masculine appartenant aux organes génitaux de
l’homme. Elle a la taille d’une noix, mais son volume augmente avec l’âge, et elle se situe
sous la vessie, à la base du pénis, entre l’appareil urinaire et l’appareil génital. Elle entoure
l’urètre (conduit permettant l’expulsion de l’urine). Deux sphincters permettent de contrôler la
miction (ou l’évacuation de l’urine) : le sphincter lisse présent au niveau du col vésical, et le
sphincter strié localisé sous la prostate.

La prostate est impliquée dans l’élaboration du sperme. Elle produit 2/3 du liquide
séminal et des enzymes permettant de fluidifier le sperme, dont le fameux PSA (Prostatic
Specific Antigen).

Dans la majorité des cas, l’origine de la prostatite est inconnue. Elle peut être liée à
une infection bactérienne se propageant à la prostate via les voies urinaires ou sanguines. On
parle alors de prostatite bactérienne. Celle-ci peut se développer lentement, c’est la
prostatite bactérienne chronique, ou au contraire rapidement, c’est la prostatite bactérienne
aiguë.

Chez certains hommes, la prostatite peut être chronique, même en l’absence d’infection
bactérienne.
Finalement, on distingue quatre types de prostatite :

La prostatite non bactérienne chronique

Aussi appelée « syndrome de douleur chronique pelvienne », ce type de prostatite est le


plus répandu. Il se manifeste surtout par une douleur associée ou non à divers symptômes.
L’origine de ce trouble est inconnue. Cette prostatite peut tout aussi bien être persistante
qu’intermittente. Elle survient essentiellement chez les hommes jeunes. Le stress semblerait
jouer un rôle dans l’apparition de l’affection.

La prostatite bactérienne aiguë

L’origine de cette prostatite est bactérienne. L’infection responsable peut provenir de la


vessie, des intestins ou du sang, avant de se propager à la prostate. Les symptômes
surviennent brutalement, et impliquent généralement une antibiothérapie par voie
intraveineuse à l’hôpital.

Une prostatite aiguë se manifeste par une forte fièvre, des frissons et une altération
de l’état général du patient. Des douleurs musculaires dans les cuisses, le bas du dos et la
région pelvienne sont généralement associées. Le patient peut également ressentir des
difficultés à uriner.

La prostatite bactérienne chronique

Ce type de prostatite est causé par une infection bactérienne qui dure depuis plus de 3
mois. L’intensité des symptômes peut varier dans le temps. Les patients ayant déjà eu des
problèmes urinaires (infection ou inflammation) sont plus à risque de développer ce type de
prostatite.

La prostatite non bactérienne

Elle est aussi appelée prostatite asymptomatique. Ce type de prostatite est caractérisé
par une inflammation de la prostate ne causant aucun symptôme. Elle est
généralement diagnostiquée fortuitement à l’occasion d’une biopsie prostatique.
Son origine est inconnue.

Plusieurs facteurs de risque associés à la prostatite ont été identifiés :

 Les rapports sexuels sans protection;


 L’augmentation du volume de la prostate;
 L’obstruction de la vessie;
 Un traumatisme ou acte médical (biopsie, chirurgie, cathéter, etc.).
Symptômes ?

Les symptômes causés par une prostatite sont très variables d’un patient à l’autre.

Les plus fréquents sont :

 Un besoin fréquent d’uriner, autant la nuit que le jour ;


 Un besoin impérieux d’uriner ;
 Des difficultés pour amorcer, ou au contraire, stopper la miction ;
 Un jet urinaire faible ou lent, ou qui s’interrompt ;
 Une vendange incomplète de la vessie ;
 Une brûlure ou douleur à la miction ;
 Une douleur dans le bas du dos, au niveau du bassin ;
 Une éjaculation plus difficile, voire douloureuse ;
 De la fièvre avec des frissons (en cas de prostatite aiguë) ;
 Des infections urinaires à répétition ;
 La présence de sang dans les urines.

Diagnostic
Le diagnostic d’une prostatite est suspecté par le médecin lorsqu’un individu de sexe
masculin de plus de 50 ans décrit l’un des symptômes évoqués précédemment.

Le diagnostic est d’abord clinique. Il repose sur l’interrogatoire du patient et sur


l’examen clinique.

À noter !

L’association d’un syndrome pseudo-grippal à des douleurs ou troubles urinaires doit


immédiatement évoquer une prostatite aiguë qui nécessite une consultation en urgence suivie
d’une antibiothérapie systématique.

Lors de l’interrogatoire, le médecin cherche à caractériser les manifestations, à évaluer


leur fréquence et à apprécier leur retentissement sur la qualité de vie du patient, et à éliminer
d’autres causes éventuelles. L’inconfort lié aux symptômes est évalué grâce à un
questionnaire standardisé de 8 questions.
L’examen clinique implique un toucher rectal. En effet, comme la prostate est
localisée en avant du rectum, le médecin peut ressentir la glande à travers la paroi rectale. Cet
examen permet d’évaluer le volume et la consistance de la glande.

Une analyse d’urines associée à une uroculture (mise en culture d’un échantillon
urinaire pour réaliser un antibiogramme) est prescrite en complément lorsqu’une prostatite est
suspectée. Elle permet de mettre en évidence le contexte infectieux. Dans 80% des cas, c’est
le germe Escherichia Coli qui est en cause.

Dans le but d’écarter d’autres causes possibles, des examens complémentaires peuvent
être prescrits : le dosage de la créatinémie (recherche d’une insuffisance rénale), dosage du
PSA (pour rechercher un cancer de la prostate), une échographie de l’appareil urinaire (pour
mettre en évidence une vidange incomplète de la vessie), une débimétrie urinaire (pour
mesurer l’impact d’une éventuelle obstruction).

Traitement ?

Selon la situation clinique du patient, plusieurs options peuvent lui être proposées.

Lorsque les cultures n’ont mis en évidence aucune infection bactérienne, le traitement est
symptomatique. Les traitements prescrits visent à soulager les symptômes. Ils comprennent
un massage prostatique (réalisé par le médecin) et des bains de siège. Des antalgiques et anti-
inflammatoires peuvent être prescrits en cas de douleur et œdème. Les alpha-
bloquants (tamsulosine, alfuzosine, silodosine et doxazosine) permettent de relaxer les
muscles de la prostate, et peuvent ainsi contribuer au soulagement du patient. Lorsque les
symptômes ne sont pas suffisamment soulagés par les traitements prescrits, une intervention
chirurgicale consistant en l’ablation partielle de la prostate peut être programmée.

Les prostatites aiguës représentent près de 9% des urgences infectieuses urinaires. La


prise en charge est hospitalière, et le traitement antibiotique est débuté sans délai après la
réalisation de l’analyse d’urines (sans attendre les résultats). Une antibiothérapie de relais sera
ensuite instaurée selon les résultats de l’antibiogramme. Généralement, c’est un antibiotique
de la famille des fluoroquinolones (ciprofloxacine, ofloxacine ou lévofloxacine)
qui est utilisé. Le cotrimoxazole est une alternative. La durée de l’antibiothérapie est
au minimum de 30 jours.
Selon l’état de santé du patient, l’antibiothérapie peut être instaurée par voie orale au domicile
du patient, ou par voie intraveineuse en milieu hospitalier.

En cas de prostatite chronique, le traitement peut être plus long. L’antibiotique est prescrit
pendant au moins 6 semaines.

À noter !

Les traitements symptomatiques (antalgiques, anti-inflammatoires, alpha-bloquants,


massages prostatiques et bains de siège) peuvent être prescrits en complément de
l’antibiothérapie en cas de prostatite d’origine infectieuse afin de soulager les symptômes du
patient.

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