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Irrigation et rendement de tomates en sciure-tourbe

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ISABELLE LEMAY

REGIES D'IRRIGATION ET RENDEMENT DE LA


TOMATE DE SERRE {LYCOPERSICONESCULENTUM
MILL.) EN MÉLANGE SCIURE-TOURBE

Mémoire présenté
à la Faculté des études supérieures de l'Université Laval
dans le cadre du programme de maîtrise en sols et environnement
pour l'obtention du grade de maître es sciences ([Link].)

DEPARTEMENT DES SOLS ET DE GENIE AGROALIMENTAIRE


FACULTÉ DES SCIENCES DE L'AGRICULTURE ET DE L'ALIMENTATION
UNIVERSITÉ LAVAL
QUÉBEC

2006

© Isabelle Lemay, 2006


Il

REMERCIEMENTS

Je voudrais remercier mon directeur de recherche, M. Jean Caron, pour son enseignement,
ses précieux conseils et son encadrement tout au long de mes travaux. Je remercie aussi
mon co-directeur, Steeve Pépin, pour ses conseils, son aide technique et sa grande
disponibilité. Merci à Martine Dorais et Claudine Ménard pour leurs nombreux conseils et
leur participation aux prises de mesures. Je tiens aussi à remercier Carole Boily pour son
aide, ses précieux conseils et son support, ainsi que tous les étudiants ayant participé au
projet. Il ne faut pas oublier Jocelyne Moreau et Linda Gaudreau de chez Savoura pour
leurs précieux conseils, et Sébastien Descôteaux de Hortau et Normand Bertrand
d'Agriculture et Agroalimentaire Canada pour leur appui technique. Merci au CRSNG pour
leur contribution financière par l'octroi d'une bourse d'étude. Je voudrais aussi souligner la
contribution financière des Serres du St-Laurent (Savoura), ainsi que celles de Hortau,
Industrie Maibec Inc. et Premier Horticulture Ltée pour la fourniture de matériel.
Finalement, je voudrais remercier mon conjoint et ma famille pour leur support et leurs
encouragements tout au long de mes études.
m

RESUME

Pour la tomate de serre, un mélange de 70 % de sciure d'épinette blanche et de 30 % de


tourbe de sphaigne brune semble particulièrement intéressant comme substitut à la laine de
roche au Québec, mais sa régie d'irrigation doit être adaptée. Cette expérience avait pour
but de déterminer cette régie afin d'obtenir les meilleurs rendements et économies d'eau.
Différentes régies pour ce mélange (irrigué en fonction du potentiel matriciel (ST/T-12),
par minuterie avec correction pour la radiation solaire (ST/M) ou avec remontée capillaire
pour deux potentiels matriciels différents (ST/R-11, ST/R-9)) ont été comparées à la laine
de roche (LR/M) irriguée selon ST/M. ST/T-12 a permis une augmentation du rendement
comparativement à LR/M. La meilleure économie d'eau a été réalisée en remontée
capillaire pour le substrat le plus humide (ST/R-9). Finalement, les rendements ont été
négativement corrélés au potentiel matriciel moyen maintenu dans le substrat.
IV

TABLE DES MATIERES

REMERCIEMENTS ii
RÉSUMÉ iii
TABLE DES MATIÈRES iv
LISTE DES TABLEAUX vi

LISTE DES FIGURES vii


CHAPITRE I : INTRODUCTION GÉNÉRALE 1
TOMATE DE SERRE 2
SUBSTRAT DE CULTURE 2
EFFET DU STRESS HYDRIQUE OU ANOXIQUE SUR LA PLANTE 6
RÉGIE D'IRRIGATION. 10
OBJECTIF 12
RÉFÉRENCES 13

CHAPITRE II : EFFET DE LA RÉGIE D'IRRIGATION SUR LE


RENDEMENT DE LA TOMATE DE SERRE CULTIVÉE EN
MÉLANGE SCIURE-TOURBE 17
INTRODUCTION 18
MATÉRIEL ET MÉTHODES 22
Substrat de culture 22
Régies d'irrigation 24
Détermination des potentiels matriciels moyens 26
Conditions en serre et régie de culture 26
Mesures et analyses 27
Analyse statistique 29
RÉSULTATS. 30
Détermination des potentiels matriciels moyens 30
Substrat 32
Croissance des plants 38
Rendement 42
Qualité des fruits 44
DISCUSSION 46
Amélioration du rendement 46
Économie d'eau 48
Effet d'aération 49
Implications pratiques 50
Avenues futures de recherche 51
CONCLUSION. 52
RÉFÉRENCES 53

CHAPITRE III : CONCLUSION GÉNÉRALE 57


ANNEXE I : MESURES DE CROISSANCE DU PLANT, DIAMÈTRE
DE TIGE, HAUTEUR DE FLORAISON ET LONGUEUR D'UNE
FEUILLE MATURE 59
ANNEXE II : BIOMASSE PRÉSENTE SUR LE PLANT APRÈS 11
SEMAINES DE RÉCOLTE 61
ANNEXE III : MESURES DE FLUORESCENCE, PHOTOSYNTHÈSE,
CONDUCTANCE STOMATIQUE ET POTENTIEL HYDRIQUE DU
XYLÈME 63
ANNEXE IV : POURCENTAGE DE MATIÈRE SÈCHE DES FRUITS
À LA RÉCOLTE 65
ANNEXE V : MESURES DE QUALITÉ ORGANOLEPTIQUE ET
NUTRITIONNELLE DES FRUITS À LA RÉCOLTE 67
VI

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1. Distribution des dimensions des particules de la sciure, de la tourbe et du


mélange sciure-tourbe-compost sur une base de masse 23
Tableau 2. Conductivité électrique et pH moyens de l'eau de lessivage 33
Tableau 3. Conductivité électrique des échantillons pris au lysimètre à succion pour chaque
série de mesures 34
Tableau 4. Biomasse totale produite par plant jusqu'au moment de l'étêtage, masse sèche
des racines en fin de culture, taux relatif de croissance (RGR) et rapport foliaire
(LWR) 40
Tableau 5. Rendements total et vendable cumulatifs et calibre moyen des fruits de classe 1
(17 semaines de récolte) 43
Tableau 6. Pourcentage des fruits récoltés (17 semaines de récolte) présentant certains
désordres physiologiques à divers degrés 46
VII

LISTE DES FIGURES

Figure i. Allure générale d'une courbe de rétention en eau 6


Figure ii. Exemple de l'évolution des paramètres physiologiques de la plante en fonction
de l'eau disponible dans le substrat 9

Figure 1. Courbe de rétention en eau et de réhumectation des substrats utilisés 24


Figure 2. Photosynthèse maximale mesurée en fonction du potentiel matriciel (Portneuf).
30
Figure 3. Conductance stomatique maximale mesurée en fonction du potentiel matriciel
(Portneuf) 31
Figure 4. Courbes de rétention en eau et de réhumectation des substrats en début et en fin
de culture 32
Figure 5. Conductivité électrique (± erreur-type) dans le substrat pour chaque quart de
profondeur 35
Figure 6. Teneur en eau mesurée dans le substrat à différentes profondeurs (mesure
horizontale) et sur toute la profondeur (mesure verticale) pour 9 journées de
mesure (5-6-25-26 mai, 13-14juin, 5-6-7 juillet) 36
Figure 7. Concentrations (± erreur-type) en oxygène, dioxyde de carbone et oxyde nitreux
dans le substrat et au fond du bac pour les quatre séries de mesures 38
Figure 8. Photosynthèse maximale en fonction du potentiel matriciel pour la laine de roche
et le mélange aux Serres du Saint-Laurent et pour les différents traitements
d'irrigation aux serres de l'Université Laval 42
Figure 9. Corrélation entre le rendement total et le potentiel matriciel moyen maintenu
dans le mélange sciure-tourbe de jour (8h-16h) et de nuit (16h-8h) 44
CHAPITRE I : INTRODUCTION GENERALE
TOMA TE DE SERRE

La tomate, originaire d'Amérique du Sud, est maintenant cultivée à travers le monde. Dans
certains pays, afin d'en améliorer les rendements ou de prolonger la période de production,
on la cultive aussi sous serre. Les cultures abritées de tous genres représentent 1 612 380 ha
à travers le monde (Peet et Welles, 2005), dont près de 2000 hectares sous serres au
Canada. La tomate est la plus importante culture légumière de serre au pays, couvrant une
superficie de plus de 430 hectares (Statistique Canada, 2005). À l'exception de la
production biologique, la tomate de serre est rarement cultivée en plein sol. En 2005, 95 %
de la tomate de serre en Europe, au Canada et dans les grands complexes de serre aux États-
Unis était cultivée dans des substrats artificiels inertes (Peet et Welles, 2005). Pour la
culture hors-sol, la laine de roche est le substrat le plus utilisé. Puisque ce substrat n'est pas
recyclable et génère des quantités importantes de déchets, l'industrie tend à se tourner vers
des substrats moins coûteux et plus respectueux de l'environnement. De nouveaux substrats
sont donc étudiés afin d'évaluer leur potentiel d'utilisation pour la tomate de serre. Puisque
la croissance et le rendement de cette plante sont fortement influencés par le régime
hydrique (Salter, 1954), il est aussi important de maintenir une régie d'irrigation adéquate
adaptée au substrat de culture.

SUBSTRAT DE CULTURE

Depuis plusieurs années, le respect de l'environnement et la préservation des ressources


naturelles sont des préoccupations mondiales grandissantes. En serriculture, la tendance
mondiale est donc de plus en plus orientée vers des substrats organiques de culture. En
effet, plusieurs matériaux présentent un potentiel d'utilisation en remplacement des
substrats inorganiques artificiels pour la production de tomates de serre. Différentes
expériences démontrent ce potentiel pour des substrats à base de tourbe, de fibre de bois ou
de bran de scie. Selon De Rouin (1988), les substrats à base de tourbe présentent des
caractéristiques physiques favorables à la production horticole. Cependant, elle a aussi
observé que dans le mélange de bran de scie et de tourbe blonde étudié (60 % bran de scie /
40 % tourbe blonde), il y avait une faible proportion d'eau facilement disponible. Le bran
de scie, composé de particules grossières, augmente la proportion des pores de grande
dimension et favorise ainsi une aération accrue dans le substrat. Toutefois, dans une étude
effectuée en 2003 à l'échelle commerciale, aucune différence significative n'a été observée
entre la croissance des plantes, la répartition du carbone, le rendement et la qualité externe
des fruits des plantes cultivées en bac de bran de scie pur ou en mélange de bran de scie (70
% bran de scie + 30 % fibre de bois) et ceux cultivés en laine de roche (Dorais et coll.,
2005). Cependant, des rendements plus faibles que ceux en laine de roche ont été obtenus
avec des sciures et des copeaux en sacs de culture (Allaire et coll., 2005). Similairement,
une étude effectuée par le MAPAQ (2004) a démontré que des rendements légèrement
inférieurs à ceux obtenus en fibre de noix de coco ont été atteints en bran de scie
(principalement d'épinette et de sapin), et ce à un coût bien inférieur. De plus, selon les
chercheurs, les résultats auraient été encore meilleurs avec une régie de fertigation mieux
adaptée. Selon certains auteurs (Gruda et Schnitzler, 2004b), les substrats de fibre de bois
sont également utilisables pour la culture des transplants de légumes et sont une bonne
alternative aux substrats à base de tourbe. Lors de cette expérience, ces chercheurs se sont
surtout intéressés au niveau de compaction des substrats puisque les propriétés physiques
sont grandement influencées par le niveau de compression. Le potentiel matriciel de l'eau
dans un substrat organique est aussi grandement influencé par son niveau de compaction.
Ainsi, il faut rechercher un équilibre entre la quantité d'air et d'eau contenue à l'intérieur
du substrat. La masse volumique d'un substrat de fibre de bois peut être influencée par son
niveau de compaction ou par la grosseur de ses fibres. Ainsi, l'augmentation de la masse
volumique des substrats de fibre de bois augmente leur teneur en eau disponible (Gruda et
Schnitzler, 2004a). Les propriétés de ces substrats organiques sont donc très variables, tout
comme les résultats obtenus lors de ces expériences.

On peut regrouper les caractéristiques d'un substrat selon ses propriétés physiques,
chimiques et biologiques. La porosité et la stabilité sont des propriétés physiques
importantes d'un substrat. Selon la granulométrie du substrat, la capacité de rétention en
eau sera différente. En effet, la force avec laquelle l'eau est retenue par le substrat est
influencée par la dimension des pores. Les macropores, pores de grande dimension,
retiennent l'eau plus faiblement et sont les premières à se drainer après ressuyage du
substrat. Elles permettront donc les échanges gazeux nécessaires à la respiration des
racines. Un substrat de texture grossière, constitué d'une proportion importante de
macropores, est un milieu faiblement capillaire et plutôt aéré. Dans les micropores, l'eau
est plus fortement retenue. Ces espaces de faible diamètre contiennent la réserve hydrique
de la plante. Un substrat de texture très fine possède plus de micropores et retient l'eau
plus fortement. Ce milieu de forte capillarité sera humide et peu aéré. Un équilibre entre la
proportion de micropores et de macropores est donc idéal. La stabilité du substrat est aussi
une caractéristique recherchée. Ainsi, un substrat qui ne se tasse pas avec le temps semble
plus intéressant, de même qu'un volume racinaire physiquement homogène. Du point de
vue chimique, on vise à ce que l'alimentation des plants soit assurée par la solution
nutritive, et non par le substrat (Vitre, 2003). Les substrats inertes, dont la capacité
d'échange est nulle ou faible et de pH stable, sont conseillés. La laine de roche, par
exemple, est inerte au niveau du pH et de la capacité d'échange cationique, ce qui signifie
qu'il y a peu de réactions chimiques entre celle-ci et la solution qui la mouille. De plus,
puisqu'elle ne libère aucun élément fertilisant, on peut dire qu'elle possède une stabilité
chimique totale. Les substrats organiques, comme la tourbe ou la fibre de coco, sont
normalement stables le temps d'une culture (Vitre, 2003). Finalement, une inertie
biologique (substrat stérile de toute vie biologique), ainsi que l'absence de germes
pathogènes seraient souhaitables, mais puisque cette inertie est pratiquement impossible à
atteindre, il semble préférable d'ajouter au substrat des microorganismes désirables afin
d'occuper les niches microbiennes et d'éviter les infestations par des agents pathogènes. Il
semble donc intéressant, selon Cheuk et coll. (2003), d'ajouter du compost au mélange
puisque celui-ci procure un habitat pour les micro-organismes favorables et peut donc
permettre de diminuer les risques de maladies des plantes.

Les propriétés physiques d'un substrat influencent sa courbe de rétention en eau, c'est-à-
dire l'évolution de sa teneur en eau volumique en fonction de son potentiel matriciel. La
forme de cette relation constitue une caractéristique spécifique à un type de sol. Sur cette
courbe, on identifie les points suivants; saturation, capacité en bac, flétrissement temporaire
et flétrissement permanent (figure i). La différence entre la teneur en eau à saturation (6S) et
celle à capacité en bac (0c) représente l'aération du substrat après drainage. Cette quantité
d'air (6a) contenue à l'intérieur du substrat est importante afin d'éviter l'asphyxie des
racines. Pour sa part, la différence entre la teneur en eau à capacité en bac (6C) et celle au
point de flétrissement temporaire (6ft) représente la quantité d'eau facilement disponible à
la plante, soit la réserve facilement utilisable (RFU). Cette réserve en eau utile permet à la
plante de subvenir à ses besoins entre chaque irrigation. Afin de maintenir des niveaux
d'humidité et d'aération adéquats pour la plante, le potentiel matriciel doit se situer dans cet
intervalle, entre le point de flétrissement temporaire et celui de capacité en pot. Plus l'eau
est retenue fortement par le substrat (potentiel matriciel faible), plus la plante doit dépenser
d'énergie pour aller puiser cette eau. Cette énergie, fournie sous forme d'ATP, permet
l'absorption sélective d'ions par la racine et la création d'un gradient de concentration
grâce auquel l'eau du sol sera absorbée. Ainsi, cette partie de l'énergie de la plante qui est
utilisée pour l'absorption de l'eau pourrait autrement servir à la production de matière
sèche (De Boodt et Verdonck, 1972). Sous des potentiels matriciels inférieurs au point de
flétrissement temporaire, la plante est soumise à un stress hydrique, lequel se traduit
habituellement par des effets négatifs sur la croissance et la production. Comme la courbe
de rétention en eau varie selon le substrat, différentes valeurs sont citées dans la littérature.
Selon De Boodt et Verdonck (1972), la réserve en eau facilement utilisable idéale pour la
production de plantes ornementales se situe entre 0,20 et 0,30 cm3/cm3 en terme de volume.
Pour sa part, le volume d'air présent pour des conditions optimales de croissance devrait
être de 0,20 cm3/cm3 (Verdonck et coll., 1983). Pour les substrats en contenants, on estime
que leur teneur en eau à capacité de rétention en bac est la teneur en eau correspondant à
une tension égale à la moitié de la hauteur du substrat. Par exemple, pour un pot de 20 cm
de hauteur, la teneur en eau 9C sera celle correspondant à un potentiel matriciel de l'eau du
sol de -10 cm. Les points de flétrissement temporaire (9ft) et permanent (8fP) sont estimés à
-50 cm et -100 cm respectivement pour les milieux artificiels (Caron, 2002). Cependant, en
plus de varier en fonction du substrat, les points de flétrissement varient aussi en fonction
de la plante, puisque leur capacité à puiser l'eau ou à résister à la sécheresse est variable
(Duval, 1993). Ainsi, différents intervalles de tension idéaux sont suggérés dans la
littérature, soit moins de 100 cm pour des plantes ornementales (De Boodt et
Verdonck 1972), entre 60 cm et 100 cm dans des sols riches en matière organique (Frenz et
Lechl, 1981), et entre 10 et 40 cm d'eau pour le chrysanthème (Lieth et Burger, 1989).
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Potentiel matriciel (cm)

Figure i. Allure générale d'une courbe de rétention en eau.

De Boodt et Verdonck (1972) ont tracé les courbes de rétention en eau de différents
substrats utilisés en horticulture ornementale, ainsi que l'intervalle à l'intérieur duquel un
substrat idéal devrait se situer. Ces courbes peuvent aider à déterminer avec quel matériel
mélanger un substrat dont la rétention en eau n'est pas idéale, afin que sa courbe de
rétention se rapproche le plus possible de cette courbe idéale.

EFFET DU STRESS HYDRIQUE OU ANOXIQUE SUR LA PLANTE

L'eau présente dans le substrat est soumise à différentes forces, principalement le potentiel
de pression, le potentiel de gravité et le potentiel chimique (Musy et Soutter, 1991).
Lorsque l'eau est située en dessous d'une surface d'eau libre, sa pression est supérieure à la
pression atmosphérique, et lorsqu'elle est soumise à des forces de capillarité ou
d'adsorption, sa pression est inférieure à cette valeur. La pression atmosphérique est
souvent utilisée comme pression de référence et est fixée à zéro. Ainsi, si l'eau est soumise
à une pression hydrostatique, son potentiel de pression est positif, et si elle est sous tension,
son potentiel de pression est négatif. On parle de potentiel matriciel lorsque le potentiel de
pression négatif est dû à la matrice solide du sol ou du substrat. Pour sa part, le potentiel de
gravité est positif lorsque l'eau se trouve à une altitude supérieure à celle du système de
référence et négatif dans le cas contraire. C'est ce potentiel qui est responsable du drainage
de l'eau après une irrigation. Le potentiel chimique exprime la diminution de la capacité de
travail des molécules d'eau de la solution au point du sol considéré, par comparaison avec
celle d'une eau pure (Musy et Soutter, 1991). Dans le cas des échanges entre le sol et la
plante, on parle plutôt de potentiel osmotique. L'ensemble de ces potentiels de la solution
du sol influence son comportement. Ainsi, dans le substrat, seulement une partie de l'eau
présente est disponible pour la plante. Une certaine quantité d'eau sera fortement sorbée à
l'intérieur des micropores du substrat et une autre sera sorbée moins fortement dans les
macropores. L'excédent d'eau que le substrat n'est pas en mesure de retenir sera drainé par
gravité. Ainsi, la réserve en eau facilement utilisable devra être suffisante pour subvenir
aux besoins de la plante, et la salinité devra ne pas y être trop élevée.

Pour que la solution du sol puisse pénétrer dans la plante, son potentiel doit être plus élevé
que celui de la sève à l'intérieur des racines. La diminution du potentiel à l'intérieur des
racines peut se faire de façon passive suite à la transpiration de la plante ou de façon active
par la création d'un gradient de potentiel osmotique lorsque la transpiration est lente
(Kramer et Boyer, 1995). La transpiration est un phénomène important qui contrôle
principalement l'absorption de la solution nutritive et son ascension dans la plante. Le taux
de transpiration (mole d'eau/m2s) est défini par :
C -C
T=
rf
où Cf et COir sont la concentration de vapeur à la surface d'évaporation dans la feuille et
dans l'air respectivement (mole/mole), et r/ et rair sont la résistance à la diffusion de la
vapeur dans la feuille et dans l'air respectivement (s-m2/mol). La transpiration dépendra
ainsi à la fois des conditions environnementales et de la morphologie de la plante. Lors de
journées chaudes, la transpiration peut provoquer le flétrissement temporaire de la plante à
mesure que le sol s'assèche, puis le flétrissement permanent peut s'ensuivre si aucune
irrigation n'est apportée. L'irrigation doit donc répondre aux besoins de la plante en
fonction des conditions climatiques afin de maintenir des conditions favorables à sa
croissance.
Un substrat de culture et une irrigation inadéquats peuvent entraîner un stress hydrique ou
un stress anoxique chez la plante. Par exemple, il reste très peu d'eau disponible à la plante
dans un substrat tourbeux une fois les larges pores drainés, et un stress hydrique se
développe rapidement (Papadopoulos et coll., 1992). Si l'irrigation est trop fréquente,
cependant, un stress d'aération se développe. De plus, un changement soudain du potentiel
hydrique de l'environnement racinaire affecte le statut hydrique de la plante (Van de
Sanden et Uittien, 1995). Un stress hydrique a un effet sur la croissance de la plante. Sous
un stress hydrique modéré, la photosynthèse est ralentie parce que le mouvement des gaz à
travers les stomates est restreint (Benton Jones, 1999). En plus d'une diminution de la
photosynthèse, d'autres effets peuvent aussi être observés lorsqu'il y a stress hydrique, tels
que la fermeture des stomates et la diminution de la transpiration (Duval, 1993). Les fruits
sont aussi affectés par la régie d'irrigation (Chrétien et coll., 2000; Dorais et coll., 2001a).
En effet, une régie plus sèche augmente la présence de pourriture apicale (Waister et
Hudson, 1970) et une faible fréquence d'irrigation favorise le fendillement des fruits
(Abbott et coll., 1986). De plus, une étude réalisée avec une variété de tomate à croissance
déterminée a démontré que le stade de croissance de la plante auquel un stress hydrique se
produit influence plus fortement le rendement vendable et la qualité des fruits que
l'ampleur du stress (Nuruddin et coll., 2003). En effet, un stress hydrique pendant les stades
de croissance et de mûrissement des fruits ou à partir de la floraison jusqu'au mûrissement
réduit le rendement vendable et augmente les solides solubles du fruit et la couleur,
comparativement à un stress hydrique seulement pendant la période de floraison et de
formation des fruits. La croissance générative de la plante est donc affectée par son statut
hydrique.
1,25
Seuil d'irrigation

Zone optimale

Zone de stress
ro hydrique

1,25 1 0,75 0,5 0,25


Fraction disponible de l'eau du sol

Figure ii. Exemple de l'évolution des paramètres physiologiques de la plante en


fonction de l'eau disponible dans le substrat.

Plusieurs paramètres physiologiques des plantes ont été étudiés en fonction de l'eau
disponible dans le sol. En effet, la relation entre le rapport évaporation réelle/potentielle et
le pourcentage d'eau extractible du sol varie selon la plante étudiée et selon l'évaporation
potentielle (Ritchie, 1973). D'autres chercheurs ont illustré la relation entre la transpiration
du soya et la fraction disponible de l'eau du sol (Sinclair et coll., 1998). L'allure de cette
relation indique la présence d'une zone d'asphyxie, d'une zone optimale où la transpiration
est maximale ainsi que d'une zone de stress hydrique (figure ii). Le même type de relation a
été observée sur Prunus par Caron et coll. (1998) pour le potentiel hydrique du xylème de
la plante et le potentiel à l'interface sol-racine en fonction du potentiel de l'eau du sol.
Cependant, la zone d'asphyxie est plus ou moins présente selon le type de substrat étudié.
Puisqu'une quantité trop faible ou trop élevée d'eau disponible dans le substrat entraîne une
baisse des performances de la plante, la régie d'irrigation doit être gérée de façon très
précise afin de correspondre à la zone optimale de confort pour la plante.
10

RÉGIE D'IRRIGA TION

Les préoccupations environnementales grandissantes orientent la population vers des


efforts d'économie de l'eau et de réduction de la pollution. La production en serre est une
industrie où des quantités importantes d'eau et de fertilisants sont rejetées dans
l'environnement, ces quantités pouvant atteindre 50 000 L/ha par jour pour la tomate en
période estivale (Fricke, 1998). Cependant, depuis plusieurs années, les producteurs
s'intéressent à des techniques d'irrigation plus respectueuses de l'environnement.

En production de tomate sous serre, l'irrigation par goutteurs est très répandue. Avec ce
type d'irrigation, l'eau de drainage n'est habituellement pas récupérée suite à des
contraintes de désinfection. Cependant, les systèmes de recirculation de la solution nutritive
sont de plus en plus populaires et permettent de diminuer les quantités de solution nutritive
rejetées dans l'environnement. De plus, différentes techniques d'irrigation sont étudiées
afin de réduire les quantités d'eau utilisées et lessivées. Ces techniques doivent cependant
permettre d'obtenir des rendements intéressants, puisque la régie d'irrigation influence les
performances du substrat utilisé.

Des travaux réalisés en milieu commercial ont permis d'évaluer la performance de


différents outils de régie d'irrigation, soit le potentiel matriciel du substrat mesuré par
tensiomètre, le contenu en eau volumique mesuré par réflectométrie métallique (TDR), la
masse d'eau dans le substrat mesurée par cellule de charge et la température de la canopée
mesurée par un capteur de rayons infra-rouges, pour des substrats de sciure, de mélange
(70 % sciure et 30 % fibre de bois) et de laine de roche (Dorais et coll., 2005). Les résultats
ont démontré pour la culture d'hiver des corrélations significatives entre le TDR, la cellule
de charge et le tensiomètre. Pour la culture d'été, la corrélation entre le potentiel matriciel
et la teneur en eau volumique était significative seulement pour les substrats à base de
sciure. Les relations entre les différentes méthodes différèrent donc selon le substrat de
culture, principalement à cause des différences au niveau des courbes de désorption des
différents substrats et d'un important phénomène d'hystérèse (différence entre la courbe de
drainage et celle d'humectation). En effet, de faibles variations 'du contenu en eau
volumique résultent parfois en d'importants changements au niveau du potentiel matriciel.
11

Ainsi, une régie d'irrigation basée sur le contenu en eau volumique ne correspond pas
nécessairement aux besoins de la plante puisque cette eau peut être difficile à prélever
lorsqu'elle est retenue fortement par le substrat. L'utilisation de tensiomètres pour gérer
l'irrigation en fonction du potentiel matriciel du substrat semble, pour sa part, une méthode
intéressante. De nombreuses recherches portent sur des régies d'irrigation par tensiomètre
(Frenz et Lechl 1981; Michelakis et Chartzoulakis 1988; Norrie et coll., 1995; Xu et coll.,
1995). Selon Papadopoulos et coll. (1992), une régie d'irrigation par tensiomètre en milieu
tourbeux a permis d'obtenir des rendements finaux comparables à ceux de la laine de roche,
avec l'avantage d'une réduction d'utilisation de l'eau et des fertilisants (économies d'eau
de 20, 23 et 13 %). Lieth et Burger (1989) ont aussi observé qu'une régie par tensiomètres
diminue de 76 à 92 % les quantités d'eau utilisées par rapport à une régie par minuterie.
Avec cette régie, différentes consignes de départ et d'arrêt de l'irrigation ont aussi été
étudiées. Pour la tomate de serre cultivée en sol, un rendement supérieur a été obtenu pour
un départ de l'irrigation à un potentiel matriciel de -60 cm comparativement à -140 cm
(Frenz et Lechl, 1981). Cependant, dans d'autres études, aucune différence significative n'a
été observée entre les rendements en sol lorsque les seuils d'irrigation variaient de
-5000 cm à -200 cm avant le début de la nouaison des fruits et de -2000 cm à -100 cm après
le début de la nouaison des fruits (Michelakis et Chartzoulakis 1988) ou en sacs de tourbe
lorsque les seuils d'irrigation variaient de -45 cm à -65 cm (Norrie et coll., 1995). La
différence entre les consignes comparées était peut-être trop faible pour qu'une différence
puisse être observée. En effet, une expérience a démontré que lorsque le potentiel de la
consigne de départ d'irrigation n'est pas assez faible pour produire un stress hydrique, le
rendement n'est pas affecté (Pascual et coll., 2000). Waister et Hudson (1970) ont observé
qu'un substrat (loam sableux) maintenu plus sec entre les irrigations entraînait une
diminution du rendement en fruits de la tomate de serre. Lors d'une expérience portant sur
le chrysanthème cultivé en pot dans un mélange de sciure, tourbe et sable, Lieth et Burger
(1989) ont cependant observé que des tensions élevées (potentiel matriciel moyen de -55,5
à -84,0 cm) favorisaient la croissance reproductive par rapport à la croissance végétative
des plants. Aussi, Duval (1993) a observé qu'une tension matricielle d'arrêt de l'irrigation
élevée (30 cm d'eau) entraîne une hausse de la conductivité électrique de la solution du
substrat, et certaines études démontrent l'effet néfaste d'une conductivité électrique élevée
12

sur le statut hydrique de la plante et sur son rendement (Ben-Gai et Shani, 2003; Norrie et
coll., 1995; Van de Sanden et Uittien, 1995). De plus, Duval (1993) suggère un départ de
l'irrigation à une tension de 80 cm d'eau et l'arrêt à 0 cm d'eau pour la tomate de serre
cultivée sur un substrat tourbeux. Les consignes de départ et d'arrêt de l'irrigation d'une
régie par tensiomètre influenceront les quantités d'eau appliquées, ainsi que le rendement.
Certaines recherches ont démontré que l'augmentation des quantités d'eau d'irrigation
apportées résulte en des rendements plus élevés (Frenz et Lechl, 1981; Tûzel et coll., 1994),
même si des effets adverses ont été détectés sur la qualité des fruits (Dorais et coll., 2001b;
Tûzel et coll., 1994).

Une autre régie d'irrigation qui semble avantageuse du point de vue environnemental est la
subirrigation. En effet, Incrocci et coll. (2006) ont observé une meilleure efficacité
d'utilisation de l'eau, des quantités d'eau nécessaires plus faibles et un lessivage moindre
en subirrigation plutôt qu'en irrigation avec goutteurs pour des systèmes avec recirculation
de la solution nutritive. Lors de cette expérience, les plants ont été cultivés dans un mélange
de tourbe et de perlite pendant 13 semaines. La conductivité électrique de l'eau de lessivage
a été plus élevée pour le traitement irrigué par goutteurs, tandis que dans le traitement en
subirrigation, le mouvement de la solution nutritive vers le haut a causé une augmentation
de la salinité dans la région supérieure du substrat. Finalement, les quantités d'eau
consommées par les plantes et les rendements en fruits ont été semblables pour ces deux
régies d'irrigation.

OBJECTIF

La présente expérience porte sur l'adaptation de l'irrigation à un substrat organique


potentiellement intéressant au Québec dans le but d'améliorer les rendements en fruits de la
tomate de serre. Suite à certains résultats de recherche qui démontrent le potentiel
d'utilisation d'un mélange de 70 % de sciure d'épinette blanche et de 30 % de tourbe de
sphaigne brune en remplacement de la laine de roche pour la culture de la tomate de serre
au Québec, ce substrat a retenu l'attention. Différentes régies d'irrigations pour ce substrat
ont donc été étudiées. Le prochain chapitre portera sur cet aspect.
13

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CHAPITRE II : EFFET DE LA REGIE D'IRRIGATION SUR LE
RENDEMENT DE LA TOMATE DE SERRE CULTIVÉE EN
MÉLANGE SCIURE-TOURBE
18

INTRODUCTION

La tomate est le légume le plus important au monde (Krauss et coll., 2006) et une quantité
considérable en est produite chaque année, soit plus de 123 millions de tonnes en 2004
(FAO 2006). En Amérique du Nord et en Europe, la tomate de serre est surtout cultivée
dans la laine de roche. Ce substrat de culture d'origine inorganique est cependant
dispendieux et génère des quantités importantes de déchets. De plus, à certains endroits
comme aux États-Unis, les producteurs voulant que leurs produits soient certifiés
biologiques doivent obligatoirement cultiver leurs plants dans un substrat organique.
L'intérêt pour des systèmes de production durable est donc grandissant. Ainsi, à cause de
considérations environnementales et de la pression des consommateurs, la tendance
mondiale s'oriente vers des substrats organiques en remplacement de la laine de roche. Par
conséquent, de nouveaux substrats de culture sont de plus en plus étudiés.

Au cours des dernières années, certaines études ont porté sur des substrats de culture à base
de tourbe, de sciure, de copeaux ou d'écorce pour la production de tomates de serre (Allaire
et coll., 2004; Allaire et coll., 2005; Desbiens 2004; Dorais et coll., 2005; Juneau et coll.,
2006). L'étude des matériaux découlant de l'industrie forestière ne date pas seulement des
dernières années (Adamson et Maas, 1971; Adamson et Maas, 1976; Haynes et Goh, 1978;
Starck et Okruszko, 1984). Ces sous-produits sont dégradables, peu dispendieux et
facilement disponibles au Canada, aux États-Unis ainsi qu'en Europe du Nord. Cependant,
les propriétés physico-chimiques de ces différents produits sont très variables. En effet, les
sous-produits évoluent ainsi que le traitement secondaire qu'on fait subir aux biomasses, ce
qui fait que les substrats qui en résulteront évolueront avec ces changements industriels.
Ces propriétés doivent donc être connues afin de sélectionner les produits idéaux et de créer
les mélanges qui offriront une bonne rétention en eau et une aération adéquate pour la
plante, tout en offrant une stabilité acceptable dans le temps. Desbiens (2004) a étudié les
propriétés de tourbe de sphaigne brune, d'écorces de pin et de sapin baumier compostées de
différentes granulométries, de sciures de pin blanc, de cèdre jaune et d'épinette blanche de
granulométrie inférieure à 6 mm, ainsi que celles de différents mélanges de tourbe et
d'écorces. De tous les substrats étudiés, la sciure d'épinette blanche et la tourbe de sphaigne
brune semblaient les deux plus prometteurs pour remplacer la laine de roche au Québec. En
19

effet, la sciure d'épinette blanche est un sous-produit de l'industrie forestière facilement


disponible et abondant au Québec, pouvant être utilisé comme substrat organique
dégradable. La tourbe brune, pour sa part, est une tourbe de niveau de décomposition plus
élevé et de moindre qualité pour l'industrie horticole que la tourbe blonde. Son utilisation
ne nécessite donc pas l'ouverture de nouvelles tourbières, mais permet plutôt d'utiliser la
tourbe délaissée par l'industrie. D'après les résultats de Juneau et coll. (2006), un mélange
de sciure et de tourbe brune en proportion 2 :1 semble intéressant pour la culture de la
tomate de serre puisqu'il a permis d'obtenir des rendements équivalents à ceux de la laine
de roche.

Ce mélange de sciure et de tourbe possède des propriétés physiques adéquates pour la


culture de la tomate de serre, une plante très sensible au stress hydrique (Waister et
Hudson, 1970). En effet, l'ajout de tourbe à la sciure permet d'en améliorer la réserve en
eau utile, laquelle a été reliée aux performances de substrats grossiers par Allaire et coll.
(2005). Pour un substrat hors-sol idéal, De Boodt et Verdonck (1972) suggèrent entre 0,20
et 0,30 cmVcm3 d'eau facilement disponible et une porosité d'air entre 0,20 et
0,30 cm3/cm3 à un potentiel de -1 kPa, ce qui correspond à ce que Guttormsen (1974a)
suggère, soit entre 0,20 et 0,30 cm3/cm3 de porosité d'air pour la tomate de serre
précisément. De plus, Juneau et coll. (2006) recommandent un maximum de 30 % de
tourbe dans le mélange afin de conserver des propriétés d'aération adéquates pour la culture
de la tomate. Un tel mélange semble donc une bonne alternative à la laine de roche.
Cependant, l'irrigation de ce substrat n'a pas encore été étudiée, et une irrigation adaptée
pourrait probablement permettre d'améliorer les rendements obtenus. En effet, les résultats
d'une étude réalisée par Allaire et coll. (2004) sur différents milieux de culture indiquent
que si l'irrigation était ajustée aux propriétés physiques des substrats, alors différents
matériaux organiques recyclés avec des particules de formes et granulométries différentes
peuvent être utilisés pour la production de la tomate de serre.

L'irrigation de la tomate se fait principalement par goutteurs (Ctifl, 1995; Johnstone et


coll., 2005; Michelakis et Chartzoulakis, 1988), et celle-ci peut être gérée de différentes
façons. En serre, l'irrigation est souvent contrôlée par minuterie et/ou en fonction de la
20

radiation solaire. D'autres paramètres peuvent aussi être utilisés pour le contrôle de
l'irrigation, comme l'évaporation (Guttormsen, 1974b; Mahajan et Singh, 2006), le
diamètre de tige indiquant le niveau de turgescence de la plante (Ctifl, 1995), le contenu en
eau volumique ou la température de la voûte foliaire (Dorais et coll., 2005), et aussi le
potentiel matriciel du substrat (Frenz et Lechl, 1981; Norrie et coll., 1995). L'irrigation en
fonction du potentiel matriciel est étudiée depuis longtemps (Salter, 1954) et son étude se
poursuit afin de l'améliorer et de l'adapter à de nouveaux substrats de culture. Selon Van
Der Veken et coll. (1982), ce type de régie d'irrigation peut permettre d'obtenir de
meilleurs rendements qu'une régie par minuterie. Les potentiels matriciels qu'il a vérifiés,
en sol argileux, correspondaient à -80 cm et -158 cm, et aucune différence de rendement
n'a été observée entre ces deux valeurs. Ainsi, plusieurs des expériences portant sur les
régies à potentiel matriciel variable comparaient différentes consignes d'irrigation, variant
de façon plus ou moins importante. Waister et Hudson (1970) ont observé qu'un régime
hydrique plus sec en loam sableux diminuait le rendement en fruits de la tomate. De plus,
ils ont observé qu'un rendement maximal était atteint seulement lorsque le sol était gardé
près de la capacité au champ. Similairement, pour une régie d'irrigation à potentiels
matriciels variables, Frenz et Lechl (1981) ont observé une chute de rendement avec la
diminution du potentiel matriciel pour des sols riches en matière organique. En effet, des
succions de 220 et 300 cm d'eau ont donné des rendements plus faibles que des succions de
60 et 140 cm d'eau. Xu et coll. (1995) ont aussi obtenu des résultats semblables en sacs de
24 litres de tourbe et perlite (70:30 v/v) avec une diminution du rendement en fruits pour un
potentiel matriciel du départ de l'irrigation à -90 cm comparativement à -50 cm. Cependant,
dans certains cas, aucune différence significative n'a été observée entre les rendements. Par
exemple, Norrie et coll. (1995) ont observé des rendements équivalents pour des potentiels
de départ de -45 cm et -65 cm en substrat tourbeux. La différence entre les consignes
comparées était peut-être trop faible pour qu'une différence puisse être observée. De plus,
dans les cas où des baisses de rendement ont été observées, on ne sait pas si elles sont
attribuables à l'ampleur de la variation du potentiel matriciel ou au potentiel matriciel
moyen maintenu à l'intérieur du substrat. En effet, les résultats de certaines études laissent
croire qu'une régie à potentiel matriciel plus constant permettrait d'atteindre de meilleurs
rendements qu'une régie variable (Juneau et coll., 2006; Waister et Hudson, 1970). Par
21

exemple, l'expérience de Juneau et coll. (2006) démontre un rendement pour la tomate


cultivée sur un substrat de sciure plus élevé pour un système à potentiel matriciel constant
(remontée capillaire) que pour un système d'irrigation par minuterie et radiation solaire
(potentiel variable).

Un avantage du système à potentiel matriciel constant est la récupération d'une partie de


l'eau de drainage. Cette eau chargée en fertilisants contribue à la contamination des sols et
de la nappe phréatique lorsqu'elle est rejetée dans l'environnement. De plus, un volume
d'eau moins important à traiter en recirculation présente un avantage économique important
pour les producteurs. Ainsi, l'industrie serricole s'intéresse de plus en plus, pour des
raisons environnementales, à la recirculation de l'eau de drainage. De plus, l'eau est une
ressource limitée dans certains pays. Une diminution des quantités d'eau et de fertilisants
nécessaires offre donc un avantage économique et environnemental. Ainsi, selon Lieth et
Burger (1989), une régie par tensiomètres aurait l'avantage de diminuer les quantités d'eau
utilisées par rapport à une régie par minuterie.

L'objectif de cette recherche est donc de déterminer la régie d'irrigation permettant


d'obtenir les meilleurs rendements et économies d'eau pour un mélange de sciure
d'épinette blanche et de tourbe, tout en favorisant une qualité des fruits élevée à moindre
coût. Cette recherche vise aussi à vérifier les hypothèses suivantes: l)une régie
d'irrigation à potentiel matriciel variable par tensiomètre ou à potentiel matriciel constant
par remontée capillaire, pour la tomate de serre cultivée dans un substrat sciure/tourbe (2 :
1) permet d'obtenir un rendement en fruits plus élevé qu'un même substrat irrigué par
minuterie et radiation solaire; 2) une régie d'irrigation adaptée au mélange sciure-tourbe
permet d'obtenir des rendements plus élevés que la laine de roche irriguée par minuterie et
radiation solaire. Pour ce faire, quatre différentes régies d'irrigation du mélange sciure-
tourbe ont été comparées à la laine de roche irriguée par minuterie en fonction de la
radiation solaire.
22

MATÉRIEL ET MÉTHODES

Substrat de culture

Le substrat utilisé était un mélange de deux parts de sciure d'épinette blanche {Picea glauca
[Moench] Voss.) tamisée à 6 mm et d'une part de tourbe de sphaigne brune non tamisée
(H4-H5 sur l'échelle von Post). Un peu de compost (fumier de bovin, de porc sur litière et
de poule, Les Composts du Québec Inc., Québec, Canada) a été ajouté au mélange (8 % du
volume total). Le pH de la tourbe a été ajusté à 5,5 par l'ajout de chaux calcique finement
moulue (4,6 g/L de tourbe). La chaux a été mélangée à la tourbe pendant 5 minutes dans un
baril rotatif. La sciure et le compost ont ensuite été ajoutés et mélangés pendant 15 minutes
supplémentaires. La distribution des dimensions des particules du mélange et de ses
composants mesurée après un tamisage d'une minute est présentée au tableau 1. Deux types
de bacs de plastique ont été utilisés : des bacs conventionnels d'une capacité de 14,5 litres
( 4 0 x 2 8 x 1 3 cm) et des bacs modifiés d'une capacité de 13,1 litres (39x28x12 cm)
comportant une réserve d'eau. Un feutre au fond de ce bac permettait la remontée de l'eau
par capillarité des réserves vers le substrat, et une plaquette perforée se trouvait sous le
feutre afin de permettre la circulation de l'air. Un matériel antiracinaire tapissait l'intérieur
du bac afin d'éviter que les racines pénètrent dans le feutre. Les deux types de bacs
comportaient quatre trous de drainage, situés dans les coins inférieurs pour les bacs
conventionnels et au bas des deux extrémités pour les bacs modifiés. Des pains de laine de
roche Master Dry (Agro Dynamics, ON, Canada) de 5 0 x 2 4 x 1 0 cm ont été utilisés
comme substrat témoin. Les courbes de rétention en eau (relation entre le potentiel
matriciel et la teneur en eau) des substrats de départ ont été déterminées à partir des
mesures de teneur en eau par réflectométrie métallique (TDR) à la mi-hauteur du substrat
sur des échantillons placés sur une table de tension (Paquet et coll., 1993). Pour le mélange
sciure-tourbe, les lectures de constantes diélectriques (Ka) du réflectomètre métallique ont
été converties en teneur en eau volumique (9) en utilisant l'équation de Paquet et coll.
(1993) lorsque Ka< 55 :

0 = -0,0055 + 0,0425 Ka - 0,000975 Ka2 + 0,00000907 Ka3


23

Lorsque Ka > 55 pour le mélange, l'équation utilisée pour convertir Ka en 0 a été obtenue
par extrapolation de l'équation de Paquet et coll. (1993) pour un Ka de 55 à 80, avec 6
théoriquement égal à 1 cm3/cm3 lorsque Ka = 80 :

6 = 0,0042 Ka + 0,6635

Pour la laine de roche, l'équation de Caron et coll. (2002) a été utilisée lorsque Ka < 72,5 :

9 = 0,1357 slKa- 0,1672

Lorsque Ka > 72,5 pour la laine de roche, l'équation utilisée pour convertir Ka en 0 a été
obtenue par extrapolation de l'équation de Caron et coll. (2002) pour un Ka de 72,5 à 80,
avec 8 théoriquement égal à 1 cm3/cm3 lorsque Ka = 80 :

6 = 0,0725 ^Ka +0,3512

Ces courbes sont présentées à la figure 1.

Tableau 1. Distribution des dimensions des particules de la sciure, de la tourbe et du


mélange sciure-tourbe-compost sur une base de masse.

Distribution des particules (%)


Sciure Tourbe Mélange
16-25 mm 0,0 1,9 0,1
8 - 16 mm 0,1 7,0 2,8
4 - 8 mm 8,3 11,6 7,5
2 - 4 mm 35,8 12,4 23,8
1 - 2 mm 27,1 19,6 25,6
0,5 - 1 mm 22,1 30,5 21,4
0,25-0,5 mm 5,1 10,0 8,7
< 0,25 mm 1,3 3,2 9,4
perte 0,2 3,6 0,6
24

_ 1 • Mélange sciure-tourbe désorption


Mélange sciure-tourbe réhumectation
•Laine de roche désorption
- - -x- - - Laine de roche réhumectation

0 -20 -40 -60 -80 -100


Potentiel matriciel (cm)

Figure 1. Courbe de rétention en eau et de réhumectation des substrats utilisés.

Régies d'irrigation

Quatre traitements d'irrigation ont été comparés pour le mélange sciure-tourbe : une régie
par minuterie en fonction de la radiation solaire (ST/M), une régie en fonction du potentiel
matriciel de l'eau dans le substrat mesuré par tensiomètre (ST/T-12) et deux régies par
remontée capillaire pour deux potentiels matriciels différents (-11 et -9 cm) maintenus
relativement constants (ST/R-11 et ST/R-9). La laine de roche irriguée par minuterie en
fonction de la radiation solaire (LR/M) était utilisée comme traitement témoin. Les
traitements ont débuté à la mi-mars et se sont terminés à la fin août. Tous les traitements
étaient irrigués par goutteurs avec une solution nutritive complète adaptée au stade de
développement des plants. Les huit premières semaines de fertilisation (début une semaine
et demie après le semis), les concentrations en éléments minéraux étaient (ppm) 228 N (4 %
de NH4+), 63 P, 337 K, 195 Ca, 44 Mg, 163 SO4, 24 Cl, 1,52 Fe, 0,72 Mn, 0,42 Zn,
0,08 Cu, 1,13 B et 0,07 Mo. Les éléments suivants ont été réajustés (ppm) : 201 N (4 % de
NH4+), 353 K, 163 Ca, 174 SO4 et 1,56 Fe pour les neuf semaines suivantes (2 semaines
après la plantation jusqu'à la nouaison de la 8e grappe), puis 171 N (5 % de NH4+), 371 K,
179 SO4, 101 Cl et 1,62 Fe pour les quatorze semaines restantes de la période de culture
(soit de la 4e à la 17e semaine de récolte). En cours de culture, la conductivité électrique de
la solution était ajustée à 2,5 mS/cm, excepté pour les traitements avec remontée capillaire
pour lesquels elle était de 2,0 mS/cm afin d'éviter une accumulation de sels au niveau du
substrat. Pour tous les traitements, le pH de l'eau d'irrigation était maintenu à 5,7-5,8.

La consigne d'irrigation était la même pour les traitements LR/M et ST/M, mais ajustée
quotidiennement selon les conditions lumineuses et selon la quantité et la conductivité
électrique de l'eau de lessivage de la laine de roche. Entre 75 et 150 ml/plant par irrigation
étaient apportés pour ces deux traitements. Pour le traitement irrigué en fonction du
potentiel matriciel (ST/T-12), trois tensiomètres étaient installés en permanence dans trois
des six blocs. Le potentiel matriciel était mesuré à la mi-hauteur du substrat près du centre
du bac. La consigne de départ de l'irrigation était de -15 cm le jour et des quantités d'eau
de 120 à 300 ml/plant étaient appliquées par irrigation selon les conditions lumineuses et
selon la quantité et la conductivité électrique de l'eau de lessivage. Pour les traitements
avec remontée capillaire (ST/R-11 et ST/R-9), la réserve d'eau était remplie graduellement
le matin par de courtes périodes d'irrigation. La quantité d'eau contenue dans la réserve
était de 190 ml et 830 ml pour ST/R-11 et ST/R-9, respectivement. Pendant la journée, des
irrigations étaient apportées afin de maintenir la réserve suffisamment pleine et de
permettre un certain lessivage. En fin de journée, les irrigations étaient diminuées afin de
permettre à la réserve de se vider avant la nuit. Pendant la nuit, 60 ml par plant étaient
donnés pour les traitements ST/T-12, ST/R-9 et ST/R-11 lorsque le potentiel matriciel
atteignait -20 cm. Les potentiels matriciels moyens maintenus de jour et de nuit
respectivement dans les différents traitements étaient -6,1 et -10,5 cm pour LR/M, -9,1 et
-14,9 cm pour ST/M, -11,9 et -16,3 cm pour ST/T-12, -10,9 et -16,2 cm pour ST/R-11, et
-9,2 et-15,2 cm pour ST/R-9.

En moyenne, les quantités d'eau irriguées étaient de 2418, 2433, 2616, 2234 et
1672 ml/plant par jour, les quantités lessivées de 963, 1114, 863, 738 et 478 ml/plant par
jour, et les quantités d'eau consommées de 1455, 1286, 1721, 1463 et 1161 ml/plant par
jour pour les traitements LR/M, ST/M, ST/T-12, ST/R-11 et ST/R-9, respectivement. Les
quantités lessivées ont été mesurées sur deux des six blocs en récupérant quotidiennement
l'eau de lessivage de chaque unité expérimentale. Le calcul de la consommation en eau
26

tient compte de l'évaporation moyenne dans les bacs de mélange sciure-tourbe, soit environ
120 ml par bac par 24-h.

Détermination des potentiels matriciels moyens

Les potentiels matriciels moyens visés par chacun des traitements d'irrigation du mélange
sciure-tourbe ont été déterminés à partir de mesures effectuées aux Serres du St-Laurent à
Portneuf en 2003 et 2004 sur la laine de roche et sur un mélange sciure-tourbe en
proportion 2 : 1 , semblable à celui utilisé pour l'expérience principale (Dorais et coll.,
2005). À quatre reprises, des mesures horaires d'assimilation de CO2 (photosynthèse) et de
conductance stomatique prises avec l'appareil Licor6400 (Li-Cor, Nebraska, USA) en
fonction du potentiel matriciel mesuré par TDR ont été effectuées de 9h à 15h au cours de
deux journées, dans une séquence d'assèchement et de réhumectation des substrats. Pour ce
faire, les goutteurs ont été temporairement retirés des substrats sur lesquels les mesures
étaient prises (3 à 6 répétitions). Les courbes de photosynthèse et de conductance
stomatique maximales en fonction du potentiel matriciel (intervalles de 5 cm) tracées suite
à l'analyse des données par les points de bordure (Webb, 1972) ont été utilisées pour
identifier le potentiel optimal pour le mélange sciure-tourbe.

Conditions en serre et régie de culture

La culture d'été a eu lieu dans des serres Venlo (Les industries Harnois, St-Thomas-de-
Joliette, QC, Canada) situées à l'Université Laval (46°47'N, 7 P 2 3 ' O ) , Québec. Les
graines ont été semées dans des cellules de laine de roche le 13 janvier, lesquelles ont été
transplantées dans des cubes de laine de roche (15 cm x 10 cm x 6,5 cm) après trois
semaines de croissance. Quatre semaines et demie plus tard, deux cubes de laine de roche
par bac ou pain ont été plantés dans le mélange (le plastique autour des cubes ayant été
enlevé) ou déposés sur les pains de laine de roche Master Dry (Agro Dynamics, ON,
Canada) (50 cm x 24 cm x 10 cm). Les deux substrats ont été saturés de solution nutritive
pendant 24 heures et drainés avant la plantation pour faciliter leur rétention en eau. En
début de culture, le volume de substrat par plant était de 3 L pour LR/M, de 3,4 L pour
27

ST/M et ST/T-12 et de 3,1 L pour ST/R-11 et ST/R-9. La densité de plantation était de


2,9 plants/m2. Les plants étaient cultivés sur des dalles orientées nord-sud, 75 cm au-dessus
du sol.

La température moyenne dans la serre était de 23 °C le jour et 19 °C la nuit, et les


températures maximales et minimales atteintes ont été de 32 °C et 14 °C. Lorsque la
radiation solaire était inférieure à 400 W/m2, de l'éclairage d'appoint était fourni par des
lampes à haute pression de vapeur de sodium (400 W, P.L. Light Systems Canada Inc., ON,
Canada) pendant 16 heures. Aucun ajout de CO2 n'a été effectué. Les insectes étaient
contrôlés par la lutte biologique. Deux applications de myclobutanil (Nova40WP, Dow
AgroSciences Canada, Inc.) ont été effectuées pour lutter contre l'oïdium. Les grappes
étaient taillées chaque semaine pour conserver 4 fruits par grappe. Les drageons et vieilles
feuilles étaient enlevés chaque semaine. Des bourdons (Bombus impatiens) étaient utilisés
pour la pollinisation. La récolte s'est effectuée du 2 mai au 24 août (17 semaines). Les
fruits étaient récoltés deux fois par semaine et classés selon leur masse, leur forme et la
présence de désordres physiologiques (classe 1 : sans défauts apparents; classe 4 : non
vendable). Les plants ont été étêtés le 20 juillet, soit après 11 semaines de récolte
(27 semaines de croissance). Les fruits verts matures récoltés en fin de culture ont été inclus
dans le calcul du rendement total et vendable.

Mesures et analyses

Les traitements étaient disposés en blocs complets et répétés 6 fois (8 plants/unité


expérimentale, 4 plants/bac). Dans trois des six blocs, un bac ou pain de laine de roche par
traitement était instrumenté d'un tensiomètre. Les mesures de potentiel matriciel à la mi-
hauteur du substrat étaient enregistrées en continu pendant toute la saison de croissance.
Chaque semaine, la croissance des plantes, le diamètre de tige, la hauteur de floraison et la
longueur d'une feuille mature étaient mesurés sur deux plants par unité expérimentale pour
deux des six blocs (n = 4).
À quatre reprises au cours de l'été (5-6 mai, 25-26 mai, 13-14 juin et 5-6 juillet), à des
intervalles d'environ 20 jours, différentes mesures ont été effectuées entre 9h30 et 15h30
pendant deux journées consécutives ensoleillées afin de vérifier si un stress était causé par
certains traitements d'irrigation. Les taux d'assimilation en CO2, la fluorescence de la
chlorophylle a (Fv/Fm) (Handy PEA, Hansatech, UK) et la conductance stomatique de la
5e feuille à partir de l'apex ont été mesurés par l'appareil Licor 6400 (Li-Cor, Nebraska,
USA), et le potentiel hydrique du xylème de la 5e feuille a été mesuré à l'aide d'une
chambre à pression. Des échantillons de gaz ont été prélevés à l'aide d'une seringue dans
des échantillonneurs (Juneau et coll., 2006) placés en permanence à la mi-hauteur du
substrat. Pour les traitements avec remontée capillaire, des échantillons ont également été
prélevés à partir d'un échantillonneur placé au fond du bac, sous la plaquette perforée. Ces
échantillons ont été analysés par chromatographie en phase gazeuse (Rochette et coll.,
2004) pour en déterminer les concentrations en oxygène (O2), en dioxyde de carbone (CO2)
et en oxyde nitreux (N2O). Des échantillons d'eau à l'intérieur du substrat ont été prélevés
au centre du bac à l'aide de lysimètres à succion pour le mélange, et dans la partie
inférieure du pain à l'aide d'une seringue pour la laine de roche. La conductivité électrique
de ces échantillons a été mesurée par conductivimètre. La teneur en eau a été mesurée par
réflectométrie métallique (Tektronix 1502C, Beaverton, OR) (Topp et coll., 1980)
verticalement et horizontalement à trois profondeurs dans le substrat, soit au quart, à la
moitié et aux trois quarts de la hauteur du substrat.

À deux reprises pendant l'été, six fruits par unité expérimentale ont été conservés lors de la
récolte et séchés à 70 °C pour en déterminer la masse sèche. À quatre reprises, des fruits
mûrs ont été conservés pour y effectuer des analyses de qualité organoleptique (Mencarelli
et Saltveit, 1988) et nutritionnelle : conductivité électrique du fruit, contenu en sucres
solubles, acidité titrable, capacité antioxydante (Fogliano et coll., 1999; Gil et coll., 2000)
et de lycopène (Bicanic et coll., 2004; Bicanic et coll., 2005). Juste avant l'étêtage des
plants (19-20 juillet), des mesures destructives de biomasse aérienne ont été effectuées. Les
masses sèches (séchage 70 °C) des feuilles, tiges et fruits de deux plants par unité
expérimentale ont été mesurées. En ajoutant la masse des fruits récoltés et des feuilles
enlevées, la biomasse totale produite par le plant a été calculée. Le taux relatif de
29

croissance (RGR) en kg/kg-j et le rapport foliaire (masse sèche du feuillage par rapport à la
masse sèche totale du plant) (LWR) en kg/kg ont été calculés (Beadle, 1993) à partir des
mesures de la biomasse totale.

En fin de culture, l'évaluation visuelle de la quantité et de l'uniformité des racines d'un des
deux bacs ou pain de laine de roche de trois des six blocs a été effectuée (n = 3). Les
racines de ces bacs ont été séchées à 70 °C afin d'en déterminer leur masse sèche. Pour les
racines se trouvant dans la laine de roche, leur masse a été déterminée par différence après
une combustion de 16 heures à 550 °C au four à moufle. Des échantillons de substrat ont
été prélevés en fin de culture le long du cube de laine de roche de trois bacs par traitement,
donc environ au quart du bac, pour quatre profondeurs différentes, et la conductivité
électrique a été mesurée par conductivimètre par la méthode « SSE » (CPVQ, 1988). Un
des deux bacs ou pains de laine de roche de trois des six blocs ont été utilisés pour mesurer
la courbe de rétention en eau du substrat en fin de culture. Un cylindre vertical a été
découpé au centre du substrat et placé dans un pot dont le fond avait été remplacé par une
moustiquaire. Le substrat a été amené à saturation en augmentant graduellement le niveau
de l'eau de 1,5 cm/heure et maintenu à saturation 24 heures. La capacité en pot a été
obtenue après un drainage libre de 2 heures. Les teneurs en eau à saturation et à capacité en
pot ont été mesurées en utilisant une sonde de réflectométrie métallique (TDR) insérée
verticalement (Topp et coll., 1980). La teneur en eau a été mesurée par réflectométrie
métallique à la mi-hauteur du substrat (sonde horizontale) pour différentes tensions
obtenues à partir de tables de tension.

Analyse statistique

Les données ont été analysées par ANOVA et contrastes établis à priori à l'aide du logiciel
SAS/STAT Version 8.02 (SAS Institute Inc., 2001). L'analyse a été effectuée en split-plot
avec les traitements en parcelle principale et le temps en sous-parcelles ou par temps
individuel lorsqu'il y avait présence d'interactions. Pour les mesures hebdomadaires, les
moyennes mensuelles ont été utilisées.
30

RESULTATS

Détermination des potentiels matriciels moyens

Suite à l'analyse par les points de bordure (Webb, 1972), les mesures maximales de
photosynthèse (assimilation en CO2) en fonction du potentiel matriciel pour toutes les dates
de mesures confondues prises aux Serres du St-Laurent à Portneuf sont présentées à la
figure 2. La droite reliant les points de bordure pour chacun des substrats a été tracée. On
remarque que le potentiel matriciel pour lequel le taux de photosynthèse est maximal est
assez différent d'un substrat à l'autre. En effet, celui-ci se situe aux environs de -5 cm pour
la laine de roche, tandis qu'il est de -20 à -25 cm pour le mélange sciure-tourbe.

25
• Mélange sciure-tourbe
g- 20
• Laine de roche

1 u
u
15

I 10
x ^~

0 -20 -40 -60 -80 -100


Potentiel matriciel (cm)

Figure 2. Photosynthèse maximale mesurée en fonction du potentiel matriciel


(Portneuf).

La relation entre la conductance stomatique et le potentiel matriciel (figure 3) suit


partiellement celle de la photosynthèse, bien que la conductance stomatique maximale pour
les deux milieux de culture forme un plateau entre -5 et -15/-18 cm puis chute ensuite de
façon linéaire jusqu'à -35/-40 cm pour atteindre un second plateau sous de plus grandes
tensions (potentiel matriciel plus faible). Les courbes sont ainsi parallèles et la conductance
31

stomatique du mélange sciure-tourbe est légèrement supérieure à celle de la laine de roche.


D'après ces mesures, il faudrait maintenir la laine de roche et le mélange à des potentiels
matriciels plus élevés que -15 et -18 cm, respectivement, afin d'obtenir une conductance
stomatique plus grande.

s °' 8 • Mélange sciure-tourbe


• Laine de roche
1 0,6
8
8 §I 0,4
0,2

I 0
0 -20 -40 -60 -80 -100
Potentiel matriciel (cm)

Figure 3. Conductance stomatique maximale mesurée en fonction du potentiel


matriciel (Portneuf).

Suite à l'ensemble de ces analyses, le seuil d'irrigation a donc été fixé à -15 cm de potentiel
matriciel le jour et à -20 cm la nuit pour le traitement irrigué en fonction du potentiel
matriciel avec l'utilisation de tensiomètres, ce qui constitue un compromis entre ce que
nous suggéraient les mesures de photosynthèse et de conductance stomatique. Pour les
traitements avec remontée capillaire, deux potentiels matriciels plus élevés que celui du
traitement avec tensiomètres ont été comparés afin de vérifier si la structure d'aération des
bacs modifiés permettait de maintenir le taux de photosynthèse élevé ou de l'augmenter
lorsque le potentiel matriciel est maintenu plus élevé.
32

Substrat

Pour tous les traitements, la teneur en eau des substrats en fin de culture diminue plus
lentement avec l'augmentation de la tension comparativement aux substrats initiaux
(figure 4). On remarque peu de différences entre les traitements d'irrigation pour le
mélange sciure-tourbe.

A)LR/M
_ 1] — • — Désorption début

- " • • " Réhumectatbn début


|0,8
—Èr- Désorption fin
io,6
- - -X- - • Réhumectatbn fin
ta

a>
\ \
\ \.
Teneur
"Ko
CD

_ X i ^ ^ - •• ^ -v.... gTïTTTT"
o

-100 -120

C) ST/T-12

-60 -80 -100 -120

il E)ST/R-9
0,8 J

-40 -60 -80 -20 -40 -60 -80 -100 -120


Potentiel matriciel (cm)
Potentiel matriciel (cm)

Figure 4. Courbes de rétention en eau et de réhumectation des substrats en début et


en fin de culture.
Au niveau de la conductivité électrique moyenne de l'eau de lessivage (tableau 2), aucune
différence significative n'a été observée entre les traitements, excepté pour le mois de mars
où la conductivité électrique moyenne de ST/T-12 (4,47 mS/cm) était plus élevée que celle
de ST/R-11 (3,57 mS/cm). Le pH moyen de l'eau de lessivage variait entre 5,6 et 6,7 et il
était significativement plus élevé dans le traitement ST/T-12 que LR/M pour les mois
d'avril et mai, plus élevé dans ST/R-9 que ST/R-11 pour les mois d'avril, mai et juin, et
plus élevé dans ST/R-11 que ST/T-12 pour le mois de juillet.

Tableau 2. Conductivité électrique et pH moyens de l'eau de lessivage.

CE (mS/cm) PH
Traitements mars avril mai juin juillet août mars avril mai juin juillet août
LR/M 4,70 5,09 4,97 4,47 3,82 3,78 6,3 5,7 5,6 5,7 5,8 6,2
ST/M 3,92 4,58 4,76 4,03 3,89 3,76 6,3 6,2 6,2 6,0 5,9 6,0
ST/T-12 4,47 4,29 4,69 5,12 4,64 4,24 6,3 6,1 6,1 5,9 5,8 6,1
ST/R-11 3,57 4,36 3,89 3,81 3,88 4,13 6,3 6,1 6,2 6,1 6,1 6,4
ST/R-9 3,95 4,54 3,14 4,05 6,86 4,99 6,5 6,3 6,7 6,7 6,3 6,6
Valeur P 0,091 0,584 0,136 0,450 0,288 0,413 0,548 0,002 0,001 0,002 0,035 0,048
Contraste
LR/M-ST/T-12 0,491 0,184 0,655 0,396 0,579 0,503 0,930 0,001 0,002 0,109 0,478 0,414
ST/M-ST/T-12 0,148 0,604 0,904 0,187 0,608 0,485 0,880 0,265 0,502 0,244 0,415 0,508
ST/T-12-ST/R-11 0,044 0,902 0,247 0,129 0,603 0,870 0,800 0,391 0,929 0,134 0,037 0,062
ST/R-11 -ST/R-9 0,283 0,740 0,278 0,745 0,093 0,244 0,184 0,025 0,002 0,002 0,153 0,337

Concernant la conductivité électrique des échantillons pris au lysimètre à succion


(tableau 3), les seules différences significatives observées entre les traitements ont été entre
ST/M (6,85 mS/cm) et ST/T-12 (4,47 mS/cm) pour la première série de mesures (P < 0,01)
et entre LR/M (2,88 mS/cm) et ST/T-12 (6,09 mS/cm) pour la troisième série de mesures
(P<0,01). De plus, la conductivité électrique de la laine de roche a diminué entre la
deuxième et la troisième série de mesures, tandis que celle du traitement ST/R-11 a
presque doublé entre la troisième et la quatrième série de mesures.
34

Tableau 3. Conductivité électrique des échantillons pris au lysimètre à


succion pour chaque série de mesures.

CE (mS/cm)
Traitements 5-6 mai 25-26 mai 13-14 juin 5-6 juillet Valeur P y
LR/M 3,58 ab* 4,03 a 2,88 b 2,87 b 0,008
ST/M 6,85 a 6,34 a 5,34 a 4,82 a 0,147
ST/T-12 4,47 a 5,70 a 6,09 a 6,65 a 0,274
ST/R-11 3,40 a 4,90 a 4,66 a 8,69 b 0,014
ST/R-9 4,08 a 4,35 a 3,07 a 6,25 a 0,149
Valeur P 0,003 0,086 0,003 0,266
z
Contraste
LR/M-ST/T-12 0,254 0,076 0,001 0,096
ST/M-ST/T-12 0,008 0,495 0,317 0,444
ST/T-12-ST/R-11 0,176 0,418 0,074 0,516
ST/R-11 - ST/R-9 0,379 0,498 0,051 0,441
z
Contraste entre différents traitements pour une même série de mesure
y
Valeur P pour un même traitement et différentes séries de mesure
* Les séries de mesures suivies de la même lettre ne diffèrent pas significativement
(P = 0,05) selon le test LSD protégé

De façon générale, la conductivité électrique du substrat en fin de culture était plus élevée
en surface et diminuait avec la profondeur dans le substrat (figure 5). Pour les quatre
profondeurs, elle était significativement plus élevée dans le traitement ST/T-12 (10,98,
4,83, 5,39 et 2,97 mS/cm) que LR/M (1,24, 0,72, 0,45 et 0,91 mS/cm), puisque la
conductivité électrique de la laine de roche est beaucoup plus faible que celle du mélange
sciure-tourbe. Pour le quart supérieur (profondeur de 3 cm), la conductivité électrique était
plus élevée (P<0,01) dans le traitement ST/R-11 (12,86 mS/cm) que ST/R-9
(7,13 mS/cm), probablement parce que le substrat y était maintenu plus sec. Aucune autre
différence significative n'a été observée entre les traitements pour les contrastes effectués.
35

16,00
14,00
12,00
E 10,00
o
V)
8,00
ni 6,00
o
4,00 -
2,00
0,00
-1,5 -4,5 -7,5 -10,5
Profondeur (cm)

Figure 5. Conductivité électrique (± erreur-type) dans le substrat pour chaque quart


de profondeur.

De façon générale, on remarque que la teneur en eau (figure 6) de la laine de roche (0,125 à
0,603 cm 3 /cm 3 ) est inférieure à celle du mélange sciure-tourbe (0,328 à 0,757 cm 3 /cm 3 ), et
que celle du traitement ST/R-9 (0,481 à 0,757 cm 3 /cm 3 ) a tendance à être légèrement
supérieure à celles des autres traitements d'irrigation en mélange sciure-tourbe (0,328 à
0,741 cm 3 /cm 3 ), surtout pour la partie inférieure et au centre du substrat, même si cette
différence n'est pas toujours significative. En effet, les différences observées ne sont pas
toujours constantes d'une journée à l'autre, ce qui peut être dû aux conditions climatiques
ou au moment de la mesure par rapport aux irrigations. En effet, la teneur en eau mesurée
dans la partie inférieure du bac était significativement plus élevée dans ST/R-9 (0,701 à
0,757 cmVcm3) que ST/R-11 (0,518 à 0,668 cnrVcm3) pour 6 des 9 journées et plus faible
dans LR/M (0,456 à 0,603 cm 3 /cm 3 ) que ST/T-12 (0,644 à 0,722 cm 3 /cm 3 ) pour 4 des
9 jours. Au centre du bac, la teneur en eau était significativement plus élevée dans le
traitement ST/T-12 (0,504 à 0,632 cm 3 /cm 3 ) que LR/M (0,140 à 0,249 cmVcm3) pour toutes
les dates de mesures, et dans le traitement ST/R-9 (0,552 à 0,673 cnrVcm3) que ST/R-11
(0,510 à 0,636 cm 3 /cm 3 ) pour 6 des 9 jours de mesures. Dans la partie supérieure du
substrat, la teneur en eau dans le traitement ST/T-12 (0,330 à 0,511 cnrVcm3) était
significativement supérieure à celle de LR/M (0,125 à 0,249 cm3/cm3) pour 8 des 9 jours.
36

La mesure verticale indique une teneur en eau significativement plus élevée dans ST/T-12
(0,574 à 0,682 cm3/cm3) comparativement à LR/M (0,231 à 0,438 cnrVcm3) pour toutes les
dates de mesures.

Teneur en eau à 3 cm du fond Teneur en eau à 6 cm du fond


E 0,8

-LR/M- -ST/M ST/T-12 *-ST/R-11 - * - S T / R - 9 -LR/M- -ST/M ST/T-12 -*- ST/R-11 -ST/R-9

Teneur en eau à 9 cm du fond Teneur en eau sur toute la profondeur

-LR/M- -ST/M ST/T-12 *-ST/R-11 -ST/R-9 -LR/M -ST/M ST/T-12 x - ST/R-11 -ST/R-9

Figure 6. Teneur en eau mesurée dans le substrat à différentes profondeurs (mesure


horizontale) et sur toute la profondeur (mesure verticale) pour 9 journées
de mesure (5-6-25-26 mai, 13-14 juin, 5-6-7 juillet).

Les concentrations moyennes de gaz au niveau du substrat étaient variables d'une journée à
l'autre. En effet, une différence de 1,7 % au niveau de l'oxygène a été observée entre deux
journées consécutives. Cette différence est peut-être due au moment de la prise de mesures
par rapport aux irrigations. En effet, il a été observé que la concentration en oxygène
chutait lors d'une irrigation et demeurait basse après celle-ci. (Rémi Naasz, communication
personnelle). Pour les analyses statistiques, les moyennes des deux journées consécutives
37

ont donc été utilisées pour chacune des 4 séries de mesures. Ces mesures sont présentées à
la figure 7 et les points ont été reliés pour en faciliter la lecture et permettre d'observer
l'évolution des concentrations dans le temps.

De façon générale, le pourcentage d'oxygène contenu dans le substrat du traitement ST/R-9


était inférieur à ceux des autres traitements, mais la différence entre ST/R-9 et ST/R-11
était seulement significative pour les trois premières séries de mesures. De plus, pour la
première série de mesures, le pourcentage d'oxygène dans le substrat était significativement
plus élevé (P<0,01) pour LR/M (18,5%) que pour ST/T-12 (17,8%), lequel était
significativement plus élevé (P = 0,03 et P < 0,01, respectivement) que dans ST/M (17,5 %)
et ST/R-11 (17,4 %). Ces différences n'étaient pas présentes pour les séries de mesures 2 et
3, mais pour la dernière série, le pourcentage d'oxygène était de nouveau significativement
plus élevé (P = 0,04 et P = 0,01, respectivement) dans ST/T-12 (19,8 %) que dans ST/M
(19,0 %) et ST/R-11 (18,9 %). Pour ce qui est du contenu en CO2, il était plus élevé dans le
traitement ST/R-9 et plus faible dans LR/M. En effet, des différences significatives ont été
observées entre les traitements ST/T-12 (5891 à 12308 ppm) et LR/M (1750 à 2472 ppm) et
entre les traitements ST/R-9 (7214 à 19466 ppm) et ST/R-11 (5323 à 12553 ppm) pour
toutes les dates de mesures. La quantité moyenne de N2O présente dans le substrat était
toujours très faible et assez stable pour les traitements LR/M (0,4 à 0,5 ppm) et ST/R-11
(0,7 à 1,1 ppm), tandis qu'elle augmentait à certaines dates pour les traitements ST/M (1,0 à
5,8 ppm), ST/T-12 (3,2 à 10,8 ppm) et ST/R-9 (4,0 à 9,2 ppm). La différence entre LR/M et
ST/T-12 était toujours significative, excepté pour la troisième série de mesures, et celle
entre ST/R-11 et ST/R-9 l'était toujours. Aux deuxième et quatrième séries de mesures, la
différence entre ST/T-12 et ST/R-11 était significative. Au fond du bac, le pourcentage
moyen d'oxygène était assez semblable pour les deux traitements et variait de 18,4 à
19,2 % pour ST/R-11 et de 17,9 à 19,3 % pour ST/R-9. La quantité de CO2 au fond du bac
était plus élevée dans le traitement ST/R-9 (847 à 4814 ppm) que ST/R-11 (675 à
881 ppm), mais cette différence était significative seulement pour la deuxième et la
troisième série de mesures. La quantité de N2O était aussi plus élevée dans le traitement
ST/R-9 (2,3 à 22,0 ppm) que ST/R-11 (0,3 à 0,4 ppm), mais sans différence significative.
38

Concentration en O2 dans le substrat Concentration en O2 au fond du bac

06-mai 26-mai 15-juin 05-juil

-LR/M - - « - - S T / M •••*••• ST/T-12--K--ST/R-11 - - m - - ST/R-9

Concentration e n C O 2 dans le substrat Concentration en CO2 au fond du bac

25000 6000

5000
20000 -£77-
"Ê 4000
I 15000
-S 3000
10000
"•'^Hi^l* 8 2000
5000 1000

0 0
06-mai 26-mai 15-juin 05-juil 06-mai 26-mai 15-juin 05-juil

-LR/M - - « - - S T / M •..»•-• ST/T-12 - • X • - ST/R-11 -•«<-• ST/R-9 -•—ST/R-11 ••••••ST/R-9

Concentration en N2O dans le substrat Concentration en N2O au fond du bac

35 -j---
30
? 25
S 20
15
10

26-mai 15-juin 05-juil 06-mai 26-mai 15-juin 05-juil

[ « L R / M " - - » - - S T / M •••*•-• S T / T - 1 2 - • » • - S T / R - 1 1 - • » - • S T / R - 9 J -ST/R-11 • • ST/R-9

Figure 7. Concentrations (± erreur-type) en oxygène, dioxyde de carbone et oxyde


nitreux dans le substrat et au fond du bac pour les quatre séries de
mesures.

Croissance des plants

La croissance hebdomadaire des plants a très peu varié entre les traitements (annexe I). En
effet, aucune différence significative (P < 0,05) entre les traitements n'a été observée pour
la croissance moyenne par semaine (20,0 cm), la hauteur de floraison (15,1 cm) et la
longueur des feuilles (44,7 cm). Cependant, le contraste à priori indique que le diamètre
39

moyen de la tige est en moyenne plus élevé (P = 0,02) pour ST/M (13,5 mm) que pour
ST/T-12 (12,8 mm), malgré que la différence entre les traitements ne soit pas significative
(ANOVAP =

Les mesures destructives des plants ont démontré des différences significatives entre LR/M
et ST/T-12 et entre ST/T-12 et ST/M en ce qui concerne la masse fraîche des tiges et des
fruits présents sur le plant au moment de la mesure (annexe II). De plus, les masses fraîches
des tiges, feuilles et fruits étaient plus élevées dans le traitement ST/R-11 que dans le
traitement ST/R-9. En considérant la production de biomasse totale du plant jusqu'à la prise
de mesures (tableau 4), il y a une différence significative de masse fraîche des tiges, des
feuilles et des fruits entre les traitements LR/M et ST/T-12 et une différence de masse sèche
des tiges et des fruits entre ST/M et ST/T-12, la masse du traitement ST/T-12 étant plus
élevée. De plus, on observe une masse fraîche des tiges et des feuilles plus élevée pour le
traitement ST/R-11 que pour ST/R-9. En ce qui concerne la masse sèche présente sur le
plant au moment de la mesure (annexe II), on observe des différences significatives au
niveau des tiges et des fruits entre les traitements LR/M et ST/T-12 et entre ST/T-12 et
ST/M, la masse sèche étant plus élevée de 13,1 et 9,7 % pour les tiges et de 18,5 et 16,3 %
pour les fruits dans le traitement ST/T-12 comparativement à LR/M et ST/M,
respectivement. En considérant la production de biomasse totale du plant jusqu'à la prise de
mesures (tableau 4), il y a une différence significative de masse sèche des tiges, des feuilles
et des fruits entre les traitements LR/M et ST/T-12 (13,1, 12,8 et 13,9 % de plus pour ST/T-
12, respectivement), et une différence de masse sèche des tiges et des fruits entre ST/M et
ST/T-12, la masse du traitement ST/T-12 étant plus élevée de 9,7 et 8,7 %, respectivement.
En ce qui concerne le pourcentage de matière sèche, la seule différence observée (P = 0,03)
était au niveau des feuilles avec un pourcentage plus élevé dans le traitement ST/R-9
(10,8%) que dans ST/R-11 (10,2%), autant pour la biomasse présente sur le plant au
moment de la mesure que pour la biomasse totale incluant les feuilles enlevées en cours de
culture. La valeur P de l'ANOVA associée aux traitements (0,056) était près du niveau
significatif dans ces deux cas. Finalement, il n'y avait aucune différence significative entre
les traitements pour la répartition de la masse sèche entre les parties aériennes (tige,
40

feuilles, fruits) du plant, que la biomasse totale soit considérée (10,4, 32,3 et 57,3 % en
moyenne, respectivement) ou non (34,0, 23,4 et 42,6 % en moyenne, respectivement).

Le RGR du traitement ST/T-12 est plus élevé que celui des traitements LR/M et ST/M, ce
qui est consistant avec les mesures de la biomasse totale. Aucune différence significative
n'a été observée pour le LWR (tableau 4). Au niveau de la masse sèche des racines des
plants en fin de culture (tableau 4), il y avait des différences significatives entre les
traitements (P = 0,04) et les contrastes étaient significatifs entre LR/M et ST/T-12 (16,7 et
12,4 g, P < 0,01) et entre ST/T-12 et ST/R-11 (12,4 et 15,0 g, P = 0,04), mais ces résultats
sont à interpréter avec prudence puisqu'on n'a pas réussi à obtenir l'homogénéité des
variances.

Tableau 4. Biomasse totale produite par plant jusqu'au moment de l'étêtage, masse sèche
des racines en fin de culture, taux relatif de croissance (RGR) et rapport foliaire (LWR).

Pourcentage de m.s. Masse


Masse fraîche (kg) Masse sèche (kg) (%) sèche RGR LWR
Racines*
Traitements Tige Feuilles Fruits Tige Feuilles Fruits Tige Feuilles Fruits (g) (kg/kg i) (kg/kg)
LR/M 0,80 2,16 7,76 0,07 0,22 0,39 8,84 10,06 4,99 16,7 0,0245 0,3221
ST/M 0,82 2,27 8,23 0,07 0,23 0,41 8,88 10,15 4,92 14,8 0,0249 0,3247
ST/T-12 0,89 2,34 8,84 0,08 0,24 0,44 8,97 10,45 4,98 12,4 0,0255 0,3197
ST/R-11 0,91 2,36 8,78 0,08 0,24 0,43 8,69 10,20 4,87 15,0 0,0253 0,3214
ST/R-9 0,80 2,16 8,37 0,07 0,23 0,41 9,19 10,84 4,92 15,1 0,0250 0,3255
Valeur P 0,006 0,044 0,004 0,007 0,029 0,019 0,460 0,056 0,756 0,042 0,001 0,962
Contraste
LR/M-ST/T-12 0,010 0,030 0,001 0,002 0,003 0,002 0,634 0,161 0,970 0,004 0,000 0,793
ST/M-ST/T-12 0,039 0,360 0,033 0,011 0,090 0,029 0,743 0,278 0,553 0,056 0,009 0,579
ST/T-12-ST/R-11 0,631 0,862 0,825 0,636 0,537 0,390 0,314 0,363 0,276 0,040 0,347 0,849
ST/R-11 - ST/R-9 0,005 0,020 0,138 0,070 0,522 0,311 0,078 0,027 0,627 0,947 0,185 0,647
La variance était hétérogène pour la masse sèche des racines.

Aucune différence significative n'a été observée entre les traitements en ce qui concerne les
mesures de Fv/Fm, de taux d'assimilation en CO2 et de conductance stomatique (annexe III).
Pour le potentiel hydrique du xylème de la 5e feuille, on a observé qu'il était plus élevé
41

(P = 0,04) pour le traitement ST/T-12 (-0,079 MPa) que LR/M (-0,056 MPa), mais
seulement pour les mesures prises au début juillet. Ainsi, les différentes régies d'irrigation
ne semblent pas avoir causé de stress hydrique.

Le graphique de la photosynthèse en fonction du potentiel matriciel lors des quatre séries


de mesures à l'Université Laval a été tracé et comparé avec les données obtenues
antérieurement aux Serres du St-Laurent (figure 8). On constate alors une augmentation de
la photosynthèse pour des potentiels matriciels plus faibles. En effet, l'activité
photosynthétique des plants cultivés en mélange aux Serres du St-Laurent chutait lorsque le
potentiel matriciel dépassait -20 cm environ, tandis que celle des plants de l'expérience à
l'Université Laval est légèrement augmentée jusqu'à un potentiel matriciel d'environ
-10 cm. Cependant, lorsqu'on compare la laine de roche au mélange pour la présente
expérience, on constate que le taux de photosynthèse est semblable pour tous les
traitements en mélange sciure-tourbe (courbe pointillée) et légèrement supérieur à celui en
laine de roche. L'activité photosynthétique maximale semble donc avoir été légèrement
augmentée par l'utilisation du mélange sciure-tourbe comme substrat de culture
comparativement à la laine de roche. Cependant, les différents traitements d'irrigation ne
semblent pas l'avoir améliorée comparativement à l'irrigation conventionnelle par
minuterie en fonction de la radiation solaire. Comparativement aux données obtenues aux
Serres du St-Laurent, l'ajout de structures d'aération semble avoir permis de maintenir le
taux de photosynthèse élevé pour de faibles potentiels matriciels, mais au même niveau que
les autres traitements d'irrigation. On remarque aussi que pour des potentiels matriciels
équivalents, le taux maximal de photosynthèse des plants semble plus élevé pour les
traitements ST/M et ST/R-9 que pour ST/T-12 et ST/R-11.
42

? 30
CN
• Mélange Serres du St-Laurent
• LR Serres du St-Laurent
8 25 * LR/M
o
xST/M
f 20 xST/T-12
(0 • ST/R-11

I 15 + ST/R-9

||
| 10
o

!
X

o
0 -20 -40 -60 -80 -100
Potentiel matriciel (cm)

Figure 8. Photosynthèse maximale en fonction du potentiel matriciel pour la laine de


roche et le mélange aux Serres du Saint-Laurent et pour les différents
traitements d'irrigation aux serres de l'Université Laval.

Rendement

De façon générale, on a observé une tendance selon laquelle le substrat sciure-tourbe a


donné de meilleurs rendements totaux et vendables que la laine de roche, mais cette
tendance s'est avérée non significative. De plus, le rendement obtenu par l'utilisation du
mélange sciure-tourbe irrigué par minuterie en fonction de la radiation solaire
(11,35 kg/plant) était semblable à celui obtenu en laine de roche (10,48 kg/plant).
Cependant, une régie d'irrigation adaptée au substrat (en fonction du potentiel matriciel) a
permis une augmentation de 10,5% du rendement total (P = 0,014) et de 10,3% du
rendement vendable (P = 0,018) comparativement à la laine de roche. Bien que l'effet de
traitement soit non significatif, les contrastes à priori indiquent une différence significative
de rendement total et vendable final entre les traitements ST/T-12 et LR/M (tableau 5).
Cette différence créée pendant les deux premiers mois de récolte a été conservée jusqu'à la
fin de l'expérience. En effet, le traitement en mélange irrigué par tensiomètres a permis
d'obtenir au total 1,1 kg/plant de fruits de plus qu'avec la laine de roche irriguée par
minuterie en fonction de la radiation solaire. Ce traitement a permis d'obtenir les meilleurs
rendements total et vendable. L'utilisation du bac avec réserves et remontée capillaire a
donné, pour le bac à -11 cm, des rendements équivalents à ceux obtenus avec le mélange
irrigué par minuterie en fonction de la radiation solaire, tandis que les rendements étaient
légèrement plus faibles pour celui à -9 cm, bien que la différence soit non significative. Les
rendements obtenus sont comparables à ceux cités dans la littérature (Allaire et coll., 2005;
Desbiens, 2004).

Tableau 5. Rendements total et vendable cumulatifs et calibre moyen des fruits de


classe 1 (17 semaines de récolte).

Rendement vendable
Rendement I:otal cumulatif cumulatif Calibre des fruits de classe 1
(kg/plant) (kg/plant) (g/fruit)
Traitements Mai Juin Juillet Août Mai Juin Juillet Août Mai Juin Juillet Août
LR/M 1,96 4,35 6,94 10,48 1,92 4,27 6,85 10,28 211,9 162,9 174,9 182,4
ST/M 2,17 4,75 7,47 11,35 2,15 4,66 7,37 11,07 202,7 169,6 181,5 189,7
ST/T-12 2,23 5,05 7,82 11,58 2,21 4,92 7,66 11,34 211,5 182,1 185,2 190,4
ST/R-11 2,21 4,90 7,68 11,26 2,15 4,76 7,53 11,00 212,5 181,7 190,5 193,2
ST/R-9 2,03 4,75 7,42 10,99 2,01 4,67 7,36 10,81 211,5 173,8 180,8 190,3
Valeur P 0,108 0,039 0,083 0,115 0,056 0,072 0,147 0,158 0,812 0,087 0,215 0,344
Contraste
LR/M-ST/T-12 0,029 0,003 0,009 0,014 0,010 0,006 0,018 0,018 0,969 0,019 0,126 0,143
ST/M-ST/T-12 0,640 0,166 0,261 0,589 0,554 0,244 0,360 0,529 0,352 0,111 0,564 0,899
ST/T-12-ST/R-11 0,872 0,491 0,640 0,452 0,530 0,478 0,681 0,430 0,922 0,959 0,425 0,592
ST/R-11 - ST/R-9 0,128 0,491 0,419 0,507 0,180 0,681 0,585 0,649 0,914 0,304 0,149 0,589

Les rendements total et vendable finaux par plant sont négativement corrélés au potentiel
matriciel moyen maintenu de jour (8h-16h) et de nuit (16h-8h), c'est-à-dire que les
meilleurs rendements sont obtenus pour des potentiels matriciels moyens maintenus plus
44

faibles, donc pour un substrat plus sec (figure 9). Plusieurs recherches avaient démontré
une baisse de rendements lors de l'assèchement du substrat (Frenz et Lechl, 1981; Waister
et Hudson, 1970), mais les substrats utilisés et les potentiels matriciels maintenus
différaient des nôtres (de l'ordre de -60 à -300 cm en sol riche en matière organique pour
Frenz et Lechl comparativement à -6 à -12 cm dans notre cas).

12,5
• Jour
12
S2 • Nuit
a. R = -0,63
11,5
P = 0,028

CD
11 R = -0,71
CD
P = 0,009
"D 10,5
CD

a: 10

9,5
-5 -10 -15 -20
Potentiel matriciel (cm)

Figure 9. Corrélation entre le rendement total et le potentiel matriciel moyen


maintenu dans le mélange sciure-tourbe de jour (8h-16h) et de nuit
(16h-8h).

Qualité des fruits

Van Der Veken et coll. (1982) avaient observé une masse moyenne des fruits plus élevée
avec l'utilisation de tensiomètres. Dans la présente expérience, le calibre moyen des fruits
de la classe 1 (tableau 5) est plus élevé (P = 0,02) dans le traitement ST/T-12 (182 g) que
dans LR/M (163 g) pour le mois de juin, mais aucune différence significative n'est
observée pour les autres mois. De plus, certaines différences significatives ont été
observées au niveau des désordres physiologiques sur les fruits (tableau 6) pour certains
mois seulement. Pour le mois de mai, la présence de pourriture apicale sur les fruits était
presque 5 fois plus fréquente dans le traitement ST/R-11 (4,5 %) que dans ST/T-12 (0,9 %)
45

et ST/R-9 (0,9 %), et près de 5 fois plus fréquente dans LR/M (1,1 %) que dans ST/T-12
(0,2 %) pour le mois d'août, malgré un faible pourcentage. Un stress osmotique et une
salinité élevés peuvent favoriser la pourriture apicale des fruits en nuisant à l'absorption du
calcium par la plante et à sa translocation vers les fruits. Cependant, le pourcentage plus
élevé observé dans les traitements LR/M et ST/R-11 ne semble pas causé par une
conductivité électrique élevée, puisqu'elle n'y était pas plus élevée que dans les autres
traitements. On a aussi observé 4 fois plus de fendillement circulaire (P = 0,02) sur les
fruits du traitement ST/R-9 (1,8 %) que ST/R-11 (0,4 %) pour le mois d'août, un peu plus
(P = 0,04) de micro-fendillement sur les fruits du traitement ST/T-12 (19,9%)
comparativement à LR/M (16,2 %) pour l'ensemble de l'été, et un peu plus (P < 0,01) de
fruits angulaires dans le traitement ST/T-12 (52,6 %) que dans LR/M (35,0 %) pour le mois
de juillet. Selon certains chercheurs, l'augmentation de la conductivité électrique de la
solution nutritive permet de réduire le fendillement des fruits (Chrétien et coll., 2000;
Dorais et coll., 2004; Sonneveld et Van Der Burg, 1991). Dans ce cas-ci, le pourcentage de
fendillement observé sur les fruits n'est pas plus important pour les traitements ST/R-11 et
ST/R-9 (CE de 2,0 mS/cm au lieu de 2,5 mS/cm) que pour les autres traitements. Le
contrôle de la salinité au niveau du substrat par l'ajustement du lessivage a probablement
contribué à équilibrer les conductivités électriques des différents traitements.

Le pourcentage moyen de matière sèche des fruits à la récolte variait de 4,7 à 5,1 % pour
l'ensemble des mesures et n'a pas été affecté significativement par les traitements (annexe
IV). Aucune différence significative n'a été observée entre les traitements pour les teneurs
en antioxydants et en lycopène, pour le contenu en sucres solubles et pour la conductivité
électrique des fruits mûrs (annexe V). Au niveau de l'acidité titrable, une différence
significative a été observée entre LR/M (0,47%) et ST/T-12 (0,50%) et entre ST/R-11
(0,54 %) et ST/R-9 (0,51 %), mais seulement pour une des trois dates de mesures.
46

Tableau 6. Pourcentage des fruits récoltés (17 semaines de récolte) présentant certains
désordres physiologiques à divers degrés.

Pourr. Fend. Fend. Micro- Fruits Fruits Couleur Oxalate Tomate Cicatrice Fruits
Traitements apicale circulaire radial fend. angulaires difformes inégale calcium molle stylaire <100g
LR/M 1,17 0,06 3,38 16,22 18,19 4,26 1,23 0,18 0,00 0,42 2,02
ST/M 0,37 0,03 3,94 17,93 21,09 4,06 1,47 0,31 0,03 0,43 1,27
ST/T-12 0,37 0,18 3,99 19,93 20,91 5,65 0,74 0,73 0,05 0,29 2,36
ST/R-11 1,21 0,10 4,94 17,23 23,20 5,35 1,06 1,58 0,11 0,36 2,30
ST/R-9 0,29 0,54 4,83 20,67 20,09 3,87 0,58 1,38 0,00 0,27 1,71
Traitement 0,025 0,053 0,451 0,267 0,326 0,566 0,693 0,019 0,255 0,851 0,613
Mois < 0,001 < 0,001 < 0,001 < 0,001 < 0,001 < 0,001 0,855 0,051 0,398 0,007 < 0,001
Traitement * Mois 0,005 0,003 0,407 0,085 < 0,001 0,882 0,084 0,125 0,861 0,503 0,614
Contraste
LR/M-ST/T-12 0,039 0,414 0,499 0,039 0,159 0,227 0,484 0,210 0,367 0,567 0,696
ST/M-ST/T-12 0,994 0,314 0,954 0,262 0,925 0,167 0,297 0,344 0,702 0,543 0,212
ST/T-12-ST/R-11 0,032 0,603 0,287 0,131 0,235 0,791 0,647 0,059 0,349 0,769 0,946'
ST/R-11 - ST/R-9 0,020 0,004 0,903 0,055 0,108 0,200 0,487 0,648 0,068 0,715 0,496
* Les analyses statistiques par mois ont été effectuées pour les désordres physiologiques dont l'interaction
Traitement*Mois est significative à 0,05 mais ne sont pas présentées.

DISCUSSION

Amélioration du rendement

Au cours des dernières années, plusieurs expériences ont permis de développer des
substrats organiques potentiellement intéressants en remplacement de la laine de roche,
mais qui, à notre connaissance, ont toujours donné lieu à des rendements inférieurs ou
équivalents à ceux de la laine de roche (Allaire et coll., 2004; Allaire et coll., 2005;
Desbiens, 2004; Dorais et coll., 2005; Juneau et coll., 2006). Dans la présente expérience,
une régie d'irrigation en fonction du potentiel matriciel adaptée au mélange sciure-tourbe a
permis une amélioration non négligeable du rendement total et vendable comparativement à
la laine de roche. Le rendement supérieur et le potentiel matriciel moyen maintenu plus
faible (substrat plus sec) par cette régie d'irrigation sont consistants avec la corrélation
observée. Malgré un potentiel matriciel moyen plus faible, ce traitement est celui qui a
47

consommé la plus grande quantité d'eau, probablement parce que celle-ci était appliquée au
moment où la plante en avait besoin. En effet, on observe que la biomasse et le rendement
de ce traitement ont été supérieurs à ceux de la laine de roche, tout comme la quantité d'eau
appliquée, ce qui correspond à la relation entre le rendement et la quantité d'eau irriguée
observée par d'autres chercheurs (Chrétien et coll., 2000; Pascual et coll., 2000; Peet et
Willits, 1995), tandis que d'autres ont observé la relation inverse (Mahajan et Singh, 2006).
Outre le rendement, il faut aussi se préoccuper de la qualité des fruits. L'irrigation fait
partie des facteurs pouvant affecter leur qualité (Dorais et coll., 2001a,b). Ainsi, puisque les
quantités d'eau appliquées et consommées étaient supérieures dans le traitement irrigué en
fonction du potentiel matriciel comparativement à la laine de roche, on pourrait s'attendre à
une baisse de la qualité des fruits de ce traitement.

Le fendillement des fruits (radial et circulaire) et le micro-fendillement de la cuticule, aussi


appelé « russeting », sont fortement influencés par les quantités de solution nutritive
apportées quotidiennement et par la fréquence des irrigations (Abbott et coll., 1985; Abbott
et coll., 1986; Dorais et coll., 2004; Peet et Willits, 1995). Abbott et coll. (1986) ont
observé qu'une fréquence d'irrigation plus élevée tendait à réduire le fendillement des
fruits. Le pourcentage de micro-fendillement plus fréquent observé dans le traitement avec
tensiomètres pourrait donc être dû à la variation importante du potentiel matriciel dans le
substrat. La pourriture apicale est un autre désordre physiologique influencé par l'irrigation.
Dans nos expériences, l'irrigation en fonction du potentiel matriciel ne semble pas avoir
favorisé ce désordre physiologique. De plus, un manque d'eau, une température trop élevée
ou un déséquilibre au niveau végétatif et reproductif peuvent causer des fruits angulaires.
La présence de ce type de fruit plus importante dans le traitement avec tensiomètres
comparativement à la laine de roche pour le mois de juillet pourrait être due à l'irrigation
étant donné que la température était la même pour tous les traitements. Excepté le
pourcentage de micro-fendillement plus élevé, la qualité des fruits semble avoir été
conservée malgré une augmentation du rendement et une consommation en eau plus grande
dans le traitement avec tensiomètres comparativement à la laine de roche.
Au niveau de la croissance des plants, aucun effet négatif n'a été observé dans le cas du
traitement irrigué en fonction du potentiel matriciel. De plus, cette régie d'irrigation ne
semble pas avoir causé de stress hydrique à la plante. On remarque plutôt un rendement
proportionnel à la biomasse aérienne et inversement proportionnel à la masse des racines.

Économie d'eau

Outre l'amélioration du rendement, il est intéressant de diminuer les quantités d'eau et de


fertilisants utilisées, autant pour des raisons environnementales qu'économiques. En ce
sens, les régies d'irrigation par tensiomètres et par remontée capillaire ont permis une
meilleure utilisation de l'eau, soit un pourcentage de consommation plus élevé que celui de
la laine de roche de 6, 5 et 9 % pour les traitements ST/T-12, ST/R-11 et ST/R-9
respectivement. De plus, les bacs avec réserves et remontée capillaire ont permis
l'application et le lessivage d'une quantité d'eau inférieure aux autres traitements, ce qui
implique une diminution des coûts en fertilisants ainsi qu'un avantage environnemental
important. Grâce à leur réservoir d'eau, les bacs à remontée capillaire permettent de
diminuer la quantité d'eau lessivée et contribuent ainsi à réduire la contamination des sols
par les fertilisants.

Par le maintien d'un potentiel matriciel plus élevé, le traitement ST/R-9 est celui qui a
nécessité la plus faible quantité d'eau et de fertilisants et dont le lessivage a été le plus
faible. Cependant, un faible pourcentage d'oxygène et une concentration de CO2 élevée
laissent croire qu'il y a eu asphyxie dans ce traitement, ce qui pourrait en expliquer le
rendement légèrement plus faible que dans ST/R-11. En effet, la concentration en oxygène
d'un sol diminue avec la diminution de la porosité d'air, et la concentration en CO2 tend à
augmenter avec la teneur en eau et la température du sol (Glinski et Stepniewski, 1985). Il
serait donc intéressant d'améliorer l'aération dans ce traitement, d'autant plus que selon
Bhattarai et coll. (2006), l'aération au niveau des racines permet d'améliorer le rendement.
Finalement, les concentrations élevées en N2O dans le substrat pour les traitements ST/T-12
et ST/R-9 ainsi qu'au fond du bac pour ST/R-9 laissent supposer la présence de
dénitrification dans ces traitements. En effet, l'oxyde nitreux est un produit secondaire du
processus de dénitrification favorisé par un manque d'aération (Heinen, 2006). Ce
processus anaérobie indique donc un manque d'oxygène dans certains endroits du sol
(Glinski et Stepniewski, 1985).

Effet d'aération

Par les traitements avec remontée capillaire, on visait la présence d'une certaine quantité
d'eau toujours disponible pour la plante et une amélioration de l'aération au niveau du
substrat par la présence d'air sous le feutre capillaire. Ainsi, le potentiel matriciel pourrait
être maintenu plus élevé (substrat plus humide) tout en permettant une augmentation du
taux de photosynthèse des plants. En comparant les données de photosynthèse en fonction
du potentiel matriciel obtenues lors des quatre séries de mesures à l'Université Laval avec
celles obtenues antérieurement aux Serres du St-Laurent (figure 8), on constate une
augmentation de la photosynthèse pour des potentiels matriciels plus faibles. En effet,
l'activité photosynthétique des plants cultivés en mélange aux Serres du St-Laurent chutait
lorsque le potentiel matriciel dépassait -20 cm environ, tandis que celle des plants de
l'expérience à l'Université Laval est légèrement augmentée jusqu'à un potentiel matriciel
d'environ -10 cm. Le fait que les plants de la présente expérience n'ont pas été stressés
contrairement à ceux des Serres du St-Laurent pourrait expliquer le taux de photosynthèse
plus élevé pour des potentiels matriciels comparables. Effectivement, l'activité
photosynthétique plus élevée mesurée à l'Université Laval pour la laine de roche et le
mélange irrigué par minuterie en fonction de la radiation solaire comparativement à celle
des Serres du St-Laurent pourrait être due à ce fait et/ou aux conditions de culture
différentes. De plus, des différences d'âge physiologique des plants au moment des
mesures (entre 1,5 et 5,5 mois après la plantation aux Serres du St-Laurent et entre 2 et 4
mois pour la présente expérience) et de vigueur des plants (les plants aux Serres du St-
Laurent présentaient une perte vigueur) pourraient avoir influencé ces résultats.
Comparativement aux données obtenues aux Serres du St-Laurent, l'ajout de structures
d'aération semble avoir permis de maintenir le taux de photosynthèse élevé pour de faibles
potentiels matriciels, mais au même niveau que les autres traitements d'irrigation. Les
résultats d'analyse de gaz au niveau du substrat ainsi qu'au fond des bacs laissent supposer
50

un manque d'aération dans le traitement ST/R-9, soit le bac avec remontée capillaire dont
le substrat était maintenu plus humide. Les structures d'aération présentes sur ces bacs ne
semblent donc pas suffisamment efficaces pour permettre une aération adéquate.
L'amélioration de l'aération au niveau de ces bacs pourrait peut-être permettre d'observer
une augmentation supplémentaire de l'activité photosynthétique des plants et du rendement,
ce qui serait à vérifier.

Implications pratiques

L'obtention en mélange sciure-tourbe d'un rendement équivalent ou supérieur à celui


obtenu en laine de roche sans diminution apparente de la qualité des fruits laisse entrevoir
la possibilité d'utiliser un substrat plus écologique et moins coûteux en remplacement de la
laine de roche. De plus, des régies d'irrigation adaptées à ce mélange semblent
avantageuses. En effet, une régie en fonction du potentiel matriciel a été avantageuse au
niveau du rendement, tandis qu'une régie avec réservoir d'eau et remontée capillaire a
favorisé une diminution des quantités d'eau utilisées et lessivées.
Les traitements avec remontée capillaire ont permis d'obtenir des rendements équivalents à
ceux obtenus en laine de roche et en mélange irrigué par minuterie en fonction de la
radiation solaire, tout en diminuant les quantités d'eau et de fertilisants appliquées. En plus
de la baisse de fertilisants due aux moindres quantités d'eau nécessaires, la conductivité
électrique de la solution nutritive donnée à ces traitements était de 2,0 mS/cm
comparativement à 2,5 mS/cm pour les autres traitements, ce qui a réduit les quantités
d'engrais utilisés. Cette diminution des quantités d'engrais nécessaires entraîne une
diminution non négligeable des coûts pour un rendement environ équivalent. De plus, la
réserve d'eau sous ces bacs a contribué à récupérer une partie de l'eau de lessivage qui a pu
être réutilisée par le plant, diminuant ainsi les quantités d'eau et de fertilisants lessivées.
Cet aspect représente un avantage environnemental important puisque les producteurs et les
consommateurs se soucient de plus en plus du respect de l'environnement.

Une diminution des coûts de production par l'utilisation d'un mélange sciure-tourbe en
remplacement de la laine de roche intéressera sans doute de nombreux producteurs de
51

tomate de serre et l'intérêt sera probablement plus grand avec la possibilité d'une
augmentation du rendement. En effet, l'irrigation du mélange en fonction du potentiel
matriciel par l'utilisation de tensiomètres a contribué à une augmentation non négligeable
du rendement total et vendable comparativement à la laine de roche. Cette régie d'irrigation
en mélange sciure-tourbe semble aussi pouvoir permettre une augmentation du rendement
vendable comparativement à ce même substrat irrigué par minuterie en fonction de la
radiation solaire, malgré que les différences observées lors de cette étude ne se soient pas
révélées significatives. De plus, l'irrigation en fonction du potentiel matriciel a permis une
meilleure utilisation de l'eau puisque celle-ci est appliquée lorsque la plante en a besoin.
Ainsi, une moins grande proportion de l'eau et des fertilisants appliqués est lessivée, ce qui
procure un avantage économique et environnemental.

Avenues futures de recherche

Les résultats obtenus lors de la présente recherche sont très encourageants quant à
l'amélioration des techniques de production en tomate de serre. Cependant, il est évident
que d'autres expériences seront nécessaires afin de valider les présents résultats. Aussi,
certains aspects seraient à améliorer, par exemple l'aération dans les bacs avec réserve
d'eau et remontée capillaire. En effet, les mesures d'activité photosynthétique pour des
potentiels matriciels élevés, ainsi que les économies en eau et en fertilisants laissent
supposer un potentiel très intéressant pour ces bacs de culture modifiés. Le manque
d'aération observé au niveau du substrat et au fond du bac lorsque le potentiel matriciel
moyen maintenu est élevé (substrat humide) pourrait empêcher l'obtention de rendements
plus élevés avec ce type de bacs. Il serait donc intéressant d'en améliorer l'aération et de
vérifier l'effet de cette modification sur le rendement.

De plus, l'effet à long terme de l'utilisation de bacs avec réserve d'eau et remontée
capillaire sur l'état de la culture n'est pas connu. En effet, lorsque l'eau de lessivage est
récupérée par le plant, les éléments nutritifs qui s'y trouvent sont présents dans des
proportions différentes de celles de l'eau d'irrigation initialement appliquée. Ainsi, ce
débalancement pourrait engendrer des désordres cationiques. Cependant, pour une courte
52

période de production (17 semaines de récolte), cette régie d'irrigation ne semble pas avoir
diminué la qualité des fruits ni la croissance des plants. Il serait tout de même intéressant de
vérifier l'effet de cette régie d'irrigation sous des conditions de culture automnale où les
besoins en eau sont différents.

CONCLUSION

Cette recherche avait pour but de déterminer la régie d'irrigation permettant d'obtenir les
meilleurs rendements et économies d'eau en mélange sciure-tourbe. La régie d'irrigation en
fonction du potentiel matriciel a permis d'obtenir une augmentation des rendements total et
vendable de 10 % comparativement à la laine de roche, ainsi qu'une meilleure utilisation de
l'eau. De plus, l'utilisation de bacs avec réserve d'eau et remontée capillaire a permis une
économie importante d'eau et de fertilisants, soit 8 et 31 % d'économie d'eau
respectivement pour les bacs avec réserve de 190 et 830 ml d'eau par rapport à l'irrigation
par minuterie en fonction de la radiation solaire. Ces résultats sont très intéressants
puisqu'ils laissent supposer que les producteurs de tomate de serre pourront utiliser un
substrat plus respectueux de l'environnement et moins coûteux que la laine de roche, et
obtenir des rendements supérieurs en adaptant la régie d'irrigation à ce substrat.
53

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CHAPITRE III : CONCLUSION GENERALE
58

Le but de cette recherche était d'identifier une régie d'irrigation appropriée à un mélange de
deux parties de sciure d'épinette blanche et d'une partie de tourbe de sphaigne brune afin
d'en améliorer le rendement en fruits et de diminuer les quantités d'eau utilisées. Des régies
d'irrigation en fonction du potentiel matriciel et par remontée capillaire ont donc été
comparées à une régie par minuterie en fonction de la radiation solaire.

Les rendements obtenus en mélange sciure-tourbe égaux ou supérieurs à ceux de la laine de


roche laissent entrevoir la possibilité d'utiliser un tel substrat pour la production de tomate
de serre au Québec. Une régie d'irrigation adaptée à ce mélange a aussi permis une légère
amélioration du rendement. En effet, une régie d'irrigation à potentiel matriciel variable par
tensiomètre pour le mélange a permis d'obtenir environ 2 % d'augmentation de rendement
en fruits (différence non significative) comparativement à ce même substrat irrigué par
minuterie et radiation solaire. De plus, une régie d'irrigation adaptée au mélange sciure-
tourbe (en fonction du potentiel matriciel) a permis d'obtenir des rendements plus élevés de
10 % que la laine de roche irriguée par minuterie et radiation solaire. Finalement, la régie
d'irrigation ayant permis d'obtenir les meilleurs rendements est la gestion par tensiomètres
du mélange sciure-tourbe, et les meilleures économies d'eau et de fertilisants ont été
réalisées par l'utilisation du bac à remontée capillaire contenant la réserve en eau la plus
grande. De façon générale, les qualités organoleptiques et nutritionnelles des fruits ont été
conservées malgré la régie d'irrigation. Certains défauts des fruits ont cependant été
favorisés par les différentes régies d'irrigation. Les résultats obtenus ont aussi permis
d'observer une relation entre le rendement et le potentiel matriciel moyen maintenu dans le
substrat.

L'obtention en substrat sciure-tourbe de rendements plus élevés que ceux obtenus en laine
de roche est très intéressante puisqu'elle incitera probablement davantage les producteurs
de tomate de serre à utiliser un substrat plus écologique et ayant un coût de fabrication
moindre que la laine de roche. De plus, une régie d'irrigation appropriée au mélange sciure-
tourbe pourra permettre une meilleure utilisation de l'eau, tout en permettant l'amélioration
des rendements.
59

ANNEXE I : MESURES DE CROISSANCE DU PLANT, DIAMETRE


DE TIGE, HAUTEUR DE FLORAISON ET LONGUEUR D'UNE
FEUILLE MATURE
60

Mesures de croissance du plant, diamètre de tige, hauteur de floraison et longueur


d'une feuille mature.
Hauteur de
Croissance Diamètre de tige floraison Longueur de feuille
Traitements (cm) (mm) (cm) (cm)
LR/M 19,9 12,6 13,6 43,3
ST/M 20,9 13,5 16,2 45,0
ST/T-12 20,2 12,8 14,7 44,2
ST/R-11 20,1 13,0 16,7 45,4
ST/R-9 19,0 12,9 14,2 45,5
Traitement 0,187 0,149 0,348 0,304
Mois < 0,001 < 0,001 < 0,001 < 0,001
Traitement * Mois 0,373 0,718 0,546 0,303
Contraste
LR/M-ST/T-12 0,565 0,376 0,440 0,203
ST/M-ST/T-12 0,244 0,017 0,247 0,275
ST/T-12-ST/R-11 0,799 0,371 0,132 0,097
ST/R-11 - ST/R-9 0,071 0,548 0,064 0,925
ANNEXE II : BIOMASSE PRESENTE SUR LE PLANT APRES 11
SEMAINES DE RÉCOLTE
62

Biomasse présente sur le plant après 11 semaines de récolte.


Pourcentage de m.s.
Masse fraîche (kg) Masse sèche (kg) (%)
Traitements Tige Feuilles Fruits Tige Feuilles Fruits Tige Feuilles Fruits
LR/M 0,80 0,50 1,56 0,07 0,05 0,09 8,84 10,06 5,48
ST/M 0,82 0,51 1,57 0,07 0,05 0,09 8,88 10,15 5,53
ST/T-12 0,89 0,55 1,85 0,08 0,06 0,10 8,97 10,45 5,47
ST/R-11 0,91 0,53 2,01 0,08 0,05 0,11 8,69 10,20 5,37
ST/R-9 0,80 0,45 1,74 0,07 0,05 0,10 9,19 10,84 5,55
Valeur P 0,006 0,113 0,003 0,007 0,193 0,007 0,460 0,056 0,383
Contraste
LR/M -ST/T-12 0,010 0,195 0,019 0,002 0,065 0,017 0,634 0,161 0,944
ST/M-ST/T-12 0,039 0,250 0,024 0,011 0,114 0,030 0,743 0,278 0,542
ST/T-12-ST/R-11 0,631 0,545 0,162 0,636 0,320 0,302 0,314 0,363 0,300
ST/R-11 -ST/R-9 0,005 0,043 0,025 0,070 0,200 0,078 0,078 0,027 0,070
ANNEXE III : MESURES DE FLUORESCENCE, PHOTOSYNTHESE,
CONDUCTANCE STOMATIQUE ET POTENTIEL HYDRIQUE DU
XYLÈME
64

Mesures de la fluorescence de la chlorophylle a (Fv/Fm), du taux d'assimilation en CO2


et de la conductance stomatique de la 5e feuille à partir de l'apex pour 4 dates de
mesure (5 mai, 25 mai, 13 juin et 6 juillet).

Fv/Fm Assimilation CO2 Conductance stomatique


Traitements (umol CO2/m2s) (cm/s)
LR/M 0,771 18,840 0,708
ST/M 0,762 19,456 0,673
ST/T-12 0,770 19,467 0,663
ST/R-11 0,767 19,124 0,651
ST/R-9 0,762 19,695 0,733
Valeur P
Traitement 0,848 0,732 0,737
Date < 0,001 < 0,001 < 0,001
Traitement * Date 0,774 0,726 0,085
Contraste
LR/M-ST/T-12 0,951 0,281 0,286
ST/M -ST/T-12 0,493 0,985 0,819
ST/T-12-ST/R-11 0,822 0,555 0,773
ST/R-11 - ST/R-9 0,685 0,326 0,053

Potentiel hydrique du xylème de la 5e feuille à partir de l'apex pour les quatre séries
de imesure.

Potentiel hydrique du xylème de la 5e feuille (MPa)


Traitements 5-6 mai 25-26 mai 13-14 juin 5-6 juillet
LR/M -0,082 -0,078 -0,102 -0,056
ST/M -0,084 -0,083 -0,081 -0,070
ST/T-12 -0,080 -0,095 -0,086 -0,079
ST/R-11 -0,083 -0,096 -0,096 -0,067
ST/R-9 -0,072 -0,100 -0,074 -0,053
Valeur P 0,979 0,092 0,511 0,124
Contraste
LR/M-ST/T-12 0,932 0,059 0,378 0,040
ST/M-ST/T-12 0,865 0,191 0,774 0,382
ST/T-12-ST/R-11 0,885 0,973 0,583 0,278
ST/R-11 - ST/R-9 0,597 0,601 0,214 0,182
ANNEXE IV : POURCENTAGE DE MATIERE SECHE DES FRUITS
À LA RÉCOLTE
66

Pourcentage de matière sèche des fruits à la récolte.


Juillet Août
Traitements % m,s. % m.s.
LR/M 4,83 5,03
ST/M 4,75 4,88
ST/T-12 4,82 5,05
ST/R-11 4,70 4,88
ST/R-9 4,72 4,99
Valeur P 0,730 0,437
Contraste
LR/M-ST/T-12 0,938 0,870
ST/M-ST/T-12 0,533 0,162
ST/T-12-ST/R-11 0,311 0,158
ST/R-11 - ST/R-9 0,853 0,335
ANNEXE V : MESURES DE QUALITE ORGANOLEPTIQUE ET
NUTRITIONNELLE DES FRUITS À LA RÉCOLTE
68

Mesures de conductivité électrique (CE) et acidité titrable des fruits récoltés.


CE Acidité titrable
début mai fin mai août début mai fin mai août
Traitements (mS/cm) (mS/cm) (mS/cm) (%) (%) (%)
LR/M 6,26 6,83 6,00 0,47 0,52 0,39
ST/M 6,85 6,89 6,09 0,50 0,53 0,37
ST/T-12 6,80 6,67 5,89 0,50 0,52 0,39
ST/R-11 6,67 6,90 5,93 0,49 0,54 0,40
ST/R-9 6,68 6,60 5,87 0,48 0,51 0,39
Valeur P 0,324 0,328 0,723 0,190 0,215 0,792
Contraste
LR/M-ST/T-12 0,086 0,367 0,549 0,033 0,878 0,838
ST/M-ST/T-12 0,872 0,223 0,282 0,736 0,701 0,375
ST/T-12-ST/R-11 0,699 0,192 0,845 0,421 0,108 0,759
ST/R-11 - ST/R-9 0,987 0,094 0,754 0,501 0,028 0,528

Mesures des sucres solubles, lycopenes et capacité antioxydante des fruits récoltés.
Sucres solubles Lycopenes Capacité antioxydante
début mai fin mai août fin mai fin mai
Traitements (%) (%) (%) (ug/g de fruit) (ug TROLOX/ml)
LR/M 4,17 4,20 4,53 60,16 4,42
ST/M 4,49 4,25 4,38 53,98 3,73
ST/T-12 4,28 4,22 4,45 48,40 3,94
ST/R-11 4,23 4,27 4,43 48,31 4,70
ST/R-9 4,15 4,08 4,48 47,34 4,52
Valeur P 0,046 0,558 0,898 0,179 0,369
Contraste
LR/M-ST/T-12 0,273 0,888 0,638 0,057 0,392
ST/M-ST/T-12 0,077 0,777 0,638 0,348 0,704
ST/T-12-ST/R-11 0,634 0,672 0,875 0,988 0,176
ST/R-11 -ST/R-9 0,430 0,131 0,753 0,870 0,739

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