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OBJET D’ÉTUDE I – LA POÉSIE DU XIXE AU XXIE SIÈCLE
Rimbaud, Cahiers de Douai, 1870. Texte 2, « Vénus anadyomène »
E. T. L.
Introduction
- Celui que Verlaine surnommera « l’homme aux semelles de vent », Arthur Rimbaud
(1854-1891), est un adolescent révolté, rebelle, fugueur récidiviste – et brillant élève
–, élevé à Charleville, par une mère rigide, sous le règne de Napoléon III.
- Il est avant tout un poète visionnaire qui se distingue par une écriture hallucinée,
disloquant le vers traditionnel, multipliant les audaces formelles, lexicales et
grammaticales, faisant entrer l’émancipation créatrice en poésie. Il a, ainsi,
considérablement influencé la poésie du XIXe et XXe siècle et est précurseur du
mouvement symboliste1 puis, au XXe siècle, de celui du surréalisme2. Et l’on peut dire
qu’il y a un « avant » et un « après » Rimbaud, en poésie.
- Sa précocité intellectuelle, sa révolte, la fulgurance de ses écrits, puis son abandon
brutal de la poésie à l’âge de vingt ans, pour mener une vie de voyages, d’aventures
et de commerce ont contribué à faire de lui une légende littéraire.
- Œuvre : Cahiers de Douai (1870)
- + deux liasses de feuilles d’écolier ; la première comprenant quinze poèmes, la
seconde comprenant sept sonnets) adressées à Paul Démeny, poète et éditeur,
rencontré à Douai, lors d’un séjour auprès de Georges Izambard, son professeur de
rhétorique, auprès duquel il se réfugie lors d’une fugue.)
o (Egalement nommés « Recueil Demeny » ou « Recueil de Douai ».)
- « Vénus anadyomène »
o Ces Cahiers peuvent être décomposés en cinq cycles thématiques. « Vénus
anadyomène » relève du cycle de la parodie et de la satire, puisque le poème
parodie une célèbre scène mythologique.
- Un peu de mythologie :
o L’écume des eaux (aphros en grec ancien), donne naissance à Aphrodite,
déesse de l’amour et de la beauté (Vénus en latin).
o En Histoire de l’art, Vénus anadyomène (émergeant des eaux) est un thème
privilégié (Botticelli, Le Titien, Böcklin, Ingres, etc.)
Boticelli, La Naissance de Vénus, 1484-1485
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Seul le poète est capable de déchiffrer les symboles du monde.
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Utilisant toutes les forces psychiques (automatisme, rêve, inconscient) libérées du contrôle de la raison et en
lutte contre les valeurs reçues.
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Le Titien, Vénus anadyomène, 1520-1525. Ingres,
Vénus anadyomène, 1808-1848
- Fin XIXe siècle, Rimbaud provoque les parnassiens, s’inspire de Baudelaire et des
naturalistes pour présenter sa propre version, parodique, de la naissance de Vénus.
Il représente une prostituée en mouvement : sortant difficilement d’une baignoire,
sous un regard peu empathique.
Ton provocateur : décrire la décrépitude du corps, détourner les codes, surprendre le
lecteur, le choquer avec une chute finale.
Cycle de la parodie et de la satire
Lecture
PBTQ
- En quoi l’image de Vénus donnée par ce poème est-elle une parodie qui fonctionne
comme un contre-blason et une critique provocatrice du lyrisme traditionnel ?
Plan : mouvements du TXT
Le mouvement du regard structure le poème.
I. La tête qui émerge de la baignoire vient tout de suite interroger et contredire le titre.
II. La description du corps en mouvement, ses différentes parties, puis une synthèse.
III. Dans le dernier tercet, on nous invite à remarquer les détails, ce qui prépare la pointe du
sonnet.
Premier mouvement : Un portrait de femme décevant
Comme d’un cercueil vert en fer blanc, une tête
De femme à cheveux bruns fortement pommadés
D’une vieille baignoire émerge, lente et bête,
Avec des déficits assez mal ravaudés ;
- Genre traditionnel du blason médiéval : décrire la beauté d’une femme en
commençant par les cheveux, le visage.
- Conj. de subordination prépare la comparaison du v. 3
o « comme » signale la présence d’un spectateur qui commente ce qu’il voit. Le
client d’une prostituée ?
- Le mot « cercueil » : champ lexical de la mort
o Idée d’un cadavre, un revenant : registre fantastique en filigrane.
Un cadavre en poésie ? Cf. « Une Charogne » de Baudelaire.
- Première couleur : adj. vert // moisissure + confirme le registre fantastique
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o + dysphorique
- « Fer blanc »
o Fer : matériau peu noble
o devenu « vert » : matière dévorée par la moisissure.
Couleurs ternes / lexique péjoratif
- une tête / De femme à cheveux bruns fortement pommadés
- Enjambement « une tête // émerge » mouvement.
o « Une tête » déterminant indéfini, comme séparé du corps, sujet séparé de
son verbe « émerge ».
o Complément du nom « à cheveux » évite la subordonnée relative (dont les
cheveux). Raccourci peu élégant. // description réifiante // une description
scientifique, d’entomologiste
Quand on s’efforce de décrire ce qu’on découvre // effet
d’étonnement devant un phénomène inconnu
o Adv. intensif « fortement » + P. Passé employé comme adjectif
« pommadés »
Suggère l’artifice, le maquillage (au sens dissimulation) lourd
L’épaisseur de la pommade
o Les « cheveux bruns » viennent contredire le tableau attendu d’une vénus
blonde.
- Enjambement « D’une vieille baignoire émerge, lente et bête »,
o Apparition du comparé : comparant cercueil / en fait comparé = baignoire
o « baignoire » : lexique trivial // réaliste // objet quotidien, ustensile //
vulgaire
o Adj. péjoratif antéposé « vieille » confirme la vétusté de l’ustensile.
Tableau péjoratif
Le coquillage de Vénus est devenu une baignoire en fer-blanc ressemblant à un
cercueil !
- Le verbe « émerger » reprend la traduction du terme grec du titre « anadyomène ».
- Le seul verbe conjugué du quatrain « émerge » = présent d’énonciation, se déroule
au moment où on parle.
o Rappelle la découverte de cette tête comme par un observateur / en
présence d’un interlocuteur
Indice du regard d’un personnage qui assiste à la scène.
- « lente et bête »
o Son [an] : allonge / ralentit ; apporte de la lenteur
Donc en écho de la signification émerge
o + consonnes explosives [t] : courts ; durs : soulignent le caractère dépréciatif
- + deux adjectifs coordonnés « lente et bête »,
o Le mouvement n’est pas défini par un adverbe « lentement », mais par
adjectifs qui qualifient cette « tête ».
o par hypallage, peuvent aussi bien désigner la femme elle-même.
- La « lenteur » de l’émergence du corps.
- Rime signifiante « tête … bête » : normalement la tête est du côté de l’intelligence, le
corps du côté de la bestialité.
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• Connotations : la lenteur du mouvement est aussi une lenteur de l’esprit «
bête ».
o On passe d’une déesse « Vénus » à une « femme » puis à une « bête »
- Retour de la sonorité [dé] : « des déficits »
o Allitération en [d] = effet d’insistance
- + déterminant indéfini « des » : effet d’imprécision ; de quantité
- Éléments soignés « cheveux » puis « déficits » au pluriel.
- + lexique péjoratifs / dysphorique : déficits = « manque, insuffisance »
o Rime signifiante « pommadés // ravaudés » : les soins apportés sont
dérisoires.
o Lexique familier : « ravaudés » ; trivial
péjoratif
- L’adverbe intensif « fortement » résonne par antithèse avec l’atténuation « assez
mal » pour l’action de « ravauder » :
o Litote : adv. « assez » : atténuation a pour effet d’insister). Jugement
o + réification : verbe « ravauder » vocabulaire de la couture // suggérer un
raccommodage de chairs
Absence d’empathie, les seuls traits du visage sont des « déficits » avec le préfixe
« dé- »
Effet comique ; parodie de la naissance de Vénus ; les flots sont une baignoire
- La phrase est très longue, elle se prolonge jusqu’à la fin du premier tercet.
o Effet de lenteur / durée / difficulté
Deuxième mouvement : Un corps qui peine à émerger : mouvement descendant, de haut en
bas ; un anti-blason
Puis le col gras et gris, les larges omoplates
Qui saillent ; le dos court qui rentre et qui ressort ;
Puis les rondeurs des reins semblent prendre l’essor ;
La graisse sous la peau paraît en feuilles plates ;
- adverbe de liaison « puis » : anaphore (v.5 et 7) : le mouvement est organisé
spatialement (les parties du corps) et chronologiquement : c’est une succession.
- Poursuite de la réification péjorative : « le col » vs le cou
o Terme qui peut se rapporter à une chose
- Ici, on ne s’attarde pas sur les traits du visage, on passe directement au col.
o Associé à deux adj. péjoratifs : « Gras » vs tradition des cous graciles
o + « gris » : couleur dysphorique (vs carnation rose, claire) : alors que le corps
entre en mouvement, le « gris » indique plutôt la couleur d’un cadavre.
Champ lexical mort, cf. : « cercueil »
o Allitération en [r] très présente tout au long du passage.
o Les adjectifs « gras et gris » forment une allitération en [gr] comme pour
imiter le grincement de la baignoire sous l’action du corps qui tente d’en
sortir.
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- Poursuite de la description descendante vers le haut du dos : « les larges omoplates »
o Antépositon de l’adj. « larges » souligne l’aspect peu harmonieux du dos
- L’enjambement « les larges omoplates » // qui saillent » illustre ce mouvement
d’émergence pénible et lent
o Le verbe « saillir » décrit le mouvement des omoplates. Rejet du verbe (idée
d’apparition disharmonieuse des os // une description anatomique + rythme
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Mise en valeur du verbe ; effet d’insistance
- le dos est « court »
o adjectif de valeur péjorative pour la description d’un corps féminin
- Le mouvement ascentionnel vertical de l’émergence du corps
o revient en arrière « rentre … ressort ».
o Le préfixe « re- » indique la répétition.
Effet d’une émergence pénible, lente
Animalisation implicite : une bête // un hippopotame
- Ce corps est morcelé par la syntaxe :
o points virgules qui séparent des subordonnées = parataxe (suppression des
mots de liaison : ici : « puis » implicite
toujours la progression chronologique du mouvement
o « les omoplates qui … le dos qui … » : prop° sub. Relatives qualifie les parties
du corps = verbes de mouvement
- Anaphore de l’adv. de liaison « puis » : « Puis les rondeurs des reins semblent
prendre l’essor »
- Ces verbes de mouvement laissent place à des verbes d’état
o = ici + précisément de perception « semblent … paraît … »
- « Prendre l’essor » est un verbe à l’infinitif, une action non réalisée.
o Le verbe « sembler » vient nier l’action de « prendre l’essor ».
o Le sujet est « les rondeurs des reins »
personnification des reins, doués de facultés de surgissement
+ idée de morcèlement, à nouveau
- Les pluriels insistent sur le mouvement de haut en bas « les omoplates … les reins ».
- « La graisse sous la peau paraît en feuilles plates ; »
o « La graisse » = terme péjoratif (vs idéal féminin)
o Adaptable à la viande dans le champ de la boucherie
- La préposition « sous » va même décrire « sous la peau »
o = cc de lieu = effet d’empilement, d’épaisseur
- « en feuilles plates » : insistance sur l’idée d’empilement
o Evocation de la cellulite
- les os et la graisse.
Description anatomique ; idée du regard d’un observateur scientifique /
objectif ; froid
o Énumération provocatrice.
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- Forme fixe et classique : le sonnet. Ici la volta (moment de basculement avant les
tercets) est le moment où le regard commence à descendre.
- Au lieu d’avoir des rimes suivies ou croisées qui illustrent une progression, les rimes
sont embrassées « -ates -or -or -ates »
o Ce schéma de rimes est inhabituel dans un sonnet.
o Les rimes riches en « -plates » qui expriment l’horizontalité (des omoplates,
des feuilles) embrassent et bloquent les rimes riches en « -sort ».
o N. B. : Les « plates » désignent aussi les plaques d’une armure lourde.
- Un anti blason : Dans l’ordre : le « col » puis le « dos » puis les « reins » et
étrangement, on remonte vers « l’échine ».
- Tercet 1 :
- « L’échine est un peu rouge, et le tout sent un goût
Horrible étrangement ; »
o « L’échine » est une partie du corps (le haut du dos) mais aussi le nom d’un
morceau de viande.
- La couleur « rouge » apparaît sous l’effort du corps ; la chaleur du bain ?
o + adv. de quantité : « un peu » = poursuite de la description anatomique
minutieuse et objective
o L’odeur et le goût sont mêlés « le tout sent un goût ».
Synesthésie mélange des sens
+ régionalisme (on peut « sentir un goût » dans les Ardennes
o Rejet de « Horrible étrangement ; » = adj. hyperbolique très péjoratif
o + adv. étrangement + postposé = mise en valeur :
horreur qui relève du fantastique…
- + « Odeur désagréable alors que c’est une scène de toilette.
Troisième mouvement : Focalisation sur les plus horribles détails
- « on remarque surtout
Des singularités qu’il faut voir à la loupe… »
- Présence d’un observateur expérimentateur à travers le pronom indéfini : « On
remarque ».
- L’enjambement et le passage à la ligne « surtout // des singularités »
o comme dans un carnet d’observations.
- Ce personnage s’intéresse aux « singularités » au pluriel.
o Terme très neutre après l’adjectif « horrible ».
o Poursuite de la notion d’observation scientifique
- Confirmée par le verbe impersonnel « il faut » :
o semble décrire une expérience qui se déroule selon un protocole
o « il faut voir à la loupe… »
Loupe = instrument privilégié de l’observation propre à voir les plus
petits détails
o Où : points de suspension annoncent que la liste ne sera pas exhaustive.
- Le regard redescend aux « reins » déjà décrits plus hauts, mais cette fois avec une
curiosité supplémentaire : vus à la loupe
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o Le poète nous oblige à suivre son regard.
Référence (parodique ?) au Naturalisme
- « deux mots gravés » : la gravure est aussi la technique privilégiée pour les
planches d’anatomie. On retrouve cette dimension naturaliste.
o La gravure rapproche ce portrait de la sculpture. La statuaire antique
représente souvent Vénus.
o On peut imaginer que c’est un tatouage, qui se pratique dans certains
milieux au XIXe siècle : marins, forçats, prostituées.
- Des « mots gravés » // dans le marbre,
o = une formule lapidaire // métaphore du corps comme une pierre tombale ?
(connotation ?)
- « Clara » signifie à la fois lumineuse et illustre.
o Ironie involontaire de ces mots tatoués.
+vs « grise » = antithèse
Absence d’éléments pour comprendre l’histoire de cette
femme, son histoire.
- « — Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
Belle hideusement d’un ulcère à l’anus. »
- Le tiret long indique un moment de rupture, qui prolonge en fait l’attente.
o Ici le sentiment esthétique sera détourné.
- Une somme, une conclusion : conj. de coordin° « et »
o // conclusion du rapport anatomique
- Le démonstratif « tout ce corps »
o révèle une hypotypose (description saisissante et animée).
o « ce » : démonstratif à effet de somme + péjoratif
- Verbes « remue » :
o verbe intransitif : 1. Bouger, se déplacer
faiblement, être ébranlé
Synonymes : branler - osciller - se
déplacer
2. Faire un ou des mouvements, changer
de position : Cet animal n'est pas mort,
il remue encore. Synonymes : bouger
- s'agiter ; branler - osciller - se déplacer
o idée de motion involontaire : corps semble animé de l’intérieur
// une masse en mouvement // déshumanisation
- Ici, à l’inverse : « et tend » :
o = verbe transitif // personnalisation du corps
o Idée d’intentionnalité
o Idée d’un destinataire : tendre vers = directionnalité
Tendre à quelqu’un / vers quelqu’un…
Dans l’implicite : confirme l’idée de prostitution
- Mise en scène de la pointe finale : Révélation sur les cinq dernières syllabes : « Belle
hideusement d’un ulcère à l’anus. »
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o Jeu de Rimbaud avec les traditions : le sonnet se termine traditionnellement
par une pointe.
o Oxymore (association de termes contradictoires) « Belle hideusement » :
Lexique mélioratif / lexique péjoratif
Effet hyperbolique
- Rime provocatrice « Vénus » et « anus » alliance du plus élevé au plus trivial. Effet
de discordance.
o Alexandrin ironiquement équilibré en deux hémistiches.
o Insistance sur le son [eu] qui revient deux fois dans « hideusement ».
- Le [h], ici aspiré oblige à prononcer le - e de « belle »
o Souligne le paradoxe.
- L’effet final : une révélation
o « Ulcère à l’anus » : symptôme signe de syphilis, maladie vénérienne,
confirme qu’il s’agit d’une prostituée.
- Jeu avec l’étymologie « anadyomène » : « ἀνα » en grec ancien, exprime un
mouvement ascendant, alors que « ana » en latin désigne plutôt un anneau,
quelque chose de circulaire.
Conclusion
Dans ce poème, Rimbaud nous présente un tableau en mouvement. Sous le regard d’un
observateur anonyme, une prostituée émerge d’une vieille baignoire. La vénus est laide, le
mouvement descendant est accablant.
Tout au long du poème, le lecteur malmené reconnaît des codes traditionnels variés allant
des vanités au blason médiéval. Ces codes sont mêlés à une horreur pratiquement
fantastique, et aux détails anatomiques dignes d’un traité de médecine.
La provocation de Rimbaud est presque gratuite… Mais elle démontre aussi une grande
attention aux idées qui traversent les arts en cette fin de XIXe siècle. Les artistes
revendiquent le droit de parler de tout, l’idéal laisse place à la déception du réel.
Ouverture (s) possibles
- Parcours « Emancipations créatrices »
- Zola a déjà écrit Thérèse Raquin : traité de pornographe par la presse. Série des
Rougon-Macquart en 1870. Même regard attentif aux détails réels. Tableau d’une
réalité qui n’a rien d’idéal. = Mouvement naturaliste
- Apollinaire : Alcools, « Marizibill » : évocation d’une prostituée
- Cendrars, Prose du transsibérien et de la Petite Jehanne de France, (v. 115-134),
o Evocation tendre de la petite Jehanne, une très jeune prostituée
Donc Rimbaud (après Baudelaire) ouvre aux émancipations créatrices en termes
de thèmes