TIC et bien-être économique en Afrique
TIC et bien-être économique en Afrique
Par
Ekodo RAYMOND
Enseignant – Chercheur, Université de Ngaoundéré-Cameroun.
[Link]@[Link]
&
Diguera SIMEON
Doctorant en Sciences économiques, Université de Ngaoundéré.
simeondiguera@[Link]
Résumé : L‟objectif de cet article est d‟évaluer les effets de l‟usage des TIC sur le bien-être
économique des populations de 26 pays de l‟Afrique subsaharienne sur une période allant de
2010 à 2020. Pour ce faire, nous nous sommes appuyés également sur le modèle de Biala et
Yusuf (2022) pour estimer l‟effet des TIC sur le bien-être économique des populations dans
ces pays. Il ressort de ces estimations que les TIC affectent positivement et significativement
le bien-être économique des populations dans ces pays. Ces résultats interpellent alors les
pouvoirs publics à mettre en place un dispositif légal et réglementaire permettant une plus
grande utilisation des TIC dans ces pays.
Mots clés : TIC, bien-être économique, Afrique subsaharienne.
Abstract: The objective of this article is to evaluate the effect of the use ICT on the economic
well-being of populations of 26 countries Sub-Saharan Africa over the period 2010 to 2020.
To do this, we also relied on the methodology of Biala and Yusuf (2022) methodology to
estimate the effect of ICT on the economic well-being of populations in these countries. It
emerges from these estimates that ICT significantly and positively affect economic well-being
populations in these countries. These results interpellate the public authorities to put in place a
legal and regulatory system allowing greater use of ICT in these countries.
Key words : ICT, Economic well-being, Sub-Saharan Africa.
1[Link] ISSN: 2458-6250
Revue Économie, Gestion et Société Vol 1, N°41 février 2024
INTRODUCTION
Dans les sociétés où les inégalités des revenus sont criardes, les populations sont
exposées à une pauvreté apparente, à un taux de criminalité élevé, à des tensions sociales
multiformes, à une mauvaise santé publique et à un faible niveau d‟éducation (Birdsong,
2015). Pour la plupart des économistes, la nouvelle révolution technologique induite par les
nouvelles technologies de l‟information et de la communication constitue un moyen
susceptible de réduire les inégalités des revenus et même sociales d‟un pays, d‟une région et
d‟une communauté. Elle permet également de réduire les coûts de transaction, de favoriser le
gain de temps, de raccourcir les distances, de faciliter les informations et les échanges
commerciaux, de créer plus d‟opportunité d‟emplois et de réduire la pauvreté, c'est-à-dire à
améliorer le bien-être des populations (Castellacci et Tveito, 2016).
Pendant des nombreuses années, les économistes se sont intéressés à la problématique
du bien-être économique et l‟expliquaient par l‟accroissement du PIB, c‟est-à-dire, de la
quantité des richesses produites dans un pays, par la possession et l‟exploitation des
ressources naturelles et par d‟autres facteurs en l‟occurrence la qualité des institutions
négligeant le rôle des innovations technologiques. Depuis quelques décennies, beaucoup
s‟accordent à reconnaitre également le rôle des innovations technologiques dans
l‟amélioration du bien-être économique et social et plus précisément sur la réduction des
inégalités des revenus.
Dans la littérature économique, plusieurs auteurs ont analysé l‟effet des TIC sur le
bien-être des populations1 dans les pays en développement (PED, en mettant l‟accent sur le
caractère subjectif de ce dernier. Ceux-ci sont arrivés à des résultats controversés. Certains
soutiennent dans leurs travaux que les TIC affectent positivement le bien-être subjectif des
populations (Binder, 2013 ; Feng et al. 2018 ; Rodriguez-Castalen et al. 2021 ; Antoni et
Franco, 2022). D‟autres par contre, pensent que les TIC détériorent le bien-être subjectif des
populations(Clark et Senik, 2010). Ils soulignent que les TIC peuvent avoir des effets négatifs
sur le bien-être des populations à travers les comportements extravagants de certaines
personnes sur les sites de réseautage. D‟autres encore relatent que la diffusion des TIC affecte
négativement le bien-être économique à partir d‟une dégradation de la croissance économique
(Pradhan et al. 2015) et des revenus (Acemoglu et Restrepo, 2018).
1
Dans le cadre de cette étude, nous nous intéressons au bien-être économique.
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marchands que possède un individu. Ces idées s‟orientent vers la pensée utilitariste qui
affirme que l‟individu est le seul à se prononcer sur le bien-être, c'est-à-dire sur l‟utilité qu‟il
retire de la satisfaction de ses besoins.
L‟approche« capabilistes » explique quant à elle le bien-être par les capabilités ou les
capacités dont possèdent les individus pour satisfaire leurs besoins ou pour jouir pleinement
de leur vie. Selon cette approche, les capacités permettent aux individus d‟améliorer leurs
conditions de vie et prennent en compte plusieurs déterminants, telles que la santé,
l‟éducation, et les conditions environnementales (les ressources naturelles, le sol, les eaux, le
changement climatique, etc.). Sen (2000) qui est l‟un des pionniers de l‟approche ressort dans
ses travaux les facteurs du bien-être sur lesquels chaque individu doit s‟appuyer. Selon ce
dernier, chaque individu doit savoir: lire, écrire, avoir un travail, être en bonne santé et jouir
de ces droits civiques, etc.
Des études plus récentes sur les déterminants du bien-être mettent plutôt l‟accent sur
d‟autres variables. Par exemple, Frey et Stutzer (2002), Helliwell (2003) et Frey et al.(2018)
considèrent l‟importance des revenus dans la détermination du bien-être. Selon ceux-ci, les
personnes qui ont de revenus plus élevés ont un bien-être supérieur à celles des personnes à
revenus faibles. D‟autres études encore soulignent que le revenu relatif détermine le bien-être
des populations (Clark et al. 2008 ; Senik, 2009). De leur côté, Maiti et Awashti (2021)
montrent que le revenu permet aux gens d‟acheter des biens (une belle maison, une télévision,
des objets de luxe, etc.) et des services (comme les voyages, les loisirs, l‟apprentissage, la
lecture, les soins de santé, etc.). Ce qui permet d‟améliorer le bien-être. Les études de
Janakarajan et Seabright(1999, Graham (2005) et Sarracino(2019) s‟inscrivent également
dans cette logique, mais ajoutent que le revenu affecte positivement le bien-être économique
uniquement àà court terme, et à long terme si et seulement le revenu augmente.
D‟autres études évaluentle lien entre le bien-être des populations par l‟amélioration de
la croissance économique. Par exemple, celles de Diener et al, (1985) soutiennent que les pays
qui disposent des richesses élevées bénéficient d‟un meilleur bien-être. Elles démontrent plus
particulièrement que les technologies constituent l‟apanage d‟une croissance économique
soutenue et donc du bien-être (Easterlin, 1974; Samimi et al. 2015). Les TIC impactent
positivement la productivité des entreprises et la croissance économique aussi bien dans les
pays développés qu‟en développement (Koivunen et Valimaki, 2008 ; Aghaei et
Rezagholizadeh, 2017).
De leur côté, Rothstein, (2010) et ;Léon et al. (2013) expliquent le bien-être par des
facteurs institutionnels. Ils montrent que la corruption et la mauvaise qualité des institutions
réduisent les opportunités économiques et augmentent les inégalités dans la société, ce qui
entraîne une baisse du bien-être des populations dans un pays.
Sepehrdoust et Ghorbanseresht(2019) quant à eux, ont montré que le développement
financier et le développement des TIC stimulent la croissance économique, et par conséquent
le bien-ê[Link] et al. (2007), Thompson et Garbacz (2007) montrent également qu‟il
existe une relation positive entre la pénétration du mobile et l„efficience productive ou la
croissance du PIB, en particulier pour les PED les plus pauvres. Selon ce dernier, une plus
grande utilisation des TIC accroit le revenu des ménages les plus pauvres, et en réduit ainsi les
inégalités des revenus entre les différentes classes sociales. A côté de ces perceptions
théoriques, il existe une multitude de travaux empiriques sur les déterminants du bien-être
dans les PED.
1.2- Quelques études empiriques
En recensant les études existantes qui établissent le lien entre les TIC et le bien-être
économique des populations sur l‟échantillon qui porte sur les PED et les pays développés, il
ressort que les TIC induisent des effets à la fois fastes et néfastes.
Dans cette dynamique, Feng et al. (2018), montrent dans leur étude comment
l‟adoption des TIC améliore le bien-être subjectif des citoyens. En utilisant les données de
l‟enquête sociale générale en Chine, ces auteurs choisissent le modèle linéaire hiérarchique à
deux niveaux en tenant compte à la fois des caractéristiques individuelles et des
caractéristiques de la ville pour évaluer le bien-être des populations. Ils suggèrent que les
politiques gouvernementales visant à accroître l‟adoption du haut débit et des TIC ont des
implications dans l‟amélioration de la croissance économique et offrent des opportunités, ceci
se traduit par l‟accroissement du bien-être des citoyens.
Antoni et Franco (2022) évaluent également le rôle de l‟infrastructure des technologies
sur le bien-être subjectif. Ces auteurs ont utilisé les données de World Value Survy de 60
pays. Ils constatent qu‟il y a une association positive, mais pas toujours statistiquement
significative, entre les attitudes scientifiques et technologiques et le bien-être. Ils montrent
ensuite qu‟il existe une forte relation entre ces deux variables dans les zones ayant des
structures technologiques moins développées.
De même, Jing et al. (2019), utilisent une donnée de panel sur les pays de l‟association
des nations d‟Asie sud-Est (ASEAN) sur une période allant de 2009 à 2017 sur l‟effet des TIC
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sur l‟inégalité des revenus. Les résultats de leur étude montrent que le volume d‟utilisateurs
d‟Internet a le plus fort effet sur La réduction des ‟inégalités des revenus. Ils suggèrent donc
aux pays de se concentrer sur l‟innovation des TIC, en particulier sur les utilisateurs
d‟Internet, l‟abonnement à la téléphonie mobile et à la téléphonie fixe pour assurer la
croissance économique et ainsi réduire les inégalités de revenus. Même si ce lien ne pas
directement observable, certains auteurs pensent que l‟accroissement du PIB par habitant a un
effet positif sur la vie des populations. C‟est dans ce sens que, Roller et Waverman (2001)
estiment que l‟accroissement des TIC peut contribuer à réduire les inégalités de revenu,
stimuler la croissance économique et lutter contre la pauvreté dans les PED.
Oyelami1 et al. (2022) dans leur étude menée dans une période de vingt-trois ans
(1995-2017) dans 39 pays d‟ASS, montrent que cette région a connu une augmentation des
investissements dans l‟infrastructure des TIC, ce qui a entraîné un accès et une utilisation
accrue des produits TIC dans la sous-région. Ils montrent par là que l‟accessibilité et la
disponibilité d‟infrastructures TIC ont une influence positive sur la performance du secteur
agricole en ASS à long terme. L‟augmentation et l‟amélioration de la culture agraire a été la
principale force d‟accroissement des revenus dans les zones rurales, après l‟utilisation des
TIC.
Par contre, d‟autres auteurs pensent l‟usage des TIC n‟est pas source de source de
croissance, et donc de bien-être des populations dans les PED. Ainsi, Tchamyum et al. (2019),
menant une étude sur un échantillon de 48 pays d‟Afrique sur une période allant de 2004 à
2014 et utilisant la méthode des moments généralisés (GMM), arrivent au résultat selon
lequel, tous les indicateurs des TIC exercent un impact inattendu sur l‟indice de Gini.
Si les pouvoirs publics encouragent une consommation passive et excessive des TIC
via l‟application de médias, d‟applications mobiles et d‟Internet, elles peuvent agir
négativement sur la croissance économique et sur le bien-être économique des populations
dans un pays (Pea et al.2012, Aghion et Howitt, 1998 ; Pradhan et al. 2015).
Dans le même ordre d‟idées, Acemoglu et Restrepo (2018) ont montré que
l‟automatisation des tâches qui étaient auparavant effectuées par un ensemble de travailleurs
est à l‟origine d‟une réduction permanente de la part des revenus du travail et de l‟emploi
formel ces dernières années, c'est-à-dire du bien-être des populations.
De ce qui précède, l‟on constate d‟une part qu‟il existe une multitude de déterminants
du bien-être dans les PED ; et que d‟autre part, les innovations technologiques peuvent
affecter positivement ou négativement le bien-être économique. Ces divergences trouvent leur
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explication dans les méthodes d‟&évaluation utilisées et les caractéristiques propres à chaque
pays. S4agissant du cas des pays de l‟Afrique subsaharienne qui mènent depuis quelques
décennies une politique d‟amélioration des investissements dans le domaine du numérique et
même d‟utilisation des TIC, nous formulons l‟hypothèse selon laquelle : L‟usage des TIC
améliore le bien-être économique des populations en Afrique subsaharienne.
2- Démarche méthodologique
Dans cette section, nous spécifions d‟abord le modèle économétrique utilisé et expliquons
le choix des variables. Nous présentons ensuite la méthode d‟estimation et enfin les données
utilisées dans la présente étude.
2.1.1-Spécification du modèle
Pour tester l‟hypothèse selon laquelle les TIC constituent un facteur de promotion du bien-être
économique des populations en ASS, nous nous sommes inspirés du modèle de Biala et Yusuf
(2022). Ils mettent en exergue la corrélation qui existe entre les TIC, le revenu, la croissance
et le développement économique. Ce modèle est spécifié comme suit :
Ln(Y)it =β0 + α1TICit + +α2lnFBCFit + α3lnEXPORit + α4INFit + α5DEPCONSOit + vt + ui + ɛit
Nous allons ajouter dans le cadre de notre étude des variables que nous trouvons pertinentes
pour expliquer le bien-être économique en Afrique subaérienne.
Après ajout de ces variables, le modèle devient :
LogBEEit =a0 +βLogBEEit-1 + α1LogTICit + +α2Stpit + α3CCit+ α4STSEit + α5Depit + α6CPHYit
+ α7INFit + α8LogPIBHit + α9LogPTAit + α10Demoit + vt + ui + ɛit
Avec LogBEE (bien-être économique), TIC (technologies de l‟information et des
communications), Stp (stabilité politique), CC (contrôle de la corruption), DEP (dépenses
publiques), STSE (statut socioéconomique), CPHY (capital physique), INF (inflation),
LogPIB (produit intérieur brut), LogPTA (taille de la population) et Demo (démocratie).
𝛽, 𝑎0 ,α1, α2, α3, α4, α5, α6, α7, α8 sont les paramètres à estimer. β mesure la convergence des
économies. S‟il est négatif et significatif, l‟hypothèse de la convergence est vérifiée et est non
vérifiée dans les autres cas.
i et t représentent respectivement le pays et le temps, vtest l‟effet spécifique temporel, qui
permet de capter les chocs temporels qui affectent le niveau de l‟output, ui représente l‟effet
spécifique pays qui permettent de capter l‟effet des facteurs non observés propres à chaque
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pays et qui déterminent aussi le bien-être (notamment le climat, les différences technologiques
et les goûts) et ɛit les termes d‟erreur qui prennent en compte les variables omises dans le
modèle bien qui sont susceptibles d‟expliquer le bien-être économique.
2.1.2- Présentation et signes des variables du modèle
Les variables utilisées dans notre modèle sont ; une variable dépendante qui est le
bien-être économique (LogBEE) mesuré par l‟indice de Gini ; une variable d‟intérêt (TiC) et
les variables explicatives :la stabilité politique (Stp), la contrôle de corruption (CC), le statut
socio-économique (STSE), les dépenses publiques (Dep), le capital physique (Cphy),
il‟nflation (Inf), le produit intérieur brut par habitant (PIBH), la taille de la population (PTA)
et démocratie (Demo).
Dans cette étude, nous mesurons les TIC qui sont notre variable d‟intérêt par un indice
composé de trois indicateurs qui sont : internet, abonnés à la téléphonie mobile et abonnés à la
téléphonie fixe. Elles sont construites à partir de 03 variables qui sont le nombre au téléphone
mobile et fixe, le nombre d‟utilisateurs d‟internet, suivant la méthode d‟Analyse en
𝑘
Composantes Principales (ACP) dont la formule se présente comme suit : TIC = 𝑖=1 ζiXi
Avec ζi le coefficient de pondération lié à chacune des variables Xi. Cette méthode a pour
objectif de réduire au maximum le nombre des variables de l‟indice. D‟après la littérature
économique, le signe attendu est positif.
a) La variable expliquée est le bien-être économique (BEE)
Cette variable est appréhendée par l‟inégalité des revenus entre les différentes couches
sociales. Selon Koh (2020),cette variablefait référence à une répartition inégalitaire et/ou
injuste des ressources dans une société donnée. L‟inégalité des revenus reflète l‟écart ou la
dispersion des revenus des ménages dans un pays quelconque. Dans un pays où l‟inégalité est
faiblement constatée, cela a tendance à susciter une croissance durable (Berg et al., 2018) et
qui se traduit à une amélioration du bien-être économique. Cette variable est mesurée par
l‟Indice de Gini qui prend en compte la répartition des revenus au sein de la population. Ce
dernier indique que lorsqu‟il existe une parfaite égalité des revenus lorsque la valeur est égale
à 0,et1 lorsque que la valeur de cette variable est égale 1, 0 une parfaite inégalité. Deux
bornes distinguent l‟écart des revenus c‟est-à-dire de 0 à 1 (ou 0% à 100%) (Afzal et al.
2022).
b) Les variables explicatives
Dans cette étude, les TIC qui constitue notre variable d‟intérêt. Elle est un indice
composé de trois indicateurs qui sont : internet, abonnés à la téléphonie mobile et abonnés à la
téléphonie fixe. Elles sont construites à partir de 03 variables qui sont le nombre au téléphone
mobile et fixe, le nombre d‟utilisateurs d‟internet, suivant la méthode d‟Analyse en
𝑘
Composantes Principales (ACP) dont la formule se présente comme suit : TIC = 𝑖=1 ζiXi
Avec ζi le coefficient de pondération lié à chacune des variables Xi. Cette méthode a pour
objectif de réduire au maximum le nombre des variables de l‟indice. D‟après la littérature
économique, toutes choses égales par ailleurs, le signe attendu est positif.
négativement les activités économiques, en ce sens qu‟une hausse des prix entraine une
diminution de la demande et donc de l‟offre. Le signe attendu est négatif.
La variable (DEMO). La démocratie est littéralement définit par la liberté des Peuples
sans embuche. Un pays est reconnu démocratique lorsque certaines normes sont mises en
vigueur. A cet effet, des organisations comme Freedom House publient des indices des
libertés civiles et politiques dans presque tous les pays du monde. Elle adopte un code pour
évaluer la qualité de démocratie dans chaque pays. Les pays sont codés de 1 à 7 par rapport
aux droits politiques et les libertés civiles. Un score égal à « 1 » désigne les pays les plus
démocratiques (des démocraties avancées) ; un score égal à « 7 » désigne les pays les moins
démocratiques (non libres, absence de principes démocratiques). Selon Freedom House, les
pays ayant un score entre 5,5 et 7 sont considérés non libres. Selon Barro (1996) et Doudou et
Rahali (2019) pour faciliter l‟interprétation économétrique, l‟intervalle est ramené à 0
(autocratie) et 1 (démocratie). Le signe attendu est positif.
L‟échantillon est composé de vingt-six pays2. A cause de l‟inexistence des données pour
tous les pays, notre étude couvre la période allant de 2010 à 2020. Ces données sont
compilées dans Excel et importées au logiciel économétrique (STATA 16.0) pour être traitées
à l‟aide des outils statistiques appropriés.
3- Résultats et discussions.
3.1- Résultats
Le tableau ci-après présente les résultats des régressions obtenus à partir des
estimateurs à effets fixes et des GMM.
2
Afrique du Sud, Angola, Burkina Faso, Botswana, Cameroun, Côte d‟Ivoire, Gabon, Ghana, Kenya, Libéria,
Madagascar, Malawi, Mali, Mozambique, Namibie, Niger, Nigeria, Ouganda, République de Congo, République
Démocratique du Congo, Sénégal, Tanzanie, Tchad, Togo, Zambie et Zimbabwe.
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Les résultats de l‟estimateur à effet aléatoire montrent que les TIC ont une
corrélation négative mais non significative sur l‟inégalité des revenus. Nos estimations
indiquent que la variable TIC est corrélée négativement et significativement au seuil de (5%).
Le coefficient négatif montre que l‟usage des TIC permet de réduire les inégalités des revenus
des ménages. Toutes choses étant égales par ailleurs, une augmentation des TIC de 1% réduit
les inégalités des revenus de 0.019 unités. Ce qui signifie que, plus, les TIC sont utilisés, plus
l‟écart des revenus. A ce sujet, Tchamyum et al. (2019) et Afzal et al. (2022). De même, Jing
et al. (2019) dans leurs études respectives sur les TIC trouvent que le téléphone mobile a un
effet négatif et significatif sur l‟inégalité des revenus. D‟autres travaux trouvent plutôt que les
TIC à travers l‟internet ont un lien de causalité significative et positive avec l‟inégalité des
revenus (Evans, 2019). Les résultats obtenus corroborent ceux de Graham et Nikolova (2013)
qui constatent que l‟accès aux TIC, tels que les téléphones portables, améliore le bonheur
quotidien des personnes les plus pauvres grâce aux capacités qu‟elles offrent, telle que la
réalisation d‟une transaction financière. Ces différents résultats sont également conformes
avec ceux trouvés par Patria et Erumban (2020). Pour ces auteurs, l‟inégalité des revenus est
corrélée avec l‟usage des TIC en ce sens que, plus l‟utilisation des TIC est grande, plus les
revenus sont repartis de façon égalitaire et inversement. Naym et Hossain (2016). Aghaei, et
Rezagholizadeh (2017) et Skliarov et Prokopov(2019) pensent que les TIC impactent
positivement la productivité des entreprises Cependant, les technologies constituent l‟apanage
d‟une croissance économique forte. Il existe également des travaux qui montrent que les TIC
affectent négativement la croissance et le bien-être des populations. Le signe attendu des TIC
sur le bien être est soit positif, soit négatif
La variable log du produit intérieur brut par habitant (LnPIBH) a un coefficient
positif et significatif au seuil de 1% pour les deux estimateurs. Les résultats obtenus montrent
qu‟un accroissement de 1% du PIB, toutes choses égales par ailleurs, conduit à accentuer
l‟inégalité des revenus de 0,016 point. Ce pareil résultat n‟est pas surprenant, puisque la
littérature économique depuis Kuznets (1955) s‟est appesantie sur la relation entre la
croissance économique et l‟inégalité des revenus. Ce dernier démontre que plus le revenu par
habitant augmente, plus l‟écart entre les revenus est grand. Ce résultat est similaire à celui
trouvé par Pajak et Keuangan (2021) selon lequel, l‟effet du PIB a plus d‟incidence sur
l‟inégalité des revenus dans les pays à faibles revenus et à revenus moyens que dans les pays à
revenus élevés. Ce qui s‟explique par la dominance notoire des plus riches sur les pauvres en
termes des richesses. Ceci est contraire à la littérature économique.
Concernant la stabilité politique (Stp), il existe un lien négatif avec l‟inégalité des
revenus et significatif au seuil de 1%. Le signe du coefficient négatif égal à -0.0154 est celui
attendu. Ce résultat nous amène à souligner qu‟il existe une instabilité politique dans les pays
de l‟ASS, plus les revenus sont mal repartis et plus le bien-être des populations se détériore.
Par exemple, les violences ethno religieuses qui sévissent dans ces différents pays entraînent
les coups d‟Etat, les guerres civiles, l‟augmentation des dépenses publiques militaires qui se
font au détriment des dépenses susceptibles d‟augmenter le bien-ê[Link] et Bhiba (2016).
Dans leurs travaux, Doudou et Rahali (2019) étudient la convergence de la situation de
stabilité et d‟instabilité en fixant deux bornes : 0, on est en présence d‟un risque élevé, c‟est-à-
dire dans une situation d‟instabilité et 4, un risque bas qui traduit une stabilité politique. Ils
arrivent à la conclusion que la stabilité politique a un effet positif sur la croissance et le bien-
être économique Ceci est donc conforme aux résultats escomptés.
L‟objectif de cet article était d‟évaluer l‟effet de l‟usage des TIC sur le bien-être
économique des populations dans les pays de l‟Afrique subsaharienne. A partir de la méthode
GMM en différences premières et sur un échantillon de 26 pays de l‟Afrique subsaharienne,
suer la période allant de 2010 à 2020, les résultats obtenus révèlent que l‟usage des TIC réduit
les inégalités de revenu en Afrique subsaharienne. Plus les TIC sont utilisés, plus les
inégalités de revenus se réduisent.
Ainsi, pour bénéficier des vertus de l‟usage des TIC dans les pays de l‟Afrique Sub-
saharienne, les pouvoirs publics doivent adopter des politiques d‟expansion afin de couvrir
toutes les extrémités du territoire national en termes de fourniture de l‟énergie électrique et de
la connexion internet. En plus, assouplir les impôts sur les opérateurs des téléphonies afin que
ces entreprises baissent leurs coûts de consommation affectés aux différentes opérations
afférentes (appels téléphoniques, connexion internet, transaction mobile money, etc.). De
même, au niveau social, faire de ce domaine, une opportunité de création de richesse par la
bonne utilisation. Et, de considérer l‟écosystème des télécommunications comme un canal à
travers lequel les utilisateurs éveillent les consciences pour estomper les dérives et les
dérapages qui heurtent à la sensibilité des citoyens.
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Annexes
logIBEE logTIC STP CC STSE Dep Cphy INF logPIB logPTA Demo
logIBEE 1.0000
logTIC -0.0347 1.0000
STP 0.5378 -0.0195 1.0000
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Cphy -0.0796 -0.0181 -0.0351 0.0003 -0.0415 0.1336 1.0000
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sigma_u .05745531
sigma_e .01717242
rho .91799455 (fraction of variance due to u_i)