0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
5 vues40 pages

Sources et défis de la croissance économique

Transféré par

leonettedgui
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
5 vues40 pages

Sources et défis de la croissance économique

Transféré par

leonettedgui
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

SCIENCE ECONOMIQUE

CHAPITRE 1 : QUELS SONT LES SOURCES ET LES DEFIS DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE ?

Objectifs d’apprentissage : BO…


Comprendre le processus de croissance économique et les sources de la croissance : accumulation des
facteurs et accroissement de la productivité globale des facteurs ; comprendre le lien entre le progrès
technique et l’accroissement de la productivité globale des facteurs.
Comprendre que le progrès technique est endogène et qu’il résulte en particulier de l’innovation.
Comprendre comment les institutions (notamment les droits de propriété) influent sur la croissance en
affectant l’incitation à investir et innover ; savoir que l’innovation s’accompagne d’un processus de
destruction créatrice.
Comprendre comment le progrès technique peut engendrer des inégalités de revenus.
Comprendre qu’une croissance économique soutenable se heurte à des limites écologiques (notamment
l’épuisement des ressources et la pollution) et que l’innovation peut aider à reculer ces limites.

I) QU’EST-CE QUE LA CROISSANCE ECONOMIQUE ET QUELLES SONT SES SOURCES ?

A) Comment définir le processus de croissance économique ?


B) Quelles sont les sources de la croissance économique ?
C) Comment expliquer le lien entre le progrès technique et l’accroissement de la
productivité globale des facteurs ?

II) QUEL ROLE POUR LE PROGRES TECHNIQUE, L’INNOVATION ET LES INSTITUTIONS DANS
LA CROISSANCE ECONOMIQUE ?

A) Pourquoi Le progrès technique est-il endogène ?


B) Pourquoi l’Innovation s’accompagne-t-elle d’un processus de destruction
créatrice ?
C) Comment les institutions influent-elles sur la croissance ?

III) QUELS SONT LES DEFIS DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE ?

A) Comment le progrès technique engendre-t-il des inégalités de revenus ?


B) Quelles sont Les limites écologiques de la croissance ?
>> La croissance économique se heurte à des limites écologiques…
>> Le progrès technique pour une croissance durable ?

1
Les notions du Chapitre :

Croissance économique : Hausse soutenue et durable de la production de biens et services réalisée par les
agents économiques sur un territoire.

Facteurs de production : Ressources mises en œuvre pour assurer la production de biens ou de services, à
savoir le facteur travail (évalué par le nombre d’heures travaillées chaque année sur un territoire) et le facteur
capital (ensemble des biens utilisés durablement dans le processus de production.

Productivité globale des facteurs (PGF). : Rapport entre la quantité produite et le volume des facteurs de
production utilisés. La croissance de la PGF est la partie de la croissance économique qui n’est expliquée ni par
la croissance de la quantité de travail disponible ni par celle de la quantité de capital. Elle mesure donc le degré
d’efficience de la combinaison productive et se mesure par la différence entre la croissance du PIB et et les
contributions à la croissance des variations du travail et du capital.

Progrès technique : Accroissement de la connaissance que les hommes ont des lois de la nature appliquées à la
production et se traduisant par des innovations et un accroissement de la PGF.

Progrès technique endogène : Progrès technique qui trouve son origine dans les décisions économiques
motivées par la recherche du profit pour les acteurs privés ou la recherche de l’intérêt général pour l’Etat.

Innovation : Application à des fins industrielles ou commerciales d’une invention.

Destruction créatrice : Mouvement par lequel l’innovation régénère le tissu productif en faisant appraître de
nouvelles activités qui font disparaître les plus anciennes.

Institutions : Ensemble des règles formelles et informelles qui encadrent les interactions humaines. En agissant
sur les incitations, elles orientent les décisions économiques à l’origine de la croissance.

Inégalités de revenus : différences en termes de revenus entre les individus ou les groupes sociaux qui sont à
l’origine de hiérarchies entre ces individus ou ces groupes.

Soutenabilité de la croissance : La croissance est soutenable si elle répond aux besoins des générations
présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins.

Innovation verte : Innovation ayant une finalité de développement durable qui se traduit par l’introduction dans
l’économie d’un ensemble de produits, de procédés, de méthodes qui permettent de réduire l’impact de l’activité
économique sur l’environnement.

2
La croissance économique, définie comme une augmentation durable de la production par tête, est un trait essentiel des
pays occidentaux sur les deux derniers siècles et de la quasi-totalité de la planète sur les dernières décennies. Quels sont les
mécanismes à l’œuvre dans la croissance économique ? Quels sont les facteurs de la croissance ? Quelles conditions
institutionnelles, en termes de rôle des acteurs (entreprises, marchés, Etat), permettent la poursuite du processus ? Telles
sont les questions principales que se posent les théories de la croissance. Celles-ci mettent notamment en évidence le rôle clé
joué par l’innovation, technologique ou non technologique. Si les théories ne répondent pas directement à la question de la
durabilité de la croissance, elles mettent cependant en place le cadre conceptuel dans lequel cette durabilité doit être
analysée.
(les grandes questions éco et sociales- Dominique Guellec – Croissance et innovation. 2019 p 13)

Pour commencer :

Le taux de croissance :

[Link]

[Link]

- Expliquez ce qu’est la valeur ajoutée


- Comment calcule- t-on le PIB d’un pays ?
- Qui bénéficient des revenus créés lors de l’activité de production ?
- Pourquoi, si le PIB passe de 1 000 milliards d’euros à 1 100 milliards d’euros en un an, on ne peut
généralement pas dire que le taux de croissance des richesses créées est de 10% ?
- Expliquez avec l’exemple des gâteaux donnés en fin de vidéo, une des limites du PIB.
- Expliquez une autre limite du PIB avec l’exemple des cigarettes ou des embouteillages.

Savoir lire les chiffres de la croissance :

3
Pays Fictif 2020 2021 2022 2023 2024
PIB réel (MD euros ) 200 204 212,4 214,3 210
Taux de croissance
du PIB (%) X
Variation du taux de
croissance (points) X X

Complétez le tableau puis tracez l’évolution du PIB et du taux de croissance.

- Identifiez sur les deux graphes les phases d’accélération, ralentissement et de récession.

- Faites une phrase de lecture des trois données du tableau pour 2022.

- Les phrases suivantes sont-elles vraies ou fausses ? Justifiez


- A- Le taux de croissance a augmenté de 1% en 2023
- B- Le PIB était négatif en 2024

- Calculez le taux de croissance annuel moyen du PIB entre 2020 et 2024.

4
I) QU’EST-QUE LA CROISSANCE ECONOMIQUE ET QUELLES SONT SES SOURCES ?
A) Comment définir le processus de croissance économique ?
 Comprendre le processus de croissance économique.
Comprendre le processus de croissance économique et les sources de la croissance :
accumulation des facteurs et accroissement de la productivité globale des facteurs ; comprendre le
lien entre le progrès technique et l’accroissement de la productivité globale des facteurs.

La croissance économique est un phénomène récent qui est apparu au XIX°s avec la
Révolution Industrielle.
Une augmentation sur une assez longue période du PIB réel.
>> La croissance économique : définition et mesure.
« Selon la célèbre définition de François Perroux (1), la croissance économique correspond à « l’augmentation
soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues d’un indicateur de dimension pour une nation, le produit
global net en termes réels ». (…F Perroux prend soin de distinguer la notion de croissance de celle de
développement : le développement constitue un concept plus large, dans la mesure où il englobe une dimension
sociale, en particulier en termes de répartition de la richesse nationale. S’il est difficile de concevoir un
développement sans croissance économique, cette dernière n’engendre pas nécessairement le développement :
le développement introduit une dimension qualitative alors que la croissance constitue un processus uniquement
quantitatif. Comme le note F Perroux, « le développement est la combinaison des changements mentaux et
sociaux d’une population qui la rendent apte à faire croître cumulativement et durablement son produit réel
global ».
Précis d’économie. Emmanuel Combe. PUF, Collection MAJOR. 2022.
François Perroux : économiste français (1903-1987), « L’économie du XX°s, PUF, 1961.
>> La croissance, un processus cumulatif.
A première vue, un taux moyen de croissance (…) de 2 à 3% par an peut sembler sans conséquence (…). Une
façon simple de montrer l’importance des différences de taux de croissance, même quand elles sont faibles, est
de comparer le temps nécessaire pour que le revenu soit multiplié par deux. Pour cela, on applique la règle des
70. En divisant 70 par le taux de croissance, on obtient une bonne approximation du nombre des années
nécessaires pour un doublement. Par exemple, avec un taux de croissance de 5% par an, le revenu doublera tous
les 14 ans (70/5= 14). La différence entre une économie qui croît à un taux de 3% et une économie qui croît à un
taux de 2% par an peut sembler peu importante. En réalité (…) elle est substantielle.
Joseph E. Stiglitz, Carl E
Walsh, Jean Dominique Lafay, Principes d’économie moderne, De Boeck- 2015 (4°éd).

5
>> La croissance économique, un phénomène récent à l’échelle de l’histoire de
l’humanité.

Jusqu’au XVIII°s, le revenu moyen des habitants de la planète est resté stagnant : le niveau de
vie d’un esclave romain n’est pas significativement différent de celui d’un paysan du
Languedoc au XVII°siècle ou d’un ouvrier de la grande industrie du début du XIX°siècle. En
effet, chaque fois qu’une société découvre une technologie nouvelle, un mécanisme immuable
se met en place qui en annule la portée. La croissance économique entraîne la croissance
démographique : la richesse augmente la natalité et réduit la mortalité. Mais la hausse de la
population fait baisser progressivement le revenu par tête. Vient fatalement le moment où la
population bute sur l’insuffisance des terres disponibles pour se nourrir. Famines et épidémies
viennent briser l’essor des sociétés en croissance.
Vers le milieu du XVIII° siècle, la Révolution industrielle provoque une rupture portée par
l’émergence de nouvelles techniques dans le domaine industriel. La plus célèbre d’entre elles
est la machine à vapeur de James Watt qui va permettre de développer l’industrie textile, les
chemins de fer puis les bateaux à vapeur.
La croissance économique va s’appuyer sur un renouvellement technologique permanent et
déborder la croissance démographique. A partir du XIX°siècle, dans les pays industrialisés,
c’est la croissance du revenu par tête qui devient la marque d’une société prospère. La
croissance améliore enfin les conditions de vie.
D’après D Cohen, la prospérité du vice, Une introduction inquiète à l’économie.
Source: Groningen Growth and Developpement Centre Albin Michel, 2009.
Centre, maddison Historical statistics,
www. [Link]/madison.

Calculez le coefficient multiplicateur du niveau de vie mondial entre l’an 1 et 1820. Faites de même pour la période 1820-2010.
Comment expliquer la quasi-stagnation du niveau de vie mondial avant 1820 ?
Comment expliquer la croissance rapide du niveau de vie après 1820 ?

DOCUMENT : La croissance française à long terme.

Que signifient les


données
entourées ?

Pourquoi la période de 1945-


1975 est- elle appelée
« Trente
Glorieuses » selon
l’expression de
l’économiste Jean
Fourastié ?

Comment a évolué la
croissance française depuis
la seconde guerre mondiale ?

Source : Comptes
nationaux,
Séries longues, INSEE.

6
BILAN :
La croissance économique correspond à l’augmentation …………….. des richesses dans un pays ou un groupe
de pays. Elle est mesurée par la hausse du niveau de la production, lui-même évalué par ………………..réel,
c’est-à-dire en dehors de la hausse du niveau général des ……………….. La croissance économique peut être
présentée de manière globale (pour un pays) ou par tête (rapportée au ………………… - PIB/hab). Par exemple,
d’après la Banque Mondiale, le PIB de la France a augmenté de 2,5 % en 2022 et 0,9 % en 2023. Pour 2025, la
Banque de France prévoit une stabilisation de la croissance autour de 0,7%.
La croissance économique est un phénomène cumulatif. La règle des ………… permet de mesurer le nombre
d’années nécessaires pour qu’une variable ……….et de montrer ainsi l’importance des …………………de
taux de croissance.
La croissance est un phénomène récent à l’échelle de l’humanité.
Pendant longtemps, la croissance du PIB est compensée par la croissance ……………… si bien que le niveau de
vie mesuré par le rapport entre le PIB et la……………. stagne. A partir du XIX°siècle, les révolutions
technologiques permettent une …………………… forte et durable du niveau de vie.

7
B) Quelles sont les sources de la croissance économique ?

-Comprendre les sources de la croissance : accumulation des facteurs et


accroissement de la productivité globale des facteurs.
La production nécessite du travail et du capital. L’augmentation de la quantité de ces facteurs
de production est source de croissance économique. Toutefois, une partie de la croissance n’est
pas expliquée par cette augmentation mais par la hausse de la productivité globale des
facteurs : PGF.
 Croissance économique : Hausse soutenue et durable de la production de biens et services réalisés
par les agents économiques sur un territoire.
Document : L’accumulation des facteurs de production : travail et capital.
Une première approche de la croissance économique consiste à additionner les différents moyens contribuant à
la production, les « facteurs de production » (…). Pour produire et vendre ses produits, une entreprise aura tout
d’abord besoin de travail, c’est-à-dire de main-d’œuvre, quel que soit le statut de cette dernière (salarié,
indépendant, intérimaire…). Ensuite, elle aura besoin de capital, c’est-à-dire des bâtiments, des terres, des
machines, des équipements, des logiciels et autres immobilisations, matérielles ou immatérielles, utilisés dans le
cadre du processus de production.
Antonin Bergeaud, Gilbert Cette, Rémy Lecat, Le bel avenir de la croissance, Odile Jacob, 2018.
Mais d’où vient la croissance économique ? Tout d’abord, le PIB est le résultat de
l’utilisation de facteurs de production que sont le travail et le capital, ou pour
simplifier, la main d’œuvre et les machines. Si la quantité de ces facteurs
augmente, cela va conduire à une augmentation du PIB, et donc à une
croissance positive. Par exemple, si la population d’un pays augmente, ou son
taux d’activité féminin, ou encore la durée moyenne de vie active, cela va faire
augmenter la quantité de travail disponible pour produire et cela aura un
impact positif sur le PIB. De la même manière, s’il y a davantage de machines,
cela permettra aussi une hausse des biens et services produits. L’accumulation
des facteurs travail et capital est donc une première source de croissance
économique.
Collège de France-2020.
Définissez les facteurs de production : capital et travail.

Complétez le schéma :

Facteur travail :
-

Facteur capital :

Complétez le parapgraphe :
Comprendre le processus de croissance nécessite d’en connaître les ……………. Pour réaliser une production, il
faut combiner deux ………………….. : le travail et le capital. Ainsi, lorsque le producteur accroît les quantités
de ………………………. qu’il utilise, il augmente logiquement le niveau de ……………………… produites.
Les déterminants qui agissent sur la quantité de ……………………………… sont multiples :
L’augmentation du facteur …………………….. repose sur l’……………………. :
La hausse du facteur travail dépend du nombre de travailleurs (donc par exemple de la croissance
démographique, de l’entrée des ……………………… sur le marché du travail, de l’âge de …………………, de
l’immigration…) et/ou du temps de travail.

8
L’accumulation des facteurs travail et capital est donc une première source de
croissance économique. Cependant, cette croissance bute sur la loi des rendements
factoriels décroissants.
>> La croissance extensive fondée sur l’accumulation des facteurs s’épuise parce qu’elle se
heurte au problème des rendements décroissants.

Rappel : La loi des rendements factoriels décroissants


Vous créez une entreprise de gestion financière du patrimoine des particuliers et pour cela, vous investissez dans un premier
ordinateur. Ce premier investissement vous permet de réaliser une production équivalant à 30 000 euros. Vous décidez alors
d’investir dans un deuxième ordinateur qui vous servira pour des placements à l’étranger et celui-ci vous permet d’augmenter
votre production de 15 000 euros. Et ainsi de suite jusqu’à un 5° ordinateur. Le tableau résume les investissements et ce que
chacun permet de produire en plus.

Exercice :
Complétez les données manquantes.
Comparez l’évolution de la production supplémentaire avec l’évolution de la production totale.
Pourquoi peut-on dire que les investissements en capital ont un rendement marginal décroissant ?

Nombre Production Production totale (en


d’ordinateurs supplémentaire (en euros)
supplémentaires euros)
dans l’entreprise
1er investissement 1 30 000

2° investissement 1 45 000

3° investissement 1 55 000

4° investissement 1 60 000

5° investissement 1 62 000

6° investissement 1 62 000

>>> Accumuler des facteurs est une première source nécessaire de croissance, mais qui
atteint des limites si on ne peut améliorer l’efficacité de leur utilisation.
La croissance de la production dépend donc de l’évolution de la quantité de chaque facteur, mais
aussi de leur efficacité. Lorsqu’on cherche à expliquer le niveau de la croissance par l’évolution du
volume de chaque facteur, on n’explique pas tout, on n’épuise pas le niveau global de cette
croissance, car l’efficacité des facteurs n’est pas prise en compte. Une fois que l’on a calculé
l’impact du volume de chaque facteur, ce qui reste, on dit aussi le résidu, est ce qui n’est pas
expliqué par l’évolution de la quantité des facteurs. Ce résidu, c’est la productivité globale des
facteurs (PGF), que l’on ne peut pas mesurer directement. Celle-ci dépend de
la technologie contenue dans les machines, de la capacité des travailleurs à bien les utiliser, du
cadre institutionnel, … La PGF représente tout ce que l’on n’a pas réussi à mesurer :
il s’agit du progrès technique au sens large. Il est constitué de tous les nouveaux procédés de
production ou produits qui améliorent le processus de production.
Collège France- 2020.
>> Il s’agit maintenant examiner la question de les contributions respectives des quantités de
facteurs et de la PGF, et donc du progrès technique, à la croissance.

Document : Les différentes contributions à la croissance.


Une première approche de la croissance économique consiste à additionner les différents moyens contribuant à
la production, les « facteurs de production » (…). Pour produire et vendre ses produits, une entreprise aura tout
d’abord besoin de travail, c’est-à-dire de main-d’œuvre, quel que soit le statut de cette dernière (salarié,
indépendant, intérimaire…). Ensuite, elle aura besoin de capital, c’est-à-dire des bâtiments, des terres, des

9
machines, des équipements, des logiciels et autres immobilisations, matérielles ou immatérielles, utilisés dans le
cadre du processus de production.
Du point de vue de la théorie économique, une entreprise est donc considérée comme une « usine » qui
transforme ces deux facteurs de production en un bien final. Mais il reste à savoir comment combiner ces deux
facteurs. Tout d’abord, pour calculer la contribution de ces facteurs à la production, il faut prendre en compte
leur quantité. Pour le facteur travail, il s’agit du nombre d’employés et du nombre d’heures travaillées par
employé pour ce qui est de sa quantité. Pour le facteur capital, il s’agit pour ce qui est de la quantité du volume
de bâtiments, équipements et autres, de la durée pendant laquelle ils sont employés, ainsi que de la cadence de
fonctionnement. (…). Au-delà de la contribution de chacun de ces facteurs à la production, leur combinaison
peut-être plus ou moins efficace. La différence entre la croissance de la production et la contribution à cette
croissance du capital et du travail est la produvctivité globale des facteurs (PGF). Il s’agit donc d’un résidu qui
capture la part de la croissance inexpliquée par la croissance de ses facteurs.
Que représente ce résidu ? Il peut tout d’abord être attribué au progrès technique, qui permet une meilleure
combinaison des deux facteurs de production. Il faut comprendre le progrès technique dans son acception la plus
large : il s’agit à la fois du progrès des technologies, mais également de l’efficacité de leur usage et de
l’organisation du processus production.
Antonin Bergeaud, Gilbert Cette, Rémy Lecat. Le bel avenir de la croissance, les leçons du XX°s pour le future.
Odile Jacob. 2018.
Expliquez la phrase soulignée.
Dans un pays, le taux de croissance du PIB est de 5%. L’augmentation du facteur travail y a contribué à hauteur de 2 points
et l’augmentation du facteur capital à hauteur de 1 point. Calculez le résidu. Que représente-t-il ?

1°) Faites une phrase avec les données concernant la croissance et les contributions à la croissance du Japon
en 2022.
2°) Montrez que la croissance économique, selon les pays, ne repose pas sur les mêmes sources.

>> Une croissance extensive est fondée sur l’accumulation de facteurs : l économie produit plus en mobilisant davantage
de facteurs. Une croissance intensive est fondée sur l’amélioration de la PGF : l’économie produit plus avec la même
quantité de facteurs.

Complétez le texte :
La croissance économique s’explique en partie par l’accroissement de la quantité de
………………………………….

10
L’’augmentation de la quantité du facteur travail peut résulter d’une augmentation de la durée du travail
(plus d’heures travaillées dans l’année) et/ou d’une augmentation de la ………………………………… occupée
(plus de…………………….. en raison d’une croissance démographique, du développement de l’activité
féminine ou de l’immigration économique, etc.). L’augmentation de la quantité du facteur travail agit sur
l’…………………… (par exemple, l’utilisation d’une main d'œuvre supplémentaire permet le plus souvent la
hausse des ……………………………………….). Cela conduit in fine à une augmentation de la production de
………………………………..
De la même manière, l’augmentation de la quantité du facteur capital (utilisation d’un nombre plus
important de …………, de …………………………, etc.) favorise aussi une hausse des ………………………………….
L’accumulation des facteurs travail et capital va donc conduire à une augmentation du …………….. et donc à
une ………………………… positive.
La croissance économique excède toutefois la somme des ……………………….. à la croissance de ces
facteurs. Cette partie de la croissance non expliquée par l’………………………. de facteurs ou résidu
correspond à la croissance de ……….
……………………………….. (PGF). La croissance est e……………….. quand la contribution des facteurs travail
et capital est supérieure à la contribution de la …………………………….. (PGF) dans la croissance du PIB et
…………………… dans le cas inverse.
La croissance …………………………., fondée sur l’accumulation des facteurs de production, s’épuise parce
qu’elle se heurte au problème des ……………………………………..

Le progrès technique n’est pas la seule source de croissance de la PGF.


Le progrès technique est mesuré de manière résiduelle à travers la productivité globale des facteurs (PGF), à savoir la
croissance économique non expliquée par la hausse des facteurs de production. Toutefois, la croissance de la PGF ne
dépend pas uniquement de facteurs techniques, elle s’explique aussi par l’effort d’éducation, l’âge du capital, le niveau de
confiance réciproque, les gains associés à la spécialisation, etc. Parce qu’il est difficile de mesurer ces différentes
contributions, Moses Abramowitz qualifie la PGF de « mesure de notre ignorance ».
Magnard.2020

Exploitation des savoir-faire :

11
Transition :
Le progrès technique correspond à tout ce qui améliore la combinaison productive travail-capital. Le progrès
technique permet des gains de productivité qui, quelle que soit leur répartition, génèrent de la croissance.

12
C) Comment expliquer le lien entre le progrès technique et l’accroissement de
la productivité globale des facteurs ?

 COMPRENDRE LE LIEN ENTRE LE PT ET L’ACCROISSEMENT DE LA PGF.


Le progrès technique est une des sources majeures d’accroissement de la productivité globale des facteurs et
constitue le socle de la croissance du PIB/ hab et donc de l’amélioration du niveau de vie.

Document : Le progrès technique accroît la PGF.


Que représente ce résidu (qu’est-ce-que la PGF) ? Il peut tout d’abord être attribué au progrès technique, qui
permet une meilleure combinaison des deux facteurs de production. Il faut comprendre le progrès technique
dans son acception la plus large : il s’agit à la fois du progrès des technologies, mais également de l’efficacité de
leur usage et de l’organisation du processus de production. Pour prendre l’exemple des technologies de
l’information, leur utilisation permet dans un premier temps de gagner en productivité en automatisant certains
processus existants, puis en créant de nouveaux produits, et enfin leur plein bénéfice en termes de productivité
vient d’une réorganisation profonde des processus de production et notamment des modes de management. (…).
Le secteur producteur de la nouvelle technologie va lui-même connaître des gains rapides de productivité. Ainsi,
les producteurs de puces électroniques, dont la puissance augmente selon une loi exponentielle, loi de moore, ont
vu leurs performances augmenter très rapidement depuis les années 1970. Ils ont dès lors contribué
significativement à la productivité aux Etats-Unis. Enfin, une nouvelle technologie va permettre des gains de
productivité pour l’ensemble des autres secteurs au travers des effets de réseau ou d’externalités positives à leur
utilisation. L’utilisation d’Internet par plusieurs entreprises dans la chaîne de production permet par exemple une
meilleure coordination entre elles.
Antonin Bergeaud, Gilbert Cette, Rémy Lecat- Le bel avenir de la croissance, leçons du XIX°s pour le futur.
Odile Jacob. 2018.
>> Expliquez pourquoi la PGF est qualifiée de résidu.
Comment les économistes définissent-ils le progrès technique ?
Pourquoi le progrès technique est-il une source d’accroissement de la PGF ? Illustrez avec les technologies de
l’information et de la communication.

 A partir de la fin des années 1980, la question de l’impact des innovations sur la croissance s’impose dans un contexte
de progrès technologiques rapides dus à l’informatisation et au développement des réseaux de communication. Or, il
s’avère qu’un rythme rapide d’innovations n’entraîne pas toujours une hausse de la productivité des facteurs, et donc de
la croissance. Selon le paradoxe de Solow, énoncé en 1987, « les ordinateurs sont partout, sauf dans les statistiques de
productivité » (Solow, 1987). On attribue aujourd’hui ce paradoxe à la lenteur avec laquelle une nouvelle technologie
produit des effets macro-économiques, car l’organisation du travail doit être modifiée en profondeur pour en bénéficier
réellement.
 réellement.

Document : La technologie, un facteur de production aux propriétés étonnantes.


Qu’est-ce-qui différencie la technologie des autres facteurs, notamment le capital physique, qui fasse d’elle le
moteur de la croissance ? C’est, selon les théories de la croissance endogène, l’existence d’économies d’échelle
(ou rendements d’échelle croissants) dans la production et l’utilisation des connaissances. La loi des rendements
décroissants ne s’applique pas à la connaissance. Une même connaissance peut être utilisée par un nombre
quelconque d’agents simultanément, contrairement à un élément de capital physique (une machine). Un
agriculteur ne peut utiliser simultanément un nombre indéfini de chevaux alors qu’il peut tirer tout le parti d’un
tracteur plus moderne, incorporant tout le savoir existant dans ce domaine technologique. De plus, chaque
nouvelle connaissance ouvre la voie à de nouvelles découvertes ultérieures (« nous sommes des nains juchés sur
des épaules de géants selon les mots de Bernard de Chartres au XII°s) : C’est le décryptage du génome humain
qui permet par des efforts subséquents de recherche, de comprendre les racines de certaines maladies. Un
processus persistant, auto-entretenu, d’accumulation de connaissance est donc possible, qui entraîne à son tour
l’accumulation des autres facteurs et donc la croissance.
Dominique Guellec, « Croissance et innovation », in Croissance, emploi et développement. Les grandes
questions économiques et sociales. La Découverte, Coll Repères, 2019.

13
Définir les rendements d’échelle croissants.
Quelles sont les propriétés économiques de la technologie ?
Expliquez pourquoi le progrès technique est facteur de rendements croissants et donc d’accroissement de la
PGF ?

DOCUMENT : Progrès technique et vagues de croissance de la productivité.


Sur longue période aux Etats-Unis, la croissance de la productivité a connu des vagues technologiques
successives, chacune de ces vagues correspondant à une révolution technologique spécifique. Les gains de
productivité induits par la révolution technologique associée aux chemins de fer et à la machnine à vapeur
s’épuisent au début du XX°s. Les effets de la révolution technologique suivante, associée à la diffusion de
l’usage de l’électricité, du moteur à explosion et de la chimie moderne, induisent alors une nouvelle vague de
croissance de la productivité qui s’étend sur près de trois quarts de siècle avec une pointe culminant au milieu du
XX°s. Cette vague connaît un fort ralentissement transitoire au moment de la crise des années 1930. Les effets
de la dernière révolution technologique, associée à la production et à l’usage des technologies de l’information et
de la communication (TIC), induisent une nouvelle vague de croissance de la productivité beaucoup plus courte
(un peu plus d’un quart de siècle) et moins élevée que la précédente.
Philippe Aghion, Gilbert Cette, Elie Cohen, changer de modèle, Odile Jacob, 2014.

Quelles sont les deux révolutions technologiques


qui ont eu lieu au XX°s ?

Quel est l’impact de ces révolutions


technologiques sur la croissance de la PGF ?

Comparez la vague de productivité induite par


l’électricité, le moteur à explosion et la chimie
avec celle induite par les technologies de
l’information et de la communication.

Document : Le lien entre progrès technique et productivité à l’heure des technologies de


l’information et de la communication (TIC).
La croissance de l’après-guerre repose largement sur la mise en œuvre (et par là même l’innovation née de de
l’apprentissage par la pratique) de technologies découvertes avant et durant la guerre, notamment aux Etats-
Unis. On a pu parler en ce sens de « rattrapage », ce qui signifie que les pays retardataires (Europe, Japon)
bénéficient de l’adoption des techniques de la puissance la plus avancée (les Etats-Unis qui fixent ici la
« frontière technologique ») et de ce fait tendent à se rapprocher d’elle en termes de richesses. Dans un tel
schéma, l’achèvement du rattrapage serait une cause essentielle dans le ralentissement de la croissance observé
après 1973. La productivité a poursuivi son ralentissement de façon ininterrompue depuis 1973 (…).
Plusieurs explications sont avancées pour cela. Une première souligne les difficultés de mesure : les statistiques
du PIB n’intègrent pas bien la production des secteurs nouveaux (qui fournissent des produits souvent gratuits)
ni les changements de qualité des produits existants, aboutissant ainsi à sous-estimer le volume de la production
et donc la productivité. Une seconde explication met en avant les conditions macro-économiques notamment la
faiblesse de l’investissement des entreprises, qui se sont accentuées après la crise de 2008. L’investissement est

14
un vecteur des technologies nouvelles, sa réduction signifie donc une modernisation ralentie de l’économie et
donc des gains de productivité moindres. Une troisième explication, la plus controversée, en appelle à un déclin
du progrès technique (Gordon, 2016). Selon cette thèse, la croissance rapide du XX°s, serait un évènement
historiquement exceptionnel, dû à la coïncidence d’inventions uniques (le moteur à explosion, l’électricité,etc.) à
la fin du XIX°s. Les inventions actuelles, ordinateur ou biotechnologies seraient mineures en comparaison de
leurs prédécesseurs et ne pourraient donc engendrer des gains de productivité aussi élevés. Cette thèse est
contestée, notamment par les tenants de la digitalisation qui soulignent, au contraire, les transformations
fondamentales de la production et de la consommation engendrées par les technologies digitales, expliquant alors
les faibles gains de productivité par les délais nécessaires pour que l’économie et la société s’adaptent à ces
technologies et en explloitent tout le potentiel.
Economie de l’innovation, Dominique Guellec, Collection Repères-La découverte- 2017.
>> En comparant les Etats-Unis, l’Europe et le Japon après la Seconde Guerre mondiale, montrez qu’un pays
peut améliorer son niveau technologique de deux façons différentes.
>> Comment a évolué le lien entre progrès technique et gains de productivité après 1973 ?

La question de la fin de la croissance économique a depuis longtemps fait l’objet d’analyses


diverses de la part des économistes. Après la période de la Grande Modération des années 1990 et
2000, la persistance d’une croissance faible dans de nombreux pays après la Grande Récession de
2009 a remis au premier plan cette question. Bien qu’elle fasse néanmoins l’objet de débats, de
nombreux auteurs estiment aujourd’hui que nous sommes entrés pour longtemps dans une phase
de croissance atone, proche de zéro. Oublié depuis des décennies, le concept de « stagnation
séculaire », introduit par Alvin Hansen dans les années 1930, fait son grand retour, d’abord dans les
analyses de Lawrence Summers dès 2013 avant d’être repris par de nombreux économistes qui
s’interrogent sur les origines du phénomène.
Source : [Link]

[Link]
La stagnation séculaire – Philippe Aghion

Quelles sont les différentes analyses des économistes pour expliquer cette croissance séculaire ?
Quelle est la position de Ph Aghion par rapport à celle de R Gordon ?

15
II) QUEL ROLE POUR LE PROGRES TECHNIQUE, L’INNOVATION ET LES
INSTITUTIONS DANS LA CROISSANCE ?

A) Pourquoi Le PT est-il endogène ?


 Comprendre que le PT est endogène et qu’il résulte en particulier de l’innovation.

Le PT n’est pas « une manne tombée du ciel ». Il est endogène à l’activité économique puisqu’il résulte des décisions
d’investissement des agents économiques dans différentes formes de capital : capital technologique, capital physique, capital
humain et capital public.

Un progrès technique qui a d’abord été considéré comme exogène …


L’économiste américain R Solow (Prix Nobel d’économie en 1987) propose en 1957 un modèle mettant en évidence les
facteurs de la croissance du PIB par tête.
D’inspiration néo-classique, ce modèle de croissance se fonde sur une fonction de production à deux facteurs : le travail et le
capital. La production résulte donc alors exclusivement de la mise en combinaison d’une certaine quantité de travail (la main-
d’œuvre) et de capital physique (les moyens de production). Le modèle de R Solow repose sur une hypothèse centrale : le
capital physique connaît des rendements décroissants. Cela signifie que lorsqu’on augmente la quantité utilisée de capital
physique (et qu’on laisse inchangée la quantité de facteur « travail »), on obtient une quantité supplémentaire de production,
de moins en moins grande. En d’autres termes, un accroissement du facteur « capital » engendre une hausse de la production
moins que proportionnelle (la productivité marginale du capital est décroissante, c’est-à-dire que l’efficacité d’une unité
supplémentaire de capital est inférieure à celle des précédentes. (…) (Autrement dit), pour R Solow, sur le long terme, seul
le progrès technique permet d’obtenir une croissance de la production par tête. R Solow introduit donc dans son modèle, à
côté des facteurs « travail » et « capital » un troisième facteur qui est censé représenter le progrès technique et qui est
assimilé à la productivité globale des facteurs de production.
Le progrès technique est cependant considéré comme un facteur exogène, c’est-à-dire indépendant de l’activité économique.
En effet, le progrès technique est représenté dans le modèle de R Solow comme un stock qui croît à taux constant au cours du
temps. Le progrès technique semble donc « tombé du ciel », il est le fruit du hasard et il reste, de ce fait, totalement
inexpliqué (R Solow ne dit rien sur ses origines).
Progrès technique et innovation- Audrey Reynier, Bréal- Collection Thèmes et débats, 2008.
>> Quel est l’intérêt du modèle de Solow ? Les limites de ce modèle ?

Le progrès technique est au départ considéré comme exogène, c’est-à-dire qu’il est déterminé par
des causes non économiques (le heureux hasard d’une découverte technique par exemple). A partir
des années 1980, de nouvelles théories de la croissance vont au contraire montrer que le progrès
technique est endogène et résulte des innovations permises par les investissements des agents
économiques. L’innovation est au cœur du processus de la croissance économique. Elle correspond
à la mise en œuvre d’inventions dans la sphère productive.
Synthèse : Collège de France. 2024

16
Ne pas confondre : Invention et innovation.
L’invention est quelque chose de nouveau, quasiment au stade du prototype.
L’innovation est la valorisation et la commercialisation de l’invention, c’est-à-dire la diffusion à grande échelle
de l’invention.

Complétez ce schéma mettant en évidence le mécanisme économique qui mène des investissements à la
croissance avec les termes suivants :
Gains de productivité et externalités positives/ Progrès technique/ Innovations/ Productivité
globale des facteurs.

Croissance
INVESTISSEMENT
économique

Document : Le PT tombe-t-il du ciel ?


Le changement technique résulte d’investissements réalisés par des agents économiques motivés par le gain, et
par l’Etat visant au bien-être collectif. Les technologies s’accumulent tout comme les autres formes de capital.

17
Ces investissements sont les dépenses en recherche, en activités innovantes, en formation et aussi en capital
physique dans la mesure où celui-ci est source de savoir supplémentaire (la construction d’une usine nouvelle
engendre un savoir-faire nouveau). La quantité d’investissement de ce type réalisée commande le rythme du
progrès technique. La notion de progrès technique reprise dans la théorie est en fait très large : elle inclut tous les
changements dans les modes et les types de production qui en améliorent l’efficience. (…).
Qu’est-ce-qui différencie la technologie des autres facteurs, notamment le capital physique, qui fait d’elle le
moteur de la croissance ? C’est, selon les théories de la croissance endogène, l’existence d’économies d’échelle
(ou rendements d’échelle croissants) dans la production et l’utilisation des connaissances. La loi des
rendements décroissants ne s’applique pas à la connaissance. Une même connaissance peut être utilisée par un
nombre quelconque d’agents simultanément, contrairement à un élément de capital physique (une machine).
(…). De plus, chaque nouvelle connaissance ouvre la voie à des découvertes ultérieures (« Nous sommes des
nains juchés sur les épaules de géants », selon les mots de Bernard de Chartres au XVII°s). Un processus
persistant, autoentretenu d’accumulation de la connaissance est donc possible, qui entraîne à son tour
l’accumulation des autres facteurs et donc la croissance. (…).
On distingue trois stades dans le processus du changement technique. L’invention est la production de
connaissance nouvelle (on parle de l’invention de la pénicilline) ; l’innovation est un dispositif nouveau,
produit (un nouvel antibiotique) ou procédé (une nouvelle façon de synthétiser des molécules d’un type
nouveau) effectivement vendu ou mis en œuvre, la diffusion consiste en l’adoption de ce dispositif technique à
plus grande échelle, par une large population d’agents. Ces trois phases sont étroitement liées.
Dominique Guellec, « Croissance et innovation », Croissance, emploi et développement. La Découverte, coll
Repères. 2019.
Pourquoi peut-on dire que le progrès technique n’est pas dû au hasard ?
Qu’entend-on par progrès technique endogène ?
Expliquez ce que sont les rendements d’échelle croissants.
Quelles sont les propriétés économiques de la technologie ?
Pourquoi peut-on dire que la croissance est auto-entretenue ?

Document : L’investissement dans les infrastructures.


Dans le système de la liberté naturelle, le souverain a le devoir d’ériger et d’entretenir certains ouvrages publics
et certaines institutions que l’intérêt privé d’un particulier ou de quelques particuliers ne pourrait jamais les
porter à ériger ou à entretenir, parce que jamais le profit n’en rembourserait la dépense à un particulier ou à
quelques particuliers quoiqu’à l’égard d’une grande société ce profit fasse beaucoup plus que rembourser les
dépenses. (…). Ce devoir exige aussi, pour le remplir, des dépenses dont l’étendue varie selon les divers degrés
d’avancement de la société.
Après les travaux et établissements publics nécessaires pour la défense de la société et pour l’administration de
la justice, deux objets dont nous avons parlé, les autres travaux et établissements de ce genre sont principalement
(des infrastructures) propres à faciliter le commerce de la société (…).
Il est évident, sans qu’il soit besoin de preuve, que l’établissement et l’entretien des ouvrages publics qui
facilitent le commerce d’un pays, tels que les grandes routes, les ponts, les canaux navigables, les ports, etc,
exigent nécessairement des degrés de dépense, qui varient selon les les différentes périodes où se trouve la
société. La dépense de la confection et de l’entretien des routes doit évidemment augmenter avec le produit
annuel des terres et du travail du pays, ou avec la quantité et le poids des marchandises et denrées au transport
desquelles ces routes sont destinées.
Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, livre V, 1776.
D’après A Smith, quels sont les trois devoirs du souverain ?
Que signifie le passage souligné ?
Quel passage du texte révèle la présence d’externalités positives dues aux investissements en infrastructures ?

Document : Les sources de la croissance.


Les modèles de croissance endogène sont caractérisés par une grande diversité des sources retenues :
investissement en capital physique, en capital public, en capital humain, en capital technologique. (…).
Le capital physique : L’investissement est une source d’apprentissage par la pratique, et ce savoir ne peut être approprié
par la firme qui le produit ; il se diffuse inévitablement aux autres firmes. L’investissement cause la croissance directement et

18
par ses effets sur le progrès technique. Parmi les formes d’apprentissage, citons : l’amélioration des équipements
en place, les travaux d’ingénieirie (agencement de technologies existantes), l’augmentation de la compétence des
travailleurs.
La technologie : Le progrès technique désigne (donc) une augmentation de la capacité des hommes à maîtriser
la nature, sous la forme d’une plus grande productivité ou de nouveaux produits. (…) Une même technique peut
être utilisée simultanément par un nombre quelconque d’agents (cette propriété a pour nom la « non rivalité »
dans la théorie des biens publics). Cela explique la capacité singulière de ce facteur à engendrer des externalités.
Capital humain : Le capital humain désigne le stock de connaissances valorisables économiquement et
incorporées aux individus. Ce sont non seulement les qualifications, mais aussi (et dans le cas de pays en voie de
développement surtout) l’état de santé, la nutrition, l’hygiène.
Le capital public : Le capital public est constitué de l’ensemble des infrastructures possédées par les
collectivités publiques : transports, télécommunications…. Il est clair que la croissance du secteur privé requiert
l’existence d’infrastructures.
Dominique Guellec, Pierre Ralle- Les nouvelles théories de la croissance- Collection Repères La Découverte,
septembre 2003.

 RECOPIEZ ET COMPLETEZ LE TABLEAU :

INVESTISSEMENT DEFINITION Rendement Externalité positive Comment l’Etat


privé limité de (rendement social incite-t-il à réaliser
l’investissemen de ces investissements ?
t l’investissement).
Capital Humain
Capital technologique
Capital public /
Infrastructures
Capital physique

Complétez le schéma :

… ont ……………………………………… …………………. …… alors que toute la société a


………………. .............................
………… ……limité pour les acteurs besoin de ces investissements
Ces investissements … privés qui les réalisent… créateurs de richesses.

…… donc l’Etat ……………….ces


investissements ou les
………………… et les encourage.

>>>> SYNTHESE :

19
Le progrès technique n’est pas une « …………………………………………… »,. Il est volontairement
produit à travers certains ……………………………………., eux-mêmes générateurs
………………………………….. qui profitent à toute la ……………………………….. Mais ces
investissements (en capital …………………, en recherche-dévollement, en capital
Physique, en …………………………………… ) ont un ……………………………………….. faible pour
l’entreprise qui investit, alors que leur ………………………………………, pour toute la société est très
élevé du fait des ………………………………
……………………….. L’Etat doit donc …………………………………ces différents investissements. Par
exemple, les politiques d’éducation notamment qui conditionnent la ……………………… de la main
d’œuvre, donc sa capacité à …………………………………… et utiliser les technologies nouvelles.
On parle alors d’une …………………………………………………………………, c’est-à-dire auto-
entretenue : les investissements génèrent du progrès technique et des
……………………………………………………, qui permettent de la croissance, elle-même fournissant les
moyens d’investir à nouveau.

ETUDE DE DOCUMENT :

1-A l’aide des données du document, comparez les dépenses de Ret D des entreprises en
France et dans l’UE en 1991 et en 2021.
2-A l’aide du document et de vos connaissances, montrez le caractère endogène du
progrès technique.

20
B) Pourquoi l’innovation s’accompagne-t-elle d’un processus de destruction
créatrice ?

 Savoir que l’innovation s’accompagne d’un processus de destruction créatrice

L’innovation est à l’origine d’un processus de destruction créatrice qui remodèle le tissu productif
en faisant émerger de nouvelles activités économiques qui rendent obsolètes les plus anciennes.

>> Les institutions qui permettent de protéger les acteurs économiques ont un rôle à jouer
notamment parce que l’innovation est liée à un processus de destruction créatrice. Les nouvelles
innovations rendent les anciennes obsolètes, elles détruisent d’anciennes activités moins rentables
et en créent de nouvelles plus performantes.
Destruction créatrice :
Notion mise en évidence par J.A. Schumpeter : l’innovation « révolutionne incessamment de
l’intérieur la structure économique, en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant
continuellement des éléments neufs». Collège de France- Synthèse 2024.

Document : Schumpeter et le processus de destruction créatrice : L’innovation,


moteur du capitalisme
(C’est) l’un des enseignements majeurs des travaux de Joseph Aloïs Schumpeter (1883-1950) dont les
enseignements sont toujours éclairants pour comprendre les cycles et les crises économiques, pas forcément pour
orienter les politiques.

21
L’économiste autrichien naturalisé américain propose en effet une interprétation originale des cycles de la
croissance économique, notamment les cycles longs identifiés par l’économiste russe Kondratiev. Ce dernier a
mis en évidence une dynamique de la croissance économique selon des phases de 40 à 60 ans. Dans les
années 1930, Schumpeter reliera ces fluctuations à l’apparition d’innovations majeures, dites de rupture au sens
où elles modifient profondément les structures de l’économie. À la phase ascendante du cycle économique (la
phase de croissance), correspond la période de diffusion des nouvelles innovations grâce au financement à crédit.
Alimentée par le développement du crédit, la croissance économique est assurée car la demande – et donc la
production – pour ce type de biens, est forte. Progressivement, la demande baisse parce que les agents sont
équipés et que la concurrence entre les entreprises s’accentue. C’est ainsi que le cycle se retourne et que
l’économie entre en récession.
Si le phénomène est cyclique, c’est que ces périodes de ralentissement de la croissance sont celles où une
nouvelle vague d’innovations se prépare. Ainsi, au cycle correspondant à l’apparition des engins à vapeur, du fer
et du coton a succédé le cycle ouvert par les trains et les rails puis celui associé à l’électricité et à l’automobile.
Le passage d’un cycle à l’autre se fait par processus de destruction créatrice, car l’innovation à la source d’un
cycle est nécessairement une innovation de rupture.
Comprendre la « destruction créatrice »
Lors de la phase de croissance, le système productif entre dans un cycle de création d’activités. Elles sont
d’abord supérieures aux destructions que l’on observe dans les secteurs devenus obsolescents du fait des
innovations. Dans la phase de récession, en revanche, les faillites d’entreprises sont plus nombreuses que les
créations. Des emplois sont ainsi détruits. Si l’entrée dans un nouveau cycle va bien générer de nouvelles
activités et de nouveaux emplois, il faut être extrêmement vigilant car les compétences requises pour occuper ces
emplois seront bien différentes.
Avec l’introduction des innovations, certaines entreprises (les leaders) bénéficient d’un pouvoir de marché
temporaire. Ce pouvoir s’affaiblit au rythme du durcissement de la concurrence (par l’entrée sur le marché des
« suiveurs »). La destruction créatrice permet ainsi d’expliquer la transition d’un marché de monopole (le
temps que les innovations soient « copiées ») à un système concurrentiel. Et inversement, d’un système
concurrentiel à une situation de monopole, par l’apparition d’une nouvelle vague d’innovations.
L’innovation est le fait des entreprises. L’entrepreneur est la figure clef du processus car il incarne le « pari » de
l’innovation. C’est parce qu’il prend ce pari que profit – et monopole – se justifient. Le profit est la rémunération
de l’initiative dans un contexte d’incertitude. Généré par l’innovation, il agit alors comme une incitation à
prendre des risques et peut être réinvesti (et le monopole devenir durable par l’introduction de nouvelles
innovations) ou pas (et le monopole n’est alors que temporaire).
Un processus essentiel
La destruction créatrice est, pour Schumpeter, essentielle à la dynamique du capitalisme car elle est le processus
par lequel un nouveau modèle, porté par les innovations, se substitue au précédent. La Ford T, par exemple, est
doublement une innovation parce qu’elle porte deux transformations importantes. Premièrement, elle transforme
en profondeur le statut même de l’automobile qui devient un produit de consommation de masse.
Deuxièmement, elle modifie en profondeur les conditions de production par l’introduction du travail à la chaîne
qui ouvrira la voie à la production de masse et se diffusera dans bien d’autres secteurs de l’économie.
Les mutations économiques sont d’autant plus profondes et la phase de croissance est d’autant plus longue
(plusieurs décennies) qu’une innovation n’arrive jamais seule mais par « grappes ». Que serait en effet
l’ordinateur sans les logiciels, les périphériques ou les usages associés à la numérisation des activités
économiques ? Après une innovation de rupture, d’autres innovations apparaissent, portées par la découverte
initiale. Elles sont elles-mêmes porteuses de bouleversements, de création puis de destruction d’activités, même
si ces bouleversements sont parfois moins visibles. (…).
Marie Coris, « Destruction crétrice », pour en finir avec les contresens. The conversation. Com. 12 juin
2019.
[Link]
Marie Coris Enseignant-chercheur économie de l’innovation, laboratoire GREThA, Université de
Bordeaux
Pourquoi le progrès technique, selon Schumpeter, est-il à l’origine d’un processus de destruction créatrice ?
Pourquoi peut-on dire que la destruction créatrice est cyclique ?
Illustrez l’apparition par grappes d’innovations.
Expliquez la phrase soulignée.
Montrez que la destruction créatrice d’innovations a des effets dans d’autres domaines.

En complément :

22
Source : INSEE,
2023.

La destruction créatrice : un processus nécessaire mais douloureux.


La notion la plus riche de conséquences pour la politique économique est celle de destruction créatrice qui
signifie qu’il faut se garder de protéger les industries en déclin, mais au contraire, favoriser le renouvellement
des activités, qui est facteur d’innovation et de croissance. Une telle politique est difficile à mettre en œuvre car
elle suppose de faire confiance au mécanisme d’ajustement par lequel les salariés licenciés par les industries en
déclin vont retrouver un emploi dans les industries nouvelles. En pratique, en Europe continentale, la mobilité
limitée de la main-d’œuvre (géographiquement et entre secteurs) rend très douloureux ce type d’ajustement. En
outre, même quand elles se produisent, les réallocations de main d’œuvre s’accompagnent généralement de
pertes de salaire substantielles. Enfin, la destruction d’emploi est immédiate alors que la création ne se
matérialise que lentement, ce qui rend l’ajustement douloureux et politiquement difficile à accepter.
Agnès Benassy-Quéré, Benoît Coeuré, Pierre Jacquet, Jean Pisani-Ferry, Politique économique, De Boeck, 2017.
Pourquoi les auteurs considèrent-ils qu’il ne faut pas protéger les industries en déclin ?
Pourquoi la destruction créatrice est-elle qualifiée de phénomène douloureux ?
Quelles sont les politiques publiques à mettre en œuvre pour accompagner le processus de destruction
créatrice ?

Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire :


A l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire (Documents 1,2 et 3), vous
montrerez que le progrès technique a des effets contradictoires sur l’activité économique.

23
C) Comment les institutions influent-elles sur la croissance ?
La croissance économique est stimulée lorsque les institutions créent un cadre incitant les agents
économiques à investir et innover.

 Comprendre comment les institutions (notamment les droits de propriété)


influent sur la croissance en affectant l’incitation à investir et innover.

Institutions : Ensemble des règles formelles et informelles qui encadrent les interactions humaines.
En agissant sur les incitations, elles orientent les décisions économiques à l’origine de la croissance.
Douglas North : les institutions sont un ensemble de règles, formelles et informelles, et de contraintes, qui encadrent les
interactions humaines et les transactions.
Droits de propriété : Ensemble de normes juridiques qui permettent de déterminer qui a le droit d’utiliser un bien, d’en
recueillir les fruits (récolte, loyer, revenus) et d’en disposer comme il le souhaite (le modifier, le vendre, le donner, le
détruire).

(Nous l’avons vu,) le progrès technique est l’une des sources de la croissance. Il provient des
investissements qui sont à l’origine des innovations. (Nous avons aussi vu que) le choix d’innover
provient d’une espérance de profit, liée à l’innovation. En effet, lorsqu’une entreprise est la
première à proposer une innovation, elle a une longueur d’avance sur les autres et se trouve en
situation de monopole temporaire ce qui lui permet de dégager un profit temporaire plus élevé.
Celui-ci durera le temps pour les concurrents d’imiter l’innovation et de disputer les parts de
marché à l’innovateur.
Dans un pays où il y a une forte inflation, dans une région où il y a des mafias qui rackettent les
marchands et les producteurs, la décision d’investir sera plus risquée que dans un territoire où les
prix sont stables et le respect des lois démocratiques est assuré. Les institutions jouent donc un
rôle non négligeable sur la croissance. Une institution représente un ensemble de règles qui
peuvent être formelles (le droit) et informelles (les usages), relativement stables dans le temps et
qui fixent le cadre au sein duquel interagissent les agents économiques. La nature des institutions
peut favoriser, ou au contraire, freiner le niveau de croissance d’une économie, car elles affectent
le comportement des individus et des organisations.
Synthèse – Collège de France-2024
A partir de ce texte, faites un schéma illustrant les différentes sources de croissance.

Institutions et croissance :
Une façon pour les décideurs politiques de stimuler la croissance économique consiste à protéger les droits de
propriété et à promouvoir la stabilité politique (…). Les droits de propriété font référence à la capacité qu’ont
les individus d’exercer une autorité sur les ressources qu’ils possèdent. Une compagnie minière ne fera pas
l’effort d’extraire du fer si elle sait que ce minerai sera volé. Elle ne le fera que si elle est sûre de pouvoir retirer
un bénéfice des ventes de fer à venir. Pour cette raison, les tribunaux jouent un rôle important dans l’économie :
ils garantissent les droits de propriété. Le vol est puni par les tribunaux et le respect des termes des contrats entre
acheteurs et vendeurs est garanti par les tribunaux civils (…).
Dans de nombreux pays, la justice ne fonctionne pas bien. Les contrats sont difficiles à exécuter et la fraude
reste souvent impunie. Dans des cas extrêmes, non seulement le gouvernement ne réussit pas à faire respecter les
termes des contrats, mais en plus, il lui arrive même de les enfreindre. Pour faire vivre leur entreprise dans
certains pays, des entrepreneurs sont parfois obligés de corrompre des membres influents du gouvernement en
place et la corruption constitue une entrave de coordination des mécanismes de marché. Elle décourage aussi
l’épargne nationale et l’investissement en provenance de l’étranger.
Grégory N Mankiw et Mark P Taylor (économistes), Principes de l’économie, 6° édition, De Boeck, 2022.

Montrez qu’un brevet ou une marque est un droit de propriété intellectuelle.


Quelles sont les institutions nécessaires au respect des droits de proprité ?
A quoi correspond la corruption ?
Pourquoi la corruption entrave-t-elle la coordination des mécanismes de marché ?

24
Activité :

25
Nobel 2024: quand l’économie rencontre l’histoire et la politique
 Thierry Verdier 31 octobre 2024
Thierry Verdier Professeur d'économie, chaire associée à l'École d'économie de Paris,
École des Ponts ParisTech (ENPC).
En 2022, selon la Banque Mondiale, le revenu par habitant du Danemark est de 74000 dollars (en termes de
parité de pouvoir d’achat) alors que celui de la Sierra Leone s’établit à 1900 dollars. Comment expliquer de
telles différences de revenu entre les nations ? Comment aussi expliquer que même lorsque les pays les plus
pauvres tendent à s’enrichir, ils ne rattrapent pas les plus prospères ?
Le 14 octobre, le prix Nobel d’économie, remis par la Banque de Suède, a été décerné à Daron Acemoglu,
Simon Johnson et James A. Robinson, pour leurs travaux sur ces questions fondamentales pour la discipline
économique. Leurs apports, à la fois théoriques et empiriques, mettent en lumière qu’une explication importante
est liée à la relation centrale entre institutions (droits de propriété, système juridique, systèmes politiques,
gouvernance publique, etc.) et prospérité. (…).
Dans deux articles fondateurs, Acemoglu, Johnson et Robinson (2001, 2002) ont significativement amélioré
l’étude de l’impact des institutions sur la prospérité en utilisant une approche basée sur la conception – quasi-
expérimentale – de l’expérience historique du colonialisme européen comme « expérience naturelle. Leur point
de départ est le fait que les institutions établies à l’époque coloniale, ont influencé les institutions observées
aujourd’hui et que ceci peut permettre de comprendre l’impact des institutions sur le développement
économique.
Plus précisément, ils regardent la nature des systèmes politiques et économiques que les colonisateurs ont
introduits, ou ont choisi de conserver, à partir du XVIe siècle dans le monde colonisé. Ils avancent l’idée que ce
type d’institutions dépend du nombre de colons européens établis dans la colonie. Lorsque l’environnement a été
plus hostile, soit du fait d’une population indigène plus dense et résistante à l’envahisseur, soit du fait de la
prévalence de maladies mortelles et dangereuses, les colonisateurs ont été de fait moins nombreux. Ils ont alors
mis en place des institutions dites « extractives » pour exploiter les masses au profit d’une élite locale, instituant
des droits politiques extrêmement limités. Ceci a été néfaste à la croissance à long terme. En revanche, les
colonies comptant de nombreux colonisateurs – les colonies dites de peuplement – ont développé des institutions
économiques « inclusives » qui ont incité les colons à travailler et à investir dans leur nouvelle patrie. Cela a
conduit en retour à des revendications de droits politiques qui leur ont donné une part des bénéfices. Ces

26
institutions établissant les libertés économiques fondamentales et l’État de droit ont eu des effets positifs sur le
développement économique. (…).
Source : [Link]
Pourquoi la protection de la propriété privée est-elle indispensable pour inciter les agents économiques à
investir et innover ?
Qu’est-ce-qu’une institution inclusive ? Une institution extractive ? A l’aide de l’exemple du travail des
enfants, expliquez pourquoi les institutions inclusives favorisent la croissance alors que les institutions
extractives l’entravent.

BILAN :

Mobilisation des connaissances :


Comment les brevets peuvent-ils favoriser la croissance ?

27
II) QUELS SONT LES DEFIS DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE ?

-Comprendre comment le progrès technique peut engendrer des inégalités de revenus.


- Comprendre qu’une croissance économique soutenable se heurte à des limites écologiques
(notamment l’épuisement des ressources, la pollution et le réchauffement climatique) et que
l’innovation peut aider à reculer ces limites.

A) Comment le PT engendre-t-il des inégalités de revenus ?


 Objectif : Comprendre comment le progrès technique peut engendrer des inégalités
de revenus.

La croissance économique générée en partie par le progrès technique conduit globalement à


l’amélioration des niveaux de vie des individus (hausse du PIB/habitant). Cependant, la croissance
ne profite pas à tout le monde de la même manière. Depuis les années 1980, la croissance s’est
accompagnée dans de nombreux pays développés d’une augmentation des inégalités de. Les
inégalités de revenus correspondent à une inégale distribution des revenus avant
redistribution ou après redistribution (revenu disponible).

Le progrès technique peut être à l’origine des inégalités de revenus à travers


notamment la création de rentes de monopole liées à l’innovation, la déformation de la
structure des emplois et la polarisation des emplois ou enfin des inégalités
géographiques.

Tout d’abord, le progrès technique accroît les inégalités de revenus en créant des rentes de
monopole.

Le progrès technique a également contribué à l’accroissement des inégalités de revenus


en déformant la structure des emplois :
 Inégalités de revenus et polarisation de l’emploi.
Le progrès technique peut être une menace pour les emplois, du fait de la substitution entre capital et travail
qu’il entraîne. Il est souvent biaisé en faveur du travail qualifié.

28
Avec le développement de la robotisation et de l’intelligence artificielle, les tâches les plus routinières
deviennent substituables, notamment parmi les actifs peu qualifiés ou appartenant aux professions
intermédiaires. Les actifs qualifiés gagnent eux en productivité du fait de leur complémentarité avec le capital
technologique. Cela se traduit par une polarisation du marché du travail.

A SAVOIR :
La polarisation des emplois renvoie à l’accroissement simultané de la part des métiers les plus qualifiés et de
celle des moins qualifiés (non routiniers), induisant une baisse de la proportion des effectifs en emploi au milieu
de l’échelle des qualifications- emplois intermédiaires routiniers-(numériquement les plus nombreux). Le
progrès technique biaisé reflète le fait que le changement technologique favorise l’embauche d’actifs qualifiés
et conduit à des réductions d’emploi dans les secteurs en déclin. Il se traduit par une hausse du chômage des
moins qualifiés ou par une baisse de leur salaire relatif par rapport aux travailleurs qualifiés.

Progrès technique biaisé : le progrès technique source d’inégalités de revenus ?


Toute activité de production nécessite d’effectuer un ensemble bien défini de tâches, par exemple de déplacer un objet, de
faire un calcul ou de transmettre de l’information. Une tâche peut être réalisée par un travailleur ou par une machine. Les
travailleurs et les machines sont plus ou moins capables et efficaces selon les tâches. Les ordinateurs fonctionnent en suivant
des procédures et des règles explicites préalablement programmées. Ils se révèlent extrêmement doués pour effectuer des
tâches dites « routinières », faciles à décomposer et à codifier par une série d’actions clairement définies qui prévoient le
comportement de l’ordinateur dans l’ensemble des situations qu’il peut rencontrer.
Avec l’augmentation des capacités, les tâches routinières que les ordinateurs effectuent sont de plus en plus complexes. Les
ordinateurs sont notamment très efficaces pour traiter de manière habituelle l’information. Un ordinateur peut établir des
feuilles de paye, stocker et retrouver des données relatives aux employés, suggérer des achats lorsque l’on navigue sur
Internet ou encore distribuer de l’argent. Cela a permis aux ordinateurs de remplacer le travail humain élémentaire et répétitif
qui caractérisait de nombreux emplois intermédiaires. Les employés de bureau, les opérateurs ou les employés de production,
qui effectuaient de telles tâches auparavant, ont été les plus touchés par l’informatisation.
Les ordinateurs ne peuvent cependant pas tout faire (du moins pour l’instant). Ils ont des capacités limitées à mener à bien
les tâches qu’il est difficile de décomposer en actions élémentaires. On distingue deux grandes catégories de tâches . Tout
d’abord, celles dites « manuelles non routinières » qui consistent à répéter des actions manuelles, éventuellement simples,
mais dans des contextes qui réclament de la flexibilité, des capacités de reconnaissance visuelle ou des interactions
interpersonnelles que les ordinateurs sont encore impuissants à effectuer. De telles tâches sont fréquentes dans le secteur des
services non qualifiés : c’est par exemple le cas d’un serveur dans la restauration, d’un employé d’une entreprise de nettoyage
ou d’aides-soignants. Ces emplois manuels ne requièrent pas un niveau élevé d’études et ils sont faiblement rémunérés. Les
ordinateurs ne pouvant y remplacer le travail, ces emplois sont préservés de la destruction, mais ils ne bénéficient pas des
gains de productivité liés aux nouvelles technologies.
Les ordinateurs sont encore impuissants à accomplir un second type de tâches, celles qui mobilisent des capacités cognitives
avancées et qui consistent à résoudre des problèmes complexes en faisant preuve de créativité. Ces tâches sont qualifiées
d’ « abstraites » (parfois aussi de « cognitives non routinières »). Les problèmes à traiter dans les tâches abstraites ne peuvent
être anticipés ou décomposés en une série d’actes élémentaires. Ces tâches ne peuvent donc pas être facilement programmées
sur des ordinateurs. Elles caractérisent les emplois qui requièrent de l’intuition, de la persuasion, de la capacité analytique et
un haut niveau d’expertise. Ce sont par exemple, les emplois d’analyste financier, de statisticien, de programmeur, de juriste,
d’ingénieur, d’employé dans la recherche et le design par exemple.
Les grands gagnants du progrès technique sont ceux qui effectuent ces tâches abstraites dans leur travail. Non seulement les
ordinateurs ne peuvent les remplacer, mais ils les rendent plus productifs. L’informatique est, en effet, clairement
complémentaire et utile à ces activités. Internet augmente la quantité d’information disponible et diminue le temps passé à la
rechercher. Il facilite la spécialisation des connaissances et permet de se concentrer sur les tâches d’analyse. Les ordinateurs
sont aussi des outils puissants pour mener à bien des calculs ou pour réaliser des estimations permettant d’aider à la prise de
décision. La création des messageries électroniques a également révolutionné les modes de communication.
Grégory Verdego, « Les nouvelles inégalités du travail », Presses de Sciences Po, 2017,pp 33-48.

-Par un schéma, Montrez que le progrès technique est biaisé en faveur des hautes qualifications.
-Recopiez et complétez le tableau

29
Type de tâches Exemples Niveau initial Progrès Effet du grogrès
d’emplois de technique technique sur
rémunération substituable ou l’emploi et les
complémentaire salaires
à ces tâches ?
Peu qualifiés non
routinières

Tâches peu ou
moyennement
qualifiées routinières
Abstraites, très
qualifiées non
routinières

Par un schéma, expliquez comment le progrès technique peut générer des inégalités de revenus entre travailleurs selon la
nature de leurs emplois et niveau de qualification. ( Synthétisez l’analyse)

Faites un paragraphe de synthèse.

Document : Quels travailleurs au service de l’intelligence artificielle ?


Les modèles de l’intelligence artificielle sont loin d’être des technologies autonomes. Leur développement
demande de nombreux travailleurs. Certains, derrière les algorithmes eux-mêmes, sortent des meilleurs écoles et
laboratoires de recherche. D’autres, ceux de « l’industrie du clic », réalisent des tâches parfois éprouvantes, mais
indispensablres au bon fonctionnement des algorithmes. OpenAI, l’entreprise derrière l’agent conversationnel
ChatGPT, en a besoin. Elle a eu recours à des travailleurs kényans rémunérés moins de 2 dollars par heure pour
rendre son logiciel moins toxique, en le purgeant des contenus haineux, racistes et violents. Le modèle d’IA
dérrière ChatGPT est entraîné sur de très grandes bases de données collectées sur Internet. Cela constitue sa
force, puisqu’il peut converser sur de très nombreux sujets et sa faiblesse, puisque le web regorge de contenus
toxiques. Un algorithme, qui peut être intégré à ChatGPT lui-même ou être utilisé pour nettoyer les bases de
données, est chargé de détecter ces contenus. Problème : pour fonctionner, celui-ci doit lui-même être… entraîné
à détecter les contenus violents. C’est là qu’interviennent les petites mains de la tech. Pour étiqueter ces
contenus, OpenAI a signé un contrat avec Sama, une entreprise californienne employant des personnes au
Kenya, en Ouganda et en Inde. Certaines d’entre elles témoignent avoir été confrontées à toutes sortes de
contenus sordides (…). La discrétion autour de ces travailleurs, pourtant indispensables, contribue à renforcer
l’efficacité d’une technologie qui n’a d’artificielle que le nom.
Léna Corot (journaliste), « L’éprouvant travail des petites mains de ChatGPT », l’usine nouvelle, 16 avril
2023.
Montrez que l’intelligence artificielle est une technologie qui « n’a d’artificielle que le nom ».
Quelles sont les caractéristiques des emplois créés par l’intelligence artificielle ?
Comment le développement de l’Intelligence artificielle peut-il contribuer aux inégalités de revenus ?

Par ailleurs, le progrès technique n’est pas présent de manière identique dans les
différents pays et au sein d’un même pays, entre les différentes régions.

Document : La future Silicon Valley française


Cluster Paris-Saclay
Projet phare du Grand Paris, le cluster Paris-Saclay est un moteur pour le renouveau de l’industrie française et
européenne. Inspiré par le succès de la Silicon Valley, l'ambitieux projet de cluster scientifique et technologique
en cours de constitution sur le plateau de Saclay comporte trois grands volets.
 Un volet scientifique, avec la constitution de l'université Paris-Saclay (1er janvier 2020) : 14
établissements d’enseignement supérieur et organismes de recherche et 280 laboratoires. Son ambition :
figurer dans le top 20 des universités mondiales intensives en recherche. Le campus Paris-Saclay

30
accueille également l’Institut Polytechnique de Paris, regroupement de l’École polytechnique, l’ENSTA
ParisTech, l’ENSAE ParisTech, Télécom ParisTech et Télécom SudParis ;
 Un volet économique, qui repose sur l'implantation des centres de R et D des grandes entreprises, la
création d'un écosystème favorable aux jeunes entreprises innovantes et aux start-up et la valorisation
commerciale des avancées scientifiques et technologiques réalisées sur le plateau ;
 Un volet aménagement du territoire, centré sur la réalisation d'un grand campus urbain, moderne et
attractif, mixant logement étudiant et résidentiel ainsi que lieux de vie, services et espaces publics.
La concentration de grands groupes et de PME innovantes associés à un pôle universitaire d’envergure mondiale,
font, du cluster Paris-Saclay, l'un des 8 pôles d’innovation les plus importants au monde¹.
Paris-Saclay regroupe déjà 15% de la recherche publique et privée française.
1 : Classement effectué par la Technology Review publiée par le Massachussets Institute of Technology (MIT)
Qu'est-ce qu'un cluster ?
Les clusters ont pour vocation de permettre la valorisation économique et commerciale des efforts de recherche
publique et privée engagés sur un territoire grâce à l'action conjointe d'une multiplicité d'acteurs : organismes de
recherche publique, universités, investisseurs, grands groupes industriels donneurs d'ordres, petites et moyennes
entreprises (PME), start-up, etc.
Source : [Link]
Pourquoi peut-on dire que le site de Paris-Saclay est « la future Silicon Valley française »?
Pourquoi les entreprises sont-elles incitées à installer leurs activités de recherche-développement sur ce site ?
Comment devraient évoluer les activités économiques dans cette future Silicon Valley française ?
Comment risquent d’évoluer les inégalités économiques entre les différentes régions en France ?

Document : La polarisation des activités économiques a des explications diverses.


Le développement des rendements croissants dans l’industrie entraîne un processus de causalité circulaire entre
taille du marché et localisation. Les firmes sont attirées par des lieux où les consommateurs sont nombreux
(taille du marché), et les consommateurs, eux-mêmes travailleurs, sont attirés par les lieux où les firmes sont
nombreuses (plus grande variété des biens disponibles). Une telle causalité résulte d’externalités pécuniaires,
signifiant que chaque firme tire profit de la localisation d’autres firmes à proximité, en raison d’effets
directement liés à la taille du marché (…).
La demande étant dispersée et exogène, l’agglomération ne provient plus (uniquement) de la densification
progressive d’une aire de marché pour les produits. Elle provient à l’inverse de la possibilité pour les firmes, du
fait de la baisse des coûts de transport, de desserrer la contrainte de proximité des consommateurs et fournir
indifféremment l’ensemble des régions tout en bénéficiant de la concentration industrielle pour améliorer leur
productivité. Néanmoins, ce bénéfice de la proximité doit être mis en balance avec les pertes que peuvent subir
les firmes du fait d’une concurrence par les prix, effets qu’elles vont progressivement atténuer par une stratégie
de différenciation des produits.
Jérôme Vicente, Economie des clusters, La Découverte, coll Repères, 2016.
Quelles externalités la concentration des entreprises sur un même espace géographique procure-t-elle ?
Quelles pertes les entreprises peuvent-elles subir en étant proches géopgraphiquement ?
Quel rôle jouent les coûts de transport dans la polarisation des activités sur un même espace ?
Quel est l’effet de la polarisation des activités sur les inégalités territoriales ?

Le progrès technique n’est pas présent de manière identique dans les différents pays et au sein
d’un même pays, entre les différentes régions. Pour ce dernier cas, on peut prendre l’exemple des
Etats-Unis avec la Silicon Valley par rapport à d’autres régions des Etats-Unis ou la ville de
Bangalore (pôle urbanisé et moderne) en comparaison d’autres zones géographiques de l’Inde
délaissées par les nouvelles technologies. Cette présence inégale du progrès technique sur le plan
géographique engendre des inégalités de revenus entre territoires au sein d’un même pays mais
aussi entre les Etats.
Synthèse Collège de France- 2024

>> La hausse des inégalités de revenus n’est pas uniquement liée au progrès technique. D’autres
raisons permettent de l’expliquer. Toutefois, le progrès technique étant une source indéniable de la

31
croissance économique, il est du ressort des pouvoirs publics d’intervenir pour limiter les inégalités
perçues comme injustes.

Synthèse :

>> Document : L’impact des mutations du marché du travail sur les écarts de revenu.

1°) Présentez les données concernant les ouvriers non qualifiés des industries de process (ONQ) et des
dirigeants d’entreprises.
2°) Quels types d’emplois peu qualifiés apparaissent les plus touchés par les mutations économiques (progrès
technique et ouverture internationale) ? Lesquels résistent mieux et pourquoi ?
3°) Comment expliquer les écarts de salaire moyen entre les aides à domicile et les cadres des services
comptables et financiers dont la part progresse autant dans la population active ?

BILAN :

MOBILISATION DES CONNAISSANCES :


Montrez que le progrès technique peut engendrer des inégalités de revenus.

32
33
B) Quelles sont les Limites écologiques de la croissance ?

Comprendre qu’une croissance économique soutenable se heurte à des limites


écologiques (notamment l’épuisement des ressources, la pollution et le réchauffement
climatique) et que l’innovation peut aider à reculer ces limites.

>> La croissance économique se heurte à des limites écologiques comme la pollution,


l’épuisement des ressources naturelles ou le réchauffement climatique qui remettent en
cause sa soutenabilité.

RAPPEL>>> La croissance économique désigne l’augmentation soutenue et durable de la production de biens et services
réalisée par les agents économiques sur un territoire.
La soutenabilité de la croissance désigne une croissance économique capable de répondre aux besoins des générations
présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs/ à leurs propres besoins.

Document 1 : La pollution comme externalité négative.


(Le problème de la pollution) provient de la sous-estimation des coûts impliqués par les décisions des acteurs concernés. Ces
décisions (produire, donc polluer, prendre ou non sa voiture pour un déplacement…) sont en effet prises sur la base de coûts
directement supportés par le décideur, sans tenir compte de ceux qu’il fait subir à la société dans son ensemble (produire en
polluant moins coûte plus cher au producteur, prendre sa voiture peut entraîner des pertes de temps pour tous ceux qui
prennent cette décision à cause des bouchons que cela engendre…). Ainsi, une étude réalisée ( …) pour la RATP montre que
le coût ressenti par l’automobiliste est très inférieur au coût effectivement supporté par la collectivité. Un déplacement en
voiture pour le loisir, de la deuxième couronne à Paris (46 km), représente un coût pour la collectivité de 16 euros alors que le
coût ressenti par l’usager n’est que de 5 euros.
Philippe Bontems, Gilles Rotillon, L’Economie de l’environnement. La Découverte, 2013.
-Qu’est-ce qu’une externalité négative de pollution ?
-Expliquez en quoi la pollution aux particules fines consitue une externalité négative de pollution.
-Analysez les effets de la pollution aux particules fines sur les travailleurs et déduisez-en les effets sur la croissance
économique future.

Document 2 : Croissance économique et dommages écologiques :


On peut inscrire la domination humaine sur la planète dans une autre perspective historique (…). L’avènement
du « PIBocène », l’ère de la croissance économique globale, qui s’ouvre le 1er juillet 1944 au moment de
l’inauguration de la conférence de Bretton Woods (New Hampshire, Etats-Unis). Si cet évènement est fondateur,
c’est qu’il consacre le produit intérieur brut (PIB) comme mesure du développement des nations, va conduire de
ce fait à son adoption comme indicateur de référence par la totalité des pays de la planète jusqu’à aujourd’hui et
ainsi induire les destructions environnementales sans précédent dont rendent effectivement compte les courbes
de la grande Accélération (1).
En 1944, le PIB mondial était de 8 000 milliards de dollars (le double de ce qu’il était en 1900). Il a atteint
30 000 milliards en 1975, passant à 60 000 milliards en l’an 2000 et dépassant les 100 000 millards en 2015. A
chaque seuil franchi, les dommages écologiques ont explosé. Les atteintes à la biosphère sont négligeables avant
1944 quand on les compare à celles qui se produisent après, à commencer par les émissions de GES, la
destruction des espèces non humaines et le saccage à grand échelle des écosystèmes planétaires (mers et océans,
forêts tropicales, sols et sous-sols,ect.). Pour ne prendre que cet exemple, les émissions cumulées de CO2
s’élevaient à 200 milliards de tonne avant 1944 et sont de 1300 milliards aujourd’hui.
Eloi Laurent (économiste), Economie pour le XXI°S – Manuel des transitions justes, La Découverte, 2023.
1-Désigne la période, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, qui se caractérise par une forte accélération
des émissions de CO2, des bouleversements économiques et une altération profonde des écosystèmes.
2-GES : Gaz à effet de Serre.
>> Par un calcul approprié, mesurez la variation du PIB mondial entre 1944 et 2015, puis celle des émissions
cumulées de CO2 entre 1944 et aujourd’hui. Formulez des phrases avec les résultats obtenus.
>> Quel lien pouvez-vous établir entre concentration atmosphérique de CO2 et croissance économique.
>> Montrez que les activités humaines génèrent des externalités négatives.

34
Document 3 : Le réchauffement climatique : une limite de la croissance.

>>> Le progrès technique pour une croissance durable ?


Les innovations peuvent aider à faire reculer les limites écologiques de la croissance. Mais de plus
en plus d’analystes soulignent que les technologies vertes ne suffiront pas à faire face aux limites
éc ologiques de la croissance.

Document 4 : Qu’est-ce-qu’une croissance soutenable ?


L’opposition entre modèle de « soutenabilité faible » et modèle de « soutenabilité forte » structure le débat
économique depuis la fin des années 1980. (…). La durabilité (1) s’analyse en termes de ressources, qualifiées
aussi de « capital ». Ce capital peut être soit naturel ( les ressources naturelles, renouvelables ou non
renouvelables), soit construit : capital physique, capital financier, capital humain, capital social.
La durabilité est dite forte quand on considère que le capital naturel doit être maintenu en état. Ses partisans
estiment que les activités humaines doivent être limitées pour préserver la planète (…). Le capital construit et le
capital naturel sont complémentaires. Le progrès technique n’a qu’un impact limité sur le capital naturel. (…).
La durabilité est dite faible lorsque la somme du capital naturel et du capital construit est maintenue constante,
c’est-à-dire que l’on peut substituer du capital construit à du capital naturel. La diminution de capital naturel due
à la production et à la pollution doit être compensée par une augmentation proportionnelle de capîtal créé par
l’homme afin de garder à la disposition des générations futures un stock de capital au moins équivalent au stock
actuel, et par là-même garantir leur bien-être.
Sous la direction de Pierre-André Corpon (professeur de SES), Economie, Sociologie et Histoire du monde
contemporain, Bréal- 2022.
La nature envisagée comme un capital : Le capital naturel regroupe l’ensemble des ressources naturelles,
renouvelables ou non, utiles aux humains. Ce capital n’est pas « produit » ou «construit », au contraire des
capitaux physique, financier, humain et social qui sont issus de l’activité humaine.
>> Quelles sont les caractéristiques du capital naturel ?
>> A quelles conditions parle-t-on d’une soutenabilité (ou durabilité) faible ?
>> Comment l’innovzation peut-elle permettre de compenser la diminution du capital naturel ?

35
Document : Les technologies vertes suffisent-elles pour faire face aux limites écologiques
de la croissance ?
L’ampleur du progrès technique vert est tel que le coût de la réduction des émissions est sensiblement plus faible
aujourd’hui que ce qu’on pouvait penser il y a encore quelques années. Le meilleur exemple est la chute
spectaculaire du coût des renouvelables. (…). Pour autant, cela ne veut pas dire que la transition sera sans
difficultés. (…). L’industrie automobile en est l’exemple le plus frappant. Depuis le début du siècle, la logique
était d’imposer aux constructeurs des performances qui s’amélioraient graduellement en matières d’émissions de
gaz à effet de serre. Nous parlons aujourd’hui de l’interdiction pure et simple de la mise en vente de véhicules
thermiques dès 2035. Certains constructeurs ont même déjà annoncé qu’ils allaient le faire en amont, anticipant
le changement de réglementation. Cela signifie que tout le stock d’équipement dans l’industrie automobile qui
concourt à la fabrication de moteurs thermiques va se retrouver presque du jour au lendemain sans valeur
économique. La recherche dans ces technologies va s’arrêter et la transition va s’imposer rapidement. Mais tout
un tissu industriel s’était construit au fil des décennies autour du moteur thermique et la voiture électrique va
sans doute être beaucoup moins intensive en emploi. On ne transforme pas facilement des ouvriers de la fonderie
en spécialistes de la rénovation thermique des bâtiments ou de la fabrication de batteries (…). Je suis plutôt dans
une vision optimiste, et crois au potentiel du progrès technique. Mais je pense aussi qu’il y a des domaines dans
lesquels des changements de comportement sont inévitables : l’alimentation, le transport aérien… On ne peut pas
simplement dire : « On ne change rien, la technologie répondra à tout » .
Jean Pisany-Ferry, « La transition écologique ne se fera pas sans provoquer un choc économique majeur »,
Pour l’Eco, septembre 2021.
>> Pourquoi l’auteur adopte-t-il une « vision optimiste » ?
>> A partir de l’industrie automobile, illustrez la phrase soulignée.
>> Pourquoi la technologie ne pourra-t-elle pas être l’unique solution ? Expliquez et illustrez.

BILAN :

Indiquez si les exemples suivants sont des innovations de produit ou de procédé et s’ils concernent plutôt
la préservation des ressources naturelles ou la réduction de la pollution.

INNOVATION INNOVATION DE PRESERVATION DES REDUCTION DE LA


DE PRODUIT PROCEDE RESSOURCES POLLUTION
NATURELLES
L’énergie éolienne
L’irrigation goutte à
goutte
Le steak artificielle
Le drone
pollinisateur
Les véhicules
électriques
Un sac compostable
en amidon
Un filtre à particules fines.

Sélectionnez un des exezmples et montrez que cette innovation ne permet pas nécessairement de repousser les
limites écologiques de la croissance.

Complétez le texte :
La montée des inégalités est un défi de la croissance. Mais l’autre défi considérable est celui des limites
écologiques auxquelles se heurte la possibilité d’une croissance soutenable sur le long terme.
On peut distinguer trois grandes limites écologiques :
Le …………………………………………….., issu des émissions de GES, directement liées à la consommation
d’énergie carbonée sur laquelle repose notre croissance.

36
L’…………………………………………des ressources naturelles (qu’elles soient animales ou végétales se
traduisant par une perte de biodiversité, mais aussi les ressources minérales, métalliques, énergétiques…).
La …………………………….. (de l’air, du sol, des eaux…..).
Ces dégradations de l’environnement sont directement corrélées avec la croissance économique.
Les innovations peuvent aider à faire reculer les ……………………. écologiques de la ……………………
Certaines sont de mieux en mieux maîtrisées et se diffusent à grande ampleur : par exemple
l’………………………. (photovoltaîque, éolienne), la ……………. électrique. D’autres sont en cours de
développement et suscitent à la fois beaucoup d’espoir et d’interrogations. C’est le cas par exemple du captage
de CO2, ou du moteur à hydrogène. Enfin, des innovations de type……………………… permettent de
transformer les modes de consommation et de……………………: par exemple l’économie circulaire,
collaborative ou de partage…
Mais de plus en plus d’analystes soulignent que les technologies vertes ne suffisent pas à faire face aux limites
…………….. de la croissance . Il est donc, selon eux, nécessaires de faire évoluer en profondeur nos modes de
vie vers une plus grande …………………… (par exemple : réduire le nombre de voyages en avion, adopter une
alimentation moins carnée…).
Enfin, ces innovations et la transition vers une économie bas carbone constituent un choc très important pour nos
économies dont le ……….. sera élevé : elles nécessitent donc des poltiques d’accompagnement et d’incitation
efficaces de la part des …………………………...

MOBILISATION DES CONNAISSANCES :

Montrez que la croissance économique se heurte à des limites écologiques.

37
BILAN :

OBJECTIFS DU CHAPITRE POINT CLE DU PROGRAMME


Comprendre le processus de croissance La croissance économique est l’augmentation de la quantité
économique et les sources de la croissance : de biens et services produits sur le long terme. Phénomène
Accumulation des facteurs et accroissement de la cumulatif, elle permet l’augmentation du niveau de vie.
productivité globale des facteurs ;
La croissance économique s’explique en partie par
Comprendre le lien entre le progrès technique et l’accumulation de facteurs de production : le facteur travail et
l’accroissement de la productivité globale des le facteur capital.
facteurs.
La partie de la croissance non expliquée par l’accroissement
de la quantité de facteurs correspond à la productivité
globale des facteurs. Elle mesure le degré d’efficience de la
combinaison productive. Elle est alimentée par le progrès
technique, l’éducation ou bien encore la spécialisation.

La croissance économique fondée sur l’accumulation de


facteurs est une croissance extensive. C’est une croissance qui
s’épuise parce qu’elle se heurte au problème des rendements
factoriels décroissants.

La croissance économique portée par l’amélioration de la


PGF est une croissance intensive. Elle est durable parce
qu’elle est autoentretenue.

Le progrès technique est endogène. Il dépend de décisions


d’investissement et d’innovation d’acteurs privés motivés par
Comprendre que le progrès technique est le profit mais aussi des décisions de l’Etat, motivées par
endogène et qu’il résulte en particulier de l’intérêt général, en matière d’investissement dans le capital
l’innovation. >>>>>>>>>>>>>>> public et de mise en œuvre de mesures incitatives pour faire
face au problème de sous-investissement induit par
l’existence d’externalités positives.

L’innovation s’accompagne d’un processus de destruction


créatrice qui favorise la croissance et qui provoque une
Comprendre comment les institutions (notamment réallocation des facteurs vers les firmes innovantes de telle
sorte que la productivité moyenne augmente.
les droits de propriété) influent sur la croissance en
affectant l’incitation à investir et à innover ; savoir La croissance repose sur des institutions inclusives : droits de
que l’innovation s’accompagne d’un processus de propriété protégés, garantie de l’exécution des contrats,
destruction créatrice. services publics de santé et d’éducation, démocratie. Ces
>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>> institutions incitent les agents économiques à investir et à
innover. Elles permettent aussi d’éviter que les firmes en
place empêchent l’entrée sur le marché de firmes innovantes.

La croissance économique contemporaine s’accompagne


Comprendre que le progrès technique peut d’une hausse des inégalités de revenus parce que le progrès
engendrer des inégalités de revenus. technique est triplement biaisé en faveur : des hautes
qualifications, du talent et des tâches non répétitives.
Comprendre qu’une croissance économique
soutenable se heurte à des limites écologiques La croissance économique bute sur des limites écologiques :
(notamment l’épuisement des ressources, la épuisement des ressources, pollution et réchauffement
pollution et le réchauffement climatique) et que climatique. L’innovation verte peut contribuer à la
l’innovation peut aider à reculer ces limites. soutenabilité de la croissance mais l’intervention de l’Etat est
nécessaire en présence d’externalités environnementales
négatives.

38
39
40

Vous aimerez peut-être aussi