Les premiers habitants du Cameroun furent probablement des populations
proches des Baka et des Akas, traditionnellement appelés pygmées. Ils
habitent toujours les forêts des régions du sud et de l'est. L'analyse des
ossements de quatre enfants enterrés il y a 3000 et 8000 ans sur le
célèbre site archéologique de Shum Laka a confirmé que ceux-ci ont pour
plus proches parents ces groupes de chasseurs-cueilleurs qui vivent
aujourd'hui à au moins 500 kilomètres dans les forêts tropicales de l'ouest
de l'Afrique centrale[4].
Ier millénaire av. J.-C. : la zone couvrant le sud-ouest de l'actuel
Cameroun et le sud-est du Nigeria aurait été un des berceaux
des peuples bantous principalement des Banens, soit les premiers
habitants sédentaires de l’actuel Cameroun. Voici aussi l’une des
principales raisons pour laquelle l’équipe du Cameroun de football se
nomme les Lions indomptables, cela provient d’une de leurs
légendes et ce nom a donc été choisi en hommages à la première
tribu.
Ve siècle av. J.-C. : d'après certains historiens, le
carthaginois Hannon aurait atteint le mont Cameroun qu'il aurait
baptisé le « char des Dieux ». D'autres historiens rejettent cette
théorie arguant l'absence de trace de son passage au Cameroun et
les conditions matérielles de l'époque qui n'auraient pas permis une
expédition aussi éloignée de Carthage.
Bases africaines
La zone couvrant le sud-ouest de l'actuel Cameroun et le sud-est
du Nigeria a été le berceau de certains peuples bantous au Ier millénaire
avant notre ère.
Les Tikars, les Bamouns et les Bamilékés auraient, d'après leurs traditions
orales, migré depuis les territoires du Nord de l'Afrique, notamment
d'Égypte ou de Nubie (actuel Soudan), pour s'installer sur les hauts-
plateaux camerounais.
Au nord, la civilisation des Saos, encore mal connue, se développe dans le
bassin du lac Tchad.
États, cultures, royaumes, empires d'Afrique
La région du lac Tchad passe au XVIe siècle sous le contrôle de l'empire de
Kanem-Bornou. Le premier état connu des historiens dans la région est
celui du Kanem, qui se développe autour du lac Tchad à partir du IXe siècle.
Il devient musulman au XIe siècle et atteint son apogée à la fin du XVIe et
au XVIIe siècle. Il impose sa souveraineté à la majeure partie du territoire
camerounais. Mais il se heurte sans cesse à la résistance des peuples et
des petits royaumes camerounais (notamment les royaumes kotoko et
mandara).
À la fin du XVIe siècle, la grande vague migratoire des Peuls (ou Foulbés,
du peul, Fulɓe), peuple de pasteurs nomades qui se déplacent d'ouest en
est depuis le Macina, atteint le lac Tchad. Au siècle suivant, les Peuls
s'implantent dans l'Adamaoua actuel, contribuant à la diffusion de l'islam.
Ils s'organisent en petits États théocratiques musulmans, dirigés par un
lamido, à la fois chef politique et spirituel.
Le Royaume bamoun est fondé à la fin du XVIe siècle et prend son essor
sous le règne de Mboumbouo Mandù, à la fin du XVIIIe siècle, qui étend son
territoire par la force des armes. Il s'emploie ensuite à consolider son
pouvoir.
Au début du XIXe siècle, les États musulmans étendent et consolident leur
pouvoir.
En 1804, Ousman dan Fodio et les Peuls du Nigeria lancent une guerre
sainte contre les Haoussas, afin d'étendre le royaume toucouleur. Forts de
cet exemple, les Peuls du Sud rallient leur cause et propagent le djihad
dans leur région. Modibbo Adama (1786-1847), chef des Peuls du sud,
prend le titre de Cheikh et les plateaux du Sud islamisés prennent le nom
d'Adamaoua : massif de l'Adamaoua, émirat de l'Adamaoua (1809-
1903), région de l'Adamaoua (1983-). Leur capitale, Yola, se trouve sur
la Bénoué. Le lamido Adama meurt en 1847.
Le royaume bamoun doit lutter contre l'expansion peule.