Propriétés et applications des terres rares
Propriétés et applications des terres rares
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e ne sont pas des éléments rares : avec une teneur d’environ 0,08 %, les
C terres rares se trouvent dans l’écorce terrestre en quantité plus importante
que le cuivre ou le plomb. Toutefois, les teneurs relatives des divers lanthanides
dans les minerais, qui peuvent varier de 50 % à quelques centièmes de pour-cent,
sont un facteur important qui, ajouté à l’identité de propriétés chimiques,
contribue à rendre les séparations délicates.
Les procédés de production des terres rares relèvent des traitements
hydrométallurgiques comprenant les étapes successives suivantes à partir
de minerais enrichis :
— attaque des minerais par voie humide ;
— à partir des solutions obtenues, séparations et purifications mettant en
œuvre les techniques de précipitation sélective (cas des terres rares à degré
d’oxydation différent de III), parfois les techniques d’échange d’ions sur résine,
mais principalement celles d’extraction par solvant ;
— obtention des produits finis (oxydes, sels variés) ou bien élaboration de
métaux par électrolyse des sels fondus à haute température ou encore par
métallothermie.
Au niveau des applications, toute la spécificité des terres rares tient dans leur
structure électronique particulière qui induit des propriétés chimiques,
structurales et physiques uniques. Ces propriétés sont mises à profit dans des
applications industrielles aussi variées que sophistiquées : métallurgie, catalyse,
verre, optique, céramique, luminescence, magnétisme, électronique...
Les terres rares sont constituées du groupe des lanthanides Elle est essentiellement caractérisée par la présence de
(éléments 57 à 71), auxquels on ajoute habituellement l’yttrium et sous-couches insaturées 5 d 1 et 4 f et d’une sous-couche
le scandium (§ 1.2). Elles forment une famille très homogène de saturée 6s 2.
dix-sept éléments aux propriétés chimiques extrêmement voisines À partir du xénon, gaz rare qui précède les lanthanides, la
(tableau 1). configuration électronique s’écrit :
On distingue les terres cériques (La, Ce, Pr et Nd) des terres Xe 6s 2 5d 1 4f 0 à 14
yttriques (du Sm au Lu plus l’yttrium) [1]. (0)
et, à partir du lanthane jusqu’au lutétium, les éléments suivants
proviennent du remplissage de la sous-couche 4f par quatorze
Tableau 1 – Les éléments des terres rares électrons successifs. Ils sont donc classés dans la même case de la
classification périodique des éléments.
Numéro Masse
Symbole Dénomination L’existence de la sous-couche 4f non saturée confère aux
atomique atomique
lanthanides des propriétés magnétiques et optiques remarquables :
Sc Scandium 21 44,96 moments magnétiques très élevés, en particulier pour Tb, Dy, Ho,
Y Yttrium 39 88,91 Er, spectres d’absorption et d’émission à bandes fines, etc.
La Lanthane 57 138,91 Ces propriétés sont à l’origine de nombreuses applications, en
Ce Cérium 58 140,12 particulier en électronique (luminescence, magnétisme).
Pr Praséodyme 59 140,91
Nd Néodyme 60 144,24
Pm (1) Prométhium 61 (145 ±)
Sm Samarium 62 150,35 1.2 Rayons ioniques
Eu Europium 63 151,96
Gd Gadolinium 64 157,25
Les ions terres rares trivalents possèdent des rayons ioniques
Tb Terbium 65 158,92
(tableau 2) relativement différents avec une variation de 1,5 %
Dy Dysprosium 66 162,50 d’une terre rare à la suivante : le rayon ionique va en décroissant
Ho Holmium 67 164,93 dans le sens des numéros atomiques croissants du lanthane au
Er Erbium 68 167,26 lutétium (contraction lanthanidique ).
Tm Thulium 69 168,93
Yb Ytterbium 70 173,04 Les structures électroniques de l’yttrium (Kr 4d 1 5s 2 ) et du scan-
dium (Ar 3d 1 4s 2) ainsi que leurs rayons ioniques, leur confèrent
Lu Lutétium 71 174,97
des propriétés chimiques voisines de celles des terres rares qu’ils
(1) Cet élément, radioactif, n’existe pas à l’état naturel. accompagnent d’ailleurs dans tous les minerais. C’est pourquoi on
inclut ces deux éléments (Y et Sc) dans la famille des terres rares.
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Tableau 5 – Répartition typique des terres rares dans les principaux concentrés marchands (1)
Concentrés chimiques (oxyde)
Minerais
Oxydes de terres rares ex-ionique de Chine
Monazite Bastnaésite Xénotime Loparite Apatite Kola Xunwu Longnam
Lanthane La2O3 23,9 32 0,5 28,0 25,2 30 2,2
Terres Cérium CeO2 46,0 49 5,0 57,4 46,3
cériques 92,4 98,9 8,4 97,9 89,6 7,0 74,5 1,0 7,7
Praséodyme Pr6O11 5,1 4,4 0,7 3,7 3,9 7,5 1,0
Néodyme Nd2O3 17,4 13,5 2,2 8,8 14,2 30 3,5
■ Les concentrés marchands d’oxydes de terres rares (ex-apatite ■ La bastnaésite peut également être attaquée par de l’acide sulfu-
ou concentrés chinois) sont simplement soumis à une attaque rique. Le procédé mis en œuvre en Chine consiste à réaliser l’attaque
acide. de bastnaésite broyée par de l’acide sulfurique concentré dans un
four à 300-400 oC. Les sulfates de terres rares obtenus sont ensuite
dissous dans l’eau.
2.2.2 Attaque sodique de la monazite
Le traitement de la monazite à chaud avec de la soude 2.2.4 Chloration des minerais à haute température
concentrée permet une attaque efficace du phosphate de terres
rares et de thorium. La préparation de chlorure de terres rares anhydre à partir de la
L’attaque peut être réalisée à haute température en autoclave monazite, de la bastnaésite et de la loparite peut être effectuée par
(180 oC pendant 3 h) avec de la soude à 60 % en masse [3], ou à chloration à haute température (1 000 à 1 200 oC) sur un mélange
pression atmosphérique à plus basse température (150 oC) avec de minerai + charbon [6].
la soude concentrée en excès [4]. On obtient une masse fondue qui La réaction est effectuée dans un four électrique adapté aux
est reprise à l’eau chaude, de façon à dissoudre le phosphate conditions de chloration très agressives. Le chlorure de terres rares
trisodique formé et séparer les hydroxydes de terres rares et de est recueilli fondu.
thorium qui sont filtrés, lavés puis solubilisés par une solution La bastnaésite a été ainsi traitée industriellement par la société
d’acide chlorhydrique ou nitrique. Goldschmidt, pour obtenir le chlorure anhydre qui servait à la
Le phosphate de sodium en solution est ensuite cristallisé à froid préparation du mischmétal (§ 5.2). Cette production a été
et commercialisé sous forme de Na3PO4 , 12 H2O, 1/2 NaOH. interrompue en 1986.
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Ces méthodes font l’objet des articles Extraction liquide-liquide. 3.2 Séparations par changement
Présentation générale [J 2 760], Bases physico-chimiques des pro-
cédés [J 2 761], Définition du procédé. Réactifs industriels [J 2 762], de degré d’oxydation
Extraction solide-liquide. Aspects théoriques [J 2 780] et Techniques
et appareillages [J 2 782] dans le présent traité. Nous conseillons Ces procédés très sélectifs ne sont appliqués que pour le cérium
vivement au lecteur de s’y reporter. et l’europium.
Quelle que ce soit la méthode utilisée, les facteurs de séparation ■ Cérium : à partir d’un mélange de terres rares en solution, on
entre deux terres rares (rapports des coefficients de distribution de peut oxyder Ce(III) en Ce(IV), au moyen d’eau oxygénée à pH 4, ou
l’espèce considérée entre les deux phases) sont faibles : 1 à 10. par adjonction de chlore et de soude, et précipiter sélectivement un
Une séparation fine nécessite donc la répétition des opérations oxyde de cérium (IV) hydraté : CeO2 , 2H2O. En milieu nitrate acide,
élémentaires de fractionnement, ce qui peut être réalisé de façon l’oxydation peut être réalisée par voie électrochimique [9].
discontinue ou continue.
■ Europium : il est réduit de Eu(III) à Eu(II) à partir d’une solution
■ La cristallisation fractionnée, qui permettait l’obtention de de chlorure de terres rares par le zinc amalgamé (colonne de Jones)
bonnes puretés (par exemple, La2O3 à 99,9 %), était une technique ou par électrolyse, puis précipité sélectivement sous forme de
exigeant de nombreux fractionnements et recyclages difficiles à sulfate europeux.
réaliser en technologie continue. Elle a été abandonnée au début
des années 70.
■ L’échange d’ions appliqué à la production des terres rares impose 3.3 Extraction par solvant
la technique de développement par déplacement que l’on doit à
l’équipe de Spedding de l’université d’Iowa [7]. Les résines
classiques n’étant pas assez sélectives, il est nécessaire d’utiliser des 3.3.1 Principe
complexants sélectifs des terres rares, généralement des acides
aminopolycarboxyliques de la famille de l’EDTA (acide éthylène- Dans une mise en œuvre classique, on effectue la séparation
diamine tétraacétique). Cependant, la présence de ces chélatants en entre deux terres rares ou deux groupes de terres rares sur une
phase aqueuse entraîne un certain nombre de contraintes : faible batterie d’extraction (figure 1).
solubilité, prix élevé, récupération délicate et coûteuse, qui, ajoutées Le mélange à séparer est introduit à un étage intermédiaire d’un
aux inconvénients des résines : discontinuité du procédé, grande système à contre-courant, réalisant ainsi deux zones de séparation,
hauteur équivalente à un plateau théorique en raison de cinétiques extraction et lavage, de part et d’autre de ce point d’alimentation.
faibles, conduisent à un coût élevé pour la production industrielle de À chaque extrémité du dispositif, on réalise des reflux partiels des
terres rares. Des progrès ont toutefois été réalisés récemment avec produits purs, en mettant en œuvre les processus adaptés aux
la mise au point de résines plus performantes [8]. propriétés du solvant utilisé (§ 3.3.2). L’efficacité de la séparation
L’échange d’ions par déplacement n’est plus utilisé que pour la dépend du nombre d’étages et du facteur de séparation. Par ce
production à petite échelle, ou encore pour l’obtention de terres procédé, on produit en continu deux produits purs ou deux frac-
rares vraiment rares, comme le lutétium, dont le marché n’excède tions parfaitement séparées de la série des terres rares.
pas quelques dizaines de kilogrammes par an.
Le calcul des séparations est effectué dans les cas simples par la
■ La continuité des opérations a été le facteur prédominant de méthode de McCabe et Thiele à partir de l’isotherme d’extraction
l’essor de l’extraction liquide-liquide qui a supplanté aujourd’hui les ou d’une courbe de sélectivité, mais le recours à l’ordinateur est
deux techniques précédentes. L’extraction se prête bien à une indispensable pour les systèmes à multiples composants. La
continuité totale des procédés de séparation, en particulier par la modélisation dépend bien sûr de la nature du solvant utilisé [10].
mise en œuvre aisée des techniques de contre-courant avec des La méthode de McCabe et Thiele est exposée dans l’article
automatisations très poussées. Transfert de matière. Opérations compartimentées idéales [J 1 072]
du présent traité et, pour plus de précisions sur la mise en œuvre
des méthodes de séparation, on se reportera également à l’article
Réacteurs chimiques : technologie [J 4 020].
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Signalons, toutefois, que c’est grâce au développement des ■ Extractants basiques ou échangeurs anioniques
mélangeurs-décanteurs que l’extraction est aujourd’hui la voie Ce sont des composés organiques à longue chaîne comportant
industrielle la plus économique de séparation des terres rares. Ces des fonctions amines primaires, secondaires, tertiaires ou des sels
appareils sont décrits dans l’article Extraction liquide-liquide d’ammonium quaternaire.
[J 2 763].
Les amines primaires extraient préférentiellement les sulfates de
terres rares ; les amines tertiaires ou quaternaires extraient les
3.3.2 Solvants d’extraction nitrates et les thiocyanates.
–
Par exemple, avec un nitrate d’ammonium quaternaire R 4 N + NO 3 ,
La phase organique (solvant) est constituée par un mélange de comme par exemple l’Aliquat 336, on peut écrire ainsi la loi d’équi-
divers produits : extractant, diluant, et, éventuellement, modifieur. libre simplifiée :
L’extractant ou agent d’extraction est la substance active qui – – –
possède des propriétés complexantes et est en premier lieu R 4 N + NO 3 + 3 NO 3 + TR 3+ £ R 4 N + TR ( NO 3 ) 4
responsable du transfert des ions terres rares de la phase aqueuse – 3 –
dans la phase organique. Le plus souvent, c’est un produit très avec p TR = k TR [ NO 3 ] [ R 4 N + NO 3 ]
visqueux ou même solide que l’on dissout alors dans un diluant La concentration des ions nitrate en phase aqueuse est le para-
dont le rôle essentiel est d’assurer un bon contact entre les deux mètre d’action sur les coefficients de partage.
phases. On utilise comme diluant en pratique industrielle les
coupes pétrolières paraffiniques (kérosène) ou aromatiques. Dans ■ Extractants neutres ou solvatants
certains cas, on ajoute à la phase organique un modifieur (alcool Par les propriétés basiques faibles de l’atome d’oxygène qu’ils
lourd en C 8-C 12) qui améliore l’hydrodynamique et affecte parfois contiennent le plus souvent, ils extraient les molécules neutres
la thermodynamique en modifiant les coefficients de partage. (sels de terres rares) par solvatation. Les nitrates de terres rares
À l’heure actuelle, le nombre de systèmes d’extraction utilisés ou sont extraits par un grand nombre de composés solvatants dont le
susceptibles de l’être pour séparer les terres rares est très élevé. plus utilisé est le tri(n-butyl)phosphate (TBP). La loi d’extraction est
On dispose en effet de plusieurs types d’agents d’extraction dont bien connue :
les propriétés sont variées et dépendantes de la nature du sel de –
terre rare présent dans la phase aqueuse. Une liste non exhaustive 3 TBP + TR 3+ + 3 NO 3 £ ( TBP ) 3 TR ( NO 3 ) 3
d’agents d’extraction utilisables, avec leur formule chimique, leur – 3 3
prix et leurs fournisseurs, est donnée en [Doc. J 6 630]. avec p TR = k TR [ NO 3 ] [ TBP ]
On distingue les trois classes décrites ci-après. Ici encore la concentration en ions nitrate détermine les
coefficients de partage. Pour les augmenter, on peut saler la solution
■ Extractants acides ou échangeurs cationiques aqueuse au moyen de relargants non extraits, nitrates alcalins ou
Ce sont des composés organiques possédant une (éventuelle- alcalino-terreux par exemple. L’extraction par ces solvants des autres
ment plusieurs) fonction acide de force variable. sels de terres rares (perchlorates, chlorures, thiocyanates) ne
présente que peu d’intérêt en raison de coefficients de partage trop
Dans les réactions d’échange indiquées ci-après, les espèces
faibles ou de sélectivités insuffisantes.
chimiques surlignées sont dans la phase organique.
Si RH représente l’agent d’extraction dans son diluant, les
cations terres rares sont échangés selon la réaction : 3.3.3 Sélectivité des agents d’extraction
3 RH + TR 3+ £ R 3 TR + 3H + C’est l’un des paramètres essentiels du choix des agents
d’extraction. Leur sélectivité respective est exprimée sur la figure 2
Soit k TR la constante d’extraction, on obtient l’expression du qui indique les coefficients de partage p TR des terres rares pour les
coefficient de partage de la terre rare : principaux agents d’extraction [Doc. J 6 630].
[ R 3 TR ] 3 Le HDEHP et le HEHEHP sont les plus sélectifs de tous les agents
[ RH ]
- = k TR -----------------
p TR = ---------------------- d’extraction avec un écart de 105 à 106 unités entre les coefficients
[ TR ] 3+ [H ] 3 +
de partage extrêmes, et un facteur de séparation moyen de 2,3
à 2,7.
avec [ ] concentration de l’espèce chimique considérée.
Le coefficient de partage croît lorsque le rayon ionique diminue.
Cette loi est évidemment très simplifiée. Toutefois, elle fait
Les acides carboxyliques ne sont sélectifs que pour les terres
apparaître l’influence considérable de l’acidité sur le coefficient de
cériques, il en est de même pour le TBP. Les sels d’ammonium qua-
partage, et c’est bien entendu sur ce paramètre que l’on intervient
ternaire (par exemple l’Aliquat 336 ) sont moyennement sélectifs,
pour régler le fonctionnement des sections d’extraction, de lavage
l’ordre d’extraction en milieu nitrate est l’inverse de celui observé
et de réextraction.
en milieu thiocyanate où la complexation en phase aqueuse
Le comportement des échangeurs cationiques peut être très intervient considérablement.
différent selon l’agent d’extraction considéré. Par exemple, l’acide
Une revue exhaustive des agents d’extraction et des mécanismes
di(2-éthylhexyl) phosphorique (HDEHP) se présente comme un
mis en jeu est donnée dans la référence bibliographique [11].
extractant plus fort que les acides carboxyliques : la constante
d’extraction k TR est environ 1014 fois plus forte. La séparation des
terres rares avec le HDEHP peut donc s’effectuer en milieu acide
(pH < 1) ; il en est de même avec l’acide di(2-éthylhexyl) 3.4 Recyclage des résidus
phosphonique (HEHEHP) utilisable toutefois en milieu légèrement contenant des terres rares
moins acide.
Avec les acides carboxyliques, il faut opérer à des pH de l’ordre Dans les dispositifs et les applications qui les utilisent, les terres
de 3 à 5. rares entrent le plus souvent comme composant minoritaire en
masse. De ce fait, il n’y a pratiquement pas aujourd’hui d’industrie
de récupération et de recyclage des terres rares. Cette situation
peut évoluer avec la législation qui se met en place sur la maîtrise
des résidus industriels et domestiques.
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4. Procédés industriels
Nous donnons ci-après quelques éléments sur les procédés mis
en œuvre par les plus importants producteurs de terres rares.
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5. Fabrication des métaux On peut également préparer par électrolyse des alliages à basses
températures de fusion, par exemple Gd-Cr, Gd-Mn, Dy-Fe, Y-Mn,
de terres rares Y-Al, et réaliser ensuite des distillations sous vide pour obtenir les
métaux purifiés [13] [14] [15] [16].
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agressif auquel ils sont soumis. Cette acidité est une propriété 6.3 Applications liées aux propriétés
primordiale pour l’aptitude à convertir les molécules de masse molé-
culaire élevée en espèces plus légères exploitables industriellement optiques
pour le grand public (gazoles, essences) [26].
La quasi-insensibilité des niveaux d’énergie occupés par les
D’autre part, l’oxyde de cérium joue un rôle important dans le
électrons 4f vis-à-vis du champ cristallin se traduit par des transi-
domaine des catalyseurs multifonctionnels pour la postcombustion
tions électroniques entre niveaux discrets et, de ce fait, par des
automobile où l’on cherche à diminuer les niveaux d’émission des
absorptions ou émissions de lumière à caractère fortement
polluants par réduction sélective des oxydes d’azote (NOx ) en azote
monochromatique [33]. Dans certains cas particuliers cependant
et eau, avec oxydation simultanée des imbrûlés (monoxyde de
carbone et hydrocarbures) en gaz carbonique et vapeur d’eau. Pour (Eu 2+, Ce 3+ ), l’énergie de la bande 5 d est inférieure à celle des
obtenir cet effet, il est nécessaire que la composition du mélange niveaux f excités et rend alors possible des émissions (ou des
du gaz d’échappement à traiter soit le plus rigoureusement possible absorptions) sensibles à l’environnement atomique : Eu 2+ dans
stœchiométrique. Or la composition du gaz oscille généralement de BaFBr émet dans le bleu, alors que dans (Ca, Sr)S il émet dans le
part et d’autre de la stœchiométrie avec une période de l’ordre d’une rouge.
seconde. Grâce à ses propriétés oxydo-réductrices, CeO2 joue alors
■ Ainsi, dans le domaine de l’absorption, certaines terres rares
le rôle de réservoir d’oxygène pour assurer l’effet tampon nécessaire,
trivalentes permettent l’obtention de colorations très
assurant en particulier l’oxydation de CO et des hydrocarbures
caractéristiques, mises à profit dans l’industrie du verre d’art ou de
lorsque le milieu est globalement réducteur. Les catalyseurs sont
la céramique traditionnelle où les terres rares entrent dans la
constitués de métal précieux (100 à 3 000 ppm de Pd, Rh ou Pt)
composition des pigments : verts de praséodyme, violets au
dispersé le plus efficacement possible sur un support d’alumine,
néodyme ou encore roses à l’erbium.
auquel on ajoute environ 20 % (en masse) d’oxyde de cérium. Outre
son rôle d’agent tampon, grâce à ses bonnes propriétés de tenue Les terres rares tétravalentes sont également utilisées pour leur
en température, l’oxyde de cérium assure aux températures élevées spécificité : le transfert de charge oxygène-praséodyme (IV) dans
(> 800 oC) subies par le pot catalytique une bonne stabilité de la un réseau de zircon (ZrSiO4) est à l’origine du jaune le plus intense
surface de l’alumine et une bonne dispersion des particules métal- et le plus stable pour la coloration des céramiques à haute tempé-
liques, leur évitant un frittage qui les rendrait inefficaces [27] [28]. rature de cuisson [34].
Parmi les autres applications en catalyse, il faut signaler Le cérium (IV) est un agent antibrunissement très utilisé dans les
l’utilisation des propriétés oxydantes du cérium tétravalent en solu- verres soumis à des radiations de haute énergie : les ions Ce4+, agis-
tion utilisées dans des réactions de synthèse organique comme la sant comme pièges pour les électrons libérés par ces radiations, se
copolymérisation amidon-polyacrylonitrile. transforment en ions Ce 3+ quasi incolores, évitant ainsi la formation
des centres colorés responsables du brunissement. Le meilleur
exemple de cette utilisation, qui relève autant des propriétés
6.2.3 Verres chimiques que physiques, est la mise en œuvre d’une faible teneur
de cérium (environ 1 %) pour éviter le noircissement des faces avant
L’industrie verrière est très consommatrice de terres rares, dans de téléviseurs sous l’effet du bombardement cathodique. Quant à
des domaines variés mettant en jeu des diverses propriétés de l’ion La 3+, l’impossibilité de transition f-f et la transparence parfaite
celles-ci [29] [30]. Le pouvoir oxydant du cérium tétravalent est mis qui en résulte le rendent indispensable à la préparation des verres
à profit pour transformer le fer divalent bleu intense en fer trivalent à haut indice (§ 6.5).
jaune très pâle, ce qui permet de diminuer la coloration induite par ■ Au niveau de l’émission, les applications se sont développées à
cette impureté fréquente dans les produits de départ pour partir des années 60, en liaison avec la disponibilité industrielle des
formulations verrières. Par ailleurs, l’oxyde de cérium est depuis terres rares à des puretés suffisantes : télévision couleur, éclairage
longtemps le meilleur agent de polissage du verre, du fait de la fluorescent et radiographie médicale. Les émissions intenses et
combinaison de sa dureté naturelle et d’une réaction chimique se quasi monochromatiques obtenues en diluant les activateurs à base
produisant à l’interface silice-oxyde de cérium. Cette réaction conduit de terres rares dans des réseaux hôtes appropriés (très souvent des
à la formation d’une couche de silicate qui fragilise la surface du composés simples des terres rares à 0,7 ou 14 électrons f : yttrium,
verre et la rend plus sensible à l’érosion mécanique. Les verres plats, lanthane, gadolinium et lutétium) sont la raison essentielle de ce
les écrans de téléviseurs, les verres de lunettes et ceux pour l’optique développement, car elles ont permis de répondre à des critères
de grande précision sont polis exclusivement avec des poudres d’utilisation très pointus que les luminophores traditionnels à
d’oxydes de cérium de morphologie adaptée à l’application [31]. émission de bande ne pouvaient satisfaire. Une grande variété
d’émission peut être obtenue en fonction de la nature de l’activateur
mis en jeu et des positions respectives des niveaux d’énergie
6.2.4 Céramiques excités ou fondamentaux. Ainsi, en télévision couleur, où l’image
est reproduite grâce à l’excitation cathodique sélective de trois lumi-
Les propriétés chimiques et structurales des terres rares sont nophores (bleu, vert et rouge) déposés sur la face interne de l’écran,
également mises à profit dans l’industrie des céramiques
l’oxysulfure d’yttrium activé à l’europium trivalent (Y2O2S : Eu 3+ ) a
techniques : le meilleur exemple est celui de la zircone dont la
structure cristalline est stabilisée dans la forme quadratique ou permis pour le rouge un gain de brillance tel, par rapport à ZnS : Ag
cubique, ou dans un mélange des deux, par ajout de quantités (plus du double), qu’il a totalement supplanté ce dernier, pourtant
déterminées d’oxyde d’yttrium (1 à 10 % en mole). Selon les cas, cinq fois moins coûteux environ [35]. Les performances exception-
on tire ensuite parti de la conductivité ionique [induite par la nelles des luminophores aux terres rares sont également mises à
compensation de la différence de valence du cation stabilisant (Y 3+ ) profit dans un grand nombre d’applications professionnelles des
et du zirconium (Zr 4+ ) par des lacunes d’oxygène] et de sa variation tubes cathodiques : moniteurs couleurs d’ordinateurs, tubes pour
avec la pression partielle d’oxygène pour les applications dans les l’avionique, pour la télévision à projection... [36].
sondes à oxygène, ou encore des bonnes propriétés mécaniques, Dans le domaine de l’éclairage fluorescent, les luminophores aux
à l’origine de l’utilisation de la zircone stabilisée dans la fabrication terres rares ont permis de réaliser pratiquement les prévisions
d’outils de coupe. Enfin, lorsque la stabilisation de la phase cubique théoriques montrant que la lumière du jour pouvait être reconstituée
est totale (pour des teneurs molaires en Y2O3 supérieures à 7 %), à partir de l’addition, dans des proportions définies, de trois
les propriétés de réfraction de la lumière sont si proches de celles émissions primaires à 450, à 550 et à 610 nm (figure 5). Dans le tube
du diamant que la zircone cubique en est la meilleure imitation, très fluorescent basse pression, la conversion en lumière visible du
demandée en joaillerie [32]. rayonnement ultraviolet émis par le mercure excité se faisait
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Afin d’augmenter les températures de Curie, on a cherché à asso- Un domaine d’application nouveau des propriétés magnétiques
cier les terres rares avec des éléments comportant également de bon- des alliages terres rares-éléments de transition est en cours de
nes propriétés magnétiques et des températures de Curie élevées développement : c’est celui de l’enregistrement magnétooptique,
(supérieures à 400-500 oC), tels les éléments de transition fer, cobalt où les propriétés magnétiques (H c élevé, T C faible) et optiques
ou nickel. Les très nombreux travaux effectués depuis les années 60 (angle de rotation Kerr élevé) d’alliages amorphes (Gd, Tb)-(Co, Fe)
sur la préparation et la caractérisation des alliages terres sont mises à profit pour l’obtention de densités d’enregistrement
rares-métaux de transition [39] ont débouché dans un premier très élevées (20 Mbit/cm2), dans des systèmes effaçables et
temps sur l’industrialisation des aimants samarium-cobalt (SmCo5 réenregistrables, utilisables à terme dans la technologie laser [42].
ou Sm2Co17) pour lesquels T C est supérieure à 700 oC et dont les La mise au point du minidisc en est l’illustration grand public.
produits d’énergie volumique sont supérieurs à 0,16 MJ/m 3
(soit 20 MG · Oe), pour des champs coercitifs de l’ordre de 800 kA/m
(soit 10 kOe), contre des valeurs ne dépassant pas 32 kJ/m 3
(soit 4 MG · Oe) et 320 kA/m (soit 4 kOe) respectivement pour les
6.5 Applications liées aux propriétés
traditionnels ferrites ou pour les alliages Al-Ni-Co (Alnico). De telles électriques et nucléaires
performances ont permis l’obtention d’énergies magnétiques
intenses dans de faibles volumes et, de ce fait, une miniaturisation Bien que n’ayant pas intrinsèquement de propriétés hors du
mise à profit dans des dispositifs comme les moteurs pas-à-pas ou, commun dans le domaine de la conduction, les terres rares sont
de manière plus spectaculaire, dans l’audiovisuel, l’utilisation très souvent utilisées comme ajouts permettant de modifier utile-
d’aimants Sm-Co ayant, par exemple, permis la mise au point des ment les performances de nombreux composants électroniques :
écouteurs miniatures utilisés avec les baladeurs. ainsi le néodyme permet de stabiliser la variation thermique de la
Encore plus performants, les aimants néodyme-fer-bore permittivité (ou constante diélectrique) du titanate de baryum sur
apparurent au début des années 80 [40] [41]. La structure Nd2 Fe14B, un large domaine de températures (condensateurs de type NPO).
éventuellement substituée pour augmenter la température de Curie Le dopage par les terres rares trivalentes confère à BaTiO3 des pro-
ou le champ coercitif, est celle qui, à ce jour, présente les perfor- priétés semi-conductrices mises à profit dans les applications
mances les plus élevées jamais atteintes industriellement : produit d’absorption d’ondes électromagnétiques (micro-ondes) ou pour
d’énergie volumique (B · H )max supérieur à 320 kJ/m3 l’obtention d’effets PTC (coefficients de température positifs) utili-
(soit 40 MG · Oe) [la valeur théorique calculée étant de 512 kJ/m3 sés pour la réalisation de capteurs ou de relais thermiques, par
(soit 64 MG · Oe)] et champ coercitif Hc de l’ordre de 960 kA /m exemple.
(soit 12 kOe) (figure 6). Ces aimants, en cours de développement Une conséquence optique d’une propriété à caractère électrique
industriel rapide, sont très étudiés par l’industrie automobile (minia- résulte de la polarisabilité importante du lanthane qui, alliée à sa
turisation des électroaimants) et leur avenir est très prometteur : en transparence (sous-couche 4f vide), confère aux verres boratés
plus d’autres utilisations industrielles ou médicales (imagerie RMN contenant 40 % (en masse) de cet élément une qualité optique
par exemple), ils deviendront des éléments essentiels dans de exceptionnelle, du fait d’un indice de réfraction élevé et d’une faible
nombreuses applications domestiques telles que la haute fidélité, dispersivité de la lumière (nombre d’Abbe élevé). Les compositions
la téléphonie ou l’électroménager. verrières au lanthane sont ainsi utilisées universellement en optique
de précision pour la réalisation de lentilles (microscopes, télescopes)
et d’autres pièces d’objectifs photographiques ou de caméras.
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________________________________________________________________________________________________________________________ TERRES RARES
Enfin, la section de capture des neutrons thermiques du gadoli- systèmes de haute technologie où la spécificité des propriétés est
nium est, de loin, la plus grande rencontrée : 46 000 b par atome, un élément nécessaire permet de prévoir que le rôle joué par les
contre quelques milliers de barns pour les éléments usuels, ce qui terres rares ne cessera de prendre de l’importance. Parmi les
en fait un élément de choix dans l’industrie nucléaire, comme domaines en voie de développement industriel, on peut citer les
composant indispensable du combustible ou des barres de additifs de combustion à base de cérium pour la diminution de la
contrôle, où il intervient comme poison consommable et piège à pollution apportée par les moteurs diesels (suies, NOx ...), les oxydes
neutrons dans le réacteur [43]. mixtes à structure cristalline de type « pérovskite » (LaT O3 avec
T = Co, Ni, Cu...) pour la catalyse d’oxydation et l’électrocatalyse les
alliages terres rares-nickel pour les batteries rechargeables [44], etc.
Rappel : 1 b = 10 –28 m2.
Les progrès effectués depuis les années 60, tant dans les
techniques industrielles de séparation qu’au niveau de la qualité des
produits de terres rares (pureté, morphologie, réactivité...) et de la
connaissance de leurs utilisations, permettent par ailleurs de
6.6 Présent et avenir des applications répondre rapidement aux besoins toujours nouveaux et pointus du
des terres rares marché et doivent contribuer à conférer à ces éléments un rôle
essentiel dans de multiples applications industrielles, présentes ou
à venir.
Depuis le début du XX e siècle, l’évolution scientifique et technique, Le lecteur trouvera en [Doc. J 6 630] les données économiques
tant dans le domaine de la connaissance des propriétés des terres relatives aux terres rares (marchés, formes commerciales,
rares et de leurs composés que dans celui des méthodes permettant producteurs, prix).
de les séparer, a été telle qu’elles sont devenues aujourd’hui des
éléments essentiels de notre vie quotidienne. Le développement des
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© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés J 6 630 − 15
P
O
U
Terres rares R
E
par Alain LÉVÊQUE N
Docteur ès Sciences
Directeur des recherches de l’activité Terres rares
Rhône-Poulenc - Secteur Intermédiaires Organiques et Minéraux - Paris
et Patrick MAESTRO
Docteur ès Sciences
S
Chercheur associé. Responsable scientifique du groupe Chimie du solide
Rhône-Poulenc - Centre de Recherches d’Aubervilliers
A
V
Aspects économiques
O
1. Marché des terres rares et perspectives — didymes (alliages Nd-Pr de compositions variables) ;
La consommation annuelle mondiale au début des années 90 est estimée
entre 35 000 et 40 000 t de terres rares de toutes formes, exprimées en
— yttrium 99 %, samarium 99 %, dysprosium 96 %, terbium 99 % etc.
Ces métaux sont présentés sous forme de morceaux, lingots, fils, billettes,
I
équivalent oxyde, ce qui correspond à une croissance inférieure à 3 % par an
entre 1980 et 1990.
La plus grande part (75 à 80 %) est consommée sous forme de minerai ou
billes ou barres.
3. Production et prix R
Compte tenu des compositions très variables des matières premières de
terres rares non séparées ; 20 à 25 % seulement sont consommées sous forme
terres rares, l’équilibre entre les approvisionnements en minerais et la vente des
de produits de haute pureté. En termes de valeur, ces derniers représentent
produits séparés est un aspect essentiel de la politique des fabricants de terres
cependant plus de 75 % des 400 millions de dollars par an du marché mondial.
rares.
L’encadré A donne la répartition de cette consommation en tonnage et en
valeur par domaine d’utilisation et par pays. ■ Production de minerais P
Elle se répartit de la façon suivante (valeurs annuelles approchées pour 1990
On prévoit dans les années à venir la poursuite de la croissance des utilisa-
tions de produits purs (taux de croissance actuel : 15 %) avec notamment les
applications en électronique, les développements importants attendus dans le
et 1991) :
— monazite ...................................18 000 t (Australie, Inde, Brésil, Malaisie)
L
domaine des aimants, de la catalyse pour véhicules automobiles et peut-être
des batteries aux hydrures et des applications céramiques.
— bastnaésite ...................................................... 40 000 t (Chine, États-Unis)
— loparite............................................................................... 20 000 t (Russie)
— xénotime.............................................................................. 150 t (Malaisie)
U
2. Formes commerciales et qualités
On trouve sur le marché les composés de terres rares sous différentes
formes.
— concentrés divers................................................ 7 500 t (Chine, ex-URSS)
L’ordre de grandeur des prix en 1992 était de : S
• 2 kF/t pour la monazite à plus de 55 % d’oxydes de terres rares ;
■ Concentrés de terres rares non séparées : • 9 kF/t pour la bastnaésite à 70 % d’oxydes de terres rares ;
— oxydes, hydroxydes, carbonates, fluorures ; • 50 kF/t pour le xénotime (selon sa teneur en Y2O3) ;
— chlorures en solution, cristallisés ou anhydres ; pour les concentrés chimiques, le prix est très dépendant de la composition (25
— nitrates en solution ou cristallisés. à 50 F/kg).
■ Terres rares séparées : ■ Production des terres rares
— oxydes : toutes les terres rares sont disponibles avec des puretés allant de Les principaux producteurs et les caractéristiques de leurs productions sont
95 à 99,999 % (les puretés sont généralement exprimées en masse par rapport rassemblés dans l’encadré B.
aux autres terres rares, sans tenir compte des autres éléments chimiques éven-
tuellement présents) ; Le marché mondial des terres rares est dominé par Rhône-Poulenc, Molycorp
— sels variés : chlorures, nitrates, carbonates, fluorures, hydroxydes, puis les Japonais, mais la Chine y devient progressivement un acteur essentiel.
9 - 1993
sulfates. Les prix indiqués dans l’encadré C ne sont que des ordres de grandeur et
Les caractéristiques physiques des produits (surface spécifique, granulo- peuvent notablement varier selon les quantités, la qualité et l’équilibre
métrie, etc.) sont, avec la pureté, les critères de qualité. disponibilité-demande.
■ Métaux : (0)
— mischmétal (mélange naturel ex-monazite ou ex-bastnaésite, ou bien (0)
compositions modifiées) ;
— lanthane 99 %, cérium 99 %, praséodyme 96 %, néodyme 96 % ; (0)
Doc. J 6 630
E
N
S
A
V Répartition globale en tonnage par pays
O
I
R
P
L Répartitions par applications et par pays
U
S
JAPON
— métaux purs
S
Shin-Etsu Chemical Industry ..................................................................
Nippon Yttrium........................................................................................
Mitsubishi Chemical Industries..............................................................
terres yttriques, alliages
terres yttriques
chlorures non séparés, yttriques
A
et filiales MREC et AREC en Malaisie
Santoku Metal Industry .......................................................................... métaux, alliages, tous oxydes purs V
CHINE
Plus de 30 usines au total.
— mischmétal, métaux purs, alliages
O
Usines du Nord (à Baotou, Lanzhou, Harbin)........................................
—
—
terres rares non séparées, chlorures
terres cériques séparées I
— poudres de polissage
S DP8R
HOE F 2574
Baysolvex D2EHPA
P 204
Daihachi Chemical
Hoechst
Bayer
Chine
43
A
V Acide di(2-éthylhexyl) phosphonique
(HEHEHP ou MOOP) :
I lonquest 801
PC 88A
P 507
Albright & Wilson
Daihachi Chemical
Chine
155
R
Acide carboxylique ramifié :
R
P |
CH 3 C COOH avec R + R′ = C 7
Versatic - 10
Néodécanoïque
Shell Chimie
Exxon Chemicals
13
|
L R′
Acides naphténiques :
( CH 2 ) CH 3
n
|
CH 3 ( CH 2 ) N X
n Aliquat 336 Henkel Corp.
| (en France : Marcel Quarré)
Adogen 464 37
( CH 2 ) n CH 3 HOE S 2706
Sherex Chemical
Hoechst
avec 7 < n < 11 et X = Cl, NO 3 ou SCN
Tri(n-butyl)phosphate (TBP) :
Bayer, Protex
Albright & Wilson
Monsanto, FMC, 18
Stauffer
Transol Chemicals BV
Dibutyl-butyl phosphonate (DBBP) :
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