DOMAINE D’APPLICATION
Dans l’Eurocode V partie 2 section 1 (EN 1997 1-2)
Ponts routiers et ferroviaires.
Portées en bois ou bois composite soumis à des charges statiques ou dynamiques.
Cette partie traite le calcul des parties principales des structures des ponts en bois c’est-
à-dire des éléments structuraux important pour la fiabilité de l’ensemble du pont ou de
ses parties principales qu’ils soient entièrement en bois ou en matériaux à base de bois,
ou composite avec le béton, l’acier ou d’autres matériaux.
Les ponts en bois nécessitent des considérations spécifiques, notamment pour :
La fatigue (effets des charges répétées).
Les vibrations (oscillations sous l'effet du trafic).
La durabilité (protection contre l'humidité et les insectes).
Quelques définitions à retenir
En complément à celles des données dans EN 1995-1-1
Clavetage : assemblage résistant au cisaillement constitué par l’encastrement d’une
partie ronde d’un élément dans la face contiguë de autres éléments, ils sont
généralement retenus par des vis, des boulons, etc…
Plaque de tablier lamellé : plaque de lamelles individuelles solidarisées par clouage ou
collage et/ou une pression latérale permanente destinée à assurer une liaison par
frottement.
Précontrainte : Action permanente due à des forces et/ou déformations contrôlées
imposées à une structure.
Exemple : Précontraintes des platelages en bois obtenue aux moyens de barres ou de
tirants.
Section 2
2. Actions et combinaisons d’actions
2.1 Charges spécifiques aux ponts
- Charges permanentes : poids propre des éléments en bois, équipements,
revêtements.
- Charges variables :
- Charges d’exploitation des ponts routiers et ferroviaires, en accord avec l’EN
1991-2 (charges pour les ponts).
- Effets thermiques, vent, neige, et actions sismiques.
- Charges dynamiques : vibrations induites par les véhicules ou piétons.
- Comportement vis-à-vis du fluage et du retrait sous charges prolongées.
2.2 Propriétés spécifiques aux ponts
- Effets des variations d’humidité (bois hygroscopique).
- Modifications des résistances en cas d’exposition à des charges dynamiques ou
thermiques répétées
Fatigue
Vérification des assemblages et des éléments soumis à des charges répétées.
Durée de vie théorique calculée en fonction des cycles de charges et de la qualité du
matériau donc les états limites relatifs à la fatigue doivent être considéré comme des
limites ultimes
Section 3 Matériaux
Classes de service
Les ponts ou les parties de ponts, qui ne sont pas protégés de l’eau ou des intempéries,
doivent être considérés en classe de service 3
N.B : L’eau peut être apporté sur le pont par les véhicules. Des exemples de protection
contre les intempéries sont les couvertures de ponts par un toit, les plaques de tablier qui
constituent un abri, ou une protection du bois par créosotage.
Classes de durée de charge
Il convient de considérer les actions variables due au trafic, la précontraintes appliqué
pendant le levage comme des actions de court terme.
Mais il convient de considérer la précontrainte résiduelle comme une action à long
terme
Section 4 : Durabilité
5.1 Protection contre les intempéries
Traitement du bois (fongicides, insecticides).
Conception favorisant l’écoulement de l’eau (ex. : joints étanches, pente minimale).
Il faut mettre en place des dispositions constructives pour la préservation donc il est
nécessaire d’éliminer ou de limiter l’action des intempéries, pluies et radiations solaires.
Par contre s’il est impossible d’assurer une couverture complète ou partielle de la
structure, il convient de prendre en compte une ou plusieurs des mesures suivantes :
• Limitation de l’eau stagnante sur les éléments en bois en assurant une pente
suffisante
• Limitation des ouvertures, entaillages, où l’eau peut s’accumuler ou s’infiltrer
• Limitation de l’absorption par capillarité à partir des fondations en béton au
moyen des barrières étanches adaptées
• Limitation du gauchissement et du retrait du bois par une humidité initiale
adaptée et par une limitation des écarts d’humidité au moyen d’une protection
de surface adéquat
• Utilisation des bois naturellement durable ou traité
5.2 Maintenance
• Inspections régulières pour détecter l’usure, les fissures ou la dégradation des
connexions.
• Réparations possibles par ajout de renforts ou remplacement partiel des
éléments.
• Protection des pièces métalliques
• Les pièces métalliques utilisées dans les assemblages acier/bois, ou les barres de
précontraintes qui deviennent inaccessibles une fois le pont terminé doit être
protégées en fonction de la durée de vie du projet. Donc toutes les pièces
métalliques doivent avoir une protection suffisante contre la corrosion, ou en cas
de conditions sévères par exemple l’utilisation d’antigels agressifs qui est
inévitable, il est préférable d’utilisé des acier inoxydable de composition adapté
ou des revêtement spéciaux à moins que les pièces puissent aisément
remplaçable.
• Rupture d’un goujon unique
• Il convient de déterminer la résistance en traction axiale du goujon en acier par
sa limite élastique en compression, il convient de prendre en compte l’éventualité
d’un flambage pour des résistances de calcul en compression supérieurs à 300
N/mm2
• Il convient de prendre en compte comme résistance caractéristique de calcul
pour le cisaillement dans le bois selon
Fax,Rk= π.[Link],k
• Platelages renforcés
• Platelages précontraints
Elément armés
• Dans ce chapitre les éléments en bois armés d’autre matériaux, par exemple de
bois d’une autre essence, de matériaux à base de bois, de fibre de verre ou de
carbone ou de l’acier, liées au bois par collage. Il convient de calculer les valeurs
de calcul des effets des actions à partir des valeurs moyennes des propriétés de
rigidité et les déplacements pour les classes de service et de durée correspondant
𝐸𝑚𝑜𝑦𝑒𝑛
𝐸=
1 + 𝐾𝑑𝑒𝑓
Effet de corde :
Pour des boulons, l’effet de corde est limité à 25 % de la partie de Johansen. Le détail
des calculs ci-dessous a permis de déterminer la résistance minimale de la partie de
Johansen : 15 660 N. L
Règles CB 71
Lamibois, osb
Assemblages
Dans les ponts, avec des actions dues au trafic variant fréquemment, les dispositions
suivantes s’appliquent
Utilisé les vérifications pour les goujons collés sont données à l’annexe A
Une méthode de calcul du nombre efficace de broches est donnée à l’annexe C
Il est aussi convenable de n’utiliser que des assemblages symétriques en respectant les
paramètres de dimension et de rigidité sauf si les pièces assemblées sont stabilisées par
des contreventements
Vérifications spécifiques
Verification à la fatigue
Il est nécessaire d’effectuer une vérification simplifiée dans le domaine de contrainte ∆σ
∆σ= σmax - σmin
σmax = la contrainte caractéristique maximale de l’action à la fatigue
σmin = la contrainte caractéristique minimale de l’action à la fatigue
Verification des vibrations
Que le comportement élastique est assuré afin d’éviter des écarts par rapport à la
géométrie envisagée et que les flèches et courbures sont limitées afin d’éviter :
Les vibrations dues aux piétons, aux véhicules ou au vent qui peut être désagréable
aux usagers du pont
Les dommages dus à la fatigue occasionnée par les phénomènes de résonance
REMARQUE : il existe une norme spécifique plus approfondie concernant le confort des
personnes en présence de vibrations est donnée dans ISO 2631/. Ces exigences
incluent des vérifications des fréquences naturelles qui est géneralement supérieur à 5
Hz pour eviter les résonances.
Vibrations verticale
Analyse des fréquences naturelles du pont pour éviter les effets de résonance avec le
trafic.
Conception visant à limiter les amplitudes de vibration.
Accélération verticale
Vibrations horizontales
Accéleration horizontales
Vibrations occasionnées par les véhicules
Il faut donc calculer l’accéleration verticale et la fréquence naturelle fondamentale
des poutres et plaques de tablier
Classes de résistance du bois massif et du bois lamellé-collé
Le matériau bois présente de grandes variations de résistance et d’élasticité. Cette
variabilité se retrouve d’une essence à l’autre mais également à l’intérieur d’un même
arbre. Lorsque l’on réalise des essais, la majorité des échantillons auront une résistance
proche de la résistance moyenne. Plus on s’en écartera, moins il y aura d’échantillons.
Ces résultats sont reportés sur une courbe pour former une courbe de Gauss . Cette
propriété permet de calculer une valeur de résistance mécanique afin que 95 % des
échantillons aient une résistance supérieure à cette valeur calculée et que 5 % des
échantillons aient une résistance inférieure à cette valeur calculée qui est nommée
valeur caractéristique. C’est une différence fondamentale entre l’eurocode 5 et les
Règles CB 71. Pour l’eurocode 5, la valeur caractéristique résulte d’une recherche
statistique ; par contre, pour les Règles CB 71, tout reposait sur la valeur admissible
(contrainte lors de la rupture divisée par un coefficient de sécurité). Il est fréquent de
constater pour une même essence des variations de résistance allant de 1 à 10. Le
classement de structure du bois permet de diminuer l’amplitude de cette variation. Les
bois sont classés en catégories de résistance par un classement visuel (EN 518, NF B
52001) ou par un classement machine (EN 519). Actuellement, le classement le plus
utilisé est le classement visuel ; toutefois, il sera certainement remplacé par le
classement mécanique qui est plus objectif mais pour le moment plus coûteux.
7. Outils et logiciels pour l'Eurocode 5
Pour faciliter le dimensionnement et la conception :
Logiciels : RFEM, RSTAB, Robot Structural Analysis, Cadwork.
Guides pratiques : Documents FCBA, CSTB.
Conclusion
Cette norme, comme pour tous les Eurocodes a été rédigée de façon à
permettre à la fois d’aborder les principaux problèmes posés à la conception des
structures en bois, au vu des techniques actuelles. Ainsi il peut paraître comme un
changement radical du fait d’introduire une nouvelle approche semi-probabiliste avec
les méthodes de calculs aux Etats Limites.
Néanmoins, cette nouvelle voie propose des atouts inhérents notamment celui d’être
plus rationnelle dans la démarche de la sécurité pour assurer la pérennité des structures
en bois qui augmente la fiabilité des constructions en bois.