Cahier d’astuces et remarques - réduction
”Le taux usuraire de l’astuce n’est jamais assez élevé ”
— Léo Ferré
Dans l’entiereté de ce document , nous nous poserons dans le cadre où (si il n’y a
pas d’ambı̈guité) E est un K-espace vectoriel de dimension finie n où K est un corps
commutatif égal à Q , R ou C . On notera B une de ses bases et en considérant f ∈ L(E)
un endomorphisme de E , on notera MatB (f) sa matrice associée dans B.
Astuce 1
Soit A ∈ Mn (K) . Si l’une des colonnes de la matrice A est combinaison linéaire
des autres, alors detA = 0.
Astuce 2
Si l’on échange deux colonnes de la matrice A, alors le déterminant de A
change de signe. Plus généralement , si on prend σ ∈ {1, . . . , n} , alors
det(cσ(1) , cσ(2) , . . . , cσ(k) , . . . , cσ(n) ) = ϵ(σ)det(c1 , c2 , . . . , ck , . . . , cn )
Ces propriétés découlent immédiatement du caractère n-linéaire du detérminant .
Quelques exemples :
1 1 + 2π π
2 6 2 =0 (première astuce).
3 3 + 2e e
1 0 1 1 1 0 1 1 0
2 2 2 =− 2 2 2 = 2 2 2 (seconde astuce).
4 3 1 4 1 3 1 4 3
Astuce 3
Si toutes les sommes des lignes d’une matrice A sont égales à une même valeur
λ, alors λ est une valeur propre de A.
0 1 1 1
1 0 1 1
Exemple : A=
1
On a donc que λ = 3 est valeur propre de A
1 0 1
1 1 1 0
1
Astuce Théo
Astuce 4
T
Prenons A ∈ Mn (C) , si A vérifie A = A (∗), alors les valeurs propres de A sont
réelles .
Remarque : les matrices vérifiant l’égalité (∗) sont appelés matrices hermitiennes .
Astuce 5
Dans les égalités de changement de base telle que P−1 AP = D (♣) où D est
un matrice diagonale (il en est de même pour la trigonalisation) , il n’est pas
nécessaire de perdre du temps à calculer P−1 via le pivot pour vérifier notre
résultat car l’égalité (♣) est équivalente à AP = PD.
Astuce 6
La méthode la plus simple pour trouver l’inverse d’une matrice A dans Mn (C)
est de se ramener à la recherche d’un polynôme annulateur de A , comme en
témoigne l’exemple ci-après .
0 −3 −2
Exemple : Soit A= 2 7 4 Après avoir calculé A2 , on s’aperçoit assez ra-
−2 −6 −3
2
pidement que A − 3A = −2I3 i.e. A(A − 3I3 ) = −2I3 .
C’est à dire A−1 = 21 (3I3 − A)
Astuce 7
Un endomorphisme qui vérifie P(f) = 0 ne peut avoir pour valeur propre que
des racines de P ; par contre, toutes les racines de P ne sont pas forcément des
valeurs propres de f .
Astuce 8
Un endomorphisme est nilpotent s’il admet un monôme comme polynôme an-
nulateur.
On peut en donner une preuve rapide :
Démonstration. Soit f : E → E un endomorphisme et supposons qu’il admette un
monôme Xk comme polynôme annulateur, c’est-à-dire que
fk = 0.
Par définition, un endomorphisme f est nilpotent s’il existe un entier m ⩾ 1 tel que
fm = 0. Ici, nous avons exactement fk = 0.
Ainsi, f est nilpotent d’ordre au plus k.
2
Astuce Théo
Exemple : Soit l’endomorphisme f : R2 → R2 défini par :
f(x, y) = (y, 0), ∀(x, y) ∈ R2 .
La matrice de f dans la base canonique (e1 , e2 ) est :
0 1
A= .
0 0
On vérifie que :
f2 (x, y) = f(f(x, y)) = f(y, 0) = (0, 0), ∀(x, y) ∈ R2 .
Ainsi, f est nilpotent d’ordre 2.
Le polynôme annulateur de f est :
Pf (X) = X2 ,
car Pf (f) = f2 = 0.