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Histoire des Raccordements Routiers en Normandie

Jdh

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Histoire des Raccordements Routiers en Normandie

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Raccordements de Routes en Haute-Normandie

I. Aspects Historiques
Les premiers chemins découlent tout naturellement des premières pistes tracées par l'homme. Ces pistes
sont les limites des propriétés ou des terres cultivées. Comme l'être humain choisit naturellement la ligne
droite pour marcher, il semble naturel que ces limites de propriétés puis de domaines plus vastes aient
subsisté pendant des millénaires. L'importance des voies de communications furent en relation avec celle
des civilisations.
On doit à Hérodote une première référence à l'existence d'un chemin d'importance, celui que le roi
Khéops fit construire, environ 3000 ans av. J.-C. pour amener au chantier les matériaux nécessaires à la
construction de la grande pyramide1.
Dans l'ancienne Babylone, quatre routes importantes rayonnaient autour de la capitale, l'une d'elles
atteignait 600 km. Toujours selon Hérodote, ce fut sur ces routes que s'organisèrent les premiers services
de poste où, tous les 20 ou 25 km, des auberges étaient présentes sur ces routes.
Les Romains furent ensuite les premiers véritables constructeurs de routes. Ils bâtirent un réseau de
80 000 km de longues routes droites grâce à quoi Rome pouvait maintenir le contact avec ses
administrateurs éparpillés sur leur vaste empire et envoyer ses troupes là où leur besoin s'en faisait sentir.
Dans les cités, ils construisirent des rues pavées ou dallées, propres, sans boues ni poussières, munies
d'égouts et de trottoirs.

Pour les dissertations de Mr. l'abbé Belley sur Juliobona, et sur la voie romaine de Caracotinum à Paris
Par le Sr. Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville (1697-1782), B.N.F.

La technique de mise en œuvre au temps des romains a été appliquée longtemps. Sa surface était bombée,
elle s'élevait au-dessus du sol, formant une chaussée pourvue de part et d'autre de rigoles d'écoulement.

1
Ce chemin était dallé à l'aide de pierres de grandes dimensions, pouvant supporter des transports jusqu'à 800 tonnes. On
effectuait ces transports sur une sorte de traîneau, charrié par des équipes d'esclaves, le pavement ayant été au préalable arrosé
avec de l'huile et de l'eau afin de diminuer l'effort de traction.
1
Section d'une chaussée romaine

Les romains construisirent ainsi des routes dallées, empierrées ou tout simplement en terre. Ils
considéraient avec un grand honneur la surveillance de la construction et de l'entretien des routes. Ce
dernier était assuré d'un façon permanente par une organisation de contremaîtres et cantonniers.

La chute de l'Empire Romain trouva le monde divisé en une série de petites nationalités dispersées ; la
nécessité de communications entre les peuples disparut. En règle générale, les routes furent jusqu'au
Moyen Age dans un état déplorable. Lorsque les royautés prirent plus d'importance, les rois, aidés de
leurs ministres, se préoccupèrent de cette situation et s'attachèrent à améliorer le réseau routier.

" La décadence de l’Empire Romain en Europe, amena celle des Chemins. Les
Barbares ne savoient qu’envahir & détruire. Le seul Charlemagne, supérieur à
son siecle fit rétablir en France par ses troupes & par ses sujets les chemins des
Romains. [...] Philippe-Auguste & quelques-uns de ses Successeurs s’occupèrent
un moment des Chemins : le grand, le bon Henri IV & le vertueux Sully eurent à
peine le temps de former des projets, le Cardinal de Richelieu sentit leur
nécessité, Colbert la fit connoître à Louis XIV qui commença nos premieres
grandes Routes : Louis XV, enfin, embrassant un plan plus vaste, voulut que
toutes les parties de son Empire communiquassent entr’elles avec facilité, &
ouvrit & perfectionna seul plus de chemins que tous ses Prédécesseurs ensemble.
Il ne reste guères aux héritiers de son trône que le tiers de l’ouvrage fait par ce
Roi, pour voir totalement achevée l’immense entreprise de la confection de toutes
les Routes de la France."

écrivait François Pommereul dans Des chemins, et des moyens les moins onéreux au peuple et à l'Etat de
les construire et de les entretenir en 1781.

A la fin du XVe siècle, Louis XI établit pour son service les


premiers relais de poste, initiant les routes de postes qui
allaient constituer l'armature principale du réseau jusqu'au
milieu du XIXe siècle. A sa mort, ce service constitué
s'étendit au service des particuliers et non plus
exclusivement au service royal. Les routes devinrent
permanentes avec François Ier. Les premiers coches et
chariots circulèrent sous Henri II.
En 1552 paraît pour la première fois La guide des chemins
de France à Paris chez Charles Estienne qui décrit
l'ensemble des chemins fréquentés à l'époque.

Le souci de Colbert de développer le Royaume nécessitait de s'intéresser à celui des chemins de France. Il
écrit, en 1679, à l'Intendant de Rouen :

2
"Le Roi me charge de vous dire qu'il ne veut être chargé que des ouvrages de
conséquence, comme les ponts sur les rivières, des grandes chaussées de pavé à
faire et autres de cette nature, et à l'égard des petits ouvrages, comme mettre des
cailloux dans un mauvais passage de 50 à 60 toises de long, dont la dépense ne
peut monter qu'à 1000 ou 1200 livres, Sa Majesté veut que vous les fassiez faire
par les communautés; qui sont toujours assez portées à raccommoder les chemins
qui servent à leur commerce."

La technique moderne en matière de routes a eu ses origines au début du XVIIIe siècle en France. En
1716 , un service public de ponts et chaussées fut créé suivi en 1747 de la création par Trudaine de l'Ecole
du même nom destinée à la formation d'ingénieurs spécialisés.
Le règne de Louis XV a vu la construction de grandes routes royales qui continuent d'être la base de notre
réseau routier. Pour la construction de ces routes, les caractéristiques techniques étaient peu nombreuses :
largeur revue après l'arrêt du 3 mai 1720, plantations, limite de charge des véhicules. Pour la pente
maximale et la constitution des chaussées, on relevait deux exemples différents. Dans les hautes
montagnes, on pouvait donner 7 à 8 pouces par toise de pente au chemin mais qu'en Auvergne, cela ne
dépassait pas 6 pouces.

Ce tableau suivant peint vers 1774 présente la construction d'une route en des tronçons qui correspondent
à des degrés successifs d'avancement des travaux.

La construction d'une route au XVIIIe siècle d'après Claude-Joseph Vernet.

Au premier plan, au centre, l'ingénieur discute avec le piqueur responsable du pavage. A proximité
s'affairent les paveurs qui utilisent pelles, pioches, rateau de fer, "batterand" ou masse. Près du parapet,
ils sont aidés par quelques femmes qui utilisent des corbeilles... Au second plan et conformément aux
méthodes d'Exchaquet2, Vernet met en scène des travailleurs chargés d'éliminer les déblais : ils utilisent la
brouette ou les "caisses à gravier" tirées par deux chevaux qui pouvaient transporter jusqu'à 16 pieds
cubes. Ces caisses, moins larges à la base qu'au sommet, peuvent basculer grâce à un levier et sont plus

2
Architecte-ingénieur des Ponts et Chaussée. Il donne « les règles de la construction, les usages, les ordonnances de police, et
les arrêts qui concernent l'entretien des grands chemins ». L'ouvrage, le Dictionnaire des ponts et chaussées, contenant Les
règles de la construction, les usages, les ordonnances de police, & les arrêts qui concernent l'entretien des grands chemins ;
un tableau des chauffées que les Romains ont construites dans l'Helvétie, avec les autorités & les preuves, tirées des
monuments de l'antiquité, dédié à leurs excellences de la République de Berne, Paris, chez Lagrange, 1787, est destiné aux
« entrepreneurs, aux maçons, aux élèves et aux ouvriers qui ignorent la théorie de l'art ».
3
adaptées à ces travaux que le classique tombereau qui est également présenté déchargeant sa cargaison
dans le ravin. Plus loin, Vernet évoque les carrières, la taille des pierres nécessaires notamment à la
construction du pont et des ouvrages d'art.

C'est l'ingénieur Pierre Trésaguet (1716-1796), ingénieur de la généralité de Limoges, qui projeta et
dirigea la construction des premières routes à la fois économiques et fondées sur des bases techniques. Il
réalisa, le premier, les deux principes essentiels d'une route durable dans son mémoire de 1775 : une
couche de fondation ferme et sèche, un revêtement imperméable, suivant le principe dit "hérisson" ;
plusieurs couches superposées ferment la route : un soubassement en pierre de 17 cm d'épaisseur puis un
empierrement de la même épaisseur et enfin une couche d'usure de 8 cm en gravier fin.

Chaussée de P. Trésaguet

L'exemple français fut bientôt suivi dans d'autres pays et deux ingénieurs britanniques, le maçon Thomas
Telford (1757-1834) et l'écossais John L. MacAdam (1756-1836) poursuivirent son amélioration en
créant leur revêtements.

La France disposait de 6 000 lieues de routes à la fin du XVIIIe siècle.


Napoléon attribua une grande importance aux routes, indispensables pour le bon déroulement de ses
campagnes militaires. De nombreuses mesures furent prises pour faciliter la circulation et de grands
projets furent mis en place.

Les pneumatiques commencèrent à remplacer les jantes d'acier. Au lieu d'user et de compacter le sol, le
caoutchouc semblait aspirer les particules fines des interstices des pierres, créant ainsi une surface
rugueuse qui ne tardait pas à être défoncée. Il devenait donc nécessaire de prévoir un liant constituant en
même temps un revêtement uni ; le premier en date fut le goudron.

Edicule en grès gravé "Limite de la


garnison de Dieppe". Hauteur : 1,15 m,
section 32 x 32 cm. Mis en place en 1771
pour matérialiser les limites que les soldats
en garnison à Dieppe n'avaient pas le droit
de dépasser sous peine d'être considérés
comme déserteurs.
source : [Link]

4
Carte de Cassini (levée entre 1760 et 1789)

5
II. La situation de la Haute-Normandie
Le XIXe siècle a été une période de mutation des transports. En quelques dizaines d'années, on est passé
de l'antique diligence avec ses chevaux ahanant sur les mauvaises routes aux chemins de fer rapide,
pratiquement indifférents aux conditions atmosphériques.
Sous le premier Empire, un Rouennais qui désirait gagner Paris devait envisager un fatiguant voyage
d'une quinzaine d'heures. Dès 1843, il ne fallait plus que 4 heures et quart et 2 heures 30 à la fin du
second Empire, grâce au chemin de fer.

L'arrivée de la diligence à Rouen vers 1840

En 1800, 16 grandes routes traversaient le département. 8 étaient dites dégradées et les 8 autres …
imparfaites. La route de Caen était considérée comme impraticable six mois par an et dangereuse le reste
de l'année.
Quant à la portion de route Rouen-Le Havre (route ouverte en 1771) située entre Graville et Ingouville,
on ne cessait de réclamer son pavement. Ce n'est qu'en 1823 que de véritables travaux furent achevés.
En 1811, la route Rouen-Caudebec était considérée comme impraticable à partir de Maromme, les routes
longeant la Seine étaient parfois endommagées par les crues du fleuve. En fait, toutes les routes avaient
besoin de réparations. Pourtant, bien peu de travaux étaient effectués. Au Conseil Général on notait, en
1802, que les routes n'offraient "qu'une portion de terrain vague sur laquelle on a successivement entassé
sans intention et sans calcul une portion plus ou moins forte de matériaux, en sorte que le dessin
originaire est totalement perdu."
Un décret impérial du 16 décembre 1811 opéra un classement3 des routes en distinguant les " routes
impériales " des routes départementales. Il prévoyait les mesures nécessaires à leur création et à leur
entretien, le cas des routes impériales relevant de l'Etat. Les routes départementales, jugées d'intérêt
économique moindre, sont énumérées dans le décret du 7 janvier 1813. Le financement des travaux
nécessaires incombe aux départements. Le décret les autorise à percevoir des centimes additionnels pour
la réparation et l'entretien des routes qu'il énumère.

3
Depuis l’Arrêt du Conseil du Roi du 6 Février 1776, les routes sont en vertu de cette Loi divisées en quatre classes : celles
qui traversant la totalité du Royaume mènent de la Capitale aux principales villes & Ports, forment la première, & ont de
largeur 42 pieds, & dans les bois 60 : celles qui communiquent entre les grandes villes des différentes Provinces forment la
deuxième, & ont 30 pieds : celles qui communiquent entre les principales Villes d’une même Province ou des Provinces
voisines forment la troisième, & ont 30 pieds: celles enfin qui servent aux petites villes & Bourgs à communiquer ensemble,
forment la quatrième & ont 24 pieds. Toutes ces largeurs sont celles du chemin, non compris les fossés ni l’empattement des
talus de leurs glacis écrivait François Pommereul dans Des chemins, et des moyens les moins onéreux au peuple et à l'Etat de
les construire et de les entretenir en 1781.
6
Les chemins dépendent eux des communes traversées, à charge pour les Conseils Municipaux de trouver
les fonds ou moyens nécessaires à leur entretien.

Les routes royales (au nombre de 12 en 1825) ne cessaient de se dégrader mais peu après un effort
commençait à se dessiner en faveur des routes départementales. Elles apparaissaient nécessaires au
développement économique.
Sous la monarchie de juillet, une lente amélioration se dessina. Les subventions destinées aux routes
royales (578 km de longueur) augmentèrent mais des sections entières restaient en mauvais état. Depuis
1831 néanmoins de gros efforts avaient été accomplis pour le pavage de la traversée des villes.

La route Rouen-Caudebec en Caux 1836, B.M.

Pendant ce temps, les routes départementale continuaient leur progression, leur rôle de relation entre les
routes royales apparaissaient comme de plus en plus indispensable. On en comptait 42 en 1842. En 1848,
on décida de faire l'acquisition de deux rouleaux compresseurs pour consolider les chaussées.

7
Le rouleau compresseur vers 1845

Pendant l'essor du chemin de fer sous le second empire, la situation du réseau routier devint réellement
catastrophique faute de crédits (la ligne Paris-Rouen fut inaugurée le 3 mai 1843).

L'inauguration du chemin de fer en 1843 B.M.

Petit à petit naquit l'idée que l'on avait trop exagéré l'importance du chemin de fer aux dépens des routes.
Il fallait rectifier les pentes trop rapides qui existaient sur des routes.

8
Vers 1880, on estimait encore, pour les routes nationales qu'il y avait encore 571 km empierrées et 24 km
pavées, pour les routes départementales 826 km empierrées et 9 km pavées. Ce n'est qu'au XXe siècle
avec le développement de l'automobile, que les routes retrouvèrent une place de choix et connaîtront un
développement spectaculaire.

Les autocars Etretat le Havre vers 1907

9
III. Les raccordements routiers
François Pommereul dans Des chemins, et des moyens les moins onéreux au peuple et à l'Etat de les
construire et de les entretenir en 1781 répondait à ceux qui doutaient de l'utilité de construire de
nouveaux chemins :

"Ce n’est pas assez d’avoir prouvé l’utilité des Chemins, il faut encore répondre
aux objections qui se sont élevées contre ceux de la France. On leur a reproché,
1°. D’être trop larges.
2°. D’être peu solides.
3°. D’être tracés suivant des lignes trop droites.
4°. De causer de grands dommages aux Propriétaires & à la culture."

Et plus particulièrement, pour le point n°3 :

" Les Chemins sont tracés suivant des lignes trop droites : un pareil reproche
suppose de l’ignorance ou de la mauvaise foi; c’est un axiome connu des enfans,
qu’entre deux points la ligne droite est le plus court Chemin. Tout Chemin aligné
droit prend donc le moins de terrein possible, coûte donc le moins de frais de
construction & d’entretien, augmente par son raccourcissement même tous les
gains qu’il doit procurer : voilà bien assez de titres pour lui valoir une préférence
incontestable."

Pour effectuer une implantation d’axe routier, on ne doit plus tenir compte exclusivement des intérêts
économiques dont dépendent sa construction.
Dans le rapport sur le mémoire de Charles Dupin intitulé Mémoire sur la théorie générale du tracé des
routes, Faisant suite aux développements de géométrie, M. Girard, Rapporteur de l'Institut de France,
résume le travail produit par le baron C. Dupin, dans les Annales de Gergonne, 7, 1816-1817 :

Quelle que soit la ligne parcourue, sur un terrain quelconque; par des hommes ou
des animaux qui traînent un fardeau, la force instantanée qu'ils transmettent à
cette masse, après la production de la vitesse, qui doit rester uniforme, est contre-
balancée par la résistance que des obstacles de différente nature opposent au
mouvement; de sorte que, la vitesse uniforme propre à l'espèce de moteur employé
étant supposée connue, la théorie du tracé des routes est indépendante de toutes
considérations de dynamique, et rentre entièrement dans le domaine de la
géométrie.
Lorsque les moteurs doivent exercer leur action sur un plan horizontal ou dont
l'inclinaison est très petite, il est évident que la route la plus avantageuse, c'est-à-
dire, celle qui peut être parcourue dans le moindre temps, et par conséquent aux
moindres frais possibles, est la ligne droite qui joint le point de départ et le point
d'arrivée. M. Dupin donne à ce chemin rectiligne la dénomination de route
directe.
Mais lorsque le sol sur lequel on doit cheminer a une configuration telle que la
ligne la plus courte tracée entre les points de départ et d'arrivée présente, dans
toute ou partie de sa longueur, une inclinaison plus forte que la plus grande
suivant laquelle les moteurs employés peuvent agir avec avantage; on est alors
obligé de se détourner de cette route directe, pour en suivre d'autres dont la pente
soit plus douce, et que M. Dupin désigne sous le nom de routes obliques.
On conçoit que l'on peut arriver d'un point à un autre, sur une surface
quelconque, par une infinité de routes obliques de pentes différentes. M. Dupin
pose en principe que l'on doit choisir, entre ces routes, celle dont la pente est
égale à la plus grande suivant laquelle une route directe puisse être parcourue; et
il dérive de cette condition la théorie générale qu'il expose.

10
Si dans un premier temps, la faible vitesse des véhicules en mouvement pouvait éviter les considérations
de dynamique agissant sur ces objets en mouvement, la vitesse croissante des trains dans un premier
temps (première moitié du XIXe siècle) puis des voitures à partir du tout début du XXe siècle, obligea les
constructeurs de routes à tenir compte de cette vitesse.

Nous savons désormais qu'il faut choisir un tracé en fonction de la topographie du terrain et du type de
route étudiée selon des critères de visibilité, de distance de freinage, de vitesse de parcours, de déclivité
maximale, etc.
Retraçons quelques étapes des connaissances ou des pratiques permettant d'aboutir aux connaissances
actuelles.

1) Quelques éléments professés à l'Ecole des Ponts et Chaussées avant 1895 par M. Durand-Claye.
Après avoir présenté l'action de la force centrifuge sur des tracés courbes de routes, M. Durand-Claye en
déduit qu'il y a intérêt à faire les rayons de courbes aussi grands que possible pour en atténuer l'effet. Mais
pour des raisons économiques, lorsque le tracé est courbe comme pour contourner un obstacle, on doit
faire les rayons aussi petits que possible pour diminuer la longueur de ce tracé.
En se basant sur les voitures tractées par des chevaux, il indique que

… la pratique a démontré que, pour les vitesses ordinaires des voitures rapides,
que l'on peut évaluer à 12 kilomètres à l'heure en moyenne, un rayon de 30 mètres
était suffisant. Pour des vitesses plus grandes, allant jusqu'à 15 ou 16 kilomètres,
il faudrait avoir 50 mètres.
Il faut donc porter les rayons à 50 mètres au moins, et, en tout cas, ne jamais
admettre de moins de 30 mètres.
Dans quelques contrées très accidentées, où les terrassements coûtent cher, on
descend quelquefois au-dessous de cette limite, et on admet des rayons de 25 et
même de 20 mètres. Mais dans ces contrées, les vitesses ne sont jamais bien
grandes, par suite de la succession de fréquentes rampes de pentes qui s'y
rencontrent.

Quant à l'évolution du tracé dans un profil en long, il n'évoque que la qualité de l'effort du cheval sur des
pentes modérées et sur les descentes. Dans le cas de ces dernières,

… si la poussée devient trop forte, il [le cheval] est entraîné avec la voiture par
une force accélératrice constante, qui est la différence entre la poussée de la
voiture et l'effort maximum de recul du cheval. La vitesse s'accélère indéfiniment,
et il peut arriver des accidents si les descentes sont un peu longues.
Pour résumer les règles auxquelles il faut s'attacher, tout en observant l'économie
la plus stricte, c'est-à-dire en ne faisant inutilement ni grands ouvrages d'art, ni
grands travaux de terrassements, sont les suivantes :
1) Chercher le tracé le plus court;
2) Réduire la déclivité des pentes autant que possible;
3) Ne pas adopter des pentes dont la déclivité dépasserait 0,023, ou au plus 0,03
si c'est possible;
4) Si cette limite n'est pas admissible, n'en pas adopter de supérieures à 0,06;
5) En tout cas, fixer aux pentes une limite à peine aussi élevée que sur les bonnes
routes existantes de la contrée;
6) Eviter avec grand soin une rampe isolée de déclivité exceptionnelle;
7) Briser les pentes qui ont une grande longueur;
8) Eviter de monter pour redescendre, ou inversement, et, si on y est contraint, le
faire à la moindre hauteur possible;
9) Adopter, dans les parties en courbe, des rayons de 30 mètres et au delà, sauf
dans les terrains difficiles, où les rayons peuvent descendre à 30 mètres, et même
très exceptionnellement à 20 ou 25 mètres.
11
Un dernier perfectionnement du tracé consiste en l'étude de la quantité des terrassements à effectuer. Le
tracé qui donnerait lieu au minimum de terrassements serait évidemment celui où le profil en long du
projet se confondrait avec celui du terrain naturel.
Les figures nommées 5 et 6 ci-dessous donnent le calcul graphique permis par les abaques des dépenses
afférentes à chaque mode de transport, suivant les distances, et par cela même de la distance à laquelle il
faut cesser d'en employer un pour passer à un autre.

Figures provenant de l'Exposé de deux Méthodes pour abréger les calculs des terrassements et
des mouvements de terre dans la rédaction des avants projets et des projets des chemins de fer,
de routes et de canaux par L. Lalanne, Paris, Dunod, 1879.

2) Généralités sur les courbes de transition : Extrait de Une nouvelle courbe de transition pour les
raccordements progressifs : la radioïde pseudo-elliptique par M. Émile Turrière, professeur à la Faculté
des Sciences de Montpellier en 1939.

Le problème de la voie ferrée, et celui, plus récemment posé, de la route ont


imposé l'emploi de courbes de transition pour raccordements progressifs.
Il s'agit de passer d'un alignement droit BA d'arrivée à un second alignement droit
AB' de départ (ou vice-versa) en se raccordant sur un arc circulaire qui
appartiendrait, en principe, à un cercle de centre C0, rayon R0, (cercle primitif).
La variation brusque de courbure serait dangereuse, en raison des effets de la
force centrifuge. Cette variation de courbure constituerait une absurdité pratique et
une grave erreur théorique. On ne saurait donc passer directement d'un alignement
droit à un arc circulaire et inversement.
La solution adoptée est de déplacer ou déformer le cercle primitif (C0,R0) :
a) En conservant le centre et diminuant le rayon
b) En conservant le rayon et déplaçant le centre de C0 en C sur la
bissectrice AC0C des alignements (AB, AB').

Le profil définitif (profil en longueur) de la voie, comprendra ainsi :


1°) Une partie BO rectiligne;
2°) Un arc OM de courbe de transition;
3°) Un arc circulaire MM';
4°) Un arc M'O' de courbe de transition;
5°) Une partie rectiligne O'B'. l'ensemble étant symétrique par rapport à. la
12
bissectrice de l'angle BAB'.

Les courbes de transition, assurant une variations continue de la courbure, devront


essentiellement avoir des points d'inflexion O et O' avec OB et O'B' pour
tangentes inflexionnelles. En M et M', elles seront respectivement osculatrices au
cercle définitif (C, R).

Déjà, vers 1854, de telles lignes de transition furent insérées entre cercle et
alignements droits à l'occasion de l'établissement de voies ferrées du sud de
l'Autriche (courbe en anse de panier).
En 1863, de telles courbes furent utilisées couramment sur la ligne du Brenner. En
même temps, sur toute la longueur de ce raccordement, le dévers croissait
uniformément de zéro à sa valeur sur la courbe circulaire.
En 1867, W. de Nördling, alors ingénieur en chef de la Compagnie d'Orléans,
introduisait ces notions en France et donnait sa solution des raccordements
paraboliques.
La circulaire ministérielle française du 28 juin 1879 préconisait l'emploi de la
parabole cubique de Nördling
x3
y = 135 000
avec la vitesse V, le dévers d et l'angle i de dévers
45
V = 62 km/h, d = R , tang i= 0,002.

Dans ses études sur les rivières à fond mobile, Fargue4 introduisit en 1868 la
spirale volute qui n'était autre que la clothoïde ou spirale de Cornu. Il indiquait,
en même temps, une solution théorique par une nouvelle courbe qu'il nommait la
bisinusoïde, et en 1884, une autre solution par les spirales sinusoïdes.
En 1869, Combier reprenait la solution de Nördling par la parabole cubique.
En 1868, paraissait une importante étude mathématique de Tourtay5 le problème
était posé dans toute sa généralité et résolu par l'emploi d'une courbe d'équation
intrinsèque :
R = ϕ(s)
conduisant aux formules
x=⌠ ⌡ dscos ⌠
⌡ ϕ(s) ds

4
L. Fargue, Étude sur la corrélation entre la configuration du lit et la profondeur d'eau dans les rivières à fond mobile (Annales
des Ponts et Chaussées, 1868, 1er semestre, p. 34).
L. Fargue, Note sur le tracé des rives de la Garonne (Annales des Ponts et Chaussées, 1884, 1er semestre, p. 411).
L. Fargue, La forme du lit des rivières à fond mobile, 1908, p. 63 et 175.
5
Tourtay, Note sur les raccordements paraboliques de la voie en plan (Annales des Ponts et Chaussées, 6- série, t. VI, 1883,
2ème semestre, p. 387-408). Voir aussi p. 612 du même volume quelques lignes ingérées, à la demande de Fargue, au sujet de la
Note de Tourtay.
13
⌡ dssin ⌠
y=⌠ ⌡ ϕ(s) ds
analogues à celles de Fargue.
En 1876, E. Collignon6 étudiait la question sous un point de vue strictement
géométrique.
Toutes les recherches de cette période initiale aboutissaient à la thèse de doctorat
de Maximilien de Leber7 (1892), consacrée aux radioïdes suivantes : la parabole
cubique, la clothoïde, l'élastique, la lemniscate de Bernoulli.

Le problème de la construction des pistes de vélodrome fut résolu en 1895 par


Carlo Bourlet8 au moyen de la clothoïde, taudis que la lemniscate était
spécialement étudiée, sous le rapport de son application au problème de la voie,
par Adam9 ( i895).
En 1902, M. d'Ocagne10 revenait sur l'application de la clothoïde aux voies ferrées
et publiait les tables qui ont depuis été constamment utilisées.
Le problème des voies fluviales, qui, primitivement, avait été étudié par Fargue
était repris par Mocquery11 (1881) et par Fargue lui-même (1884), puis en 1911
par Armand12, qui considéra à nouveau la bisinusoïde.
Ce ne fut, par contre, que plus récemment que se posa la question du relèvement
des virages des routes.
En France, une Commission du Touring-Club édicta, en 1905, quelques règles qui
ne furent pas suivies.
En 1914-1918, au cours de la Guerre, les routes furent élargies systématiquement
dans les virages, en France et en Amérique. Des travaux stratégiques, en régions
accidentées, furent entrepris au Maroc. Dans la région de Fez, il fut fait usage de
raccordements progressifs pour virages fortement relevés.
Mais, depuis la Guerre, une abondante littérature a été consacrée à la question
routière et principalement aux courbes de transition.
En France, MM. J. Bize et Malegarie13 ont publié une série d'articles présentant le
plus vif intérêt ainsi qu'une bibliographie étendue relativement à ces diverses
courbes. Comme travaux récents, il convient de citer ceux de MM. Larras et
Couprie.
En Belgique, M. J. Lamoen14 leur a consacré une longue étude et a calculé de
nouvelles tables.

6
E. Collignon, Problème des raccordements (Association française pour l'avancement des sciences, Clermont-Ferrand, 5,
session, 1876, p 87-104)
7
Maximilien de Leber, Calcul des raccordements paraboliques dans les tracés de chemins de fer, 1892 ( Thèse soutenue en
juin 1895).
8
Carlo Bourlet, Traité des bicycles et bicyclettes, suivi d'une application à la construction des vélodromes, 1884, p. 82-88.
9
Adam, Emploi de la lemiscate de Bernoulli pour les raccordements, avec tables applicables aux tracés de chemins de fer
(Annales des Ponts et Chaussées, 1895, 2ème semestre, p. 383).
10
D'Ocagne, Sur les raccordements à courbure progressive pour voies ferrées (Annales des Ponts et Chaussées, 1902, p. 70).
11
Mocquery, Courbes de raccordement des canaux (Annales des Ponts et Chaussées, 1881, n° 56).
12
Armand, Travaux d'amélioration du Rhône (Annales des Ponts et Chaussées, 1911, 2ème semestre, n° 70).
13
J. Bize, Calcul et implantation des courbes de transition des virages sur les routes (Annales des Ponts et Chaussées, 1932,
1er semestre, p. 300-323).
Charles Malegarie et Joseph Bize, Application des raccordements progressifs aux sinuosités des voies terrestres et fluviales
(L'Ingénieur-Constructeur, 1935, n° 246, p. 3505-3517; n° 247, p. 3569-3582; n° 248, p. 3653-3656).
Galatoire-Malegarie, Tracés de routes à courbure continue. Raccordements à courbure progressive par l'emploi de la
lemniscate de Bernoulli.
relèvements des virages (Annales des Ponts et Chaussées, 3ème trimestre, 1919, p. 332).
Malegarie, Virages et raccordements progressifs (Revue générale des routes et de la circulation routière, juin 1934).
Larras, Profils en long et profits en travers de chaussées dans les entrées de virages relevés (Annales des Ponts et Chaussées, t.
VII, juillet 1936, p. 74-87).
Couprie, Note sur les caractéristiques des routes modernes, (Annales des Ponts et Chaussées, août 1938, 2ème semestre, n° 5, p.
179-249).
14
J. Lamoen, Le tracé des raccordements progressifs (Annales des Travaux publics de Belgique, 1933).
14
En Angleterre, le Professeur Royal Dawson et M. H. Criswell ont publié des
études techniques sur l'emploi de la spirale de Cornu ou la lemniscate; ces études
sont du plus grand intérêt15.
En Italie16 l'intérêt spécial qui vient d'être apporté aux autostrades a provoqué lat
publication de recherches importantes de Luigi Stabilini, F. Corini, F. Balatroni,
L. Lamagna, C. Columba, et les graves accidents sur l'autodrome de Monza
pendant que se courait le grand prix d'Europe ont prouvé la nécessité de ces
recherches.
Je citerai aussi les travaux de M. Peter17 dans la Revue suisse de la route, et de J.
Funcke, dans le Strassensbau18.

Les courbes spéciales utilisées dans la technique des raccordements progressifs


entre un alignement droit et un arc circulaire peuvent être distribuées en deux
groupes suivant la constitution même des développements en séries
représentatives de la variation de leurs courbures en fonction de l'angle α de
déviation de la tangente courante.
Un premier groupe comprend la parabole cubique, la lemniscate de Bernoulli
(radioïde aux cordes), la courbe élastique particulière (radioïde aux abscisses), la
clothoïde (spirale volute, spirale de Cornu, radioïde aux arcs).
Chacune d'elles dépend essentiellement d'un paramètre et reste homothétique à un
type de courbe complètement déterminée.
Un second groupe, en plus dit paramètre de similitude, est caractérisé par la
présence de paramètres affectant la forme essentielle de lit courbe. C'est le cas de
la famille des spirales sinusoïdes d'équation polaire
rn = ansinnθ,
qui comprend comme cas particulier (n = 2) la lemniscate de Bernoulli, et dont les
importantes propriétés géométriques ou analytiques les font intervenir en de
nombreuses questions. Leur emploi au titre de radioïde possible avait été
préconisé en 1868 par Fargue pour les travaux en vue de la régularisation du lit de
la Garonne. Et, à l'occasion des mêmes études, Fargue introduisit aussi comme
radioïde sa curieuse bisinusoïde, dont l'emploi est rendu difficile par la
complication des transcendantes19.

Récemment d'ailleurs, dans son remarquable Mémoire, M. J. Lamoen après avoir


longuement étudié les radioïdes du premier groupe revient rapidement sur la
question de la bisinusoïde de Fargue, mais n'en poursuit pas l'application.
Aucune de ces diverses courbes ou famille de courbes ne réalise la condition
optima pour le calculateur de ne dépendre, soit dans la représentation analytique,
soit pour l'expression de sa loi de rectification, que de fonctions élémentaires. Il
15
F. Royal G. Dawson, Elements of curve design for road, railway and racing track.
F. G. Royal Dawson, Graphic solution of road and railway curve problems with the aid of lemniscate transition curves.
F. G. Royal Dawson, Rectifging road curves (Roads and Road Construction, 2 janvier et 1er février, 33 p.).
F. G. Royal Dawson, Road curves for safe modern traffic (E. F. Spon, London), avec tables.
H. Criswell, Highway spirals, banking and vertical curves (a pocket book for Higway Engeneers).
Il. Criswell, Les courbes de transition (Roads and Road Construction, décembre 1935, p. 405).
H. Criswell, Tables de la spirale pour projets de grandes routes (Roads and Road Construction, février 1936, p 37).
16
Luigi Stabilini, Raccordi a una pista ciclistica (Giornale del genio civile, 1923).
Felice Corini, Saggi sul problema stradale moderno (Il politechnico, 1930).
Francesco Balatroni, Le curve nelle strade autofftobilistiche (Il politechnico, 1933).
Luigi Lamagna, Sul moto in curva di un treno siradale (Il politechnico, 1933).
C. Columba, Les courbes de raccordement des routes et la lemniscate (Il polilechnico, 1936).
17
Peter, Des courbes de raccordement (Revue suisse de la route, juillet 1928).
18
J. Funcke, Ausbildung von Strassenkreusungen innerhalb gechlossener Ortschaften (Der Strassenbau, l5 sept. 1934).
19
Pour la bibliographie et la partie historique, voir, mes notes suivantes, aux Anais da Faculdade de Cienciag do Porto : Sur
diverses courbes planes, t. XXII, 1937, paragraphes 34 et 35 ; Sur les courbes de transition dans les virages, t. XXIII, 1938, p.
19-32.
15
s'introduit dans tous les cas des transcendantes : intégrales elliptiques ou
eulériennes, intégrales de Fresnel, intégrales du double-sinus. L'emploi de tables
permet, il est vrai, l'utilisation de ces courbes dans la pratique, le travail ayant
ainsi été préparé aux techniciens. Mais il convient de songer à la théorie, au cas où
un examen profond de la question exige le retour à des équations exactes. C'est
s
ainsi que l'on recherche le maximum du rapport R les tables montreront si
l'existence d'un maximum; mais comme la fonction varie peu au voisinage du
maximum, l'emploi de tables ou de séries lentement convergentes n'est pas fait
pour donner avec une précision convenable la valeur correspondance de la
variable.
En diverses circonstances. la préférence à accorder à telle ou telle courbe de
transition a été discutée; des raisons techniques dans le cas de longs parcours où
les courbes cessent d'être assimilables, peuvent donner la priorité à la spirale
volute, malgré la complication des calculs afférents. .
P. Appell20, se plaçant sous un point de vue géométriques qui n'est d'ailleurs pas
celui des techniciens, a déduit du calcul variationnel que la meilleure radioïde était
la courbe élastique. Par considération de l'énergie de l'élastique, il s'agit de rendre
minima, dans des conditions précisées, l'intégrale
⌠ ds2
R

suivant l'arc de la courbe. La courbe élastique générale dans le pion dépendant
d'un nombre surabondant de paramètres, M. G. Remoundos21 a complété la
solution de P. Appell pour une meilleure détermination de l'élastique. Et d'ailleurs
cette propriété de l'élastique, courbe découverte par Jacques Bernoulli en 1694 et
étudiée par Jean Bernouilli, avait été mise en évidence par leur neveu et fils
Daniel Bernoulli. La question fut plus amplement étudiée, en 1744, par Euler dans
son Mémoire sur les lignes jouissant de propriétés de maximum ou minimum.
Mais quel que soit l'intérêt mathématique qui s'attache à de telles questions, ce
n'est pas sous cet aspect qu'il faut considérer le problème pratique. Et sous ce
point de vue, les belles propriétés géométriques de la lemniscate de Bernoulli lui
réservent une place prépondérante dans les études récentes.

3) Des normes à respecter


Le document, fourni en annexe, intitulé Comprendre les principaux paramètres de conception
géométrique des routes écrit par Martine Vertet et Sylvain Giausserand permet de donner les éléments
essentiels de la conception d'un tracé de routes ainsi que la présentation des normes à respecter.
Il présente les notions de visibilité, de profil en long et en travers, de tracé en plan, de distance de freinage
et d'arrêt mais aussi des conditions réglementaires des codes de la voirie routière ainsi que du code de la
route.

20
P. Appell, Courbe de raccordement et élastique plane (Bulletin de la Société mathématique de France, t. XLIX, 1921. p.
105-106).
21
G. Remoundos, Sur le raccordement des lignes et la courbe élastique plane (C.R. Acad. Sc., t. 174, 20 février 1922, p. 519-
521).
16
4) Les raccordements circulaires
Raccordements circulaires simples
C'est la solution la plus simple pour le raccordement de deux axes rectilignes.
On choisit le rayon R en fonction du type de route (cf page 16 de l'annexe) et on en déduit la position des
points de tangence T et T '.
S est construit à l'intersection des deux
alignements droits.
T et T ' sont alors définis par :
R
ST = ST' =
γ
tan2
 
et on a

R
SO =
γ
sin2
 

On procède
ensuite au piquetage de plusieurs points de l'arc. Il suffit d'utiliser un
curvigraphe. On cale l'angle en T (angle entre la tangente au cercle et T ')
puis l'arc décrit avec le même angle est l'arc de cercle recherché.
De plus cette méthode est intéressante lorsque le point O est inaccessible.

Le schéma ci-contre illustre un raccordement


R circulaire simple sur l'avant projet de
raccordement entre le 6ème pont et la sud III.
L'arc de cercle employé ici est celui d'un cercle
de rayon 400 m.

17
Raccordements circulaires composés
Première Méthode
Si les circonstances locales obligent à limiter certains alignements rectilignes ou s'il s'agit de raccorder
deux points A et B, on peut employer une
succession d'arcs de cercles de rayons
différents.

Analysons la figure ainsi constituée :


Notons S le point d'intersection des deux droites
définies par les deux segments. Nous
supposerons ici que SA > SB.
⌒ ⌒
AM et BM sont les deux arcs de cercles de
centres respectifs a et b. On notera ces deux
cercles (Γa) et (Γb). (CD) est la tangente
commune à ces deux arcs en M.
On construit alors le cercle (Γ) de centre O et
tangent aux trois droites (AC), (CD) et (BD). On
note A1, M1 et B1 les points de tangence
respectivement aux droites tangentes citées.

(CA) et (CM) sont deux tangentes au cercle (Γa)


donc CA = CM. Ces deux droites sont aussi
tangentes à (Γ) d'où CA1 = CM1.
Par soustraction, ces deux dernières égalités
permettent d'obtenir AA1 = MM1.

De même, en considérant le point D, point de


rencontre des deux tangentes (DM) et (DB) aux
deux cercles (Γ) et (Γb), on trouve MM1 = BB1.

O est le centre du cercle (Γ) dont (SA) et (SB)


sont deux tangentes donc O se trouve sur la
bissectrice de ces deux droites.
Comme A1, M1 et B1 sont trois points du cercle (Γ), OA1 = OM1 = OB1, nous avons montré que
^ ^ ^ π
AA1 = MM1 = BB1 et nous avons également que OA1A = OM1M = OB1B = donc les trois triangles
2
OA1A, OM1M et OB1B sont isométriques ce qui permet d'écrire OA = OM = OB.
Les trois points A, M et B sont sur un même cercle de centre O.

Nous avons trouvé AA1 = BB1, et SA1 = SB1 puisque (SA) et (SB) sont deux tangentes au cercle (Γ). Nous
avons donc :
SA1 = SA - AA1 = SA - BB1 = SA - (SB1 - SB) = SA - (SA1 - SB)
Donc
2SA1 = SA + SB
Soit
SA + SB
SA1 = 2
Ce qui permet de placer le point A1 connaissant Les points S, A et B.

18
Conclusion :
Se donner la tangente (CD) du raccordement à construire permet de construire les deux arcs. En effet, les
données de A, S et B permettent de construire A1 puis donc le cercle (Γ). Le point M est alors le point
d'intersection de ce cercle avec la tangente (CD). Il est alors aisé de construire les centre a et b des deux
arcs de cercle.

Remarque :
Les droites (bB) et (aA) se coupent en P. Notons H, H1 et H2 les projetés orthogonaux respectifs de O sur
la droite des centres des arcs (ab), la droite (PB) et la droite (PA). Le quadrilatère OM1MH est un
rectangle et MM1 est constante (égale à AA1)
donc la distance de cette droite (ab) au point O
est constante.
Notons (γ) le cercle de centre O passant par H.

On a OH = MM1 = BB1 et (OB1)//(PB) donc la


droite (PB) est aussi tangente au cercle (γ). De
même la droite (PA) est tangente à (γ).

Dans un souci de diminuer la variation de


courbure au point M du raccordement de routes,
il doit être envisagé d'obtenir une construction
avec une variation de rayons minimale.
Cette différence est la longueur ab. Elle est
définie par les deux droites (PA) et (PB)
tangentes à (γ) et fixes comme perpendiculaires
en A et en B. Cette longueur sera minimale
lorsque (ab) sera perpendiculaire à la
^
bissectrice de l'angle APB , la droite (PO).
Soit x une mesure de la moitié de l'angle formé
1^
par les deux droites (SA) et (SB) : x = 2 ASB .
^
(OH1)//(SB) donc H1OB = x,
^
(OH3)//(SA) donc H2OA = x
^ ^
H1OB = H2OA conduit à montrer que la
perpendiculaire à (OP) est la droite (SO).

La différence des rayons des deux arcs de


cercle du raccordement sera donc minimale
lorsque la droite des centres (ab) sera parallèle à la bissectrice de l'angle formé par les deux droites (SA)
et (SB).

Il resterait à vérifier que les rayons obtenus ne soient pas inférieurs à ceux recommandés pour le type de
route correspondant au projet routier. M. D'Ocagne écrit dans Leçons sur la topométrie et la cubature des
terrasses, par Maurice d'Ocagne, Gauthier-Villars, Paris, 1910 que cette solution

… qu'on pourrait être tenté d'adopter a priori, offre généralement, en pratique,


l'inconvénient de conduire, pour le plus petit des deux rayons, à une valeur trop
faible, tombant en dessous du minimum admissible pour les rayons des arcs
entrant dans le tracé de l'axe.

19
Seconde Méthode

Supposons toujours qu'entre les deux extrémités


des raccordements rectilignes, B soit le point le
plus proche de S. On construit tout d'abord un
cercle de rayon r donné, tangent en B au segment
d'extrémité B. Notons b son centre.

On reporte sur la perpendiculaire en A au segment


correspondant, la longueur r pour définir ainsi le
point A'. Le centre du deuxième cercle, a, sera
situé sur cette perpendiculaire et sur la médiatrice
de [A'b] comme sur la figure ci-contre.

Pour obtenir la tangente commune aux deux


cercles, on prend le point M situé sur la droite (ab)
et sur les deux cercles construits.

Remarque :
Ne connaissant pas le point M, on ne peut pas
construire la médiatrice de [AM] directement. On
utilise alors les deux points b et A' connus pour
retrouver ensuite le point M.

On peut également envisager des raccordements circulaires à inflexion, avec les alignements rectilignes
droits parallèles ou non.

Raccordements circulaires renversés


entre deux tangentes parallèles.

20
ou entre deux alignements non parallèles

Mais compte tenu de la présence d'un dévers (voir page 15 de l'annexe pour une détermination), c'est-à-
dire des inclinaisons transversales de la chaussée opposées entre les deux arcs de cercle, on évite d'utiliser
ce type de courbe.
On utilise plutôt la courbe circulaire pseudo-renversée avec une distance minimale d à respecter entre les
deux arcs permettant la modification du dévers entre les deux courbes.

5) Le raccordement parabolique
Si nous ne tenons pas compte de la force centripète agissant sur le mobile parcourant la route étudiée et si
on ne recherche que la courbe dont la variation de pente est constante, nous montrerons plus loin que la
courbe solution entre deux raccordement rectilignes données ou bien deux points donnés dont on connaît
les pentes est une courbe parabolique.
Cette courbe peut-être envisagée dans le cas d'une portion de route dont la vitesse est faible ce qui
occasionne ainsi une faible force centripète agissant sur le mobile.

Nous aurons besoin au préalable de quelques propriétés sur la parabole démontrée analytiquement en
faisant appel aux équations de paraboles dans un repère donné. Un exercice plus difficile serait de
démontrer ces propriétés géométriquement.

Considérons une parabole dans un repère orthonormal centré en son sommet O. Une équation est alors de
la forme y = ax2.
21
Soient M(xM;axM2) et N(xN;axN2) deux points de cette parabole, (TM) et (TN) les tangentes respectives à la
parabole en M et N.

Déterminons le point d'intersection S entre ces deux tangentes (ce point existe si xN ≠ xM) :
Elles ont pour équations :
(TM) : y = axM2 + 2axM(x - xM) et (TN) : y = axN2 + 2axN(x - xN)
Le point d'intersection S a pour coordonnées, par la résolution du système formé par les deux équations
xM + xN 
S , axMxN.
 2 
Notons I le milieu de [MN] :
Ce point I a pour coordonnées
2 2
xM + xN a(xM + xN )
I 2 , 
 2 
xM + xN
On considère alors J le point de la parabole d'abscisse 2 :
xM + xN xM + xN2
J 2 , a 2  ,
  
ce qui peut s'écrire, successivement :
2 2
xM + xN a(xM + xN + 2xMxN)
J 2 , 
 4 
puis
2 2
 xM + xN  
x + x a  2  + axMxN

J 2 
M N
,
 4 
Ce qui prouve que J est le milieu de [IS].

Soient P et Q deux points de la parabole d'abscisses symétriques autour de celle de S, c'est-à-dire de la


xM + xN xM + xN
forme - h et + h pour h∈r.
2 2

La droite (PQ) a pour pente :


22
xM + xN  2 xM + xN 2 xM + xN  xM + xN  xM + xN  xM + xN 
a - h - a + h a  2 - h -  + h  - h +  + h
 2   2     2   2   2 
=
xM + xN  xM + xN  xM + xN  xM + xN 
 2 - h -  - h  2 - h -  - h
   2     2 
 M
x + xN   M x + xN 
= a  - h +  2 + h
 2   
= a(xN + xM)
xM + xN
qui est la pente de la tangente à la parabole en le point d'abscisse 2
. (En utilisant le nombre dérivé,
cette pente est égale, au point d'abscisse x, à 2ax.)

En faisant tendre h vers 0, la tangente en J à la parabole est également parallèle à (MN).

Conclusions :
- Si on joint le point de concours S de deux tangentes en M et N à une parabole, alors la droite définie par
S et le milieu de [MN], I, est parallèle à l'axe de la parabole.
- Toutes les cordes de la parabole parallèles à (MN) ont leur milieu sur la droite (SI). Si on note J le point
de la parabole situé sur (SI), alors J est le milieu de [SI] et la tangente en J à la parabole est également
parallèle à (MN).

23
Tracé d'un raccordement parabolique par la détermination de sommets d'arcs :

Nous avons démontré ci-dessus que si l'on joint le milieu E de la corde [BC] de deux tangentes à la
parabole recherchée, et si l'on note encore S le
point d'intersection de ces deux tangentes, le
milieu F du segment [ES] appartient à la
parabole.
Pour obtenir d'autres points de la parabole, on
trace la tangente en F à la parabole comme
étant parallèle à la corde [BC]. On recommence
le procédé avec la tangente en B et la tangente
en F, d'une part, ainsi qu'avec la tangente en F
et la tangente en C, d'autre part.
Avec les nouvelles tangentes en I et en J
comme sur la figure ci-contre (provenant du
livre de topométrie de M. Eyrolles), on peut
réitérer le procédé pour construire de nouveaux
points de la parabole.

Tracé par les droites enveloppes :


Le raccordement parabolique peut aussi être tracé en le considérant comme enveloppe d'une droite qui se
meut en s'appuyant sur les tangentes (SB) et (SC) et de telle sorte que ces tangentes soient constamment
coupées par la droite en partie inversement proportionnelles : on a divisé pour cela [SB] et [SC] en un
même nombre de parties qui sont jointes comme sur la figure ci-dessous. Si les subdivisions sont
suffisamment nombreuses, on peut considérer les intersections entre deux droites successives comme
proches des points en lesquels elles sont tangentes.

24
6) La Clothoïde
Le raccordement direct de deux alignements droits par un arc de cercle ne tient pas compte de la vitesse
des véhicules qui l’empruntent. En effet, dans un virage à rayon de courbure constant, tout véhicule est
soumis à une action centrifuge d’intensité inversement proportionnelle au rayon R. Quand on passe de
l’alignement droit à l’arc de cercle, la valeur du rayon R passe brutalement d’une valeur infinie (droite) à
une valeur finie (cercle), ce qui demande en théorie au conducteur une manœuvre brutale et instantanée
d’adaptation de sa trajectoire sur une distance nulle ; sa seule marge de manœuvre est due à la largeur de
la chaussée.
Pour réaliser la transition en "douceur" du rayon infini au rayon fini de l’arc de cercle, on intercale entre
l’alignement droit et l’arc de cercle un raccordement progressif.

L'angle de rotation du volant étant proportionnel à l'angle de braquage des roues, la trajectoire d'une
voiture qui roule à une vitesse constante et dont le conducteur tourne le volant à une vitesse constante
(ainsi, la courbure varie proportionnellement au court du temps) est une clothoïde.
A t = 0, la courbure est alors nulle. On peut raccorder des segments de droites et des arcs de clothoïdes
entre eux de sorte que la courbure varie continûment (ce qui correspond aussi à la force centrifuge subie
par un observateur suivant ce mouvement).
Cette forme est également adoptée pour les tracés de courbes pour les chemins de fer parce qu'un véhicule
suivant ce tracé à une vitesse constante et subit une accélération angulaire constante, ce qui réduit à la fois
les efforts sur les rails et l'inconfort des passagers dans les wagons.

Considérons un véhicule à l'instant t sur une courbe


possédant un rayon de courbure (dépendant du temps), r.
Ce véhicule de masse m se déplace, conformément aux
hypothèse de la clothoïde, à une vitesse constante t sur
F une chaussée possédant un dévers p variant linéairement
au cours du temps.
Les forces agissant sur le véhicule, en négligeant les
frottements sont :
P γ v2
p La force centrifuge : F = m
e r
Le poids : P = mg
γ

p F v2
L'angle γ du dévers peut alors s'exprimer de deux façons : sin γ = et tan(γ) = =
e P rg
ev2
Le dévers étant faible, inférieur à 7%, on peut supposer tan(γ) ≈ sin(γ) soit l'approximation p = .
rg
Pour une détermination semblable utilisant le théorème du centre d'inertie, le lecteur pourra se reporter au
devoir de terminale S en page 50.
k
Les valeurs de e, v et de g étant constantes, on a : p =
r
Or les valeurs de p et de s (abscisse curviligne du véhicule au
cours de son mouvement sur la clothoïde) sont supposées
proportionnelles au temps, on a donc p = k's d'où, par
identification des deux dernières égalités, r.s = cste. r(t)
Notons A2 cette constante (positive), on trouve

s.r = A2 →
v (t)
Cette égalité caractérise la clothoïde et A est appelé le paramètre
s(t) M(t)
de cette clothoïde. α(t)
O

25
1 ds
r= = où r est le rayon de courbure
γ dα
γ est la courbure
→ →
α(t) = ( i , v (t))
Il vient, successivement :
s.r = A2
ds 1 s 1
= γ = = 2 = 2.s
dα r A A
1
dα = [Link]
A
1 s2
α = A2. 2 + α0
mais à t = 0, α(0) = 0 = s(0), d'où
1 s2
α = A2. 2 ds
dy
dx
α(t)
Comme le montre la figure ci-contre, on a : O
2
dx 1 s 
= cos(α) = cos 2. 
ds A 2 
et
2
dy 1 s 
= sin(α) = sin 2. 
ds A 2 

Puis, sachant que à l'instant t = 0, x(0) = y(0) = s(0) = 0, une représentation paramétrique est donnée par
les intégrales de Fresnel :
s s
1 σ 
2
⌠  1 
x(t) =  cos 2.  dσ = ⌠
 cos 2.σ2 dσ
⌡ A 2  ⌡  2A 
0 0
et
s t
⌠ 1 σ 
2
 1 
y(t) =  sin 2.  dσ = ⌠
 sin 2.σ2 dσ
⌡ A 2  ⌡  2A 
0 0

Enfin, en utilisant les développements limités des fonctions cosinus et sinus, les coordonnées (x,y) d'un
point de la clothoïde peuvent être données par :
s5 s9 s13
x = s - 40A4 + 3456A8 - 599040A12 + …
et
s3 s7 s11 s15
y = 6A2 - 336A6 + 42240A10 - 9676800A14 + …

En première approximation et pour des tracés dont l'angle ne varie que très peu, on peut utiliser les
s3
formules approchées, en considérant que x = s, y = 2.
6A
Cette approximation par une cubique est le prétexte au devoir page 41 pour des élèves de première S.

26
Homothétie
Les clothoïdes sont homothétiques entre elles. Le centre d’homothétie est le point O. Cette propriété
permet l’établissement d’abaques de calcul dans lesquels on tabule la clothoïde unité, de paramètre A = 1.
On en déduit ensuite les caractéristiques d’une clothoïde quelconque de paramètre A en multipliant les
valeurs trouvées pour la clothoïde unité par la valeur A (par exemple, tables de Krenz et Osterloh, 1956).
La généralisation des calculatrices programmables et des micro-ordinateurs rend ces tables désuètes.

Comportement Asymptotique
D'après la relation A2 = rs on en déduit que le rayon r est infini pour l = 0 et que pour l infini, on aura
A π A π 
r = 0. La courbe admet donc un point asymptote dont les coordonnées sont définies par  , 
 2 2 

Sur le schéma ci-dessous, le début de la déviation de Croisy sur Andelle venant de Rouen est un
raccordement rectiligne (ancien projet) sur lequel une clothoïde (de paramètre A = 162,37487 et de
longueur 65,914 m) permet d'atteindre progressivement le raccordement circulaire (de rayon R = 400 m et
de longueur 278,470 m).

Arc de cercle

Clothoïde

Segment

Approximation polygonale α0 l
Dans la pratique, le tracé d'une route est découpé et α2
marqué pour l'implantation au sol par des piquetages
successifs. Inversement déterminons une A2
approximation d'une clothoïde par une ligne l
polygonale. A partir d'un point A0, cette ligne α1
polygonale est formée de segments de même
longueur l formant des angles par rapport aux l A1
segments précédents comme sur la figure ci-
α0
contre :
A0
27
ds l
Par analogie avec le cas continu où la courbure est définie par γ = , la courbure en A1 est γ0 = , la
dα α0
l l
courbure en A2 est γ1 = , celle de Ai est γi - 1 =
α1 αi - 1
Or, pour avoir une approximation de la clothoïde, on veut, tout comme elle, que la courbure soit
proportionnelle à la distance parcourue :
γ0 γ1 γn - 1
l = 2l = ... = nl
c'est-à-dire
α0 α1 αn - 1
2 = 2 = ... =
l 2l nl 2
Il faut donc que :
Pour tout n ≥ 1, αn - 1 = nα0
n(n + 1)
et l'angle total est α = α0 + α1 + ... + αn - 1 = (1 + 2 + ... + n)α0 = α0
2
Dans la pratique (exemple trouvé sur le site du lycée Daudet de Nîmes à l'adresse
[Link] ) :

On veut réaliser un virage d'angle α = 31,5 ° ≈ 0,55 rad sur une longueur de 100 mètres avec un pas de 10

mètres. Donc n = 10 et θ0 = n(n + 1) = 0,01 rad.
Les valeurs successives de la distance parcourue, de l'angle en radian d'un segment par rapport au
précédent, de la courbure et du rayon de courbure sont données par le tableau suivant :

n 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
distance
totale 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
angle θn - 1 0,01 0,02 0,03 0,04 0,05 0,06 0,07 0,08 0,09 0,1
angle total 0,01 0,03 0,06 0,10 0,15 0,21 0,28 0,36 0,45 0,55
courbure 0,001 0,002 0,003 0,004 0,005 0,006 0,007 0,008 0,009 0,01
rayon 1000 500 333 250 200 166 143 125 111 100

Jusqu'aux années 80, les tracés routiers et ferroviaires ont été réalisés à l'aide de tableaux tels que celui-ci
qui permettaient aux géomètres-topographes de positionner les piquets grâce à des mesures d'angles et de
distances. Il est maintenant possible d'obtenir avec précision les coordonnées d'un grand nombre de points
de la courbe idéale, mais le piquetage se fait toujours en mesurant des angles et des distances ou par
localisation GPS.

Variation progressive du dévers


Le dévers doit aussi être introduit progressivement entre l’alignement et l’arc de cercle : cela fait partie
des hypothèses permettant d’établir l’équation de la clothoïde.
Sur l’arc de cercle, le dévers reste constant. Sur l’alignement droit, il a aussi une valeur constante. Il doit
donc passer sur le raccordement progressif d’une valeur minimale en alignement à une valeur maximale
sur la courbe circulaire; la variation étant proportionnelle à la distance parcourue.
Le lecteur pourra se reporter en page 15 de l'annexe pour plus de précisions.

28
7) Raccordements en profil en long
Il s'agit ici des raccordements entre des pentes (représentées par des segments "montants") et des rampes
(représentées par des segments "descendants").

Rampe Pente
Z

T T'
A B
Raccord
X
O

Dans un repère (O,X,Z) associé au profil en long, la pente en un point de la courbe théorique est donnée
dZ
par p = . Pour que le changement de pente soit progressif, il faut que la variation de pente soit
dX
dp
constante (non nulle si les deux pentes à raccorder sont distinctes) soit = cste.
dX
d2 Z
On a ainsi = a, a ≠ 0 ce qui donne Z de la forme
dX 2
Z = aX 2 + bX + c
qui est l'équation d'une parabole.

T'2
T2

A
T1 T'1
Z
A' S X
O
T T'

u u'

Réciproquement, si on connaît le paramètre R de la parabole à employer et l'intersection A des deux


R
droites, les points de tangence sont tels que u = u' = (p - p' )
2

En effet, en se plaçant dans le repère (S,X,Z) où S est le sommet de la prabole, cette dernière est
1
d'équation : Z = - X 2
2R
TT1 -T1T2 ( )
On peut écrire, d'une part, p = et p' =
u u soit TT2 = u(p - p') *
et, de même, T 'T '2 = u' (p - p')
29
1 1
TT2 - XT 2 + XT ' 2
ZT2 - TT1 ZT2 - ZT + ZT ZT1 2R 2R
D'autre part, p' = - =- =-
u + u' u + u' XT ' - XT
XT XT '
d'où, sachant que les pentes p et p' vérifient p = - et p' = -
R R
1
TT2 = -p'(XT ' - XT) + ( XT 2 - XT ' 2)
2R
1
= -p'(pR - p'R) + (-pR + p'R)(-pR - p'R) (**)
2R

De (*) et (**), on tire


1
u(p - p') = -p'(pR - p'R) +
2R(-pR + p'R)(-pR - p'R)
soit
1 R
u = -p'R + 2(p + p') = 2 (p - p' )
et, de même, on trouve
R
u = u' = 2 (p - p' )

Remarque :
Dans la pratique et pour des rayons très grands, on assimile souvent la parabole théorique à un arc de
cercle22.
1
En effet, si on note, en le sommet S, une équation de la parabole sous la forme Z = - X 2, l'équation du
2R
cercle le plus proche de la parabole au voisinage de S est : X 2 + (Z + R)2 = R 2 :
En développant, on trouve successivement
X 2 + Z 2 + 2ZR + R 2 = R 2
 Z
X 2 + 2ZR1 +  = 0
 2R
 Z
2ZR1 + 2R = -X 2
 
Z
Comme les rayons sont très grands et z est petit lorsque X l'est, 2R est négligeable devant 1 et on trouve
2ZR = -X 2
soit
1
Z = -2RX 2
Pour X assez petit, les points du cercle sont proches de ceux de la parabole.

22 1 2
Dans ce même repère et en reprenant l'équation de la parabole Z = - X , en un point d'abscisse x, le rayon de courbure de
2R
2 3
cette parabole est r = R 1 + x 2 . On retrouve ainsi qu'au sommet de la parabole, le rayon de courbure devient égal à R et,
 R 
en utilisant la concavité de la parabole, on retrouve une équation du cercle correspondant X 2 + (Z + R)2 = R 2.

30
Sur le schéma ci-dessous, on trouvera la situation décrite précédemment dans le cadre du projet de liaison
du 6ème pont à la Sud III :

Une rampe de pente 1% est raccordée à une pente de pente -3,6% par une parabole de paramètre R égal à
6000 m et de longueur 276,251m.

Photo autour du pont Flaubert de Rouen obtenu sur


[Link]

31
IV. Cubature et terrassements
Le volume engendré par le profil en travers par rapport au terrain naturel réel, lorsque l'on se déplace le
long de l'axe de la voie constitue ce que l'on appelle une terrasse.

Un objet de la cubature des terrasses


(appellation de M. d'Ocagne) consiste dans
l'évaluation du volume des terrasses, soit en
remblai, soit en déblai.
Si on note l la longueur de la voie depuis
l'origine du projet (abscisse curviligne) et
A(l) l'aire du profil en travers à l donné, on a :
l0
⌠ A( l ) dl.
V(l) = ⌡
0
Il s'agit d'en donner une valeur approchée
puisque, de toute façon, les irrégularités du
terrain rendent inutiles un calcul exact.
Ce calcul permet également de définir le
tracé idéal d'un projet de manière à rendre
égaux les volumes de terre déblayés avec les
volumes de terre remblayés.
Figure extraite du livre de M. d'Ocagne,
Leçons sur la topométrie et la cubature des terrasses.

Z Projet Terrain naturel


Profil en long
Z

1
Y 1 2 3 4 5 6 7
X
Profil en travers n°1 Axe du projet

7
X
1
6
2
Y
3 5
4

Pour chaque profil en travers dont on connaît le numéro et sa position dans le projet le long du profil en
long, on calcule (en tenant compte de la pente des talus, généralement 3 pour 2) la surface des remblais et
celle des déblais.

32
Calcul approché des volumes de terrassement :

P2

P'
h
P1

Le volume V compris entre les profils P1 et P2 de la situation en remblai ci-dessus est un polyèdre dont le
volume peut être donné par la formule des trois niveaux :
h
V1 = 6(A(P1) + A(P' ) + 4A(P2))
avec h la distance entre les deux profils en supposant ceux-ci parallèles.

Sachant que le terrain naturel ne peut être approché, on peut considérer que l'aire du profil médian est
égale à la moyenne entre les deux profils et on trouve finalement :
h
V1 = 2(A(P1) + A(P2))
Puis, sur l'ensemble des profils :
n
1n - 1
2
i=0
h1 hn 1
V = ∑ hi(A(Pi) + A(Pi + 1)) = A(P0) 2 + A(Pn) 2 + 2 ∑ A(P )×h +2h
i=1
i
i i+1

et on obtient le volume total de déblais et de remblais, ces formules pouvant s'appliquer pour les surfaces
de déblai et de remblai de chaque profil en travers.

Remarques :
1) Dans la formule des trois niveaux, les profils en travers sont supposés parallèles entre eux ce qui n'est
pas le cas dans un virage à petit rayon de courbure.
Pour y remédier, on peut ajouter des profils intermédiaires supplémentaires mais aussi considérer les
distances entre zones de déblais entre elles (mais aussi de remblais) non plus sur l'axe de la voie mais
entre les centres de gravité des surfaces en déblai (et en remblai).

2) Lorsque la nécessité le demande (pour une approximation rapide, ou quand le personnel est trop
restreint écrit M. Durand-Claye en 1895), on peut reproduire le profil en travers sur un papier quadrillé et
procéder à des mécanismes de calcul des surfaces comme la roulette Dupuit, le planimètre d'Amsler, la
règle à calcul de M. Toulon,

La roulette Dupuis dans l'ouvrage de M. Durand-Claye.

33
Ou des méthodes dites graphiques comme la celles de M. Garceau, de M. Collignon, qui permettent sur
des triangles ou des trapèzes de calculer des aires plus rapidement. Il est également cité les abaques
hexagonaux de M. Lallemand, de M. d'Ocagne et d'autres encore.

Abaque à point alignés pour le calcul des profils de remblai,


dans Traité de Nomographie, M. d'Ocagne, Paris, Gauthier-Villars, 1899.

Mais tous ces calculs se révèlent être longs sans l'utilisation de l'informatique comme aujourd'hui. Il
existe des tables mais aussi des abaques permettant d'en obtenir des résultats : tables de Coriolis, tables de
M. Lefort, abaque de M. Lalanne,

34
V. DEVOIRS
POUR LES
CLASSES DE
LYCEE

35
Devoir Seconde

Il s'agit ici d'étudier quelques propriétés à envisager dans l'étude de raccordements routiers. L'exemple ci-
après provient de documents fournis par le service Etudes et Grands Travaux de la D.D.E. (Direction
Départementale de l'Equipement).

1) Expliquez pourquoi deux segments de droites de directions différentes ne peuvent être envisagés pour
raccorder deux routes (vous envisagerez le comportement d'une voiture).
Expliquez alors comment un arc de cercle permet de raccorder deux segments de droites de directions
différentes de manière plus conforme pour une voiture.

2) Dans l'avant projet du raccordement du 6ème pont de Rouen à la SUD III, le bureau d'étude a utilisé des
segments de droites et des arcs de cercles.
Sur le schéma donné en annexe, plusieurs passages sont obligatoires : la sortie du pont en haut de
l'annexe, un pont au dessus du Quai Jean de Béthencourt, un pont permettant de redescendre sur la SUD
III et enfin l'axe de la SUD III que vous devez raccorder :

a) Proposez un exemple de tracé en tenant compte du 1). Vous devrez, de plus, satisfaire une norme de
sécurité tenant compte, entre autres, des conditions de visibilité en virage qui ne permet pas, pour cette
catégorie de route, l'application d'un rayon d'arc de cercle inférieur à 240 m.

b) Calculez la longueur de votre projet. (vous pourrez optimiser la longueur de manière à diminuer les
coûts).
Pour information : la longueur de cet avant projet réalisé par la DDE est de 1172,543 m.

Complément :
Si le raccordement entre deux segments de droites de directions différentes ne peut être envisagé pour des
raisons évidentes de modification de la direction de la route, modification ne pouvant être effectuée
instantanément par le volant d'une voiture mais aussi pour le confort des passagers du véhicule,
l'insertion d'arcs de cercles ne suffit pas.
En effet, la transition entre segment et arc de cercle provoque également une variation brusque du "rayon
de courbure" de la route. Il est donc nécessaire de créer une courbe de transition entre le segment et l'arc
de cercle mais aussi entre deux arcs de cercles. Il s'agit d'une Clothoïde, courbe qui pourra être étudiée
ultérieurement grâce à des notions de physique.
Cette situation reste valable pour la construction de voie pour les trains.
Ci-dessous, un autre exemple fourni par la DDE concernant la déviation de Croisy-sur-Andelle sur la
RN31 reliant Rouen à Gournay en Bray :
Arc de cercle

Clothoïde

Segment

36
ANNEXE à rendre complétée et expliquée

Axe du pont

Ouvrage au dessus du quai


Jean de Béthencourt

Ouvrage permettant de
redescendre sur la SUD III

1
Echelle : 4350
37
axe de la SUD III
Devoir Seconde : Correction

1) a) La modification brusque de direction ne peut être envisagée pour des raisons évidentes de sécurité :
un véhicule pourrait être obligé d'aller sur une autre voie voire à l'extérieur de la route pour pouvoir
effectuer ce virage. Une autre raison serait l'usure de la route à l'endroit de l'effort exercé par une suite de
véhicule pour tourner brusquement.
La construction d'une voie ferrée suivant le même principe, le risque de déraillement des trains à l'endroit
de la variation instantanée de direction augmenterait.

b) Il s'agit de construire un arc de cercle permettant de raccorder deux segments [AE] et [BC] (et donc de
diminuer la variation instantanée de
D
direction à l'aide de cet arc de cercle).
A'
Ce cercle doit être tangent aux deux A B
segments à raccorder. Le centre O de
ce cercle doit donc être à égale
distance des deux droites, c'est-à-dire O
.
sur la bissectrice des droites E
contenant les deux segments.
Dans ce cas, la distance OA n'est pas,
en général, égale à OB.
Choisissons la plus courte des deux C
longueurs. Considérons comme sur
l'exemple ci-dessus la longueur OB la
plus courte des deux. Le cercle de centre O et de rayon OB recoupe la droite (AE) en un point A' en lequel
le cercle est également tangent à la droite (AE). Il suffit de prolonger le segment [AE] par le segment
[AA' ] pour terminer la construction.

Le tableau suivant donne les caractéristique du projet de la DDE. De la sortie du 6ème pont, le pont
Flaubert, jusqu'à la SUD III.

Les éléments de cet avant-projet sont des cercles (CER1, CER2 et CER3) et les droites ont pour notation
Di. Pour les cercles, les caractéristiques données sont les coordonnées du centre (coordonnées dans un
repère donné sur un fond de carte ayant les coordonnées Lambert - pour plus de renseignements, consulter
le site de l'Institut Géographique National avec [Link]
Les droites sont caractérisées par l'angle formé, en gon (360° correspond à 400 gon), avec une demi-
droite :l'orientation nord du fond de carte.
Chaque composante du projet est de longueur donnée en troisième colonne du tableau et la quatrième
contient la longueur cumulée depuis le début du projet.
Enfin, les coordonnées de chaque début et fin de composante du projet sont indiquées en 5ème et 6ème
colonnes.

38
LONGUEUR COORDONNEES
ELEM CARACTERISTIQUES
de la partie cumulée X Y
0.000 507829.705 194255.081
CER1 XC= 507068.860
YC= 194007.867 189.654 507866.484 194069.479
R = -800.000 189.654
D1 ANG = 304.908g 252.087 441.742 507885.899 193818.141
CER2 XC= 507487.087
YC= 193787.335 955.557 507629.250 193413.450
R = -400.000 513.815
D2 ANG = 223.132g 50.745 1006.302 507581.818 193395.415
CER3 XC= 507728.681
YC= 193009.169 1050.641 507541.298 193377.465
R = 413.224 44.339
D3 ANG = 229.962g 14.128 1064.769 507528.706 193371.059
D4 ANG = 232.310g 26.144 1090.913 507505.857 193358.353
D5 ANG = 236.082g 26.132 1117.046 507483.811 193344.322
D6 ANG = 238.628g 24.554 1141.599 507463.640 193330.321
D7 ANG = 242.340g 21.872 1163.471 507446.429 193316.823
D8 ANG = 243.650g 9.071 1172.543 507439.408 193311.080

b) La longueur de l'axe de ce projet est 1172.543 m. En effet, calculons, par exemple, la longueur du
deuxième arc de cercle, noté CER2 :
Les deux segments forment respectivement un angle de 304,908 g et 223,123 g avec leur origine. L'angle
formé entre ces deux segments est 304,908 - 223,132 = 81,776 g. Par un raisonnement géométrique
portant sur les angles, ce résultat est aussi une mesure de l'angle formé par les deux rayons délimitant l'arc
de cercle; l'angle formé par les deux rayons est, en utilisant les notations données par la figure ci-contre :

90 - x1 + 90 - x2 = 180 - (x1 + x2)


N = 180 - (180 - (y2 - y1) )
= y2 - y1

y1 Si, pour un angle de 400g, le périmètre d'un cercle


x1 y2 - y 1
x2 N est égal à 2π×R, la longueur d'un arc de ce même
cercle se calcule par proportion de l'angle au centre.
90 - x1
90 - x2 Dans le cas de CER2 qui est de rayon 400m, l'angle
y2 au centre est 81,776g, la longueur de l'arc ayant cet
81,776×2π×400
angle est donc égale à ≈ 513,82 m
400
ce qui est très proche du résultat annoncé dans le
tableau.

39
40
Devoir Première S

Il s'agit ici d'étudier quelques propriétés à envisager dans l'étude de raccordements routiers. L'exemple ci-
après provient de documents fournis par le service Etudes et Grands Travaux de la D.D.E. (Direction
Départementale de l'Equipement).
1) a) Expliquez pourquoi deux segments de droites de
directions différentes comme sur la figure ci-contre ne peuvent
être envisagés pour raccorder deux routes (vous envisagerez le
comportement d'une voiture).
Expliquez alors comment un arc de cercle permet de raccorder
deux segments de droites de directions différentes de manière plus conforme pour une voiture.
b) Proposer une construction géométrique d'un raccordement de deux routes représentées par des
segments (non parallèles) par un ou plusieurs arcs de cercles.
2) Si le raccordement entre deux segments de droites de directions différentes ne peut être envisagé pour
des raisons évidentes de modification de la direction de la route, modification ne pouvant être effectuée
instantanément par le volant d'une voiture mais aussi pour le confort des passagers du véhicule,
l'insertion d'arcs de cercles ne suffit pas.
En effet, la transition entre segment et arc de cercle provoque également une variation brusque du "rayon
de courbure" de la route. Il est donc nécessaire de créer une courbe de transition entre le segment et l'arc
de cercle mais aussi entre deux arcs de cercles. Il s'agit d'une Clothoïde, courbe qui pourra être étudiée
ultérieurement grâce à des notions de physique.
Ci-dessous, un autre exemple fourni par la DDE concernant la déviation de Croisy-sur-Andelle sur la
RN31 reliant Rouen à Gournay en Bray :
Arc de cercle

Clothoïde

Segment

En première approximation et pour une faible variation d'angle de la courbe à raccorder, la clothoïde peut
être remplacée par la courbe d'un polynôme de degré 3.
a) Dans un repère bien choisi comme sur la figure ci-contre d'origine O, les segments [OA] et [BC]
représentent les routes à raccorder (les unités sont
en mètres).

Déterminer la fonction polynôme permettant de


C raccorder ces deux routes rectilignes. Le point B a
B pour coordonnées (100,10) et le point C a pour
coordonnées (200,20) dans le repère centré en O.
A O
Vous utiliserez les remarques formulées au 1) pour
déterminer des conditions sur la courbes à
chercher.

41

b) On souhaite, dans cette partie, raccorder le segment [OA] et un arc de cercle BC.
Pour des raisons de sécurité, de visibilité et de catégorie de route, cet arc de cercle doit être au moins de
300 m de rayon.
Vérifier que le point Ω(180;-285) peut convenir.
Déterminer la courbe d'un polynôme du troisième degré qui raccorde ces deux parties de routes

[OA] et BC .

Remarques : la succession de segments et d'arcs de cercles (raccordés par des courbes du type clothoïde
ou, par une première approximation, des polynôme du troisième degré) permet d'envisager la réalisation
de tout projet routier.
Vous trouverez ci-dessous le projet de réalisation du contournement de la ville de Croisy sur Andelle sur
la RN31.
Question facultative : Retrouver les courbes successives différentes composant ce projet routier en cours
de réalisation par la DDE.

42
Devoir Première S : Eléments de correction

1) a) La modification brusque de direction ne peut être envisagée pour des raisons évidentes de sécurité :
un véhicule pourrait être obligé d'aller sur une autre voie voire à l'extérieur de la route pour pouvoir
effectuer ce virage. Une autre raison serait l'usure de la route à l'endroit de l'effort exercé par une suite de
véhicule pour tourner brusquement.
La construction d'une voie ferrée suivant le même principe, le risque de déraillement des trains à l'endroit
de la variation instantanée de direction augmenterait.

b) Il s'agit de construire un arc de cercle permettant de raccorder deux segments [AE] et [BC] (et donc de
diminuer la variation instantanée de direction à l'aide de cet arc de cercle).
D
A'
A B

E
.O

Ce cercle doit être tangent aux deux segments à raccorder. Le centre O de ce cercle doit donc être à égale
distance des deux droites, c'est-à-dire sur la bissectrice des droites contenant les deux segments.
Dans ce cas, la distance OA n'est pas, en général, égale à OB.
Choisissons la plus courte des deux longueurs. Considérons comme sur l'exemple ci-dessus la longueur
OB la plus courte des deux. Le cercle de centre O et de rayon OB recoupe la droite (AE) en un point A' en
lequel le cercle est également tangent à la droite (AE). Il suffit de prolonger le segment [AE] par le
segment [AA' ] pour terminer la construction.

Seconde Méthode utilisant deux arcs de cercles

Supposons qu'entre les deux extrémités des raccordements


rectilignes, B soit le point le plus proche de S.
On construit tout d'abord un cercle de rayon r donné, tangent
en B au segment d'extrémité B. Notons b son centre.
On reporte sur la perpendiculaire en A au segment
correspondant, la longueur r pour définir ainsi le point A'.
Le centre du deuxième cercle, a, sera situé sur cette
perpendiculaire et sur la médiatrice de [A'b] comme sur la
figure ci-contre.

Pour obtenir la tangente commune aux deux cercles, on


prend le point M situé sur la droite (ab) et sur les deux
cercles construits.

Remarque :
Ne connaissant pas le point M, on ne peut pas construire la
médiatrice de [AM] directement. On utilise alors les deux
points b et A' connus pour retrouver ensuite le point M.

43
2) a) Soit f un polynôme du troisième degré défini sur [0;100] par f(x) = ax3 + bx2 + cx + d.
Pour satisfaire aux conditions de l'énoncé, f doit vérifier :
f(0) = 0 car la courbe doit passer par le point O.
f '(0) = 0 pour que la courbe soit tangente au segment en O.
f(100) = 10 car la courbe doit passer par le point B.
20 - 10
f '(100) =
200 - 100 = 0,1 pour que la courbe soit tangente au segment en B et donc que le nombre
dérivé en le point d'abscisse 100 soit celui de la droite (BC).
La résolution du système formé par les quatre équations provenant des conditions ci-dessus donne :
a = -10-5, b = 2.10-3, c = d = 0.
C

B
10

A O 100

b) Reprenons f un polynôme du troisième degré défini sur [0;100] par f(x) = ax3 + bx2 + cx + d.
Pour satisfaire aux conditions de l'énoncé, f doit vérifier :
f(0) = 0 car la courbe doit passer par le point O.
f '(0) = 0 pour que la courbe soit tangente au segment en O.
f(100) = 10 car la courbe doit passer par le point B.
Il reste à déterminer la condition sur f '(100) : la courbe du polynôme f doit raccorder un arc de cercle. Il
faut donc déterminer la tangente au cercle en B. Tout d'abord, vérifions que le centre Ω (180;-285) qui est
donné dans l'énoncé est un point pouvant convenir. Il faut vérifier que ΩB = ΩC > 300 m.
On a ΩB = (180 - 100)² + (-285 - 10)² = (180 - 200)² + (-285 - 20)² ≈ 305,655 > 300

Soit I le milieu de [BC]. I a pour coordonnées (150;15) et le vecteur BΩ pour coordonnées (80;-295).
 80 
Un vecteur normal à ce dernier a pour coordonnées (295;80) mais aussi 1,  par colinéarité. Ce
 295
80 80
dernier vecteur fournit la pente de la tangente en B : . La quatrième condition est f '(100) = .
295 295
La résolution du système formé par les quatre équations provenant des conditions ci-dessus donne :
420 -6 170 -4
a= 10 , b = 10 , c = d = 0.
59 59

20 C

B
10

A O 100 200

44
Devoir Première - Terminale

Il s'agit dans ce devoir d'étudier quelques caractéristiques dans le profil en long (section verticale) de la
conception d'un projet routier.

Première partie : Nature des courbes rencontrées


Les pentes des routes sont données dans un repère adapté à ce profil en long. Il s'agit de raccorder des
rampes "montantes" et d'autres descendantes modélisées par des segments dans le repère comme ceux en
gras sur la figure ci-dessous. Sur le terrain naturel de forme irrégulière, il s'agit de construire une route
conforme aux normes.

B
A

Profil en long de la déviation de Croisy sur Andelle sur la RN31 reliant Rouen à Gournay en Bray,
document provenant du service Projets et Grands Travaux de la DDE de Rouen.
Pour une meilleure visualisation, la graduation sur l'axe des ordonnées est dix fois plus grande
que celle sur l'axe des abscisses.

1) Pour que le changement de pente soit progressif, il faut que la variation de pente sur le projet soit
constante (non nulle si les deux pentes à raccorder sont distinctes).
Montrer alors que la courbe d'équation y = f(x) est nécessairement une parabole (éventuellement une
droite).

2) Le premier segment mis en évidence sur le projet ci-dessus est une rampe de pente 6% pour atteindre le
point A de coordonnées (939,417 ; 83,418) dans le repère du projet. Déterminer la parabole permettant de
la raccorder au segment de pente -4% commençant au point B de coordonnées (1339,617 ; 87,413).
Dans un repère dont vous déciderez des unités, représenter le plus fidèlement possible les segments et le
raccordement parabolique.

Deuxième partie : Etude de la quantité de terre en mouvement lors de ce projet


1) Une coupe perpendiculaire à l'axe de la route dans le plan vertical est donnée par la figure ci-dessous.
Il s'agit de la première partie du projet où la terre doit être déblayée.

Si h est la hauteur de l'axe de la route par rapport au terrain naturel, on peut supposer qu'en moyenne,
l'aire de la section ci-dessus correspond à celle du trapèze ci-après.

45
2h 2h
h h

19,00 m
Déterminer l'aire de cette section.

2) On peut continuer de supposer, sachant les irrégularités du terrain, qu'entre deux sections verticales
parallèles, le volume de terre à remblayer peut-être assimilé au polyèdre ci-dessous :

côtes
côtes terrain 2h2 2h2
abscisses projet naturel
840 77,05 82,15 h2 h2
d
860 78,65 83,58
880 79,85 84,78 19,00 m
900 81,05 85,76
2h1 2h1
920 82,25 86,7
940 83,45 87,7 h1 h1
960 84,6 88,5
980 85,65 89,1 19,00 m
1000 86,59 89,8
1020 87,44 90,34
1040 88,19 91,1
1060 88,84 91,59 Si d représente la distance entre les deux sections parallèles, A1 et A2 les
1080 89,38 92,1 aires respectives des deux sections verticales, montrer que le volume du
1100 89,83 92,51 d
1120 90,18 92,82 polyèdre est V = (A1 + A2).
2
1140 90,43 93,04
1160 90,57 93,17
1180 90,62 93,17
3) Le tableau ci-contre donne les hauteurs du terrain en différents points
1200 90,57 93,14 dans le repère adapté au profil en long (tous les 20 mètres).
1220 90,41 93,2 Déterminer le volume de terre remblayé.
1240 90,16 93 Si on suppose que les engins de terrassement disposent de bennes de
1260 89,81 91,89 30m3, combien de bennes seront chargées ?
1280 89,36 91,84
1300 88,8 91,3
1320 88,15 90,53
1340 87,4 89,7
1360 86,6 88,6
1380 85,8 86,6
1400 85 84,1
1420 84,19 81,7
1440 83,39 79,4
1460 82,59 77,3
1480 81,79 75,2
1500 80,99 73,7
1520 80,23 72,9
1540 79,64 72,37
1560 79,22 72,09
1580 78,98 72
1600 78,91 72,02
1620 79,02 72,59
1640 79,29 74,6
1660 79,75 75,69
1680 80,37 79,96
1700 81,17 81,42
1720 82,15 82,36
1740 83,29 83,44
1760 84,61 84,65
1780 85,97 85,97
1800 87,33 87,32
1820 88,68 88,68
1840 90,02 90,02 46
Correction de devoir

Première Partie
1) Il s'agit ici des raccordements entre des pentes (représentées par des segments "montants") et des
rampes (représentées par des segments "descendants").

Rampe Pente
Z

T T'
A B
Raccord
X
O

Dans un repère (O,X,Z) associé au profil en long, la pente en un point de la courbe théorique est donnée
dZ
par p = . Pour que le changement de pente soit progressif, il faut que la variation de pente soit
dX
dp
constante (non nulle si les deux pentes à raccorder sont distinctes) soit = cste.
dX
d2 Z
On a ainsi = a, a ≠ 0 ce qui donne Z de la forme
dX 2
Z = aX 2 + bX + c
qui est l'équation d'une parabole.

2) Nous avons a rechercher la courbe d'équation y = f(x) définie pour x∈[83,418;87,413] et telle que :
f(x) = ax2 + bx + c
vérifiant : f(939,417) = 83,418 f(1339,617) = 87,413 f ' (939,417) = 0,06 et f ' (1339,617) = - 0,04
Les paramètres a, b et c de la parabole doivent vérifier le système
2
aa939,417 + b939,417 + c = 83,418
1339,6172 + b1339,617 + c = 87,413
2a939,417 + b = 0,06 .
 2a1339,617 + b = -0,04
Les deux dernières lignes conduisent à obtenir a ≈ -0,00012494 et b ≈ 0,2947369.
La première ligne donne alors c ≈ -83,205 et la seconde ligne de ce système c ≈ -83,212, ce qui donne,
compte tenu des décimales non données par le projet, c ≈ -83,208.

A B

70

10
0
800 900 1500

47
Deuxième partie
1) Cette section peut être assimilée à un rectangle de largeur h et de longueur 19 + 2h donc d'aire
19h + 2h2.
2) Ce solide peut être assimilé à un prisme d'aire de base la moyenne des deux base et de hauteur la valeur
d
d, donc de volume V = 2(A1 + A2) où A1 et A2 sont les aires des deux faces opposées du solide.
3) 51 profils sont donnés dans le tableau numérique de l'énoncé. Utilisons un tableur, ou une calculatrice,
pour effectuer les calculs demandés.
Puis, sur l'ensemble des profils :
d 50 d 50
V = ∑ (Ai + Ai + 1) = 2 ∑ (19hi + 2hi2 + 19hi + 1 + 2hi + 12)
2
i=1 i=1

La feuille de calcul sur la page suivante a automatiser le calcul de cette somme.


Ci dessous, les courbes du terrain naturel et du projet exécuté par la DDE.

100

90

80

70

60

50

40

30

20

10

0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000

En supposant les bennes de 30 m3, ce qui est déjà important, environ 1440 bennes seront nécessaires !!

48
côtes
côtes terrain aires
abscisses projetnaturel d h aire positives volumes
840 77,05 82,15 20 5,1 148,92 148,92 2911,998
860 78,65 83,58 20 4,93 142,2798 142,2798 2845,596
880 79,85 84,78 20 4,93 142,2798 142,2798 2761,38
900 81,05 85,76 20 4,71 133,8582 133,8582 2580,132
920 82,25 86,7 20 4,45 124,155 124,155 2410,3
940 83,45 87,7 20 4,25 116,875 116,875 2213,95
960 84,6 88,5 20 3,9 104,52 104,52 1938,75
980 85,65 89,1 20 3,45 89,355 89,355 1709,532
1000 86,59 89,8 20 3,21 81,5982 81,5982 1535,182
1020 87,44 90,34 20 2,9 71,92 71,92 1441,462
1040 88,19 91,1 20 2,91 72,2262 72,2262 1396,012
1060 88,84 91,59 20 2,75 67,375 67,375 1338,518
1080 89,38 92,1 20 2,72 66,4768 66,4768 1317,616
1100 89,83 92,51 20 2,68 65,2848 65,2848 1293,84
1120 90,18 92,82 20 2,64 64,0992 64,0992 1273,134
1140 90,43 93,04 20 2,61 63,2142 63,2142 1261,342
1160 90,57 93,17 20 2,6 62,92 62,92 1243,75
1180 90,62 93,17 20 2,55 61,455 61,455 1234,948
1200 90,57 93,14 20 2,57 62,0398 62,0398 1306,18
1220 90,41 93,2 20 2,79 68,5782 68,5782 1386,694
1240 90,16 93 20 2,84 70,0912 70,0912 1182,64
1260 89,81 91,89 20 2,08 48,1728 48,1728 1075,936
1280 89,36 91,84 20 2,48 59,4208 59,4208 1194,208
1300 88,8 91,3 20 2,5 60 60 1165,488
1320 88,15 90,53 20 2,38 56,5488 56,5488 1108,288
1340 87,4 89,7 20 2,3 54,28 54,28 1002,8
1360 86,6 88,6 20 2 46 46 624,8
1380 85,8 86,6 20 0,8 16,48 16,48 164,8
1400 85 84,1 20 -0,9 -15,48 0 0
1420 84,19 81,7 20 -2,49 -34,9098 0 0
1440 83,39 79,4 20 -3,99 -43,9698 0 0
1460 82,59 77,3 20 -5,29 -44,5418 0 0
1480 81,79 75,2 20 -6,59 -38,3538 0 0
1500 80,99 73,7 20 -7,29 -32,2218 0 0
1520 80,23 72,9 20 -7,33 -31,8122 0 0
1540 79,64 72,37 20 -7,27 -32,4242 0 0
1560 79,22 72,09 20 -7,13 -33,7962 0 0
1580 78,98 72 20 -6,98 -35,1792 0 0
1600 78,91 72,02 20 -6,89 -35,9658 0 0
1620 79,02 72,59 20 -6,43 -39,4802 0 0
1640 79,29 74,6 20 -4,69 -45,1178 0 0
1660 79,75 75,69 20 -4,06 -44,1728 0 0
1680 80,37 79,96 20 -0,41 -7,4538 0 48,75
1700 81,17 81,42 20 0,25 4,875 4,875 89,532
1720 82,15 82,36 20 0,21 4,0782 4,0782 69,732
1740 83,29 83,44 20 0,15 2,895 2,895 36,582
1760 84,61 84,65 20 0,04 0,7632 0,7632 7,632
1780 85,97 85,97 20 0 0 0 0
1800 87,33 87,32 20 -0,01 -0,1898 0 0
1820 88,68 88,68 20 0 0 0 0
1840 90,02 90,02 0 0 0

volume total = 43171,50 m3


nombre de bennes = 1439

49
Devoir Terminale S
Lorsqu'un mobile possède se déplace suivant un déplacement circulaire, il se trouve soumis à l'action
d'une accélération centrifuge.
Examinons le cas du déplacement d'une locomotive.
Pour diminuer l'usure sur le rail extérieur, améliorer le confort des passagers, on doit donner une certaine
inclinaison à la voie en relevant le rail extérieur; créer un dévers pour compenser l'action de l'accélération
centrifuge.

G
.
l
h

Le confort des passagers est optimal lorsque l'action des rails sur la locomotive (et donc des wagons),

assimilée à une force unique R , est perpendiculaire au plancher de cette locomotive. Cette condition sera
respectée dans tout le problème.
On se propose de déterminer une relation entre la hauteur du dévers et la vitesse de la locomotive de
masse m en étudiant le mouvement, dans un plan horizontal, de son centre d'inertie G, lors d'un virage de
rayon r pris à une vitesse constante v (mouvement circulaire uniforme).

Détermination du dévers :
1) Faire l'inventaire des forces extérieures s'exerçant sur la locomotive.
2) Donner l'expression du vecteur accélération de G dans le cas de ce mouvement plan circulaire
uniforme.
3) Après avoir remarqué que ce vecteur accélération est horizontal et en appliquant le théorème du centre
d'inertie :
a) Montrer que, si on note α l'angle de relèvement formé par le rail extérieur par rapport à l'horizontale,
v2
tan α = r.g
Vous pourrez effectuer une projection sur deux directions (verticale et horizontale) de l'égalité fournie
par le théorème du centre d'inertie pour éliminer la réaction R.
b) L'angle de relèvement étant petit, on peut effectuer l'approximation tan α ≈ sin α. Déterminer alors une
relation liant la hauteur h du dévers et l'écartement l des rails (utilisant également les variables v, r et g).

50
Application numérique :
Un ouvrage consacré aux caractéristiques techniques de chemins de fer (Chemins de Fer, Superstructure,
E. Deharme, Librairie Polytechnique, Paris, 1890) présentait la formule en usage dans la Compagnie du
Midi :
75
h=
r
En supposant l'écartement des rails de 1,49m et une locomotive se déplaçant à une vitesse constante de
80 km.h-1, et en prenant pour g la valeur 9,81 [Link]-1. Vérifier cette affirmation.
Dans ce même ouvrage, il est donné un tableau présentant les dévers à employer pour la construction des
rails en fonction des rayons de la voie ferrée.
Vérifier quelques unes de ces valeurs.

Variation du dévers :
Lorsque qu'une locomotive se déplace suivant un mouvement rectiligne et change de direction suivant un
mouvement circulaire, la brusque variation de courbure nécessite une courbe intermédiaire de
raccordement, appelée clothoïde.
Si la voie ferrée rectiligne ne possède pas de dévers (horizontale) et que la partie de la voie ferrée
circulaire en possède un conformément à l'étude ci-dessus, quelle stratégie emploieriez-vous sur la courbe
de transition pour la détermination du dévers ?

Remarque :
Cette étude reste valable dans le cas de déplacements routiers et les services d'étude de la D.D.E. utilisent
les mêmes principes de construction de dévers et de courbes de raccordements pour les tracés routiers.

51
Correction de devoir

Calcul du dévers
1) Dans le référentiel terrestre supposé galiléen, le système qui est la locomotive en mouvement circulaire
→ →
uniforme de centre d'inertie G est soumis à deux forces, le poids P et la réaction R des rails supposée
verticale à ces mêmes rails.
2) Pour un mouvement circulaire uniforme, l'accélération est radiale (normale à la trajectoire), centrifuge
v2
et de valeur a = r m.s-2 (l'accélération tangentielle étant nulle).
3) a) Théorème du centre d'inertie : Dans un référentiel galiléen, la somme des forces extérieures
appliquées au solide est égale au produit de la masse par l'accélération du centre d'inertie du solide.

→ R
→ R α
a
.G

a
α

P

P

Projection suivant P : 0 = -Rcosα + mg
mg
ce qui permet d'écrire R =
cosα
2
→ v
Projection suivant a : m r = Rsinα
v2 mg v2
qui peut aussi s'écrire : m = sinα d'où tanα =
r cosα r.g

b) En utilisant la trigonométrie dans le triangle rectangle formé par la largeur des rails de longueur l, la
h
hauteur du dévers de longueur h, l'angle de relèvement α, on trouve sinα = .
l
h v2
Et l'approximation tan α ≈ sin α permet d'obtenir l = r.g
l.v2
soit h = = r.g

Approximation numérique
Prenons l = 1,49 m, g = 9,81 [Link]-1, v = 80 km.h-1 = 22,22… m.s-1.
75,005
On trouve h ≈ r et l'approximation donnée semble correcte.

Dans le cas d'un rayon compris entre 600m et 700m, si on ne considère que 600m,
on trouve h = 0,125 m = 12,5 cm qui est la valeur donnée dans le tableau.

Dans le cas d'un rayon compris entre 1100m et 1200m, si on ne considère que 600m,
on trouve h ≈ 0,068 m = 6,8 cm qui est également la valeur donnée dans le tableau.

Variation du dévers :
Afin que la courbe de transition soit aussi une transition du dévers, on peut considérer que la variation du
dévers (celle entre l'horizontale - 0 - et la hauteur du dévers sur la courbe circulaire - h ) sera
proportionnelle à la longueur de la courbe de transition.
52
Sources et Bibliographie :

- Services Etudes et Grands Travaux de la D.D.E. 76, M. Carmillet et les équipes de M. Lebas et M.
Messager.

- Leçons sur la topométrie et la cubature des terrasses, par Maurice d'Ocagne, Gauthier-Villars, Paris,
1910.

- Traité de Nomographie, M. d'Ocagne, Paris, Gauthier-Villars, 1899.

- Cours de Routes professés à L'Ecole des Ponts et Chaussées de C.-L. Durand-Claye, Librairie
Polytechnique, Paris, 1895

- Applications de géométrie et de méchanique, à la marine, aux ponts et chaussées, etc., pour faire suite
aux développements de géométrie, par Charles Dupin, Librairie Bachelier, Paris, 1822.

- Routes, ponts et tunnels, Michael Overman, Larousse, 1966, Paris.

- Petite Histoire illustrée des transports en Seine-Inférieure au XIXe siècle, Jean-Claude Marquis, CRDP
de Rouen, 1983.

- Topographie et topométrie modernes, tomes 1 et 2, Serge Milles, Jean Lagofun, Editions Eyrolles, 1999.

- Une nouvelle courbe de transition pour les raccordements progressifs : la radioïde pseudo-elliptique
par M. Émile Turrière, professeur à la Faculté des Sciences de Montpellier, Bulletin de la Société
Mathématique de France, 67 (1939), p. 62-99.

- Le Service d'Etudes Techniques des Routes et Autoroutes à [Link]

- Cours de Topographie, Tome I, Topométrie, MM. Léon Eyrolles, [Link]évot, E. Quanon, Paris, Ecole
Spéciale des Travaux Publics, 23ème édition, 1933.

- Atlas historique et statistique de la Normandie Occidentale à l'époque contemporaine, G. Désert, …,


Tome 3, les Communications, Centre de Recherche d'Histoire Quantitative, Paris, 2000.

- Des chemins, et des moyens les moins onéreux au peuple et à l'Etat de les construire et de les entretenir,
François Pommereul, 1781.

- Histoire des routes de France, Georges Reverdy, Collection Que sais-je ?, PUF, 1995.

- Traité des Routes, J.-L. Escario, Dunod, Paris, 1954.

- Exposé de deux Méthodes pour abréger les calculs des terrassements et des mouvements de terre dans
la rédaction des avants projets et des projets des chemins de fer, de routes et de canaux par L. Lalanne,
Paris, Dunod, 1879.

- Comprendre les principaux paramètres de conception géométrique des routes, Martine Vertet et Sylvain
Giausserand - Sétra/CSTR disponible à l'adresse : [Link]

53

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