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Niveaux de Landau dans le graphène bipolaire

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Chapitre 4

Chapitre 4
Niveaux de Landau émergeant de cônes de Dirac avec gap et
inclinés dans des superréseaux bipolaires de graphène
L’application de champs externes fournit un moyen pratique de contrôler
les propriétés électroniques d’un matériau. Dans ce chapitre, nous étudions
le comportement de matériaux à cônes de Dirac avec gap et inclinés de
type-I sous l’influence d’un champ magnétique appliqué normalement au
système. En contraste frappant avec le graphène, les niveaux de Landau
de zéro sont divisés en deux sous-niveaux dépendants de la vallée avec une
énergie déterminée par les extrema de bande du gap de bande indirect du
cône incliné. Comme plateforme pour observer ces effets, nous discutons
des niveaux de Landau qui émergeront dans un superréseau bipolaire de
graphène qui a été discuté précédemment dans la Section 1.2 de cette thèse.
Curieusement, ce système héberge à la fois des cônes de Dirac sans gap
et avec gap dans les structures de bande électronique et exprimera donc
un spectre de niveaux de Landau possédant les propriétés des fermions de
Dirac sans masse et massifs. De plus, il a été montré que l’inclinaison et le
gap de bande des cônes de Dirac satellites avec gap peuvent être ajustés en
contrôlant les tensions de grille de superréseau appliquées - la même aptitude
intrinsèque au réglage offrira maintenant un contrôle direct par grille sur le
spectre des niveaux de Landau.
94

4.1 Introduction
En présence d’un champ magnétique uniforme, le mouvement cyclotro-
nique des électrons se quantise en niveaux de Landau discrets avec des or-
bites et des énergies fixes. Dans un gaz d’électrons bidimensionnel où les
porteurs de charge ont une masse effective m∗ , soumis à un champ magné-
tique perpendiculaire d’intensité B, ces niveaux de Landau sont équidistants
en énergie : En = ℏωc (n + 1/2) où n est un entier égal ou supérieur à zéro,
ωc = eB/m∗ est la fréquence cyclotron et e est la magnitude de charge de
l’électron. La formation des niveaux de Landau est directement responsable
d’une quantification de la résistance de Hall à des valeurs de (ℏ/e2 )i où i

1
est un entier ; ceci est connu sous le nom d’effet Hall quantique [144, 145]
pour lequel le prix Nobel de physique a été attribué à Klaus von Klitzing en
1985. Dans le graphène, les électrons ne se comportent pas comme des parti-
cules massives, mais comme des fermions relativistes sans masse caractérisés
par une vitesse effective de la lumière ou vitesse de Fermi vF ≈ 106 ms−1 .
Les niveaux de Landau dans q le graphène sont nettement différents du cas
conventionnel : En = sign(n) 2eℏvF2 |n|B où n est un entier positif ou né-
gatif qui peut être égal à zéro. Plus notablement, les niveaux de Landau
dans le graphène ne sont plus équidistants en énergie et nous avons obtenu
un niveau de Landau de zéro qui a une énergie indépendante de l’intensité
du champ appliqué. Ces niveaux de Landau relativistes sont directement
responsables du célèbre effet Hall quantique demi-entier observé peu après
la découverte du graphène [4, 5, 6].
Il y a maintenant une recherche en cours de nouvelles quasiparticules
pseudo-relativistes au-delà de celles trouvées dans le graphène. Cela a conduit
à l’étude de la formation de niveaux de Landau dans une variété de maté-
riaux de Dirac et Weyl possédant : des cônes de Dirac anisotropes [146], des
cônes semi-Dirac [147], des cônes trois-quarts Dirac [52, 53] et bien d’autres
[148, 149, 150, 151, 152, 153] dans leurs structures de bande électronique.
Bien que les propriétés des matériaux à cônes de Dirac inclinés sans gap
dans des champs magnétiques soient un domaine d’étude en croissance ra-
pide [12, 134, 154, 155, 156, 157, 158, 159, 160, 161, 162], le sujet a rarement
été considéré avec un gap de bande électronique [163]. Nous commençons
par discuter de la formation de niveaux de Landau dans les matériaux à
cônes de Dirac avec gap et inclinés. Ici, nous explorons une propriété moins
connue des niveaux de Landau de cônes de Dirac avec gap, dans laquelle
les niveaux de Landau de zéro se divisent en deux sous-niveaux (n = 0± )
avec une énergie dépendante de la vallée. En appliquant nos résultats au
réseau bipolaire (discuté précédemment dans la Section 1.2), nous explorons
comment l’ingénierie de cônes de Dirac dans les superréseaux de graphène
peut conduire à un spectre de niveaux de Landau contrôlable par grille qui
possède simultanément des caractéristiques de fermions de Dirac sans masse
et massifs.

4.2 Modèle théorique


Dans cette section, nous considérons un matériau à cône de Dirac incliné
et avec gap bidimensionnel en présence d’un champ magnétique qui frappe le
système à incidence normale. En l’absence d’un champ externe, la structure
de bande électronique du matériau peut être modélisée efficacement à travers
ses cônes de Dirac inclinés et avec gap décrits par l’Hamiltonien de Bloch
H(q) défini dans l’Éq. (1.23). Nous considérons un champ magnétique qui
est incident normalement sur le matériau B = Bẑ qui peut être décrit par le
potentiel vecteur B = ∇ × A que nous définissons dans la jauge de Landau

2
A = −Byx̂. Le champ magnétique peut être introduit dans l’Hamiltonien
H(q) par la substitution standard q̂ → q̂ − (e/ℏ)A où nous avons utilisé
l’opérateur vecteur d’onde q̂ = −i∇. Notez qu’ici nous avons utilisé les
unités SI de sorte que le champ magnétique est défini en unités de Tesla.
Cette substitution donne le nouveau Hamiltonien du système

!

2+ shvγη q̂x + svγηeBy shvη q̂x + svηeBy − iℏv q̂y
ĤB (x, y) = ,
shvη q̂x + svηeBy + iℏv q̂y − ∆
2 + shvγη q̂x + svγηeBy

(4.1)
qui définit le problème aux valeurs propres ĤB |Ψ(x, y)⟩ = E |Ψ(x, y)⟩
où la fonction d’onde spinorielle peut être décomposée en ses deux compo-
santes : |Ψ(x, y)⟩ = [cA (x, y), cB (x, y)]T où T est l’opérateur transposé. Notez
que nous avons omis l’indice de vallée (s) de l’exposant des opérateurs et
des fonctions d’onde par souci de concision. Écrire la fonction d’onde sous
iqx x |Ψ(y)⟩ et multiplier par un facteur l /ℏv √η où
p |Ψ(x, y)⟩ = e
la forme B
lB = ℏ/eB est la longueur magnétique donne le problème aux valeurs
propres sans dimension :
! !
δ
2 − ε + sγY sY − ∂Y cA (Y )
= 0,
sY + ∂Y − 2δ − ε + sγY cB (Y )
(4.2)
√ √
où ε = ElB /ℏv η est l’énergie sans dimension, δ = ∆lB /ℏv η est la

séparation de bande sans dimension et Y = η(y/lB + qx lB ) est une co-
ordonnée sans dimension. Évaluer les lignes du haut et du bas donne les
équations simultanées suivantes

δ
 
− ε + sγY cA (Y ) = −sY cB (Y ) + ∂Y cB (Y ),
2
(4.3)
et

δ
 
sY cA (Y ) + ∂Y cA (Y ) = + ε − sγY cB (Y ).
2
(4.4)
Opérer sur l’Éq. (4.3) avec le terme (δ/2 + ε − sγY ) donne l’expression

!
δ2 δ
   
− ε2 − γ 2 Y 2 + 2scγY cA (Y ) = γY 2 − + ε (sY − ∂Y ) − sγY ∂Y cB (Y ).
4 2

(4.5)
Tandis qu’opérer sur l’Éq. (4.4) avec le facteur (−sY + ∂Y ) donne

3
δ
   
−(Y 2 −s−∂Y2 )cA (Y ) = γY 2 − + ε (sY − ∂Y ) − sγY ∂Y cB (Y )−sγcB (Y ).
2
(4.6)
Combinant les Éqs. (4.5) et (4.6) nous obtenons l’équation différentielle
suivante :

!
δ2
− ε2 − γ 2 Y 2 + 2sεγY cA (Y ) − sγcB (Y ) = − Y 2 − s − ∂Y2 cA (Y ).

4

(4.7)
Nous faisons maintenant l’hypothèse que cB (Y ) = ΛcA (Y ) où Λpest une
constante qui reste à déterminer. Multiplier cette expression par 1/ 1 − γ 2
et réarranger donne

1 ε2 δ2
 
−∂Y2 cA (Ye ) e 2
+ Y cA (Y ) =
e
2
− + s(1 + γΛ) cA (Ye ),
λ λ 4
(4.8) √ p
où Ye = λ(Y + sεγ/λ2 ) et λ = 1 − γ 2 . Ceci est l’équation différen-
tielle bien connue de l’oscillateur harmonique quantique qui a pour solutions
cA (Ye ) = hk (Ye ) exp −Ye 2 /2 où les polynômes d’Hermite normalisés sont


 14
1 λη

hk (Ye ) = p Hk (Ye ),
2k k!lB π
(4.9)
où k est un entier supérieur ou égal à zéro et Hk (...) sont les polynômes
d’Hermite. Notez que la composante de la fonction d’onde a été normali-
R∞ 2
sée sur la coordonnée spatiale y : −∞ cA (y)dy = 1. Les valeurs propres
correspondant à ces solutions sont

1 ε2 δ2
 
− + s(1 + γΛ) = 2k + 1.
λ λ2 4
(4.10)
Rappelons que nous avons commencé avec deux équations simultanées
Éqs.(4.3) et (4.4) à partir desquelles nous avons dérivé par calcul la condi-
tion donnée dans l’Éq. (4.10). En utilisant la même méthode nous devons
également dériver une seconde condition trouvée en opérant sur l’Éq. (4.3)
avec l’opérateur (sY +∂Y ) et sur l’Éq. (4.4) avec l’opérateur −(ε−δ/2−sγY )
ce qui donne la seconde condition

1 ε2 δ2 γ
  
2
− −s 1+ = 2k + 1.
λ λ 4 Λ

4
(4.11)
Afin de résoudre le problème nous devons trouver les valeurs de ε2 =

(ElB /ℏv η)2 et Λ qui satisfont simultanément les Éqs. (4.10) et (4.11).
Nous trouvons des solutions valides lorsque ε2|n| = 2λ3 |n| + δ 2 λ2 /4 qui cor-
respondent à des valeurs
p positives et négatives de εn que nous dénotons
comme εn = sign(n) 2λ |n| + (δλ/2)2 lorsque |n| ≥ 1, et ε0± = ±λδ/2
3

lorsque n = 0± . Ces deux cas seront considérés individuellement.

Spectre des niveaux de Landau (|n| ≥ 1)


p
Initialement, nous considérons le cas où εn prend la forme sign(n) 2λ3 |n| + (δλ/2)2
où |n| ≥ 1. Pour simplifier, nous considérerons une seule vallée (s = +) mais
soulignons que la même méthodologie est utilisée pour obtenir la solution
pour la seconde vallée.
Substituer εn dans les Éqs. (4.10) et (4.11) nous donne deux solutions
valides : k = |n| avec Λ = −γ/(1 + λ) et la seconde k = |n| − 1 avec
Λ = −(1 + λ)/γ. Pour un niveau de Landau d’indice |n| ≥ 1 nous écrivons
la fonction d’onde comme une combinaison linéaire des solutions k = |n| et
k = |n| − 1 :

( " # " # )
E 1 1 e2
Ψn (Yen ) = αn h (Ye ) + βn h (Ye ) e−Yn /2 ,
−γ/(1 + λ) |n| n −(1 + λ)/γ |n|−1 n

(4.12)
pour s = +, où αn et βn sont des coefficients à déterminer et

ηλ p sεn γ
Yn =
e y + ληqx lB + 3/2 .
lB λ
(4.13)
Nous substituons maintenant la fonction d’onde d’essai donnée dans l’Éq.
(4.12) dans le problème aux valeurs propres sans dimension donné dans l’Éq.
(4.2) pour le cas s = +, ce qui donne
!
δ
2 + γY Y − ∂Y E E
Ψn (Yen ) = εn Ψn (Yen ) ,
Y + ∂Y − 2δ + γY
(4.14) √
où Yen = λ(Y + sεn γ/λ2 ). Nous pouvons maintenant résoudre pour les
composantes de la fonction d’onde αn et βn . Ce calcul nécessite les propriétés
différentielles


Hk (x) = 2kHk−1 (x), pour k > 0,
∂x
(4.15)

5
et la relation de récurrence des polynômes d’Hermite

Hk (x) = 2xHk−1 (x) − 2(k − 1)Hk−2 (x), pour k > 1,


(4.16)
qui ont été définies pour un paramètre arbitraire x. Compléter ce calcul
donne les fonctions d’onde des niveaux de Landau avec indice |n| ≥ 1 dans
la vallée s = + comme :

2
" ! ! #
e−Yen /2 q 3 δλ −γ
 
E 1+λ
Ψn (Yn ) = 2λ |n| h|n| (Yen )− − εn h (Ye ) ,
1 + λ |n|−1 n
e
Nn −γ 2

(4.17)
avec
s
2
δλ
q 
Nn = 2(1 + λ) 2λ3 |n| + − sεn .
2
(4.18)
Nous notons que cette fonction d’onde peut être exprimée en termes de
la coordonnée originale y via l’expression donnée dans l’Éq. (4.13). Répéter
la même méthodologie pour la seconde vallée (s = −) donne les fonctions
d’onde des niveaux de Landau avec indice |n| ≥ 1

2
" ! ! #
e−Yen /2 q 3 −γ δλ
 
E 1+λ
Ψn (Yn ) =
e 2λ |n| h|n| (Yen )− + εn h|n|−1 (Yen ) .
Nn 1+λ 2 −γ

(4.19)
Ici, nous avons montré que lorsque l’indice de Landau satisfait |n| ≥ 1
il existe une fonction d’onde valide dans les deux vallées s = ± (et pour
chaque valeur de spin). Cela signifie que les niveaux de Landau avec des

énergies En = ℏv ηεn /lB , c’est-à-dire,
s
2
λ∆

En = sign(n) 2ℏv 2 eBηλ3 |n| + , pour |n| ≥ 1,
2
(4.20)
sont quatre fois dégénérés en raison de la dégénérescence de vallée et de
spin. Si nous fermons le gap de bande du cône de Dirac (∆ → 0) alors nous
pouvons retrouver le spectre des niveaux de Landau tel que calculé pour les
cônes de Dirac inclinés sans gap [12].

6
Niveaux de Landau de zéro divisés (n = 0± )
Nous considérons maintenant le cas de ε0± = ±δλ/2. Une fois de plus,
nous considérons initialement le cas de la vallée s = + où la seconde vallée
s = − peut être traitée en utilisant la même procédure. Nous trouvons que
lorsque ε2 = (δλ/2)2 il n’y a qu’une seule solution correspondant au cas
k = 0 où Λ = −γ/(1 + λ). Cependant, cette solution ne satisfait l’équation
aux valeurs propres donnée dans l’Éq. (4.2) que lorsque n = 0+ , c’est-à-dire,
ε0+ = δλ/2. En fait, nous ne pouvons construire une fonction d’onde avec
la valeur propre E0+ = ∆λ/2 que dans une

Figure 1 – Spectre des niveaux de Landau dans le borophène 8-P mmn avec
un gap de bande électronique caractérisé en fonction de l’intensité du champ
magnétique B. Dans cette figure, nous traçons les niveaux de Landau avec
indice |n| ≤ 5 où une ligne solide représente une dégénérescence quadruple
(dégénérescence de vallée et de spin) tandis qu’une ligne pointillée représente
une dégénérescence double (seulement le spin). Les cônes de Dirac avec gap
et inclinés dans ce système de borophène 8-P mmn avec gap sont caractérisés
par une vitesse de Fermi v = 8.6 × 105 ms−1 , un paramètre d’inclinaison
γ = 0.46, un paramètre d’anisotropie η = 0.80[11] et le gap de bande est
fixé à ∆ = 50meV.

des deux vallées (s = +). Dans ce cas, la fonction d’onde prend la forme :

1/4 !
1 λη
  
E 1+λ
Ψ0+ (Ye0+ ) = p 2 exp −Ye02+ /2 ,
2(1 + λ) πlB −γ

(4.21)
qui est valable pour s = +. Notez qu’ici, nous avons utilisé l’expression
pour le polynôme d’Hermite de zéro H0 (x) = 1. Inversement, en suivant la
même procédure dans la seconde vallée (s = −) nous ne pouvons construire
une fonction d’onde que pour la valeur propre E0− = −∆λ/2 qui prend la
forme :

1/4 !
1 λη −γ
E   
Ψ0− (Ye0− ) = p 2 exp −Ye02− /2 .
2(1 + λ) πlB 1+λ

(4.22)
En contraste frappant avec les autres niveaux de Landau (avec indice
|n| ≥ 1), chacun de ces niveaux de Landau de zéro (n = 0± ) manque de
dégénérescence de vallée et n’a donc qu’une dégénérescence double due au
spin. Fait intéressant, ces niveaux de Landau de zéro ont une énergie qui n’est
pas modifiée par l’intensité du champ magnétique. Pour démontrer ce fait,

7
nous esquissons les niveaux de Landau d’un système de borophène 8-P mmn
avec gap pour des champs magnétiques variables (voir Fig. 4.1). Bien que
ces niveaux de Landau de zéro E0± = ±∆λ/2 puissent sembler prendre des
valeurs arbitraires, nous notons qu’ils correspondent aux extrema de bande
des cônes de Dirac avec gap et inclinés qui ont un gap de bande indirect (voir
Fig. 4.2(a) et Section 1.1.4). Pour le cas des cônes de Dirac avec gap non
inclinés (γ → 0 et λ → 1) ces niveaux de Landau ont une énergie égale aux
extrema de bande du gap de bande direct E0± = ±∆/2 (voir Fig. 4.2(b)). Si
nous fermons ensuite le gap de bande (∆ → 0) ces deux niveaux de Landau
se combinent résultant en un seul niveau de Landau de zéro

Figure 2 – Schéma des niveaux de Landau dans : (a) cônes de Dirac inclinés
et avec gap (γ > 0 et ∆ > 0), (b) cônes de Dirac avec gap non inclinés (γ = 0
et ∆ > 0), et (c) cônes de Dirac sans gap (γ = 0 et ∆ = 0). Dans chaque
cas, nous traçons les niveaux de Landau dans les deux vallées : s = + (vert)
et s = − (orange). Derrière les niveaux de Landau, nous esquissons les
dispersions de bande des cônes de Dirac le long de l’axe du vecteur d’onde
qx , c’est-à-dire, qy = 0 (ombré).

4 fois dégénéré, retrouvant ainsi les niveaux de Landau bien connus du


graphène [4, 5, 6] (voir Fig. 4.2(c)). Bien que pas particulièrement bien
connu, la division du niveau de Landau de zéro a été discutée pour le cas
des matériaux de graphène avec gap [153] et a été prouvée plus tard dans
les matériaux à cônes de Dirac avec gap et inclinés [163].

Application au réseau bipolaire


Jusqu’à présent, nous nous sommes concentrés sur un matériau cristallin
supposé hébergeant des cônes de Dirac avec gap et inclinés dans la structure
de bande électronique. Cependant, nous notons qu’il est intéressant de consi-
dérer le cas du réseau bipolaire électrostatiquement gratté dans le graphène.
Dans la Section 1.2, nous avons démontré qu’un tel superréseau posséderait
des cônes de Dirac satellites avec gap et inclinés (Section 1.2.4) aux côtés
de cônes de Dirac centraux sans
gap (Section 1.2.5) dans la structure de bande électronique. L’applica-
tion d’un champ magnétique normal au plan du superréseau quantifiera la
structure de bande électronique résultant en la formation de niveaux de Lan-
dau. Les cônes de Dirac centraux (avec Hamiltonien donné dans l’Éq. (1.50))
posséderont des niveaux de Landau de type graphène avec une vitesse de

Fermi effective renormalisée v̄c = vc,x vc,y :
q
Enc = sign(nc ) 2ℏv̄c2 eB|nc |,
(4.23)

8
Figure 3 – Schéma du spectre des niveaux de Landau d’un réseau bipolaire
dans le graphène sous un champ magnétique externe pour des hauteurs de
puits et de barrières égales (|Ub | = |Uw |) dans le panneau (a) et des hau-
teurs de puits et de barrières inégales (|Ub | > |Uw |) dans le panneau (b).
La densité d’états totale a été esquissée en gris qui est la somme des contri-
butions des cônes de Dirac massifs (bleu, indice de niveau de Landau n) et
sans masse (rouge, indice de niveau de Landau nc ). L’énergie est normalisée
selon la vitesse de Fermi effective du cône de Dirac central sans masse (v̄c )
signifiant que les niveaux
√ de Landau√ avec indice nc = −1, 0 et 1 ont des
valeurs d’énergie − 2ℏv̄c /lB , 0 et 2ℏv̄c /lB . Dans le panneau (a) les cônes
de Dirac satellites sont non inclinés t = 0 et ont la même énergie de décalage
que le cône central tandis que dans le panneau (b) les cônes satellites sont
inclinés et sont décalés par rapport au cône central provoquant un chevau-
chement des niveaux de Landau. Cette figure a été tracée pour une intensité
de champ arbitraire avec une longueur magnétique lB , des paramètres arbi-
traires de cône de Dirac et chaque niveau de Landau a été modélisé comme
une Lorentzienne avec une largeur ∼ 0.12ℏv̄c /lB .

avec l’indice nc . Chaque niveau de Landau résultant des cônes de Dirac


centraux aura une dégénérescence quadruple due à chaque vallée de graphène
(s = ±) et valeur de spin. Au contraire, les cônes de Dirac satellites avec gap
et inclinés (avec Hamiltonien donné dans l’Éq. (1.47)) auront des niveaux
de Landau de la forme donnée dans l’Éq. (4.20) lorsque l’indice de niveau de
Landau satisfait |n| ≥ 1 et des niveaux de Landau de zéro E0± = ±λ∆/2.
Notez qu’en raison du nombre accru de cônes de Dirac satellites (étiquetés
avec l’indice se = ±), les niveaux de Landau avec indice |n| ≥ 1 auront une
dégénérescence octuple due à se = ±, s = ± et spin. Au contraire, le niveau
de Landau de zéro aura une dégénérescence quadruple due à chaque vallée
de graphène s = ± et spin. Ces résultats théoriques sont cohérents avec une
étude numérique précédente sur la formation de niveaux de Landau dans les
superréseaux de graphène (voir Réf. [56]).
En variant les tensions de grille appliquées du superréseau, il est possible
d’ajuster la géométrie et l’énergie de décalage relative des cônes de Dirac
dans la structure de bande électronique. En présence d’un champ magnétique
externe, ce mécanisme d’ingénierie de cônes de Dirac entraînera un spectre
de niveaux de Landau accordable par grille. Par exemple, il sera possible de
faire chevaucher les niveaux de Landau des cônes de Dirac centraux sans gap
et des cônes de Dirac satellites sans gap (voir, par exemple, les schémas de la
Fig. 4.3). De plus, la variation du paramètre d’inclinaison a un effet similaire
à l’ajustement du champ magnétique lui-même, c’est-à-dire, Beff = λ3 B =
(1 − γ 2 )3/2 B (voir Éq. (4.20)). Ce spectre de niveaux de Landau contrôlable
par grille pourrait être mesuré via des expériences de magnétorésistance ou
à travers des transitions magnéto-optiques.

9
4.6 Conclusions
Dans cette section, nous avons mené une étude sur la formation de ni-
veaux de Landau dans les matériaux à cônes de Dirac avec gap et inclinés
et avons discuté de ces résultats dans le contexte du réseau bipolaire dans le
graphène. Soutenant les études précédentes, il a été constaté que l’inclinai-
son du cône de Dirac conduit à une renormalisation de la vitesse de Fermi
[12] ou également de l’intensité du champ magnétique Beff = (1 − γ 2 )3/2 B
tandis que la présence d’un gap de bande divise chaque niveau de Landau
de zéro en deux sous-niveaux [153, 163]. Notre investigation sur le réseau
bipolaire dans le graphène (voir Section 1.2) a révélé l’existence simultanée
de cônes de Dirac satellites avec gap et inclinés aux côtés de cônes de Dirac
centraux sans masse et non inclinés. À cet égard, nous avons démontré qu’il
serait possible d’obtenir un spectre de niveaux de Landau
concevable et contrôlable par grille qui possède les caractéristiques à la
fois des fermions de Dirac sans masse et massifs.
En plus du réseau bipolaire, ce travail peut également être appliqué à des
matériaux cristallins dans lesquels les cônes de Dirac ont un paramètre d’in-
clinaison fixe et un gap de bande déterminés par la structure atomique du
matériau. Nous notons que les niveaux de Landau de zéro divisés prennent
des valeurs dépendantes de la vallée, c’est-à-dire, sλ∆/2 qui pourraient don-
ner lieu à des applications magnéto-optovalleytroniques encore inexplorées.
Cet effet pourrait être further contrôlé par l’application d’un champ élec-
trique statique qui s’est avéré briser la dégénérescence de vallée des niveaux
de Landau dans les matériaux à cônes de Dirac inclinés sans gap [134 ; 157 ;
158].

10

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