Cours de Statistique et Probabilités 2024
Cours de Statistique et Probabilités 2024
Introduction 3
6. Loi de Poisson 80
7. Loi uniforme continue 83
8. Loi exponentielle 85
9. Loi normale 87
10. Loi du khi-deux 90
11. Loi de Student 92
12. Loi de Fisher-Snedecor 93
Chapitre 7. Estimation statistique 94
1. Généralités 94
2. Estimateur convergent 95
3. Estimateur sans biais 96
4. Estimateur de variance minimum 96
5. Dans la pratique 97
6. Cas général 100
Chapitre 8. Tests d’hypothèses 105
1. Introduction 105
2. Types d’erreur 106
3. Test de la moyenne 109
4. Test de la différence de deux moyennes 112
5. Autres tests 114
Chapitre 9. Test du Khi-deux 117
1. Introduction 117
2. Cas de χ2 simple 117
3. Tables de contingence 120
4. Distribution de la variance de l’échantillon 121
Chapitre 10. Tests non-paramétriques 123
1. Introduction 123
2. Le test des signes 123
3. Le test de Mann-Whitney 125
4. Le test des séquences 126
5. Le test de la corrélation des rangs 128
6. Le test de Kolmogorov-Smirnov 129
Chapitre 11. Analyse de la variance 131
1. Problème introductif et approche intuitive des concepts de base 131
2. Généralisation : test d’égalité des moyennes de k populations 133
3. ANOVA de Kruskall-Wallis (échantillons indépendants) 138
INTRODUCTION 3
Introduction
La majorité des sciences, qu’il s’agisse des sciences expérimentales (Physique, Biologie, Méde-
cine, Chimie, Psychologie...) ou des sciences humaines (Pédagogie, Sociologie, Linguistique,
histoire, géographie,...), font appel à des données souvent nombreuses(issues, par exemple,
de sondages), qu’il convient de traiter à l’aide d’une méthodologie appropriée.
C’est là qu’intervient la statistique.
Commençons par préciser certains termes que nous allons rencontrer dans la suite de ce
cours.
D ÉFINITION 1. Selon la définition du Petit Robert, on désigne par le terme statistique, l’en-
semble des techniques d’interprétation mathématique appliquées à des phénomènes pour
lesquels une étude exhaustivede tous les facteurs est impossible, à cause de leur grand
nombre ou de leur complexité.
Remarquons que cette définition est très différente du sens parfois donné dans le langage
courant au mot statistique, c’est-à-dire un ensemble de données numériques comme par
exemple les statistiques de la mortalité infantile au Congo.
Ce que l’on appelle la Statistique Descriptive est l’ensemble des méthodes et techniques
mathématiques permettant de présenter, décrire et résumer des données statistiques.
Le champ d’application des Statistiques descriptives est très vite limité. D’où le recourt à un
autre type de statistique.
D ÉFINITION 2. La Statistique Inférentielle est l’ensemble des techniques visant à modéliser
les données statistiques en vue d’une extrapolation éventuelle à un ensemble plus vaste
et/ou à aider à une prise de décision.
La statistique inférentielle est abordée après le chapitre sur les « Lois de probabilités usuelles.»
CHAPITRE 1
Cet exemple est particulier dans la mesure où les individus sont indexés par le temps : c’est
ce que l’on appelle une série chronologique.
2. Définitions
D ÉFINITION 3. Un individu (ou unité statistique) est l’unité d’observation. Pour chaque
individu, on dispose d’une ou plusieurs observations.
♢ E XEMPLES : « Un élève, un étudiant, une sardine,... »
Dans les exemples précédents, les individus étaient :
1. Une exploitation agricole
2. Un patient
D ÉFINITION 4. Une population statistique est l’ensemble des individus sur lesquels on
effectue des observations. Elle est bien spécifiée s’il n’y a pas d’ambiguïté sur sa définition.
♢ E XEMPLES : « L’ensemble des élèves du secondaire de la ville de Bukavu, l’ensemble
des sambaza du lac Kivu,... »
Si on fait une étude géologique portant sur les chaînes montagneuses, la
population est l’ensemble des chaînes de montagne...
Dans les exemples précédents, les populations étaient :
1. L’ensemble des exploitations agricoles de la région
2. L’ensemble de personnes interrogées dans le cadre d’un essai thérapeu-
tique
Une variable associe à chaque individu une réponse et une seule. En statistique les réponses
possibles, c’est-à-dire les valeurs prises par la variable, sont appelées modalités. Un couple
(individu ; modalité associée) est appelé donnée ou observation.
Pour une variable étudiée sur un échantillon de taille N , le nombre d’observations est donc
N . L’ensemble des données pour une variable X s’appelle une série statistique. Le nombre de
modalités K d’une variable est en général inférieur à N . Les modalités seront souvent notées
xi pour i = 1, · · · , K.
3.1. Le type quantitatif. Une variable est dite quantitative lorsque ses modalités sont
des nombres qui résultent d’une mesure, d’un comptage. On parlera alors plus souvent de
valeurs de la variable plutôt que de modalités.
a) Lorsqu’il s’agit d’un comptage, on parlera de type quantitatif discret . C’est le cas en
particulier lorsque l’ensemble des modalités est un ensemble fini ou bien une partie de
l’ensemble des entiers naturels.
♢ E XEMPLES : « Le nombre d’enfants par femme » ;« le nombre de personnes par
foyer » ; « le nombre de lettres dans une ligne » ; « le nombre de mots
mémorisés par des enfants pendant deux minutes parmi une liste de
50 mots » ; « le nombre de médailles remportées aux JO » ;« le nombre
de villes de plus de 100 000 habitants » ; « le nombre de bits pour
représenter un nombre dans un ordinateur », « le nombre de fautes
dans une dictée » ...
b) Lorsque par contre, il s’agit de la mesure d’une grandeur physique, on parlera de type
quantitatif continu.
♢ E XEMPLES : « La taille du samabaza du lac Kivu en cm » ;« le poids en kg » ; les
précipitations en mm « ,« le nombre d’heures passées devant la té-
lévision » , « l’âge en années des élèves de la ville de Bukavu », « la
température journalière du mois de mars à Bukavu »,...
L’ensemble des modalités d’une variable de type quantitatif forme ce que l’on appelle
une échelle d’intervalle (expression employée particulièrement en Psychologie).
4. DISTRIBUTIONS STATISTIQUES ET REPRÉSENTATIONS 7
Une différence entre les variables quantitatives continues et discrètes est que les valeurs
numériques associées aux premières peuvent subir des opérations arithmétiques (comme
l’addition,...) alors pour les dernières cela n’a aucun sens.
3.2. Le type qualitatif. Une variable est dite qualitative si elle n’est pas quantitative.
a) Une variable qualitative est dite ordinale lorsque ses modalités sont naturellement
ordonnées. L’ensemble des modalités d’une variable de type ordinal forme ce que l’on
appelle une échelle ordinale (expression employée particulièrement en Psychologie).
♢ E XEMPLES : On considère l’ensemble constitué des membres du personnel de
l’ISP-Bukavu et on s’intéresse à la variable Diplôme le plus élevé ;
cette dernière est ordinale, les modalités ne sont pas des nombres
mais sont naturellement ordonnées : EP, D4, D6, G3, L2, DEA, PhD.
On classe les élèves d’une classe selon leurs résultats à un examen.
La variable « Rang » ainsi définie est ordinale : ses modalités ne sont
pas « réellement » des nombres. En effet, elles ne représentent qu’un
classement ; l’écart entre le troisième et le quatrième n’est pas forcé-
ment le même qu’entre le quatrième et le cinquième.
On pourrait construire d’autres variables ordinales en considérant
par exemple l’avis (majoritaire) des étudiants de l’ISP sur la question
de déclarer l’enceinte de l’ISP « espace non fumeurs » avec les mo-
dalités : très favorable, plutôt favorable, plutôt défavorable et très
défavorable.
b) Une variable qualitative est nominale lorsque ses modalités ne sont pas naturellement
ordonnées.
♢ E XEMPLES : Variable « Sexe » dans l’ensemble des préfets des écoles secondaires
de Bukavu.
Variable « Nationalité » dans la population des étudiants de l’ISTM-
Bukavu.
« Le régime scolaire des élèves de Bukavu »,...
On se place dans la situation où on demande aux élèves d’une école
d’évaluer la manière dont les enseignants expliquent leurs cours. Les
élèves peuvent noter par 1, 2 ou 3 selon que l’enseignent est jugé
« Mauvais », « Bon » ou « Très bon » respectivement. Il s’agit là d’une
variable qualitative, les valeurs numériques étant plus des codes
qu’autre chose.
Modalités Effectifs
x1 n1
x1 n2
.. ..
. .
xK nK
Total N
Modalités fréquences
x1 f1
x1 f2
.. ..
. .
xK fK
Total 1
4.2.1. Variables nominales . On dispose pour ces variables de diagrammes en bâtons ainsi
des diagrammes en circulaires (ou en « camembert » )
♢ E XEMPLE : On se réfère à l’exemple Sur la CSP.
a) Diagramme en bâtons
A chaque modalité xi on associe un « bâton » de longueur hi pro-
portionnelle à la fréquence fi (ou de manière équivalente, à l’effectif
ni .) On a donc,
hi = Cste × fi .
Pour une variable nominale, seules les hauteurs sont significatives,
l’ordre et l’écart des xi ne sont pas significatifs.
b) Diagramme circulaire
L’angle αi de chaque secteur est proportionnel à la fréquence fi . En
degrés, on a
αi = 360 × fi .
C’est la représentation la plus utilisée pour les variables nominales. Elle
est, en plus, plus fidèle que la précédente.
4. DISTRIBUTIONS STATISTIQUES ET REPRÉSENTATIONS 10
Patrons
Cadres sup
0, 3 Employés
9%
17% 6%
0, 2 Agriculteurs
13%
0, 1
x1 x2 x3 x4 x5 x6
32% 23%
Ouvriers Retraités
Diagramme en bâtons
Diagramme circulaire
Dessin de l’histogramme
9
20 25 30 35 40 50 60
(1) A partir de l’histogramme d’une variable statistique continue, on peut tracer le poly-
gone des fréquences associé, en procédant de la manière suivante :
— on joint par des morceaux de droites les milieux des segments horizontaux supé-
rieurs des rectangles de l’histogramme ;
— on ajoute à droite et à gauche de l’histogramme des classes fictives, toutes deux
de même amplitude et d’effectif nul, ce qui donne alors lieu à deux nouveaux
segments.
Distributions cumulées
i valeurs effectifs fréquences Effectifs cumulées Fréquences cumulées
1 x1 n1 f1 n1 f1
2 x2 n2 f2 n1 + n2 f1 + f2
.. .. .. .. .. ..
. . . . . .
K − 1 xK−1 nK−1 fK−1 n1 + n2 + · · · + nK−1 f1 + f2 + · · · + fK−1
K xK nK fK n1 + n2 + · · · + nK = N f1 + f2 + · · · + fK = 1
♢ E XEMPLE : Cette notion est illustrée à l’aide de l’exemple Sur la CSP précédent.
Distributions cumulées relatives à l’exemple.
i CSP xi fréquences fréq. cumulées
1 Cadre supérieur 0.06 0.06
2 Patron 0.09 0.15
3 Cadre moyen 0.17 0.32
4 ouvriers 0.32 0.64
4 Retraité 0.23 0.87
5 Agriculture 0.13 1
Total 1
5.2. Fonction de répartition. Cette notion ne concerne que les variables quantitatives.
♢ E XEMPLE : Cette notion est illustrée à l’aide de l’exemple Sur la CSP par le tableau
suivant.
Fonction de répartition : exemple Sur la CSP .
Classes Effectifs fi F
[20, 25[ 9 0.06 0.06
[25, 30[ 27 0.18 0.24
[30, 35[ 36 0.24 0.48
[35, 40[ 45 0.30 0.78
[40, 50[ 27 0.18 0.96
[50, 60[ 6 0.04 1
Total N = 150
On a alors F (20) = 0, F (25) = 0.06, F (30) = 0.24, F (35) = 0.48, F (40) = 0.78, F (50) = 0.96 et
F (60) = 1.
Fonction de répartition
F
1
0.9
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
xi
10 20 30 40 50 60 70 80
Le but de ce paragraphe est donc de définir, pour chaque type de distribution statistique, un
certain nombre de caractéristiques (ou indicateurs), c’est-à-dire quelques nombres permettant
de résumer de manière quantitative (et non plus qualitative) chaque distribution. Bien
entendu, n’importe quelle quantité ne peut pas être un indicateur.
En 1950, le statisticien Yule a donné un certain nombre de propriétés de "bon sens" que
doivent, à priori, vérifier les indicateurs statistique. Selon lui, ceux-ci doivent :
6. CARACTÉRISTIQUES D’UNE DISTRIBUTION. TENDANCE CENTRALE ET DISPERSION 14
♢ E XEMPLE : Le mode dans l’exemple Sur la CSP est la modalité « ouvrier » et la classe
modale dans l’exemple Sur l’entreprise de 150 ouvriers est la classe
« [35, 40[ »
6.1.2. Médiane et quantiles . Ces indicateurs sont définis pour toutes les variables sauf
les variables nominales.
Donnons une première définition simple de la médiane :
D ÉFINITION 10. La médiane est la valeur de la variable telle que le nombre d’observations
supérieures ou égales à cette valeur est égal au nombre d’observations strictement inférieures
à cette valeur.
6. CARACTÉRISTIQUES D’UNE DISTRIBUTION. TENDANCE CENTRALE ET DISPERSION 15
D ÉFINITION 11. Étant donnée une variable ordinale ou quantitative discrète sur une po-
pulation de taille N , on appelle médiane (notée Méd) la donnée dont le rang est situé
N
immédiatement après dans la liste des données écrites par ordre croissant.
2
□ R EMARQUE : Lorsque la variable étudiée est quantitative et N pair (comme pour le
deuxième cas), certains auteurs prennent pour médiane la moyenne arith-
métique des deux données situées au milieu de la liste des données écrites
par ordre croissant. Nous n’avons pas retenu ce choix car il ne s’applique
pas aux variables ordinales en général et de plus cette définition de la
médiane ne pourrait pas se généraliser simplement aux situations que
nous allons aborder ensuite.
En revenant à la première définition, on voit que, par exemple, pour les variables continues,
cela revient à chercher un x tel que F (x) = 0, 5. En règle générale, cette valeur x n’existe pas
dans le tableau de données dont on dispose.
0, 5 − F (ai−1 )
M ed = ai−1 + (ai − ai−1 )
F (ai ) − F (ai−1 )
0.5
ai
a1 a2 ai−1 ai aK−1 aK
Méd
Détermination graphique de la médiane
α − F (ai−1 )
Qα = ai−1 + (ai − ai−1 )
F (ai ) − F (ai−1 )
♢ E XEMPLE : Dans l’exemple Sur l’entreprise de 150 ouvriers , on a bien Q0,25 = 30, 2
et Q0,75 = 39, 5. En effet, on a F (30) = 0, 24 < 0, 25 et F (35) = 0, 48 > 0, 25;
et donc [30, 35[ est la classe du premier quartile. On calcule alors
0, 25 − 0, 24 5 ∼
Q0,25 = 30 + (35 − 30) = 30 + = 30, 2
0, 48 − 0, 24 24
De manière analogue, on a Q3 ∈ [35, 40[ car F (35) = 0, 48 < 0, 75 et
F (40) = 0, 78 > 0, 75. On obtient alors
0, 75 − 0, 48 27
Q0,75 = 35 + (40 − 35) = 35 + 5 = 39, 5
0, 78 − 0, 48 30
On peut, par ailleurs, définir la notion suivante : si α est dans ]0, 1/2], l’intervalle de variation
au risque α est l’intervalle noté
Iα = [Q α2 , Q1− α2 ]
A gauche et à droite de cet intervalle, il y a une proportion α2 d’individus (intervalle contient,
de ce fait, une proportion 1 − α d’individus).
Par exemple, l’intervalle de variation au risque 1/2 est l’intervalle [Q0,25 , Q0,75 ] celui -ci est
représenté par le box-plot (ou boite - à - pattes).
Le box-plot
a0 aK
Méd
Q0.25 Q0.75
k k
1 1 X ni X f i X
(6.3) = = avec fi = 1.
H N i=1 xi i=1
x i i
103000
= 30000 11000 22000 17000 18000 5000
5,6
+ 8,8 + 10,3 + 8,2 + 7,8 + 11,0
Ce qui est très exactement le calcul d’une moyenne harmonique :
1 n 1 30000 11000 22000 17000 18000 5000
= = = + + + + +
H v 103000 5, 6 8, 8 10, 3 8, 2 7, 8 11, 0
k
1X 1
= ni = × 13578, 5 = 0, 131829842
v i=1 103000
Par suite H ∼ = 7, 6. En vendant au taux de 9,9, l’épargnant réalise un
bénéfice de 9,9-7,6 = 2,3 EUR par action.
Le recours à la moyenne harmonique évite d’avoir à déterminer le nombre
des actions acquises sachant que dans le prix d’achat sont compris divers
coûts annexes.
6. CARACTÉRISTIQUES D’UNE DISTRIBUTION. TENDANCE CENTRALE ET DISPERSION 21
D ÉFINITION 14. L’étendue est l’écart entre la modalité la plus haute et la modalité la moins
élevée : E = Xmax − Xmin .
Cette mesure est peu pratique et très sensible aux valeurs extrêmes de la série (erreurs de
saisie,...)
6.2.2. Écart inter-quartile . Il est défini pour toutes les variables, excepté les variables
nominales.
D ÉFINITION 15. L’écart inter-quartile est la distance entre le 1er et le 3e quartile. Il vaut donc
Q0,75 − Q0,25 . Il représente les valeurs extrêmes d’une dispersion de 50 pour cent des effectifs
autour de la médiane.
Le rapport interquantile :
Qn
IQ(x) =
Q1
est un nombre sans dimension qui mesure le rapport entre le dernier et le premier quantiles.
Prenons l’exemple des quartiles. Le rapport interquartile est le rapport des quartiles
Q3
IQ = ,
Q1
il fournit une mesure relative des écarts entre les 25 % de la distribution ayant les valeurs les
plus basses et les 25 % de la distribution disposant des valeurs de la variable les plus élevées.
6. CARACTÉRISTIQUES D’UNE DISTRIBUTION. TENDANCE CENTRALE ET DISPERSION 22
k k
1X X
mad(M ed) = ni |xi − M ed| = fi |xi − M ed|
n i=1 i=1
k k
1X X
mad(x̄) = ni |xi − x̄| = fi |xi − x̄|
n i=1 i=1
♢ E XEMPLE : Répartition des SAU viticoles : écart absolu moyen à la médiane (24,1).
♢ E XEMPLE : Répartition des SAU viticoles : écart absolu moyen à la moyenne (29,8).
D ÉFINITION 16. La variance est la moyenne des carrés des écarts à la moyenne ; c’est-à-dire :
— pour une variable discrète :
i=k
! i=k
!
1 X
2 1 X 2
(6.4) V ar(X) = ni (xi − X) = ni x2i −X
N i=1
N i=1
i=k
! i=k
!
1 X 1 X 2 2
(6.5) V ar(X) = ni (ci − X)2 = n i ci −X
N i=1
N i=1
Dans chaque cas, c’est la seconde expression qui sera la plus utilisée pour effectuer les calculs.
L’ Écart-type est par définition la racine carrée de la variance :
p
σ(X) = V ar(X)
□ R EMARQUE : Les formules (6.4) et (6.5) sont valables lorsque les calculs portent sur
TOUTE la population. Lorsqu’il s’agit d’un échantillon extrait de la popu-
lation le dénominateur N est remplacé par N − 1.
□ R EMARQUE : Le coefficient de variation
Il est défini par le rapport de la moyenne arithmétique à l’écart type, c’est
un nombre sans dimension. Il varie comme la dispersion autour de la
moyenne, plus il est important et moins la moyenne est significative pour
décrire la distribution.
σ(X)
CV =
X
6. CARACTÉRISTIQUES D’UNE DISTRIBUTION. TENDANCE CENTRALE ET DISPERSION 24
♢ E XEMPLE : Dans l’exemple Sur l’entreprise de 150 ouvriers , la moyenne vaut 35,65
et la variance 56,4525. Voici le détails des calculs.
moyenne − mode X − M0
D1 = =
écart type σ(X)
D1 est un nombre sans dimension.
(1) D1 = 0 la courbe est symétrique par rapport au mode
(2) D1 > 0 la courbe est étalée à droite
(3) D1 < 0 la courbe est étalée à gauche.
6. CARACTÉRISTIQUES D’UNE DISTRIBUTION. TENDANCE CENTRALE ET DISPERSION 25
Le second coefficient de Pearson (D2 ) estime l’asymétrie par le rapport de l’écart entre la
moyenne et la médiane à l’écart type.
moyenne − médiane X − M ed
D2 = 3 =3
écart type σ(X)
Pour une distribution symétrique, D2 est nul, pour une distribution étalée vers la droite D2
est positif, dans le cas inverse D2 est négatif.
♢ E XEMPLE : Dans l’exemple de la distribution des SAU viticoles :
X − M0 31, 8 − 10, 6 ∼
D1 = = = 0, 78
σ(X) 27, 1
La distribution est étalée à droite.
De même, le second coefficient est
c̄ − M ed 31, 8 − 24, 1
D2 = 3 =3 = 0, 85.
σ(c) 27, 1
Le coefficient d’asymétrie de Yule et Kendall , que l’on nomme s, ne nécessite que la connais-
sance des trois quartiles :
(Q3 − Q2 ) − (Q2 − Q1 )
s= ·
(Q3 − Q2 ) + (Q2 − Q1 )
Avec :
(1) s = 0 la distribution est symétrique
(2) s > 0 la distribution est oblique à gauche (étalée vers la droite)
(3) s < 0 la distribution est oblique à droite (étalée vers la gauche)
♢ E XEMPLE : Dans l’exemple de la distribution des SAU viticoles :
(41, 5 − 24, 1) − (24, 1 − 11, 7) 5
s= = > 0.
(41, 5 − 24, 1) + (24, 1 − 11, 7) 29, 8
Ce coefficient indique également une distribution étalée vers la droite.
Le coefficient de Fischer :
Il est plus algébrique dans sa conception que les précédents, il fait intervenir des écarts à la
puissance 3. L’usage de cet indicateur est réservé à des modèles économiques plus complexes
que les précédents.
Pk 3
i=1 fi (xi − x̄)
γ1 = h i 3/2
Pk 2
i=1 f i (x i − x̄)
Avec :
(1) γ1 = 0 distribution symétrique
(2) γ1 > 0 distribution étalée à droite
(3) γ1 < 0 distribution étalée à gauche
Le dénominateur de cette formule est le cube de l’écart type.
♢ E XEMPLE : Pour l’exemple précédent
3148, 755 ∼
γ1 = = 0, 16
27, 13
Cet indicateur confirme les conclusions des indicateurs précédents
CHAPITRE 2
1. Introduction
Il existe beaucoup de situations pour lesquelles on s’intéresse, sur le même échantillon, à
plusieurs caractères statistiques en même temps. On souhaiterait savoir si des liens existent
entre ces caractères ou, tout au moins, entre leurs distributions statistiques.
♢ E XEMPLES : (1) L’âge et taille des enfants entre 0 et 20 ans
(2) Le prix du mètre carré et année d’achat de terrains
(3) Allongement de ressorts et force appliquée
(4) La température et la réaction chimique d’un mélange,
(5) L’âge et le salaire des employés d’une entreprise,
(6) La taille et le poids des individus
Il ne s’agit alors plus d’étudier les caractères séparément, mais simultanément. Dans ce cha-
pitre, nous présentons les outils permettant de réaliser l’étude simultanée de deux variables
statistiques.
2. Notations et définitions
2.1. Notations. On considère, dans toute la suite, une population (ou un échantillon) de
N individus sur laquelle on étudie deux caractères statistiques X et Y. La variable étudiée est
donc le couple (X, Y).
Les valeurs (ou modalités) de ces variables seront notées à nouveau par des lettres minus-
cules : xi , i = 1, · · · , K pour X et yj , j = 1, · · · , L pour Y si ce sont des variables qualitatives
ou discrètes et, pour les variables continues, on notera [ai−1 , ai [ les classes pour X et [bi−1 , bi [
les classes pour Y.
L’effectif correspondant au couple (xi , yj ) de modalités i et j (resp. aux classes [ai−1 , ai [
et [bi−1 , bi [ ) sera noté nij . On appellera alors distribution jointe de X et Y l’ensemble des
informations (xi , yj , nij ), resp. ([ai−1 , ai [, [bi−1 , bi [, nij ) pour i = 1, · · · , K et j = 1, · · · L) Bien
évidemment, l’effectif total N de l’échantillon s’obtient en effectuant la somme suivante :
K X
X L L X
X K
N= nij = nij
i=1 j=1 j=1 i=1
26
2. NOTATIONS ET DÉFINITIONS 27
Où on a posé
L
X K
X
ni. = nij et n.j = nij
j=1 i=1
Ainsi :
— à l’intérieur du tableau, on lit la distribution joint de X et Y, soit les effectifs nij ;
— en marge à droite (totaux en lignes), on lit la distribution de X ; pour chaque i, ni.
représente le nombre d’individus prenant la valeur xi pour le caractère X ;
— en marge en bas (totaux en colonnes, on lit celle de Y : pour chaque j, n.j représente le
nombre d’individus prenant la valeur yj pour le caractère Y.
Les distributions de X et Y sont les distributions marginales du couple (X,Y).
♢ E XEMPLE : Sur l’opinion des Congolais
On réalise une enquête auprès d’un échantillon de 1000 personnes,
représentatif de la population congolaise, âgées de 21 ans à 60 ans. Le but
de cette enquête est de connaitre l’opinion des Congolais (X) sur le projet
de réforme constitutionnelle proposé par un parti politique en fonction de
leur âge (Y) .
Par exemple, le nombre de personne défavorables au projet, quel que soit leur âge est : 310.
3. Distributions conditionnelles
On veut connaître la façon dont varie l’une des variables lorsque l’autre a une valeur donnée
(resp. : prend ses valeurs dans une classe donnée). La réponse à cette question est fournie par
le tableau de contingence (tableau 11) :
— à la ligne i du tableau de contingence, on lit la distribution de la variable Y sachant
que X = xi (notée Y|X =xi )(resp. sachant que X est dans [ai−1 , ai [, notée Y|X ∈[ai−1 ,ai [ ) ;
— à la colonne j, on lit la distribution de X sachant que Y = yj ( notée X|Y =yj )(resp.
sachant que Y est dans [bj−1 , bj [, notée X|Y ∈[bj−1 ,aj [ ) ;
♢ E XEMPLES : Dans l’exemple précédent Sur l’opinion des congolais , la distribution
conditionnelle de l’opinion exprimée par les individus âgés de plus de 50
ans est donnée par la troisième colonne, c’est-à-dire :
(1) f11 = 0, 03
4.2. Indépendance de deux variables. La notion de fréquence conditionnelle permet de
définir mathématiquement celle d’indépendance entre deux variables statistiques.
D ÉFINITION 18. Deux variables X et Y sont indépendantes si, pour tous i, j, X sachant
Y = yj a la même distribution que X et Y sachant X = xi a la même distribution que Y. Cela
se traduit par
ni. × n.j
nij =
N
Malheureusement, cette définition est théorique en ce sens que, sur un tableau de données
réelles, cette relation n’est pratiquement jamais vérifiée. On est donc amené à introduire
un outil statistique permettant de mesurer la « distance à l’indépendance » afin de pouvoir
décider si les variables étudiées sont indépendantes ou si, au contraire, il semble exister
une relation de causalité entre elles. Pour cela, au tableau de contingence initial, on associe
un nouveau tableau, appelé tableau des effctifs théorique sous l’hypothèse d’indépendance
construit, en remplaçant, dans le tableau initial, les effectifs nij par les effectifs qu’on devrait
avoir théoriquement si les deux variables étaient indépendantes, c-est-à-dire,
ni. × n.j
eij =
N
Dans l’exemple Sur l’oral d’un concours , on a
Tableau théorique.
Y
X [0, 4[ [4, 8[ [8, 12[ [12, 16[ [16, 20[
[0, 4[ 0,9 1,98 3,51 1,89 0,72
[4, 8[ 2,6 5,72 10,14 5,46 2,08
[8, 12[ 4,4 9,68 17,16 9,24 3,52
[12, 16[ 1,8 3,96 7,02 3,78 1,44
[16, 20[ 0,3 0,66 1,17 0,63 0,24
5.1. Caractéristiques associées. Nous présentons une généralisation des notions intro-
duites au chapitre premier sur une variable à deux variables.
Les moyennes des distributions marginales se calculent via les formules suivantes.
• Moyenne de la variable X
K K K L
1 X X 1 XX
X= ni. xi = fi. xi = nij xi
N i=1 i=1
N i=1 j=1
• Moyenne de Y
L L K L
1 X X 1 XX
Y = n.j yj = f.j yj = nij yj
N j=1 j=1
N i=1 j=1
Lorsque a1 = b1 , c’est-à-dire lorsque les points A et B ont même abscisse, la droite AB est
parallèle à l’axe des ordonnées et pour équation
AB ≡ x = a1 .
5. ÉTUDE DES COUPLES DE VARIABLES QUANTITATIVES 33
Lorsque a2 = b2 , c’est-à-dire lorsque les points A et B ont même ordonnée, la droite AB est
parallèle à l’axe des abscisses et pour équation
AB ≡ y = a2 .
5.4. La méthode des points moyens ou méthode de Mayer. On scinde le nuage complet
en deux sous-nuages ayant à peu près le même nombre de points, le premier sous-nuage
contenant les points ayant les plus petites abscisses. On calcule les coordonnées des points
moyens des deux sous-nuages. La droite de Mayer est la droite passant par ces deux points.
On peut montrer qu’elle passe aussi par le point moyen du nuage. Cette méthode est très
rapide et fournit une droite tout à fait convenable lorsque les points du nuage sont « presque »
alignés. Malheureusement, celle-ci ne permet pas de donner une mesure de sa fiabilité.
La méthode
La série statistique est donnée sous la forme d’un tableau à deux variables x et y. L’objectif
est de rechercher une corrélation affine entre les deux variables de la forme : y = mx + p. On
admet que cette corrélation est réalisable.
(1) On commence par séparer ce tableau en deux parties : les deux sous-nuages.
(2) On calcule ensuite les coordonnées des points moyens G1 et G2 de chaque sous-nuage.
(3) On trace la droite DG1 G2 appelée droite d’ajustement du nuage ou droite de Mayer
dont on détermine une équation y = mx + p.
(4) On utilise cette équation pour réaliser des estimations en dehors des valeurs connues
xi et yi du tableau.
5. ÉTUDE DES COUPLES DE VARIABLES QUANTITATIVES 34
♢ E XEMPLE : On veut isoler un mur en béton par une couche d’isolant. On mesure la
résistance thermique y en unité SI* du mur après isolation en fonction
de l’épaisseur de la couche isolante x en cm. Les résultats sont dans le
tableau :
épaisseur xi 2 4 6 8 10 12 15 20
résistance yi 0.83 1.34 1.63 2.29 2.44 2.93 4.06 4.48
(1) Représenter le nuage de points associé à cette série.
(2) En détaillant la méthode complète, déterminer une équation de la
droite d’ajustement du nuage et tracer cette droite. Ne pas oublier
de placer G1 et G2 .
(3) A l’aide de l’ajustement trouvé, quelle résistance peut-on espérer
pour un mur protégé par une épaisseur de 25 cm d’isolant ?
Quelle épaisseur d’isolant faut-il prévoir pour obtenir une résis-
tance du mur de 3, 50 unité SI* ? (on admet que l’on peut utiliser
l’ajustement dans cette dernière situation)
Placer clairement les points correspondants sur le graphique en les
nommant A et B .
*SI : système international
4.5 •
4 •
3.5 •
G2
3 •
2.5
• •
2
1.5 • •
• G1
1
•
0.5
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 15 20
0
Corrigé non détaillé
(1) Série statistique à deux variables :
Les points moyens sont : G1 (5; 1, 52) et G2 (14, 25; 3, 48) L’équation de la droite de
Mayer, obtenue avec la méthode du cours est
y = 0, 21 x + 0, 47
(2) Estimations :
En utilisant : y = 0, 21 x + 0, 47 et en remplaçant x ou y par les valeurs proposées, on
obtient :
ŷ = 5, 75 USI et x̂ = 14, 36 cm
5. ÉTUDE DES COUPLES DE VARIABLES QUANTITATIVES 36
40
•
• 35
•
G1 • 30
•
25 •
20 •
•
15 G2 •
•
10
−6 −5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
Un ajustement affine (on dit souvent linéaire ; c’est un abus) par la méthode des moindres
carrés, consiste à déterminer la fonction du premier degré
f : x 7−→ mx + p
soit minimale.
Avant de poursuivre, disons un mot sur quelques notions importantes de l’étude statistique
de deux variables.
Lorsque les données sont groupées en classes, on adapte cette définition par
K L K L
!
1 XX 1 XX
Cov(X, Y ) = nij (xi − x)(yj − y) = nij xi yj − x y
N i=1 j=1 N i=1 j=1
On note aussi
Cov(X, Y ) = σXY = σ(X, Y )
□ R EMARQUE : Le calcul de la covariance donne une information précieuse sur la forme
du nuage de points.
♢ E XEMPLE : On donne le tableau suivant
X 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Y 40 42 44 45 48 50 52 55 58 63 68 70
On rappelle que x = 9, 2 et Y = 9, 8.
D’où
3 × 2 × 2 + 4 × 2 × 6 + · · · + 0 × 18 × 14 + 2 × 18 × 18
Cov(X, Y ) =
100
− 9, 2 × 9, 8 = 9, 6
Arrêtons un moment avec les exemples et revenons à nos moutons...
n
X n
X 2
(yi − y)2 − 2m (yi − y) (xi − x) + m2 (xi − x)2
[(yi − y) − m (xi − x)] =
i=1 i=1
Xn n
X n
X
= (yi − y)2 − 2m (yi − y) (xi − x) + m2 (xi − x)2
i=1 i=1 i=1
n
X n
X n
X
= (yi − y)2 − 2m (yi − y) (xi − x) + m2 (xi − x)2
i=1 i=1 i=1
2 B
Comme σX > 0, la somme S est minimale pour m = − . Soit
2A
n n
X 1X
2 (yi − y) (xi − x) (yi − y) (xi − x)
i=1
n i=1 σXY
m= 2
= 2
= 2
2n.σX σX σX
5.5.3. Coefficient de corrélation. Le coefficient de corrélation linéaire de X et Y , noté
r(X, Y ) ou Corr(X, Y ), est défini par :
Cov(X, Y )
r(X, Y ) =
σ(X) · σ(Y )
Le coefficient de corrélation (introduit par K. Pearson en 1896) a pour objectif de quantifier
le degré de dépendance entre deux variables. La pertinence de cette mesure a très vite été
contestée (notamment par M. Fréchet en 1934) et il s’est avéré que le coefficient de corrélation
n’est pas au sens mathématique du terme une mesure de dépendance.
La valeur de r est telle que
−1 ⩽ r ⩽ 1
Un bon ajustement doit donner une valeur telle que |r| soit voisin de 1. En l’absence de
renseignements complémentaires, on admet généralement qu’un coefficient de corrélation
supérieur en valeur absolue à 0,75 justifie la recherche d’un alignement statistique. (|r| ⩾ 0, 75)
On peut se reporter au tableau suivant pour interpréter le résultat :
Parfaite Forte Moyenne Faible Inexistante Faible Moyenne Forte Parfaite
-1 ]-1 ; -0,87] ]-0,87 ; -0,75] ]-0,75 ; -0,5] ]-0,5 ; 0,5[ [0,5 ; 0,75[ [0,75 ; 0,87[ [0,87 ; 1[ 1
Le coefficient de corrélation n’est pas sensible aux unités de chacune des variables. Par
exemple, le coefficient de corrélation linéaire entre l’âge et le poids d’une personne sera
identique que l’âge soit mesuré en semaines, en mois ou en années.
□ R EMARQUES :
(1) si |r| = 1, il existe une relation fonctionnelle linéaire entre X et Y
(2) si r = 0, Y est indépendante de X : la covariance est nulle et la droite de régression est
horizontale
(3) la liaison entre X et Y est d’autant plus intime que |r| est voisin de 1, et d’autant plus
faible que |r| est voisin de 0.
(4) La droite d’ajustement affine de y en x par la méthode des moindres carrés est aussi
appelée droite de régression de y en x par la méthode des moindres carrés.
(5) Le lien mis en évidence entre deux variables quantitatives x et y par la droite d’ajus-
tement affine ne signifie pas nécessairement que l’une soit la cause de l’autre, mais
simplement qu’il existe une corrélation dans l’évolution des deux variables. Générale-
ment, il existe une troisième variable dont dépendent les deux premières.
♢ E XEMPLE : Qu’il existe une corrélation forte entre le rendement des impôts en
Angleterre et la criminalité au Japon, indique que les deux sont liés à
l’augmentation globale de la population.
(6) La covariance est un indicateur du sens de la variation simultanée des séries quantita-
tives x et y. Si les données x et les données y croissent globalement en même temps,
alors σXY ⩾ 0, tandis que si la tendance des données y est décroissante lorsque les
données x croissent alors σXY ⩽ 0.
(7) Le carré du coefficient de corrélation est le coefficient de détermination (r2 ). Le coeffi-
cient de détermination est une mesure de la précision de l’ajustement de la droite de
régression. D’une valeur comprise entre 0 et 1, il mesure l’adéquation entre le modèle
et les données observées.
5. ÉTUDE DES COUPLES DE VARIABLES QUANTITATIVES 41
♢ E XEMPLE : r2 = 35% signifie que 35% des variations de la variable dépendante sont
expliqués par le modèle de régression et que 65% restent par conséquent
inexpliqués.
♢ E XEMPLE : Un organisme bancaire du secteur hôtelier a besoin de prévoir en fonction
du montant des prêts accordés aux professionnels quelles sommes il doit
lui-même emprunter sur les marchés financiers. Pour cela il réalise une
étude sur les 12 trimestres écoulés. Le montant global des prêts accordés
chaque trimestre est donné en millions d’euro. Tous les calculs sont faits à
0, 1 près.
Rang du trimestre xi 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Montant yi 40 42 44 45 48 50 52 55 58 63 68 70
(1) On envisage de résumer quantitativement les valeurs observées à
l’aide d’un ajustement affine des 12 points (xi ; yi ).
(a) Donner une équation de la droite ∆1 d’ajustement par la mé-
thode des moindres carrés.
(b) Déterminer une estimation des prêts accordés au quatrième tri-
mestre 2003 sachant que le point (1; 40) est celui du quatrième
trimestre 2000.
(2) Cette extrapolation des données repose sur les 12 trimestres pré-
cédents l’étude, mais pour tenir compte de l’évolution récente, on
se limite aux quatre dernières observations. Reprendre alors la mé-
thode des moindres carrés pour déterminer une équation du nouvel
ajustement affine ∆2 et donner la prévision plus réaliste pour le
quatrième trimestre 2003.
(3) Dans un repère orthogonal, représenter le nuage des 12 points et
les deux droites ∆1 et ∆2 . Unités graphiques : 1 cm pour 1 rang
sur l’axe des abscisses et 1 cm pour 5 millions d’euro sur l’axe des
ordonnées en commençant à la graduation 35.
Solution sommaire
(1) On sait que Cov(X, Y ) = 32, 69. On calcule les variances : Var(X) =
54, 17 − 6, 52 = 11, 92 et Var(Y ) = 2892, 92 − 52, 922 = 92, 40. On
obtient alors
32, 69
m= = 2, 74 et p = y − mx = 35, 09
11, 92
On en déduit l’équation de la droite : y = 2, 7x + 35. On calcule aussi
r = 0, 98. L’ajustement est justifié.
(2) x = 16 donne la valeur estimée : y = 2, 7 · 16 + 35 = 78, 2 millions
d’euros.
(3) On obtient en gardant la même numérotation des trimestres :
y = 4, 1x + 21, 7 et r = 0, 98. L’ajustement est de bonne qualité.
La prévision est alors : y = 4, 1 · 16 + 21, 7 = 87, 3 millions d’euros.
La calculatrice fournit toutes les valeurs utiles de l’ajustement ou régression linéaire.
CHAPITRE 3
1. Paramètres simples
42
1. PARAMÈTRES SIMPLES 43
1.1. Comparaison des moyennes. Pour les ensembles de données contenant des valeurs
positives avec au moins une paire d’individus inégaux, la moyenne géométrique est inférieure
à la moyenne arithmétique. De plus, en raison de sa nature multiplicative, la moyenne
géométrique peut être utilisée pour comparer les entrées à différentes échelles.
Vintage Rater Rate Vintage Rater Rate
2249 Musiker 3.5 2286 Musiker 4.5
Raffi 80 Raffi 75
Dans ce cas, Musiker a fourni ses notes dans une échelle de 1 à 5, alors que Raffi a attribué
une note sur une échelle de 1 à 100. Si nous devions prendre la moyenne arithmétique des
données brutes, nous aurions la vision biaisée suivante :
1. PARAMÈTRES SIMPLES 44
Notez que la moyenne de l’harmonique est toujours est la moindre des trois moyennes
discutées. La moyenne arithmétique étant la plus grande de trois. La moyenne harmonique
est une mesure de centralité utile lorsque nous sommes intéressés par des données relatives
aux ratios ou aux taux. En particulier pour le ratio P/E, Coûts/Bénéfices. Considérons la
situation suivante.
Entreprise Capitalisation Revenus Ratio P/E
Weyland Corp 60 milliards USD 2.5 milliards USD 23
Cyberdyne Systems 40 milliards USD 3 milliards USD 13.33
2. Visualisation
2. VISUALISATION 46
2. VISUALISATION 47
2. VISUALISATION 48
2. VISUALISATION 49
2. VISUALISATION 50
2. VISUALISATION 51
2. VISUALISATION 52
2. VISUALISATION 53
2. VISUALISATION 54
2. VISUALISATION 55
2. VISUALISATION 56
CHAPITRE 4
NOTIONS DE PROBABILITÉ
Objectifs
• Connaître les notions d’expérience aléatoire et d’événement.
• Comprendre la notion d’univers probabilisable.
• Comprendre la notion de probabilité.
• Comprendre la notion de probabilité conditionnelle.
• Connaître la notion d’indépendance.
• Savoir appliquer le théorème de Bayes et la formule des probabilités totales.
Historiquement, la notion de probabilité s’est dégagée à partir d’exemples simples empruntés
aux jeux de hasard (le mot hasard vient de l’arabe az-zahr : le dé).
1. Vocabulaire
1.1. Expérience aléatoire.
D ÉFINITION 21. On appelle expérience aléatoire une expérimentation ou un phénomène
conduisant à plusieurs résultats et pour lequel on ne peut pas savoir a priori quel résultat se
produira 1.
Une autre façon de le dire : une expérience aléatoire est une expérience renouvelable, en
théorie ou en pratique, et qui, renouvelée dans des conditions identiques ne donne pas
forcément le même résultat à chaque renouvellement.
Ces différents résultats sont appelés issues
D ÉFINITION 22. L’univers des possibles (ou univers), noté Ω (prononcer grand oméga), est
défini par l’ensemble de tous les résultats possibles qui peuvent être obtenus au cours d’une
expérience aléatoire.
Donnons nous deux exemples d’expériences aléatoires que nous utiliserons plusieurs fois
dans le chapitre.
Expérience 1 . On lance une pièce de monnaie et on regarde la face supérieure.
Les issues possibles de cette expérience aléatoire sont : pile (P), face (F)). On a alors Ω = {P,F}
1. Ou épreuve (ou encore cas) suivant les différentes littératures ou les différents auteurs.
57
2. NOTIONS DE PROBABILITÉ 58
2. Notions de probabilité
Lorsqu’on fait une expérience aléatoire, on peut la renouveler un certain nombre de fois et
calculer à chaque fois la fréquence (au sens statistique) d’un événement particulier. Celle-ci
correspond au rapport du nombre de fois où l’événement se produit au nombre de fois où
l’expérience est réalisée.
Sur un petit nombre d’expériences, cette fréquence peut beaucoup varier. Par contre, si l’on
renouvelle l’expérience un très grand nombre de fois (à l’aide d’une calculatrice ou d’un
tableur par exemple), on voit cette fréquence qui variait beaucoup se stabiliser autour d’une
valeur.
2. NOTIONS DE PROBABILITÉ 59
Le calcul des probabilités se propose de déterminer cette fréquence théorique dans ce dernier
cas, où l’expérience aléatoire est renouvelée un très grand nombre de fois. . .
Ce qui nous amène à considérer la définition suivante.
2.1. Définitions.
D ÉFINITION 2.1. La probabilité d’un événement A est noté Pr(A) et correspond au rapport :
nombre d′ issues favorables
Pr(A) =
nombre d′ issues possibles
□ R EMARQUES : (1) La définition ci-dessus n’a de sens que si les résultats de l’ex-
périence ont la même "chance" d’aboutir (i.e dans une situation
d’équiprobabilité – voir définition 26). Dans le cadre de l’expérience
2, cette formule ne serait pas valable si le dé utilisé était pipé...
(2) Il faut bien retenir que la probabilité d’un événement n’a rien de
prédictif ! Il n’a que le sens de sa définition, à savoir : "si on re-
nouvelle un très grand nombre de fois l’expérience, la fréquence
de l’événement considéré sera un nombre proche de la probabilité
calculée".
E XEMPLE 2. Cherchons les probabilités des événements du paragraphe 1.2 précédent.
• Dans l’expérience 1, considérons l’événement A : "pile".
C’est un événement élémentaire donc il n’y a qu’une seule issue favorable. Le nombre
d’issues possible est 2. On en conclut que Pr(B) = 21 .
• Dans l’expérience 2, considérons l’événement B : "le nombre désigné par la face
supérieure du dé est pair".
Il y a 3 issues favorables et 6 issues possibles donc Pr(B) = 63 = 12 .
D ÉFINITION 25. Cas particuliers Considérons un évènement A.
• Lorsque Pr(A) = 0 alors l’événement est dit impossible.
• Lorsque Pr(A) = 1 alors l’événement est dit certain.
E XEMPLE 3. Simple illustration.
• Dans l’expérience 1, considérons l’événement Z : "la pièce se positionne sur la tranche".
L’issue "tranche" ne fait pas partie des issues possibles donc Pr(Z) = 0 et l’événement
Z est impossible.
• Dans l’expérience 2, considérons l’événement Y : "la face supérieure du dé est un
nombre inférieur ou égal à 6". Il est clair que les issues possibles sont toutes des issues
favorables à l’événement Y . On a donc Pr(Y ) = 1 et l’événement Y est certain.
D ÉFINITION 26. Équiprobabilité.
Lorsque les événements élémentaires d’une même expérience aléatoire ont des probabilités
égales on dit alors qu’il y a équiprobabilité.
E XEMPLE 4. On revient au cas précédent.
• Dans l’expérience 1, les événements "pile" et "face" ont tous deux des probabilités
égales à 12 . Ils sont donc équiprobables.
• Dans l’expérience 2, les événements élémentaires "la face supérieure du dé est le
nombre n" où n est un nombre entier compris entre 1 et 6 ont tous des probabilités
égales à 16 . Ils sont donc équiprobables.
2.2. Propriétés.
P ROPOSITION 2.1. Si A est un événement d’une expérience aléatoire, on a
0 ⩽ Pr(A) ⩽ 1
3. ARBRES 60
Expérience 1 Expérience 2
Les issues possibles sont 1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6.
On note P et F les issues "pile" et "face" res- On construit alors l’arbre suivant :
pectivement. 1
On construit alors l’arbre suivant :
2
P 3
5
F 6
On peut aussi indiquer sur chaque branche de l’arbre les probabilités des événements élé-
mentaires correspondants à chacune des issues possibles : l’arbre est alors un arbre pondéré.
3. ARBRES 61
Expérience 1 Expérience 2
1
1/6 2
1/6
1 P 1/6 3
2
1/6
4
1/6
1/6 5
1
2 F 6
3.2. Exemple d’utilisation. On se donne une urne (figure 1) dans laquelle sont placées 12
boules indiscernables au touché et toutes marquées d’un numéro de 1 à 5.
1
1/3
2
1/6
1/4 3
1 3 2 1
1/6
4
3 1 4 5 1/12
5
2 3 4 1
F IGURE 2. Arbre pondéré
F IGURE 1. Urne contenant 12 de l’expérience : "on tire une
boules numérotées de 1 à 5 boule et on lit son numéro"
1/3
2
1/6 1
1
3
1/4 3 correspond à
2
Non 1 3
1/6
4
Non 1
1/12
4. Probabilité conjointe
La probabilité que deux événements A et B se réalisent est appelée probabilité conjointe de
A et B, notée Pr(A ∩ B) et s’énonçant probabilité de A et B. Le calcul de cette probabilité
s’effectue de manière différente selon que A et B sont dépendants ou indépendants, c’est-à-
dire selon que la réalisation de l’un influence ou non celle de l’autre.
□ R EMARQUES : • Les tirages avec remise constituent une bonne illustration d’événements
indépendants.
• Pour A et B quelconques,
Pr(A ∪ B) = Pr(A) + Pr(B) − Pr(A ∩ B)
4.2. Événements dépendants - probabilité conditionnelle. Si deux événements sont dépen-
dants plutôt qu’indépendants, comment calculer la probabilité que les deux se réalisent, puisque la
probabilité de réalisation de l’un dépend de la réalisation de l’autre ? Il nous faut connaître pour cela le
degré de dépendance des deux événements qui est indiqué par la notion de probabilité conditionnelle.
D ÉFINITION 27. Soient A et B deux événements, A étant supposé de probabilité non nulle.
On appelle probabilité conditionnelle de B par rapport à A, la probabilité de réalisation de
l’événement B sachant que A est réalisé. On la note
Pr(A ∩ B)
Pr(B|A) = .
Pr(A)
Pr(B|A) se lit « p de B si A » ou « p de B sachant A ».
□ R EMARQUE : L’application :
pB : A 7→ pB (A) = Pr(A|B) : Ω → [0, 1],
est une probabilité sur Ω et vérifie toutes les propriétés d’une probabilité.
Dans de nombreux problèmes, la recherche des solutions peut être facilitée par la démarche suivante.
(1) Déterminer la liste des événements élémentaires ou décrire le contenu de l’univers Ω.
(2) Rechercher la mesure de probabilité associée à cet univers.
• Soit la probabilité est uniforme et dans ce cas, la probabilité d’un événement A est donnée
cardA
par Pr(A) = .
cardΩ
• Soit on détermine la probabilité de chaque événement élémentaire en n’oubliant pas que la
somme de toutes les probabilités de ces événements élémentaires est égale à 1.
(3) Identifier correctement le ou les événements dont on cherche à évaluer la probabilité.
(4) Utiliser la formule appropriée permettant de calculer la probabilité demandée. On pourra se
poser la question suivante : Doit-on calculer la probabilité ?
• D’un événement élémentaire ?
• D’un événement contraire ?
• Événements compatibles ou incompatibles (probabilités totales) ?
• Événements dépendants ou indépendants (probabilités composées) ?
E XEMPLE 10. On jette deux dés non pipés. Quelle est la probabilité d’obtenir un total de 7
points ?
Solution
• L’univers est l’ensemble de tous les résultats possibles lorsqu’on jette deux dés. Imagi-
nons que les deux dés sont reconnaissables et les résultats sont donc tous les couples
(a, b) où a et b sont des nombres compris entre 1 et 6. Il contient donc 36 éléments. On
peut écrire Ω = {1, 2, 3, 4, 5, 6} × {1, 2, 3, 4, 5, 6} et card(Ω) = 36.
• Tous les résultats possibles sont équiprobables. La mesure de probabilité est donc
uniforme sur Ω.
4. PROBABILITÉ CONJOINTE 64
• L’événement dont on cherche la probabilité est (somme = 7). Il est composé des
événements élémentaires (1, 6), (6, 1), (2, 5) , (5, 2), (3, 4), (4, 3). Ils sont au nombre de
6. On peut écrire : card(somme = 7) = 6.
• Finalement, étant donné que Pr(A) = cardA
cardΩ
, on obtient Pr(somme = 7) = 36 6
= 16 .
E XEMPLE 11. Cette fois-ci les dés sont pipés : les numéros pairs sont deux fois plus probables
que les numéros impairs. Quelle est la probabilité d’obtenir un total différent de 8 ?
Solution
• L’univers est toujours le même.
• On cherche à déterminer la mesure de probabilité sur Ω dans le cas où les dés sont
truqués : elle n’est plus uniforme.
Il faut répondre à la question : lorsqu’on lance un seul dé, quelle est la probabilité de
chaque numéro ?
• Tous les numéros pairs ont la même probabilité que l’on note p+ ; tous les numéros
impairs ont la même probabilité que l’on note p− . L’énoncé nous permet d’écrire que
p+ = 2p− .
• D’autre part, étant donné que les numéros 1,2,3,4,5,6 constituent l’ensemble des ré-
sultats d’un jet de dé, la somme des probabilités de ces 6 résultats vaut 1. D’où
3p+ + 3p− = 1, soit encore 9p− = 1. D’où p− = 91 et p+ = 29 .
• L’événement dont on cherche la probabilité est (somme ̸= 8). Chercher directement la
probabilité de cet événement nous obligerait à considérer beaucoup de cas. Il sera donc
plus rapide de déterminer d’abord la probabilité de l’événement contraire (somme = 8).
Ce dernier est constitué des événements élémentaires (2, 6), (6, 2), (3, 5), (5, 3), (4, 4).
• Les résultats des deux dés sont indépendants. Nous pouvons donc affirmer que
2 2 4
Pr({(2, 6)}) = Pr({2}) × Pr({6}) = × = .
9 9 81
4
De même, Pr({(6, 2)}) = Pr({(4, 4)}) = 81 , alors que
1
Pr({(5, 3)}) = Pr({(3, 5)}) =
81
14 67
• Finalement Pr(somme = 8) = 81 et Pr(somme ̸= 8) = 81 .
CHAPITRE 5
VARIABLES ALÉATOIRES
Objectifs
• Définir la notion de variable aléatoire discrète ou continue.
• Introduire la notion de loi de probabilité.
• Connaître la signification d’une fonction de densité ou d’une fonction de masse.
• Savoir utiliser une fonction de répartition et un quantile.
• Définir la notion de moments.
• Introduire les notions de loi conditionnelle et de loi jointe.
• Définir la notion d’indépendance statistique.
1. Vocabulaire et définition
On considère une expérience aléatoire. On note Ω l’univers de cette expérience.
D ÉFINITION 29. On appelle variable aléatoire (quantitative 1) toute application, notée sou-
vent X, de Ω vers R.
(1) Si l’image de Ω par X est un intervalle de R on dit que la variable est continue.
(2) Si l’image de Ω par X est un ensemble de valeurs isolées de R on dit que la variable X est
discrète.
E XEMPLE 12. Sur une boîte de 6 jetons.
Une boîte contient six jetons sur lesquels sont inscrits les entiers : −3 ; −2 ; 1 ; 2 ; 3 ; 4. Un tirage
consiste à tirer simultanément deux jetons. On considère la variable aléatoire X qui à chaque
tirage associe la somme des deux entiers inscrits sur les deux jetons tirés. L’ensemble des va-
leurs prises par X, noté X(Ω), est l’image de Ω par X, X(Ω) = {−5; −2; −1; 0; 1; 2; 3; 4; 5; 6; 7}.
La variable aléatoire X est discrète.
1.1. Probabilité image définie par une variable aléatoire.
• On définit une nouvelle probabilité définie sur X(Ω)
• Pour tout k de X(Ω), on note Pr(X = k) = Pr({ω ∈ Ω|X(ω) = k})
□ R EMARQUE : Puisque les événements élémentaires {k}k=X(ω) , constituent un système exhaustif
de X(Ω), lorsque ω parcourt tout l’univers Ω, on a bien que
X
Pr(X = k) = 1
k∈X(Ω)
Fonction de répartition
F
1
◦
13
15 ◦
◦
11
15
◦
9
15 ◦
◦
7
15
◦
5
15
◦
3
15
◦
◦ 1
15
◦ xi
−7 −6 −5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
On a :
(X − E(X))2 = X 2 − 2E(X) × X + E(X)2 .
Donc V (X) = E(X 2 − 2E(X) × X + E(X)2 ) d’après la propriété V (X) = E(X 2 ) + 2E(X) ×
E(X) + E(X)2 d’où
V (X) = E(X 2 ) − E(X)2
♢ P ROPRIÉTÉ : König-Huygens. La variance d’une variable aléatoire X, si elle existe, est :
p
D ÉFINITION 34. L’écart-type de la variable aléatoire X est σ(X) = V (X).
Pr(a ⩽ X ⩽ b)
fX (x)
a t
b
La variance et l’écart-type d’une variable aléatoire continue sont définis de la même manière que pour
une variable aléatoire discrète.
D ÉFINITION 37. La variance d’une variable aléatoire X est, si elle existe, l’espérance de la
variable aléatoire (X − E(X))2 . On la note V (X).
5. MOMENTS D’UNE VARIABLE ALÉATOIRE 69
□ R EMARQUE : Dans le cas où l’univers des réalisations X(Ω) est un univers infini, mais dé-
nombrable, tel que X(Ω) = {x1 , . . . , xn , . . .)}, les définitions des moments
ordinaires et centrés deviennent :
X n
k
mk = E(X ) = lim xki Pr(X = xi )
n→∞
i=1
et n
X
k
µk = E(X − E(X)) = lim (xi − E(X))k Pr(X = xi )
n→∞
i=1
5. MOMENTS D’UNE VARIABLE ALÉATOIRE 70
E XEMPLE 16. On considère une variable aléatoire discrète Z admettant une distribution de
paramètre p ∈ [0, 1] telle que Z(Ω) = N∗ et admettant comme fonction de masse est la fonction
définie par :
f (zi ) = Pr(Z = zi ) = p(1 − p)zi −1 , ∀zi ∈ {1, 2, . . . , n, . . .})
Dans ce cas, l’univers de résultats Z(Ω) est infini dénombrable. Déterminons les trois premiers
moments ordinaires associés à la loi de probabilité de Z. Nous savons que m0 = E(Z 0 ) = 1.
Pour les ordres suivants, il vient :
n
X 1
m1 = E(Z) = lim p × i × (1 − p)i−1 =
n→∞
i=1
p
De même, on a
n
2
X 2−p
m2 = E(Z ) = lim p × i2 × (1 − p)i−1 =
n→∞
i=1
p2
Ces résultats s’obtiennent par application des notions mathématiques apprises au cycle
inférieur. 2
Une façon plus simple de retrouver les moments consiste à utiliser la fonction génératrice
des moments.
D ÉFINITION 41. La fonction génératrice des moments d’une variable aléatoire X, telle que
E(X) existe, est définie par :
Z +∞
Mx (t) = E(exp(tX)) = exp(tx)dFX (x) ∀t ∈ R
−∞
De cette définition générale, valable pour tout type de variable (discrète ou continue), nous
pouvons déduire une définition spécifique aux variables discrètes.
D ÉFINITION 42. Soit X une variable aléatoire discrète définie sur un univers fini X(Ω) =
{x1 , . . . , xn }, sa fonction génératrice des moments est égale à :
n
X
µx (t) = E(exp(tX)) = exp(ti x) Pr(X = xi )∀t ∈ R
i=1
Quel est le lien entre la fonction génératrice des moments et les moments ordinaires (mk ), k ∈
N ? On montre que la fonction génératrice des moments peut toujours se réécrire sous la
forme d’un développement en séries entières tel que :
t2 m2 t3 m3 t k mk
MX (t) = 1 + tm1 ++ + ··· + ···
2! 3! k!
En dérivant cette fonction par rapport à t, on obtient :
∂MX (t) t2 m3 tk−1 mk
MX′ (t) = = m1 + tm2 + + ··· + ···
∂t 3 k−1
Si l’on souhaite obtenir le moment ordinaire d’ordre 1, il suffit d’évaluer l’expression de cette
dérivée en t = 0, on obtient immédiatement MX′ (0) = m1 . Si l’on souhaite obtenir le moment
d’ordre 2, il convient alors de dériver deux fois la fonction génératrice et d’évaluer cette
dérivée seconde en 0, i.e. MX′′ (0) = m2 , et ainsi de suite.
2. Pour la première égalité, on se sert de la commutation entre « sommation », « dérivation » et « calcul de
limite » et de suites géométriques :
n n n
! n
!
1 − xn
X
i−1
X d i
d X i d X i d
i·x = x = x = x = x
i=1 i=1
dx dx i=1 dx i=1 dx 1−x
E XEMPLE 17. On considère une variable aléatoire discrète Z admettant une distribution
de paramètre p ∈ [0, 1] telle que Z(Ω) = N∗ et admettant comme fonction génératrice des
moments la fonction définie par :
pet
MZ (t) =
1 − qet
avec q = 1 − p et e le nombre de Neper. Déterminons les moments ordinaires d’ordres l et
2 associés à la loi de probabilité de Z. Commençons par dériver la fonction génératrice des
moments :
pet ∂ 2 MZ (t) pet (1 + 2q − 2(q + q 2 )et + q 2 e2t )
MZ′ (t) = et =
(1 − qet )2 ∂t2 (1 − qet )3
Dès lors, il vient :
∂MZ (t) p 1
m1 = E(Z) = = =
∂t t=0 (1 − q)2 p
et
∂ 2 MZ (t)
m2 = E(Z 2 ) =
∂t2 t=0
pet (1 − et + 2q)
=
(1 − q)3
2−p
=
p2
On retrouve les résultats de l’Exemple 16 précédent.
5.1. Moments remarquables. Certains des moments sont si importants que l’on leur a
attribué un nom spécifique : espérance, variance, etc. Ces sont les moments remarquables.
Espérance. Notée aussi par E(X), elle correspond au moment ordinaire d’ordre un, i.e.
m1 . Ce moment donne une idée de la « moyenne » des réalisations de la variable aléatoire
X que l’on peut obtenir si l’on effectue plusieurs tirages de cette variable. Plus précisément,
l’espérance est définie comme la somme pondérée des réalisations dans laquelle les pondéra-
tions sont déterminées par les probabilités associées.
On étend la notion d’espérance au cas infini.
D ÉFINITION 43. L’espérance d’une variable aléatoire discrète X définie sur un support infini
X(Ω) = {x1 , . . . , xn , . . .} est égale à :
n
X
E(X) = lim xi Pr(X = xi )
n→∞
i=1
Souvent dans la pratique, on est amené à exprimer une variable aléatoire en fonction d’une
autre. Par exemple, on s’intéresse à la variable Y définie par Y = X 2 ou Y = 2 + 3X.
Comment déterminer l’espérance d’une transformée ou d’une fonction de la variable X sans
nécessairement connaître sa loi de probabilité ? On utilise pour ce faire la propriété suivante,
valable tant pour les variables aléatoires discrètes que pour les variables aléatoires continues.
5. MOMENTS D’UNE VARIABLE ALÉATOIRE 72
Xn Xn
3
(1 + i) = (1 + 3i + 3i2 + i3 )
i=0 i=0
n
X n
X n
X
2
= n+1+3 i+3 i + i3
i=1 i=1 i=1
n
n(n + 1) X
= n+1+3 + 3S + i3
2 i=1
Comme on a n n
X X
3 3
(1 + i) = (1 + n) + i3 ,
i=0 i=1
on obtient que
n(n + 1) (n + 1)(2n2 + n) n(2n2 + 3n + 1)
3 S = (n + 1)3 − (n + 1) − 3 = =
2 2 2
• D’après la formule de König-Huygens, la variance est égale à :
2
2n2 + 3n + 1) n2 − 1
2 2 n+1
V (Z) = E(Z ) − [E(Z)] = − =
6 2 12
CHAPITRE 6
D ÉFINITION 44. Le quantile d’ordre α de la loi de probabilité de X, noté FX−1 (α), est la plus
petite réalisation appartenant à X(Ω) associée à une probabilité cumulée supérieure ou égale
àα
FX FX−1 (α) = Pr X ⩽ FX−1 (α) ⩾ α, ∀α ∈ [0, 1]
On vérifie que toutes les réalisations ont la même probabilité : c’est la propriété d’équiproba-
bilité qui caractérise la loi uniforme. Notons que les réalisations peuvent être quantitatives, c’est-
à-dire correspondre à des nombres (par exemple si X(Ω) = {1, 2, 3, 4, 5, 6} dans le cas d’un lan-
cer de dé). Elles peuvent être aussi qualitatives (si elles ne sont pas des nombres), par exemple si
X(Ω) = {´ valet ˇ, ´ dame ˇ, ´ roi ˇ} dans le cas le cas d’un jeu de cartes à trois cartes. Dans tous
les cas, toutes ces réalisations ont la même probabilité de survenue.
Afin de simplifier les notations, nous allons considérer le cas où la variable X est définie sur un
ensemble d’entiers consécutifs X(Ω) = {a, a + 1, . . . , b − 1, b} avec n = b − a + 1.
Dans ce cas, la fonction de masse devient :
1
fX (x) = Pr(X = x) = ∀x ∈ X(Ω)
b−a+1
E XEMPLE 19. Considérons une variable aléatoire X distribuée selon une loi uniforme discrète
sur X(Ω) = {1, . . . , 10}, sa fonction de masse est définie par fX (x) = 1/10, ∀x ∈ X(Ω).
Toutes les réalisations ont la même probabilité.
D ÉFINITION 46. Si la variable aléatoire X admet une loi uniforme discrète sur X(Ω) =
{a, a + 1, . . . , b − 1, b}, sa fonction de répartition FX (x) = Pr(X ⩽ x) est définie par
0 si x < a
FX (x) = x−a+1 si a⩽x⩽b
b−a+1
1 sinon, i.e. si x > b
pour tout x ∈ R.
Rappelons qu’une fonction de répartition est toujours définie sur R, y compris dans le cas d’une variable
aléatoire discrète. Cette fonction de répartition se présente sous la forme de « marches d’escalier » sur
le segment [a, b], la « hauteur » des marches étant égale à 1/(b − a + 1), c’est-à-dire 1/10 dans le cas
de notre exemple.
2.2. Moments. La fonction génératrice des moments de la loi uniforme discrète sur le support
X(Ω) = {a, . . . , b} est égale à :
b−a+1
exp(a · t) X
MX (t) = exp(i · t)
b − a + 1 i=1
De cette fonction génératrice, on peut déduire l’espérance et la variance.
quel que soit le problème modélisé (quantitatif ou qualitatif), on considère l’univers des réalisations
X(Ω) = {0, 1}.
3.1. Fonction de masse et fonction de répartition.
D ÉFINITION 47. La variable aléatoire discrète X suit une loi de Bernoulli si sa fonction de
masse est définie par :
fX (x) = Pr(X = x) = px (1 − p)1−x ∀x ∈ X(Ω) = {0, 1},
où le paramètre p est un réel vérifiant p ∈]0, 1[.
Si X suit une loi de Bernoulli de paramètre p, alors on note X ∼ B(p). Le paramètre p, appelé
probabilité de succès, correspond à la probabilité que X prenne une réalisation égale à 1, i.e.
Pr(X = 1) = p.
D ÉFINITION 48. Si la variable aléatoire X admet une loi de Bernoulli de paramètre p ∈]0, 1[,
sa fonction de répartition FX (x) = Pr(X ⩽ x) est définie par, pour tout x ∈ R :
0 si x < 0
FX (x) = 1 − p si 0 ⩽ x < 1
1 sinon, i.e. si x ⩾ 1
Comme pour toute variable aléatoire discrète, la fonction de répartition de la loi de Bernoulli se présente
sous la forme d’une fonction en marches d’escalier.
3.2. Moments. La fonction génératrice des moments de la loi de Bernoulli B(p) est définie par :
MX (t) = (1 − p) + p exp(t), ∀t ∈ R.
De cette fonction génératrice, on peut dériver l’espérance et la variance.
E XEMPLE 20. Dans une classe de 25 élèves, chaque semaine un professeur choisit un élève
pour corriger un exercice. On considère la variable aléatoire X qui à chaque année de 39
semaines associe le nombre de fois que l’élève Ako est interrogé. Comme il y a 25 élèves
1
la probabilité que l’élève Ako soit interrogé est de 25 , il y a 39 semaines et les tirages sont
1
indépendants donc la variable aléatoire X suit la loi binomiale B(39, 25 ).
7 24 32
1
≈ 7 × 10−4 .
7
La probabilité pour qu’il soit interrogé 7 fois est Pr(X = 7) = C39 25 25
1
L’espérance de la variable aléatoire X est E(X) = np = 39 × 25 = 1, 56
Calculs dans Python.
Dans Python, il y a plusieurs commandes pour travailler avec des distributions de probabilité comme
la distribution binomiale. Ces commandes sont données par
Commande Tâche
[Link](k,n,p) Pr(X = k)
[Link](k,n,p) Pr(X ⩽ k)
[Link](k,n,p) Simulation de k variables aléatoires
4. LOI BINOMIALE 77
Soit X le nombre de détenteurs de billets qui arrivent à la porte. Si nous supposons que les
arrivées aux portes des passagers sont indépendantes, alors X a une distribution binomiale
avec n = 110 et p = 1 − 0.12 = 0.88. La probabilité recherchée est alors
110
X
Pr(X > 100) = Pr(X = k) ≃ 0.137
k=101
Dans Python, on part de Pr(X > 100) = 1 − Pr(X ⩽ 100), pour écrire
Pour un vol de 100 sièges, supposons que la compagnie aérienne souhaite vendre le nombre
maximum de billets de sorte que le risque de surréservation soit inférieur à 5 %. Les compa-
gnies aériennes appellent cela une stratégie de surréservation au « seuil de dépassement de 5
% ». Combien de billets la compagnie aérienne peut-elle vendre ?
Soit n le nombre de billets vendus. Trouver n tel que Pr(X > 100) ⩽ 0.05, où X ∼ B(n, 0, 88).
Les essais et erreurs en utilisant Python montrent que pour n = 108, Pr(X > 100) = 0.0449.
Et pour n = 109, Pr(X > 100) = 0.0823. Par conséquent, on doit vendre n = 108 billets.
Pour simuler la probabilité de surréservation lorsque 108 billets sont vendus, on génère 108
variables aléatoires de Bernoulli avec p = 0.88.
5. LOI GÉOMÉTRIQUE 78
Pour vérifier si plus de 100 billets sont vendus et si la compagnie aérienne est en surréserva-
tion, tapez
5. Loi géométrique
La loi géométrique est une loi de probabilité discrète pouvant être définie soit sur l’ensemble des entiers
N, soit sur l’ensemble des entiers non nuls N∗ . Lorsqu’elle est définie sur N∗ , la loi géométrique de
paramètre p correspond à l’expérience aléatoire suivante. On répète de manière indépendante une
expérience de Bernoulli avec une probabilité de succès égale à p jusqu’au premier succès. Soit X la
variable qui correspond au rang du premier succès : ce rang est nécessairement supérieur ou égal à 1
et inférieur ou égal à n, donc X ∈ X(Ω) = {1, 2, · · · , n, · · · }. La variable X admet une distribution
géométrique de paramètre p notée :
X ∼ G(p)
Lorsqu’elle est définie sur N, la loi géométrique correspond à la distribution du nombre d’échecs
Y = X − 1 avant le premier succès. Le nombre d’échecs peut être égal à 0 en cas de réussite à la
première expérience de Bernoulli. La variable Y ∈ Y (Ω) = {0, 1, · · · , n, · · · } est distribuée selon une
loi géométrique de paramètre p, notée de la même façon Y ∼ G(p). Il convient donc de faire attention
au support de la loi géométrique afin d’éviter les confusions.
5.1. Commandes dans Python. Lorsque l’on s’intéresse au rang du premier succès, les com-
mandes dans Python sont les suivantes
[Link](k,p) [Link](k,p) [Link](k,p) [Link](k,p)
Sinon, on recourt aux commandes suivantes
[Link](k+1,p) [Link](k+1,p) [Link](k+1,p) [Link](k+1,p)
5.2. Fonction de masse et fonction de répartition.
D ÉFINITION 49. La variable aléatoire discrète X définie sur X(Ω) = N suit une loi géomé-
trique G(p) si sa fonction de masse est définie par :
fX (x) = Pr(X = x) = (1 − p)x p ∀x ∈ N.
Si cette variable est définie sur X(Ω) = N∗ , sa fonction de masse devient :
fX (x) = Pr(X = x) = (1 − p)x−1 p ∀x ∈ N∗ ,
5. LOI GÉOMÉTRIQUE 79
Pour les deux définitions de la fonction de répartition on vérifie toujours que lim FX (x) = 1.
x→∞
5.3. Moments. La fonction génératrice des moments de la loi G(p) définie sur N est :
p
MX (t) = ∀t ∈ R.
1 − (1 − p) exp(t)
Dans le cas où la loi géométrique est dé finie sur N∗ , cette fonction devient :
p exp(t)
MX (t) = ∀t < − ln(1 − p).
1 − (1 − p) exp(t)
De cette fonction génératrice, on peut notamment dériver l’espérance et la variance de la loi géomé-
trique.
5.4. Propriété de Markov. La loi géométrique possède la propriété d’être « sans mémoire ».
L’idée est que lorsque l’on compte le nombre d’échecs avant un succès dans une répétition d’expériences
indépendantes de Bernoulli, la probabilité conditionnelle de succès au k ème tirage ne dépend pas du
nombre d’échecs préalables. Il n’y a pas de mémoire du nombre d’échecs (ou de succès). Cette propriété
est parfois appelée propriété de Markov.
6. Loi de Poisson
La loi de Poisson, du nom du mathématicien français Denis Poisson (1781- 1840), est une loi de proba-
bilité discrète définie sur l’ensemble des entiers N. Cette loi est notamment utilisée pour représenter
un nombre d’événements se produisant dans un laps de temps donné. Dit autrement, c’est une loi
permettant de modéliser des variables de comptage. Elle est généralement utilisée pour modéliser les
phénomènes d’occurence rare. Par exemple le nombre de dépôts de brevets sur une année, le nombre de
voitures arrivant à un péage pendant un intervalle de quelques minutes, etc.
D ÉFINITION 51. On dit qu’une variable aléatoire X, à valeurs dans N, suit une loi de Poisson
de paramètre λ, notée P(λ), (λ > 0), si et seulement si, pour tout entier naturel k,
λk
Pr(X = k) = e−λ
k!
On admet les résultats suivants :
P ROPRIÉTÉ 10. Si une variable aléatoire X suit la loi de Poisson de paramètre λ alors on a :
√
E(X) = λ Var(X) = λ σ(X) = λ
On retiendra :
(1) que sous certaines conditions, on peut approcher une loi binomiale par une loi de Poisson ayant
la même espérance ;
(2) qu’une loi de Poisson intervient dans la modélisation de phénomènes aléatoires où le futur est
indépendant du passé.
Exemples :
− les pannes de machines,
− les sinistres,
− les appels téléphoniques dans un standard,
− les files d’attentes,
− la mortalité,
− les stocks
− ...
6.1. Représentation graphique.
On importe la distribution
6. LOI DE POISSON 81
6.2. Les commandes dans Python. On a, comme précédemment, on utilise les fonctions
suivantes
[Link](x,λ) [Link](x,λ) [Link](q,λ)
On en précise l’usage dans le tableau suivant
Paramètre spécification
x vecteur de quantiles (entiers non négatifs).
q vecteur de quantiles.
λ vecteur de moyennes (non négatives).
6.3. Fonction de masse et fonction de répartition. La variable aléatoire discrète X définie
sur X(Ω) = N suit une loi de Poisson P(λ) avec λ ∈ R+ , si sa fonction de masse est définie par :
λx exp(−λ)
fX (x) = Pr(X = x) = ∀x ∈ N
x!
E XEMPLE 23. Soit Y une variable aléatoire discrète définie sur Y (Ω) = N telle que X ∼ P(0.2),
alors :
0, 20 exp(−0, 2)
• Pr(X = 0) = = exp(−0, 2) = 0, 8187
0!
0, 21 exp(−0, 2)
• Pr(X = 1) = = 0, 2 · exp(−0, 2) = 0, 1637
1!
0, 22 exp(−0, 2)
• Pr(X = 2) = = 0, 0164
2!
Avec Python on obtient directement :
D ÉFINITION 52. Si la variable aléatoire X admet une loi P(λ) sur X(Ω) = N, sa fonction de
répartition FX (x) = Pr(X ⩽ x) est définie pour tout x ∈ R par
0⌊x⌋
si x < 0
⌊x⌋
FX (x) = X X λi exp(−λ)
Pr(X = i) = si x ⩾ 0,
i=0 i=0
i!
6. LOI DE POISSON 82
6.4. Moments. La fonction génératrice des moments de la loi de Poisson P(λ) est définie
par :
MX (t) = exp(λ(exp(t) − 1)) ∀t ∈ R
De cette fonction génératrice, on peut dériver l’espérance et la variance.
6.5. Autre propriété. La somme de variables de Poisson est distribuée selon une loi de
Poisson.
E XEMPLE 25. Selon les données recueillies depuis plusieurs années, le nombre de pannes
hebdomadaires du système informatique d’une entreprise suit une loi de Poisson de para-
mètre λ = 0.05.
• Soit X la variable aléatoire « nombre de pannes hebdomadaires » :
e−0.05 (0.05)k
Pr(X = k) =
k!
La probabilité que le système tombe en panne une fois au cours d’une semaine quelconque
(k = 1) est égale à 0,04756.
La probabilité qu’il fonctionne sans panne (k = 0) est égale à 0,95122.
• La loi de Poisson est notamment utilisée pour décrire la réalisation d’événements peu
probables, dans une succession d’épreuves très nombreuses, au moins 50.
On considère une année (50 semaines) de fonctionnement de ce système. Le nombre de
pannes Y obéit à une loi de Poisson de paramètre λ′ = 0, 05 × 50 = 2, 5.
e−2.5 (2.5)k
Pr(Y = k) =
k!
La probabilité d’observer 2 pannes au cours de l’année (k = 2) est égale à 0,2565 et la
probabilité d’en observer 4 est égale à 0,1336.
7. LOI UNIFORME CONTINUE 83
E XEMPLE 26. Ako dépense 2 $ en fournitures pour installer son stand de limonade. Il charge
25 cents la tasse. Supposons que le nombre de tasses qu’il vend en une journée suive une
distribution de Poisson avec λ = 10. Décrire son profit en fonction d’une variable aléatoire et
trouvez la probabilité que le stand de limonade réalise un bénéfice positif.
Soit X le nombre de tasses que Ako vend en une journée. Alors X ∼ P(10). Si Ako vend x
tasses alors son profit est de 25x − 200 cents. La variable aléatoire Y = 25X − 200 définit son
profit en fonction de X, le nombre de tasses vendues.
Puisque X prend les valeurs 0, 1, 2, · · · , Y prend les valeurs −200, −175, −150, . . ..
La probabilité que Ako réalise un profit positif est
Pr(Y > 0) = Pr(25X − 200 > 0) = Pr(X > 8) = 1 − Pr(X ⩽ 8) = 0.667.
Avec Python, on a
Pour simuler le bénéfice d’une journée en cents pour le stand de limonade, on tape
D ÉFINITION 54. Si la variable aléatoire X admet une loi uniforme continue sur X(Ω) = [a, b],
sa fonction de répartition FX (x) = P r(X ⩽ x) est définie par, pour tout x ∈ R :
0x −sia x < a
FX (x) = si a ⩽ x ⩽ b
b−a
1 si x > b
E XEMPLE 28. Soit X ∼ U[0,20] , alors FX (5) = Pr(X ⩽ 5) = (5 − 0)/20 = 1/4. Inversement, le
fractile d’ordre α = 0, 25 est égal à FX−1 (0, 25) = 5.
7.2. Moments. La fonction génératrice des moments de la loi uniforme U[a,b] est égale à :
exp(tb) − exp(ta)
MX (t) =
t(b − a)
pour tout t ∈ R.
De cette fonction génératrice, on peut dériver l’espérance et la variance.
P ROPRIÉTÉ 12. Espérance et variance de la loi uniforme continue.
Si X admet une loi uniforme continue sur X(Ω) = [a, b], alors :
a+b (b − a)2
E(X) = et Var(X) =
2 12
7.3. Autres propriétés. La loi uniforme standard U[ 0, 1] est particulièrement utile pour générer
des nombres au hasard de n’importe quelle distribution continue (loi normale, loi de Student, etc.).
Ce résultat est dû à la propriété dite de transformation intégrale de probabilité ou propriété PIT
(probability integral transform).
Bien évidemment ! ! !
8. Loi exponentielle
La loi exponentielle est une loi de probabilité continue définie sur des valeurs réelles posi-
tives. Cette loi correspond au temps mesuré entre des événements issus d’un processus de
Poisson, i.e. un processus continu de comptage dans lequel les événements arrivent de façon
continue et indépendamment les uns des autres avec une intensité constante. Tout comme sa
loi discrète équivalente (la loi géométrique), une loi exponentielle permet de modéliser la
durée de vie d’un phénomène sans mémoire.
La fonction de densité de la loi exponentielle dépend d’un paramètre réel λ strictement positif,
appelé intensité. Si X suit une loi exponentielle d’intensité λ > 0 sur X(Ω) = R+ , on note :
X ∼ E(λ)
8. LOI EXPONENTIELLE 86
9. Loi normale
D ÉFINITION 57. La variable aléatoire X suit la loi normale de paramètres m (m ∈ R) et
σ (σ ≥ 0), notée N (m, σ) lorsque sa densité de probabilité est la fonction f définie sur R par
1 1 t−m 2
f (t) = √ e− 2 ( σ )
σ 2π
On admet les résultats suivants :
P ROPRIÉTÉ 15. Si une variable aléatoire X suit la loi normale de paramètres m et σ alors on a :
E(X) = m V (X) = σ 2 σ(X) = σ
9.1. Loi normale centrée réduite N (0, 1).
T HÉORÈME 9.1. Si une variable aléatoire X suit la loi normale N (m, σ) alors la variable aléatoire
Z = X−mσ
suit la loi normale centrée réduite N (0, 1). La densité de probabilité de cette loi et la fonction
de répartition sont :
Z t
1 − t2
f (t) = √ e 2 et Pr(Z ≤ t) = f (t)dt
2π −∞
Ce théorème permet de limiter l’étude des lois normales à celle de la loi normale centrée réduite N (0, 1).
D ÉFINITION 58. La fonction de répartition de la loi normale centrée réduite N (0, 1), notée
Φ(x), est définie par pour tout x ∈ R :
Z x Z x 2
1 t
Φ(x) = f (t)dt = √ exp − dt
−∞ −∞ 2π 2
Supposons que X ∼ N (m, σ) et que l’on veuille calculer FX (c) = Pr(X ≤ c) où c est une valeur
réelle. On peut alors exprimer cette probabilité cumulée à l’aide de la fonction de répartition Φ(.) de la
loi N (0, 1).
X −m c−m c−m
FX (c) = Pr(X ≤ c) = Pr ⩽ =Φ ,
σ σ σ
X −m
puisque la variable centrée réduite suit une loi normale centrée réduite.
σ
9. LOI NORMALE 88
9.3. Quantiles de la loi normale. Les quantiles de la loi normale s’obtiennent par inver-
sion de la fonction de répartition. Notons que l’on peut toujours obtenir les quantiles d’une
loi normale N (m, σ 2 ) à partir des quantiles d’une loi normale centrée réduite, notés Φ−1 (α).
9. LOI NORMALE 89
9.4. Quantiles avec Python. La commande Python pour trouver les quantiles d’une
distribution de probabilité est obtenue en faisant suivre le nom de la distribution des lettres
ppf. Les quantiles normaux sont trouvés avec la commande qnorm. Pour trouver le 90e
quantile de la distribution normale N (0.6, 2), on tape
Par définition, si la variable X suit une loi normale centrée réduite, la variable X 2 suit une
distribution du khi-deux à 1 degré de liberté.
□ R EMARQUE : Puisque la loi du khi-deux correspond à la loi de la somme de carrés de
variables normales, cette loi ne peut être définie que sur R+ : la réalisation
d’une variable du khi-deux n’est jamais négative.
10. LOI DU KHI-DEUX 91
10.2. Moments. La fonction génératrice des moments de la loi χ2 (k) est égale à :
k 1
MX (t) = (1 − 2t)− 2 ∀t <
2
De cette fonction génératrice, on peut dériver l’espérance et la variance.
P ROPRIÉTÉ 19. Espérance et variance de la loi du khi-deux.
Si X suit une loi du khi-deux à k degrés de liberté, alors :
E(X) = k et Var(X) = 2k
10.3. Autre propriété.
Et le graphique
12. LOI DE FISHER-SNEDECOR 93
Et le graphique
CHAPITRE 7
ESTIMATION STATISTIQUE
L’objet de ce chapitre n’est pas de donner une méthode générale d’estimation, mais plutôt d’exposer
quelques propriétés et définitions qui seront reprises par la suite.
1. Généralités
L’estimation consiste à rechercher la valeur numérique d’un ou plusieurs paramètres inconnus d’une
loi de probabilité à partir d’observations (valeurs prises par la v.a. qui suit cette loi de probabilité).
On utilise pour cela un estimateur fonction de la v.a. étudiée : quand la v.a. prend comme valeur
l’observation, la valeur de l’estimateur est appelée estimation.
E XEMPLE 37. On s’intéresse au GMQ (Gain Moyen Quotidien) des porcs . Supposons que ce
GMQ que nous noterons X est distribué normalement, en d’autres termes que X suit une loi
N (µ, σ 2 ), où µ représente le GMQ moyen de toute la population de porcs et σ 2 la variance de
la distribution des GMQ. Les paramètres µ et σ 2 sont inconnus, l’objet de l’estimation est de
trouver une valeur « raisonnable » pour ces paramètres. Deux possibilités s’offrent à nous :
(1) soit on peut mesurer le GMQ de tous les porcs de la population et, dans ce cas, les
paramètres µ et σ 2 seront parfaitement connus,
(2) soit la population est trop grande, et, on est obligé de travailler sur un échantillon.
Cet échantillon va nous donner des informations sur les vraies valeurs (celles de la popu-
lation) µ et σ 2 . Supposons que l’on ait étudié le GMQ (en grammes) sur un échantillon de
taille n = 10. Notons x1 , x2 , · · · , x10 , le GMQ des porcs N ◦ 1, N ◦ 2, · · · , N ◦ 10 de cet échantillon.
La moyenne de l’échantillon P (notée x) est une « approximation » de la moyenne µ de la
population. La quantité x = n ni=1 xi est un estimateur de µ.
1
Num Porc 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
GMQ (gr) 500 530 560 510 620 560 540 610 600 580
Table des Gains Moyens Quotidiens observés sur un échantillon de 10 porcs. Le mot P estima-
teur se réfère au procédé de calcul utilisé pour approximer µ. La quantité x = 1/10 × xi =
561 est une estimation de µ.
Le mot estimation se réfère à la valeur numérique utilisée pour approximer. En général, un
estimateur est une variable aléatoire, en d’autres termes l’estimation du paramètre dépend
des individus présents dans l’échantillon.
Si un autre échantillon avait été considéré, une autre estimation du paramètre aurait été
obtenue. Le choix de l’estimateur se fait selon des critères qui mesurent sa proximité au
94
2. ESTIMATEUR CONVERGENT 95
paramètre inconnu.
Nous allons dans ce qui suit présenter la liste des critères les plus souvent utilisés pour définir
les « qualités » d’un estimateur.
2. Estimateur convergent
Une des propriété élémentaires que doit remplir un estimateur est d’être convergent. En
d’autres termes, lorsque la taille de l’échantillon tend vers l’infini, il faut que l’estimateur se
« rapproche » du paramètre qu’il estime. Il existe plusieurs façons de mesurer cette proximité
qui donnent lieu à la définition de plusieurs types de convergence. Notre objectif n’étant pas
ici de faire un cours de statistiques fondamentales, nous nous bornerons à citer les principaux
types de convergence et à les illustrer à l’aide des deux exemples suivants.
E XEMPLES 2.
(1) Soient X1 , · · · , Xn , n variables aléatoires de même loi N (µ, σ 2 ). On s’intéresse à la
1 Pn
convergence de la moyenne empirique X = Xi vers µ.
n i=1
(2) Soit X une variable aléatoire distribuée selon une loi B(n, p). On s’intéresse à la conver-
gence de p̂n = X/n vers p.
Dans un cadre plus général, nous noterons Tn un estimateur du paramètre θ obtenu à partir
d’un échantillon de taille n qui vérifie pour tout n, E(Tn ) = θ.
D ÉFINITION 59. : L’estimateur Tn est convergent en moyenne quadratique si :
V ar(Tn ) → 0
quand n → ∞.
Rappelons que la variance d’une variable aléatoire est définie par
V ar(Tn ) = E(Tn − E(Tn ))2 = E(Tn − θ)2
Dire que Tn converge en moyenne quadratique signifie en fait que lorsque n tend vers l’infini
la distance moyenne qui sépare Tn de θ tend vers 0. Il est facile d’établir que
σ2
V ar(X n ) =
n
Par conséquent lorsque n → ∞, on a V ar(X n ) → 0. De même
p(1 − p)
V ar(p̂n ) =
n
tend vers 0 quand n tend vers ∞.
D ÉFINITION 60. L’estimateur Tn est convergent en probabilité si : pour tout ε > 0 fixé la
quantité Pr(||Tn − θ|| > ε) tend vers 0 quand n tend vers ∞.
Ce type de convergence peut s’interpréter de la façon suivante. Supposons que l’on se fixe
un intervalle de largeur 2ε centré sur θ. Supposons de plus que nous disposons d’un grand
nombre de réalisations de Tn (obtenu avec un grand nombre d’échantillons de taille n). On
s’intéresse au pourcentage de ces réalisations qui « tombent » en dehors de cet intervalle. Alors,
l’estimateur Tn converge en probabilité vers θ si ce pourcentage tend vers 0 quand n tend
vers l’infini. Il faut noter que ceci ne présume en rien de la distance qui sépare les réalisations
de Tn en dehors de l’intervalle, de la valeur de θ. En revanche, si Tn converge en moyenne
quadratique alors il converge en probabilité. Nous avons vu avant que la moyenne empirique
(resp. p̂) converge en probabilité vers µ (resp. p). La preuve est une simple application de
l’inégalité de Tchebychev.
4. ESTIMATEUR DE VARIANCE MINIMUM 96
On voit à travers cette définition que la convergence presque sure est une convergence
beaucoup plus « forte » que la convergence en probabilité : elle implique la convergence en
probabilité. Pour obtenir une convergence presque sure, il est nécessaire que la convergence
en probabilité soit suffisamment rapide pour que n assez grand un très faible pourcentage de
réalisations de Tn ne tombent en dehors de l’intervalle que nous avons défini précédemment.
En réfléchissant un peu, on peut voir que si Tn converge en probabilité alors, il est possible de
trouver une sous suite de (Tn )n qui converge presque surement. La preuve de la convergence
presque sure de la moyenne empirique et de p̂ repose sur l’utilisation de la loi forte des
grands nombres dont la démonstration de ce théorème sort des objectifs de ce cours.
Revenons à notre exemple des GMQ et supposons que 1000 échantillons aient été faits. Ces
1000 échantillons ont fournis 1000 estimations du GMQ moyen (celui de la population).
Dire que x est un estimateur sans biais de µ équivaut à dire que sur un grand nombre
d’échantillons, µ est la moyenne des xi . On pourrait croire à tort que tous les estimateurs
usuels sont sans biais, c’est faux, les exemples suivants sont les plus connus. Un estimateur
classiquement utilisé pour la variance est :
n
1X
σ̂n = (xi − xi )2
n i=1
C’est un estimateur biaisé de la variance, il sous-estime en moyenne la variance de population,
puisque
1
E(σ̂n ) = (1 − )σ
n
On voit à partir de la formule précédente qu’un estimateur sans biais de la variance est donné
par
n
1 X
σ̂n−1 = (xi − xi )2
n − 1 i=1
Si la moyenne de population µ est connue, il est facile de montrer qu’un estimateur sans biais
de la variance est donnée par
n
1X
σ̂ = (xi − µ)2
n i=1
5. Dans la pratique
L’objet de cette section est de montrer l’utilisation de certains estimateurs couramment
rencontrés en statistiques. Le mot estimation recouvre en fait deux types de techniques :
(1) l’estimation ponctuelle : une valeur du paramètre à estimer,
(2) l’estimation par intervalle : un intervalle dans lequel il est vraisemblable de trouver
avec une probabilité donnée 1 − α le paramètre à estimer. (On parle alors d’intervalle
de confiance de sécurité 1 − α).
□ R EMARQUE : Extrait de la table de la loi normale centrée
5. DANS LA PRATIQUE 98
Seuil de Confiance 99.73% 99% 98% 96% 95.45% 95% 90% 80% 68.27% 50%
zc 3 2.58 2.33 2.05 2 1.96 1.645 1.28 1 0.6745
5.1. Estimation d’une moyenne. En utilisant les considérations soulignés dans le para-
graphe précédents, les limites de confiance de la moyenne de la population sont données par
la relation :
X ± zc σX
où zc dépend du seuil de confiance désiré et s’obtient à partir du tableau précédent.
En utilisant les résultats obtenus dans la théorie d’échantillonnage, les limites précises de
confiance de la moyenne de la population sont donc données par l’expression :
σ
X ± zc √ si la population est considérée comme infinie, ou alors
n
r
σ N −n
X ± zc √ si la population est considérée comme finie
n N −1
Il convient de remarquer que de manière générale, l’écart-type de la population est inconnu
de sorte que les limites de confiance s’obtienne en utilisant l’estimation empirique σ̂ de σ.
5.2. Estimation d’une fréquence. Si la statistique S est la proportion de succès dans un
échantillon de taille n tiré d’une population binomiale pour laquelle la fréquence de succès
vaut p, les limites de confiance de p sont données par P ± zc σp où P est la proportion de
succès dans l’échantillon de taille n.
Il résulte des sections précédentes que dans ce cas, les valeurs explicites des limites de
confiance sont : r r
pq p(1 − p)
P ± zc = P ± zc
n n
la population étant supposée ici infinie et dans le cas contraire on a :
r r
pq N − n
P ± zc
n N −1
5.3. Estimation des différences. Considérons S1 et S2 deux statistiques d’échantillonnage
ayant des distributions voisines de la loi normale.
D’après les considérations précédentes, les limites de confiance de la différence des para-
mètres de la population correspondant à S1 et S2 sont données par :
q
S1 − S2 ± zc σS1 −S2 = S1 − S2 ± zc σS2 1 + σS2 2
S’agissant de la somme de ces mêmes paramètres, les limites de confiance sont données par :
q
S1 + S2 ± zc σS1 +S2 = S1 + S2 ± zc σS2 1 + σS2 2
Il convient de souligner que ces relations ne sont valables que lorsque les échantillons sont
indépendants.
De manière particulière, les limites de confiance de la différence de deux moyennes de
populations, dans le cas où ces populations sont infinies, sont données par :
s
σ12 σ22
X 1 − X 2 ± zc σX 1 −X 2 = X 1 − X 2 ± zc +
n1 n2
où X 1 , σ1 , n1 et X 2 , σ2 , n2 sont respectivement les moyennes, les écart-types et les tailles de
deux échantillons extraits des populations.
5. DANS LA PRATIQUE 99
S’agissant de la différence de deux fréquences théoriques dans le cas des populations infinies,
les limites de confiance sont :
s
p1 (1 − p1 ) p2 (1 − p2 )
P1 − P2 ± zc σP1 −P2 = P1 − P2 ± zc +
n1 n2
où P1 et P2 sont les fréquences des échantillons, n1 et n2 les tailles de ces deux échantillons et
p1 et p2 les fréquences dans les deux populations (estimées par p1 et p2 ).
5.4. Estimation d’un écart-type. Il arrive aussi qu’on ait besoin d’estimer l’écart-type
d’une population à partir de celui d’échantillons.
On démontre dans ce cas que les limites de confiance de l’écart-type σ d’une population dis-
tribuée normalement, σ étant estimé par l’écart-type s d’un échantillon, ont pour expression :
σ
s ± zc σs = s ± zc √
2n
□ R EMARQUE : Les limites de confiance à 50% des paramètres d’une population cor-
respondant à une statistique S sont données par ( vérifier sur la table
) S ± 0.6745σS .
La quantité 0.6745σS s’appelle erreur probable de l’estimation.
5.5. Exemples d’application.
I. La moyenne et l’écart-type des charges maximales supportées par 60 câbles sont respective-
ment 11.09 tonnes et 0.73 tonnes.
Déterminer les limites de confiance :
a) à 95% , b) à 99% de la charge moyenne de tous les câbles produits par l’usine.
Réponses : a) 11.09 ± 0.18 tonnes b) 11.09 ± 0.24 tonnes.
Avec Python on a
II. Une usine possède 500 câbles. Un test sur 40 câbles choisis au hasard a donné une résis-
tance de rupture moyenne de 2400 kg et un écart-type de 150 kg.
a) Quelles sont les limites de confiance à 95% et à 99% pour l’estimation de la résistance de
rupture moyenne des 460 câbles restants ?
b) Avec quel degré de confiance peut-on dire que la résistance de rupture moyenne des 460
câbles restants vaut 2400 ± 35 Kg ?
Reponses : a) 2400 ± 45 kg, 2400 ± 59 kg b) 87.6%
6. CAS GÉNÉRAL 100
III. On administre des somnifères sous forme de pilules à deux groupes de malades, A et B,
comprenant respectivement 50 et 100 individus. On a donné au groupe A des pilules d’un
type nouveau et au groupe B des pilules classiques.
Les patients du groupe A ont dormi 7.82 heures en moyenne, ceux du groupe B 6.75 heures.
L’écart-type étant pour le groupe A de 0.24 heure, pour le groupe B de 0.30 heure, calculer les
limites de confiance a) à 95%, b) à 99% pour la différence des moyennes d’heures de sommeil
provoquées par les deux somnifères.
Réponses : a) 1.07 ± 0.09 heure, b) 1.07 ± 0.12 heure.
6. Cas général
Dans les lignes précédentes, la taille de l’échantillon était supposée suffisamment grande.
Voici ce qui se passe en générale, même lorsque n < 30.
6.1. Estimation des paramètres d’une loi normale. Soient X1 , · · · , Xn n v.a indépen-
dantes de même loi N (µ, σ 2 ). Nous commençons par estimer la variance puis nous estimons
la moyenne. Afin d’effectuer des estimations par intervalle, nous avons besoin de la proposi-
tion suivante :
1 Pn 2 1 Pn
P ROPOSITION 6.1. Soient X = i=1 Xi et σ̂n−1 = (Xi − X)2 . Alors on a
n n − 1 i=1
σ2
(1) X ∼ N (µ, )
n
2
(2) X et σ̂n−1 sont indépendants.
6. CAS GÉNÉRAL 101
Pour illustrer l’emploi des formules, nous reprendrons les données de l’exemple des GMQ
précédent (nous supposons donc que la normalité des GMQ est déjà démontrée).
Num Porc 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
GMQ (gr) 500 530 560 510 620 560 540 610 600 580
Estimation de la moyenne
Un estimateur sans biais de la moyenne est donné par
n
1X
X= Xi
n i=1
En utilisant l’affirmation (1) de la proposition, il vient
√ X −µ
n ∼ N (1, ∞)
σ
et après d’autres développements mathématiques (en utilisant la loi du χ2 et l’indépendance
2
de X et σ̂n−1 ), on déduit
X −µ
T = σ̂2 ∼ Studentn−1
n−1
√
n
Un intervalle confiance de sécurité 1 − α de µ est donc donné par
r r
2 2
1−α/2 σ̂n−1 1−α/2 σ̂n−1
(MOY) X − tn−1 ⩽ µ ⩽ X + tn−1
n n
ou encore
1−α/2 1−α/2
X − tn−1 se ⩽ µ ⩽ X + tn−1 se
1−α/2
avec tn−1 est la valeur limite au seuil 1 − α/2 d’une loi du student à n − 1 degrés de liberté.
E XEMPLE 39. Une application
Dans notre exemple n = 10 et une estimation de la moyenne est donnée par X = 561. Un
intervalle de sécurité 0.95 peut alors facilement être construit : la table de Student nous donne
1−0.05/2
pour 10-1 = 9 degrés de liberté t9 = 2.262 nous en déduisons donc que nous avons 95
chances sur 100 de trouver la moyenne de population dans l’intervalle
" r r #
1721.11 1721.11
561 − 2.262 ; 561 + 2.262 soit 526.6 ⩽ µ ⩽ 595.36
10 10
6. CAS GÉNÉRAL 102
6.2. Estimation d’un pourcentage. L’objet de ce paragraphe est de montrer les techniques
de construction des intervalles de confiance des pourcentages. Pour construire un intervalle
de confiance, nous avons besoin d’identifier les lois de probabilités sous-jacentes. A cet effet
prenons des notations. Soit X une variable aléatoire distribuée selon une loi Binomiale de
paramètres N et p. X est donc le nombre d’individus qui satisfait une certaine condition de la
forme (0, 1) avec une probabilité p. La quantité N est déterministe et connue et on cherche
une valeur raisonnable de p. Il est clair qu’un estimateur sans biais de p est donné par p̂ = Np .
En revanche, la recherche d’un intervalle de confiance de p pose quelques problèmes : les
seuls intervalles faciles de construire ne sont qu’approximatifs et ils ne deviennent vraiment
fiables que lorsque n est assez grand.
Méthode 1 (exacte)
Cette méthode de construction d’intervalle de confiance est exacte. Par conséquent aucune
hypothèse concernant la taille de l’échantillon n’est requise. Il est difficile de l’utiliser directe-
ment sans faire appel à des techniques d’analyse numérique ; aussi on a souvent recours à
des tables ou à des logiciel spécialisés.
Notons p̂sup la solution de
x
X N i
p (1 − p)N −i = α/2
i=1
i
et p̂inf la solution de
N
X N i
p (1 − p)N −i = α/2
i=x
i
alors un intervalle de sécurité 1 − α est donné par p̂inf ; p̂sup .
Méthode 2
6. CAS GÉNÉRAL 103
Cette méthode repose sur le même principe que la méthode exacte. On approxime la loi
Binomiale (de paramètres N et p par la loi de Poisson de paramètre N p. Il faut donc que les
[Link] pour cette approximation soient vérifiées (N grand p petit, N p raison-
nable).
Méthode 3
Grace au théorème central limit et à la loi des grand nombres, nous savons que pour N assez
grand, la quantité
p̂ − p
Z=q
p̂(1−p̂)
N
est approximativement distribuée selon une loi N (0, 1). (Il faut que les conditions requises
pour cette approximation soient vérifiées ) Un intervalle de sécurité 1 − α est donc donné par
r r
p̂(1 − p̂) p̂(1 − p̂)
p̂ − z1−α/2 ⩽ p ⩽ p̂ + z1−α/2
N N
où z1−α/2 est la valeur limite au seuil α/2 d’une loi N (0, 1) (Si α = 0.05 alors z1−α/2 = 1.96 ).
Application :
On s’intéresse au pourcentage d’animaux porteur d’une anomalie. Supposons que sur un
échantillon de taille N = 100 on a observé x = 10 animaux porteurs de cette anomalie alors
p̂ = 0.1 = 10/100. Notre objectif est de construire l’intervalle de confiance de sécurité 1 − α.
En utilisant la méthode 1 nous devons résoudre :
10
X 100 i
p̂sup (1 − p̂sup )100−i = 0.025
i=1
i
et
100
X N
(p̂inf )i (1 − p̂inf )N −i = 0.025
i=10
i
Un calcul avec un logiciel spécialisé nous donne p̂sup = 0.1762 et p̂inf = 0.0491. En effet, voici
les calculs avec R :
et
6. CAS GÉNÉRAL 104
TESTS D’HYPOTHÈSES
1. Introduction
Nous avons étudié, dans le chapitre précédent, le problème de l’estimation des paramètres
d’une population. Un autre problème fondamental de la théorie statistique est le test des
hypothèses concernant une population. En ce qui concerne la distribution normale, le test de
la population se réduit au test des paramètres µ et σ. Pour la distribution binomiale, nous
avons à tester le paramètre p et pour la distribution exponentielle ou celle de Poisson il
suffit de tester la moyenne µ. Les tests que nous étudierons dans ce chapitre sont des tests
d’hypothèses statistiques. Une hypothèse statistique est une supposition sur la densité de
probabilité d’une variable aléatoire. Le test d’une hypothèse statistique est une procédure
pour décider s’il faut accepter ou refuser une hypothèse.
E XEMPLE 40. La durée de vie de certaines ampoules électriques suit la loi exponentielle :
f (x) = θe−θx x⩾0
On possède des ampoules électriques, mais on ne sait pas s’il s’agit d’ampoules de la marque
A ou de la marque B. La durée de vie moyenne des ampoules de la marque A est de 100
heures, celle de la marque B 200 heures.
Supposons que l’on croit que les ampoules soient de la marque A, donc avec une durée de
vie moyenne de 100 h.
Nous avons ici une hypothèse statistique, qu’on appelle H0 , ou hypothèse nulle, en ce
sens que la différence entre la valeur trouvée avec un échantillon et la vraie valeur est due
uniquement à une erreur d’échantillonnage. Par conséquent, il n’y a pas de différence entre
la population et l’échantillon, les membres de l’échantillon proviennent de la population en
question. Cette hypothèse H0 est donc l’hypothèse que la durée de vie moyenne soit 100 h.
On écrit :
H0 : θ0 = 1/100 = 0.01
L’hypothèse contraire, qu’on appelle H1 , est celle d’une durée de vie moyenne de 200 h,
donc :
H1 : θ1 = 1/200 = 0.005
Si l’on veut tester l’hypothèse H0 , on prend un échantillon et on détermine la durée de vie
moyenne.
Supposons que l’on teste une seule ampoule, de manière à pouvoir représenter graphique-
ment la densité de probabilité. On détermine donc la durée de vie de cette ampoule. On a
alors une observation de la variable aléatoire x et, sur la base de cette valeur de x, on prend
la décision d’accepter l’hypothèse H0 ou de la refuser. Refuser H0 correspond évidemment à
accepter l’hypothèse H1 . Il faut déterminer quelles sont les valeurs de x où H0 est acceptée,
105
2. TYPES D’ERREUR 106
les autres valeurs étant alors celles où H0 est refusée. Les valeurs de x pour lesquelles H0
est rejetée déterminent ce qu’on appelle la région critique du test. La région critique du test
d’une hypothèse statistique est la partie de l’espace d’échantillonnage qui correspond au rejet
de l’hypothèse testée. Construire un test pour H0 revient alors à choisir la région critique.
2. Types d’erreur
Supposons que le statisticien décide que la région critique soit formée par les valeurs su-
périeures à 200 (x > 200). Pour savoir s’il s’agit d’un choix judicieux, il faut analyser les
conséquences. Si H0 est vraie et la valeur de x est plus grande que 200, on prend une
décision incorrecte, car on rejette une hypothèse vraie. Ce genre d’erreur est appelé une
erreur de type I . Si H0 est fausse et la valeur de x est plus petite que 200, on prend aussi
une décision incorrecte, car on accepte une hypothèse fausse. Ce genre d’erreur est appelé
une erreur de type II .
On peut réunir les différentes possibilités dans le tableau suivant :
H0 vraie H0 fausse
H0 acceptée décision correcte erreur de type II
H0 rejetée erreur de type I décision correcte
Il faut mesurer la possibilité de faire les deux types d’erreur, de manière à pouvoir déterminer
si le choix de la région critique est satisfaisant. Cette probabilité est donnée par la grandeur de
l’erreur. La grandeur de l’erreur de type I est la probabilité (α) que la valeur de l’échantillon
tombe dans la région critique lorsque H0 est vraie :
La grandeur de l’erreur de type II est la probabilité (β) que la valeur de l’échantillon tombe
dans la région d’acceptation lorsque H0 est fausse :
On obtient un bon test en utilisant le principe suivant : parmi tous les tests qui ont la même
grandeur de l’erreur de type I, choisir celui qui a la plus petite grandeur de l’erreur de type
II. En général, la grandeur de l’erreur de type II augmente lorsque celle de l’erreur de type
I diminue. On ne peut pas minimiser les deux erreurs à la fois. Pour cette raison, on prend
souvent une valeur donnée pour α, la grandeur de l’erreur de type I, et on minimise β, la
grandeur de l’erreur de type II.
Pour α on utilise très souvent une valeur de α égale à 0.05, c’est-à-dire qu’approximativement
dans 5% des cas l’hypothèse vraie est rejetée. Si l’erreur de type I est considérée comme plus
sérieuse que celle de type II, on peut prendre des valeurs plus petites pour α.
Reprenons notre exemple des ampoules électriques. On a, pour l’hypothèse nulle :
Z +∞
H0 : θ0 = 0.01 α= 0.01e−0.01 x dx = e−2 = 0.13534
200
Pour déterminer si le choix de la région critique a été judicieux, nous allons comparer ce test
avec un autre test ayant lui aussi α = 0.135. Prenons le test qui considère la région critique à
gauche d’un certain point x0 plutôt qu’à droite. On a alors :
Z x0
α= 0.01e−0.01 x dx = 0.13534
0
Pour une même valeur de α, on a une valeur de β plus élevée et alors le premier test est
supérieur à celui-ci. Tous les deux tests ont des valeurs très grandes d’erreur de type II, mais
ceci est dû au fait qu’on a pris un échantillon de grandeur 1.
E XEMPLE 41. Une qualité A de betteraves donne en moyenne 190 g de sucre, tandis qu’une
autre qualité B en donne 196 g. On suppose que dans les deux cas l’écart-type est le même et
qu’il est égal à 15 g.
On prend un échantillon de 36 betteraves et on veut analyser s’il s’agit de la qualité A ou de
la qualité B.
On pourrait prendre le chiffre x0 = 193 (on est ainsi à mi-chemin) √ comme valeur critique. On
a que x est distribuée normalement avec écart-type σx = 15/ 36 = 2.5.
Ainsi, l’aire sous la courbe est 0.1151 (z = 1.2), à la droite de 193 pour A et à la gauche de 193
pour B :
H0 : µ = 190 H1 : µ = 196
β α
1.87 1.90 1.93 1.96
Si l’on choisit α = 0.05 on peut trouver x0 = 190 + 1.645 × 2.5 = 194.1. On obtient alors
β = 0.2236.
Si cette valeur de β est considérée comme trop grande, on peut accroître le nombre d’éléments
de l’échantillon. Comme la grandeur de l’erreur
√ de type I est donnée par l’aire de la distri-
bution normale N (µ0 , σ) pour x > µ0 + z0 σ/ n et√celle de l’erreur de type II par l’aire de la
distribution normale N (µ1 , σ) pour x < µ1 − z1 σ/ n, on obtient la grandeur de l’échantillon
pour des valeurs prédéterminées de α et de β en résolvant l’équation :
√ √
µ0 + z0 σ/ n = µ1 + z1 σ/ n
par rapport à n. On trouve :
(z1 + z0 )2 σ 2
n=
(µ1 − µ0 )2
3. TEST DE LA MOYENNE 109
Si, dans l’exemple ci-dessus, on désire avoir α = 0.05 et β = 0.025 il faut prendre un
échantillon de grandeur :
(1.645 + 1.96)2 × 152
n= = 81.2
(196 − 190)2
c’est-à-dire 82 betteraves.
90%
5% 5%
• • •
µ − 1.645σx µ µ + 1.645σx
L’intervalle est ici 16 ± 1.645 × 0.1 = 16 ± 0.1645, c’est-à-dire [15.83, 16.1645]. Comme la
moyenne est de 15.82, l’hypothèse H0 est rejetée, car x tombe dans la région critique.
Le test ci-dessus est appelé un test bilatéral, puisqu’on admet que le contenu en vitamine C
pourrait être soit supérieur soit inférieur à la moyenne.
Si l’on suspecte que le produit a une tendance à avoir une quantité inférieure à la moyenne,
on peut prendre H1 : µ < 16. Dans ce cas nous avons un test unilatéral et la région critique
est à gauche :
3. TEST DE LA MOYENNE 110
90%
10%
• • •
µ − 1.282σx µ µ + 1.282σx
Si l’on prend α = 0.10, on trouve la région critique : 16 − 1.282 × 0.1 = 15.8718 c’est-à-dire
] − ∞, 15.8718].
Comme x = 15.82, l’hypothèse H0 est rejetée. Si H1 était µ > 16, la région critique serait à
droite.
3. TEST DE LA MOYENNE 111
Les logiciels statistiques calculent souvent la valeur p d’un test. Il s’agit de la probabilité
d’obtenir une valeur de x supérieure ou égale au résultat de l’échantillon x0 lorsque l’hypo-
thèse H0 est vraie. Si cette probabilité est supérieure au seuil de signification (α), l’hypothèse
H0 est acceptée. On rejette l’hypothèse H0 dans le cas contraire.
x0 − µ
Soit zp la valeur standardisée . La valeur p est alors la probabilité suivante :
σx
(1) Test unilatéral avec région critique à droite : Pr(z > zp )
(2) Test unilatéral avec région critique à gauche : Pr(z < zp )
(3) Test bilatéral : Pr(|z| > zp )
Dans l’exemple ci-dessus la valeur p est la probabilité d’obtenir une valeur de x inférieure ou
égale à 15.82. Cette probabilité est Pr(z < −1.8) = 0.0359. Avec α = 0.10, l’hypothèse H0 est
rejetée.
Une application intéressante du test de la moyenne est représentée par le contrôle de la qualité
d’un produit. Supposons qu’une machine fabrique des objets utilisés dans les montres. Il
faut que le diamètre de cet objet soit très précis. En général, on procède de la manière suivante.
En utilisant la loi normale, nous pouvons dire que l’on a une probabilité de 0.997 d’avoir
x qui tombe à l’intérieur de cet intervalle. Par conséquent, si x tombe à l’extérieur de cet
intervalle, il y a beaucoup de raisons de croire que la machine doit être réglée. On utilise 3
fois l’écart-type, car l’expérience a montré que c’est la valeur qui convient du point de vue
pratique. Si l’on prend 2 fois l’écart-type, le 5% des valeurs de x tombent à l’extérieur de
l’intervalle et on risque de régler la machine inutilement.
Une fois que les valeurs de µ et de σx ont été calculées, on peut construire ce qu’on appelle le
diagramme de contrôle (de qualité).
µ − 3σx
•
• •
• •
µ •
•
• •
• •
• •
• •
µ − 3σx
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 No échantillons
Chaque point correspond à la valeur de x obtenue lors de l’inspection, après avoir récolté
les données initiales de manière à pouvoir calculer l’intervalle. Comme les points sont à
l’intérieur de l’intervalle, il ne faut pas régler la machine. La grandeur de l’échantillon est
souvent égale à 5. Il est par conséquent possible que l’approximation par la loi normale ne
soit pas très bonne. Toutefois, l’expérience a montré que l’intervalle de 3σx suffit.
Nous avons vu que la différence xA − xB peut être considérée comme une variable normale
avec moyenne nulle et écart-type :
r
(21.9)2 (20)2
σxA −xB = + = 4.47
40 50
où σA et σB ont été remplacés par sA et sB respectivement. Comme n1 , n2 > 30, cette substitu-
tion est acceptable. Les calculs dans Python
−9 −6 −3 0 3 6 9 xA − xB
Comme
xA − xB = 1100 − 1093 = 7,
l’hypothèse H0 est acceptée, c’est-à-dire la différence entre les deux moyennes n’est pas
significative.
Voici les calculs dans Python :
Ceci ne signifie pas qu’il faille nécessairement croire que les deux marques ont la même
qualité. Le test indique seulement que les résultats des deux échantillons n’indiquent pas une
différence significative de qualité.
5. AUTRES TESTS 114
□ R EMARQUE : Le test d’une hypothèse statistique est une règle pour prendre une déci-
sion. Si la valeur tombe dans la région critique, on dit que le résultat du
test est significatif. Un autre type de test, qui a souvent des avantages
considérables, est celui obtenu de la manière suivante. On décide soit d’ac-
cepter l’hypothèse H0 , soit de rejeter l’hypothèse H0 , soit de prendre un
échantillon plus large. Avec cet échantillonnage séquentiel on parvient sou-
vent à une décision avec un échantillon plus petit. Dans les cas considérés
jusqu’à présent, la grandeur de l’échantillon était fixe. L’échantillonnage
séquentiel est traité dans des ouvrages avancés de statistique. Par ailleurs,
nous verrons ci-dessous comment les méthodes bayésiennes déterminent
la grandeur de l’échantillon.
5. Autres tests
Comme la loi normale représente une approximation de la distribution binomiale, nous pou-
vons considérer le test d’une proportion en utilisant les méthodes pour grands échantillons,
examinées dans la section précédente.
E XEMPLE 44. Dans une ville, les automobilistes sont assurés auprès de deux compagnies. Les
clients de chaque compagnie représentent le 50% du total des automobilistes. À la suite de
modifications des conditions d’assurance, la direction de la compagnie A veut savoir si ce
rapport est toujours le même. En effet, selon les informations de ses agents, le nombre de
clients de la société B aurait augmenté. Une enquête auprès de 200 automobilistes choisis au
hasard révèle que 120 sont assurés auprès de la compagnie B.
Déterminer si l’hypothèse d’un rapport de 0.5 est encore valable. Nous avons à tester l’hy-
pothèse H0 : p = 1/2, où p représente la proportion d’automobilistes assurés auprès de la
compagnie B.
La contre-hypothèse est H1 : p > 1/2. Il s’agit donc d’un test unilatéral.
Nous avons vu que p̂ = x/n peut être considérée comme une variable normale avec moyenne
1/2 et écart-type :
r r
p×q 1/2 × 1/2
= ≃ 0.035
n 200
Dans le calcul de l’écart-type, il faut toujours utiliser la valeur de p de l’hypothèse nulle. La
région d’acceptation est, en utilisant α = 0.05 :
p̂ < p + 1.645σp = 1/2 + 1.645 × (0.035) = 0.56
Comme p̂ = 120/200 = 0.6, cette valeur tombe dans la région critique et l’hypothèse H0 est
rejetée. L’hypothèse que la proportion d’automobilistes assurés auprès de la compagnie B
soit supérieur à 0.5 est ainsi acceptée.
Une autre application du test de la valeur p de la distribution binomiale est donnée par
l’examen du pourcentage de pièces défectueuses, à l’aide du diagramme de contrôle. On
applique la même technique discutée dans la section précédente. Avec l’expérience on déter-
mine la valeur de p. Une fois que cette valeur est calculée, on peut construire le diagramme
de contrôle :
5. AUTRES TESTS 115
p − 3 pq
p
n
•
• •
• •
p •
•
• •
• •
• •
• •
p pq
p+3 n
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 No échantillons
On doit parfois tester la différence de deux proportions. Nous savons que si p̂1 et p̂2 sont
des variables normales avec moyenne p1 et p2 , alors p̂1 − p̂1 est une variable normale avec
moyenne p1 − p2 et écart-type :
r
p1 × q 1 p2 × q2
σ̂p1 −p2 = +
n1 n2
L’hypothèse est H0 : p1 = p2 . Dans le calcul de l’écart-type, il faut alors utiliser la même
valeur pour p1 et p2 .
E XEMPLE 45. On désire analyser l’effet de deux marques de pastilles contre le refroidissement.
On donne à 200 personnes les pastilles de la marque A et à 100 autres les pastilles de la marque
B. 152 personnes du premier groupe n’ont pas eu de refroidissement, tandis qu’il n’y en a eu
que 61 dans le deuxième groupe. Peut-on conclure qu’il n’y a pas de différence entre les deux
marques ?
Nous avons :
pˆ1 = 152/200 = 0.76 et pˆ2 = 61/100 = 0.61
On a
r
p1 × q 1 p2 × q2
σ̂p1 −p2 = +
200 100
Comme on ne connaît pas la valeur de p1 et p2 , il faut l’estimer. Sous l’hypothèse H0 : p1 =
p2 = p, une estimation de p peut être obtenue de la manière suivante :
n1 p1 + n2 p 2
p̂ =
n1 + n2
Nous avons alors :
152 + 61
p̂ = = 0, 71
300
r
0.71 × 0.29 0.71 × 0.29
σ̂p1 −p2 = + = 0.056
200 100
Les valeurs de p1 et p2 utilisées dans le calcul de l’écart-type sont identiques puisqu’on teste
l’hypothèse nulle. Comme H1 est p1 ̸= p2 , il faut utiliser un test bilatéral. En prenant α = 0.05,
on obtient l’intervalle :
0 ± 1.96 × 0.056 = ±0.11
Nous avons p̂1 − p̂2 = 0.15 et alors l’hypothèse H0 est rejetée. Il semble que les pastilles de la
marque A soient plus efficaces.
5. AUTRES TESTS 116
CHAPITRE 9
TEST DU KHI-DEUX
1. Introduction
Nous avons testé dans le chapitre précédent des hypothèses concernant des moyennes ou
des proportions. Il nous faut considérer maintenant des problèmes liés à l’écart-type. Il y a
aussi à étudier les problèmes qui ne peuvent pas être analysés avec la distribution binomiale
car ils comportent plusieurs résultats et non pas uniquement des succès ou des échecs. Ces
deux séries de problèmes peuvent être étudiés à l’aide de la distribution χ2 proposée par Karl
Pearson. Nous commençons par considérer un exemple du deuxième groupe de problèmes.
2. Cas de χ2 simple
Supposons qu’une expérience peut donner k résultats possibles. On peut réunir les résultats
en k classes ou groupes. Si l’expérience est répété n fois et l’on inscrit les fréquences dans les
classes correspondantes, on peut se demander si ces valeurs sont conformes aux fréquences
données par la théorie.
E XEMPLE 46. Prenons l’exemple d’un dé qu’on lance 60 fois. Supposons que l’on obtienne les
résultats suivants :
1 2 3 4 5 6
Fréquences observées 16 3 9 14 5 13
Fréquences théoriques 10 10 10 10 10 10
Si le dé est bien équilibré on s’attend à une fréquence de 10 pour chaque résultat. On veut
alors savoir si les fréquences empiriques (ou observées) sont compatibles avec les fréquences
espérées (ou théoriques). Pour tester cette hypothèse on utilise une mesure, appelée khi au
carré, qui est définie de la manière suivante :
k
2
X (oi − ei )2
χ =
i=1
ei
avec oi : fréquence observée, ei : fréquence espérée et k nombre de classes. Dans le cas du dé
on obtient la valeur suivante :
(16 − 10)2 (3 − 10)2 (9 − 10)2 (14 − 10)2 (5 − 10)2 (13 − 10)2
χ2 = + + + + + = 13.6
10 10 10 10 10 10
Si les fréquences empiriques coïncident avec les fréquences théoriques on a une valeur de
0 pour χ2 . Par conséquent, des valeurs élevées de χ2 indiquent que les deux fréquences ne
sont pas les mêmes. On pourrait jeter un dé bien équilibré 60 fois et répéter l’expérience
plusieurs fois. Les valeurs des χ2 obtenues donneraient la fréquence relative d’avoir une
valeur donnée de χ2 . Il est toutefois possible d’utiliser des méthodes mathématiques plus
117
2. CAS DE χ2 SIMPLE 118
efficaces pour calculer la fréquence théorique. Cette distribution théorique devrait être une
distribution discrète car il y a seulement un nombre limité de valeurs possibles pour les
fréquences. Toutefois, il est beaucoup plus simple de travailler avec une distribution continue,
comme on l’a déjà vu avec l’approximation de la loi binomiale par la loi normale. Supposons
qu’on a une variable normale standardisée x et l’on veut obtenir la distribution de y = χ2 .
On peut montrer que la distribution de y est :
1
g(y) = √ y −1/2 e−y/2 y > 0; e nombre de Neper
2π
Cette fonction définit la distribution χ2 pour 1 degré de liberté (ν = 1). La formule générale
de la distribution y = χ2 est donnée par :
2 /2
2 (χ2 )ν/2−1/2 e−χ
f (χ ) =
2ν/2 Γ(ν/2)
où Γ désigne la fonction gamma
Z +∞
γ(t) = xt−1 e−x dx t>0
0
En utilisant l’intégration par parties on obtient :
Γ(t) = (t − 1)Γ(t − 1), t>1
Comme Γ(1) = 1 on a, pour des valeurs entières de t :
Γ(n + 1) = n!
√
On a également Γ(1/2) = π
On peut prouver le théorème suivant :
T HÉORÈME 2.1. Soient x1 , x2 , · · · , xn des variables normales indépendantes de moyenne nulle et
variance unitaire. La somme des carrés de ces n variables a une distribution χ2 avec n degrés de liberté.
Le nombre de degrés de liberté dans le cas de fréquences observées et empiriques est :
ν =k−1
où k est le nombre de classes. Comme dans l’exemple précédent la somme des fréquences
empiriques est 60, la valeur de la 6-ième classe est déterminée une fois qu’on connaît les
fréquences des autres classes. Par conséquent on a ici ν = 5.
Si l’on regarde dans la table de la distribution de χ2 on trouve, en prenant un seuil de
signification de 5%, on obtient la valeur χ20.05 = 11.1 pour ν = 5. Comme on avait obtenu une
valeur empirique de 13.6, l’hypothèse que le dé soit bien équilibré est rejetée puisque cette
valeur tombe dans la région critique.
Les calculs dans Python donnent pour χ2 observée :
Lorsque la probabilité doit être estimée en prenant les résultats de l’échantillon (par exemple,
probabilité d’une panne), alors il y a un degré de liberté de moins. En général, le nombre de
degrés de liberté est égal à (n − 1) moins le nombre de paramètres estimés. La distribution
χ2 n’est qu’une approximation de la distribution χ2 discrète. Il faut alors utiliser le test χ2
seulement lorsque cette approximation est bonne. L’expérience et la théorie indiquent que
l’approximation est bonne lorsque les fréquences théoriques dans les classes sont au moins
égales à 5.
Si l’on a des fréquences inférieures à 5 on peut réunir les classes. Si k < 5 c’est mieux d’avoir
des fréquences plus grandes que 5.
Il convient de noter que le test d’une fréquence théorique ne peut être qu’un test unilatéral,
avec la région critique à droite.
E XEMPLE 47. On veut analyser les accidents d’auto causés par des automobilistes ayant
moins de 25 ans. On a les valeurs données par le tableau suivant :
âge 18 19 20 21 22 23 24
nombre d’accidents 6 10 20 15 21 18 10
automobilistes < 25 ans 4% 13% 15% 17% 19% 10% 22%
fréquences théoriques 4 13 15 17 19 10 22
Comme la première classe n’a qu’une fréquence théorique de 4, on réunit les deux premières
classes :
âge 18-19 20 21 22 23 24
nombre d’accidents 16 20 15 21 18 10
automobilistes < 25 ans 17% 15% 17% 19% 10% 22%
fréquences théoriques 17 15 17 19 10 22
La valeur de χ2 est de 15.12. Pour ν = 5 on a une valeur théorique de 11.1 au seuil de 5%. La
valeur empirique tombe dans la région critique et par conséquent, on rejette l’hypothèse nulle
de l’indépendance entre l’âge et le nombre d’accidents et on peut donc dire que le nombre
d’accidents est en relation avec le fait que les automobilistes sont âgés de moins de 25 ans.
3. TABLES DE CONTINGENCE 120
3. Tables de contingence
Les cas considérés dans la section précédente avaient des résultats qui pouvaient être classés
en utilisant une seule variable. Dans l’exemple du dé on avait la variable « numéro de la face
obtenue ». Ce test χ2 est appelé test χ2 simple. Nous voulons considérer maintenant le cas
de deux variables utilisées pour classifier les résultats de l’expérience. Le test employé sera
par conséquent appelé χ2 double. On n’examinera qu’un test d’indépendance entre les deux
variables. Un tableau avec des fréquences classifiées en employant deux variables est appelé
une table de contingence. Les tables de contingence sont utilisées pour l’étude des relations
entre deux variables. On veut savoir si les deux variables sont reliées entre elles. On peut
donner une réponse à cette question avec le test χ2 .
E XEMPLE 48. Le tableau suivant contient le nombre de voitures achetées auprès d’un garagiste
en un mois :
genre de voiture
méthode de paiement neuve d’occasion total
au comptant 15 5 20
à tempérament 45 35 80
total 60 40 100
Est-ce que les deux caractéristiques (genre de voiture et méthode de paiement) sont indépen-
dantes ? On ne connaît pas ici les différentes probabilités comme c’était le cas pour le dé. Il
faut alors procéder de la façon suivante pour trouver les fréquences théoriques.
Si l’on considère plusieurs expériences concernant 100 achats de voitures et si l’on tient
compte uniquement des résultats ayant les mêmes totaux partiels, on peut calculer des
fréquences théoriques de la manière suivante. Comme les totaux partiels sont fixes, il y
aura toujours 20 achats au comptant. Par conséquent, s’il n’y a pas de relation entre genre
de voiture et achat au comptant on s’attend à un nombre de voitures neuves achetées au
comptant égal au 20% des 60 voitures neuves. On obtient les autres fréquences théoriques de
la même manière. Ces valeurs sont réunies dans le tableau suivant :
genre de voiture
méthode de paiement neuve d’occasion total
au comptant (20 × 60)/100 = 12 (20 × 40)/100 = 8 20
à tempérament (80 × 60)/100 = 48 (80 × (40)/100 = 32 80
total 60 40 100
La valeur de χ2 est par conséquent :
2 (12 − 15)2 (8 − 5)2 (48 − 45)2 (32 − 35)2
χ = + + + = 2.34
12 8 48 32
Appel du test dans Python ;
Nous avons déjà indiqué que les valeurs de χ2 données par les tables sont calculées à l’aide
d’une fonction continue.
Lorsqu’on a un seul degré de liberté on procède à une correction de la valeur empirique de
χ2 . Cette correction est appelée correction de continuité de Yates. On a :
K
X (|ei − oi | − 0.5)2
χ2c =
i=0
ei
Dans notre cas on obtient :
2 (3 − 0.5)2 (3 − 0.5)2 (3 − 0.5)2 (3 − 0.5)2
χc = + + + = 1.63
12 8 48 32
La valeur donnée par la table est (pour une valeur de α = 0.05) χ20.05 = 3.84.
Par conséquent, on accepte l’hypothèse qu’il n’y a pas de relation entre le genre de voiture
achetée et la méthode de paiement dans la population.
Ces différentes valeurs de U peuvent être classifiées de manière à avoir une distribution
théorique de U . Il y a toutefois des méthodes mathématiques qui permettent d’arriver à la
distribution théorique sans procéder à un grand nombre d’expériences.
On peut montrer que la distribution de U est une distribution χ2 avec ν = n − 1 degrés de
liberté.
E XEMPLE 50. Le diamètre de certaines pièces fabriquées par une machine est de 3200 mm
avec un écart-type de 80 mm. Si l’écart-type devient plus grand il faut réviser la machine.
Un échantillon de 101 pièces donne un écart-type de 90 mm. Tester l’hypothèse d’une
augmentation de la variance.
Les hypothèses sont les suivantes :
H0 : σ = 80 H1 : σ > 80
Il s’agit donc d’un test unilatéral. Le nombre de degrés de liberté est de n − 1 = 100. La valeur
de U est donnée par :
(n − 1)s2 100 × 902
U= = = 126.6
σ2 802
En prenant un seuil de signification de 5% on s’aperçoit que cette valeur tombe dans la région
critique et alors l’hypothèse H0 est rejetée. On peut calculer la p−valeur :
TESTS NON-PARAMÉTRIQUES
1. Introduction
Les tests que nous avons utilisés jusqu’ici sont des tests paramétriques car nous avons
supposé que la population suivait une certaine distribution (la distribution normale dans
la plupart des cas), définie à partir de paramètres tels que la moyenne et la variance. Il
existe aussi des tests qui ne sont pas basés sur une distribution donnée de la population.
Ces tests sont appelés des tests non paramétriques. Ils sont en général moins puissants que
les tests paramétriques mais parfois ils sont les seuls à pouvoir être utilisés. Par exemple, si
l’échantillon est petit et la variable ne suit pas une loi normale on ne peut pas utiliser le test
de Student. Si l’on veut tester la différence entre deux variables, on peut alors prendre le test
de Mann-Whitney. Dans ce chapitre on présentera les principaux tests non paramétriques.
On prendra souvent de grands échantillons de manière à pouvoir utiliser une approximation
de la région critique selon la loi normale.
E XEMPLE 52. On demande à 9 individus de noter deux produits sur une échelle de 1 à 10.
Voici les résultats :
A : 5 6 9 4 1 7 3 8 10
B: 2 3 8 6 5 4 7 8 9
La différence entre les deux notes est :
A - B : 3 3 1 -2 -4 3 -4 0 1
On a 5 différences positives, 3 différences négatives et une différence nulle. L’hypothèse H0
est celle d’une différence nulle entre les deux produits. Ceci signifie que la médiane des
différences doit être zéro. On peut alors supposer que la probabilité d’avoir un signe positif
est de 0.5 (H0 : p = 0.5).
Supposons que A est un nouveau produit et le fabricant affirme qu’il est meilleur. On prendra
alors comme contre-hypothèse une probabilité supérieure à 0.5 (H1 : p > 0.5). Nous avons 5
signes positifs sur 8 (les différences nulles sont éliminées).
L’acceptation ou le rejet de H0 dépend de la région critique. Si l’on choisit comme région
critique un nombre de signes positifs égal ou supérieur à 7, on a un seuil de signification de
123
2. LE TEST DES SIGNES 124
3.51%
8
X 8
(0.5)x (0.5)8−x = 0.0351
x=7
x
Dans ce cas l’hypothèse H0 est acceptée car on n’a que 5 signes positifs.
E XEMPLE 53. Selon un journal spécialisé, le prix médian de l’essence vendue en Suisse est de
1.30 le litre. Un échantillon de 100 stations choisies au hasard donne 20 stations avec un prix
de 1.30, 44 stations avec un prix supérieur et 36 avec un prix inférieur à 1.30. Nous voulons
tester l’indication du journal spécialisé en utilisant un seuil de signification de 5%. Nous
44
avons 44 signes positifs et 36 signes négatifs. La proportion estimée p̂ = = 0.55 tombe
80
dans la région d’acceptation de l’hypothèse H0 : p = 0.5. Le test bilatéral confirme l’indication
du journal spécialisé. En effet, on peut calculer le seuil en termes de signes positifs (prix >
1.30) correspondant à 5%.
En phyton, il faut annuler la fonction suivante :
3. LE TEST DE MANN-WHITNEY 125
3. Le test de Mann-Whitney
Lorsqu’on a deux échantillons indépendants, on peut tester l’hypothèse qu’ils proviennent
de la même population (même moyenne) en utilisant le test de Mann-Whitney. Ce test est
basé sur la statistique :
n1 (n1 + 1)
U = n1 n2 + − R1
2
où n1 et n2 sont les grandeurs respectives des deux échantillons et R1 est la somme des
rangs des données du premier échantillon (la somme des rangs des données du deuxième
échantillon est R2 = (n1 + n2 )(n1 + n2 + 1)/2 − R1 . On peut montrer que U a une espérance
mathématique de
n1 n2
E(U ) =
2
et une variance de
n1 n2 (n1 + n2 + 1)
Var(U ) =
12
Il existe des tables qui donnent les valeurs critiques pour ce test.
Lorsque la grandeur des deux échantillons est supérieure à 10, on peut montrer que U suit
approximativement une loi normale.
E XEMPLE 54. On désire tester l’aptitude de 12 hommes et de 12 femmes pour un certain
travail administratif. Voici les points obtenus :
Hommes : 80 79 92 65 83 84 95 78 81 85 73 52
Femmes : 82 87 89 91 93 76 74 70 88 99 61 94
On commence tout d’abord à ranger ces valeurs de la plus petite à la plus grande et on
indique s’il s’agit d’un homme ou d’une femme. Obtient la suite suivante :
52 61 65 70 73 74 76 78 79 80 81 82 83 84 85 87 88 89 91 92 93 94 95 99
H F H F H F F H H H H F H H H F F F F H F F H F
On additionne ensuite le rang des hommes (H) :
R1 = 1 + 3 + 5 + 8 + 9 + 10 + 11 + 13 + 14 + 15 + 20 + 23 = 132
Si le rang est le même, on prend la moyenne (par exemple 2.5 = (1+4)/2 au lieu de 3 si l’on
avait 52 61 61 70 · · · et 3 = (1+5)/2 si l’on avait 52 61 61 61 73· · · ).
La statistique U est :
12 × 13
U = 12 × 12 + − 132 = 90
2
p
Son espérance est de (12 × 12/2) = 72 et l’écart-type de 12 × 12 × 25/12 = 17.3.
Calculs dans Python avec ces données :
Calcul de la statistique :
4. LE TEST DES SÉQUENCES 126
On peut aussi utiliser ce test en prenant les différences positives ou négatives par rapport à la
médiane de l’échantillon.
n(n + 1)2
où C = .
4
Lorsqu’il y a des valeurs aberrantes dans les données, le coefficient de corrélation des rangs
de Spearman donne un meilleur résultat que le coefficient de corrélation usuel car une valeur
aberrante ne cause pas une forte différence dans les rangs.
6. Le test de Kolmogorov-Smirnov
Dans le chapitre précédent nous avons utilisé le test χ2 pour vérifier si des fréquences
empiriques étaient conformes à une distribution théorique. L’utilisation de ce test exigeait des
fréquences théoriques au moins égales à 5 dans les classes. Le test de Kolmogorov-Smirnov
est un test non paramétrique qui peut être utilisé aussi dans le cas de fréquences théoriques
inférieures à 5. Il est basé sur les différences en valeur absolue entre les fréquences théoriques
et les fréquences empiriques cumulées.
La statistique Dn utilisée par le test de Kolmogorov-Smirnov est la plus grande différence en
valeur absolue entre les fréquences théoriques cumulées (Fe ) et les fréquences empiriques
cumulées (Fo ) :
Dn = |Fe − Fo |
Il existe des tables qui donnent la valeur critique de Dn . Pour des échantillons supérieurs à
30, on peut calculer ces valeurs en utilisant l’expression
a
√
n
avec
seuil de signification a
1% 1.63
5% 1.36
10% 1.22
n étant le nombre total de fréquences.
E XEMPLE 57. Si l’on reprend le premier exemple du chapitre précédent d’un dé qu’on lance
60 fois, on obtient :
No sorti fr. obs. fr. rel. cum fr. théo. fr. rel. cum. différ. absolue.
1 16 0.267 10 0.167 0.100
2 3 0.317 10 0.333 0.016
3 9 0.467 10 0.500 0.033
4 14 0.700 10 0.667 0.033
5 5 0.783 10 0.833 0.050
6 13 1.000 10 1.000 0.000
√
On a Dn = 0.1000. La valeur critique est 0.176 = 1.36/ 60 pour un seuil de signification de
5%. L’hypothèse H0 d’une distribution uniforme est acceptée. Calculs dans Python
Ce résultat est conforme aux précédentes conclusions. Mais maquent de précision. Voici
comment faire autrement.
ANALYSE DE LA VARIANCE
Dans les sections précédentes, nous avons appris à effectuer des tests de comparaison des
moyennes de deux populations. L’analyse de la variance (ANOVA) peut être utilisée pour
tester l’hypothèse d’égalité de plus de deux populations.
Pour bien aborder les concepts de base, nous partons d’un exemple introductif et nous en
déduisons des techniques plus générales.
1. Problème introductif et approche intuitive des concepts de base
La compagnie NCP fabrique des imprimantes et des télécopieurs dans des usines implan-
tées à Atlanta, Dallas et Seattle. Pour savoir comment les employés de ces usines évaluent
subjectivement la qualité du système de gestion, un échantillon aléatoire de 6 employés a
été sélectionné dans chaque usine et les travailleurs ont répondu à un questionnaire sur la
qualité du système de gestion de leur usine. Les évaluations obtenues de 18 employés sont
présentées dans le tableau suivant :
Observations Usine 1 Atlanta Usine 2 Dallas Usine 3 Seattle
1 85 71 59
2 75 75 64
3 82 73 62
4 76 74 69
5 71 69 75
6 85 82 67
On va utiliser ces données pour tester l’hypothèse selon laquelle les évaluations seraient,
en moyenne, identiques dans les trois usines. On commence par compléter ces données en
calculant les moyennes, les variances ainsi que les écart-types dans les échantillons :
Observations Usine 1 Atlanta Usine 2 Dallas Usine 3 Seattle
1 85 71 59
2 75 75 64
3 82 73 62
4 76 74 69
5 71 69 75
6 85 82 67
Moyenne de l’échantillon 79 74 66
Variance de l’échantillon 34 20 32
Écart-type de l’échantillon 5.83 4.47 5.66
Dans ce cas les employés de l’usine d’Atlanta forment la population 1, ceux de l’usine de
Dallas la population 2 et ceux de Seattle la population 3.
En notant respectivement µ1 , µ2 et µ3 les moyennes dans chacune de ces trois populations, les
hypothèses à tester sont les suivantes :
(1) H0 : µ1 = µ2 = µ3
(2) H1 : au moins deux moyennes ne sont pas égales
131
1. PROBLÈME INTRODUCTIF ET APPROCHE INTUITIVE DES CONCEPTS DE BASE 132
Il convient de souligner que si l’hypothèse nulle H0 est rejetée, on en déduit pas que toutes ces
moyennes sont différentes mais qu’au moins deux populations ont des moyennes différentes.
Comment procède-t-on pour déterminer si les écarts observés entre les moyennes de ces
trois populations sont assez importants pour rejeter l’hypothèse nulle H0 ?
En reconsidérant notre exemple introductif, il comporte deux principales variables : la locali-
sation de l’usine (Atlanta, Dallas et Seattle) et l’évaluation de la qualité. Comme l’objectif
est de déterminer si la moyenne des notes est la même pour les trois usines, la note d’évalua-
tion est la variable de réponse ou encore variable dépendante et la localisation de l’usine est
la variable indépendante ou encore facteur.
Dans le cas général, les différentes valeurs d’un facteur sélectionné pour le besoin de l’étude
sont appelés les niveaux du facteur ou traitements. Ainsi, pour cet exemple, les trois traite-
ments sont Atlanta, Dallas, Seattle. Ces traitements définissent les populations qu’on étudie
dans l’exemple et pour chacun de ces traitements (populations), la variable de réponse est la
note d’évaluation.
L’utilisation de l’Anova exige les trois hypothèses suivantes :
• Pour chaque population, variable de réponse est distribuée normalement.
• La variance σ 2 de la variable de réponse est la même pour toutes les populations.
• Les observations doivent être indépendantes.
Si les échantillons sont de même taille, l’Anova reste valable lorsque l’hypothèse de normalité
des distributions de la population n’est pas respectée.
Logiquement, si nous estimons que les moyennes de ces trois échantillons sont suffisamment
voisines les unes des autres (cas dans lequel la variabilité entre ces moyenne sera faible), la
vraisemblance de l’hypothèse nulle H0 sera renforcée. Si au contraire la variabilité parmi les
moyennes des échantillons est importante, c’est la vraisemblance de l’hypothèse alternative
H1 qui sera renforcée.
Si l’hypothèse nulle H0 : µ1 = µ2 = µ3 est supposée vraie, on peut alors utiliser la variabilité
parmi les moyennes des échantillons pour développer un estimateur de σ 2 .
Ainsi, en supposant vraie l’hypothèse nulle pour l’exemple introductif, chacune des trois
moyennes d’échantillons x1 = 79, x2 = 74 et x3 = 66, calculées dans le tableau ci-dessus est
considérée comme une valeur tirée aléatoirement d’une distribution d’échantillonnage . Dans
ce cas la moyenne et la variance de ces trois valeurs peuvent être utilisées pour estimer la
moyenne et la variance de la distribution d’échantillonnage.
Pour l’exemple introductif, la meilleure estimation de la moyenne de la distribution d’échan-
tillonnage de la moyenne est la moyenne des moyennes des trois échantillons.
79 + 74 + 66
Ainsi, µ = = 73. Cette estimation s’appelle moyenne globale d’échantillon. Par
3
ailleurs, une estimation de la variance de la distribution d’échantillonnage de la moyenne est
fournie par la variance des moyennes des trois échantillons :
(79 − 73)2 + (74 − 73)2 + (66 − 73)2 86
sx2 = = = 43·
3−1 2
σ2
De la relation σx2 = n
, nous déduisons que :
σ 2 = ns2X = 6 × 43 = 258
La quantité σ 2 = ns2X est l’estimation inter-échantillon de σ 2
Il convient de souligner que l’estimation inter-échantillon de la variance suppose
d’avance que l’hypothèse nulle soit vraie et dans ce cas chaque échantillon provient
de la même population et il n’ya donc qu’une seule distribution d’échantillonnage de
la moyenne.
2. GÉNÉRALISATION : TEST D’ÉGALITÉ DES MOYENNES DE k POPULATIONS 133
Si l’hypothèse nulle est fausse (les moyennes des populations sont différentes), les trois échan-
tillons sont considérés comme issus des populations normales des moyennes différentes et il
y a donc trois distributions d’échantillonnages différentes. En toute logique, la quantité s2X
sera plus grande, de même que l’estimation inter-échantillon ns2X de σ 2 . On dit dans ce cas
que l’estimation inter-échantillon de la variance surestime la variance de la population
σ2.
C’est pourquoi dans certains ouvrages, le carré moyen dû aux traitements se note (de manière
équivalente) :
k
SCT X
CM T = avec SCT = nj (xj − x)2
k−1 j=1
Si l’hypothèse nulle est vraie, CMT fournit une estimation sans biais de la variance σ 2 .
Si par contre les moyennes des k populations ne sont pas égales, CMT n’est pas un
estimateur sans biais de σ 2 et dans ce cas il le surestime.
Revenons à l’exemple introductif. On a le tableau complété suivant :
SCT 516
SCT = 6(79 − 73)2 + 6(74 − 73)2 + 6(66 − 73)2 = 516 et CMT = = = 258
k−1 2
2.2. Estimation intra-échantillon de la variance de la population. L’estimateur intra-
échantillon de la variance, appelé aussi carré moyen dû aux erreurs et noté alors CME
vaut :
Pk 2
j=1 (nj − 1) sj
CME =
nT − k
2. GÉNÉRALISATION : TEST D’ÉGALITÉ DES MOYENNES DE k POPULATIONS 135
Le numérateur du CME s’appelle aussi somme des carrés dûs aux erreurs et se note SCE
tandis que le dénominateur correspond aux degrés de libertés associés à SCE. Ainsi :
k
SCE X
CME = avec SCE = (nj − 1) s2j
nT − k j=1
Il est très utile de garder à l’esprit que CME est basée sur la variabilité à l’intérieur de
chaque traitement et il n’est pas influencé par le fait que l’hypothèse nulle soit vraie
ou pas. CME est toujours un estimateur sans biais de la variance σ 2 de la population.
En revenant à l’exemple introductif :
k
X
SCE = (nj − 1) s2j = (6 − 1) × 34 + (6 − 1) × 20 + (6 − 1) × 32 = 430
j=1
et
SCE 430
CME = = = 28.67
nT − k 18 − 3
2.3. Test de Fisher et comparaison des estimations de la variance.
Les quantités CME et CMT fournissent deux estimations indépendantes de σ 2 . Dans l’hypo-
CMT
thèse de normalité, la distribution d’échantillonnage du rapport de ces deux estimateurs
CME
indépendants de σ 2 suit une loi dite de Fisher avec au numérateur k − 1 degré de liberté et
au dénominateur nT − k degrés de liberté.
Dans la pratique le test d’égalité des moyennes des k populations se résume en ceci :
(1) définir les hypothèses à tester :
• H0 : µ1 = µ2 = · · · = µk
• H1 : il n’y a pas d’égalité entre les moyennes de toutes les populations
CMT
(2) définir la statistique F =
CME
(3) Règle de décision au seuil de signification α : on rejette H0 si F > Fα
• La valeur de Fα est lue sur la table de Fisher annexée à ce brouillon où on considère
k − 1 degrés de liberté au numérateur et nT − k degrés de liberté au dénominateur.
Considérons de nouveau l’exemple introductif. Supposons que l’on soit prêt à accepter un
risque d’erreur de 5% . La table de Fisher nous donne comme valeur critique F0.05 = 3.68.
Cela correspond à 3 − 1 = 2 degrés de liberté au numérateur et à 18 − 3 = 15 degrés de liberté
au dénominateur.
Dans la pratique les calculs précédents sont souvent résumés dans un tableau appelé : tableau
de l’Anova.
La forme générale d’un tel tableau est la suivante :
Source de variation Somme des carrés Degrés de liberté Carré moyen F
SCT CM T
Traitements SCT k−1 CM T = k−1 CM E
Erreur SCE nT − k CM E = nSCE
T −k
Total SCtot nT − 1
2. GÉNÉRALISATION : TEST D’ÉGALITÉ DES MOYENNES DE k POPULATIONS 136
Dans l’esprit de ce tableau, la somme des carrés associée à la source de variation dite totale
est appelée somme totale des carrés notée SCtot .
Il convient de remarquer que
SCtot = SCT + SCE
et le nombre de degrés de liberté associés à cette somme totale des carrés est la somme des
degrés de liberté associés aux estimateurs inter-et intra-échantillons de σ 2
Notons que SCtot
nT −1
(SCtot divisé par ses degrés de liberté) est la variance totale de l’échantillon
que nous obtiendrions si nous traitions l’ensemble de toutes les observations comme un seul
ensemble de données.
Ainsi SCtot peut être divisé en deux sommes des carrés : la somme des carrés dus aux
traitements et la somme des carrés dus aux erreurs. Les degrés de liberté associés à
SCtot peuvent être également partagés entre ceux de SCT et SCE :
nT − 1 = (k − 1) + (nT − k) .
Ainsi, vue dans ce sens, l’analyse de la variance est un processus de partage de la somme
totale des carrés et des degrés de liberté entre leurs sources : traitements et erreurs .
E XEMPLE 60. On considère le tableau suivant où les rangs sont déjà déterminés.
Groupe 1 Groupe 2 Groupe 3
15 13 3.5
11 8 16.5
Rangs 18 7 1
16.5 3.5 5
12 14 6
10 9 2
Somme 82.5 54.5 34.0
Moyenne 13.75 9.08 5.67
En appliquant la formule on obtient
82.52 54.52 34.02
12
H= × + + − 3(18 + 1) = 6.93
18(18 + 1) 6 6 6
Ici ddl = 3 − 1 = 2; et donc au seuil α = 0.05, la valeur critique donnée par les tables de χ2
est 5.99. Puisque 6.67 dépasse la valeur critique, on rejette H0 : au moins une moyenne est
différente des autres. On peut utiliser Python comme une calculatrice et appliquer la formule
donnant la statistique H :
Si on calcule les rangs et qu’on applique la même méthode, les résultats restent inchangés,
comme on le voit dans les lignes suivantes. En effet, voici les données brutes
3. ANOVA DE KRUSKALL-WALLIS (ÉCHANTILLONS INDÉPENDANTS) 140
TABLE DES MATIÈRES
141