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Bilan et Évolution des Hépatites Chroniques

Le document traite du bilan et de l'évolution des maladies hépatiques, en particulier des hépatites chroniques B et C, ainsi que des formes cliniques et étiologiques associées. Il aborde également les diagnostics différentiels, les hépatopathies non virales, et les traitements disponibles, soulignant l'importance de la surveillance et des interventions thérapeutiques. Enfin, il mentionne les complications potentielles et les recommandations pour le dépistage familial.

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Bilan et Évolution des Hépatites Chroniques

Le document traite du bilan et de l'évolution des maladies hépatiques, en particulier des hépatites chroniques B et C, ainsi que des formes cliniques et étiologiques associées. Il aborde également les diagnostics différentiels, les hépatopathies non virales, et les traitements disponibles, soulignant l'importance de la surveillance et des interventions thérapeutiques. Enfin, il mentionne les complications potentielles et les recommandations pour le dépistage familial.

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7.

Bilan de la maladie
 Échographie abdominale : morphologie du foie, recherche HTP, CHC (non attendus
dans cette forme).
 Bilan HTP :
o Avant : FOGD systématique.
o Aujourd’hui : inutile si Fibroscan < 20 kPa + plaquettes > 150 000.
 Recherche maladies associées :
o Co-infections : VHB, VIH, sérologie HAV IgG (vaccination si non immunisé).
o Comorbidités : alcool, syndrome métabolique, maladies auto-immunes.
o Médicaments : interactions avec traitement antiviral.
 Dépistage familial recommandé.

8. Évolution naturelle
 Sans traitement → progression lente de la fibrose.
 Cirrhose dans 20 % des cas à 20 ans.
 Fibroscan® :
o Hépatopathie chronique avancée compensée si élasticité > 15 kPa.
o Continuum entre fibrose sévère F3 et cirrhose F4.
 Stade de cirrhose :
o Risque de décompensation et CHC ≈ 4 %/an.
o Rarement, CHC peut apparaître sans cirrhose préalable.

6. FORMES CLINIQUES
6.1 Formes symptomatiques

 Formes cholestatiques (rares) :


o Ictère parfois intense, prurit, urines foncées, selles décolorées.
o Examen : hépatomégalie de cholestase.
o Biologie : hyperbilirubinémie conjuguée + ↑ PAL, GGT.
 Formes avec manifestations extra-hépatiques : thyroïdite, périartérite noueuse,
glomérulonéphrite à complexes immuns.

6.2 Formes étiologiques

6.2.1 Hépatite chronique B

 2e cause d’hépatite virale chronique → définie par persistance AgHBs > 6 mois.
 Clinique et biologie : identiques à VHC (cytolyse modérée ALAT > ASAT,
cholestase modérée, hyperIgG).
 Diagnostic : ADN VHB PCR > 2000 UI/mL.
 Évaluation :
o PBF → confirme diagnostic + activité + fibrose.
o Fibroscan® recommandé en 1re intention (Tunisie 2019).
o Fibrose avancée si élasticité > 9 kPa (sans cytolyse) ou > 12 kPa (si cytolyse
1–5N).
o Fibrose significative peu probable si < 6 kPa.
o Zones intermédiaires → indication PBF.
 Évolution sans traitement : 30 % → cirrhose en 20 ans ; CHC possible même sans
cirrhose ; risque CHC/décompensation 2–4 %/an.
 Deux formes virologiques :
o B à virus sauvage (AgHBe+) (rare aujourd’hui) : AgHBs+, AntiHBc IgG+,
AgHBe+, réplication active.
o B mutant (AntiHBe+) (plus fréquente) : AgHBs+, AntiHBc IgG+, AntiHBe+,
ADN VHB fluctuant, fibrose plus sévère.

6.2.2 Hépatite chronique B-D

 Fréquente chez toxicomanes.


 Plus sévère → 60–70 % → cirrhose.
 Diagnostic : AgHBs+, AntiHBc IgG+, AntiVHD IgG.

6.2.3 Hépatite chronique B-C

 Co-infection VHB-VHC = 10–15 %.


 VHC peut inhiber réplication VHB → ADN VHB diminué, disparition marqueurs
classiques.
 Sévérité histologique ++.

7. DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
7.1 Hépatite aiguë

 Cytolyse > 10N → suspicion poussée aiguë ou réactivation.


 Recherche : antécédents biologiques, signes d’hépatopathie chronique à l’échographie.
 Fibroscan inutile si cytolyse > 5N (surestime la fibrose).

7.2 Hépatopathies chroniques non virales

7.2.1 Hépatite auto-immune

 5–10 % des hépatopathies chroniques, prédomine chez la femme.


 Clinique : insidieux (asthénie, ictère, douleurs HCD, arthralgies), parfois aigu,
souvent asymptomatique (25 % découverte au stade de cirrhose).
 Souvent associée à autres maladies auto-immunes : vitiligo, diabète 1, thyroïdite…
 Biologie : cytolyse 5–10N fluctuante, cholestase modérée, hyperIgG > 2N.
 Immunologie :
o Type 1 : AAN, AML+.
o Type 2 : Anti-LKM1+.
 Histologie (PBF indispensable) : plasmocytes abondants, rosettes hépatocytaires,
empéripolèse.
 Diagnostic : contexte auto-immun + hyperIgG + auto-anticorps + histologie
évocatrice.
 Évolution : poussées → cirrhose dans 20–30 ans.
 Traitement :
o Indications : cytolyse >10N, ou >5N + IgG >2N, ou symptômes invalidants, ou
nécrose sévère PBF.
o Ttt combiné = Corticoïdes + Azathioprine (attaque), puis décroissance
corticoïdes, entretien ≥ 2 ans.
o Réponse 75 %, rechutes fréquentes (80 % à l’arrêt).

7.2.2 Hépatite médicamenteuse

 < 1 % des hépatopathies chroniques.


 Médicaments en cause (≥ 6 mois) : alphaméthyldopa, nitrofurantoïne, méthotrexate,
amiodarone, minocycline, tamoxifène.
 Clinique : souvent asymptomatique, parfois ictère, asthénie, douleurs HCD ; signes
d’hypersensibilité (fièvre, rash, arthralgies).
 Biologie : cytolyse 5–10N, hyperIgG, ± hyperéosinophilie.
 Histologie : infiltrat avec PNE, granulomes → mécanisme immuno-allergique.
 Évolution : favorable à l’arrêt, parfois cirrhose.
 Diagnostic : absence autre cause + médicament prolongé + amélioration après arrêt.
 Prise en charge : arrêt médicament, pharmacovigilance, prévention (éviter molécules
hépatotoxiques, auto-médication).

7.2.3 Maladie alcoolique du foie

 Lésions histologiques : fibrose, cirrhose, stéatose, hépatite alcoolique aiguë.


 Clinique : souvent asymptomatique, parfois troubles neuropsy (irritabilité, insomnie,
polynévrite).
 Biologie : ↑ ASAT > ALAT, ↑ GGT, macrocytose.
 Histologie : stéatose macrovacuolaire, corps de Mallory.
 Traitement : sevrage alcoolique.

7.2.4 Stéatopathies métaboliques (MAFLD / MASH)

 Anciennement NAFLD/NASH. Aujourd’hui = MAFLD/MASH.


 1ère cause d’élévation chronique des transaminases en Occident.
 Définition : stéatose hépatocytaire (triglycérides) → mêmes lésions que foie
alcoolique (stéatose macro, ballonisation, fibrose, corps de Mallory).
 Facteurs de risque : insulinorésistance, syndrome métabolique, sédentarité,
alimentation riche en fructose/boissons sucrées/viande, pauvre en oméga-3, obésité,
diabète type 2.
 Biologie : cytolyse modérée < 2N (ALAT prédominant), ↑ GGT.
 Échographie : foie hyperéchogène.
 Diagnostic : éliminer alcool, médicaments, virus, auto-immunité, Wilson.
 Évolution :
o Stéatose simple → risque faible.
o MASH (25 % des MAFLD) → risque de fibrose et cirrhose (10–15 %).
o MAFLD → devient 1ère cause mondiale de cirrhose.
o CHC possible même sans cirrhose.

7.2.4 Stéatopathies métaboliques (MAFLD/MASH)


 Risque global : hépatique (corrélé à fibrose), mais aussi cardio-vasculaire,
métabolique (diabète), rénal (IRC), néoplasique (côlon).
 Évaluation de la sévérité :
o Marqueurs non invasifs → FIB-4, Fibroscan®.
o Si FIB-4 > 1,3 → risque fibrose avancée (F3–F4) → adresser pour
Fibroscan®.
o Si Fibroscan > 8 kPa → probable F3–F4 → prise en charge active et
multidisciplinaire.
 Traitement : règles hygiéno-diététiques (perte de poids, régime hypocalorique) +
prise en charge syndrome métabolique associé.
 Pas encore de traitement spécifique.

7.2.5 Hépatopathies cholestatiques


a. Cirrhose (Cholangite) biliaire primitive – CBP

 Maladie auto-immune → destruction progressive petites voies biliaires intra-


hépatiques.
 Aujourd’hui appelée cholangite biliaire primitive.
 Profil : femme (90 %), âge 30–60 ans.
 Clinique : asthénie, prurit (précède l’ictère), xanthélasma.
 Souvent associée à autres maladies auto-immunes.
 Diagnostic : cholestase chronique + anticorps antimitochondries + histologie
(cholangite destructrice non suppurative).
 Traitement : acide ursodésoxycholique 13–15 mg/kg/j.

b. Cholangite sclérosante primitive – CSP

 Inflammation + fibrose voies biliaires intra et/ou extra-hépatiques.


 Profil : homme ~40 ans.
 Associée à RCH dans 2/3 des cas.
 Clinique : ictère ± épisodes angiocholitiques.
 Biologie : cholestase.
 Diagnostic :
o Bili-IRM → alternance sténoses + dilatations (aspect en chapelet).
o PBF → cholangite fibreuse oblitérante.
 Risque élevé de cholangiocarcinome.
7.2.6 Hépatopathies génétiques
a. Maladie de Wilson

 Transmission autosomale récessive.


 Accumulation de cuivre (foie + SNC).
 Clinique : jeune âge, ATCD familiaux, troubles neuro (rigidité, mouvements
involontaires), anneau de Kayser-Fleisher.
 Diagnostic :
o Baisse céruloplasmine.
o ↑ cuivre sérique libre, ↑ cuprurie 24h.
o PBF → accumulation cuivre (coloration rhodanine).
 Traitement : chélateurs (D-pénicillamine 2 g/j → entretien 1 g/j à vie).

b. Hémochromatose génétique

 Transmission autosomale récessive.


 Accumulation de fer (foie, cœur, pancréas, articulations, endocrines).
 Clinique : début 30–40 ans (après ménopause chez femme), asthénie, mélanodermie,
hépatomégalie, diabète, troubles rythme cardiaque.
 Diagnostic :
o Coefficient saturation transferrine > 55 %.
o Ferritine > 1000 µg/L.
o Capacité fixation transferrine abaissée.
o IRM T2 → surcharge hépatique (PBF non indispensable).
 Traitement : saignées hebdomadaires jusqu’à ferritine normale.

c. Déficit en α1-antitrypsine

 Maladie génétique rare → production α1AT instable → précipite dans hépatocytes.


 Manifestations (20 % des homozygotes) :
o Hépatite cholestatique néonatale → cirrhose.
o Cirrhose adulte ± emphysème pulmonaire.
 Diagnostic :
o Dosage α1AT sérique très abaissé.
o PBF → globules PAS+ dans hépatocytes péri-portaux.
 Traitement : transplantation hépatique (formes évoluées).

8. TRAITEMENT DES HÉPATITES VIRALES


CHRONIQUES
8.1 Buts

 Stabiliser ou régresser les lésions histologiques → prévenir cirrhose et CHC.


 Améliorer qualité de vie.
 Réduire risque de transmission.
8.2 Moyens thérapeutiques

 Antiviraux :
o IFN pégylé (S/C hebdomadaire).
o Analogues nucléos(t)idiques oraux : Entecavir, Ténofovir (haute barrière
génétique, peu de résistances).
o AAD (VHC) : Sofosbuvir, Ledipasvir, Velpatasvir…
o Ribavirine.
 Mesures générales : arrêt alcool, éviter surpoids, éviter médicaments hépatotoxiques,
vaccination VHA-VHB si non immunisé.

8.3 Indications et résultats


8.3.1 Hépatite chronique C

 Depuis AAD → traitement indiqué chez tous (charge virale positive), quel que soit
degré de fibrose.
 Sauf maladies extra-hépatiques sévères limitant survie court terme.
 Schémas :
o Anciennes combinaisons (selon génotype) : Sofosbuvir + Ledipasvir
(G1,4,5,6), Sofosbuvir + Ribavirine (G2,3).
o Actuelles (pangénotypiques, sans génotype préalable) → ex : Sofosbuvir +
Velpatasvir (12 sem, Tunisie).
 Efficacité : RVS > 90 %.
 RVS = charge virale indétectable à 12 sem après arrêt. Confirmation à 48 sem.

8.3.2 Hépatite chronique B

 Décision selon : ALAT, charge virale, lésions histologiques.


 Indications (Tunisie 2019) :
o ADN B > 20 000 UI/mL + ALAT > 2N (peu importe histologie).
o Ag HBe- + ADN B > 2000 UI/mL + (ALAT > 2N ou fibrose/inflammation ≥
A2/F2 ou Fibroscan > 9 kPa).
o Ag HBe+ + ADN B > 2000 UI/mL + ALAT > N + fibrose/inflammation
significative (A≥2, F≥2).
 Traitement :
o Analogue nucléos(t)idique (Entecavir, Ténofovir*).
o IFN pégylé (plus prescrit).
 Évaluation réponse : charge virale B tous les 3–6 mois la 1re année, puis tous les 6–
12 mois.
o Réponse complète = charge indétectable à 12 mois.
 Traitement au long cours, jusqu’à séroconversion HBe (virus sauvage) ou HBs
(mutant, < 2 %/an).
 Risque : non-réponse, réponse partielle, échappement → surveillance nécessaire.
8.3.3 Hépatite chronique B-D

 IFN pégylé ≥ 12 mois ± analogue nucléos(t)idique si ADN B détectable.

8.3.4 Co-infection VHB-VHC

 Traitement selon virus dominant.


 Le plus souvent : VHC → AAD.
 Si ADN VHB réapparaît pendant/après traitement → ajout analogue nucléos(t)idique.

9. PRÉVENTION
 Mesures générales + spécifiques (cf. cours hépatites aiguës).

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