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Propriétés des paraboles et efforts internes

Ce module traite des propriétés des paraboles et des relations entre les charges appliquées, les efforts tranchants et les moments fléchissants dans les poutres. Il explique comment tracer des diagrammes en fonction des charges et aborde les influences des forces ponctuelles et des couples sur ces diagrammes. Des exercices résolus illustrent les méthodes de calcul des efforts internes dans une poutre soumise à diverses charges.

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Arnaud BOUVIER
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Propriétés des paraboles et efforts internes

Ce module traite des propriétés des paraboles et des relations entre les charges appliquées, les efforts tranchants et les moments fléchissants dans les poutres. Il explique comment tracer des diagrammes en fonction des charges et aborde les influences des forces ponctuelles et des couples sur ces diagrammes. Des exercices résolus illustrent les méthodes de calcul des efforts internes dans une poutre soumise à diverses charges.

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MODULE 10 - EFFORTS INTERNES 2

"Il ne suffit pas d'étudier toutes les théories de résistance et tous les
modes de calcul. Il est nécessaire d'absorber tous les détails et toutes
les expérimentations, jusqu'à ce qu'ils deviennent familier, par une
solution formelle naturelle et intuitive, avec tous les phénomènes de
l'effort et de la déformation"

Eduardo Torroja
Torroja E., Les structures architecturales - Leur conception - Leur réalisation',
Eyrolles, Paris, 1969.

p. 226
41 PROPRIÉTÉS D’UNE PARABOLE
Dans ce module, nous allons devoir tracer des paraboles. Rappelons donc leurs caractéristiques graphiques principales.

Une parabole est une fonction du second degré qui a comme caractéristiques :

41.1 UNE CONCAVITÉ.


Si l’équation d’une parabole s’écrit sous la forme : a x² + b x + c

Si a est positif → La parabole est convexe

Si a est négatif → La parabole est concave

41.2 UN SOMMET.
-b
Le sommet d’une parabole se situe toujours au point d’abscisse x =
2a
-b
Cette abscisse x = correspond aussi à l'axe de symétrie de la parabole. C'est donc un repère important pour la tracer.
2a

41.3 DES RACINES


La paraboles coupe l’axe des x en zéro, un ou deux points selon les cas.
Ces deux points sont appelés les « racines » de la parabole.

Ils se situent en

- b + √∆
x=
2a
et
- b - √∆
x=
2a

avec D = b2 – 4. a. c

Ces propriétés sont présentée splus en détails dans les annexes du cours.

p. 227
42 PROPRIÉTÉS GRAPHIQUES DES MNT
Rappel mathématique : on définit la variation df de la fonction f(x) comme étant la
f(x)
variation que subit f(x) entre ses valeurs en x et x+dx : df = f(x+dx) – f(x).
f(x)
Nous allons ici chercher à systématiser le dessin des diagrammes (ou
f(x+dx) graphiques) de T et M en fonction des charges appliquées.
f(x) Pour ce faire, nous allons étudier l’influence des charges ponctuelles, puis des
charges réparties dans le graphe de T et M.
x Dans ce qui suit, nous supposerons donc que nous connaissons les valeurs de T et
0 x x+dx M en un point x, et cherchons à connaître les valeurs de T et M au delà de x, après
l’introduction de la charge ponctuelle ou de la charge répartie.

42.1 RELATIONS ENTRE LES CHARGES RÉPARTIES, LES EFFORTS TRANCHANTS ET LES MOMENTS FLÉCHISSANTS.
Certaines relations générales peuvent être déduites pour toute poutre sollicitée par des charges réparties. Ces relations pourront
servir ensuite à déterminer plus facilement la répartition des efforts tranchants et des moments fléchissants le long de la poutre.

La figure ci-contre illustre une partie d'une poutre chargée, dont on a isolé un
élément. La charge w correspond à une force par unité de longueur de la poutre. À la
position x, on a dessiné dans leur sens positif l'effort tranchant T et le moment
T fléchissant M qui agissent sur l'élément.

Sur le côté opposé de l'élément, repéré par la coordonnée x + dx, ces quantités sont
aussi dessinées dans leur sens positif, et elles sont désignées par les notations T +
T+dT dT, M + dM, puisque T et M varient en fonction de x.

La charge appliquée w peut être considérée comme invariable le long de cet élément, puisque c'est une longueur infinitésimale et
que l'effet de la variation de la charge w est minime à la limite face à l'effet de la charge totale.

L'équilibre de l'élément suppose que la somme des forces verticales est nulle. Donc nous avons
T - w dx - (T + dT) = 0 , donc,

dT
w=-
dx

L'équation ci-dessus nous indique que la pente du diagramme des efforts tranchants doit être partout égale à la valeur
négative de la charge appliquée.113

L'équilibre de l'élément de la figure ci-dessus exige aussi que la somme des moments soit nulle. En additionnant les moments par
rapport à un pôle situé sur le bord gauche de l'élément étudié, nous obtenons114
dx
- M(x) - w dx - (T(x) + dT) dx + (M(x) + dM) = 0
2

(dx)2
Les deux M(x) s'annulent, et les termes w. et [Link] peuvent être négligés puisqu'il s'agit de différentiels d'ordre plus élevé que
2
les autres. Il ne reste plus que

dM
T=
dx
Cette relation traduit le fait que l'effort tranchant en tout point est égal à la pente de la courbe des moments.115

113 Cette équation est vraie de part et d'autre d'une charge concentrée, mais non au point d'application de la charge concentrée, du fait qu'il existe
à cet emplacement une discontinuité provoquée par une variation abrupte de l'effort tranchant (voir ci-après).
114 Notons que si on additionnait les moments par rapport à un pôle situé sur le bord droit de l'élément étudié, on obtiendrait le même résultat.
115 Cette équation est vraie de part et d'autre d'un couple concentré, mais pas au point d'application du couple, puisqu'à cet emplacement il existe
une discontinuité dans la fonction M(x) causée par le changement abrupt du moment (voir ci-après).
p. 228
Nous constatons d'après ces deux équations que la dépendance entre T et x est à un degré plus élevé que la dépendance entre w
et x.

De même, la dépendance entre M et x est à un degré plus élevé que celle entre T et x. Ainsi, pour une poutre chargée par w = kx,
une fonction du premier degré de x, l'effort tranchant sera une fonction du second degré de x, et le moment fléchissant, une fonction
du troisième degré de x.
d²M
Ces deux équations peuvent être combinées pour obtenir = -w
dx²
Donc, si w est une fonction connue de x, le moment M peut être déterminé par une double intégration, à la condition de bien
respecter chaque fois les limites d'intégration. Cette méthode n'est valable que si w est une fonction continue de x.

Notons bien que :


1. Quand T passe par zéro et qu'il est une fonction continue de x, le moment fléchissant M aura un maximum ou un minimum
en ce point, puisque dM/dx = 0. Ces cas devront retenir toute notre attention, car c’est bien en ces points que les moments
seront maximaux et que, donc, les efforts internes seront maximaux.

2. Le fait que T soit la dérivée de M est valable pour toute charge répartie. Nous pourrons donc l’appliquer, même si la
charge répartie est nulle. Dans ce cas, puisque w=-dT/dx=0, cela signifie que T=constante !

42.2 INFLUENCE DES FORCES PONCTUELLES ET COUPLES APPLIQUÉS


Intéressons-nous à présent à ce qui se passe au droit des points d'application de forces
F
ponctuelles et de moments extérieurs, et à leurs influences dans le tracé des MNT.
T(x)
M(x+dx) Soit une poutre quelconque soumise à plusieurs charges, dont des charges
ponctuelles. Isolons un tronçon de poutre infinitésimal (de longueur dx) sur lequel est
X
M(x) appliquée la force ponctuelle F.
T(x+dx)
Les surfaces de coupes permettent d'extérioriser les efforts intérieurs en deux points, X
et X+dx. Ces efforts sont dessinés sur le DCL avec leurs sens conventionnel comme ci-
contre. L'équilibre de déplacement vertical nous impose que:

Σ FY = 0 = +T(x) – F – T(x+ dx) = +T(x) – F – (T(x)+ dT)


donc, T(x)+ dT = T(x) – F
T(x) donc, dT = – F

Ce qui signifie que, au point d'application de F, le graphique de T va subir un "saut",


une discontinuité dans son tracé, dont l'importance sera la grandeur (et le signe) de
F!116 Ce qu’illustre le schéma ci-contre : la différence entre la valeur de T juste avant
l’application de F et la valeur de T juste après l’application de F, est la valeur de F.

Le même raisonnement peut-être tenu pour un couple (ou moment) extérieur Mext appliqué sur la poutre en un point donné.
T(x) Si on prend comme pôle le point (x+dx), on écrit l’quilibre de rotation :
M(x)
M M(x+dx)
Σ M = 0 = +M(x+dx) +Mext -M(x) – T(x).dx = +M(x)+dM +Mext -M(x) – T(x).dx
X donc, dM = Tdx - Mext
Ceci reflète bien que la discontinuité se produira alors dans le diagramme des moments, et
T(x+dx)
qu’elle vaudra la valeur négative du moment extérieur appliqué.

116 Il importe ici de bien se rappeler que T est la dérivée de M, donc de l'importance du signe de T, et surtout de la variation du signe de T. Une
discontinuité dans le graphe de T n’entraînant pas de variation de signe de T (comme dans le dernier schéma) provoquera donc un point
d’inflexion dans le graphe de M. Si la discontinuité entraîne un changement de signe de T, en passant d'un T positif à un T négatif, cela
entraînera un maximum (ou un minimum) dans le graphe de M, ce qui du point de vue des efforts internes nous donnera une section fortement
sollicitée en flexion.
p. 229
43 EXERCICES RÉSOLUS
43.1.1 Exercice 1 – Expressions des efforts dans une coupe
Déterminer l’expression du moment fléchissant dans la seconde
coupe type de cette poutre, sachant que :
F1 = 150 daN
F2 = 200 daN
q = 50 daN/m
a = 1,5 m
b = 2,5 m
c=2m

Exprimons l’équilibre de la poutre pour déterminer ses réactions de liaisons:


Etape 1 : Dessiner le DCL de la poutre, et Tracer le DCL, et remplacer les appuis par les réactions qui leur correspondent.

Etape 2 : Déterminer l’intensité et la position par rapport au point A de la résultante de la charge.


R = (q) (a + b + c)
ó R = (50 daN/m) (1,5 m + 2,5 m + 2 m)
ó R = (50 daN/m) (6 m)
ó R = 300 daN

La distance d = distance (début de la charge, milieu de la charge)


- (début de la charge, point A)
a+b+c
d= -a
2
1,5 m + 2,5 m + 2 m
ód= - 1,5 m
2
6m
ód= - 1,5 m
2
ó d = 3 m - 1,5 m
ó d = 1,5 m

Etape 3 : Utiliser les conditions d’équilibre pour déterminer les réactions aux appuis.
Σ Fx = 0
ó RAx = 0
RAx étant nul, on ne la considèrera plus dans le reste du calcul.

Σ Fy = 0
ó - F1 + RAy - R + RBy - F2 = 0
ó - 150 daN + RAy - 300 daN + RBy - 200 daN = 0
ó RAy + RBy - 650 daN = 0
ó RAy + RBy = 650 daN
Rappel : Le moment d‘une force est nul si le pôle de rotation est compris dans sa ligne d’action.

Prenons le point A comme pôle de rotation.


Les réactions RAx et RAy passent par ce point. Ce qui rend leur moment nul.
Σ MA = 0
ó (F1) (a) - (R) (d) + (RBy) (b) - (F2) (b + c) = 0
ó (150 daN) (1,5 m) - (300 daN) (1,5 m) + (RBy) (2,5 m) - (200 daN) (2,5 m + 2 m) = 0
ó 225 daN*m - 450 daN*m + (RBy) (2,5 m) - (200 daN) (4,5 m) = 0
ó - 225 daN*m + (RBy) (2,5 m) - 900 daN*m = 0
ó (RBy) (2,5 m) - 1125 daN*m = 0
ó (RBy) (2,5 m) = 1125 daN*m
1125 daN*m
ó RBy =
2,5 m
ó RBy = 450 daN

On reprend alors l’équation :


RAy + RBy = 650 daN
ó RAy + 450 daN = 650 daN
ó RAy = 650 daN - 450 daN
ó RAy = 200 daN

p. 230
Etape 4 : Déterminer les coupes nécessaires à la résolution de l’exercice.
On fait une coupe à chaque fois qu’on rencontre une nouvelle action.
• Coupe 1 : Entre le début de la poutre (= la force F1 et le début de la charge) et
la réaction RAy
• Coupe 2 : Entre la réaction RAy et la réaction RBy
• Coupe 3 : Entre la réaction RBy et la fin de la poutre (= la force F2 et la fin de la
charge).

Coupe 2 : 1,5 m < x < 4 m :


Etape 5 : Dessinons le DCL du tronçon de poutre correspondant à la coupe 2.
Rappel : le tronçon gauche de la poutre est toujours de longueur «x»
A l’endroit de la coupe (le point X), on exprime le fait que les deux tronçons de poutre sont encastrés entre eux: on rajoute l’effort
Tranchant T et le Moment fléchissant M.

Etape 7 : Déterminer l’intensité et la position par rapport au point X de la résultante de la charge.


R’ = (q) (x)
ó R’ = (50) (x)
ó R’ = 50 x
x
d' =
2

Etape 8 : Utiliser les conditions d’équilibre pour déterminer les équations de T et M.


Même si l’équation de T n’est pas demandée, elle permet de vérifier si l’équation de M est cohérente.
Σ Fy = 0
ó - F1 - R’ + RAy - T = 0
ó - 150 - 50 x + 200 - T = 0
ó - 50 x + 50 - T = 0
ó T = - 50 x + 50

Prenons le point X (à l’endroit de la coupe) comme pôle de rotation.


Σ MX = 0
ó (F1) (x) + (R’) (d’) - (RAy) (x - a) + M = 0
x
ó (150) (x) + (50 x) ( ) - (200) (x - 1,5) + M = 0
2
ó 150 x + 25 x² - 200 x + 300 + M = 0
ó 25 x² - 50 x + 300 + M
ó M = - 25 x² + 50 x - 300
Vérification : (M)’ = (- 25 x² + 50 x - 300)’ = (- 25) (2) (x) + 50 = - 50 x + 50 = T

p. 231
43.1.2 Exercice 2 - Equations des efforts dans une coupe
Déterminer l’expression de l’effort tranchant et le moment
fléchissant dans la 2ème coupe de la poutre, sachant que :
F = 4 kN
q = 2 kN/m
a=1m
b=5m

Exprimons l’équilibre de la poutre pour déterminer ses réactions de liaisons:


Etape 1 : Dessiner le DCL de la poutre, et remplacer l’encastrement par ses réactions de liaison.

Etape 2 : Déterminer l’intensité et la position par rapport au point A de la résultante de la charge.


R = (q) (a + b)
ó R = (2 kN/m) (1 m + 5 m)
ó R = (2 kN/m) (6 m)
ó R = 12 kN
a+b
d=
2
1m+5m
ód=
2
6m
ód=
2
ód=3m

Etape 3 : Utiliser les conditions d’équilibre pour déterminer les réactions de l’encastrement.
Σ Fx = 0
ó RAx = 0
RAx étant nul, on ne la considèrera plus dans le reste du calcul.
Σ Fy = 0
ó RAy - F - R - F = 0
ó RAy - 4 kN - 12 kN - 4 kN = 0
ó RAy - 20 kN = 0
ó RAy = 20 kN

Rappel : Le moment d‘une force est nul si le pôle de rotation est compris dans sa ligne d’action
Prenons le point A comme pôle de rotation.
Les réactions RAx et RAy passent par ce point. Ce qui rend leur moment nul.
Le moment MA est déjà un moment :
• Ils n’a pas besoin d’être multiplié par son bras de levier.
• Le fait que MA s’applique sur le pôle de rotation A n’annule pas son moment.

Σ MA = 0
ó MA - (F) (a) - (R) (d) - (F) (a + b) = 0
ó MA - (4 kN) (1 m) - (12 kN) (3 m) - (4 kN) (1 m + 5 m) = 0
ó MA - 4 kN*m - 36 kN*m - (4 kN) (6 m) = 0
ó MA - 40 kN*m - 24 kN*m = 0
ó MA - 64 kN*m = 0
ó MA = 64 kN*m

Etape 4 : Déterminer les coupes nécessaires à la résolution de l’exercice.


On fait une coupe à chaque fois qu’on rencontre une nouvelle action.
• Coupe 1 : Entre le début de la poutre (= le début de la charge q et les réactions
MA et RAy) et la force F.
• Coupe 2 : Entre la force F et la fin de la poutre (= la force F et la fin de la charge
q).

L’énoncé demande de déterminer l’expression de T et M dans la coupe 2.


p. 232
Coupe 2 : 1 m < x < 6 m :
Etape 5 : Dessinons le DCL du tronçon de poutre correspondant à la coupe 2.
Rappel : la longueur de la partie gauche de la poutre est toujours x
Vu qu’on coupe après la force F, on garde la distance a qui sépare le début de la poutre et la force F.

A l’endroit de la coupe (le point X), on exprime le fait que les deux tronçons de poutre sont encastrés entre eux: on rajoute l’effort
Tranchant T et le Moment fléchissant M.

Etape 6 : Déterminer l’intensité et la position par rapport au point X de la résultante de la charge.


R’ = (q) (x)
ó R’ = 2 x
x
ð d' =
2

Etape 7 : Utiliser les conditions d’équilibre pour déterminer les équations de T et M.


Σ Fy = 0
ó RAy - F - R’ - T = 0
ó 20 - 4 - 2 x - T = 0
ó - 2 x + 16 - T = 0
ó T = - 2 x + 16
Prenons le point X (à l’endroit de la coupe) comme pôle de rotation.
Σ MX = 0
ó MA - (RAy) (x) + (F) (x - a) + (R’) (d’) + M = 0
x
ó 64 - (20) (x) + (4) (x - 1) + (2 x) ( 2 ) + M = 0
ó 64 - 20 x + 4 x - 4 + x² + M = 0
ó x² - 16 x + 60 + M = 0
ó M = - x² + 16 x - 60
Vérification : (M)’ = (- x² + 16 x - 60)’ = (- 1) (2) (x) + 16 = - 2 x + 16 = T

43.1.3 Exercice 3 - Intensités des MNT


Déterminer l’intensité de l’effort tranchant et le moment fléchissant dans la coupe A du mât, sachant que :
F = 100 daN
q = 90 daN/m
a=4m
b=2m
c=3m

Réactions de liaisons:
Etape 1 : Dessiner le DCL de la poutre, et remplacer l’encastrement par ses réactions.

Etape 2 : Déterminer l’intensité et la position par rapport au point A de la résultante de la charge.


(q) (a + b)
R=
2
(90 daN/m) (4 m + 2 m)
óR=
2
ó R = 270 daN
(2) (a + b)
d=
3
(2) (4 m + 2 m)
ód=
3
ód=4m
Etape 3 : Utiliser les conditions d’équilibre pour déterminer les réactions de l’encastrement.
p. 233
Σ Fx = 0
ó RAx = 0
RAx étant nul, on ne la considèrera plus dans le reste du calcul.

Σ Fy = 0
ó RAy - R + F = 0
ó RAy - 270 daN + 100 daN = 0
ó RAy - 170 daN = 0
ó RAy = 170 daN
Rappel : Le moment d‘une force est nul si le pôle de rotation est compris dans sa ligne d’action.

Prenons le point A comme pôle de rotation.


Les réactions RAx et RAy passent par ce point. Ce qui rend leur moment nul.
Le moment MA est déjà un moment :
• Il n’a pas besoin d’être multiplié par son bras de levier.
• Le fait qu’il s’applique sur le pôle de rotation A n’annule pas son moment.

Σ MA = 0
ó MA - (R) (d) + (F) (a + b + c) = 0
ó MA - (270 daN) (4 m) + (100 daN) (4 m + 2 m + 3 m) = 0
ó MA - 1080 daN*m + (100 daN) (9 m) = 0
ó MA - 1080 daN*m + 900 daN*m = 0
ó MA - 180 daN*m = 0
ó MA = 180 daN*m

Etape 4 : Déterminer les coupes nécessaires à la résolution de l’exercice.


On fait une coupe à chaque fois qu’on rencontre une nouvelle action.
• Coupe 1 : Entre le début de la poutre (= le début de la charge q et les réactions
MA et RAy) et la fin de la charge q.
• Coupe 2 : Entre la fin de la charge q et la fin de la poutre (= la force F).

La coupe A demandée dans l’énoncé s’effectue dans la coupe 1.

Coupe 1 : 0 m < x < 6 m :


Etape 5 : Dessinons le DCL du tronçon de poutre correspondant à la coupe 1.
Rappel : le tronçon gauche de la poutre est toujours de longueur «x»
A l’endroit de la coupe (le point X), on exprime le fait que les deux tronçons de poutre sont encastrés entre eux: on rajoute l’effort
Tranchant T et le Moment fléchissant M.

Maintenant qu’on coupe à l’intérieur de la charge q, on peut remarquer que sa longueur et sa hauteur (qui correspond à l’intensité de
la charge) ne sont plus les mêmes. L’intensité de la charge varie donc en fonction de la longueur x.

Etape 6 : Déterminer l’intensité de la charge en fonction de la longueur x.


Pour ce faire, on utilise la formule de Thalès où :
• Le petit triangle est la charge coupée :
o Hauteur q’.
o Base x.

p. 234
• Le grand triangle est la charge complète :
o Hauteur q.
o Base a + b.

q' x
=
q a+b
q' x
ó =
90 4+2
(90) (x)
ó q’ =
6
ó q’ = 15 x

Etape 7 : Déterminer l’intensité et la position par rapport au point X de la résultante de la charge.


(q') (x)
R’ =
2
(15 x) (x)
ó R’ =
2
ó R’ = 7,5 x²
x
d' =
3

Etape 8 : Utiliser les conditions d’équilibre pour déterminer les équations de T et M.


Σ Fy = 0
ó RAy - R’ - T = 0
ó 170 - 7,5 x² - T = 0
ó T = - 7,5 x² + 170
Prenons le point X (à l’endroit de la coupe) comme pôle de rotation.

Σ MX = 0
ó MA - (RAy) (x) + (R’) (d’) + M = 0
x
ó 180 - (170) (x) + (7,5 x²) ( 3 ) + M = 0
ó 180 - 170 x + 2,5 x³ + M = 0
ó M = - 2,5 x³ + 170 x - 180
Vérification : (M)’ = (- 2,5 x³ + 170 x - 180)’ = (- 2,5) (3) (x²) + 170 = - 7,5 x² + 170 = T

Coupe A :
Etape 9 : Déterminer l’intensité de T et M dans la coupe A.
La coupe A s’effectue en x = 4 m

ðT = 50 daN

ðM = 340 daN*m

p. 235
43.1.4 Exercice 2 - Diagrammes des MNT pour une poutre soumise à une charge répartie.
Dessiner les diagrammes des efforts tranchants et des moments fléchissants de la
poutre.
Déterminer également l’intensité et la position de son moment fléchissant maximum,
sachant que :
F = 600 daN
q = 3 kN/m
a=2m
b=1m

Etape 1 : Convertir les unités.


q = 3 kN/m
ó q = 300 daN/m

Exprimons l’équilibre de la poutre pour déterminer ses réactions de liaisons:

Etape 2 : Tracer le DCL, et remplacer les appuis par les réactions qui leur correspondent.

Etape 3 : Déterminer l’intensité et la position par rapport au point A de la résultante de la charge.


R = (q) (b + a)
ó R = (300 daN/m) (1 m + 2 m)
ó R = (300 daN/m) (3 m)
ó R = 900 daN

La distance d = distance (point A, début de la charge) + distance (début de la charge,


milieu de la charge)
b+a
d=a+
2
1m+2m
ód=2m+
2
3m
ód=2m+
2
ó d = 2 m + 1,5 m
ó d = 3,5 m

Etape 4 : Utiliser les conditions d’équilibre pour déterminer les réactions aux appuis.
Σ Fx = 0
ó RAx = 0
RAx étant nul, on ne la considèrera plus dans le reste du calcul.

Σ Fy = 0
ó RAy + RBy - R - F = 0
ó RAy + RBy - 900 daN - 600 daN = 0
ó RAy + RBy - 1500 daN = 0
ó RAy + RBy = 1500 daN
Rappel : Le moment d‘une force est nul si le pôle de rotation est compris dans sa ligne d’action.

Prenons le point A comme pôle de rotation.


Les réactions RAx et RAy passent par ce point. Ce qui rend leur moment nul.
Σ MA = 0
ó (RBy) (a + b) - (R) (d) - (F) (a + b + a) = 0
ó (RBy) (2 m + 1 m) - (900 daN) (3,5 m) - (600 daN) (2 m + 1 m + 2 m) = 0
ó (RBy) (3 m) - 3150 daN*m - (600 daN) (5 m) = 0
ó (RBy) (3 m) - 3150 daN*m - 3000 daN*m = 0
ó (RBy) (3 m) - 6150 daN*m = 0
ó (RBy) (3 m) = 6150 daN*m
6150 daN*m
ó RBy =
3m
ó RBy = 2050 daN

On reprend alors l’équation :


RAy + RBy = 1500 daN
ó RAy + 2050 daN = 1500 daN
ó RAy = 1500 daN - 2050 daN
ó RAy = - 550 daN

p. 236
Le signe « - » indique que la réaction est orientée dans l’autre sens que celui dessiné au départ (vers le bas). Deux choix s’offrent
alors à nous pour le reste de l’exercice :
• Garder l’orientation de RAy comme choisie au départ et utiliser le RAy obtenu (- 550 daN) dans tous les prochains calculs.
C’est plus rapide, et plus abstrait. Cela conviendra mieux aux étudiants habitués, mais ce peut être source d’erreur,
notamment quand on devra calculer le moment de la force…
• Changer le sens de RAy pour l’orienter vers le bas sur les prochains schémas et utiliser la valeur positive de RAy (550 daN),
correspondant bien à une intensité (le sens physique étant donné par le sens de la flèche sur la DCL). C’est la meilleure
option, plus en accord avec le sens physique des choses.
On peut à présent commencer à déterminer les efforts internes.

Etape 5 : Déterminer les coupes nécessaires à la résolution de l’exercice.


On fait une coupe à chaque fois qu’on rencontre une nouvelle action, en partant du bord gauche de la poutre, jusqu’à son bord droit.
La résultante R n’est pas une action réelle sur la poutre, on considère la charge réelle (la répartie) lors de la recherche des coupes.

• Coupe 1 : Entre le début de la poutre (= la réaction RAy) et le début


de la charge q.
• Coupe 2 : Entre le début de la charge q et la réaction RBy
• Coupe 3 : Entre la réaction RBy et la fin de la charge q (= la force F).
• Coupe 4 : Entre la fin de la charge q (= la force F) et la fin de la poutre.

Coupe 1 : 0 m < x < 2 m :


Etape 6 : Dessinons le DCL du tronçon de poutre correspondant à la coupe 1.
Rappel : le tronçon gauche de la poutre est toujours de longueur «x»
on rajoute l’effort Tranchant T et le Moment fléchissant M.

Etape 7 : Utiliser les conditions d’équilibre pour déterminer les équations de T et M.


ð Σ Fy = 0
ó RAy - T = 0
ó - 550 - T = 0
ó T = - 550
Rappel : M = 0, si la force passe par le pôle de rotation.
Prenons le point X (à l’endroit de la coupe) comme pôle de rotation.
ð Σ MX = 0
ó - (RAy) (x) + M = 0
ó - (- 550) (x) + M = 0
ó 550 x + M = 0
ó M = - 550 x
Vérification : (M)’ = (- 550 x)’ = - 550 = T

Coupe 2 : 2 m < x < 3 m :


Etape 8 : Dessinons le DCL du tronçon de poutre correspondant à la coupe 2.
Rappel : le tronçon gauche de la poutre est toujours de longueur «x» ;

Vu qu’on coupe après le début de la charge, on récupère la distance « a » qui


sépare le début de la poutre et le début de la charge.

p. 237
A l’endroit de la coupe (le point X), on exprime le fait que les deux tronçons de
poutre sont encastrés entre eux: on rajoute l’effort Tranchant T et le Moment
fléchissant M.
Maintenant qu’on coupe à l’intérieur de la charge répartie, on peut remarquer que sa longueur n’est plus la même. Elle varie en fonction
de la longueur x. L’intensité et la position de sa résultante varie donc également en fonction de la longueur x.

Etape 9 : Déterminer l’intensité et la position par rapport au point X de la résultante de la charge.


R’ = (q) (x - a)
ó R’ = (300) (x - 2)
ó R’ = 300 x - 600
x-a
d' =
2
x-2
ó d’ =
2
x
ó d’ = – 1
2

Etape 10 : Utiliser les conditions d’équilibre pour déterminer les équations de T et M.


Σ Fy = 0
ó RAy - R’ - T = 0
ó - 550 - (300 x - 600) - T = 0
Attention à bien distribuer le signe « - » devant l’intensité de R.
ó - 550 - 300 x + 600 - T = 0
ó - 300 x + 50 - T = 0
ó T = - 300 x + 50
Prenons le point X (à l’endroit de la coupe) comme pôle de rotation.
Σ MX = 0
ó - (RAy) (x) + (R’) (d’) + M = 0
x
ó - (- 550) (x) + (300 x - 600) (2 - 1) + M = 0
ó 550 x + 150 x² - 300 x - 300 x + 600 + M = 0
ó 150 x² - 50 x + 600 + M = 0
ó M = - 150 x² + 50 x - 600
Vérification : (M)’ = (- 150 x² + 50 x - 600)’ = (- 150) (2) (x) + 50 = - 300 x + 50 = T

Coupe 3 : 3 m < x < 5 m :


Etape 11 : Dessinons le DCL du tronçon de poutre correspondant à la coupe 3.
Rappel : le tronçon gauche de la poutre est toujours de longueur «x»
Vu qu’on coupe après la réaction RBy, on récupère les distances a et b qui séparent
le début de la poutre et la réaction RBy
A l’endroit de la coupe (le point X), on exprime le fait que les deux tronçons de
poutre sont encastrés entre eux: on rajoute l’effort Tranchant T et le Moment
fléchissant M.

Etape 12 : Déterminer l’intensité et la position par rapport au point X de la résultante de la charge.


ð R’ = (q) (x - a)

ó R’ = (300) (x - 2)
ó R’ = 300 x - 600
x-a
ð d' =
2
x-2
ó d’ =
2
x
ó d’ = - 1
2
On peut remarquer que lorsqu’on coupe dans la même charge répartie (coupes 2 et 3), l’intensité et la position de sa résultante restent
équivalentes.

p. 238
Etape 13 : Utiliser les conditions d’équilibre pour déterminer les équations de T et M.
Σ Fy = 0
ó RAy - R’ + RBy - T = 0
ó - 550 - (300 x - 600) + 2050 - T = 0
ó 1500 - 300 x + 600 - T = 0
ó - 300 x + 2100 - T = 0
ó T = - 300 x + 2100

Prenons le point X (à l’endroit de la coupe) comme pôle de rotation.


Σ MX = 0
ó - (RAy) (x) + (R’) (d’) - (RBy) (x - a - b) + M = 0
x
ó - (- 550) (x) + (300 x - 600) (2 - 1) - (2050) (x - 2 - 1) + M = 0
ó 550 x + 150 x² - 300 x - 300 x + 600 - (2050) (x - 3) + M = 0
ó 150 x² - 50 x + 600 - 2050 x + 6150 + M = 0
ó 150 x² - 2100 x + 6750 + M = 0
ó M = - 150 x² + 2100 x - 6750
Vérification : (M)’ = (- 150 x² + 2100 x - 6750)’ = (- 150) (2) (x) + 2100 = - 300 x + 2100 = T

Coupe 4 : 5 m < x < 6 m :


Etape 14 : Dessinons le DCL du tronçon de poutre correspondant à la coupe 4.
Rappel : le tronçon gauche de la poutre est toujours de longueur «x»
Vu qu’on coupe après la fin de la charge répartie, on récupère les distances a, b et
a qui séparent le début de la poutre et la fin de la charge répartie.
A l’endroit de la coupe (le point X), on exprime le fait que les deux tronçons de
poutre sont encastrés entre eux: on rajoute l’effort Tranchant T et le Moment
fléchissant M.

La charge répartie est à nouveau complète. On récupère donc les valeurs de R et d du début :
ð R = 900 daN
ð d = 3,5 m
ð
Etape 15 : Utiliser les conditions d’équilibre pour déterminer les équations de T et M.
Σ Fy = 0
ó RAy + RBy - R - F - T = 0
ó - 550 + 2050 - 900 - 600 - T = 0
óT=0

Prenons le point X (à l’endroit de la coupe) comme pôle de rotation.


ð Σ MX = 0
ó - (RAy) (x) - (RBy) (x - a - b) + (R) (x - d) + F (x - a - b - a) + M = 0
ó - (- 550) (x) - (2050) (x - 2 - 1) + (900) (x - 3,5) + (600) (x - 2 - 1 - 2) + M = 0
ó 550 x - (2050) (x - 3) + 900 x - 3150 + (600) (x - 5) + M = 0
ó 1450 x - 2050 x + 6150 - 3150 + 600 x - 3000 + M = 0
óM=0

Vérification : (M)’ = (0)’ = 0 = T


On aurait pu directement obtenir ce résultat en remarquant que la coupe 4 est effectuée dans un porte-à faux sans action.

Diagrammes de T et M :
Etape 16 : Dessiner les diagrammes de T et M.
Il vaut mieux noter un récapitulatif de toutes les données trouvées au cours de l’exercice :
• Les réactions des appuis.
• L’intensité et la position de la résultante de la charge répartie.
• Les équations de T et M.

En effet, il est très facile de confondre les valeurs quand on doit revenir chercher celle dont on a besoin.

p. 239
Vérification :
• M = 0 aux 2 bouts de la poutre (en x = 0 m et 5
m < x < 6 m). Un porte-à-faux sans action est un
bout de poutre tiré sur la longueur.
• Pour un même x (en x = 2 m, x = 3 m et x = 5
m), M obtient toujours une même intensité.
• Une force ponctuelle s’applique en x = 3 m et x
= 5 m, T obtient 2 intensités différentes.
• Aucune force ponctuelle (une charge répartie
n’est pas une force ponctuelle) ne s’applique en
x = 2 m, T obtient une même intensité.

Dans ce module, la charge répartie présente dans les coupes 2 (2 m < x < 3 m) et 3 (3 m < x < 5 m) donne une équation quadratique117
pour les M. Le graphique qui lui correspond est une parabole, qui a comme caractéristiques :
• Une concavité :
Les charges réparties appliquées sur les poutres sont en général orientées vers le bas. Ce qui doit donner une parabole
concave.

• Un sommet.
-b
Le sommet d’une parabole se situe toujours au point d’abscisse x =
2a
-b
Cette abscisse x = correspond aussi à l'axe de symétrie de la parabole. C'est donc un repère important pour la tracer.
2a

Donc, pour :
• Coupe 2 : 2 < x < 3, M = - 150 x² + 50 x – 600, donc le maximum pour cette première parabole se situe en
-b - 50
x= = = 0,17.
2a 2.(-150)
Le sommet correspondra à une valeur de M = - 150.0,17² + 50.0,17 – 600 = -596.
Ce point est situé hors de l’intervalle qui nous concerne (2 < x < 3), mais il nous permettra de tracer la parabole.

117 Equation du second degré, en x2


p. 240
• Coupe 3 : 3 < x < 5, M = - 150 x² + 2100 x – 6750, donc le maximum pour cette seconde parabole se situe en
-b - 2100
x= = = 7.
2a 2.(-150)
Le sommet correspondra à une valeur de M = - 150.7² + 2100.7 – 6750 = 600.
Ce point est situé hors de l’intervalle qui nous concerne (3 < x < 5), mais il nous permettra de tracer la parabole.

Les autres tracés sont constitués de lignes droites. Il suffit donc de relier leurs
points trouvés.
On place les points trouvés dans les graphes de T et M.
On finalise les graphes en traçant des verticales entre la ligne du graphique et
l’axe x.

La concavité des 2 paraboles forme donc une pointe dans le graphe des M, en x
=3m
Le graphe des M indique que :
• Mmax = - 1800 daN*m
• En x = 3 m

Vérification : le x du Mmax = le x d’un T nul.

p. 241
43.1.5 Exemple résolu 5 – Charge répartie et porte-à-faux
Considérons la poutre bi-appuyée ci-contre, soumise à l'action de la force répartie.
q On demande de déterminer les diagrammes MNT des efforts intérieurs à la poutre.
A B C D
q A. Étude de l’équilibre global de la poutre chargée.
La poutre est en équilibre sous l’action de la charge répartie et des réactions à
A B C D l’appui et au rouleau.
100 kg/m

RBx
Les conditions d’équilibres de la poutre Σ FX, Σ FY, Σ M traitent de forces
A
RBy 100 kg/m RCy
D appliquées. Il convient donc de déterminer la résultante de la charge répartie
appliquée à toute la poutre pour ensuite exprimer les conditions d’équilibre.
RBx
A D
RBy RCy
600 kg La force résultante correspondant à cette force repartie de 100kg/m appliquée
RBx
sur 6m aura son point d’application au milieu de la poutre (x=3m) et 600kg
A
RBy RCy
D d’intensité (100kg/m x 6m).
600 kg

RBx 100 kg/m


A D L’expression mathématique de l’équilibre peut donc maintenant s’écrire :
RBy RCy
Σ FX = 0 = FBX
A 400 kg D
200 kg 100 kg/m Σ FY = 0 = RBY + RCY - 600(1)
q 100 kg/m
Σ MX = 0 = - 2. 600 + [Link]→ RCY= 400 kg(2)
A 200 kg 400 kg D (2) dans (1)→ RBY= 600 – RCY = 200 kg
A A B 200 kg C 400 kg D D
100 kg/m
Cette partie étant en équilibre sous l’action des toutes les forces connues,
nous pouvons à présent appliquer le principe de la coupe.
A 200 kg 400 kg D

100 kg/m

RBx
100 kg/m B. Etude des efforts intérieurs induits.
A Mx D
RBy RCy Coupons à présent la poutre en deux parties afin d’étudier l’équilibre du
x Nx
A
100 kg/m Tx
fragment soumis au cas de charge le plus simple118.
Mx

A
A xx
MxNx 600 kg Par méthode, nous placerons notre première coupe proche de l’extrémité
A
RBx Tx Nx
D
gauche de la poutre (x=0) et la déplacerons successivement vers l’extrémité
x
RBy
Mx
RCy droite.
A
Nx 100 kg/m
L’exercice présent nous enseigne que nous avons ici 3 coupes types
A 200 kg 400 kg D correspondant à 3 DCL types dont l’étude de l’équilibre donnera 3 fois 3
équations d’équilibre.
100 kg/m
Nous aurons ainsi :
A 200 kg 400 kg D

100 kg/m
Mx

A x Nx
Tx

Mx
A x
Nx

118 Nous savons que les efforts MNT représentent l’action d’un fragment sur l’autre. Le principe de l’A/R nous enseigne que ces MNT seront de
même ligne d’action, intensité et sens opposé si nous étudions l’action du fragment gauche sur le droit. C’est pourquoi le choix de l’étude de l’un
ou l’autre des fragments importe peu. Le choix des signes arbitraire positif est fait pour que les diagrammes soient les mêmes quelque soit le
fragment étudié.
p. 242
Coupe 1 : 0 < x < 1
100 kg/m
Mx Le DCL du fragment gauche fait apparaître 2 forces ponctuelles (TX, NX) un
A x Nx moment d’encastrement MX et une charge répartie. Celle-ci doit être
Tx remplacée par sa résultante, afin de pouvoir appliquer les équations
Mx d’équilibre.
A x
Nx
x.100 kg Tx On a ainsi le DCL équivalent.
Les conditions d’équilibre s’écrivent :
T(x) 0 x B Σ FX = 0 = NX
Σ FY = 0 = - x . 100 - T
x.100 → T = -100. x
qui est l’expression d’une droite
M(x) 0 x B

Σ MX = 0 =MX + x/2 . x . 100


→ MX = - 50x2
qui est l’expression d’une parabole
Nous renvoyons à l’annexe pour les propriétés des paraboles.
100 kg/m
Mx

A x Nx
200 kg
Tx Coupe 2 : 1 < x < 4
A x
Mx Σ FX = 0 = NX
Nx Σ FY = 0 = - x . 100 – T + 200
200 kg
x.100 kg Tx → T = -100 x + 200
Σ MX = 0 =MX + x/2 . x . 100 – (x-1). 200
0 x C
→ MX = - 50 x2 + 200 x - 200
T(x) B

x.100 - 200

M(x) B C
0 x

100 kg/m Coupe 3 : 4 < x < 6


Mx
x
Σ FX = 0 = NX
A Nx
200 kg 400 kg Σ FY = 0 = - x . 100 – T + 200 + 400
Tx
→ T = -100 x + 600
Mx
A x
Nx Σ MX = 0 =MX + x/2 . x . 100 – (x-1). 200 – (x-4) . 400
200 kg 400 kg
x.100 kg Tx → MX = - 50 x2 + 600 x - 1800

x.100 - 600

T(x) 0 B
C x D

M(x) B C
0 x D

50

200

p. 243
43.1.6 Exemple résolu 5 – Charges réparties et ponctuelles
Tracez les diagrammes des efforts tranchants et des moments fléchissants
pour la poutre chargée et déterminez le moment maximal M ainsi que sa
position x mesurée à partir de l'extrémité gauche.

Solution
Les réactions aux appuis sont faciles à déterminer en considérant les
résultantes des charges réparties, appliquées sur le D.C.L. d'ensemble de la
poutre.

Le premier intervalle de la poutre que l'on analyse est le D.C.L. d'une section
de la poutre qui est définie pour 0< x < 2m. Une somme des forces verticales
et une somme des moments par rapport à la section droite donnent
Σ Fy = 0
T = 1,23 - 0,25x2

Σ MX = 0
T M + (0,25x2) x/3 - 1,23x =0 M = 1,23x - 0,0833x3

Ces valeurs pour T et pour M sont vraies pour tout x dans l'intervalle 0< x <
2m, et on les a représentées sur les diagrammes des efforts tranchants et
des moments fléchissants (figures ci-contre)).
T

D'après le D.C.L. de la section définie pour 2< x <4m, l'équilibre selon la


verticale et une somme des moments par rapport à la section transversale
nous donne
Σ Fy = 0
T + 1(x - 2) + 1 - 1,23 = 0
T = 2,23 – x
T Σ MX = 0
T
M + 1(x- 2) (x-2)/2 + 1[x – 2/3 (2)] - 1,23x = 0
M = -0,667 + 2,23x - 0,50x2

Ces valeurs pour T et M sont représentées sur les diagrammes des efforts
tranchants et des moments fléchissants pour l'intervalle 2 < x < 4 m.

L'analyse du reste de la poutre se poursuit en recourant au D.C.L. de la


portion de la poutre à droite de la section de l'intervalle suivant (4 < x < 5 m).
Remarquer que T et M sont représentés dans leur sens positif. Une somme
des forces verticales et une somme des moments par rapport à la section
permettent de résoudre, ce qui donne
T = -1,77kN et M =7,33 - 1,77x

Ces valeurs de T et M sont tracées sur les diagrammes des efforts et des
moments pour l'intervalle 4 < x < 5 m.

De la même manière, on obtient pour la section suivante 5 < x < 6,


T = 1,5kN et M = 1,5x - 9

p. 244
45 CAS COMPLETS
45.1 TRANSFORMATION - SUPPRESSION D’UN MUR
Dans le cadre de la rénovation d’une habitation, on désire réunir deux
pièces contiguës selon le plan ci-contre.

Les poutres 1 et 2, en bois, ont une section de 30 x 30 cm (Pv = 800


kg/m³), le plancher qu'elles portent est constitué de solives
recouvertes de panneaux à base de bois avec revêtement mince
rapporté Ps = 55 kg/m².

Déterminez le type de charges (ponctuelle ou répartie) que reprend


ce mur à abattre, et quantifiez-les.

Si on remplace ce mur par une poutre en acier dont on négligera le


poids propre, déterminez la section la plus sollicitée en flexion, et
calculez la valeur du moment de flexion maximal.

RESOLUTION

Partie 1 – Détermination du schéma statique

Analysons les charges reprises par le mur à abattre.


Quand on observe le schéma structurel, on observe que les solives
du plancher sont portées par les murs latéraux, et par les poutres
transversales 1 et 2 au centre du plancher.
Ces poutres reposent sur le mur central.
Si on abat le mur central, les poutres tomberont. Il convient donc, de
quantifier les charges dues aux poutres reprises par le mur.

§Charge reprise par la poutre 1 :


Poids propre de la poutre :
pv1 = 800kg/m³ . 0,3m . 0,3m = 72 kg/m

La répartition des charges sur les différents éléments se fait suivant le


schéma ci-contre. On obtient ainsi une charge linéique q1 sur la
poutre 1 :
q1 = (55 kg/m² + 200 kg/m²) . 6 m . 2/4 = 765 kg/m

La poutre 1 reprend donc une charge linéique total :


qP1 = 72 kg/m + 765 kg/m = 837 kg/m

§Charge reprise par la poutre 2 :


On observe la même répartition des charges pour la poutre 2, on a
donc :
qP2 = 72 kg/m + 765 kg/m = 837 kg/m
§Ensuite, analysons les charges des poutres 1 et 2 transmises sur le mur
étudié.
On a deux poutres bi-appuyées symétriquement et chargée
uniformément, on a donc la force de réaction aux appuis suivante :
Rappui = 837 kg/m .6m / 2 = 2511 kg

p. 245
De même avec la poutre 2, on a donc deux forces ponctuelles sur le
mur à abattre qui sont les réactions d’appuis des poutres 1 et 2 :

2511 kg + 2511 kg = 5022 kg.

Si l’on veut donc supprimer ce mur, il faut placer un élément


structurel, soit une poutre ou une colonne, capable de reprendre une
charge ponctuelle de 5022 kg.

Partie 2 – Détermination des diagrammes MNT

Étude de l’équilibre global de la poutre chargée.


5022kg
Σ FX = 0 = RAX
Σ FY = 0 = RAY + RBY - 5022(1)
Σ MA = 0 = -3 . 5022 + 6. RBY→ RBY= 2511 kg(2)
2511kg 2511kg (2) dans (1)→ RAY= 2511 kg

On observe également que le chargement et la géométrie de la


poutre étant symétriques, les réactions aux appuis le seront aussi.

Etude des efforts intérieurs induits.


On observe deux coupes types
Mx
Aucune force horizontale n’intervenant, on déduit que NX = 0 " x
0 x Nx
Tx
2511kg L'étude de l'équilibre d'un infime tronçon gauche de poutre montre que
T0 = 2511 kg et que M0 = 0 kg.m
2511kg
On trace dès lors le graphe de T, constant jusqu'en x = 3; une force
ponctuelle apparaît en 3; un saut dans le graphe de T en découle.
T
Enfin, une dernière force ponctuelle est appliquée en x = 6, qui
correspond au dernier saut du graphe de T.119
-2511kg

7533kg.m Le graphe de M se déduit du graphe de T: il sera composé de deux


tronçons de droite:
2511x -2511x + 15066

Pour 0 < x < 3 : M = 2511x + cste; or M0 = 0 -> cste = 0 et on tire que


M M3 = 2511.3 = 7533 kg.m -> M = 2511x

Pour 0 < x < 6m : M = -2511x + cste; or, aucun moment ponctuel


n'étant appliqué en x=3, le graphe de M sera continu; on peut donc
dire que M3 = 7533 = -2511.6 + cste -> cste = 15066 -> M = -2511x +
15066

On vérifie qu'on a bien M6 = 0 kg.m

Le moment maximal se situera donc au milieu de la poutre et vaudra


7533 kg.m

119 Une bonne façon de le vérifier la valeur de T et M en extrémité de poutre est d'étudier l'équilibre d'un infime fragment droit de la poutre, comme
nous l'avons déjà vérifié plusieurs fois.
p. 246
45.2 EXTENSION D’UNE HABITATION
Dans le cadre d’une extension d’une habitation120, évaluez les efforts
intérieurs à une solive type du plancher inférieur de cette annexe en
sachant que :

Cette annexe est constituée de 11 portiques parallèles en bois avec


un entre axe de 60cm entre-eux et posés sur deux poutres
transversales en lamellé-collé reposant elles-mêmes sur 4 pilotis en
béton.

La toiture est constituée de 10 travées. Une travée sur deux de la


toiture est constitué de panneaux à base de bois avec revêtement
mince en zinc rapporté Ps = 65 kg/m² et les autres travées sont
constituées de panneaux de verre (pV = 55 kg/m²)
surcharge exploit. : 100kg/m² / Charges de neige : 55daN/m²

Les portiques sont réalisés avec des éléments structurels en bois


(Pv = 800 kg/m³) : 11 solives supérieures de section 8cm X 23cm et
20 poteaux de section 7.5cm x 22.5cm d’une hauteur de 3m entre
distant de 4,2m.

L’enveloppe de l’annexe du coté jardin et du coté terrasse est


composée de vitrage (Pv = 55 kg/m²) tandis que l’enveloppe du coté
mitoyen est constituée de panneaux en polycarbonate (Pv = 30
kg/m²)

Le plancher de l’annexe est constitué de solives de section 8cm x


23cm (entre axes de 60cm) recouvertes de panneaux à base de bois
avec revêtement mince rapporté Ps = 85 kg/m².
Les solives reposent sur 2 poutres longitudinales en lamellé-collé de
section 20cm x 60cm (Pv = 1300 kg/m³) et d’un entre axe de 3,70m.

Les fondations sont constituées de 4 pilotis en béton armé (Pv =


poteau 7.5/22.5
panneaux en
polycarbonate 2400 kg/m³) de section 50cm x 50cm sur une hauteur de 80cm.
poutre 7.5/22.5
vitrage
RESOLUTION

Partie 1 – Détermination du schéma statique d’une solive du


plancher
Une solive type du plancher reprend son poids propre, puis les
charges dues au plancher. Viennent ensuite en remontant : les
charges dues aux poteaux (poids propres, et vitrage/polycarbonate),
puis les charges reprises par les poteaux (solive de toiture et ce
qu’elle reprend du toit)
§ Analysons donc à présent une solive de toiture :
Selon le schéma de répartition des charges, chacune des solives des
portiques reprend d’une part une demi travée de toiture de verre et
poutre 8/23 d’autre part une autre demi travée de toiture en bois, on a donc :
panneaux en
polycarbonate
Le poids propre de la solive :
poteau 10/30 pv1 = 800 kg/m³ . 0,08m . 0,23m = 14,72 kg/m
vitrage

charge due aux panneaux de verre :


qverre = (55 kg/m² + 100 kg/m² + 55 kg/m²) . 0,6m / 2 = 63 kg/m

poutre en solives + plancher


charge due aux panneaux de bois recouvert de zinc :
lamellé collé
qverre = (65 kg/m² + 100 kg/m² + 55 kg/m²) . 0,6m / 2 = 66 kg/m
pilotis en
béton armé
On observe donc une charge linéaire totale de 143,72 kg/m sur la
solive d’une longueur de 4,7m

120 Architecte: Bouquelle, Stabilité: JZH. Source A+ n°199


p. 247
q 1 = 143,72 kg/m
Chaque solive de toiture repose sur deux poteaux en bois de section
7.5cm x 22.5 cm sur 3m de haut. Elle va transmettre sa charge linéique q1
en deux charges ponctuelles Q1 sur chaque poteau, on a :
Q1 Q1 Q1 = q1 . l / 2 = 143,72 kg/m . 4,7m / 2 = 337,74 kg

A cela, il faut ajouter le poids propre du poteau :


pp = 800 kg/m³ . 0,225m . 0,075m . 3m = 72 kg
Q1 Q1
Globalement, les charges de la toiture et de la structure sont
transmises par une charge ponctuelle de 72 kg + 337,74 kg = 409,74
kg en chaque pied de poteau.

Les vitrages et polycarbonates sont fixés aux poteaux.


Donc, les charges dues au vitrage et au polycarbonate sont reprises
par les solives constituant le plancher sous forme de charge
ponctuelle, on a donc :
§ Charges dues au vitrage vertical :
Pvitrage = 55 kg/m² . 3m . 0,6m = 99 kg/m
§ Charges dues au polycarbonate vertical :
Ppolycarbo = 30 kg/m² . 3m . 0.6m = 54 kg/m

Qj Actuellement, on a sur la solive du plancher, une charge ponctuelle


Qm à chaque extrémité :
Qj = 409,74 kg + 99 kg = 508,74kg du côté jardin
Qm = 409,74 kg + 54 kg = 463,74kg du côté mitoyen

A cela s’ajoute les charges dûes au plancher :


qplancher = (85 kg/m² + 200 kg/m²) . 0,6m = 171 kg/m

Qj q Enfin, les solives constituant le plancher reprennent aussi leur poids


Qm
propre : 800 kg/m³ . 0,225m . 0,075m = 14,72 kg/m

Qj q Qm Globalement sur les solives, on a :


- une charge linéaire de (171 kg/m + 14,72 kg/m) soit 185,72 kg/m sur
toute la longueur ;
- une charge ponctuelle à gauche de 508,74 kg ;
- une charge ponctuelle à droite de 463,74 kg.

p. 248
Partie 2 – Détermination des MNT de cette solive

On optera par exemple pour la superposition de deux cas simples,


puis à la composition de ces deux cas pour obtenir par addition les
diagrammes de T et de M.

On obtient ainsi:

509kg 464kg 464kg


8kg
T M
517kg 456kg
-509kg
-509.x 464.x-2181

-277kg.m
8.x-310
-305kg.m
Mmax = 251kg.m

-93.x²+437x-262

186 kg/m 325kg 112kg


T -186.x+437 -186.x+874 M
-186.x -112kg -93.x²+874x-2053
437kg 437kg -325kg -93.x²
-33kg.m -33kg.m

-186.x+1338
509kg 186 kg/m 464kg
-186.x+445
T M
954kg 893kg
-40
-186.x-509

-93.x²+1338x-4234

-93.x²-509.x
-93.x²+445x-572

-310

-339

p. 249
1 EXERCICES RÉSOLUS

39. Dessinez les diagrammes des efforts tranchants et des moments


fléchissants de la poutre soumise à une charge uniformément répartie et
trouvez le moment fléchissant maximal Mmax.

40. Dessinez les diagrammes des efforts tranchants et des moments


fléchissants de la poutre chargée et déterminez la valeur du moment maximal
Mmax.

2 EXERCICE NON RÉSOLUS


2.1 DÉTERMINEZ LES DIAGRAMMES DES EFFORTS INTERNES DES POUTRES SUIVANTES

2.2 SALLE DE COURS « 102 » A FLAGEY


Déterminez les diagrammes MNT d'une des poutres de 7,5 mètres
soutenant la toiture de la salle du Conseil facultaire, place Flagey.

Précisez la section la plus sollicitée en section ainsi que la valeur du


moment dans celle-ci.

La toiture, dont l'usage montre qu'elle peut être soumise à une


surcharge d'exploitation de 100kg/m², est composée de hourdis. Leur
poids propre, ajouté à celui des surcharges permanentes, atteignent
les 330 kg/m².

Dans le cadre de cet exercice, on considérera que la poutre continue


de 12,5 m est constituée de deux poutres isostatiques de 5 m et 7,5
m mises bout à bout. Elle a une section de 20cm de base et de 60cm
de haut. L'entre-axes des poutres est de 5m. Le poids volumique du
béton armé est de 2,5.103 kg/m3.

p. 250
poutre

poutre

poutre

poutre
Tableau

colonne
colonne

colonne

colonne
2.3 COUVERTURE DE GARAGE À AUTOCARS
On demande de déterminer les diagrammes d'efforts intérieurs
aux poutres transversales basses de type IPE 300 de la
couverture du garage à autocars ci-contre, situé rue Théodore
Verhaegen à Saitn-Gilles.

Outre les dimensions figurant sur le plan et la coupe ci-dessous, les


données sont les suivantes:

§ Poids propre des IPE 300: 43,05 kg/m


§ Poids propre des poutrelles HEB 140: 34,36 kg/m
§ Poids propre de la toiture: 55 kg/m²
§ Charge de neige: 55 kg/m²
§ Poids propre de la couverture en plexi : 20kg/m²

On considérera que ces poutres sont liées de façon isostatique en


leurs extrémités aux colonnes qui les supportent.

poutre IPE300

poutre IPE300
poutrelle HEB140

poutrelle HEB140
poutre IPE300

poutre IPE300

poutre IPE300

poutre IPE300

poutre IPE300

p. 251
MEZZANINE
Dans le cadre d'un projet de rénovation d'une habitation, vous avez à
réaliser la structure d'une mezzanine en bois de 3m par 4m.
Revêtement
solive La structure sera constituée de solives en bois (de poids volumique
Poutre
Mur 800kg/m³), de 50 cm d'entre-axes, et recouverte d'un revêtement en
bois (poids surfacique du panneau: 20kg/m²).

Ces solives de 300cm de long, et de section 5cm x 15 cm, sont fixées


à leur extrémité droite au mur bordant la pièce (appui simple), et
Mur reposent sur une poutre espacée de 200cm de ce mur, de sorte
qu'elles possèdent un porte-à-faux de 1m (voir schéma ci-joint).

La poutre de support, de section 8cm par 23 cm (de poids volumique


800kg/m³), est considérée comme simplement appuyée aux deux
solive murs latéraux.

solive Déterminez (qualifier et quantifier) toutes les efforts intérieurs à


la poutre
Poutre

Mur

Mur

p. 252
0,3 kg/cm

3 A OPTIMISATION
RBx
RBy R Cy
D D'UNE POUTRE
0,3 kg/cm

A B 18 kg C D On désire créer une étagère constituée de planches données de 60cm de


0,3 kg/cm
longueur, posées sur deux appuis et soumises à une charge répartie de
A D
9 kg 9 kg
vêtement de 0,3kg/cm.
A B
0,3 kg/cm
C D
On cherche la position symétrique idéale des appuis pour limiter la flèche de
A
R Bx
D
la planche.
R By R Cy
On partira d’appuis placés à une distance d des bords de la planche, pour
0,3 kg/cm
ensuite arriver au didéal
18 kg
0,3 kg/cm
A 9 kg 9 kg D
A RBx 9 kg 9 kg D La flèche étant le déplacement vertical que prend tout point de la poutre suite à
A D
RBy
0,3 kg/cm
R Cy l'action des efforts extérieurs appliqués, on comprend qu'elle est liée à la rotation des
A B C D différents tronçons de poutre les uns par rapport aux autres, ce qu'exprime le
18 kg moment de flexion.
0,3 kg/cm Ainsi, réduire la flèche reviendra à limiter le moment de flexion.121
A 9 kg
0,3 kg/cm
9 kg D Étude de l’équilibre global de la poutre chargée.
A
RBx
9 kg 9 kg D Σ FX = 0 = RAX
A D
0,3 kg/cm RBy
Mx
R Cy Σ FY = 0 = RAY + RBY - 0,3 . 60 (1)
x Σ MA = 0 = -(60/2 – d). 0,3 . 60 + (60 – 2.d). RBY→ RBY= 0,3 . 60 / 2 (2)
Tx 18 kg
(2) dans (1)→ RAY= 0,3 . 60 / 2
A x 9 kg
Mx 0,3 kg/cm D
9 kg
Etude des efforts intérieurs induits.
A
x.0,3 Tx
9 kg 9 kg D On observe d’emblée :
0,3 kg/cm
Mx
1. trois coupes types.
T(x) 0
x
x B 0,3 kg/cm
2. Deux forces ponctuelles sont appliquées aux appuis, on y trouvera
-0,3.x
Tx
9 kg 9 kg
donc des discontinuités dans le graphe de T, donc des points
A D
x
Mx d’inflexion dans le graphe de M.
M(x) 0 x B
3. Aucun moment extérieur appliqué, donc pas de discontinuité dans
-0,15.x²
x.0,3 Tx
le graphe de M.
T(x) 0 x B 4. Aucune force horizontale n’intervenant, on déduit que NX = 0 " x
-0,3.x
0,3 kg/cm
Mx
Coupe 1 : 0 < x < d
M(x) 0
x
x B

0,3 kg/cm
-0,15.x²
Tx
Mx
Σ FY = 0 = - x . 0,3 – T
x → T = -0,3. x
Mx 0,3 kg/cm
xTx Mx

A
x 9Mxkg
x
Σ MX = 0 =M + x / 2 . x . 0,3
x.0,3 Tx Tx
→ M = - 0,15 x2
x.0,3 Tx
Mx
A x

9 kg
T(x) 0
0
x
x
B
B 0,3.x Tx
Coupe 2 : d < x < 60-d
T(x)
-0,3.x
-0,3.x 0,3 kg/cm
Mx
-0,3.x + 9
Σ FY = 0 = - x .0,3 – T + 0,3 .60 / 2
T(x) 0A B x
M(x) 00
M(x)
9 kg
x xB B Tx
→ T = -0,3. x + 9
-0,3.x
-0,15.x²
-0,15.x²
A -0,15.x² + 18.x - 9.d x
Mx
Σ MX = 0 =M + x / 2 . x . 0,3 – (x - d) 9
9 kg
Tx
→ M = - 0,15 x2 + 9 . x – 9 .d
0,3.x

Le graphe de M sera donc une parabole aux caractéristiques suivantes (voir


-0,3.x + 9
en annexe en rappels mathématiques « La parabole », p. A-14)
T(x) 0 B 1. a < 0, donc la parabole est tournée vers le bas
-0,3.x 0,3 kg/cm
2. MMax en x = -b / 2a , soit en x = -9 / 2(-0.15) = 30
M(x) 0 B
Mx
donc, MMax = -0,15 . 30² + 9 . 30 – 9 . d = 135 – 9d
A x
9 kg
0,3 kg/cmTx
Mx
-0,15.x²
x
Mx
AA x
9 kg
9 kg-0,15.x² + 18.x - 9.d
Tx
0,3.x Tx

Mx
A x

9 kg
-0,3.x +9
0,3.x Tx
T(x) 0 B

-0,3.x

M(x) 0 B -0,3.x + 9
T(x) 0 B
121 pour une même poutre et un même matériau.
-0,15.x²
-0,3.x
-0,15.x² + 18.x - 9.d
p. 253
Mx
x

x.0,3 Tx

0 x B
T(x)
-0,3.x

M(x) 0 x B

Coupe 3 : 60-d < x < 60


-0,15.x²

Mx

A x
9 kg 9 kg
A
0,3 kg/cm

x
Mx
Tx
Σ FY = 0 = - x . 0,3 – T + 9 + 9
→ T = -0,3. x + 18
9 kg
Tx

Mx
A x

9 kg
0,3.x Tx

Mx
A x
Σ MX = 0 =M + x / 2 . x . 0,3 – (x - d) 9 – (x – (60 - d) ) . 9
-0,3.x + 9
T(x) 0 B

-0,3.x

9 kg 9 kg
0,3.x Tx → M = - 0,15 x2 + 18 x – 540
-0,15.x² + 18.x - 9.d

-0,3.x + 9 -0,3.x + 18

T(x) 0 B

M(x) 0 B

-0,3.x
-0,15.x²

-0,15.x² + 18.x - 9.d

Mx

A x
9 kg 9 kg
Tx

Mx
A x

9 kg 9 kg
0,3.x Tx

M(x) 0 B
-0,3.x + 9 -0,3.x + 18

T(x) 0 B

-0,3.x

-0,15.x²
-0,15.x² + 18.x - 540
-0,15.x² + 18.x - 9.d
Nous vérifions que :
1. dT / dx = -q et que dM / dx = T
M(x) 0 B 2. aucun moment n'étant appliqué ponctuellement, le graphe de M
-0,15.x²
-0,15.x² + 18.x - 540
sera continu.
Nous le vérifions :
• en x = d
pour la coupe 1 : M = -0,15 d²
pour la coupe 2 : M = -0,15 d² + 9d – 9d
• en x = 60-d
pour la coupe 2 : M = -0,15 (60-d)² + 9(60-d) -9d
M = -0,15 (60-d)² -18d + 540
pour la coupe 3 : M = -0,15 (60-d)² + 18(60-d) - 540
X1 X2

M = -0,15 (60-d)² -18d + 540

Observons les graphes de T et M pour sept valeurs de d, de d=0 à d=30cm

d =0

d =5

d = 10

d = 15

d = 20

d = 25

X1 X2

d = 30

p. 254
On se rend compte que le moment maximal minimal dans toute la poutre,
correspond à la configuration où les valeurs absolues des moments sont
égales : IM1I = IM2I
On peut donc écrire pour la distance didéal correspondant:
pour M1, on est dans la coupe 1, donc, IM1I = 0,15 didéal ²
pour M2, on est dans la coupe 2, donc IM2I = - 0,15. 30² + 9.30 – [Link]éal
donc, 0,15 didéal ² = - 0,15. 30² + 9.30 – [Link]éal
ou 0,15 didéal ² + [Link]éal – 135 = 0 , équation de second degré en didéal
Δ = 9² - 4. 0,15 . (-135) = 162

Les deux solutions à cette équation sont:


= ( - 9 + Ö162 ) / 2 . 0,15 = 12,43 cm
didéal
X1
= ( - 9 - Ö162 ) / 2 . 0,15< 0 impossible
X2

On a donc un didéal égale à 12,43cm.

Dans le graphique de M, on observe 2 points x1 , x2 où M = 0. Que valent-ils?

M = 0 = -0,15 x² + 9 x – 9. 12,43 , équation du second degré en x


Δ = 9² - 4. (-0,15) . (-111,87) = 13,88

= ( - 9 + Ö13,88 ) / 2 . (-0,15)= 42,42 cm


x
= ( - 9 - Ö13,88 ) / 2 . (-0,15)= 17,58 cm

en ce deux points, le moment est donc nul !

On peut donc, en ces deux points, assimiler la liaison entre les 2 tronçons de
la poutre à un rouleau! (L'action du tronçon gauche sur le tronçon droit se
limitant à un effort T)

La poutre devient alors un assemblage de trois tronçons de poutre, tout en


gardant les mêmes diagrammes d'efforts intérieurs!

C'est ainsi que sont conçus de nombreux ponts dits "Cantilever" (ou
"Gerber")

Le pont ci-dessous, sur l'autoroute E42, à hauteur de la sortie 14 en est un


bel exemple.
Il est constitué de ces deux appuis verticaux sur lesquels sont posés trois
tronçons de ponts. Les liaisons entre ces trois tronçons se fait par appuis
Tronçon 1 Tronçon 2 Tronçon 3 simples (voir flèches), la partie centrale du pont est simplement posée sur les
deux autres.
Appuis

p. 255

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