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Femmes Augmentées : Pouvoirs Mystiques

Le livre 'Femmes augmentées' aborde les pratiques initiatiques d'un village où des jeunes hommes et femmes sont choisis pour être 'augmentés' par une Caste secrète, leur conférant des pouvoirs mystiques. À travers des rituels rigoureux, ces initiés apprennent des responsabilités et des compétences essentielles pour leur communauté. Le récit met en lumière la lutte pour préserver les traditions culturelles face aux défis modernes.

Transféré par

Guy Ndzana
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Femmes Augmentées : Pouvoirs Mystiques

Le livre 'Femmes augmentées' aborde les pratiques initiatiques d'un village où des jeunes hommes et femmes sont choisis pour être 'augmentés' par une Caste secrète, leur conférant des pouvoirs mystiques. À travers des rituels rigoureux, ces initiés apprennent des responsabilités et des compétences essentielles pour leur communauté. Le récit met en lumière la lutte pour préserver les traditions culturelles face aux défis modernes.

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Femmes augmentées

Briser les chaînes


Ce livre a été réalisé par les éditions Pygmies Douala, Cameroun
Tél. : +237 677 47 85 55 +237 677 13 42 11
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Imprimé en France
Tous droits réservés pour tous pays.

Dépôt légal.
© Éditions Pygmies, janvier 2025
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproduc-
tions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou re-
production intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit,

constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et sui-


vants du Code de la propriété intellectuelle.
ISBN : 978-9956-459-60-5
Denis-Ghislain MBESSA

Femmes augmentées
Briser les chaînes
Les Rongeurs de troncs : Plaidoyer pour la préservation
, Paris, Jets
2018, Finaliste du Grand Prix Littéraire
2018. (Essai)
Sagesse poétique : Les sermons philosophiques, Préface
de Joseph Ndzomo-Molé, Éditions Proximité, Yaoundé,
mai 2022. (Poésie)
La couronne empoisonnée, Pari
(Nouvelle)
À
Ma femme et à mes filles
de pro-
mouvoir le génie féminin, pour que le mariage et les
valeurs familiales ne dépérissent point.
la huitième promotion du petit séminaire saint Jo-

manière particulière, au Dr Luc Franck Mendzana


Medzogo pour son soutien moral et financier. Que
la Providence nous accorde une longue vie pour
jouir des fruits de notre fraternité.
Certaines scènes de ce roman peuvent heurter la
sensibilité du jeune lecteur.
. Cependant,
toute ressemblance avec des personnes existantes
ou ayant existé est purement fortuite et involon-
taire.
Il y avait du monde au carrefour du village. Sur
élèves et enseignants se sont
imposé une halte. Les commerçants, abandonnant
leurs étals, accouraient, affolés, vers le lycée de
Dibi. Même les fidèles de la Grande Église, qui de-
vaient se rendre à la chapelle pour la communion
matinale, ont oublié Dieu.
Les oiseaux sont restés figés dans les arbres qui les
ont abrités pendant leur sommeil. Même les hiboux
et les chauves-souris ont précipitamment regagné
leurs repaires.
Dans ce petit village réputé pour ses pratiques
mystérieuses communément appelées « sorcelle-
rie », le soleil avait eu de la peine à se lever pour
saluer la nature et la couvrir de sa lueur habituelle-
, le cli-
mat froid, le ciel t le cou-
rage de chanter. Tout se passait comme si les règles
fixées par mère Nature avaient été brisées et que

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cela entraînait des dysfonctionnements dans le com-
portement du règne astral, animal, minéral et végé-
tal. Avec courage toutefois, Docktên, le catéchiste
du village, enfila ses chaussures, passa un chapelet
autour de sa taille, sortit de chez lui et gravit péni-
blement la colline la plus élevée de Dibi. À son
sommet se trouve une grotte servant de support à la
vieille cloche de la chapelle. Il eut audace de tirer
la corde suspendue près de la grotte, faisant retentir,
trois fois, comme cela est de coutume, l
fidèles. Personne favorablement.
-il donc passé ?
Zéfé, le célèbre rongeur de troncs, ces
jeunes qui abattent les palmiers pour en extraire du
vin de palme, est retrouvé sur la cime du palmier,
Bravant les

les palmiers de Dibi. Perché sur le plus précieux des


arbres, ce jeune homme aux mollets imposants et
aux orteils tout aussi énormes semblait flotter au-
dessus des palmes, alors que ses pieds étaient fer-
mement posés .
Comment Zéfé, la quarantaine à peine, a-t-il fait
pour se retrouver sur la cime du palmier, planté juste
là, à
ment des Dibiens ordinaires et laissait voir aux yeux
du monde que Zéfé
un

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un simple homme, mais un homme extraordinaire,
un homme augmenté.
À Dibi, en effet, par des pratiques initiatiques
ésotériques et mystiques, de jeunes hommes et de
jeunes femmes sont choisis par la Caste secrète des
éclairés (CSE) pour être augmentés. On pratique le
So Messima pour les jeunes garçons et le Mevungu
Bìssogo pour les jeunes filles. Le So Messima est un

maines. Le Mevungu Bìssogo, quant à lui, désigne


libi-
dinales des jeunes filles.
La CSE est composée de vieillards restés veufs,
qui ne se sont plus rasés depuis les obsèques de leurs
épouses. Pour se libérer de la pression de Cupidon,
ils ne peuvent faire l amour
mois, pendant la claire lune. Cela contribue aussi à
redonner du souffle à leur prostate. un groupe
de neuf sages vertueux, descendants des ancêtres
qui avaient contribué à défendre les cultures et les
traditions locales contre les invasions étrangères.
On les appelle tantôt les « neuf titans primor-
diaux » pour décrire leur connexion au monde an-
cestral, tantôt les « neuf ndjundju » à cause de la
crainte que leur présence, leur prestance, leur dé-
marche et leur personnalité inspirent. En temps nor-
mal, on ne voit que ent
des tuniques à capuches couvrant la quasi-totalité de

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leur visage et des cache-mentons. Assisté de huit
autres sages maîtrisant toute la culture, les rites, les
us, les coutumes et les traditions, Pepa Ngoby
oriente la vie politique, sociale, religieuse et cultu-
relle du village. Le conseil des sages est le symbole
de la mémoire collective de Dibi. Le chef du village,
Zomloa Tounotabela, considéré comme le représen-
tant du soleil, incarne toute la puissance des an-
cêtres. Pourtant, c édiaire de la CSE
son pouvoir. Il ne prend des décisions
, mais, puisque son
pouvoir lui vient directement des ancêtres, ses déci-
sions sont sans appel.

des jeunes hommes par des procédés mystiques :

amulettes et des scarifications,

âge. Le So Messima consiste à doter un jeune

mettre au service de la communauté. Ce rituel a lieu


dans la forêt sacrée, ikorogo i mgbêl. Les jeunes
garçons de 15 ans sont séparés de leur communauté
pendant deux semaines. Dès leur arrivée dans la fo-
rêt, les yeux bandés, ils sont circoncis au couteau,
sans anesthésie. Privés de vêtements, de bain, de
sommeil et de nourriture, ils ne peuvent consommer
que du miel sauvage, une cuillérée par jour. Ils sont
aussi soumis à , comme la

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nage, la course et la lutte. Ils reçoivent des ensei-
gnements sur la responsabilité, la spiritualité, les
coutumes, les tabous et surtout sur la portée et la si-
gnification des pouvoirs qui leur sont confiés.
Il y a quatre pouvoirs :
, le
;
Ntsom, le pouvoir de métamorphose en lion ou
en panthère pour nourrir le village par la chasse
nocturne ;
Mebálá, le pouvoir de guérison mystique et de
purification confié à des tradithérapeutes, ces
hommes et femmes qui peuvent soigner les ma-
ladies attribuées à la sorcellerie négative ;
, le
mat.
Ces quatre pouvoirs symbolisent les quatre sai-
uatre clans
du village. Il est donc impossible de les retrouver
chez un même individu, car à chaque clan corres-
pond un pouvoir particulier. Les initiés, tête baissée,
les yeux fermés, la main gauche posée sur la poi-
trine et le bras droit levé vers le ciel doivent faire
une sorte de profession de foi devant un sage de la
CSE. Ils disent avec une assurance sans faille :
« Augmente-nous ! », faisant écho à la demande
que les disciples de Nazareth firent à leur maître

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