(
LE VITRAIL
Transi
Fine u
8-22 21
INTRODUCTION
La France a de tout temps manifesté un goût exceptionnellement
vif pour la décoration translucide de ses monuments et l'incompa-
rable suite d'oeuvres maîtresses qu'un effort ininterrompu de sept
siècles a accumulée sur tous les points de son territoire, expression
parfaite de son art populaire, constitue un ensemble, unique au
monde et que toutes les nations nous envient. Bien que cet héritage
ne soit pas rigoureusement intact, car beaucoup de vitraux ont
disparu ou pâti, tant de morsures du temps que de la négligence,
de la maladresse ou du vandalisme des hommes, les ouvrages res-
tant ont, en général, conservé leur beauté et leur caractère et méritent
d'autant plus l'attention, qu'à mesure qu'on les étudie plus atten-
tivement, on les goûte davantage et on admire plus complètement
l'art, la science, l'ingéniosité de leurs créateurs.
Au premier abord leur complexité semble extrême et peu favorable
à une classification et une chronologie quelque peu méthodiques;
on ne tarde pas cependant, à remarquer que les particularités résul-
tant de la nature de leurs matières constitutives, de leur conservation
variable, du graphisme des dessins narratifs ou ornementaux, de
l'épigraphie dans ses formes si variées, de l'évolution des costumes,
des modes d'interprétation des cartons, des variations iconogra-
phiques etc..., les ont pourvus de critériums assez nets pour per-
mettre, très souvent, d'attribuer à tel ou tel ouvrage l'époque de sa
création avec une précision, sans doute pas absolue, mais très suf-
fisante.
On peut dire que, par une heureuse rencontre, dans ce vaste cycle
de production, des signes caractéristiques correspondent assez sen-
siblement à chacun des sept siècles (x° à xvi), pour permettre
d'attribuer à un ouvrage la date d'une de ces périodes.
Cette étude de l'époque des vitraux appelle quelque connaissance
de la technique très particulière qui les a créés et afin d'éviter les
erreurs d'appréciation, il faut se méfier de certaines terminologies
approximatives parfois employées pour les décrire.
Les mots << vitraux peints », souvent appliqués aux verrières his-