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Évolution rapide de la biodiversité

La biodiversité évolue rapidement, comme le montrent des exemples de moustiques devenus résistants aux insecticides et la formation d'une nouvelle espèce de pinson des Galápagos. L'étude des fossiles permet également de reconstituer la biodiversité passée, illustrée par des découvertes sur le Tyrannosaurus rex et des écosystèmes disparus. Ces recherches soulignent l'importance de l'évolution et de la diversité biologique à travers le temps.

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Évolution rapide de la biodiversité

La biodiversité évolue rapidement, comme le montrent des exemples de moustiques devenus résistants aux insecticides et la formation d'une nouvelle espèce de pinson des Galápagos. L'étude des fossiles permet également de reconstituer la biodiversité passée, illustrée par des découvertes sur le Tyrannosaurus rex et des écosystèmes disparus. Ces recherches soulignent l'importance de l'évolution et de la diversité biologique à travers le temps.

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La biodiversité change

CHAPITRE
2 au cours du temps

Des modifications rapides


Unité 1 de la biodiversité (p. 96-97)

Extraits du programme

Connaissances Capacités
• La biodiversité évolue en permanence. • Extraire et mettre en relation des informa-
Cette évolution est observable sur de courtes tions montrant des exemples actuels de di-
échelles de temps, tant au niveau génétique versifications génétiques ou de spéciations
que spécifique. (populations de moustiques résistantes aux
Notions fondamentales : espèces, variabilité. insecticides ; spéciation de pinsons des Galá-
pagos, etc.).

1 Les intentions pédagogiques


Au sein du grand public, l’idée d’un temps « long » nécessaire à l’évolution biologique est
souvent présente. Deux exemples prouvent que cette évolution peut se dérouler sur un
temps très court, quelques années. Le premier exemple montre une évolution génétique
au sein d’une population de moustiques Culex pipiens, liée à des épandages d’insecticides.
Le second explique la formation d’une nouvelle espèce parmi les espèces de pinsons des
Galápagos.
Le document 1 présente quelques observations faites dans le département de l’Hérault,
associées à des expérimentations. Elles permettent de comprendre la résistance des
moustiques aux insecticides organophosphorés. Ces derniers ont pour cible une enzyme,
l’acétylcholine estérase, qui agit au niveau des synapses cholinergiques en dégradant le
neurotransmetteur, l’acétylcholine. Après une présentation de la situation de départ, le
graphique C montre les résultats d’une expérimentation. On voit que la mortalité des
larves de moustiques selon la dose d’insecticide employée est différente : les larves de
phénotype sensible sont tuées pour des concentrations de 10-3 mg/L alors que celles de
phénotype résistant sont éliminées pour des concentrations de 10-1 mg/L, c’est-à-dire
100 fois supérieures. L’analyse de l’ADN des deux populations (document D) a montré que
les moustiques de phénotype sensible portaient un seul exemplaire du gène « Est-2 » alors
que ceux de phénotype résistant en possèdent huit. Le gène « Est-2 » intervient dans la
production d’estérase, enzyme capable de casser la liaison ester des molécules d’insecticides
organophosphorés. Il y a bien eu une évolution génétique au sein des populations de
moustiques : le phénotype résistant est devenu majoritaire du fait d’une production accrue
d’estérase permise par la présence de huit exemplaires du gène « Est-2 ». Il s’agit d’un
simple constat qui pourra être repris et expliqué une fois la sélection naturelle traitée dans
le chapitre 3.
Le document 2 montre la formation d’une nouvelle espèce de pinson des Galápagos, appelée
« Big-Bird ». Après les travaux de Darwin en 1835, de nouvelles études ont été consacrées
à ces oiseaux. Deux biologistes de l’université de Princeton (États-Unis), Rosemary et

Chapitre 2 • La biodiversité change au cours du temps 67


Peter Grant, ont dès 1973 particulièrement étudié les espèces de pinsons sur une petite île
volcanique de 40 hectares, Daphne Mayor. Ici, seule la formation d’une nouvelle espèce est
relatée.

2 Activités envisageables
Démarche autonome
1. La chaîne de cause à conséquence construite à partir du document 1 montrera simplement
qu’au cours du temps les moustiques de phénotypes résistant et sensible deviennent
respectivement majoritaires et minoritaires. Cette chaîne peut être faite sous forme de
schéma ou d’un ensemble de vignettes montrant le changement de proportions des deux
phénotypes au cours du temps.
2. Pour le document 2, le résumé se basera sur la définition de l’espèce du lexique page 314.
Ainsi, les « Big-Bird » remplissent bien les trois conditions de la définition : ils se reproduisent
entre eux, leur descendance est viable (6 générations observées) et ceci dans les conditions
naturelles de l’île. Il pourra également souligner la notion de ressemblance avec la forme et
la taille du bec, propres à l’espèce formée.
Démarche guidée
1.1 Une population est un ensemble d’individus de la même espèce qui, vivant à proximité
les uns des autres, se reproduisent majoritairement entre eux. Dans le document 1, il s’agit
des moustiques des zones humides proches de la ville de la Grande-Motte. Par mutation, on
entend une modification aléatoire de la séquence d’ADN, c’est-à-dire des gènes.
1.2 Les observations faites en 1965 et après montrent que les populations de moustiques
sont devenues résistantes aux insecticides. Les résultats expérimentaux montrent que toutes
les larves d’un groupe de moustiques S sont détruites pour une concentration d’insecticide
de 10-3 mg/L alors que celles du groupe R nécessitent une concentration de 10-1 mg/L pour
le même résultat, soit une dose 100 fois supérieure. Enfin les données génétiques montrent
que les moustiques S ont un seul exemplaire du gène Est-2 alors que les moustiques R en
possèdent 8 exemplaires. Or, ce gène Est-2 est impliqué dans la résistance aux insecticides.
1.3 Causes et conséquences seront distinguées si besoin à l’aide de la fiche de compétence 14.
Les larves de moustiques S possèdent un seul exemplaire du gène Est-2, elles sont détruites
par des concentrations modestes d’insecticides. Les larves de moustiques R possèdent huit
exemplaires du gène Est-2 et ne sont détruites que par des concentrations d’insecticides
100 fois supérieures. Ce sont ces individus, rares avant le traitement, qui ont survécu au
traitement puis se sont reproduits dans les zones humides.
1.4 Un exemple de chaîne cause-conséquence sous forme de schéma :
Insecticides Quelques
années
Population de plus tard Population de
moustiques décimée, moustiques devenue
Population abondante mais :
de moustiques : résistante
Les moustiques S aux insecticides :
Les formes S sont avec un seul gène Est-2
majoritaires et Les moustiques R se
meurent sont reproduits et sont
les formes R rares.
Les moustiques R avec devenus majoritaires,
8 gènes Est-2 résistent. les S sont très rares.

2.1 Les géospizes à bec moyen sont l’espèce initialement présente sur l’île Daphne Mayor.
2.2 L’espèce arrivée depuis une île voisine est représentée par un unique individu, un
géospize à bec conique.

68 Partie 2 • La biodiversité, résultat et étape de l'évolution


2.3 Une femelle géospize à bec moyen s’est reproduit avec un mâle géospize à bec conique.
2.4 Par espèce on entend, une population ou ensemble de populations dont les individus
peuvent effectivement ou potentiellement se reproduire entre eux et engendrer une
descendance viable et féconde dans les conditions naturelles.
2.5 Outre leur chant et leurs caractéristiques physiques différentes des deux autres
espèces, les « Big Bird » se sont effectivement reproduits entre eux donnant naissance à six
générations. Ainsi une descendance viable et féconde a été obtenue, ce qui correspond à la
définition de l’espèce.
2.6 Voir le résumé de la démarche autonome ci-dessus.
Activité collaborative
L’objectif de cette activité est que les deux élèves comprennent bien qu’une nouvelle espèce
s’est formée en quelques années seulement. Pour ce faire, chaque élève restitue sous forme
de schéma ce qu’il a compris puis confronte son travail avec celui de son binôme. Ainsi,
erreurs et imprécisions majeures sont corrigées dans un premier temps.

3 Ressources complémentaires
• Un article paru dans le bulletin de l’APBG n°3-2005 « La résistance des moustiques aux
insecticides organophosphorés dans la région de Montpellier » (N. Salamé, M. Dupuis et J-C
Hervé) apporte des informations complémentaires. La consultation du site ACCES permettra
de trouver d’autres pistes pédagogiques, avec le logiciel ANAGENE notamment, et des
informations scientifiques récentes :
[Link]
resistance-des-moustiques-aux-insecticides.
• Les travaux de Peter et Rosemary Grant sur les pinsons de Darwin ont fait l’objet de
nombreuses publications scientifiques dont How and why species multiply, the radiation of
Darwin finches, Princeton University Press, 2007. La spéciation présentée est relatée dans
le site : [Link]
species-can-develop-little. Par ailleurs, de nombreux sites de vulgarisation ont abordé le
sujet fin novembre 2017.

L’étude de la biodiversité du passé


Unité 2 (p. 98-99)

Extraits du programme

Connaissances Capacités
• L’étude de la biodiversité du passé, par • Recenser, extraire, organiser et exploiter
l’examen des fossiles, montre que l’état ac- des informations à partir de documents en ci-
tuel de la biodiversité correspond à une étape tant ses sources, à des fins de connaissance
de l’histoire du vivant. Ainsi les organismes et pas seulement d’information.
vivants actuels ne représentent-ils qu’une in- • Conduire une recherche d’informations sur
fime partie des organismes ayant existé de- internet en lien avec une question ou un pro-
puis le début de la vie. blème scientifique, en choisissant des mots-
clés pertinents, et en évaluant la fiabilité des
sources et la validité des résultats.

Chapitre 2 • La biodiversité change au cours du temps 69


1 Les intentions pédagogiques
Cette unité présente l’intérêt des fossiles dans la reconstitution de la biodiversité passée.
Deux niveaux de biodiversité sont abordés, celui de l’espèce d’une part et celui d’un
écosystème d’autre part. Le document 1 permet à partir de traces variées de reconstituer
une espèce disparue, Tyrannosaurus rex, en dressant son portrait-robot. Avec l’accumulation
des découvertes, ce dernier devient de plus en plus fidèle et précis.
Le document 2 présente la reconstitution d’un écosystème aujourd’hui disparu, la lagune de
Solnhofen-Eichstätt (Allemagne) au Jurassique supérieur.
Dans le document 1, à partir de traces et restes variés : ossements (A), empreintes de pas (B),
empreintes de peau (C) et matière fécales fossilisées ou coprolithe (D), le portrait-robot du
T. rex adulte est établi. Une animation sur le processus de fossilisation est disponible et vient
compléter ces informations.
Le document 2 présente quelques-unes des six cents espèces fossilisées ainsi que la
reconstitution obtenue de la paléolagune.

2 Activités envisageables
Démarche autonome
1. Pour effectuer la reconstitution demandée à partir du document 1, il est possible d’associer
dans un tableau une caractéristique du T. rex avec la ou les preuves qui ont permis de l’établir.
Caractéristiques du T. rex Preuves
Mâchoire puissante exerçant une pression Étude biomécanique réalisée à partir d’un crâne
4 fois supérieure à celle d’un lion actuel fossilisé
Bipédie avec une marche de 6 à 8 km/h Formes et dimensions des empreintes de pas
Forme des dents et analyse du contenu des
Régime alimentaire carnivore
excréments fossilisés
Peau recouverte d’écailles et non de plumes Étude de diverses empreintes de lambeaux de peau
Déduction faite d’après la masse des squelettes
Masse d’un adulte de 5 à 7 tonnes
osseux
2. La recherche sur le devenir des 5 espèces fossiles visibles sur la reconstitution de
l’écosystème dans le document 2 montre que les ichtyosaures (B), les ptérosaures (C) et
les deux dinosaures non aviens cités, Compsognathus et Juravenator, disparaissent à la fin
du Crétacé, il y a 65 millions d’années. En revanche, les « cycas » (D) sont des végétaux
encore présents dans la biodiversité actuelle. Il s’agit plus précisément de Zamites feneonis
appartenant au groupe des bennettitales, végétaux ayant vécu du Trias au Crétacé. Le port
de ces plantes ressemblait à celui des cycadales actuelles.
Démarche guidée
1.1 Les caractéristiques figurent dans le portrait-robot du Tyrannosaurus rex du document 1.
1.2 Les éléments fossilisés qui ont permis de dresser ce portrait-robot sont identifiés dans
le texte.
1.3 Voir le tableau ci-dessus établi dans la démarche autonome.
2.1 Deux espèces de dinosaures, Compsognathus et Juravenator, une d’ichtyosaure, une de
ptérosaure et une d’arbre Cycas sont identifiables dans le document 2.
2.2 Les deux dinosaures sont terrestres et bipèdes, l’ichtyosaure est aquatique et nageur
alors que le ptérosaure est un reptile volant.
2.3 La lagune existait au Jurassique supérieur, c’est-à-dire entre –161 et –145 millions
d’années.

70 Partie 2 • La biodiversité, résultat et étape de l'évolution


2.4 Un exemple de tableau synthétisant les recherches menées :
Espèces étudiées Devenir après le Jurassique supérieur
Dinosaures, plusieurs espèces Disparition des espèces à la fin de la période Jurassique
de Compsognathus supérieur vers – 150 millions d’années
Dinosaure, espèce unique Disparition de l’espèce à la fin de cette période
Juravenator vers – 150 millions d’années
Disparition au début du Crétacé supérieur,
Ichtyosaures, plusieurs espèces
vers – 90 millions d’années
Ptérosaures, plusieurs espèces Disparition au début du Crétacé vers – 65 millions d’années
Arbre Cycas, plusieurs espèces
Des espèces existent encore actuellement

Activité collaborative
L’objectif est de reconstituer quelques aspects du mode de vie de trois espèces aujourd’hui
disparues à partir des traces fossiles observables. En se « spécialisant » sur une des
espèces, chaque groupe de trois élèves peut élaborer une reconstitution fidèle mais limitée.
De plus, en présentant leur travail à des élèves ayant travaillé sur une autre espèce, ils sont
amenés à examiner de nouveau leur reconstitution.

3 Ressources complémentaires
• De nombreux articles scientifiques traitent de la reconstitution des T. rex et de leur biologie.
Signalons un article, paru dans La Recherche en février 2012 n°460, qui aborde le problème
de la couleur des dinosaures avec la fossilisation des pigments donnant la couleur brun-noir.
De même, un autre article de La Recherche en mars 2017 n° 521, traite de l’utilité d’analyser
les dents d’embryons fossilisés afin d’évaluer le temps d’incubation des œufs de deux
espèces de dinosaures.
• De plus amples informations sur les autres fossiles de la lagune de Solnhofen-Eichstätt
(Allemagne) au Jurassique supérieur sont disponibles dans Guide critique de l’évolution,
G. Lecointre, Éditions Belin, 2009. On pourra également consulter le site du musée d’Eichstätt :
[Link] ainsi que des vidéos
sur les fossiles exposés dans ce musée disponibles sur Internet, comme celle accessible
avec le lien [Link]

Une crise biologique à la fin


Unité 3 du Crétacé (p. 100-101)

Extraits du programme

Connaissances Capacités
• Les crises biologiques sont un exemple de • Étudier l’évolution de la biodiversité durant
modification importante de la biodiversité la crise Crétacé-Paléocène notamment avec
(extinctions massives suivies de diversifica- le groupe des archosauriens.
tion). • Mobiliser les acquis du collège sur l’arbre
Notions fondamentales : crise biologique, ex- du vivant en positionnant par exemple des or-
tinction massive et diversification. ganismes actuels ou fossiles rencontrés lors
Précisions : Deux exemples de crises sont d’activités ou sorties (muséums d’histoire na-
suggérés dont la limite Crétacé-Paléocène. turelle…).

Chapitre 2 • La biodiversité change au cours du temps 71


1 Les intentions pédagogiques
Cette unité montre l’évolution du groupe des archosauriens lors de la crise Crétacé-
Paléocène. Le document 1 définit le groupe des archosauriens et présente les extinctions
massives qui l’ont affecté. Une animation, « Échelle des temps géologiques », situe cette
crise dans l’histoire de la Terre.
Quant au document 2, il présente la notion de radiation adaptative en ce qui concerne
le groupe des oiseaux. Le plus ancien fossile d’archosauriens connu est Archosaurus rossicus
de la fin du Permien (- 252 Ma).
Dans le document 1, la présence d’une fenêtre antéorbitaire est signalée chez un
ptérosaure (A), un tyrannosaure (B) et un crocodilien (C) comme caractère dérivé propre aux
archosauriens. La seconde ouverture crânienne, la fenêtre latérale sur la mandibule, n’est
pas mentionnée car souvent plus difficile à observer. Ces deux fenêtres, comme indiqué dans
le texte, sont des caractères dérivés propres aux archosauriens.
Position des fenêtres antéorbitaire et mandibulaires, typiques des archosauriens.
antorbital fenestra

mandibular fenestra

Schéma du crâne d'un archosaurien


Le document 2 présente d’abord un arbre phylogénétique des archosauriens. Il permet
de mobiliser les acquis du collège en les réinvestissant dans le cas du groupe des
archosauriens. Les élèves comprennent que les archosauriens du groupe des dinosaures
n’ont pas totalement disparu du fait de la présence des oiseaux au sein de ce groupe. Ces
derniers possèdent des plumes asymétriques leur permettant de voler. La seconde partie du
document 2 illustre la notion de radiation adaptative avec le cas des oiseaux modernes. Le
graphique montre l’importante augmentation du nombre d’espèces après la crise.

2 Activités envisageables
Démarche autonome
1. La première est une simple saisie d’informations dans le texte du document 1. Un tableau
peut être choisi comme mode de communication des éléments relevés.
Le devenir des archosauriens à la fin du Crétacé :
Groupes d’espèces d’archosauriens Devenir à la fin du Crétacé
Dinosaures Disparition pour la plupart
Ptérosaures Extinction totale du groupe
Crocodiliens Maintien pour la plupart, 9 groupes sur 14
Oiseaux Maintien de rares espèces
2. La seconde activité nécessite de maîtriser la lecture d’un arbre phylogénétique, celui du
document 2. À cet effet, la lecture d’un autre arbre phylogénétique est proposée pour se

72 Partie 2 • La biodiversité, résultat et étape de l'évolution


tester page 94. Ainsi, les élèves comprennent que les oiseaux sont un groupe particulier de
dinosaures, groupe qui justifie l’affirmation suivante « Les dinosaures sont encore parmi
nous ».
Démarche guidée
1.1 Les informations saisies dans le document 1 montrent que les archosaures sont des
animaux vertébrés possédant deux ouvertures originales dans les os crâniens, dont une est
appelée fenêtre anté-orbitaire.
1.2 Dinosaures, ptérosaures et crocodiliens ont en effet une fenêtre visible à l’avant de leurs
orbites : ce sont bien des archosaures.
1.3 En se référant à l’arbre phylogénétique du document 2A, les élèves peuvent modifier ou
compléter leurs réponses précédentes. En particulier, ils peuvent vérifier que les oiseaux,
cités dans le document 1, sont bien des archosaures également (plus précisément, ce sont
des dinosaures théropodes).
1.4 Consulter le tableau fourni précédemment dans la démarche autonome.
2.1 Les archosaures, présentés dans l’arbre phylogénétique du document 2, possèdent tous
une fenêtre anté-orbitaire qui est une ouverture dans les os crâniens devant les orbites.
2.2 Les dinosaures sont des archosaures avec des membres placés verticalement sous le
corps.
2.3 Les oiseaux possèdent des membres placés verticalement sous le corps, ils font donc
partie du groupe des dinosaures. Leur originalité au sein de ce groupe réside dans le fait de
posséder à la fois un pied qui s’appuie sur 3 orteils et des plumes asymétriques.
2.4 Le graphique montre qu’à la fin du Crétacé, il y a 65 millions d’années, la diversité
des espèces chute de moitié approximativement. Le texte précise que seules les espèces
d’oiseaux dépourvues de dents survivent puis, ces dernières donnent naissance à de
nouvelles espèces.
2.5 Une fois établi que les oiseaux sont un groupe au sein des dinosaures d’une part, que
certaines espèces ont survécu à la fin du Crétacé d’autre part, les élèves justifient aisément
cette phrase.
Activité collaborative
Cette forme de travail où chacun réfléchit préalablement à la réponse à apporter permet
de critiquer ensuite le travail effectué, positivement et négativement, et de développer
l’expression orale au sein d’un groupe.

3 Ressources complémentaires
• La bibliographie sur cette crise est fournie et facile à trouver. Pour aller plus loin que le
programme, on peut consulter le site [Link]
crises/crise-kt/enseigner
• De nombreux renseignements sur les groupes d’archosauriens : caractères dérivés propres,
plus ancien fossile connu, date d’une éventuelle extinction d’une espèce sont accessibles
dans Guide critique de l’évolution, G. Lecointre, Éditions Belin, 2009.
• Des études complémentaires sur la classification phylogénétique des archosaures peuvent
être menées avec le logiciel Phylogène.

Chapitre 2 • La biodiversité change au cours du temps 73


La crise de la fin du Crétacé :
Unité 4 un événement planétaire (p. 102-103)

Extraits du programme

Connaissances Capacités
• De nombreux facteurs provoquent des mo- • Étudier l’évolution de la biodiversité durant
difications de la biodiversité. la crise Crétacé-Paléocène notamment avec
Précisions : Les causes possibles de la crise les foraminifères marins (micro-organismes).
Crétacé-Paléocène, impact météoritique et
crise volcanique, seront citées comme les
origines les plus probables sans être déve-
loppées.

1 Les intentions pédagogiques


Cette unité traite de l’aspect planétaire de la crise Crétacé-Paléocène. Le document 1
présente l’impact de la crise sur les foraminifères planctoniques marins, démontrant ainsi
que tous les milieux de vie et de nombreux groupes d’espèces ont été touchés.
Les deux causes possibles de cette crise sont exposées dans le document 2 avec
l’enchaînement de conséquences qu’elles ont pu engendrer.
Une activité pratique, l’observation de microfossiles à la loupe binoculaire, est suggérée
dans le document 1. Des échantillons de marnes de Bidart contenant ces microfossiles
sont disponibles dans le commerce. Elles devront être lavées avant l’observation. Les
photographies (A, B et C) pourront servir de référence pour l’identification des trois groupes
(globotruncanidés, globigérinidés et hétérohélicidés) dans chaque étage géologique. Puis, les
résultats obtenus par les élèves pourront être vérifiés par comparaison avec ceux présentés
dans le graphique.
Le document 2 expose les deux causes possibles de la crise, une activité volcanique intense et
la chute d’une météorite. L’entretien donné par le géologue Th. Adatte à la revue La Recherche
permet de relier ces deux causes entre elles et avec les modifications climatiques qu’elles
ont induites, modifications ayant entraîné les extinctions massives.

2 Activités envisageables
Démarche autonome
1. La première activité a été décrite ci-dessus lors de la présentation du document 1. Les
élèves constateront que les globotruncanidés disparaissent fin Crétacé, que les globigérinidés
apparaissent début Paléocène et que les hétérohélicidés se maintiennent entre les deux
époques bien qu’ils soient moins nombreux au Paléocène.
2. La seconde activité nécessite la rédaction d’un résumé chronologique comme celui
donné à titre d’exemple ci-après. « Un réchauffement climatique a eu lieu entre – 500 000
et – 200 000 ans avant la crise. Le volcanisme intense du Deccan a libéré de grandes
quantités de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Progressivement, par l’effet de serre
induit par ce gaz, l’atmosphère et les eaux de surface océaniques se sont réchauffées.
Dans les 100 000 ans précédant la crise, le dioxyde de carbone, consommé par l’érosion
des roches granitiques, a diminué dans l’atmosphère provoquant ainsi un refroidissement
malgré la seconde phase du volcanisme. Ainsi, les espèces ont dû successivement faire

74 Partie 2 • La biodiversité, résultat et étape de l'évolution


face à un réchauffement climatique global puis à un refroidissement. Celles qui n’ont pas
pu s’adapter à ces conditions climatiques changeantes ont disparu. Peu avant la crise, la
chute d’une météorite géante à Chicxulub (Mexique) a obscurci l’atmosphère ce qui a réduit
la photosynthèse de manière importante. La raréfaction des matières organiques végétales
issues de la photosynthèse a d’abord affecté les espèces herbivores, puis l’ensemble des
chaînes alimentaires. D’autres espèces ont ainsi pu disparaître. Les extinctions massives
sont donc le résultat de l’action complémentaire du volcanisme, de la chute d’une météorite
et des bouleversements climatiques induits.
Démarche guidée
1.1 La consultation du lexique pages 314 (foraminifère planctonique) et 318 (test) permet
d’établir que les « tests de foraminifères planctoniques » sont des squelettes internes
d’animaux unicellulaires vivant dans les eaux proches de la surface.
1.2 Les globotruncanidés, les globigérinidés et les hétérohélicidés sont les trois groupes de
foraminifères cités dans le document 1.
1.3 Deux groupes de foraminifères sont présents fin Crétacé de manière sûre, hétérohélicidés
et globotruncanidés. Début Paléocène, seuls hétéohélicidés et globigérinidés sont identifiés,
les globotruncanidés sont absents.
1.4 Le comptage réalisé à partir des photographies D et E aboutit aux résultats suivants :

Groupes Nombre de tests Nombre de tests présents


de foraminifères présents au Crétacé (D) au Paléocène (E)
Hétérohélicidés 7 2
Globotruncanidés 4 0
Globigérinidés 0 5 ou 6

1.5 La lecture du graphique F montre qu’au Crétacé, hétérohélicidés et globotruncanidés


sont présents, chaque groupe représentant environ la moitié des effectifs. Au Paléocène, les
globotruncanidés ont disparu, les hétérohélicidés sont présents mais rares, moins de 10 %, et
un nouveau groupe de foraminifères planctoniques devient prépondérant, les globigérinidés.
1.6 Les élèves peuvent évoquer deux raisons : des imprécisions de détermination des
individus entraînant des erreurs de comptage au sein des groupes d’une part, la nécessité
d’avoir des échantillons suffisamment grands pour établir des pourcentages fiables d’autre
part.
1.7 Dans la mesure où un groupe d’espèces a disparu fin Crétacé, les globotruncanidés, et
un autre est apparu début Paléocène, les globigérinidés, ces animaux ont bien été touchés
par la crise.
2.1 De – 65,5 à – 65,1 millions d’années, le climat s’est réchauffé à la suite d’une importante
activité volcanique libérant du CO2, un gaz à effet de serre Puis, de – 65,1 à – 65 millions
d’années, le climat s’est refroidi du fait de la diminution de CO2 atmosphérique consommé
par l’érosion des roches. Ce refroidissement a été brutalement accentué par la chute d’une
météorite vers – 65 millions d’années, provoquant un « hiver nucléaire ».
2.2 En résumé, la photosynthèse est la capacité des plantes à fabriquer des molécules
organiques à partir notamment de CO2 et de lumière. La baisse de CO2 avant la fin du Crétacé
et la privation de lumière à la suite de la chute de la météorite expliquent cette considérable
baisse.
2.3 De nombreuses chaînes alimentaires ont comme premier maillon les plantes. Si ces
dernières photosynthétisent moins, elles seront moins développées. Cela réduit la nourriture
disponible pour les végétariens et ensuite pour les animaux carnivores.

Chapitre 2 • La biodiversité change au cours du temps 75


2.4 La réduction de la nourriture disponible sur Terre vers – 65 millions d’années a privé
certaines espèces de la possibilité de vivre normalement. Ces dernières ont donc disparu.
Activité collaborative
Cette étude permet de cibler la notion de crise biologique sur un exemple précis d’êtres
vivants et d’échanger des arguments entre élèves.

3 Ressources complémentaires
• L’intégralité de l’entretien donné par Thierry Adatte figure dans « Les dossiers de la
Recherche » publié en mai 2010 n° 39. Il montre que cette crise ne possède pas une cause
unique.
• On peut consulter également un article de la revue La Recherche publié en mars 2015-n°497
intitulé « Extinction des dinosaures : la thèse du volcanisme se réveille » par Richard Stone.
Outre des données récentes, cet article montre bien avec quelle ferveur les scientifiques
peuvent défendre une théorie, une hypothèse, malgré les faits et les preuves accumulés.

La biodiversité actuelle s’effondre


Unité 5 (p. 104-105)

Extraits du programme

Connaissances Capacités
• De nombreux facteurs, dont l’activité hu- • Envisager les effets des pratiques humaines
maine, provoquent des modifications de la contemporaines sur la biodiversité (6e crise
biodiversité. biologique) comme un exemple d’interactions
Précisions : Deux exemples de crises sont entre espèces dirigeant l’évolution de la bio-
suggérés dont la crise actuelle de la biodiver- diversité.
sité souvent appelée par les auteurs scienti-
fiques « 6e crise biologique ».

1 Les intentions pédagogiques


Cette unité est exclusivement dédiée à la sixième crise biologique. Le document 1 introduit
la réalité de cette crise et dégage deux caractères qui lui sont spécifiques : sa rapidité et sa
cause unique, les actions humaines.
Le document 2 est un graphique présentant des valeurs concernant cette crise chez
les vertébrés, du xvie siècle à nos jours. Enfin, le document 3 décrit trois mécanismes
destructeurs de la biodiversité actuelle.

2 Activités envisageables
Démarche autonome
1. La première activité conduit les élèves à comprendre que cette crise est très rapide. Les
preuves sont données dans le document 1 : « … extinction de masse à venir en quelques
décennies… » et par l’exploitation des taux d’extinction fournis par le document 2. À titre
d’exemple, pour les espèces d’oiseaux, le taux d’extinction était quasiment nul. Or, depuis le
xvie siècle jusqu’à nos jours, ce taux est passé de 0,1 à 1,4 ; il est donc 14 fois plus élevé. En
moyenne, pour l’ensemble des vertébrés, le taux d’extinction a été multiplié par 8 depuis le
xvie siècle.

76 Partie 2 • La biodiversité, résultat et étape de l'évolution


2. La deuxième activité permet de repérer trois grands mécanismes destructeurs de la
biodiversité actuelle ainsi que leurs modes d’action. Ces informations peuvent être résumées
dans un tableau.
Processus destructeurs de la biodiversité Modes d’action
Réduction importante de la surface des Diminution des populations et du nombre des
écosystèmes comme les forêts espèces présentes dans l’écosystème réduit
Diminution des populations des espèces
Pêches et chasses excessives chassées ou pêchées allant jusqu’à la disparition
des espèces
Destruction progressive de l’écosystème envahi,
Introduction d’espèces invasives ou ici les herbiers à posidonie, puis des espèces
envahissantes comme la caulerpe inféodées à ce dernier comme un poisson, la
saupe.
D’autres mécanismes comme l’emploi massif de pesticides ou le rejet de millions de tonnes
de plastiques variés dans les océans peuvent être étudiés de manière complémentaire.
Démarche guidée
1.1 Il s’agit d’une brève période de l’histoire de la Terre marquée par un bouleversement
important de la biodiversité.
1.2 Le document 1 précise que, si rien n’est fait, la moitié des animaux et plantes de la
planète auront été éliminés à la fin du xxie siècle.
1.3 Les cinq crises biologiques précédentes étaient associées à des causes physiques alors
que la crise actuelle est uniquement due aux activités humaines. Par ailleurs, cette crise est
beaucoup plus rapide que les crises passées. Elle se déroule et se déroulera sur quelques
décennies alors que les crises passées se sont déroulées sur des milliers d’années.
1.4 Le document 2 permet de relever divers taux d’extinction des vertébrés.
Taux d’extinction « normal » Taux d’extinction observé
Années étudiées des vertébrés des vertébrés totaux
(% extinctions par an) (% extinctions par an)
1600 0,04 < 0,1
1850 < 0,1 < 0,4
2014 0,1 0,8

1.5 En 1600 le taux d’extinction observé des vertébrés totaux était 0,1 : 0,04 = 2,5 fois plus
grand que le taux « normal ». En 1850, il était 0,4 : 0,1 = 4 fois plus grand et en 2014, 0,8 :
0,1 = 8 fois plus grand. Les taux d’extinction augmentent sans cesse ce qui traduit une
accélération de la crise biologique actuelle donc une perte accrue de la biodiversité.
2.1 Les noms des processus actuels destructeurs de biodiversité se trouvent dans le
document 3. Il s’agit de la réduction de la surface des territoires occupés par les espèces
(cas de l’orang-outan de Bornéo), de l’excès de chasse ou de pêche de certaines espèces (cas
de la baleine bleue) et de l’introduction d’espèces invasives qui concurrencent les espèces
locales (cas de la caulerpe).
2.2 La réduction du territoire limite les ressources alimentaires disponibles ce qui fait que
tous les individus ne se nourrissent pas suffisamment. Elle perturbe aussi leur reproduction,
leur communication intraspécifique…
N.B. : Par ailleurs, l’orang-outan constitue une cible facile pour les chasseurs.
2.3 Trois mesures importantes ont été actées : la pêche a totalement été interdite, des voies
maritimes ont été déviées et des zones océaniques protégées définies.

Chapitre 2 • La biodiversité change au cours du temps 77


2.4 L’interdiction de pêche évite une baisse rapide et importante du nombre d’individus
au sein des populations. La déviation des voies maritimes évite aux navires de percuter
accidentellement les animaux. Enfin, la protection de zones océaniques favorise la
reproduction de cette espèce.
2.5 L’algue caulerpe a étouffé les herbiers de posidonie. Ainsi, ces derniers périclitent. Or, les
posidonies constituent une source de nourriture et un lieu de reproduction pour les poissons
herbivores comme les saupes. Privées de celles-ci, les populations de saupes vont elles
aussi baisser.
Activité collaborative
D’une part, le QCM proposé permet aux élèves d’argumenter précisément : bonnes réponses
et réponses erronées doivent être justifiées. D’autre part, chaque élève est amené à prendre
la parole devant les trois autres.
Pour la question 2, une lecture très précise est nécessaire : le taux d’extinction actuel
des mammifères est de 1,4 pour un taux d’extinction « normal » des vertébrés de 0,1 soit
1,4/0,1=14. Les mammifères sont donc la bonne réponse, c’est-à-dire a.

3 Ressources complémentaires
• Liste des espèces menacées mise à jour régulièrement [Link]
• Des informations complémentaires sur l’analyse de la viabilité d’une population www.
[Link]/-gwhite/pva/[Link]
• Un article sur l’accélération de la 6e extinction de masse « Alerte rouge sur la biodiversité »
dans La Recherche de septembre 2017 n°527.
• Le site du WWF (Fond Mondial pour la Nature), organisation indépendante de protection de
l’environnement dans le monde [Link]

Exercices
Vérifier ses connaissances (p. 109)
La correction des exercices 1 à 7 figure dans le manuel page 306.

S’entraîner (p. 110)


L’exercice 8 est résolu dans le manuel.

Exercice 9. Exercice similaire


1. Dans les six derniers mètres de roches du Crétacé, l’intensité photosynthétique (IP) augmente
progressivement de 4 à 5 unités arbitraires (ua). À la limite du Crétacé et du Paléocène, l’IP di-
minue brusquement à 1 ua puis retrouve rapidement sa valeur initiale. Ensuite, dans les quatre
premiers mètres de roches du début du Paléocène, l’IP se stabilise autour de 5 ua.
2. La diminution brusque et transitoire de l’IP à la limite Crétacé-Paléocène traduit une baisse
importante de la photosynthèse. Cette baisse constitue un argument en faveur d’une crise biolo-
gique ayant affecté les plantes à cette période.

78 Partie 2 • La biodiversité, résultat et étape de l'évolution


Exercice 10. Formuler une hypothèse explicative
L’emploi massif de pesticides est la cause de la baisse de l’indice de biodiversité des espèces
d’oiseaux des champs. Les élèves pourront formuler diverses hypothèses : les pesticides absor-
bés par les plantes cultivées pourraient empoisonner les espèces d’oiseaux qui consomment
leurs graines ; les pesticides pourraient pénétrer directement dans l’organisme des oiseaux et
déclencher des maladies ; les pesticides pourraient raréfier la nourriture des oiseaux (insectes,
limaces…). En cas de difficulté, l’élève pourra se référer à la fiche compétence n° 3 « J’apprends
à formuler des hypothèses. »

Exercice 11. Lire un tableau


Les mammouths sont plus proches des éléphants indiens car ils possèdent trois caractères
communs avec eux au lieu de deux seulement avec les éléphants africains.

Exercice 12. Faire preuve d’esprit critique


En se référant à un des exemples traités précédemment dans l’unité 1, formation de l’espèce
de pinson « Big-Bird » par exemple, on voit que l’évolution peut être observée à l’échelle de
quelques années ou décennies.

Exercice 13. S’exprimer à l’oral


Quelle que soit l’espèce choisie, l’élève pourra se référer au site de l’UICN, rubrique liste rouge
des espèces menacées [Link] À titre d’exemple, le cas du jaguar
Panthera onca peut être envisagé. Cette espèce a perdu 46 % de son aire de répartition en Amé-
rique du Sud depuis le début du xxe siècle du fait de la réduction de la forêt tropicale amazonienne
principalement, mais aussi à cause du braconnage afin de récupérer son magnifique pelage et
de conflits avec les hommes – car le jaguar peut consommer du bétail. Cette espèce est quasi
menacée selon l’UICN. On compte environ six adultes pour 100 km2 actuellement. Grâce aux
mesures prises : suivi des animaux depuis 2009 en les équipant de colliers GPS, aménagement
de corridors pour les animaux sauvages, augmentation du nombre de proies naturelles dans la
forêt, la population de jaguars est en augmentation mais demeure faible.

Exercice 14. Raisonner à partir d’un calcul


Chaque année, sur une population de 1 000 gnous, 250 meurent et comme chaque squelette de
gnou comporte 152 os, 152 x 250 = 38 000 os peuvent théoriquement débuter un processus de
fossilisation. Or, au bout d’un an, il ne reste que 50 carcasses représentées uniquement par 52 os
soit 50 x 52 = 2 600 os. Donc, en réalité seuls 6,8 % des os de gnous (2 600 x 100 / 38 000) peuvent
débuter un processus de fossilisation, ce qui explique la rareté de ce phénomène.

Exercice 15. Faire preuve d’esprit critique


Le texte indique clairement les deux types d’organes le plus souvent fossilisés : feuille et tronc.
La photographie B correspond à une feuille identifiable par sa forme, la présence de nervures et
ses dimensions. La photographie C correspond à un tronc coupé transversalement identifiable
par les cernes et par le diamètre supérieur à 1 mètre. La reconstitution proposée semble cohé-
rente avec les éléments disponibles. Néanmoins, les proportions ne semblent pas respectées
puisque le diamètre du tronc paraît inférieur à la longueur totale du limbe d’une feuille. De plus,
les feuilles étant fossilisées individuellement, on ne peut pas savoir si elles se rattachaient aux
individuellement ou par groupes aux branches.

Chapitre 2 • La biodiversité change au cours du temps 79


Raisonnement scientifique (p. 112-113)
Exercice 16. L’écrevisse marbrée : une redoutable espèce invasive
L’écrevisse marbrée est une espèce invasive à Madagascar ; son territoire a été multiplié par
100 en l’espace de 10 ans, en occupant les écosystèmes les plus variés : rizières, lacs, maré-
cages côtiers. Comme toute espèce invasive, elle est initialement extérieure aux écosystèmes
malgaches et perturbe l’équilibre de ces derniers en se multipliant aux dépens des sept espèces
d’écrevisses autochtones. Elle constitue donc une menace pour la biodiversité locale, surtout du
fait de propriétés reproductrices remarquables. Une femelle produit 1 200 petits en deux ans,
petits qui se développent directement sans être fécondés par un mâle. Au bout de six mois, les
petits atteignent la maturité sexuelle et se reproduisent à leur tour. Ainsi, les populations d’écre-
visses marbrées croissent extrêmement rapidement. De plus, elles véhiculent un microorga-
nisme pathogène qui détruit les écrevisses autochtones. On comprend ainsi que les sept espèces
d’écrevisses locales sont menacées.

Exercice 17. Les ammonites lors de la grande crise de la fin du Permien


Une crise biologique est une brève période à l’échelle des temps géologiques au cours de laquelle
la biodiversité subit de profonds changements. Ces changements consistent en des extinctions
massives de groupes d’espèces suivies d’une radiation adaptative, c’est-à-dire de la diversification
de certaines espèces survivantes. La crise de la fin du Permien, qui eut lieu il y a 252 Ma, a dou-
blement affecté les ammonites. Les 20 genres de goniatites encore présents s’éteignent tous. En
revanche, après la crise le nombre de genres de cératites « explose » en quelque sorte puisqu’il
passe d’environ 10 présents lors de la crise à plus de 100, 2 Ma après la crise. Il y a bien eu une
extinction massive des goniatites et une radiation adaptative des cératites au sein des ammonites.

Exercice 18. Une cohabitation difficile


La réintroduction de l’ours brun était devenue une nécessité pour le maintien de cette espèce,
car la population ne comportait plus que 43 adultes en 2017 alors qu’il en faut au moins 50 pour
que la population soit viable à long terme. Les problèmes posés sont liés à la cohabitation avec
les éleveurs et les apiculteurs. En effet, en 2016, 158 attaques de brebis ont été attribuées à
l’ours brun ainsi que la destruction de 31 ruches. Cela étant, en admettant que 15 000 brebis sur
600 000 présentes dans les pâturages en été meurent, les attaques dues à l’ours brun repré-
sentent moins de 1 % des décès des brebis.

Construire sa démarche (p. 114-115)


Exercice 19. L’extinction des grands mammifères américains au Pleistocène
Quelle que soit la démarche utilisée par l’élève, les éléments suivants devront être extraits des
trois documents :
Le document 1A présente ce qu’est la mégafaune : des vertébrés dont la masse dépasse 44 kg
à l’âge adulte. Le graphique du document 1D montre que sur 50 espèces, un peu moins de 40
ont disparu à la fin du Pléistocène dont l’ensemble des espèces qui pesaient plus de 1 000 kg à
l’âge adulte. Le document 1E permet de voir la répartition géographique de ces extinctions sur
l’ensemble du continent américain. On constate, lorsque les données fossiles sont disponibles,
que 50 à 78 % des espèces présentes sur un territoire ont disparu ; aucune zone géographique
n’a été épargnée.
Le document 2A montre que la colonisation du continent américain par les hommes modernes
s’est faite progressivement du nord vers le sud en quelques siècles, entre – 14 000 et – 13 500 ans.
Ces hommes étaient capables d’élaborer des armes de jet en pierre (document 2B). L’efficacité
de ces armes est démontrée par la présence d’une pointe de flèche présente à l’intérieur d’un os
de mastodonte, un vertébré de la mégafaune (document 2C).

80 Partie 2 • La biodiversité, résultat et étape de l'évolution


Une chasse intensive de la mégafaune américaine par les hommes modernes constitue une hy-
pothèse vraisemblable quant à la disparition de cette mégafaune vers – 12 000 ans.
Le document 3 présente plusieurs données climatiques du Pléistocène. Une période très froide
s’est achevée il y a environ 12 000 ans : la surface de la calotte glaciaire est devenue très réduite
(document 3B), à l’image de ce qu’elle est de nos jours (document 1A). De même, il y a 12 000 ans,
la température moyenne annuelle qui était plus basse de 7 ºC par rapport à l’actuelle, a brus-
quement augmenté de 5 ºC en quelques centaines d’années (document 3B). Enfin, à la même
époque, les précipitations moyennes annuelles sont passées de 0,7 à 1,1 mm/jour, c’est-à-dire
ont été multipliées par 4 (document 3B). Ces trois types de données : surface de la calotte gla-
ciaire minimale, augmentation de la température terrestre et augmentation des précipitations
annuelles il y a 12 000 ans, témoignent d’un réchauffement climatique important et rapide à la fin
du Pléistocène. Ce réchauffement climatique constitue une seconde hypothèse de la disparition
de la mégafaune américaine.
Finalement, les élèves pourront formuler une troisième hypothèse qui est la juxtaposition des
deux précédentes. La mégafaune américaine a disparu à la fin du Pléistocène sous l’action conju-
guée d’une chasse intensive et d’un brusque réchauffement climatique.
N.B. : Deux articles scientifiques font le point sur cette disparition de la mégafaune aux Amériques
et sur les autres continents. « La surprenante extinction de la mégafaune » (« Les dossiers de la
Recherche », août 2012 n°50) et « Les mammifères géants exterminés par les humains » (La Re-
cherche, juin 2018 n°536). Cette extinction est également relatée dans Guide critique de l’évolution
de G. Lecointre, Éditions Belin, 2009.

Chapitre 2 • La biodiversité change au cours du temps 81

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