1
0. INTRODUCTION
0.1. PROBLÉMATIQUE
Cette étude se propose d’analyser l’influence de la pauvreté sur la santé en
générale et les facteurs de la mortalité infanto-juvénile particulièrement en RDC.
La RDC, pays le plus vaste d'Afrique subsaharienne, s'étend sur une superficie
de 2.345.409 Km2. Fragilisée par des conflits armés pendant de nombreuses années qui
ont accentué une situation socio-économique déjà précaire, la RDC figure parmi les
pays les plus pauvres au monde. En 2018, l'indice de développement humain (0,459)
du pays l'avait classé 179ème sur 189 dans le monde1.
En 2015, la RDC a adhéré aux Objectifs du Développement Durable (ODD). Et,
le premier de ces objectifs est d’éliminer la pauvreté, sous toutes ses formes et partout
dans le monde2, afin que chaque personne puisse satisfaire ses besoins essentiels :
santé, éducation, accès à l’eau, à l’assainissement, nutrition, logement décent, etc. Les
statistiques renseignent, le nombre de personnes vivant sous le seuil d'extrême
pauvreté dans le monde s’est réduit de 1,9 milliard à un peu moins 740 millions entre
la période 1981 et 20153.
Une évolution d'autant plus positive que dans le même temps, la population
mondiale s'est accrue. Ainsi, le taux d'extrême pauvreté a été réduit : 10% de la
population mondiale vivaient avec moins de 1,25 USD par jour en 2015 contre 52,2%
au début des années 1980. En réalité, ces avancées sont maigres puisque même lorsque
le seuil international de la pauvreté est revu ; la planète comptera toujours un lot
important des pauvres. Ce qui prouve que la pauvreté demeure à ce jour un problème
majeur. Elle touche le monde en développement tout comme les pays développés. A
cet effet, COHEN, écrit : « les vieilles nations occidentales sont ainsi rattrapées par un
mal dont elles se croyaient guéries, le paupérisme4 ».
1
PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR LE DEVELOPPEMENT (PNUD), cadre de coopération des Nations unies pour le
développement durable 2020-2024, New York, 2020.
2
PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR LE DEVELOPPEMENT (PNUD), des OMD au développement durable pour tous,
New York, 2016.
3
Disponible sur [Link].
4
COHEN, D., richesse du monde, pauvreté des nations, paris, éd. Champs Flammarion, 2012.
2
En RDC, la pauvreté est généralisée et touche environ deux tiers de la
population5. Le deuxième chapitre du DSP montre qu’entre 2005 et 2012, la proportion
de personnes vivant sous le seuil de la pauvreté est tombée de 69,3 % à 64 %. Près de
14 % de la population (une personne sur sept) touchée par l’extrême pauvreté en
Afrique subsaharienne vit en RDC6. Ainsi, la baisse de l'incidence de la pauvreté de
5,3 points de pourcentage a été associée à une augmentation du nombre des pauvres
d'environ 7 millions. Cette augmentation du nombre des pauvres est imputable aux
changements démographiques dans les deux provinces du Kasaï, qui ont enregistré 4
millions de pauvres supplémentaires en 2012, la ville de Kinshasa 1,2 million de
pauvres, ainsi que les provinces de Bandundu et de l’Équateur 7. Malgré ce léger recul,
l’extrême pauvreté demeure élevée au regard des normes internationales.
Plus loin, dans ses études sur la pauvreté et privations de l’enfant en RDC,
l’UNICEF estime qu’un enfant est considéré comme multi-dimensionnellement pauvre
et vulnérable, s'il souffre simultanément de trois privations. Suivant ce seuil, 74,6%
des enfants (environ 40 millions d'enfants, soit 19,9 millions de filles et 20,1 millions
de garçons) ont été identifiés comme multi-dimensionnellement pauvres. Afin
d'atteindre la cible 1.2 de l'ODD 1, la RDC devra au minimum réduire le pourcentage
d'enfants âgés de 0 à 17 ans vivant dans la pauvreté multi-dimensionnelle de 74,6% à
37,3% d'ici 20308. En surenchère, 82,3% des enfants âgés de 0 à 23 mois subissent des
privations dans la dimension santé, 83,1% pour les enfants de 0 à 23 mois suivis de
ceux de 24 à 59 mois (53,6%) dans la dimension nutrition et plus de la moitié des
enfants de tous les groupes d'âges subissent des privations dans la dimension de l'eau.
Seuls 4 enfants sur 10 vivent dans un ménage disposant d'un endroit pour se laver les
mains, et ce pour tous les groupes d'âge9.
Selon le rapport de l’étude Diagnostic de la pauvreté, eau, assainissement et
hygiène, financée par la Banque Mondiale en 2017, la situation du secteur de l’Eau,
Hygiène et Assainissement est précaire dans un pays riche en eau. Seulement 50,4 %
5
MINISTERE DU PLAN, rapport d’examen national volontaire des objectifs du développement durable, 2020.
6
WORLD BANK, Diagnostic systématique pays de la RDC, 2018.
7
WORLD BANK, rapport sur l’évaluation de la pauvreté en RDC, 2016.
8
FONDS DES NATIONS UNIES POUR L’ENFANCE (UNICEF), rapport sur pauvreté et privations de l’enfant en RDC, Kinshasa,
2021.
9
FONDS DES NATIONS UNIES POUR L’ENFANCE (UNICEF), rapport sur pauvreté et privations de l’enfant en RDC, Kinshasa,
2021, [Link].
3
de la population de la RDC ont accès à des points d’eau améliorés et moins de 29 %
d’entre elle ont accès à un assainissement amélioré10. A ce sujet, le nombre total de
congolais à ne pas avoir accès à des points d’eau améliorés et à un assainissement
amélioré a augmenté de plus d’un quart, passant à plus de 35 millions et à 53 millions.
Les zones urbaines connaissent un bien meilleur taux d’accès à des points d’eau
améliorés que les zones rurales. L’accès à des points d’eau améliorés dans les villes
s’élève à 84,6 %, par rapport à seulement 32,6 % en milieu rural11.
Par ailleurs, la pauvreté dépend de la conception que l'on se donne des besoins
humains. Pour dire qu'il n'existe pas de définition générique de la pauvreté. De plus en
plus, la pauvreté est définie comme la privation des capacités fondamentales c'est-à-
dire les différentes choses qu’une personne aspire à faire ou à être plutôt que la simple
insuffisance de revenus12.
La définition retenue comme référence par l’Union Européenne datant de 198413
est : « Par pauvres, on entend les personnes, familles ou groupes de personnes dont les
ressources (matérielles, financières, culturelles et sociales) sont si limitées qu’elles
sont exclues du niveau de vie minimal reconnu comme acceptable dans l’Etat membre
où ils vivent ». Outre, dans son rapport sur le développement humain de 1997, le
PNUD introduit le concept « pauvreté humaine14 ». Dans ce rapport, la pauvreté est
considérée comme « la négation des opportunités et des possibilités des choix les plus
essentiels au développement humain : longévité, santé, créativité, mais aussi
conditions décentes, dignité, respect de soi-même et des autres, accès à tout ce qui
donne sa valeur à la vie15 ». Mais elle est avant tout une privation des capacités
élémentaires16.
10
WORLD BA NK, Rapport de l’étude Diagnostic de la pauvreté et de l’eau, assainissement et hygiène en RDC, 2017
11
MINISTERE SANTE PUBLIQUE, PNDS recadré pour la période 2019-2022 : Vers la couverture sanitaire universelle,
Kinshasa, 2018.
12
WORLD BANK, world developement report 2002/2001 : Attacking poverty, Washington, 2000.
13
CENTRE DE DEVELOPPEMENT DES RESSOURCES POUR L’EMPLOI, la pauvreté, la précarité et l’exclusion : état de lieux en
Franche-Comté, Paris, 2005.
14
L’indicateur élaboré à savoir : l’indicateur de pauvreté humaine (IPH) ne saisit pas la totalité des aspects du concept
pauvreté.
15
PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR LE DEVELOPPEMENT (PNUD), rapport mondial sur le développement humain,
Paris, éd. Economica, 1997.
16
SEN, A., Un nouveau modèle économique : développement, justice, liberté, Paris, éd. Odile Jacobs, 2000.
4
En effet, la première grande Conférence Internationale sur la Santé organisée
par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Alma Ata (Kazakhstan) en 1978 17
avait pour objectif principal, de donner une impulsion au développement des soins de
santé de base. Cette réunion a permis de redéfinir un cadre permettant de répondre à
l’une des missions assignées à l’OMS dans sa constitution de 1948, à savoir « faire
progresser l’action en faveur de la santé et du bien-être de la mère et de l’enfant », ce
qui a ravivé une fois de plus la question de la santé à l’échelle de la planète.
Ainsi dans les pays pauvres, l’amélioration de la santé, et notamment celle de la
mère et de l'enfant est l’un des défis majeurs à relever. Pour preuve, dans son rapport
de 2008 sur la situation des enfants dans le monde, I'UNICEF 18 fait remarquer que les
deux tiers de tous les décès maternels surviennent dans 10 pays pauvres seulement, et
l’Inde et le Nigéria regroupent à eux deux un tiers des décès maternels de la planète.
Bien plus, dans ces pays la probabilité que les parents soient affligés par le chagrin
plutôt que par la joie après une naissance est cinquante fois supérieure à celle des pays
riches19. Aussi en 2019, l’OMS20 estime que 5,2 millions d’enfants âgés de moins de 5
ans sont morts, le plus souvent de maladies qui pourraient être évitées ou traitées. Et,
80% de ces décès surviennent en Asie du sud et en Afrique subsaharienne
principalement dans 5 pays : le Nigeria, l’Inde, le Pakistan, la RDC et l’Ethiopie ; qui
représentent à eux seuls près d’un tiers de l’ensemble des décès.
Par ailleurs, les statistiques récentes de l’OMS 21 renseignent le nombre de décès
des enfants de moins de cinq ans en Afrique subsaharienne était passé de 180 en 1990,
puis à 152 en 2000, pour baisser à (102 et 86) en (2010 et 2015) et enfin se hisser à 76
décès pour 1000 naissances vivantes en 2019. Toutefois, il existe des disparités inter et
intra pays au sein de l’Afrique. De nos jours, en dépit des efforts multiformes à
l’échelle mondiale en faveur de l’Afrique Subsaharienne, la moyenne du taux de
17
En 1978, une conférence historique qui s’est tenue à Alma-Ata a défini comme suit le but de la santé pour tous d’ici l’an
2000 « …donner à tous les peuples du monde d’ici l’an 2000 un niveau de santé qui leur permette de mener une vie
socialement et économiquement productive ».
18
FONDS DES NATIONS UNIES POUR L’ENFANCE (UNICEF), Rapport sur la situation des enfants dans le monde, New-York,
2008.
19
EASTERLY, M., Les pays pauvres sont-ils condamnés à le rester ?, Paris, éd. EYROLLES, 2007, pp. 19
20
Disponible sur : [Link]/fr/news-room/fact-sheets/detail/children-reducing-mortality
21
ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE (OMS), Rapport sur la santé dans le monde, Genève, 2020.
5
mortalité infanto-juvénile de cette partie, est le double de celle du monde (38 décès
pour 1000 naissances vivantes)22.
En RDC, bien que les tendances de la mortalité chez les moins de 5 ans soient à
la baisse entre 2007 et 2014, ces mortalités restent encore élevées par rapport aux
seuils international. Sur 1000 enfants, environ 148 et 104 enfants décèdent avant leur
5è anniversaire, dont 42 et 28 entre 0 et 28 jours de vie, et 92 et 58 avant leur 1er
anniversaire. Le ratio de la mortalité néonatale est passé de 42 décès pour 1000 NV en
2007 à 28 décès pour 1000 NV en 2013 à 8 points de la cible escomptée en 2015 de 20
décès pour 1.000 NV dans le plan stratégique SR. Celui de la mortalité infantile, est
passé de 92 décès pour 1000 NV en 2007 à 54 décès pour 1000 NV en 2013 à 12
points de la cible fixé du plan stratégique SR pour 2015 de 42 décès pour 1.000 NV23.
En 2018, le rapport de la quatrième enquête par grappes à indicateurs multiples
avec volet paludisme (MICS-PALU, RDC, 2018) 24 révèle que le niveau de la mortalité
des enfants de moins de 5 ans en RDC s’établit à 70 pour 1000 naissances vivantes. En
d’autres termes, 7 enfants sur 100 décèdent avant d’atteindre leur 5eme anniversaire.
Ces statistiques sont élevés puisse que la cible l’objectif du développement durable
(ODD 3.2) est d’ici 2030, éliminer les décès évitables de nouveau-nés et tous les pays
devant chercher à ramener la mortalité des enfants de moins de cinq ans à 25 pour
1000 naissances vivantes au plus. En surenchère, Environ les trois quarts des décès
maternels sont dus à des causes obstétricales directes25.
Par ailleurs, Un enfant de moins de 5 ans sur cinq : (22,6%) présente une
insuffisance pondérale dont 7% sous la forme sévère. Plus de deux enfants de moins
de 5 ans sur cinq (43%) souffrent de la malnutrition chronique ou d’un retard de
croissance, dont 23% sous la forme sévère. Près d’un enfant de moins de 5 ans sur six
(16,7%) souffre de la malnutrition aiguë globale (émaciation), et 5% sous la forme
22
UN-IGME, 2020.
23
MINISTERE DU PLAN, Rapport de la deuxième enquête démographique et de santé, Kinshasa, 2014.
24
MINISTERE DU PLAN, INS, Rapport de l’enquête par grappes à indicateurs multiples avec volet paludisme (MICS-PALU,
RDC, 2018).
25
SAY, L. et AL. « Causes mondiales de la mortalité maternelle : Une analyse systématique de l’OMS.
6
sévère26. Ces prévalences dépassent les seuils internationaux fixés à 10% pour la
malnutrition aiguë globale (MAG) et à 2% pour la malnutrition aiguë sévère (MAS).
Cependant, en Afrique subsaharienne, et particulièrement en RDC, l'on déplore
la dégradation de la situation sanitaire. A cet égard, les dix derniers pays en 2013 où
les conditions d'accouchement et de naissance sont médiocres sont tous d'Afrique
subsaharienne27.
Dans les pays pauvres, les femmes en âge de procréer sont nombreuses à
mourir. D’ailleurs, l'OMS observe que près de 99% des décès maternels survenant
chaque année ont lieu dans les PED. La moitié d'entre eux surviennent en Afrique
subsaharienne soit 265.000 à cause principalement des complications liées à la
grossesse et à l'accouchement28. En RDC, il s'observe un risque de mortalité élevé,
notamment lors de l'accouchement. Selon le rapport « Survey the first Day, 2013 » de
l'ONG internationale Save The Children, une mère sur 30 risque de mourir en RDC en
raison de problèmes de santé liés à la maternité et notamment à l'accouchement.
Ceci dénote l’intérêt multiforme (politique, scientifique, économique et
culturel) de la réduction de la pauvreté et de la santé du fait de l’inextricable lien de
ces deux phénomènes. C’est à juste titre que le Secrétaire Général des Nations Unies
disait « le plus grand ennemi de la santé dans le monde en développement est la
pauvreté29 ». Aussi Wagstaff30 note, il est une évidence que la pauvreté et la santé vont
de pair. En matière de santé, les pays pauvres tendent à réaliser de moins bons résultats
que les pays riches. Et à l'intérieur d'un même pays, les pauvres se portent en moins
bonne santé que les riches et meurent plus jeunes que le reste de la population. Leurs
taux de mortalité maternelle et infantile et l'incidence de la maladie sont en moyenne
plus élevés que dans les autres catégories, avec un accès plus limités aux soins de santé
et aux dispositifs de protection sociale31.
26
MINISTERE SANTE PUBLIQUE, PNDS recadré pour la période 2019-2022 : Vers la couverture sanitaire universelle,
Kinshasa, 2018, [Link].
27
SAVE THE CHILDREN, Surviying The First Day-state of World’s Mothers, London, 2013
28
Disponible sur [Link]/rdc-le-pire-des-pays-pour-etre-mere-en-2013
29
Koffi Anan, cité par Charbit et Gaimard, 2015, p. 203.
30
WAGSTAFF, A., Pauvreté et inégalités dans le secteur de la santé, in Bulletin de l’OMS, Recueil d’article n°7, 2002.
31
ORGANISATION DE COOPERATION ET DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE (OCDE), ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE
(OMS), Santé et pauvreté dans les pays en développement - les grandes lignes d’actions, in Revue de l’OCDE, France, 2003.
7
Pour les pauvres, en particulier la santé est aussi un actif économique de
première importance, la clé de leur survie. De ce fait, lorsqu'un pauvre tombe malade,
la famille risque de se trouver piégée dans un cercle vicieux de paupérisation face au
coût élevé des soins médicaux. Dans ce contexte où les pauvres paient un lourd tribut
de la maladie, l'amélioration de la santé permet de réduire la pauvreté. En ce sens,
l'investissement dans la santé est un vecteur important de développement économique.
Ce qui corrobore les conclusions des travaux de la Commission Macroéconomie et
santé (CMS) de l'Organisation Mondiale de la Santé, qui ont mis en évidence les liens
entre santé et développement économique.
Egalement, l'investissement dans la santé permet l'augmentation de la
productivité de la main d'œuvre. Les travailleurs en bonne santé, sont plus productifs
et gagnent des salaires plus élevés. C'est ce que montrent les études qui établissent un
lien entre les investissements dans la santé et la nutrition des jeunes d'une part, et les
salaires des adultes d'autre part32.
La mauvaise santé peut influer profondément sur le revenu des ménages et
même faire toute la différence entre être au-dessus ou en dessous du seuil de pauvreté.
Les pauvres souffrent d'une multitude de privations qui se traduisent par des niveaux
élevés de mauvaise santé. Ils se trouvent donc piégés dans un cercle vicieux : « la
pauvreté engendre la mauvaise santé et la mauvaise santé entretient la pauvreté ».
L’amélioration de la santé conduit à l'accroissement de l'investissement national
et étranger, du fait qu'il ouvre à des meilleures perspectives de croissance. C'est à cet
égard que la Déclaration d'Alma Ata en 197833 visait de façon explicite l'amélioration
de la santé des pauvres en demandant aux gouvernements de consacrer 15% de leur
budget au secteur de la santé. Et qu’en 2000, la Déclaration du millénaire affirmait la
nécessité de sortir les pays pauvres du piège de la pauvreté et de la mauvaise santé.
Dans le même registre, le rapport des Nations Unies de 2010 sur l'évaluation des OMD
réaffirme l'idée selon laquelle les systèmes de santé doivent contribuer à la réduction
de la pauvreté.
32
BLOOM, D, et AL, Santé, richesse et bien-être, in Finances et développement, FMI,2004.
33
ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE (OMS), Déclaration d’Alma Ata, Genève, 1978.
8
Somme toute, les lignes qui précèdent montent clairement la relation qui existe
ou celle qui lie la pauvreté et la santé. De ce fait, cela nous offre la possibilité d’étudier
l’influence de la pauvreté sur la santé.
Dans un contexte de médiocrité sanitaire et de pauvreté galopante, il sied de
s'interroger sur les conséquences de la pauvreté sur la santé en RDC. Cela étant, notre
étude voudrait répondre à la question suivante : quelle est l'influence de la pauvreté sur
la santé des enfants de moins de 5 ans en RDC ?
0.2. OBJECTIF DE L’ÉTUDE
L'objectif général de notre travail est d’analyser l’impact de la pauvreté sur la
santé des enfants de moins de 5 ans. A cet objectif central s'ajoute des objectifs
spécifiques suivants :
Présenter la situation et les causes de la pauvreté en RDC ;
Décrire la situation et la politique de la santé en RDC ;
Analyser les déterminants de la mortalité des enfants de moins 5 ans en RDC ;
Formuler des recommandations.
0.3. HYPOTHÈSE DE LA RECHERCHE
Notre étude se fonde sur l’hypothèse suivante :
La pauvreté a une incidence positive sur la mortalité des enfants.
0.4. INTÉRÊT ET JUSTIFICATION DU SUJET
La RDC est un pays pauvre avec des résultats de santé mitigés. La revue des
programmes nationaux et des financements actuels, dans la lutte contre la pauvreté et
dans le secteur de la santé, montre que les informations relatives à la mortalité des
enfants constituent des indicateurs de progrès socio-économiques et sanitaires d’un
pays. Dans un tel contexte, il nous est paru utile d'étudier l'influence de la pauvreté sur
la santé, et particulièrement les déterminants de la mortalité infanto-juvénile.
9
0.5. MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
Pour réaliser notre étude, nous avons recouru à quatre méthodes et une technique :
La méthode systémique : elle nous a permis de faire un examen du système
sanitaire congolais dans un contexte de pauvreté ;
La méthode descriptive : nous a permis de faire une analyse des données en
possession et une description des faits faisant l'objet de notre étude et
La méthode explicative : elle a permis d'établir une relation de cause à effets
entre les différentes variables prises en compte dans le cadre de cette recherche
et ce, dans la partie empirique de celle-ci.
Méthode économétrique : elle nous a permis d’élaborer un modèle afin de
procéder à un examen empirique des déterminants ou facteurs de la mortalité
infanto-juvénile.
Par ailleurs, la technique documentaire a consisté à consulter et exploiter
différents documents pouvant nous faciliter l'accès aux informations afférentes à notre
étude.
0.6. DÉLIMITATION DU SUJET
Sans aucune prétention d’avoir abordé ce sujet dans tous ses aspects ou formes,
il nous est paru important de le circonscrire dans un cadre bien précis. Ainsi, nos
investigations sont menées en RDC, considérant la période allant de 2016 à 2022.
0.7. SUBDIVISION DU TRAVAIL
Outre l’introduction et la conclusion, notre travail comprend trois chapitres. Le
premier présente la revue de la littérature ; le deuxième présente la situation de la
pauvreté et de la santé en RDC ; enfin le troisième analyse empiriquement l’impact de
la pauvreté sur la santé des enfants.