ANATOMIE DU RACHIS CERVICAL
Plan du cours : I. INTRODUCTION
II. OSTEOLOGIE DU RACHIS CERVICAL
III. ARTICULATIONS DES VERTEBRES CERVICALES
IV. OS HYOÏDE
V. CONCLUSION
I. INTRODUCTION
La colonne cervicale est constituée de 7 vertèbres superposée et articulées entres elles. On les désigne sous les noms de
première, deuxième, troisième,... en les comptants de haut en bas.
Le rachis cervical a comme fonction principale de supporter la tête (20% du poids du corps).
==Colonne cervicale, schéma en haut à droite : vue postérieure,
schéma en bas à droite : vue latérale gauche.
II. OSTEOLOGIE DU RACHIS CERVICAL
A. CARACTERES GENERAUX DES VERTEBRES CERVICALES :
Chaque vertèbre cervicale comprend un corps, deux pédicules, deux lames, un processus épineux, deux processus articulaires,
un processus transverse, un foramen vertébral.
a) Corps : allongé transversalement, plus épais en avant qu’en arrière, il présente six faces : supérieure, inférieure, antérieure,
postérieure et deux latérales.
La face supérieure est limité de chaque côté par une crête antéro-postérieure appelée crochet ou processus semi lunaire ou
uncus.
La face inférieure présente deux surfaces latérales biseautées qui correspondent aux crochets de la vertèbre sous-jacente
Sur la face antérieure on voit une saillie verticale médiane,
la face postérieure limite en avant le foramen vertébral.
Chaque face latérale donne naissance au pédicule et à la racine antérieure du processus transverse correspondant.
b) Pédicules : s’implantent sur la partie postérieure des faces latérales du corps, et s’étendent jusqu’au processus articulaires.
Foramen intervertébral : orifice compris entre les pédicules de deux vertèbres voisines.
c) Processus articulaires : forment une colonne osseuse verticale, reliée au corps par le pédicule et dont les faces supérieure et
inferieure sont planes articulaires, la supérieure regarde en haut et en arrière, l’inférieure regarde en bas et en avant.
d) Processus transverse : formé par deux racines, l’une antérieure, l’autre postérieure. Ces deux racines limitent avec le pédicule
un foramen « le foramen transversaire » qui livre passage à l’artère vertébrale, à la veine vertébrale, et pour les 5ème et 6ème
vertèbres cervicales au nerf vertébral. Chaque processus transverse se termine en dehors par deux tubercules antérieur et
postérieur.
e) Lames : s’étendent du processus articulaire au processus épineux ; inclinées en bas et en arrière.
f) Processus épineux : formé par la réunion des deux lames sont sommet (extrémité postérieure) est bituberculeux (bifide).
g) Foramen vertébral : triangulaire, à large base antérieure.
B. CARACTERES PARTICULIERS DE CERTAINES VERTEBRES CERVICALES :
1. Première vertèbre cervicale ou atlas ou C1 :
L’atlas est plus étendu transversalement que les autres vertèbres cervicales. Il est formé par deux masses latérales réunies par
deux arcs osseux, antérieur et postérieur. Ces différents segments circonscrivent le foramen vertébral.
Masses latérales : elles ont 6 faces :
La face supérieure est occupée par une surface articulaire appelée aussi cavité glénoïdale, allongée d’arrière en avant, elle
répond (s’articule) au condyle occipital correspondant.
La face inférieure présente une surface articulaire ovalaire à grosse extrémité postéro latérale.
Les faces antérieure et postérieure des masses latérales donnent naissance aux arcs antérieur et postérieur.
La face latérale supporte les racines du processus transverse.
La face médiale présente un tubercule sur lequel s’insère « le ligament transverse » et des foramens vasculaires.
Arc antérieur : convexe en avant présente sur la ligne médiane en avant le tubercule antérieur de l’atlas, auquel s’attache le
long du cou ; en arrière un facette articulaire concave « la fossette odontoïde » qui s’articule avec le processus odontoïde (la
dent) de l’axis.
Arc postérieur : concave en avant, présente sur la partie médiane de sa face postérieure le tubercule postérieur et sur sa face
supérieure et latéralement le sillon de l’artère vertébrale et où cheminent l’artère vertébrale et le premier nerf cervical.
Processus transverse : unituberculeux, très saillant, naissent des masses latérales par deux racines qui circonscrivent (limitent)
le foramen vertébral. En dehors du processus transverse on trouve un gros tubercule qui donne insertion à la plus part des
muscles rotateurs et fléchisseurs latéraux de la tête et du cou.
Foramen vertébral : est le plus grand que celui de toutes les vertèbres ; Le foramen vertébral est divisé par le ligament
transverse en une partie antérieure où se loge la dent de l’axis, et une partie postérieure large traversé par la moelle spinale.
2. Axis ou deuxième vertèbre cervicale ou C2 : c’est le pivot autour duquel tourne l’atlas.
Corps : est surmonté sur la ligne médiane d’une volumineuse saillie verticale « l’apophyse odontoïde » ou « dent de l’axis » qui
s’articule avec l’axe antérieur de l’atlas.
L’apophyse odontoïde : est une saillie cylindro-conique de 15 mm de haut et 1cm de large, elle s’engage en arrière de l’arc
antérieur de l’atlas qu’elle dépasse en haut, elle présente sur sa face antérieure une surface articulaire répond (s’articule) à la
face postérieure de l’arc antérieur de l’atlas ; et une facette postérieure qui répond au ligament transverse.
Processus articulaires : les surfaces articulaires de l’axis n’occupent pas les extrémités d’une même colonne osseuse verticale.
Les surfaces articulaires supérieures sont situées de chaque côté du processus odontoïde, convexes d’avant en arrière, planes
transversalement et légèrement inclinés en dehors (latéralement).
Les surfaces articulaires inférieures sont placées au-dessous des lames.
Pédicules : épais, ils s’étendent des surfaces articulaires supérieures à l’extrémité antérieure des lames.
Processus transverse : petit, unituberculeux, la racine antérieure s’implante sur le corps, la racine postérieure naît du pédicule,
ces deux racines unies au corps et au pédicule forment le foramen transversaire.
Lames : sont épaisses, présentent sur leur face inférieure la face inférieure des processus articulaires.
Processus épineux : est volumineux, sont extrémité postérieure est bifurquée.
Foramen vertébral : les lames, les pédicules et le corps circonscrivent le foramen vertébral. Il a la forme d’un triangle, plus
grand que celui des vertèbres cervicales sous-jacentes mais plus petit que celui de l’atlas.
3. Sixième vertèbre cervicale : sa particularité est que le tubercule antérieur des processus transverses est plus épais et plus
saillant que sur les autres vertèbres, il est appelé « tubercule carotidien ».
4. Septième vertèbre cervicale ou vertèbre proéminente : c’est la vertèbre de transition entre les vertèbres cervicales et les
vertèbres thoraciques (dorsales).
Le corps peut présenter latéralement une petite facette articulaire avec la première côte.
Les processus transverses sont plus longs et unituberculeux.
Le foramen (trou) transversaire est plus petit et n’est traversé que par la veine vertébrale.
Le processus (apophyse) épineux est uni tuberculeuse, long, saillant d’où le nom de « vertèbre proéminente » donné à la 7ème
vertèbre cervicale. Il est facilement palpable chez le sujet maigre lors de la flexion du cou.
III. ARTICULATIONS DES VERTEBRES CERVICALES :
A. ARTICULATIONS DES CINQ DERNIERES VERTEBRES CERVICALES ENTRE ELLES :
Les 3ème, 4ème, 5ème, 6ème et 7ème vertèbres cervicales sont unies entres elles de même manière que les autres vertèbres du
tronc. Seules différent les articulations des corps vertébraux et le ligament nuchal.
. Unions (articulations) des corps vertébraux :
Les corps des vertèbres cervicales sont unis par :
..Un disque intervertébral analogue à celui des autres régions de la colonne vertébrale.
..Les articulations « unco-vertébrales » : sont des « arthrodies ».
Les surfaces articulaires sont pour chaque articulation : la facette supérieure du crochet (uncus) de la vertèbre inferieure, la
facette latérale biseauté (taillée en biseau) de la vertèbre correspondante (supérieure).
Cette articulation possède une capsule articulaire, renforcée en avant par un faisceau ligamenteux et tapissée profondément
par un synoviale.
. Ligament nuchal ou ligament supra spinal :
Au cou, se ligament est développé, il a la forme d’une lame fibreuse, triangulaire, médiane, sagittale, séparant les muscles d’un
côté de ceux du côté opposé.
Il s’étend de la protubérance occipitale externe et à la crête occipitale (base = bord supérieur),
aux processus épineux des vertèbres cervicales (bord antérieur)
et de la protubérance occipitale au processus épineux de la 7ème vertèbre cervicale (bord postérieur), là il se confond avec le
fascia nuchal.
B. ARTICULATION ATLANTO-AXOÏDIENNE MEDIANE :
Le processus odontoïde est reçus dans un anneau atloïdien ostéo-fibreux formé en avant par l’arc antérieur de l’atlas, en
arrière par une lame fibreuse : « le ligament transverse de l’atlas » qui s’étend entre les tubercules des masses latérales de
l’atlas.
L’anneau atloïdien et le processus odontoïde sont unis par deux articulations de type trochoïde :
-l’une antérieure relie l’arc antérieur de l’atlas au processus odontoïde, et qui s’opposent par deux surfaces articulaires
encroutées de cartilage.
-l’autre postérieure unit le ligament transverse de l’atlas au processus odontoïde, qui s’opposent par deux surfaces articulaires
encroutées de cartilage.
Ces deux articulations sont réunies par deux capsules articulaires lâches distinctes (une capsule pour une articulation) ;
tapissées par des synoviales.
C. ARTICULATIONS ATLANTO-AXOÏDIENNES LATERALES :
L’atlas et l’axis s’unissent de chaque côté par deux articulations atlanto-axoïdiennes latérales de type arthrodie.
Les surfaces articulaires sont : les surfaces articulaires inférieures des masses latérales de l’atlas, qui s’opposent aux surfaces
articulaires supérieures de l’axis.
Chaque articulation est unie par une capsule articulaire distincte (une capsule pour une articulation), très lâche permettant des
mouvements étendus, renforcée par un faisceau fibreux (ligament) atloïdo-axoïdien et par une synoviale très lâche.
Articulation entre atlas et axis.
Atlas, vue postérieure et supérieure
D. LIGAMENTS ATLOÏDO-AXOÏDIEN :
-Le ligament atloïdo-axoïdien antérieur est une lame fibreuse verticale qui s’étend de l’arc antérieur de l’atlas à la face
antérieure du corps de l’axis.
-Le ligament atloïdo-axoïdien postérieur est une membrane qui unie l’arc postérieur de l’atlas au lames et au processus
épineux de l’axis.
E. ARTICULATIONS ATLANTO-OCCIPITALES :
Articulations de type « condyliennes ».
Les surfaces articulaires sont : les deux surfaces articulaires de l’os occipital appelées aussi : « condyles occipitaux » ; et les
surfaces articulaires supérieures de l’atlas.
F. MEMBRANES ATLANTO-OCCIPITALE :
Se sont deux membranes unissant les arcs antérieur et postérieur de l’atlas à l’os occipital.
La « membrane atlanto-occipitale antérieure » descend du bord antérieur du foramen magnum au bord supérieur de l’arc
antérieur de l’atlas.
La « membrane atlanto-occipitale postérieure » descend du bord postérieur du foramen magnum à l’arc postérieur de l’atlas.
G. UNION DE L’OS OCCIPITAL ET DE L’AXIS :
L’os occipital est uni à l’axis par des ligaments très puissants qui sont : la membrane occipito-axoïdienne, 3 ligaments occipito-
odontoïdiens : un médian de l’apex et deux latéraux appelés aussi ligament alaires.
MECANISMES DES ARTICULATIONS DE LA TETE AVEC LA COLONNE VERTEBRALE :
Equilibre de la tête sur la colonne vertébrale selon la pesanteur ;
mouvements de la tête sur la colonne vertébrale : mouvements de flexion et d’extension , mouvements d’inclinaison latérale,
mouvements de rotation.
IV. OS HYOÏDE
.I-INTRODUCTION :
L’os hyoïde est un os unique impair, médian et symétrique, en forme de U ouvert en arrière ou fer à cheval ou d’épsilon grec
d’où son nom ; situé dans la région antérieure du cou, au-dessus du larynx et au-dessous de la mandibule à la hauteur de la
4ème vertèbre cervicale.
C’est un os isolé du reste du squelette auquel il n’est relié que par des muscles et des ligaments.
Il joue un rôle dans la déglutition, la parole et la respiration.
Il permet les mouvements des muscles du cou en relevant ou abaissant le larynx.
Il présente à décrire : --une partie moyenne : le corps.
--de chaque extrémité du corps partent deux prolongements : la grande corne et la petite corne.
II-ANATOMIE DESCRIPTIVE :
1-Le corps: allongé transversalement et aplatie d’avant en arrière. Il présente deux faces
antérieure et postérieure, deux bords supérieur et inférieur et deux extrémités.
*LA FACE ANTERIEURE : divisée en quatre facettes, 2 supérieures et 2 inférieures par deux crêtes l’une transversale et l’autre
verticale. L’intersection de ces deux crêtes est marqué par la présence d’une petite saillie appelé tubercule hyoïdien.
Sur cette face s’insèrent :
le septum lingual, les muscles : génio –glosse, génio-hyoïdien ,l’hyo-glosse,mylohyoïdien, digastrique et stylo-hyoïdien .
-LA FACE POSTERIEURE : Dépourvue d’insertion, concave, donne insertion à la membrane
thyro-hyoïdienne.
-LE BORD SUPERIEUR : mousse, concave, donne insertion au génio-glosse, en arrière
3membranes fusionnées :hyo-thyroidienne ,hyo-glossienne,hyo-épiglottique.
-LE BORD INFERIEUR /épais insertion :sterno-hyoidien ,l’omo-hyoidien et thyro-hyoidien
-Les extrémités :sont soudées aux grandes cornes .
2-LES GRANDES CORNES : elles sont soudées aux extrémités du corps et se dirigent en
arrière, en haut et en dehors .présentent des insertions musculaires et ligamentaires.
Chaque corne présente une face interne dépourvue d’insertion et une face externe où
s’insèrent :le muscle hyo-glosse ,chef hyoidien du constricteur moyen du pharynx ,.
un bord supérieur.
Un bord inférieur
Une extremité postérieure où s’insère le ligament thyro-hyoidienne latéral .
3-LES PETITES CORNES :se sont deux petites formations allongées, situées sur le bord
supérieur du corps ,au niveau de l’implantation des grandes cornes.
Le ligament stylo-hyoidien ,le constricteur moyen ,le lingual sup et le lingual inférieur
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V. CONCLUSION
La vertèbre proéminente (en rouge).
Aspect clinique :
Le tubercule antérieur du processus transverse de la sixième vertèbre cervicale, plus proéminent que les autres, est un repère
chirurgical important car il est au niveau du croisement des artères carotide commune, thyroïdienne inférieure et vertébrale. Il
est nommé tubercule carotidien ou tubercule de Chassaignac.
La pathologie de la colonne vertébrale a un retentissement double sur :
la statique : déformations ;
le contenu du canal rachidien : moelle spinale au-dessus de L1, racines de la queue de cheval en dessous, avec constitution de
troubles neurologiques.
L'instrumentation tient compte de ce double retentissement, le cas échéant.
Aspects médicaux :
Traumatismes
• Traumatismes vrais (accidents) :
• traumatisme rachidien cervical :
• cervical supérieur ou cervical bas ;
• thoraco-lombaire.
• En cas de maladie métabolique : fractures dues à l'ostéoporose ou anomalies de l'ostéomalacie
Pathologie discale
• Hernie discale
• Affections dégénératives : l'arthrose et ses dérivés
Tumeurs et infections
• Tumeurs primitives ou secondaires (Cancer secondaire des os)
• Infections de l'espace épidural (sans atteinte osseuse !), des corps vertébraux (spondylites, rares), des disques (discites)
ou des deux (spondylodiscites, fréquentes)
• Au niveau du crâne, on trouve une liaison nommé cordome, tumeur du résidu de corde (voir la partie « embryologie du
rachis »). Elle est bénigne et extrêmement récidivante.
Rhumatismes
• Maladies inflammatoires (rhumatismes inflammatoires), essentiellement :
• spondylarthrite ankylosante ou polyarthrite rhumatoïde.
Déviations rachidiennes
• Malformations congénitales, comme l'absence d'ossification d'un noyau somatique : il manque au corps vertébral
concerné un quart de sa structure, ce qui entraîne une déviation du rachis. Parfois, il manque une hémivertèbre.
• Scoliose : déviation d'une courbure dans un plan coronal comme le rachis thoracique avec une concavité latérale droite.
Associé à cette courbure, il y a une rotation vertébrale.
• Neuro musculaire : poliomyélite
• Idiopathiques : ce qui n'a pas d'étiologie déterminée dans l'état actuel des connaissances mais parmi elles, les scolioses
idiopathiques, les plus fréquentes.