Machines frigorifiques : compression et absorption
Machines frigorifiques : compression et absorption
FROID
1. INTRODUCTION
— Mécanique, - modification des dimensions pour permettre le montage des pièces (par bain dans
l’azote liquide ou par projection de gaz carbonique, le diamètre de la pièce mâle se réduit) -
fragilisation des matériaux et des métaux (usinage des caoutchoucs et plastiques etc...)
— Génie civil, chaque pilier construit sur permafrost est muni d’une installation frigorifique pour
maintenir le sol congelé.
La production de froid est équivalente à une absorption de chaleur. On peut distinguer différentes
méthodes de production de froid.
— Procédés thermodynamiques :
- mélanges réfrigérants : la dissolution de certains sels dans l’eau ou dans la glace entraîne une
absorption de chaleur d’une part et abaisse le point de fusion d’autre part
Sel ∆T
Parties Parties de à
143 Chlorure de calcium 100 glace ou neige 0 °C - 50 °C
33 Chlorure de sodium 100 glace ou neige 0 °C - 21 °C
32 Nitrate d’ammonium 100 glace ou neige 0 °C - 30 °C
52 Thiocyanate d’ammonium 100 glace ou neige 0 °C - 30 °C
133 Thiocyanate d’ammonium 100 eau 20 °C - 11 °C
250 Chlorure de potassium 100 eau 20 °C - 14 °C
2. BASES THERMODYNAMIQUES
D’après la théorie des cycles, en opérant entre une source chaude à température élevée Tc et une
source froide à température plus basse Tf, il est possible de lutter contre un type d’irréversibilité en
admettant l’autre :
— le cycle moteur transforme de l’énergie thermique en énergie mécanique, mais présente une
dévalorisation entre la source chaude et la source froide ;
Le cycle générateur permet de maintenir un écart de température entre les deux sources. Ceci fonde
la possibilité d’existence d’une enceinte à plus basse température que l’atmosphère, c’est ce que
réalise une installation frigorifique. Le niveau de la température ambiante par rapport aux sources
détermine le type de l’installation :
— si la température ambiante est égale à celle de la source chaude, il s’agit d’une installation
frigorifique ;
— si la température ambiante est égale à celle de la source froide, l’installation est une pompe à
chaleur.
Tc
T
Tc Tf
Tambiante
Tf Pompe à chaleur
Installation frigorifique
s w+ = q- - q+ (2.1)
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption —3
chaleur utile
ε≡ (2.2)
travail introduit
Selon le type de l’installation, la chaleur utile n’est pas la même. Pour le cas d’une machine
frigorifique, c’est la chaleur échangée au niveau de la source froide qui est utile.
q+
ε machine frigorifique = (2.3)
w+
Tandis que pour une pompe à chaleur, c’est celle échangée au niveau de la source chaude, qui est
exploitée.
q−
ε pompe à chaleur = (2.4)
w+
A titre d’exemple, pour une machine frigorifique fonctionnant avec le cycle de Carnot, le coefficient de
performance est donné par :
q+ q+ T f (s1 − s4 )
εc = = = (2.5)
w + −
q −q + T c (s 2 − s3 ) − Tf (s1 − s4 )
Tf
εc = (2.6)
Tc − T f
Remarques :
— ε est d’autant plus grand si les valeurs de Tc et de Tf sont proches l’une de l’autre.
Le cycle, fonctionnant entre deux sources de chaleur, reçoit du travail sous forme de compression de
fluide. Il peut être réalisé par deux types de fluide parcourant le cycle.
- Un gaz : le cycle ne présente pas de changement de phase lors des échanges de chaleur ou des
détentes.
- Une vapeur (susceptible de se condenser): le cycle présente alors des changements de phase.
Il est possible de produire l’énergie mécanique nécessaire pour l’entraînement du compresseur entre
deux sources, par un cycle moteur. En utilisant un mélange binaire, le compresseur disparaît et est
remplacé par un système bouilleur - absorbeur. Le cycle présente alors trois sources : - source
chaude - source ambiante - source froide. Les installations fonctionnant avec ce cycle sont dites à
absorption.
Les diagrammes thermodynamiques sont des représentations graphiques de l’équation d’état d’un
fluide. Ils sont établis pour des valeurs massiques des fonctions d’état :
- une fonction d’état est portée en abscisse
- une autre est portée en ordonnée
- les autres sont introduites en paramètres.
Rappel :
h v1
h 3
T h1 2 v p
K p 2 3
2 T v
3
vapeur p
liquide
sèche 2
sens des h et v
L+V p p croissants
1 1
sens des p
x=0 croissants
x=1
s s
s = cst
p T = cst Tk
K
v = cst
h
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption —5
Le point critique K joue un rôle très important dans la liquéfaction des gaz. Selon la valeur de Tk par
rapport à la température atmosphérique, la liquéfaction du gaz peut être obtenue différemment.
p T p T Ta
k k
K K
B Ta
A
h h
T a < Tk T a > Tk
Le gaz peut être liquéfié par simple compression Il est nécessaire de mettre en jeu des
à température constante en passant de A à B. procédés de refroidissement.
Exemple CO2
Le diagramme p-h permet de déterminer les différentes transformations classiques rencontrées dans
un cycle frigorifique.
dh = δq + δw
*
(2.7)
Or, dans une installation frigorifique, l’échange de chaleur se fait toujours à pression constante.
Alors, on a
dh = δq ⇒ q1− 2 = h2 − h1 (2.8)
Ainsi, la quantité de chaleur échangée par unité de masse du fluide, s’obtient en mesurant la variation
de l’enthalpie entre l’état initial et l’état final.
— Détente adiabatique, sans production de travail : il s’agit tout simplement d’un laminage dans une
vanne de détente à enthalpie constante. La transformation se présente par une droite verticale dans le
diagramme p-h.
w 1− 2 = h 2 − h 1 (2.9)
Le travail absorbé par unité de masse du fluide se détermine en mesurant la distance horizontale
entre les positions initiale et finale.
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption —6
Le fluide frigorigène, utilisé dans le cycle gazeux, est un gaz non condensable sous condition de
travail (air, He, etc...). Ce cycle permet d’atteindre de très basses températures, utilisées pour la
cryotechnique ou la liquéfaction des gaz.
source
p chaude
T 2 2a
2
Refroidisseur
p 2
1 Compresseur
2a C
1 1
3
4a Echangeur Interne
3
T Turbine
4
4
C D source
A B s
froide 4a
production de froid
— Transformation 1-2 : le système reçoit du travail w+1-2 sous forme de compression isentropique
dans un compresseur.
— Transformation 2a-3 : le système continue à se refroidir en faisant un échange de chaleur avec une
partie plus froide du même circuit. Il s’agit d’un échange interne.
— Transformation 3-4 : le fluide frigorigène est détendu et sa température est fortement abaissée. La
transformation, isentropique dans le cas idéal, se réalise dans une turbine en produisant du travail
w-3-4.
En considérant isolément chaque organe, le système thermodynamique ainsi obtenu est un système
ouvert. Le premier principe de la thermodynamique s’écrit alors de la forme :
dh = δq + δw
*
(3.1)
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption —7
+
w 1− 2 = h 2 − h 1 Autrement, w 1− 2 = h 2 − h 1 (3.2)
−
w 3− 4 = h4 − h 3 Autrement, w 3− 4 = h3 − h 4 (3.3)
w = w 1− 2 − w3− 4 = (h 2 − h1 ) − (h 3 − h 4 )
+ + −
(3.4)
+
q = h 4a − h4 (3.5)
q+ h4 a − h4
ε th = = (3.6)
w +
(h2 − h1 ) − (h3 − h 4 )
Dans le cas de gaz parfait, on a
cp (T 4 a − T4 ) cp (T3 − T4 )
ε th = =
cp (T 2 − T1 ) − cp (T3 − T4 ) cp (T 2 − T1 ) − cp (T 3 − T 4 )
1
ε th = (3.7)
T 2 − T1
−1
T3 − T4
Pour les transformations isentropiques 1-2 et 3-4, nous pouvons appliquer l’équation suivante
1− γ
γ
p T = Cst (3.8)
1− γ 1− γ 1− γ
γ γ T 2 p1 γ
p1 T 1 = p2 T2 ⇒ = (3.9)
T1 p 2
γ γ γ γ T 3 p1 γ
p3 T 3 = p4 T4 ⇒ p2 T 3 = p1 T4 ⇒ = (3.10)
T 4 p2
T 2 T3 T 2 T1 T 2 − T1
= ⇒ = = (3.11)
T1 T 4 T3 T4 T3 − T 4
T4
ε th = (3.12)
T1 − T 4
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption —8
Dans la réalité, on a toujours la dissipation pour les opérations mécaniques et la dévalorisation pour
les opérations thermiques. La dissipation se présente sous forme de travail, transformé en chaleur et
qui tend à augmenter l’entropie du système. Par conséquent, lors d’une transformation mécanique, le
point final est toujours décalé vers la droite (entropie plus grande) par rapport à celui d’un cas idéal.
Tandis que pour les transformations thermiques, les températures des fluides n’atteignent plus celles
du cas idéal.
source
2 p chaude
2 2a
T 2s
Refroidisseur 2
Compresseu C
2a p r
1
1
1 Echangeur Interne
3
4a 3
T Turbine
source
4
4s 4 froide 4a
production de froid
s
+
q = h 4 a − h4 (3.13)
w = (h 2 − h1 ) − (h 3 − h 4 )
+
(3.14)
A cause des pertes mécaniques, le travail spécifique du moteur d’entraînement est supérieur au
travail interne spécifique.
q+ h 4a − h 4
εi = = (3.15)
w +
(h2 − h1 ) − (h 3 − h 4 )
Si le cycle gazeux ne met en jeu que la chaleur sensible, le cycle à changement de phase, met en jeu
la chaleur latente r plus grande que la chaleur sensible. Ce cycle nécessite un fluide liquéfiable sous
les conditions de travail.
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption —9
p Condenseur
s = Cst.
p 3 2" 3
C 2 Sourcce
chaude
2
Compresseur
p
E 4 1 Détendeur
Source
h 4 froide
1
Evaporateur
— Détente : on utilise une détente sans production de travail. Il s’agit d’un simple laminage (h = cst.).
Elle s’opère dans une vanne à pointeau appelé détendeur thermostatique pour les grandes
installations et simple réduction de conduite pour les installations de faibles puissances.
— Evaporation : par le procédé de détente, on obtient une température abaissée du fluide frigorigène
(f.f.). Le f.f. parcourt un échangeur de chaleur, l’évaporateur, le mettant en contact avec le médium.
L’échange qui se produit a alors pour effet de
- refroidir le médium et d’en extraire de la chaleur,
- de vaporiser le liquide détendu.
— Compression : Il est nécessaire pour fonctionner de façon continue, de pouvoir évacuer vers
l’extérieur du système, la chaleur extraite. Cette évacuation ne peut se faire qu’avec un fluide plus
froid que celui sortant l’évaporateur. Or TE est inférieure à la température ambiante. Donc il est
nécessaire d’augmenter la température du f.f. de façon mécanique. Ceci est réalisé par la
compression. En plus, la compression assure la différence de pression, nécessaire pour la détente et
la circulation du f.f..
— Condensation : le f.f. porté à une température élevée est refroidi et condensé par la source chaude
(milieu ambiant pour le cycle frigorifique et local à chauffer pour la pompe à chaleur), puis subit la
détente et le cycle recommence.
3C
p 3' 2" 2
Co ndensseur
3C 2s
2" 2 Compresseur
3
3'
1EI = 1
Echangeur Interne
1" 1C
3 EI = 3
4 1E 1
Détendeur
h 4
1" 1E 1c
Evaporateur
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 10
A l’aspiration du compresseur, le f.f. est à l’état vapeur surchauffée. La transformation 1”-1 est dite
une surchauffe. Une surchauffe déplace le point 1 vers la droite. Elle se fait soit
- dans l’évaporateur en réglant le détendeur, 1”-1E
- le long de la conduite dans la chambre froide, 1E-1C
- dans un échangeur interne (avec la partie chaude du circuit)
- dans les deux ou les trois ci-dessus à la fois.
Seules les surchauffes réalisées dans l’évaporateur et le long de la conduite dans la chambre froide
qui concourent à la production frigorifique, on dit qu’il s’agit des surchauffes utiles. Mais dans tous les
cas, les surchauffes garantissent une aspiration du compresseur sans gouttes de liquide, ce qui est
nécessaire pour son bon fonctionnement. Elle évite aussi le givrage de la conduite d’aspiration si cette
dernière est placée dans l’air.
Dans le compresseur : la transformation 1-2 est une compression adiabatique du f.f. avec absorption
de travail. La pression passe de pE à pC. Du fait de la dissipation, l’entropie du système augmente
(position 2 au lieu de 2s).
Dans le condenseur : la transformation est composée de, désurchauffe 2-2”, condensation 2”-3’ et
sous refroidissement 3’-3C.
Un sous refroidissement assure aussi le bon fonctionnement du détendeur, car ce dernier doit être
alimenté avec uniquement du liquide. Dans tous les cas, un sous refroidissement améliore toujours le
coefficient de performance.
Dans l’échangeur interne on a d’une part, un sous refroidissement 3C-3 et d’autre part une surchauffe
1E-1. La quantité de chaleur cédée par 3C-3 est égale à celle absorbée par 1E-1.
Dans l’évaporateur, le f.f. s’évapore 4-1” et se surchauffe 1”-1E en puisant de la chaleur du milieu à
refroidir.
Pour dimensionner une installation frigorifique, il faut tenir compte des besoins du client (le cahier de
charge), des conditions géographiques et des normes en vigueur. Parmi ces données, il faut :
— le flux de chaleur à absorber Q & (ou besoin en froid) qui dépend de la nature et de la quantité des
0
denrées à conserver, de la construction de la chambre et des conditions atmosphériques. Nous
verrons plus loin le calcul de cette puissance ;
De ces données, il faut déterminer tous les points de fonctionnement du cycle frigorifique, les
puissances de chaque organe et les dimensions des tuyauteries.
Pour une température Tfα voulue dans la chambre donnée, la température Tfω est plus ou moins
imposée par l’efficacité du type de l’évaporateur. En général, on prend
T E = T fω − environ 5 ° C (3.17)
T
rα
Pour une température ambiante Trα donnée, la température Trω est plus ou moins imposée par
l’efficacité du type du condenseur. En général, on prend
Évaporateur
& =Q
Q & +Q
& (3.20)
0 E 1E −1
La connaissance des différents points de fonctionnement du cycle permet d’avoir le débit masse de f.f.
& ff par :
en circulation m
&
Q
& ff =
m 0
kg/s
h1 − h 4
& =m
Q E (
& ff h1E − h 4 )
& , on fait le choix de l’évaporateur dans les catalogues selon le type voulu.
Avec la valeur de Q E
— Évaporateurs à détente sèche, dans lesquels la quantité de liquide introduite est juste nécessaire
pour pouvoir être évaporée ;
— Évaporateurs en régime noyé, dans lesquels les surfaces d’échange doivent être toujours en
contact avec du liquide et qui entraîne un coefficient d’échange de chaleur élevé. Deux cas peuvent
encore se présenter :
• avec une pompe, régime noyé accéléré,
• sans pompe, régime noyé en thermosiphon.
Condenseur
Les condenseurs des installations frigorifiques sont des échangeurs de chaleur qui permettent de
céder au médium de refroidissement, la quantité de chaleur absorbée au cours du cycle frigorifique.
Du côté du f.f., la puissance du condenseur est donnée par :
QC
& ff (h2 − h3 )
& =m (3.21)
La température du médium augmente alors pour passer de Te à Ts. Si Cmr est la capacité calorifique
spécifique du médium de refroidissement, son débit se calcule par
Q&−
& mr =
m C
(3.22)
C mr (Ts − Te )
Compresseur
Également dénommé travail théorique de compression par kg de f.f. en circulation, il est égal à la
différence des enthalpies du f.f. entre l’aspiration et le refoulement du compresseur (compression
isentropique):
w is = h 2 s − h1 kJ/kg (3.23)
w i = h2 − h1 kJ/kg (3.24)
wis
ηi = (3.25)
wi
Elle est égale au produit du travail massique de la compression isentropique wis par le débit-masse du
compresseur :
Pis = m
& ff .w is [W] (3.26)
Elle est égale au produit du travail massique indiqué de la compression polytropique wi par le débit
masse du compresseur qm:
Pi = m
& ff .wi [W] (3.27)
Également dénommée puissance absorbée sur l’arbre du compresseur, elle tient compte des
différents frottements qui ont lieu au niveau des pièces en mouvement et des forces d’inertie. C’est
pour cela qu’on introduit un rendement mécanique ηm, rapport de la puissance indiquée à la
puissance effective
Pi
ηm = (3.28)
Pe
On a donc :
Pi
Pe = [W] (3.29)
ηm
ηe = ηi . ηm (3.30)
et on a
P is
Pe = [W] (3.31)
ηe
h2s − h1
Pe = m
& ff (3.32)
ηi ηm
• Volume balayé par unité de temps, cylindrée, volume géométrique d’un cylindre, alésage, course
Dans la pratique, λ est compris entre 0,5 et 0,9. λ est inférieur à 1 pour certaines raisons :
- réexpansion des gaz dans le volume nuisible
- perte de pression dans les soupapes
- retard à l’ouverture et à la fermeture des soupapes
- inétanchéité des soupapes et des segments
- échange de chaleur du cylindre avec le gaz admis.
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 14
Lc : course du piston
volume
PMH nuisible Vc : cylindrée ou volume balayé par le piston
π 3
Vc = z D c2 L c m (3.33)
Lc 4
Dc
z : nombre de cylindres
PMB
Le taux de compression a est défini par
V0 + Vc
a= (3.34)
V0
V0 : volume nuisible
p2
λ est une forte fonction du rapport . En considérant que la transformation est polytropique de
p1
valeur k, on peut admettre que le volume aspiré est diminué du volume détendu resté dans V0, et λ se
détermine par
V0 p k
λ =1− 2 − 1 (3.36)
Vc p1
• Coefficients de performance
Ils permettent de connaître le rapport entre la production frigorifique et le travail effectué pour obtenir
cette production frigorifique. On peut donc en déduire qu’il est possible de définir plusieurs coefficients
de performance en fonction de la production frigorifique (brute ou nette) considérée et du travail
nécessaire. Les coefficients de performances sont aussi dénommés coefficient d’effet frigorifique ou
plus simplement efficacité.
h1 − h4
εis = (3.37)
h2s − h1
h1 − h4
εi = (3.38)
h2 − h1
h1 − h4
εi = ηm (3.39)
h2 − h1
Nous avons signalé que le cycle de référence de Carnot est un cycle idéal jamais atteint dans la
pratique mais utile pour effectuer des comparaisons. Le coefficient de performance du cycle de Carnot
est donné par la relation :
TE
εc = (3.40)
TC − TE
Dénommé aussi facteur de qualité, c’est le rapport du coefficient de performance d’une machine
frigorifique dans ses conditions réelles de fonctionnement au coefficient de performance de la même
machine frigorifique fonctionnant avec un cycle de Carnot.
On peut donc définir plusieurs degrés de qualité suivant le coefficient de performance considéré.
εe
ξe = (3.41)
εc
Tuyauteries et robinetteries
Le réseau de tuyauteries réalise la circulation du f.f., de la qualité de cette circulation dépend le bon
fonctionnement de l’ensemble. L’installation présente trois tuyauteries principales qui sont :
— la tuyauterie d’aspiration au compresseur,
— la tuyauterie de refoulement du compresseur vers le condenseur,
— la tuyauterie d’amenée du liquide à l’évaporateur.
Dans la pratique, le calcul des tuyauteries se fait à l’aide des abaques ou des logiciels spécifiques.
Fluides frigorigènes
D’une façon générale, à la pression atmosphérique normale, un fluide frigorigène doit posséder un
point d’ébullition aussi bas que possible et une chaleur de vaporisation massique aussi élevée que
possible. Les fluides frigorigènes ne doivent pas polluer l’environnement.
Les fluides frigorigènes les plus utilisés sont l’ammoniac et les fluides frigorigènes halogènes. Ces
fluides courants sont commercialement désignés par le symbole R suivi d’un ou plusieurs chiffres.
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 16
Lorsque la température du milieu à refroidir est très basse, la pression d’évaporation pE en est aussi.
La pression de condensation pC, imposée par le médium de refroidissement aux conditions
p
atmosphériques, est plus ou moins constante. Dans ces conditions, le rapport de compression C
pE
prend des valeurs élevées et la compression du f.f. en un seul temps conduit à :
- augmentation du titre en vapeur donc diminution de la production frigorifique massique,
- un mauvais coefficient de performance ε,
- une baisse du coefficient d’admission λ,
- une élévation dangereuse de la température de refoulement T2.
Le refroidissement des vapeurs comprimées par l’étage basse pression est obtenu par :
- un échangeur extérieur,
- une injection partielle de f.f.
- une injection totale de f.f.
2
p 3
3 2 1i
1i 2i
2i
4
4 1
1
h
& HP − m
Selon la conservation des masses, le débit massique du liquide injecté est de m & BP .
Le bilan énergétique du mélange s’écrit de la façon suivante
(m& HP − m& BP ) h 4 i
+m
& BP h 2 = m
i
& HP h1
i
(3.42)
2
p 3
.
m HP
3 2 1i
4i 4i
2i
1i 2i
4 .
4 1 m BP
1
h
— Avec une quantité de liquide injectée plus importante, la capacité fermée, appelée bouteille
intermédiaire ou bouteille de compound, contient du liquide saturé (état 3i) dans sa partie inférieure.
Les vapeurs aspirées dans le deuxième étage sont des vapeurs saturées sèches. On arrive encore à
sous refroidir le liquide admis au détendeur, en faisant passer la conduite du liquide dans cette
bouteille de compound.
2
p 3C
.
m HP
3c 2
4i" 1i
3
4"i 4i
2i
4i 1i 2i
3
.
4 1 m BP
4 1
h
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 18
Dans ce type de fonctionnement, la totalité du fluide frigorigène liquide est détendue dans la bouteille
intermédiaire qui sert de bouteille séparatrice.
— Le refroidissement des vapeurs refoulées du compresseur basse pression (état 2i) est réalisé en
les envoyant directement dans la bouteille séparatrice de liquide et dans laquelle elles se
désurchauffent. Le deuxième étage de compression aspire de la vapeur saturée sèche.
2
p 3
.
m HP
3 2 4i" 1i
4i 4"i 4i
3i 2i
1i 2i
.
4 1 3i m BP
4 1
h
— Dans le cas de l’injection totale, lorsque la quantité de liquide est assez importante, on en utilise
une partie pour un évaporateur travaillant à la pression intermédiaire. L’alimentation de cet
évaporateur se fait par gravité ou par pompe.
La partie de liquide restant dans la bouteille sert à alimenter le détendeur de l’évaporateur de l’étage
basse pression.
m & BP h 2 + (m
& HP h 4 + m & HP ) h 4" − (m
& PI − m & BP ) h 3 = 0
& PI + m (3.45)
i i i i
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 19
2
p 3
.
m HP
3 2 4i" 1i
4i
4i 4"i .
3i 2i 4i" m PI
1i 3i
2i
.
4 1 3i m BP
4 1
h
— On utilise deux évaporateurs à deux températures différentes. Le premier, alimenté par le liquide
provenant du condenseur, n’assure pas l’évaporation complète. Le f.f. sort de l’évaporateur 1 à l’état
humide (état 5) et est injecté dans la bouteille séparatrice de liquide. De cette bouteille, la partie
vapeur saturée (état 5”i) assure le refroidissement des vapeurs refoulées du compresseur basse
pression (état 2i) par mélange, tandis que la partie liquide passe dans le deuxième étage de détente
avant d’être injectée dans l’évaporateur 2. Le compresseur haute pression aspire des vapeurs
légèrement surchauffées.
Avec, X = m & HP x5
x 5 étant le titre du mélange humide à l’état 5.
& BP + m
m & HP x 5 = m
& HP (3.46)
& HP x 5 h5" + m
m & BP h2 = m
& HP h1 (3.47)
i i
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 20
2
p 3
.
m HP
3 2 4i 1i
Evap 1 5"
3i 4i 5 5" 1 5
i 2i
2i
4 1 3i .
m BP
4 Evap 2
1
h
L’utilisation d’une machine frigorifique simple ou étagée avec un seul type de fluide frigorigène à
l’intérieur pose des problèmes à très basses températures, de l’ordre de -100 °C. Dans ce cas, on
utilise des machines frigorifiques dites “en cascade”. Elles sont constituées par deux ou trois
machines frigorifiques à compression simple ou étagée utilisant chacune un fluide frigorigène différent.
Le principe de production du froid en cascade est le suivant :
La source froide (évaporateur) d’une machine frigorifique à compression simple (ou étagée) tient lieu
de source chaude (condenseur) à la machine en dessous de la cascade, les fluides étant différents et
les circuits parfaitement distincts. Seul le premier étage de la cascade (étage supérieur) possède une
source chaude classique refroidie par eau ou air aux conditions atmosphériques.
12 Cd1
13
12
p 13
14 11
h 14 11
Ev1
23 22
Cd2
22
p 23
24 21
h 24 21
Ev2
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 21
Ex. 1
1. Donner les pressions PC et PE qui correspondent aux températures de saturation TC = 30°C et T E
= -15°C pour le cas de l’NH 3.
2. On veut réaliser la compression d’un débit m de NH3 de PE à PC sachant que les vapeurs
devraient parvenir au compresseur à la température de 0°C, quelle serait la température des gaz
au refoulement (compression isentropique).
3. Pratiquement les vapeurs entrant au compresseur sont à une température de 7°C, quelle est alors
la température des gaz refoulés. Jugeant cette température excessive, on procède à une injection
de l’NH3 liquide de même pression à l’aspiration de telle façon que la température moyenne des
gaz refoulés soit de 105°C. Donner la température e t la proportion en masse du mélange à
l’aspiration.
4. L’ NH3 refoulé se refroidit et se condense complètement dans un échangeur de 15 kW. Calculer le
débit volumique V du mélange à l’aspiration.
Ex. 2
Une installation commerciale à compression utilisant du R134a, a une puissance frigorifique de 12,8
kW.
Les conditions de fonctionnement sont :
- Pressions de service : HP = 12 bar ; BP = 1 bar ;
- Sous refroidissement à la sortie du condenseur 5 K ;
- Surchauffe à la sortie de l’évaporateur 5 K ;
- Caractéristiques du compresseur : - rendement indiqué ηi = 0,75 ; - rendement mécanique ηm =
0,90 ; rendement volumétrique du compresseur λ = 0,8
Questions :
1. Tracer le schéma de l’installation en précisant tous les points de fonctionnement.
2. Tracer le cycle dans le diagramme p-h et dresser le tableau donnant T, p et h de tous les points.
3. Calcule la puissance effective du compresseur.
4. Calculer la puissance du condenseur.
5. Calculer la cylindrée du compresseur s’il tourne à 750 tours par minute
Ex. 3
Une installation industrielle, à ammoniac (NH3), de puissance frigorifique 110 kW, fonctionne suivant
les conditions suivantes :
- Pressions de service : HP = 13 bar ; BP = 2,3 bar ;
- Sous refroidissement 11°C ;
- Surchauffe 16 °C ;
- Caractéristiques du compresseur : - rendement indiqué ηi = 0,92 ; - rendement mécanique ηm =
3 -1
0,90 ; volume balayé Vg =0,066 m .s .
Questions :
1. Tracer le schéma de l’installation en précisant tous les points de fonctionnement.
2. Tracer le cycle dans le diagramme p-h et dresser le tableau donnant T, p et h de tous les points.
3. Calculer la puissance effective du compresseur.
4. Calculer le rendement volumétrique λ du compresseur.
Ex. 4
Une installation industrielle, à ammoniac (NH3), de puissance frigorifique 110 kW, comporte un
échangeur de chaleur interne dans lequel circulent d’une part, le liquide sortant du condenseur, et
d’autre part, la vapeur sortant de l’évaporateur.
Questions :
1. Tracer le schéma de l’installation en précisant tous les points de fonctionnement.
2. Tracer le cycle dans le diagramme p-h et dresser le tableau donnant T, p et h de tous les points.
3. Calcule la puissance effective du compresseur.
4. Calculer la puissance de l’échangeur interne.
5. Calculer le rendement volumétrique λ du compresseur.
Ex 5
Une installation industrielle, à ammoniac (NH3), de puissance frigorifique 350 kW, comporte deux
étages de compression et un échange interne entre la sortie du condenseur et l’aspiration du
ème
compresseur 2 étage. Le refroidissement intermédiaire est assuré par injection partielle, pour cela,
une partie du liquide sous refroidi de l’échangeur interne est détendue à la PI et est mélangée avec
les vapeurs refoulées du premier étage de compression. Le mélange ainsi formé passe dans
ème
l’échangeur interne avant d’être aspiré dans le compresseur 2 étage.
Les conditions de fonctionnement sont :
- Pression de service : HP = 14 bar ; PI = 5 bar ; BP = 1,6 bar ;
- Sous refroidissement dans le condenseur 5 °C ;
- Sous refroidissement dans l’échangeur interne 10 °C ;
- Température à l’aspiration du compresseur HP 10 °C ;
- Surchauffe à la sortie de l’évaporateur 7 °C ;
- Rendement interne des compresseurs : ηi1 = 0,85 pour la BP ; ηi2 = 0,8 pour la HP
- Rendement mécanique des compresseurs : ηm1 = 0,95 pour la BP ; ηm2 = 0,9 pour la HP
Questions :
1. Tracer le schéma de principe de l’installation en précisant tous les points de fonctionnement.
2. Tracer le cycle dans le diagramme p-h et dresser le tableau donnant p, T et h de tous les points.
3. Calculer le coefficient de performance effective de l’installation.
4. Calculer la puissance de l’échangeur interne.
5. Calculer la puissance du condenseur.
Ex. 6
Une installation industrielle, à ammoniac (NH3), de puissance frigorifique 350 kW, comporte deux
étages de compression et deux étages de détente. Le liquide à la sortie du condenseur, détendu à la
pression intermédiaire est totalement injecté dans la bouteille séparatrice. Delà, la partie liquide passe
dans le deuxième étage de détente, tandis que la partie vapeur assure le refroidissement
intermédiaire par mélange des vapeurs refoulées du premier étage de compression (BP).
Questions :
1. Tracer le schéma de principe de l’installation en précisant tous les points de fonctionnement.
2. Tracer le cycle dans le diagramme p-h et dresser le tableau donnant T, p et h de tous les points.
3. Calculer le coefficient de performance effective de l’installation.
4. Calculer le débit d’eau de refroidissement du condenseur qui entre à 20 °C et sort à 30 °C. C eau =
-1 -1
4,18 [Link] .K
Ex. 7
Une installation industrielle, à ammoniac (NH3), de puissance frigorifique 350 kW, comporte deux
étages de compression. Le refroidissement intermédiaire est assuré par le mélange direct dans une
bouteille séparatrice de la totalité du fluide frigorigène liquide détendu à la PI et des vapeurs refoulées
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 23
du premier étage de compression. De cette bouteille, la partie liquide est détendue à BP, tandis que la
partie vapeur est aspirée dans le deuxième étage de compression. Un échangeur de chaleur interne
assure un échange entre le liquide sortant du condenseur, et la vapeur à l’aspiration du deuxième
étage de compression.
Questions :
1. Tracer le schéma de principe de l’installation en précisant tous les points de fonctionnement.
2. Tracer le cycle dans le diagramme p-h et dresser le tableau donnant T, p et h de tous les points.
3. Calculer le coefficient de performance effectif de l’installation.
4. Calculer la puissance de l’échangeur interne.
5. Calculer le débit d’eau de refroidissement du condenseur qui entre à 20 °C et sort à 30 °C. C eau =
-1 -1
4,18 [Link] .K
6. Déterminer le diamètre de la tuyauterie d’aspiration du côté BP.
Ex. 8
Une installation frigorifique à compression étagée, fonctionnant avec du R22 a une puissance de 340
kW. Le refroidissement des vapeurs refoulées du compresseur BP se fait en deux étapes : tout
d’abord par un échangeur externe jusqu’à 30 °C, et ensuite, par mélange avec la partie vapeur du
liquide à HP totalement injecté à la PI dans la bouteille séparatrice.
Quant à la partie liquide de la bouteille séparatrice, elle alimente le circuit BP.
Un échange interne entre le fluide à la sortie du condenseur et le fluide à la sortie de l’évaporateur
provoque d’une part un sous refroidissement de 6 °C et d’autre part une surchauffe.
Les autres conditions de fonctionnement sont :
- HP = 14 bar ; PI = 3,5 bar ; BP = 1 bar ;
- Le condenseur assure seulement la condensation complète du fluide frigorigène ;
- L’évaporateur assure seulement l’évaporation totale du fluide frigorigène ;
- Dans chaque étage de compression : ηi = 0,9 ; ηm = 0,8.
Questions :
1. Tracer le schéma de principe de l’installation en précisant tous les points de fonctionnement.
2. Tracer le cycle dans le diagramme p-h et dresser le tableau donnant p, T et h de tous les points.
3. Calculer les débits massiques dans chaque branche.
4. Calculer la puissance de l’échangeur externe.
5. Calculer la puissance du condenseur.
6. Calculer la puissance minimale du moteur d’entraînement des compresseurs.
7. Calculer le coefficient de performance effectif de l’installation.
x. 9
Une installation industrielle, à ammoniac (NH3), comporte deux étages de compression, deux étages
de détente et deux étages d’évaporation. Le fluide frigorigène, venant du condenseur, sous refroidi,
détendu à la pression intermédiaire, alimente l’évaporateur 1. Le fluide frigorigène à la sortie de
l’évaporateur 1 est totalement injecté dans la bouteille séparatrice, et de là, la partie liquide est
détendue à BP et alimente l’évaporateur 2. Tandis que la partie vapeur fait un échange interne avec la
branche à la sortie du condenseur et est aspirée par le deuxième étage de compresseur. Le
refroidissement des vapeurs refoulées du premier étage de compression est assuré par leur mélange
direct dans la bouteille séparatrice.
Questions :
1. Tracer le schéma de principe de l’installation en précisant tous les points de fonctionnement.
2. Tracer le cycle dans le diagramme p-h et dresser le tableau donnant T, p et h de tous les points.
3. Calculer le coefficient de performance effectif de l’installation.
4. Calculer la puissance de l’échangeur interne.
5. Calculer le débit d’eau de refroidissement du condenseur qui entre à 20 °C et sort à 30 °C. C eau =
-1 -1
4,18 [Link] .K
Ex. 10
Une installation frigorifique industrielle à compression étagée à injection totale, fonctionnant à
l’ammoniac (NH3), a une puissance frigorifique de 340 kW.
Le refroidissement des vapeurs refoulées du compresseur BP se fait en deux étapes : tout d’abord par
un échangeur externe jusqu’à 50 °C, et en suite, pa r mélange avec la partie vapeur de la bouteille
séparatrice à PI.
La partie liquide de la bouteille séparatrice alimente le circuit BP.
Un échangeur de chaleur interne entre le liquide à la sortie du condenseur et le fluide à la sortie de
l’évaporateur provoque d’une part une surchauffe de 10 °C et d’autre part un sous refroidissement.
Questions :
1. Tracer le schéma de principe de l’installation en précisant tous les points de fonctionnement.
2. Tracer le cycle dans le diagramme p-h et dresser le tableau donnant p, T et h de tous les points.
3. Calculer les débits massiques dans chaque branche.
4. Calculer la puissance de l’échangeur externe.
5. Calculer la puissance de l’échangeur interne.
6. Calculer le coefficient de performance effective de l’installation.
Ex. 11
Deux installations frigorifiques simples fonctionnant avec de l’NH3, sont montées en cascade. La
première a les caractéristiques suivantes :
− Pression de condensation pC1 = 12 bar ;
− Pression d’évaporation pE1 = 4 bar ;
− Sous refroidissement dans le condenseur 5 °C ;
− Température de surchauffe dans l’évaporateur T11 = 5 °C ;
− Rendement interne ηi1 = 0,85 ; rendement mécanique du compresseur ηm1 = 0,95
La seconde a les caractéristiques suivantes :
− Pression de condensation pC2 = 5 bar ;
− Pression d’évaporation pE2 = 1,2 bar ;
− Température de sous refroidissement dans le condenseur T32 = 0 °C ;
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 25