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Machines frigorifiques : compression et absorption

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Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption —1

FROID

1. INTRODUCTION

1.1. Domaines d’utilisation

Le froid trouve son application presque dans tous les domaines.

— Alimentation, - conservation des denrées (domestique, commerciale ou industrielle) - pêche


(bateau usine frigorifique) - lyophilisation (déshydratation par sublimation à très basse température)
etc....

— Climatisation et le traitement de l’air (confort des habitations etc...)

— Médecine, banque d’organes etc...

— Mécanique, - modification des dimensions pour permettre le montage des pièces (par bain dans
l’azote liquide ou par projection de gaz carbonique, le diamètre de la pièce mâle se réduit) -
fragilisation des matériaux et des métaux (usinage des caoutchoucs et plastiques etc...)

— Sport (patinoire et piste de ski artificielles).

— Electricité, - utilisation de la supra conductivité à basse température - cryoalternateur etc...

— Génie civil, chaque pilier construit sur permafrost est muni d’une installation frigorifique pour
maintenir le sol congelé.

1.2. Production de froid

La production de froid est équivalente à une absorption de chaleur. On peut distinguer différentes
méthodes de production de froid.

— Procédés thermodynamiques :
- mélanges réfrigérants : la dissolution de certains sels dans l’eau ou dans la glace entraîne une
absorption de chaleur d’une part et abaisse le point de fusion d’autre part

Sel ∆T
Parties Parties de à
143 Chlorure de calcium 100 glace ou neige 0 °C - 50 °C
33 Chlorure de sodium 100 glace ou neige 0 °C - 21 °C
32 Nitrate d’ammonium 100 glace ou neige 0 °C - 30 °C
52 Thiocyanate d’ammonium 100 glace ou neige 0 °C - 30 °C
133 Thiocyanate d’ammonium 100 eau 20 °C - 11 °C
250 Chlorure de potassium 100 eau 20 °C - 14 °C

- détente d’un gaz, avec ou sans production de travail ;


- évaporation d’un liquide ;
- fusion et sublimation ;

— Procédés électriques et magnétiques : son principe repose sur l’effet de Peltier.


Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption —2

2. BASES THERMODYNAMIQUES

2.1. Cycles thermodynamiques

La thermodynamique montre que l’irréversibilité est liée à toutes opérations réelles :

— opération mécanique : dissipation, passage de l’énergie mécanique sous forme thermique ;

— opération thermique : dévalorisation, baisse de température, de l’énergie thermique.

D’après la théorie des cycles, en opérant entre une source chaude à température élevée Tc et une
source froide à température plus basse Tf, il est possible de lutter contre un type d’irréversibilité en
admettant l’autre :

— le cycle moteur transforme de l’énergie thermique en énergie mécanique, mais présente une
dévalorisation entre la source chaude et la source froide ;

— le cycle générateur permet de remonter le niveau de température de l’énergie thermique en


admettant une dissipation de l’énergie mécanique qui lui est fournie.

2.1.1. Cycle générateur bitherme

Le cycle générateur permet de maintenir un écart de température entre les deux sources. Ceci fonde
la possibilité d’existence d’une enceinte à plus basse température que l’atmosphère, c’est ce que
réalise une installation frigorifique. Le niveau de la température ambiante par rapport aux sources
détermine le type de l’installation :

— si la température ambiante est égale à celle de la source chaude, il s’agit d’une installation
frigorifique ;

— si la température ambiante est égale à celle de la source froide, l’installation est une pompe à
chaleur.

Tc
T
Tc Tf
Tambiante
Tf Pompe à chaleur
Installation frigorifique

2.1.2. Cycle de Carnot

T Le cycle de Carnot est composé de deux isothermes et de


3 2 deux isentropes.
Tc
W+
Le système soutire à la source froide la chaleur q+ et cède à
Tf
1 la source chaude la chaleur q-. Le travail spécifique est
4
donné par la relation :

s w+ = q- - q+ (2.1)
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption —3

2.1.3. Coefficient de performance

On définit le coefficient de performance ε pour qualifier les installations frigorifiques.

chaleur utile
ε≡ (2.2)
travail introduit

Selon le type de l’installation, la chaleur utile n’est pas la même. Pour le cas d’une machine
frigorifique, c’est la chaleur échangée au niveau de la source froide qui est utile.

q+
ε machine frigorifique = (2.3)
w+

Tandis que pour une pompe à chaleur, c’est celle échangée au niveau de la source chaude, qui est
exploitée.

q−
ε pompe à chaleur = (2.4)
w+

A titre d’exemple, pour une machine frigorifique fonctionnant avec le cycle de Carnot, le coefficient de
performance est donné par :

q+ q+ T f (s1 − s4 )
εc = = = (2.5)
w + −
q −q + T c (s 2 − s3 ) − Tf (s1 − s4 )

Mais comme s1 = s2 et s3 = s4, nous avons l’expression finale

Tf
εc = (2.6)
Tc − T f

Remarques :

— Aucune machine ne pourra atteindre un coefficient de performance supérieur à celui de Carnot,


pour les mêmes Tc et Tf.

— ε est d’autant plus grand si les valeurs de Tc et de Tf sont proches l’une de l’autre.

— εc est indépendant des propriétés physiques du fluide frigorigène.

2.1.4. Cycle à compression

Le cycle, fonctionnant entre deux sources de chaleur, reçoit du travail sous forme de compression de
fluide. Il peut être réalisé par deux types de fluide parcourant le cycle.

- Un gaz : le cycle ne présente pas de changement de phase lors des échanges de chaleur ou des
détentes.

- Une vapeur (susceptible de se condenser): le cycle présente alors des changements de phase.

Les installations fonctionnant avec ce cycle sont dites à compression.


Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption —4

2.1.5. Cycle tritherme

Il est possible de produire l’énergie mécanique nécessaire pour l’entraînement du compresseur entre
deux sources, par un cycle moteur. En utilisant un mélange binaire, le compresseur disparaît et est
remplacé par un système bouilleur - absorbeur. Le cycle présente alors trois sources : - source
chaude - source ambiante - source froide. Les installations fonctionnant avec ce cycle sont dites à
absorption.

2.2. Diagrammes thermodynamiques

Les diagrammes thermodynamiques sont des représentations graphiques de l’équation d’état d’un
fluide. Ils sont établis pour des valeurs massiques des fonctions d’état :
- une fonction d’état est portée en abscisse
- une autre est portée en ordonnée
- les autres sont introduites en paramètres.

2.1.1. Diagramme entropique T-s

L’étude du diagramme T-s a été développée en thermodynamique générale.

Rappel :

h v1
h 3
T h1 2 v p
K p 2 3
2 T v
3
vapeur p
liquide
sèche 2
sens des h et v
L+V p p croissants
1 1

sens des p
x=0 croissants
x=1
s s

Diagramme T-s d’un fluide avec Diagramme T-s d’un gaz


changement de phase

2.1.2. Diagramme enthalpie-pression (h, logp)

Les frigoristes utilisent le (h, logp) qui comporte :


- en abscisse, l’enthalpie massique [[Link]-1] (échelle linéaire)
- en ordonnée, la pression [bar] (échelle logarithmique).

s = cst

p T = cst Tk

K
v = cst

h
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption —5

Le point critique K joue un rôle très important dans la liquéfaction des gaz. Selon la valeur de Tk par
rapport à la température atmosphérique, la liquéfaction du gaz peut être obtenue différemment.

p T p T Ta
k k

K K

B Ta

A
h h

T a < Tk T a > Tk

Le gaz peut être liquéfié par simple compression Il est nécessaire de mettre en jeu des
à température constante en passant de A à B. procédés de refroidissement.
Exemple CO2

Le diagramme p-h permet de déterminer les différentes transformations classiques rencontrées dans
un cycle frigorifique.

— Echange de chaleur : nous avons vu en thermodynamique générale que

dh = δq + δw
*
(2.7)

où δw* est le travail technique et est égal à v dp

Or, dans une installation frigorifique, l’échange de chaleur se fait toujours à pression constante.
Alors, on a

dh = δq ⇒ q1− 2 = h2 − h1 (2.8)

Ainsi, la quantité de chaleur échangée par unité de masse du fluide, s’obtient en mesurant la variation
de l’enthalpie entre l’état initial et l’état final.

— Détente adiabatique, sans production de travail : il s’agit tout simplement d’un laminage dans une
vanne de détente à enthalpie constante. La transformation se présente par une droite verticale dans le
diagramme p-h.

— Compression adiabatique : δq = 0 dans la relation 2.7 et nous avons

w 1− 2 = h 2 − h 1 (2.9)

Le travail absorbé par unité de masse du fluide se détermine en mesurant la distance horizontale
entre les positions initiale et finale.
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption —6

3. MACHINES FRIGORIFIQUES A COMPRESSION

3.1. Cycle gazeux

Le fluide frigorigène, utilisé dans le cycle gazeux, est un gaz non condensable sous condition de
travail (air, He, etc...). Ce cycle permet d’atteindre de très basses températures, utilisées pour la
cryotechnique ou la liquéfaction des gaz.

3.1.1. Cycle idéal

source
p chaude
T 2 2a
2
Refroidisseur
p 2
1 Compresseur
2a C
1 1
3
4a Echangeur Interne

3
T Turbine
4
4
C D source
A B s
froide 4a

production de froid

Le fluide frigorigène constitue le système thermodynamique à étudier. Le cycle est composé de 2


isentropes et de 2 isobares.

— Transformation 1-2 : le système reçoit du travail w+1-2 sous forme de compression isentropique
dans un compresseur.

— Transformation 2-2a : le système cède de la chaleur q- à la source chaude et se refroidit à pression


constante ; la transformation se réalise dans un échangeur où le deuxième fluide est de l’eau ou de
l’air pris à température ambiante. Dans le cas idéal, le refroidissement est possible jusqu’à la
température ambiante T1.

— Transformation 2a-3 : le système continue à se refroidir en faisant un échange de chaleur avec une
partie plus froide du même circuit. Il s’agit d’un échange interne.

— Transformation 3-4 : le fluide frigorigène est détendu et sa température est fortement abaissée. La
transformation, isentropique dans le cas idéal, se réalise dans une turbine en produisant du travail
w-3-4.

— Transformation 4-4a : le fluide frigorigène, porté à basse température absorbe de la chaleur du


milieu à refroidir.

— Transformation 4a-1 : le système continue à absorber de la chaleur dans l’échangeur interne.

En considérant isolément chaque organe, le système thermodynamique ainsi obtenu est un système
ouvert. Le premier principe de la thermodynamique s’écrit alors de la forme :

dh = δq + δw
*
(3.1)
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption —7

où δw* = v dp, est le travail technique.

Le travail absorbé au niveau du compresseur est de

+
w 1− 2 = h 2 − h 1 Autrement, w 1− 2 = h 2 − h 1 (3.2)

Au niveau de la turbine, le système fournit du travail


w 3− 4 = h4 − h 3 Autrement, w 3− 4 = h3 − h 4 (3.3)

En récupérant ce travail, la partie qui reste à introduire est de

w = w 1− 2 − w3− 4 = (h 2 − h1 ) − (h 3 − h 4 )
+ + −
(3.4)

La quantité de chaleur utile est celle au niveau de la source froide et est de

+
q = h 4a − h4 (3.5)

D’où le coefficient de performance.

q+ h4 a − h4
ε th = = (3.6)
w +
(h2 − h1 ) − (h3 − h 4 )
Dans le cas de gaz parfait, on a

cp (T 4 a − T4 ) cp (T3 − T4 )
ε th = =
cp (T 2 − T1 ) − cp (T3 − T4 ) cp (T 2 − T1 ) − cp (T 3 − T 4 )

1
ε th = (3.7)
T 2 − T1
−1
T3 − T4

Pour les transformations isentropiques 1-2 et 3-4, nous pouvons appliquer l’équation suivante

1− γ
γ
p T = Cst (3.8)

1− γ 1− γ 1− γ

γ γ T 2  p1  γ
p1 T 1 = p2 T2 ⇒ =  (3.9)
T1  p 2 

1− γ 1−γ 1−γ 1− γ 1−γ

γ γ γ γ T 3  p1  γ
p3 T 3 = p4 T4 ⇒ p2 T 3 = p1 T4 ⇒ =  (3.10)
T 4  p2 

Les relations 3.9 et 3.10 nous donnent

T 2 T3 T 2 T1 T 2 − T1
= ⇒ = = (3.11)
T1 T 4 T3 T4 T3 − T 4

En portant 3.11 dans la relation 3.7, nous avons

T4
ε th = (3.12)
T1 − T 4
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption —8

3.1.2. Cycle réel

Dans la réalité, on a toujours la dissipation pour les opérations mécaniques et la dévalorisation pour
les opérations thermiques. La dissipation se présente sous forme de travail, transformé en chaleur et
qui tend à augmenter l’entropie du système. Par conséquent, lors d’une transformation mécanique, le
point final est toujours décalé vers la droite (entropie plus grande) par rapport à celui d’un cas idéal.

Tandis que pour les transformations thermiques, les températures des fluides n’atteignent plus celles
du cas idéal.

source
2 p chaude
2 2a
T 2s
Refroidisseur 2
Compresseu C
2a p r
1
1
1 Echangeur Interne
3
4a 3
T Turbine
source
4
4s 4 froide 4a

production de froid
s

La chaleur utile par unité de masse du fluide est de :

+
q = h 4 a − h4 (3.13)

Le travail interne spécifique à introduire est de :

w = (h 2 − h1 ) − (h 3 − h 4 )
+
(3.14)

A cause des pertes mécaniques, le travail spécifique du moteur d’entraînement est supérieur au
travail interne spécifique.

Le coefficient de performance interne est défini par

q+ h 4a − h 4
εi = = (3.15)
w +
(h2 − h1 ) − (h 3 − h 4 )

3.2. Cycle à changement de phase

Si le cycle gazeux ne met en jeu que la chaleur sensible, le cycle à changement de phase, met en jeu
la chaleur latente r plus grande que la chaleur sensible. Ce cycle nécessite un fluide liquéfiable sous
les conditions de travail.
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption —9

p Condenseur
s = Cst.
p 3 2" 3
C 2 Sourcce
chaude
2
Compresseur
p
E 4 1 Détendeur
Source
h 4 froide
1

Evaporateur

3.2.1. Description du cycle

Le fluide circulant dans l’installation est appelé fluide frigorigène.

— Détente : on utilise une détente sans production de travail. Il s’agit d’un simple laminage (h = cst.).
Elle s’opère dans une vanne à pointeau appelé détendeur thermostatique pour les grandes
installations et simple réduction de conduite pour les installations de faibles puissances.

— Evaporation : par le procédé de détente, on obtient une température abaissée du fluide frigorigène
(f.f.). Le f.f. parcourt un échangeur de chaleur, l’évaporateur, le mettant en contact avec le médium.
L’échange qui se produit a alors pour effet de
- refroidir le médium et d’en extraire de la chaleur,
- de vaporiser le liquide détendu.

— Compression : Il est nécessaire pour fonctionner de façon continue, de pouvoir évacuer vers
l’extérieur du système, la chaleur extraite. Cette évacuation ne peut se faire qu’avec un fluide plus
froid que celui sortant l’évaporateur. Or TE est inférieure à la température ambiante. Donc il est
nécessaire d’augmenter la température du f.f. de façon mécanique. Ceci est réalisé par la
compression. En plus, la compression assure la différence de pression, nécessaire pour la détente et
la circulation du f.f..

— Condensation : le f.f. porté à une température élevée est refroidi et condensé par la source chaude
(milieu ambiant pour le cycle frigorifique et local à chauffer pour la pompe à chaleur), puis subit la
détente et le cycle recommence.

3.2.2. Cycle réel

3C
p 3' 2" 2
Co ndensseur
3C 2s
2" 2 Compresseur
3
3'
1EI = 1
Echangeur Interne
1" 1C
3 EI = 3
4 1E 1
Détendeur
h 4
1" 1E 1c

Evaporateur
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 10

A l’aspiration du compresseur, le f.f. est à l’état vapeur surchauffée. La transformation 1”-1 est dite
une surchauffe. Une surchauffe déplace le point 1 vers la droite. Elle se fait soit
- dans l’évaporateur en réglant le détendeur, 1”-1E
- le long de la conduite dans la chambre froide, 1E-1C
- dans un échangeur interne (avec la partie chaude du circuit)
- dans les deux ou les trois ci-dessus à la fois.

Seules les surchauffes réalisées dans l’évaporateur et le long de la conduite dans la chambre froide
qui concourent à la production frigorifique, on dit qu’il s’agit des surchauffes utiles. Mais dans tous les
cas, les surchauffes garantissent une aspiration du compresseur sans gouttes de liquide, ce qui est
nécessaire pour son bon fonctionnement. Elle évite aussi le givrage de la conduite d’aspiration si cette
dernière est placée dans l’air.

Dans le compresseur : la transformation 1-2 est une compression adiabatique du f.f. avec absorption
de travail. La pression passe de pE à pC. Du fait de la dissipation, l’entropie du système augmente
(position 2 au lieu de 2s).

Dans le condenseur : la transformation est composée de, désurchauffe 2-2”, condensation 2”-3’ et
sous refroidissement 3’-3C.

Un sous refroidissement déplace le point 3 vers la gauche. Il se fait soit


- dans le condenseur (condenseur sur dimensionné), 3’-3C
- dans un échangeur interne (avec la partie froide du circuit), 3C-3
- dans les deux ci-dessus à la fois.

Un sous refroidissement assure aussi le bon fonctionnement du détendeur, car ce dernier doit être
alimenté avec uniquement du liquide. Dans tous les cas, un sous refroidissement améliore toujours le
coefficient de performance.

Dans l’échangeur interne on a d’une part, un sous refroidissement 3C-3 et d’autre part une surchauffe
1E-1. La quantité de chaleur cédée par 3C-3 est égale à celle absorbée par 1E-1.

Dans le détendeur, lors de la transformation 3-4, la pression passe de pC à pE et la température


s’abaisse. L’enthalpie totale demeure constante h3 = h4.

Dans l’évaporateur, le f.f. s’évapore 4-1” et se surchauffe 1”-1E en puisant de la chaleur du milieu à
refroidir.

3.2.4. Calcul d’une installation frigorifique

Pour dimensionner une installation frigorifique, il faut tenir compte des besoins du client (le cahier de
charge), des conditions géographiques et des normes en vigueur. Parmi ces données, il faut :

— le flux de chaleur à absorber Q & (ou besoin en froid) qui dépend de la nature et de la quantité des
0
denrées à conserver, de la construction de la chambre et des conditions atmosphériques. Nous
verrons plus loin le calcul de cette puissance ;

— la température désirée du milieu à refroidir Tfα ;

— la température du fluide de refroidissement (air ou eau) à disposer Trα.

De ces données, il faut déterminer tous les points de fonctionnement du cycle frigorifique, les
puissances de chaque organe et les dimensions des tuyauteries.

Températures d’évaporation et de condensation

Le calcul des températures d’évaporation et de condensation permet de déterminer les deux


pressions HP et BP de fonctionnement de l’installation.
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 11

L’évaporateur et le condenseur sont des échangeurs à changement de phase. Le choix de TE et de


TC est imposé par les conditions d’existence d’un transfert de chaleur.

Pour assurer une température Tfα du milieu à refroidir, il faut


Tfω Tfα que l’air entre dans l’évaporateur à la température Tfα et en
sort à une température plus faible Tfω.

La condition d’existence d’un transfert de chaleur est

T E < Tf ω < T f α (3.16)

Pour une température Tfα voulue dans la chambre donnée, la température Tfω est plus ou moins
imposée par l’efficacité du type de l’évaporateur. En général, on prend

T E = T fω − environ 5 ° C (3.17)

Analogiquement pour le condenseur, le fluide de refroidissement est


T
rω chauffé de Trα à Trω en passant dans le condenseur. La condition
d’existence d’un transfert de chaleur est

T C > T rω > Trα (3.18)

T

Pour une température ambiante Trα donnée, la température Trω est plus ou moins imposée par
l’efficacité du type du condenseur. En général, on prend

T C = Trω + environ 5° C (3.19)

Évaporateur

& (ou besoin en froid) correspond à la production frigorifique nette du


Le flux de chaleur à absorber Q 0
&
compresseur. Q est composée de la chaleur absorbée par l’évaporateur Q & proprement dit et de la
0 E
chaleur absorbée par la partie de la tuyauterie comprise entre la sortie de l’évaporateur et l’aspiration
du compresseur Q&
1E −1 .

& =Q
Q & +Q
& (3.20)
0 E 1E −1

La connaissance des différents points de fonctionnement du cycle permet d’avoir le débit masse de f.f.
& ff par :
en circulation m

&
Q
& ff =
m 0
kg/s
h1 − h 4

& =m
Q E (
& ff h1E − h 4 )
& , on fait le choix de l’évaporateur dans les catalogues selon le type voulu.
Avec la valeur de Q E

Les évaporateurs sont classés en deux catégories selon leur fonctionnement :


Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 12

— Évaporateurs à détente sèche, dans lesquels la quantité de liquide introduite est juste nécessaire
pour pouvoir être évaporée ;

— Évaporateurs en régime noyé, dans lesquels les surfaces d’échange doivent être toujours en
contact avec du liquide et qui entraîne un coefficient d’échange de chaleur élevé. Deux cas peuvent
encore se présenter :
• avec une pompe, régime noyé accéléré,
• sans pompe, régime noyé en thermosiphon.

Condenseur

Les condenseurs des installations frigorifiques sont des échangeurs de chaleur qui permettent de
céder au médium de refroidissement, la quantité de chaleur absorbée au cours du cycle frigorifique.
Du côté du f.f., la puissance du condenseur est donnée par :

QC
& ff (h2 − h3 )
& =m (3.21)

La température du médium augmente alors pour passer de Te à Ts. Si Cmr est la capacité calorifique
spécifique du médium de refroidissement, son débit se calcule par

Q&−
& mr =
m C
(3.22)
C mr (Ts − Te )

Compresseur

Le choix du type de compresseur à adopter dépend de la puissance et des conditions technologiques.

• Travail massique de la compression isentropique

Également dénommé travail théorique de compression par kg de f.f. en circulation, il est égal à la
différence des enthalpies du f.f. entre l’aspiration et le refoulement du compresseur (compression
isentropique):

w is = h 2 s − h1 kJ/kg (3.23)

• Travail massique indiqué

Également dénommé travail massique de la compression polytropique par kg de f.f. en circulation, il


est égal à la différence des enthalpies du f.f. entre l’aspiration et le refoulement du compresseur :

w i = h2 − h1 kJ/kg (3.24)

• Rendement indiqué ou rendement interne

wis
ηi = (3.25)
wi

• Puissance théorique de la compression isentropique

Elle est égale au produit du travail massique de la compression isentropique wis par le débit-masse du
compresseur :

Pis = m
& ff .w is [W] (3.26)

• Puissance indiquée de la compression polytropique


Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 13

Elle est égale au produit du travail massique indiqué de la compression polytropique wi par le débit
masse du compresseur qm:

Pi = m
& ff .wi [W] (3.27)

• Puissance effective sur l’arbre du compresseur

Également dénommée puissance absorbée sur l’arbre du compresseur, elle tient compte des
différents frottements qui ont lieu au niveau des pièces en mouvement et des forces d’inertie. C’est
pour cela qu’on introduit un rendement mécanique ηm, rapport de la puissance indiquée à la
puissance effective

Pi
ηm = (3.28)
Pe

On a donc :

Pi
Pe = [W] (3.29)
ηm

On définit aussi un rendement dit effectif ηe

ηe = ηi . ηm (3.30)

et on a

P is
Pe = [W] (3.31)
ηe

h2s − h1
Pe = m
& ff (3.32)
ηi ηm

• Volume balayé par unité de temps, cylindrée, volume géométrique d’un cylindre, alésage, course

Le rendement volumétrique ou coefficient d’admission λ est défini par :

Débit − volume àl' entréeducompresseu r V&


λ≡ = 1 (3.35)
volume balayé par unité de temps V& b

Dans la pratique, λ est compris entre 0,5 et 0,9. λ est inférieur à 1 pour certaines raisons :
- réexpansion des gaz dans le volume nuisible
- perte de pression dans les soupapes
- retard à l’ouverture et à la fermeture des soupapes
- inétanchéité des soupapes et des segments
- échange de chaleur du cylindre avec le gaz admis.
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 14

Lc : course du piston

volume
PMH nuisible Vc : cylindrée ou volume balayé par le piston

π 3
Vc = z D c2 L c m (3.33)
Lc 4
Dc
z : nombre de cylindres
PMB
Le taux de compression a est défini par

V0 + Vc
a= (3.34)
V0

V0 : volume nuisible

p2
λ est une forte fonction du rapport . En considérant que la transformation est polytropique de
p1
valeur k, on peut admettre que le volume aspiré est diminué du volume détendu resté dans V0, et λ se
détermine par

V0  p  k 
λ =1−  2  − 1 (3.36)
Vc  p1  

Dans la pratique, on utilise aussi des relations empiriques comme


1 p2
λ =1 −
30 p 1

• Coefficients de performance

Ils permettent de connaître le rapport entre la production frigorifique et le travail effectué pour obtenir
cette production frigorifique. On peut donc en déduire qu’il est possible de définir plusieurs coefficients
de performance en fonction de la production frigorifique (brute ou nette) considérée et du travail
nécessaire. Les coefficients de performances sont aussi dénommés coefficient d’effet frigorifique ou
plus simplement efficacité.

Coefficient de performance rapporté à la compression isentropique

h1 − h4
εis = (3.37)
h2s − h1

Coefficient de performance rapporté à la compression polytropique

h1 − h4
εi = (3.38)
h2 − h1

Coefficient de performance rapporté à la compression effective

h1 − h4
εi = ηm (3.39)
h2 − h1

Coefficient de performance du cycle de Carnot


Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 15

Nous avons signalé que le cycle de référence de Carnot est un cycle idéal jamais atteint dans la
pratique mais utile pour effectuer des comparaisons. Le coefficient de performance du cycle de Carnot
est donné par la relation :

TE
εc = (3.40)
TC − TE

TE et TC étant respectivement les températures d’évaporation et de condensation du cycle considéré.

• Degré de qualité interne d’une machine frigorifique

Dénommé aussi facteur de qualité, c’est le rapport du coefficient de performance d’une machine
frigorifique dans ses conditions réelles de fonctionnement au coefficient de performance de la même
machine frigorifique fonctionnant avec un cycle de Carnot.

On peut donc définir plusieurs degrés de qualité suivant le coefficient de performance considéré.

Exemple, degré de qualité rapporté à la compression effective et à la production frigorifique brute :

εe
ξe = (3.41)
εc

Tuyauteries et robinetteries

Le réseau de tuyauteries réalise la circulation du f.f., de la qualité de cette circulation dépend le bon
fonctionnement de l’ensemble. L’installation présente trois tuyauteries principales qui sont :
— la tuyauterie d’aspiration au compresseur,
— la tuyauterie de refoulement du compresseur vers le condenseur,
— la tuyauterie d’amenée du liquide à l’évaporateur.

Ces conduites doivent en général :


- permettre une circulation aisée du fluide,
- ne pas présenter une perte de charge excessive,
- éviter que l’huile ne s’accumule dans des points bas où elle se décanterait,
- permettre les contractions et les dilatations des conduites,
- rester d’un prix raisonnable.

Dans la pratique, le calcul des tuyauteries se fait à l’aide des abaques ou des logiciels spécifiques.

Fluides frigorigènes

D’une façon générale, à la pression atmosphérique normale, un fluide frigorigène doit posséder un
point d’ébullition aussi bas que possible et une chaleur de vaporisation massique aussi élevée que
possible. Les fluides frigorigènes ne doivent pas polluer l’environnement.

Les fluides frigorigènes les plus utilisés sont l’ammoniac et les fluides frigorigènes halogènes. Ces
fluides courants sont commercialement désignés par le symbole R suivi d’un ou plusieurs chiffres.
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 16

3.2.6. Machines frigorifiques à compression étagée

Lorsque la température du milieu à refroidir est très basse, la pression d’évaporation pE en est aussi.
La pression de condensation pC, imposée par le médium de refroidissement aux conditions
p
atmosphériques, est plus ou moins constante. Dans ces conditions, le rapport de compression C
pE
prend des valeurs élevées et la compression du f.f. en un seul temps conduit à :
- augmentation du titre en vapeur donc diminution de la production frigorifique massique,
- un mauvais coefficient de performance ε,
- une baisse du coefficient d’admission λ,
- une élévation dangereuse de la température de refoulement T2.

Dans ces conditions, on a donc intérêt à fractionner la compression et réaliser un refroidissement


intermédiaire entre deux compressions. On se limite en général à deux étages de compression : au-
delà, la complexité de l’installation et son prix deviennent rédhibitoires vis-à-vis de l’amélioration des
performances.

Le refroidissement des vapeurs comprimées par l’étage basse pression est obtenu par :
- un échangeur extérieur,
- une injection partielle de f.f.
- une injection totale de f.f.

Refroidissement par un échangeur extérieur

Dans l’installation, on a deux étages de compression et un étage de laminage. Le refroidissement


entre les deux étages de compression est assuré par un échangeur extérieur. Le circuit est décrit par
le même débit massique.

2
p 3

3 2 1i

1i 2i
2i
4
4 1

1
h

Refroidissement par injection partielle

— Dans l’installation, on a deux étages de compression et un étage de laminage. Le refroidissement


des vapeurs comprimées par l’étage basse pression est obtenu par injection partielle dans une cavité
fermée placée entre les deux étages de compression de fluide frigorigène liquide provenant du
condenseur. Le liquide, détendu à la pression intermédiaire (état 4i), s’évapore en refroidissant la
vapeur refoulée du premier étage de compression (état 2i). Si la quantité de liquide injectée est faible,
la vapeur aspirée (état 1i) dans le deuxième étage de compression est une vapeur surchauffée.

1i & HP : débit massique dans le condenseur et le compresseur haute


m
2i .
m HP pression,
.
m BP 4i
& BP : débit massique dans l’évaporateur et le compresseur basse
m
. .
m —m pression.
HP BP
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 17

& HP − m
Selon la conservation des masses, le débit massique du liquide injecté est de m & BP .
Le bilan énergétique du mélange s’écrit de la façon suivante

(m& HP − m& BP ) h 4 i
+m
& BP h 2 = m
i
& HP h1
i
(3.42)

2
p 3
.
m HP
3 2 1i

4i 4i
2i
1i 2i
4 .
4 1 m BP

1
h

— Avec une quantité de liquide injectée plus importante, la capacité fermée, appelée bouteille
intermédiaire ou bouteille de compound, contient du liquide saturé (état 3i) dans sa partie inférieure.
Les vapeurs aspirées dans le deuxième étage sont des vapeurs saturées sèches. On arrive encore à
sous refroidir le liquide admis au détendeur, en faisant passer la conduite du liquide dans cette
bouteille de compound.

4"i & HP : débit massique dans le condenseur et le compresseur haute


m
.
2i mHP pression,
.
mBP
m& BP : débit massique dans l’évaporateur et le compresseur basse
pression.
3
. Le bilan énergétique du mélange s’écrit de la façon suivante
m BP 3c
.
mHP
& HP h3 + m
m & BP h2 − m
& HP h " − m
& BP h3 = 0 (3.43)
C i 4i

2
p 3C
.
m HP
3c 2
4i" 1i
3
4"i 4i
2i
4i 1i 2i
3
.
4 1 m BP
4 1
h
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 18

Refroidissement par injection totale

Dans ce type de fonctionnement, la totalité du fluide frigorigène liquide est détendue dans la bouteille
intermédiaire qui sert de bouteille séparatrice.

— Le refroidissement des vapeurs refoulées du compresseur basse pression (état 2i) est réalisé en
les envoyant directement dans la bouteille séparatrice de liquide et dans laquelle elles se
désurchauffent. Le deuxième étage de compression aspire de la vapeur saturée sèche.

4"i & HP : débit massique dans le condenseur et le compresseur haute


m
2i . pression,
m
. HP
m BP 4i
m& BP : débit massique dans l’évaporateur et le compresseur basse
.
m pression.
HP
3i . Le bilan énergétique du mélange s’écrit de la façon suivante
m BP
& HP h 4 + m
m & BP h 2 − m
& HP h " − m
& BP h 3 = 0 (3.44)
i i 4 i i

2
p 3
.
m HP
3 2 4i" 1i

4i 4"i 4i
3i 2i
1i 2i
.
4 1 3i m BP
4 1
h

— Dans le cas de l’injection totale, lorsque la quantité de liquide est assez importante, on en utilise
une partie pour un évaporateur travaillant à la pression intermédiaire. L’alimentation de cet
évaporateur se fait par gravité ou par pompe.

La partie de liquide restant dans la bouteille sert à alimenter le détendeur de l’évaporateur de l’étage
basse pression.

4"i & HP : débit massique dans le condenseur et le compresseur haute


m
.
2i m HP pression,
.
m BP 4i
. . m& BP : débit massique dans l’évaporateur 2 et le compresseur
mPI 4"i m HP
basse pression.
3i
. & PI : débit massique dans l’évaporateur 1
m
mPI
3i .
mBP Le bilan énergétique dans la bouteille séparatrice s’écrit:

m & BP h 2 + (m
& HP h 4 + m & HP ) h 4" − (m
& PI − m & BP ) h 3 = 0
& PI + m (3.45)
i i i i
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 19

2
p 3
.
m HP
3 2 4i" 1i
4i
4i 4"i .
3i 2i 4i" m PI
1i 3i
2i
.
4 1 3i m BP
4 1
h

— On utilise deux évaporateurs à deux températures différentes. Le premier, alimenté par le liquide
provenant du condenseur, n’assure pas l’évaporation complète. Le f.f. sort de l’évaporateur 1 à l’état
humide (état 5) et est injecté dans la bouteille séparatrice de liquide. De cette bouteille, la partie
vapeur saturée (état 5”i) assure le refroidissement des vapeurs refoulées du compresseur basse
pression (état 2i) par mélange, tandis que la partie liquide passe dans le deuxième étage de détente
avant d’être injectée dans l’évaporateur 2. Le compresseur haute pression aspire des vapeurs
légèrement surchauffées.

. & HP : débit massique dans le condenseur, l’évaporateur 1 et le


m
m HP
compresseur haute pression,
. 5" X 1i
m HP m& BP : débit massique dans l’évaporateur 2 et le compresseur basse
5 . pression.
m BP 2i
& HP est égal à m
m & BP augmenté de la partie vapeur saturée X du
3i .
m BP mélange humide 5.

Avec, X = m & HP x5
x 5 étant le titre du mélange humide à l’état 5.

Le bilan massique nous donne

& BP + m
m & HP x 5 = m
& HP (3.46)

Le bilan énergétique du mélange est donné par

& HP x 5 h5" + m
m & BP h2 = m
& HP h1 (3.47)
i i
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 20

2
p 3
.
m HP
3 2 4i 1i
Evap 1 5"

3i 4i 5 5" 1 5
i 2i
2i

4 1 3i .
m BP
4 Evap 2
1
h

3.2.7. Machines frigorifiques en cascade

L’utilisation d’une machine frigorifique simple ou étagée avec un seul type de fluide frigorigène à
l’intérieur pose des problèmes à très basses températures, de l’ordre de -100 °C. Dans ce cas, on
utilise des machines frigorifiques dites “en cascade”. Elles sont constituées par deux ou trois
machines frigorifiques à compression simple ou étagée utilisant chacune un fluide frigorigène différent.
Le principe de production du froid en cascade est le suivant :

La source froide (évaporateur) d’une machine frigorifique à compression simple (ou étagée) tient lieu
de source chaude (condenseur) à la machine en dessous de la cascade, les fluides étant différents et
les circuits parfaitement distincts. Seul le premier étage de la cascade (étage supérieur) possède une
source chaude classique refroidie par eau ou air aux conditions atmosphériques.

12 Cd1
13
12
p 13
14 11
h 14 11
Ev1

23 22
Cd2
22
p 23
24 21
h 24 21
Ev2
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 21

EXERCICE SUR LE FROID, INSTALLATION FRIGORIFIQUE A COMPRESSION

Ex. 1
1. Donner les pressions PC et PE qui correspondent aux températures de saturation TC = 30°C et T E
= -15°C pour le cas de l’NH 3.
2. On veut réaliser la compression d’un débit m de NH3 de PE à PC sachant que les vapeurs
devraient parvenir au compresseur à la température de 0°C, quelle serait la température des gaz
au refoulement (compression isentropique).
3. Pratiquement les vapeurs entrant au compresseur sont à une température de 7°C, quelle est alors
la température des gaz refoulés. Jugeant cette température excessive, on procède à une injection
de l’NH3 liquide de même pression à l’aspiration de telle façon que la température moyenne des
gaz refoulés soit de 105°C. Donner la température e t la proportion en masse du mélange à
l’aspiration.
4. L’ NH3 refoulé se refroidit et se condense complètement dans un échangeur de 15 kW. Calculer le
débit volumique V du mélange à l’aspiration.

Ex. 2
Une installation commerciale à compression utilisant du R134a, a une puissance frigorifique de 12,8
kW.
Les conditions de fonctionnement sont :
- Pressions de service : HP = 12 bar ; BP = 1 bar ;
- Sous refroidissement à la sortie du condenseur 5 K ;
- Surchauffe à la sortie de l’évaporateur 5 K ;
- Caractéristiques du compresseur : - rendement indiqué ηi = 0,75 ; - rendement mécanique ηm =
0,90 ; rendement volumétrique du compresseur λ = 0,8

Questions :
1. Tracer le schéma de l’installation en précisant tous les points de fonctionnement.
2. Tracer le cycle dans le diagramme p-h et dresser le tableau donnant T, p et h de tous les points.
3. Calcule la puissance effective du compresseur.
4. Calculer la puissance du condenseur.
5. Calculer la cylindrée du compresseur s’il tourne à 750 tours par minute

Ex. 3
Une installation industrielle, à ammoniac (NH3), de puissance frigorifique 110 kW, fonctionne suivant
les conditions suivantes :
- Pressions de service : HP = 13 bar ; BP = 2,3 bar ;
- Sous refroidissement 11°C ;
- Surchauffe 16 °C ;
- Caractéristiques du compresseur : - rendement indiqué ηi = 0,92 ; - rendement mécanique ηm =
3 -1
0,90 ; volume balayé Vg =0,066 m .s .

Questions :
1. Tracer le schéma de l’installation en précisant tous les points de fonctionnement.
2. Tracer le cycle dans le diagramme p-h et dresser le tableau donnant T, p et h de tous les points.
3. Calculer la puissance effective du compresseur.
4. Calculer le rendement volumétrique λ du compresseur.

Ex. 4
Une installation industrielle, à ammoniac (NH3), de puissance frigorifique 110 kW, comporte un
échangeur de chaleur interne dans lequel circulent d’une part, le liquide sortant du condenseur, et
d’autre part, la vapeur sortant de l’évaporateur.

Les conditions de fonctionnement sont :


- Pressions de service : HP = 13 bar ; BP = 2,3 bar ;
- Température de sous refroidissement à la sortie du condenseur 30 °C ;
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 22

- Température de surchauffe à la sortie de l’évaporateur –10 °C ;


- Surchauffe dans l’échangeur interne 10 °C ;
- Caractéristiques du compresseur : - rendement indiqué ηi = 0,92 ; - rendement mécanique ηm =
3 -1
0,90 ; volume balayé Vg =0,066 m .s .

Questions :
1. Tracer le schéma de l’installation en précisant tous les points de fonctionnement.
2. Tracer le cycle dans le diagramme p-h et dresser le tableau donnant T, p et h de tous les points.
3. Calcule la puissance effective du compresseur.
4. Calculer la puissance de l’échangeur interne.
5. Calculer le rendement volumétrique λ du compresseur.

Ex 5
Une installation industrielle, à ammoniac (NH3), de puissance frigorifique 350 kW, comporte deux
étages de compression et un échange interne entre la sortie du condenseur et l’aspiration du
ème
compresseur 2 étage. Le refroidissement intermédiaire est assuré par injection partielle, pour cela,
une partie du liquide sous refroidi de l’échangeur interne est détendue à la PI et est mélangée avec
les vapeurs refoulées du premier étage de compression. Le mélange ainsi formé passe dans
ème
l’échangeur interne avant d’être aspiré dans le compresseur 2 étage.
Les conditions de fonctionnement sont :
- Pression de service : HP = 14 bar ; PI = 5 bar ; BP = 1,6 bar ;
- Sous refroidissement dans le condenseur 5 °C ;
- Sous refroidissement dans l’échangeur interne 10 °C ;
- Température à l’aspiration du compresseur HP 10 °C ;
- Surchauffe à la sortie de l’évaporateur 7 °C ;
- Rendement interne des compresseurs : ηi1 = 0,85 pour la BP ; ηi2 = 0,8 pour la HP
- Rendement mécanique des compresseurs : ηm1 = 0,95 pour la BP ; ηm2 = 0,9 pour la HP

Questions :
1. Tracer le schéma de principe de l’installation en précisant tous les points de fonctionnement.
2. Tracer le cycle dans le diagramme p-h et dresser le tableau donnant p, T et h de tous les points.
3. Calculer le coefficient de performance effective de l’installation.
4. Calculer la puissance de l’échangeur interne.
5. Calculer la puissance du condenseur.
Ex. 6
Une installation industrielle, à ammoniac (NH3), de puissance frigorifique 350 kW, comporte deux
étages de compression et deux étages de détente. Le liquide à la sortie du condenseur, détendu à la
pression intermédiaire est totalement injecté dans la bouteille séparatrice. Delà, la partie liquide passe
dans le deuxième étage de détente, tandis que la partie vapeur assure le refroidissement
intermédiaire par mélange des vapeurs refoulées du premier étage de compression (BP).

Les conditions de fonctionnement sont :


- Pressions de service : HP = 14 bar ; PI = 5 bar ; BP = 1,6 bar ;
- Sous refroidissement dans le condenseur 4 °C ;
- Surchauffe dans l’évaporateur 14 °C ;
- Rendement interne des compresseurs : ηi1 = 0,85 pour la BP ; ηi2 = 0,8 pour la HP
- Rendement mécanique des compresseurs : ηm1 = 0,95 pour la BP ; ηm2 = 0,9 pour la HP

Questions :
1. Tracer le schéma de principe de l’installation en précisant tous les points de fonctionnement.
2. Tracer le cycle dans le diagramme p-h et dresser le tableau donnant T, p et h de tous les points.
3. Calculer le coefficient de performance effective de l’installation.
4. Calculer le débit d’eau de refroidissement du condenseur qui entre à 20 °C et sort à 30 °C. C eau =
-1 -1
4,18 [Link] .K
Ex. 7
Une installation industrielle, à ammoniac (NH3), de puissance frigorifique 350 kW, comporte deux
étages de compression. Le refroidissement intermédiaire est assuré par le mélange direct dans une
bouteille séparatrice de la totalité du fluide frigorigène liquide détendu à la PI et des vapeurs refoulées
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 23

du premier étage de compression. De cette bouteille, la partie liquide est détendue à BP, tandis que la
partie vapeur est aspirée dans le deuxième étage de compression. Un échangeur de chaleur interne
assure un échange entre le liquide sortant du condenseur, et la vapeur à l’aspiration du deuxième
étage de compression.

Les conditions de fonctionnement sont :


- Pressions de service : HP = 14 bar ; PI = 5 bar ; BP = 1,6 bar ;
- Sous refroidissement dans le condenseur 4 °C ;
- Sous refroidissement dans l’échangeur interne 5 °C ;
- Surchauffe à la sortie de l’évaporateur 7 °C ;
- Rendement interne des compresseurs : ηi1 = 0,85 pour la BP ; ηi2 = 0,8 pour la HP
- Rendement mécanique des compresseurs : ηm1 = 0,95 pour la BP ; ηm2 = 0,9 pour la HP
- La tuyauterie d’aspiration présente une longueur développée de 15 m et comporte deux robinets
d’arrêt à passage d’équerre ainsi que 4 coudes à 90°;

Questions :
1. Tracer le schéma de principe de l’installation en précisant tous les points de fonctionnement.
2. Tracer le cycle dans le diagramme p-h et dresser le tableau donnant T, p et h de tous les points.
3. Calculer le coefficient de performance effectif de l’installation.
4. Calculer la puissance de l’échangeur interne.
5. Calculer le débit d’eau de refroidissement du condenseur qui entre à 20 °C et sort à 30 °C. C eau =
-1 -1
4,18 [Link] .K
6. Déterminer le diamètre de la tuyauterie d’aspiration du côté BP.
Ex. 8
Une installation frigorifique à compression étagée, fonctionnant avec du R22 a une puissance de 340
kW. Le refroidissement des vapeurs refoulées du compresseur BP se fait en deux étapes : tout
d’abord par un échangeur externe jusqu’à 30 °C, et ensuite, par mélange avec la partie vapeur du
liquide à HP totalement injecté à la PI dans la bouteille séparatrice.
Quant à la partie liquide de la bouteille séparatrice, elle alimente le circuit BP.
Un échange interne entre le fluide à la sortie du condenseur et le fluide à la sortie de l’évaporateur
provoque d’une part un sous refroidissement de 6 °C et d’autre part une surchauffe.
Les autres conditions de fonctionnement sont :
- HP = 14 bar ; PI = 3,5 bar ; BP = 1 bar ;
- Le condenseur assure seulement la condensation complète du fluide frigorigène ;
- L’évaporateur assure seulement l’évaporation totale du fluide frigorigène ;
- Dans chaque étage de compression : ηi = 0,9 ; ηm = 0,8.

Questions :
1. Tracer le schéma de principe de l’installation en précisant tous les points de fonctionnement.
2. Tracer le cycle dans le diagramme p-h et dresser le tableau donnant p, T et h de tous les points.
3. Calculer les débits massiques dans chaque branche.
4. Calculer la puissance de l’échangeur externe.
5. Calculer la puissance du condenseur.
6. Calculer la puissance minimale du moteur d’entraînement des compresseurs.
7. Calculer le coefficient de performance effectif de l’installation.
x. 9
Une installation industrielle, à ammoniac (NH3), comporte deux étages de compression, deux étages
de détente et deux étages d’évaporation. Le fluide frigorigène, venant du condenseur, sous refroidi,
détendu à la pression intermédiaire, alimente l’évaporateur 1. Le fluide frigorigène à la sortie de
l’évaporateur 1 est totalement injecté dans la bouteille séparatrice, et de là, la partie liquide est
détendue à BP et alimente l’évaporateur 2. Tandis que la partie vapeur fait un échange interne avec la
branche à la sortie du condenseur et est aspirée par le deuxième étage de compresseur. Le
refroidissement des vapeurs refoulées du premier étage de compression est assuré par leur mélange
direct dans la bouteille séparatrice.

Les autres conditions de fonctionnement sont :


Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 24

- Pressions de service : HP = 12 bar ; PI = 4 bar ; BP = 1,4 bar ;


- Puissance frigorifique de l’évaporateur 1 utilisé à PI : 332 kW ;
- Puissance frigorifique de l’évaporateur 2 utilisé à BP : 166 kW ;
- Le condenseur assure seulement la condensation complète du fluide frigorigène ;
- Sous refroidissement dans l’échangeur interne 9 °C ;
- Surchauffe à la sortie de l’évaporateur 2 : 7 °C ;
- Surchauffe le long de la conduite d’aspiration BP : 4 °C
- Rendement interne des compresseurs : ηi1 = 0,8 pour la BP ; ηi2 = 0,8 pour la HP
- Rendement mécanique des compresseurs : ηm1 = 0,85 pour la BP ; ηm2 = 0,9 pour la HP

Questions :
1. Tracer le schéma de principe de l’installation en précisant tous les points de fonctionnement.
2. Tracer le cycle dans le diagramme p-h et dresser le tableau donnant T, p et h de tous les points.
3. Calculer le coefficient de performance effectif de l’installation.
4. Calculer la puissance de l’échangeur interne.
5. Calculer le débit d’eau de refroidissement du condenseur qui entre à 20 °C et sort à 30 °C. C eau =
-1 -1
4,18 [Link] .K
Ex. 10
Une installation frigorifique industrielle à compression étagée à injection totale, fonctionnant à
l’ammoniac (NH3), a une puissance frigorifique de 340 kW.
Le refroidissement des vapeurs refoulées du compresseur BP se fait en deux étapes : tout d’abord par
un échangeur externe jusqu’à 50 °C, et en suite, pa r mélange avec la partie vapeur de la bouteille
séparatrice à PI.
La partie liquide de la bouteille séparatrice alimente le circuit BP.
Un échangeur de chaleur interne entre le liquide à la sortie du condenseur et le fluide à la sortie de
l’évaporateur provoque d’une part une surchauffe de 10 °C et d’autre part un sous refroidissement.

Les conditions de fonctionnement sont :


- Pressions de service : HP = 13 bar ; PI = 4 bar ; BP = 1,4 bar
- Température de sous refroidissement à la sortie du condenseur 30 °C ;
- Température de surchauffe à la sortie de l’évaporateur -20 °C ;
- Caractéristiques du compresseur BP : - rendement indiqué ηi1 = 0,90 ; - rendement mécanique
ηm1 = 0,85 ;
- Caractéristiques du compresseur HP : - rendement indiqué ηi2 = 0,85 ; - rendement mécanique
ηm2 = 0,80 ;

Questions :
1. Tracer le schéma de principe de l’installation en précisant tous les points de fonctionnement.
2. Tracer le cycle dans le diagramme p-h et dresser le tableau donnant p, T et h de tous les points.
3. Calculer les débits massiques dans chaque branche.
4. Calculer la puissance de l’échangeur externe.
5. Calculer la puissance de l’échangeur interne.
6. Calculer le coefficient de performance effective de l’installation.

Ex. 11
Deux installations frigorifiques simples fonctionnant avec de l’NH3, sont montées en cascade. La
première a les caractéristiques suivantes :
− Pression de condensation pC1 = 12 bar ;
− Pression d’évaporation pE1 = 4 bar ;
− Sous refroidissement dans le condenseur 5 °C ;
− Température de surchauffe dans l’évaporateur T11 = 5 °C ;
− Rendement interne ηi1 = 0,85 ; rendement mécanique du compresseur ηm1 = 0,95
La seconde a les caractéristiques suivantes :
− Pression de condensation pC2 = 5 bar ;
− Pression d’évaporation pE2 = 1,2 bar ;
− Température de sous refroidissement dans le condenseur T32 = 0 °C ;
Froid : Machines frigorifiques à compression - à absorption — 25

− Surchauffe dans l’évaporateur 5 °C ;


− Rendement interne ηi1 = 0,90 ; rendement mécanique du compresseur ηm2 = 0,92
L’échangeur commun (évaporateur pour la première installation et condenseur pour la deuxième) a
une puissance de 132 kW.
Questions
1. Tracer le schéma de principe des installations en numérotant les points.
2. Tracer les cycles dans le diagramme de Mollier et grouper dans un tableau les valeurs de p, T et h
pour chaque point.
3. Calculer le débit massique du fluide frigorigène dans chaque installation.
4. Calculer la puissance du condenseur de la première installation.
5. Calculer la puissance de l’évaporateur de la deuxième installation.
6. Calculer la puissance effective de chaque compresseur.

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