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Dimension des sous-espaces propres en algèbre

Le document traite de la dimension des sous-espaces propres et des propriétés des polynômes caractéristiques et minimaux d'un endomorphisme. Il présente des théorèmes sur la décomposition des noyaux et la structure des endomorphismes, en particulier le théorème de Dunford qui établit l'existence et l'unicité d'une décomposition d'un endomorphisme en une partie diagonalisable et une partie nilpotente. Les démonstrations fournissent des arguments mathématiques pour soutenir ces théorèmes.

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Le document traite de la dimension des sous-espaces propres et des propriétés des polynômes caractéristiques et minimaux d'un endomorphisme. Il présente des théorèmes sur la décomposition des noyaux et la structure des endomorphismes, en particulier le théorème de Dunford qui établit l'existence et l'unicité d'une décomposition d'un endomorphisme en une partie diagonalisable et une partie nilpotente. Les démonstrations fournissent des arguments mathématiques pour soutenir ces théorèmes.

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Math3B - Démos CT

December 17, 2022

Dimension d’un sous espace propre

Soit λ ∈ K une valeur propre de f de multiplicité p. Alors dim(Eλ ) ≤ p.

Démonstration
Supposons le contraire, cad dim(Eλ ) > p, cad dim(Eλ ) ≥ p + 1
Soit β = (u1 , ..., u p+1 ) un famille libre d eEλ . On complète β par des vecteurs non-nuls (u p+2 , ..., un )
de E tels que U = (u1 , ..., u p+1 , u p+2 , ..., un ) soit une base de E.

La matrice de f dans la base U est de la forme


 
λ I p+1 C
0 B

car ∀i = 1, ..., p + 1, f (ui ) = λ ui . On a Pf (x) = det(W − xI)


 
(λ − x)I p+1 C
= det = det((λ − x)I p+1 ) × det(B − xIn−(p+1) )
0 B − xIn−(p+1) | {z }
polynôme

= (λ − x) p+1 × det(B − xIn−(p+1) ) = Pf (x)


Donc λ est de multiplicité au moins p + 1 ce qui est en contradiction avec le fait que λ est de multi-
plicité p. D’où dim(Eλ ) ≤ p
Démonstration diapo
Supposons que dim(Eλ ) ≥ p + 1. Soit (u1 , ..., u p+1 ) une famille libre de vecteurs de Eλ . On la
complète en une base de E par des vecteurs (u p+2 , ..., un ). Alors la matrice de f dans cette base est de
la forme  
λ I p+1 C
A=
0 B
où 0 est la matrice de taille (n − (p + 1)) × p à coefficients nuls.
Ainsi, Pf (t) = (t − λ ) p+1 Det(B − tI(n−(p+1)) ) et ceci contredit le fait que λ ∈ K est de multiplicité p.

1
Théorème spectral
Si le polynôme caractéristique Pf de l’endomorphisme f de E s’écrit
m
Pf (X) = (−1)n ∏(X − λi ) pi
i=1

avec les λi distincts deux à deux, alors

• E = Nλi ⊕ ... ⊕ Nλm

• Les projecteurs spectraux sont des polynômes en f . Plus précisément, si on pose

Pf (X)
Qi (X) =
(X − λi ) pi

alors les polynômes Qi sont premiers entre eux et il existe des polynômes Ui (X), i = 1, ..., m
tels que
m
∑ Ui(X)Qi(X) = 1
i=1
et les projecteurs πi sont donnés par

πi = Ui ( f ) ◦ Qi ( f )

Les Qi (X) sont premiers entre eux, mais peuvent avoir deux à deux des racines communes (mais
pas tous à la fois)

Démonstration
Le premier point résulte du théorème de Cayley-Hamilton.
Quant au second, il suffit d’utiliser le premier pour établir les relations suivantes :
- Pour tout i, k ∈ {1, ..., m}, avec k ̸= i, et pour tout y ∈ Nλk

Ui ( f ) ◦ Qi ( f )(y) = 0

- Pour tout i ∈ {1, ..., m} et tout x ∈ Nλi

x = Ui ( f ) ◦ Qi ( f )(x)

Lemme de décomposition des noyaux

Soient P1 , ..., Pq ∈ K [X] premiers entre eux. On pose P = P1 × ... × Pq . Alors on a

Ker(P( f )) = Ker(P1 ( f )) ⊕ ... ⊕ Ker(Pq ( f ))

Pour tout i = 1, ..., q, le projecteur πi de Ker(P( f )) sur Ker(Pi ( f )) ⊂ Ker(P( f )) est un polynôme
en f . Si en plus P( f ) = 0, alors

E = Ker(P1 ( f )) ⊕ ... ⊕ Ker(Pq ( f ))

2
Démonstration
P1 et P2 sont premiers entre eux, il existe donc d’après Bézout
Q1 , Q2 ∈ K [X] ; Q1 P1 + Q2 P2 = 1 et donc Q1 ( f )P1 ( f ) + Q2 ( f )P2 ( f ) = IdE .
Soit x ∈ Ker(P( f )). Alors
x = Q1 ( f )P1 ( f )(x) + Q2 ( f )P2 ( f )(x)
En posant x1 = Q2 ( f )P2 ( f )(x) et x2 = Q1 ( f )P1 ( f )(x), alors

x1 ∈ Ker(P1 ( f )) x2 ∈ Ker(P2 ( f ))

Donc Ker(P( f )) = Ker(P1 ( f )) + Ker(P2 ( f )) et le projecteur π1 de Ker(P( f )) sur Ker(P1 ( f )) est


(Q2 P2 )( f ) et celui de Ker(P( f )) sur Ker(P2 ( f )) est (Q1 P1 )( f ).
Il s’agit bien de polynômes en f .
Soit maintenant x ∈ Per(P1 ( f )) ∩ Ker(P2 ( f )).
Comme x = Q1 ( f )P1 ( f )(x) + Q2 ( f )P2 ( f )(x), on obtient alors x = 0.

Théorème de Dunford
Soit E un K-ev de dimension finie et f un endomorphisme de E dont le polynôme minimal est
scindé. Alors il existe un unique couple (d, n) d’endomorphismes de E tels que :
• f = d +n • n est nilpotent
• d est diagonalisable • n et d commutent
De plus, n et d sont des polynômes en f . Plus précisément,
q
d = ∑ λi πi et n = f −d
i=1

où les πi désignent les projecteurs spectraux et les λi les valeurs propres de f .

Faut démontrer ?
Démonstration - Existence
q
Soit µ f (x) = ∏i=1 (X − λi )qi le polynôme minimal de f , avec λi ̸= λ j , pour i ̸= j.
On a µ f ( f ) = 0 et les polynômes (X − λi )qi sont premiers deux à deux. Ainsi,

E = Ker(µ f ( f )) = Ker(( f − λ1 IdE )q1 ) ⊕ ... ⊕ Ker(( f − λi IdE )qq )

Pour tout i = 1, ..., q, le projecteur πi de E de E sur Ker(( f − λ1 IdE )qi ) ⊂ Ker(P( f )) est un polynôme
en f .
q
Posons d = ∑i=1 λk πi et n = f − d.
On a bien f = d + n, et n et d sont des polynômes en f et commutent.
Il reste à vérifier que d est diagonalisable et que n est nilpotent.

• Diagonalisation de d : Pour tout i = 1, ..., q, soit βi = (uij ) j une base de Ker(( f − λ IdE )qi ) et
q
alors β = ∪i=1 βi est une base de E vérifiant

d(uij ) = λi uij

Donc d est diagonalisable.

3
• Nilpotence de n : Tout x ∈ E possède une décomposition unique x = x1 + ... + xq avec xi ∈
Ker(( f − λi IdE )qi ), pour i = 1, ..., q.
Commençons par remarquer que tout tout i = 1, ..., q, Ker(( f − λi IdE )qi ) est stable par f .
Ainsi, en utilisant la définition de d, on a

n(y) = ( f − λi IdE )(y) et ( f − λk IdE )(y) ∈ Ker(( f − λ1 IdE )qi ) ∀y ∈ Ker(( f − λ1 IdE )qi )

et par suite
nk (xi ) = ( f − λi IdE )k (xi ) ∀k ∈ N∗ et ∀i = 1, ..., q
q q
Soit p = max (qi ). Alors n p (x) = ∑i=1 n p (xi ) = ∑i=1 ( f − λi IdE ) p (xi ) = 0
i=1,...,q
Comme d et n sont des polynômes en f (car les πi le sont)
Démonstration - Unicité
Montrons l’unicité du couple (d, n) défini précédemment.
Soit (d ′ , n′ ) un autre couple tel que d ′ soit diagonalisable, n′ nilpotent et d ′ et n′ commutent et vérifient
f = d + n = d ′ + n′ .
Il est évident que f ◦ n′ = d ′ ◦ n′ + n′ ◦ n′ = n′ ◦ d ′ + n′ ◦ n′ = n′ ◦ (d ′ + n′ ) = n′ ◦ f et donc f et n′
commutent et on montre de même que d ′ et f commutent aussi.
Comme d et n sont des polynômes en f , les endomorphismes d, n, d ′ et n′ commutent deux à deux.
Ceci donne d’une part que n − n′ est nilpotent (utiliser la formule du binôme en la somme des deux
indices de nilpotence) et donc d − d ′ aussi.
D’autre part, comme d et d ′ commutent, ces deux endomorphismes sont simultanément diagonalis-
ables et donc d − d ′ est diagonalisable.
Or, le seul endomorphisme qui est à la ois diagonalisable et nilpotent est l’endomorphisme nul.
Par suite, d = d ′ et n = n′ .
+ démo 3 et 6 CC

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