5.
1 Introduction
Les propriétés mécaniques des roches se divisent en deux catégories :
- les résistances à des sollicitations mécaniques : traction, compression uniaxiale ou triaxiale,
définissant des seuils ou critères de rupture ;
- les déformabilités sous l'effet des sollicitations mécaniques : modules instantanés ou
différés.
Au delà de ces propriétés, qui s'expriment par des données chiffrées, on préférera parler de
comportement, un terme plus général. Le terme de «loi de comportement» désigne d'une
manière générale l'expression mathématique de la relation entre les contraintes et l'histoire des
déformations subies par l'échantillon. Dans ce chapitre, il ne sera fait référence qu'à des lois
de comportement élémentaires, élasticité et plasticité.
Le comportement et les propriétés mécaniques des roches sont étudiés au laboratoire, à
partir d'échantillons continus de dimensions centimétriques à décimétriques. La
représentativité d'échantillons de laboratoire, c'est-à-dire leur aptitude à représenter les
propriétés du site dont ils sont extraits, se heurte à plusieurs types de difficultés :
présence de fractures : certains types de fractures, présentes sur le site, peuvent ne pas être
présentes dans l'échantillon prélevé, trop petit pour les contenir, et donc échappent à
l'analyse (c'est notamment le cas pour les discontinuités majeures, fractures régionales,
failles etc. qui ne sont évidemment pas susceptibles de prélèvement). D'une manière
générale, tout bloc extrait du site a, en quelque sorte, déjà subi une «sélection naturelle»
interdisant la présence de discontinuités importantes (qui conduiraient à une division du bloc
en blocs plus petits) ;
hétérogénéité du massif : certains massifs sont hétérogènes, c'est-à-dire formés d'éléments
de propriétés mécaniques différentes, par exemple alternance de schistes et de grès ;
variabilité des propriétés mécaniques au sein du massif rocheux, même au sein d'une
formation identifiée ; il convient alors d'utiliser la géostatistique pour décrire et modéliser la
nature de cette variabilité et, éventuellement, le type d'échantillonnage à effectuer en vue
d'une «représentativité correcte» ;
enfin l'effet d'échelle : les roches présentent généralement un «effet d'échelle» plus ou
moins marqué, lié à la présence au sein de la matrice rocheuse, de divers types
d'hétérogénéités et de discontinuités ; cet effet d'échelle se manifeste par le fait que les
propriétés mécaniques mesurées sont fonction des dimensions de l'éprouvette.