voie générale 2de Tle Humanités, Littérature et Philosophie
Informer et accompagner
les professionnels de l’éducation
voie générale
2de 1re Tle
Humanités, Littérature et Philosophie
ENSEIGNEMENT
de spécialité
Coopération des professeurs de Lettres
et de philosophie
Principes d’organisation
Comme le stipule le programme, tant pour la classe de première que pour la classe terminale,
l’enseignement de spécialité « Humanités, Littérature et Philosophie » repose sur deux
piliers complémentaires : un ancrage disciplinaire précisément et rigoureusement assumé ;
une coopération soutenue des deux disciplines « lettres » et « philosophie ».
Celles-ci sont reconnues par le programme « à la fois différentes et fortement liées ».
Et s’agissant des différents objets d’étude proposés par le programme, il est posé qu’« aucune
[des] entrées n’est spécifiquement “littéraire” ou “philosophique” »1. Chacune d’entre elles se
prête à une approche croisée, impliquant une concertation et une coopération effectives entre
les professeurs en charge de cet enseignement qui doit être assuré par eux à parts égales sur
chaque année du cycle ».
L’interaction des disciplines ne saurait être déléguée aux seuls élèves, et il revient avant
tout aux professeurs d’en concevoir les ressorts et de la mettre en œuvre, de la faire
partager aux élèves, en leur en montrant l’intérêt et en leur donnant le goût de l’exploration
et de la réflexion interdisciplinaires.
Quelle réalité et quel sens concrets donner à cette concertation et à cette coopération ?
La question doit être réfléchie par les binômes associant professeurs de lettres et professeurs
de philosophie.
Lorsque les professeurs sont déjà présents dans l’établissement, il est évidemment
préférable que ces binômes se constituent sur la base du volontariat et d’un intérêt explicite
pour un travail partagé.
Le principe général qui doit prévaloir est celui d’une coopération à géométrie variable,
respectueuse tant des programmes que de la liberté intellectuelle et pédagogique permettant
à chaque professeur de déployer un enseignement de qualité, dont les contenus et les
modalités pédagogiques sont appropriés aux besoins des élèves et à la progression de leurs
apprentissages. Même rapprochée, une coopération est pleinement compatible avec des
enseignements qui restent bien différenciés, qui actualisent des spécificités disciplinaires,
ainsi que la culture et les centres d’intérêt de chaque professeur.
Retrouvez éduscol sur [Link] le programme de spécialité HLP de première générale, publié au BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019
ou le programme de spécialité HLP de terminale générale, publié au BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019.
[Link]/ - Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse - Avril 2020 1
voie générale 2de Tle Humanités, Littérature et Philosophie
S’agissant des modalités de mise en œuvre, rien n’est figé a priori, dans ce qui constituerait
un format ou une manière imposés, et qui contreviendrait à l’esprit de recherche qui doit
prévaloir. D’ores et déjà, l’expérience fait apparaître une grande variété de perspectives
imaginées et expérimentées par les professeurs, les unes et les autres fructueuses.
Modalités d’organisation
Pour ne pas alourdir à l’excès les charges de travail induites, il importe que chaque
professeur intègre au temps de conception et de préparation de ses cours des moments
de concertation et de réflexion partagée. Les professeurs choisissent les formes
les plus propices à ce travail commun.
Si la concertation en amont a son utilité, il est important de se tenir informé du déroulement
des cours, comme des questions éventuelles que celui-ci peut faire surgir.
Le choix de progressions annuelles bien coordonnées apparaît nécessaire pour assurer
la cohérence d’ensemble de l’enseignement de spécialité. Cette cohérence procède
d’une construction originale, dont les professeurs prennent ensemble la responsabilité.
En effet, si les deux objets d’étude sont bien distincts (« les pouvoirs de la parole » ;
« les représentations du monde »…) et si le programme requiert de leur consacrer deux
moments différents au cours de l’année, l’organisation et la progression des cours ne
sont pas prescrites par les subdivisions de chaque objet d’étude ( « l’art de la parole »,
« l’autorité de la parole », « les séductions de la parole », par exemple »). De même, le respect
de l’ancrage chronologique prescrit par les programmes n’interdit nullement le recours à
des comparaisons ou à des mises en perspective avec des références plus contemporaines.
Au-delà de cette cohérence d’ensemble, les professeurs peuvent coordonner et, au besoin,
partager des séquences particulières, plus ou moins longues, de leurs enseignements.
• Plusieurs configurations paraissent possibles, qui peuvent s’articuler :
--au choix d’une thématique commune associée à un corpus lui aussi commun ;
--au choix d’une thématique commune associée à des corpus différents
etcomplémentaires ;
--au choix de thématiques différenciées et complémentaires : il n’est pas toujours
possible en effet, et pas davantage souhaitable, de fondre des questionnements
et des problématisations qui possèdent leur pertinence disciplinaire propre ;
--à l’élaboration concertée de travaux et d’exercices intégrant les exigences
de l’interprétation et de la réflexion, littéraire ou philosophique, et permettant,
notamment, la préparation progressive aux épreuves communes de contrôle continu
(en classe de première) ou aux épreuves finales (en classe terminale) ;
--comme il joue un rôle de premier plan dans les acquisitions des élèves, et dans
la perspective d’un « grand oral » venant s’adosser à l’enseignement de spécialité,
les pratiques de l’oral peuvent aussi donner lieu à des approches et à des travaux
partagés.
Retrouvez éduscol sur
[Link]/ - Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse - Avril 2020 2
voie générale 2de Tle Humanités, Littérature et Philosophie
• On peut imaginer d’autres modalités de coopération, associées par exemple :
--à la lecture et à l’étude suivie d’une œuvre, qui ferait l’objet de travaux croisés, trouvant
progressivement leur cohérence interdisciplinaire ;
--à des explorations complémentaires, auxquelles le programme invite, et notamment
dans le champ artistique : certaines œuvres peuvent devenir des objets communs –
ainsi par exemple, le visionnage d’un film étudié et commenté selon des approches
différentes.
Sans que cela ne constitue une obligation, les professeurs peuvent, s’ils le souhaitent,
solliciter de leur administration l’organisation de séquences de co-enseignement.
Il importe alors d’en exposer l’objet et d’en justifier l’intérêt.
• On pense notamment :
--aux premières séances de l’année, permettant de poser les premiers jalons
de cet enseignement de spécialité ; à la présentation des exercices (présentation
générale ou exemples co-assumés de corrigé) ;
--à des séquences spécifiques, retenant l’intérêt des deux professeurs et susceptibles
d’être conduites en commun ;
--à des moments de bilan, avant ou après les conseils de classes et permettant de donner
aux élèves des conseils partagés ;
--on peut aussi imaginer des lectures et études croisées, associant les deux professeurs :
le professeur de littérature lisant et étudiant un texte réputé « philosophique » ;
le professeur de philosophie lisant et étudiant un texte réputé « littéraire».
Modalités de travail des élèves
S’agissant des travaux et des exercices proposés aux élèves, il importe plus que jamais
de veiller à l’explicitation de ce que recouvre le vocabulaire de chaque discipline comme
de la spécificité ou de la complémentarité des approches. Il importe aussi de conduire
progressivement les élèves vers des travaux associant les deux disciplines, et dont le modèle
est fourni par les exercices retenus pour les épreuves certificatives, en classe de première
comme en classe terminale.
Il importe que les élèves ne soient pas égarés par des prescriptions méthodologiques qui
pourraient, soit apparaître très différentes, pour la simple raison qu’elles sont différemment
formulées, soit au contraire ne pas être suffisamment posées, explicitées et assumées dans
leur différence.
Ainsi par exemple : quelles sont les attentes spécifiques d’une interprétation dans le champ
littéraire ? dans le champ philosophique ? Et parce qu’il n’existe pas de réponses simples
à ces questions, il importe qu’elles soient prises en charge par les deux professeurs
conjointement, et que ceux-ci accompagnent les élèves dans l’élucidation des spécificités,
comme des complémentarités, des deux disciplines.
L’évaluation des travaux des élèves requiert elle aussi une concertation et une coopération :
qu’il s’agisse des exercices préparant aux épreuves certificatives (fin de première ou fin
de terminale) ou d’autres proposés aux élèves en cours d’année et qui peuvent prendre
des formes très différentes de celles utilisées lors de l’examen, il importe de donner sens
et cohérence aux attendus et aux exigences principales de chaque forme d’exercice.
Retrouvez éduscol sur
[Link]/ - Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse - Avril 2020 3
voie générale 2de Tle Humanités, Littérature et Philosophie
En bonne continuité avec la cohérence interdisciplinaire de l’enseignement de spécialité,
il est pertinent d’inviter les élèves à tisser par eux-mêmes et régulièrement les liens – au-
delà de ceux qui sont explicitement indiqués par les professeurs – entre les travaux qu’ils
effectuent dans les deux disciplines. Un cahier unique, permettant des prises de notes
facilement articulées les unes aux autres peut, à cet égard, constituer un support intéressant.
De même : un « journal de bord », ou un « cahier de lecture » permettant aux élèves de mettre
en rapport les deux volets de leur travail.
Enfin, pour ce qui est du suivi d’ensemble du travail des élèves, il est utile de demander
la constitution, sur le logiciel de vie scolaire utilisé dans l’établissement, d’un champ unique
pour les deux disciplines et les deux professeurs, ainsi que la constitution, sur l’« ENT »,
d’un espace de travail partagé, où il sera possible de retrouver séquences de cours, éléments
de bibliographie, éléments de corrigés, etc.
Retrouvez éduscol sur
[Link]/ - Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse - Avril 2020 4