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Nitrate et azote chez le colza : étude approfondie

Le document traite de l'absorption et de l'assimilation du nitrate ainsi que du recyclage de l'azote organique chez les plantes, en mettant l'accent sur le colza (Brassica napus). Il souligne l'importance de comprendre les mécanismes biochimiques et moléculaires impliqués dans ces processus pour améliorer la gestion de l'azote et la productivité des cultures. Les auteurs examinent également les avancées récentes dans la physiologie et la génétique qui pourraient aider à optimiser l'utilisation de l'azote dans la culture du colza.

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Nitrate et azote chez le colza : étude approfondie

Le document traite de l'absorption et de l'assimilation du nitrate ainsi que du recyclage de l'azote organique chez les plantes, en mettant l'accent sur le colza (Brassica napus). Il souligne l'importance de comprendre les mécanismes biochimiques et moléculaires impliqués dans ces processus pour améliorer la gestion de l'azote et la productivité des cultures. Les auteurs examinent également les avancées récentes dans la physiologie et la génétique qui pourraient aider à optimiser l'utilisation de l'azote dans la culture du colza.

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Absorption et assimilation du nitrate et recyclage de

l’azote organique chez les plantes : intérêt pour le colza


Céline Masclaux-daubresse, Jean-François Morot-Gaudry, Mathilde Orsel,
Céline Diaz, François Daniel-Vedele, Céline Masclaux-Daubresse

To cite this version:


Céline Masclaux-daubresse, Jean-François Morot-Gaudry, Mathilde Orsel, Céline Diaz, François
Daniel-Vedele, et al.. Absorption et assimilation du nitrate et recyclage de l’azote organique chez
les plantes : intérêt pour le colza. OCL Oilseeds and fats crops and lipids, 2006, 13 (6), pp.393-402.
�10.1684/ocl.2006.0091�. �hal-03483154�

HAL Id: hal-03483154


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DOSSIER

Absorption et assimilation du nitrate et recyclage de l’azote organique


chez les plantes : intérêt pour le colza

Jean-François MOROT-GAUDRY Abstract: Brassica napus (winter oilseed rape) is an important agricultural crop cultivated for oil,
Mathilde ORSEL which can be used as an edible product or for industrial application, bioester for example. Despite the
Céline DIAZ very high capacity of oilseed rape to take up nitrate, many authors have reported a very low recovery of
François DANIEL-VEDELE nitrogen in field-grown crops whatever the level of N fertilizer applied.
Céline MASCLAUX-DAUBRESSE In this manuscript we describe the main biochemical and molecular mechanisms involved in nitrate
uptake, reduction, assimilation and N recycling during the reproductive period to gain sufficient
Laboratoire de nutrition azotée des plantes, knowledge to determine the relative importance of environmental and genetic factors determining N
INRA, Versailles management in plants. This understanding will provide the necessary background for improvement of

S
<morot@[Link]> oilseed rape varieties.
Key words: à venir

E
Introduction tement consommateur d’énergie et donc de phie, marqueurs génétiques et moléculaires,
pétrole. De plus, par une réduction de la identification de QTL (Quantitative Trait Loci),
Le colza est une espèce d’intérêt pour l’agricul- consommation des engrais azotés, la pollution recherche de gènes candidats. Enfin, le déve-
ture européenne (1/4 de la production mon-
diale en 2004). Il est cultivé essentiellement
pour la production d’huiles utilisées pour l’ali-
mentation (huiles riches en acides gras insatu-
V
des nappes phréatiques et de l’atmosphère, les
risques de verse et de maladie du feuillage
seront réduits.
loppement récent des techniques de génomi-
ques fonctionnelles apporte de nouveaux outils
qui vont faire progresser nos connaissances
U
Pour mener à bien cette opération, il nous faut tant dans le domaine de la physiologie que
rés), l’industrie (huiles enrichies en acide éruci- dans le domaine de la génétique.
approfondir nos connaissances sur la physiolo-
que) et la production de biocarburants
gie de cette plante et développer des outils et
(diesters). En Europe, les surfaces cultivées en
des ressources génétiques à partir desquels il Schéma général de la voie
colza sont voisines de 4,5 millions d’hectares.
E
sera possible d’améliorer ses performances en
Avec le développement du diester, elles
particulier par une meilleure gestion de l’azote. d’assimilation du nitrate
devraient approcher les 10 millions d’hectares chez les plantes
dans les années 2010. Afin d’adapter la culture Voyons comment au cours de ces dix dernières
années nos connaissances sur le métabolisme
R

du colza aux objectifs de production à venir, Après son entrée dans la racine grâce à des
prenant en compte les nouveaux débouchés et azoté des plantes ont évolué et comment le transporteurs membranaires, le nitrate peut
les impératifs de protection de l’environne- développement conjoint de la physiologie, de être soit réduit et assimilé, soit stocké transitoi-
ment, il est nécessaire d’améliorer la producti- la génétique et de la génomique ont permis rement dans la vacuole, soit exporté par les
d’acquérir des connaissances plus pointues et
P

vité de cette plante, tout en réduisant les vaisseaux du xylème vers les feuilles pour y être
intrants. plus globales sur le fonctionnement de la réduit (figure 1). Il est observé que le nitrate est
Un des moyens est d’augmenter son efficacité à plante. Ces progrès ont été réalisés tout réduit essentiellement dans les racines chez les
assimiler et gérer l’azote au cours de sa crois- d’abord sur la plante modèle Arabidopsis tha- arbres et dans les feuilles chez les plantes her-
É

sance et de son développement, en particulier liana mais devraient être transférés rapidement bacées.
en réduisant au printemps et à la récolte, les au colza, plante très proche génétiquement. Dans tous les cas, le nitrate est réduit en nitrite
pertes d’azote par les feuilles non complète- Cet article fait un point rapide sur les connais- par la nitrate réductase (NR) et le nitrite est
ment vidées de cet élément et en améliorant les sances acquises récemment dans deux domai- réduit en ammonium par la nitrite réductase
capacités de remobilisation de l’azote des par- nes du métabolisme azoté : l’absorption ou/et (NiR). Ces réactions de réduction nécessiten-
ties végétatives vers les siliques. L’azote reste en le transport du nitrate par les racines et la t de l’énergie, sous forme de pouvoir réducteur
effet l’élément essentiel de la productivité remobilisation de l’azote protéique issu de la (NAD(P)H) pour la NR et de ferrédoxine réduite
végétale et le coût énergétique de la produc- dégradation de la machinerie photosynthéti- pour la NiR. La NR est cytosolique, la NiR est
doi: 10.1684/ocl.2006.0091

tion des engrais azotés est l’un des postes bud- que foliaire au cours du vieillissement. plastidiale [1] (figure 2).
gétaires les plus élevés à la charge des agricul- D’immenses progrès ont été réalisés ces cinq L’ammonium est un composé toxique à faible
teurs. Ainsi, pour rendre le coût des dernières années dans la compréhension des concentration qui ne peut pas s’accumuler
biocarburants acceptable, il faut réduire les mécanismes moléculaires (transporteurs pro- dans les cellules végétales. Son assimilation ou
coûts de production des produits issus des téiques de nitrate par exemple) et de leur régu- sa réassimilation sont donc des nécessités vita-
plantes qui les produisent, en abaissant en par- lation. Il en est de même du développement les pour les cellules. Deux enzymes, la gluta-
ticulier la quantité d’engrais azotés, poste for- des nouveaux outils de la génétique, cartogra- mine synthétase (GS) et la glutamate synthase

OCL VOL. 13 N° 6 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2006 1


agricoles. Le nitrate est considéré comme la
Cellule racinaire source d’azote majoritaire, avec des concentra-
pH=7,2 tions 10 à 1 000 fois plus élevées que celles de
l’ammonium, notamment dans les sols bien
Vacuole aérés. Cependant, lorsque les deux éléments
pH=5,5
ATP sont apportés aux mêmes concentrations,
H l’ammonium semble être la source d’azote pré-
ADP + Pi NO3- = 40 - 70 mM
+
férentielle et son absorption est plus rapide que
?
Cytosol
celle du nitrate.
Stockage Les plantes ont développé des mécanismes
Plaste d’absorption complexes et fortement régulés
Influx pour assurer leur approvisionnement en azote
NR NiR GS Acides
NO3- ? NO3 NO2 ? NO2- NH4+ dans les conditions de cultures les plus diverses.
GOGAT Aminés
Réduction Nous décrirons essentiellement les mécanis-
Efflux
mes impliqués dans l’assimilation du nitrate.
?
Exportation Xylème
Absorption et transport du nitrate
in planta
Figure 1. Schéma d’assimilation de l’azote chez les plantes : absorption racinaire du nitrate, stockage vacuolaire et
réduction en nitrite et ammonium, synthèse des acides aminés et exportation; GOGAT, glutamate synthase ;
L’azote étant absorbé au niveau racinaire sous
GS glutamine synthétase ; NiR, nitrite réductase ; NR, nitrate réductase. Sur la membrane plasmique qui entoure la forme de nitrate ou d’ammonium, les proprié-

S
cellule, sont localisés une pompe à protons (H+/ATP ase) et un transporteur de nitrate (symport). (Thèse M Orsel, tés d’absorption et de transport et la capacité
2003). d’approvisionnement de la plante, sont
directement reliées à la structure et à l’architec-
ture du système racinaire (figure 3). Ainsi, la

E
(GOGAT) catalysent le transfert de l’ammo- Enfin, une troisième enzyme est associée aussi ramification importante de la racine principale
nium dans une molécule organique (figure 1). au métabolisme de l’ammonium : la glutamate par la formation de racines secondaires (ou
L’ion ammonium est incorporé au glutamate déshydrogénase (GDH). Il existe deux formes de latérales) augmente considérablement la sur-
(Glu) par la glutamine synthétase (GS) pour GDH, une forme majeure dépendante du
former la glutamine (Gln). Le groupement
amide de la glutamine est ensuite transféré à un
acide cétonique, l’a-cétoglutarate (a-KG) par la
V
NADH dans les mitochondries et une forme
dépendante du NADPH dans les chloroplastes.
L’enzyme est abondante dans les différents
face d’échange entre le système racinaire et le
sol. La différentiation de poils absorbants sur la
couche épidermique (200 à 1 000/cm2) est un
facteur de ramification supplémentaire per-
U
glutamate synthase (GOGAT). Deux molécules organes de la plante et son activité est généra- mettant l’optimisation du contact entre le sol
de glutamate sont ainsi formées, l’une est utili- lement élevée. Cependant, son rôle physiologi- et la racine.
sée comme substrat de la glutamine synthétase que est encore affaire de débat. En effet, son Le transport des nutriments de l’eau du sol aux
(GS) pour la formation de glutamine, l’autre est affinité très faible pour l’ammonium est incom- vaisseaux du xylème exige d’être à la fois sélec-
E
source d’azote organique pour les réactions de patible avec un rôle majeur dans l’assimilation tif et cumulatif. Les ions, absorbés au niveau
transamination qui aboutissent à la synthèse de primaire de l’azote. Il est supposé que la GDH des cellules de l’épiderme racinaire ou rhizo-
l’ensemble des acides aminés. La GS nécessite jouerait plutôt un rôle prépondérant dans la derme, souvent par un système de transport
pour son fonctionnement de l’ATP, la GOGAT désamination du glutamate et la formation actif, c’est-à-dire qui se réalise dans le sens des
R

utilise le pouvoir réducteur de la ferrédoxine d’a-cétoglutarate ; cette hypothèse est cohé- potentiels électrochimiques croissants, diffu-
réduite [2]. rente avec l’induction de l’activité observée sent ensuite passivement, c’est-à-dire dans le
Il existe deux isoenzymes de glutamine synthé- pendant la germination et la sénescence, deux sens des potentiels électrochimiques décrois-
tase. La glutamine synthétase chloroplastique périodes pendant lesquelles le catabolisme des sants entre les différentes assises cellulaires du
P

(GS2) est l’isoforme majoritaire des tissus pho- acides aminés est important [3]. cortex racinaire, empruntant le réseau consti-
tosynthétiques. Elle est associée à l’assimilation Glutamine et glutamate sont donc les premiers tué essentiellement des parois cellulaires, c’est
primaire du nitrate dans les feuilles et est impli- acides aminés synthétisés après intégration de à dire la voie apoplastique. Cette diffusion est
quée dans l’assimilation de l’ammonium issu l’ammonium aux squelettes carbonés. Par toutefois bloquée au niveau de l’endoderme où
É

de la photorespiration. La glutamine synthétase transamination, l’azote est ensuite transféré la paroi radiale des cellules est subérisée et
cytoplasmique (GS1) est présente principale- à d’autres substrats carbonés (acides donc rendue imperméable aux ions (bande de
ment dans les tissus non photosynthétiques. a-cétoniques) pour former des nouveaux aci- Caspary). Cette couche cellulaire qui isole le
Elle joue entre autre un rôle important dans les des aminés (aspartate, alanine, glycine...) eux- cortex du cylindre central (stèle) est un passage
processus de remobilisation de l’azote pendant mêmes précurseurs de tous les autres acides sélectif obligé qui nécessite le franchissement
la sénescence, comme nous le verrons plus aminés. Chez les végétaux, ces voies de syn- direct des membranes et liquides cellulaires
loin. thèse, principalement chloroplastiques, sont (figure 3). Ce mode de diffusion à travers les
complexes et très contrôlées [4]. différentes cellules est favorisé par la présence
de plasmodesmes, ponts cytoplasmiques qui
(2e-) Absorption et transport forment ainsi un continuum cytoplasmique
NO3- + NAD(P)H + H+ NO2- + NAD(P)+ +H2O autorisant le passage des ions d’une couche
(6e-)
du nitrate : aspect général cellulaire à l’autre par simple diffusion. Ce type
NO2- + 6 ferredoxinered + 8 H3O+ NH4+ + 6 ferredoxineox + 10 H2O
Le nitrate et l’ammonium sont les principales de transport, voie symplastique, est plus rapide
sources d’azote pour la croissance des plantes et plus efficace que la voie apoplastique
Figure 2. Activités nitrate et nitrite réductases. dans la plupart des environnements naturels et (figure 3).

2 DOSSIER
plasmiques et du tonoplaste sont les principaux
cortex moteurs du transport actif. Ces systèmes enzy-
matiques couplent l’hydrolyse de l’ATP à
xylème et l’exportation des protons vers l’apoplasme
phloème (ensemble des parois) ou la vacuole et contri-
(faisceaux buent à la création et au maintien d’un gra-
épiderme dient de protons et d’une différence de poten-
conducteurs)
tiel électrique de chaque côté de la membrane.
Dans une cellule végétale type, le pH cytoplas-
mique est maintenu à environ 7,2 et celui de
Poil l’apoplasme à 5,5 ; la différence de potentiel
absorbant électrique est de l’ordre de – 150 mV. Dans la
Bande de vacuole, le pH est voisin de 5,5 ; la différence de
Caspari potentiel électrique associée au tonoplaste est
positive, de l’ordre de + 20 à + 80 mV. De
l’énergie est donc stockée sous forme de gra-
dient électrochimique. Les ATPases pompes à
Figure 3. Coupe transversale de racine montrant les différents tissus : rhizoderme (ou épiderme racinaire) avec les H+ créent donc à la fois une différence de
poils absorbants, cortex, bande de Caspari et faisceaux conducteurs inclus dans la stèle ou cylindre central potentiel électrique et une différence de pH de
(Dessin Y. Roux). part et d’autre de la membrane, et donc une

S
différence de potentiel électrochimique de H+.
C’est cette différence, appelée gradient de
Après avoir été introduits dans le cylindre cen- est la somme d’une composante chimique (ou
potentiel électrochimique transmembranaire de
tral, les ions nitrate sont exportés dans l’espace osmotique) proportionnelle à la concentration
H+, qui énergise la membrane et détermine le

E
intercellulaire de la stèle jusqu’aux cellules du soluté et d’un terme électrique proportion-
transport d’ions.
parenchymateuses du xylème. Un système de nel à la charge du soluté. Le potentiel électro-
transport actif permet à nouveau leur charge- chimique d’un ion détermine son état énergé- Des transporteurs (transporteurs protéiques
ment souvent contre un gradient de concen- tique. d’anions ou de cations) utilisent cette énergie
tration dans les vaisseaux du xylème où ils sont
entraînés par le flux de sève dont le moteur est
la transpiration. Chez les plantes herbacées, les
ions nitrate sont généralement réduits dans les
V
Le transport d’un ion dans le sens croissant du
gradient électrochimique nécessite une source
d’énergie, le transport est dit actif (figure 4).
Des systèmes spécifiques, des pompes à pro-
en couplant le retour spontané des protons au
transport d’un autre soluté contre son gra-
dient. Selon que les deux transports ont lieu
dans le même sens ou en sens inverse, on
U
feuilles. tons, fournissent cette énergie en hydrolysant distingue deux classes de transporteurs, res-
L’assimilation des ions nitrate (éléments polai- des molécules très énergétiques, l’ATP. Chez pectivement les symports (même direction) et
res, hydrophiles) implique plusieurs franchisse- les plantes, les H+/ATPases des membranes les antiports (directions opposées). Il faut rap-
ments de membranes biologiques : au niveau
E

des poils absorbants, de la vacuole, des cellules


de Caspary et du chargement dans le xylème.
Le passage et l’échange de solutés, spéciale-
ment des ions, au travers de ces membranes
R

lipidiques donc hydrophobes, sont extrême- Poils absorbants


ment difficiles. Les membranes biologiques, en Phloème
particulier le plasmalemme (membrane qui
entoure la cellule) et le tonoplaste (membrane
P

Xylème
qui délimite la vacuole), constituent des barriè-
res à la diffusion, empêchant le libre-échange Epiderme ATP
des ions entre l’intérieur et l’extérieur de la H+
ADP+Pi
É

cellule ou entre compartiments cellulaires. La


présence de pompes et de transporteurs est Endoderme H+
donc nécessaire pour assurer le passage sélectif
NO3-
des ions au travers des membranes cellulaires et
surtout pour vaincre les gradients de concen- K+, PO43-,S042-
tration en ions entre les différents comparti-
ments cellulaires, ce qui nécessite une dépense
d’énergie.
Méristème apical
Couplage énergétique Coiffe
et différents systèmes de transport
Mucilage
Le transport de solutés est soit passif soit actif
suivant qu’il se réalise dans le sens des poten-
tiels électrochimiques décroissants ou crois- Figure 4. Coupe longitudinale de racine et mécanismes d’assimilation des ions, H+/ATP ase, transporteur de nitrate
sants. Le potentiel électrochimique d’un soluté (symport) et canaux ioniques (Dessin Y Roux).

OCL VOL. 13 N° 6 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2006 3


peler qu’un transporteur passe par un change-
ment conformationnel à chaque fois qu’il 3 10
transporte un substrat. La vitesse de transport

µmol.h-1.g-1 MF

µmol.h-1.g-1 MF
8

15NO - Influx

15NO - Influx
est donc assez faible, de l’ordre de 102 à 103
2
éléments par seconde. 6

3
En résumé, on peut dire qu’un système de 4
transport dit primaire, une H+/ATPase, couple 1
l’hydrolyse de l’ATP à une excrétion de protons 2
(création d’un gradient de pH) et à une modi- 0 0
fication du potentiel électrique de part et 0 100 200 300 400 500 0 2 4 6 8 10
d’autre de la membrane du compartiment cel- NO3- concentration (µM) NO3- concentration (mM)
lulaire. La dissipation du gradient de protons
entraîne le fonctionnement d’un système de HATS LATS
transport dit secondaire, symport ou antiport.
Km 10-100µM, Non saturable
Enfin, si on considère les charges électriques, le NO3- constitutif
2 composantes:
transport peut être électroneutre (aucune cHATS: constitutive Gènes NRT1
charge nette n’est transportée) ou électrogène iHATS: NO3- inductible
(une charge nette est transportée). Gènes NRT2
Quand le transport des ions se fait dans le sens
des potentiels électrochimiques décroissants,
Figure 5. Cinétique d’assimilation du nitrate : système à haute affinité (HATS), constitutif et inductible, système à
c’est-à-dire qu’il s’effectue spontanément sans

S
basse affinité (LATS) constitutif (Thèse M. Orsel, 2003).
apport d’énergie, il peut être également assuré
par des canaux (figure 4). Les canaux sont des Un système de transport jeu (figure 5). Ce système est non saturable
systèmes protéiques, spécifiques du transport à haute affinité (HATS) jusqu’à 50 mM de nitrate. Il est quantitative-

E
d’ions (canaux chlore, potassiques, etc.) et sou- ment majoritaire pour l’absorption du nitrate à
vent unidirectionnels. Ils passent d’un état Pour des concentrations inférieures à 0,2-
partir de 1 mM. Il peut être considéré comme
inactif (fermé) à un état actif (ouvert). La vitesse 0,5 mM de nitrate extérieur, l’influx de nitrate
constitutif par rapport au nitrate, mais est
de transfert d’un canal est très élevée (107 ions est essentiellement assuré par un système de
cependant sujet à certaines régulations [6].
transportés par seconde), 1 000 fois plus élevée
que celle d’un transporteur protéique. Il faut
rappeler toutefois que la notion de canal et de
transporteur n’est pas si tranchée qu’il ne
tème est de présenter deux composantes : V
transport à haute affinité, saturable au-delà de
200 lM (figure 5). La particularité de ce sys-

l’une constitutive (cHATS) et l’autre inductible


Énergétique du transport
L’utilisation d’inhibiteurs métaboliques a mon-
U
(iHATS). En effet, lorsque les plantes n’ont tré que les systèmes de transport du nitrate à
parait. Des données récentes acquises sur le haute et basse affinité nécessitent de l’énergie.
canal à chlore CLCa montrent qu’un canal peut jamais été cultivées en présence de nitrate,
l’activité du HATS est caractérisée par une très Le coût énergétique global de l’absorption du
fonctionner également comme un transpor- nitrate chez l’orge avoisine 1 à 3 moles d’ATP
teur [5]. forte affinité pour le nitrate (Km de 6 à 20 lM),
E
mais une faible capacité de transport (Vmax de pour une mole de nitrate absorbé, soit 10 % à
In planta, le potentiel négatif de la membrane 20 % du coût énergétique total de l’assimila-
plasmique de la racine favorise l’entrée passive 0,13 à 1,3 lmol h–1 g–1de matière fraîche), il
s’agit de la composante constitutive du HATS. tion du nitrate.
d’ammonium dans la cellule. En revanche dans Le mécanisme envisagé est un système de
le cas du nitrate, le potentiel négatif de la Lorsque les plantes sont mises en présence de
R

nitrate, une deuxième composante du trans- transport actif secondaire, comme défini pré-
membrane et le gradient croissant de concen- cédemment. L’absorption du nitrate entraîne
tration ne permettent pas l’entrée passive du port est induite, la capacité de transport du
HATS est alors multipliée par 50. La compo- en général une alcalinisation du milieu exté-
nitrate dans le cytoplasme et un système de rieur, ce qui suggère que des protons pénè-
transport actif est nécessaire. La caractérisation sante inductible du HATS est caractérisée par
P

une affinité pour le nitrate plus faible (Km de 13 trent dans la cellule en même temps que les
électrophysiologique des systèmes d’absorp- ions NO3–, ou bien que ces derniers sont
tion du nitrate et de l’ammonium a permis de à 79 lM) mais une capacité de transport supé-
rieure (Vmax à 9,41 lmol h–1 g–1de matière échangés contre des ions OH–, ce qui revient
mettre en évidence différents systèmes de au même. Les études électrophysiologiques
fraîche). Il a été proposé que le système cons-
É

transport. ont montré de plus que le transport de nitrate


titutif participe au maintien de l’homéostasie
cellulaire. Il permettrait à la concentration de est associé à une dépolarisation membranaire,
Les systèmes d’absorption le système est donc électrogène. Il est admis
nitrate cytoplasmique, régulée par la concen-
ou de transport du nitrate tration de nitrate vacuolaire (rôle tampon de la que l’absorption du nitrate est due à un
La concentration en nitrate des sols peut varier vacuole), d’atteindre un seuil nécessaire à cotransport H+/NO3– (symport) dont la stœ-
de plusieurs ordres de grandeur, de quelques l’induction du second système de transport, le chiométrie serait de 2(H+):1NO3– [6].
micromolaires (lM) à plusieurs millimolaires système inductible (iHATS). Les plantes dispo-
(mM). Les plantes ont ainsi développé des sys- seraient alors, pour de faibles concentrations Régulation des systčmes de transport
tèmes d’absorption adaptés aux différentes en nitrate extérieur, d’un système d’absorption L’absorption du nitrate par les plantes qui
concentrations rencontrées. Les études des avec une forte capacité, donc très efficace [6]. implique la présence des systèmes de transport
cinétiques d’absorption du nitrate marqué notamment dans la membrane externe (plas-
(15NO3–) en fonction de la concentration en Un système de transport malemme) ou vacuolaire (tonoplaste) des cel-
nitrate externe ont mis en évidence dans les à basse affinité (LATS) lules racinaires, est un processus fortement
racines deux systèmes de transport, l’un à Au-delà de 200-500 lM de nitrate externe, un régulé par la disponibilité en nitrate et ammo-
haute et l’autre à basse affinité (figure 5). système de transport à faible affinité entre en nium et par le statut nutritionnel de la plante.

4 DOSSIER
Régulation par la disponibilité
du substrat azoté
La régulation de l’absorption du nitrate est Induction Répression
induite par l’ion nitrate lui-même. L’influx à Influx NO3-
haute affinité du nitrate est transitoirement
augmenté lorsque les plantes sont mises en
présence de nitrate ; la composante inductible
du HATS est induite par la présence de nitrate
NO3- NH4+
externe. La cinétique de l’induction est variable
selon les espèces ; le maximum d’influx est + ? -
obtenu après 4 h à 6 h pour le maïs, 24 h pour
l’orge et 48 h pour A. thaliana. L’utilisation Sucres Acides Aminés
d’inhibiteurs de la synthèse des ARNm et des
protéines a mis en évidence que l’induction du
iHATS implique la synthèse de nouveaux trans-
porteurs protéiques. Photosynthèse Métabolisme N
L’ammonium, deuxième source d’azote
minéral, interagit avec les systèmes cytoplasme
d’absorption du nitrate lorsqu’il est présent
dans le milieu de culture. À faible concentra- Régulation par la source azotée et le statut nutritionnel

S
tion, l’ammonium a un effet inducteur
rapide. La stimulation de l’absorption du
nitrate observée dans ce cas est attribuée au Figure 6. Mécanismes de régulation du transporteur de nitrate par les métabolites cellulaires (Dessin F. Daniel-
fait que l’absorption de l’ammonium Vedele).

E
entraîne l’acidification du milieu de culture
(modification des gradients de protons), ce
même chez des mutants qui accumulent le années. Sur la base d’homologies de séquen-
qui favorise le transport du nitrate. En revan-
nitrate parce qu’ils sont déficients pour l’acti- ces, deux familles de gènes codant des trans-
che, à concentration plus élevée, l’ammo-
nium inhibe rapidement et réversiblement
l’absorption du nitrate, suggérant un effet
direct de l’ammonium sur la membrane
plasmique, modifiant en conséquence
vité nitrate réductase [6].

V
Les acides aminés, produits lors de l’assimila-
tion de l’azote, sont aussi de bons candidats
pour jouer le rôle d’un signal « intégrateur » de
porteurs de nitrate ont ainsi été identifiées : les
gènes NRT1 et NRT2. Ils codent des protéines
appartenant respectivement aux familles PTR
(peptide transporter) et NNP (nitrate-nitrite
U
la demande générale en azote de la plante. Il a porter). Les deux familles de gènes se rencon-
l’influx et parfois peut-être l’efflux de nitrate.
en effet été montré que la circulation des acides trent à la fois chez les eucaryotes et les proca-
L’inhibition par l’ammonium concerne prin-
aminés est intense et rapide chez les plantes. ryotes. Ils appartiennent à la Major Facilitating
cipalement la composante inductible du
D’autre part, après quelques heures d’incuba- Superfamily [7, 8] et codent des protéines qui
HATS [6].
E

tion, l’addition d’acides aminés exogènes partagent la même structure, avec douze
inhibe l’absorption du nitrate chez A. thaliana, domaines transmembranaires partagés en
Régulation par le statut nutritionnel
le soja et le blé (figure 6) [6]. deux groupes de six hélices reliés par un
de la plante
Les glucides peuvent également coordonner domaine cytosolique.
R

Plusieurs observations ont permis de mettre en l’absorption du nitrate avec la photosynthèse


évidence la régulation de l’absorption du et le métabolisme carboné. En effet, l’absorp-
nitrate par le statut nutritionnel de la plante.
La famille NRT1
tion nette du nitrate est soumise à des varia-
Ces processus régulateurs coordonnent tions journalières ; elle augmente continuelle- Le premier gène de la famille, AtNRT1.1, a été
P

l’absorption du nitrate au développement des ment au cours de la période lumineuse et isolé grâce à un mutant d’insertion d’A. tha-
plantes. En effet, la capacité d’absorption du décroît à l’obscurité. Des expériences réalisées liana résistant au chlorate, analogue toxique du
nitrate augmente au cours du développement sous des teneurs en CO2 faibles, réduisant ainsi nitrate. Le mutant (chl1) présente une absorp-
végétatif ; elle est beaucoup plus élevée chez tion réduite du nitrate à des concentrations
É

l’activité photosynthétique, ont montré que


des plantules de soja âgées de 3 semaines que l’absorption du nitrate est dépendante de la supérieures à 1 mM dans le milieu extérieur.
chez des plantules de 5 jours. photosynthèse. Les deux processus étant phy- Les études menées sur ce mutant suggèrent
Peu d’éléments sont connus sur les signaux siquement séparés, cette réponse nécessite un que AtNRT1.1 code un transporteur de nitrate à
endogènes pouvant provoquer la réponse du signal coordinateur circulant entre la partie basse affinité à l’origine de l’absorption raci-
système de transport au statut azoté de la aérienne et le système racinaire. Les glucides, naire du nitrate.
plante. Une hypothèse communément admise produits photosynthétiques, pourraient rem- Plusieurs autres membres de la famille NRT1
est que le système d’absorption racinaire est plir ce rôle coordinateur (figure 6) [6]. ont ensuite été identifiés par homologie chez
sous le rétrocontrôle négatif de l’ion qu’il trans- A. thaliana, la tomate, le colza, Nicotiana plum-
porte (figure 6). L’effet inhibiteur du pool de baginifolia et le riz. Jusqu’à présent, dans cha-
nitrate interne sur sa propre absorption a pu Bases moléculaires cune des espèces étudiées, les gènes NRT1
être mis en évidence chez l’orge. En effet, lors- du transport du nitrate forment une famille multigénique. L’analyse du
que des inhibiteurs de la voie d’assimilation du séquençage complet d’A. thaliana a révélé la
nitrate sont appliqués dans le milieu de culture, L’étude des bases moléculaires du transport du présence de plus de 50 gènes NRT1. Le pour-
le nitrate s’accumule dans les plantes et sa nitrate chez les plantes supérieures fait l’objet centage d’identité entre les différentes protéi-
vitesse d’absorption diminue. Il en est de de nombreuses recherches depuis quelques nes NRT1 est très variable. Il est démontré

OCL VOL. 13 N° 6 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2006 5


également que les protéines NRT1 n’ont pas les être séparés en trois groupes sur la base de leur pour chacun des transporteurs de la même
mêmes propriétés de transport. séquence en acides aminés : les procaryotes, famille. Afin d’obtenir une preuve fonctionnelle
Les gènes NRT1 sont exprimés dans la partie les champignons, les algues et les plantes. du rôle des gènes AtNRT2 dans le système de
racinaire, ce qui est compatible avec leur rôle Les caractéristiques d’expression des gènes transport HATS, un mutant atnrt2.1a, spécifi-
supposé dans l’assimilation du nitrate. Chez A. NRT2 permettent de penser qu’ils sont bien quement affecté pour l’un de ces gènes, a été
thaliana (At), les deux gènes AtNRT1 sont expri- impliqués dans le système de transport iHATS. identifié par une stratégie de génétique
més principalement dans les racines, les ARNm En effet, ils sont tous exprimés préférentielle- inverse. Il s’agit en fait d’un double mutant
étant localisés dans le rhizoderme et à la pointe ment dans les racines ; des expériences pour les gènes AtNRT2.1 et AtNRT2.2, spécifi-
racinaire. Dans les parties plus âgées de la d’hybridation in situ ont mis en évidence quement modifié dans la composante inducti-
racine, AtNR1.1 est exprimé dans le cortex et l’expression préférentielle du gène NpNRT2.1 ble du système HATS. De plus, une analyse
l’endoderme. L’expression de AtNRT1.2 a éga- dans les primordia des racines latérales et le physiologique du mutant a mis en évidence le
lement été observée dans les poils absorbants. rhizoderme des racines matures. Les premiers rôle important des gènes AtNRT2.1 et/ou
Le transcrit du gène AtNRT1.1 a été détecté à la gènes NRT2 isolés ont une expression induite AtNRT2.2 dans la croissance des plantes, culti-
pointe de la racine principale et des racines par le nitrate et réprimée par des sources vées sur une source de nitrate limitant (0,2
latérales, dans les jeunes feuilles, les boutons d’azote réduit comme l’ammonium ou la glu- mM) (figure 7). Enfin, les propriétés de trans-
floraux en développement et les cellules de tamine. Le gène AtNRT2.1 a d’ailleurs été iden- port du nitrate par les protéines AtNRT2 sont
garde des stomates. L’analyse du mutant chl1 a tifié pour la première fois sur la base d’une forte étudiées dans le système d’expression hétéro-
permis de montrer que le transporteur de induction par le nitrate par rapport à la gluta- logue (ovocyte de xénopes).
nitrate AtNRT1.1 joue un rôle déterminant mine. Enfin, l’influx du nitrate est fortement Un faisceau d’indices concordant autorise à
dans la croissance des organes en développe- corrélé avec l’expression des gènes NRT2. La penser que les gènes NRT2 des plantes supé-
ment et l’ouverture stomatique [6]. cinétique d’induction par le nitrate de l’expres- rieures codent des transporteurs à haute affinité

S
sion du gène AtNRT2.1 est parallèle à l’induc- du nitrate. Cependant, aucune preuve fonc-
La famille NRT2 tion transitoire de l’activité du système de tionnelle n’est encore disponible [10, 11]. La
transport iHATS ; cette corrélation a depuis présence d’une famille multigénique dans cha-
Les premiers membres de la famille NRT2 ont

E
également été observée chez l’orge. De même, que organisme étudié pose le problème de la
été identifiés chez les eucaryotes inférieurs. Le lors d’une carence en azote, l’induction transi- redondance ou de la spécificité de la fonction
gène CRNA a été identifié chez le champignon toire de l’expression de AtNRT2.1 correspond à de chacune des protéines de la famille NRT2
Aspergillus nidulans à partir d’un mutant isolé l’induction transitoire de l’influx à haute affinité dans la nutrition azotée des plantes [9].
sur la base de sa résistance au chlorate.
L’expression de la protéine dans les ovocytes
de xénope a permis de montrer que CRNA
code un transporteur de nitrate/nitrite. Deux
V
du nitrate. Le niveau d’expression d’AtNRT2.1
est également corrélé aux variations journaliè-
res de l’absorption nette du nitrate : l’addition
de saccharose dans le milieu de culture main-
Cependant, une approche de génétique
inverse a montré qu’un double mutant, affecté
dans l’expression des gènes AtNRT2.1 et
AtNRT2.2, présente un défaut dans le iHATS
U
autres gènes, CrNRT2.1 et CrNRT2.2, ont tient l’expression de AtNRT2.1 et empêche la mais pas dans le LATS [10, 11].
ensuite été identifiés chez des mutants de délé- chute de l’activité du HATS à l’obscurité [9]. Les études sur les transporteurs de nitrate se
tion de l’algue verte Chlamydomonas reinhard- M. Orsel [9] a réalisé une analyse phylogénéti- poursuivent. Il a été démontré chez Chlamydo-
tii, déficients dans le transport du nitrate et/ou que de la famille des transporteurs NRT2 et a monas, algue unicellulaire, que pour obtenir un
E
du nitrite. Un transporteur à haute affinité du étudié les caractéristiques d’expression de cha- transport efficace du nitrate, il était nécessaire
nitrate, YNT1, a également été cloné chez la cun des gènes en fonction des organes et du que deux gènes soient impliqués, le gène NRT2
levure Hansenula polymorpha à partir d’un statut azoté des plantes. Elle a observé des qui code le transporteur transmembranaire à
mutant déficient pour l’absorption du nitrate à caractéristiques différentes entre chacun de ces 12 éléments, et un second gène, le gène
R

faible concentration. transporteurs, suggérant un rôle spécifique CrNar2 qui code une petite protéine de 200
La comparaison des séquences d’acides aminés
des transporteurs de nitrate/nitrite des algues
et des champignons a révélé des régions très
P

0,3
fortement conservées qui ont permis d’identi- Racines
fier d’autres membres de la famille de transpor- WS g MF 0,2
teurs sur la base de leur homologie de
séquence. La plupart des membres de la famille 0,1
É

atnrt2.1a
NRT2 des plantes supérieures ont ainsi été iden-
0,0
tifiés chez l’orge, N. plumbaginifolia, A. tha- 6 mM 0,2 mM 0,1 mM 6 mM 0,2 mM 0,1 mM
liana, le soja, et la tomate. Pour chacune des NO3- NO3- NH4NO3 NO3- NO3- NH4NO3

espèces étudiées, les gènes NRT2 forment une 5


1,0
famille multigénique : au moins deux gènes Partie Ratio
0,8 4
chez N. plumbaginifolia et jusqu’à sept ou dix Aérienne PA/R
0,6 3
gènes chez l’orge. L’analyse du génome com- g MF 0,4 2
plet d’ A. thaliana a révélé une famille multigé- 0,2 1
nique de sept membres de gènes NRT2. 0,0 0
Les gènes de la famille NRT2 codent des protéi- 6 mM 0,2 mM 0,1 mM 6 mM 0,2 mM 0,1 mM
nes à douze segments transmembranaires de NO3- NO3- NH4NO3 NO3- NO3- NH4NO3

60 kDa environ. Un motif fortement conservé


(A-G-W/L-G-N-M-G) dans le cinquième Figure 7. Effets de la nutrition azotée sur la croissance (MFparties aériennes, racines et rapport partie
domaine transmembranaire serait la signature aérienne/racines) d’Arabidopsis thaliana sauvages (ws) et transformés (atnrt2.1a) cultivées sur nitrate 0,2, 6 mM et
de la famille. Les membres de la famille peuvent sur nitrate d’ammonium 0,1 mM (Thèse M Orsel, 2003 ; Orsel et al., Planta 2004 ; 219 :714-721).

6 DOSSIER
résidus d’acides aminés. Ces deux gènes exis- composés entre le lieu de chargement et de non remobilisé, forme une source d’azote peu
tent chez les plantes. La présence de ces deux déchargement et des mouvements d’eau qui utilisable sans minéralisation préalable. Elle
gènes pour un fonctionnement efficace du l’accompagnent [18]. peut être à l’origine d’une pollution qui peut
transport haute affinité du nitrate a été confir- être préoccupante au niveau écologique ; c’est
mée par Tong et al. [12] et Okamoto et al. le cas du colza qui perd au cours de son déve-
[13-15]. Il a été observé également que les Mobilisation loppement des feuilles encore riches en azote.
transporteurs de nitrate étaient impliqués non de l’azote organique
L’impact de la sénescence du point de vue
seulement dans la régulation des flux de nitrate au cours du développement agronomique concilie deux problèmes appa-
mais aussi dans la régulation de la croissance des plantes remment antinomiques, poursuite du fonc-
cellulaire, en particulier dans le développement
tionnement de la photosynthèse pour assimiler
des racines latérales [8, 16]. Nous terminerons notre article par une étude
le maximum de carbone et nécessité de remo-
rapide des mécanismes mis en jeu dans la
biliser l’azote réduit des feuilles pour la consti-
remobilisation de l’azote organique lors du
Transport à longue distance vieillissement des feuilles.
tution des protéines des organes récoltables. Il
est observé que l’augmentation des rende-
des acides aminés ments est largement tributaire de la longévité
Sénescence et remobilisation de l’appareil photosynthétique et que la remo-
Le transport à longue distance des acides ami-
nés est réalisé soit par la sève du xylème quand de l’azote, dans les feuilles bilisation de l’azote des feuilles sénescentes
ils sont synthétisés dans les racines, soit par la Pendant la phase de croissance végétative, les (démantèlement de l’appareil photosynthéti-
sève du phloème quand ils sont synthétisés feuilles et racines en développement absorbent que) est déterminante pour les teneurs en
dans les feuilles. et assimilent le nitrate et l’ammonium et incor- azote des grains. En sélectionnant de hauts

S
Les tissus du xylème sont constitués de longs porent l’azote aux molécules carbonées pour rendements, ont donc été retenues des plantes
tubes vides dont la paroi présente des épaissis- former les acides aminés, précurseurs des pro- dont les feuilles sont en nombre défini mais de
sements lignifiés. Ces éléments morts condui- téines, et acides nucléiques, supports de l’infor- longévité supérieure (le maïs), ou bien des éco-
sent la sève brute ou xylémienne des racines mation génétique. Dans les feuilles photosyn- types qui renouvellent leurs feuilles dès que les

E
vers les feuilles. Les ions sont entraînés par le thétiques l’azote est généralement retrouvé premiers signes de sénescence apparaissent, ce
flux de sève dont le moteur est la transpiration. dans la machinerie photosynthétique sous la qui assure une conservation de la capacité pho-
Les tissus du phloème sont constitués d’élé- forme de photosystèmes et d’enzymes comme tosynthétique globale. Il est probable que cette
sélection ait été faite au détriment de l’efficacité
ments conducteurs, les tubes criblés, associés à
des cellules parenchymateuses, les cellules
compagnes. Les tubes criblés sont des cellules
vivantes allongées mais dépourvues de noyau,
V
la Rubisco (enzyme de carboxylation et d’oxy-
génation qui représente à peu près 50 % des
protéines foliaires solubles). Certaines plantes
peuvent stocker également l’azote sous forme
de la remobilisation de l’azote. La connaissance
des mécanismes de réutilisation de l’azote
foliaire et de leur régulation est essentielle à
U
connectées par des criblés. Les cellules compa- de protéines plus spécifiques, appelées VSP l’amélioration des produits de l’agriculture
gnes jouent un rôle important dans le charge- (Vegetative Storage Protein) utilisées comme (contenu protéique des organes récoltables) et
ment du phloème en saccharose et acides ami- réserve temporaire et transitoire d’azote. à la préservation des sols.
nés. Le complexe phloémien constitué des À partir d’un stade de développement appelé
E
tubes cribles et des cellules compagnes trans- maturité, les organes végétaux, les feuilles en Mobilisation de l’azote foliaire
porte les acides aminés des feuilles aux autres particulier, entrent dans une phase de sénes-
organes de la plante. cence. La sénescence débute aux premiers
chez le tabac
Le chargement des acides aminés dans le sys- signes de démantèlement des structures pho- Des travaux antérieurs [19] ont permis de mon-
R

tème phloémien correspond à un transport tosynthétiques et s’achève par la mort cellu- trer que les feuilles de la tige de tabac peuvent
actif secondaire, comparable à celui observé laire. Il est admis que la sénescence foliaire est être classées en deux groupes. Les feuilles pro-
dans le transport du nitrate. C’est un transport un phénomène graduel qui ordonne dans le ches de l’apex sont appelées feuilles « puits »
de composés chargés contre un gradient de temps une succession d’évènements molécu- (jeunes ou matures), essentiellement dédiées
P

concentration, ce qui entraîne une dépense laires, biochimiques et métaboliques. Cette aux fonctions d’assimilation primaire de l’azote
d’énergie. Un système de transport primaire, succession d’événements est génétiquement et du carbone (figure 8). Dans ces feuilles, les
une ATPase à protons couple l’hydrolyse d’ATP codée. L’apparition de la sénescence peut être gènes codant les enzymes impliquées dans les
à une excrétion de protons. Son fonctionne- néanmoins précipitée ou ralentie en fonction fonctions d’assimilation primaire de l’azote,
É

ment crée un gradient de pH et une différence des conditions environnementales et nutritives, nitrate et nitrite réductases (NR et NiR), gluta-
de potentiel électrique de chaque côté de la mais elle reste inéluctable et conduit inexora- mine synthétase et glutamate synthase chloro-
membrane. Ces déséquilibres entraînent le blement à la mort de l’organe [18]. plastiques (GS2 et GOGAT) sont bien expri-
fonctionnement de systèmes de transports Au cours de la sénescence foliaire, le recyclage més. Les feuilles proches du collet représentent
secondaires, des symports et des antiports, les de l’azote s’intensifie. Il constitue une étape en revanche les feuilles « sources » (matures et
transporteurs d’acides aminés. Ces dernières essentielle dans la gestion de cet élément en sénescentes), dans lesquelles s’expriment les
années, des dizaines de transporteurs d’acides permettant une réutilisation de l’azote vers les gènes codant les enzymes glutamine synthé-
aminés ont été identifiées. Ils sont spécifiques organes en croissance, jeunes feuilles ou fruit et tase cytosolique (GS1) et glutamate déshydro-
de tissus et d’organes mais pas toujours spéci- grains. La remobilisation de l’azote constitue génase (GDH). Ces deux enzymes sont généra-
fiques d’un acide aminé ou d’un groupe d’aci- une économie considérable pour la plante et lement présentes dans les racines. GS1 et GDH
des aminés donnés [17].Une fois chargés dans contribue largement à la constitution des orga- seraient impliquées dans la gestion des pools
les tubes criblés du phloème, les composés nes récoltables puisque l’on estime que plus de de glutamate et glutamine des feuilles sénes-
sont entraînés par le flux de masse et distribués la moitié de l’azote des grains de blé ou de maïs centes. Ces enzymes, cytosoliques pour la pre-
à tous les organes de la plante. Le flux de masse provient de la remobilisation foliaire. En contre- mière et mitochondriales pour la seconde,
résulte de la différence de concentration en partie, la restitution au sol de l’azote organique pourraient compenser, au cours du vieillisse-

OCL VOL. 13 N° 6 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2006 7


sénescence et de QTL d’efficacité d’utilisation
Approches pharmacologiques de l’azote NUE (teneurs en azote total, concen-
Outils: disques foliaires
trations en acide aminés) a permis de montrer
Assimilation primaire de N: Expression des gènes:
GDH GS1 GS2 et Nia que les lignées les plus sénescentes sont celles
NR, NiR et GS2/GOGAT
qui ont la plus petite biomasse (masse sèche) et
30 Transduction les plus fortes concentrations en azote et en
du signal ?
25
Approches acide aminés. Ceci montre que la vitesse de
20
Transition Régulation GDH moléculaires : développement foliaire joue sans doute un rôle
15
13
11
Outils: promoteur GDH majeur dans l’efficacité d’utilisation de l’azote.
Mécanismes de la
10
9 mobilisation ?
Tabac Role de la GDH ?
Mobilisation de N: Suite à l’estimation du taux de jaunissement
GS1 et GDH
Marquage isotopique des rosettes, cinq lignées recombinantes ont
Outils: 15N, antisens GOGAT été choisies pour leurs différences de sénes-
cence : trois lignées sénescentes, deux lignées
Figure 8. Mobilisation de l’azote dans les feuilles sénescentes de tabac (Nicotiana tabacum) : GDH, glutamate
non sénescentes. La comparaison de ces
déshydrogénase ; GOGAT, glutamate synthase ; GS1 et GS2 glutamine synthétases cytosolique et chloroplastique ; lignées au cours de la cinétique de croissance a
NiR, nitrite réductase ; NR, nitrate réductase (gène Nia) (Dessin C Masclaux-Daubresse). révélé de nouveaux marqueurs métaboliques
de la sénescence foliaire et montré que
l’expression des marqueurs de mobilisation de
ment, la perte des fonctions chloroplastiques sement entre les écotypes sauvages parentaux l’azote (GS1, GDH, protéolyse) augmentait au

S
GS2 et GOGAT (figure 8). d’[Link], Bay-0 et Shahdara [22]. cours du vieillissement quels que soient les
La transition d’un statut d’organe puits (section Cette approche a permis de sélectionner les génotypes considérés et était corrélée au
apicale) vers un statut d’organe source (section caractères présentant une variabilité significa- niveau de sénescence foliaire atteint dans cha-
basale) s’accompagne donc de bouleverse- tive au sein de la sous-population ainsi qu’une que génotype. L’existence d’un point de rup-

E
ments métaboliques importants comme héritabilité suffisante pour envisager une étude ture dans le développement des lignées sug-
l’accumulation des sucres et l’épuisement des QTL. Cinq QTL de jaunissement (destruction gère l’existence d’un « senseur » capable
formes libres aminées et inorganiques de des chlorophylles) et six QTL liés au rougisse- d’orienter le comportement métabolique des
l’azote [19].
Afin de préciser les relations sources /puits au
cours du vieillissement foliaire, des expériences
utilisant des composés marqués par l’isotope
V
ment (accumulation d’anthocyanes) ont été
identifiés (figure 9). Le degré de jaunissement
des feuilles qui a été mesuré à l’aide d’un
logiciel d’analyse d’image a été choisi comme
tissus foliaires vers la remobilisation [24].
L’étude par génomique fonctionnelle des
acteurs impliqués potentiellement dans la
remobilisation de l’azote foliaire (notamment
U
lourd 15N (ammonium et glutamate) ont été critère de sénescence. L’analyse du degré de les GS1) se poursuit et devrait permettre de
réalisées sur des disques de feuilles sources et jaunissement des feuilles a été effectuée sur contrôler dans l’avenir le devenir de l’azote
de feuilles puits. Les résultats obtenus ont mon- deux cultures indépendantes de 300 lignées remobilisé pour une meilleure efficacité du
tré que, quel que soit l’âge des feuilles, l’ammo- recombinantes. Les résultats obtenus ont été remplissage du grain et également pour une
E

nium est assimilé par la voie GS/GOGAT. La comparés avec des résultats issus de notations meilleure économie de l’azote au niveau plante
GDH est essentiellement impliquée dans les visuelles [23]. La colocalisation des QTL de entière.
mécanismes de déamination, fournissant des
squelettes carbonés au métabolisme.
R

- RV3.4
Une étude comparative de l’expression diffé- - NP3.4 -SD.1
+RV3.1 - YP3.3 Y3.3 +SD.2
rentielle des gčnes GDH, GS et NR a également - YV3.3
+ DM3.2
+ RV3.5
+ YV3.2 - AA3.3 + NP3.6
été réalisée chez le tabac. Un systčme d’induc- + YP3.2 Y3.2 + NP3.1
tion in vitro sur disques foliaires a permis d’iden- + AA3.2
P

+ DM3.4
tifier des signaux (métaboliques, hormonaux
+ NP3.7
ou de stress biotiques et abiotiques) qui contrô- + AA3.5 - YP3.5 YP3.5
lent l’expression de ces gčnes. Par une appro-
+ DM3.1
É

che pharmacologique, les voies de transduc- - NP3.2


+SD.4
tion allant de la perception de ces signaux + RV3.6
jusqu’ŕ l’expression des gčnes, ont été caracté- + DM3.3
risées [20, 21]. - YP3.4 Y3.4
- NP3.5
- AA3.4
+RV3.2 + NP3.3 - YV3.4

Approche génétique de la mobilisation


de l’azote +RV3.3

Afin de mieux connaître les bases génétiques


+ AA3.1
qui contrôlent les mécanismes de mobilisation + YP3.1
Y3.1 + SD.3
de l’azote au cours de la sénescence foliaire, + YV3.1
une approche génétique a été entreprise. La
variabilité de marqueurs de sénescence et Figure 9. Identification de QTL associés au jaunissement et au rougissement de feuilles de lignées recombinants d’A.
de mobilisation de l’azote a été réalisée sur thaliana (Bay-0 × Shadara). Les QTL sont représentés par des barres ; AA, teneur en acides aminés totaux; DM,
une collection réduite de la population de matière sèche ; NP, teneur en azote total ; R, rougissement ; SD, floraison en jours courts ; Y, jaunissement. (Thèse C
420 lignées recombinantes (Rils) issues du croi- Diaz, 2005 ; Diaz et al., Plant Cell Physiol 2006 ; 47 : 74-83).

8 DOSSIER
Conclusion comparative à haut débit de mutants dans 11. FILLEUR S, DORBE MF, CEREZO M, et al. An
lesquels le gène n’est pas fonctionnel ou au arabidopsis T-DNA mutant affected in Nrt2
L’approche moléculaire de l’étude des trans- contraire où il est exprimé constitutivement, genes is impaired in nitrate uptake. FEBS Lett
porteurs et des enzymes et des gènes corres- fournit rapidement des informations sur sa 2001 ; 489 : 220-4.
pondants permet d’approfondir nos connais- fonction. Ces techniques commencent à être
sances des mécanismes intimes qui régissent le mises en œuvre avec succès chez bon nombre 12. TONG Y, ZHOU J-J, LI Z, MILLER AJ. A two-
métabolisme azoté. Toutefois, ces approches de plantes. component high-affinity nitrate uptake system
très réductionnistes mais nécessaires doivent in barley. Plant J 2005 ; 41 : 442-50.
être complétées par des approches plus globa- Remerciements. Les auteurs remercient Syl-
les de l’ensemble des mécanismes, in planta, vain Chaillou et Michèle Cren pour la relecture de 13. OKAMOTO M, VIDMAR JJ, GLASS AD. Regula-
qui puissent fournir une vue plus intégrée de tion of NRT1 and NRT2 gene families of Arabi-
ce manuscrit.
l’expression de l’ensemble des gènes concer- dopsis thaliana/ responses to nitrate provision.
nés et des conséquences sur la régulation des Plant Cell Physiol 2003 ; 44 : 304-17.
voies d’assimilation et de gestion de l’azote
RÉFÉRENCES 14. OKAMOTO M, KUMAR A, LI W, et al. High-
chez le colza au cours de son développement
affinity nitrate transport in roots of Arabidopsis
[25-27]. 1. MEYER C, STITT M. Nitrate reduction and thaliana depends on expression of the NAR2-
L’existence de cartes génétiques de référence signalling. In : Lea P, Morot-Gaudry JF, eds. like gene AtNRT3.1. Plant Physiol 2006 ; 140 :
denses, construites à l’aide de marqueurs molé- Plant. Nitrogen. INRA Springer Verlag, 2001 : 1036-46.
culaires (marqueurs microsatellites), rend 37-59.
désormais possible la localisation des zones 15. ORSEL M, CHOPIN F, LELEU O, et al. Characte-
2. HIREL B. P.J. LEA PJ. Ammonia assimilation. In :
chromosomiques impliquées dans la variation Lea P, Morot-Gaudry JF, eds. Plant. Nitrogen. rization of a two-component high-affinity

S
des caractères agronomiques (Quantitative INRA Springer Verlag, 2001 : 79-99. nitrate uptake system in arabidopsis. Physiology
Trait Loci ou QTL). En parallèle, l’établissement and Protein-Protein interaction. Plant Physiol
de cartes physiques basées sur l’ordonnance- 3. MASCLAUX C, QUILLERÉ I, GALLAIS A, 2006 ; 142 : 1304-17.
ment à l’aide de diverses techniques de grands HIREL B. The challenge of remobilisation in

E
inserts d’ADN génomique permettra d’accélé- plant nitrogen economy. A survey of physio- 16. REMANS T, NACRY P, PERVENT M, et al. A cen-
rer la localisation de gènes candidats pour le agronomic and molecular approaches. An Appl tral role for the nitrate transporter NRT2.1 in
caractère en question. Biol 2001 ; 138 : 69-81 ; (special issue). the integrated morphological and physiologi-
cal responses of the root system to N limitation
Les approches génomiques, en apportant une
vision plus intégrée sur le fonctionnement de la
plante fourniront de nouvelles données perti-
nentes en terme de fonction des gènes, de
4.

V
MOROT-GAUDRY JF, D. JOB D, LEA PJ. Amino
acid metabolism. In : Lea P, Morot-Gaudry JF,
eds. Plant. Nitrogen. INRA Springer Verlag,
2001 : 167-211.
in Arabidopsis thaliana. Plant Physiol 2006 ;
140 : 909-21.

17. DELROT S, ROCHAT C, TEGEDER M,


U
régulation en réseau des gènes et d’effets des
5. DE ANGELI A, MONACHELLO D, EPHRITIKHI- FROMMER WB. Amino acid transport. In :
différents allèles sur la variation d’un caractère.
NE G, et al. The nitrate/proton antiporter Lea P, Morot-Gaudry JF, eds. Plant. Nitrogen.
Elles permettront de mettre en place des stra- INRA Springer Verlag, 2001 : 213-35.
AtCLCa mediates nitrate accumulation in plant
tégies de sélection assistée par marqueurs et de vacuoles. Nature 2006 ; 442 : 939-43.
E
développer des modèles de prédiction du fonc- 18. BROUQUISSE R, MASCLAUX C, FELLER U,
tionnement de la plante au champ pour une 6. TOURAINE B, DANIEL-VEDELE F, FORDE B. RAYMOND P. Protein hydrolysis and nitrogen
agriculture plus précise et plus durable. Enfin, Nitrate uptake and its regulation. In : Lea P, remobilisation in plant life and senescence. In :
le développement de la génomique compara- Morot-Gaudry JF, eds. Plant. Nitrogen. INRA Lea P, Morot-Gaudry JF, eds. Plant. Nitrogen.
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tive permettra de plus d’accélérer l’acquisition Springer Verlag, 2001 : 1-36. INRA Springer Verlag, 2001 : 275-93.
de connaissances sur les caractères agronomi- 7. ORSEL M, FILLEUR S, FRAISIER V, DANIEL-
ques importants en améliorant notamment le VEDELE F. Nitrate transport in plants : which 19. MASCLAUX C, VALADIER MH, BRUGIERE N,
transfert de connaissances d’A thaliana, la gene and which control? J Exp Bot 2002 ; 53 : MOROT-GAUDRY JF, HIREL B. Characterization
P

plante modèle vers le colza tout en tenant 825-33. of the sink/source transition in tobacco (Nico-
compte des spécificités biologiques de cette tiana tabacum L.) shoots in relation to nitrogen
plante oléagineuse qui lui est très proche géné- 8. LITTLE D, RAO H, OLIVA S, DANIEL-VEDELE F, management and leaf senescence. Planta
KRAPP A, MALAMY JE. The putative high- 2000 ; 211 : 510-8.
tiquement. On peut espérer ainsi la mise sur le
É

affinity nitrate transporter NRT2-I represses


marché de variétés de colza qui géreront mieux
lateral root initiation in response to nutritional 20. MASCLAUX-DAUBRESSE C, CARRAYOL E,
l’azote et compatibles avec les contraintes
cues. Proc Natl Acad Sci USA 2005 ; 102 : VALADIER MH. The two nitrogen mobilisation-
industrielles, économiques et environnementa- 13693-8. and senescence-associated GS1 and GDH
les nouvelles.
9. ORSEL M, EULENBURG K, KRAPP A, DANIEL- genes are controlled by C and N metabolites.
Les apports de la génomique sont considéra-
VEDELE F. Disruption of the nitrate transporter Planta 2005 ; 221 : 580-8.
bles. L’étude du transcriptome par les
« puces » permet d’étudier simultanément genes AtNRT2.1 andAtNRT2.2 restricts growth
21. PAGEAU K, REISDORF-CREN M, MOROT-
l’expression de plusieurs milliers de gènes et at low external nitrate concentration. Planta
GAUDRY JF, MASCLAUX-DAUBRESSE C. The
d’identifier les gènes plus (ou moins) exprimés 2004 ; 219 : 714-21.
two senescence-related markers GS1 (cytosolic
dans une condition que dans une autre (fort ou 10. CEREZO M, TILLARD P, FILLEUR S, MUNOS S, glutamine synthetase) and GDH (glutamate
faible azote par exemple). L’étude du pro- DANIEL-VEDELE F, GOJON A. Major alterations dehydrogenase), involved in nitrogen mobili-
téome et du métabolome fournit des informa- of the regulation of root NO3- uptake are asso- sation, are differentially regulated during
tions au niveau de la traduction en protéines, ciated with the mutation of NRT2.1 and NRT2.2 pathogen attack, by stress hormones and reac-
de leur fonctionnement conduisant à des com- genes in Arabidopsis. Plant Physiol 2001 ; 127 : tive oxygen species in Nicotiana tabacum L.
positions variables en métabolites. L’étude 262-71. leaves. J Exp Bot 2006 ; 57 : 547-57.

OCL VOL. 13 N° 6 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2006 9


22. LOUDET O, CHAILLOU S, CAMILLERI C, 24. DIAZ C, PURDY S, CHRIST A, MOROT- 26. MALAGOLI P, LAINE P, ROSSATO L, OURRY A.
BOUCHEZ D, DANIEL-VEDELE F. Bay- GAUDRY J-F, WINGLER A, MASCLAUX- Dynamics of nitrogen uptake and mobilization
0xShahdara recombinant inbred line popula- DAUBRESSE C. Characterization of markers to in field-grown winter oilseed rape (Brassica
tion : a powerful tool for the genetic dissection determine the extent and variability of leaf napus) from stem extension to harvest. I. Glo-
of complex traits in Arabidopsis. Theor Appl senescence in Arabidopsis. A metabolic profi- bal N flows between vegetative and reproduc-
Genet 2002 ; 104 : 1173-84. ling approach. Plant Physiol 2005 ; 138 : 898- tive tissues in relation to leaf fall and their
908. residual N. Ann Bot (Lond) 2005 ; 95 : 853-61.
27. MALAGOLI P, LAINE P, ROSSATO L, OURRY A.
23. DIAZ C, SALIBA-COLOMBANI V, LOUDET O, 25. MALAGOLI P, LAINE P, LE DEUNFF E, Dynamics of nitrogen uptake and mobilization
et al. Leaf Yellowing and anthocyanin accumu- ROSSATO L, NEY B, OURRY A. Modeling N in field-grown winter oilseed rape (Brassica
lation are two genetically independent strate- uptake in Brassica napus [Link]. Capitol during napus) from stem extension to harvest. II. An
15
gies in response to nitrogen limitation in Arabi- the growth cycle using influx kinetics of nitrate N labelling based simulation model of N par-
dopsis thaliana. Plant Cell Physiol 2006 ; 47 : transport systems and field experimental data. titioning between vegetative and reproductive
74-83. Plant Physiol 2004 ; 134 : 388-400. tissues. Ann Bot (Lond) 2005 ; 95 : 1187-98.

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