Nitrate et azote chez le colza : étude approfondie
Nitrate et azote chez le colza : étude approfondie
Jean-François MOROT-GAUDRY Abstract: Brassica napus (winter oilseed rape) is an important agricultural crop cultivated for oil,
Mathilde ORSEL which can be used as an edible product or for industrial application, bioester for example. Despite the
Céline DIAZ very high capacity of oilseed rape to take up nitrate, many authors have reported a very low recovery of
François DANIEL-VEDELE nitrogen in field-grown crops whatever the level of N fertilizer applied.
Céline MASCLAUX-DAUBRESSE In this manuscript we describe the main biochemical and molecular mechanisms involved in nitrate
uptake, reduction, assimilation and N recycling during the reproductive period to gain sufficient
Laboratoire de nutrition azotée des plantes, knowledge to determine the relative importance of environmental and genetic factors determining N
INRA, Versailles management in plants. This understanding will provide the necessary background for improvement of
S
<morot@[Link]> oilseed rape varieties.
Key words: à venir
E
Introduction tement consommateur d’énergie et donc de phie, marqueurs génétiques et moléculaires,
pétrole. De plus, par une réduction de la identification de QTL (Quantitative Trait Loci),
Le colza est une espèce d’intérêt pour l’agricul- consommation des engrais azotés, la pollution recherche de gènes candidats. Enfin, le déve-
ture européenne (1/4 de la production mon-
diale en 2004). Il est cultivé essentiellement
pour la production d’huiles utilisées pour l’ali-
mentation (huiles riches en acides gras insatu-
V
des nappes phréatiques et de l’atmosphère, les
risques de verse et de maladie du feuillage
seront réduits.
loppement récent des techniques de génomi-
ques fonctionnelles apporte de nouveaux outils
qui vont faire progresser nos connaissances
U
Pour mener à bien cette opération, il nous faut tant dans le domaine de la physiologie que
rés), l’industrie (huiles enrichies en acide éruci- dans le domaine de la génétique.
approfondir nos connaissances sur la physiolo-
que) et la production de biocarburants
gie de cette plante et développer des outils et
(diesters). En Europe, les surfaces cultivées en
des ressources génétiques à partir desquels il Schéma général de la voie
colza sont voisines de 4,5 millions d’hectares.
E
sera possible d’améliorer ses performances en
Avec le développement du diester, elles
particulier par une meilleure gestion de l’azote. d’assimilation du nitrate
devraient approcher les 10 millions d’hectares chez les plantes
dans les années 2010. Afin d’adapter la culture Voyons comment au cours de ces dix dernières
années nos connaissances sur le métabolisme
R
du colza aux objectifs de production à venir, Après son entrée dans la racine grâce à des
prenant en compte les nouveaux débouchés et azoté des plantes ont évolué et comment le transporteurs membranaires, le nitrate peut
les impératifs de protection de l’environne- développement conjoint de la physiologie, de être soit réduit et assimilé, soit stocké transitoi-
ment, il est nécessaire d’améliorer la producti- la génétique et de la génomique ont permis rement dans la vacuole, soit exporté par les
d’acquérir des connaissances plus pointues et
P
vité de cette plante, tout en réduisant les vaisseaux du xylème vers les feuilles pour y être
intrants. plus globales sur le fonctionnement de la réduit (figure 1). Il est observé que le nitrate est
Un des moyens est d’augmenter son efficacité à plante. Ces progrès ont été réalisés tout réduit essentiellement dans les racines chez les
assimiler et gérer l’azote au cours de sa crois- d’abord sur la plante modèle Arabidopsis tha- arbres et dans les feuilles chez les plantes her-
É
sance et de son développement, en particulier liana mais devraient être transférés rapidement bacées.
en réduisant au printemps et à la récolte, les au colza, plante très proche génétiquement. Dans tous les cas, le nitrate est réduit en nitrite
pertes d’azote par les feuilles non complète- Cet article fait un point rapide sur les connais- par la nitrate réductase (NR) et le nitrite est
ment vidées de cet élément et en améliorant les sances acquises récemment dans deux domai- réduit en ammonium par la nitrite réductase
capacités de remobilisation de l’azote des par- nes du métabolisme azoté : l’absorption ou/et (NiR). Ces réactions de réduction nécessiten-
ties végétatives vers les siliques. L’azote reste en le transport du nitrate par les racines et la t de l’énergie, sous forme de pouvoir réducteur
effet l’élément essentiel de la productivité remobilisation de l’azote protéique issu de la (NAD(P)H) pour la NR et de ferrédoxine réduite
végétale et le coût énergétique de la produc- dégradation de la machinerie photosynthéti- pour la NiR. La NR est cytosolique, la NiR est
doi: 10.1684/ocl.2006.0091
tion des engrais azotés est l’un des postes bud- que foliaire au cours du vieillissement. plastidiale [1] (figure 2).
gétaires les plus élevés à la charge des agricul- D’immenses progrès ont été réalisés ces cinq L’ammonium est un composé toxique à faible
teurs. Ainsi, pour rendre le coût des dernières années dans la compréhension des concentration qui ne peut pas s’accumuler
biocarburants acceptable, il faut réduire les mécanismes moléculaires (transporteurs pro- dans les cellules végétales. Son assimilation ou
coûts de production des produits issus des téiques de nitrate par exemple) et de leur régu- sa réassimilation sont donc des nécessités vita-
plantes qui les produisent, en abaissant en par- lation. Il en est de même du développement les pour les cellules. Deux enzymes, la gluta-
ticulier la quantité d’engrais azotés, poste for- des nouveaux outils de la génétique, cartogra- mine synthétase (GS) et la glutamate synthase
S
cellule, sont localisés une pompe à protons (H+/ATP ase) et un transporteur de nitrate (symport). (Thèse M Orsel, tés d’absorption et de transport et la capacité
2003). d’approvisionnement de la plante, sont
directement reliées à la structure et à l’architec-
ture du système racinaire (figure 3). Ainsi, la
E
(GOGAT) catalysent le transfert de l’ammo- Enfin, une troisième enzyme est associée aussi ramification importante de la racine principale
nium dans une molécule organique (figure 1). au métabolisme de l’ammonium : la glutamate par la formation de racines secondaires (ou
L’ion ammonium est incorporé au glutamate déshydrogénase (GDH). Il existe deux formes de latérales) augmente considérablement la sur-
(Glu) par la glutamine synthétase (GS) pour GDH, une forme majeure dépendante du
former la glutamine (Gln). Le groupement
amide de la glutamine est ensuite transféré à un
acide cétonique, l’a-cétoglutarate (a-KG) par la
V
NADH dans les mitochondries et une forme
dépendante du NADPH dans les chloroplastes.
L’enzyme est abondante dans les différents
face d’échange entre le système racinaire et le
sol. La différentiation de poils absorbants sur la
couche épidermique (200 à 1 000/cm2) est un
facteur de ramification supplémentaire per-
U
glutamate synthase (GOGAT). Deux molécules organes de la plante et son activité est généra- mettant l’optimisation du contact entre le sol
de glutamate sont ainsi formées, l’une est utili- lement élevée. Cependant, son rôle physiologi- et la racine.
sée comme substrat de la glutamine synthétase que est encore affaire de débat. En effet, son Le transport des nutriments de l’eau du sol aux
(GS) pour la formation de glutamine, l’autre est affinité très faible pour l’ammonium est incom- vaisseaux du xylème exige d’être à la fois sélec-
E
source d’azote organique pour les réactions de patible avec un rôle majeur dans l’assimilation tif et cumulatif. Les ions, absorbés au niveau
transamination qui aboutissent à la synthèse de primaire de l’azote. Il est supposé que la GDH des cellules de l’épiderme racinaire ou rhizo-
l’ensemble des acides aminés. La GS nécessite jouerait plutôt un rôle prépondérant dans la derme, souvent par un système de transport
pour son fonctionnement de l’ATP, la GOGAT désamination du glutamate et la formation actif, c’est-à-dire qui se réalise dans le sens des
R
utilise le pouvoir réducteur de la ferrédoxine d’a-cétoglutarate ; cette hypothèse est cohé- potentiels électrochimiques croissants, diffu-
réduite [2]. rente avec l’induction de l’activité observée sent ensuite passivement, c’est-à-dire dans le
Il existe deux isoenzymes de glutamine synthé- pendant la germination et la sénescence, deux sens des potentiels électrochimiques décrois-
tase. La glutamine synthétase chloroplastique périodes pendant lesquelles le catabolisme des sants entre les différentes assises cellulaires du
P
(GS2) est l’isoforme majoritaire des tissus pho- acides aminés est important [3]. cortex racinaire, empruntant le réseau consti-
tosynthétiques. Elle est associée à l’assimilation Glutamine et glutamate sont donc les premiers tué essentiellement des parois cellulaires, c’est
primaire du nitrate dans les feuilles et est impli- acides aminés synthétisés après intégration de à dire la voie apoplastique. Cette diffusion est
quée dans l’assimilation de l’ammonium issu l’ammonium aux squelettes carbonés. Par toutefois bloquée au niveau de l’endoderme où
É
de la photorespiration. La glutamine synthétase transamination, l’azote est ensuite transféré la paroi radiale des cellules est subérisée et
cytoplasmique (GS1) est présente principale- à d’autres substrats carbonés (acides donc rendue imperméable aux ions (bande de
ment dans les tissus non photosynthétiques. a-cétoniques) pour former des nouveaux aci- Caspary). Cette couche cellulaire qui isole le
Elle joue entre autre un rôle important dans les des aminés (aspartate, alanine, glycine...) eux- cortex du cylindre central (stèle) est un passage
processus de remobilisation de l’azote pendant mêmes précurseurs de tous les autres acides sélectif obligé qui nécessite le franchissement
la sénescence, comme nous le verrons plus aminés. Chez les végétaux, ces voies de syn- direct des membranes et liquides cellulaires
loin. thèse, principalement chloroplastiques, sont (figure 3). Ce mode de diffusion à travers les
complexes et très contrôlées [4]. différentes cellules est favorisé par la présence
de plasmodesmes, ponts cytoplasmiques qui
(2e-) Absorption et transport forment ainsi un continuum cytoplasmique
NO3- + NAD(P)H + H+ NO2- + NAD(P)+ +H2O autorisant le passage des ions d’une couche
(6e-)
du nitrate : aspect général cellulaire à l’autre par simple diffusion. Ce type
NO2- + 6 ferredoxinered + 8 H3O+ NH4+ + 6 ferredoxineox + 10 H2O
Le nitrate et l’ammonium sont les principales de transport, voie symplastique, est plus rapide
sources d’azote pour la croissance des plantes et plus efficace que la voie apoplastique
Figure 2. Activités nitrate et nitrite réductases. dans la plupart des environnements naturels et (figure 3).
2 DOSSIER
plasmiques et du tonoplaste sont les principaux
cortex moteurs du transport actif. Ces systèmes enzy-
matiques couplent l’hydrolyse de l’ATP à
xylème et l’exportation des protons vers l’apoplasme
phloème (ensemble des parois) ou la vacuole et contri-
(faisceaux buent à la création et au maintien d’un gra-
épiderme dient de protons et d’une différence de poten-
conducteurs)
tiel électrique de chaque côté de la membrane.
Dans une cellule végétale type, le pH cytoplas-
mique est maintenu à environ 7,2 et celui de
Poil l’apoplasme à 5,5 ; la différence de potentiel
absorbant électrique est de l’ordre de – 150 mV. Dans la
Bande de vacuole, le pH est voisin de 5,5 ; la différence de
Caspari potentiel électrique associée au tonoplaste est
positive, de l’ordre de + 20 à + 80 mV. De
l’énergie est donc stockée sous forme de gra-
dient électrochimique. Les ATPases pompes à
Figure 3. Coupe transversale de racine montrant les différents tissus : rhizoderme (ou épiderme racinaire) avec les H+ créent donc à la fois une différence de
poils absorbants, cortex, bande de Caspari et faisceaux conducteurs inclus dans la stèle ou cylindre central potentiel électrique et une différence de pH de
(Dessin Y. Roux). part et d’autre de la membrane, et donc une
S
différence de potentiel électrochimique de H+.
C’est cette différence, appelée gradient de
Après avoir été introduits dans le cylindre cen- est la somme d’une composante chimique (ou
potentiel électrochimique transmembranaire de
tral, les ions nitrate sont exportés dans l’espace osmotique) proportionnelle à la concentration
H+, qui énergise la membrane et détermine le
E
intercellulaire de la stèle jusqu’aux cellules du soluté et d’un terme électrique proportion-
transport d’ions.
parenchymateuses du xylème. Un système de nel à la charge du soluté. Le potentiel électro-
transport actif permet à nouveau leur charge- chimique d’un ion détermine son état énergé- Des transporteurs (transporteurs protéiques
ment souvent contre un gradient de concen- tique. d’anions ou de cations) utilisent cette énergie
tration dans les vaisseaux du xylème où ils sont
entraînés par le flux de sève dont le moteur est
la transpiration. Chez les plantes herbacées, les
ions nitrate sont généralement réduits dans les
V
Le transport d’un ion dans le sens croissant du
gradient électrochimique nécessite une source
d’énergie, le transport est dit actif (figure 4).
Des systèmes spécifiques, des pompes à pro-
en couplant le retour spontané des protons au
transport d’un autre soluté contre son gra-
dient. Selon que les deux transports ont lieu
dans le même sens ou en sens inverse, on
U
feuilles. tons, fournissent cette énergie en hydrolysant distingue deux classes de transporteurs, res-
L’assimilation des ions nitrate (éléments polai- des molécules très énergétiques, l’ATP. Chez pectivement les symports (même direction) et
res, hydrophiles) implique plusieurs franchisse- les plantes, les H+/ATPases des membranes les antiports (directions opposées). Il faut rap-
ments de membranes biologiques : au niveau
E
Xylème
qui délimite la vacuole), constituent des barriè-
res à la diffusion, empêchant le libre-échange Epiderme ATP
des ions entre l’intérieur et l’extérieur de la H+
ADP+Pi
É
µmol.h-1.g-1 MF
µmol.h-1.g-1 MF
8
15NO - Influx
15NO - Influx
est donc assez faible, de l’ordre de 102 à 103
2
éléments par seconde. 6
3
En résumé, on peut dire qu’un système de 4
transport dit primaire, une H+/ATPase, couple 1
l’hydrolyse de l’ATP à une excrétion de protons 2
(création d’un gradient de pH) et à une modi- 0 0
fication du potentiel électrique de part et 0 100 200 300 400 500 0 2 4 6 8 10
d’autre de la membrane du compartiment cel- NO3- concentration (µM) NO3- concentration (mM)
lulaire. La dissipation du gradient de protons
entraîne le fonctionnement d’un système de HATS LATS
transport dit secondaire, symport ou antiport.
Km 10-100µM, Non saturable
Enfin, si on considère les charges électriques, le NO3- constitutif
2 composantes:
transport peut être électroneutre (aucune cHATS: constitutive Gènes NRT1
charge nette n’est transportée) ou électrogène iHATS: NO3- inductible
(une charge nette est transportée). Gènes NRT2
Quand le transport des ions se fait dans le sens
des potentiels électrochimiques décroissants,
Figure 5. Cinétique d’assimilation du nitrate : système à haute affinité (HATS), constitutif et inductible, système à
c’est-à-dire qu’il s’effectue spontanément sans
S
basse affinité (LATS) constitutif (Thèse M. Orsel, 2003).
apport d’énergie, il peut être également assuré
par des canaux (figure 4). Les canaux sont des Un système de transport jeu (figure 5). Ce système est non saturable
systèmes protéiques, spécifiques du transport à haute affinité (HATS) jusqu’à 50 mM de nitrate. Il est quantitative-
E
d’ions (canaux chlore, potassiques, etc.) et sou- ment majoritaire pour l’absorption du nitrate à
vent unidirectionnels. Ils passent d’un état Pour des concentrations inférieures à 0,2-
partir de 1 mM. Il peut être considéré comme
inactif (fermé) à un état actif (ouvert). La vitesse 0,5 mM de nitrate extérieur, l’influx de nitrate
constitutif par rapport au nitrate, mais est
de transfert d’un canal est très élevée (107 ions est essentiellement assuré par un système de
cependant sujet à certaines régulations [6].
transportés par seconde), 1 000 fois plus élevée
que celle d’un transporteur protéique. Il faut
rappeler toutefois que la notion de canal et de
transporteur n’est pas si tranchée qu’il ne
tème est de présenter deux composantes : V
transport à haute affinité, saturable au-delà de
200 lM (figure 5). La particularité de ce sys-
nitrate, une deuxième composante du trans- transport actif secondaire, comme défini pré-
membrane et le gradient croissant de concen- cédemment. L’absorption du nitrate entraîne
tration ne permettent pas l’entrée passive du port est induite, la capacité de transport du
HATS est alors multipliée par 50. La compo- en général une alcalinisation du milieu exté-
nitrate dans le cytoplasme et un système de rieur, ce qui suggère que des protons pénè-
transport actif est nécessaire. La caractérisation sante inductible du HATS est caractérisée par
P
une affinité pour le nitrate plus faible (Km de 13 trent dans la cellule en même temps que les
électrophysiologique des systèmes d’absorp- ions NO3–, ou bien que ces derniers sont
tion du nitrate et de l’ammonium a permis de à 79 lM) mais une capacité de transport supé-
rieure (Vmax à 9,41 lmol h–1 g–1de matière échangés contre des ions OH–, ce qui revient
mettre en évidence différents systèmes de au même. Les études électrophysiologiques
fraîche). Il a été proposé que le système cons-
É
4 DOSSIER
Régulation par la disponibilité
du substrat azoté
La régulation de l’absorption du nitrate est Induction Répression
induite par l’ion nitrate lui-même. L’influx à Influx NO3-
haute affinité du nitrate est transitoirement
augmenté lorsque les plantes sont mises en
présence de nitrate ; la composante inductible
du HATS est induite par la présence de nitrate
NO3- NH4+
externe. La cinétique de l’induction est variable
selon les espèces ; le maximum d’influx est + ? -
obtenu après 4 h à 6 h pour le maïs, 24 h pour
l’orge et 48 h pour A. thaliana. L’utilisation Sucres Acides Aminés
d’inhibiteurs de la synthèse des ARNm et des
protéines a mis en évidence que l’induction du
iHATS implique la synthèse de nouveaux trans-
porteurs protéiques. Photosynthèse Métabolisme N
L’ammonium, deuxième source d’azote
minéral, interagit avec les systèmes cytoplasme
d’absorption du nitrate lorsqu’il est présent
dans le milieu de culture. À faible concentra- Régulation par la source azotée et le statut nutritionnel
S
tion, l’ammonium a un effet inducteur
rapide. La stimulation de l’absorption du
nitrate observée dans ce cas est attribuée au Figure 6. Mécanismes de régulation du transporteur de nitrate par les métabolites cellulaires (Dessin F. Daniel-
fait que l’absorption de l’ammonium Vedele).
E
entraîne l’acidification du milieu de culture
(modification des gradients de protons), ce
même chez des mutants qui accumulent le années. Sur la base d’homologies de séquen-
qui favorise le transport du nitrate. En revan-
nitrate parce qu’ils sont déficients pour l’acti- ces, deux familles de gènes codant des trans-
che, à concentration plus élevée, l’ammo-
nium inhibe rapidement et réversiblement
l’absorption du nitrate, suggérant un effet
direct de l’ammonium sur la membrane
plasmique, modifiant en conséquence
vité nitrate réductase [6].
V
Les acides aminés, produits lors de l’assimila-
tion de l’azote, sont aussi de bons candidats
pour jouer le rôle d’un signal « intégrateur » de
porteurs de nitrate ont ainsi été identifiées : les
gènes NRT1 et NRT2. Ils codent des protéines
appartenant respectivement aux familles PTR
(peptide transporter) et NNP (nitrate-nitrite
U
la demande générale en azote de la plante. Il a porter). Les deux familles de gènes se rencon-
l’influx et parfois peut-être l’efflux de nitrate.
en effet été montré que la circulation des acides trent à la fois chez les eucaryotes et les proca-
L’inhibition par l’ammonium concerne prin-
aminés est intense et rapide chez les plantes. ryotes. Ils appartiennent à la Major Facilitating
cipalement la composante inductible du
D’autre part, après quelques heures d’incuba- Superfamily [7, 8] et codent des protéines qui
HATS [6].
E
tion, l’addition d’acides aminés exogènes partagent la même structure, avec douze
inhibe l’absorption du nitrate chez A. thaliana, domaines transmembranaires partagés en
Régulation par le statut nutritionnel
le soja et le blé (figure 6) [6]. deux groupes de six hélices reliés par un
de la plante
Les glucides peuvent également coordonner domaine cytosolique.
R
l’absorption du nitrate au développement des ment au cours de la période lumineuse et isolé grâce à un mutant d’insertion d’A. tha-
plantes. En effet, la capacité d’absorption du décroît à l’obscurité. Des expériences réalisées liana résistant au chlorate, analogue toxique du
nitrate augmente au cours du développement sous des teneurs en CO2 faibles, réduisant ainsi nitrate. Le mutant (chl1) présente une absorp-
végétatif ; elle est beaucoup plus élevée chez tion réduite du nitrate à des concentrations
É
S
sion du gène AtNRT2.1 est parallèle à l’induc- du nitrate. Cependant, aucune preuve fonc-
La famille NRT2 tion transitoire de l’activité du système de tionnelle n’est encore disponible [10, 11]. La
transport iHATS ; cette corrélation a depuis présence d’une famille multigénique dans cha-
Les premiers membres de la famille NRT2 ont
E
également été observée chez l’orge. De même, que organisme étudié pose le problème de la
été identifiés chez les eucaryotes inférieurs. Le lors d’une carence en azote, l’induction transi- redondance ou de la spécificité de la fonction
gène CRNA a été identifié chez le champignon toire de l’expression de AtNRT2.1 correspond à de chacune des protéines de la famille NRT2
Aspergillus nidulans à partir d’un mutant isolé l’induction transitoire de l’influx à haute affinité dans la nutrition azotée des plantes [9].
sur la base de sa résistance au chlorate.
L’expression de la protéine dans les ovocytes
de xénope a permis de montrer que CRNA
code un transporteur de nitrate/nitrite. Deux
V
du nitrate. Le niveau d’expression d’AtNRT2.1
est également corrélé aux variations journaliè-
res de l’absorption nette du nitrate : l’addition
de saccharose dans le milieu de culture main-
Cependant, une approche de génétique
inverse a montré qu’un double mutant, affecté
dans l’expression des gènes AtNRT2.1 et
AtNRT2.2, présente un défaut dans le iHATS
U
autres gènes, CrNRT2.1 et CrNRT2.2, ont tient l’expression de AtNRT2.1 et empêche la mais pas dans le LATS [10, 11].
ensuite été identifiés chez des mutants de délé- chute de l’activité du HATS à l’obscurité [9]. Les études sur les transporteurs de nitrate se
tion de l’algue verte Chlamydomonas reinhard- M. Orsel [9] a réalisé une analyse phylogénéti- poursuivent. Il a été démontré chez Chlamydo-
tii, déficients dans le transport du nitrate et/ou que de la famille des transporteurs NRT2 et a monas, algue unicellulaire, que pour obtenir un
E
du nitrite. Un transporteur à haute affinité du étudié les caractéristiques d’expression de cha- transport efficace du nitrate, il était nécessaire
nitrate, YNT1, a également été cloné chez la cun des gènes en fonction des organes et du que deux gènes soient impliqués, le gène NRT2
levure Hansenula polymorpha à partir d’un statut azoté des plantes. Elle a observé des qui code le transporteur transmembranaire à
mutant déficient pour l’absorption du nitrate à caractéristiques différentes entre chacun de ces 12 éléments, et un second gène, le gène
R
faible concentration. transporteurs, suggérant un rôle spécifique CrNar2 qui code une petite protéine de 200
La comparaison des séquences d’acides aminés
des transporteurs de nitrate/nitrite des algues
et des champignons a révélé des régions très
P
0,3
fortement conservées qui ont permis d’identi- Racines
fier d’autres membres de la famille de transpor- WS g MF 0,2
teurs sur la base de leur homologie de
séquence. La plupart des membres de la famille 0,1
É
atnrt2.1a
NRT2 des plantes supérieures ont ainsi été iden-
0,0
tifiés chez l’orge, N. plumbaginifolia, A. tha- 6 mM 0,2 mM 0,1 mM 6 mM 0,2 mM 0,1 mM
liana, le soja, et la tomate. Pour chacune des NO3- NO3- NH4NO3 NO3- NO3- NH4NO3
6 DOSSIER
résidus d’acides aminés. Ces deux gènes exis- composés entre le lieu de chargement et de non remobilisé, forme une source d’azote peu
tent chez les plantes. La présence de ces deux déchargement et des mouvements d’eau qui utilisable sans minéralisation préalable. Elle
gènes pour un fonctionnement efficace du l’accompagnent [18]. peut être à l’origine d’une pollution qui peut
transport haute affinité du nitrate a été confir- être préoccupante au niveau écologique ; c’est
mée par Tong et al. [12] et Okamoto et al. le cas du colza qui perd au cours de son déve-
[13-15]. Il a été observé également que les Mobilisation loppement des feuilles encore riches en azote.
transporteurs de nitrate étaient impliqués non de l’azote organique
L’impact de la sénescence du point de vue
seulement dans la régulation des flux de nitrate au cours du développement agronomique concilie deux problèmes appa-
mais aussi dans la régulation de la croissance des plantes remment antinomiques, poursuite du fonc-
cellulaire, en particulier dans le développement
tionnement de la photosynthèse pour assimiler
des racines latérales [8, 16]. Nous terminerons notre article par une étude
le maximum de carbone et nécessité de remo-
rapide des mécanismes mis en jeu dans la
biliser l’azote réduit des feuilles pour la consti-
remobilisation de l’azote organique lors du
Transport à longue distance vieillissement des feuilles.
tution des protéines des organes récoltables. Il
est observé que l’augmentation des rende-
des acides aminés ments est largement tributaire de la longévité
Sénescence et remobilisation de l’appareil photosynthétique et que la remo-
Le transport à longue distance des acides ami-
nés est réalisé soit par la sève du xylème quand de l’azote, dans les feuilles bilisation de l’azote des feuilles sénescentes
ils sont synthétisés dans les racines, soit par la Pendant la phase de croissance végétative, les (démantèlement de l’appareil photosynthéti-
sève du phloème quand ils sont synthétisés feuilles et racines en développement absorbent que) est déterminante pour les teneurs en
dans les feuilles. et assimilent le nitrate et l’ammonium et incor- azote des grains. En sélectionnant de hauts
S
Les tissus du xylème sont constitués de longs porent l’azote aux molécules carbonées pour rendements, ont donc été retenues des plantes
tubes vides dont la paroi présente des épaissis- former les acides aminés, précurseurs des pro- dont les feuilles sont en nombre défini mais de
sements lignifiés. Ces éléments morts condui- téines, et acides nucléiques, supports de l’infor- longévité supérieure (le maïs), ou bien des éco-
sent la sève brute ou xylémienne des racines mation génétique. Dans les feuilles photosyn- types qui renouvellent leurs feuilles dès que les
E
vers les feuilles. Les ions sont entraînés par le thétiques l’azote est généralement retrouvé premiers signes de sénescence apparaissent, ce
flux de sève dont le moteur est la transpiration. dans la machinerie photosynthétique sous la qui assure une conservation de la capacité pho-
Les tissus du phloème sont constitués d’élé- forme de photosystèmes et d’enzymes comme tosynthétique globale. Il est probable que cette
sélection ait été faite au détriment de l’efficacité
ments conducteurs, les tubes criblés, associés à
des cellules parenchymateuses, les cellules
compagnes. Les tubes criblés sont des cellules
vivantes allongées mais dépourvues de noyau,
V
la Rubisco (enzyme de carboxylation et d’oxy-
génation qui représente à peu près 50 % des
protéines foliaires solubles). Certaines plantes
peuvent stocker également l’azote sous forme
de la remobilisation de l’azote. La connaissance
des mécanismes de réutilisation de l’azote
foliaire et de leur régulation est essentielle à
U
connectées par des criblés. Les cellules compa- de protéines plus spécifiques, appelées VSP l’amélioration des produits de l’agriculture
gnes jouent un rôle important dans le charge- (Vegetative Storage Protein) utilisées comme (contenu protéique des organes récoltables) et
ment du phloème en saccharose et acides ami- réserve temporaire et transitoire d’azote. à la préservation des sols.
nés. Le complexe phloémien constitué des À partir d’un stade de développement appelé
E
tubes cribles et des cellules compagnes trans- maturité, les organes végétaux, les feuilles en Mobilisation de l’azote foliaire
porte les acides aminés des feuilles aux autres particulier, entrent dans une phase de sénes-
organes de la plante. cence. La sénescence débute aux premiers
chez le tabac
Le chargement des acides aminés dans le sys- signes de démantèlement des structures pho- Des travaux antérieurs [19] ont permis de mon-
R
tème phloémien correspond à un transport tosynthétiques et s’achève par la mort cellu- trer que les feuilles de la tige de tabac peuvent
actif secondaire, comparable à celui observé laire. Il est admis que la sénescence foliaire est être classées en deux groupes. Les feuilles pro-
dans le transport du nitrate. C’est un transport un phénomène graduel qui ordonne dans le ches de l’apex sont appelées feuilles « puits »
de composés chargés contre un gradient de temps une succession d’évènements molécu- (jeunes ou matures), essentiellement dédiées
P
concentration, ce qui entraîne une dépense laires, biochimiques et métaboliques. Cette aux fonctions d’assimilation primaire de l’azote
d’énergie. Un système de transport primaire, succession d’événements est génétiquement et du carbone (figure 8). Dans ces feuilles, les
une ATPase à protons couple l’hydrolyse d’ATP codée. L’apparition de la sénescence peut être gènes codant les enzymes impliquées dans les
à une excrétion de protons. Son fonctionne- néanmoins précipitée ou ralentie en fonction fonctions d’assimilation primaire de l’azote,
É
ment crée un gradient de pH et une différence des conditions environnementales et nutritives, nitrate et nitrite réductases (NR et NiR), gluta-
de potentiel électrique de chaque côté de la mais elle reste inéluctable et conduit inexora- mine synthétase et glutamate synthase chloro-
membrane. Ces déséquilibres entraînent le blement à la mort de l’organe [18]. plastiques (GS2 et GOGAT) sont bien expri-
fonctionnement de systèmes de transports Au cours de la sénescence foliaire, le recyclage més. Les feuilles proches du collet représentent
secondaires, des symports et des antiports, les de l’azote s’intensifie. Il constitue une étape en revanche les feuilles « sources » (matures et
transporteurs d’acides aminés. Ces dernières essentielle dans la gestion de cet élément en sénescentes), dans lesquelles s’expriment les
années, des dizaines de transporteurs d’acides permettant une réutilisation de l’azote vers les gènes codant les enzymes glutamine synthé-
aminés ont été identifiées. Ils sont spécifiques organes en croissance, jeunes feuilles ou fruit et tase cytosolique (GS1) et glutamate déshydro-
de tissus et d’organes mais pas toujours spéci- grains. La remobilisation de l’azote constitue génase (GDH). Ces deux enzymes sont généra-
fiques d’un acide aminé ou d’un groupe d’aci- une économie considérable pour la plante et lement présentes dans les racines. GS1 et GDH
des aminés donnés [17].Une fois chargés dans contribue largement à la constitution des orga- seraient impliquées dans la gestion des pools
les tubes criblés du phloème, les composés nes récoltables puisque l’on estime que plus de de glutamate et glutamine des feuilles sénes-
sont entraînés par le flux de masse et distribués la moitié de l’azote des grains de blé ou de maïs centes. Ces enzymes, cytosoliques pour la pre-
à tous les organes de la plante. Le flux de masse provient de la remobilisation foliaire. En contre- mière et mitochondriales pour la seconde,
résulte de la différence de concentration en partie, la restitution au sol de l’azote organique pourraient compenser, au cours du vieillisse-
S
GS2 et GOGAT (figure 8). d’[Link], Bay-0 et Shahdara [22]. cours du vieillissement quels que soient les
La transition d’un statut d’organe puits (section Cette approche a permis de sélectionner les génotypes considérés et était corrélée au
apicale) vers un statut d’organe source (section caractères présentant une variabilité significa- niveau de sénescence foliaire atteint dans cha-
basale) s’accompagne donc de bouleverse- tive au sein de la sous-population ainsi qu’une que génotype. L’existence d’un point de rup-
E
ments métaboliques importants comme héritabilité suffisante pour envisager une étude ture dans le développement des lignées sug-
l’accumulation des sucres et l’épuisement des QTL. Cinq QTL de jaunissement (destruction gère l’existence d’un « senseur » capable
formes libres aminées et inorganiques de des chlorophylles) et six QTL liés au rougisse- d’orienter le comportement métabolique des
l’azote [19].
Afin de préciser les relations sources /puits au
cours du vieillissement foliaire, des expériences
utilisant des composés marqués par l’isotope
V
ment (accumulation d’anthocyanes) ont été
identifiés (figure 9). Le degré de jaunissement
des feuilles qui a été mesuré à l’aide d’un
logiciel d’analyse d’image a été choisi comme
tissus foliaires vers la remobilisation [24].
L’étude par génomique fonctionnelle des
acteurs impliqués potentiellement dans la
remobilisation de l’azote foliaire (notamment
U
lourd 15N (ammonium et glutamate) ont été critère de sénescence. L’analyse du degré de les GS1) se poursuit et devrait permettre de
réalisées sur des disques de feuilles sources et jaunissement des feuilles a été effectuée sur contrôler dans l’avenir le devenir de l’azote
de feuilles puits. Les résultats obtenus ont mon- deux cultures indépendantes de 300 lignées remobilisé pour une meilleure efficacité du
tré que, quel que soit l’âge des feuilles, l’ammo- recombinantes. Les résultats obtenus ont été remplissage du grain et également pour une
E
nium est assimilé par la voie GS/GOGAT. La comparés avec des résultats issus de notations meilleure économie de l’azote au niveau plante
GDH est essentiellement impliquée dans les visuelles [23]. La colocalisation des QTL de entière.
mécanismes de déamination, fournissant des
squelettes carbonés au métabolisme.
R
- RV3.4
Une étude comparative de l’expression diffé- - NP3.4 -SD.1
+RV3.1 - YP3.3 Y3.3 +SD.2
rentielle des gčnes GDH, GS et NR a également - YV3.3
+ DM3.2
+ RV3.5
+ YV3.2 - AA3.3 + NP3.6
été réalisée chez le tabac. Un systčme d’induc- + YP3.2 Y3.2 + NP3.1
tion in vitro sur disques foliaires a permis d’iden- + AA3.2
P
+ DM3.4
tifier des signaux (métaboliques, hormonaux
+ NP3.7
ou de stress biotiques et abiotiques) qui contrô- + AA3.5 - YP3.5 YP3.5
lent l’expression de ces gčnes. Par une appro-
+ DM3.1
É
8 DOSSIER
Conclusion comparative à haut débit de mutants dans 11. FILLEUR S, DORBE MF, CEREZO M, et al. An
lesquels le gène n’est pas fonctionnel ou au arabidopsis T-DNA mutant affected in Nrt2
L’approche moléculaire de l’étude des trans- contraire où il est exprimé constitutivement, genes is impaired in nitrate uptake. FEBS Lett
porteurs et des enzymes et des gènes corres- fournit rapidement des informations sur sa 2001 ; 489 : 220-4.
pondants permet d’approfondir nos connais- fonction. Ces techniques commencent à être
sances des mécanismes intimes qui régissent le mises en œuvre avec succès chez bon nombre 12. TONG Y, ZHOU J-J, LI Z, MILLER AJ. A two-
métabolisme azoté. Toutefois, ces approches de plantes. component high-affinity nitrate uptake system
très réductionnistes mais nécessaires doivent in barley. Plant J 2005 ; 41 : 442-50.
être complétées par des approches plus globa- Remerciements. Les auteurs remercient Syl-
les de l’ensemble des mécanismes, in planta, vain Chaillou et Michèle Cren pour la relecture de 13. OKAMOTO M, VIDMAR JJ, GLASS AD. Regula-
qui puissent fournir une vue plus intégrée de tion of NRT1 and NRT2 gene families of Arabi-
ce manuscrit.
l’expression de l’ensemble des gènes concer- dopsis thaliana/ responses to nitrate provision.
nés et des conséquences sur la régulation des Plant Cell Physiol 2003 ; 44 : 304-17.
voies d’assimilation et de gestion de l’azote
RÉFÉRENCES 14. OKAMOTO M, KUMAR A, LI W, et al. High-
chez le colza au cours de son développement
affinity nitrate transport in roots of Arabidopsis
[25-27]. 1. MEYER C, STITT M. Nitrate reduction and thaliana depends on expression of the NAR2-
L’existence de cartes génétiques de référence signalling. In : Lea P, Morot-Gaudry JF, eds. like gene AtNRT3.1. Plant Physiol 2006 ; 140 :
denses, construites à l’aide de marqueurs molé- Plant. Nitrogen. INRA Springer Verlag, 2001 : 1036-46.
culaires (marqueurs microsatellites), rend 37-59.
désormais possible la localisation des zones 15. ORSEL M, CHOPIN F, LELEU O, et al. Characte-
2. HIREL B. P.J. LEA PJ. Ammonia assimilation. In :
chromosomiques impliquées dans la variation Lea P, Morot-Gaudry JF, eds. Plant. Nitrogen. rization of a two-component high-affinity
S
des caractères agronomiques (Quantitative INRA Springer Verlag, 2001 : 79-99. nitrate uptake system in arabidopsis. Physiology
Trait Loci ou QTL). En parallèle, l’établissement and Protein-Protein interaction. Plant Physiol
de cartes physiques basées sur l’ordonnance- 3. MASCLAUX C, QUILLERÉ I, GALLAIS A, 2006 ; 142 : 1304-17.
ment à l’aide de diverses techniques de grands HIREL B. The challenge of remobilisation in
E
inserts d’ADN génomique permettra d’accélé- plant nitrogen economy. A survey of physio- 16. REMANS T, NACRY P, PERVENT M, et al. A cen-
rer la localisation de gènes candidats pour le agronomic and molecular approaches. An Appl tral role for the nitrate transporter NRT2.1 in
caractère en question. Biol 2001 ; 138 : 69-81 ; (special issue). the integrated morphological and physiologi-
cal responses of the root system to N limitation
Les approches génomiques, en apportant une
vision plus intégrée sur le fonctionnement de la
plante fourniront de nouvelles données perti-
nentes en terme de fonction des gènes, de
4.
V
MOROT-GAUDRY JF, D. JOB D, LEA PJ. Amino
acid metabolism. In : Lea P, Morot-Gaudry JF,
eds. Plant. Nitrogen. INRA Springer Verlag,
2001 : 167-211.
in Arabidopsis thaliana. Plant Physiol 2006 ;
140 : 909-21.
tive permettra de plus d’accélérer l’acquisition Springer Verlag, 2001 : 1-36. INRA Springer Verlag, 2001 : 275-93.
de connaissances sur les caractères agronomi- 7. ORSEL M, FILLEUR S, FRAISIER V, DANIEL-
ques importants en améliorant notamment le VEDELE F. Nitrate transport in plants : which 19. MASCLAUX C, VALADIER MH, BRUGIERE N,
transfert de connaissances d’A thaliana, la gene and which control? J Exp Bot 2002 ; 53 : MOROT-GAUDRY JF, HIREL B. Characterization
P
plante modèle vers le colza tout en tenant 825-33. of the sink/source transition in tobacco (Nico-
compte des spécificités biologiques de cette tiana tabacum L.) shoots in relation to nitrogen
plante oléagineuse qui lui est très proche géné- 8. LITTLE D, RAO H, OLIVA S, DANIEL-VEDELE F, management and leaf senescence. Planta
KRAPP A, MALAMY JE. The putative high- 2000 ; 211 : 510-8.
tiquement. On peut espérer ainsi la mise sur le
É
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10 DOSSIER