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Thrombopénie Immunologique : Diagnostic et Traitement

La thrombopénie immunologique est une affection hématologique bénigne causée par des auto-anticorps ciblant les plaquettes, entraînant une thrombopénie isolée. Le diagnostic repose sur l'élimination d'autres causes et la gravité est évaluée par le syndrome hémorragique plutôt que par le taux de plaquettes. Le traitement varie selon la sévérité et peut inclure des corticoïdes, des immunoglobulines, ou une splénectomie, avec un pronostic généralement bon.

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Thrombopénie Immunologique : Diagnostic et Traitement

La thrombopénie immunologique est une affection hématologique bénigne causée par des auto-anticorps ciblant les plaquettes, entraînant une thrombopénie isolée. Le diagnostic repose sur l'élimination d'autres causes et la gravité est évaluée par le syndrome hémorragique plutôt que par le taux de plaquettes. Le traitement varie selon la sévérité et peut inclure des corticoïdes, des immunoglobulines, ou une splénectomie, avec un pronostic généralement bon.

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Thrombopénie Immunologique

dg positif differentiel evolution pronostic trt

Plan du cours
1. Introduction
2. Classification
3. Diagnostic positif
4. Diagnostic de gravité
5. Diagnostic différentiel
6. Pronostic
7. Traitement
8. Conclusion

I – Introduction
• Anciennement appelé « purpura thrombopénique idiopathique » (PTI) ou « purpura
thrombopénique auto-immun ».
• Affection hématologique bénigne, fréquente.
• Cause la plus fréquente des cytopénies auto-immunes.
• Due à des auto-anticorps reconnaissant des antigènes membranaires plaquettaires.
• Destruction par le système monocyte-macrophage (rate +++).
• Définition de thrombopénie : plaquettes < 150 000/mm³.

• Incidence : 1–3 cas / 100 000 adultes / an.


• Prédominance féminine : 2 femmes / 1 homme.
• Évolution aiguë : 70–80 % enfants vs 20–30 % adultes.
• Mortalité < 2 % (hémorragie cérébro-méningée).
II-Classification
• Primaire : PQ < 100 × 10⁹/L, sans autre cause ni maladie.
• Secondaire : due à une autre cause (auto-immunes : lupus, SAPL ; syndromes
lymphoprolifératifs ; viroses HIV, HCV ; médicaments).
• Distinction TI primaire / secondaire essentielle car les approches thérapeutiques peuvent
différer.

• Phases de la TI
Nouvellement
Durée d’évolution < 3 mois
diagnostiquée

Persistante Entre 3 et 12 mois du diagnostic

Chronique Durée d’évolution > 12 mois

Sévèrité de la TI
Sévère Présence de signes hémorragiques assez sévères pour requérir un traitement

Réfractaire Echec de splénectomie/rechute et risque hémorragique requérant un traiteme

III – Diagnostic positif

A. Circonstances de découverte

• Chez l’adulte : début souvent insidieux


o Découverte fortuite (NFS systématique)
o Syndrome hémorragique discret
• Chez l’enfant : syndrome hémorragique aigu (troubles hémostase primaire)
o Purpura cutané pétéchial ou ecchymotique, plan, ne s’effaçant pas à la
vitropression
o Rarement formes sévères : hématomes spontanés, bulles hémorragiques,
hémorragies viscérales.
B. Examen clinique

• Généralement pauvre, limité à un syndrome hémorragique.


• Évaluation de l’importance du saignement.
• Rechercher signes d’anémie.
• Absence d’adénopathies, splénomégalie ou hépatopathie.

C. Examens complémentaires

1. De 1ère intention

• Confirmer la thrombopénie (tube citraté).


• NFS : vérifier autres lignées, rechercher schizocytes (MAT), réticulocytes.
• Hémostase : CIVD.
• Bilan hépatique : HVB, HVC, VIH.
• Bilan immunologique.

2. Myélogramme

• Normal → thrombopénie périphérique.


• Indispensable chez l’adulte si :
o Âge > 60 ans
o Présence organomégalie
o Atteinte autres lignées
o Absence de réponse aux corticoïdes/Ig ou avant splénectomie.

3. Autres examens

• Durée de vie des plaquettes par isotopes (localisation destruction rate ou foie).
• Tests spécifiques :monoclonal antibody-specific immobilization of platelet antigens
(MAIPA) : très spécifiques mais non réalisés en routine.

D. À retenir

• Examen clinique normal sauf syndrome hémorragique.


• Thrombopénie isolée.
• Absence d’anomalie hémostase.
• Myélogramme normal (si réalisé).

TI = diagnostic d’élimination.

IV – Diagnostic de gravité
• Gravité liée à l’importance du syndrome hémorragique et non au chiffre plaquettaire.

Seuils de risque :

• PQ > 100 G/L : risque nul.


• PQ > 50 G/L : risque minime en dehors de geste chirurgical.
• 20 < PQ < 50 G/L : risque modéré.
• PQ < 20 G/L : risque majeur.

Signes de gravité :

• Purpura cutané extensif.


• Bulles hémorragiques buccales.
• Hémorragie rétinienne.
• Syndrome méningé, déficit neurologique.

Facteurs aggravants :

• Thrombopathie associée (aspirine).


• Trouble hémostase (CIVD, anticoagulants).
• Âge > 60 ans, facteurs de risque cardiovasculaires.
• Infection associée.
• Chirurgie neurochirurgicale récente.
• Lésions digestives ou utérines.

V – Diagnostic différentiel
• Purpura fulminans (méningocoque).
• Purpura vasculaire (vascularite).
• Fausse thrombopénie (EDTA).
• Thrombopénies secondaires :
o Post-infectieuses : VIH, VHC, VHB, CMV, parvovirus B19, H. pylori.
o Post-médicamenteuses (héparine, toxiques).
o Centrales : envahissement médullaire (myélodysplasie, myélofibrose).
o Consommation : CIVD, MAT.
o Allo-immunes : post-transfusionnelles.
o Constitutionnelles.

VI-Pronostic
• Globalement bon.
• La mortalité est très faible (liée aux hémorragies intracrâniennes et aux complications
thérapeutiques, surtout corticoïdes et splénectomie).
• Chez l’enfant → guérison spontanée dans > 80%.
• Chez l’adulte → évolution chronique dans 2/3 des cas.

VII– Traitement
A. Buts

• Corriger le taux de plaquettes.


• Réduire le risque hémorragique.
• Arrêter un syndrome hémorragique menaçant le pronostic vital.

B. Moyens

1. Symptomatiques

• Transfusion plaquettaire : uniquement si urgence ou chirurgie urgente.

2. De fond

• Corticothérapie orale.
• Immunoglobulines polyvalentes IV.
• Splénectomie.
• Anticorps anti-CD20 (rituximab).
• Agonistes des récepteurs de la thrombopoïétine (romiplostim, eltrombopag).
• Immunosuppresseurs (azathioprine, cyclophosphamide).

C. Indications

• Dépendent ancienneté, terrain, intensité hémorragique.


• Traitement si plaquettes < 30 G/L et/ou syndrome hémorragique.
• Pas de transfusion plaquettaire sauf urgence vitale ou chirurgie.

Utilisation d’un score hémorragique pour orienter :

• Score ≤ 8 : corticoïdes.
• Score > 8 : IgIV + corticoïdes

Conclusion
• La TI est une thrombopénie auto-immune, diagnostic d’élimination.
• Diagnostic : thrombopénie isolée, bilan clinique et paraclinique normal, myélogramme
normal.
• Traitement :
o Abstention et surveillance si asymptomatique et plaquettes > 30 G/L.
o 1ère intention : corticoïdes ou Ig polyvalentes.
o 2e intention : agonistes TPO, splénectomie, rituximab.
o Urgence vitale : transfusion plaquettaire.
• Éducation : éviter AINS, anticoagulants, injections IM.

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