RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON
Paix – Travail – Patrie Peace – Work – Fatherland
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MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR MINISTRY OF HIGHER EDUCATION
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INSTITUT SUPÉRIEUR « LE DIAMARÉ » DIAMARÉ HIGHER INSTITUTE
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ISD
Agrément N° 21-05211/L/MINESUP/DDES/ESUP/SDA/MF Du 19/08/2021
Tel : (Whatsapp) : [Link] / [Link]
E-mail : [Link]@[Link] Maroua-Cameroun
COURS DE DROIT DES SOCIETES
Préparé et dispensé par :
Dr. Me MANA YALLA
Ph.D. en Droit privé
Clerc assermenté d’Huissier de justice/
Etude Maître NGAINSOM Denis,
Huissier de justice à Maroua
Enseignant à l’ISD/MAROUA
INTRODUCTION GENERALE
La recomposition de l'environnement juridique mondial suscite des enjeux importants
relatifs à la croissance économique des nations. Cette dynamique de construction des
nouveaux paysages normatifs semble s'orienter vers une gestion communautaire des intérêts
nationaux. En Afrique, cella se confirme par l'intégration régionale. Cette dernière est élevée
au rang de palier fondamental entre le national et l’international. Elle s’est revêtue d’une
vision nouvelle par le droit suite à la signature du Traité instituant l'Organisation pour
l'Harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA) à Port-Louis le 17 octobre 1993.
Les États signataires se sont ainsi engagés dans la mise sur pied d'un instrument juridique
capable de moderniser, d'assainir et de sécuriser l'environnement économique des Etats
d'Afrique à travers un droit commun des affaires, adapté à leurs propres réalités et à leur
projet de développement économique. Pour y parvenir à ce ‘droit commun des affaires’ les
Etats parties du Traité OHADA se sont intéresser à plusieurs domaines attractifs du droit des
affaires. Les actes uniformes et les réformes ont été mis sur pied. Parlant des actes uniformes
trois grandes catégories ont vu le jour, notamment, la catégorie des activités commerciales, la
catégorie de l’immatriculation et comptabilité des entreprises commerciales et enfin celle
relative au règlement des litiges commerciaux et recouvrement des créances commerciales.
Ce droit des affaires représente une branche du droit privé qui comporte un ensemble
de droits relatifs aux affaires des entreprises. Il réglemente l’activité des commerçants et des
industries dans l’exercice de leur activité professionnelle.
Toutefois, le concept ‘‘droit des affaires’’ par lequel on entend remplacer le droit
commercial est récent. A l’origine il n’était nullement question du droit des affaires, il y avait
le droit commercial qui décrit et analyse le statut et les activités des entreprises individuelles
et commerciales à l’exclusion des activités économiques de nature civile (agricole,
immobilière, artisanale…). C’est depuis plusieurs décennies, que des techniques à l’origine
purement commerciale se sont rependues auprès d’un public non commercial. De même de
nouveaux domaines comme le droit de la concurrence, le droit de la consommation ont fini
par prendre une place importante. C’est dans ces conditions que le concept droit des affaires
va émerger. Il convient également de rappeler que le concept droit des affaires a été préféré au
concept droit des entreprises.
Le mot société quant à lui peut avoir une double connotation : il peut désigner un
contrat (conclut entre deux ou plusieurs personnes physiques ou morales dont le but est de
mettre quelque chose en commun en vue de profiter de l’économie qui pourra en résulter)
d’une part et une personne morale née de ce contrat d’autre part. C’est cette dernière notion de
sociétés qui nous intéresse dans le cadre de ce cours. Ces sociétés sont actuellement régies
par un ensemble de règles juridiques qui constituent ce qu’on appelle droit des sociétés. Ce
droit est essentiellement contenu dans l’Acte uniforme OHADA, adopté à Cotonou le 17
avril 1997, et publié dans le journal officiel de l’OHADA à Yaoundé le 11 octobre 1997.
Il est entré en vigueur le 1er janvier 1998 conformément à son article 920-2 et révisé le
30 janvier 2014 à Ouagadougou (Burkina Faso).
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Pour faciliter l’analyse de ce nouveau droit, il est judicieux dès à présent d’en saisir les
dispositions communes aux sociétés commerciales (première partie) et de comprendre les
dispositions spécifiques à chaque société commerciale et du GIE (seconde partie).
PREMIERE PARTIE : LES DISPOSITIONS COMMUNES À TOUTES LES
SOCIETES COMMERCIALES
Elles désignent l’ensemble des règles qui régissent les différents types de sociétés.
L’acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt
économique adopté en date du 30 janvier 2014 et entré en vigueur le 5 mai 2014, s’est chargé
de régir d’une manière générale l’ensemble des règles relatives à la naissance (titre I), au
fonctionnement (titre II) et à la disparition (titre III) des sociétés commerciales.
TITRE I : L’EXISTENCE DE LA SOCIETE COMMERCIALE
Une société n’existe véritablement que si et seulement si elle jouit d’une personnalité
juridique (chapitre II) après sa constitution (chapitre I).
CHAPITRE I : LA CONSTITUTION DE LA SOCIETE COMMERCIALE
La constitution effective d’une société commerciale passe automatiquement par le
respect de certaines conditions (section I) dont la violation de ces conditions entrainerait
certainement des sanctions (section II).
SECTION I : LES CONDITIONS DE CONSTITUTION
Nous examinerons distinctement les conditions de fond (paragraphe I) des conditions
de forme (paragraphe II).
PARAGRAPHE I : LES CONDITIONS DE FOND
Elles sont, d’une part, relatives, de façon générale, à tous les contrats de société(A) et
d’autre part elles sont propres aux sociétés commerciales (B).
A/ LES CONDITIONS GENERALES DU CONTRAT DE SOCIETE
Définie comme un contrat par l’acte uniforme relatif aux sociétés commerciales et
GIE, la société commerciale devra donc remplir les conditions de droit commun des contrats
prévues par l’article 1108 du Code Civil : « Quatre conditions sont essentielles pour la
validité d'une convention : le consentement de la partie qui s’oblige ; sa capacité de
contracter ; un objet certain qui forme la matière de l'engagement; une cause licite dans
l'obligation ».
1/ LE CONSENTEMENT
Il s’agit de la volonté particulière de s’associer qui comme dans tout contrat, doit être
consciente, sincère, réelle, intègre donc exempte de vice. Il traduit la volonté des deux parties
à vouloir créer une société. L’article 1109 du code civil énonce que « Il n'y a point de
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consentement valable, si le consentement n'a été donné que par erreur, ou s'il a été extorqué
par violence ou surpris par dol ». S’il est bien vrai que les vices du consentement sont rares
en matière de société, seul le dol est plus fréquent. L’associé qui par complaisance a accepté
de faire partie de la société ne saurait par la suite se soustraire à ses engagements.
2/ LA CAPACITE
Pour faire partie d’une société, il faut au préalable avoir la capacité juridique. Cette
dernière est l’aptitude reconnue à une personne par la loi à accomplir les actes juridiques. On
l’acquiert avec la majorité civile. Au Cameroun, elle est fixée à 21ans révolu (l’art. 488 du
Code civil). Toute personne physique ou morale peut être associée dans une société
commerciale lorsqu'elle ne fait l'objet d'aucune interdiction, incapacité ou incompatibilité
visée notamment par l'Acte uniforme portant sur le Droit Commercial Général.
- Le mineur : il n’y a pas trop de difficultés pour les mineurs associés ou actionnaires
d’une Société par Action. En effet, les actionnaires d’une S.A. n’ont pas la qualité de
commerçant et ne sont responsables qu’à concurrence de leur apport. Dans un tel cas, le
représentant du mineur va assister aux Assemblées générales. Pour ce qui est des Sociétés à
responsabilité limitée (S.A.R.L.), grâce à l’unanimité actuelle de la doctrine commerciale, le
mineur peut être associé d’une S.A.R.L. et même être associé unique d’une SARL
unipersonnelle. Et enfin, après la lecture de l’article 8 de l’AUSC, il ressort que le mineur ne
peut faire partie de sociétés de personnes ni être commandité dans une Société en
Commandite Simple, mais il peut être commanditaire.
- Les époux : L’AUS en son article 9 rappel que : « Deux époux ne peuvent être
associés d'une société dans laquelle ils seraient tenus des dettes sociales indéfiniment ou
solidairement ».
- Les étrangers : Au Cameroun, conformément à la loi du 10 août 1990 sur l’activité
commerciale, les étrangers peuvent être membres d’une société de droit camerounais, à
condition d’être en règle avec les conditions de séjour et d’exercer une activité sur le
territoire. Cependant, s’il s’agit d’une société dont le capital est détenu à plus de 50% par les
étrangers, ceux-ci doivent obtenir au préalable un agrément de l’autorité administrative, sauf
s’ils sont ressortissants de pays ayant conclu avec le Cameroun une convention d’assimilation.
3/ L’OBJET
L’objet de la société c’est l’ensemble des opérations en vue desquelles la société a été
créée. C’est le but de la société, le programme de la société, l’activité qui est déterminée et
décrite dans le statut de la société. Il doit être possible et licite (art. 20 AUS).
4/ LA CAUSE
C’est le motif qui a conduit les parties à constituer une société donc c’est la raison
d’être de la société. Elle consiste en la réalisation de l’objet social. Comme l’objet, elle doit
également être licite.
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B/ LES CONDITIONS SPECIFIQUES AUX SOCIETES COMMERCIALES
Pour avoir la qualité d’associé, il faudra au préalable qu’il ait eu affectation des biens
à une activité, participation aux résultats et l’affectio societatis.
1/ LA MISE EN COMMUN DES APPORTS
L’apport désigne l’opération par laquelle un associé exécute son obligation principale
envers ses associés et la société en création elle-même en mettant à la disposition de celle-ci
ce qu’il a promis. Les apports constituent la basse financière de la société. Ils sont destinés à
former le capital social. L’obligation d’apport est une obligation légale qui résulte de l’art. 37
de l’AUS. Lorsqu’un associé s’exécute de ce qu’il a promis à la société, il acquiert
automatiquement en contrepartie un droit qualifié « action » ou « part sociale » voir art. 38
AUS.
a/ La typologie des apports
L’article art. 40 de l’AUS ressort trois catégories d’apports à savoir :
- Les apports en numéraire : il s’agit d’une remise d’espèces par le rapporteur aux
représentants légaux de la société qui vont les déposer entre les mains d’un dépositaire agrée :
banque ou notaire.
- Les apports en nature : ils sont réalisés par le transfert des droits réels ou personnels à
la société en création. Il peut s’agir des biens meubles mobiliers ou immobiliers, corporels ou
incorporels. Ils peuvent se réaliser soit en pleine propriété soit juste en jouissance.
- Les apports en industrie : ils désignent le travail des associés dans la société. Il s’agit
de la mise à la disposition de la société des connaissances techniques ou professionnelles ou
des services de l’associé au service de l’activité de la société. NB : l’apporteur en industrie
n’est pas un salarié de la société.
b/ Le capital social
Les apports contribuent à former le capital social mais, il n’y a pas de coïncidence entre
apports et capital social ; les apports en industrie ne concourent pas à la formation du capital
social. Le capital social est donc la valeur d’origine des apports en numéraire et en nature (il
doit être indiqué dans les statuts (art 61 AUS).
La notion de capital social revêt deux aspects : un aspect comptable car il est une valeur
inscrite au passif du bilan. C'est la dette de la société envers les apporteurs d’une part et un
aspect juridique puisqu’il se caractérise par sa fixité et son intangibilité d’autre part. Il est le
gage des créanciers (pour les SA et les SARL) d’où l’interdiction faite aux associés
d’effectuer à leur profit des prélèvements sur le capital social. Le capital social est en principe
fixe, mais il peut être augmenté ou réduit.
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2/ PARTICIPATION AUX RESULTATS
Le but de toute société c’est la recherche de bénéfices ou d’économies en contrepartie
d’un certain risque. En effet, l’AUS dispose en son art. 4 : « La société commerciale est
créée… dans le but de partager le bénéfice ou de profiter de l'économie qui pourra en résulter.
Les associés s'engagent à contribuer aux pertes dans les conditions prévues par le présent Acte
uniforme. La société commerciale doit être créée dans l'intérêt commun des associés ». Ce
partage doit se faire équitablement c’est-à-dire en principe proportionnellement aux apports.
Mais les associés peuvent valablement prévoir par des clauses statutaires une répartition non
proportionnelle.
3/ L’AFFECTIO SOCIETATIS
Il s'agit de l'élément intentionnel dans la société. C’est la volonté de former une société
et d’en accepter les aléas communs. C’est le désir de collaboration active et volontaire,
intéressé et égalitaire. Une société ne saurait exister sans affectio societatis. Il ne doit pas se
confondre avec le consentement qui est la volonté de contracter au moment de la constitution
de la société hors l'affectio societatis existe quant à lui, aussi bien au moment de la
constitution de la société que dans le cours de sa vie. Donc l’affectio societatis se caractérise
par la volonté de la collaboration, la participation à la gestion, la convergence des intérêts ;
l’absence du lien de subordination.
PARAGRAPHE II : LES CONDITONS DE FORME : LES FORMALITES DE
CONSTITUTION
La constitution d'une société commerciale n'exige pas d'autorisation administrative
sauf si l'activité exercée est soumise elle-même à une telle formalité. La constitution des
sociétés commerciales est soumise à un certain nombre de conditions relatives à la forme du
contrat de société. Il s'agit de l'établissement de l'acte de société (A) et la publicité (B).
A/ L’ETABLISSEMENT D’UN ACTE DE SOCIETE
Nous examinerons de manière distincte les formes des statuts avant de s’appesantir sur
le contenu des statuts.
1/ Forme des statuts
A la lecture des art. 10 et 11 AUS, il ressort que le statut d’une société peut revêtir soit
une forme notariée (c’était la seule forme exigée auparavant) soit une forme sous seing privé
(dans ce cas il doit être dressé en plusieurs exemplaires originaux) à condition d’être ainsi
enregistré auprès d’un notaire.
Les statuts doivent être signés par les associés quel que soit la forme adoptée. Ceux-ci
peuvent le faire personnellement ou par l'intermédiaire d'un mandataire muni de procuration
spéciale. La société naît au jour de la signature du pacte social. L’acte constitutif de la société
doit être établi par écrit.
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L’art. 11 nouveau introduit un certain durcissement par la SARL. La remise d’un
exemplaire des statuts aux associés n’est obligatoire que dans les SNC, les SARL et les SCS.
Pour ce qui est des autres sociétés, il faut au préalable une demande de l’associé soit au
moment de la signature des statuts soit lors de l’Assemblée Générale Constitutive. Toutefois
une copie des statuts doit être mise à la disposition des associés par la société au siège social.
2/ Contenu des statuts
L’art.13 de l’AUS précise le contenu et les mentions obligatoires qui doivent figurer
dans les statuts de toute société commerciale. Ils doivent obligatoirement mentionner : la
forme de la société, sa dénomination suivie le cas échéant de son sigle, la nature et le domaine
de son activité qui forment son objet social, son siège social, sa durée… En plus, les statuts
peuvent au gré des associés contenir toutes les dispositions utiles à la marche, à l'organisation
et à la fin de la société. Ces mentions sont en tout état de cause valides à condition de ne pas
violer les règles d'ordre public.
B/ LES FORMALITES DE PUBLICITE
La publicité permet aux tiers qui entre en relation d’affaires avec la société, de
connaitre ses structures. Les formalités de publicité sont effectuées à la diligence et sous la
responsabilité des représentants légaux des sociétés. S’agit de :
- L’immatriculation : Elle est faite au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM)
dans le mois de leur constitution auprès du greffe de la juridiction dans le ressort de laquelle
est situé leur siège social. Mais l’activité de la société peut commencer avant son
immatriculation ;
- La publicité par dépôt d’actes ou de pièces (elle est faite au greffe du tribunal en annexe
du RCCM, dans les conditions prévues par la règlementation relative audit registre). Il est tout
à fait possible de faire le dépôt par voie électronique (art. 256). Les greffiers et les autorités
compétentes n’exigent le dépôt d’actes enregistrés auprès des autorités fiscales que lorsque
l’enregistrement est obligatoire en application de la loi fiscale de l’Etat partie.
- L’insertion d’un avis de constitution de la société dans un journal habilité à recevoir les
annonces légales. Elle se fait dans l’Etat partie du siège social et dans un délai de 15 jours
suivant l’immatriculation. Une publicité est également exigée lors de leur modification.
SECTION II : LA PREVENTION ET LES SANCTIONS DES IRREGULARITES DE
CONSTITUTION
Logiquement la sanction d’une irrégularité au moment de la constitution d’un contrat
de société est la nullité. Mais, la société n’est pas un contrat comme les autres et elle regorge
plusieurs intérêts considérables. Si l’on admet l’application stricte de la nullité, cela poserait
d’énormes difficultés. Il serait tout à fait juste de prévenir certaines irrégularités de
constitution (paragraphe 1) avant toute sanction de nullité (paragraphe 2).
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PARAGRAPHE I : LA PREVENTION DES SANCTIONS DES IRREGULARITES DE
CONSTITUTION
Les mesures préventives ne sont possibles que dans certaines hypothèses (A) et
pendant un délai bien déterminé (B).
A/ LES CIRCONSTANCES DE LA PREVENTION
En principe, toutes les fois que l’annulation n’a pas encore été prononcée par le juge,
une opportunité de régularisation reste possible. Sauf cas exceptionnel d’illicéité de l’objet
social qui est formellement rejeté par la loi. Les irrégularités des conditions de fonds
(incapacité ou vices de consentement), les inobservations des formalités de constitution sont
effectivement les cas d’ouverture de la régularisation des irrégularités au moment de la
formation des sociétés commerciales. L’art. 75 AUS précise que : « Si les statuts ne
contiennent pas toutes les énonciations exigées par le présent Acte uniforme ou si une
formalité prescrite par celui-ci pour la constitution de la société a été omise ou irrégulièrement
accomplie, tout intéressé peut demander à la juridiction compétente, dans le ressort de
laquelle est situé le siège social, que soit ordonnée, sous astreinte, la régularisation de la
constitution. Le ministère public peut également agir aux mêmes fins ».
B/ DELAIS
Conforment aux dispositions de l’article 77 de l’AUS : « l'action aux fins de
régularisation se prescrit par trois (03) ans à compter de l'immatriculation de la société ou de
la publication de l'acte modifiant les statuts ».
PARAGRAPHE II : LES SANCTIONS DES IRREGULARITES DE CONSTITUTION
La sanction d’une irrégularité pendant la formation du contrat est la nullité. Mais ce
système de nullité des sociétés commerciales est très compliqué d’où la nécessité d’examiner
cette nullité (A) à travers des cas et son régime avant de s’attarder sur les responsabilités
encourues à l’occasion de la constitution des sociétés commerciales (B).
A/ NULLITE
Lorsque l’un des éléments constitutifs de la société fait défaut, la société est
théoriquement nulle.
1/ Les cas de nullités
L’article 242 de l’Acte uniforme affirme que la nullité d’une société doit résulter d’une
disposition expresse de l’Acte, ou des textes régissant la nullité des contrats en général, ou
alors du contrat de société en particulier. En bref pas de nullité sans texte.
Cette nullité peut avoir plusieurs causes :
- Les causes de nullités relevant du droit des contrats : les vices du consentement ;
- L’incapacité ;
- L’illicéité de l’objet social, immoral ou frauduleux…
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- Les causes de nullités relevant de l’AUS : il y a quelques rares causes de nullité pour
inobservation des conditions de fond et une cause des conditions de forme. Il a été précisé par
l’AUS art. 245 que dans les SCS et les SNC, l’accomplissement des formalités de publicité est
requis à peine de nullité (or les nullités de forme sont supprimées pour toutes les sociétés). Le
tribunal a la faculté de ne pas prononcer la nullité si aucune fraude n’est constatée. Ces
formalités doivent être effectuées à la diligence et sous la responsabilité des représentants
légaux des sociétés.
2/ Le régime juridique de la nullité
La nullité peut être régularisée et les personnes aptes à la solliciter sont limitées. En la
matière, la prescription est courte trois (03) ans ou six (06) mois en cas de fusion ou scission.
Une fois prononcée, elle produit les effets suivants : la régularisation de la situation (c’est la
possibilité accordée à toute personne ayant intérêt, à mettre en demeure l’associé incapable ou
dont le consentement a été omis ou vicié, de le régulariser) ; les personnes admises à se
prévaloir de la nullité : (toute personne intéressée peut demander l’annulation de la société) ;
le délai de la prescription de l’action en nullité : (les actions en nullité des actes, décisions
ou délibérations de la société, se prescrivent par trois ans à compter du jour où la nullité est
encourue sauf si la nullité est fondée sur l'illicéité de l'objet social et sous réserve de la
forclusion prévue à l'article 248 du présent Acte uniforme) ; les effets de la nullité (elle met
fin sans rétroactivité à l’exécution du contrat et la dissolution de la société et pour ce qui
concerne les sociétés pluripersonnelles à leur liquidation s’en suit).
B/ RESPONSABILITES
Les fondateurs de la société peuvent voir leur responsabilité engagée. Il peut s’agir
aussi bien de la responsabilité civile que pénale.
1/ La responsabilité civile
Il est prévu à l’article 78 que « Les fondateurs, ainsi que les premiers membres des
organes de gestion, de direction ou d’administration, sont solidairement responsables du
préjudice causé soit par le défaut d’une mention obligatoire dans les statuts, soit par
l’omission ou l’accomplissement irrégulier d’une formalité prescrite pour la constitution de
la société ».
2/ La responsabilité pénale
Il ressort de la lecture de l’art. 886 et suivant de l’AUS que les infractions relatives à la
constitution des sociétés sont pénalement sanctionnées. Peuvent donc encourir une sanction
pénale :
- Les dirigeants des SA seules sociétés autorisées à émettre des actions ;
- L’article 887 vise expressément : « 1°) ceux qui, sciemment, par l'établissement de la
déclaration notariée de souscription et de versement ou du certificat du dépositaire, auront
affirmé sincères et véritables des souscriptions qu'ils savaient fictives ou auront déclaré
que
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les fonds qui n'ont pas été mis définitivement à la disposition de la société ont été
effectivement versés ; 2°) ceux qui auront remis au notaire ou au dépositaire, une liste des
actionnaires ou des bulletins de souscription et de versement mentionnant des souscriptions
fictives ou des versements de fonds qui n'ont pas été mis définitivement à la disposition de la
société ; 3°) ceux qui sciemment, par simulation de souscription ou de versement ou par
publication de souscription ou de versement qui n'existent pas ou de tous autres faits faux,
auront obtenu ou tenté d'obtenir des souscriptions ou des versements ; 4°) ceux qui,
sciemment, pour provoquer des souscriptions ou des versements auront publié les noms de
personnes désignées contrairement à la vérité comme étant ou devant être attachées à
la société à un titre quelconque ; ceux qui, frauduleusement, auront fait attribuer à un apport
en nature, une évaluation supérieure à sa valeur réelle ».
CHAPITRE II : LA PERSONNALITE JURIDIQUE DE LA SOCIETE
Une fois constituée, la société commerciale acquiert la personnalité juridique
(l'aptitude à être sujet actif et passif de droits). L’existence de cette personnalité juridique
produit certains effets.
SECTION I : L’EXISTENCE DE LA PERSONNALITE JURIDIQUE
Une fois les conditions de constitution (fond et formes) de la société exigées par la loi
sont respectées, la société acquiert la personnalité juridique (paragraphe I) mais il est des cas
où cette personnalité est absente (paragraphe II).
PARAGRAPHE I : L’ACQUISITION DE LA PERSONNALITE JURIDIQUE
La personnalité juridique s’acquiert par l’immatriculation de la société (A) et une fois
acquise elle continue tout au long de la vie de la société (B).
A/ LE REGIME DE L’IMMATRICULATION DE LA SOCIETE COMMERCIALE
Il ressort de la lecture de l’art. 97 de l’AUS qu’à l'exception de la société en
participation, l’immatriculation de la société est obligatoire et se fait dans le mois de sa
constitution auprès de la RCCM de la juridiction dans le ressort de laquelle est situé son siège
social. Le représentant de la société peut la solliciter à travers la formulation d’une demande
jointe des pièces justificatives de la société. Pour ce qui est des succursales, elle n'a pas de
personnalité juridique autonome, distincte de celle de la société ou de la personne physique
propriétaire. Le bureau de représentation ou de liaison consacré par le nouvel acte uniforme
n’a pas également de personnalité juridique distincte de celle de la société qui l’a créée (voir
l’art.120-2 nouveau).
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La jouissance de ladite personnalité ne court qu’à compter de son immatriculation au
registre du commerce et du crédit mobilier, à moins que le présent Acte uniforme en dispose
autrement (art. 98). Aucune société ne peut s’immatriculer dans plusieurs registres ou dans un
même registre sur plusieurs numéros. Toutefois, en cas de transfert du siège social dans le
territoire d’une autre juridiction, le représentant de la société doit demander la radiation de la
première immatriculation afin de solliciter une nouvelle au RCCM de la juridiction de
transfert.
B/ LA CONTINUITE DE LA PERSONNALITE JURIDIQUE (DUREE)
Comme tout contrat, la société peut durant son existence subir certains changements
(objet social, dirigeant, capital, de forme sociale…). Est-ce que ces changements,
transformations ou modifications doivent impacter sur sa personnalité juridique ? La réponse
est relative :
- « La transformation régulière d'une société en une société d'une autre forme n'entraîne pas la
création d'une personne juridique nouvelle. Il en est de même de la prorogation ou de toute
autre modification statutaire » art. 99 AUS ;
- « Lorsque la société, à la suite de sa transformation, n'a plus l'une des formes sociales
prévues par le présent Acte uniforme, elle perd la personnalité juridique si elle exerce une
activité commerciale » art. 188 AUS ;
- En cas de fusion, la nouvelle société acquiert la personnalité juridique après
immatriculation et pour la scission, il y a disparition de la personnalité juridique et enfin le
changement de l’objet social n’implique pas automatiquement la disparition de la personnalité
juridique.
PARAGRAPHE II : L’ABSENCE DE LA PERSONNALITE MORALE
L’absence de la personnalité morale est plus récurrente dans les sociétés en formation,
les sociétés constituées non encore immatriculées, les sociétés en participations, les sociétés
de fait.
A/ LES SOCIETES EN FORMATION ET LES SOCIETES CONSTITUES NON
ENCORE IMMATRICULEES
Les sociétés qui sont en formation n’ont pas de personnalité juridique.
En droit OHADA, la jouissance de la personnalité morale est attachée à l’inscription
au registre du commerce et du crédit mobilier pour les sociétés. Ainsi les sociétés non
immatriculées n’ont pas de personnalité juridique.
B/ LES SOCIETES EN PARTICIPATIONS ET LES SOCIETES DE FAIT
Il ressort clairement de l’art. 854 AUSC que « La société en participation est celle
dans laquelle les associés conviennent qu'elle ne sera pas immatriculée au registre du
commerce et
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du crédit mobilier et qu'elle n'aura pas la personnalité morale. Elle n'est pas soumise à
publicité ».
La reconnaissance de la qualité de la personnalité morale est tributaire de
considérations politiques et juridiques. Certains ordres collectifs tels que les sociétés de fait ne
sont pas reconnus comme personnes morales alors qu’ils sont stables.
SECTION II : LES EFFETS DE LA PERSONNALITE JURIDIQUE
La personnalité juridique une fois acquise, permet à la société de s’individualiser
(paragraphe I) et de s’affirmer à travers sa capacité (paragraphe II).
PARAGRAPHE I : L’INDIVIDUALISATION DE LA SOCIETE
L’individualisation de la société est caractérisée par son nom, son domicile et son
patrimoine.
A/ LA DENOMINATION SOCIALE
Comme toute personne physique, la société quel que soit sa forme doit s’identifier à
travers un nom qui lui est propre. Ledit nom doit figurer dans ses statuts et sur tous les actes
ou documents qui émaneraient de cette société. Le défaut de ces mentions est sanctionné
pénalement par l’art. 891-1 nouveaux de l’AUSC. Ce nom est qualifié de dénomination
sociale par l’AUSC. Cette dernière doit être distinctive et licite. Le choix de la dénomination
ne doit pas porter atteinte aux droits des tiers. Elle est librement choisie par les associés.
B/ LE SIEGE SOCIAL
Toute société doit être localisée dans un lieu appelé siège social, qui doit être
mentionné dans les statuts. Il doit également être distinct de celui des associés. Ce siège social
est le lieu où se trouve la direction effective de la société. Il doit être réel et non fictif.
C/ LE PATRIMOINE SOCIAL
Le patrimoine est la conséquence inéluctable de la personnalité juridique : « pas de
personne sans patrimoine ». Le patrimoine de la société est distinct de celui de ses membres
etceci est valable même pour les sociétés unipersonnelles.
Tous les biens apportés par des associés ou actionnaires sont exclus de leurs
propriétaires. Ces biens appartiennent désormais à la société et quitte à elle de leur accorder
des droits, des parts… dans ladite société. Le patrimoine peut être composé des biens meubles
ou immeubles une fois leur affectation effective.
PARAGRAPHE II : LA CAPACITE DE LA SOCIETE
La capacité de la société c’est son aptitude à accomplir des actes juridiques et d’en
assumer les conséquences y relatives. Il peut s’agir d’une capacité de jouissance ou
d’exercice.
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A/ L’ACTIVITE DE LA SOCIETE
Dans le but de réaliser son objet social, la société peut à travers ses représentants
légaux accomplir tous les actes de la vie juridique : les actes administratifs, les actes de
disposition, passer les contrats, ester en justice, recevoir les donations et legs. Toutefois,
l’intérêt social ne doit pas se confondre avec l’intérêt des associés.
B/ LA RESPONSABILITE DE LA SOCIETE
Il est tout à fait normal que la société réponde des conséquences de ses actes. La
société ne peut être pénalement responsable (les dirigeants sociaux fautifs peuvent encourir
une sanction pénale en cas d’infraction). Sa responsabilité est essentiellement civile. Cette
dernière peut être contractuelle ou délictuelle. Pour sa mise en mouvement, les intéressés
peuvent solliciter soit une action individuelle soit l’action sociale.
TITRE II : LA VIE DE LA SOCIETE COMMERCIALE
Dès que la société acquiert la personnalité juridique à travers son immatriculation, elle
fonctionne (chapitre I). Par la suite, elle peut connaître plusieurs évènements au cours de son
évolution (chapitre II).
CHAPITRE I : LE FONCTIONNEMENT DE LA SOCIETE
COMMERCIALE
Dans le cadre du fonctionnement de la société commerciale, nous examinerons
successivement les règles de fonctionnement (section I) et les sanctions encourues en cas de
non-respect de ces règles (section II).
SECTION I : LES REGLES RELATIVES AUX ORGANES ET POUVOIRS DE
FONCTIONNENT DES SOCIETES COMMERCIALES
La société en fonction fait appel à trois types d’organes : organe de décision, organe
de gestion et organe de contrôle.
PARAGRAPHE I : LA DIVERSITE DES ORGANES SOCIAUX
Le fonctionnement d’une société implique l’intervention d’un organe de gestion et
d’un organe de délibération et de contrôle.
A/ LES ORGANES DE GESTIONS
Après avoir déterminés les modalités de leur désignation, nous envisagerons le régime
de leur cessation de fonction.
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1/ LA DETERMINATION ET DESIGNATION DES ORGANES DE GESTION
Les organes de gestion sont divers et leur composition peut varier d'une société à une
autre. Les gérants de la société sont désignés par les associés selon ce qui a été prévu par le
statut. Il s’agit pour :
- Les sociétés de personnes et des SARL, d’un ou de plusieurs gérants, associés ou non,
personnes morales ou physiques (art. 323 pour les SARL) ;
- Les SCS, la gestion se fait par l’intermédiaire d’un ou plusieurs gérants associés
commandités.
- La SA avec conseil d’administration, la gestion se fait soit par un Président directeur
général (PDG personne physique nommé par le CA parmi ses membres) soit par un Président
du conseil d’administration (PCA) et d’un DG (ils peuvent être choisi en dehors des membres
du CA). Pour la SA avec administrateur général si la société a un nombre d’actionnaires égal
ou supérieur à trois, elle est dirigée par un administrateur général désigné dans le statut ou par
l’AG. La durée de son mandat est de six (06) ans au plus.
- Les SAS, son organisation et son fonctionnement peuvent être régis par les associés dans le
statut. Mais elles sont représentées à l’égard des tiers par un président désigné par les
conditions prévues par le statut. L’art. 853 al. 3 précise que les règles applicables aux SA sont
aussi applicables aux SAS.
2/ LE REGIME DE CESSATION DES FONCTIONS DES DIRIGEANTS SOCIAUX
Les dirigeants sociaux peuvent mettre un terme à leur fonction soit par l’entremise
d’une lettre de démission de façon volontaire soit involontairement par sa révocation.
L’admission de la démission est appliquée de manière générale, c’est-à-dire dans
toutes les formes de société. Les art. 327 et 429 permettent expressément et respectivement
cette hypothèse pour les SARL et les SA. S’agissant des SAS, on peut dire que ses organes de
gestion ne peuvent démissionner au même titre que ceux de la SA. Toutefois, leur
responsabilité peut être engagée en cas de démission sans juste motif ou de la démission
abusive.
La révocation quant à elle peut être soit une révocation contrôlée ou pour juste motif
(le juge a la possibilité de vérifier les motifs de la révocation décidée par les organes
compétents), soit une révocation discrétionnaire ou ad nutum (c’est le cas où les fonctions du
dirigeant peuvent cesser à tout moment sans préavis, sans motif ni indemnité) voir art. 469 cas
du PDG, art. 484 pour le PCA et art. 494 le DG.
B/ LES ORGANES DE DELIBERATION ET DE CONTROLE
Les organes de gestion n’ont pas un plein pouvoir sur la conduite de la société ainsi
que ses activités. D’autres pouvoirs sont attribués à des organes qui ne participent pas
forcément à la gestion quotidienne de la société. Il s’agit des organes de délibération et ceux
de contrôle.
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1/ LES ORGANES DE DELIBERATION
Ils sont constitués des assemblées des associés qui existent dans toutes les formes de
sociétés et du conseil d’administration qui n’est propre qu’à la SA.
L’assemblée des associés est l’organe suprême de la société. Tout associé peut y
participer, puisqu’il a le droit de participer et de voter les décisions collectives. L’A.A des SA
est convoquée par le CA ou l’administrateur général. Elle peut également être convoquée par
le commissaire aux comptes ou par un mandataire désigné par le président de la juridiction
compétente statuant à un bref délai ou même par le liquidateur.
La SA peut être administrée par un conseil d’administration constitué de trois
membres au moins et de douze au plus, actionnaire ou non. Les premiers administrateurs de la
SA doivent être désignés par le statut ou le cas échéant par l’administration générale
constitutive. Seuls les administrateurs désignés peuvent prendre part à l’AGO. Toutefois,
l’AGE peut procéder, en cas de fusion à la nomination des nouveaux administrateurs. Cette
nomination doit être en conformité avec les dispositions de l’art. 419 sous peine de nullité. La
durée du mandat des administrateurs est librement fixée par les statuts sans pour autant
excéder six (06) ans en cas de nomination en cours de vie sociale. En cas de désignation par
l’AG constitutive ou les statuts, elle est de deux (02) ans.
2/ LES ORGANES DE CONTROLE
Le contrôle peut se faire directement ou par le recourt à l’éditeur externe ou par les
commissaires aux comptes. Il se manifeste de plusieurs manières : à travers l’information ; par
l’approbation des comptes ; par la faculté de déclencher une procédure d’alerte ; par la
demande d’une expertise de gestion et par le contrôle de certaines conventions conclues entre
la société et les dirigeants. (art. 350 et suivants pour la SARL ; 438 et suivants pour la SA).
PARAGRAPHE II : LES POUVOIRS DES ORGANES SOCIAUX
Il est question pour nous d’étudier ici les pouvoirs de l’organe de direction ou d’action
et ceux de l’assemblée des associés.
A/ LE POUVOIR DES ORGANES DE DIRECTION ET D’ACTION
Les dirigeants sociaux, en tant que représentants légaux de la société, doivent agir dans
le strict respect de l’objet social et leur spécialisation.
1/ LE RESPECT DE L’OBJET SOCIAL
Les dirigeants sociaux doivent accomplir tous les actes nécessaires à la réalisation des
objectifs sociaux et préserver les intérêts de la société. Ils ne doivent pas accomplir les actes
étrangers à l’objet social. Dans le cas contraire l’art. 112 AUS relève que la sanction de la
violation de l’objet social n’est pas la nullité de l’acte ou son inopposabilité à la société. Mais
l’acte reste valable et opposable à la société, sauf si le tiers savait ou en devait savoir qu’il a
été pris en dehors de l’objet social.
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