I.
Introduction
Une transmission de puissance consiste à véhiculer de l'énergie d'une source primaire à un récepteur, en
changeant éventuellement sa "forme" (électrique, mécanique, hydraulique...) et ses caractéristiques
(couple, vitesse, intensité...).
Dans les transmissions hydrostatiques, l'énergie primaire est mécanique (produite par un moteur
électrique, thermique ...) et l'énergie fournie au récepteur est également mécanique. Cette énergie est
transportée sous la forme (débit x pression), ce qui explique la grande facilité de contrôle et de
régulation que l'on a dans ces transmissions (voir figure 1).
Fig 1
REMARQUE
Il va de soi que chaque transformation provoque une perte énergétique qui diminue le rendement global
de la transmission de puissance.
2. Les principes de base de l’hydraulique
Les principes de base de l’hydraulique sont :
• Les liquides n’ont pas de forme qui leur est propre ; voir figure 2
• Les liquides sont pratiquement incompressibles ;
• Les liquides transmettent la pression qui leur est appliquée dans toutes les directions;
• Les liquides augmentent considérablement la force de travail, voir figure 3.
Fig 2
Fig 3
Exemple
Prenons l’exemple d’un cric-bouteille. Le piston plongeur de pompe a une aire de 7,07 cm2 et le grand
piston de levage a une aire de 314 cm2. Le poids du véhicule sur le grand piston est de 1 800 kg.
On a donc 1 800 / 314 = 40,5 (kilos)
2.1 Les fluides
Les fluides sont classés en deux groupes :
Les liquides : Très peu compressibles ce qui explique leur utilisation en hydraulique pour des
pressions élevées.
Les gaz : Très compressibles donc ce sont des mauvais transporteurs d’énergie
2.2 Hydrostatique
C’est l’étude des fluides au repos, on s’intéresse à la Pression P à l’intérieur d’un volume du fluide.
L’unité de la pression est le pascal (1 Pa = 1 N/m 2). L’unité pratique est le bar (1bar = 105 Pa =
1daN/cm2). La pression est donnée par son intensité sans indication de
la direction car elle est toujours perpendiculaire à la surface
Les différentes pressions :
La pression atmosphérique : Pa = 1,033 bar.
La pression dans un liquide à une profondeur h: P = ρ.g.h.
La pression due à une force mécanique : P = F/S.
Pression absolue, pression relative :
Loi de L’hydrostatique
Soient deux points A et B distant d’une altitude H d’un fluide de masse volumique ρ. La différence de
pression ΔP entre ces deux points est donnée par
la loi de l’hydrostatique
Fig 4
Loi de Pascal
Un liquide est incompressible donc lorsqu’on exerce une pression P en un
point du circuit, celle-ci est transmise intégralement à l’autre bout du circuit.
Colonne barométrique :
Fig 5
Hydrodynamique
C’est l’étude des fluides en mouvement, on s’intéresse aux trois grandeurs suivantes :
La pression.
Le Débit.
La pression dynamique
Principe du déplacement d’un liquide
Les liquides étant pratiquement incompressibles, il suffit pour les déplacer, d’exercer sur eux une
poussée, exemple : pompe à piston, le volume du liquide déplacé est égal au volume engendré par le
déplacement du piston C'est-à-dire S.l, le débit volumique moyen de la pompe
(Qui est le volume déplacé par unité de temps) est donc :
Si V est la vitesse moyenne d’écoulement
Ecoulement d’un liquide dans une conduite
Un liquide étant incompressible, en régime permanent les quantités du liquide qui s’écoulent à travers
deux sections S1 et S2 par unité de temps sont égales ; si V1 et V2 désignent les vitesses du liquide dans
les deux sections S1 et S2, on aura donc l’égalité :
C’est l’équation de la continuité
Différents types d’écoulement
On distingue 3 types d’écoulement voir figure 6:
1. Ecoulement laminaire.
2. Ecoulement turbulent lisse.
3. Ecoulement turbulent rugueux.
Fig 6
L’écoulement passe du laminaire en turbulent suivant la vitesse d’écoulement v, le diamètre de la
conduite d et la viscosité cinématique du liquide υ le nombre de Reynolds qui est sans dimension
indique le type d’écoulement :
Re < 2000 L’écoulement est laminaire.
Re > 3000 l’écoulement est turbulent
En pratique, pour conserver un écoulement laminaire dans les conduites, on admet les vitesses :
0,6 à 1,2 m/s à l’aspiration.
3 à 6 m/s au refoulement.
2 à 3 m/s dans les retours.
1 à 1,5 m/s dans les drains.
Relation de Bernoulli
La somme de l’énergie potentielle et de l’énergie cinétique du liquide reste constante le long de la
canalisation C’est le théorème de Bernoulli. Soient V1 et V2 les vitesses dans les deux sections S1 et S2,
P1 et P2 les pressions aux centres de gravité des deux sections, Z1 et Z2 l’altitude de ces deux points, ρ
la masse volumique du liquide. Pour une masse du liquide égale à l’unité, le théorème de Bernoulli se
traduit par l’égalité :
Cette quantité d’énergie s’appelle la Charge qui peut prendre trois formes :
1. Variation d’énergie en Joule/Kg :
2. Variation de pression en Pascal :
3. Variation de niveau en mètre :
Dans cette charge on distingue trois formes de la pression :
1. P : Pression statique qui est la pression communiquée par la pompe.
2. ρ.g.h : Pression due au poids de la colonne du liquide de hauteur h
3. Pression dynamique due à l’énergie cinétique du liquide.
Pertes de charges
En réalité par suite des frottements des filets du liquide entre eux et contre les parois intérieurs de la
conduite d’écoulement, des remous produits par les variations brusques de section ou de direction, etc. le
liquide ne conserve pas intégralement son énergie, une partie est dépensée pour vaincre les différents
frottements, et cette partie se dissipe en chaleur, il se produit donc une diminution de vitesse ou de
pression, donc d’énergie, cette perte est appelée « Perte de charge »
Ou J est la perte de charge
Pertes de charges dans les conduites
Dans une conduite de section constante, cette perte de charge est :
Proportionnelle à la longueur L de la conduite.
Inversement proportionnelle au diamètre d de la conduite
Approximativement proportionnelle au carré de la vitesse du fluide.
Augmente avec la viscosité du fluide.
Dépend de la nature et de l’état de la surface des parois internes de la conduite.
Cette perte de charge est calculée par l’expression :
Ou λ est un coefficient de la perte de charge qui dépend de la nature de l’écoulement et de l’état de
surface de la paroi interne de la conduite.
1. Pour Re< 2000,
2. Pour 2000 < Re <3000
3. Pour Re > 3000, λ dépend de la rugosité relative de la conduite seulement
REMARQUE
Pour diminuer cette perte de charge, on a intérêt à :
Limiter la vitesse du fluide
Adopter des conduites de grands diamètres
Utiliser des conduites à parois internes lisses
Pertes de charge locales (ou singulières)
Tout obstacle qui détermine une déformation ou une déviation de la veine liquide (coudes, raccords,
dérivations, etc.…) est une cause de perte de charge locale qui s’ajoute aux pertes de charge linéaires.
Cette perte de charge est d’autant plus grande que la déformation ou la déviation est plus grande. Cette
perte de charge est calculée par l’expression :
Ou k est un coefficient qui dépend de l’obstacle qui détermine la déformation ou la déviation de la veine
liquide et qui peut être :
Coude, Raccord, Dérivation, ……
Dans le cas d’un circuit qui présente n obstacles, la perte de charge singulière totale sera donc
REMARQUE
La perte de charge totale dans un circuit hydraulique sera donc la somme de la perte de
charge linéaire et de la perte de charge singulière.