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Induction structurelle et groupes en mathématiques

Le document est un devoir de mathématiques sur les ensembles et les applications, abordant des concepts tels que l'induction structurelle, les groupes, et les morphismes de groupes. Il contient des exercices sur la définition et la construction d'ensembles par induction, ainsi que des exemples de groupes et de leurs propriétés. Enfin, il traite des suites exactes dans le contexte des homomorphismes de groupes.

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Induction structurelle et groupes en mathématiques

Le document est un devoir de mathématiques sur les ensembles et les applications, abordant des concepts tels que l'induction structurelle, les groupes, et les morphismes de groupes. Il contient des exercices sur la définition et la construction d'ensembles par induction, ainsi que des exemples de groupes et de leurs propriétés. Enfin, il traite des suites exactes dans le contexte des homomorphismes de groupes.

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Lycée Louis-Le-Grand, Paris Pour le 03/10/2016

MPSI 4 – Mathématiques
A. Troesch

DM no 3 : Ensembles, applications

Exercice – (Définitions et démonstrations par induction structurelle)


Soit E un ensemble non vide. Soit m ∈ N∗ et pour tout i ∈ [[1, m]], ki ∈ N∗ , et fi : E ki −→ E. Soit F0 ⊂ E.
On rappelle que le sous-ensemble F de E défini par induction structurelle à partir de F0 et des fonctions f1 , . . . , fm
est le plus petit ensemble au sens de l’inclusion tel que F0 ⊂ F et stable par chacun des fi :

∀i ∈ [[1, m]], ∀(x1 , . . . , xki ) ∈ F ki , fi (x1 , . . . , xki ) ∈ F.

Autrement dit, pour tout autre ensemble H vérifiant ces propriétés, F ⊂ H.


1. Existence de F , et description par le haut
Soit M = {G ⊂ E | F0 ⊂ G et G stable par chacun des fi }.
(a) Montrer que M est non vide.
\
(b) Soit F = G. Montrer que F est stable par les fi , et que F0 ⊂ F .
G∈M
(c) Montrer que F est bien l’ensemble défini par induction structurelle à partir de F0 et des fi .
2. Description par le bas de F
Soit pour tout n ∈ N,
[
m
Fn+1 = Fn ∪ fi (Fnki ).
i=1

Ainsi, Fn+1 est obtenu en rajoutant à Fn l’ensemble des éléments pouvant s’obtenir des éléments de Fn en
appliquant l’une des fonctions fi .
(a) Justifier que pour tout n ∈ N, Fn est bien défini, et Fn ⊂ F .
[
(b) Montrer que F = Fn .
n∈N
Ainsi, F peut se construire « par le bas », en rajoutant petit à petit tous les éléments qu’on peut construire
avec les règles de construction données.
3. Principe d’induction structurelle
Soit P une propriété définie sur un sous-ensemble G de E tel que F ⊂ G. On suppose que :
• ∀x ∈ F0 , P(x)
• ∀i ∈ [[1, m]], ∀(x1 , . . . , xki ) ∈ F ki , P(x1 ) ∧ · · · ∧ P(xki ) =⇒ P(fi (x1 , . . . , xki )).
(a) En considérant V = {x ∈ F | P(x) est vraie}, montrer que P(x) est vraie pour tout x ∈ F .
(b) Retrouver ce résultat en utilisant la description par le bas de F .
4. Exemple : les formules de la logique propositionnelle
Soit V un ensemble fini (les variables propositionnelles P , Q, R...) et E l’ensemble de tous les mots (c’est-à-dire
juxtaposition de lettres) que l’on peut former avec les variables propositionnelles et les symboles (, ), ∧, ∨, ¬,
=⇒ et ⇐⇒. On définit les fonctions suivantes, à une ou deux variables dans E :

f1 (F ) = ¬F f2 (F, G) = (F ∨ G) f3 (F, G) = (F ∧ G) f4 (F, G) = (F =⇒ G) f5 (F, G) = (F ⇐⇒ G).

L’ensemble F des formules propositionnelles est l’ensemble défini par induction structurelle à partir de l’en-
semble de base V et des fonctions f1 , f2 , f3 , f4 et f5 .
(a) Montrer qu’une formule de F a toujours autant de parenthèses ouvrantes que de parenthèses fermantes.
(b) On appelle segment initial d’un mot m = m1 m2 . . . mk un mot m1 m2 . . . mi , i ∈ [[1, k]] (il s’agit donc du
début du mot m, contenant au moins une lettre). Un segment initial de m est dit propre s’il est différent de
m lui-même.
i. Montrer que si F est une formule commençant par une parenthèse ouvrante, et F ′ un segment ini-
tial propre de F , alors, si o(F ′ ) et f (F ′ ) désignent le nombre de parenthèses ouvrantes et fermantes
respectivement de F ′ , on a o(F ′ ) > f (F ′ ).
ii. En déduire que si F est une formule, un segment initial propre de F ne peut pas être une formule.
(c) (Théorème de lecture unique d’une formule)
Montrer que pour toute formule F , un et un seul des trois cas suivants se présente :

1
(i) F ∈ V
(ii) il existe une unique formule G telle que F = ¬G
(iii) il existe un unique connecteur logique γ et un unique couple (G, H) de formules telles que F = (GγH).

Problème – Groupes, lemme des cinq


Avertissement : Ce problème contient une question grossièrement fausse. À vous de la trouver.

Partie I – Groupes.
Soit G un ensemble, muni d’une loi (multiplication par exemple) (x, y) 7→ x · y. On dit que G est un groupe si :
1. la loi est associative : ∀x, y, z ∈ G, (x · y) · z = x · (y · z) ;
2. il existe dans G un élément e appelé « neutre », et noté tel que : ∀x ∈ G, e · x = x · e = x ;
3. pour tout élément x de G, il existe un élément x′ de G tel que x · x′ = x′ · x = 0. L’élément x′ est appelé inverse
de x et est noté x−1
On dit de plus que le groupe est commutatif (ou abélien) si la loi est commutative : ∀x, y ∈ G, x · y = y · x. Lorsque G
est un groupe abélien, on préfère souvent une notation additive à une notation multiplicative pour la loi. Par exemple,
l’associativité s’écrit alors (x + y) + z = x + (y + z). On appelle dans ce cas « opposé » l’inverse de x, et on le note
−x au lieu de x−1 .
On note souvent le neutre 1 (en notation multiplicative) ou 0 (en notation additive).
1. Exemples.
(a) Montrer que Z muni de l’addition usuelle est un groupe abélien. Même question pour R et pour C.
(b) Est-ce que N muni de l’addition usuelle est un groupe ?
(c) Montrer que {0} muni de l’addition définie par 0 + 0 = 0 est un groupe abélien. On note plus simplement 0
ce groupe.
(d) Montrer que {0, 1} est un groupe abélien lorsqu’on le munit de l’addition définie par :

0 + 0 = 0, 0+1=1+0=1 1 + 1 = 0.

Ce groupe est noté Z/2Z (lire : « Z sur 2 Z »).


.
(e) Plus généralement, on munit {0, 1, . . . , n − 1} de l’addition + (le point sert à la distinguer de l’addition
.
usuelle dans N) suivante : pour tout i et tout j de {0, . . . , n − 1}, i + j est défini comme étant le reste de la
. .
division euclidienne de i + j par n. Ainsi, i + j est le seul entier de {0, 1, . . . , n − 1} tel que i + j ≡ i + j
mod n.
Montrer qu’on définit ainsi un groupe abélien. Ce groupe est noté Z/nZ.
(f) R∗ muni de l’addition usuelle est-il un groupe ? R∗ muni de la multiplication habituelle est-il un groupe ?
Est-il abélien ? On note ce groupe (R∗ , ×).
(g) Mêmes questions avec le groupe multiplicatif (C∗ , ×).
(h) Soit E un ensemble. Montrer que E E l’ensemble des fonctions de E dans lui-même muni de la loi de
composition des fonctions est un groupe. Est-il abélien ?
2. Soit G et H deux groupes. On munit G × H de l’addition suivante :

∀(g, g ′ ) ∈ G2 , ∀(h, h′ ) ∈ H 2 , (g, h) · (g ′ , h′ ) = (g · g ′ , h · h′ ).

Montrer que l’on définit ainsi une structure de groupe sur G × H, et que ce groupe est abélien si G et H sont
abéliens.
3. Soit G un groupe, et soit H ⊂ G un sous-ensemble de G.
(a) Montrer que pour que H soit un groupe, il suffit que :
• H soit non vide,
• pour tout x et tout y de H, x · y soit encore un élément de H (stabilité de H par la loi de G).
• pour tout x de H, x−1 est encore dans H.
On dit que H est un sous-groupe de G.
(b) Montrer que Z est un sous-groupe de R.
(c) Soit n ∈ N∗ . On note nZ = {n·x, x ∈ Z} (l’ensemble des multiples de n). Montrer que nZ est un sous-groupe
de Z.
(d) On note S 1 = {z ∈ C | |z| = 1} l’ensemble des complexes de module 1. Montrer que S 1 est un sous-groupe
de (C∗ , ×).
(e) Soit G un groupe de neutre 1, et soit H un sous-groupe de G. Montrer que 1 ∈ H.

2
(f) Soit H et K deux sous-groupes d’un groupe G. Montrer que H ∩ K est un sous-groupe de G.
(g) H ∪ K est-il forcément un sous-groupe de G ?

Partie II – Morphismes de groupes


Soit G et H deux groupes, dont la loi est notée multiplicativement. On note 1G et 1H les neutres respectifs de G et
H. Un homomorphisme (ou morphisme de groupes) de G vers H est une application f : G −→ H telle que pour tout
(x, y) ∈ G2 , f (x · y) = f (x) · f (y).
Soit f : G −→ H un homomorphisme. On définit :
• le noyau de f : Ker(f ) = {x ∈ G | f (x) = 1H }
• l’image de f : Im(f ) = {y ∈ H | ∃x ∈ G, f (x) = y} = f (G).
Un homomorphisme bijectif est appelé isomorphisme.
1. Soit f : G −→ H un homomorphisme. Montrer que f (1G ) = 1H .
2. Montrer que Ker(f ) est un sous-groupe de G et que Im(f ) est un sous-groupe de H.
3. Exemples (attention, dans la plupart des exemples, les groupes sont additifs, et le neutre est 0 et non 1)
(a) Soit n ∈ N, et soit f : Z −→ Z défini par f (m) = n · m. Montrer que f est un homomorphisme, et déterminer
sont noyau et son image.
(b) Même question avec f : Z −→ Z/nZ, où f (m) est le reste de la division euclidienne de m par n, donc
l’unique entier k de {0, . . . , n − 1} tel que m ≡ k mod n.
(c) Même question avec f : (R, +) −→ (R∗ , ×) défini par f (x) = ex .
(d) Même question avec f : (R, +) −→ S 1 défini par f (x) = ei x .
4. Soit f : G −→ H un homomorphisme. Montrer que f est surjective si et seulement si Im(f ) = H et que f est
injective si et seulement si Ker(f ) = 1G .
5. Les homomorphismes de la question 3 sont-ils injectifs ? surjectifs ? Lesquels sont des isomorphismes ?
6. Soit G un groupe (additif), de neutre 0G . On considère le groupe 0 de la question I-1c.
(a) Montrer qu’il existe un unique homomorphisme de 0 vers G. Préciser son noyau et son image. Est-ce une
injection ? une surjection ? un isomorphisme ? On note 0 ce morphisme.
(b) Montrer qu’il existe un unique homomorphisme de G vers 0. Préciser son noyau et son image. Est-ce une
injection ? une surjection ? un isomorphisme ? On note également 0 ce morphisme.
7. Soit G, H et K trois groupes, et f : G → H et g : H → K deux homomorphismes. Montrer que g ◦ f est un
homomorphisme.

Partie III – Suites exactes


Soit G1 , . . . , Gn des groupes, et f1 : G1 → G2 , . . . , fn−1 : Gn−1 → Gn des homomorphismes :
f1 f2 fn−2 fn−1
G1 −→ G2 −→ · · · −→ Gn−1 −→ Gn .

1. Montrer que pour tout i ∈ [[1, n − 2]], fi+1 ◦ fi = 0 si et seulement si Im(fi ) ⊂ Ker(fi+1 ).
Si cette condition est vérifiée, on parle de suite de morphismes.
f1 fn−1
On dit que G1 −→ · · · −→ Gn est une suite exacte si et seulement si :

∀i ∈ [[1, n − 2]], Im(fi ) = Ker(fi+1 ).


f
2. (a) Quelle propriété sur f est traduite par le fait que 0 −→ G −→ H est une suite exacte ? (le premier morphisme
étant le morphisme nul 0).
f
(b) Quelle propriété sur f est traduite par le fait que G −→ H −→ 0 est une suite exacte ?
·n
3. Montrer que 0 −→ Z −→ Z −→ Z/nZ −→ 0 une suite exacte (le morphisme Z −→ Z/nZ étant celui défini en
·n
II-3b, et le morphisme Z −→ Z étant la multiplication par n).
f g
4. Même question avec 0 −→ Z/2Z −→ Z/4Z −→ Z/2Z −→ 0, où f est défini par f (0) = 0 et f (1) = 2, et g est
défini par g(0) = g(2) = 0 et g(1) = g(3) = 1 (vérifier d’abord que f et g sont des homomorphismes).
f g
5. Soit G et H deux groupes. Montrer que 0 −→ G −→ G × H −→ H −→ 0 est une suite exacte, où f est
l’injection sur le premier facteur, et g est la projection sur le second facteur.

3
Partie IV – Lemme des quatre, lemme des cinq.
On considère le carré suivant, où tous les ensembles sont des groupes additifs, et toutes les applications sont des
homomorphismes :
f
G1 G2

α β

H1 H2
g

On dit que ce carré est commutatif si g ◦ α = β ◦ f .


1. Lemme des cinq, version faible.
On considère le diagramme suivant de groupes et d’homomorphismes :
f g
0 A B C 0

α β γ

0 A′ B′ C′ 0
f′ g′
où les deux lignes sont des suites exactes, et les deux carrés sont commutatifs.
(a) Montrer que si α et γ sont injectives, alors β aussi.
Indication : considérer x ∈ B tel que β(x) = 0. En considérant γ ◦ g, montrer que g(x) = 0, puis qu’il existe
y ∈ A tel que f (y) = x. En considérant f ′ ◦ α, en conclure que x = 0. (Cette démarche s’appelle une « chasse
au diagramme » ; remarquez que c’est la recherche d’éléments s’envoyant sur 0 par les flèches horizontales
qui permet de remonter vers la gauche du diagramme)
(b) Montrer que si α et γ sont surjectives, alors β aussi.
Indication : soit y ∈ B ′ ; en considérant γ ◦ g trouver x ∈ B tel que y − β(x) ∈ Ker(g ′ ). En utilisant la
surjectivité de α, trouver x′ ∈ B tel que β(x′ ) = y − β(x). Conclure.
(c) Montrer que si α et γ sont des isomorphismes, alors β aussi.
2. Lemme des quatre.
On considère le diagramme suivant de groupes et morphismes de groupes :
f g h
A B C D

α β γ δ

A′ B′ C′ D′
′ ′ ′
f g h
dans lequel les deux lignes sont des suites exactes, et les trois carrés sont commutatifs. En s’inspirant des
méthodes de la question précédente, montrer les résultats suivants :
(a) Si β et δ sont injectives et α est surjective, alors γ est injective. (Indication : utiliser les 3 hypothèses)
(b) Si α et γ sont surjectives et δ est injective, alors β est surjective.
3. Lemme des cinq, version forte.
On considère maintenant le diagramme suivant de groupes et morphismes de groupes :
f g h k
A B C D E

α β γ δ ε

A′ B′ C′ D′ E′
′ ′ ′ ′
f g h k
dans lequel les deux lignes sont des suites exactes, et les quatre carrés sont commutatifs.
(a) Montrer à l’aide de la question 2 que si α, β, δ et ε sont des isomorphismes, il en est de même de γ.
(b) Donner des conditions suffisantes pour que γ soit injective ; pour que γ soit surjective.
(c) En déduire des conditions suffisantes moins fortes qu’en (a) pour que γ soit un isomorphisme.
(d) Retrouver la version faible du lemme des cinq à partir de cette version.

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