1.
La Préhistoire et les Premiers Peuples au Maroc
Introduction : Le Maroc, à l'instar de nombreuses régions du monde, a été un berceau pour
l'humanité dès la préhistoire. Les découvertes archéologiques témoignent d'une occupation
humaine très ancienne, jetant les bases des civilisations qui s'y sont développées par la suite.
Développement : La présence humaine sur le littoral atlantique est attestée dès 800 000 ans
av. J.-C., avec des outils préhistoriques trouvés à Casablanca, qui sont les plus anciens
d'Afrique du Nord. Vers 5000 av. J.-C., de nouvelles populations venues du Proche-Orient ont
cohabité et se sont mélangées avec les descendants des premiers habitants du Maroc. Durant
l'âge du Bronze, vers 1600 av. J.-C., des pasteurs berbères ont gravé sur les rochers du Haut
Atlas des représentations d'armes (poignards, hallebardes, haches, boucliers), illustrant les
activités de chasse et de pêche de l'époque. Le Maroc entre dans l'histoire écrite entre 800 et
600 av. J.-C., avec l'invention de l'écriture libyque par les Berbères dans l'Atlas. Des poteries
phéniciennes découvertes sur l'île d'Essaouira vers 500 av. J.-C. indiquent des influences
extérieures. Les Éthiopiens, appelés « ceux qui sont brûlés par le soleil », se sont également
installés au Maroc, vivant dans des habitats troglodytiques au nord et étant des cavaliers
nomades chasseurs au sud. Les Atlantes, un autre peuple, occupaient le cœur de l'Atlas et ont
donné leur nom à l'océan Atlantique.
Exemple à ajouter : Les sites archéologiques de la Grotte des Rhinocéros à Casablanca et la
Grotte de Dar es-Soltane près de Rabat sont des exemples concrets de ces premières
occupations humaines.
Conclusion : Cette période préhistorique et protohistorique est cruciale pour comprendre les
fondements du peuplement et des premières cultures au Maroc. Elle montre une diversité de
populations et d'activités, marquant les prémices d'une identité propre à cette région.
2. La Maurétanie et la Conquête Romaine
Introduction : L'entrée du Maroc dans l'Antiquité est marquée par l'émergence du royaume de
Maurétanie, une entité politique qui allait interagir avec les grandes puissances
méditerranéennes, notamment Rome, qui finit par l'annexer.
Développement : Au IVe siècle av. J.-C., les Grecs ont désigné les Libyens de l'ouest sous le
nom de « Maurousioi », appellation adoptée par les populations de l'actuel Maroc et de l'ouest
algérien, donnant progressivement son nom au territoire : la Maurétanie. Entre 25 av. J.-C. et
23 ap. J.-C., l'empereur Auguste installa Juba II à la tête du royaume de Maurétanie, avec
Volubilis comme capitale. Juba II, un roi érudit, a décrit le pays, ses écrits étant cités plus tard
par Pline l'Ancien. Il fonda des ateliers de production de pourpre sur l'île de Mogador
(Essaouira) et mena des expéditions maritimes jusqu'aux îles Canaries. En 42 ap. J.-C., la
Maurétanie Tingitane fut annexée par l'Empire romain. Les Romains ont alors structuré le
territoire avec un réseau de routes favorisant les échanges et le développement agricole. Des
villes comme Tingis (Tanger), Lixus, Volubilis et Banassa ont connu un essor notable sous leur
influence. L'influence romaine perdura jusqu'à l'arrivée des Vandales en 429 ap. J.-C.. Par la
suite, les Byzantins et les Wisigoths auraient brièvement occupé des zones côtières comme
Ceuta et Essaouira à partir de 533 ap. J.-C., bien que peu de vestiges en témoignent.
Exemple à ajouter : Les ruines de Volubilis sont un témoignage spectaculaire de la présence
romaine au Maroc, avec ses mosaïques, ses temples et son arc de triomphe.
Conclusion : La période de la Maurétanie et de la domination romaine a marqué une phase
d'intégration du Maroc antique dans le monde méditerranéen, apportant des infrastructures et
un développement urbain significatifs, même si l'influence romaine ne fut pas uniforme sur
l'ensemble du territoire.
3. Les Conquêtes Arabo-Musulmanes et les Premières Résistances
Introduction : L'arrivée des armées arabo-musulmanes en Afrique du Nord marqua un
tournant majeur dans l'histoire du Maroc, introduisant une nouvelle religion et une nouvelle
culture, mais se heurtant aussi à des résistances farouches des populations locales.
Développement : Initialement, le califat d'Omar Ibn Al Khattab était réticent à conquérir
l'Afrique du Nord, la considérant comme dangereuse et instable, peut-être par méconnaissance
géographique, culturelle et linguistique. Cependant, les successeurs du calife ont découvert
que, bien que la région ne soit pas difficile à conquérir, elle était complexe à dominer
durablement. À partir de 682, le chef arabe Oqba Ibnou Nafi’i, fondateur de Kairouan, lança une
expédition vers les côtes atlantiques. Face à cette invasion, les Berbères et les Byzantins se
sont soulevés, mais les forces musulmanes ont réussi à étendre leur domination, favorisant
l'islamisation des populations. Néanmoins, la maltraitance des Amazighs convertis à l'islam et
l'orgueil arabe ont provoqué plusieurs révoltes, notamment au Maghreb extrême (actuel Maroc).
Les résistances de Koussiala et d'Al Kahina illustrent l'intensité de ces soulèvements, les
habitants de l'Afrique du Nord acceptant l'amitié mais refusant la soumission. Malgré la
formation de royaumes aux convictions religieuses divergentes, comme le royaume kharidjite
de Sijilmassa ou celui de Berghouata, la domination musulmane se renforça peu à peu. En 740,
une révolte majeure éclata contre l'autorité omeyyade de Damas, et le Maroc échappa
progressivement à leur contrôle, se fragmentant en plusieurs royaumes et principautés.
Exemple à ajouter : La Kahena est une figure emblématique de la résistance berbère, une reine
guerrière qui a mené la lutte contre les armées arabes dans les Aurès.
Conclusion : Les conquêtes arabo-musulmanes ont profondément transformé le Maghreb,
mais elles ont également révélé la forte capacité de résistance des populations locales. Cette
période est marquée par une tension entre l'établissement d'une nouvelle religion et la volonté
d'indépendance des Amazighs, façonnant ainsi un contexte complexe pour les futures
dynasties marocaines.
4. Les Almoravides : L'Unification du Maroc
Introduction : La dynastie des Almoravides marque un jalon essentiel dans l'histoire du Maroc,
étant la première à réussir l'unification du pays et à étendre son influence au-delà de ses
frontières, posant les bases de l'État marocain.
Développement : Les Almoravides, issus des tribus Sanhadja du Sahara, ont été fondés par
Abdallah ben Yassine, un chef spirituel, et dirigés par Youssef Ben Tachfine, le chef militaire.
Leur objectif était de diffuser un islam orthodoxe et de corriger les pratiques religieuses qu'ils
considéraient comme hétérodoxes. Par le prêche et la guerre, ils ont rallié diverses régions du
Maroc, donnant naissance à la dynastie almoravide. Youssef Ben Tachfine prêta allégeance au
calife abbasside et se fit appeler "prince des musulmans". Il fonda la ville de Marrakech vers
1070, qu'il établit comme la capitale de son empire. Un aspect fondamental de l'islam au Maroc,
adopté par les Almoravides et prééminent jusqu'à aujourd'hui, est le choix du courant malékite
comme seule école juridique sunnite. Le malékisme, pragmatique et flexible, a profondément
influencé la pratique religieuse et la pensée juridique du royaume. Face aux rois andalous qui,
après avoir été secourus contre les Espagnols, reprenaient leurs mauvaises habitudes, Youssef
Ben Tachfine décida de conquérir l'Andalousie, étendant ainsi la civilisation andalouse au
Maghreb. Son fils, Ali Ben Youssef, lui succéda en 1106 et régna pendant 37 ans.
Exemple à ajouter : La Koutoubia à Marrakech, bien que modifiée par les Almohades, a été
initiée sous la période almoravide. Les remparts de Marrakech, en grande partie, datent de
cette époque.
Conclusion : Les Almoravides ont non seulement unifié le Maroc, mais ils ont aussi établi des
institutions religieuses et politiques durables, en faisant de Marrakech une capitale impériale et
en intégrant l'Andalousie à leur empire, marquant une période de grande puissance et
d'influence.
5. Les Almohades : Le Renouveau Religieux et Politique
Introduction : Succédant aux Almoravides, la dynastie almohade représente une autre période
majeure de l'histoire du Maroc, caractérisée par un fort mouvement religieux puritain et une
vaste expansion territoriale, unifiant un empire encore plus grand.
Développement : Le mouvement almohade fut initié par Ibn Toumart, un guide religieux, puis
dirigé par son successeur, Abdelmoumen, le premier calife de la dynastie. Ibn Toumart,
intelligent et ambitieux, visait à renverser les Almoravides, qui régnaient alors sur une grande
partie de l'Afrique du Nord, l'Andalousie et certaines zones subsahariennes. Ancien étudiant en
théologie (Taleb), il devint une figure religieuse influente, prêchant le Tawhid, l'unicité absolue
de Dieu, affirmant que Dieu et la Vérité ne font qu'un. Farouchement opposé aux mœurs de
Marrakech, il dénonçait la mixité sociale et alla jusqu'à condamner publiquement une princesse
almoravide jugée trop peu voilée. Grâce à ses prêches et sa stratégie, il réussit à rallier les
populations locales, notamment les Amazighs qui ne comprenaient pas l'arabe classique. Il les
persuada que les Almoravides étaient des hérétiques et que leur pouvoir devait être renversé
pour "rétablir la foi ébranlée sur sa base". Ibn Toumart mourut avant d'atteindre son objectif, qui
fut réalisé par son successeur, Abdel Mu'min. Ses disciples brisaient les instruments de
musique, cassaient les amphores de vin et s'en prenaient physiquement aux hommes et aux
femmes qui circulaient pêle-mêle dans la rue, usant de la faculté d'ordonner le bien et de
pourchasser le mal (ihtisāb).
Exemple à ajouter : La Giralda de Séville (ancienne mosquée almohade) et la Tour Hassan à
Rabat sont des exemples magnifiques de l'architecture almohade, témoignant de leur
puissance et de leur raffinement artistique.
Conclusion : Les Almohades ont non seulement succédé aux Almoravides mais ont aussi
imposé une réforme religieuse et une vision politique unificatrice sur un vaste empire. Leur
héritage se manifeste encore aujourd'hui à travers des monuments emblématiques et une
influence durable sur la culture et la religion au Maroc