UN MAÎTRE IMPRESSIONNANT
Sur un signe du maître, il avait rangé sa [Link] il ne bougeait pas,
absorbé dans l'examen du maître qu'il voyait maintenant de profil.
L'homme était vieux, maigre et émacie, tout desséché par ses
macérations. il ne riait jamais. Les seuls moments d'enthousiasme qu'on
pouvait lui voir étaient ceux pendant lesquels, plongé dans ses
méditations mystiques, ou écoutant réciter la parole de Dieu, il se
dressait tout tendu et semblait s'exhausser du sol, comme soulevé par
une force [Link] moments était nombreux par contre où, poussé
dans une colère frénétique par la paresse ou les brévus d'un disciple, il se
laissait aller à des violences d'une brutalité inouiie. Mais ces violences,
on l'avait remarqué, étaient fonction de l' intérêt qu'il portait au disciple
en faute. Plus il le tenait en estime, plus folles étaient ses colères. Alors,
verges, bûches enflammées, tout ce qui lui tombait sous la main servait
au châtiments. Samba Diallo se souvenait qu'un jour, pris d'une colère
démente, le maître l' avait précipité à terre et l' avait furieusement
piétiné, comme font certains fauves sur leur proie.
Le maître était un homme redoutable à beaucoup d’égards. Deux
occupations remplissaient sa vie : les travaux de l’esprit et les travaux
des [Link] consacrait aux travaux des champs le strict minimum de
son temps et ne demandait pas à la terre plus qu’il ne faut pour sa
nourriture, extrêmement frugale, et celle de sa famille, sans les disciples.
Le reste de son temps, il le consacrait à l’étude, à la méditation, à la
prière et à la formation des jeunes gens confiés à ses soins. Il s’acquittait