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Moteur Asynchrone Triphasé : Définition et Fonctionnement

Le moteur asynchrone triphasé, également appelé moteur à cage d'écureuil, fonctionne sur le principe d'un champ tournant produit par un enroulement statorique triphasé. Il est constitué d'un stator et d'un rotor, où le rotor est court-circuité et induit des courants qui s'opposent à la cause de leur création, entraînant un glissement entre la vitesse du rotor et celle du champ tournant. Ce moteur présente des caractéristiques spécifiques de couple et de courant de démarrage, avec un couple qui varie en fonction du glissement.

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Moteur Asynchrone Triphasé : Définition et Fonctionnement

Le moteur asynchrone triphasé, également appelé moteur à cage d'écureuil, fonctionne sur le principe d'un champ tournant produit par un enroulement statorique triphasé. Il est constitué d'un stator et d'un rotor, où le rotor est court-circuité et induit des courants qui s'opposent à la cause de leur création, entraînant un glissement entre la vitesse du rotor et celle du champ tournant. Ce moteur présente des caractéristiques spécifiques de couple et de courant de démarrage, avec un couple qui varie en fonction du glissement.

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[1]

Le rotor claveté sur l’arbre est fait d’un empilage des tôles en forme
LES MOTEURS ASYNCHRONE TRIPHASE des disques. Le cylindre plein formé et taillé d’encoche sur son
corps. Dans les encoches du rotor sont logés des bars en cuivre
1. MOTEUR ASYNCHRONE TRIPHASÉ court-circuité à leurs extrémités à l’aide des anneaux également en
A CAGE D’ÉCUREUIL cuivre.

1.1. DEFINITION On obtient ainsi un rotor en court-circuit.

Le circuit électrique du rotor apparait d’une manière isolé d’une


Un moteur asynchrone triphasé est un moteur à induction dont la
cage d’écureuil.
vitesse rotorique est légèrement différente de la vitesse du champ
tournant.
1.2. CONSTITUTION
Il est constitué d’un stator et d’un rotor.

Du point de vue électromagnétique, le stator est fait d’une


couronne des tôles en acier au silicium encocher de l’intérieur.
Cette anneau formé des tôles empilés est placer dans une carcasse
en fonte. Le nombre d’encoches du stator est différent de celui du rotor.
Dans les encoches du stator sont logé des bobines relatives aux En effet si le nombre d’encoches était le même, les conséquences
trois enroulements statorique. Sur la plaque à bornes, le stator sont :
présente 3 bornes d’entrée et trois bornes de sortie. Ceci permet de
coupler le moteur soit en étoile soit en triangle selon la tension du - Les vibrations du rotor ;
réseau. - Le point mort correspondant au valeur très faible du couple
moteur.
Pour ce faire, les encoches d’un moteur à cage sont inclinés d’un
certain angle par rapport à l’axe génératrice du cylindre rotorique.

1.3. FONCTIONNEMENT
Le moteur asynchrone triphasé fonctionne sur le principe du champ
tournant produit par un enroulement statorique triphasé comportant
un certain nombre de paires de pôles [𝐩].

Expérience
Prenons trois bobines et disposons-les comme indiqué à la page
suivante.
[2]

Elles sont décalées de 120° les unes par rapport aux autres.
Alimentons ces bobines par des courants triphasés. Ces courants
sont déphasés vectoriellement de 120°.
Le champ d’induction magnétique ainsi crée est un champ tournant.
Son intensité est 1,5 fois celle produite par une bobine. Sa vitesse
est égale à un tour par période ou 50 tr/s.
En effet, représentons les trois sinusoïdes (R, S, T).
L’induction de chaque bobine est dirigée selon son axe. Appelons
sens positif celui dirigé vers le centre.
On obtient pour chaque bobine un diagramme vectoriel (B, B, B). En
additionnant les trois vecteurs, on constate que la résultante est
bien un vecteur tournant.
Son intensité est constante et vaut 1,5 fois l’intensité
maximum de chaque composante. La résultante a fait un
tour complet en une période. 1.4. GLISSEMENT
Si on avait plusieurs paires de pôles, la vitesse du champ tournant Dans le rotor constitué d’une cage d’écureuil, le champ tournant
que nous appelons vitesse du synchronisme 𝑵𝑺 est donnée par la statorique induit des courants. D’après la loi de Lenz ces courants
relation. vont s’opposer, par leurs effets, à la cause qui leurs a donnée
𝟔𝟎𝒇 naissance.
𝑵𝑺 = 𝒑
(1)
L’effet de ces courants induits est de produire un champ tournant
rotorique à la même vitesse que le champ tournant statorique,
𝑁𝑠 : Vitesse du synchronisme (tr/min) ; la cause qui leurs a donnée naissance est la variation du champ
inducteur par rapport à l’induit.
𝑓 : Fréquence en Hertz ;
Le rotor va donc se mettre en mouvement pour tenter de rattraper et
𝑝 : Nombre de paires de pôles annuler ainsi la variation du champ tournant inducteur. Il ne peut
cependant pas rattraper complètement celui-ci car alors la cause de
la rotation du rotor aurait disparu.

Le rotor tournera donc à une vitesse inférieure à la vitesse de


synchronisme. Soit 𝑵 cette vitesse. On appel vitesse du
glissement 𝑵𝒈 et glissement 𝒈 .
[3]

𝑵𝑺 − 𝑵 Nous obtenons ainsi le schéma équivalent suivant (fig.1.).


𝒈=
𝑵𝑺

- A l’arrêt : 𝑵 = 𝟎 𝒆𝒕 𝒈 = 𝟏 ;
- A la vitesse du synchronisme : (Jamais atteinte)
𝑵 = 𝑵𝑺 𝒆𝒕 𝒈 = 𝟎

Le glissement est donc une grandeur qui varie entre 0 et 1.


1.5. SCHEMA EQUIVALENT DU MOTEUR ASYNCHRONE b. Le rotor en court-circuit
Comme pour le transformateur, le schéma équivalent se fera pour Le rotor entrainé par le champ tournant coupe les lignes de flux à la
une phase. C’est-à-dire que toutes les grandeurs qui interviennent
vitesse 𝑵𝑺 − 𝑵 = 𝒈𝑵𝑺, et la fréquence des courants rotorique devient
dans sa construction seront des grandeurs des phases.
:
a. Supposons le rotor ouvert
𝑭𝟐 = 𝒈𝑭𝟏
Le moteur asynchrone peut être considérer comme un
La f.é.m. rotorique dévient :
transformateur dont le secondaire est ouvert :
𝑬𝟐 = 𝑲𝒏𝟐𝒇𝟐𝜱 ou 𝑬𝟐 = 𝑲𝒏𝟐𝒈𝒇𝟏𝜱
La variation du flux Φ crée une force contre électromotrice 𝐸1 égale
et opposée à 𝑈1. 𝑬𝟏 = 𝑲𝒏𝟏𝒇𝟏𝜱 (Voir théorie du transformateur)

C’est-à-dire ; 𝑬𝟐 = 𝒈𝑬𝟐𝟎 ou 𝑬𝟐 = 𝒈𝒎𝑬𝟏

Au secondaire (rotor), la variation du flux crée une force Le rotor étant fermé sur lui-même, un courant 𝑰𝟐 circule dans la
électromotrice 𝐸20. cage d’écureuil et crée dans la résistance rotorique une chute de
tension ohmique 𝑹𝟐 𝑰𝟐 .
𝑬𝟐𝟎 = 𝑲𝒏𝟐𝒇𝟏𝜱
D’autre part, tout le flux produit par le courant rotorique ne traverse
𝑬
Le rapport [ 𝟐𝟎 = 𝒎 ]est le rapport de transformation du moteur pas l’enroulement statorique. Au flux de fuite correspond une
𝑬 𝟏
asynchrone. inductance de fuite 𝑳𝟐 qui va créer une chute inductive 𝑳𝟐 𝝎𝟐 .
Mais le courant primaire traverse les enroulements du stator et y
crée une chute ohmique 𝑹𝟏𝑰𝟏. D’autre part tout le flux produit par le
stator ne traverse pas l’enroulement rotorique car une partie se perd
dans l’air, ce flux de fuite crée dans le stator une chute inductive
𝑳𝟏𝝎𝟏𝑰𝟏 où 𝐿1 est l’inductance de fuite.
[4]

On arrive ainsi au schéma équivalent suivant : (Fig.2.) tension. On les représente par une résistance en parallèle sur
l’entrée représentée par la composante active du courant à vide.
Le schéma complet est alors le suivant : (Fig.3.)

Selon le schéma, on voit que :

(3) La résistance d’une phase rotorique est 𝑅2, et ramenée au primaire


𝑅2 /𝑚²
Représentons la résistance 𝑅2 /𝑔𝑚² sous la forme de deux
Or, 𝑳𝟐 𝝎𝟐 = 𝑳𝟐 𝝎𝟏 𝒈 = 𝑿𝟐 𝒈 (en posant 𝑳𝟐 𝝎𝟏 = 𝑿𝟐 ) résistances en série :
D’où en divisant numérateur et dénominateur par g, on a : - La première : 𝑹𝟐 /𝒎² est la résistance rotorique ramenée au
primaire. Elle est responsable des pertes joules dans le rotor
(4)
;
𝟐𝑹 𝑹 𝑹 𝟏−𝒈
- La seconde : 𝑹′ = 𝒈𝒎² − 𝒎²𝟐 = 𝒎²𝟐 ( 𝒈
) représente la résistance
de charge ; la puissance dissipée dans cette résistance est
La f.é.m. 𝐸2 dépend du glissement peut ainsi être remplacée par la
la puissance utile du moteur.
f.é.m. 𝐸20 , constante à condition d’avoir adapté les impédances en
conséquence.
Il est dès lors plus logique de représenter le schéma équivalent
Nous pouvons maintenant comme pour le transformateur, ramener comme ci-dessous : (Fig.4.)
le secondaire au primaire. Pour cela :

- On divise les tensions secondaires par m ;


- On multiplie les courants secondaires par m ;
- On divise les impédances secondaires par m².
𝑬𝟐𝟎 𝑹𝟐 𝑿
Soit : 𝑬′𝟐 = 𝒎
= 𝑬𝟏 ; 𝑰′𝟐 = 𝒎𝑰𝟐 ; 𝑹′𝟐 = 𝒈𝒎² 𝒆𝒕 𝑿′𝟐 = 𝒎²𝟐
Pour compléter le schéma équivalent il faut encore tenir compte des
pertes dans le fer ; elles dépendent de l’induction et donc de la
[5]

Le rotor reçoit une puissance 𝑷𝒓

𝑹𝟐 𝑹𝟐 𝑰𝟐𝟐 (5)
𝑷𝒓 = 𝒎²𝑰𝟐𝟐 = Or, 𝑬𝟐𝟎 = 𝒎𝑬𝟏 = 𝒎𝑼𝟏 (Si on néglige les chutes ohmiques et
𝒈𝒎² 𝒈 𝑵
inductives) et 𝟏 − 𝒈 = (Formule(2))
𝑵𝑺
Les pertes joule dans le rotor valent 𝑷𝒋𝒓

𝑹𝟐 (6)
𝑷𝒋𝒓 = 𝒎²𝑰𝟐𝟐 = 𝑹𝟐 𝑰𝟐𝟐 = 𝒈𝑷𝒓
𝒎²

La puissance utile vaut : 𝒈


𝑪 = 𝑲𝑹𝟐 𝑼𝟐 (10)
𝑹𝟐𝟐 + 𝑿𝟐𝟐 𝒈²
(7)
Nous pouvons tirer de cette formule plusieurs conclusions :

On appelle rendement rotorique 𝜼𝒓, le rapport : a. Le couple moteur est proportionnel au carré de la tension
appliquée ;
b. Le couple moteur d’un moteur à cage d’écureuil est faible. En
effet, au démarrage
𝑁 = 0 et 𝑔 = 1
(8)

1.6. COUPLE MOTEUR


Alors le couple devient :
On sait que la puissance utile vaut : (11)
𝟐𝛑𝐍 (9)
𝑷𝒖𝒕 = 𝑪𝜴 𝛀= 𝟔𝟎
Donc pour des faibles vitesses la caractéristique 𝑪 = 𝒇(𝒈) est
𝐶 : Couple Moteur (en 𝑚𝑁) ; une hyperbole ; lorsque g est grand, 𝑪 est faible.
c. La caractéristique 𝑪 = 𝒇(𝒈) est une droite dans la zone de
𝛺: Vitesse angulaire en (rad/s) fonctionnement.
En effet 𝑵 ≈ 𝑵𝑺 et 𝒈 ≈ 𝟎
D’autre part, on peut exprimer la puissance utile par la formule (7)
en remplaçant 𝐼2 par la formule (3). 𝑹𝟐𝟐 > 𝒈𝟐𝑿𝟐𝟐 (On peut négliger 𝒈𝟐𝑿𝟐𝟐 devant 𝑹𝟐𝟐)
On obtient :
Alors le couple devient dans ce cas :
[6]

𝑲𝑼𝟐 (14)
𝑪𝒎𝒂𝒙 =
(12) 𝒈𝑿𝟐

1.7. INTENSITE DU COURANT DE DEMARRAGE


Dans la zone de fonctionnement, le couple est proportionnel au
glissement ; la caractéristique 𝐶 = 𝑓(𝑔) est une droite ; Au démarrage, le Moteur se comporte comme un transformateur en
court-circuit alimenté sous sa pleine tension.
d. Le couple est maximum lorsque
Le courant absorbée au démarrage est très important ; il est 5 à
En effet, la formule (10) peut s’’écrire, en divisant le numérateur 10 fois supérieur au courant nominal.
et le dénominateur par g :
Le graphique suivant donne l’allure du couple en fonction de la
vitesse (caractéristique mécanique) et du courant absorbée en
(13) fonction de la vitesse (Fig.5.)
Id : courant de démarrage fig.5.
𝑹𝟐𝟐
Or le produit 𝒈
∙ 𝑿𝟐𝟐 𝒈 est constant (il vaut 𝑹𝟐𝟐 ∙ 𝑿𝟐𝟐) In : Courant nominal
Cm : Couple moteur
Cn : Couple nominal
Et lorsque le produit de deux termes est constant, la somme est Cmax : Couple maximum ou couple de décrochage
maximum quand les deux termes sont égaux, c’est-à-dire Cr : Couple résistant
lorsque Ca : Couple accélérateur
𝑹𝟐𝟐 Ns : Vitesse de synchronisme
= 𝑿𝟐𝟐 𝒈 ou 𝑹𝟐𝟐 = 𝑿𝟐𝟐 𝒈𝟐
𝒈 Nn : Vitesse de rotation correspondant au couple nominal
𝑹𝟐
A ce moment le couple sera maximum, soit pour 𝒈
= 𝑿𝟐 Nmax : Vitesse de rotation correspondant au couple maximal du
moteur.
e. Le glissement pour le couple maximum vaut alors :

𝑹𝟐
𝒈=
𝑿𝟐
f. Le couple maximum est indépendant de la résistance
rotorique.
En effet remplaçons 𝑅2 par 𝑔𝑋2 dans l’équation (10)
[7]

- Tronçon ABCD : Zone de démarrage ; 1.8. PROCEDE DE DEMARRAGE


- Tronçon DE : Zone de fonctionnement ;
- Tronçon DC : Zone de surcharge, mais stable ; a. Démarrage direct
- Tronçon ABC : Zone de fonctionnement instable (sert uniquement Le démarrage des moteurs de faible puissance se fait directement
pour le démarrage) en branchant le stator sur le réseau par l’interrupteur de commande.
On peut conclure de ce qui précède que le moteur asynchrone Ce mode de démarrage procure le couple initial le plus élevé. C’est
triphasé à simple cage d’écureuil est de construction simple et le seul qui puisse être utilisé si le récepteur exerce un couple
robuste mais il présente deux inconvénients importants : résistant à l’arrêt.
- Un couple réduit au démarrage ; Le courant de démarrage est important (5 à 10 fois) le courant
- Un courant de démarrage élevé. nominal.
Le graphique ci-dessous montre les caractéristiques en charge d’un b. Démarrage par couplage étoile-triangle
moteur asynchrone triphasé de construction courante. (Fig.6)
C’est le système le plus fréquemment utilisé.
- Moteur asynchrone triphasé ;
- Puissance nominale : 3kW Il consiste à faire démarrer le moteur en couplage étoile ; quand le
- Tension nominale : 380V moteur atteint une vitesse proche de sa vitesse nominale ; on passe
- Nombre de paires de pôles : 𝑝 = 3 au moyen d’un commutateur au couplage triangle.
1. 𝑁 = 𝑓(𝑃) ; Couplage étoile Couplage triangle
2. 𝜂 = 𝑓(𝑃) ;
𝑼 𝑼√𝟑
3. cos 𝜑 = (𝑃) ; 𝑰𝒆 =
𝑽
=
𝑼⁄√𝟑
=
𝑼 𝑱= 𝑰𝒕 = 𝑱√𝟑 =
𝒁 𝒁 𝒁√𝟑 𝒁 𝒁
4. 𝐼 = 𝑓(𝑃)
𝑼
𝑰𝒆 𝒁√𝟑 𝟏
= =
𝑰𝒕 𝑼√𝟑 𝟑
𝒁
[8]

Le courant de ligne en étoile est ainsi le tiers du courant de ligne en de démarrage direct. Le couple résistant peut valoir 0,6 fois le
triangle. couple nominal.

La tension entre phase étant divisée par √3, le couple proptionnel


au carré de la tension est divisé par (√3)² , donc également par 3 ;

De plus, au moment de commutation étoile-triangle, il se produit une


courte interruption de l’alimentation.
Ce qui provoque un ralentissement du moteur, d’où une nouvelle
pointe de courant.
Le démarrage doit s’effectuer à vide ou sous faible charge.
𝐂𝐫 ≈ 𝟎, 𝟏𝟓 à 𝟎, 𝟐𝐂𝐫 d. Démarrage par Autotransformateur

Ce procédé consiste à réduire provisoirement au moyen d’un auto-


transformateur, la tension appliquée aux bornes du moteur.

Avantage : les pertes d’énergie pendant le démarrage sont faibles.

Inconvénient : le prix du matériel est élevé.

Utilisation : Uniquement pour les gros moteurs.


Fonctionnement : Au moment du démarrage 𝐶1 et 𝐶2 sont fermés,
𝐶3 est ouvert : l’autotransformateur réduit la tension aux bornes du
moteur (a).

Pendant le démarrage 𝐶1 s’ouvre : le moteur est alimenté au travers


c. Démarrage par élimination de résistances statorique d’une inductance. Celle-ci crée une chute de tension 𝑳𝝎𝑰 qui limite
le courant absorbé par le moteur (b)
Ce procédé consiste à réduire progressivement la tension aux Pour la marche normale, 𝐶3 est fermé et (𝑪𝟏 , 𝑪𝟐 ) ouverts : le moteur
bornes du moteur au moyen des résistances en série dans chaque est alimenté sous la pleine tension.
phase.
C’est un moyen simple et peu couteux, mais les résistances
peuvent dissiper une énergie importante si les démarrages sont
fréquents.
Le courant de démarrage vaut environs 0,7 fois le courant de
démarrage direct. Le couple de démarrage vaut 0,5 fois le couple
[9]

- Le courant de démarrage Id est exprimé par rapport au courant


de démarrage direct du même moteur ;
- Le couple de démarrage Cd est exprimée par rapport au couple
de démarrage direct du même moteur.

2. MOTEUR ASYNCHRONE TRIPHASE A DOUBLE CAGE

2.1. GENERALITES

On a vu que le moteur à cage d’écureuil présente deux


inconvénients au démarrage.
CARACTERISTIQUES DE MODES DE DEMARRAGES - Couple relativement faible ;
AUTO- - Pointe de courant élevée.
MODES DE ETOILE RESISTANCES
DIRECT TRANSFORM
DEMARRAGE TRIANGLE STATORIQUES
ATEUR
COURANT DE 𝐈𝐝⁄ Le moteur asynchrone triphasé à double cage remédie en partie à
𝐈𝐝 = 𝟓 à 𝟏𝟎𝐈𝐧 𝟎, 𝟕𝟓𝐈𝐝 environs 𝟎, 𝟒 à 𝟎, 𝟕𝐈𝐝
DEMARRAGE 𝟑 ces inconvénients.
COUPLE DE 𝐂𝐝 𝐂𝐝⁄ 𝟎, 𝟓𝟔𝐂𝐝 environs 𝟎, 𝟒 à 𝟎, 𝟕𝐂𝐝
DEMARRAGE = 𝟎, 𝟔 à 𝟐𝐂𝐧 𝟑
Bon rapport 2.2. CONSTITUTION
couple/intens
ité ; Il ne se différentie pas fort du moteur à simple cage.
Possibilité de
Simple ; Possibilité de réglage
Relativement réglage des Le stator est identique.
Peu onéreux ; des valeurs au
peu onéreux ; valeurs au
Couple de démarrage ; Le rotor est constitué de deux
AVANTAGES Courant de démarrage ;
démarrage
démarrage
Pas de coupure
Pas de cages d’écureuil superposés.
important d’alimentation au
réduit coupure
démarrage
d’alimentatio La première (1) située près de
n au l’entrefer, de faible section est
démarrage. constituée d’un matériau à forte
résistivité.
Couple au
démarrage
faible ; Faible réduction de la Par contre, l’inductance de cette
Courant de
Pas de possibilité pointe du courant de cage est faible car elle est peu
démarrage Nécessite un
de réglage ; démarrage ; noyée dans la masse du rotor.
important, autotransfor
Coupure Nécessité des
INCONVÉNIENTS Ne permet pas mateur lourd,
d’alimentation résistances ;
un démarrage encombrant La seconde (2), noyée dans le fer
d’où risque de consommation
doux et et onéreux du rotor, est de forte section et de
courant d’énergie dans les
progressif
transitoire résistances faible résistivité, sa résistance est
important au faible et son inductance élevée.
démarrage
[10]

2.3. Fonctionnement Ainsi, le courant passant principalement dans la cage (1), le


CAGE EXTERIEURE (1) CAGE INTERIEUR (2)
constructeur s’engage pour avoir
𝑅2 = 𝑋2
R ↑ élevée ↓↓ faible

L ↓↓ faible ↑↑↑ élevée Le couple est ainsi maximum au démarrage, et , comme 𝑅2 est
𝐋𝛚𝟐 Démarrage Marche Démarrage Marche élevée, la pointe du courant sera faible.
𝒇𝟐 = 𝒇𝟏 normale 𝒇𝟐 = 𝒇𝟏 normale
𝒇𝟐 ≈ 𝟎 𝒇𝟐 ≈ 𝟎 En marche normale : la fréquence rotorique étant très faible
↓↓ faible ≈𝟎 ↑↑↑ élevée ≈𝟎
l’inductance ne joue pratiquement plus de rôle. C’est la cage
↓ Faible ↑ élevée ↑↑ élevée ↓↓ faible intérieure qui à la faible impédance ; c’est dans cette cage que
𝐙 = √𝐑² + 𝐋²𝛚²
circulera principalement le courant.
I Important Faible Faible Important
En fait, chaque cage participe à la formation du couple total. Le
couple résultant est la somme des couples produit par chacune des
Au démarrage : la fréquence rotorique étant élevée, c’est la deux cages. (Fig.15.)
réactance qui domine. La cage extérieure à la plus faible
impédance ; le courant sera important dans cette cage.

Or nous avons vu que le couple maximum est indépendant de la


résistance rotorique, mais que ce maximum se déplace vers le
glissement plus grand quand 𝑅2 augmente.
𝑹
Le glissement pour le couple maximum est 𝒈 = 𝑿𝟐. Lorsque
𝟐
𝑅2 = 𝑋2 , le couple est max pour 𝑔 = 1 c’est-à-dire à l’instant du
démarrage. (Fig.14)

2.4. PROPRIETES

Si on compare le moteur à simple cage à celui à double cage, on


constate ce qui suit :
[11]

SIMPLE CAGE DOUBLE CAGE Si le réseau n’admet qu’une pointe limitée, on utilisera les méthodes
𝑪𝒅 ⁄𝑪𝒏 Assez faible Plus élevé déjà vues.
𝑰𝒅 ⁄𝑰𝒏 Assez élevé Plus faible
𝐜𝐨𝐬 𝝋 Bon surtout pour Un peu plus faible, car la cage intérieure - Le démarrage étoile-triangle : pour les moteurs démarrant à
les moteurs de consomme de l’énergie réactive vide ou sous faible charges telle que : machines-outils, pompes
forte puissance
et ventilateurs ;
𝜼 Bon à la puissance Un peu plus faible, car pour une même
nominale puissance, le courant est plus grand - Le démarrage par résistances statorique pour les moteurs
(cos 𝜑 ), donc les pertes joule sont plus démarrant sous charges moyenne tels que les machines
grandes.
textiles.
Prix Un peu plus élevé.
𝑪 = 𝒇(𝒈) Si le couple On peut choisir 𝑅2 et 𝐿2 de manière telle que - Le démarrage par autotransformateur pour les moteurs
résistant dépasse le moteur ne décroche pas.
le couple max, le Si le couple résistant augmente le moteur
démarrant sous forte charge, ou lorsqu’ils entrainent des
moteur décroche ralentit. machines présentant une forte inertie.
et s’arrête.

Courbes caractéristiques de deux moteurs de même puissance en 3. MOTEUR ASYNCHRONE TRIPHASE A ROTOR BOBINE
démarrage étoile triangle
3.1. GENERALITES
Ce moteur est un perfectionnement du moteur asynchrone à cage.
Pour les gros moteurs devant démarrer à pleine charge, il faut
pouvoir régler progressivement le couple de démarrage et l’intensité
absorbée.
On utilise pour cela un rotor bobiné

3.2. CONSTITUTION

Le stator est identique à celui d’un moteur à cage.

Le rotor est constitué par un cylindre lamellée en tôles d’acier au


silicium de grande perméabilité. Des encoches abritent les
enroulements.

Les extrémités de l’enroulement rotorique sont raccordées à trois


bagues conductrices, fixés sur l’arbre et isolés les unes des autres.
2.5. MODES DE DEMARRAGE
Sur les bagues frottent des balais raccordés des résistances
rotorique triphasés réglables. (Fig.18.)
Selon le règlement technique, il est prévu que si l’usager dispose
d’une cabine de transformation haute tension, ou si la puissance
apparente du moteur ne dépasse pas 3kVA, le démarrage direct
peut être utilisé, que le moteur démarre à vide ou en charge.
[12]

Un courant, limité par les résistances, prend naissance et produit un


couple ; le moteur démarrage dans le sens du champ tournant.
Comme la résistance rotorique est élevée, le couple le sera aussi.

Le moteur prenant de la vitesse, le couple moteur et la pointe de


courant décroissent. On élimine progressivement les résistances
rotorique qu’à ce que le rotor se trouve en court-circuit.
On obtient de la sorte un couple de démarrage important et une
accélération progressive du moteur.
Les couples de démarrage et nominal sont à peu des choses près
proportionnels au courant de démarrage et nominal.
𝑰𝒅 𝑪𝒅
=
𝑰𝒏 𝑪𝒏
En effet : 𝑪 = 𝑲𝑰𝜱 ( en fait ,le couple est proportionnel au courant
actif ).
La tension étant constante, le flux l’est aussi, d’où :
𝑪𝒅 𝑲𝑰𝒅 𝜱 𝑪𝒅 𝑰𝒅
= =𝑲 𝒐𝒖 = =𝑲
𝑪𝒏 𝑲𝑰𝒏 𝜱 𝑪𝒏 𝑰𝒏

On peut donc, en choisissant judicieusement les valeurs des


résistances rotorique, adapter les courants et les couples de
démarrages à condition de démarrage imposées.
Le démarrage est choisi de telle sorte que les pointes de courant et
de couple soient aussi réduites que possible.
3.3. PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT La valeur de K dépend du type de démarrage :
a. Laissons le circuit rotorique ouvert - 𝐾 = 0,7 Pour le démarrage à mi- charge ;
- 𝐾 = 1 Pour le démarrage du type ventilateur ;
Le stator produit un champ tournant et induit au des f.é.m. : aucun - 𝐾 = 1,4 Pour le démarrage à pleine charge ;
courant ne circule. Le rotor reste à l’arrêt. Il se comporte comme un - 𝐾 = 2 Pour le démarrage en surcharge.
transformateur à vide.

b. Fermons le circuit sur les résistances rotorique


[13]

Ainsi elles avec le rotor et on peut supprimer les balais.

3.4. RELAGE DE LA VITESSE

En laissant dans le circuit rotorique une partie de résistances, le


c. Nombre des poles du rotor rhéostat de démarrage permet un certain réglage de la vitesse. Il
doit alors être calculé pour pouvoir dissiper de l’énergie pendant un
Les courants induits dans l’enroulement rotorique créent eux aussi temps plus long.
un champ tournant. Ce champ tournant, comme pour le Le rendement du moteur s’en trouve diminué du fait des pertes
transformateur est démagnétisant. joules dans ces résistances.
Il doit donc s’opposer au champ tournant statorique et par 3.5. AVANTAGES, INCOVENIETNS ET UTILISATION
conséquent tourner à la même vitesse que lui. Pour cette raison, les
enroulements statorique et rotorique doivent le même nombre de a. Avantages
pôles.
- Régalage possible de la pointe de courant et du couple de
d. Relevage des balais
démarrage (par calcul du rhéostat) ;
- Le rhéostat permet un certain réglage de la vitesse.
A la fin du démarrage, les résistances rotorique et les balais ne sont
plus nécessaire.
b. Inconvénients
Un dispositif permet, sur les gros moteurs, de relever les balais et
de mettre les bagues en court-circuit. Ceci évite leurs usures et le - C’est un moteur plus compliqué, donc plus chers que le moteur à
pertes joules. cage ;
- Il est moins robuste que le moteur à cage à cause de la présence
e. Démarrage à force centrifuge des balais et de l’enroulement rotorique.

Pour éliminer les balais, point faible du moteur à rotor bobiné, on peut c. Utilisation
aussi caler les résistances rotorique sur l’arbre du moteur.
[14]

- On l’emploi pour obtenir des couples de démarrages élevées : Notons que ce système ne convient que pour des petits moteurs et
(Broyeurs, concasseurs) ; que la variation de vitesse est relativement faible (10 à 20 %)
- Pour des machines ayant une forte inertie. :(Presse à volant) ; (Fig.21
- Lorsque l’accélération doit être progressive : (Ascenseurs)

4. REGLAGE DES VITESSES DES MOTEURS ASYNCHRONES


TRIPHASE

4.1. INVERSION DU SENS DE ROTATION

Il suffit d’inverser deux fils d’alimentation du moteur, le champ


tournant se déplaçant en sens inverse, le moteur sera entrainé dans
l’autre sens.
4.2. REGLAGE DE LA VITESSE

a. Par variation de la tension d’alimentation

Cette méthode est très limitée car, pour un couple résistant


constant, en réduisant la tension, l’intensité augmente et les pertes b. Par variation de la fréquence statorique
joule augmentent.
- Moteurs à deux rotors (Fig.22.)
Cette méthode peut se justifier si on utilise un moteur à double cage
entrainant une machine de type ventilateur ; la puissance absorbée Ces moteurs à double rotor sont parfois utilisés sur des machines à
décroit en faible vitesse, donc le courant, donc les pertes. bois tournant à grande vitesse. Il s’agit en réalité de deux moteurs
On insère pour cela des résistances dans le circuit statorique. concentriques.

Les deux stators 𝑆1 et 𝑆2 sont alimentés par le réseau. 𝑆1


Normalement comme un moteur normal, 𝑆2 par l’intermédiaire des
bagues et balais.

Le champ tournant de 𝑆1 fait tourner le rotor 𝑅1 , mais celui-ci porte


également l’enroulement statorique 𝑆1
[15]

Le couple maximum est proportionnel à la tension d’alimentation.


On obtient les courbes suivantes (Fig.23).

- Système électronique

En alimentant un moteur sous tension de fréquence variable on


peut régler la vitesse de synchronisme de ce moteur. Donc obtenir Cela se réalise par un appareillage électronique que l’on appelle
un moteur à vitesse variable. « Cycloconvertisseur de fréquence ».
60𝑓
𝑁𝑆 = L’entrée est alimentée par une tension fixe à fréquence fixe ; à la
𝑝
sortie on recueil une tension variable à fréquence variable (Fig. 24.)
Mais pour cela il faudra également modifier la tension d’alimentation
du moteur.
En effet, supposons que le couple résistant soit constant et le
moteur dimensionné pour supporter un courant I.
Alors, 𝐶 = 𝐾𝐼𝛷 : Constant et le flux doit rester constant.
𝐸 c. Par action sur le moteur à bague
Mais 𝐸1 = 𝐾𝑛1 𝑓1 𝛷 d’où : 𝛷 = 𝐾𝑛 1𝑓 = 𝐶𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒
1 1

Pour que le flux reste constant quand 𝑓1 varie, il faut que Nous avons vu qu’en ajoutant des résistances dans le circuit du
rotor on pourrait régler sa vitesse dans certaine limite. Le couple
𝐸1
= 𝐶𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒 ; or 𝐸1 = 𝑈. maximum reste constant.
𝑓1

Il faut donc que la tension d’alimentation varie dans le même sens Nous allons calculer un rhéostat de démarrage ou un variateur de
que 𝑓1 vitesse.

𝐾𝑈² 𝐾𝑈𝑈 Exemple


Le couple maximum vaut : 𝐶𝑚𝑎𝑥 = 𝑋2
=𝐿 = 𝐾𝑈
2 2𝜋𝑓1
Calculer le rhéostat à plots qui permet de démarrer le moteur
suivant :
[16]

Puissance : 70𝑘𝑊 ; nombre des pôles : 8 ; fréquence : 50 Hz ; On peut écrire :


tension nominale : 500V 𝐼2𝑛 𝐶
𝐼2𝑑
𝑛
= 1,5𝐶 d’où 𝐼2𝑑 = 1,5𝐼2𝑛 = 1,5 × 238 = 358𝐴
𝑛
Intensité du courant à vide : 29A ;
La résistance totale d’une phase rotorique (𝑟𝑜𝑡𝑜𝑟 + 𝑟ℎé𝑜𝑠𝑡𝑎𝑡) 𝑅1 :
Intensité nominale : 105A ;
𝑉2 115
Vitesse nominale : 720 tr/min ; 𝑅1 = = = 0,321𝛺
𝐼2𝑑 358

Rapport de transformation à rotor ouvert 𝑈2 ⁄𝑈1 = 200⁄500 ; La résistance totale du rhéostat seul est :

Le stator est en triangle, le rotor en étoile. 𝑅ℎ = 0,321 − 0,021 = 0,30𝛺

Résistance mesurée à chaud entre bagues : 0,042𝛺 2. Calcul des résistances entre plots

On désire maintenir le couple de démarrage entre 1,5𝐶𝑛 et 𝐶𝑛 Traçons les caractéristiques 𝐼 = 𝑓(𝑁) pour chacune des résistances
1. Calcul de la résistance totale du rhéostat rotorique. Elles ont la même allure que les caractéristiques
𝐶 = 𝑓(𝑁) et peuvent être assimilées à des droites.
Nous ferons tous les calculs pour une phase. Les grandeurs de On doit avoir : 𝐶𝑛 < 𝐶𝑛 < 1,5𝐶𝑛 donc 𝐼𝑛 < 𝐼𝑑 < 1,5𝐼𝑛
phase sont : Le courant de démarrage doit être compris entre
Tension de phase stator : 500V 61𝐴 et 1,5 × 61 = 92

Intensité du courant à vide stator : 29⁄√3 = 17𝐴

Intensité nominale : 105⁄√3 = 61𝐴

Tension rotor : 200⁄√3 = 115𝑉


Résistance d’une phase rotor : 0,042⁄2 = 0,021𝛺
Rapport de transformation d’une phase
𝑉2 ⁄𝑉1 = 115⁄500 = 0,23

Le courant primaire dû au courant rotorique est 𝑰⃗𝟏𝒏 = 𝑰⃗𝟎 − 𝑰⃗′𝟏 𝒏

Pratiquement, on prend ; 𝐼′1𝑛 = 0,9𝐼𝑛


Courant nominal secondaire : 𝐼2𝑛 = 𝐼 ′1𝑛 /𝑚 = 0,9 × 61/0,23 = 238𝐴
Les courants étant proportionnels aux couples (Voir p)
[17]

d. Par action sur le nombre de pôles du rotor

En plaçant deux ou trois enroulement statorique de nombre de pôles


différents dans les mêmes encoches du stator, il est possible
d’obtenir deux ou trois vitesse différente.

Comme le rotor doit avoir le nombre de pôles que le stator, ce


système n’est utilisé qu’avec des moteurs à cage car alors le
nombre de pôles rotorique s’adapte automatiquement à celui du
stator.
Couplage DAHLANDER
Une solution plus élégante a été trouvée. Elle consiste à utiliser un
Le plus petit nombre de pôles correspond à la grande vitesse et
bobinage unique qui, moyennant un changement de connexions,
s’obtient par un couplage parallèle des bobines.
permet la marche à deux vitesses différentes.
Le plus grand nombre de pôles correspond à la petite vitesse et
Cette solution permet d’avoir une machine volumineuse que celle
s’obtient par un couplage série des bobines.
qui possède plusieurs bobinages indépendants.
Ce principe est encore applicable à un enroulement triphasé.
Principe :
On peut, de plus, grouper les bobines en triangle ou en étoile, ce
Considérons un enroulement monophasé à deux bobines.
qui déterminera des inductions différentes, donc des couples
- Relions les deux bobines en série, comme représenté (Fig.26.a) différents et des puissances différentes.
Le couplage usuel dit : à couple constant est du type : (Fig.27.)
L’alimentation se fait par l’entrée de la première bobine et
l’entrée de la seconde. - Triangle (série) à la petite vitesse ;
Le sens du courant dans ces deux bobines entraine la formation - Étoile (parallèle) à la grande vitesse.
de quatre pôles.
Il y a donc deux fois plus de pôles que de bobines ; ce bobinage Les couples nominaux sont pratiquement égaux. Le rapport des
est appelé « bobinage à pôles conséquents ». puissances triangle/ étoile varie de 1/1,3 à 1/1,8.
Le rendement et le facteur de puissance sont meilleurs à la grande
- Refermons le bobinage sur lui-même (Fig.26.). vitesse.

L’alimentation se fait par l’entrée d’une bobine et la sortie de Le courant absorbé, dépendant de la puissance, du rendement et
l’autre. Le sens du courant dans ces deux bobines entraine la du facteur de puissance, ne varie pas dans les mêmes proportions
formation de deux pôles. Il y a donc autant de bobines que de que la puissance utile.
pôles : ce type de bobinage est appelé « bobinages par pôles ».
[18]

5. FREINAGE DES MOTEURS ASYNCHRONES TRIPHASES


Un commutateur à neuf bornes permet le passage de la petite à la
grande vitesse. (Fig.28) Il est souvent nécessaire d’arrêter rapidement des pièces en
mouvement. Outre l’utilisation de freins mécaniques, différents
Pour les moteurs devant entrainer des machines à couple de type
mode de freinage électriques possibles. Nous allons les examinés.
ventilateur (le couple varie comme le carrée de la vitesse), on
n’utilise le couplage étoile série à la petite vitesse et le couplage 5.1. FREINAGE A CONTRE COURANT DES MOTEURS A
étoile parallèle à la grande vitesse. CAGE
Le rapport des puissances étoiles parallèle/ étoile série est Ce freinage est réalisé en inversant deux phases du stator lorsque
supérieur à cinq. (Fig.29.) le moteur est déjà lancé.
𝑃𝑃𝑎𝑟𝑎𝑙𝑙è𝑙𝑒 Le champ tournant et le rotor tourne alors en sens inverse et le
> 50
𝑃𝑆𝑒𝑟𝑖𝑒 glissement vaut :
[19]
−𝑁𝑆 −𝑁 Ce procédé est utilisé fréquemment pour ralentir des masses en
𝑔= −𝑁𝑆
≈ 2 (𝑆𝑖 𝑜𝑛 𝑠𝑢𝑝𝑜𝑠𝑒 𝑁 ≈ 𝑁𝑆 )
mouvement : machines-outils (tours), pont roulants.
Le couple de freinage 𝐶𝑓 est égal au couple développé par le
5.2. FREINAGE A CONTRE COURANT DE MOTEURS A
moteur, augmenté du couple résistant de la machine entrainée. BAGUES
𝐶𝑓 = 𝐶𝑚 + 𝐶𝑟 (Fig.30)
La variation du couple de freinage dans l’intervalle (−𝑁𝑆 ) peut être
Ce mode de freinage implique un courant absorbée important ; il est modifiée par l’insertion de résistances rotorique.
à peu près constant et légèrement supérieur au courant de
démarrage direct. Le temps et la souplesse du freinage est modifié en conséquence.
(Fig.31.)
On peut insérer des résistances statorique pour limiter le courant et
rendre le démarrage moins brutal.
L’échauffement du moteur est important car en plus de l’énergie
apportée par le réseau, il vient s’y ajouter l’énergie cinétique du
moteur qui e transforme en chaleur lors du freinage.
Généralement un dispositif électrique de coupure déconnecte le
moteur du réseau au moment du passage de la vitesse par zéro,
sans quoi le moteur serait entrainé en sens inverse.

𝑅1 : résistance donnant le couple de freinage maximum.


𝑅2 : résistance donnant le couple de démarrage maximum.
𝑅3 : résistance rotorique.

5.3. FREINAGE PAR INJECTION DU COURANT CONTINU

Ce procédé consiste à séparer le moteur du réseau et à brancher


deux bornes du stator sur une source de courant continu
convenable.
Applications
[20]

Le rotor tourne par rapport à un flux fixe et la nouvelle de du flux et tenter de rattraper le champ tournant en exerçant un
synchronisme à atteindre est donc nulle ; le rotor tendra vers cette couple résistant (Fig.34 (2))
vitesse nulle, de sorte que la caractéristique de freinage est la
même qu’en fonctionnement normal, mais changé de sens. (Fig.32.)
On peut agir sur le couple de freinage en réglant la valeur du
courant continu.
La tension continue pour l’alimentation du stator est généralement
fournie par une cellule de redresseurs branchés sur le réseau par
l’intermédiaire d’un transformateur. (Fig.33.)
Applications La machine absorbe alors de l’énergie mécanique : elle fonctionne
en génératrice hypersynchrone. L’énergie mécanique absorbée
Machines-outils, engins de levage. est restituée au réseau sous forme d’énergie électrique.
On utilise ce procédé pour le freinage des moteurs asynchrones
dans les deux cas :
a. Dans les engins de levage

Il sert alors à freiner une charge descendant (grue, ascenseur) le


moteur entraine la charge vers le bas ; une fois la vitesse de
synchronisme atteinte, la charge tend à augmenter la vitesse du
moteur.
Celui-ci réagit en opposant le couple résistant.
La vitesse se stabilise à une valeur un peu supérieure à la vitesse
de synchronisme.
La machine fournit au réseau l’énergie qui lui est cédée par la
charge descendante. (Fig.35.)
5.4. FREINAGE EN GENERATRICE HYPERSYNCHRONE

Un moteur asynchrone triphasé fonctionne normalement à une


vitesse 𝑁 < 𝑁𝑆 , en développant un couple moteur. (Fig.34. (1))
Si on entraine ce moteur à une vitesse 𝑁 > 𝑁𝑆 , les courants induits
dans le rotor seront tels qu’ils vont tendre à s’opposer à la variation
[21]

A l’enclenchement du courant, le rotor bloqué se déplace vers la


gauche sous l’action du champ tournant. Le flux tend à embrasser
le plus de fer possible et donc à réduire la reluctance du circuit
magnétique.

Le ressort se comprime et le frein est libre.

6. DEFAUTS ET ACCIDENTS DE FONCTIONNEMENT DES


MOTEURS ASYNCHRONES

6.1. COUPURE D’UNE PHASE ROTORIQUE D’UN MOTEUR A


ROTOR BOBINE (Phénomènes de Gorges)

Lors de la coupure d’une phase rotorique, il circule dans les


enroulements du rotor un courant monophasé de fréquence
𝑭𝟐 = 𝒈𝑭𝟏 .
b. Dans le moteur à commutation des pôles (Dahlander)
Le champ rotorique produit par un courant monophasé peut se
Si le moteur tourne à la plus grande vitesse 𝑁1 (Correspondant au décomposer en deux champs tournant en sens inverse l’un de
plus petit nombre de pôles), en le commutant sur un nombre de l’autre à la vitesse +𝒈𝑵𝑺 et −𝒈𝑵𝑺 par rapport au rotor.
pôles plus grand, donnant la vitesse 𝑁2 , le freinage s’exercera de la
Mais par rapport au stator, ces champs tournent à :
vitesse 𝑁1 à la vitesse 𝑁2 , en renvoyant l’énergie au réseau.
𝐍 + 𝐠𝐍𝐒 = 𝐍𝐒 (𝟏 − 𝐠) + 𝐠𝐍𝐒 − 𝐍𝐒 et 𝐍 − 𝐠𝐍𝐒 = 𝐍𝐒 (𝟏 − 𝐠) − 𝐠𝐍𝐒 − 𝐍𝐒 (𝟏 − 𝟐𝐠)
Pour continuer le freinage, il faut utiliser une autre méthode. (Fig.37.)

5.5. MOTEUR EQUIPE D’UN FREINAGE MECANIQUE a. Le champ tournant à la vitesse 𝑁𝑆 dans le sens de rotation du
rotor existe aussi quand le moteur fonctionne normalement.
Il essaie d’entrainer le stator avec lui, mais celui-ci étant fixe,
c’est le rotor qui va ralentir pour rattraper le champ tournant du
stator.

b. L’autre champ tourne à la vitesse 𝑁𝑆 (1 − 2𝑔)

Considérons trois cas :

𝑁𝑆
C’est un moteur équipé d’un dispositif spécial. Au repos, le ressort 1) 𝑁 > c’est-à-dire 𝑔 < 0,5 et 𝑁𝑆 (1 − 2𝑔) > 0 (a)
2
pousse le rotor vers la droite ainsi que le frein qui agit dans cette
direction.
[22]

Le champ tourne dans le même sens que le premier et a


donc les mêmes effets ; il n’exerce un couple résistant
supplémentaire.

𝑁𝑆
2) 𝑁 = 2
c’est-à-dire 𝑔 = 0,5 et 𝑁𝑆 (1 − 2𝑔) = 0

Le champ ne tourne pas ; il n’exerce aucune influence sur le


stator.

𝑁𝑆
3) 𝑁 < 2
c’est-à-dire 𝑔 > 0,5 et 𝑁𝑆 (1 − 2𝑔) < 0 (b)

Le champ tourne en sens inverse et essaie d’entrainer le stator


avec lui, mais comme celui-ci est fixe c’est le rotor qui va accélérer
pour rattraper le champ tournant du stator. Ce champ exerce donc
un couple moteur sur le rotor. Conséquences
- Si le moteur est chargé normalement, sa vitesse diminue
légèrement (point A), mais il absorbe un courant plus important
car le glissement a augmenté.
- Si le moteur est fortement chargé, sa vitesse s’équilibre au point
B. le moteur tourne approximativement à mi- vitesse.
- Si le moteur démarre en charge, il ne dépassera pas la moitié de
sa vitesse nominale.

6.2. TABLEAU DES PANNES COURANTES DES MOTEURS


ASYNCHRONES
En définitive, le couple moteur total est la somme des couples
produits par chacun des deux champs (Fig.38.) Le tableau ci-dessous donne un aperçu de quelques pannes
susceptibles de se produire dans les moteurs asynchrones triphasé.
[23]

(1) Si le stator est monté en étoile, la coupure DEFAUTS CAUSES REMEDES


d’une phase supprime le champ tournant (le 1. Vitesses anormale
moteur est alimenté en monophasé) ; il ne - Pas de courant au stator : fusible fondus. - Remplacer
- Le moteur ne démarre
démarre pas. pas ;
- Le moteur ne démarre - Une phase du stator (en étoile est coupée) (1) - Vérifier au voltmètre les
pas ; lancé à la main tensions aux bornes, si OK
(2) Si le stator est couplé en triangle, la coupure vérifier les phases à
(bruit anormal)
d’une phase permet encore l’existence d’un l’ohmmètre.
champ tournant ; le moteur peut démarrer. - À charge normale, le - Tension réduite
Le courant est inégal dans les trois fils de moteur tourne à une - Le rhéostat de démarrage n’a pas été - Vérifier
vitesse inférieure à la complètement éliminé. - Vérifier
ligne. - Moteur monté en étoile au lieu de triangle
vitesse nominale.

- Le moteur tourne à mi- - Coupure d’une phase rotorique - Vérifier à l’ohmmètre


vitesse

2. Echauffement anormal

- Echauffement de - Erreur du couplage (triangle au lieu de l’étoile) - Vérifier


l’enrouement statorique : - Moteur surchargé
le courant est égal dans - Ventilateur défectueuse, car : - Nettoyer (air comprimé)
les trois phases. Canaux de ventilation bouchés
Mauvais sens de rotation (ventilateur à ailettes - Changer de sens
orientées)

𝑼 < 𝑼𝒏 - Vérifier

- Coupure d’une phase du stator monté en - Vérifier à l’ohmmètre


triangle (2) (le moteur démarre mais la
puissance est réduite)

- Le courant est inégal - Court-circuit entre spires d’une même phase. - Vérifier
dans les trois phases. - Rhéostat en position marche au démarrage
- Stator ou rotor bobiné en court-circuit.

- Déclanchement immédiat - Surcharge - Essaie à vide


des protections. - Fusible ou disjoncteur trop faible - Voir la plaque sign.
- Remplacer roulement ou
Bruit anormal du moteur - Usure des coussinets de paliers coussinet.
[24]

EXERCICES RESOLUS Comme la tension des lignes est ≈ 220𝑉, le moteur sera branché en
triangle.
1. Un particulier achète un groupe élévateur d’eau pour lequel le
catalogue indique :
- Moteur asynchrone triphasé 550W utile ;
- 220/ 380V ;
- 2800 tr/min ;
- Le débit de la pompe pour 24m de dénivellation : 2,3m3/heure
c. La vitesse du synchronisme ne peut être que 3000 tr/min (si la fréquence
On demande est de 50Hz, ce qui ne pas précis mais on peut le supposer !).
60𝑓 60𝑓 50×60
𝑁𝑆 = →𝑝= = =1.
a. La tension mesurée entre phase et neutre étant de 125V, quelle est la 𝑝 𝑁𝑆 3000

tension entre phase ?


Le moteur comporte donc deux pôles.
b. Représenter le montage des barrettes sur la plaque à bornes : Le glissement du moteur est :
𝑁 −𝑁 3000−2800
𝑔= 𝑆 = = 0,0667, soit 6,7%
𝑁𝑆 3000
Comment les enroulements sont-ils placés ?
d. On considère que le moteur a été bien choisi, et que pour le travail qu’on
c. Quel est le glissement du moteur, son nombre de pôles ? lui demande, il utilise sa puissance nominale, soit 550W. Quelle est la
puissance utile nécessaire pour lever 2,3m 3 /h à 24m de hauteur ?
d. Calculer, d’après la prévision du constructeur le rendement de
l’ensemble hydraulique (pompe et canalisation). 𝑊 𝑝𝑜𝑖𝑑𝑠 × ℎ𝑎𝑢𝑡𝑒𝑢𝑟 𝑚𝑎𝑠𝑠𝑒 × 𝑔 × ℎ𝑎𝑢𝑡𝑒𝑢𝑟
𝑃= = =
𝑡 𝑡 𝑡
e. Le groupe étant en place, on relève 215V aux bornes du moteur, une
intensité de 2,5A par fil, et une consommation de 115Wh en 10 2,3𝑚3 = 2300𝑑𝑚3 . Or, 1dm3 d’eau a une masse de 1kg
minutes au compteur.
Donc 2300𝑑𝑚3 ont une masse de 2300kg
Calculer la puissance électrique consommée et le facteur de 𝑔: Accélération terrestre : 9,81m/s² (on prendra 10m/s²)
puissance. 1 heure égale 3600 sec

Solution D’où 𝑃 =
2300×10×24
= 153𝑊
3600
a. La tension simple étant 125V, la tension composée sera :
La puissance utile de pompage de l’eau est 153W.
𝑈 = 𝑉√3 = 125 × √3 = 216,5𝑉
La puissance absorbée par la pompe est 550W
Le rendement de la pompe et des canalisations est :
b. Le moteur étant conçu pour 220/380V, il faut donc qu’il ait aux bornes 153
𝜂= = 0,28, soit 28%
d’une phase une tension de 220V 550

e. La puissance absorbée par le moteur est :


[25]
𝑊 𝐸𝑛𝑒𝑟𝑔𝑖𝑒 𝑒𝑛 𝑊ℎ 3. Un moteur asynchrone triphasé absorbe une puissance de 12 kW et
𝑃𝑎𝑏𝑠 = ( = 𝑊𝑎𝑡𝑡)
𝑡 𝑡𝑒𝑚𝑝𝑠 𝑒𝑛 ℎ
tourne à 1800 tr/min développant un couple de 20 Nm. Nous pouvons
affirmer que son rendement vaut : EXETAT 2020
10 minutes représentent 1/6 d’heure.
115
𝑃𝑎𝑏𝑠 = = 690𝑊 1) 0,2 2) 0,31 3) 0,5 4) 0,63 5) 0,8
1/6

690
Or 𝑃𝑎𝑏𝑠 = √3𝑈𝐼 cos 𝜑 → cos 𝜑 = = 0,82 4. Alimenté sous 220V-50Hz, un moteur asynchrone triphasé absorbe
√3×215×2,25
3280W lorsqu’il tourne à 1420 tr/min. Si le facteur de puissance et le
2. Un moteur asynchrone triphasé absorbe 16A sous 220V ; son facteur rendement de ce moteur son respectivement 0,85 et 0,8 ; indiquez son
de puissance est 0,80 et son rendement 0,82. Il tourne à 1440 tr/min. couple moteur (mN). EXETAT 2018

Calculer son glissement et son couple moteur : 1) 17,6 2) 18,7 3) 22,1 4) 25,9 5) 27,5

Solution
5. On donne la caractéristique
mécanique d’un moteur
𝑁𝑆 −𝑁 1500−1440
a. Glissement 𝑔 = = = 0,04 soit 4% asynchrone triphasé à cage
𝑁𝑆 1500
(Fig. ci-contre) tracée pour
b. Couple moteur :
400V et 50Hz
𝑃𝑢𝑡 𝑃𝑢𝑡
𝐶= or, 𝜂 = Indiquez le nombre de pôles
𝛺 𝑃𝑎𝑏𝑠
de ce moteur. EXETAT 2018
𝑃𝑢𝑡 = 𝜂√3𝑈𝐼 cos 𝜑 = 0,82 × √3 × 220 × 16 × 0,80 = 4000𝑊
1) 8 2) 6 3) 4 4) 3 5) 1
4000×60
𝐶= = 26,5𝑚𝑁
2×3,14×1440

QUESTIONS A CHOIX MULTIPLE

1. Un moteur asynchrone triphasé à cage donne au bout d’arbre une


puissance de 5kW avec un rendement de 0,80 pour une charge normale
et tourne à 1440 tr/min. indiquez son couple utile (en Nm). EXETAT
2020

1) 33,2 2) 37,4 3) 45 4) 53 5) 60

2. Un moteur asynchrone triphasé Hexapolaires à rotor bobiné est branché


à un réseau de 3 X 380V, 60Hz et tourne à 1000 tr/min. Indiquez sa
fréquence rotorique approximative en Hertz. EXETAT 2020.

1) 2,4 2) 3,1 3) 10 4) 14 5) 15
[26]

L’induit est fixe et l’inducteur tournant. C’est alors le courant


ALTERNATEUR inducteur, beaucoup plu faible qui passes par le contact bague
balais.
1. GENERALITES

1.1. BUT

Les alternateurs ont pour but de fournir l’électricité sous forme de


courant alternatif triphasé ou monophasé à partir de la mécanique
fournie par un moteur d’entrainement. (Turbines, moteurs
diesels).
1.2. PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT

Les alternateurs fonctionnent sur le même principe que la dynamo à


courant continu, mais ici, le courant n’est pas redressé par le
collecteur : il est recueilli directement aux bornes des conducteurs
de l’induit par l’intermédiaire des bagues et balais.
1.3. TYPES D’ALTERNATEURS

a) Les alternateurs à pôles saillants

Ce sont les alternateurs tournant lentement (𝑵 ≤ 𝟏𝟎𝟎𝟎 𝒕𝒓/𝒎𝒊𝒏)


entrainés par des moteurs diesels ou des turbines hydrauliques
lente (Francis, Kaplan).
Ce sont des machines de grand diamètre et de faible longueur. (Le
diamètre peut atteindre 15m et la longueur, 2 à 3m).
b) Les alternateurs à pôles lisses

En fait, cette disposition n’est pratiquement jamais adoptée (sauf Ils sont conçus pour tourner à grande vitesse (𝑵 ≥ 𝟏𝟎𝟎𝟎 𝒕𝒓/𝒎𝒊𝒏).
pour les petits alternateurs), car les alternateurs doivent en général Ils sont entrainés par des turbines à vapeur. On les appelle alors
débiter de forts courant (10000A) sous de moyennes tensions Turbo alternateur.
(10000 à 15000V). Les difficultés d’avoir une bonne isolation des
bagues-balais a fait adopter la disposition inverse.
[27]

Leurs longueurs peuvent atteindre 6m, mais leurs diamètres sont Le paquet de tôles est serrés par des boulons entre deux
faibles (maximum 1,50m) pour éviter les effets trop violant de la plateaux.
force centrifuge sur les conducteurs du rotor.
- Le bobinage statorique est constitué de deux sections
préformées en cuivre, placée dans des encoches ouvertes et
maintenue par le cales.
Les têtes de bobines sont calées entre elles par des
intercalaires en feutre, imprégnées de résine époxy.

Le calage des bobines et des têtes de bobines doit permettre


aux conducteurs de rester aux efforts électrodynamiques
exercés sur eux lors des courts-circuits.

Il existe différents modes d’enroulement du bobinage statorique


parmi lesquels :

- L’enroulement ondulé : il se constitue en progressant toujours


dans le même sens de telle manière que les f.é.m. s’ajoutent à
chaque instant. Ci-dessous, un enroulement ondulé d’une
machine à 24 encoches et 4 pôles. (Fig.40.)

- Enroulement imbriqué : il se constitue en progressant en avant


puis en arrière en formant une boucle. Ci-dessous, un
1.4. CONSTITUTION DES ALTERNATEURS enroulement imbriqué d’une machine triphasée (24 encoches, 4
pôles) (Fig.41.)
a) Le stator
Une fois les trois phases constituées, on les raccorde soit en étoile,
- La carcasse, destinées à recevoir le circuit magnétique est soit en triangle.
constitué de deux flasques rigides, reliées par des entretoises
soudées de manière à constituer une enveloppe rigide ;

- Le circuit magnétique est constitué par l’empilement de tôles ou


de segments des tôles en acier au silicium à faibles pertes (≈
1,3𝑊/𝑘𝑔 à 1𝑇 𝑒𝑡 50𝐻𝑧).

Chaque tôle est isolée électriquement. Des intercalaires de


ventilation sont répartis tout au long de la masse magnétique
pour assurer la répartition de l’air de refroidissement.
[28]

Les épanouissements polaires, en acier forgé, sont fixés par des


vis et maintiennent les bobines en place. Ils peuvent être également
feuilletés.
Leur forme est étudiée pour obtenir une répartition sinusoïdale du
flux dans l’entre fer.
- Le rotor à pôles lisses

L’arbre et la masse magnétique, en acier, sont usinés d’une


seule pièce.
Les encoches, destinées à recevoir le bobinage sont taillés
dans la masse.

Le rotor est soigneusement équilibré. Pour cela, on fore des


trous dans la masse même, afin de répartir convenablement le
poids.

Le bobinage rotorique est placée dans les encoches et est


retenu par des cales en matériau conducteur non magnétique
(Bronze). Les têtes de bobines sont maintenues par des anneau
de retenu également en bronze (ou en aluminium). Les cales et
b) Le rotor anneaux forment une cage d’écureuil servant d’amortisseur
(amortisseur Leblanc).
Il faut ici, distinguer les deux types d’alternateurs.
Des canaux de ventilation sont aménagés dans le fond des
- Rotor à pôles saillants encoches pour le passage du fluide réfrigérant. Il est évacué par
des fentes aménagées dans le bobinage et dans les cales de
La roue polaire, en acier forgé d’une pièce constitue un volant retenue.
d’inertie capable d’absorber les variations de vitesse du moteur
d’entrainement. La roue polaire est fixée sur l’arbre. La disposition du bobinage est étudiée pour obtenir une
répartition sinusoïdale dans l’entrefer.
Les noyaux polaires, en acier massif sont fixés sur la roue
polaire.
Les électros ou bobines inductrice, constituées de cuivre sont c. Les bagues collectrices
fixée sur les noyaux de manière à assurer une bonne ventilation.
Les bagues collectrices, en acier forgé au Carbonne sont montées
sur un manchon calé sur l’arbre.
[29]

La liaison entre bagues et bobines est assurée par des connexions - Meilleure conductibilité thermique, d’où meilleur évacuation des
fixées rigidement. calories ;
- Il est beaucoup plus léger que l’air, d’où une réduction des
1.5. REFROIDISSEMENT DES ALTERNATEURS. pertes par ventilation ; le rendement de l’alternateur s’améliore.
C’est un problème très important dans les grosses machines. En On utilise de l’hydrogène sous pression (4𝑘𝑔/𝑐𝑚² ), ce qui
effet, pour augmenter la puissance des alternateurs, on est amené
augmente l’efficacité du refroidissement.
à employer différents moyens.
L’hydrogène à ce pendant l’inconvénient de former avec l’air
- Augmentation de la longueur et du diamètre de la machine,
(oxygène) un mélange explosif. Il faut prévoir des joints de dilatation
mais une machine trop longue provoque des vibrations
spéciaux.
excessives. Un diamètre trop grand entraine des forces
centrifuges trop grande ; c. Emploi de conducteurs creux

- Augmentation de l’induction magnétique, mais on est Pour obtenir un meilleur contact entre le cuivre statorique et le fluide
rapidement limité par la saturation du matériau magnétique ; réfrigérant, on utilise des conducteurs creux parcourus par ce fluide.
L’isolant, peu conducteur de la chaleur ne s’interpose donc plus
- Augmentation de la densité du courant (A/mm²). Les pertes entre le cuivre et le fluide réfrigérant.
joule augmentent, donc l’échauffement. C’est pourtant la
méthode la plus efficace, mais il faut que le refroidissement soit 2. FONCTIONNEMENT DE L’ALTERNATEUR
énergique et que les isolants ne se dégradent pas.
2.1. FORCE ELECTROMOTRICE D’UN ALTERNATEUR
a. Refroidissement par air (puissance ≤ 50 MW) MONOPHASE

a) Alternateur bipolaire
L’air est poussé, par deux ventilateurs montés aux extrémités du
rotor, dans les canaux de ventilation ménagés dans le stator et dans
le rotor et entre le stator et la carcasse.
Le refroidissement se fait soit en circuit ouvert ; il faut alors prévoir
un filtre pour épurer l’air des poussières qu’il contient.
Soit en circuit fermé : c’est le même air qui circule. Il passe dans
des réfrigérants d’air ou il est refroidi pour revenir ensuite dans la
machine.
b. Refroidissement par Hydrogène

Si le refroidissement se fait en circuit fermé, on peut remplacer l’air


par l’hydrogène. Il procure les avantages suivants :
[30]

Le rotor se trouve à l’intérieur du stator et porte l’enroulement


inducteur qui reçoit du courant continu par des balais et des bagues
collectrices.
Le courant d’excitation de l’inducteur est produit par une dynamo
shunt, appelée excitatrice, fixée en bout d’arbre de l’alternateur.
On donne aux inducteurs une forme telle que le flux soit sinusoïdal
dans l’entre fer.
Une tension sinusoïdale est induite dans le bobinage statorique
lorsque l’inducteur tourne. (Fig.42).
En a), le flux embrassé par la spire 11’ est maximum, la variation du b) Alternateur tétrapolaire
flux est nulle (Fig.43).
Avec 4 pôles, le principe est le même, mais la position initiale sera
∆𝛷
𝑒=− = 0 : pas de f.é.m. retrouvée lorsque le rotor aura fait un demi-tour, soit 180°. (Fig.44).
∆𝑡

En b), après une rotation de 90°, la variation de flux est maximum :


∆𝛷
𝑒 = − ∆𝑡 est maximum

∆𝛷 = 𝛷′′ − 𝛷′ est < 0 d’où 𝑒 est positif.


En c), après une rotation de 180° la f.é.m. est à nouveau nulle.
En d), après une rotation de 270° la f.é.m. ; est maximum , mais
∆𝛷 = 𝛷′′ − 𝛷′ est > 0
c) Fréquence de la force électromotrice induite dans un
d’où 𝑒 est négatif.
alternateur multipolaire
Après une rotation de 360°, on retrouve la position initiale.
Si 𝑝 = 1 (2 pôles), et si le rotor tourne à N’ tr/s, la sinusoïde se
On voit que le f.é.m. sinusoïdale produite dans la spire est en retard reproduira N’ fois par seconde ; cela revient à dire que le fréquence
de 90° sur le flux inducteur (Fig.43.) induite est N’.
f = 1. N′ (Hz)
Si 𝑝 = 2 (4 pôles) et si le rotor tourne à N’ tr/s, la sinusoïde se
reproduira 2N’ fois par seconde ; la fréquence induite est double.
[31]

f = 2. N′ (Hz) π Emax π
Emax = Emoy et Eeff = = Emoy = k1 Emoy
2 √2 2√2
Pour un nombre de paires de pole p, on aura donc :
Pour une onde sinusoïdale, 𝑘 = 1,11 d’où
f = p. N′ (Hz) N
E = k1 2nΦf = k1 2nΦp (Volt)
60
Si la vitesse est exprimée en tr/min, on a : N’tr/s N/60tr/min d’où f =
pN 60f e) Valeur pratique de la force électromotrice induite
60
et N = p

La fréquence du réseau de distribution est imposée : 50Hz. Donc, La formule ci-dessus est la f.é.m. théorique. Elle est valable si :
pour avoir une fréquence fixe, il faut que l’alternateur tourne à une - La f.é.m. induite est sinusoïdale.
vitesse constante. En pratique, l’induction dans l’entrefer n’est pas sinusoïdale. On
Si 𝑝 = 1, 𝑁 = 60 × 50 = 3000 𝑡𝑟/𝑚𝑖𝑛 ; essaie de rendre l’induction le plus sinusoïdale possible en
agissant sur la forme des épanouissements polaires. On agit
50 aussi sur la répartition des encoches rotorique dans les rotors à
𝑝 = 2, 𝑁 = 60 × 2
= 1500 𝑡𝑟 ⁄𝑚𝑖𝑛. 𝑒𝑡𝑐 …
pôles lisses. (Fig.45. a)
d) Valeur théorique de la force électromotrice induite
La valeur de k1 dépendra de la forme réelle de l’onde obtenue.
Appelons : k1 Est appelé « facteur de forme ».

- n, le nombre de brins actif, c’est-à-dire qu’il y a 𝑛⁄2 spires ;


- 𝛷, le flux utile sortant d’un pôle ;
- 2𝑝, le nombre de pôles ;
- T : la période de l’onde sinusoïdale et f = 1⁄T, la fréquence.

Pendant une demi-période, les 𝑛⁄2 spires de la machine


embrassent un flux qui passe d’un maximum dans un sens à un
maximum dans l’autre sens .
La variation du flux est : - Les f.é.m. induites sous un même pole sont en phase. En
∆𝛷 = 𝛷 − (−𝛷) = 2𝛷 pratique, les f.é.m. produites dans un chacun des brins, sous un
pôle ne sont pas en phase.
La f.é.m. moyenne est donc :
Comme les encoches étalées sur la périphérie du stator, le
n ∆Φ 𝑛⁄2 ∙ 2Φ 2𝑛Φ
Emoy = = = = 2𝑛Φf maximum de f.é.m. n’a pas lieu en même temps dans chaque
2 ∆t 𝑇 ⁄2 𝑇 brin.
La relation qui lie la valeur moyenne à la valeur maximum d’une
grandeur d’une grandeur sinusoïdale est :
[32]

Ainsi, la f.é.m. totale est la somme géométrique des f.é.m.


partielles. (Fig.45 b).
Cette somme est inférieure à la somme algébrique.

La valeur k2 tient compte de cette différence. k2 est appelé


« facteur d’enroulement ».

En tenant compte de deux constante de ces deux constantes, on


obtient :
N
E = 2 k1 k 2 n Φ p Dans le cas d’un alternateur bipolaire, le décalage des bobines est
60
de 120° et le déphasage des tensions est également de 120°.
𝐍
Ou 𝐄=𝟐𝐊𝐧𝚽𝐩 𝟔𝟎
A un angle géometrique 𝛂 = 𝟏𝟐𝟎°, correspond un angle élcetrique
Le coefficient K est appelé coefficient de Kapp. 𝛉 = 𝟏𝟐𝟎°. 𝛂 = 𝛉
𝟏, 𝟗 < 𝐊 < 𝟐, 𝟔 b. Alternateur tétrapolaire
2.2. FORCE ELECTROMOTRICE D’UN ALTERNATEUR
TRIPHASE

a. Alternateur bipolaire

On a vu que l’on repartisait les conducteurs de l’induit d’un


alternateur monophasé dans plusieurs encoches, mais qu’alors la
f.é.m. totale était inférieur à la somme des f.é.m. partielles.

L’induit d’un alternateur monophasé est mal utilisé car on ne peut


pas utiliser toute la périphérie de l’induit.

Par contre, on utilisera beaucoup mieux le stator si on dispose trois


enroulements indépendants, décalés de 120° les unes par rapport Dans ce cas, les conducteurs décalés géométriquement de 180°
aux autres. Les f.é.m. seront également décalées de 120° ; on a (par ex : 1 et 1) sont électriquement en phase (ils se trouvent en
ainsi réalisé un système de tension triphasé. même temps sous un pôle de même nom). A un angle électrique
Angle électrique, angle géométrique de 0° ou 360° correspond un angle géométrique de 180°. 𝛉 = 𝟐𝛂
[33]

Donc pour trois enroulements indépendants fournissent un système 𝑵


𝑬: F.é.m. à vide 𝑬 = 𝑲𝒏𝜱𝒑 𝟔𝟎
de tension de triphasé, il faut que les conducteurs de chaque phase
𝒊 : Courant d’excitation
soint déphasés de 120° électrique, ce qui correspond à un
décalage géométrique de :
Cette courbe suit la courbe de magnétisation de toutes les
𝜽 𝟏𝟐𝟎 machines.
𝜶= = = 𝟔𝟎°
𝟐 𝟐

c. Alternateur multipolaire

Les conducteurs de chaque phase doivent toujours être déphasés


d’un angle électrique de 120°, ce qui correspond à un décalage
géométrique de :
𝛉
𝛂=
𝐩

Ces trois enroulements indépendants peuvent ensuite être groupés


en étoile ou en triangle.
- Pour de faibles valeurs de 𝒊, 𝑬 augmente proportionnellement à
𝒊.
La formule de la f.é.m. reste valable si E représente la f.é.m.
produite aux bornes d’un enroulement.
- A mesure que 𝒊 augmente, le circuit magnétique se sature et 𝑬
augmente de moins en moins vite.
En général, les alternateurs ont leurs enroulements groupés en
étoile, ce qui permet pour une même isolation des enroulements, de
En triphasé , la courbe est identique ; on exprimera la f.é.m. par
fournir une même puissance sous une tension √𝟑 fois plus élevée phase, même si elle a été mesurée entre phases (en divisant par
qu’en triangle.
√𝟑)
D’autre part, le groupement triangle constitue un circuit fermé. Si les b. Caractéristique en charge - réaction d’induit
trois tensions sont symétriques, il n’y circule aucun courant interne ;
si ce n’est pas le cas, un courant interne peut s’établir.
Lorsqu’on charge l’alternateur, le flux dans l’entrefer se modifie.
Ce cas ne peut pas se produire avec un enroulement ouvert comme En effet, au flux 𝚽𝐨 produit par les inducteurs, vient s’ajouter
un couplage étoile. (vectoriellement) le flux produit par l’enroulement de l’induit 𝚽𝐚 .
Suivant le cas, le flux résultant 𝚽𝐫 peut-être affaibli ou renforcer.
2.3. CARACTERISTIQUES DES ALTERNATEURS
1ère cas : charge purement résistive
a. Caractéristique à vide
On a représenté sur la figure de deux pôles (fig. 49) 𝒍𝑵 et 𝒍𝑺. Les
C’est la courbe 𝐄 = 𝐟(𝐢) obtenue à vitesse constante. pôles se déplacent de gauche à droite. Ce qui signifie que si on
[34]

considère l’inducteur fixe, l’induit se déplacent dans le sens


opposé ; soit de droite à gauche.
Recherchons le sens de la f.é.m. induite au stator ; on utilise pour
cela la règle de trois doigts de la main gauche :
- Le pouce indique la direction du champ magnétique ;
- L’index indique le sens de déplacement de l’induit par rapport à
l’inducteur ;
- Le majeur indique le sens de la f.é.m.

La charge étant résistive, le courant est en phase avec la f.é.m.


Appliquons la règle du tire-bouchons pour déterminer le sens du flux
produit par l’induit.
On voit sur le schéma que le lignes de flux de réaction d’induit
coupent les lignes du flux inducteurs perpendiculairement à celle-ci.
Cette réaction d’induit s’appelle « réaction transversale ».
Elle a comme effet de décaler l’axe des pôles inducteurs.

2ème cas : charge purement inductive


Le maximum des f.é.m. dans les conducteurs a encore lieu lorsque
ceux-ci se trouvent en face des pôles, mais le maximum de courant
est décalé d’un angle de 90° électrique en arrière de E.
(90° électrique représente la moitié de la distance entre 2 pôles).
Le flux produit par les conducteurs de l’induit (𝚽𝐚 ) s’oppose au flux
produit par les pôles inducteurs (𝚽𝐨 ). (Fig.50)
Cette réaction d’induit se fait dans l’axe des pôles : c’est une
réaction longitudinale démagnétisante.
Elle a donc comme effet de créer une forte de tension en charge.
[35]

La caractéristique en charge 𝐔 = 𝐟(𝐈) de l’alternateur dépend donc


du type de charge. La figure 54 montre les différentes possibilités.

3ème cas : charge purement capacitive


On peut faire le même raisonnement que dans le deuxième cas,
mais ici le courant est en avance de 90° sur E.
Le flux de réaction d’induit renforce le flux inducteur ; c’est une
réaction longitudinale magnétisante (Fig.51).
Pour un courant d’excitation donné, la tension aux bornes de c. Chute de tension – digramme vectoriel
l’alternateur croît avec la charge.
En plus de la réaction d’induit, la chute de tension en charge de
l’alternateur est due :
- À la chute ohmique dans l’enroulement d’induit : 𝐑𝐈 ;
[36]

- Au fait qu’une partie du flux produit par l’induit ne rencontre pas La chute de tension inductive 𝐋𝛚𝐈 est représentée par GF,
le flux inducteur et donc ne modifie pas la réaction d’induit, mais perpendiculaire à 𝐈.
à ce flux correspond une inductance L, donc une chute de
tension inductive 𝐋𝛚𝐈. La résultante OF est la f.é.m. en charge. (Fig.52.)

Pour la construction du digramme vectoriel, il faut retenir que :


- Les flux sont en phase avec les courants qui créent ce flux ;
- Les f.é.m. sont en retard de 90° sur les flux.

Le diagramme vectoriel se construit pour les grandeurs de phase.


Appelons :
- 𝐔 : la tension aux bornes ;
- 𝐑𝐈 : la chute ohmique ;
- 𝐋𝛚𝐈 : la chute inductive ;
- 𝚽𝐨 : le flux à vide créer par le courant inducteur 𝐢𝐨 ;
- 𝚽𝐚 : le flux de réaction d’induit ; 𝚽𝐫 est la résultante du flux inducteur 𝚽𝐨 et du flux de réaction
- 𝚽𝐫 : le flux résultant (flux à vide modifiée par la réaction d’induit 𝚽𝐚 .
d’induit) ;
⃗𝜱
⃗⃗⃗𝒓 = ⃗𝜱
⃗⃗⃗𝒐 + ⃗𝜱
⃗⃗⃗𝒂
- 𝐄𝐨 : la f.é.m. à vide créée par 𝚽𝐨 ;
- 𝐄𝐚 : la f.é.m. de réaction d’induit créée par 𝚽𝐚 ; Mais les flux peuvent être représentés par des courants fictifs qui
- 𝐄𝐫 : la f.é.m. en charge ; les créent et en phase avec eux.
- 𝛙 : le déphasage de 𝐄𝐨 sur 𝐈 ;
- 𝛟 : le déphasage de 𝐔 sur 𝐈 ; 𝑰⃗𝒓 = 𝑰⃗𝒐 + 𝑰⃗𝒂
𝒊𝒂 présente l’effet que la réaction d’induit produit sur le courant
Er est la f.é.m. en charge ; elle est équilibrée par la tension U et par inducteur 𝒊𝒐 ; 𝒊𝒂 est proportionnel à 𝑰 et en phase avec lui.
et par les chutes ohmiques et inductives.
Soit 𝒊𝒂 = 𝛂𝐈 ; 𝒊⃗𝒓 = 𝒊⃗𝒐 + 𝛂𝑰⃗
⃗𝑬⃗𝒓 = ⃗𝑼
⃗⃗ + 𝑹𝑰⃗ + 𝑳𝝎𝑰⃗
𝒊𝒓 , qui crée 𝜱𝒓 est perpendiculaire à 𝑬𝒓 , soit ON ;
Soit
𝜶𝑰, proportionnel à 𝑰 est parallèle à 𝑰, soit MN.
- OA représentant la tension aux bornes U ;
- OB représentant le courant débité I, déphasé d’un angle 𝜑 sur U. ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ − 𝑀𝑁
𝒊⃗𝒐 = 𝒊⃗𝒓 − 𝛂𝑰⃗, soit 𝑂𝑁 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ou 𝑂𝑁
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = 𝑂𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ + 𝑁𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = 𝑂𝑀

𝜱𝒐 , créé par 𝒊𝒐 produit 𝑬𝒐 en arrière de 90° sur 𝜱𝒐 . On peut tracer


La chute de tension 𝐑𝐈 est représentée par AG, parallèle à 𝐈.
la direction de 𝐄𝐨 , soit OD.
[37]

⃗⃗𝒓 = 𝑬
et 𝑬 ⃗⃗𝒐 + 𝑬
⃗⃗𝒂 La chute de tension s’obtient en faisant la différence entre la f.é.m.
à vide et les tensions.
𝐄𝐚 , produit par 𝚽𝐚 est perpendiculaire à 𝚽𝐚 , donc à 𝐈 (// 𝚽𝐚 ).
𝒖 = 𝑬𝒐 − 𝑼
A cette f.é.m. 𝑬𝒂 , correspond une chute inductive 𝐗 𝐚 𝐈 de réaction
⃗⃗𝒂 = −𝑿𝒂 𝑰⃗
d’induit tel que 𝑬 Cette méthode n’est valable que pour les petits alternateurs que l’on
peut charger facilement.
Les directions de 𝐗 𝐚 𝐈 et de 𝐄𝐨 se rencontrent en D.
OD représente 𝐄𝐨 , f.é.m. à vide.
𝐋𝛚𝐈 et 𝐗 𝐚 𝐈 ayant le même sens, on peut le grouper en un seul
vecteur :
𝐋𝛚𝐈 + 𝐗 𝐚 𝐈 = (𝐋𝛚 + 𝐗 𝐚 )𝐈 = 𝐗 𝐒 𝐈
𝐗 𝐒 est appelé « réactance synchrone de l’alternateur ».
On a donc :
⃗⃗𝒐 = 𝑼
𝑬 ⃗⃗⃗ + 𝑹𝑰⃗ + 𝑿𝑺 𝑰⃗

2.4. DETERMINATION DE LA CHUTE DE TENSION D’UN


ALTERNATEUR

a. Méthode directe

Il s’agit de relever la tension aux bornes de l’alternateur pour


différentes intensités du courant débité, en maintenant constant le
courant d’excitation, la vitesse de rotation et le cos 𝜑 de la charge.
On entraine la génératrice synchrone et on la fait débiter sur une
charge composée de résistances et d’inductances variables et telles
qu’on puisse maintenir le cos 𝜑 constant. (Fig.53).
La charge est groupée en étoile et un voltmètre branché entre et
chacun des fils de ligne ; on vérifie que la charge est équilibrée en
plaçant un ampèremètre dans chacun des fils de ligne.
On relève U et I pour différentes charges. On obtient la
caractéristique en charge ou externe de l’alternateur. (Fig.54).
[38]

b. Méthode indirect : Diagramme de potier

Pour connaitre, avant son installation, les caractéristiques des gros


alternateurs, il est nécessaire d’utiliser des méthodes indirectes.
Ce sont des méthodes qui nécessitent pas la mise en charge de
l’alternateur.
En effet, la mise en charge demanderait des gros moteurs et des
charges dont on ne dispose pas en usine.
La méthode que l’on va étudier permet de PREVOIR le courant
d’excitation 𝑖𝑜 à fournir à l’alternateur pour qu’il débite, sous la
tension nominale 𝑼𝒏 un courant 𝑰 donné (en grandeur de phase).
c. La caractéristique en débit réactif : U f(I) pour le courant 𝐈
donné

On fait débiter l’alternateur sur des instances variables (cos 𝜑 ≅ 0).


En faisant varier le courant d’excitation 𝒊, on mesure la tension U
aux bornes des inductances. Pour chaque mesure, on règle les De même, 𝒊𝒓 et 𝜶𝑰 sont en opposition de phase. On les ajoute
inductances. Pour chaque mesure, on règle les inductances de algébriquement : 𝒊𝒐 = 𝒊𝒓 + (𝜶𝑰)
manière à garder 𝑰 constant. On trace sur le même graphique 𝑬𝑶 = 𝒇(𝒊𝒐 ), caractéristique à vide
Le cos 𝜑 = 0, la puissance débitée par l’alternateur est très faible. et 𝑼 = 𝒇(𝑰), caractéristique en débit réactif.

Cette caractéristique est une courbe semblable à la caractéristique On porte 𝐎𝐀 = 𝐔 et 𝐀𝐁 = 𝐋𝛚𝐈 (que l’on suppose connu pour
à vide, mais décalée vers la droite ; il suffit donc d’un point de l’instant.
mesure pour la tracer.
Dans cet essai, le digramme vectoriel (Fig.52) se transforme
comme ci-dessous (car 𝜑 = 90° si on néglige la chute ohmique).

Dans ce diagramme 𝑼 𝑒𝑡 𝑳𝝎𝑰 sont en phase. On les ajoute


algébriquement : 𝑬𝒓 = 𝑼 + 𝑳𝝎𝑰
[39]

On peut déplacer le triangle EFG et le placer en JKH ; pour ce la


traçons, à partir de de E, une parallèle au côté OJ du triangle
OJH.

Les triangles OHJ et LGE sont égaux.

OH représente le courant d’excitation nécessaire pour obtenir un


courant 𝐈 sous une tension nulle.

C’est donc le courant d’excitation nécessaire pour obtenir, en


court-circuit, le courant 𝐈

On procèdera donc comme suit :

- On trace sur un même graphique :

1) 𝑬𝒐 = 𝒇(𝒊𝒐 )
- 𝑂𝐵 = 𝑈 + 𝐿𝜔𝐼 = 𝐸𝑟 ; 2) 𝑰𝑪𝑪 = 𝒇(𝒊)
- À la f.é.m. 𝐸𝑟 correspond un courant d’excitation 𝐼𝑟 : 3) 𝑼 = 𝒇(𝒊) pour un courant 𝐈 donné.
𝐎𝐂 = 𝐢𝐫 ;

- À la tension U correspond, en débit réactif, le courant - On place sur 𝑰𝑪𝑪 = 𝒇(𝒊) le courant 𝐈 donné, soit M.
d’excitation 𝒊𝟏 . - On place sur 𝐔 = 𝐟(𝐢) le point G correspondant à la tension U.
𝐎𝐃 = 𝐢𝟏 - De G, on trace une parallèle à l’axe des 𝒊 : on prend
- Donc 𝑪𝑫 = 𝑶𝑫 − 𝑶𝑪 = 𝒊𝟏 − 𝒊𝒓 . GL = OH

𝐂𝐃 = 𝛂𝐈 - On trace EL parallèle à OJ
- Par E, parallèle à l’axe des ordonnées : on trouve Er
- Dans le triangle EFG, on obtient :
- On trace EF parallèle à AB et FG parallèle à CD
- Dans le triangle EFG ainsi formé,
𝐄𝐅 = 𝐋𝛚𝐈 et 𝐅𝐆 = 𝛂𝐈
𝐄𝐅 = 𝐋𝛚𝐈
𝐅𝐆 = 𝛂𝐈
2.5. EXCITATION DES ALTERNATEURS
- Il suffit donc de déterminer le triangle EFG et on connaitra 𝐋𝛚𝐈
et 𝛂𝐈, donc aussi 𝐋𝛚 et 𝛂. Dans le but de réduire les variations de tension subies par
- Comme 𝛂𝐈 et 𝐋𝛚𝐈 sont constants, le triangle reste semblable à l’alternateur lors des variations de la charge, on prévoit un
lui-même quel que soit la valeur de U, même pour 𝐔 = 𝟎. régulateur de tension.
[40]

a. Excitation par dynamo Le courant continu, nécessaire à l’excitation de l’excitateur est


fournie par un petit alternateur pilote (4) ; l’inducteur tournant est un
Des transformateurs de potentiel et de courant, placés à la sortie de aimant permanant et le courant triphasé produit dans le stator est
l’alternateur prélèvent un courant proportionnel à la tension et au redressé (5) et envoyé à l’inducteur de l’excitateur.
courant de sorti.
Le régulateur a pour rôle d’agir sur le courant d’excitation de la
dynamo shunt de manière que pour une augmentation du courant
de charge et d’une diminution de la tension de sortie, l’excitation de
la dynamo augmente. Ainsi le flux inducteur de l’alternateur
augmentera, donc aussi sa tension de sortie. (Fig. 58).

b. Excitation sans balais (brushless alternator)

Le contact bague-balais est un point faible des alternateurs


classiques, surtout si le courant d’excitation est important.
On a réalisé des alternateurs dans lesquelles il n’y a plus des
contacts glissants (Fig. 59 et 60).
La puissance nécessaire à l’enroulement d’excitation (1) de
l’alternateur est fournie par un pont redresseur triphasé (2) alimenté
par un alternateur triphasé (excitateur) (3) à inducteur fixe et induit
tournant.
Il n’y a donc plus des contacts bagues-balais.
[41]

c. Alternateur auto-excité compoudé

Le courant d’excitation dépend de deux composantes :

- Une composante 𝒊𝒐 représentant l’excitation à vide ;


- Une composante 𝐢𝐚 = 𝛂𝐈 dépendant du courant débité (en
grandeur de phase).

Le principe d’un système compound est de réaliser une excitation


variable, sans régulateur, avec le courant débité et le cos 𝜑 de la
charge.
Le compoundage est réalisé par la mise en série du secondaire
d’un transformateur de courant.
Le courant 𝒊𝒐 est fourni par le TP ; le courant 𝒊𝒂 par le TI. Une
augmentation de la charge entraine une diminution de U, mais celle-
ci est compensée par une augmentation de 𝐈, de telle sorte que le
courant d’excitation 𝒊 croît pour rétablir la tension U à sa valeur
nominale.
Ce système maintient, sans régulateur, la tension pratiquement
3. RENDEMENT DES ALTERNATEURS
constante (±2,5%) quel que soit la charge (𝐈, 𝛗) de l’alternateur.
La figure ci-dessous représente un alternateur compoundé sans Rappelons que quelle que soit la machine, le rendement est
balais. toujours :

Il est auto-excité, l’auto-excitation provenant du magnétisme 𝑷𝒖𝒕𝒊𝒍𝒆


𝜼=
rémanent. (Fig.61). 𝑷𝒂𝒃𝒔𝒐𝒓𝒃é𝒆
3.1. METHODE DIRECTE

Cette méthode peut s’appliquer s’il est possible d’entrainer


l’alternateur à sa vitesse nominale à pleine charge.
On emploie un moteur taré, à courant continu en général. Un
moteur taré est un moteur dont on connait le rendement pour
divers charge.
[42]

On entraine l’alternateur à sa vitesse nominale et on le charge au Il y a encore les pertes supplémentaires ; elles sont faibles et
régime pour lequel on désire connaitre le rendement (tension, difficiles à calculer.
courant et cos 𝜑).
Les pertes fer et mécaniques sont constantes : elles se
Soit 𝑼𝒎 , 𝑰𝒎 , 𝜼𝒎 , la tension, courant et rendement du moteur déterminent comme suit :
d’entrainement pour cette charge.
On entraine l’alternateur à sa vitesse nominale par un moteur taré et
La puissance absorbée par l’alternateur est la puissance utile fournit on l’excite de manière à avoir la f.é.m. à vide 𝑬𝒐 qui correspond à la
par le moteur : tension nominale pour un courant 𝑰.
𝑷𝒂𝒃𝒔 = 𝑼𝒎 . 𝑰𝒎 . 𝜼𝒎 La puissance mécanique qu’il absorbe représentes les pertes
constantes ; cette puissance peut être mesurée par la méthode du
Si l’excitatrice n’est pas en bout d’arbre, il faut l’ajouter à la moteur taré.
puissance absorbée par l’alternateur ; soit 𝑷𝒆 cette puissance.
Les pertes d’excitation se calculent par le produit 𝐔𝐈, de la tension
La puissance utile est mesurée à l’aide d’un wattmètre aux bornes d’excitation par le courant d’excitation.
de la charge.
La valeur de 𝒊 est obtenue par le diagramme de potier.
Le rendement de l’alternateur est alors :
Les pertes au contacts bagues-balais se calculent en prenant
𝑷𝒖𝒕
𝜼= comme chute de tension 1V par rangée de balais (en carbone et en
𝑷𝒂𝒃𝒔 + 𝑷𝒆 graphite) ou 0,3V (pour des balais en graphite métallisé).
3.2. METHODE INDIRECTE Le courant à considérer est le courant d’excitation.

La puissance absorbée est la somme de la puissance utile et de Les pertes dans l’induit se calculent à partir des résistances
l’ensemble des pertes de la machine : mesurées en courant continu (et à chaud). Que l’alternateur soit en
étoile ou en triangle, ces pertes valent :
𝑷𝒖𝒕 𝑷𝒖𝒕 √𝟑𝑼𝑰 𝐜𝐨𝐬 𝝋
𝜼= = = 𝟑
𝑷𝒂𝒃𝒔 𝑷𝒖𝒕 + 𝒑𝒆𝒓𝒕𝒆𝒔 √𝟑𝑼𝑰 𝐜𝐨𝐬 𝝋 + ∑ 𝒑𝒆𝒓𝒕𝒆𝒔 𝑷𝒋 = 𝑹𝑰²
𝟐
L’ensemble des pertes se décompose en : 4. MARCHE EN PARALLELE DE DEUX ALTERNATEURS
- Les pertes dans le fer (Hystérésis et courant de Foucault), qui
dépendent du flux à vide. Pour répondre à la demande d’énergie (variable dans le temps) et
pour utiliser les alternateurs à leur meilleur rendement.
- Les pertes mécaniques par ventilation et par frottement dans les
Les réseaux disposent de plusieurs machines que l’on couple en
paliers.
parallèle chaque fois que les besoins l’exigent.
- Les pertes joule due au passages du courant dans
l’enroulement d’induit.
[43]

4.1. MISE EN PARALLELE DE DEUX ALTERNATEURS Ces quatre conditions peuvent se résumer en disant que les
graphes des tensions des deux alternateurs doivent se superposer
a. Schéma de principe à chaque instant.

c. Manœuvres de couplage

Soit à coupler l’alternateur A2 sur un jeu de barres où débite déjà


A1.
1. On entraine l’alternateur à coupler à une vitesse proche de celle
du synchronisme (mesure au compte tours)
2. On règle l’excitation de manière à avoir 𝐸2 = 𝑈1 (mesure au
voltmètre)

b. Conditions de couplage

Pour coupler deux alternateurs triphasés en parallèle, il faut


s’assurer que les f.é.m. des alternateurs à coupler soient à chaque
3. La mise en parallèle peut se faire si la concordance des phases
instant égales aux tensions du jeu de barre sur lequel ils sont
est réalisée, c’est-à-dire si les lampes de couplage, montés
connectés. Sinon la f.é.m. résultante ferait circuler entre deux
comme sur la figure 62 sont toutes éteintes.
alternateurs un courant, ralentissant l’un et accélérant l’autre ; ce
qui produirait sur les arbres des machines des efforts importants qui
Si l’alternateur n’a pas sa vitesse du synchronisme, les lampes
pourrait les endommager. sont soumise à un « battement », passant d’un maximum
Pour cela, quatre conditions doivent être respectées : d’éclairement lorsque les tensions sont en opposition de phase
(Fig.63. a) (deux fois la tension simple) à l’extinction lorsque les
- Égalité des valeurs efficaces des tensions ; tensions sont en phase. (Fig.100 b)
- Égalité des fréquences ;
- Même ordre de succession des phases ; On agit sur la vitesse de A2 pour éteindre les lampes, une fois
- Déphasage relatif nul. les lampes éteintes, on peut fermer l’interrupteur. On a réalisé le
couplage des lampes à l’extinction.
[44]

Note : il faut remarquer qu’à l’éclairement maximum correspond La synchronisation par les lampes est un moyen simple mais peu
une tension, aux bornes des lampes, double la tension simple précis.
d’un alternateur.
Les lampes doivent donc être prévues en conséquences.

4. Si au lieu de « battre » en même temps, les lampes s’allument


et s’éteignent successivement, c’est que l’ordre des phases
n’est pas respecté : on obtient alors un feu
tournant. (Fig.64)

Pour les gros alternateurs, la synchronisation exige de se faire à


l’instant précis de la concordance des phases.
On utilise un appareil plus précis « le synchronoscope ». C’est un
petit moteur asynchrone dont le stator est alimenté par la fréquence
Il faut alors changer l’ordre de succession des phases en du réseau f et le rotor par la fréquence f’ de l’alternateur à coupler.
croisant deux connexions de A2. Le rotor entraine un aiguille (Fig.66).
d. Montages des lampes

Dans le couplage à l’extinction, les lampes sont déjà éteintes alors


qu’une tension subsiste.
Au lieu de le brancher comme à la figure 62, on les branches
comme ci-dessous : on obtient un couplage à feux tournants (Fig.
65).
Au moment de la synchronisation, la lampe centrale est éteinte et
les deux autres brille d’un même éclat.
Si, ayant réalisé ce couplage, les lampes battaient, il faudrait
Le rotor crée deux champs tournant en sens inverse à la vitesse
inverser deux connexions de l’alternateur à coupler.
+𝐍𝐒 et −𝐍𝐒. (Voir moteur monophasé)
e. Synchronoscope
[45]

Le rotor produit un champ tournant à la vitesse N. Le rotor va tenter


de s’accrocher au champ statorique qui tourne dans le même sens - À la tension faible, la résistance étant faible également, la
que lui. Supposons que 𝐍 et +𝐍𝐒 aient le même sens. presque totalité de la tension est appliquée aux bornes du
voltmètre ; les graduations du début de l’échelle sont espacées.
Trois cas peuvent se présenter :
1ère cas : 𝐍 < 𝐍𝐒 Un commutateur met hors-circuit l’appareil une fois les manœuvres
de couplage terminées.
Le rotor tournera dans le même sens que +𝐍𝐒 à la vitesse 𝐍𝐒 − 𝐍,
g. Couplage automatique
indiquant par là qu’il faut accélérer le moteur d’entrainement de
l’alternateur à coupler. (a) (𝐍𝐒 − 𝐍 = 𝐍𝐫 ).
Actuellement, dans toutes les centrales électriques des dispositifs
2ème cas : 𝐍 > 𝐍𝐒 électronique sont utilisés pour la mise en parallèle d’alternateurs.

Le rotor tournera dans l’autre sens à la vitesse 𝐍 − 𝐍𝐒, indiquant La synchronisation manuelle n’est utilisée qu’en cas de défaillance
qu’il faut retenir le moteur d’entrainement (b). des systèmes automatiques.

3ème cas : : 𝐍 = 𝐍𝐒 4.2. REPARTITION DE LA CHARGE DE DEUX


ALTERNATEURS EN PARALLELE
Les deux champs tournants tournent à la même vitesse et se
placent l’un en face de l’autre (pour obtenir un flux maximum). Pour que deux alternateurs débitent en parallèle avec le minimum
de pertes, ils doivent produire chacun un courant proportionnel à
Comme il n’y a plus de variation de flux, le rotor reste immobile.
leur courant nominal.
C’est l’instant de couplage.
En effet, supposons deux alternateurs identiques devant débiter
f. Zérovoltmètre ensemble un courant de 6A.

On utilise également pour la synchronisation un voltmètre spécial, Le courant pourrait être réparti comme suit, et les pertes joule,
appelé Zérovoltmètre valant RI², on aurait les résultats suivants :
𝑨𝟏 𝑨𝟐 𝑷𝒋
L’aiguille oscille, lors de la mise en parallèle entre 0 et 2 fois la
tension simple de l’alternateur. 1A 5A 𝑹(𝟏² + 𝟓²) = 𝑹. 𝟐𝟔𝑾
Les graduations, au voisinage de zéro, doivent être élargies pour 2A 4A 𝑹(𝟐² + 𝟒²) = 𝑹. 𝟐𝟎𝑾
permettre un couplage précis. On y parvient en plaçant en série
avec l’appareil, une résistance dont la valeur augmente avec la 3A 3A 𝑹(𝟑² + 𝟑²) = 𝑹. 𝟏𝟖𝑾
tension.
On voit donc que les pertes joule sont minimum si les courant sont
- A la tension élevée, la tension se répartit entre la résistance et le égaux.
voltmètre ; les graduations de l’extrémité de l’échelle sont
rapprochées.
[46]

En alternatif, des courant égaux signifient que les composantes 𝐀𝐃 = 𝐋𝛚𝐈𝟏 𝐬𝐢𝐧 𝛗𝟏 : AD est proportionnel à 𝐈𝟏 𝐬𝐢𝐧 𝛗𝟏 = 𝐈𝟏𝐫
actives doivent être égales entre elles et les composantes réactives
également. Pour obtenir le rendement maximum, il faut avoir :
𝐈𝟏 𝐜𝐨𝐬 𝛗𝟏 + 𝐈𝟐 𝐜𝐨𝐬 𝛗𝟐
Soit 𝑰𝟏𝒂 = 𝑰𝟐𝒂 et 𝑰𝟏𝒓 = 𝑰𝟐𝒓 - 𝐈𝟏𝐚 = 𝐈𝟐𝐚 [= ]
𝟐
Ce qui entraine aussi 𝐜𝐨𝐬 𝝋𝟏 = 𝐜𝐨𝐬 𝝋𝟏 .
Il faut donc diminuer 𝐈𝟏 𝐜𝐨𝐬 𝛗𝟏 et augmenter 𝐈𝟐 𝐜𝐨𝐬 𝛗𝟐 , et, puisque U
Traçons le digramme vectoriel de deux alternateurs identiques doit rester constant, cela revient à diminuer
débitant des courants différents sous des facteurs de puissance
différents, et négligeons les faibles chute ohmiques (Fig.67). P1 = √3UI1 cos φ1 et augmenter P2 = √3UI2 cos φ2 . Comme la
vitesse des alternateurs doit rester constante, et que P = CΩ, il
faudra diminuer le couple moteur agissant sur A1 en diminuant le
Alt 2 : 𝟎𝐀 = 𝐔; 𝐀𝐂 ′ = 𝐋𝛚𝐈𝟐 ; 𝐎𝐂 ′ = 𝐄𝟐 ; 𝐈𝟐 ; 𝛗𝟐 couple de son moteur d’entrainement et augmenter le couple
moteur agissant sur A2 en augmentant le couple de son moteur
Alt 1 : 𝟎𝐀 = 𝐔; 𝐀𝐃′ = 𝐋𝛚𝐈𝟏 ; 𝐎𝐃′ = 𝐄𝟏 ; 𝐈𝟏 ; 𝛗𝟏 d’entrainement.
Cela se fait en agissant sur l’admission de vapeur, d’eau, de fuel,
suivant le type de moteur.
Le contrôle de l’égalité des courants actifs se fera par la mesure de
la puissance fournie par chacun de deux alternateurs qui doit être
égale.
Nous n’avons pas touché à l’excitation : cela implique que les deux
f.é.m. E1 et E2 restent constantes : E1 vient E′1 et E2 en E′2 .
𝐈𝟏 𝐬𝐢𝐧 𝛗𝟏 + 𝐈𝟐 𝐬𝐢𝐧 𝛗𝟐
- 𝐈𝟏𝐫 = 𝐈𝟐𝐫 [= ]
𝟐

Il faut à présent diminuer I1 sin φ1 = I1r et augmenter I2 sin φ2 = I2r


de telle sorte que E′2 coïncide avec E′1 au point E.

Dans le triangle AC’C : Pour cela diminuons de A1 et augmentons celle de A2.

𝐂′𝐂 = 𝐋𝛚𝐈𝟐 𝐜𝐨𝐬 𝛗𝟐 , C’C est proportionnel à 𝐈𝟐 𝐜𝐨𝐬 𝛗𝟐 = 𝐈𝟐𝐚 On ne touche pas aux moteurs d’entrainement, donc les restent
constants.
𝐀𝐂 = 𝐋𝛚𝐈𝟐 𝐬𝐢𝐧 𝛗𝟐 : AC est proportionnel à 𝐈𝟐 𝐬𝐢𝐧 𝛗𝟐 = 𝐈𝟐𝐫
Le contrôle de l’égalité des courants réactifs se fera par la mesure
Dans le triangle AD’D : des courants I1 et I2 débités par chacun de deux alternateurs qui
𝐃′𝐃 = 𝐋𝛚𝐈𝟏 𝐜𝐨𝐬 𝛗𝟏 ; D’D est proportionnel à 𝐈𝟏 𝐜𝐨𝐬 𝛗𝟏 = 𝐈𝟏𝐚 doivent être égaux.
[47]

En résumé :
On peut représenter le
- La puissance active des machines travaillant en parallèle est digramme vectoriel de
réglable en agissant sur l’admission en carburant des moteurs l’alternateur comme ci-
d’entrainement (Opération mécanique) ; contre (fig.68) ; la tension
du réseau (𝐔𝐫 ) et la
- La puissance réactive des machines travaillants en parallèle est tension U aux bornes de
réglable en agissant sur leurs excitations (Opération électrique) ; l’alternateur sont en
apposition dans leur
- La répartition de la charge de chaque alternateur doit s’effectuer circuit commun (de
proportionnellement à leur puissance nominale ; même que les tensions
de deux piles
- Le rendement des alternateurs travaillants en parallèle est fonctionnant en
maximum lorsque les facteurs de puissance des machines sont parallèle).
égaux.
Négligeons la chute ohmique et considérons son fonctionnement à
4.2. STABILITE DE LA MARCHE EN PARALLELE vide.

Considérons un réseau important sur lequel on a couplé un Dans ce cas, comme il ne fournit pas de puissance active, le
alternateur ; la fréquence et la tension du réseau peuvent alors être courant 𝐈 est perpendiculaire à 𝐔.
considérées comme indépendantes de cet alternateur.
⃗𝑬⃗𝒐 = ⃗𝑼
⃗⃗ + 𝑿𝑺 𝑰⃗
Que se passe-t-il pour cet alternateur s’il subit :
𝐈 est perpendiculaire à 𝐗 𝐒 𝐈 et en arrière de 𝐗 𝐒 𝐈. Si l’alternateur est
- Une modification de la vitesse d’entrainement ? surexcité (𝐄𝐨 > 𝐔), le courant 𝐈 circulant dans la réactance
- Une modification de sa charge ? synchrone 𝐗 𝐒 est en retard sur la tension de l’alternateur et en
avance de 90° par rapport à la tension du réseau (l’alternateur se
a. Modification de la vitesse du moteur d’entrainement comporte vis-à-vis du réseau comme un condensateur) (a).

Lors d’une accélération momentanée du moteur d’entrainement, le


vecteur 𝐄𝐨 tournera plus vite et le courant 𝐈 fera un angle 𝛗 avec 𝐔
(b)

L’alternateur va donc fournir une puissance 𝐏 = √𝟑𝐔𝐈 𝐜𝐨𝐬 𝛗 au


réseau tandis que le réseau recevra une puissance
𝐏 = √𝟑𝐔𝐈 𝐜𝐨𝐬(𝟏𝟖𝟎 − 𝛗), ou 𝐏 = −√𝟑𝐔𝐈 𝐜𝐨𝐬 𝛗

S’il y a ralentissement du moteur d’entrainement, c’est le


phénomène inverse qui se produit (c)
[48]

La puissance du réseau est positive ; il fournit de l’énergie à On a ensuite placé sur le rotor de l’alternateur une cage d’écureuil
l’alternateur qui fonctionnera en « moteur » en accélérant sont que l’on appelle « Amortisseur le blanc ».
moteur d’entrainement.
Lorsque le rotor tend à s’écarter de sa vitesse de synchronisme,
Une modification de la vitesse du moteur permet le retour à des courants induits prennent naissance dans la cage, ces courants
l’équilibre ; on dit que le système est stable. induits sont tels que par leurs effets ils s’opposent à la cause qui
leurs a donnés naissances (Lenz).
b. Modification de la charge
Ils tendront à accélérer le rotor qui a ralenti et à ralentir le rotor qui à
- Si l’on désire augmenter la charge de l’alternateur, il faut accélérer.
augmenter l’admission du moteur d’entrainement, le moteur
fournit un couple supplémentaire sur le rotor. Ce qui a pour effet Cet effet d’amortisseur n’est pas illimité et il existe, pour une charge
de déplacer le vecteur 𝐄𝐨 de sa position initiale en 𝐄′𝐨 , donnée un supplément de charge que l’on peut dépasser sans
correspondant à une puissance active plus grande. (Fig.69). risquer le décrochage de l’alternateur.

- Si l’appel de puissance augmente brusquement, il y aura un 5. PROTECTION DES ALTERNATEURS


ralentissement momentané de l’alternateur ce qui doit
commander l’ouverture de la soupape d’admission du moteur La bonne marche d’un alternateur peut être perturbée soit :
d’entrainement. Le rotor va accélérer et dépasser sa position
d’équilibre, d’où fermeture de la soupape d’admission et - Par des défectuosités sur le réseau
ralentissement de l’alternateur ; la soupape va à nouveau - Par des défectuosités de l’alternateur lui-même.
s’ouvrir et ainsi de suite.
Défectuosités dues au réseau
Il y a oscillation au tour de la position d’équilibre.
- Augmentation brusque de la tension aux bornes de l’alternateur
C’est le phénomène de pompage. par suite de délestage du réseau.

Il y a alors deux possibilités : - Surcharge importante de l’alternateur par suite d’un court-circuit
sur la ligne.
- Les oscillations s’atténuent progressivement et l’alternateur
revient à sa position d’équilibre. Défectuosités dues à l’alternateur

- Les oscillations s’amplifient et l’alternateur perd le synchronisme - Court-circuit entre les spires d’une même phase
avec le réseau, le mettant ainsi en court-circuit : il doit être - Court-circuit entre les spires de phases différentes
immédiatement déconnecté du réseau. - Mise à la terre d’une phase du stator
- Mise à la terre d’une phase du rotor.
Pour atténuer l’effet de pompage, il faut d’abord que le régulateur
de vitesse commandant la soupape d’admission soit régler Une bonne protection de l’alternateur doit pouvoir détecter le défaut
correctement. et agir en conséquence.
[49]

Les protections des alternateurs sont multiples : elles comprennent 600


𝐸 = 2,12 × 96 × 0,018 × 6 × = 220𝑉
notamment : 60

- Une protection contre les surcourants ; Les enroulements étant couplés en étoile, la tension entre fils de phase (ou
tension de ligne) est :
- Une protection différentielle ;
- Une protection contre la mise à la terre du stator ;
𝑈 = √3 × 𝐸 = √3 × 220 = 380𝑉
- Une protection contre les court-circuits dans les enroulements
du stator ; 2. On dispose de deux alternateurs identiques entrainés à la même
- Une protection contre la mise à la terre du rotor ; vitesse rigoureusement constante. Leur résistance interne est 1,8
- Une protection contre les surtensions. ohms et leur réactance interne est 2,4 ohms supposées constante.

Ces différentes protections sont étudiées dans le cours Ces deux alternateurs sont couplés en parallèle.
d’applications électrotechniques. (AET)
Au moment du couplage, les f.é.m. des alternateurs ont même valeur
EXERCICES RESOLUS efficace, 400V par phase, mais elles sont déphasées entre elles d’un
angle de 15°.
1. Un alternateur triphasé a 12 pôles et 2 encoches par pôle et par
Déterminer les valeurs efficaces de la différence de potentiel entre
phase. Chaque encoche contient 4 conducteurs actifs. Le flux par pôle
leurs bornes communes et de l’intensité du courant de circulation.
est 0,018 Webers et le coefficient de Kapp 2,12. La fréquence de la
f.é.m. produite est 60Hz
Solution :
a) Quelle est la vitesse de rotation du groupe ?
La tension aux bornes des alternateurs au moment du couplage est :
b) L’ensemble des conducteurs actifs d’une phase étant montés en série,
∆𝑢 ⃗⃗1 − 𝑈
⃗⃗ = 𝑈 ⃗⃗2 ; ∆𝑢 = 2𝑈1 sin 7,5° = 2 × 400 × 0,1305 = 104𝑉
quelle est la f.é.m. par phase ?

Les trois enroulements sont couplés en étoiles, quelle est la tension Cette tension est appliquée aux bornes de deux alternateurs ; l’impédance
entre fils à vide ? d’une phase est :

Solution : 𝑍1 = 𝑍2 = 𝑍 = √𝑅² + [𝐿𝜔]² = √[1,8]² + [2,4]² = 3𝛺

60𝑓 60×60 Le courant dans une phase est :


a) La vitesse est donnée par : 𝑁 = = = 600 𝑡𝑟/𝑚𝑖𝑛
𝑝 6
𝑈 104
𝑁 𝐼= = = 17,3𝐴
b) La f.é.m. par phase est : 𝐸 = 𝐾 × 𝑛 × 𝛷 × 𝑝 × 2𝑍 2×3
60

Dans laquelle :
𝐾 = 2,12
𝑛 = 12 × 2 × 4 = 96 𝑏𝑟𝑖𝑛𝑠 𝑎𝑐𝑡𝑖𝑓𝑠 𝑝𝑎𝑟 𝑝ℎ𝑎𝑠𝑒
𝛷 = 0,018 Webers : flux par pôle
𝑝=6
𝑁 = 600 𝑡𝑟/𝑚𝑖𝑛
[50]

LE MOTEUR SYNCHRONE

1. GENERALITES

1.1. PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT

Nous avons vu que lors d’un ralentissement du moteur


d’entrainement d’un alternateur couplé sur le réseau, le vecteur EO
de la f.é.m. se décalait en arrière de U ; l’alternateur recevant de
l’énergie du réseau fonctionne alors en moteur.

On pourrait alors découpler le moteur d’entrainement de


l’alternateur ; celui-ci continuerait à tourner.
a. Le moteur synchrone ne peut démarrer seul
L’alternateur est devenue un moteur synchrone.
En effet, si on enclenche le moteur lorsque les pôles inducteurs du
rotor sont à l’arrêt, ceux-ci, à cause de leur inertie, ne peuvent pas
L’alternateur et le moteur synchrone sont une seule et même
suivre le champ tournant et restent immobiles.
machine. Ils ont donc la même constitution.
Il faudra donc l’aider à démarrer.
Le stator est le même que celui de l’alternateur triphasé. En
alimentant le stator par des courants triphasés, ceux-ci vont créer
un champ tournant à la vitesse :
𝟔𝟎𝒇
𝑵𝑺 = 𝒑
En tours par minutes

Le rotor à la forme d’une roue polaire : son enroulement


d’excitation, alimenté en courant continu a le même nombre de
pôles que le stator.

Le rotor va s’orienter de manière telle que ses lignes d’inductions


aient le même sens que celles du champ tournant statorique. Il va
tourner à la même vitesse que ce champ. Le rotor est accroché au
champ tournant du stator. b. Le moteur synchrone peut « décrocher »

D’où le nom de synchrone (en même temps) donné à ce moteur. Lorsque le moteur tourne à vide, les pôles du rotor sont en face des
pôles fictifs du stator.
[51]

Au fur à mesure que la charge augmente, les pôles inducteurs vont


se décaler en arrière des pôles fictifs statorique. Si la charge b) Démarrage en moteur asynchrone
dépasse une certaine valeur, le champ tournant statorique ne peut
plus accrocher le rotor. Celui-ci décroche et s’arrête. Les amortisseurs Leblanc et les pôles saillants massifs du rotor
jouent le rôle de cage d’écureille.
Il y a donc un couple maximum à ne pas dépasser.
Le moteur démarre en asynchrone sous tension réduite, soit par
2. FONCTIONNEMENT l’intermédiaire d’un commutateur étoile-triangle, soit par la mise en
série d’inductances statoriques.
2.1. MODES DE DEMARRAGE DES MOTEURS
SYNCHRONES A l’approche du synchronisme, on alimente le circuit d’excitation en
DC ; les pôles du rotor étant excités, il se produit une attraction
a) Démarrage par moteur auxiliaire entre ces pôles et ceux du champ tournant statorique.

On utilise le principe du couplage d’un alternateur sur le réseau. Le moteur accélère et s’accroche au champ tournant du stator.

Le moteur synchrone est entrainé à la vitesse de synchronisme par Il peut arriver que la position des pôles rotoriques par rapport aux
moteur auxiliaire. Généralement on utilise le moteur asynchrone pôles statoriques, à l’instant de l’excitation, soit défavorable (un
ayant deux pôles de moins que le moteur synchrone (ce qui lui Nord rotorique en face d’un Nord statorique).
permet d’atteindre et de dépasser la vitesse du synchronisme).
Il se produit alors une répulsion entre ces pôles et le moteur ralentit.
On règle la vitesse du moteur pour avoir les conditions de couplage. Ce ralentissement sera bientôt suivi d’une accélération lorsque les
Une fois l’accrochage du moteur synchrone réalisé, le moteur pôles occuperont une position favorable.
auxiliaire est désaccouplé et le moteur synchrone peut être chargé.
Après quelques oscillations, le moteur se stabilise à la vitesse de
Si on dispose de courant continu, l’excitatrice du moteur synchrone synchronisme.
peut servir au démarrage, elle tournera pendant un temps en
moteur.
[52]

Pour les faibles puissances, on peut utiliser un variateur de


fréquence statorique.
2.2. DIAGRAMME VECTORIEL DU MOTEUR SYNCHRONE

Il se trace comme le digramme vectoriel de l’alternateur, en


considérant que :

𝐸⃗⃗𝑂 , f.é.m. à vide de l’alternateur dévient ⃗⃗⃗⃗


𝐸′𝑂 , force contre
électromotrice du moteur synchrone.
⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗𝑶
𝑬′𝑶 = −𝑬

Remarque 𝑈⃗⃗𝑟 , tension appliquée aux bornes du moteur est de sens opposés à
la tension 𝑈 produite par l’alternateur.
Pendant le démarrage, l’enroulement d’excitation ne peut rester
ouvert, car celui-ci, constitué d’un grand nombre de connecteurs ⃗𝑼
⃗⃗𝒓 = ⃗𝑼
⃗⃗
serait le siège de f.é.m. élevées qui risqueraient de percer les
Pour l’alternateur :
isolants.
⃗⃗𝑶 = 𝑼
𝑬 ⃗⃗⃗ + 𝑹𝑰⃗ + 𝑿𝑺 𝑰⃗ ou −𝑬
⃗⃗𝑶 = −𝑼
⃗⃗⃗ − 𝑹𝑰⃗ − 𝑿𝑺 𝑰⃗
Il ne peut être mis en court-circuit, car il constituerait un
enroulement monophasé fermé sur lui-même et le moteur risquerait Pour le moteur :
de s’accrocher au demi-synchronisme par suite du phénomène de
Görges. ⃗⃗⃗⃗
𝑬′𝑶 = ⃗𝑼 ⃗⃗𝒓 = ⃗⃗⃗⃗
⃗⃗𝒓 − 𝑹𝑰⃗ − 𝑿𝑺 𝑰⃗ ou ⃗𝑼 𝑬′𝑶 + 𝑹𝑰⃗ + 𝑿𝑺 𝑰⃗
On ferme le circuit inducteur sur une résistance de protection
pendant le démarrage. (K3 en position B).
c) Démarrage par variation de fréquence

Les inducteurs sont alimentés en courant continu, moteur arrêté. On


fait varier la fréquence des courants statoriques de zéro à sa valeur
nominale.
Le rotor peut ainsi suivre le champ tournant, il y est accroché
pendant toute la période de démarrage.
La fréquence variable est obtenue par un alternateur indépendant
dont la vitesse peut varier de zéro à sa valeur nominale.
[53]

2.3. PROPRIETES DU MOTEUR SYNCHRONE 𝑋𝑆


𝐶𝐻 = 𝑂𝐶 sin 𝜃 = 𝐸𝑂 sin 𝜃 ;𝐶𝐻 = 𝐴𝐵 = 𝑈
𝑃; donc

a. Couple moteur 𝑋𝑆 𝑋𝑆
𝐸𝑂 sin 𝜃 = 𝑃 = 𝐶𝛺 et
𝑈 𝑈

𝑬𝑶 𝑼 𝐬𝐢𝐧 𝜽
Nous traçons le digramme vectoriel pour une phase et nous 𝑪=
négligeons la chute ohmique (faible). 𝑿𝑺 𝜴

Appelons 𝛉, l’angle que fait 𝐸𝑂 avec 𝑈. Pour une tension 𝑈 et un courant d’excitation (qui produit 𝐸𝑂 )
constant on a :
Par C, menons une parallèle à U.
𝑪 = 𝑲 𝐬𝐢𝐧 𝜽
De B, abaissons la perpendiculaire à cette droite qui la rencontre en
A. Le couple, exprimé en fonction de 𝜽 se représente par une
sinusoïde.
« AB est proportionnel à la puissance et au couple moteur ».
En effet, dans le triangle A, B, C, on a :
XS
AB = X S I cos φ = U
UI cos φ (En multipliant et en divisant par U)
XS XS
AB = P = KP (Car est constant)
U U

On peut tirer de cette expression les conclusions suivantes :


- Le couple est nul pour θ = 0, c’est-à-dire lorsque 𝐸𝑂 et 𝑈 sont
en phase.
A ce moment, l’axe des pôles inducteurs coïncide avec l’axe des
Donc AB est proportionnel à la puissance du moteur. De plus, pôles fictifs du champ tournant statorique. (1)
P = CΩ (et la vitesse angulaire constante) : donc AB, proportionnel à
la puissance, l’est aussi au couple. - Lorsque la charge du moteur augmente, l’axe des pôles
inducteurs décale en arrière de l’axe des pôles du stator (2) ; le
Expression du couple moteur en fonction de 𝐄𝐎 , 𝐔, 𝛉 champ tournant statorique entraine le rotor avec lui.
Dans le triangle OCH, on a :
[54]
𝝅
- Le couple est maximum pour 𝜽 = c’est-à-dire pour 𝐸𝑂 en « Le moteur à un comportement INDUCTIF » (a).
𝟐
quadrature sur 𝑼. A ce moment, les axes de pôles rotoriques et Pour une valeur donnée de 𝒊𝒐 , donc 𝑬𝑶 , le courant et la tension sont
statoriques forment un angle de 90° (électrique). Le champ en phase. « Le moteur se comporte comme une résistance ». (b)
tournant du stator ne parvient plus à entrainer le rotor : le moteur
décroche. (3) Pour des valeurs du courant d’excitation plus grandes, le courant
est déphasé en avant de U. on dit que le moteur est surexcité. Il
On appelle coefficient de stabilité, le rapport : a alors le comportement capacitif.

𝐶𝑚 Le courant, proportionnel à 𝑿𝑺 𝑰, commence à décroitre, passe par


𝐾= un minimum (𝑰𝟐 ) puis commence à croître.
𝐶𝑛
c. Fonctionnement à excitation constante
Avec 𝐶𝑚 : Couple maximum et 𝐶𝑛 : Couple nominal.

- Le coefficient de stabilité doit être compris entre 2 et 2,5 sans Tout en maintenant l’excitation constante, augmentons la charge du
quoi, une surcharge momentanée du moteur risque moteur : le couple augmente, 𝑿𝑺 𝑰 et 𝑰 également. (Fig. 115.)
d’entrainer son décrochage.
Le vecteur 𝐸𝑂 se décale de plus en plus en arrière de 𝑈. Pour un
b. Fonctionnement du moteur à couple constant angle 𝜃 (entre 𝐸𝑂 et 𝑈) supérieur à 90°, le couple moteur 𝐶4 devient
inferieur au couple résistant ; le moteur décroche.

Maintenons la charge constante, donc aussi le couple et la


puissance. Faisons varier le courant d’excitation, 𝒊𝒐 , donc 𝑬𝑶 .

d. Courbes de Mordey du moteur synchrone

D’après le digramme vectoriel, nous observons que pour de faibles C’est l’ensembles des courbes 𝐼 = 𝑓(𝑖) obtenues pour différentes
valeurs du courant d’excitation (sous excitation) le courant est charges (fig.116).
déphasé en arrière de 𝑈.
[55]

Or, les lignes électriques, les moteurs, les transformateurs, les


lampes fluorescentes absorbent de l’énergie réactive (ils ont un
fonctionnement inductif).
Un faible cos 𝜑 entraine un courant plus important et donc des
pertes joules plus grandes dans les lignes d’alimentation.
D’où l’intérêt de compenser l’énergie réactive absorbée par le
réseau par de l’énergie réactive fournie par un moteur synchrone.
On a donc construit des moteurs synchrones dans le seul but de
fournir de l’énergie réactive dont le réseau électrique a besoin.
Ce sont des moteurs tournant à vide et fortement surexcités. De ce
fait, la robustesse mécanique de ces moteurs peut être moindre (car
le couple est presque nul) tans disque l’enroulement d’excitation a
Chacune de ces courbes est donc une courbe à couple constant. été plus largement calculé.
Chaque courbe passe par un minimum. C’est le point pour lequel
𝐜𝐨𝐬 𝝋 = 𝟏. A ce moment le moteur n’absorbe qu’une puissance Le diagramme vectoriel se présente comme ci-dessous.
active.
Remarquons que pour un même courant d’excitation et une charge
croissante, le courant 𝑰 est d’abord capacitif, puis inductif. La courbe
de cos 𝜑 = 1 est décalée vers la droite.
A chaque courbe, correspond une excitation minimum pour que le
moteur reste accroché.
Plus la charge augmente et plus l’excitation minimum doit
augmenter.
Remarquons que le moteur fournit un couple 𝑪𝟏 pour une excitation
nulle. 3. UTILISATION
Le moteur reste accroché par son magnétisme rémanent. 3.1. AVANTAGES DU MOTEUR SYNCHRONE
e. Compensateur synchrone
- Le moteur synchrone a un bon rendement, semblable à celui
On a vu que lorsque le moteur synchrone est surexcité il se d’un alternateur ;
comporte comme un condensateur en fournissant au réseau de
- Il peut fonctionner sous des tensions élevées ;
l’énergie réactive.
[56]

- Employé comme moteur, on peut régler son excitation pour qu’il


ne consomme aucune énergie réactive ;
- Il a la possibilité de fournir au réseau de l’énergie réactive, c’est-
à-dire d’améliorer son facteur de puissance ;
- Alors que le moteur asynchrone doit avoir un faible entrefer
(pour limiter l’énergie réactive), le moteur synchrone peut avoir
un entrefer plus grand : la ventilation du moteur est améliorée et
les risques des contacts entre stator et rotor diminués.
MOTEUR MONOPHASE A CAGE D’ECUREIL
3.2. INCOVENIENT DU MOTEUR SYNCHRONE
1. CONSTITUTION
- Le couple moteur synchrone est nul au démarrage ; il a besoin
d’un moteur auxiliaire pour démarrer ;
Le moteur asynchrone monophasé est constitué de :
- Comme l’alternateur, il est sensible aux surcharges brusques, - D’un stator (inducteur) comprenant un bobinage monophasé,
ce qui peut entrainer son décrochage. appelé bobinage principal. Il est souvent complété par un
bobinage auxiliaire (voir plus loin).
3.3. DOMAINE D’APPLICATION - D’un rotor, généralement à cage d’écureuil, simple ou double.

- Il est surtout utilisé comme compensateur synchrone


(actuellement les condensateurs le remplacent de plus en plus) ;

- Il est employé également pour remplacer des moteurs


asynchrones à haute tension et faible vitesse qui utilisent trop
des puissances réactives (pompes, compresseurs, broyeurs à
ciment) ;

- En général, toutes les applications, à vitesse constante et


marche continue car son rendement est supérieur à celui du
moteur asynchrone ;
2. PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT
- Il est également utilisé pour entrainer des hélices de bateaux ;
dans ce cas, il est alimenté par un alternateur individuel.
Un moteur monophasé ne démarre pas seul. En effet, le flux crée
par l’enroulement principale a une direction fixe dans l’espace. 𝚽𝐫 .
[57]

Ce flux 𝚽𝐫 peut-être décomposé en deux composantes, chacune −𝑁𝑆 − 𝑁 𝑁


𝚽 𝑔′ = =1+ =1+1−𝑔 =2−𝑔
égales à et tournant en sens inverse l’une de l’autre à la vitesse : −𝑁𝑆 𝑁𝑆
𝟐

𝟔𝟎𝒇 - A l’arrêt du moteur : 𝑁 = 0, d’où 𝑔 = 1 et 𝑔′ = 1 les deux


𝑵𝑺 = champs tournants induisent dans le rotor des courants égaux
𝒑
mais de sens opposés.
Les couples moteurs correspondants à ces courants sont
également égaux, mais de sens opposés ; le moteur ne démarre
pas.

- Supposons le moteur tournant à la vitesse 𝑁 dans le sens


direct ;
Si 𝑁 ≈ 𝑁𝑆 , alors 𝑔 ≈ 0 et 𝑔′ ≈ 2

𝚽
Le moteur asynchrone monophasé peut ainsi être considéré comme  Le champ magnétique tournant en sens inverse de
𝟐
équivalent à un moteur asynchrone triphasé qui posséderait deux celui du rotor induit dans celui-ci un courant inverse. I
demi-enroulements en série, mais connectés de manière à créer faible car la réactance du rotor est élevée
des champs tournants en sens inverse l’un de l’autre. (𝐿𝜔𝑖 é𝑙𝑒𝑣é 𝑐𝑎𝑟 𝑓𝑖 = 100𝐻𝑧) ;

𝚽
 Le champ magnétique tournant dans le même sens
𝟐
que le rotor y induit un courant direct. I important car la
réactance rotorique est faible (𝐿𝜔𝑑 𝑓𝑎𝑖𝑏𝑙𝑒 𝑐𝑎𝑟 𝑓𝑑 ≈ 0) .

Le couple correspondant au courant rotorique le plus élevé


l’emporte sur le couple dépendant du courant le plus faible. Le
moteur continue de tourner dans ce sens.

Soit 𝑁𝑆 la vitesse du champ tournant direct et −𝑁𝑆 la vitesse du La caractéristique mécanique du moteur asynchrone
champ tournant inverse. monophasé est la somme algébrique des caractéristiques dues
à chacun de deux champs tournant. (Fig.84).
Supposons que le moteur tourne à la vitesse 𝑁 dans le sens direct.
Le glissement du rotor par rapport au sens direct est : On peut tracer pour −𝑁𝑆 < 𝑁𝑆 en prolongeant chacune des
caractéristiques au-delà de 𝑁 = 0.
𝑁𝑆 − 𝑁 𝑁 𝑁
𝑔= =1− [ = 1 − 𝑔] De la caractéristique 𝐶 = 𝑓(𝑁), on peut tirer les conclusions
𝑁𝑆 𝑁𝑆 𝑁𝑆
suivantes :
Le glissement du rotor par rapport aux champ inverse est :
[58]

- À l’arrêt (𝑁 = 0), le couple résultant est nul et le moteur ne peut À dimensions égales, un moteur asynchrone monophasé est
démarrer. beaucoup moins avantageux qu’un moteur asynchrone triphasé.
- Si le moteur est lancé dans un sens ou l’autre sens, le couple Par contre, il a l’avantage de pouvoir être utilisé sur un réseau
moteur est différent de zéro et le moteur continue à tourner dans monophasé. (Domestique, une phase + neutre).
ce sens pour autant qu’à ce moment 𝐶𝑚 = 𝐶𝑟 ;
Il ne peut, tel que, démarrer seul. Il nécessite un artifice de
démarrage.
- Pour un même couple résistant, la vitesse du moteur
asynchrone monophasé est plus faible que celle du moteur 3. ARTIFICES DE DEMARRAGE
triphasé.
3.1. MOTEUR A LANCER

C’est le moteur décrit ci-dessous (Fig.85.)


Pour démarrer le moteur, on lance le rotor au moyen d’une courroie
ou d’une corde enroulée sur l’arbre, de telle manière qu’il atteigne
une vitesse 𝑁 ≈ 0,7𝑁𝑆 .
On ferme en suite l’interrupteur.
Caractéristiques

Puissance : < 0,5 𝐾𝑊


Courant de démarrage : 2,5𝐼𝑛 < 𝐼𝑑 < 3𝐼𝑛
- Le facteur de puissance de ce moteur est plus faible que celui Rendement : 0,6 < 𝜂 < 0,7
du moteur triphasé. En effet, le champ inverse, inutile, demande cos 𝜑 : 0,6 < cos 𝜑 < 0,8
un courant magnétisant supplémentaire, d’où un mauvais cos 𝜑.

- Le rendement de ce moteur est inférieur au rendement d’un


moteur triphasé de même puissance ; En effet le champ inverse
induit des courants supplémentaires dans le rotor, donc des
pertes joules.

De plus, le rotor se déplaçant, par rapport au champ inverse,


après 2𝑁𝑆 , les pertes par hystérésis et courant de Foucault dans
le fer sont importantes. 3.2. MOTEUR AUTO-DEMARRANT PAR PHASE AUXILIAIRE

Conclusions
[59]

Le moteur asynchrone monophasé ne peut démarrer seul car le


stator produit deux champs tournants en sens inverse.
Pour qu’il puisse démarrer seul, il faut annuler ou au moins affaiblir
l’un des deux champs tournants. Cela se réalise en transformant le
moteur monophasé en diphasé.
Sur le stator est placé l’enroulement principal, occupant les deux
tiers de la circonférence et un enroulement auxiliaire servant pour le
démarrage.
L’enroulement auxiliaire est décalé dans l’espace, par rapport à
l’enroulement principal d’un angle électrique 𝜃 = 90° ; (𝜃 = 𝑝𝛼) et
parcouru par un courant déphasé dans le temps d’un quart de
période par rapport au courant dans l’enroulement principal.
La figure 186 ci-dessous, représente un moteur monophasé
bipolaire.
a. Moteur à phase auxiliaire inductive ou résistive
L’enroulement auxiliaire y est décalé de 90° par rapport à
l’enroulement principal.
On peut déphaser le courant dans la phase auxiliaire en insérant,
Le courant dans l’enroulement auxiliaire est déphasé d’un quart de en série avec cet enroulement, une inductance ou une résistance,
période par rapport au courant dans l’enroulement principal. ou encore plus simplement ; en rendant la phase auxiliaire plus
résistive que la phase principale (par une bobine de fil fin).
Chaque enroulement crée un champ à direction fixe, représenté en (Fig.87.)
(1) et en (2).
La résultante de ces deux champs est bien un seul champ tournant
(3).
[60]

Dans les deux cas, le courant dans l’enroulement auxiliaire est On peut rendre le courant dans l’enroulement auxiliaire en
déphasé par rapport au courant dans l’enroulement principal ; quadrature avant du courant principal en utilisant un condensateur
comme il n’est pas déphasé de 90°, le champ inverse ne sera en série avec l’enroulement auxiliaire (fig. 89)
qu’affaibli et le couple de démarrage sera faible.
De plus, l’enroulement auxiliaire affaiblit encore davantage le
facteur de puissance de ce moteur.
L’enroulement auxiliaire n’étant pas prévu pour le service continu, il
doit être mis hors-circuit une fois le moteur est lancé.
Caractéristiques
Couple de démarrage : 𝐶𝑑 = 𝐶𝑛
Courant de démarrage : 𝐼𝑑 ≈ 4𝐼𝑛 Si le condensateur est calculé de telle manière que pendant le
Facteur de puissance : cos 𝜑 = 0,75 démarrage les deux courants soient égaux et en quadrature, soit :
Rendement : 0,6 < 𝜂 < 0,7
𝑰𝑨𝒅 = 𝑰𝒑𝒅
Relais de démarrage
La composante inverse du champ tournant est nulle et le couple de
Pour couper automatiquement la phase auxiliaire après le démarrage démarrage est maximum.
du moteur, on peut utliser un relais qui fonctionne comme suite :
De plus, le condensateur améliore le facteur de puissance du
- A l’enclanchement du moteur, moteur.
l’enroulement auxiliaire (A) n’est
pas alimenté. Le moteur ne Après le démarrage, on pourait éliminer complètement
démarrant pas. Il absorbe un l’enroulement auxiliaire et le condensateur. Généralement on laisse
courant important ; en service une partie de capcité, ce qui a pour effet d’améliorer le
facteur de puissance du moteur et donc le couple. En effet :
- Le relais de surintensité (R) se
ferme et l’enroulment auxiliaire 𝑷 = 𝑪𝜴 = 𝑼. 𝑰. 𝐜𝐨𝐬 𝝋 (si on néglige les pertes)
est mis sous tension, le moteur
demarre. Pour un même courant, si le cos 𝜑 s’améliore le couple est
augmenté, on ne peut laisser toute la capacité en service, car alors
- Après le démarrage, le courant aborbé atteint sa valeur nominale, le courant dans l’enroulement auxiliaire serait trop grand et on aurait
insuffisant pour l’excitation du relais. Le contact (C) s’ouvre. un déphasage capacitif du courant.
L’enroulement principal (P) reste seul en service.
Il existe donc deux varientes à ce type de moteur :
b. Moteur à phase auxiliaire capacitive
[61]

1) Le moteur fonctionne avec un condensateur de serrvice qui sert


à la fois pendant le démarrage et pendant le régime permanent.
(fig.89 a et 90. a)

2) Si on désire un couple de démarrage plus élevé, on palce deux


condensateur en parallèle pendant le démarrage et l’un d’eux
est éliminé automatiquement pendant le régime permanent
grâce à un interrupteur centrifuge. (fig.89 b et 90 b)

On compte pour les moteurs à deux condensateurs, et alimentés


sous 220V :

𝐶 ′ = 1,3 𝑘𝑉𝑎𝑟/𝑘𝑊 pour un 𝐶𝑑 = 0,7𝐶𝑛


Note : on peut également alimenter en monophasé un moteur
𝐶 ′ = 3,4 𝑘𝑉𝑎𝑟/𝑘𝑊 pour un 𝐶𝑑 = 2 à 2,5𝐶𝑛 asynchrone triphasé. Si le moteur fonctionne en étoile sous 380V,
on le raccorde comme indique la figure ci-dessous. (fig.92.)
𝐶 restant en service vaut 1 𝑘𝑉𝑎𝑟/𝑘𝑊.
- Le condensateur est de 80𝜇𝐹 par 𝑘𝑊 et la tension à ses bornes
est 𝑈𝐶 = 1,15𝑈𝑛 ;
- La puissance en monphasé vaut le ¾ de celle en triphasé

Interrupteur centrifuge
4. CHANGEMENT DE SENS DE ROTATION
L’interrupteur centrifuge couple automatiquement lle condensateur
de démarrage pour une certaine vitesse de rotation du moteur. - Moteur à lancer : il suffit de lancer le moteur dans le sens
désiré ;
- Moteur à phase auxiliaire : c’est le sens du champ tournant qui
détermine le sens de rotation. Il suffit d’inverser les connexions
de la phase auxiliaire ou de la phase principale.
[62]

5. MOTEUR A BAGUES COURT-CIRCUITEES ( SHADED POLE)

5.1. CONSTITUTION

- Le stator est constitué d’un circuit magnétique feuilleté à pôles


saillants et d’un enroulement inducteur. Les pôles portent une
bague de cuivre, de grosse section en court-circuit.

- Le rotor est un cylindre d’aluminium ou une cage d’écureuile.

Il apparait donc un champ tournant qui entraine le rotor avec lui. Le


sens de rotation du moteur s’effectue du pôle principal vers la partie
du pôle portant la bague en court-circuit.
5.3. UTILISATION

Ce sont des moteurs de petite puissance (10W à 1kW) utilisé pour


actionner :
- Des tourne-disques ;
- Des ventilateurs des pompes ;
5.2. PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT
- Des petites machines de bureau (calculatrices, machines à
écrire)
Une partie du flux Φ produit par un pôle, Φ2 ; passe au travers de la
bague en court-circuit et y induit une f.é.m. 𝐸2 , en quadrature
derrière sur Φ2 . Cette f.é.m. produit dans la spire en court-circuit un
courant 𝐼2 , pratiquement en phase avec 𝐸2 . (Fig.94.)
Le courant 𝐼2 produit un flux Φ′2 en phase avec lui.
Sous la partie du pôle entourée de la spire en court-circuit, agit un
flux résultant :
𝚽𝒓 = 𝚽𝟐 + 𝚽′𝟐
Le flux Φ est déphasé par rapport à 𝚽𝟏 , agissant sur le reste du
pôle d’un certain angle 𝛼. (Fig.94.)
[63]

Exercices résolus : moteur synchrone et moteur asynchrone Nous pouvons tracer le diagramme vectoriel pour U = 220V. Si 𝑖𝑜 = 𝐶 𝑠𝑡𝑒 et
monophasé 𝐸𝑜 = 𝐶 𝑠𝑡𝑒 , le point M se déplace sur une circonférence de centre O et de
rayon 𝐸𝑜 = 240𝑉 (sur la caractéristique à vide on lit : 𝑖𝑜 = 8𝐴, 𝐸𝑜 = 240𝑉).
On donne un moteur synchrone triphasé dont les caractéristiques sont :
Diagramme vectoriel par phase
- Trois phases en triangle ;
- P = 10kW, 4 pôles, 50Hz ;
- Résistance rotorique négligeable ;
- XS = 7Ω (Par enroulement)
- Caractéristique à vide donnée par le tableau suivant :

𝒊𝒐 1,5 3 5 7 9 12 A
𝑬𝒐 60 110 170 220 260 310 V

1. Le moteur fonctionne à tension constante U = 220V et excitation


constante 𝑖𝑜 = 8𝐴.

On demande :

a) Tracer la caractéristique 𝐶 = 𝑓(𝐼) par trois points


b) Calculer le coefficient de surcharge 𝐶𝑚/𝐶 pour 𝐼 = 35𝐴

Solution :

a) Commençons par tracer la caractéristique à vide

Recherche des échelles.

- Tension : nous avons choisi 𝟏𝐜𝐦 = 𝟐𝟎𝐕 on peut en déduire les


échelles des couples et courant.

- Couple : on connaît le couple maximum : il vaut (pour une phase) :

𝑬𝒐 𝑼 𝐬𝐢𝐧 𝜽 𝟐𝝅×𝟏𝟓𝟎𝟎
𝑪𝒎 = avec 𝜽 = 𝟗𝟎° et 𝜴 = = 𝟏𝟓𝟕 𝒓𝒂𝒅/𝒔 ;
𝑿𝑺 𝜴 𝟔𝟎

𝑬𝒐 𝑼 𝐬𝐢𝐧 𝜽 𝟐𝟒𝟎×𝟐𝟐𝟎×𝟏
𝑪𝒎 = = = 𝟒𝟖 𝒎𝑵
𝑿𝑺 𝜴 𝟕×𝟏𝟓𝟕
[64]

Le couple maximum est représenté par AH1, soit 12cm.


48
D’où 𝟏𝐜𝐦 ÷ ÷ 𝟒 𝐦𝐍
12

- Courant : au couple maximum, correspond 𝑋𝑆 𝑗1 = 16,3cm soit


𝑋𝑆 𝑗1 326 46,6
16,3 × 20 = 326𝑉. Donc 𝑗1 = = = 46,6𝐴 et 1cm ÷ ÷ 2,86 A
𝑋𝑆 7 16,3

Nous pouvons à présent rechercher trois points de la caractéristique


𝐂 = 𝐟(𝐈). Nous prendrons Cmax, Cn et une valeur quelconque de C. on
peut résumer les résultats dans le tableau suivant :

b) Coefficient de surcharge pour 𝐼 = 35𝐴

Il lui correspond un couple (voir 𝐶 = 𝑓(𝐼), de 84 𝑚𝑁).

Le coefficient de surcharge est :


𝐶𝑚 144
𝐾= = = 1,7 (Le moteur est trop chargé : une borne valeur de k se
𝐶 84
situe aux environs de 2,5).

2. Le même moteur fonctionne à une tension constante 𝑈 = 220𝑉 ; le


courant est 𝐼 = 25𝐴 et cos 𝜑 le variable.

On demande de calculer 𝑖𝑜 pour :


a) 𝜑 = 60° (retard de 𝐼 sur 𝑈) ;
b) 𝜑 = 60° (avance de 𝐼 sur 𝑈)
Calculer la puissance réactive fournie au réseau dans le cas a.
On peut à présent tracer la caractéristique 𝐶 = 𝑓(𝐼) Solution :
𝐼 25
𝐼 = 25 𝐴 ; soit 𝑗 = = = 14,4𝐴
√3 √3

𝑋𝑆 𝑗 = 7 × 14,4 = 100𝑉

En remplaçant les échelles du diagramme vectoriel, on a :


100
𝑋𝑆 𝑗 = = 5 𝑐𝑚
20

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