Moteur Asynchrone Triphasé : Définition et Fonctionnement
Moteur Asynchrone Triphasé : Définition et Fonctionnement
Le rotor claveté sur l’arbre est fait d’un empilage des tôles en forme
LES MOTEURS ASYNCHRONE TRIPHASE des disques. Le cylindre plein formé et taillé d’encoche sur son
corps. Dans les encoches du rotor sont logés des bars en cuivre
1. MOTEUR ASYNCHRONE TRIPHASÉ court-circuité à leurs extrémités à l’aide des anneaux également en
A CAGE D’ÉCUREUIL cuivre.
1.3. FONCTIONNEMENT
Le moteur asynchrone triphasé fonctionne sur le principe du champ
tournant produit par un enroulement statorique triphasé comportant
un certain nombre de paires de pôles [𝐩].
Expérience
Prenons trois bobines et disposons-les comme indiqué à la page
suivante.
[2]
Elles sont décalées de 120° les unes par rapport aux autres.
Alimentons ces bobines par des courants triphasés. Ces courants
sont déphasés vectoriellement de 120°.
Le champ d’induction magnétique ainsi crée est un champ tournant.
Son intensité est 1,5 fois celle produite par une bobine. Sa vitesse
est égale à un tour par période ou 50 tr/s.
En effet, représentons les trois sinusoïdes (R, S, T).
L’induction de chaque bobine est dirigée selon son axe. Appelons
sens positif celui dirigé vers le centre.
On obtient pour chaque bobine un diagramme vectoriel (B, B, B). En
additionnant les trois vecteurs, on constate que la résultante est
bien un vecteur tournant.
Son intensité est constante et vaut 1,5 fois l’intensité
maximum de chaque composante. La résultante a fait un
tour complet en une période. 1.4. GLISSEMENT
Si on avait plusieurs paires de pôles, la vitesse du champ tournant Dans le rotor constitué d’une cage d’écureuil, le champ tournant
que nous appelons vitesse du synchronisme 𝑵𝑺 est donnée par la statorique induit des courants. D’après la loi de Lenz ces courants
relation. vont s’opposer, par leurs effets, à la cause qui leurs a donnée
𝟔𝟎𝒇 naissance.
𝑵𝑺 = 𝒑
(1)
L’effet de ces courants induits est de produire un champ tournant
rotorique à la même vitesse que le champ tournant statorique,
𝑁𝑠 : Vitesse du synchronisme (tr/min) ; la cause qui leurs a donnée naissance est la variation du champ
inducteur par rapport à l’induit.
𝑓 : Fréquence en Hertz ;
Le rotor va donc se mettre en mouvement pour tenter de rattraper et
𝑝 : Nombre de paires de pôles annuler ainsi la variation du champ tournant inducteur. Il ne peut
cependant pas rattraper complètement celui-ci car alors la cause de
la rotation du rotor aurait disparu.
- A l’arrêt : 𝑵 = 𝟎 𝒆𝒕 𝒈 = 𝟏 ;
- A la vitesse du synchronisme : (Jamais atteinte)
𝑵 = 𝑵𝑺 𝒆𝒕 𝒈 = 𝟎
Au secondaire (rotor), la variation du flux crée une force Le rotor étant fermé sur lui-même, un courant 𝑰𝟐 circule dans la
électromotrice 𝐸20. cage d’écureuil et crée dans la résistance rotorique une chute de
tension ohmique 𝑹𝟐 𝑰𝟐 .
𝑬𝟐𝟎 = 𝑲𝒏𝟐𝒇𝟏𝜱
D’autre part, tout le flux produit par le courant rotorique ne traverse
𝑬
Le rapport [ 𝟐𝟎 = 𝒎 ]est le rapport de transformation du moteur pas l’enroulement statorique. Au flux de fuite correspond une
𝑬 𝟏
asynchrone. inductance de fuite 𝑳𝟐 qui va créer une chute inductive 𝑳𝟐 𝝎𝟐 .
Mais le courant primaire traverse les enroulements du stator et y
crée une chute ohmique 𝑹𝟏𝑰𝟏. D’autre part tout le flux produit par le
stator ne traverse pas l’enroulement rotorique car une partie se perd
dans l’air, ce flux de fuite crée dans le stator une chute inductive
𝑳𝟏𝝎𝟏𝑰𝟏 où 𝐿1 est l’inductance de fuite.
[4]
On arrive ainsi au schéma équivalent suivant : (Fig.2.) tension. On les représente par une résistance en parallèle sur
l’entrée représentée par la composante active du courant à vide.
Le schéma complet est alors le suivant : (Fig.3.)
𝑹𝟐 𝑹𝟐 𝑰𝟐𝟐 (5)
𝑷𝒓 = 𝒎²𝑰𝟐𝟐 = Or, 𝑬𝟐𝟎 = 𝒎𝑬𝟏 = 𝒎𝑼𝟏 (Si on néglige les chutes ohmiques et
𝒈𝒎² 𝒈 𝑵
inductives) et 𝟏 − 𝒈 = (Formule(2))
𝑵𝑺
Les pertes joule dans le rotor valent 𝑷𝒋𝒓
𝑹𝟐 (6)
𝑷𝒋𝒓 = 𝒎²𝑰𝟐𝟐 = 𝑹𝟐 𝑰𝟐𝟐 = 𝒈𝑷𝒓
𝒎²
On appelle rendement rotorique 𝜼𝒓, le rapport : a. Le couple moteur est proportionnel au carré de la tension
appliquée ;
b. Le couple moteur d’un moteur à cage d’écureuil est faible. En
effet, au démarrage
𝑁 = 0 et 𝑔 = 1
(8)
𝑲𝑼𝟐 (14)
𝑪𝒎𝒂𝒙 =
(12) 𝒈𝑿𝟐
𝑹𝟐
𝒈=
𝑿𝟐
f. Le couple maximum est indépendant de la résistance
rotorique.
En effet remplaçons 𝑅2 par 𝑔𝑋2 dans l’équation (10)
[7]
Le courant de ligne en étoile est ainsi le tiers du courant de ligne en de démarrage direct. Le couple résistant peut valoir 0,6 fois le
triangle. couple nominal.
2.1. GENERALITES
L ↓↓ faible ↑↑↑ élevée Le couple est ainsi maximum au démarrage, et , comme 𝑅2 est
𝐋𝛚𝟐 Démarrage Marche Démarrage Marche élevée, la pointe du courant sera faible.
𝒇𝟐 = 𝒇𝟏 normale 𝒇𝟐 = 𝒇𝟏 normale
𝒇𝟐 ≈ 𝟎 𝒇𝟐 ≈ 𝟎 En marche normale : la fréquence rotorique étant très faible
↓↓ faible ≈𝟎 ↑↑↑ élevée ≈𝟎
l’inductance ne joue pratiquement plus de rôle. C’est la cage
↓ Faible ↑ élevée ↑↑ élevée ↓↓ faible intérieure qui à la faible impédance ; c’est dans cette cage que
𝐙 = √𝐑² + 𝐋²𝛚²
circulera principalement le courant.
I Important Faible Faible Important
En fait, chaque cage participe à la formation du couple total. Le
couple résultant est la somme des couples produit par chacune des
Au démarrage : la fréquence rotorique étant élevée, c’est la deux cages. (Fig.15.)
réactance qui domine. La cage extérieure à la plus faible
impédance ; le courant sera important dans cette cage.
2.4. PROPRIETES
SIMPLE CAGE DOUBLE CAGE Si le réseau n’admet qu’une pointe limitée, on utilisera les méthodes
𝑪𝒅 ⁄𝑪𝒏 Assez faible Plus élevé déjà vues.
𝑰𝒅 ⁄𝑰𝒏 Assez élevé Plus faible
𝐜𝐨𝐬 𝝋 Bon surtout pour Un peu plus faible, car la cage intérieure - Le démarrage étoile-triangle : pour les moteurs démarrant à
les moteurs de consomme de l’énergie réactive vide ou sous faible charges telle que : machines-outils, pompes
forte puissance
et ventilateurs ;
𝜼 Bon à la puissance Un peu plus faible, car pour une même
nominale puissance, le courant est plus grand - Le démarrage par résistances statorique pour les moteurs
(cos 𝜑 ), donc les pertes joule sont plus démarrant sous charges moyenne tels que les machines
grandes.
textiles.
Prix Un peu plus élevé.
𝑪 = 𝒇(𝒈) Si le couple On peut choisir 𝑅2 et 𝐿2 de manière telle que - Le démarrage par autotransformateur pour les moteurs
résistant dépasse le moteur ne décroche pas.
le couple max, le Si le couple résistant augmente le moteur
démarrant sous forte charge, ou lorsqu’ils entrainent des
moteur décroche ralentit. machines présentant une forte inertie.
et s’arrête.
Courbes caractéristiques de deux moteurs de même puissance en 3. MOTEUR ASYNCHRONE TRIPHASE A ROTOR BOBINE
démarrage étoile triangle
3.1. GENERALITES
Ce moteur est un perfectionnement du moteur asynchrone à cage.
Pour les gros moteurs devant démarrer à pleine charge, il faut
pouvoir régler progressivement le couple de démarrage et l’intensité
absorbée.
On utilise pour cela un rotor bobiné
3.2. CONSTITUTION
Pour éliminer les balais, point faible du moteur à rotor bobiné, on peut c. Utilisation
aussi caler les résistances rotorique sur l’arbre du moteur.
[14]
- On l’emploi pour obtenir des couples de démarrages élevées : Notons que ce système ne convient que pour des petits moteurs et
(Broyeurs, concasseurs) ; que la variation de vitesse est relativement faible (10 à 20 %)
- Pour des machines ayant une forte inertie. :(Presse à volant) ; (Fig.21
- Lorsque l’accélération doit être progressive : (Ascenseurs)
- Système électronique
Pour que le flux reste constant quand 𝑓1 varie, il faut que Nous avons vu qu’en ajoutant des résistances dans le circuit du
rotor on pourrait régler sa vitesse dans certaine limite. Le couple
𝐸1
= 𝐶𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒 ; or 𝐸1 = 𝑈. maximum reste constant.
𝑓1
Il faut donc que la tension d’alimentation varie dans le même sens Nous allons calculer un rhéostat de démarrage ou un variateur de
que 𝑓1 vitesse.
Rapport de transformation à rotor ouvert 𝑈2 ⁄𝑈1 = 200⁄500 ; La résistance totale du rhéostat seul est :
Résistance mesurée à chaud entre bagues : 0,042𝛺 2. Calcul des résistances entre plots
On désire maintenir le couple de démarrage entre 1,5𝐶𝑛 et 𝐶𝑛 Traçons les caractéristiques 𝐼 = 𝑓(𝑁) pour chacune des résistances
1. Calcul de la résistance totale du rhéostat rotorique. Elles ont la même allure que les caractéristiques
𝐶 = 𝑓(𝑁) et peuvent être assimilées à des droites.
Nous ferons tous les calculs pour une phase. Les grandeurs de On doit avoir : 𝐶𝑛 < 𝐶𝑛 < 1,5𝐶𝑛 donc 𝐼𝑛 < 𝐼𝑑 < 1,5𝐼𝑛
phase sont : Le courant de démarrage doit être compris entre
Tension de phase stator : 500V 61𝐴 et 1,5 × 61 = 92
L’alimentation se fait par l’entrée d’une bobine et la sortie de Le courant absorbé, dépendant de la puissance, du rendement et
l’autre. Le sens du courant dans ces deux bobines entraine la du facteur de puissance, ne varie pas dans les mêmes proportions
formation de deux pôles. Il y a donc autant de bobines que de que la puissance utile.
pôles : ce type de bobinage est appelé « bobinages par pôles ».
[18]
Le rotor tourne par rapport à un flux fixe et la nouvelle de du flux et tenter de rattraper le champ tournant en exerçant un
synchronisme à atteindre est donc nulle ; le rotor tendra vers cette couple résistant (Fig.34 (2))
vitesse nulle, de sorte que la caractéristique de freinage est la
même qu’en fonctionnement normal, mais changé de sens. (Fig.32.)
On peut agir sur le couple de freinage en réglant la valeur du
courant continu.
La tension continue pour l’alimentation du stator est généralement
fournie par une cellule de redresseurs branchés sur le réseau par
l’intermédiaire d’un transformateur. (Fig.33.)
Applications La machine absorbe alors de l’énergie mécanique : elle fonctionne
en génératrice hypersynchrone. L’énergie mécanique absorbée
Machines-outils, engins de levage. est restituée au réseau sous forme d’énergie électrique.
On utilise ce procédé pour le freinage des moteurs asynchrones
dans les deux cas :
a. Dans les engins de levage
5.5. MOTEUR EQUIPE D’UN FREINAGE MECANIQUE a. Le champ tournant à la vitesse 𝑁𝑆 dans le sens de rotation du
rotor existe aussi quand le moteur fonctionne normalement.
Il essaie d’entrainer le stator avec lui, mais celui-ci étant fixe,
c’est le rotor qui va ralentir pour rattraper le champ tournant du
stator.
𝑁𝑆
C’est un moteur équipé d’un dispositif spécial. Au repos, le ressort 1) 𝑁 > c’est-à-dire 𝑔 < 0,5 et 𝑁𝑆 (1 − 2𝑔) > 0 (a)
2
pousse le rotor vers la droite ainsi que le frein qui agit dans cette
direction.
[22]
𝑁𝑆
2) 𝑁 = 2
c’est-à-dire 𝑔 = 0,5 et 𝑁𝑆 (1 − 2𝑔) = 0
𝑁𝑆
3) 𝑁 < 2
c’est-à-dire 𝑔 > 0,5 et 𝑁𝑆 (1 − 2𝑔) < 0 (b)
2. Echauffement anormal
𝑼 < 𝑼𝒏 - Vérifier
- Le courant est inégal - Court-circuit entre spires d’une même phase. - Vérifier
dans les trois phases. - Rhéostat en position marche au démarrage
- Stator ou rotor bobiné en court-circuit.
EXERCICES RESOLUS Comme la tension des lignes est ≈ 220𝑉, le moteur sera branché en
triangle.
1. Un particulier achète un groupe élévateur d’eau pour lequel le
catalogue indique :
- Moteur asynchrone triphasé 550W utile ;
- 220/ 380V ;
- 2800 tr/min ;
- Le débit de la pompe pour 24m de dénivellation : 2,3m3/heure
c. La vitesse du synchronisme ne peut être que 3000 tr/min (si la fréquence
On demande est de 50Hz, ce qui ne pas précis mais on peut le supposer !).
60𝑓 60𝑓 50×60
𝑁𝑆 = →𝑝= = =1.
a. La tension mesurée entre phase et neutre étant de 125V, quelle est la 𝑝 𝑁𝑆 3000
Solution D’où 𝑃 =
2300×10×24
= 153𝑊
3600
a. La tension simple étant 125V, la tension composée sera :
La puissance utile de pompage de l’eau est 153W.
𝑈 = 𝑉√3 = 125 × √3 = 216,5𝑉
La puissance absorbée par la pompe est 550W
Le rendement de la pompe et des canalisations est :
b. Le moteur étant conçu pour 220/380V, il faut donc qu’il ait aux bornes 153
𝜂= = 0,28, soit 28%
d’une phase une tension de 220V 550
690
Or 𝑃𝑎𝑏𝑠 = √3𝑈𝐼 cos 𝜑 → cos 𝜑 = = 0,82 4. Alimenté sous 220V-50Hz, un moteur asynchrone triphasé absorbe
√3×215×2,25
3280W lorsqu’il tourne à 1420 tr/min. Si le facteur de puissance et le
2. Un moteur asynchrone triphasé absorbe 16A sous 220V ; son facteur rendement de ce moteur son respectivement 0,85 et 0,8 ; indiquez son
de puissance est 0,80 et son rendement 0,82. Il tourne à 1440 tr/min. couple moteur (mN). EXETAT 2018
Calculer son glissement et son couple moteur : 1) 17,6 2) 18,7 3) 22,1 4) 25,9 5) 27,5
Solution
5. On donne la caractéristique
mécanique d’un moteur
𝑁𝑆 −𝑁 1500−1440
a. Glissement 𝑔 = = = 0,04 soit 4% asynchrone triphasé à cage
𝑁𝑆 1500
(Fig. ci-contre) tracée pour
b. Couple moteur :
400V et 50Hz
𝑃𝑢𝑡 𝑃𝑢𝑡
𝐶= or, 𝜂 = Indiquez le nombre de pôles
𝛺 𝑃𝑎𝑏𝑠
de ce moteur. EXETAT 2018
𝑃𝑢𝑡 = 𝜂√3𝑈𝐼 cos 𝜑 = 0,82 × √3 × 220 × 16 × 0,80 = 4000𝑊
1) 8 2) 6 3) 4 4) 3 5) 1
4000×60
𝐶= = 26,5𝑚𝑁
2×3,14×1440
1) 33,2 2) 37,4 3) 45 4) 53 5) 60
1) 2,4 2) 3,1 3) 10 4) 14 5) 15
[26]
1.1. BUT
En fait, cette disposition n’est pratiquement jamais adoptée (sauf Ils sont conçus pour tourner à grande vitesse (𝑵 ≥ 𝟏𝟎𝟎𝟎 𝒕𝒓/𝒎𝒊𝒏).
pour les petits alternateurs), car les alternateurs doivent en général Ils sont entrainés par des turbines à vapeur. On les appelle alors
débiter de forts courant (10000A) sous de moyennes tensions Turbo alternateur.
(10000 à 15000V). Les difficultés d’avoir une bonne isolation des
bagues-balais a fait adopter la disposition inverse.
[27]
Leurs longueurs peuvent atteindre 6m, mais leurs diamètres sont Le paquet de tôles est serrés par des boulons entre deux
faibles (maximum 1,50m) pour éviter les effets trop violant de la plateaux.
force centrifuge sur les conducteurs du rotor.
- Le bobinage statorique est constitué de deux sections
préformées en cuivre, placée dans des encoches ouvertes et
maintenue par le cales.
Les têtes de bobines sont calées entre elles par des
intercalaires en feutre, imprégnées de résine époxy.
La liaison entre bagues et bobines est assurée par des connexions - Meilleure conductibilité thermique, d’où meilleur évacuation des
fixées rigidement. calories ;
- Il est beaucoup plus léger que l’air, d’où une réduction des
1.5. REFROIDISSEMENT DES ALTERNATEURS. pertes par ventilation ; le rendement de l’alternateur s’améliore.
C’est un problème très important dans les grosses machines. En On utilise de l’hydrogène sous pression (4𝑘𝑔/𝑐𝑚² ), ce qui
effet, pour augmenter la puissance des alternateurs, on est amené
augmente l’efficacité du refroidissement.
à employer différents moyens.
L’hydrogène à ce pendant l’inconvénient de former avec l’air
- Augmentation de la longueur et du diamètre de la machine,
(oxygène) un mélange explosif. Il faut prévoir des joints de dilatation
mais une machine trop longue provoque des vibrations
spéciaux.
excessives. Un diamètre trop grand entraine des forces
centrifuges trop grande ; c. Emploi de conducteurs creux
- Augmentation de l’induction magnétique, mais on est Pour obtenir un meilleur contact entre le cuivre statorique et le fluide
rapidement limité par la saturation du matériau magnétique ; réfrigérant, on utilise des conducteurs creux parcourus par ce fluide.
L’isolant, peu conducteur de la chaleur ne s’interpose donc plus
- Augmentation de la densité du courant (A/mm²). Les pertes entre le cuivre et le fluide réfrigérant.
joule augmentent, donc l’échauffement. C’est pourtant la
méthode la plus efficace, mais il faut que le refroidissement soit 2. FONCTIONNEMENT DE L’ALTERNATEUR
énergique et que les isolants ne se dégradent pas.
2.1. FORCE ELECTROMOTRICE D’UN ALTERNATEUR
a. Refroidissement par air (puissance ≤ 50 MW) MONOPHASE
a) Alternateur bipolaire
L’air est poussé, par deux ventilateurs montés aux extrémités du
rotor, dans les canaux de ventilation ménagés dans le stator et dans
le rotor et entre le stator et la carcasse.
Le refroidissement se fait soit en circuit ouvert ; il faut alors prévoir
un filtre pour épurer l’air des poussières qu’il contient.
Soit en circuit fermé : c’est le même air qui circule. Il passe dans
des réfrigérants d’air ou il est refroidi pour revenir ensuite dans la
machine.
b. Refroidissement par Hydrogène
f = 2. N′ (Hz) π Emax π
Emax = Emoy et Eeff = = Emoy = k1 Emoy
2 √2 2√2
Pour un nombre de paires de pole p, on aura donc :
Pour une onde sinusoïdale, 𝑘 = 1,11 d’où
f = p. N′ (Hz) N
E = k1 2nΦf = k1 2nΦp (Volt)
60
Si la vitesse est exprimée en tr/min, on a : N’tr/s N/60tr/min d’où f =
pN 60f e) Valeur pratique de la force électromotrice induite
60
et N = p
La fréquence du réseau de distribution est imposée : 50Hz. Donc, La formule ci-dessus est la f.é.m. théorique. Elle est valable si :
pour avoir une fréquence fixe, il faut que l’alternateur tourne à une - La f.é.m. induite est sinusoïdale.
vitesse constante. En pratique, l’induction dans l’entrefer n’est pas sinusoïdale. On
Si 𝑝 = 1, 𝑁 = 60 × 50 = 3000 𝑡𝑟/𝑚𝑖𝑛 ; essaie de rendre l’induction le plus sinusoïdale possible en
agissant sur la forme des épanouissements polaires. On agit
50 aussi sur la répartition des encoches rotorique dans les rotors à
𝑝 = 2, 𝑁 = 60 × 2
= 1500 𝑡𝑟 ⁄𝑚𝑖𝑛. 𝑒𝑡𝑐 …
pôles lisses. (Fig.45. a)
d) Valeur théorique de la force électromotrice induite
La valeur de k1 dépendra de la forme réelle de l’onde obtenue.
Appelons : k1 Est appelé « facteur de forme ».
a. Alternateur bipolaire
c. Alternateur multipolaire
- Au fait qu’une partie du flux produit par l’induit ne rencontre pas La chute de tension inductive 𝐋𝛚𝐈 est représentée par GF,
le flux inducteur et donc ne modifie pas la réaction d’induit, mais perpendiculaire à 𝐈.
à ce flux correspond une inductance L, donc une chute de
tension inductive 𝐋𝛚𝐈. La résultante OF est la f.é.m. en charge. (Fig.52.)
⃗⃗𝒓 = 𝑬
et 𝑬 ⃗⃗𝒐 + 𝑬
⃗⃗𝒂 La chute de tension s’obtient en faisant la différence entre la f.é.m.
à vide et les tensions.
𝐄𝐚 , produit par 𝚽𝐚 est perpendiculaire à 𝚽𝐚 , donc à 𝐈 (// 𝚽𝐚 ).
𝒖 = 𝑬𝒐 − 𝑼
A cette f.é.m. 𝑬𝒂 , correspond une chute inductive 𝐗 𝐚 𝐈 de réaction
⃗⃗𝒂 = −𝑿𝒂 𝑰⃗
d’induit tel que 𝑬 Cette méthode n’est valable que pour les petits alternateurs que l’on
peut charger facilement.
Les directions de 𝐗 𝐚 𝐈 et de 𝐄𝐨 se rencontrent en D.
OD représente 𝐄𝐨 , f.é.m. à vide.
𝐋𝛚𝐈 et 𝐗 𝐚 𝐈 ayant le même sens, on peut le grouper en un seul
vecteur :
𝐋𝛚𝐈 + 𝐗 𝐚 𝐈 = (𝐋𝛚 + 𝐗 𝐚 )𝐈 = 𝐗 𝐒 𝐈
𝐗 𝐒 est appelé « réactance synchrone de l’alternateur ».
On a donc :
⃗⃗𝒐 = 𝑼
𝑬 ⃗⃗⃗ + 𝑹𝑰⃗ + 𝑿𝑺 𝑰⃗
a. Méthode directe
Cette caractéristique est une courbe semblable à la caractéristique On porte 𝐎𝐀 = 𝐔 et 𝐀𝐁 = 𝐋𝛚𝐈 (que l’on suppose connu pour
à vide, mais décalée vers la droite ; il suffit donc d’un point de l’instant.
mesure pour la tracer.
Dans cet essai, le digramme vectoriel (Fig.52) se transforme
comme ci-dessous (car 𝜑 = 90° si on néglige la chute ohmique).
1) 𝑬𝒐 = 𝒇(𝒊𝒐 )
- 𝑂𝐵 = 𝑈 + 𝐿𝜔𝐼 = 𝐸𝑟 ; 2) 𝑰𝑪𝑪 = 𝒇(𝒊)
- À la f.é.m. 𝐸𝑟 correspond un courant d’excitation 𝐼𝑟 : 3) 𝑼 = 𝒇(𝒊) pour un courant 𝐈 donné.
𝐎𝐂 = 𝐢𝐫 ;
- À la tension U correspond, en débit réactif, le courant - On place sur 𝑰𝑪𝑪 = 𝒇(𝒊) le courant 𝐈 donné, soit M.
d’excitation 𝒊𝟏 . - On place sur 𝐔 = 𝐟(𝐢) le point G correspondant à la tension U.
𝐎𝐃 = 𝐢𝟏 - De G, on trace une parallèle à l’axe des 𝒊 : on prend
- Donc 𝑪𝑫 = 𝑶𝑫 − 𝑶𝑪 = 𝒊𝟏 − 𝒊𝒓 . GL = OH
𝐂𝐃 = 𝛂𝐈 - On trace EL parallèle à OJ
- Par E, parallèle à l’axe des ordonnées : on trouve Er
- Dans le triangle EFG, on obtient :
- On trace EF parallèle à AB et FG parallèle à CD
- Dans le triangle EFG ainsi formé,
𝐄𝐅 = 𝐋𝛚𝐈 et 𝐅𝐆 = 𝛂𝐈
𝐄𝐅 = 𝐋𝛚𝐈
𝐅𝐆 = 𝛂𝐈
2.5. EXCITATION DES ALTERNATEURS
- Il suffit donc de déterminer le triangle EFG et on connaitra 𝐋𝛚𝐈
et 𝛂𝐈, donc aussi 𝐋𝛚 et 𝛂. Dans le but de réduire les variations de tension subies par
- Comme 𝛂𝐈 et 𝐋𝛚𝐈 sont constants, le triangle reste semblable à l’alternateur lors des variations de la charge, on prévoit un
lui-même quel que soit la valeur de U, même pour 𝐔 = 𝟎. régulateur de tension.
[40]
On entraine l’alternateur à sa vitesse nominale et on le charge au Il y a encore les pertes supplémentaires ; elles sont faibles et
régime pour lequel on désire connaitre le rendement (tension, difficiles à calculer.
courant et cos 𝜑).
Les pertes fer et mécaniques sont constantes : elles se
Soit 𝑼𝒎 , 𝑰𝒎 , 𝜼𝒎 , la tension, courant et rendement du moteur déterminent comme suit :
d’entrainement pour cette charge.
On entraine l’alternateur à sa vitesse nominale par un moteur taré et
La puissance absorbée par l’alternateur est la puissance utile fournit on l’excite de manière à avoir la f.é.m. à vide 𝑬𝒐 qui correspond à la
par le moteur : tension nominale pour un courant 𝑰.
𝑷𝒂𝒃𝒔 = 𝑼𝒎 . 𝑰𝒎 . 𝜼𝒎 La puissance mécanique qu’il absorbe représentes les pertes
constantes ; cette puissance peut être mesurée par la méthode du
Si l’excitatrice n’est pas en bout d’arbre, il faut l’ajouter à la moteur taré.
puissance absorbée par l’alternateur ; soit 𝑷𝒆 cette puissance.
Les pertes d’excitation se calculent par le produit 𝐔𝐈, de la tension
La puissance utile est mesurée à l’aide d’un wattmètre aux bornes d’excitation par le courant d’excitation.
de la charge.
La valeur de 𝒊 est obtenue par le diagramme de potier.
Le rendement de l’alternateur est alors :
Les pertes au contacts bagues-balais se calculent en prenant
𝑷𝒖𝒕
𝜼= comme chute de tension 1V par rangée de balais (en carbone et en
𝑷𝒂𝒃𝒔 + 𝑷𝒆 graphite) ou 0,3V (pour des balais en graphite métallisé).
3.2. METHODE INDIRECTE Le courant à considérer est le courant d’excitation.
La puissance absorbée est la somme de la puissance utile et de Les pertes dans l’induit se calculent à partir des résistances
l’ensemble des pertes de la machine : mesurées en courant continu (et à chaud). Que l’alternateur soit en
étoile ou en triangle, ces pertes valent :
𝑷𝒖𝒕 𝑷𝒖𝒕 √𝟑𝑼𝑰 𝐜𝐨𝐬 𝝋
𝜼= = = 𝟑
𝑷𝒂𝒃𝒔 𝑷𝒖𝒕 + 𝒑𝒆𝒓𝒕𝒆𝒔 √𝟑𝑼𝑰 𝐜𝐨𝐬 𝝋 + ∑ 𝒑𝒆𝒓𝒕𝒆𝒔 𝑷𝒋 = 𝑹𝑰²
𝟐
L’ensemble des pertes se décompose en : 4. MARCHE EN PARALLELE DE DEUX ALTERNATEURS
- Les pertes dans le fer (Hystérésis et courant de Foucault), qui
dépendent du flux à vide. Pour répondre à la demande d’énergie (variable dans le temps) et
pour utiliser les alternateurs à leur meilleur rendement.
- Les pertes mécaniques par ventilation et par frottement dans les
Les réseaux disposent de plusieurs machines que l’on couple en
paliers.
parallèle chaque fois que les besoins l’exigent.
- Les pertes joule due au passages du courant dans
l’enroulement d’induit.
[43]
4.1. MISE EN PARALLELE DE DEUX ALTERNATEURS Ces quatre conditions peuvent se résumer en disant que les
graphes des tensions des deux alternateurs doivent se superposer
a. Schéma de principe à chaque instant.
c. Manœuvres de couplage
b. Conditions de couplage
Note : il faut remarquer qu’à l’éclairement maximum correspond La synchronisation par les lampes est un moyen simple mais peu
une tension, aux bornes des lampes, double la tension simple précis.
d’un alternateur.
Les lampes doivent donc être prévues en conséquences.
Le rotor tournera dans l’autre sens à la vitesse 𝐍 − 𝐍𝐒, indiquant La synchronisation manuelle n’est utilisée qu’en cas de défaillance
qu’il faut retenir le moteur d’entrainement (b). des systèmes automatiques.
On utilise également pour la synchronisation un voltmètre spécial, Le courant pourrait être réparti comme suit, et les pertes joule,
appelé Zérovoltmètre valant RI², on aurait les résultats suivants :
𝑨𝟏 𝑨𝟐 𝑷𝒋
L’aiguille oscille, lors de la mise en parallèle entre 0 et 2 fois la
tension simple de l’alternateur. 1A 5A 𝑹(𝟏² + 𝟓²) = 𝑹. 𝟐𝟔𝑾
Les graduations, au voisinage de zéro, doivent être élargies pour 2A 4A 𝑹(𝟐² + 𝟒²) = 𝑹. 𝟐𝟎𝑾
permettre un couplage précis. On y parvient en plaçant en série
avec l’appareil, une résistance dont la valeur augmente avec la 3A 3A 𝑹(𝟑² + 𝟑²) = 𝑹. 𝟏𝟖𝑾
tension.
On voit donc que les pertes joule sont minimum si les courant sont
- A la tension élevée, la tension se répartit entre la résistance et le égaux.
voltmètre ; les graduations de l’extrémité de l’échelle sont
rapprochées.
[46]
En alternatif, des courant égaux signifient que les composantes 𝐀𝐃 = 𝐋𝛚𝐈𝟏 𝐬𝐢𝐧 𝛗𝟏 : AD est proportionnel à 𝐈𝟏 𝐬𝐢𝐧 𝛗𝟏 = 𝐈𝟏𝐫
actives doivent être égales entre elles et les composantes réactives
également. Pour obtenir le rendement maximum, il faut avoir :
𝐈𝟏 𝐜𝐨𝐬 𝛗𝟏 + 𝐈𝟐 𝐜𝐨𝐬 𝛗𝟐
Soit 𝑰𝟏𝒂 = 𝑰𝟐𝒂 et 𝑰𝟏𝒓 = 𝑰𝟐𝒓 - 𝐈𝟏𝐚 = 𝐈𝟐𝐚 [= ]
𝟐
Ce qui entraine aussi 𝐜𝐨𝐬 𝝋𝟏 = 𝐜𝐨𝐬 𝝋𝟏 .
Il faut donc diminuer 𝐈𝟏 𝐜𝐨𝐬 𝛗𝟏 et augmenter 𝐈𝟐 𝐜𝐨𝐬 𝛗𝟐 , et, puisque U
Traçons le digramme vectoriel de deux alternateurs identiques doit rester constant, cela revient à diminuer
débitant des courants différents sous des facteurs de puissance
différents, et négligeons les faibles chute ohmiques (Fig.67). P1 = √3UI1 cos φ1 et augmenter P2 = √3UI2 cos φ2 . Comme la
vitesse des alternateurs doit rester constante, et que P = CΩ, il
faudra diminuer le couple moteur agissant sur A1 en diminuant le
Alt 2 : 𝟎𝐀 = 𝐔; 𝐀𝐂 ′ = 𝐋𝛚𝐈𝟐 ; 𝐎𝐂 ′ = 𝐄𝟐 ; 𝐈𝟐 ; 𝛗𝟐 couple de son moteur d’entrainement et augmenter le couple
moteur agissant sur A2 en augmentant le couple de son moteur
Alt 1 : 𝟎𝐀 = 𝐔; 𝐀𝐃′ = 𝐋𝛚𝐈𝟏 ; 𝐎𝐃′ = 𝐄𝟏 ; 𝐈𝟏 ; 𝛗𝟏 d’entrainement.
Cela se fait en agissant sur l’admission de vapeur, d’eau, de fuel,
suivant le type de moteur.
Le contrôle de l’égalité des courants actifs se fera par la mesure de
la puissance fournie par chacun de deux alternateurs qui doit être
égale.
Nous n’avons pas touché à l’excitation : cela implique que les deux
f.é.m. E1 et E2 restent constantes : E1 vient E′1 et E2 en E′2 .
𝐈𝟏 𝐬𝐢𝐧 𝛗𝟏 + 𝐈𝟐 𝐬𝐢𝐧 𝛗𝟐
- 𝐈𝟏𝐫 = 𝐈𝟐𝐫 [= ]
𝟐
𝐂′𝐂 = 𝐋𝛚𝐈𝟐 𝐜𝐨𝐬 𝛗𝟐 , C’C est proportionnel à 𝐈𝟐 𝐜𝐨𝐬 𝛗𝟐 = 𝐈𝟐𝐚 On ne touche pas aux moteurs d’entrainement, donc les restent
constants.
𝐀𝐂 = 𝐋𝛚𝐈𝟐 𝐬𝐢𝐧 𝛗𝟐 : AC est proportionnel à 𝐈𝟐 𝐬𝐢𝐧 𝛗𝟐 = 𝐈𝟐𝐫
Le contrôle de l’égalité des courants réactifs se fera par la mesure
Dans le triangle AD’D : des courants I1 et I2 débités par chacun de deux alternateurs qui
𝐃′𝐃 = 𝐋𝛚𝐈𝟏 𝐜𝐨𝐬 𝛗𝟏 ; D’D est proportionnel à 𝐈𝟏 𝐜𝐨𝐬 𝛗𝟏 = 𝐈𝟏𝐚 doivent être égaux.
[47]
En résumé :
On peut représenter le
- La puissance active des machines travaillant en parallèle est digramme vectoriel de
réglable en agissant sur l’admission en carburant des moteurs l’alternateur comme ci-
d’entrainement (Opération mécanique) ; contre (fig.68) ; la tension
du réseau (𝐔𝐫 ) et la
- La puissance réactive des machines travaillants en parallèle est tension U aux bornes de
réglable en agissant sur leurs excitations (Opération électrique) ; l’alternateur sont en
apposition dans leur
- La répartition de la charge de chaque alternateur doit s’effectuer circuit commun (de
proportionnellement à leur puissance nominale ; même que les tensions
de deux piles
- Le rendement des alternateurs travaillants en parallèle est fonctionnant en
maximum lorsque les facteurs de puissance des machines sont parallèle).
égaux.
Négligeons la chute ohmique et considérons son fonctionnement à
4.2. STABILITE DE LA MARCHE EN PARALLELE vide.
Considérons un réseau important sur lequel on a couplé un Dans ce cas, comme il ne fournit pas de puissance active, le
alternateur ; la fréquence et la tension du réseau peuvent alors être courant 𝐈 est perpendiculaire à 𝐔.
considérées comme indépendantes de cet alternateur.
⃗𝑬⃗𝒐 = ⃗𝑼
⃗⃗ + 𝑿𝑺 𝑰⃗
Que se passe-t-il pour cet alternateur s’il subit :
𝐈 est perpendiculaire à 𝐗 𝐒 𝐈 et en arrière de 𝐗 𝐒 𝐈. Si l’alternateur est
- Une modification de la vitesse d’entrainement ? surexcité (𝐄𝐨 > 𝐔), le courant 𝐈 circulant dans la réactance
- Une modification de sa charge ? synchrone 𝐗 𝐒 est en retard sur la tension de l’alternateur et en
avance de 90° par rapport à la tension du réseau (l’alternateur se
a. Modification de la vitesse du moteur d’entrainement comporte vis-à-vis du réseau comme un condensateur) (a).
La puissance du réseau est positive ; il fournit de l’énergie à On a ensuite placé sur le rotor de l’alternateur une cage d’écureuil
l’alternateur qui fonctionnera en « moteur » en accélérant sont que l’on appelle « Amortisseur le blanc ».
moteur d’entrainement.
Lorsque le rotor tend à s’écarter de sa vitesse de synchronisme,
Une modification de la vitesse du moteur permet le retour à des courants induits prennent naissance dans la cage, ces courants
l’équilibre ; on dit que le système est stable. induits sont tels que par leurs effets ils s’opposent à la cause qui
leurs a donnés naissances (Lenz).
b. Modification de la charge
Ils tendront à accélérer le rotor qui a ralenti et à ralentir le rotor qui à
- Si l’on désire augmenter la charge de l’alternateur, il faut accélérer.
augmenter l’admission du moteur d’entrainement, le moteur
fournit un couple supplémentaire sur le rotor. Ce qui a pour effet Cet effet d’amortisseur n’est pas illimité et il existe, pour une charge
de déplacer le vecteur 𝐄𝐨 de sa position initiale en 𝐄′𝐨 , donnée un supplément de charge que l’on peut dépasser sans
correspondant à une puissance active plus grande. (Fig.69). risquer le décrochage de l’alternateur.
Il y a alors deux possibilités : - Surcharge importante de l’alternateur par suite d’un court-circuit
sur la ligne.
- Les oscillations s’atténuent progressivement et l’alternateur
revient à sa position d’équilibre. Défectuosités dues à l’alternateur
- Les oscillations s’amplifient et l’alternateur perd le synchronisme - Court-circuit entre les spires d’une même phase
avec le réseau, le mettant ainsi en court-circuit : il doit être - Court-circuit entre les spires de phases différentes
immédiatement déconnecté du réseau. - Mise à la terre d’une phase du stator
- Mise à la terre d’une phase du rotor.
Pour atténuer l’effet de pompage, il faut d’abord que le régulateur
de vitesse commandant la soupape d’admission soit régler Une bonne protection de l’alternateur doit pouvoir détecter le défaut
correctement. et agir en conséquence.
[49]
- Une protection contre les surcourants ; Les enroulements étant couplés en étoile, la tension entre fils de phase (ou
tension de ligne) est :
- Une protection différentielle ;
- Une protection contre la mise à la terre du stator ;
𝑈 = √3 × 𝐸 = √3 × 220 = 380𝑉
- Une protection contre les court-circuits dans les enroulements
du stator ; 2. On dispose de deux alternateurs identiques entrainés à la même
- Une protection contre la mise à la terre du rotor ; vitesse rigoureusement constante. Leur résistance interne est 1,8
- Une protection contre les surtensions. ohms et leur réactance interne est 2,4 ohms supposées constante.
Ces différentes protections sont étudiées dans le cours Ces deux alternateurs sont couplés en parallèle.
d’applications électrotechniques. (AET)
Au moment du couplage, les f.é.m. des alternateurs ont même valeur
EXERCICES RESOLUS efficace, 400V par phase, mais elles sont déphasées entre elles d’un
angle de 15°.
1. Un alternateur triphasé a 12 pôles et 2 encoches par pôle et par
Déterminer les valeurs efficaces de la différence de potentiel entre
phase. Chaque encoche contient 4 conducteurs actifs. Le flux par pôle
leurs bornes communes et de l’intensité du courant de circulation.
est 0,018 Webers et le coefficient de Kapp 2,12. La fréquence de la
f.é.m. produite est 60Hz
Solution :
a) Quelle est la vitesse de rotation du groupe ?
La tension aux bornes des alternateurs au moment du couplage est :
b) L’ensemble des conducteurs actifs d’une phase étant montés en série,
∆𝑢 ⃗⃗1 − 𝑈
⃗⃗ = 𝑈 ⃗⃗2 ; ∆𝑢 = 2𝑈1 sin 7,5° = 2 × 400 × 0,1305 = 104𝑉
quelle est la f.é.m. par phase ?
Les trois enroulements sont couplés en étoiles, quelle est la tension Cette tension est appliquée aux bornes de deux alternateurs ; l’impédance
entre fils à vide ? d’une phase est :
Dans laquelle :
𝐾 = 2,12
𝑛 = 12 × 2 × 4 = 96 𝑏𝑟𝑖𝑛𝑠 𝑎𝑐𝑡𝑖𝑓𝑠 𝑝𝑎𝑟 𝑝ℎ𝑎𝑠𝑒
𝛷 = 0,018 Webers : flux par pôle
𝑝=6
𝑁 = 600 𝑡𝑟/𝑚𝑖𝑛
[50]
LE MOTEUR SYNCHRONE
1. GENERALITES
D’où le nom de synchrone (en même temps) donné à ce moteur. Lorsque le moteur tourne à vide, les pôles du rotor sont en face des
pôles fictifs du stator.
[51]
On utilise le principe du couplage d’un alternateur sur le réseau. Le moteur accélère et s’accroche au champ tournant du stator.
Le moteur synchrone est entrainé à la vitesse de synchronisme par Il peut arriver que la position des pôles rotoriques par rapport aux
moteur auxiliaire. Généralement on utilise le moteur asynchrone pôles statoriques, à l’instant de l’excitation, soit défavorable (un
ayant deux pôles de moins que le moteur synchrone (ce qui lui Nord rotorique en face d’un Nord statorique).
permet d’atteindre et de dépasser la vitesse du synchronisme).
Il se produit alors une répulsion entre ces pôles et le moteur ralentit.
On règle la vitesse du moteur pour avoir les conditions de couplage. Ce ralentissement sera bientôt suivi d’une accélération lorsque les
Une fois l’accrochage du moteur synchrone réalisé, le moteur pôles occuperont une position favorable.
auxiliaire est désaccouplé et le moteur synchrone peut être chargé.
Après quelques oscillations, le moteur se stabilise à la vitesse de
Si on dispose de courant continu, l’excitatrice du moteur synchrone synchronisme.
peut servir au démarrage, elle tournera pendant un temps en
moteur.
[52]
Remarque 𝑈⃗⃗𝑟 , tension appliquée aux bornes du moteur est de sens opposés à
la tension 𝑈 produite par l’alternateur.
Pendant le démarrage, l’enroulement d’excitation ne peut rester
ouvert, car celui-ci, constitué d’un grand nombre de connecteurs ⃗𝑼
⃗⃗𝒓 = ⃗𝑼
⃗⃗
serait le siège de f.é.m. élevées qui risqueraient de percer les
Pour l’alternateur :
isolants.
⃗⃗𝑶 = 𝑼
𝑬 ⃗⃗⃗ + 𝑹𝑰⃗ + 𝑿𝑺 𝑰⃗ ou −𝑬
⃗⃗𝑶 = −𝑼
⃗⃗⃗ − 𝑹𝑰⃗ − 𝑿𝑺 𝑰⃗
Il ne peut être mis en court-circuit, car il constituerait un
enroulement monophasé fermé sur lui-même et le moteur risquerait Pour le moteur :
de s’accrocher au demi-synchronisme par suite du phénomène de
Görges. ⃗⃗⃗⃗
𝑬′𝑶 = ⃗𝑼 ⃗⃗𝒓 = ⃗⃗⃗⃗
⃗⃗𝒓 − 𝑹𝑰⃗ − 𝑿𝑺 𝑰⃗ ou ⃗𝑼 𝑬′𝑶 + 𝑹𝑰⃗ + 𝑿𝑺 𝑰⃗
On ferme le circuit inducteur sur une résistance de protection
pendant le démarrage. (K3 en position B).
c) Démarrage par variation de fréquence
a. Couple moteur 𝑋𝑆 𝑋𝑆
𝐸𝑂 sin 𝜃 = 𝑃 = 𝐶𝛺 et
𝑈 𝑈
𝑬𝑶 𝑼 𝐬𝐢𝐧 𝜽
Nous traçons le digramme vectoriel pour une phase et nous 𝑪=
négligeons la chute ohmique (faible). 𝑿𝑺 𝜴
Appelons 𝛉, l’angle que fait 𝐸𝑂 avec 𝑈. Pour une tension 𝑈 et un courant d’excitation (qui produit 𝐸𝑂 )
constant on a :
Par C, menons une parallèle à U.
𝑪 = 𝑲 𝐬𝐢𝐧 𝜽
De B, abaissons la perpendiculaire à cette droite qui la rencontre en
A. Le couple, exprimé en fonction de 𝜽 se représente par une
sinusoïde.
« AB est proportionnel à la puissance et au couple moteur ».
En effet, dans le triangle A, B, C, on a :
XS
AB = X S I cos φ = U
UI cos φ (En multipliant et en divisant par U)
XS XS
AB = P = KP (Car est constant)
U U
- Le coefficient de stabilité doit être compris entre 2 et 2,5 sans Tout en maintenant l’excitation constante, augmentons la charge du
quoi, une surcharge momentanée du moteur risque moteur : le couple augmente, 𝑿𝑺 𝑰 et 𝑰 également. (Fig. 115.)
d’entrainer son décrochage.
Le vecteur 𝐸𝑂 se décale de plus en plus en arrière de 𝑈. Pour un
b. Fonctionnement du moteur à couple constant angle 𝜃 (entre 𝐸𝑂 et 𝑈) supérieur à 90°, le couple moteur 𝐶4 devient
inferieur au couple résistant ; le moteur décroche.
D’après le digramme vectoriel, nous observons que pour de faibles C’est l’ensembles des courbes 𝐼 = 𝑓(𝑖) obtenues pour différentes
valeurs du courant d’excitation (sous excitation) le courant est charges (fig.116).
déphasé en arrière de 𝑈.
[55]
𝚽
Le moteur asynchrone monophasé peut ainsi être considéré comme Le champ magnétique tournant en sens inverse de
𝟐
équivalent à un moteur asynchrone triphasé qui posséderait deux celui du rotor induit dans celui-ci un courant inverse. I
demi-enroulements en série, mais connectés de manière à créer faible car la réactance du rotor est élevée
des champs tournants en sens inverse l’un de l’autre. (𝐿𝜔𝑖 é𝑙𝑒𝑣é 𝑐𝑎𝑟 𝑓𝑖 = 100𝐻𝑧) ;
𝚽
Le champ magnétique tournant dans le même sens
𝟐
que le rotor y induit un courant direct. I important car la
réactance rotorique est faible (𝐿𝜔𝑑 𝑓𝑎𝑖𝑏𝑙𝑒 𝑐𝑎𝑟 𝑓𝑑 ≈ 0) .
Soit 𝑁𝑆 la vitesse du champ tournant direct et −𝑁𝑆 la vitesse du La caractéristique mécanique du moteur asynchrone
champ tournant inverse. monophasé est la somme algébrique des caractéristiques dues
à chacun de deux champs tournant. (Fig.84).
Supposons que le moteur tourne à la vitesse 𝑁 dans le sens direct.
Le glissement du rotor par rapport au sens direct est : On peut tracer pour −𝑁𝑆 < 𝑁𝑆 en prolongeant chacune des
caractéristiques au-delà de 𝑁 = 0.
𝑁𝑆 − 𝑁 𝑁 𝑁
𝑔= =1− [ = 1 − 𝑔] De la caractéristique 𝐶 = 𝑓(𝑁), on peut tirer les conclusions
𝑁𝑆 𝑁𝑆 𝑁𝑆
suivantes :
Le glissement du rotor par rapport aux champ inverse est :
[58]
- À l’arrêt (𝑁 = 0), le couple résultant est nul et le moteur ne peut À dimensions égales, un moteur asynchrone monophasé est
démarrer. beaucoup moins avantageux qu’un moteur asynchrone triphasé.
- Si le moteur est lancé dans un sens ou l’autre sens, le couple Par contre, il a l’avantage de pouvoir être utilisé sur un réseau
moteur est différent de zéro et le moteur continue à tourner dans monophasé. (Domestique, une phase + neutre).
ce sens pour autant qu’à ce moment 𝐶𝑚 = 𝐶𝑟 ;
Il ne peut, tel que, démarrer seul. Il nécessite un artifice de
démarrage.
- Pour un même couple résistant, la vitesse du moteur
asynchrone monophasé est plus faible que celle du moteur 3. ARTIFICES DE DEMARRAGE
triphasé.
3.1. MOTEUR A LANCER
Conclusions
[59]
Dans les deux cas, le courant dans l’enroulement auxiliaire est On peut rendre le courant dans l’enroulement auxiliaire en
déphasé par rapport au courant dans l’enroulement principal ; quadrature avant du courant principal en utilisant un condensateur
comme il n’est pas déphasé de 90°, le champ inverse ne sera en série avec l’enroulement auxiliaire (fig. 89)
qu’affaibli et le couple de démarrage sera faible.
De plus, l’enroulement auxiliaire affaiblit encore davantage le
facteur de puissance de ce moteur.
L’enroulement auxiliaire n’étant pas prévu pour le service continu, il
doit être mis hors-circuit une fois le moteur est lancé.
Caractéristiques
Couple de démarrage : 𝐶𝑑 = 𝐶𝑛
Courant de démarrage : 𝐼𝑑 ≈ 4𝐼𝑛 Si le condensateur est calculé de telle manière que pendant le
Facteur de puissance : cos 𝜑 = 0,75 démarrage les deux courants soient égaux et en quadrature, soit :
Rendement : 0,6 < 𝜂 < 0,7
𝑰𝑨𝒅 = 𝑰𝒑𝒅
Relais de démarrage
La composante inverse du champ tournant est nulle et le couple de
Pour couper automatiquement la phase auxiliaire après le démarrage démarrage est maximum.
du moteur, on peut utliser un relais qui fonctionne comme suite :
De plus, le condensateur améliore le facteur de puissance du
- A l’enclanchement du moteur, moteur.
l’enroulement auxiliaire (A) n’est
pas alimenté. Le moteur ne Après le démarrage, on pourait éliminer complètement
démarrant pas. Il absorbe un l’enroulement auxiliaire et le condensateur. Généralement on laisse
courant important ; en service une partie de capcité, ce qui a pour effet d’améliorer le
facteur de puissance du moteur et donc le couple. En effet :
- Le relais de surintensité (R) se
ferme et l’enroulment auxiliaire 𝑷 = 𝑪𝜴 = 𝑼. 𝑰. 𝐜𝐨𝐬 𝝋 (si on néglige les pertes)
est mis sous tension, le moteur
demarre. Pour un même courant, si le cos 𝜑 s’améliore le couple est
augmenté, on ne peut laisser toute la capacité en service, car alors
- Après le démarrage, le courant aborbé atteint sa valeur nominale, le courant dans l’enroulement auxiliaire serait trop grand et on aurait
insuffisant pour l’excitation du relais. Le contact (C) s’ouvre. un déphasage capacitif du courant.
L’enroulement principal (P) reste seul en service.
Il existe donc deux varientes à ce type de moteur :
b. Moteur à phase auxiliaire capacitive
[61]
Interrupteur centrifuge
4. CHANGEMENT DE SENS DE ROTATION
L’interrupteur centrifuge couple automatiquement lle condensateur
de démarrage pour une certaine vitesse de rotation du moteur. - Moteur à lancer : il suffit de lancer le moteur dans le sens
désiré ;
- Moteur à phase auxiliaire : c’est le sens du champ tournant qui
détermine le sens de rotation. Il suffit d’inverser les connexions
de la phase auxiliaire ou de la phase principale.
[62]
5.1. CONSTITUTION
Exercices résolus : moteur synchrone et moteur asynchrone Nous pouvons tracer le diagramme vectoriel pour U = 220V. Si 𝑖𝑜 = 𝐶 𝑠𝑡𝑒 et
monophasé 𝐸𝑜 = 𝐶 𝑠𝑡𝑒 , le point M se déplace sur une circonférence de centre O et de
rayon 𝐸𝑜 = 240𝑉 (sur la caractéristique à vide on lit : 𝑖𝑜 = 8𝐴, 𝐸𝑜 = 240𝑉).
On donne un moteur synchrone triphasé dont les caractéristiques sont :
Diagramme vectoriel par phase
- Trois phases en triangle ;
- P = 10kW, 4 pôles, 50Hz ;
- Résistance rotorique négligeable ;
- XS = 7Ω (Par enroulement)
- Caractéristique à vide donnée par le tableau suivant :
𝒊𝒐 1,5 3 5 7 9 12 A
𝑬𝒐 60 110 170 220 260 310 V
On demande :
Solution :
𝑬𝒐 𝑼 𝐬𝐢𝐧 𝜽 𝟐𝝅×𝟏𝟓𝟎𝟎
𝑪𝒎 = avec 𝜽 = 𝟗𝟎° et 𝜴 = = 𝟏𝟓𝟕 𝒓𝒂𝒅/𝒔 ;
𝑿𝑺 𝜴 𝟔𝟎
𝑬𝒐 𝑼 𝐬𝐢𝐧 𝜽 𝟐𝟒𝟎×𝟐𝟐𝟎×𝟏
𝑪𝒎 = = = 𝟒𝟖 𝒎𝑵
𝑿𝑺 𝜴 𝟕×𝟏𝟓𝟕
[64]
𝑋𝑆 𝑗 = 7 × 14,4 = 100𝑉